E d i t h D e k y n d t
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- Coralie Michel
- il y a 10 ans
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1 E d i t h D e k y n d t P r o v i s o r y o b j e c t 0 3 U n e p o é t i q u e d e l a m a t i è r e o u l e t e m p s r e t r o u v é D. Moreau - DEA en Art actuel Exposition des images projetées - C. Dubois Cinéma expérimental actuel - L. Belloï Art vidéo et image numérique - M.E. Mélon
2 Je remercie vivement Edith Dekyndt et Pierre-Henri Leman, son compagnon et camarade de jeu dans le programme Universal research of subjectivity, de m avoir consacré du temps pour un entretien éclairant et chaleureux (d humanité et de café), d avoir par la suite répondu avec autant de disponibilité à mes questions complémentaires, d avoir mis catalogues, articles et extraits de vidéo à ma disposition ainsi que de m avoir autorisée à reproduire ici photos, CD-Rom présentant l ensemble du travail de l artiste (CD-Rom disponible en annexe, ainsi que l émission radiophonique de T. Génicot). Je remercie également Denis Gielen, commissaire de l exposition Le tableau des éléments présentée au Mac s au Grand-Hornu d août à décembre 2005, de s être également rendu disponible pour un long entretien aux accents poétiquement scientifiques et scientifiquement poétiques. Merci aussi à Benoit, pour sa traque infatiguable de toutes sortes de fautes : orthographiques, syntaxiques, stylistiques et typographiques. 2
3 Time present and time past Are both perhaps present in time future, And time future contained in time past What might have been and what has been Point to one end, which is always present. T.S.Eliot - Four Quartets Le temps présent et le temps passé Sont sans doute présents dans le temps futur Et le temps futur contenu dans le temps passé Ce qui aurait pu être et ce qui a été Renvoient à une fin toujours présente. 3
4 Sommaire 1. Expérimentation du provisoire 5 Provisory object 03 5 Provisory object 01 et 02 5 Histoire du processus 6 Projection et réception 7 Choix et motivation 7 2. Edith Dekyndt et le presque rien 9 3. Questions de temps 15 Définir le temps 16 Temps mesuré et illusion d un ralenti 16 Temps historiques 17 Temps physique, illusion et interprétation 18 Temps de l attention et de la tension 20 Temps de la couleur et du mouvement 22 Temps subjectif de l abandon 23 Temps symbolique 24 Temps réflexif et temps retrouvé 27 Bibliographie 31 Edith Dekyndt - Travaux 32 4
5 1. Expérimentation du provisoire Provisory object 03 Vidéo couleur 1. Durée : Kinshasa, Pas de bande sonore. L œuvre vidéo se compose d un seul plan-séquence fixe. Le champ visuel est occupé par un plan rapproché, filmé en plongée, cadré sur les deux mains d une personne de peau noire. La main gauche (sur l écran) entoure la droite, semblant la soutenir dans son action. Les pouce et index de la main située à droite forment un cercle fermé, à l intérieur duquel tourbillonne une pellicule d eau. 1 Le lecteur trouvera un long extrait de la vidéo sur le CD-Rom fourni en fin de document. Il pourra également y découvrir de nombreux autres travaux d Edith Dekyndt. Ainsi, la vidéo montre deux actions concomitantes. Celle de l énigmatique phénomène physique des turbulences d une pellicule d eau savonneuse capte principalement le regard : le mouvement de l eau affiche des vitesses différentes, un rythme changeant ; les couleurs de l irisation varient et, partant, la profondeur de champ dans le cercle même de la pellicule d eau. L autre action apparaît comme secondaire ; il s agit de celle du mouvement opéré par le corps de la personne, et plus précisément de ses bras, presque comme un balancement. Peut-être ce mouvement lui permet-il de garder la concentration de leur force sur le serrement des doigts. La vidéo se termine sur le desserrement des doigts et leur lâcher juste après l éclatement subi et la disparition de la pellicule d eau. La verdure aperçue dans la profondeur de champ laisse supposer que les actions se déroulent dans un environnement naturel, à l extérieur. Provisory object 01 et Provisory object 02 Provisory object 03 est la troisième vidéo d une série intitulée Provisory object. Les deux premières vidéos - Provisory object 01 et Provisory object 02 - se composent également d un seul plan-séquence fixe et d un cadrage serré sur un gros plan de deux mains. On y voit également les turbulences d une pellicule d eau savonneuse. Cependant, dans les deux cas, les mains qui contiennent cette pellicule appartiennent à une personne de peau blanche - ce sont les mains de l artiste dont on soulignera également l immobilité, elles se joignent pour former ici aussi un espace de forme approximativement circulaire. La scène est filmée de face, à l horizontale. 5
6 Dans Provisory object 01, les turbulences observées sont moins importantes que dans Provisory object 03 et la gamme de couleurs s apparente davantage au phénomène connu de la décomposition de la lumière dans l arc-en-ciel. Dans Provisory object 02, l irisation est minime et la pellicule, solidifiée, ne disparaît pas en éclatant mais en s envolant. Histoire du processus 1 Entretien avec l artiste, Tournai, 26 juin 2005 Edith Dekyndt raconte 1 qu un jour, en 1997, lui vient l idée d expérimenter le comportement de la lumière sur une bulle de savon. Filmant la scène, elle essaye d abord, dans son bac à vaisselle, d observer le comportement de la bulle dans différents objets, sans résultat suffisant. En transportant bac, objets et eau savonneuse sur sa terrasse, à l air libre, elle réalise qu elle peut mieux capturer le phénomène avec la vidéo dans des conditions atmosphériques particulières : un climat tempéré et un ciel clair. En plaçant l eau savonneuse au creux de ses mains, elle observe enfin que la température du réceptacle peut créer des variables dans le comportement de l eau ainsi que dans la durée de vie de la membrane ; c est la chaleur humaine qui lui est la plus favorable. Elle cherche alors le meilleur angle de vision et laisse sa caméra filmer. Provisory object 01 se termine quand la pellicule d eau éclate. En 2000, Edith Dekyndt se trouve dans la Baie d Hudson, dans le nord canadien, pour son projet Program for a cold place. Profitant des conditions climatiques très froides, elle décide de réitérer l expérience. Par -12, la membrane savonneuse de l eau portée à forte température se sodifie en gelant au creux de ses mains et s en détache. Provisory object 02 se termine quand la pellicule s envole. C est à Kinshasa, en décembre 2004, qu Edith Dekyndt pense à réaliser Provisory object 03. Sa technique vidéo a évolué mais surtout, elle croit que les conditions climatiques de plus fortes chaleur et humidité permettront un résultat différent. Elle désire aussi confier le rôle de contenant à une autre personne qu elle-même, de préférence noire car elle imagine que la texture, la chaleur et l humidité d une peau très différente devraient aussi apporter des variations dans le phénomène à observer. Les mains mises en scène dans cette vidéo sont celles d un étudiant congolais qui se montre d abord réticent : pour lui, l art vidéo n existe pas, il est immatériel ; faire tous ces essais ne sert donc à rien... Et pourtant, ces derniers permettent à Edith Dekyndt de constater que, en plus de tout ce qu elle avait pressenti, le resserrement de la pellicule savonneuse dans une 6
7 seule main amplifie aussi les effets de turbulence. Ces derniers sont encore accentués par le choix de l angle de prise de vue radicalement différent - la scène est filmée dos au personnage - non devant, et en plongée, ce qui rend la membrane visuellement beaucoup moins transparente. Cependant, l artiste n a pas pu empêcher (ou pas voulu) le jeune homme de bouger... Projection et réception Edith Dekyndt a choisi de montrer 1 cette pièce sur un moniteur, où que ce soit. Ce format de projection vient en effet au service de son ambiance intimiste puisqu il focalise davantage l attention du spectateur qu un grand écran. 1 Entretien avec l artiste, op cit. Juste après sa réalisation, Provisory object 03 est montré à Kinshasa. Dans ce pays riche en matières premières, la membrane savonneuse est perçue de manière métaphorique comme un bijou, un trésor et les mains comme un écrin protecteur. Mais la membrane est fragile puisqu elle éclate : les spectateurs y voient une évocation de la situation périlleuse du pays. Dans le contexte africain actuel, le public ne s interroge pas sur les aspects techniques et sur la véracité de ce qu il voit : les sensations premières délient plutôt la langue du signifié. En 2005, la pièce est projetée devant un public américain, à la Oswego University de New York. Les spectateurs, davantage immergés - voire noyés - dans le monde de l image, réagissent par l incrédulité : pour eux, ce qu ils voient là est de l image de synthèse. Eduqués à la surenchère médiatique visuelle, ils ne peuvent ni imaginer ni accepter que cette vidéo ne comporte pas d insert numérique, qu elle a filmé du réel en temps réel et qu elle est projetée en temps réel. Un homme plus âgé, ayant dépassé la soixantaine, raconte pour les autres les bulles de savon de son enfance. Ils n en ont jamais faites... Dans ce contexte où le virtuel l emporte souvent en vérité sur le réel, les mots sont devenus indispensables pour exprimer la magie du simple, remplaçant les sensations premières qui semblent avoir disparu. Choix et motivation J ai découvert Provisory object 03 lors de l exposition Le tableau des éléments, présentée au Mac s au Grand-Hornu d août à décembre 7
