RECIT DETAILLE XXXXXX

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1 RECIT DETAILLE Pays Région Date Récit Ukraine Odessa 07/08/2013 Nous nous levons une fois encore à 6h00. La journée promet d être longue. Au moment du départ, le propriétaire de l hôtel nous offre gracieusement un aimant Turquie Istanbul représentant Odessa. Ce sera notre seul souvenir d Ukraine. A 8h00, le taxi nous conduit à l aéroport. Comme nous avons réservé à la dernière minute, nous craignons la surréservation et nous voulons nous enregistrer le plus tôt possible. En fait, lorsque l avion décolle à midi, il n est rempli qu aux deux tiers. En une heure, nous voyons disparaître les rives de l Ukraine, nous traversons la mer Noire et survolons un coin de Turquie. Une virée au dessus de la mer de Marmara et nous atterrissons à l aéroport Atatürk. Passage aux guichets de l immigration. Nous voyageons léger ; pas de bagage en soute. Sur les indications d Abdul, nous prenons le taxi pour nous rendre à la station des ferries la plus proche, celle de Bakirköy. Là, un bateau rapide nous conduit directement à Kadiköy, sur la rive asiatique. C est là que se situe notre hôtel et le port d Haydarpasa. En chemin, nous apercevons le quartier de la vieille ville avec les mosquées et le palais de Topkapi, l embouchure de la Corne d Or et le détroit du Bosphore. L hôtel étant situé à deux pas du débarcadère, nous nous installons rapidement dans notre chambre et partons en quête du quai de débarquement. Près de la gare ferroviaire, nous retrouvons Abdul remorquant un copain et des bagages. Ils ont hâte de récupérer leur voiture pour aller fêter l Aïd el Fitri en famille à plus de km d ici. Malheureusement, plusieurs embûches nous attendent. Tout d abord, trouver le port. Il ne se trouve pas du tout à l endroit indiqué par les bureaux de la compagnie maritime. Nous errons dans des installations en ruine jusqu à ce qu un type de la sécurité nous conduise en voiture au milieu des montagnes de containers. Le «Sea Partner» n est pas encore arrivé. Nous l avons sans doute survolé en avion. Nous patientons à l ombre des camions qui attendent l embarquement. Vers 17h00, le bateau arrive enfin. Les voitures sont sorties du ferry. Mais nous devons attendre le bon vouloir du service des douanes. Si Abdul et son copain s en sortent facilement, nous rencontrons un problème majeur : nous n avons pas d assurance pour la voiture. Donc, pas question de la sortir du port. Il est 18h00. Tous les bureaux de Turquie ferment ce soir pour quatre jours à l occasion des fêtes. Heureusement, des anges gardiens veillent sur nous. Un employé des douanes tout d abord qui souscrit pour notre compte un contrat d assurance en ligne sur internet. Nazim ensuite qui nous sert d intermédiaire avec un douanier un peu trop scrupuleux qui veut savoir exactement tout ce que nous transportons dans le camping car. Nous avons bien une liste, en français, en anglais, en chinois et en russe, mais nous n avons pas pensé à la traduire en turc. Nazim nous tire d affaire en commençant à traduire la liste de nos outils et ustensiles de cuisine. Le type se lasse et jette l éponge. Nous avons cependant une mauvaise surprise. Comme nous avons souscrit un contrat d assurance pour seulement un mois, notre autorisation de circuler en Turquie n est que de un mois. Notre temps va être compté pour visiter le pays. Nous attendons encore un long moment devant le poste de sécurité, à la sortie du port sans trop comprendre ce qui se passe. Puis, finalement, on nous donne le signal du départ. Nous voici dans les rues d Istanbul. Nous quittons le port au coucher du soleil. Heureusement que l hôtel ne se trouve pas trop loin et que nous avons repéré les lieux. Nous garons le camping-car dans le parking de l hôtel et partons en quête d un endroit pour manger. Nous atterrirons finalement dans un bar et ferons un repas de douceurs : tiramisu, yaourt à boire et jus de citron. Après avoir acheté de l eau à l épicerie du coin, nous rentrons fourbus dans notre chambre. Il est plus que temps de prendre du repos.

2 Turquie Istanbul 08/08/2013 Nous sommes à peine reposés. Nous n avons pas évacué tout le stress d hier. Pourtant, hormis le type désagréable du port, nous ne rencontrons que des personnes souriantes et serviables. Nous commençons à apprendre les premiers mots de politesse : «Gün Aydin» (bonjour), «Techekurlar» (merci), «Nasilsim» (comment allez-vous). Je vous passe l écriture exacte pour ne retenir que la prononciation. Lestés d un copieux petit déjeuner, nous embarquons sur le traversier qui nous conduit à Eminönu, sur les rives de la Corne d Or. La foule est déjà dense. Comme à Paris au mois d août, les touristes ont investi la ville pendant que les stambouliotes sont partis profiter des joies de la campagne ou de la plage. Nous grimpons par les ruelles qui traversent le «baazar» aux épices. Des toiles colorées, tendues au dessus des rues, abritent un peu des ardeurs du soleil. Au sommet de la colline, nous avons la déception de constater que le grand baazar, un des plus vastes et des plus anciens au monde, est fermé jusqu à lundi. Nous n aurons pas l occasion de le visiter. Nous sommes déjà bien fatigués lorsque nous faisons une pause dans un restaurant à l écart de la foule. La cuisine est bonne, la propriétaire sympathique et souriante. Après avoir dégusté des «chiches» (brochettes) au poulet, nous reprenons nos déambulations en direction de la mosquée Sultan Ahmed, dite mosquée bleue. L endroit est noir de monde. Les touristes viennent ici des quatre coins de la planète. Nous rencontrons des péruviens, des chiliens, des canadiens, des étatsuniens, des chinois avec lesquels nous pouvons échanger quelques mots en espagnol ou en anglais. Tous sont surpris que nous connaissions si bien leur pays. Nous croisons aussi des coréens, des italiens, des français, etc. Il faut dire que deux gros paquebots ancrés à l entrée du Bosphore ont déchargé une importante cargaison de passager. Chaque bâtiment comporte au moins une dizaine d étage. Les visites se font à la queue leu-leu. Les femmes ont droit à une inspection détaillée pour s assurer de la décence de leur tenue : épaules, têtes ou jambes nues sont refoulées. Des tissus sont à disposition pour se couvrir le corps. Heureusement, depuis le début de notre voyage et pour visiter les villes, j ai coutume de m habiller d une façon qui contente à peu près tous les principes religieux, qu ils soient catholiques, bouddhistes ou musulmans. Je transporte avec moi un foulard qui m évite de me couvrir d un chiffon dont on ne sait trop sur quelle tête il a été posé. Je passe donc avec succès l inspection des matrones. Dernière obligation, enlever les chaussures avant d entrer. Tout est organisé. Des petits sacs en plastique sont à disposition pour transporter les souliers ; car on ne ressort pas par l endroit où on est entré. Toutes ces formalités accomplies, on peut enfin admirer l intérieur de la mosquée, couvert de mosaïques bleues. Ambiance Notre Dame de Paris. Difficile d imaginer que nous sommes dans un lieu de culte. On se photographie le voile sur la tête pour faire couleur local et on pouffe, histoire de se moquer un peu. Heureusement pour les croyants, le centre de la mosquée est réservé à la prière pour les hommes ainsi que de petits salons privés, dans des recoins pour les femmes, cachés derrière des paravents. Nous ressortons, passons devant l ancienne cathédrale Sainte Sophie pour aller visiter le palais de Topkapi. L attente aux guichets est interminable. Il faut présenter son passeport. L homme placé juste devant nous tient dans la main les passeports de son épouse et de ses enfants : une douzaine!!! Tout ce monde nous fait penser à la Cité Interdite à Pékin que nous avions visité le 1er mai, jour de la fête du Travail. Nous finissons par pénétrer dans l enceinte du palais. Le grand jardin est bordé de bâtiments abritant des salles d exposition. Partout, les photos sont interdites. J enrage! Une fois encore, nous ne rapporterons pas de souvenir de ce palais qui s effacera rapidement de nos mémoires. A la boutique du palais, nous achetons un livre en français relatant les aventures philosophiques de Nasredine Hodja, humoriste turc du XIIIe siècle. Le personnage est très populaire dans tout le monde turc et nous avions découvert sa statue pour la première fois à Boukhara, en Ouzbékistan. Nous finissons notre visite par le harem. De notre point de vue, c est la partie la plus intéressante du palais. Peut-être parce qu on peut y ressentir un peu la vie que menait autrefois les hôtes de cette prison dorée. Nous avions eu l occasion de visiter un harem à Khiva, toujours en Ouzbékistan. L endroit nous avait paru vraiment sordide. Celui du palais de Topkapi est plus vaste, plus clair. Les femmes et concubines disposaient de plus d espace pour vivre même si l endroit restait une prison.

3 Nous prenons le chemin du retour en traversant les jardins de Gülhané. Une photo devant la statue d Atatürk, le Père des Turcs. Le parc est envahi de familles venues ici pique niquer et se détendre. L allée principale débouche au confluent de la Corne d Or et du détroit du Bosphore. Nous sommes en fin d après midi et le marché de nuit s installe sur les quais. La foule se fait de plus en plus dense. On circule tant bien que mal au milieu des stands de brochettes d où s échappent les fumées des sardines grillées. Partout des tables basses et des petits tabourets. On s installe en famille pour déguster des sandwichs de poissons grillés. Ici on vend des jus d oranges pressées, là on propose des poules fraîches accompagnées de rondelles de citron. Au sol, les marchands forains ont étalé leurs bâches pour vendre chaussures, montres, coques de téléphones, jouets et une multitude de babioles. Nous remontons avec difficulté cette marée humaine pour rejoindre la station des ferries d Eminönu. Nous l atteignons complètement épuisés par ce coude à coude et cette animation incroyable. C est donc avec plaisir que nous embarquons sur le traversier qui nous ramène dans le quartier de Kadiköy, sur la rive asiatique. Ici aussi, le marché de nuit s est installé. Mais il est beaucoup moins important que sur les rives de la Corne d Or et nous rentrons sans encombre à l hôtel pour nous écrouler dans notre chambre. La réception de l hôtel nous avait précisé que la ville serait vide aujourd hui à cause des fêtes d Aïd el Fitri! Nous avons du mal à imaginer comment est la ville lorsqu elle est animée! Turquie Istanbul 09/08/2013 Objectif du jour : trouver une laverie pour le linge. Nous errons dans le quartier de Kadiköy, suite à une série de quiproquos. Difficile de se faire comprendre lorsqu on ne parle pas un mot de la langue d Ata Türk. L épicier du coin nous envoie à un magasin de vêtements qui nous suggère la boutique de lingerie voisine. L aimable commerçante nous dirige chez «Migro», la supérette du quartier. Elle pensait que nous voulions acheter de la lessive. Le personnel de chez «Migro», au grand complet, nous entoure, impuissant, jusqu à ce qu une vendeuse nous indique un centre commercial à trois kilomètres d ici. Nous jetons l éponge et décidons de revenir à l hôtel que nous n aurions jamais dû quitter. En effet, le réceptionniste connaît une laverie à deux pas de l Haydarpasa Pansiyon où nous logeons. Sacs de linge sale sous le bras, nous nous rendons à la blanchisserie. Il est midi. Tout devrait être lavé et séché pour 16h00. Nous sommes arrivés à temps. La boutique ferme ce soir pour les «bayran», les vacances et ne rouvrira que lundi. Nous mangeons avec plaisir dans un petit restaurant de quartier au bas d une «sokak», une ruelle qui grimpe tout droit jusqu au sommet de la colline de Kadiköy : moussaka, chorba (soupe) et djadjik, une soupe froide au yaourt qui nous rappelle fortement l okrochka russe. Nous rentrons à l hôtel la panse un peu trop pleine. Après avoir passé l après midi dans notre chambre, nous ressortons un court instant pour aller chercher notre linge et rentrons vite pour nous mettre à l abri de la chaleur.

4 Turquie Istanbul 10/08/2013 Aujourd hui, nous avons prévu d aller visiter le parc de «Miniaturk», au nord-est de l estuaire de la Corne d Or. Nous nous rendons à l embarcadère des traversiers de Kadiköy. En chemin, nous tentons de décrypter les enseignes des magasins. Il ya le «Kuaför», le marchand d «aksesuar» pour «telefon», le magasin d «optik», le vendeur d «otantik sandvis», l arrêt d «otobus», la «stasiyon de taksi». Bref, nous commençons à savoir lire le turc. Le ferry nous conduit à la station d Eminönu, traversant le confluent de la Corne d Or et du détroit du Bosphore. De là, le bus n 47 nous emporte par monts et par vaux jusqu au parc de «Miniaturk». Il y a foule. Les cars de tourisme sont nombreux. Depuis les rives de l estuaire, nous voyons les maisons grimpant à l assaut des collines. Le parc n est pas très grand. Mais deux heures sont bien nécessaires pour faire le tour de toutes les maquettes de monuments et sites emblématiques de la Turquie. «Miniaturk» est divisé en trois zones : la Turquie dans son ensemble, les monuments turcs hors de Turquie et les édifices d Istanbul. Intéressant pour préparer notre périple dans le pays. Vers midi, nous reprenons le bus pour nous rendre sur la colline de la tour de Galata. Nous découvrons à Istanbul un système de paiement des bus tout à fait inédit pour nous. Il n existe pas de vente de ticket à l unité. Il faut obligatoirement se munir d une carte prépayée que n ont pas la plupart des touristes. Pour arrondir leurs fins de mois, marchands à la sauvette et gamins font bénéficier de leur propre carte moyennant une commission. Bref, un vendeur de jus d orange nous valide deux trajets sur le bus n 36 qui nous dépose presque au pied de la tour. Nous flânons dans le quartier dont l ambiance rappelle un peu celui de Montmartre à Paris. Les anciennes maisons sont assez bien conservées. Elles abritent boutiques et restaurant dont la plupart sont fermés aujourd hui. Nous trouvons néanmoins à nous restaurer avant de faire la queue pour entrer dans la tour. Construite au XIVe siècle, elle resta longtemps le monument le plus haut de la ville. Depuis le sommet, on a une vue impressionnante à 360 sur Istanbul. Elle est principalement occupée par un restaurant mais on peu grimper jusqu au balcon circulaire moyennant finances. Le regard porte aussi bien sur le détroit du Bosphore que sur la Corne d Or et le Palais de Topkapi. Nous ne regrettons pas les quelques liras dépensées. De retour sur le plancher des vaches, nous prenons le chemin du retour en empruntant les ruelles et les escaliers qui conduisent au pied de la colline, juste en face du grand pont de Galata. Une fois encore, nous arrivons au moment où s installe le marché de nuit. Le pont est envahi par les pêcheurs à la ligne qui louent leur canne pour quelques heures. La pêche ne paraît pas miraculeuse et l odeur de poisson vient des stands enfumés sur lesquels grillent les sardines. Nous retrouvons la même cohue que deux jours plus tôt avec les vendeurs de moules, d épis de maïs grillés, de jus de fruits, de biscuits et de bazars en tout genre. C est donc avec les mêmes difficultés que nous nous frayons un chemin au milieu de la foule pour rejoindre l embarcadère pour Kadiköy. Se souffle de vie qui anime les rues d Istanbul le soir venu est extraordinaire mais nous épuise complètement. Nous n avons plus vingt ans et se tumulte nous étourdi. C est donc à nouveau avec un grand plaisir que nous nous éloignons de la foule pour entrer à l hôtel. A notre retour, nous profitons d internet pour entrer en contact avec la France. Une bonne nouvelle nous attend. Un cabinet d assurance à enfin accepté d assurer notre véhicule pour notre retour en Europe. Nous disposons donc d une «carte verte» à compter du 15 septembre. Notre fils nous transmet l attestation par courriel et ainsi, après l avoir imprimée, nous allons pourvoir nous rendre au bureau des douanes pour faire prolonger notre autorisation de circuler en Turquie avec la voiture.

