DELACROIX d après son JOURNAL

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "DELACROIX d après son JOURNAL"

Transcription

1 DELACROIX d après son JOURNAL ZEINAB ABDELAZZIZ Avril

2 Avant-Propos «Tout n est pas dit encore et l on ne vient jamais trop tard» E. Delacroix Parler de Delacroix, de ce Delacroix écrivain, ami de Baudelaire, semble être aujourd hui (en 1967) un projet audacieux sinon voué d avance à un échec certain. Pourtant, rien n empêche de repenser une œuvre maintes fois commentée, expliquée, analysée ou synthétisée. En fait, chacun a sa manière d interpréter une phrase, une page ou un journal en vue d ajouter, de développer ou peut-être aussi de contredire, en le prouvant, ce qui était considéré définitivement reconnu dans la tradition. En ce qui concerne le Journal d Eugène Delacroix, on n a pas encore entrepris aucune étude de valeur qui puisse mettre en lumière les idées de ce peintrepoète qui fut aussi un critique et surtout un esthéticien. Il est à remarquer, à cet égard, que les esthétiques diverses ne peuvent en aucune sorte omettre le nom de l auteur de la Liberté guidant le peuple, de la Mort de Sardanapale, de la Lutte de Jacob, qui, en pratiquant la peinture, ne pouvait s empêcher d énoncer des idées systématiquement pensées et rédigées qui, dans leur ensemble, obligent à l examiner sous cet angle particulier de l esthétique. C est le Journal, mieux que tout autre ouvrage, qui permet de déceler les caractéristiques d une âme artiste et d un esprit raisonné, donc d un critique d art, d un critique littéraire tel Delacroix. Puisse une telle étude permettre une meilleure et plus juste interprétation de ces idées et aider à une compréhension plus profonde de celui qui fut pratiquement un chaînon dans le patrimoine de la pensée humaine. 2

3 Introduction Le XIXe siècle se caractérise par sa complexité. C est un siècle en mouvement, «un rond-point» où se rencontrent et se dégagent les courants du passé et ceux à venir. Au rythme saccadé des événements politiques, des bouleversements sociaux, des découvertes scientifiques, correspond un même essor enchevêtré de courants artistiques et littéraires. C est un siècle où des transformations et des réformes s imposent en ébranlant les assises du convenu et du conventionnel. C est un «siècle-charnière». Pris en bloc, ce siècle a connu sept régimes politiques (Le Consulat, L Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet, la Seconde République, le Second Empire et la Troisième République) ; trois classes distinctes (L Aristocratie ou la classe gouvernante, le prolétariat et surtout la bourgeoisie ascendante) ; de grandes découvertes scientifiques et technologiques (Mathématique, Relations entre les phénomènes électriques et les phénomènes lumineux, la Relativité, l Astronomie, les Vibrations lumineuses, ondes électriques, l Industrie du froid, des Explosifs, etc.) ; ainsi que trois courants artistiques et littéraires (Le Romantisme, le Réalisme et le Symbolisme). Malgré une telle complexité et aussi grâce à elle, ce siècle est traversé par deux courants diamétralement opposées : l un pessimiste, estimant que l humanité s éloigne de plus en plus de l âge d or, et par là il est plus mythique que métaphysique, ce qui explique l atmosphère idyllique dans laquelle le Romantisme a sublimé le passé et les pays lointains ; l autre optimiste, fondé sur le rationalisme et la science, trouvant que l humanité progresse grâce à la raison, à la science et à ses applications techniques. Le Romantisme couvre, on le sait, à peu près la première moitié du siècle. Il est la tendance artistique et littéraire à travers laquelle s étend la présente étude, mais il est aussi celui qui a connu le sommet de la lutte et de la confrontation de tous ces événements. Il est marqué du point de vue social, par l avènement de la Bourgeoisie qui essaye de surpasser l ancienne noblesse en dignité et en sérieux ; du point de vue politique, par la présence de tendances libérales et socialistes ; et dans le domaine artistique, par la recherche d autres ressources que les classiques et les écoles académiques. Dans cette atmosphère de changements fondamentaux surgit le mal du siècle : le passé grandiose n est plus, et les promesses à venir ne sont pas encore. 3

4 C est avec le début de ce «mal» que grandit Eugène Delacroix, dont la vie s étend à peu près sur les deux premiers tiers du siècle : de 1798 à La première singularité de cette vie est qu elle s ouvre sur un mystère. Mystère qui «intrigua ses contemporains, nous saute aux yeux, mais à propos duquel le principal intéressé semble bien ne s être jamais posé de question, ou en tout cas n avoir jamais laissé paraître qu il pouvait se poser de question» (P. Daix : Delacroix le libérateur, p.3). En outre, la vie du peintre est influencée par tous les bouleversements de son siècle. Par sa naissance et par ses études, Delacroix appartient à la grandeur rationnelle du XVIIIe siècle. Car, s il appartenait par sa famille officielle à la grande bourgeoisie parisienne, le peintre tenait par son vrai père, Talleyrand, à la plus ancienne aristocratie. Et c est en aristocrate qu il se conduisit dans le monde. Ayant perdu son père à six ans, sa mère à seize, Eugène entre dans la vie avec le culte d un conventionnel, certes, mais surtout avec le mal du siècle doublement ressenti : en famille et en société. Voulant prendre part aux événements politiques et pensant peut-être pouvoir ramener le passé, Delacroix s affilie à une organisation de Carbonari, qui aboutit à un échec radical. Voyant que les changements s opèrent et s établissent malgré lui, il restera toujours un conservateur. «Je suis plus conservateur qu un Senat», note-t-il (J.I. p.55). Profondément enraciné dans le passé et voulant intensément vivre dans le présent, Eugène restera toujours un homme divisé. En effet, la dualité sera sa grande singularité. Il respectera les anciens, l ordre et les hiérarchies, et aura la manie des couleurs, des bouleversements et de la liberté. Ne pouvant donc participer aux événements sociaux et politiques, dont la Bourgeoisie est le premier bénéficiaire, Delacroix se limite strictement à la peinture, - contrairement à Hugo, Balzac, Berlioz, Wagner ou même à son disciple Baudelaire. Partant de son propre échec politique et social, Delacroix refusera ce rôle à tout artiste et s appliquera à se faire Dandy, mais à sa façon. La blessure de cet échec qu il gardera dans ses tréfonds, quoique artistement cachée, sera la cause de son aversion contre tous ceux qui daigneront prendre part aux événements du siècle, tels Daumier, Courbet, George Sand et autres. Subtilement aidé par Talleyrand, par le gouvernement, et sûr de ne plus rester oisif, car les commandes officielles étaient nombreuses, dès le début de sa carrière, Delacroix, les années ainsi assurés, reste Révolutionnaire dans son atelier mais Conservateur dans les Salons! Il se réserve pour travailler avec acharnement. Cet Acharnement, cette Habilité, exaspéraient ses ennemis. On peut lire en 1844, dans le 4

5 Journal des Artistes : «Cet homme est l équivalent d un charlatan par l importance qu il se donne et l activité qu il déploie. Jamais il ne paraît, il est toujours partout. Jamais il ne demande mais il obtient toujours tout». (Cité par Ph. Jullian in Delacroix, p. 190). Si par enthousiasme, ou par intérêt, Delacroix a peint la Liberté guidant le peuple en Il refusera de peindre «l Egalité» en Dorénavant il est contre tout ce qui se passe, contre tous les changements qui s opèrent, contre les révolutions et les émeutes, surtout à cause de leur vandalisme et parce qu ils se reflètent comme le Progrès, sur la bourgeoisie, sur la matière, et non sur l Idéal qui n est plus! En s éloignant de la mêlée, après avoir subi nombre de déceptions et de désillusions quant à la société ou au gens, Delacroix se replie sur lui-même. C est à son Journal qu il confiera les aventures et les mouvements de son cœur et de son esprit. C est ce qui fait l intérêt de ces mémoires, qui contiennent en plus, sa doctrine humaine et artistiques. L histoire du Journal n a jamais été écrite, dit Joubin (J.I, p.1) : «Elle est intéressante, assez compliquée, tourmentée et presque dramatique, comme tout ce qui touche à ce grand homme». Entrepris à deux reprises, du 22 Septembre 1822 jusqu au 5 Octobre 1824, et du Janvier 1847 jusqu au 22 Juin 1863, le Journal représente en réalité deux parties profondément distinctes : un Journal de jeunesse, et un Journal de l homme dans la maturité et la vieillesse. Ces deux parties ne se placent pas cote à cote mais il faut les mettre face à face l une de l autre, en plein contraste. La première, c est le confident intime, partagé entre un profond mal du siècle et un enthousiasme sans borne ; la seconde, écrite avec l intention d être publiée, reflète l évolution de sa pensée ainsi que son ascendance, de plus en plus marquée, vers la solitude et le détachement. Le silence qui les sépare permet de saisir d un coup d œil leur opposition, de constater l acheminement de son génie et son passage du romantisme au classicisme, ou plutôt de son Romantisme à son Classicisme. Car Delacroix diffère des classiques aussi bien qu il diffère des romantiques. Entre ces deux dates, 1824 et 1847, et durant ces vingt-trois années, Delacroix n a pas tenu de Journal faute de temps : «Le temps est si rempli par mon travail, que je me mets à écrire trop long ici, je n ai plus le même entrain pour travailler» (J. II, p. 100). Mais cela ne veut point dire qu entre ces deux dates il n a pas écrit. Le 5