8 2005. Si j ai choisi ici d analyser cette vidéo, c est parce que j ai littéralement été sous son charme, hypnotisée pour ne pas dire quasiment envoûtée : je l ai regardée plusieurs fois d affilée, non avec un oeil analyste mais avec mon corps - événement rare et précieux, qui ne m était probablement plus arrivé depuis que, jeune adulte, j avais resquillé au cinéma en assistant quatre fois de suite à la projection de Shining, film d un tout autre registre mais qui avait révélé en moi une semblable intensité de sensations. 1 in A la rencontre d Edith Dekyndt - émission radiophonique de la série intitulée Le monde invisible, réalisation Thierry Génicot, production RTBF, décembre Le lecteur trouvera une copie de cette émission sur un CD fourni en fin de document. 2 Propos dégagés de mon entretien avec Denis Gielen, Grand-Hornu, 13 juillet 2006 J ai dès lors été surprise et confortée dans mon choix en entendant Raymond Balau, dans l émission Le monde invisible que Thierry Génicot a consacré à Edith Dekyndt, dire que pour lui Provisory object - il parle alors des deux premières vidéos de la série - est son travail le plus représentatif parce qu il met en exergue l écart irréductible entre deux surfaces corporelles : celle de la personne mise en scène et celle du spectateur, écart indispensable dans la relation d un corps qui parle au corps des autres 1. Lorsqu a lieu l installation de l exposition Le tableau des éléments au Mac s, l artiste et le commissaire - Denis Gielen - essayent plusieurs emplacements pour Provisory object 03. Dans ce parcours dont l enchaînement d oeuvres doit faire sens et ouvrir à la dimension poétique de la science, l oeuvre vidéo est finalement montrée sur un moniteur classique dans l habituelle petite salle de documentation, située géographiquement à peu près au centre du Musée. Le commissaire 2 considère cette pièce comme pivot de l exposition, non seulement pour sa concrétude mais aussi parce que sa fluidité et sa chaleur offraient une césure dans les caractéristiques de structure, symétrie, froideur des oeuvres qui venaient avant et après. C était une station dédiée à la vie dans un cheminement qui évoquait beaucoup la mort, quoique sans tomber dans la mélancolie. Il fallait donc pour cette oeuvre un lieu à son image, un lieu d articulation mais qui soit de repli, caché, confiné mais à découvrir. Son charme et la magie qui s en dégage semblent avoir séduit le public. Autour de moi, il n était pas rare que d autres personnes regardent plusieurs fois - ce qu a également observé Denis Gielen - et je ne crois pas que la durée de la projection suffise à l expliquer. J y vois plutôt la réponse au besoin de satisfaire un désir bien commun pour nous tous qui vivont souvent en accéléré : éprouver le plaisir du temps qui passe, fussent-ils tout deux (plaisir et temps) éphémères. Car le souvenir, lui, reste. 8
9 2. Edith Dekyndt et le presque-rien 1 Edith Dekyndt ne se considère pas comme vidéaste et dit utiliser la vidéo comme moyen de capturer le fugace, parce qu elle vit de manière relativement nomade 2, entre Tournai - son point de chute, Strasbourg - son point de travail comme enseignante, New York, Bruxelles, Winnipeg, Mexico ou Utrecht - ses points d errance, d exposition, d expérimentation, de travail comme artiste. Pierre-Olivier Rollin, directeur du BPS22 à Charleroi, se souvient qu en découvrant son travail en 1998 à l Espace L Escaut à Bruxelles, il l avait davantage perçu comme de la sculpture dont les états physiques de transformation étaient filmés 3. 1 L expression est empruntée à Vladimir Jankélévitch, «Le presque-rien», Premières et dernières pages, Ed. du Seuil, Paris, 1954 [1994] 2 Entretien avec l artiste, op cit. 3 in A la rencontre d Edith Dekyndt, op cit. Pourtant, même si l artiste utilise aussi la photographie, l installation et le son comme medium, elle a depuis longtemps fait de la vidéo son langage. Dès 1985, «elle réalisait des environnements avec le désir de mettre en avant la lumière et les plans en fonction de l espace et du spectateur 4» écrit Raymond Balau, architecte et critique d art. Les éléments qui feront l essence de son travail sont alors déjà inscrits : relation au monde par l environnement et l empirisme scientifique, relation à l autre qu elle veut transformer de récepteur en perceveur 5, par humanisme. Admiratrice de Piero Della Francesca à qui elle consacre une étude, elle investit la géométrie comme accès à la mise en situation d objets. Au début des années 1980, elle s essaye à la vidéo - encore analogique - parce que, dit-elle, «j en avais trouvé une pas chère sur une brocante et que ça m amusait 6». Naît alors une autre relation, déterminante pour faire exister et rendre visibles l impalpable, le ténu, l invisible, l éphémère : entre elle et la vidéo, s installe la vision moléculaire de l instant, celui-là même qu elle ne se lasse pas de voir chez Vermeer voir au sens d état et non d interprétation, comme le définit Wiggenstein. 4 in A la rencontre d Edith Dekyndt, op cit. 5 in Appréhension des invisibilités, Niel Minuk, in Universal research of subjectivity, plaquette sur la globalité du travail de l artiste, éditée par le BPS22-Charleroi à l occasion de l exposition personnelle d Edith Dekyndt intitulée Any resemblance to persons, living and dead, is purely coincidental, Entretien avec l artiste, op cit. Petit à petit, ses préoccupations formelles s estompent au profit du processus et de l expérimentation. Les objets, toujours présents, se manifestent davantage comme indicateurs d une «prise de note sur un quotidien éphémère et dense, qu il se loge dans l inframince ou l infraordinaire, soit entre les choses 7». Face à l obsession contemporaine de la réalité apparente, Edith Dekyndt oppose une patience active et se retranche dans les petits-riens : une tenture, une chaussure, une rondelle élastique, un aquarium, un pull, une brique de lait, une moisissure, une capillarité, une bulle de savon, deviennent le sujet d une interrogation. Que se passeraitil si?, voilà le début de l hypothèse qui réserve sa part à l aléatoire et fonde le paradigme du travail du laboratoire sans frontières dans lequel officie l artiste, plutôt que dans un atelier. Dans une économie de moyens, 7 in Substances volatiles, haut pouvoir de dispersion, Sandra Cattini, avril 2004, édité dans Universal research of subjectivity, op cit. 9
10 1 Entretien avec l artiste,op cit. 2 in Le travail se fait lorsque vous dormez, Rodney Latourelle, in Universal research of subjectivity, op cit. 3 in Appréhension des invisibilités, Niel Minuk, in Universal research of subjectivity, op cit. 4 in A la rencontre d Edith Dekyndt, op cit. celle-ci se frotte aux techniques des sciences expérimentales, essaye, recommence encore et encore, considérant que de toute façon une pièce n est jamais finie 1. «La critique subtile que fait Dekyndt des notions capitalistes de productivité, de science et de technologie, entretient le débat autour d une certaine notion commune à l art conceptuel, au minimalisme, à l Arte Povera et même à Fluxus. La rencontre avec l immédiat et le médiatisé, l emphase sur la perception du spectateur et sur le processus ainsi que la remise en contexte du quotidien, sont tous combinés de différentes façons dans son œuvre 2». Son projet est clairement subjectif, ses buts davantage poétiques qu objectifs. En investiguant dans le domaine de la perception et dans celui de l abstraction, elle développe la vision phénoménologique. Parce qu elle est à la recherche de l expérience esthétique profonde, elle ouvre des écrans sur des expériences - ancestrales, collectives, naturelles, lentes, liquides, gazeuses - inscrites dans l être de chacun de nous par la mémoire, les sensations, le psychisme, la synesthésie, écrans qui s ouvrent à leur tour sur nos expériences individuelles de sujet. Tenter de conjuguer ces deux formes différentes d être au monde - l infime et l intime - pour montrer leur complémentarité et leur union dans une approche de l infini relève de l intention métaphysique. En cela, elle propose aux spectateurs un travail exigeant, qui demande de l investir bien qu il soit en apparence simple. «Edith est apparemment à la recherche des significations fondamentales universelles 3», à la recherche d une vérité d avant la langue, une vérité première dans laquelle l individu n a pas besoin de son moi. On ne s étonnera donc pas d apprendre qu en 1999, elle fonde un collectif (non structuré) : Universal research of subjectivity. Explicite quant à la direction du travail artistique, cette appellation veut aussi dépasser le mythe de la personnalisation de l œuvre, qui selon elle n a plus de sens dans notre monde de rhizomes et de réseaux, même si le monde de l art en change difficilement. C est sans doute pour cela que l intuitif Denis Gielen l imagine plus tard en «dame âgée à la tête d une nébuleuse parce qu elle s efface de plus en plus, en tant qu elle-même 4». Quant à moi, je parie que son chemin de contemplation lui préservera malgré tout ses airs de jeunesse Cette discrète femme aujourd hui quadragénaire s avère paradoxalement bavarde : en une quinzaine d années, elle a réalisé un nombre impressionnant d œuvres - parmi lesquelles Worthlessness (1997) - série de 4 vidéos montrant les circonvolutions aériennes et poétiques d un sac plastique dans différents environnements, Star System (2001) - capture vidéo de la durée de la révélation de l image d un polaroïd-photographie d un quartier résidentiel hollywoodien, Alone at home (2001) - installation 10