5 Turquie Istanbul 11/08/2013 Journée dans le quartier de Kadiköy à Istanbul. Demain nous reprenons la route et devons mettre le camping-car en ordre de marche. Avec l aide du gardien du parking, nous faisons le plein d eau dans la cour de l hôtel. Puis, direction «Migro», la supérette repérée il y a duex jours. Nous nous familiarisons avec les nouvelles étiquettes. Le «moloko» (lait) russe, est devenu du «süt» turc. Nous ne manquerons pas de yaourt dans un pays où il se vend par seaux de 5 kg. Nous avons goûté ceux du petit épicier du coin et nous pensons que se sont sans doute les meilleurs yaourts de la planète : fermes, au goût rustique, couverts d une fine pellicule jaune. Un vrai délice. Modestement, nous en achetons deux barquettes de 1 kg. En revanche, nous avons retrouvé les prix européens. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle concernant les laitages. Nous achetons une sorte de feta, bien décidés à renouer avec les salades. Il est déjà midi lorsque nous rentrons déposer nos provisions dans le camping-car. Sitôt après, nous rendons une visite au restaurant de quartier dans lequel nous avons déjà mangé vendredi. Bien que nous soyons dimanche, plusieurs boutiques, fermées pendant les fêtes, sont maintenant ouvertes. Au restaurant nous saluons par les premiers mots turcs que nous avons pu mémoriser : «gün aydine» (bonjour), «Techek kurlar» (merci beaucoup), «alasmaladek» (au revoir), ce dernier, uniquement pour celui qui part. Celui qui reste salue celui qui part avec un «gülé gülé». De retour à l hôtel et grâce à un traducteur en ligne, nous préparons quelques phrases en turc pour tenter de nous expliquer avec le bureau des douanes. Demain, nous allons tenter de faire prolonger notre autorisation temporaire d importation du véhicule. Puis, nous préparons notre itinéraire pour visiter le pays. Par manque de temps, nous avons décidé de ne pas aller dans l est de la Turquie. En effet, un impératif familial nous impose de faire un séjour en France entre la fin septembre et la fin octobre : notre fille attend un heureux évènement. Nous avons prévu de nous rendre en Grèce à la mi septembre. Nous laisserons le véhicule dans un camping et prendrons l avion pour la France. Au mois d octobre, nous reviendrons en Grèce pour finir tranquillement notre périple en voiture jusqu à notre port d attache. Ainsi s achèvera notre boucle autour du monde. Ce retour au pays reste un grand point d interrogation. Nous ne savons pas comment nous allons pouvoir nous«réaclimater», quelle direction prendra notre vie future même si nous avons déjà quelques projets en tête. En ce qui me concerne, une véritable inquiétude commence à poindre entre plaisir de retrouver ceux que nous aimons, fierté d avoir réussi à surmonter tous les obstacles pour faire le tour du monde, tristesse de voir s achever notre merveilleux périple et difficulté à élaborer concrètement notre avenir.

6 Turquie Istanbul 12/08/2013 Lever 6h00. Avant de quitter Istanbul, nous retournons au port d Haydarpasa Limani, dans l espoir de faire prolonger l autorisation d importation du véhicule. Mais comme nous le craignions, l administration du port refuse de faire la modification et nous renvoie à un bureau des douanes situé à l autre bout de la ville, en direction d Ankara. Un bon ange (quelque peu intéressé), veille sur nous. Contre monnaie sonnante et trébuchante, un employé du port accepte de nous piloter jusqu à destination. Nous parcourons ainsi une dizaine de kilomètres avant d arriver dans une enceinte pleine de camions. Avec notre fiche de traduction, Georges se rend seul dans les bureaux. Ce n est pas un univers de femmes ; je l attends dans le camping-car. Pendant ce temps, mon homme court de guichet en guichet jusqu à ce qu un camionneur complaisant le dirige vers le bon service. Ce n est qu après l intervention d un «chef» qu il obtient finalement gain de cause et revient triomphant au camping-car : nous pouvons rester en Turquie jusqu au mois de décembre. Nous prenons la route en direction de l est, l esprit plus serein. Les rives nord de la mer de Marmara sont jalonnées de ports et totalement urbanisées. Voies rapides et autoroutes se chevauchent et s entrecroisent. Nous avons hâte de quitter cette zone de constructions ininterrompues. Nous roulons donc jusqu à Kartepé, au bord du lac de Sapanca. Nous nous installons pour le repas de midi sur le parking d un petit parc de loisirs proposant des circuits de ski nautique tractés par un câble sur le lac, un peu comme un tire-fesses dans les stations de sports d hiver. A 16h00, nous repartons pour emprunter une voie rapide sans grand intérêt. Pour ceux qui viennent de France, la Turquie paraît un monde lointain, la porte de l Asie. Pour nous, venant d extrême orient, nous retrouvons au contraire des décors familiers, très européanisés. En fin d après midi, nous bifurquons sur une petite route secondaire qui dessert des villages. Nous nous apprêtons à nous installer en bordure d un champ lorsqu un berger, coiffé façon Zanini, vient nous faire comprendre qu il est dangereux de stationner ainsi en rase campagne, à la merci des brigands. Il nous conseille vivement d aller nous garer un peu plus loin, au centre du village. S agissant de notre premier bivouac en Turquie, nous ne savons pas trop que penser. Finalement, nous décidons de suivre son conseil. C est ainsi que nous nous garons sur le parking d un petit parc de loisir communal près d un enclos où paissent des veaux à l embouche. Avec la fraîcheur du soir, le petit parc s anime. Dans la guinguette en bois, on vient boire une tasse de thé chauffé à l aide d un drôle de petit poêle portatif muni d un court tuyau de cheminée. Les mamans et les grands pères surveillent les enfants qui s amusent avec les toboggans et balançoires aux couleurs vives. Des gamins jouent aux foutbol sur la pelouse. Dans son enclos, un jeune taurillon lance des meuglements désespéré. Le berger communal rencontré plus tôt, ramène du bout de sa badine, chaque vache à son propriétaire. La nuit est déjà tombée depuis longtemps lorsque le silence se fait enfin.

7 Turquie Mer Noire 13/08/2013 Le petit parc communal est resté animé par les familles une grande partie de la soirée. Dommage que nous ne parlions pas un mot de turc pour échanger et communiquer. Ce matin, nous partons sous le regard de deux gamins à vélo. Le berger «Zanini» a déjà fait sa tournée, rassemblant toutes les vaches du village pour les conduire dans un pâturage. Ce soir, il fera l opération en sens inverse. La route D100 que nous suivons en direction de l est est une bonne voie rapide. Elle longe l autoroute payante dont nous ne comprenons pas l utilité. Les poids lourds sons assez rares sur la route nationale et nous préférons rouler paisiblement, traverser villes et villages, faire halte où bon nous semble. A Hendek, nous repérons une enseigne «Ekmek» (pain). Les boulangeries atrisanales sont nombreuses dans cette partie de la Turquie. Dans les ex pays de l URSS, nous ne trouvions que le pain industriel dans les épiceries. Plus nous avançons en direction de l orient, plus le paysage est montagneux, couvert de forêts de résineux. On se croirait presque chez soi. Nous franchissons le col de Bollu Dagi à 950 mètres d altitude. Bolu. Nous faisons le plein de «motorin» (diesel). Les prix du carburant sont extrêmement variables d une station à l autre. Vu la cherté du produit, mieux vaut être attentifs aux étiquettes. Quelques kilomètres plus loin, nous nous posons sur le pré communal du petit village de Yanicepinar, à la recherche d un peu d ombre. Comme par magie, les habitants affluent vers nous depuis les maisons. Désolés de ne pouvoir communiquer avec nous. Les femmes portent de très larges pantalons bouffants dont l entrejambe se situe quasi aux chevilles. Il nous semble que la mode à diffué ce genre de tenue en France sous le nom de sarouel. Elles portent se vêtement élastiqué à la taille sur un ample chemisier. Le fichu sur la tête est la règle. Nous parvenons juste à faire comprendre que nous sommes français. Après le repas et un instant de repos, nous repartons en direction de Safranbolu et de la «Karadeniz» (la mer Noire). La voie rapide nous conduit toujours à travers villes et villages. A l entrée de chaque agglomération, un panneau indique le nom, le «nüfüs» (la population, ou nombre d habitants) et l altitude. Nous passons deux cols à près de 1 400m d altitude. De l autre côté du massif montagneux, la terre est plus aride, couverte de chaumes blonds et piquée d arbres isolés. Ici, le mont Naldöken domine à 1 912m d altitude. Nous bifurquons au nord en direction de Krabük, toujours sur une voie rapide, large et bien entretenue. A Esikpasar, un panneau directionnel marron indique le site archéologique de Hadrianopolis. Nous décidons de tenter un bivouac près des ruines. La petite route nous conduit à travers une campagne vallonnée jusqu à Hadrianopolis. Un parking herbeux en contrebas. Nous nous installons près des fondations d une ancienne église. Puis, nous partons explorer les environs. Grâces aux quelques pierres dressées ça et là ainsi qu à notre imagination fertile, nous tentons de reconstituer la vie de cette petite cité perdue dans la campagne. Sans doute une bourgade avec ses maisons, ses ateliers et commerces, ses thermes, son église. Des cochons, des moutons, des chèvres et des ânes, circulant dans les ruelles pavées pour entrer à l étable le soir venu. Un berger qui rassemble les vaches et les emmène aux pâturages. Un village turc d aujourd hui, quelques dizaines de siècles en arrière, sans autre chemin d accès que celui tracé par les ânes. Mais sans doute, comme aujourd hui, avec les mêmes femmes et enfants cueillant les fruits de l églantier pour faire de la confiture de «gratte-cul». Nous apprécions cet endroit paisible, perdu au milieu des herbes folles. Seul le chant du muézine nous parvient pour nous rappeler que nous sommes dans la Turquie d aujourd hui avec ses minarets qui ont remplacé les églises byzantines ou les temples nestoriens. Et tant pis si notre imagination défie les vérités historiques.

8 Turquie Mer Noire 14/08/2013 Nuit paisible près des soubassements de l antique église. Aujourd hui, nous avons prévu de visiter le village Ottoman de Safranbolu, qui comme son nom l indique s est fait une spécialité dans la culture du safran. La bourgade est inscrite au Patrimoine Mondial de l Humanité depuis Depuis le XVIIe siècle, la petite cité prospère sur une route commerciale entre le cœur de la Turquie et la mer Noire. La majorité des habitants, riches commerçants, étaient des grecs ottomans qui ont fuit la région au cours de la seconde guerre mondiale. Safranbolu s est assoupie au cours du XXe siècle avec la naissance de la sidérurgie autour de Karabük, 10km plus loin. Aujourd hui, avec l explosion de la construction, les deux agglomérations forment un seul tissu urbain et, depuis les falaises de grès, les immeubles dominent le vieux Safranbolu, blotti au fond de la vallée. C est pourquoi nous nous perdons dans les nouveaux quartiers avant de retrouver le bon chemin en montrant des photos du site. Les maisons massives, crépies de blanc, cachent, pour les plus anciennes, des colombages de bois et de torchis. Les toitures à quatre pans, autrefois couvertes de tuiles romaines, sont peu à peu coiffées de tuiles plates. Sans doute pour ménager plus d espace dans les rues pavées, les rez-de-chaussée sont en retrait sous des encorbellements. Nous nous garons dans la partie habitée du village pour nous rendre à pied dans le cœur touristique, aménagé autour de la mosquée, du souk et du hammam. Avec ses maisons à colombage et ses tonnelles couvertes de vigne grimpante, Safranbolu prend des airs de village alsacien. Mais l endroit est une succession d hôtels, restaurants et boutiques à touristes qui nous lasse vite. Nous mangeons deux «gözlémé» (crêpes) à peine garnis dans un «gözléci». Puis, encore sur notre faim, nous savourons deux baklavas aux pistaches dans un café. Finalement, nous échappons à la foule par des ruelles ombragées qui nous ramène dans la zone habitée. C est le seul endroit où nous retrouvons un peu de parfum d authenticité. Nous reprenons la route D 755 en direction de Bartin. Je m endors alors que la route grimpe en direction du col d Ahmet Usta à 1 030m. Lorsque je m éveille, nous roulons dans un tunnel de verdure longeant la rivière Ova, presque à sec. Il est temps de chercher un bivouac. Nous tournons à droite sur une petite route qui se faufile dans un vallon et découvrons une vaste clairière herbeuse dans la forêt. Une famille turque à déjà investi les lieux pour pique-niquer. Grâce aux quelques mots d allemand que je maîtrise, nous pouvons faire plus ample connaissance. Toute la famille présente, 12 personnes, habite en Allemagne. Seuls le grand père et la grand-mère, ainsi que la fille aînée sont nés en Turquie. La tribu à établi une tradition et chaque année, tout le monde se retrouve ici, dans cette clairière pour tuer le mouton et le faire griller sur un grand feu de bois. Les grands parents vivent 6 mois en Allemagne et 6 mois en Turquie. Le chef de famille est fier de nous expliquer qu il a participé à la construction de la fontaine, juste au dessus de la clairière. Nous avons en effet constaté qu on trouve des fontaines publiques partout sur le bord des routes. Derrière les buissons, nous assistons au dépeçage du mouton. Puis, laissant la famille profiter des retrouvailles, nous partons faire une petite promenade dans le bois paisible. C est là que nous trouvons une autre fontaine, moussue, perdue sous les branchages. Mais aussi un autre emplacement, encore plus paisible pour bivouaquer. De retour à la clairière, nous nous voyons offrir de beaux morceaux de mouton grillé accompagnés d une miche de pain. Nous partageons ensemble le repas, accompagné de thé, assis au milieu de la famille. Puis, la nuit tombant, nos amis de rencontre s envolent sous d autres cieux. Gülé Gülé! Nous décidons de migrer de l autre côté de la rivière, dans une petite clairière idyllique, perdue au milieu de la forêt.