6 peintre adorait écrire... En fait, il a confié à ses «calepins», à ses albums, à ses carnets et à sa correspondance nombre de réflexion ou d observations. Du Journal, Delacroix ne faisait point mystère de son existence. Il envisageait même la publication posthume. Théophile Silvestre a copié en 1853 une grande partie avec l autorisation du peintre et sous sa direction. Aussi, à la mort du maître, Silvestre s est préoccupé du sort de ces précieux agendas. Il les demanda à Jenny le Guillou, servante et confidente de Delacroix.Mais elle lui répondit qu ils avaient été brulés par Delacroix lui-même. Silvestre le crut et l imprima dans ses Documents nouveaux sur Delacroix, en Jenny avait menti : Le Journal n avait point été détruit. Après la mort de Delacroix, le manuscrit du Journal fut remis par Jenny à Constant Dutilleux, le peintre, beau-père d Alfred Robaut ; Robaut entreprit de copier ce manuscrit ; il rendit en 1886 une partie seulement des originaux, celle qui avait été télécopiée, et garda l autre ; la partie rendue à Jenny fut donnée par celleci, avant sa mort, à la famille Verninac, beau-frère de Delacroix ; la partie gardée par Robaut fut cédée par lui à Pierre Andrieu, après qu il l eut fait copier. Ainsi, à partir de 1986, l ensemble des manuscrits de Delacroix semble avoir été scindé en deux, du fait de Robaut et ne fut plus, dans la suite, jamais reconstitué. R. Piot reçu la copie du Journal faite par Robaut et son rôle se tint à trouver un éditeur. Après la publication du Journal en 1893, nul n entendit plus parler du manuscrit original. Dix ans plus tard, les agendas commencent à paraître en vente chez les libraires. Quelques-uns furent mutilés, vendus à la page : cinq francs, si elle contenait un dessin! Acquis par David Weill, il les offrit à la Bibliothèque d Art de l université de Paris. Ensuite, la famille Verninac, ayant appris que les agendas avaient été recueillis à la Bibliothèque d Art, voulut bien joindre ceux qui lui restaient. Ainsi se retrouve constitué le lot de manuscrits que Jenny en 1866 avait déposés entre les mains des Verninac. Il manque toujours le lot Robaut, qui parait irrémédiablement perdu. Pour ces années disparues, la copie de Robaut reste la seule originale. Ainsi, sur 20 années du Journal, 14 sont conservées à la Bibliothèque d Art, 5 ne sont plus connues que par la copie Robaut, et une (1848) a été perdue l année même par Delacroix. (Joubin : Introduction du Journal, I, pp. III-XI.). 6

7 La copie de Robaut comporte plusieurs erreurs de lectures et surtout des suppressions arbitraires : soit des passages qu il jugeait inutiles, soit des extraits de lectures de Delacroix! L importance de ces extraits est qu ils constituent pour Delacroix, un moyen de se connaître. Ce sont les passages qui lui paraissent le mieux représenter ses propres pensées et lui faire faire des progrès dans la connaissances de soi-même. Mieux se connaître, se connaître à fond, pour arriver à mieux comprendre les autres et par là à mieux agir en faveur de l humanité. Tel est le point de départ de Delacroix, et telle est la valeur qui fait de son Journal un monument rare. Pour sa vie comme pour son art, Delacroix avait recours à ses propres expériences et à celles d autrui. Précisant son but, l auteur ne s envisageait pas comme un être unilatéral mais comme une personne complexe et bizarre, composée de dix personnes à la fois. Ce sont deux hommes différents, leur apparition séparée ou leur confrontement qu il a essayé d observer et noter les remarques. C est ce qui fait la singularité de ce Journal. Si, en écrivant, certains peintres font figure d artistes doublés d écrivains amateurs, Delacroix fut, à la différence de ceux-là, ce grand artiste, ce grand écrivain, bref, cet homme dont le génie se manifeste sous des formes bien variées. Reste cette question fondamentale : Qu est-ce-que le Journal d Eugène Delacroix et quelles sont les idées qu il contient? La réponse sera cette étude qui, dans son ensemble et dans ses détails, tâche d éclaircir tous les recoins du monument. 7

8 CHAPITRE PREMIER DELACROIX ET LA CITÉ La dualité, leitmotiv nécessaire. L éternel célibataire. L amitié, seul lien estimable. Maladie du siècle et dandysme delacrucien. La politique, slogan chimérique. Paris, l inévitable antipathie. Le progrès, fanal obscur. 8

9 Delacroix et la Cité La Dualité Leitmotiv nécessaire «Tous ces hommes à grande vie sont toujours un composé de deux natures, car ils les font capables d inspiration et d action : L une enfante le projet, l autre l accomplit» (J.III, p.246). En copiant cette citations de Chateaubriand, Delacroix trouvait une véritable définition à sa propre existence toute de contradictions : Il avait besoin du calme et du mouvement, en même temps, sinon simultanément. L un pour le recueillement, l autre pour la création. En effet, la dualité est le grand leitmotiv qui mena sa vie et son œuvre : peu d artistes sont aussi différemment reçus ou soulèvent autant d orages, de clameurs et de discussions. Delacroix, l homme et l œuvre, prêtèrent à une immense divergence d opinions. D après Th. Gautier : «Toute urbanité critique avait cessé pour lui, et l on empruntait, quand on était à court, des épithètes au catéchisme poissard. C était un sauvage, un barbare, un maniaque, un enragé, un fou qu il fallait renvoyer à son lieu de naissance, Charreton. Il avait le goût du laid, de l ignoble, du monstrueux, et puis il ne savait pas dessiner, il cassait plus de membres qu un rebouteur n en eut pu remettre. Il jetait des sceaux de couleurs contre la toile, il peignait avec un balai ivre» (In Histoire du Romantisme, p. 200). Par contre, d autres critiques seront distinctement opposés. «C était un curieux mélange de scepticisme, de politesse, de dandysme, de volonté ardente, de ruse, de despotisme et enfin d une espèce de bonté particulière et de tendresse», (Baudelaire : L œuvre et la vie de Delacroix, p. 1128). C était «L hôte le plus gai, dit A. Houssaye, le plus imprévu, le plus lumineux qu on put avoir, ( ) un esprit subtil au point qu il comprenait au premier mot» (cité par R. Huyghe, in Delacroix, p.10). Même sa physionomie prêta à nombre de description. Il était d une «beauté farouche, étrange, exotique, presque inquiétante : on eut dit un maharajah de l Inde, ayant reçu à Calcutta une parfaite éducation de gentleman et venant se promener en 9

10 habit européen à travers la civilisation parisienne». (Th. Gautier, op.cit., p.203). D autres verront en lui un Fauve! Un fauve «moelleux, velouté, câlin comme un de ces tigres dont il excelle à rendre la grâce souple et formidable, ( ) des yeux à l expression féline», dira Gautier ; - avec «des énormes maxillaires qui font penser aux mufles des léopards», poursuivra Maxime du Camp ; - et une «peau brune, bistrée, mobile, se plissant comme celle du lion», ajoutera Dumas D une éducation générale, multiple et quasi-universelle, Delacroix était doué d une vitalité extraordinaire jointe à une inlassable curiosité. En effet, il n est presque pas de domaine où il n ait promené son imagination, qu il n ait «sinon approfondi, du moins embrassé d un regard compréhensif» (H. Gillot : Delacroix, p. 90). Littérature, traduction, poésie, musique, philosophie, sciences naturelles, équitation, chasse, pour ne pas citer son cheval de courses, la peinture, et tout ce qu elle exige de savoir Rien de tout ce qui constitue la connaissance humaine ne lui garda la porte fermée! Ayant acquis cette vaste culture, le peintre était aussi un brillant causeur. «Il est inutile, dit Baudelaire, de parler de la conversation d Eugène Delacroix, qui est un mélange admirable de solidité philosophique, de légèreté spirituelle et d enthousiasme brulant» (in : L Artiste Moderne, Salon de 1859, p. 1028). Les connaissances sociales du maître étaient d une envergure immense : elles allaient depuis l humble servante au grand cœur (Jenny le Guillou, qui le servit avec une ardeur quasi religieuse), jusqu au duc d Orléans. «Le duc d Orléans l adore : point de réception sans lui au Pavillon de marseau dit J. L. Bory, en passant par les membres de la mêlée romantique et la crème de la société» (in Delacroix, p. 104). Si telles étaient les esquisses extérieurs du peintre, les siennes seront bien plus modestes : Eugène se trouvait tel «un roseau isolé, jeté à la merci de toutes les tempêtes» (C.G., lettre du à Soulier, p.119). «Toujours troublé comme un faible enfant (J.I, p.118), «vulnérable et ouvert de tous les côtés à la surprise» (J.I p.27). Mais ce «faible enfant» pour reprendre ses propres termes, bien qu il ait été entouré «d un chaos, d un capharnaüm, d un tas de fumier, comme il le dit à Piron, il savait parfaitement ce qu il voulait : Être un grand homme! (Lettre Intimes, p.39). 10

11 C est pour cette raison qu il ne négligea rien de ce qui pouvait le faire un grand homme ou le plus irremplaçable des hommes Grand Homme? «Il l a été jusqu au bout et dans tous les sens» dit G. Sand. Irremplaçable? Il a fait de luimême, patiemment ou impatiemment, «le plus irremplaçable des êtres», comme dit A. Gide. En effet, Baudelaire trouva que sans lui la chaîne de l évolution humaine reste désespérément brisée. Timide, impatient, ennuyé et dégoûté du tourbillon qui l entourait et qui envahissait le siècle, avide de connaissances, d expressions, de gloire et de liberté, Delacroix ne tarda pas à se dresser un programme qu il suivra jusqu'à la fin de son séjour : «l ordre dans toute chose, une satisfaction intérieure et une mémoire ferme ; un sang-froid, une santé qui ne soit pas délabrée par la compagnie des autres, et, beaucoup de besogne». L ordre, pour faire face au tumulte des passions folles qui l entourent ; la satisfaction intérieure, parce qu il doit se respecter avant tout et être à la hauteur de son idéal ; une mémoire ferme, car il est des résolutions qu il ne devra jamais oublier (Surtout ses résolutions envers les femmes, que nous traiterons au point suivant) ; un sang-froid, pour se fortifier contre la première impression ; une bonne santé, parce qu elle est si nécessaire au travail et répand une couleur fraîche et riante sur tout, et enfin cette insatiable nécessité d avoir beaucoup de besogne, car le travail c est toute la philosophie et la bonne manières d arranger sa vie. Si à 26 ans il se demandait avec effroi quelle serait sa destinée (J.I, p.109) ou s il n entrevoyait pas encore l orientation de son chemin, ce ne sera qu une inquiétude, mais pas la plus forte. La grande charge pour Delacroix sera de s observer continuellement, d être honnête et ferme, simple et vrai, pour satisfaire son unique pensée qui le harcèle et le tourmente de mille manières, cette «maîtresse la plus exigeante» qu est la peinture (J.III, p.317). En effet, Delacroix n intriguera que pour être tout à elle, et rien au monde ne l empêchera de voir les choses à sa façon. Voyant que les plus beaux et les plus précieux instants de sa vie s écoulent dans des distractions qui ne lui apportent, au fond, que de l ennui, il ne tardera pas à avoir recours à cette «barrière» que la nature a mis entre son âme et celle de ses amis les plus intimes, à lutter et à chercher la solitude. 11