11 vidéo qui donne à voir de l extérieur les riches effets lumineux produits par un téléviseur allumé dans la nuit, ou encore Program for a cold place (2000) - surprenante saisie vidéo de l explosion d une bouteille de lait en verre par -40. Le nombre des expositions auxquelles Edith Dekyndt a participé ou qui lui ont été consacrées n en est pas moins édifiant, de même que la quantité de villes essaimées sur le globe où elles se sont tenues 1. Pourtant, les textes consacrés à son œuvre restent rares 2 et la reconnaissance des institutions encore frileuse. Chez elle, pas d icônes médiatiques mais une nécessité de décantation, un investissement pour transmettre. Ceci explique peut-être cela 1 et 2 Le lecteur en trouvera une liste relativement complète respectivement en annexe et dans la section bibiographique, p
12 Worthlessness, 1997, installation de quatre vidéos, présentée en 2001 à la Biennale de Venise Slow object, vidéo, 1997 Star System, vidéo,
13 Alone at home, vidéo, 1999 Program for a cold place, vidéo, 2000 Ci-contre et ci-dessus : Any resemblance to persons, living or dead is purely coincidental, sound and video installation, BPS 22/Charleroi,
14 «L idée est la même, l idée que nous sommes faits pour l art, que nous sommes faits pour la mémoire, que nous sommes faits pour la poésie ou que, peut-être, nous sommes faits pour l oubli. Mais quelque chose demeure, et ce quelque chose c est l histoire ou la poésie, qui ne sont pas essentiellement différentes.» Borges, La Divine Comédie, in Conférences, Ed. Gallimard, 1985, p.16 14
15 3. Questions de temps Pourquoi s attacher à la notion du temps plutôt qu à celle du réel alors qu il est ici question de phénomène de perception? En premier lieu parce, comme le disait Nam June Paik : «La vidéo, c est le temps 1». «La technologie vidéo n est pas une technologie temporelle uniquement parce qu elle module la matière-temps. Elle l est également parce qu elle fonctionne toujours sur une durée. Car, à la différence du cinéma, elle n existe, à proprement parler, qu en direct, dans l événement 2». De plus, il me semble qu au-delà des apparences, Edith Dekyndt nous parle de l existence elle-même et que son sentiment viscéral de relation au vide et à ce qui n est plus la conduit à une réflexion concrète sur le temps. Son travail dit «le temps immémorial, le quotidien fugace et surtout l inéluctable transformation du vivant 3». Toute une série d oxymores peuvent qualifier son travail : prodondeur du superficiel, intérieur du dehors, extérieur du dedans, visibilité de l invisible, proximité de l éloignement, subjectivité de l universel, intime du collectif ou universalité du subjectif. Mais, en accord avec Denis Gielen, celui qui me paraît le mieux convenir à Provisory object 03 se formule dans un paradoxe temporel : contemplation active 4. Par la poétique de la condensation du fluide, cette vidéo ressuscite une substance vivante qui sous-tend tous les événements (qu ils soient anodins, comme ici, ou graves). C est un moment privilégié qui ouvre sur le déploiement psychique et les espaces intérieurs qui sont au fondement de la sensation de durée. 1 Cité par Maurizio Lazzarato, Paik et Bergson : la vidéo, les flux et le temps réel, in Vidéo topiques/ tours et retours de l art vidéo, catalogue d exposition, Ed. Les Musées de Strasbourg, 2002, p.27 2 Paik et Bergson : la vidéo, les flux et le temps réel, Maurizio Lazzarrato, in Vidéo topiques/tours et retours de l art vidéo, catalogue d exposition, Ed. Les Musées de Strasbourg, 2002, p.30 3 Ecoulements de Temps, Raymond Balau, in A+, Ed. Ciaud (Centre d information de l architecture, de l urbanisme et du design asbl), Bruxelles, juillet Oxymore emprunté à Denis Gielen, entretien avec lui, Grand-Hornu, 13 juillet 2006 Provisory object 03 est une machine à réinventer le temps, qui le réenchante en l affranchissant de son ordre. C est une machine à vivre intensément, non dans la vitesse mais dans la lenteur, dans un temps à l état pur. C est un fugitif qui ouvre à l intemporel et qui appartient pourtant bien à son époque : celle de la vidéo et du numérique. Cette oeuvre est aussi une adresse à l autre, une oeuvre ouverte au sens où l entend Umberto Ecco. Oeuvre construite, elle engage le spectateur dans un cheminement qui le conduit - s il le veut bien - vers une transformation, par étapes temporelles. S inscrivant dans la forme sociale de l art, elle appartient à l art relationnel 5. Elle montre l essentiel dans l infra-mince qui se cache entre l objectif et le subjectif, ce dernier voguant dans une multiplicité de temps : passé, présent et futur. Son dynamisme du bougé met non seulement la matière en mouvement mais aussi l Autre, inscrivant ainsi plusieurs trajectoires à travers la dimension du temps et de l Etre : celui que nous étions et que nous n avons jamais cessé d être, celui que nous sommes, et celui que nous serons. 5 Expression empruntée à Nicolas Bourriaud et aujourd hui admise communément dans le monde de l art pour qualifier toute démarche artistique qui entend conduire le spectateur à une participation à l oeuvre et un échange avec elle. Esthétique relationnelle, Ed. Presses du réel,
16 Définir le temps Héraclite, Aristote, Saint Augustin, Newton, Kant, Niezsche, Bergson, Einstein, Heidegger, Hegel, Jankelevitch : de tous temps, philosophes et scientifiques n ont eu de cesse de tenter de définir le temps, montrant ainsi combien la tâche est ardue mais surtout qu elle reste une question de point de vue. Combien de temps dure l instant? secondes, selon la constante de Planck? Le temps est-il objectif ou subjectif? Sommes-nous prisonniers du temps? De combien de dimensions le temps est-il fait? Entre le temps métaphysique et le temps de l inconscient, quelles différences? Y a-t-il un temps de l imaginaire? Que peut-on affirmer du temps, si ce n est que pour l humanité, il passe. La temporalité - au sens du temps de la conscience selon Bergson - est le mode d être de l homme, sa façon d être-au-monde, son exister. Temps mesuré et illusion d un ralenti Provisory object 03 est une vidéo dont la durée n était pas prédéterminée. Par définition, elle a été tournée en temps réel mais n a subi aucune modification de temps : ni coupure, ni montage, ni inversion, ni ralenti. Pourtant, a posteriori et sachant d évidence - même sans en connaître le minutage, par habitude de vivre dans la temporalité - que son format horaire est court, certains spectateurs dont moi-même restent étonnés que ce qu ils ont vu dure aussi longtemps, voire imaginent que la scène a été filmée au ralenti. «Le commencement de la réflexion philosophique, pour les hommes d aujourd hui comme pour ceux d antan, a été l étonnement.» Aristote, Métaphysique, Livre 1 Partie 2 1 Y aura-t-il copropriété dans l espace des données?, Bill Viola, in Vidéo, Communications n 48, Paris, 1988, p.72 Essayer d expliquer ce phénomène fait appel à la notion d espace. C est comme si le temps de vie du contenu - la membrane savonneuse, en adoptant un autre rythme, se détachait du temps de vie du contenant - la personne dont la main forme un creux, un vide. L impression d illusion est probablement renforcée par la présence de deux mouvements différents, deux actions entre lesquelles notre regard doit choisir pour se concentrer : les turbulences de la membrane d un côté et de l autre, le mouvement du corps. La préférence est accordée à la première, sorte «de topologie du temps qui s est rendu accessible 1», d autant plus que le visage qui aurait permis un processus d identification, a disparu dans le hors-champ. 16
17 En finalité, c est la pellicule-écran, imprimée par l image, qui offre un cadre temporel. A l expérimentation d abord, en lui permettant de passer du conditionnel (et si...) au présent : c est la vidéo qui filme et enregistre. A l expérience de la vision ensuite, en lui imposant un double temps. Un temps réel : c est le DVD et l écran qui projette l objet vidéographique doublé d un temps distendu : c est l écran-pellicule au creux de la main. A la décantation ensuite, procédé réflexif qui se réfère au souvenir encadré, qui ne pourrait avoir lieu si le cerveau n avait imprimé l image. En vidéo, le concept de temps réel va plus loin que la temporalité chronologique. S opère en effet un dédoublement du temps. «Les technologies de la vision (...) nous libèrent de la subordination du temps au mouvement et elles nous donnent un accès à une expérience directe du temps. Ce mouvement libéré de tout mobile est le temps non chronologique, le mouvement intensif, temps de l événement. Ce mouvement capable de prolonger le passé dans le présent et de l ouvrir à l avenir est un présent qui est (...) la coexistence du passé et du présent et leur continuel passage, le temps qui fair surgir le mouvement, qui ouvre (...) des virtualités inédites. L instant est ici un devenir, qui, au lieu d être passivement enchâssé entre le passé et le futur, devient germinatif et développe des coordonnées ontologiques 1». 1 Paik et Bergson : la vidéo, les flux et le temps réel, Maurizio Lazzarrato, in Vidéo topiques/tours et retours de l art vidéo, catalogue d exposition, Ed. Les Musées de Strasbourg, 2002, p.32 Temps historiques En référant aux gestes de l enfance, Provisory object 03 met en scène un double temps historique : collectif et subjectif. Avons-nous tous joué à faire des bulles de savon dans notre jeunesse ou, si nous sommes restés jeune, plus tard aussi? On aimerait répondre par l affirmative mais l exemple de la réception américaine de la vidéo 2 montre que ce n est pas le cas. Cependant, ne fût-ce qu en évoquant le tableau de Manet 3 ou les récits de nos parents et grands-parents, il est possible de dater historiquement la période durant laquelle la bulle de savon représentait un des favoris parmi les rares jeux des enfants. D autre part, pour tous ceux parmi les spectateurs qui eurent le bonheur de souffler dans une pipe à bulles, la magie a conservé le souvenir bien prégnant. Aussi, en regardant cette oeuvre, ils évoquent consciemment (en silence pour eux-mêmes ou en fanfare!) un moment de leur passé personnel, à l instar de Proust et sa madeleine. 2 Cfr supra p. 7, paragraphe 3 3 Les bulles de savon, Edouard Manet,