9 Turquie Mer Noire 15/08/2013 Nous quittons à regret notre beau bivouac dans la forêt. Cette nuit, nous avons entendu le hululement d une chouette. Nous sommes heureux de retrouver les campements en pleine nature. Avant de rejoindre Amasra sur le rivage de la Karadeniz, la mer Noire, nous faisons le plein d eau à la fontaine toute proche. Puis nous levons le camp. La vallée qui conduit à la station balnéaire a été grandement défigurée par le percement de la nouvelle route. Les pentes des collines boisées ont été taillées, faisant apparaître des plaies béantes de roche abrupte. Tout ça pour satisfaire deux mois d industrie touristique. Le paysage, quant à lui, est défiguré pour l éternité. Nous choisissons de rejoindre Amasra par la route de la corniche qui domine la côte. En chemin, nous découvrons le petit site archéologique de Kuskayasi Yol Aniti, monument de la route romaine qui passait ici. Il semble avoir été sculpté dans la roche entre 41 et 54 après JC par Gaïus Julius Aguila, chef des armées de l empereur Tibère. Noyé dans la végétation, le site mériterait d être dégagé. Les visiteurs sont principalement attirés par l aigle à deux têtes et la statue étêtée sculptés dans la paroi rocheuse. Mais on peut aussi admirer la voie romaine qui passe au pied de la falaise taillée en forme de soufflet d accordéon sur 20 mètres de haut. La vue sur la côte est gâchée par l exploitation d une immense carrière. Après avoir exploré les lieux, nous reprenons la route. La D10 descend en lacets jusqu à Amasra. Nous l empruntons pour aller stationner sur le parking au dessus du petit chantier naval. Un petit pont romain relie la presqu île à un îlot fermant ainsi quasi complètement la petite crique servant de havre. Une petite plage tapisse le fond de ce port naturel. Les rares femmes y pataugent habillées. Nous nous offrons une «dondurma, une glace sur la promenade avant de partir explorer la petite cité. Nous nous baladons dans la presqu île puis d en lîle qui offre de jolis point de vue, ventés sur la mer Noire. C est ainsi que nous découvrons une autre plage, face au large, de l autre côté de la presqu île, près du nouveau port. Dans de petite criques discrètes, les femmes se libèrent un peu et nous en apercevons quelques unes en maillot de bain. Quelques vestiges de fortifications se perdent au milieu des maisons. Nous prenons le chemin du retour par de petites ruelles bordées de boutiques pour touristes. On y trouve de tout depuis les bibelots en coquillages jusqu aux poupées russes en passant par les «dream catcheurs», les «attrapeurs de rêve» des indiens d Amérique du nord. Il est temps pour nous de quitter la ville pour partir à la recherche d un bivouac pour la nuit. Nous prenons la route en direction de l est jusqu à un promontoire au dessus de Cakraz. C est un vaste remblai plutôt moche et couvert de déchets laissés par les touristes turcs mais nous profitons d une jolie vue. Nous pensons finir la journée en solitaires lorsque nous voyons arriver un minibus bien nécessaire pour promener cette famille turque de 14 personnes. Tout le monde est venu faire des brochettes et boire le thé et assister au coucher du soleil. Comme hier, nous ne sommes pas délaissés. On nous offre le thé ainsi qu une grosse poignées de figues «organik», cueillies dans le jardin familial. Tout ce petit monde repart après la tombée de la nuit. Nous sommes à nouveau seuls. Le glapissement d un renard monte depuis les fourrées en contrebas.

10 Turquie Mer Noire 16/08/2013 Deux petits faucons planent en dessous du belvédère. Nous jetons un dernier coup d œil sur les tours d immeubles qui s étagent sur les collines de Cakraz. La mer est d un bleu profond. Nous repartons sur la D10 en direction de l Est. La zone est massacrée par la création d un tunnel et d une voie rapide. Sans doute pour relier plus rapidement Kurucasilé. Alors que le seul intérêt de la région est de flâner pour admirer le paysage. Car, en ce qui nous concerne, les plages de galets ne nous invitent pas à la baignade et au farniente. Nous préférons contempler les montagnes boisées qui plongent directemetn dans la mer. Le plus haut sommet du massif, le mont Yaraligöz, domine la région du haut de ses 2 019m. La plupart des montagnes se dressent entre et 1 400m d altitude. Nous faisons halte pour faire quelques courses dans un village bousculé par les travaux routiers. Puis, c est avec soulagement que nous trouvons une station service à Kurucasilé. L aiguille du réservoir de carburant était dans le rouge. Après quoi, nous retrouvons la route tracée par le pas de l âne. Elle est si tourmentée que nous ne dépassons guère les 40 km/h. Elle court souvent en corniche, surplombant la mer dont le bleu se fond à l horizon avec celui du ciel. Puis, il faut plonger au fond d une crique, contourner une combe, enjamber un ruisseau et grimper à nouveau sur le relief suivant. A midi, nous faisons halte sur la petite plage de Kapisuyu, coincée entre deux falaises. Le petit village vit à l heure de la prière du vendredi. A l appel du muézin, les hommes quittent les tables qui bordent la petite plage pour aller faire leurs ablutions. Nous prenons notre repas dans le camping-car mais ne nous attardons pas. En plein soleil, la chaleur est vraiment trop intense. De nouveau sur la route, nous repérons un petit chemin qui descend raide en direction de la mer. Nous décidons d explorer les lieux à pied. C est ainsi que nous découvrons une merveilleuse petite crique isolée. Nous nous installons sur un rocher à l ombre d un pin et observons les lieux, bercés par le ressac des vagues. Seules quelques barques de pêche tirées sur le rivage témoignent que l endroit est régulièrement fréquenté. Mais pour l instant, nous profitons de notre solitude, face à la mer. Lorsque nous décidons de remonter, il fait encore une chaleur infernale. En fin d après midi, comme chaque jour, nous nous mettons en quête d un bivouac. Recherche difficile dans cette région où la montagne plonge directement dans la mer. Garés un instant au bord de la route, nous sommes abordés par trois types dans une voiture. Ils nous réclament de l argent pour l un d entre eux, soi-disant handicapé qui aurait besoin d argent pour se soigner. Nous les chassons assez vertement. Depuis le début de notre voyage, nous nous sommes forgés une philosophie à l égard des quémandeurs en tout genre. Nous estimons qu il appartient aux états de réduire les inégalités sociales et de prendre en charge les plus défavorisés de leurs citoyens. Dans chaque pays dit «pauvre», nous avons rencontré des habitants beaucoup plus riches que nous. Pourquoi, nous étrangers, devrions nous pallier un système égoïste qui ne redistribue pas équitablement les richesses du pays? Passons. 10 km après kapisuyu, nous apercevons le joli petit port naturel de Giros puis la longue plage de galet de Cidé qui ne nous enchante guère. Nous poursuivons jusqu au petit village de Akbayir dont la crique abrite une minuscule plage. A l entrée d une maison, une femme assise sur le sol, trie des montagnes de noisettes. Nous trouvons un emplacement pour stationner sous les arbres puis partons nous balader dans le village. Il semblerait qu ici, la baignade soit réservée uniquement aux hommes. Nous n apercevons aucune femme. Nous rencontrons Ata qui nous parle un long moment en anglais. Originaire d Istanbul, il est là pour les vacances. De retour au camping-car, nous profitons grandement du muézine qui chante avec détermination la gloire d Allah depuis le minaret tout proche.

11 Turquie Mer Noire 17/08/2013 Appel à la prière, 5h00 du matin. Nous réussissons péniblement à nous rendormir jusqu à 7h00. Nous reprenons la route sous un soleil toujours aussi éclatant. Depuis la route en corniche, nous apercevons la mer dont le bleu turquoise nous rappelle les Caraïbes. Aujourd hui, le vent du large pousse de grosses vagues chargées d écume qui se fracassent sur les rochers. Les falaises dominent la mer de près de 200m de haut. A notre droite, les montagnes couvertes de forêts. Nous croisons sur la route de nombreux piétons munis de sacs en plastique. C est le temps de la cueillette des mûres et des figues. Dans les villages, ont fait sécher et on tri des tonnes de noisettes récoltées dans les vergers. Le tri se fait patiemment à la main ou à l aide de petites machines bleues qui évacuent tiges, feuilles et brindilles. Bientôt il sera temps de cueillir les pommes, les noix et les châtaignes qui poussent ici à profusion. De quoi faire des réserves pour le long hiver enneigé qui s abattra dans la région dès le mois d octobre. Nous imaginons combien ces villages de la côte doivent être isolés au cœur de l hiver quand la neige rend quasi impraticable la petite route tourmentée. Un petit figuier sauvage, chargé de fruits, nous fait signe. Nous ne pouvons résister à son appel et, munis nous aussi d un sac plastique, nous faisons provision de douceurs gorgées de soleil. Peu après, voulant faire quelques photos du tri des noisettes, nous repartons avec un sac plein de ces fruits généreusement offert par la famille qui travaillait là. A midi, nous faisons halte sur la longue promenade qui borde la mer à Inébolu. L endroit n est pas très joli mais les immeubles du front de mer nous offre une ombre appréciable. La route jusqu à Güzelkent est moins spectaculaire. Elle longe la côte au niveau de la mer. Elle est encombrée par de nombreux travaux et dessert une succession de ports artificiels ainsi que d étroites plages de galets. Après Güzelkent, la route s enfonce dans les terre et nous espérons trouver plus facilement un endroit pour bivouaquer. Peine perdue. Les villages se succèdent les uns derrières les autres dans une étroite vallée. Finalement, nous découvrons une vaste clairière encombrée de caillasse à la sortie d une petite agglomération. Fatigués, nous décidons d élire domicile ici pour la nuit.

12 Turquie Mer Noire 18/08/2013 Direction Sinop, point le plus à l est de notre itinéraire le long de la «Kara Deniz», la mer Noire. J ai le moral dans les chaussettes et j ai du mal à apprécier la beauté du paysage. Plus notre retour vers la France se précise et plus je me sens mal. En 4 ans, nos amis, notre famille, nos enfants ont poursuivi un chemin parallèle au nôtre. Ils se sont construit une vie dont ne faisons pas partie. Comment seront nous reçus dans cet univers où nous n avons plus notre place? La gestion de ce retour m angoisse. Sans doute à tort. Une seule chose paraît certaine. Nous avons envie de poursuivre notre vie nomade au-delà de la grande boucle que nous avons faite autour du monde. Pour des personnes rangées sagement dans les cases assignées par la société, comment serons-nous acceptés alors que nous vivons en marge du monde réglementé et ordonné? Ces idées tournent dans ma tête pendant que nous longeons une dernière fois la mer Noire. Nous faisons une halte au bord de la route pour faire le plein d eau à l une des multiples fontaines publiques qui jalonnent les routes turques. On y trouve souvent une timbale en métal fixée au mur par une chaînette. Le passant peut ainsi se désaltérer régulièrement. Celle-ci est flanquée d un abreuvoir où les vaches viennent se désaltérer. Je picore quelques mûres dans les buissons et nous repartons pour faire halte à midi sur le pré communal d Incirpinar. Nous mangeons sous l œil de quelques vaches qui broutent dans un champ en bord de mer. A Sinop, nous nous garons au pied des fortifications battues par les vents, salués par la statue de Diogène. Le philosophe aurait séjourné ici, peut-être dans son tonneau, entre 413 et 404 avant JC. La ville est aussi connue pour avoir été le décor d un massacre perpétré par d une armada russe en personnes succombèrent ici. L évènement déclencha la guerre de Crimée qui vit s opposer les russes à la coalition ottomane, anglaise et française. Juste un épisode de la longue marche de l humanité avançant de guerre en guerre, d extermination en extermination. Hier la Crimée, aujourd hui la Syrie. Aujourd hui, les restes des fortifications de Sinop se perdent au milieu des maisons neuves. Nous partons à la découverte de la ville, le long de la promenade qui dessert le port de pêche, l embarcadère pour les bateaux de promenade, la marina pour les bateaux de plaisance et la jetée. Les stands en toile se succèdent, offrant aux touristes officines de tatouage, bimbeloteries, épis de maïs grillés. Cherchant un peu de fraîcheur, nous nous installons sous les arbres pour déguster une «dondurma», une glace. L habile vendeur nous confectionne des boules de glace en forme de fleur qui feraient fureur dans notre pays. Le goût n est pas à la hauteur de l aspect mais nous prenons tout de même plaisir à suçoter notre petite fleur turque. La journée étant bien avancée, nous devons retrouver le camping-car et reprendre la route pour chercher un bivouac. Pas simple dans cette zone touristique. La voie rapide n offre guère d échappatoire. De guerre lasse, nous nous installons au bord d une rivière à sec près du pont qui mène au village de Kabali. L endroit n a rien d engageant mais nous sommes trop fatigués pour aller plus loin.