12 Visant d atteindre les sommets et l extrême plénitude de sa carrière, Delacroix sera l auteur du combat, et le combat ne sera que continu dans cette vie toute de contradictions. Le bien et le mal, la volonté et le désir, soi-même et les autres, seront les éléments principaux de cette lutte sourde et tenace. Mais le déchirement capital qui marqua profondément la vie du peintre : c est la Femme. L Éternel Célibataire * * * Ce n est point médisance que d aborder un problème aussi délicat qu est celui de la naissance Delacroix, mais pour éclaircir son attitude envers les femmes et le mariage, - attitude qui resta longtemps mystérieuse ou justifié par l absorption du maître par son travail. Partant des dernières données «Il est acquis toutefois que l état de Charles Delacroix, avant qu il ne fût traité, sept mois avant la naissance d Eugène, lui avait fait perdre tous les avantages de la virilité» (R. Huyghe : Delacroix, p 52). «Mme de Staël faisait allusion à l ablation d un sarcome, de 32 livres, qui depuis quinze ans rendaient le ministre impuissant. Elle ne fut pas la seule indiscrète, car cette opération délicate fut commentée dans la presse avec détails», (Ph. Jullian Delacroix, p.12). Ajoutons la note de Joubin à la page 8 du Journal I, où l on trouve que le récit de cette opération effroyable a été publié par l ordre du gouvernement, à Paris, par l imprimerie de la République, en Frimaire an VI. On notera que dans ce «Gouvernement», Talleyrand était ministre des Affaires étrangères : i.e. le chef direct de l opéré! Nous adoptons cette hypothèse, mise à jour récemment grâce à de nombreuses études basées sur des documents irréfutables : Un certificat médical qui devait accompagner un bocal dans lequel était conservée cette curiosité est passé à l Hôtel Drouot en Novembre 1962, disant que Delacroix était le fils de Talleyrand. Son fils unique puisqu il resta sans enfants légitimes (Tarlé : Talleyrand, p. 319). Ce qui justifie l attachement subtil du cynique politicien envers le peintre. Delacroix n ignorait rien de son origine : l exemplaire, relié par ses soins, du rapport officiel sur l opération de son père légal figurait dans sa bibliothèque, telle 12

13 que la reçut son légataire universel, Piron (R. Huyghe : Delacroix, pp. 52 et 182). Ne pouvant être le fils de celui qu il avait profondément admiré, Delacroix «devait admettre l inconduite d une mère tant aimée, et qui, après la mort de son époux, vivait à Marseille avec le Général Cervoni, dont elle élevait la fille, cependant qu elle laissait Eugène pensionnaire à Louis-le-Grand» (op. cit. p. 182). Doublement malheureux, par cette trahison maternelle et par toutes ces chimères qui l entouraient, comme le dit justement Eugène : «Quand les chimères font un homme malheureux, à quel degré de malheur ne peut-il pas descendre», cité par J. Pellotin, in Delacroix, p.6), Delacroix fut si profondément blessé que sa plaie resta toute béante la vie durant. S il connut le bruit qui courait de son temps, au témoignage de Th. Silvestre, de M. du camp, de Mme Joubert, amie de son cousin, et le célèbre avocat Berryer, Delacroix «savait faire respecter son origine avec une autorité nuancée d ironie (Ph. Jullian : Delacroix, p.81). En effet, il fit tout son possible pour maintenir les apparences et pour voiler ses blessures. De son père légitime, il n a fait mention qu une seule fois dans son Journal, en termes laconiques mais suffisants pour lui mémorer la conversation qui eut lieu : «Nous avons parlé ce soir de mon digne père. Me rappeler plus en détail les différents traits de sa vie», note-t-il chez son frère à Louroux, le 12 Septembre Un paragraphe plus loin, il marque au début de la ligne un seul mot mais qui renferme à lui seul tout le mystère, toute la blessure : «L Opération». Et Delacroix termine les notations de ce même jour par un conseil quasiimpératif, qui projette les lumières sur son comportement : «Pense à affermir tes principes. Pense à ton père et surmonte ta légèreté naturelle. Ne sois pas complaisant avec les gens à conscience souple». Dès lors se dresse une barrière infranchissable entre lui et la femme. La légèreté naturelle, qui le faisait palpiter ou lui donnait un chatouillement nerveux en présence de n importe quelle femme, quel qu en soit la nature, sera opprimée. Profondément blessé dans ce qu il avait de plus sacré, Delacroix décida de garder ces «consciences souples» à distance et ne se permettra jamais d être sous leur emprise. Il les fuira même s il a pour «elles» un sentiment quelconque. Socrate ne 13

14 dit-il pas qu il faut combattre l amour par la fuite? (noté par Delacroix, le 6 Mai 1823). Et Delacroix ajoute : «la fuite est le seul remède». Notons que c est en cette année, 1822, que le peintre immortalisa son drame en lui donnant une force picturale et se peignit en Hamlet. «Enigmatique et sombre, regard amer et perspicace, bouche ferme et point hagarde». Personnage dans lequel «il projetait son tourment» et y voyait une «transposition romanesque de son cas». (R. Huyghe : Delacroix, pp. 182 et 527). En fait, Delacroix ne revint jamais sur sa décision : point de mariage. De toutes ces grâces divines qui l entouraient, qui le remplissaient de chagrin et de plaisir à la fois, il dit qu il ne les «possèdera jamais». La raison? «plusieurs de ces dames-là, dit-il, ont un amant dans toutes les classes possibles afin de connaître tous les genres de mérites» (J. II, p. 334), et parce qu il ne veut pas qu on lui dise qu on l aime et qu on ait en même temps des procédés pour un autre! (J. I, p. 34). Mais si Delacroix refuse l idée du mariage en bloc, et pour cause, cela ne veut nullement dire qu il est contre l idée en elle-même : «Une épouse qui est de votre mesure est le plus grand des biens. Je la préférerai supérieure à moi de tous points, plutôt que le contraire» (J. I, p.34). Mais le comble à son avis était qu on ne peut jamais être connu et senti tout entier Telle sera donc la souveraine plaie de sa vie, plaie qui mène, inévitablement, à la solitude du cœur. Si Delacroix a été, théoriquement, jusqu'à préférer sa compagne «supérieure» à lui, cela ne l empêchera pas de dire que «Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari». Non pas à cause de sa nature conservatrice, mais surtout pour «ces femmes qui se croient en droit de faire ce qu elles veulent, qui ne s occupent que de plaisir et de toilette, qui ont trop d autorité, et pour qui l adultère, qui dans le code civil est un mot immense, n est par le fait qu une galanterie, une affaire de bal masqué». (Supplément du J. III, pp ). Ne voulant donc subir aucune contrainte : soit celle des «impérieuses lois d une femme acariâtre», soit celle des «caprices d une coquette» car «elles vous quittent ou meurent au moment où elles pourraient vous rendre le service de vous empêcher d être seul» (J.I, p.34), Delacroix semble opter pour l attitude de la fille 14

15 de Danglar» (Dumas, Monte-Cristo, cité in J. III, P. 248) : «Je ne vois pas pourquoi j irai embarrasser ma vie d un éternel compagnon, dans le naufrage de la vie, car la vie est le naufrage éternel de nos espérances. Je jette à la mer mon bagage inutile, voilà tout, et je reste avec ma volonté, disposé à vivre parfaitement seul et par conséquent parfaitement libre». Telle fut l idée de Delacroix concernant le mariage, mais cela ne veut point dire qu il soit arrivé à extirper ses propres sentiments envers la femme, à l abolir moralement et physiquement de sa vie ou à réduire ses aventures à de simples liaisons ancillaires comme le pensa Lassalle-Bordes, son élève. Delacroix adorait la femme. La beauté de son corps, «ce poème admirable», disait-il, l enivrait et il gardait longtemps l impression de la netteté du teint, de la pureté des formes, de ce tendu de la peau qui n appartient qu à une vierge (J.I, p.44). Il tenait son cœur à deux mains en la présence d une femme, surtout si elle avait une grande toilette qui montre ses bras et ses épaules (J.II, p.297). Il a même été jusqu'à rêver d avoir près de lui un moulage de la main bien-aimée de Mme de Forget! Ce rêve devait devenir une gracieuse réalité, dit R. Escholier (In Delacroix et sa consolatrice, p. 138), car «Consuelo» fit mouler sa main et donna le moulage à Delacroix. Et enfin, Delacroix avoue, tout comme Casanova, qu il a «aimé les femmes à la folie, mais leur a toujours préféré la liberté» (J.III, p 73). Aussi avide de chaleur humaine, la lutte entre ses instincts et ses principes était «magnanime» car ses «résolutions s évanouissaient toujours en présence de l action» (J.I, p. 112). Ne pouvant donc assourdir sa sensualité ni continuer la fuite Socratienne, Delacroix s ajoute un nouveau principe : Jouir! Jouir de ce qui est dans ses mains sans se compromettre! En effet, dès lors, la femme mouvra librement dans sa vie, mais dans le cercle qu il lui a tracé et jusqu'à ses barrières infranchissables Admirant et agissant à la Casanova, le peindre ira jusqu'à la trahison : en pleine liaison avec Mme Dalton, il arrange une escapade jusqu'à Bruxelles avec Elisa Boulanger, tout en chargeant un de ses amis de lui porter des lettres, écrites à l avance, afin qu elle ne se rendre pas compte de son absence! Dans les bras de Mme de Forget, il pense à George Sand et lui envoie le billet suivant : «J ai la douleur de ne pas être libre ce soir. Je suis pris et même enlacé, ce qui ne dit 15