18 Cette vidéo ressemble à une peinture, un tableau : écran LCD et technologie numérique obligent. C est la texture liquide de notre présent historique qui donne à voir et dans laquelle notre oeil plonge d y être habitué. 1 Cfr supra p. 7, paragraphe 2 Enfin, Provisory object 03 véhicule l histoire de l Afrique, et son présent. Sa réception à Kinshasa 1, au Congo, a mis en lumière le passé de la colonisation qui a exploité les richesses du sol, appauvrissant le pays rendu à l esclavage. Elle a aussi mis son présent de l indépendance politiquement difficile en évidence : le pays détient encore assez de matières premières mais, faute de moyens, ne peut s en enrichir financièrement. Le minerai et son image se retrouvent dès lors investis par le peuple congolais et sa mémoire collective, d un lourde charge symbolique. Temps physique, illusion et interprétation 2 «La turbulence désigne l état d un fluide, liquide ou gaz, dans lequel la vitesse présente en tout point un caractère tourbillonnaire : tourbillons dont la taille, la localisation et l orientation varient constamment. (...) Elle apparaît lorsque la source d énergie cinétique qui met le fluide en mouvement est relativement intense devant les forces de viscosité que le fluide oppose pour se déplacer.» Encyclopédie Wikipédia lien url : 3 Cette partie de l exposé traitant du phénomène physique de la turbulence s inspire largement du texte de la 177ème conférence de l Université de tous les savoirs, donnée le 25 juin 2000 par Uriel Frisch et intitulée La turbulence. Ce texte est consultable en ligne à l adresse suivante : http: // Malgré la teneur hautement scientifique de son propos, j espère n en avoir trahi ni les informations ni leur sens. 4 Dessin de Léonard de Vinci illustrant des recirculations à l aval d un élargissement brusque, reproduit dans l article référencé ci-dessus. Provisory object 03 présente deux phénomènes physiques conjoints mais dissociables : d une part, les turbulences et d autre part, l irisation, par décomposition de la lumière. La turbulence 2 titille les scientifiques depuis longtemps et reste mystérieuse malgré leurs efforts. Jusqu à présent, ni la physique classique, ni la mathématique, ni la mécanique des fluides ni la théorie quantique des champs ne sont parvenues à expliquer la turbulence au moyen d une formule avérée 3. Pourtant, l enjeu est de taille, notamment pour la météorologie et ses prévisions. Pour preuve, l annonce en 2000 par la Fondation Clay au Collège de France de l octroi d un de ses sept prix d un montant d un million de dollars à ce défi (qui n a pu être à ce jour, semble-t-il, relevé). On trouve des turbulences un peu partout : les volutes de fumée d une cigarette, les arabesques de la crème versée dans le café ou encore, dans l Univers primitif, les fluctuations de densité qui donnèrent naissance aux grandes structures de l Univers actuel, comme les amas de galaxies. Il semble que ce soit Léonard de Vinci qui, le premier, nomma de l italien turbolenza les mouvements complexes de l eau ou de l air, donnant ainsi au mot une nouvelle signification qui fit disparaître la précédente : mouvements désordonnés d une foule, troubles (du latin Turba qui veut dire foule). Fin observateur, il en dessina les volutes mais aussi les structures, mettant ainsi en exergue par la représentation leur caractère chaotique 4. Précisément, la théorie du chaos montra plus tard l aspect non prédictible des turbulences, en tout cas à 18
19 des régimes de turbulence développée. De son côté, la théorie quantique des champs a mis l accent plus récemment sur les ruptures observées dans le mouvement des tourbillons. La mathématique, quant à elle, a démontré que l accélération de la turbulence est proportionnelle au carré de la vitesse et qu au terme d un temps non prévisible mais fini, le fluide explose (aujourd hui, la mathématique s efforce de trouver la formule du liquide parfait, c est-à-dire de celui qui n explose pas ou dont la viscosité empêcherait l explosion...). Ce petit détour par la science permet de dégager plusieurs caractéristiques observables dans les turbulences de la membrane savonneuse de Provisory object 03 et qui, connues, autorisent à dévoiler et surtout tenter de saisir son mystère. En effet, c est bien de mystère dont il s agit et nous pouvons constater qu il reste entier, ce qui motive une attirance irrésistible chez toute personne, qu elle soit portée sur le scientifique ou non - le mystère étant doté d un pouvoir de séduction peu contestable au vu de l engouement du public pour les films narrant des histoires d inconscient, occultes, fantastiques ou de science-fiction. Si la pellicule savonneuse de la vidéo d Edith Dekyndt connaît des turbulences, c est parce que l eau confinée par les deux fines couches de savon qui la composent s écoule, suite à un mouvement imprimé au départ. Retenons également la caractéristique de la rupture. Le mouvement de l eau en accuse de nombreuses, marquant des ruptures de temps et des variations de vitesse. Je crois donc pouvoir déduire que le chaos issu de la conjugaison de ces dernières et qui imprime des actions différentes et identifiables au liquide contribue à la sensation d un temps distendu, d une durée plus longue que le temps réel. Enfin, une observation minutieuse de la vidéo conduit à constater qu en effet, la vitesse du mouvement de l eau s accélère de plus en plus jusqu à l explosion. L autre phénomène concerne l iridescence qui rappelle les couleurs de l arc-en-ciel. Cependant, contrairement à Provisory object 01, les «Il y a des illusions d optique dans le temps comme dans l espace.» Marcel Proust A la recherche du temps perdu couleurs ici présentes s en éloignent progressivement au rythme de l accélération des turbulences, pour se confiner dans une palette plus tellurique, soit dans la gamme chaude des bruns et des rouges, coupée du blanc de l écume. Plusieurs éléments expliquent cette différence. D une part, sachant que le phénomène d irisation trouve son origine dans «les interférences entre les rayons se réfléchissant sur la surface extérieure de la bulle et les rayons se réfléchissant sur la surface intérieure de la bulle 1», il est aisé de déduire que, dans le cas de Provisory object 01, l ouverture opérée par la jonction des deux mains jointes crée une surface de 1 in Bulle de savon, article de l encyclopédie wikipédia, lien url : 19
20 réception de la lumière quasi équivalente en bas qu en haut, donc beaucoup plus large dans le bas que dans Provisory object 03, où la seule main resserrée comme un entonnoir - qui plus est, entourée par l autre main - diminue considérablement la superficie, soit également le passage des rayons lumineux et offre à ceux qui y parviennent l environnement sombre de la peau noire. En outre, le choix du point de vue pour la capture de la vidéo influence cette donnée, puisqu il favorise une moindre incidence de la lumière qui aboutit à un effet beaucoup moins transparent et brillant de la membrane savonneuse 1. 1 Johannes Vermeer, La Laitière, vers , Rijksmuseum, Amsterdam 2 Johannes Vermeer, L art de la peinture, vers 1665 Cette vidéo met le temps en lumière - et ce n est pas seulement selon l expression consacrée mais littéralement - et en matière. Se pose ici la question de l instantanéité. Edith Dekyndt admire le travail de Vermeer. Elle sait que pour ressentir l impression de l instant en en regardant un tableau (un des plus exemplatifs de cette sensation étant sans doute La Laitière 1, avec son filet de lait qu on voit littéralement couler), il est bon de se placer à la bonne distance - c est-à-dire à la même que celle du peintre lorsqu il le peignait 2, travaillant avec une camera obscura. Sans doute est-ce pour cette raison qu elle a tenu, lors de l exposition Le tableau des éléments, à projeter sa vidéo sur un moniteur standard alors qu il était disposé au fond d une salle étroite mais profonde. Vermeer rendait aussi ses scènes réelles en mettant la focale sur ses personnages principaux par un travail sur la lumière et la lenteur de la contemplation. Le mystère qu elles contiennent fait écho à la sensualité de la matière picturale, épaisse et laiteuse. Edith Dekyndt elle aussi joue avec la lumière : les rayons lumineux viennent de la gauche et créent l irisation de la membrane. Ils mettent également en évidence la partie intérieure de la main resserrée, plus claire par nature et plus réceptive à la lumière, qui forme ainsi par contraste avec la tonalité plus sombre du reste de la main un pourtour à la matière savonneuse, comme le sable, par exemple, le fait autour d un point d eau dans le désert. Ainsi, la membrane se détache visuellement, et bien que naturelle donc réelle, elle passe pour de l image de synthèse d un insert numérique. La trame de la vidéo fait de cette scène un tableau vivant, sensation renforcée par la sensualité des éléments naturels et par leur texture : le bouillonnement visqueux de l écume, le grain et les sillons de la peau (accentués par son caractère foncé) et le flou des brindilles d herbe dans la profondeur de champ. Temps de l attention et de la tension Bien que ne représentant pas la camera obscura, ce tableau illustrant le peintre en situation de travail donne une idée de la distance. Provisory object 03 est composé de deux gros plans emboîtés : celui cadré sur les mains contient celui de la pellicule en mouvement. Pour 20