13 Turquie Mer Noire 19/08/2013 Nous quittons définitivement les rives de la mer Noire pour nous enfoncer dans les terres par la D785. Les reliefs adoucis font penser à nos montagnes du massif central jusqu au col de Dranaz qui culmine à 1 350m. Sur l autre versant, la route bascule dans un paysage beaucoup plus sec fait de rocs, de genévriers et de chênes verts auxquels se mêlent les chaumes blonds des champs de blé moissonnés. Nous atteignons Boyabad dominé par sa citadelle, perchée au sommet d une colline. C est jour du grand marché. Les rues sont envahies par une cohue de voitures et de piétons. Nous sommes tentés de nous mêler à cette animation. Mais il est impossible de se garer à des kilomètres à la ronde. Nous passons donc notre chemin en direction du sud pour nous rendre à Saraydüzü. A travers champs, nous rejoignons un petit coin de campagne pour passer l après midi. Blottis contre un chêne vert, nous voyons le paysage vallonné, semé de villages dont on aperçoit les minarets dressés fers le ciel comme la pointe d un crayon. Vers 16h00, nous reprenons la route, bifurquons à l ouest, en direction de Kargi. Le moteur de la voiture recommence à chauffer. Le radiateur à peut-être besoin d un nouveau nettoyage. Les pluies de criquets que nous avons essuyées au Kazakhstan l ont sans doute encrassé par cette bouillie verte et gluante. Nous grimpons donc les côtes au pas, coupant la climatisation. Nous sommes à près de 1 000m lorsque nous décidons de faire halte dans une sorte de garrigue dominée par des falaises rocheuses. Nous nous garons parmi les chênes verts et les genévriers à distance de deux cabanons de vacances, déserts à cette heure. Nous ne serons dérangés que par les sonnailles d un troupeau de vaches menés par deux bergers et les griffes rageuses des arbres malmenés par le vent. Turquie Mer Noire 20/08/2013 Nous reprenons la route en direction de Kargi et Osmancik. Nous sommes maintenant aux confins nord de l Anatolie centrale. Le décor se fait de plus en plus sec et aride. Des roches noires auc formes tourmentées émergent d amas d alluvions. Nous passons Kargi pour remonter la rivière Kizilirmak en direction de l est. Comme un long serpent vert, les terres agricoles bordent le cours d eau. Nous apercevons ce qui semble être des rizières. Leur couleur verte tranche sur les collines desséchées avoisinantes. Osmancik se repère de loin grâce à son piton rocheux fortifié. Côté plaine, la ville nouvelle s étale avec ses barres d immeubles. Côté rivière, les ruelles sinuent, bordées de maisons basses accompagnant le cours d eau. Un grand pont de pierre, porté par de multiples arches figure sur le blason de la ville. Nous ne savons pas de quand il date. Il enjambe la Kizilirmak et donne accès au rocher fortifié. Nous flânons un moment sur les bords aménagés de la rivière, longeant les guinguettes sous les arbres. Nous faisons un tour rapide du marché dont presque tous les stands sont fermés. Puis nous repartons en direction de Corum. En chemin, nous apprenons de nouveaux mots turcs : «rezervasion», «finans», «asansör», «jandarma», «polis», «Kamyon», etc. Un coin d ombre au bord de la voie rapide nous accueil pour le repas de midi. Puis nous poursuivons notre chemin dans un décor de plus en plus montagneux. Le moteur de la voiture émet maintenant des bruits étranges à bas régime. Décidemment, la machine est bien fatiguée. Il nous faudra pourtant encore passer de nombreux reliefs avant de rejoindre un jour notre port d attache. Ici, des sommets comme le mont Kösé dominent la région à près de 1 800m d altitude. Nous entrons dans Corum entre deux rangées de commerces vendant du «Lebleli». Nous comprendrons plus tard qu il s agit de pois chiches grillés, spécialité de la région. Corum, préfecture de province, compte plus de habitants et semble en voie d expansion rapide. De nombreuses briqueteries alimentent la fièvre de construction qui s est emparée de la ville. Nous apercevons de partout des marchands de poteries et de ferblanteries qui vendent ses pôeles portatifs pour chauffer le thé et qui ressemblent o des samovars. A la recherche d une banque, nous faisons halte dans le centre ville. Mais nous ne trouvons pas une seule agence dans cette ville grande comme Lille ou Renne. Juste un distributeur de billets dont nous nous contenterons. Quelques courses chez «BIM» et nous ressortons de Corum. Nous nous dégageons de la zone urbaine par la route d Ankara à la recherche d un emplacement pour passe la nuit. Après plusieurs tentatives dans des chemins sans issues, nous découvrons une retenue d eau sur la route d Alaca. Un petit chemin nous permet de rejoindre les rives du lac. De là, nous pouvons voir l ancienne route qui s enfonce dans l eau, noyée par le barrage. Un panneau routier, à moitié immergé, montre la direction du passé. Nous apercevons le minaret d un village de l autre côté du lac. Alors que la nuit est tombée, des pique-niqueurs nous rejoignent et allument un grand feu pour faire cuire leurs brochettes. Cependant, ils ne perturberont pas notre soirée et nous ne nous rendrons même pas compte de leur départ.

14 Turquie Mer Noire 21/08/2013 Le jour qui se lève offre de beaux reflets sur le petit lac de Babaoglu. L ancienne route, stoppée net au bord du réservoir, semble se poursuivre pour rejoindre un mystérieux monde aquatique. Puis, la caresse du vent fait frissonner la surface où se mirent collines et villages et, le paysage, de l autre côté du miroir d eau, disparaît à notre vue. Il est temps de lever le camp. Nous devons passer le col de Kürebeli à 1 165m avant de rejoindre la petite route qui conduit au site archéologique d Alacahöyük. Nous voici en royaume Hittite ; peuple contemporain des pharaons d Egypte, plus de ans avant notre ère. La cité d Alacahöyük offre aujourd hui un alignement de pierres marquant les fondations de temples et de sanctuaires ainsi que de remparts. Toutes les pièces découvertes ici se trouvent maintenant au musée de Corum ou d Ankara pour les plus précieuses. Le visiteur est accueilli par une grande roue du soleil en bronze décorée de cerfs et de taureaux, symbole des dieux vénérés par les hittites. Les sculptures et bas reliefs qu on trouve ici ne sont que des répliques. Peu importe. Nous prenons plaisir à déambuler paisiblement parmi les vieilles pierres faisant appel à notre imagination pour évoquer la vie en ces temps reculés. A midi, nous prenons notre repas à la terrasse d un tailleur de pierres, cuisinier à ses heures. D immenses plateaux circulaires en fer blanc tiennent lieu de table. Des samovars fumants gardent au chaud le thé qui infuse. Une petite brise agréable nous rafraîchit un peu pendant que nous dégustons des köftés (boulettes de viande) assortis de pommes sautés et accompagnées d Ayran (yaourt à boire). Petits instants de plaisir simples. Nous repartons pour Attusa, capitale du royaume hittite. Le paysage alentour est magnifique. Tout est blond, après la moisson du blé. A l infini, les collines sont ornées des dessins formés par les parcelles de terre. Nous arrivons à Bogazkalé où se situe l immense zone fortifiée au milieu des collines ; Les soubassements des remparts courent sur plus de 6 kilomètres de long, percés de portes monumentales protégeant les ruines des temples et autres bâtiments. Nous évitons une arnaque à l entrée du village. Un rabatteur nous fait signe de stopper pour nous donner des informations «gratuites» sur le site. En fait, il propose des visites du site en remorque tirée par un tracteur. Le site est très grand et nous ne pourrons pas le faire à pied sans une grande fatigue. Il oublie juste de nous dire que le tour des fortifications peut se faire en voiture. C est ce que nous constatons un peu plus loin, n ayant pas cédé à l offre du type. L entrée du site n est pas chère mais tout est organisé pour faire ouvrir le porte monnaie. Le téléphone portable fonctionne à merveille. C est sans doute le guichetier qui donne l alerte générale. Nous sommes attendus par des adolescents parlant trois mots de français et qui cherchent à nous vendre des petites sculptures taillées dans de la serpentine. Un peu plus loin, alors que nous ressortons d un tunnel qui donne au-delà des fortifications, un franco-turc venu tout spécialement avec son scooter rouge, vient nous proposer de séjourner dans son hôtel-camping. Heureusement, tout se fait avec le sourire et sans agressivité. Nous avons tout de même un peu de mal à apprécier les lieux, perturbés par un groupe de nippons qui nous suit ou nous précède de partout. Le soleil commence déjà à décliner lorsque nous nous rendons sur le site de Yazilikaya tout proche. L endroit est un sanctuaire religieux niché au milieu d un chaos rocheux. On y trouve de jolis bas-reliefs. L insistance des marchands de souvenirs nous pousse à fuir la zone touristique pour chercher un bivouac. Nous nous installons finalement dans un champ moissonné, au bord d un ruisseau.

15 Turquie Anatolie Centrale 22/08/2013 Sans le savoir, nous nous préparons à une longue journée de route. Nous traversons d une seule traite la page 94 de notre atlas routier turc. La zone entière est constituée d un vaste plateau agricole perché entre et 1 200m d altitude à peine vallonné. A cette période de l année, l étendue des chaumes et des labours donne un aspect terne et désolé. Quelques rares arbres permettent sans doute aux ouvriers agricoles de se reposer à l ombre entre deux ouvrages. Les lignes de peupliers et de saules marquent le passage sinueux des ruisseaux. Nous croisons de grands troupeaux de chèvres et de moutons, menés par des bergers à dos d âne. Les chèvres ont de longs poils soyeux qui servent peut-être au tissage. Un touriste turc qui s arrête comme nous pour les photographier, nous offre des petites prunes vertes qu il vient de cueillir. Il semble aimer cela et nous dit que c est encore meilleur avec un peu de sel. Nous les croquons avec un sourire un peu contraint car nous les trouvons en fait immangeables. Peu importe, un cadeau fait toujours plaisir. Notre traversée de la région commence avec notre arrivée à Yozgat. La ville grandit comme un champignon et ne nous laisse pas une bonne impression. Elle nous accueille par des tas d ordures qui jalonnent la route. Puis, le regard se porte sur les dizaines de tours d immeubles, à peine achevés, plantées sur toutes les collines environnantes. Chaque nouveau quartier qui surgit de terre est assorti d une mosquée flambant neuve. Nous ne savons pas ce qui vaut à Yozgat cette soudaine expansion. Mais nous sommes certains de ne pas vouloir nous y attarder. Nous descendons plein sud par la route 66, passons Bagazliyan et poursuivons en direction d e kayseri. Une pause à midi au bord de la route et nous repartons. Vers 16h00, nous tentons de trouver un emplacement pour passer la nuit. Mais notre regard erre, en vain, sur ce paysage chauve qui n offre aucune ombre en dehors des villages. Nous roulons donc ainsi jusqu aux portes de la Cappadoce. Finalement, nous repérons un réservoir d eau à une dizaine de kilomètres d Avanos. Une haie de saules au bord d un champ nous offre une belle ombre pour passer le reste de la journée. A la tombée de la nuit, les bergers passent avec leurs troupeaux pour aller les abreuver au lac. Puis, nous assistons au plus beau lever de lune de toute notre vie. L astre est si net que nous pouvons apercevoir ses reliefs à l œil nu. Nous restons un long moment en contemplation, émerveillés par ce nouveau cadeau de la nature. Turquie Anatolie Centrale 23/08/2013 Ayant bivouaqué près de la ville, nous parvenons à Avanos de bon matin. La cité des potiers marque l entrée nord du parc national de Göremé. Après quelques courses chez «BIM», nous partons à la découverte de la bourgade nichée au bord de la rivière Kizilirmak, celle là même dont nous avons déjà fait connaissance plus au nord, à Osmancik. Si la nouvelle ville s étend sur la rive sud, l ancienne cité s étage sur les collines de la rive nord. Les maisons les plus vieilles tombent en ruine et de nouvelles bâtisses se construisent sur les antiques caves voûtées et profondes. Toute la région de Cappadoce est constituée de tuf facile à creuser, sculpter et débiter comme dans la région de Saumur, en France. C est pourquoi on trouve ici de belles maisons en pierre de taille mais aussi une quantité impressionnante d habitats troglodytes et de profondes caves. Nous explorons Avanos jusqu en début d après midi puis prenons la direction de Göremé au cœur des formations rocheuses de Cappadoce. Dès notre arrivée à Cavusin, nous réalisons combien la région est exceptionnelle et unique au monde. Une activité volcanique puis l érosion ont formé ici un vaste cirque renfermant une grande quantité de cheminées de fées. Mais si le paysage est extraordinaire, l histoire qui s y rattache ne l est pas moins. Pendant la période romaine et byzantine, la région devint le refuge des premiers chrétiens et du IVe au XIe siècle de notre ère. Fuyant les persécutions, ils bâtirent ici des églises, des monastères, des villages et des cités entièrement souterrains, taillés dans les profondeurs de la roche. Bref, nous avons hâte de prendre les sacs à dos pour explorer les vallées qui sillonnent Göremé. Pour l heure, nous grimpons au dessus du musée de plein air pour nous installer au Kaya Camping. Confort suprême : branchement électrique et internet wifi. Sans compter une belle vue sur la région. Nous passons le reste de la journée au camping. Nos premières vacances depuis bien longtemps.

16 Turquie Anatolie Centrale 24/08/2013 Par la fenêtre du camping-car, nous apercevons des montgolfières, des dizaines de montgolfières, caressées par les premiers rayons du soleil. Spectacle étonnant que tout ces ballons colorés s élevant dans l air limpide du matin. Il est 6h00. Nous nous sommes levés de bonne heure car nous espérons échapper à la chaleur. Nous avons prévu de randonner dans les vallées Rose et Rouge et dans celle de Meskandir. Le chemin s amorce tout près du camping. Nous n avons pas fait de vraie randonnée depuis l Australie, il y a plus d un an. Nous sommes un peu rouillés et manquons d entraînement. Malgré son bâton de marche, Georges flageole sur ses jambes ; d autant que le sol, couvert de sable blanc, se dérobe sous nos pas dans les descentes abruptes. Nous avançons donc avec précaution parmi les vignes rampant sur le sol sablonneux. Les ceps sont couverts de lourdes grappes de raisin prêtent pour la vendange. Le chemin s enfonce dans les formations rocheuses au milieu de vergers minuscules mais paradisiaques dans lesquels poussent en abondance pommes, noix, prunes, raisins, mûres et melons. Ces mêmes vergers nourrissaient dans doute déjà les premiers chrétiens venus se réfugier ici. Nous découvrons avec émotion les logements taillés dans les falaises et les aiguilles rocheuses. Les lits de pierre garnis de paille, le foyer, les dépendances arrangées autour de petites cours herbeuses ; les points d ancrage, taillés dans la roche pour attacher les bêtes, les puits, les tunnels creusés pour relier les vallons entre eux, les chapelles pour desservir chaque paroisse. Notre imagination va bon train. Nous admirons les greniers, les pigeonniers taillés au dessus des logements et accessibles par des encoches ménagées dans les façades. Les habitants de ces époques primitives étaient des grimpeurs et des équilibristes chevronnés. La rivière qui sert de chemin passe dans une succession de tunnels naturels. Nous continuons notre exploration jusqu à midi et trouvons refuge dans une ancienne chapelle pour nous mettre à l abri de la chaleur. Le vent souffle formant des tourbillons de sable. Mais nous continuons à fureter entre les aiguilles de pierre et les hautes herbes, cherchant d autres témoignages de la vie aux cœurs de ces rochers. Nous visitons encore plusieurs «fermes» et «chapelles» avant de rejoindre Cavusin. Le village est remarquable par ses «immeubles» taillés dans les falaises. Mais la journée est déjà bien avancée et nous sommes fatigués nous n avons pas le courage d explorer encore ces «HLM» d un autre temps. C est donc avec plaisir que nous grimpons dans un «dolmus», un bus régulier qui nous ramène à Göremé puis au camping. Nous trouvons encore un peu de courage pour faire une lessive et décharger les centaines de photos que nous avons faites aujourd hui, belle moisson de souvenirs qui resteront gravés dans nos mémoires. Pour la première fois depuis bien longtemps, nous sommes en compagnie de plusieurs camping-cars. Nous voici entrés dans les rangs de la normalité. Notre présence n attire plus l attention de personne. Nous commençons à ranger notre tour du monde au magasin des souvenirs.