16 pourtant pas que je m amuserais plus qu avec vous car je vous préfère et vous préférerait à tout» (Ph. Jullian, in Delacroix, p. 164). Et les figures féminines seront comptées au nombre de cent et trois dans la carrière amoureuse du peintre-casanova : «Patriciennes et plébéienne, grande dames et petites femmes, bourgeoises et princesses, danseuses et baronnes, basbleus, artistes et notairesses, brûlantes vertus et froides, coquettes, grisettes, lorettes, filles des rues et filles cloitrées, parisiennes et provinciales, anglaise, russes, polonaises, grecques, mauresques et espagnoles, toutes les formes et les formats, les couleurs et les odeurs, les fraîches moelleuses et les consumées, les belles, les pires et même les laides mais qui ont ce quelque chose cosa di femmina! (Y. de Florenne : les plus belles pages de Delacroix, p. 16 de la préface). Aussi ample que puisse apparaitre cette orgie sardanapalesque, la femme garda toujours le second rang après «l unique maîtresse» : la Peinture. Si Delacroix a connu cent et trois femmes, il en a peint mille et trois (Y. de Florenne, idem. page 292 de la préface). Si le comportement de Delacroix avec la femme mène à quelque équivoque, on peut dire qu il ne manquait pas de scrupule ou de galanterie. Malgré «leur avachissement» dit-il, il avait «du respect pour les femmes» (J.I, p.12) et gardait en lui-même l image de l idéale compagne : Outre la régularité des traits ou le charme, mot qui dit tout, «elle doit être franche, comme font deux hommes ensemble, et pouvoir bien parler de tout sans sentir la pédante». C est à dire une parfaite harmonie entre le corps et l âme Contrairement à la compagnie des hommes, la société féminine a toujours eu un charme infini dans la vie du maitre : L œil de la femme, à son avis, pénètre mieux le génie de l artiste L Amitié, Seul lien Estimable * * * Pour Delacroix, les hommes sont distinctement divisés en deux catégories : «Une horde de créatures hideuses, des tigres et des loups animés les uns contre les autres pour s entredétruire, des masques et des griffes acérés prêtes à s enfoncer 16

17 dans votre cœur» et des «natures nobles et généreuses», de «rares mortels qui ne semblent laissés à la terre que pour témoigner du fableaux âge d or» (J.II, p.10). Le grand homme sera le «Prophète» qui voit, le «Phare» qui éclaire ce que le vulgaire ne voit pas. Ce sera cet heureux mortel qui unit le génie, l esprit, la finesse et la simplicité à la raison et au sens (J.I, p. 22). Mais l homme «exceptionnel» sera celui qui pourra réunir ces deux facultés maitresses : l imagination et la raison. Car, adoptant pieusement le critère du grand siècle, le peintre trouvait que c est l esprit qui fait l homme. Mais cette grandeur de l être humain n empêchait pas Delacroix de mettre le doigt sur l énigme éternelle de l homme et son promoteur principal : La Contradiction. «Nous sommes nous-même plein de contradictions, de fluctuations, de mouvements en sens divers» (J.II, p.213). En saisissant cette réalité qui semble si simple, Delacroix pointe le nœud du mécanisme humain. Si l on avait déjà dit que l homme est un petit monde, le peintre va jusqu'à trouver que «non seulement il est dans son unité un tout complet», mais que chaque partie en lui est «une espèce d unité complète» (J.II, p.227), telle une branche détachée d un arbre et qui représente les conditions de l arbre tout entier. Mais cette «unité complète» qu est l homme n est pas détachée du monde qui l entoure. Delacroix prend soin de noter la dialectique qu il découvre entre l homme et la nature : «l homme domine la nature et en est dominé. Il est le seul qui non seulement lui résiste mais en surmonte les lois, et qui étanche son empire par sa volonté et son activité» (J.II, p.273). Même son éducation sera le fruit de cette réciprocité, ce sera une «Culture de l âme et de l esprit par l effet de soins et par celui des circonstances extérieures» (J. II, p.38). L homme n est donc pas une créature ballottée par les vagues du hasard, contrainte à subir les lois du destin ou jetée à sa merci, mais une force d égale valeur, une force qui jouit d une volonté formidable, surtout si elle est munie de concentration : «J ai toujours cru que lorsqu un homme se met dans la tête de venir à bout de quelque chose et qu il ne s occupe que de son dessein, il doit y parvenir malgré toutes les difficultés» (J.III, p. 80). Mais hélas, tel n est pas le sort de tous les mortels : la plupart des hommes meurent sans avoir pensé, et encore, ce qui est pire pour Delacroix, se contentent de la surface des choses, errent dans la vie sans éprouver «cet appétit de la nature, 17

18 cette fraîcheur d impressions» (J.II, p. 474 ), ne sont pas pénétrés par cette poésie en action Quand à ces «coquins», à ces «âmes de valets sous des enveloppes brodées» (J.II, p. 145 ), à tous ces «imbéciles» qui n ont qu un «sentiment commun qui les animes, celui de se pousser et de passer sur le corps de son voisin» (J.II, p. 367), qui ne causent que de «choses insipides» ou «baillent solitairement au milieu de la cohue quand ils ne trouvent personne à ennuyer» (J.II, p. 313), ce n étaient qu un troupeau à quatre pattes, un troupeau fallacieux qui causait un sentiment d amertume et de mépris de soi-même si jamais le peintre s y «confondait» avec lui! Tous ces gens n étaient pas sans porter un masque, et surtout, un masque hilare de contentement et de satisfaction de soi. Intrigué, mais jamais dupe de ces natures, que de fois Delacroix n a-t-il pas «désiré lire dans les cœurs, uniquement pour savoir ce que contenaient de bonheur ces visages satisfaits» (J.II, p. 231). Plongeant dans leur gouffre infini, Delacroix trouve non seulement qu ils n étaient pas aussi heureux qu ils le paraissaient, mais s accorde avec Senancour (In Oberman, lettre 87) pour dire qu «ils voilent tous leurs peines, ils élèvent leurs fausses joies, ils s agitent pour les faire briller à ces yeux jaloux toujours ouverts sur autrui, ils se placent dans le point de vue favorable afin que cette larme qui reste dans leur œil lui donne un éclat apparent et soit enviée de loin comme l expression du plaisir. La vanité sociale est de paraître heureux». Bien qu il fut profondément instruit sur la nature humaine, toutes ces anomalies n empêchèrent pas Delacroix d être humainement pionnier de voir le fond des choses, de porter secours à autrui et, surtout, d être «la trompette de ceux qui feront de grandes choses» (J.I, p.17). L homme, ce beau poème dont «nul n a sondé le fond de ses abimes», comme disait Baudelaire, ne reste-t-il pas quand même ce qu il y a de plus précieux sur terre? Ainsi évalué, l homme sera attaché à Delacroix par un seul lien, par le sentiment le plus précieux entre tous : l Amitié. En effet, Delacroix «pratiqua l amitié comme un culte passionné» (H. Gillot : Delacroix, p. 3). Elle occupa dans sa vie «une place peut-être plus importante que l amour» (Ph. Jullian : Delacroix, p.17). Les Sages de l Antiquité ne mettaient-ils pas au premier rang des biens l inestimable trésor d une amitié pure? «Sans amitié, dit un jour Delacroix à Mme 18

19 Babut, son élève, la vie la plus heureuse en apparence doit être fort dure à supporter» (C.G. p.160). Insupportable. Tel serait le monde, sans amitié, pour un être comme Delacroix qui doit épancher et communiquer tout ce qu il éprouve à un ami Bien qu elle soit rare, la «grande amitié est comme le grand génie». C est un «dépôt fragile que peu de chose peut ternir ce miroir où deux têtes se réfléchissent ensemble» (C.G., p. 111). Joubin le dit justement dans la préface de la Correspondance générale, que «jamais le génie de Delacroix n intervint pour arquer les distances, et la plus éclatante carrière ne le sépara point de ses chers compagnons». N avouait-il pas à Pierret : «je ne suis tout à fait heureux que lorsque je suis avec un ami»? Les heures qu il doit passer avec lui sont les seules qui demeurent dans sa mémoire Et le peintre murmure évasivement : «L amitié c est la seule chose qu on regrette toujours, quelque part qu on la laisse» (C.G., p.35). C est surtout à ses vieilles amitiés que Delacroix restait attaché, attendri et sentant leur nécessité, car les nouvelles étaient, à son avis, «des arbres mal plantés que le premier souffle déracine» (C.G., p. 294). Mais le Temps ne manqua pas de passer son souffle sur les amitiés delacruciennes! Désormais, Delacroix vieillissant, rentre de ses réunions d amis avec cette triste impression qu il est «isolé» «Il y a une infinité de chose qu ils ne me pardonnent point, et en première ligne les avantages que le hasard me donne sur eux», note-t-il le 2 Mai 1853 (J.II, p. 34). Que de glace! Quelques exceptions à part, il ne lui restait dans cette société qu un cortège de mort * * * Maladie du Siècle et Dandysme Delacrucien Si les contemporains de Delacroix le qualifiaient de «Fauve», cela ne veut point dire qu il vivait à l écart. Bien au contraire, c était une des élites de la société, et c est en dandy qu il se pavanait dans le monde. Le dandysme qui était «une des maladies de l époque, un autre mal du siècle, comme dit Cassou (in Delacroix, p.2), n était pas une attitude extérieure seulement 19