21 Gilles Deleuze, le gros plan constitue une image-affection. Dans son livre L image-mouvement, il définit le gros plan comme un visage, même s il s agit d un objet. Il s appuie sur l exemple de l image d un cadran d horloge dont les aiguilles sont animées de micro-mouvements entrant dans une série intensive qui prépare irrémédiablement un paroxysme, et dont la surface immobile est réceptive à l inscription du suspens 1. Elle est, dit-il : «unité «Il est vrai à la fois que le monde est ce que nous voyons et que, pourtant, il nous faut apprendre à le voir.» Merleau-Ponty, Le visible et l invisible, Ed. Gallimard, Paris, 1964, p. 18 réfléchissante et réfléchie. (...) Et chaque fois que nous découvrirons en quelque chose ces deux pôles, surface réfléchissante et micromouvements intensifs, nous pourrons dire : cette chose a été traitée comme un visage (...) et à son tour elle nous dévisage, elle nous regarde 2». Même si l insert n est pas une illusion mais est naturel, notre vision choisit de le voir comme tel. C est exactement comme devant un tableau de Vermeer, dont on peut avancer qu il fût sans doute l inventeur du voir. 1 Propos résumés de ceux de Gilles Deleuze, in Chapitre 6 l image-affection : visage et gros plan, in L image-mouvement/cinéma 1, Les Editions de Minuit, Paris, 1983, p Chapitre 6 l image-affection : visage et gros plan, Gilles Deleuze, in L image-mouvement/cinéma 1, Les Editions de Minuit, Paris, 1983, p. 126 Selon Jean-Maurice Monnoyer, spécialiste des illusions perceptives et de la perception de la forme 3, notre vision procède de manière naturelle et biologique à une interprétation de l image en s attachant à un ensemble de structures de représentation. En quelque sorte, notre attention découpe un phénomène visuel en choisissant ce qui l intéresse : c est la qualité directionnelle qui préside au concept de la forme dans la Gestalt. Ainsi, une expérience directe de vision nous donne l illusion d avoir un accès direct au monde extérieur mais c est une méta-illusion, une illusion de l illusion elle-même. En choisissant de porter sa tension vers la pellicule savonneuse, l attention ne lit plus une action, mais une situation c est-à-dire une «situation purement optique (...) [qui] éveille une fonction de voyance 4». C est «L image-temps [qui] permet (...) un au-delà de l image (...) L image n est plus un duplicata du visible ; elle est en soi un nouveau visible (...) Même si le mouvement n est pas absent de l image-temps, le rapport entre le mouvement et le temps s y inverse : le temps ne se subordonne plus au mouvement, n en découle plus. [C est donc alors] l expérience - au sens de la durée bergsonienne - de la vie, du mouvement de l image-temps comme expérience directe du temps, de la pensée, de la mémoire 5». La forme privilégiée par l oeil et visagéifiée par le gros plan deviennent temporalité et c est comme si la vidéo d Edith Dekyndt agissait de manière hypnotique, exerçant une attirance irrésistible sur la perception extérieure. Le caractère fascinant de cette image-temps captive, 3 Propos résumés de la conférence de Jean- Marie Monnoyer intitulée Illusions perceptives et perception de la forme, à l invite de Yves Michaux, à l Université de tous les savoirs, le 9 juillet L enregistrement vidéo est consultable en ligne avec l url : chainev2/utls/programme/330979_illusions_perceptives_et_perception_de_la_forme/ 4 L image-temps/cinéma 2, Gilles Deleuze, Les Editions de Minuit, Paris, 1985, p De l image-temps chez Duras, Resnais et Robbe-Grillet, Julie Beaulieu, in Cadrage.net, 1ère revue en ligne universaitaire de cinéma, janvierfévrier 2002, url : imagetemps/imagetemps.html 21
22 1 Notion empruntée à mon cours de philosophie de première candidature en philologie romane, UCL, capture le spectateur dans une relation à vivre qui demande du temps et en crée en retour, mettant ainsi en oeuvre la métaphysique de Kant sur l idéalité transcendentale du temps comme condition formelle a priori de tous les phénomènes - l espace étant la forme pure des phénomènes extérieurs, le temps celle du sens interne 1. Temps de la couleur et du mouvement 2 Le visible et l invisible, Merleau-Ponty, Ed. Gallimard, Paris, 1964, p Le visible et l invisible, op cit., p. 175 L expression animation interne est citée par Merleau-Ponty lui-même dans L oeil et l esprit, Ed. Gallimard, Paris, 1964, p. 75 Comme chez Proust la robe rouge d Oriane à la soirée de Guermantes est une incarnation érotique, dans Provisory object 03 la gamme de couleurs foncées et très claires sont l incarnation de l univers, non en tant que «chose, mais possibilité, latence 2». L iridescence et les turbulences donnent à l image de l insert la force de l abstraction mouvante, qui participe elle aussi au phénomène hypnotique. Au départ, comme il le ferait en «Le noir ramène au fondement, à l origine.» Henri Michaux, Emergences, Résurgences, cité par Anne-Marie Duguet, Déjouer l image/ Créations électroniques et numériques, Ed. Jacqueline Chambon, Nîmes, 2002, p. 58 suivant le filet de crème dans le café, l oeil suit les circonvolutions de l écume créée par le bouillonnement : elle traduit le mouvement. Elle prend de plus en plus d importance et donne ainsi de la profondeur à l écran savonneux. Mais lorsque les turbulences s accélèrent, augmentant encore la profondeur, c est comme si la vision s inversait : l oeil alors privilégie le foncé, la part d ombre, qui pourrait bien être celle de l âme. La vue est aspirée par le mouvement et la sensation éprouvée évoque le tombé dans le vide. Cependant, c est le moment paroxistique où la temporalité elle aussi s inverse : se vit la sensation d un temps qui s écoule plus lentement, car l angoisse d être englouti correspond au sentiment de la fin de l instant, traduit l approche de la mort. Au moment de l explosion s installe une courte immobilité du temps, une césure, un passage entre le temps du mouvement, de l événement, de l instant, de la vidéo, et celui du réel, auquel nous retournons avec un nouveau morceau d être, impressionnés d avoir assisté aux secousses du vide tout en se sentant en plénitude, tout à coup conscients d éprouver dans le même temps des émotions si contraires, tout à coup conscients que ce qui s en dégade est l essentiel. «La couleur révèle le travail de la manifestation, l animation interne du visible, le creux de l Etre où le contemplateur peut naître ou se reposer 3». 22
23 Temps subjectif de l abandon Voici venu le temps de la fuite - si chère à Laborit, le temps où l on décide de prendre le temps de s évader pour s abandonner à l essentiel. C est un temps subjectif, qui appartient à chacun, qui ressort de la perception intérieure, un temps suspendu en conscience. Le corps et ses sensations - l expérience sensible - en sont la porte d accès : la fragilité, l éphémère, la mort de la vie qui s agite là devant nous s immisce jusqu au plus profond de nous. Notre vue s en trouve élargie aux dimensions incalculables de l espace premier du temps immémorial, le temps d avant le Logos. Bien que subjectif, cet archaïsme résonne d inconscient «Quand les hommes ne parlaient pas, ils ne mouraient pas.» Proverbe dogon, emprunté à la bande sonore de l installation Any resemblance to persons, living or dead is purely coïncidental, 2004 collectif, celui qui permet de sentir les effets de la vibration du monde en soi et ceux de sa propre vibration dans le monde. Parce que l eau constitue le véhicule de l émotion première, tout devient liquide : temps et spectateur. Ce dernier nage dans un hors-temps, retourne aux racines de la vie foetale, aux origines de l humanité, l ancestral chaotique du big bang. La valeur de l imaginaire est dans le refus du temps qui passe, refus qui s incarne dans l originel, les rêves, le sacré. La contemplation est une activité de l esprit qui se déploie dans le détachement. Cette atemporalité met de la vie en toute chose, laquelle est toujours en devenir. L esprit voyage, l imaginaire est en action, et les fenêtres sur l intérieur et l extérieur que sont les yeux restent rivées à l écran - le corps immobilisé, comme en catalepsie. La vidéo est présentée sans bande sonore, invitation à cette contemplation. Et le silence est partout, comme une enveloppe autour des spectateurs, où chacun se tait. C est l éternité. L ambiance a des allures de spiritualité. La vidéo semble mettre chaque personne dans un moment de coïncidence avec elle-même. Edith Dekyndt est-elle une guérisseuse de l âme, nous convie-t-elle à une séance de spiritisme, à un tour de sorcellerie? Si l imaginaire atteint ce degré de réalité plus important que le réel, il faut l attribuer à la fonction chamanique de Provisory object 03 - auquel le spectateur sera peut-être d autant plus réceptif s il imagine que les mains, noires, de la personne qui tient la pellicule savonneuse appartiennent à un sorcier. Fonction chamanique qui rejoint ainsi les conceptions de Joseph Beuys sur le pouvoir de l art. 23