17 Turquie Anatolie Centrale 25/08/2013 Nous assistons ce matin à un nouvel envol de montgolfières. Elles passent si près que nous pouvons voir distinctement l aérostier et les occupants des nacelles. Nous entendons même le bruit des flammes qui gonflent les ballons. Comme hier, nous nous sommes levés dès 6h00 et à 7h00, nous empruntons un chemin qui conduit à une des innombrables églises troglodyte de la région. Celle-ci est encore fermée. Trop tôt. Nous ne l apercevons qu à travers les grilles. Nous avions prévu de rejoindre la vallée de l Amour par la route. Mais un petit chemin passant près de l église nous invite à le suivre à travers les vergers et les potagers. Il hésite, tourne à droite, à gauche, descend, se faufile sous les pommiers, les noyers et les pruniers. Personne ne semble se soucier de récolter les fruits qui pourrissent sur le sol ou sèchent sur les branches. Nous faisons donc une orgie de raisins, de prunes et de pommes tous délicieusement sucrés et nous engrangeons quelques pommes dans le sac à dos. Ce minuscule éden, niché au creux des formations rocheuses nous offre encore des habitats troglodytes, fermes taillées dans le rocher avec leurs dépendances, leurs greniers, leurs pigeonniers, leurs puits profonds renvoyant l écho de nos voix. Nous sommes hors des sentiers battus et notre progression se heurte aux rochers qu il faut descendre sur les fesses au risque de percer les pantalons. Nous rejoignons finalement le musée de plein air que nous ne visiterons pas. Nous poursuivons jusqu à la vallée de l Amour, réputée pour ses cheminées de fées en forme de phallus. Nous sommes accueillis par des marchands de souvenirs insistants. Nous avons retrouvé la zone touristique. Contournant le cirque de pierre, nous grimpons sur le plateau. De là, nous apercevons le grand rocher qui fait la réputation d Uçhisar. Une large piste poussiéreuse nous conduit jusqu au belvédère qui domine Göremé. Une rue descend au cœur de la ville, parmi les aiguilles creuses, réinvesties par l industrie hôtelière. Il est trop tôt pour prendre le «dolmus» qui nous ramènera au camping. Nous nous installons donc sur une terrasse, au premier étage d un café, pour siroter un soda bien frais. Dans la rue passe la procession de voitures d un mariage. Les mariés parades dans une calèche, précédée par deux cavaliers. Nous ne verrons pas le visage de la jeune épousée. Il est entièrement dissimulé par un grand voile rouge. La noce s éloigne et nous prenons la direction de l arrêt de bus. De retour au camping, nous réservons pour demain une excursion en montgolfière. J en rêvais depuis des années. Mon rêve va enfin se réaliser, dans un décor splendide. Ce soir, nous mangeons en écoutant une radio française grâce à internet. Notre réintégration dans la normalité se poursuit.

18 Turquie Anatolie Centrale 26/08/2013 Lever 4h00. Il fait encore nuit lorsque le minibus de Kay Balloon vient nous chercher à la porte du camping. Direction le terrain d envol des montgolfières près du musée de plein air. Tout le monde se rassemble au Kaya Restaurant autour d un petit déjeuner. Le sieur Kaya, propriétaire de son état dispose ainsi du camping, du restaurant et d une compagnie d aérostiers ainsi qu d une flotte de minibus et de pick-up avec remorques pour transporter les nacelles. Sans compter les arpents de terre qui entourent le camping et portent vignes et vergers. Intéressant. Pendant que les touristes manent viennoiseries et biscuits, les équipent gonflent les montgolfières dont la masse commence à se dessiner dans la grisaille de l aube. Puis, de grandes flammes illuminent les ballons comme des lanternes. Nous dénombrons au moins une vingtaine de montgolfières plus ou moins colorées. Les longues nacelles en osier sont compartimentées afin de répartir le poids des passagers. Par groupes de cinq, nous nous installons dans les alvéoles. Puis, lentement, les plus légers que l air prennent leur envol. Notre aérostier manie les manettes des gaz des quatre brûleurs situés au dessus de sa tête. Quelques cordages permettent de faire pivoter l ensemble à droite ou à gauche. Mails la flotte des ballons se dirige là où les courants l entraîne. Après avoir rasé la cime des arbres et les champs de melons, nous nous élevons au dessus de Göremé avec la cité et le rocher d Uçhisar en arrière plan. Splendide. Nous assistons au lever du soleil au dessus de la vallée Rose puis survolons la vallée de l Amour et la vallée Basse avant de nous poser sur un petit terrain herbeux, au ras d un canyon. Hissés avec la nacelle sur la remorque, nous roulons jusqu à un champ plus vaste propice au rangement de l enveloppe du ballon. C est l heure du champagne et de la remise des diplômes. Dès 8h00, le minibus nous ramène au camping et nous nous recouchons vite pour finir notre nuit. Il sera près de midi lorsque nous ouvrirons péniblement un œil. L expérience aura été bien moins impressionnante que je l imaginais. Nous avons déjà essayé tant de modes de déplacement, sur l eau, sur terre ou dans les airs qu il devient difficile de nous émouvoir. Nous passons le reste de la journée au camping nous préparant à reprendre la route.

19 Turquie Anatolie Centrale 27/08/2013 Nous quittons le Kaya Camping de Göremé. Nous avons prévu de consacrer la journée à visiter les villages environnants. Ils comptent un certain nombre d habitats troglodytes intéressants. Ortahisar, tout d abord, dominé par son rocher forteresse. Sa visite ne nous paraît pas passionnante d autant que nous ne comprenons pas grand-chose à son aménagement et qu il menace ruine. De gros points de suture en acier le maintiennent en un seul morceau et des capteurs placés dans les salles permettent de mesurer l écartement des fissures. Après avoir grimpé plusieurs échelles de fer, nous en sommes quittes pour une belle vue sur la partie nord de la ville. Mais la photo souvenir se fait à l opposé, depuis le belvédère qui regarde la face sud du rocher. Les anciennes maisons sur caves sont presque toutes crevées et laissent apparaître des bouches béantes bordées de dents de pierre. Nous repartons en direction d Ürgüp où nous faisons quelques courses chez «BIM» avant de reprendre la route pour nous rendre au musée à ciel ouvert de Zelve. A l ombre de vénérables noyers, nous mangeons des köftés en compagnie de guêpes agaçantes. Puis, nous entamons la visite du site sous une chaleur accablante. Les villages troglodytes de Zelve s arrangent de part et d autre d une vallée encaissée bordée de falaises et d aiguilles de pierre. On y trouve des logements, des églises, des moulins, des pigeonniers, des greniers et des étables taillés à même la pierre. Tout est accessible par de larges et confortables escaliers qui font perdre un peu de charme à l ensemble. Beaucoup de falaises menacent ruine et de nombreux espaces, autrefois ouverts au public, sont maintenant condamnés. Les haltes dans la fraîcheur des cavernes sont une occasion pour discuter un peu avec d autres visiteurs. C est ainsi que nous rencontrons une famille franco-turque de Saint Etienne ainsi que Mourat, Ali et Abraham, élèves ingénieurs en électricité. Après trois heures de visite, nous repartons en direction d Uçhisar que nous avions aperçu hier depuis la montgolfière. Nous grimpons avec difficulté jusqu au pied du rocher qui, comme à Ortahisar, domine le village. L intérieur de la «forteresse» ne présente aucun intérêt à nos yeux mais le sommet du rocher offre une vue à 360 sur toute la Cappadoce. Nous redescendons à pied au milieu des marchands de poupées en chiffon, tapis et bibelots en tous genres. Lorsque nous rejoignons le parking un horrible spectacle nous attend. La benne semble s être désolidarisée de la cabine avant du pick-up. Nous sommes très inquiets et nous demandons si nous allons pouvoir reprendre la route. Sur les indications d un type, nous nous rendons au pas jusqu à Nevsehir, à l ouest de la ville, dans une zone où tous les garages sont regroupés. D atelier en atelier, nous atterrissons finalement dans un garage Mitsubishi. Malheureusement, lorsque les ouvriers s aperçoivent que notre suspension pneumatique est crevée, ils s imaginent que tous nos malheurs viennent de là. Nous savons pertinemment que ce n est pas le cas. Cette suspension est détruite depuis le Panama, il y a bien longtemps et nous ne nous en portions pas plus mal. Mais impossible de leur faire entendre raison. Ils persistent dans leur idée de changer la suspension pneumatique. Evidemment, lorsque la suspension est changée, le problème n est pas résolu. De guerre lasse, nous décidons de reprendre la route et de tenter de rejoindre la Grèce. Une fois sur le territoire européen, nous aurons plus de temps pour confier le véhicule à un atelier. Malgré les bruits inquiétants que fait la voiture dans les côtes et à chaque manœuvre, malgré le tangage de la cellule, nous choisissons de ne rien changer à notre programme et de poursuivre en direction de l ouest, à pas de tortue. Il fait déjà nuit lorsque nous atteignons le parking de l office du tourisme de Nevsehir. Nous sommes accueillis à bras ouverts par le gardien du site qui nous offre aussitôt le thé et des dépliants touristiques sur la région. Le sourire du brave homme ne suffit pourtant pas à nous détendre vraiment et nous aurons quelques difficultés à nous endormir.

20 Turquie Anatolie Centrale 28/08/2013 Ce matin, Georges cherche à se débarrasser de 3 bidons d eau vides. Malheureusement, son turc laisse à désirer. Comme il tente de demander où se trouve la poubelle, le gardien des lieux le conduit droit à un robinet et lui remplit d autorité les 3 bidons. Il croyait que nous avions besoin d eau. Nous le remercions vivement mais ce surpoids ne nous arrange pas vraiment avec nos problèmes de voiture. Et bien sûr, nous ne pouvons pas partir sans avoir bu le traditionnel verre de thé. Dans l impossibilité de détecter où se situe la faiblesse ou le point de rupture de la benne du pick-up, nous poursuivons notre chemin, espérant que l attelage ne se rompra pas en plein milieu de la route. Autant dire que nous scrutons chaque ralentisseur pour le passer au pas. La cellule tangue d avant en arrière à la moindre secousse. Avançant avec précautions, nous parcourons le chemin qui nous sépare de la vallée d Ihlara, au sud-est d Aksaray. Autant dire que nous ne faisons guère attention au plateau couvert de chaumes que nous traversons. A Derinkuyu, nous faisons halte pour visiter une des cités souterraines de la région. On en a dénombré une centaine dont 37 sont ouvertes au public. Elles ont été bâties entre le IVe et le VIIe siècle de notre ère pour se cacher en cas d attaque. Celle de Derinkuyu comporte 20 niveaux dont seulement 8 sont visitables. Claustrophobes s abstenir. L entrée se cache au milieu des marchands de souvenirs et de «gözlemés» (crêpes). Ticket en poche, le visiteur descend pour explorer un labyrinthe d excavations et de couloirs, assez bien éclairés, qui laissent mal imaginer la situation des populations réfugiées ici avec bêtes et provisions. Nous tentons de restituer la nuit à peine trouée par les lampes à huile ou les bougies, la fumée des foyers, la puanteur des excréments de tous genres. Nous admirons l ingéniosité des systèmes de ventilation, des trappes et couloirs, obstrués à volonté par de lourdes pierres en forme de meules. Ces moyens de défense permettaient de compartimenter les différents quartiers en cas d invasion. Nous nous demandons comment était réglée cette vie souterraine. Qui était responsable de quoi? Existe-t-il aujourd hui des documents permettant de répondre à ce genre de question? Après la visite, nous fuyons les lieux pour aller prendre un repas dans un restaurant éloigné de la zone touristique. Grâce à quoi nous avons droit à un excellent repas servi avec le sourire pour deux fois moins cher. Comme souvent, la salle principale est occupée par de longues tables autour desquelles s asseyent les hommes. Au fond de la salle, un salon est réservé aux couples et aux familles. Si une femme s assied à une longue table, elle est aussitôt désertée par tous les hommes. En Turquie, les hommes ne s installent pas à la même table qu une femme, particulièrement si cette femme n est pas de leur famille. Contrairement, à notre habitude, conquis par la cuisine des lieux, nous ressortons le ventre ballonné. Mais pas question de faire une sieste. Nous avons prévu de passer la nuit dans la vallée d Ihlara et, avançant à l allure d un escargot, nous devons reprendre tout de suite la route. Nous avons repéré un camping au fond de la vallée, à Belisirma. De là, nous pourrons entreprendre une randonnée sans descendre du plateau pour remonter ensuite en fin de promenade. Cependant, la route qui relie le fond de la vallée au plateau nous inquiète beaucoup. Pourrons-nous remonter sans dégât? Nous rejoignons Belisirma par la rive nord du canyon, traversant le vieux village et ses maisons de pierre cubiques qui partent en ruine. Au bord de la rivière Melendize, nous découvrons le camping et les restaurants «les pieds dans l eau», c est le cas de dire. Ici, on peut manger dans de petits pavillons sur pilotis, reliés à la rive par des passerelles en bois. On s installe sur des coussins autour d une table basse et un serveur vient prendre la commande. Des «flottilles» d oies font le tour des pavillons, espérant se restaurer à bon compte. L endroit, bien ombragé par les arbres du rivage, est vraiment charmant. Nous nous installons dans le camping, à l ombre d une paroi rocheuse et décidons de suivre le cours de la Melendize en direction de Selimé.