20 comme l explique Ferrand (in l Esthétique de Baudelaire, p. 50) : «En morale, ditil, il s apparente au stoïcisme. Socialement, il forme une caste aristocratique qui répugne aux vulgarités du commun. Dans la vie esthétique, le dandy est un artiste jaloux de perfection». Mais Baudelaire précise que le dandy doit aspirer à être sublime sans interruption ; il doit vivre et dormir devant un miroir». (Mon cœur mis à nu, Œ. C. p. 1273). Et Delacroix n aspirait au sublime qu à travers un seul «miroir» : la peinture. Si jamais elle lui causait des difficultés ou des peines, de n importe quel ordre, c était stoïquement qu il supportait ses douleurs. Disciple typique de Talleyrand, il n était pas assez simple pour descendre à l arène avec les gens qui l attaquent. Par contre, avide de perfection, il savait que «tout le bien est dans la concentration, tout le mal dans la dispersion». Il appliquait saintement cet axiome En réalité, rien au monde n arrive à le faire dévier de sa route. De là, Ph. Jullian peut justement dire que «le dandysme de Delacroix est en effet moins un entrainement de la mode qu une décision» (in Delacroix, p. 91). N avait-il pas décidé une «parfaite maîtrise de soi-même»? (R. Huyghe : L Esthétique de L Individualisme, p.18), une maîtrise conçue sous sa plus haute forme humaine, sociale et artistique? Décision qui nécessite une parfaite culture, et celle de Delacroix fut quasi-universelle ; une parfaite apparence, et Delacroix s en rapportait à Félix Feuillet de Couches, chef du bureau du protocole au ministère des Affaires étrangères, en matière de mode vestimentaire (Cf. lettre du in C.G., p. 436 et autres) ; un parfait comportement, et Delacroix était reçu dans tous les Salons : «il a fréquenté, dit Joubin dans l introduction de la C. G., p.7, «tout ce que Paris comptait de personnalités. Gens de monde, artistes, écrivains, critiques d art et journalistes, personnages officiels à la cour, dans les ministères et les bureaux», dans le but d un parfait dévouement à son art, domaine qui n atteint jamais la perfection, comme il l a souvent répété Né dans un milieu conservateur, d une éducation purement classique, Delacroix penchait naturellement vers tout ce qui est raffiné, vers tout ce qui a de la tenue. S il avait une inclinaison quelconque pour un certain clan, cela ne l empêchait pas de répartir la société et de voir les revers de chaque classe. Penchant vers l aristocratie, le peintre n accusait pas moins son faste artificiel, ses «pompes de 20 domestiques» et «toute cette multitude de ressorts qui compliquent l existence au lieu de la servir».tout cela l exaspérait. Mais c est surtout contre cette nouvelle classe ascendante que Delacroix adressait sa critique la plus acérée. En effet, cette 20

Les 100 plus belles façons. François Gagol

Les 100 plus belles façons. François Gagol Les 100 plus belles façons d'aimer François Gagol Les 100 plus belles façons d Aimer François Gagol François Gagol, 2003. Toute reproduction ou publication, même partielle, de cet ouvrage est interdite

Plus en détail

Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare.

Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare. Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare. Je venais d arriver à Hanovre par le train de onze heures. À Düsseldorf j avais passé plus de trois semaines chez un homme de quarante

Plus en détail

LA MAISON DE POUPEE DE PETRONELLA DUNOIS

LA MAISON DE POUPEE DE PETRONELLA DUNOIS LA MAISON DE POUPEE DE PETRONELLA DUNOIS Je suis une poupée dans une maison de poupée. Un jour j ai quitté mari et enfants, pourquoi? je ne sais plus très bien. À peine le portail s était-il refermé derrière

Plus en détail

El Tres de Mayo, GOYA

El Tres de Mayo, GOYA Art du visuel / «Arts, ruptures, continuités» Problématique : «Comment l expression du sentiment surgit-elle dans l art au XIX è siècle?» El Tres de Mayo, GOYA Le Tres de Mayo, Francisco Goya, huile sur

Plus en détail

Que chaque instant de cette journée contribue à faire régner la joie dans ton coeur

Que chaque instant de cette journée contribue à faire régner la joie dans ton coeur Que chaque instant de cette journée contribue à faire régner la joie dans ton coeur Des souhaits pour une vie des plus prospères et tous les voeux nécessaires pour des saisons extraordinaires! Meilleurs

Plus en détail

Un autre signe est de blâmer «une colère ouverte qui débute par le mot TU».

Un autre signe est de blâmer «une colère ouverte qui débute par le mot TU». Le besoin de contrôler Le comportement compulsif de tout vouloir contrôler n est pas mauvais ou honteux, c est souvent un besoin d avoir plus de pouvoir. Il s agit aussi d un signe de détresse; les choses

Plus en détail

COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION

COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION Stephen Wang COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION Mariage, sacerdoce, vie consacrée, diaconat permanent, célibat «Petits Traités Spirituels» Série III «Bonheur chrétien» éditions des Béatitudes Ava n t-p r o

Plus en détail

Méthodologie du dossier. Epreuve d histoire de l art

Méthodologie du dossier. Epreuve d histoire de l art Méthodologie du dossier Epreuve d histoire de l art Fiche d identité de l oeuvre Nature de l oeuvre : Huile sur toile Auteur Eugène Delacroix (1798-1863) Titre : La liberté guidant le peuple : le 28 juillet

Plus en détail

Nom : Prénom : Date :

Nom : Prénom : Date : J observe le livre dans son ensemble, je le feuillette et je réponds aux 1) Je complète la carte d identité du livre. Titre du livre Nom de l auteur Nom de l illustrateur Editeur Collection Genre 2) Qui

Plus en détail

Que fait l Église pour le monde?

Que fait l Église pour le monde? Leçon 7 Que fait l Église pour le monde? Dans notre dernière leçon, nous avons vu que les croyants ont des responsabilités vis-à-vis des autres croyants. Tous font partie de la famille de Dieu. Les chrétiens

Plus en détail

La fleur du soleil : Activité : 1O e. 2O e. 3O e. 4O e. 6O e. 5O e

La fleur du soleil : Activité : 1O e. 2O e. 3O e. 4O e. 6O e. 5O e 1O e 2O e 3O e La fleur du soleil : 4O e 5O e 6O e Originaire du Pérou et introduite en Europe à la fin du 17e siècle, le tournesol est une plante qui porte merveilleusement son nom puisqu elle se tourne

Plus en détail

DOSSIER DE PRESSE. PENTA Editions Des livres qui résonnent

DOSSIER DE PRESSE. PENTA Editions Des livres qui résonnent DOSSIER DE PRESSE En couverture : Ludwig van Beethoven, impression couleur d après une peinture de Johann Baptist Reiter Beethoven-Haus Bonn Partie de violon de quatuor à cordes op. 135 de Ludwig van Beethoven,

Plus en détail

«Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23.

«Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23. «Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23. Pour faire suite au récit des disciples sur le chemin d Emmaüs et pour

Plus en détail

- Je m appelle le Docteur - Docteur qui? - Juste le Docteur. Biographe

- Je m appelle le Docteur - Docteur qui? - Juste le Docteur. Biographe - Je m appelle le Docteur - Docteur qui? - Juste le Docteur Biographe Le Docteur une personne énigmatique à bien des égards. Peu de personne ont pu le voir, l approcher ou même voyager avec lui. Et s il

Plus en détail

Origines possibles et solutions

Origines possibles et solutions Ne plus avoir peur de vieillir «Prends soin de ton corps comme si tu allais vivre éternellement, Prends soin de ton âme comme si tu allais mourir demain.» Introduction Ce petit document est la résultante

Plus en détail

Sommaire DITES-MOI UN PEU

Sommaire DITES-MOI UN PEU 168 Sommaire L amour....................................page 5 Les superstitions...............................page 13 La gastronomie...............................page 23 L argent....................................page

Plus en détail

contes licencieux des provinces de france

contes licencieux des provinces de france Jean Quatorze-Coups Tout près d ici, vivait il y a déjà longtemps une veuve dont le fils était chasse-marée, autrement dit, domestique dans un moulin. Jean c était le nom du jeune homme avait vingt-quatre

Plus en détail

Vers toi Tim Project 2007

Vers toi Tim Project 2007 Vers toi Tu me sondes et me connaît, Tu sais tout de moi, non rien ne t est caché Chaque jour tu éclaires ma vie Tu gardes mes pas, tu me conduis Je veux te louer C est vers toi que je me tourne, Tu m

Plus en détail

Quelques exemples de croyants célibataires

Quelques exemples de croyants célibataires Périodique de matière biblique pour les jeunes - Août 2013 - Numéro 16 Quelques exemples de croyants célibataires La situation du chrétien En 1 Corinthiens 7, Paul aborde le sujet du chrétien célibataire.

Plus en détail

Chapitre 2 LE CAS PRATIQUE

Chapitre 2 LE CAS PRATIQUE Chapitre 2 LE CAS PRATIQUE Demande de conseil. Le cas pratique est un exercice juridique qui, à l instar d une personne se trouvant en situation de litige avec autrui, demande conseil. C est un exercice

Plus en détail

22 Nous Reconnaissons la force du pardon

22 Nous Reconnaissons la force du pardon 22 Nous Reconnaissons la force du pardon 23 Par le rite pénitentiel, les chrétiens se tournent vers Dieu pour lui demander son pardon. Dieu nous reçoit tels que nous sommes et nous pardonne pour que nous

Plus en détail

J'aime les fossettes qui creusent votre joue et aussi les petites imperfections autour de votre bouche Je me sens bien en votre compagnie

J'aime les fossettes qui creusent votre joue et aussi les petites imperfections autour de votre bouche Je me sens bien en votre compagnie Je suis contente de vous voir ici Vous êtes beaux Vous me faîtes du bien Vous avez la FORCE vous êtes distingué Vous m accueillez avec bienveillance Vous êtes souriants Votre présence est merveilleuse

Plus en détail

Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences

Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences Cette révélation est donnée en français à Sulema, une femme née en 1954 au Salvador. Depuis plus de 30 ans, elle vit au Canada avec

Plus en détail

André Vanasse. romancier, essayiste, critique. Ses romans se présentent sous le même signe de la

André Vanasse. romancier, essayiste, critique. Ses romans se présentent sous le même signe de la André Vanasse Naïm Kattan André Vanasse est un homme multiple. Ecrivain, professeur, éditeur, directeur de revue. Toutes ses activités sont, certes, consacrées à la littérature. Ecrivain, il est romancier,

Plus en détail

La rue. > La feuille de l élève disponible à la fin de ce document

La rue. > La feuille de l élève disponible à la fin de ce document La rue Grandir, qu est-ce que cela signifie vraiment? Un jeune qui a vécu isolé dans les rues de Paris témoigne. Cette fiche pédagogique propose de découvrir une réalité peu connue de la France d aujourd

Plus en détail

«Longtemps, j ai pris ma plume pour une épée : à présent, je connais notre impuissance.»