24 Temps symbolique 1 Images et symboles, Essais sur le symbolisme magico-religieux, Mircea Eliade, Ed. Gallimard, Paris, 1952, p Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Ed. Robert Laffont et Jupiter, 1982, p. 938 Les images de Provisory object 03 ont la force des mythes, au sens où un mythe raconte des événements qui ont eu lieu in principio, dans un instant primordial et atemporel, un temps sacré. Dans les sociétés traditionnelles, les cosmogonies associent le temps, l eau et le soleil dans un processus de création/destruction - les trois éléments que la vidéo met en scène. Le récit du mythe réactualise le temps sacré et le temps profane s en trouve aboli, ou plutôt transcendé : le rituel permet la prise de conscience de la vanité du monde et son dépassement par référence au Grand Temps, comme le nomme Mircea Eliade 1. Ce rituel se déroule dans le lieu sacré du village, son centre - les musées seraient-ils les nouveaux lieux de culte? Les plus anciens mythes mettent en scène la terreur du temps cyclique, dont le chaos préside à la création d un monde (un cosmos) et à sa destruction. La terreur du temps a conduit l homme à représenter son cycle sous la forme d un cercle (d un rosace, d une roue) dont «le centre est considéré comme l aspect immobile de l être 2». Ces mythes des sociétés pré-agricoles sont associés au rythme de la lune, particulièrement ceux ayant trait au déluge. Tout comme les mythes traditionnels, la métaphysique grecque et la mystique chrétienne associent la sagesse du détachement au soleil : lui qui incarne le passage du temps reste immobile, ce qui produit le phénomène de l illumination. Chez les bouddhistes, le yoga mène à l immobilité (c est la statis, la non-durée des mystiques) : il vise la suppression des états de conscience, condition absolue pour passer de l ignorance à l illumination, à la connaissance. 3 Dictionnaire des symboles, op cit., p. 180 Les rites d initiation se déroulent la plupart du temps dans les endroits sombres et protégés, le plus souvent centraux et précédés d une série d épreuves dites du labyrinthe (c est le regressus ad uterum 3 défini par Mircea Eliade) - plus avant, j ai fait mention de ce que Denis Gielen, commissaire de l exposition Le tableau des éléments, considérait Provisory object 03 comme pivot, central, et que pour l atteindre dans sa salle un peu cachée, il fallait un peu déambuler, chercher. Ces lieux d initiation sont souvent des cavernes, des grottes, des cercles de terre à l ombre des arbres ou des plans d eau retirés dans les confins des forêts. Ces lieux incarnant le Centre sont souvent souterrains mais placés au coeur d une montagne ou d un promontoire, eux-mêmes sombres (on pense aux mains de l étudiant congolais qui forment un lieu surélevé) - c est comme si l illumination, la renaissance, ne pouvait provenir que d un endroit qui incarne la peur ou le recueillement, en tout cas le sentiment pour l humain de sa petitesse face à l immensité du monde. Pour le côté sombre et 24
25 la profondeur inquiétante de la membrane savonneuse lorsque les turbulences s accélèrent, je compare, en tant que lieu symbolique de révélation, d illumination et d initiation, à la caverne - lieu le plus ancestral. La caverne est l archétype de la matrice maternelle et cet antre représente le monde harmonieux mais comme tout archétype, elle présente un aspect contraire à son aspect positif - c est l autre face d une même médaille : avec sa profondeur aux limites invisibles, elle peut abriter des monstres, créatures du dangereux inconscient. La caverne est aussi considérée comme un gigantesque réceptacle d énergies telluriques : elle garde le souvenir de l eau qui l a inondée à l époque glaciaire, époque de naissance «Nous rêvons de voyages à travers l univers ; l univers n est-il donc pas en nous? Les profondeurs de notre esprit nous sont inconnues. Le chemin mystérieux va vers l intérieur.» Novalis de l humanité. Pour cette raison, elle incarne le lieu idéal pour les opérations magiques. «En Turquie, il existe une légende particulièrement frappante, du XIVème siècle, rapportée par Rouf : Aux confins de la Chine, sur la Montagne Noire, les eaux inondent une grotte et y entraînent de la glaise, qui remplit un fossé de forme humaine. La grotte sert de moule, et, au bout de neuf mois, sous l effet de la chaleur solaire, le modèle acquiert la vie : c est le premier homme nommé Ay-Atam, ce qui veut dire Mon Père Lune 1». J ai évoqué plus avant l analogie avec le chamanisme ; or, une des thèses d interprétation des peintures rupestres sur les parois des cavernes, art du paléolithique supérieur - thèse 2 qui s oppose à une tendance esthétique de représenter le gibier - voudrait qu elles soient l émergence du monde invisible, l autre monde, paranormal mais bien réel et qui contient toute l histoire de l humanité. C est le chamane qui les auraient fixées à l aide de pigments là où elles sont apparues, suscitées par les étapes de la transe, comme il arrive à celui qui prend du LSD ou des substances hallucinogènes. Enfin, la caverne apparaît dans les rêves des humains d aujourd hui comme symbole de l univers subjectif. dans l univers onirique, c est le lieu de l identification, c est-à-dire le processus d individuation, d intériorisation psychologique, qui lui permet de devenir lui-même et d accéder à la maturité. Pour cela, il doit assimiler le monde collectif : l organisation du moi ne peut exister sans relation au monde extérieur. Jung nomme les rêves qui contiennent notamment le symbole de la caverne comme rêves initiaux et hypnagogiques 3, soit les rêves concomitant à la perte lente de la conscience qui conduit au sommeil. 1 Dictionnaire des symboles, op cit., p Le chamanisme, dossier, Frère Ephraïm, in Feu et lumière, n 193, mars 2001, p. 27 Les initiateurs de cette thèse sont les ethnologues Jean Clottes et David Lewis-Willians. 3 Psychologie et alchimie, Carl Gustav Jung, Ed. Buchet/Chastel, 1970, p. 69 De son côté, l eau représente la source de vie dans toutes les civilisations. Infini des possibles, elle est le symbole de fécondité et de sagesse, l élément de la purification et de la régénérescence. C est aussi 25
26 1 Dictionnaire des symboles, op cit., p Dictionnaire des symboles, op cit., p Dictionnaire des symboles, op cit., p. 379 le symbole de la vie spirituelle, une force Yin, féminine. L eau fait partie de tous les rites initiatiques et la notion d eaux primordiales, d océan des origines, est quasi universelle. De plus, elle guérit. L eau est encore la parole des puissances de l âme. C est l élément principal sans lequel l homme ne peut vivre. «Origine et véhicule de toute vie : la sève est eau et, dans certaines allégories tantriques, l eau figure Prâna, le souffle vital 1». Dans la Bible, le cheminement de chacun des Hébreux durant son pélerinage terrestre est intimement lié au contact extérieur et intérieur avec l eau. «Force vitale fécondante, chez les Dogons et leurs voisins les Bambara, l eau est aussi la lumière, la parole, le verbe générateur, dont le principal avatar mythique est la spirale de cuivre rouge 2». Enfin, l eau comme métaphore de la femme, de la sensualité, de la libido a été chantée par les poètes romantiques allemands, dont Novalis. L eau est encore la parole des puissances de l âme ; originelle, elle est révélatrice, elle sert de miroir : rappelons-nous Narcisse qui se noye dans sa belle image. Comme la surface de l eau, le miroir est utilisé pour interroger «L eau, cette enfant première, née de la fusion aérienne, ne peut renier son origine voluptueuse et, sur terre, elle se montre avec une céleste toute-puissance comme l élément de l amour et de l union... Ce n est pas à faux que les sages anciens ont cherché en elle l origine des choses... et toutes nos sensations agréables ne sont, à la fin, que diverses manières découlement en nous des mouvements de cette eau originelle qui est en nous. Le sommeil luimême n est rien autre que le flux de cette invisible mer universelle, et le réveil le commencement de son reflux. Les poètes seuls devraient s occuper des liquides.» Novalis, Les disciples à Saïs, trad. Armel Guerne, Paris, 1939 les esprits. «Au Congo, nous apprend Le dictionnaire des symboles, les devins utilisent ce procédé en saupoudrant le miroir ou la surface d un bol d eau de poudre de kaolin; les dessins de la poudre blanche, émanation des esprits, leur livrent la réponse 3», ce qui n est pas sans rappeler les arabesques dessinées par l écume des turbulences. Le miroir, enfin, lunaire et féminin comme l eau, est l instrument de l illumination. Il prend en effet le feu du soleil, sa lumière car celui-ci est le fécondateur, étant source de la vie : il incarne le masculin alors que c est l eau (et la lune) qui incarne le féminin. Pour terminer avec cette partie intitulée Temps symbolique, je me permets une interprétation qui prend en compte les trois vidéos de la série Provisory object. Me référant à l ensemble des éléments symboliques repris ci-dessus, j imagine que les trois vidéos correspondent à trois temps successifs de la féminité, symbole du devenir de celle-ci et du temps qui passe. La première, qui montre deux mains féminines, incarnerait l enfance : bulle de savon et couleurs de l arc-en-ciel. La seconde, mettant elle aussi 26