21 La rivière se fraye un chemin entre deux parois rocheuses et un petit chemin l accompagne sous les frondaisons. Parfois la vallée s élargie un peu, permettant l exploitation de potagers. L ensemble est irrigué grâce à des canaux soigneusement entretenus qui font un peu penser à ceux qu on trouve dans les palmeraies au Maroc. Nous apercevons plusieurs habitats troglodytes mais tous sont difficilement accessibles, au dessus des éboulis et des buissons de ronces. Approchant de Selimé, le canyon s élargit franchement, faisant place à des pâturages semés de saules. C est là que nous sommes arrêtés par un type munis d un talkie-walkie. Halte, on ne passe pas! L homme sert de vigie. Il arrête les promeneurs car, plus loin se déroule le tournage d un film. Il ne faut pas perturber les prises de vue. Nous patientons sous un petit pavillon de toile où deux femmes préparent des gözlemés pour l équipe de tournage. Nous demandons comment les beaux 4X4 et la remorque portant une nacelle de Montgolfière ont pu arriver ici alors qu il n y a pas de route. Par le lit de la rivière, tout simplement. Feu vert! Nous pouvons poursuivre notre chemin. C est l heure de la pause au bord de la Melendize. Nous apercevons le preneur de son et sa longue perche, le rail sur lequel circule la grosse caméra et tout un tas de techniciens parmi lesquels se mêlent sans doute les comédiens. Mais comme le film ne paraît pas costumé, impossible de distinguer les uns des autres. Nous ne nous attardons pas trop, craignant de déranger et poursuivons notre chemin le long de la rivière jusqu au coude qu elle forme avant d arriver à Selimé. Là, un autre type veille au grain, arrêtant les promeneurs qui arrivent en sens inverse. C est ici que nous décidons de rebrousser chemin. Retour vers les équipes de tournage puis vers le premier poste de surveillance. Cette fois, les deux pâtissières ne veulent pas nous laisser partir sans que nous ayons goûté à leurs gözlemés. Nous ne pouvons pas leur faire cette injure. Aussi, malgré notre ventre encore gonflé du repas de midi, nous acceptons leur cadeau avec le sourire. Mais les crêpes auront un peu de mal à passer. La journée ayant été bien remplie, nous sommes heureux de retrouver le camping-car, malgré les soucis qu il nous procure. Turquie Anatolie Centrale 29/08/2013 Lever 6h00. Tous les camping-cars du tournage du film sont partis hier soir. Dès 7h00, nous empruntons le chemin en direction d Ihlara pour visiter les églises troglodytes qui jalonnent le canyon. L entrée en est gardée et l accès payant. Mais tout est encore fermé au moment où nous franchissons la barrière. Nous nous passons donc du droit d entrée. Les deux premières églises toutes proches de Belisirma menacent ruine et nous y entrons à nos risques et périls malgré les panneaux d avertissement. Nous ne sommes pas les seuls à faire fi des alertes comme en font foi les nombreuses empreintes de pas sur le sable. Comme toutes les églises de la vallée, celles-ci renferment des fresques religieuses. Elles sont malheureusement gravement endommagées. Par l obscurantisme des fanatiques religieux tout d abord, qui ont buriné tous les visages des saints, des apôtres et du Christ. Par la stupidité des visiteurs qui, depuis près de 200 ans ont couvert les peintures de graffitis. Nous en avons relevé un qui datait de Par les injures du temps enfin car, saisons après saisons, de gros blocs de rochers se détachent des parois, entrainant avec eux des pans entiers des églises. Nous visiterons une dizaine de ces lieux de culte datant des Xe et XIe siècles, repartis de part et d autre de la rivière Melendize. Nous cheminons toute la matinée à l ombre des saules, grimpant jusqu au pied des falaises pour pénétrer dans la sombre fraîcheur des églises. Vu la pénombre, les fresques et piliers sont plus visibles sur les écrans de nos appareils photos dont l optique s adapte mieux à l obscurité que nos yeux. A midi, nous pique-niquons au bord de l eau. Le retour en pleine chaleur s avère beaucoup moins agréable que l aller. Si le matin nous avions la vallée pour nous tout seuls, nous croisons plusieurs groupes accompagnés de guides. Nous ressortons de la vallée, sans avoir rien payé mais le bénéfice est immédiatement englouti par la consommation de deux sodas qui coûtent plus cher qu une entrée sur le site. Nous passons le reste de l après midi dans le camping-car, à l ombre de la paroi rocheuse. Nous ne serons dérangés que par une tortue froissant les herbes sur son passage. Nous prenons le temps de planifier la semaine à venir et de décharger nos photos avant de nous écrouler, harassés, sur le lit. Il n est que 18h00.

22 Turquie Anatolie Centrale 30/08/2013 Nous quittons la Cappadoce pour continuer notre chemin en direction de l ouest. Malgré notre appréhension, nous réussissons à sortir du canyon sans dégât. Nous poussons un «ouf» de soulagement avant de poursuivre sur la grande route. A Aksaray, nous faisons halte dans une supérette de quartier pour refaire le plein de provisions puis poursuivons sur la route de Konya, la capitale des fameux Derviches tourneurs. 150 kilomètres séparent les deux villes. La route est jalonnée d anciens caravansérails tous les 20 kilomètres. Nous avons retrouvé la route de la Soie abandonnée au Kazakhstan. Nous imaginons les caravanes de chameaux parcourant cette contrée désolée, sèche et crayeuse. Nous sommes sur un plateau à environ 1 000m d latitude. Aucun relief n arrête le regard. A force d irrigation, une agriculture intensive gagne peu à peu sur la steppe. C est sans doute pourquoi notre atlas routier montre le lac de Tuz, réduit des 2/3. Il ne sera bientôt plus qu un lointain souvenir comme la mer d Aral. Comme partout en Turquie, nous apercevons des campements dans les champs et imaginons qu il s agit d ouvriers agricoles venus louer leurs bras. Nous longeons beaucoup de chaumes et de terres labourées mais aussi des champs de tournesols, de maïs et de luzerne. On prépare les réserves pour l hiver. On engrange les bottes de paille ou on les réduit en poudre. On récolte tomates et poivrons rouges qu on transforme en purée dans de petits ateliers spécialisés pour en faire des conserves. La campagne est ponctuée de silos à grains et de marchands de «tractörs». Nous poursuivons l apprentissage de la langue sur les panneaux indicateurs : «kolej» (collège), «lisé» (lycée), «muzé» (musée), «ferforjé» (fer forgé), etc. A midi, nous faisons halte dans le petit village de Cengelti près d un ancien puits à balancier. Celui-ci est hors d usage mais nous en croiserons plusieurs en état de fonctionner. Puis, nous tentons de traverser Konya. La ville compte plus de habitants. Très moderne, elle compte de nombreux centres commerciaux luxueux, des parcs publics et un grand aéroport. Mais nous y tournons en rond comme les Derviches. Pas de boulevard périphérique et nous avons un mal fou à trouver l issue qui nous permettra de nous échapper par l ouest en direction du lac de Beysehir. Nous atteignons finalement la petite retenue d eau d Altinapa qui n offre aucun accès à la rive. A lz recherche d un bivouac, nous prenons un petit chemin de traverse dans la colline, toujours accompagné par les bruits inquiétants de la voiture. Nous nous installons sur un terrain à peine plat couvert d herbes sèches et de petits épineux. Peu après, nous recevons la visite du propriétaire des lieux à mobylette, accompagné de ses trois chiens de berger. Il habite en contrebas et vient voir qui s est posé sur son domaine. Nous devons avoir une bonne tête car il nous autorise à rester. La nuit commence à tomber lorsque nous le voyons revenir, toujours à mobylette et toujours accompagné de ses chiens. A-t-il changé d avis? Souhait-il que nous décampions? Pas du tout. IL veut être sûr que nous sommes bien installés et que nous ne mourrons pas de faim. Il a les bras chargés de pommes de tomates et de poivrons. Il insiste pour que nous ne partions pas demain matin sans venir prendre le thé chez lui. Sans commentaire.

23 Turquie Anatolie Centrale 31/08/2013 Nous levons le camp pour nous rendre chez notre visiteur du soir. Il nous attend pour le «tchaï», le thé. Les présentations faites, Kemal nous invite dans sa maison de campagne et nous nous installons sur des matelas posés sur le tapis qui couvre la terrasse. Notre hôte habite Konya avec son épouse. Il vient ici plusieurs fois par semaine pour prendre soin de son verger, de ses chiens et de ses poules. Petite parenthèse. Quand vous vous souviendrez que nous ne parlons pas un mot de turc et sachant que Kemal ne parle que sa langue maternelle, vous vous demanderez sans doute comment nous pouvons communiquer ainsi. Nous nous le demandons aussi. Mais une chose est certaine, lorsqu on a envie d échanger, on trouve toujours le moyen de se faire comprendre, même s il y a souvent des incompréhensions. Bref, pendant que le thé infuse, Kemal nous fait les honneurs de son domaine. Il est très fier du bassin qu il a construit en haut de son terrain. Nous notons que les turcs nomment les bassins «haose» (comme le mot allemand «hause», maison). Or s est le même mot qu emploient les ouzbèkes. Kemal recueille dans son bassin les eaux d une source de montagne qu il redistribue ensuite grâce à un système d irrigation. Ses arbres, plantés il y a 4 ans portent déjà de beaux fruits. Au passage, notre hôte fouine dans son petit potager et cueille pour nous concombres, courgettes et tomates. Deux pommes pour faire bon poids et nous rentrons les bras chargés jusqu à sa maison. Cette fois, nous nous installons à l intérieur pour boire le thé. Nous apprécions la confiance et le grand honneur qui nous est fait. Nous accédons rarement à l intérieur des maisons même lorsqu on nous offre l hospitalité. A l heure du départ, Kemal nous offre encore une céramique représentant Konya. «Techek Kurlar» (merci beaucoup), «Alasmaladek» (au revoir pour celui qui part), «Gülé-Gülé» (au revoir pour celui qui reste). Nous voici repartis en direction du Beysehir. La route est toujours bordée de caravansérails mais nous rencontrons maintenant d avantage de reliefs. Nous atteignons la ville vers midi et faisons halte au bord du lac d un vert magnifique. Un petit tour dans le parc public qui longe la rive puis nous prenons notre repas dans le camping-car. Nous contournons ensuite le lac par sa rive sud en traversant le petit village de Yesildac. Le vieux village, perché sur une colline est digne d intérêt. La construction de ses maisons est tout à fait particulière Les murs sont bâtis par une succession de couches de pierres et de planches de bois. Nous pensons que ces planches servent d amortisseurs en cas de secousses sismiques. Les bâtisses les plus anciennes, fort rares, sont couvertes de toits plats formés par des perches couvertes de paille et de terre. Les maisons plus récentes arborent des toits pentus couverts de tuiles. Nous nous perdons dans les ruelles avant d être remis dans le droit chemin par deux jeunes gens à mobylette partant à la chasse, fusil sur le dos. C est sans doute le week-end d ouverture de la chasse. Nous poursuivons à l ouest du lac dans un paysage de garrigue. Vers 16h00, nous empruntons une piste pour nous poser parmi les genévriers et les thuyas. Afin de nous détendre un peu, car nous sommes toujours sur le qui-vive à cause de la voiture, nous partons à pied à travers la garrigue et la rocaille pour rejoindre la rive marécageuse du lac. Nous sommes accueillis par les tirs de fusils et le coassement des grenouilles. Nous restons un long moment, assis sur des rochers. De là, nous observons le saut des poissons argentés dans l étang, le vol des aigrettes et l arrivée des nuages. Un orage semble bien près d éclater et nous prenons le chemin du retour. Depuis le camping-car nous entendons les sonnailles des chèvres noires à long poil que gardent les bergers dans la campagne.

24 Turquie Anatolie Centrale 01/08/2013 Notre petit déjeuner est distrait un instant par l arrivée d un tracteur tirant une remorque. Un père et son fils sont venus cueillir quelques pastèques dans un terrain perdu au milieu de la garrigue. Un bref salut, puis hommes et machine disparaissent. Nous levons le camp vers 10h00 ; cap au nord, le long du lac de Beysehir. Le ciel est gris et le paysage nous semble bien terne. Le lac a perdu sa belle couleur verte. La route en corniche traverse le parc national de Pinargözü Magarasi. La région, loin des zones touristiques, est vraiment très belle. Les villages ont conservé une partie de leurs maisons traditionnelles. Si nous en avons rencontré de plus belles hier à Yesildag, celles de Kurucaova sont aussi intéressantes. Leur base est en pierre mais les murs, coupés de planches, sont en briques crues. Les façades sont ornées de loggias en bois qui avancent sur la rue. Nous passons au pied du mont Zindan qui domine le lac à 2 374m. Mais nous ne le voyons pas, perdu dans les nuages. Dans cette région, on se déplace encore volontiers en charrettes légères, tirée par des ânes, des mules ou de petits chevaux. Nous sommes dimanche. On vient ici pêcher à la ligne et nous voyons des pêcheurs taquinant le bouchon en alignant des batteries de cannes sur les rives. A Sarkikaraagac, nous quittons le lac pour traverser le massif montagneux en direction de Yalvaç. Toujours le même paysage de chaumes blonds et de labours. Yalvaç abrite les ruines de la fameuse bille d Antioche depuis laquelle l apôtre Paul fit rayonner le christianisme sur le monde. Nous décidons de visiter les vestiges de l ancienne cité bâtie par les romains dès le IIIe siècle avant JC. Nous parcourons les vastes voies dallées qui mènent aux restes des portes monumentales, du propylée, du temple d Auguste, du théâtre et des églises. La ville, située autrefois sur la route des pèlerinages vers Jérusalem, ne sera plus maintenant pour nous un simple point sur une carte. Son nom évoquera pour nous une cité perchée au sommet d une colline, dominant la campagne environnante avec ses champs des blés moissonnés. Il en est ainsi de tous les lieux que nous avons traversé. Au départ de notre voyage, le monde n était qu un grand planisphère semé de noms, de frontières et de routes qui n évoquaient rien pour nous, si ce n est quelquefois des photos vues et revues dans des magazines. Aujourd hui, la planète est devenue une réalité tangible avec ses paysages, ses maisons, ses chemins, ses habitants, ses odeurs, ses fêtes. Nous avons compris que le voyage est comme toute expérience. Même si d autres ont parcouru le chemin avant nous, même si d autres nous parlent de ce qu ils ont vu, s ils nous donnent des conseils, personne ne peut jamais transmettre à autrui la réalité de la vie qui reste un vague chemin sur une carte tant qu on ne l a pas parcouru soi même. On ne peut recevoir des autres que les armes qui permettent d affronter l inconnu et les obstacles qui nous attendent. Ainsi chemine notre pensée en même temps que nous parcourons les ruines d Antioche. Après le repas, nous reprenons la route en direction du lac d Hoyran- Egidir. Ici, nous croisons de nombreuses charrettes à moteur ressemblant à celles que nous avions coutume de voir en Thaïlande. Mais elles sont ici presque toutes bleues, beaucoup moins colorées qu en Asie du sud-est. Nous faisons halte sur la rive nord du lac, près du village au nom quasi imprononçable de Yukarikasikara. Frayant notre chemin à travers les roselières, nous nous installons au bord de l eau. Nous venons de découvrir un beau poste d observation des foulques, grèbes et cormorans. Nous en profitons aussi pour faire de jolies photos de grenouilles et de barques de pêche. Dans l air résonne les détonations des fusils. Les mordus de la chasse tirent dans tous les coins des centaines de cartouches. Soit se sont de piètres tireurs, soit tout le gibier à poils et à plumes de la région va être décimé.