«Longtemps, j ai pris ma plume pour une épée : à présent, je connais notre impuissance.» Métonymie : image désuète de l instrument servant à écrire. Représentation traditionnelle et glorieuse du travail de l écrivain. Allusion à une époque révolue. Idée de durée, de permanence. edoublée dans

Plus en détail

Lorsqu une personne chère vit avec la SLA. Guide à l intention des enfants

Lorsqu une personne chère vit avec la SLA. Guide à l intention des enfants Lorsqu une personne chère vit avec la SLA Guide à l intention des enfants 2 SLA Société canadienne de la SLA 3000, avenue Steeles Est, bureau 200, Markham, Ontario L3R 4T9 Sans frais : 1-800-267-4257 Téléphone

Plus en détail

Titre : «Ce n est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne des vieilles pommes» (Félix Leclerc)

Titre : «Ce n est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne des vieilles pommes» (Félix Leclerc) Pâques 5 (B) : 6 mai 2012 Cinquième Dimanche de Pâques : 6 mai 2012 Titre : «Ce n est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne des vieilles pommes» (Félix Leclerc) Référence Biblique : 1 ère

Plus en détail

De l idée au livre Expérience d un auteur, conseils d un éditeur

De l idée au livre Expérience d un auteur, conseils d un éditeur La Master Class de Grégoire Solotareff, auteur-illustrateur et responsable de la collection Salon du livre - mars 2015 De l idée au livre Expérience d un auteur, conseils d un éditeur Mon expérience d

Plus en détail

Liens entre la peinture et la poésie

Liens entre la peinture et la poésie Liens entre la peinture et la poésie Ophélie dans Hamlet Ophélie est un personnage fictif de la tragédie d Hamlet, une célèbre pièce de William Shakespeare. Elle partage une idylle romantique avec Hamlet

Plus en détail

Décembre 2012. Sylvie Louis. Biographie

Décembre 2012. Sylvie Louis. Biographie Décembre 2012 Biographie Sylvie Louis Sylvie Louis a toujours ADORÉ les livres, surtout ceux que ses parents lui racontaient, le soir, quand elle était toute petite. Ensuite, apprendre à lire a constitué

Plus en détail

La Joconde. (1503-1506, 0,77x 0,53 m) de Léonard de Vinci TEMPS MODERNES

La Joconde. (1503-1506, 0,77x 0,53 m) de Léonard de Vinci TEMPS MODERNES La Joconde (1503-1506, 0,77x 0,53 m) de Léonard de Vinci TEMPS MODERNES La Joconde de Léonard de Vinci est incontestablement le tableau le plus célèbre. Il est conservé au musée du Louvre à Paris et a

Plus en détail

Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi

Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi Estime de soi MOI Affirmation de soi AUTRES Confiance en soi ACTION Contexte Règles fondamentales de la communication 1) On ne peut pas décider, par

Plus en détail

L enfant sensible. Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et. d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est

L enfant sensible. Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et. d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est L enfant sensible Qu est-ce que la sensibilité? Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est de le surprotéger car il se

Plus en détail

Du même auteur. Le Combat contre mes dépendances, éditions Publibook, 2013

Du même auteur. Le Combat contre mes dépendances, éditions Publibook, 2013 Jalousie Du même auteur Le Combat contre mes dépendances, éditions Publibook, 2013 Dominique R. Michaud Jalousie Publibook Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com

Plus en détail

001_004_VIVRE.qxd 21/07/2008 15:35 Page 1 Vivre avec soi

001_004_VIVRE.qxd 21/07/2008 15:35 Page 1 Vivre avec soi Vivre avec soi Du même auteur aux Éditions J ai lu Papa, maman, écoutez-moi vraiment, J ai lu 7112 Apprivoiser la tendresse, J ai lu 7134 JACQUES SALOMÉ Vivre avec soi Chaque jour... la vie Les Éditions

Plus en détail

0:51 Au Moyen-Âge, les femmes prennent activement part aux métiers de l artisanat et du commerce. Elles ont obtenu une certaine indépendance.

0:51 Au Moyen-Âge, les femmes prennent activement part aux métiers de l artisanat et du commerce. Elles ont obtenu une certaine indépendance. 00:22 La ville au Moyen-Âge est un espace de liberté. Celui qui possède le droit du citoyen, a la possibilité d accéder à la prospérité par le travail et l intelligence. Cela vaut aussi pour les femmes,

Plus en détail

Remise du prix La Tribune du Stratège de l'année 2003 à René Carron Discours d Alain Lambert, ministre délégué au Budget et à la Réforme budgétaire,

Remise du prix La Tribune du Stratège de l'année 2003 à René Carron Discours d Alain Lambert, ministre délégué au Budget et à la Réforme budgétaire, Remise du prix La Tribune du Stratège de l'année 2003 à René Carron Discours d Alain Lambert, ministre délégué au Budget et à la Réforme budgétaire, Paris, le Grand Véfour, mardi 3 février 2004 Messieurs

Plus en détail

Manque de reconnaissance. Manque de contrôle

Manque de reconnaissance. Manque de contrôle CONTRE-VALEURS 7 octobre 2014 Les contre-valeurs représentent ce que l on cherche à fuir. Elles nous motivent négativement en ce sens où elles incarnent des situations que nous évitons ou que nous cherchons

Plus en détail

Ne vas pas en enfer!

Ne vas pas en enfer! Ne vas pas en enfer! Une artiste de Corée du Sud emmenée en enfer www.divinerevelations.info/pit En 2009, une jeune artiste de Corée du Sud qui participait à une nuit de prière a été visitée par JésusChrist.

Plus en détail

Séance 5 : La peinture au temps de Maupassant

Séance 5 : La peinture au temps de Maupassant CHAPITRE 1 : QUE DISENT LES NOUVELLES? Séance 5 : La peinture au temps de Maupassant Du réalisme à l impressionnisme Document 1. Léon-Matthieu Cochereau, Intérieur de l atelier de David au collège des

Plus en détail

Attirez-vous les Manipulateurs? 5 Indices

Attirez-vous les Manipulateurs? 5 Indices Attirez-vous les Manipulateurs? Claire Parent 1 Attirez-vous les Manipulateurs? Claire Parent Mini livre gratuit Sherpa Consult Bruxelles, Mai 2012 Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction

Plus en détail

A vertissement de l auteur

A vertissement de l auteur A vertissement de l auteur Attention, ce livre n est pas à mettre entre toutes mains ; il est strictement déconseillé aux parents sensibles. Merci à Madame Jeanne Van den Brouck 1 qui m a donné l idée

Plus en détail

Encourager les comportements éthiques en ligne

Encourager les comportements éthiques en ligne LEÇON Années scolaire : 7 e à 9 e année, 1 re à 3 e secondaire Auteur : Durée : HabiloMédias 2 à 3 heures Encourager les comportements éthiques en ligne Cette leçon fait partie de Utiliser, comprendre

Plus en détail

Paroisses réformées de la Prévôté - Tramelan. Album de baptême

Paroisses réformées de la Prévôté - Tramelan. Album de baptême Paroisses réformées de la Prévôté - Tramelan Album de baptême L'album de mon baptême Cet album est celui de:... Né(e) le:... à:... 1 Quoi de neuf? Il est tout petit, mais... il a déjà sa personnalité,

Plus en détail

L Illusion comique. De Corneille. L œuvre à l examen oral. Par Alain Migé. Petits Classiques Larousse -1- L Illusion comique de Corneille

L Illusion comique. De Corneille. L œuvre à l examen oral. Par Alain Migé. Petits Classiques Larousse -1- L Illusion comique de Corneille L Illusion comique De Corneille L œuvre à l examen oral Par Alain Migé Petits Classiques Larousse -1- L Illusion comique de Corneille PREMIÈRE QUESTION : L ÊTRE ET LE PARAÎTRE Le titre même de L illusion

Plus en détail

5 clés pour plus de confiance en soi

5 clés pour plus de confiance en soi ASSOCIATION JEUNESSE ET ENTREPRISES Club SEINE-ET- MARNE 5 clés pour plus de confiance en soi Extrait du guide : «Vie Explosive, Devenez l acteur de votre vie» de Charles Hutin Contact : Monsieur Jackie

Plus en détail

«Pour moi,» dit le léopard, «je prétends être couronné, car je ressemble plus au lion que tous les autres prétendants.»