27 en scène ces mains de femme, pourrait représenter la perte de la virginité - la membrane qui s envole symbolisant l hymen et le passage à l âge adulte. La troisième, enfin, représenterait l orgasme. C est un homme ici qui tient la pellicule savonneuse et celle-ci peut incarner la féminité mature, soulevée de remous et finalement explosant - métaphore de la jouissance féminine. Trois sensations vécues par le corps, trois sensations éphémères mais dont le souvenir est inaltérable. Temps réflexif et temps retrouvé Le temps réflexif est le temps d après la projection, celui qui permet au processus de transformation de s achever. La vision de la vidéo fonctionne comme une catharsis : elle libère les émotions. Cependant, l écran installe une distance propice à la prise de conscience et à la lucidité, même si le spectateur n opère une réflexion qu ensuite. Ce temps arrive-t-il le lendemain, un mois, deux mois, un an ou encore plus tard? Peu importe puisque le souvenir reste, imprimé dans la mémoire sensitive. Il s agit ici de subjectivité et de mise à l épreuve du temps. L expérience du hors-temps et de la lenteur proposée par Edith Dekyndt rejoint celle de Pierre Sansot : «La lenteur ne signifie pas l incapacité d adopter une cadence plus rapide. Elle se reconnaît à la volonté de ne pas brusquer le temps, de ne pas se laisser bousculer par lui, mais aussi d augmenter notre capacité d acceuillir le monde 1». 1 Du bon usage de la lenteur, Pierre Sansot, Ed. Payot & Rivages, Paris, 2000, p. 12 Puisque le spectateur a vécu le temps éternel - et quelques minutes suffisent - il se peut qu en lui une transformation s opère. Conscient de la vacuité et de la vanité de bien des préoccupations de la vie postmoderne, ayant appris de l éphémère, il se peut que son regard se pose différemment sur le quotidien et sur les petits événements qui s y passent. Ce qui s énonce là, humblement, c est la question de savoir comment habiter le temps : peut-être simplement en regardant à l envers des apparences, dans le petit qui peut s avérer infiniment grand ; et puisqu il s écoule irrévocablement, en plaçant son attention sur ce qui ouvre à la durée. «Panta rheï» disait Héraclite : tout s écoule. L être humain est mortel, il est temporel et comme de tout événement, «sa façon d être est d advenir : advenit, dit-on de quelque chose qui n est jamais chose, et qui pourtant n est pas rien puisqu il advient ou survient 2». C est dans l infime et dans son expérimentation qu il peut avancer au mieux, parce que c est là qu il peut défaire et refaire son rapport au monde, nous apprend Edith Dekyndt, rejoignant ainsi la philosophie de Bergson. Voilà le cheminement de la création de soi, seule voie de liberté. Il ne s agit pas de changement, mais de transformation lente, 2 Le presque rien, Vladimir Jankélévitch, op cit. p
28 1 L oeil et l esprit, Maurice Merleau-Ponty, Ed. Gallimard, Paris, 1964, p. 81 de peaufinement de soi dans la durée où l acte libre apparaît alors comme une nouveauté. Dans le dialogue de soi au monde, du monde à soi et finalement de soi à soi, se libère le moi créateur. «On sent peut-être mieux maintenant tout ce que porte ce petit mot : voir - nous dit Merleau-Ponty. La vision n est pas un certain mode de la pensée ou présence à soi : c est le moyen qui m est donné d être absent de moimême, d assister du dedans à la fission de l Etre, au terme de laquelle je me ferme sur moi 1». La madeleine de Proust ou la membrane savonneuse d Edith Dekyndt, ce n est pas grand chose. Mais voilà que pour eux, et pour nous si nous le voulons bien, c est la partie pour le tout, un intime qui n est pourtant rien sans l autre : lecteur ou spectateur. Voici donc le subjectif lié au collectif et par extension, à l universel. Car les sensations qui sont liées à la dégustation du biscuit ou à la fabrication de la membrane savonneuse, et celles liées à leur disparition sont les sensations éprouvées par l expérience de la vie. Et cette expérience, chaque humain la vit, tous les «Imprimer une forme à la durée, c est l exigence de la beauté mais aussi celle de la mémoire.» «C est une autre définition élémentaire bien connue de la mathématique existentielle : chaque nouvelle possibilité qu a l existence transforme l existence toute entière.» Milan Kundera, La lenteur, Ed. Gallimard, Paris, 1995, p. 55 humains la vivent : c est l expérience de l éphémère, de la conscience de la finitude : en finalité, la sienne propre. Reste l essence des choses, qui n apparaît que dans la durée et le temps suspendu. Quel temps a au juste retrouvé le spectateur? Il faudrait dire : quels temps, au pluriel. Car il retrouve non seulement le temps ancestral qui est l éternité - dut-elle n apparaître que de manière fugace, et il n y a sans doute rien qui soit plus estimable parce que ce temps est notre seul moyen de nous sentir relié à l origine, mais il retrouve aussi le temps présent, celui qui passe et qui peut pourtant être plénitude pour chaque seconde d étonnement. Il trouve aussi le futur, ou le re-trouve, c est-à-dire qu il peut s en faire une autre définition, une autre signification : il peut s appuyer dessus pour être libre. En conjuguant l existence - qui finit de toute façon - et l imagination, il peut se trouver proche de toute vie, voir l indicible, l invisible et se trouver à distance dans une position ontologique : être libre parce que relié au monde. Sans doute est-ce là le fondement de la poétique, et celui de l art - peu importe son mode d expression 28
29 car il s agit ici d un art de vivre. Retrouver le temps revient finalement à l habiter en éprouvant sa durée de préférence en écoutant ses sensations. Car si une minuscule pellicule savonneuse, qui vit et meurt en 211 peut durer aussi longtemps dans toute sa relativité, pourquoi pas nous et tout ce qui nous entoure? Laisser le monde entrer en soi en le regardant, laisser le Grand Temps investir les gestes de notre quotidien, c est décider d être avec lui afin qu il soit le tout pour la partie - c est-à-dire pour nous. D autres vidéastes, et bien avant Edith Dekyndt, ont suscité la contemplation par la poétique de la matière en ce qu elle a de quotidien et d indicible : l oeuvre Pierre de lait de Wolfgang Laib, dès 1975, met en scène une importante superficie de lait versé chaque jour et qui forme au fil du temps une fine pellicule, un film horizontal qui donne à voir des jeux de transparence, d opacité et de reflets de l environnement. Zen for film, de Nam June Paik, en 1964, est une projection transparente sur un mur, sur lequel viennent s accumuler des poussières. Stan Brakhage se définissait comme un poète faisant des films - se comparant en cela à Cocteau. «David James, critique américain, soutient que le cinéma d avant-garde des années 50 et du début des années 60 doit être analysé en recourant aux termes propres de la poésie. Le traitement de l ambiance par la couleur, par les longs plans-séquences, (...) tout ceci, affirmait-il, avait sa source dans la poésie symboliste française», rapporte Michael Rush, dans Les nouveaux médias dans l art. Et il ajoute : «On pourrait en dire autant des installations vidéos de Bill Viola, Mary Lucier ou de Steina et Woody Vasulka, qui reflètent leur intérêt pour ce qui touche à la mémoire, à la perte, au mysticisme et à l esthétique 1». Liste à laquelle il faudrait ajouter Edith Dekyndt... 1 Les nouveaux médias dans l art, Michael Rush, Editions Thames & Hudson, Paris, 2000 (pour la version française), p
30 «Elle est retrouvée. Quoi? - L éternité. C est la mer allée Avec le soleil.» Arthur Rimbaud, L éternité, in Oeuvres poétiques, Ed. Garnier-Flammarion, Paris,
31 Bibliographie Documents relatifs à l œuvre de l artiste A la rencontre d Edith Dekyndt - entretiens avec l artiste,/christophe Veys/Denis Gielen/Pierre-Olivier Rollin/Olivier Bastin/Raymond Balau, émission radiophonique dont la série est intitulée Le monde invisible, réalisation Thierry Génicot, production RTBF, décembre 2004 Dekyndt, Denis Gielen, in Le tableau des éléments, catalogue d exposition, Mac s Grand-Hornu, 2005 Universal research of subjectivity, plaquette sur la globalité du travail de l artiste, éditée par le BPS22-Charleroi à l occasion de l exposition personnelle d Edith Dekyndt intitulée Any resemblance to persons, living and dead, is purely coincidental, 2004 Y figurent les textes suivants : - Appréhension des invisibilités, Niel Minuk - directeur de Plug IN Institute for Contemporary Art, Winnipeg, Canada, mars Substances volatiles, haut pouvoir de dispersion, Sandra Cattini, avril Le travail se fait lorsque vous dormez, Rodney Latourelle - artiste berlinois, Le laboratoire, Kitty Scott - critique d art et commissaire pour l art contemporain au Musée des Beaux-Arts de Ottawa au Canada, Figures de sympathie, Ana Samardzija - philosophe travaillant à Strasbourg et Stuttgart, avril 2004 Poussières, Nicole Gingras, in Traces, catalogue publié à l occasion de la double exposition intitulée Tracer, Retracer, présentée en 2005 et 2006 à la Galerie Leonard & Bina Ellen Art Gallery de l Université Concordia de Montréal Edith Dekyndt, Bernard Marcelis, in Art Press n 304 Ecoulements de Temps, Raymond Balau, in A+, éd. Ciaud (Centre d information de l architecture, de l urbanisme et du design asbl), Bruxelles, juillet 1997 While a Polaroid Picture is Emerging, Olivier van Malderghem, in Malerei ohne Malerei, Herausgegeben von Dirk Luckow und Hans-Werner Schmidt, catalogue d exposition, Museum der bildeneden Künste, Liepzig, 2002 Edith Dekyndt, Bart De Baere & Henry Bounameaux, in Contemporary Art in Belgium, Fondation pour les Arts Stichting voor de Kunsten, Bruxelles, 2005 Edith Dekyndt, Pierre-Olivier Rolin, in Brussels South Airport, catalogue d exposition, dans le cadre de la représentation de la Communauté Wallonie/Bruxelles au Krinzinger Projekte, Vienna, 2005 Appréhender les mouvements lumineux, Claude Lorent, in La Libre Belgique, Bruxelles, édition du 8 juin2004 The Weather/Le temps qu il fait, Cate Rimmer - commissaire, feuillet de présentation de l exposition coproduite par la Charles H. Scott Gallery et la Galerie Liane & Danny Taran, Montréal et Vancouver, 2004 La poétique du rien, Anne Hustache, photocopiée d un article non référencé et non daté prêté par l artiste Le plein de l Un, le vide de l Autre ou «Hic fuit Edith Dekyndt», Louis Everaert, photocopiée d un article non référencé et non daté prêté par l artiste Site internet de Argos, lien url : Ouvrages généraux Le Visible et l Invisible, Merleau-Ponty, Gallimard, Paris, 1964 L oeil et l esprit, Merleau-Ponty, Gallimard, Paris, 1964 L image-mouvement/cinéma 1, Gilles Deleuze, Les Editions de Minuit, collection «Critique», Paris, 1983 L image-temps/cinéma 2, Gilles Deleuze, Les Editions