25 Turquie Mer Egée 02/08/2013 Les premiers rayons du soleil irisent le lac sur lequel glissent les foulques. C est l heure du petit déjeuner et de la toilette. On plonge pour attraper quelques poissons argentés, on lisse ses plumes. Les détonations des fusils qui ont troué l obscurité pendant toute la nuit ne semblent pas déranger les oiseaux. Nous nous apprêtons à quitter le petit village de Asagikasikara lorsque nous entendons de grands cris. Dans les rétroviseurs, nous voyons des femmes nous faire de grands signes. Halte, marche arrière. Toute une famille est rassemblée dans la cour d une maison et nous attend avec un large sourire. Nous ne pouvons pas partir sans avoir fait honneur à leur hospitalité. Des chaises en plastique à l ombre d un arbre. Nous nous installons. Il y a ici trois générations. Les grands parents, deux de leurs filles et leurs enfants. Les anciens qui ont notre âge portent des vêtements traditionnels. Si nous voyons de partout des femmes en «jupes-pantalons», c est la première fois que nous rencontrons un homme revêtu d un pantalon sombre, bouffant avec l entrejambe aux genoux. Personne ne parle une autre langue que le turc. Difficile d engager la conversation. Les grands parents sont manifestement les chefs de famille. C est à eux que nous nous adressons. C est avec eux que nous partageons la montagne de morceaux de melons posée sur un plateau. Les jeunes filles préparent le thé. Séance photos. Par chance, la famille dispose d un ordinateur et nous pouvons décharger nos clichés sur leur disque dur. Tout le monde est ravi. Il n est pas question de repartir les mains vides. On nous offre trios gros melon et un gros sac d abricots secs. Les grands parents sont un peu inquiets. Peut-être n est-ce pas suffisant? Ils voudraient bien nous offrir encore des tomates. Nous les rassurons : nous avons bien mangé et nous les remercions vivement pour leur hospitalité. Au moment du départ, toute la famille prépare des récipients plein d eau. Nous ne comprenons pas trop pourquoi. En fait, nous avons droit à une cérémonie de bénédiction. Chacun se fait un plaisir d arroser copieusement la voiture, sans doute pour la purifier et nous assurer un bon voyage. Nous reprenons la route, complètement rassurés sur notre sort. Ou presque. La voiture continue à gémir de toute sa ferraille de manière de plus en plus inquiétante. Il est déjà midi. Nous faisons halte à Senirkent pour faire le plein d essence, acheter du pain et de l eau. Puis, suivant une vallée en direction du sud, nous passons Uluborlu et Keçiborlu, deux bourgades comptant environ habitants, comme toutes celles de la région. Les villages sont composés de petites maisons proprettes bien entretenus et de petits immeubles neufs de quatre étages sur rez-de-chaussée. Rarement plus. Sans doute des normes de construction particulières aux campagnes de Turquie. Une autre vallée nous ramène vers le nord en direction de Dinar. Nous pénétrons dans la région de la mer Egée. La route est défoncée par les travaux. Il est près de 14h00. Nous décidons de faire halte pour manger dans un champ près du village d Aydogmus. Il fait bon. Une petite brise agite les arbustes. L endroit est joli et calme, juste troublé par les détonations des fusils. Nous choisissons de passer le reste de la journée ici. Notre retraite ne sera troublée que par le passage d un berger, menant un troupeau de moutons en compagnie de sa fille, à la tombée de la nuit.

26 Turquie Mer Egée 03/08/2013 Direction le célèbre site de Pamukkalé, connu pour ses bassins naturels calcifiés, étagés sur les flancs d une colline. La voie rapide nous conduit à Cardak où nous apercevons les salines du lac Acigöl. Puis, nous poursuivons vers l ouest pour rejoindre Denizli. La région semble vivre de l exploitation de carrières de marbre car nous apercevons de partout des collines éventrées et des panneaux «mermer». Nous voyons aussi un grand nombre de fabriques de «tekstil» et de magasins d usine vendant du linge de maison et des vêtements. La route D320 passe au nord de Denizli dont nous traversons à peine les faubourgs. Puis, une route secondaire pique plein nord en direction de Pamukkalé-Hiérapolis. Car le site naturel abrite aussi les ruines d une vaste cité greco-romaine. Un seul ticket d entrée permet de visiter les deux espaces mais il n est valable qu un jour. Nous avons donc décidé de remettre à demain l exploration des lieux classés au Patrimoine Mondial de l Humanité. Comme nous nous y attendions, Pamukkalé est un endroit hautement touristique attirant des flots de cars chargés de visiteurs. Notre arrivée suscite l assaut des marchands à la sauvette et de rabatteurs pour les hôtels et restaurants. Dès l abord, le site nous déçoit. Nous avons sous les yeux une petite zone calcifiée au milieu des collines desséchées par l été. Nous tentons d échapper à l ambiance en partant à la recherche d un camping perdu dans la montagne. Mais nous devons abandonner : la cellule tangue dangereusement et la montée génère des bruits de ferraille froissée. Demi-tour. Nous redescendons pour nous installer au Baydil camping ; agréable, au pied du site, mais hors de prix. Nous renonçons à y passer deux nuits comme prévu. Nous lèverons le camp demain et irons bivouaquer plus loin, après la visite. Après un repas pris en plein air à l ombre des arbres, nous passons le reste de l après midi sur internet. Nous devons commencer à organiser notre retour en France. Turquie Mer Egée 04/08/2013 Lever 6h00. Nous avons l intention de visiter le site le plus tôt possible, vu son taux de fréquentation. Nous entrons pour ainsi dire par la petite porte, utilisée par les touristes individuels stationnant au pied de la muraille blanche. Les groupes organisés entrent par le sud, où est aménagé un grand parking pour les bus, au sommet de la falaise. Un chemin part du village et grimpe d oblique le long des concrétions calcaires. Il est obligatoire d enlever ses chaussures et de traverser pieds nus toute la zone calcifiée. On marche en canard par crainte de glisser sur le calcaire lavé par l eau qui court sur le sol. Certains se barbouillent de boue verdâtre pensant sans doute à des vertus bénéfiques pour leur peau. Nous sommes à nouveau déçus car l endroit ressemble surtout à un aqua-parc semi naturel. Les eaux ne s écoulent pas naturellement. Elles sont gérées et dirigées selon les besoins dans différentes zones du site. Comme nous sommes à la fin de l été, l eau doit manquer pour irriguer l ensemble des bassins et elle est entièrement dirigée vers les grandes piscines semi-naturelles qui font le bonheur d une horde de moscovites toujours friands de ce genre d attraction. Georges, pas très ferme sur ses jambes, se sent mal à l aise au milieu de cette foule qui menace de la bousculer à chaque instant. C est donc avec soulagement qu il atteint le sommet de la falaise et reprend pied sur la terre ferme. Nous profitons d une belle vue sur la vallée depuis le plateau sur lequel s étend l antique cité de Hiérapolis. Nous longeons le bord des concrétions au dessus de Pamukkalé mais les bassins blancs sont à sec. Nous tournons donc notre attention vers les ruines semées de massifs de fleurs : lauriers roses, dahlias, rosiers s épanouissent au soleil. Nous parcourons cimetière et tombeaux, thermes et églises par les rues pavées sous lesquelles courent les anciens égouts à moins que ce ne soit les conduites pour les eaux claires. Nous grimpons jusqu au théâtre, sans doute le mieux conservé que nous ayons vu. Le mur de scène à été parfaitement reconstitué avec ses statues et ses colonnes de marbre. Après avoir dégusté un cornet de glace sous un gros figuier, nous redescendons en direction du musée.

27 Statues et sarcophages sont abrités dans les anciens thermes centraux d Hiérapolis. Certaines salles voûtées sont dans un excellent état de conservation. Les cités antiques de Turquie sont remarquables par le fait qu elles ont subi l influence de plusieurs civilisations. Dans les ruines inscriptions en latin et en grec se côtoient. Egyptiens, Grecs, romains, Byzantins ont tous imprimé leur marque dans les constructions et les œuvres d art. Dans une vitrine du musée, on peut voir une statue égyptienne dont le socle est gravé d un texte en grec. Après cette intéressante visite, nous redescendons à Pamukkaké par la zone calcifiée. Il y a encore plus de monde que ce matin. Comme par le passé, toutes les civilisations du monde moderne semblent se côtoyer ici : japonais, sud américains, italiens, espagnols, français, russes, nord américains, etc. Lassés par ce bain de foule, nous fuyons la ville pour nous installer dans un petit restaurant de campagne à Akköy. La patronne nous sert avec le sourire un assortiment de salades, des köftés et de l ayran sans doute à moitié des prix exorbitants pratiqués à Pamukkaké dans un décorum dont nous n avons que faire. Un peu plus loin, nous faisons halte dans un village pour acheter des fruits et légumes sur un petit marché improvisé au bord de la route. Le vendeur parle un français parfait pour avoir travaillé en France pendant de nombreuses années. Nous faisons notre choix et, au moment de payer, il n en est pas question : cadeau. Nous sommes un peu gênés. Mais le marchand insiste. Refuser son offre serait sans doute une insulte pour lui. Nous repartons donc les bras chargés avec moult remerciements. Décidemment, depuis notre arrivée en Turquie, nous n avons quasiment jamais acheté de fruits et légumes. Ils nous ont été offerts tout au long de la route. Nous savons depuis bien longtemps que la générosité et la gentillesse sont la plupart du temps inversement proportionnelles à la richesse. Nous poursuivons notre chemin en direction d Izmir jusqu à Yamalak où nous faisons halte au milieu des vergers. Dans les roseaux court la rivière Büyükmenderes. Depuis la fenêtre du camping car, nous apercevons les arbustes chargés de grenades et les champs de citronniers.

28 Turquie Mer Egée 05/08/2013 De bon matin, nous voyons passer engins agricoles et remorques partant moissonner la luzerne. Le vent souffle sur les grenadiers et les citronniers. Malgré le mois de septembre, le ciel est tout bleu et la température douce. Cependant, les jours ont beaucoup raccourci. Nous entamons notre première marche en direction de l hiver septentrional depuis bien longtemps oublié. Nous avons prévu de rejoindre aujourd hui la ville de Selçuk près la mer Egée. La cité abrite le fameux site archéologique d Ephèse que nous espérons visiter demain. Comme la France, la Turquie regorge de ruines antiques et de citadelles dont on trouve les vestiges dans les moindres campagnes. La route D550 doit nous conduire d un trait d est en ouest jusqu à Selçuk. Longeant la rivière Büyükmenderes, nous traversons Kuyucak avant de nous arrêter chez «BIM». Dans la région, beaucoup de noms de villes et de villages se terminent par «li» comme dans notre sud-ouest, ils se termineraient par «ac» : Isabeyli, Slavatli, Bereketli, Koçarli, etc. Nous ne savons pas ce que cela signifie. La route serpente entre des collines aux allures provençales. A midi, nous faisons halte dans une rue ombragée de Kardesköy et repartons vers 16h00 pour traverser la grande ville d Aydin. A partir d Ortaklar, la route franchit une petit massif montagneux puis descend sur la plaine littorale jusqu à Selçuk. Nous tournons un long moment au milieu des vergers à la recherche d un bivouac. En vain. Les endroits possibles sont trop sales et très près des maisons. En approchant de la ville, nous apercevons la citadelle crénelée qui la domine depuis un piton rocheux. Nous nous engageons finalement sur la route qui mène à Ephèse. Recherchant toujours un endroit pour passer la nuit, nous tombons cette fois sur le terrain de l ancienne décharge municipale. Nous poursuivons jusqu à un terrain vague, derrière une station service. L endroit est vraiment moche. Nous nous apprêtons à repartir lorsqu arrive une petite vieille remorquant trois fillettes. Elle nous invite à boire le thé. Nous dormirons ici. Alva habite dans la maison de sont fils Mehmet avec ses trois petites filles : Alva la jeune, Illia et Melissa. Mehmet est aux champs aves ses vaches. Il ne rentrera qu à la nuit. Alva l ancienne fait des jaloux. Elle à pour voisin un couple de fermiers installés dans une cabane faite de bric et de broc. Comme nous sommes garés près de leur maison, ils auraient voulu avoir la primeur de l hospitalité. Lorsque le soir arrive, nous laissons Alva et ses petites filles pour nous reposer dans le camping-car. Notre voisine surgit alors et nous fait promettre de venir boire le thé chez elle demain matin. Dans la nuit, nous apercevons les lumières rouges et vertes de la station service.

29 Turquie Mer Egée 06/08/2013 Ce matin, dilemme. Notre voisine nous attend pour le thé mais la vieille Alva vient nous inviter pour la même chose. Nous ne savons que faire. Finalement, nous nous retrouvons tous chez notre plus proche voisine dans al maison de bric et de broc. Pas d électricité. L eau est stockée dans des bidons. Sous l auvent de la baraque, Mustafa, le chef de famille, fabrique des balais, assis sur un tapis. Il ira les vendre à Aydin, la grande ville. Hier soir, nous l avons vu revenir des champs avec sa mobylette chargée de rameaux. L homme de la maison paraît bien isolé au milieu de ces femmes de caractère. Notre hôtesse, dont nous avons oublié le nom et qui se décrète bientôt ma «sister» prépare le thé avec son samovar. Elle élève sa petite fille Bodgé, orpheline, âgée aujourd hui de 20 ans. La vieille Alva s est assise sur le seuil de la porte. Alva la jeune du haut de ses 11 ans est l aînée de Illia, 10 ans et de Mélissa 3 ans. La vieille Alva, pétillante d énergie, nous demande de faire des photos de notre rencontre et de les lui envoyer par la poste ; adresse : chez Mehmet, derrière la station service. Pour la circonstance, les dames qui se promenaient tête nue, ajustent leur foulard sur leurs cheveux. Ma «sœur» m offre un chapeau fleuri, pensant certainement qu il ne sied par à une personne de mon sexe de s exposer la tête découverte. J emporterai le chapeau en souvenir avec un gros balai confectionné par Mustafa. Mais nous refuserons le beau portefeuille en cuir qu elle veut absolument nous donner. Embrassades au moment des adieux, derrière la station service. Nous revenons sur nos pas pour nous rendre au site archéologique d Ephèse. Le système est bien rôdé. Les cars de touristes déversent les visiteurs à l entrée haute puis descendent à vide pour les récupérer à l entrée basse. Nous nous garons en bas pour nous assurer un retour plus facile dans le sens de la descente. Ephèse comporte deux quartiers. La ville basse où se situait le port, aujourd hui ensablé comme celui d Aigues Mortes ; la zone portuaire avec une grande place commerciale entourée des bureaux de l administration. Le long de l avenue pavée qui mène à la ville haute se succèdent le grand théâtre, la bibliothèque, les temples, les latrines, des fontaines monumentales et les maisons étagées le long de la colline. Au sommet, dans la ville haute, on trouve l odéon qui servait à la fois de salle de réunion et de concert. La quantité impressionnante de marbre utilisé pour l édification des bâtiments laissent penser qu Ephèse était une ville d une grande richesse.. Au terme de l ascension, nous devons redescendre pour retrouver le camping-car. Ici encore, comme à Hiérapolis, on croise des groupes venus du monde entier : japonais, français, italiens, espagnols, russes, étatsuniens. Nous sommes surpris de nous rendre compte que nous comprenons les explications des guides dans plusieurs langues. Le voyage nous aura rendus polyglottes. Après avoir traversé les rangées de boutiques pour touristes, nous prenons notre repas dans le camping-car avant de rejoindre la route côtière qui longe la mer Egée. Tous les rivages sont privatisés. Mais finalement, nous trouvons une petite plage publique fréquentée par les familles turques. Le long de la plage, un grand terrain vague ombragé par trop sale. Nous nous installons sous les eucalyptus. Sur le sable, on fait le thé dans les samovars, on prend le soleil sur les serviettes de bain et les enfants font des pâtés pendant que les hommes partent à la pêche aux moulent dans l estuaire d un petit canal. Nous longeons une petite promenade et nous installons dans une guinguette pour déguster un cornet de glace. Ambiance années 60, avant le boum de l industrie touristique. Agréable moment de détente. Ce soir il reste quelques campeurs sur la plage.