«Pour moi,» dit le léopard, «je prétends être couronné, car je ressemble plus au lion que tous les autres prétendants.» Compréhension de lecture Andrée Otte Le choix d un nouveau roi des animaux Fénelon Le lion étant mort, tous les animaux accoururent dans son antre pour consoler la lionne sa veuve, qui faisait retentir

Plus en détail

UN AN EN PROVENCE. ČECHOVÁ Veronika

UN AN EN PROVENCE. ČECHOVÁ Veronika UN AN EN PROVENCE ČECHOVÁ Veronika Depuis mon enfance, j ai eu un grand rêve. De partir en France et d apprendre la plus belle langue du monde. Grâce à ma professeur de français, Mme Drážďanská, qui m

Plus en détail

Souvenir de la nuit du 4 1

Souvenir de la nuit du 4 1 SUJET COMPLET NOUVEAU BREVET 2 : SOUVENIR DE LA NUIT DU 4 1 / 5 Souvenir de la nuit du 4 1 Conforme aux nouvelles dispositions de l épreuve du nouveau brevet des collèges [...] Est-ce que ce n est pas

Plus en détail

Lecture analytique 2 Victor Hugo, «Un jour Je vis...», Poème liminaire des Comtemplations, 1856

Lecture analytique 2 Victor Hugo, «Un jour Je vis...», Poème liminaire des Comtemplations, 1856 Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants, Passer, gonflant ses voiles, Un rapide navire enveloppé de vents, De vagues et d'étoiles ; Et j'entendis, penché sur l'abîme des cieux, Que l'autre abîme

Plus en détail

Activités autour du roman

Activités autour du roman Activité pédagogique autour du roman Un chien différent, de Laura Cousineau ISBN 978-2-922976-13-7 ( 2009, Joey Cornu Éditeur) Téléchargeable dans la rubrique Coin des profs sur 1 Activités

Plus en détail

La promotion de la pluralité linguistique dans l usage des nouvelles technologies de l information et de la communication

La promotion de la pluralité linguistique dans l usage des nouvelles technologies de l information et de la communication Intervention de M. Khamsing Sayakone, Président de la section Lao de l APF à la 32 ème session de l APF (30juin-3 juillet 2006, Rabat, Maroc) (31 La promotion de la pluralité linguistique dans l usage

Plus en détail

Marie Lébely. Le large dans les poubelles

Marie Lébely. Le large dans les poubelles Marie Lébely Le large dans les poubelles Prologue «La vitesse de conduction des fibres postganglionnaires est-elle du même ordre que celle des fibres nerveuses motrices du système nerveux somatique?» C

Plus en détail

Oficina d Accés a la Universitat Pàgina 1 de 6 PAU 2015 Criteris de correcció ALERTE AUX «BIG MOTHERS»

Oficina d Accés a la Universitat Pàgina 1 de 6 PAU 2015 Criteris de correcció ALERTE AUX «BIG MOTHERS» Oficina d Accés a la Universitat Pàgina 1 de 6 SÈRIE 2 Comprensió escrita ALERTE AUX «BIG MOTHERS» 1. Oui, leur utilisation augmente progressivement. 2. Pour savoir si sa fille est rentrée à l heure prévue.

Plus en détail

Poèmes. Même si tu perds, persévère. Par Maude-Lanui Baillargeon 2 e secondaire. Même si tu perds Tu n es pas un perdant pour autant Persévère

Poèmes. Même si tu perds, persévère. Par Maude-Lanui Baillargeon 2 e secondaire. Même si tu perds Tu n es pas un perdant pour autant Persévère Poèmes École : Polyvalente de Normandin Commission scolaire : Du Pays des Bleuets Même si tu perds, persévère Par Maude-Lanui Baillargeon Même si tu perds Tu n es pas un perdant pour autant Persévère Ne

Plus en détail

Rencontre avec Younil par Bouba Tabti-Mohammedi

Rencontre avec Younil par Bouba Tabti-Mohammedi NOUVEAUTÉ Entretien Rencontre avec Younil par Bouba Tabti-Mohammedi Younil, L œil du chacal. Alger : Éditions Barzakh, 2000. Nous avons rencontré à Alger, où elle est née en 1965, où elle est allée à l

Plus en détail

VIVRE LA COULEUR DOSSIER PÉDAGOGIQUE. Musée des beaux-arts de Brest

VIVRE LA COULEUR DOSSIER PÉDAGOGIQUE. Musée des beaux-arts de Brest VIVRE LA COULEUR DOSSIER PÉDAGOGIQUE Musée des beaux-arts de Brest 1 Les objectifs : - Comment percevons-nous les couleurs? Quel rôle joue le cerveau? - Comprendre les choix et les procédés de création

Plus en détail

Visita ad limina Apostolorum dei Presuli della Conferenza Episcopale del Benin

Visita ad limina Apostolorum dei Presuli della Conferenza Episcopale del Benin N. 0311 Lunedì 27.04.2015 Visita ad limina Apostolorum dei Presuli della Conferenza Episcopale del Benin Il Santo Padre Francesco ha ricevuto questa mattina in Udienza i Vescovi della Conferenza Episcopale

Plus en détail

CLASSE : : : ; : : : : LA LIBERTE GUIDANT LE PEUPLE EUGENE DELACROIX

CLASSE : : : ; : : : : LA LIBERTE GUIDANT LE PEUPLE EUGENE DELACROIX HISTOIRE DES ARTS CLASSE : 4 ème Période historique : XIXème siècle Moment choisi : le retour à la monarchie ; les Trois Glorieuses Thématique : Arts, Etats et pouvoir (œuvre engagée) Sujet : Comment un

Plus en détail

Une association à un seul membre? Est-on vraiment sérieux?

Une association à un seul membre? Est-on vraiment sérieux? Une association à un seul membre? Est-on vraiment sérieux? Synthèse L identité d un régime juridique découle des caractéristiques du sujet qu il couvre et non du seul fait que l entité ait la personnalité

Plus en détail

«Qu est-ce qui fait courir les gens aisés?» Aspirations, valeurs et styles de vie Etude HSBC Premier / CSA

«Qu est-ce qui fait courir les gens aisés?» Aspirations, valeurs et styles de vie Etude HSBC Premier / CSA «Qu est-ce qui fait courir les gens aisés?» Aspirations, valeurs et styles de vie Etude HSBC Premier / CSA Une enquête online auprès de 507 Françaises et Français détenant plus de 75000 euros d avoirs

Plus en détail

Les sculptures égarées de Jean-Pierre Duprey : épaves terrestres et trésors

Les sculptures égarées de Jean-Pierre Duprey : épaves terrestres et trésors Bruno Pompili Les sculptures égarées de Jean-Pierre Duprey : épaves terrestres et trésors Nous avions cru que c était vrai, et que les sculptures de Jean-Pierre Duprey étaient définitivement perdues. Un

Plus en détail

Blessure : LA TRAHISON - Masque : de contrôlant Structure de caractère : Psychopathe

Blessure : LA TRAHISON - Masque : de contrôlant Structure de caractère : Psychopathe Po/Gi Blessure : LA TRAHISON - Masque : de contrôlant Structure de caractère : Psychopathe 1. Trahison Cesser d être fidèle à quelqu un ou à une cause ; livrer quelqu un. 2. Réveil de la blessure Entre

Plus en détail

Lola. Texte de Sylvie Lavoie et d Éric Lemoine İllustrations de Sonia Hivert Mise en page réalisée par Cloé Perrotin. www.majuscrit.

Lola. Texte de Sylvie Lavoie et d Éric Lemoine İllustrations de Sonia Hivert Mise en page réalisée par Cloé Perrotin. www.majuscrit. Lola Texte de Sylvie Lavoie et d Éric Lemoine İllustrations de Sonia Hivert Mise en page réalisée par Cloé Perrotin www.majuscrit.fr www.majuscrit.fr Marcus Papa Texte de Sylvie Lavoie et d Éric Lemoine

Plus en détail

SOMMAIRE 2. LE «NOUVEAU MONDE INDUSTRIEL ET SOCIÉTAIRE» REPOSE SUR L ASSOCIATION CONCRÈTE DE TOUS LES INDIVIDUS

SOMMAIRE 2. LE «NOUVEAU MONDE INDUSTRIEL ET SOCIÉTAIRE» REPOSE SUR L ASSOCIATION CONCRÈTE DE TOUS LES INDIVIDUS Marxisme, socialisme utopique et Le nouveau monde industriel et sociétaire Fiche 36 CHARLES FOURIER Cet ouvrage, paru en 1845, est à l image de son auteur, en marge de la culture traditionnelle et du pouvoir.

Plus en détail

L ORDONNANCE DU 2 FEVRIER 1945. Exposé des motifs

L ORDONNANCE DU 2 FEVRIER 1945. Exposé des motifs L ORDONNANCE DU 2 FEVRIER 1945 Exposé des motifs Il est peu de problèmes aussi graves que ceux qui concernent la protection de l enfance, et parmi eux, ceux qui ont trait au sort de l enfance traduite

Plus en détail

Camus l a joliment formulé : le seul. introduction

Camus l a joliment formulé : le seul. introduction introduction Camus l a joliment formulé : le seul choix qui s offre à nous, aujourd hui, est d être soit un pessimiste qui rit, soit un optimiste qui pleure. L optimiste croit que tout va bien. Dans La

Plus en détail

III. Comprendre vos réactions. Exercice Comprendre les besoins humains fondamentaux

III. Comprendre vos réactions. Exercice Comprendre les besoins humains fondamentaux III. Comprendre vos réactions Exercice Comprendre les besoins humains fondamentaux Nous, les humains, avons plusieurs besoins essentiels et fondamentaux (Rosenberg, 2004). Nous ressentons des émotions

Plus en détail

Monsieur l Adjoint délégué à la Culture et à la Tauromachie,

Monsieur l Adjoint délégué à la Culture et à la Tauromachie, Prise de Parole de Monsieur Jean-Paul FOURNIER Sénateur du Gard - Maire de Nîmes - Président de Nîmes Métropole Inauguration d une plaque dans le cadre du 450 ème anniversaire de la création de l Eglise

Plus en détail

Recommandez Sunrise. Un partenaire de confiance.

Recommandez Sunrise. Un partenaire de confiance. Recommandez Sunrise Un partenaire de confiance. Soins de longue durée et soins pour personnes semi-autonomes Soins pour personnes souffrant de l Alzheimer ou éprouvant des troubles de la mémoire Soins

Plus en détail

Pour toutes les fois où nous étions trop occupés pour nous soucier des autres,

Pour toutes les fois où nous étions trop occupés pour nous soucier des autres, Prières de confession et assurance du pardon Pour toutes les fois où nous étions trop occupés pour nous soucier des autres, Pour toutes les fois où nous étions trop fatigués pour nous préoccuper de nos

Plus en détail

Guide. du citoyen. L état-civil ça nous protège et c est bon pour notre pays!