de Minuit, collection «Critique», Paris, 1985 Déjouer l image, Anne-Marie Duguet, Ed. Jacqueline Chambon, Nîmes, 2002 Vidéo topiques/tours et retours de l art vidéo, catalogue d exposition, Musée d Art moderne de Strasbourg, 2002 Les nouveaux médias dans l art, Michael Rush, Ed. Thames & Hudson, version française, Paris, 2000 Le mouvement des images, catalogue d exposition, Ed. Centre Pompidou, 2006 De l image-temps chez Duras, Resnais et Robbe-Grillet, Julie Beaulieu, in Cadrage.net, 1ère revue en ligne universaitaire de cinéma, janvier-février 2002, url : Vidéo, revue Communications, n 48, Paris, 1988 Esthétique relationnelle, Nicolas Bourriaud, Ed. Les presses du réel, 2001 La perception, Robert Francès, Presses universitaires de France/collection «Que sais-je?», Paris, 1963 Illusions perceptives et perception de la forme, conférence de Jean-Marie Monnoyer, à l invite de Yves Michaux, à l Université de tous les savoirs, le 9 juillet L enregistrement vidéo est consultable en ligne avec l url : L intuition de l instant, Gaston Bachelard, Ed. Stock (Le Livre de Poche/collection «Biblio/essai»), Paris, 1931 [1992] Images et symboles Essai sur le symbolisme magico-religieux, Mircea Eliade, Ed. Gallimard, Paris, 1952 Psychologie et alchimie, C.G. Jung, Ed. Buchet/Chastel, Paris, 1970 Le chamanisme, dossier in Feu et Lumière - mensuel, n 193, mars 2001 La turbulence, Uriel Frish, 177 ème conférence de l Université de tous les Savoirs, 25 juin 2000, en ligne lien url : Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Ed. Rober Laffont/Jupiter, 1982 Rêves éveillés, Catherine Lemaire, Ed. Institut Synthélabo pour le progrès de la connaissance/collection «Les Empêcheurs de penser en rond», Le Plessis-Robinson, 1999 Du bon usage de la lenteur, Pierre Sansot, Ed. Payot & Rivages, Paris, 2000 La lenteur, Milan Kundera, Gallimard, Paris, 1995 Encyclopédie wikipedia, en ligne, url : htpp://fr.wikipedia.org 31
32 Edith Dekyndt - Travaux Current DISCREET PIECE, installation, Leonard & Bina Ellen Concordia Universaity Galery, Montréal April / May A IS HOTTER THAN B, vidéo, Frederic Desimpel, Brussels - DREAMACHINE, videoinstalation, Galery Anspach, Brussels - INSTRUCTION FOR USE, video, ISELP, Brussels - INDICES METEOROLOGIQUES - workshop with the CEC, Belgium May 2005 > May PARALLELEPIPED OF AIR - Photographie, ERASME FONDATION, Brussels June PROBABLE SONG - Installation, Ravenstein Galeries, invitation Porte 11 Gallery -- PROVISORY OBJECT 03 - Centre Wallonie-Bruxelles, Kinshasa -- ANY RESEMBLANCES... - sound and videoinstallation, in LOCATION, Oswego University, New York, US, curator Julieve Jubin, September > October L EMISSION SPECIALE Television Channel RTGA, Kinshasa -- A CONVERSATION BOOK WITH AA BRONSON edition Denis Gielen, with AA Bronson, General Idea, New York, September Solo exhibitions > PROVISORY OBJECT03 - Videoprojections, Detrois Studio Brussels -- SLOW OBJECTS - Photographies et video projections, Porte 11 Gallery Brussels -- ANY RESEMBLANCE TO PERSONS, LIVING OR DEAD IS PURELY COINCIDENTAL - sound and video installations, BPS 22 Charleroi (B), curator Pierre-Olivier Rollin, Production Province de Hainaut SOLEIL PUBLIC - Installation, Le Comptoir du Nylon, Brussels, curator Frédérique Versaen BEFORE LIFE (Myodesopsies) - video installation, Chapelle de Boondael, Center for Arts, Brussels -- 3 MINUTES OF DARKNESS - Postcards, radio and television clips (Belgium), MICROPRODUCTION, Brussels, curator Anne Pontégnie ALONE AT HOME - video installation, Les Témoins Oculistes Gallery, Brussels - PROBABLES PIECES - video installations, Plug In Gallery, Winnipeg, Canada, curator Wayne Baerwalt DISCREET PIECE - video installation, Or Gallery, Vancouver, Canada, curator Reid Sheir and Kitty Scott - WORTHLESSNESS - video installation, Espace L Escaut, Brussels, curator Olivier Bastin LABORATORY - work in progress, video and photographies, c/o Christophe Lezaire, Obigies (B) TROIS REPAS LE DIMANCHE - work in progress, round table, videos, Espace L Escaut, Brussels, Curator Olivier Bastin TO CLEAN A ROOM video installation and performance, Themistoclès Gallery, Mexico City LEGENDA OREA - installation and performance, c/o Klaus Haas, Leuven (B) - RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL - installation, Koma Gallery, Mons (B) Group exhibitions > DISCREET PIECE & PARALLELEPIPEDE OF AIR in TRACKING THE TRACES Leonard & Bina Ellen Concordia University, Montreal, CA, April / May A IS HOTTER THAN B in Suite Fibonacci Galerie Frederic Desimpel Rue Bosquet Bruxelles, Curated by Christophe Veys, April 21 > May 15, DREAMACHINE in Crossing Anspach Galeries Anspach, Bruxelles, Curator: Sprezzatura.asbl, April 07 > 22, INSTRUCTION FOR USE, ISELP (Institut supérieur pour l étude du langage plastique), Bruxelles, March / April INDICES METEOROLOGIQUES, workshop with the CEC, Belgium May 2005> May DERRICK in en attendant la reprise, La Venerie, Bruxelles, March 9 > April ALPHA ZULU in Satellite of Love, Witte de With, Rotterdam curator: Edwin Carels January 26 > March 26, PROBABLE SONG -- International contest proposed to musicians since May Cera Fondation promotor Luk Lambrecht -- - PROVISORY OBJECT 03 & ANY RESEMBLANCE... in Science Fiction, Galerie Aline Vidal, Paris January 7 > February 11, ZAP in video dictionnary, The video art fondation, Impact Festival Utrecht, NL PROVISORY OBJECT 03 in Le Tableau des Eléments, Mac s (Musée des Arts Contemporains) Grand Hornu, Belgium, Denis Gielen, curator, Augustus > December - PROVISORY OBJECT 01 in FAIRE SIGNE (Un choix d oeuvre de la Province de Hainaut) Centre d Art Contemporain La Criée Rennes (F) November, December WORTHLESSNESS 01 in M.T.R.O. Aime tes héros Ecole Superieure des Beaux-Arts de Valenciennes (F) November, December 2005 A CONVERSATION WITH A.A. BRONSON from GENERAL IDEA, edition Facteur Humain, with AA Bronson, General Idea, New York, September 2005 >ongoing - ANY RESEMBLANCES... - sound and videoinstallation in BRUSSELS AIRPORT, Krinzinger Projekte, Vienna, Austria --SOLEIL PUBLIC - installation, Blackwood Gallery, University of Toronto, curator Cate Rimmer ZETETIK 01, video, in Vollevox Sound Festival, Gebouw Vanderborght, Brussels -- THINGS HAPPEN TO THINGS, photographies, in Ch. Veys : Un collectionneur, Porte 11 Gallery, Brussels -- PROVISORY OBJECT 02, video projection, SOLEIL PUBLIC, installation, in The Weather, Lianne and Danny Taran Gallery, Saydie Bronfman Centre for Arts, Montreal, (Q) -- STATIC LIGHT, STATIC NOISE, sound, video and photographies, A COLOR BOOK, video, in New Works Residency, Banff Center For Arts, (C) -- PROVISORY OBJECT 02, video projection, SOLEIL PUBLIC, installation, in The Weather, Charles H. Scott Gallery, Vancouver (BC) 32
33 PROVISORY OBJECT01, video projection, SLOW OBJECT04, video projection, in Appolonia, Art Center Bucharest, (R) -- 3 MINUTES OF DARKNESS, video projection, in Belgian Focus, Argosfestival, Argos, Brussels -- SECOND-HAND EXPERIENCE03, edition of bags, Vos Papiers, Porte 11 Gallery, Brussels -- ZETETIK01 in International Festival of Digital Art, Centro Pablo de la Torriente Brau, La Havana (C) -- BRUTUS, video projection, STAR SYSTEM, video projection, in RotterdamFilmFestival, Rotterdam, (N) STAR SYSTEM, video projection, in Act, BBL Gallery, Brussels, curator Philippe Braem - - WORTHLESSNESS, video installation, ALONE AT HOME(extracts of domestic coloration), video installation, in Le colloque des Chiens, Espace 251 Nord, Liège (B), curator Laurent Jacob -- A PORTRAIT OF THINGS, video projection, in The Power Plant, International Art Fair, Toronto, curator Wayne Baerwalt -- BRUTUS, video projection, STAR SYSTEM, videoprojection, in Belgian Focus, Argos Festival, Argos, Brussels -- DEMOGRAPHIC MODEL001, inkjet on canvas, in Diversion, Museum of Garden History, London, (GB), curator Danielle Arnaud Gallery -- STAR SYSTEM, video projection, in Malerei ohne Malerei, Museum der Bildende Künste, Liepzig (G), curator Dirk Luckow STAR SYSTEM, video projection, INSTRUCTIONS FOR USE, unlimited video, in Instants Fragiles, Passage de Retz, Paris (F), curators Les Témoins Oculistes -- LIVING, video installation, in Ici et Maintenant, Tour et Taxis, Brussels, curator Laurent Jacob -- ALONE AT HOME, video installation, WORTHLESSNESS, video installation, in La Trahison des Images, Pallazzo Franchetti, Venise Biennial (I), curator Laurent Jacob -- INSTRUCTIONS FOR USE, unlimited video, in Things, Les Témoins Oculistes Gallery, Brussels SECOND- HAND EXPERIENCE02, video projection, in Belgian Focus, Argos, Brussels -- THE WHOLE SKIN TYPES CATALOGUE, in Exit Congo Museum, Royal Museum of Centrale Africa, Tervueren (B), curator Toma Muteba Lutumbue -- SLOW OBJECT04, video projection, PROVISORY OBJECT01, video projection, in Beyond Seasons, Les Etablissements d En Face, Brussels, curator Eva Gonzales Sancho -- PROVISORY OBJECT02, video projection, in Histoires d un Monde Ephémère, Les Témoins Oculistes Gallery, Brussels -- A PORTRAIT OF THINGS, in La Conscience du Monde, Louvain- La-Neuve, curator Philippe Braem PROGRAMME FOR A COLD PLACE, video expedition, in Les Frontières dans la Tête, CEEAC, Strasbourg (F) -- ALONE AT HOME, video installation, Kunstverein Villa Streccius, Landau, Germany PROVISORY OBJECT01, videoprojection, in Belgian Focus, Argos, Brussels WHITE NOISE, sound object, HUMID PIECES, objects with CaCl2 in Structures Ixelles Museum, Brussels, curators Tapta et Etienne Tilman -- SOMETHING BLUE, object, in Structures, La Machine à Eau, Mons (B) -- NE TOUCHE A RIEN, slides projection, In Structures, MAMAC, Liège (B) --curators Tapta et Etienne Tilman 33
34
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