30 Turquie Mer Egée 07/08/2013 Nous avons passé une bonne nuit sur cette aire de camping sauvage. Ce matin, nous poursuivons notre remontée vers le nord le long de la côte égéenne. Nous devons traverser Izmir avant de poursuivre en direction de Çanakkalé et du détroit des Dardanelles. Nous arrivons sur la grande cité par une avenue bordée de centres commerciaux modernes et luxueux. Une signalétique parfaite nous permet d emprunter sans coup férir le périphérique contournant la ville par l Est. La partie orientale d Izmir est couverte par une vaste zone industrielle. Si, au sud, le boulevard de ceinture stoppe net l urbanisation et protège encore la campagne, il n en est pas de même à l est. Les promoteurs immobiliers ont allègrement sauté le périphérique et les barres d immeubles grimpent à l assaut des collines environnantes. Izmir compte plus de habitants. Le cœur de la ville s arrange autour d un golfe protégé par la grande presqu île de Çesmé. Les maisons se pressent et s étagent sur les collines qui plongent dans la baie. Les façades colorées donnent, sous le soleil, un aspect riant à la ville. Izmir mériterait sans doute qu on s y attarde quelques jours. Mais des impératifs familiaux nous poussent toujours plus au nord. Il faut tout de même noter que pour la première fois en Turquie, nous avons failli être victimes ici d une escroquerie. Mais comme un homme averti en vaut deux, nous avons vite éventé le stratagème. Un automobiliste nous fait de grands appels de phares, insistant pour que nous nous garions sur la bande d arrêt d urgence. Ça tombe bien, nous devions justement nous arrêter car l habituel voyant orange qui nous fait régulièrement des blagues vient de s allumer. Le type nous signale que notre roue arrière droite bouge dans tous les sens. J ai les sens en alerte. L histoire commence comme un scénario dont j ai déjà entendu parler sur internet. Notre «ange gardien» sort un cric de sa voiture et nous démontre que cela ne vient pas des boulons. Ils sont bien serrés. Il y a un autre problème. Je pressens la suite de l histoire : il va nous dire qu il y a un liquide qui fuit sous la voiture. Le gars se glisse sous la voiture : il y a un liquide qui fuit sous la voiture. Mais bien sûr. Il invite Georges à constater par lui-même. Effectivement, il y a une traînée d huile sur l intérieur de la roue. Notre homme vient de faire un tour de passe-passe avec une burette d huile. Il s aperçoit bien vite que nous ne sommes pas dupes et cherche maintenant à s esquiver. Finalement, le problème n est pas très grave et nous pourrons probablement rouler jusqu en France. Il craint sans doute que nous n appelions la police. Mais nous avons déjà bien assez à faire avec le problème de la benne du pick-up qui gémit sans cesse et nous inquiète vraiment. Le type est mal tombé mais il ne s en tire pas trop mal. Il s en va sans demander son reste. A midi, nous atteignons le port pétrolier d Aliaga. Nous décidons de faire halte à midi sur la promenade qui borde la mer au nord de la ville. Le choix est limité pour s arrêter car la voie rapide longe directement la mer. L endroit est agréable malgré la vue sur les réservoirs à pétrole de l autre côté de la baie. Après un moment de repos, nous continuons sur la route côtière depuis laquelle nous apercevons des champs d oliviers dans un décor provençal. Après Yenisakran, nous obliquons à l ouest pour contourner la baie de Çandarli et rejoindre la ville du même nom. Nous ne sommes pas tentés par la station balnéaire. Aussi, quelques kilomètres avant la ville, nous empruntons une piste qui sinue parmi les oliviers pour rejoindre une zone marécageuse. Nous venons de trouver un excellent poste d observation pour les oiseaux aquatiques. A l affut dans le camping-car, nous passons le reste de l après midi à photographier grandes et petites aigrettes, grands hérons cendrés, canards et autres volatiles. En soirée, la nature nous offre un joli spectacle : un vol de flamants roses dans le soleil couchant, merveilleux ruban rose qui se déploie et ondule au dessus du marais avant de se poser paisiblement dans un papillonnement d ailes. Dernière vision avant la nuit : un troupeau de moutons traverse silencieusement le marécage pour rejoindre sa bergerie.

31 Turquie Mer Egée 08/08/2013 Ce matin, la nature nous offre encore un joli cadeau d adieu. Un grand cormoran se pose sur une pierre au milieu du marais, déployant ses ailes pour les exposer au soleil. C est donc avec regret que nous quittons notre affût au bord du golfe de Çandarli. Nous sommes tout près de la paisible station balnéaire que nous découvrons, loin des villes côtières hyper urbanisées. Après avoir longé la plage, la route vire plein nord pour rejoindre Dikili à travers les collines et les champs de safran. Chez «Umut Market», nous faisons le plein d eau potable, d œufs et de pain. Les petits épiciers suffisent amplement à notre consommation quotidienne. Nous retrouvons la voie rapide sans grand intérêt pour rejoindre le petit port d Ayvalik. Tout au long du chemin, les producteurs locaux vendent huile et olives en conserve. La monoculture des oliviers a envahi tout le paysage jusqu au sommet des collines. A Ayvalik, nous faisons halte pour tenter de capter un peu l étrange passé de la ville. Autrefois communauté grecque, les habitants ont du tout abandonner au moment de la guerre d Indépendance en Tous sont allés se réfugier dans l île de Lesvos à quelques encablures de là, alors occupée par une communauté turque. Les turcs de Lesvos, aujourd hui Midilli Adasi, ont alors quitté l ïle pour s installer à Ayvalik, en lieu et place des grecs. L échange s est fait sans trop de heurts et les deux communautés ont poursuivi des relations somme toute cordiales. Stupidité des guerres! Nous sommes dimanche et presque tout est fermé. Finalement, nous prenons notre repas au café du Port. L endroit est chic et cher et on y force passablement à la consommation. Nous détestons ce décorum payé à prix d or. Mais le restaurant semble être l endroit où il faut être le dimanche lorsqu on à de l argent à Ayvalik. Ce ne sera pas notre meilleur souvenir de Turquie. Après le repas, nous grimpons au sommet de la colline qui domine la ville. De là, on a une jolie vue à travers les pins sur la petite baie fermée par des îlots. Les pentes sont couvertes de figuiers de barbarie. Nous redescendons à la recherche des vestiges de l ancien village grec vanté par notre guide papier. Mais il ne reste que deux ou trois ruines de maisons témoignant du passe d Ayvalik. Nous repartons, progressant toujours plus en direction du nord. Ici, les rivages de la mer Egée sont ravagés par les lotissements des locations saisonnières. Les plages ne sont même pas belles. Certaines se limitent à deux mètres de galets sous le mur de soutènement de la voie rapide. Triste spectacle. Nous passons Gömeç, Burhaniyé etedremit pour contourner le golfe d Edremit par le nord. Jamais nous n avons envie de nous poser le long de cette côte bétonnée. La lèpre urbanistique se prolonge au moins jusqu à Ayvacik. Comme la nationale s enfonce ensuite dans les terres, nous ne saurons pas si la côte est également détruite au-delà de la ville. Fatigués, nous décidons de faire halte dans les collines, en retrait de la grande route. Nous nous installons au milieu des buis et du silence. Un bonhomme à mobylette, surgit de nulle part vient nous voire à la tombée de la nuit. Une fois sa curiosité satisfaite, il disparaît aussi vite qu il est apparu.

32 Turquie Mer Egée 09/08/2013 Nous quittons notre bivouac dans les collines desséchées sans avoir vu âme qui vive. Direction le mythique site archéologique de Troie. Nous ne pouvions pas quitter la Turquie sans voir la source des récits épiques d Homère. Est-ce que, comme aujourd hui on cultivait déjà les tomates ici au temps de l Iliade et de l Odyssée? De toute façon, pas de manière aussi intensive. Nous voyons de partout les bâches bleues qui signalent les campements des journaliers. Cassés en deux, les ouvriers agricoles ramassent les pommes d or qui sont ensuite serrées dans des cageots en plastique bleu. Entassées sur la remorque des tracteurs, elles prennent ensuite la direction des coopératives agricoles. Nous parvenons à «Truva», «Troya», Troie, vers 11h00. Dans le village, une horde de camping-car néerlandais. Sans doute un voyage organisé par Sea Bridge ou un organisme équivalent. Il n y a pas de place pour tout le monde dans l unique camping du coin. Heureusement que nous n avons pas prévu d y séjourner. Lorsque nous parvenons sur le site, nous sommes accueillis par la reconstitution monumentale du cheval qui porte le nom de la ville. Lorsqu on grimpe dans ses entrailles, on peut apercevoir le loueur de costumes «d époque» et les boutiques à touristes par les petites ouvertures pratiquées dans ses flancs. Photos souvenir. Nous passons plus d une heure au milieu des champs de ruines. Seuls les dessins placardés sur les lieux permettent de reconstituer un peu les sept époques qui se sont succédées ici, entassant les cités les unes sur les autres. De la plus haute éminence, on peut apercevoir les falaises du détroit des Dardanelles. La ville nous paraît bien petite par rapport à sa renommée qui a traversé les siècles. Après un repas sur place, nous cherchons à rejoindre le rivage et le détroit par les petits chemins vicinaux qui sillonnent la campagne. Passant par Kumkalé, une longue voie pavée à la mode du Portugal, conduit à une aire de camping libre, abritée sous les pins. Nous nous installons puis partons à pied sur la piste qui traverse les champs de tournesols arrivés à maturité. Nous arrivons ainsi à l entrée sud du détroit des Dardanelles dont la position stratégique déclencha des combats meurtriers au cours de la première guerre mondiale. En effet, l endroit commande l entrée de la mer de Marmara et, au-delà, le détroit du Bosphore et la mer Noire. Sur la plage, des pêcheurs à la ligne et une famille turque en train de pique-niquer. Un petit campement solitaire se cache dans les dunes. Les eaux du détroit sont sombres et agitées et sans doute peu propices à la baignade. De l autre côté du chenal, un grand monument marque l entrée du détroit. Quelques photos et nous prenons le chemin du retour avec la famille turque, debout dans la benne de leur camionnette. A la tombée de la nuit, nous entendons passer les tracteurs qui ramènent des champs les ouvriers agricoles.

33 Turquie Mer Egée 10/08/2013 Nous sommes environnés par le bourdonnement incessant des abeilles qui butinent dans les pins. L endroit est plutôt agréable, malgré les détritus, mais il nous Grèce Macédoine- faut quitter les lieux pour rejoindre Çanakkalé. Nous traversons aujourd hui le détroit des Dardanelles pour aborder sur la péninsule de Gallipoli. Nous pensions Anatolique faire halte dans la petite station côtière mais les indications «feribot» nous conduisent droit sur l embarcadère, sans possibilité de parking au cœur de la ville. Un traversier est à quai. Le guichet est ouvert. Nous voici pris dans la file de voitures qui embarque. Nous ne visiterons pas Çanakkalé. C est à peine si nous voyons, à contre jour, les maisons du port depuis le pont du ferry. Le bateau coupe au plus court pour aborder à Kilibahir. La ville sert d écrin à une belle forteresse en forme de cœur qui mériterait certainement une visite. Nous voici sur l autre rive, assez désorientés. Nous ne pensions pas arriver si vite de l autre côté du détroit. La route longe la côte est de la péninsule, au niveau de l eau. Il est midi lorsque nous décidons de faire halte près de ruines au nord d Eceabat. De là, nous voyons le défilé incessant des gros cargos qui entre et sortent de la mer de Marmara. Nous reprenons la route avec l espoir de trouver un bivouac juste avant la frontière pour passer en Grèce demain matin. La voiture nous cause de plus en plus d inquiétude. A cause de dégâts inconnus sur la benne du pick-up, la cellule tangue dangereusement et nous roulons lentement pour amortir chaque aspérité de la route. A Gélibolu, le détroit s ouvre sur la mer de Marmara. La route traverse la péninsule pour retrouver les rivages de la mer Egée. Puis, elle s enfonce dans les terres pour rejoindre Kesan. Nous faisons halte dans la ville pour retirer des euros pour la première fois depuis bien longtemps. Nous ne savions même plus à quoi ressemblait un billet en euro ni leur valeur faciale. Pour la première fois aussi, nous voyons des devantures de magasins écrites en grec. Il va falloir réapprendre à lire l alphabet hellénique. Après Kesan, nous cherchons en vain un bivouac. A 10 kilomètres de la frontière, nous décidons de la franchir. En ¾ d heure, nous sommes en Europe. Nous avons bouclé la boucle, comme ça, sans tambours, ni trompettes ; un peu à la va-vite. A l allure d une tortue, nous nous rendons à Alexandroúpolis où nous avons repéré un camping. Nous nous installons pour quelques jours pour préparer notre retour vers la France. Toujours inquiet à cause de la voiture, Georges se glisse sous la benne pour tenter de déceler l avarie. Il ne voit rien du tout mais ne peu plus ressortir. Il est victime de vertiges et ne peut plus bouger. Je l aide tant bien que mal et il finit par se redresser. Mais comme il souffre aussi de douleurs dans les côtes et de nausées je me fais du souci pour sa santé. Décidemment, l équipage et la machine ont bien besoin de repos.

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