Guide. du citoyen. L état-civil ça nous protège et c est bon pour notre pays! Guide du citoyen L état-civil ça nous protège et c est bon pour notre pays! Sommaire p 4 p 5 p 8 p 12 p 16 p 20 p 24 p 28 Préambule Nos noms dans la République Les grands moments de l existence Acte de

Plus en détail

QUELQUES MOTS SUR L AUTEURE DANIELLE MALENFANT

QUELQUES MOTS SUR L AUTEURE DANIELLE MALENFANT Activité pédagogique autour du roman, de Danielle Malenfant ISBN 978-2-922976-38-0 ( 2013, Joey Cornu Éditeur) Téléchargeable dans la rubrique Coin des profs sur 1 Activités autour du roman RÉSUMÉ DU

Plus en détail

Questionnaire pour les enseignant(e)s

Questionnaire pour les enseignant(e)s info@educatout123.fr www.educatout123.fr +31 614303399 L enfant qui bouge beaucoup! C est un fait, un enfant bouge beaucoup, il a besoin de se dépenser. Il arrive même parfois qu on n arrive plus à tenir

Plus en détail

Choisir et décider ensemble

Choisir et décider ensemble Choisir et décider ensemble Catherine Ollivet Présidente de l'association France Alzheimer 93, coordinatrice du groupe de réflexion et de recherche "éthique et vieillesse", Espace éthique/ap-hp, membre

Plus en détail

PEUT- ON SE PASSER DE LA NOTION DE FINALITÉ?

PEUT- ON SE PASSER DE LA NOTION DE FINALITÉ? PEUT- ON SE PASSER DE LA NOTION DE FINALITÉ? à propos de : D Aristote à Darwin et retour. Essai sur quelques constantes de la biophilosophie. par Étienne GILSON Vrin (Essais d art et de philosophie), 1971.

Plus en détail

JE NE SUIS PAS PSYCHOTIQUE!

JE NE SUIS PAS PSYCHOTIQUE! rétablissement et psychose / Fiche 1 JE NE SUIS PAS PSYCHOTIQUE! JJérôme s énerve : «Je ne suis pas psychotique! Vous ne dites que des conneries! Je suis moi, Jérôme, et je ne vois pas le monde comme vous,

Plus en détail

Un écrivain dans la classe : pour quoi faire?

Un écrivain dans la classe : pour quoi faire? Un écrivain dans la classe : pour quoi faire? Entretien avec Philippe Meirieu réalisé pour l ARALD - Quel est votre sentiment sur la présence des écrivains dans les classes? Il me semble que ce n est pas

Plus en détail

L art contemporain du Sri Lanka à la fondation Mona Bismarck

L art contemporain du Sri Lanka à la fondation Mona Bismarck > Exposition L art contemporain du Sri Lanka à la fondation Mona Bismarck Entretien avec Chandra Rajakaruna de la fondation Mona Bismarck À l occasion des festivités organisées pour le 60 e anniversaire

Plus en détail

Subordonnée circonstancielle de cause, de conséquence et de but

Subordonnée circonstancielle de cause, de conséquence et de but DE MATÉRIEL CONSÉQUENCE POUR ET DE BUTALLOPHONES 1 Notion de phrase Subordonnée circonstancielle de cause, de conséquence et de but 1 LA SUBORDONNÉE CIRCONSTANCIELLE DE CAUSE La subordonnée circonstancielle

Plus en détail

Homélie Fête Patronale du séminaire Sainte Thérèse de l'enfant Jésus

Homélie Fête Patronale du séminaire Sainte Thérèse de l'enfant Jésus Homélie Fête Patronale du séminaire Sainte Thérèse de l'enfant Jésus Chers fidèles du Christ, Chers séminaristes, La fête de Sainte Thérèse de l Enfant Jésus, patronne de votre séminaire, permet chaque

Plus en détail

La vie de cour au château de Versailles avant la Révolution Française (1789)

La vie de cour au château de Versailles avant la Révolution Française (1789) La vie de cour au château de Versailles avant la Révolution Française (1789) Avant la Révolution*, la France est une monarchie avec à sa tête un monarque, le Roi de France. Lorsque Louis XIII décède en

Plus en détail

La satisfaction du client n entraîne pas forcément sa fidélité

La satisfaction du client n entraîne pas forcément sa fidélité I La satisfaction du client n entraîne pas forcément sa fidélité Si vous lisez ce livre et que vous êtes responsable d une entreprise, d un service qui s intéresse à la fidélité client, c est que vous

Plus en détail

Remise de l Ordre National du Mérite à M. David LASFARGUE (Résidence de France 7 novembre 2014) ----------

Remise de l Ordre National du Mérite à M. David LASFARGUE (Résidence de France 7 novembre 2014) ---------- Remise de l Ordre National du Mérite à M. David LASFARGUE (Résidence de France 7 novembre 2014) ---------- Cher David Lasfargue, Mesdames, Messieurs, C est toujours un honneur et un plaisir pour un Ambassadeur

Plus en détail

Trait et ligne. La ligne avance, Elle indique une direction, Elle déroule une histoire, Le haut ou le bas, la gauche et la droite Une évolution.

Trait et ligne. La ligne avance, Elle indique une direction, Elle déroule une histoire, Le haut ou le bas, la gauche et la droite Une évolution. Trait et ligne I La ligne me fascine. Le trait qui relie ou qui sépare Qui déchire le néant et marque une trace Qui me fait entrer dans l univers des signes. La ligne avance, Elle indique une direction,

Plus en détail

Les jeunes (12 et +) et la prière Quelques idées d'animations...

Les jeunes (12 et +) et la prière Quelques idées d'animations... Les jeunes (12 et +) et la prière Quelques idées d'animations... Au fait, la prière c est quoi, quand, comment, pourquoi? Utilisez cette courte vidéo de 2 pour faire réfléchir les jeunes sur le thème de

Plus en détail

«Ce n est pas correct!»

«Ce n est pas correct!» Pour de plus amples renseignements Pour vous renseigner sur ce que fait le gouvernement du Canada pour les aînés ou pour trouver des services et des programmes de soutien offerts dans votre province ou

Plus en détail

Il y a un temps pour tout «Il y a un temps pour tout et un moment pour chaque chose», dit l Ecclésiaste signifiant ainsi à l homme qui veut accéder à

Il y a un temps pour tout «Il y a un temps pour tout et un moment pour chaque chose», dit l Ecclésiaste signifiant ainsi à l homme qui veut accéder à Il y a un temps pour tout «Il y a un temps pour tout et un moment pour chaque chose», dit l Ecclésiaste signifiant ainsi à l homme qui veut accéder à la sagesse qu il lui faut, avant tout, adapter ses

Plus en détail

«Toi et moi, on est différent!» Estime de soi au préscolaire

«Toi et moi, on est différent!» Estime de soi au préscolaire Service d animation spirituelle et d engagement communautaire au primaire «Toi et moi, on est différent!» Estime de soi au préscolaire Séquence de 5 rencontres en classe Estime de soi au préscolaire 1

Plus en détail

La Neuvaine de l'assomption

La Neuvaine de l'assomption La Neuvaine de l'assomption 6 au 14 août 2012-15 août fête de l'assomption Après chaque journée, terminer par une dizaine de chapelet aux intentions de Marie. Confession et communions recommandés durant

Plus en détail

Mercredi soir, boulevard aux Oiseaux

Mercredi soir, boulevard aux Oiseaux Mercredi soir, boulevard aux Oiseaux Ça se passe chez nous, boulevard aux Oiseaux. Après l école, pour me rendre utile, j ai ciré l escalier jusqu à ce que ça reluise à mort. «Ça fera plaisir à papa»,

Plus en détail

En la fête de l Assomption de la Vierge Marie, Homélie pour une profession perpétuelle 1

En la fête de l Assomption de la Vierge Marie, Homélie pour une profession perpétuelle 1 Vies consacrées, 83 (2011-3), 163-168 En la fête de l Assomption de la Vierge Marie, Homélie pour une profession perpétuelle 1 «Un signe grandiose apparut dans le ciel» : ce signe, c est le voyant de Patmos

Plus en détail

HONORAIRES - L ENJEU D UN LITIGE NE DONNE PAS LA MESURE DES PRESTATIONS QUE REQUIERT LA SOLUTION JURIRIQUE DES PROBLEMES QU IL POSE.

HONORAIRES - L ENJEU D UN LITIGE NE DONNE PAS LA MESURE DES PRESTATIONS QUE REQUIERT LA SOLUTION JURIRIQUE DES PROBLEMES QU IL POSE. HONORAIRES - L ENJEU D UN LITIGE NE DONNE PAS LA MESURE DES PRESTATIONS QUE REQUIERT LA SOLUTION JURIRIQUE DES PROBLEMES QU IL POSE. AVIS SUR HONORAIRES Extrait du procès-verbal de la séance du conseil

Plus en détail

Rappels. Prenons par exemple cet extrait : Récit / roman

Rappels. Prenons par exemple cet extrait : Récit / roman Les genres littéraires d un texte (1) Rappels Les genres littéraires sont une classifi cation qui permet de distinguer les textes en fonction de certaines caractéristiques d écriture. Voici les principaux

Plus en détail

Du 6 au 14 août Neuvaine de préparation à la fête de l Assomption

Du 6 au 14 août Neuvaine de préparation à la fête de l Assomption Religieuses de l Assomption 17 rue de l Assomption 75016 Paris France Du 6 au 14 août Neuvaine de préparation à la fête de l Assomption U n c h e m i n d E s p é r a n c e a v e c M a r i e www.assumpta.fr

Plus en détail

QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR?

QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR? QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR? Source: DUMONT, Nicole. Femmes d aujourd hui, Vol. 1 No. 8., janvier 1996. On dit de certaines personnes qu elles n ont pas de tête ou qu elles n ont pas de

Plus en détail

Mylène a besoin d aide!

Mylène a besoin d aide! ER ER Cahier de l élève Mylène a besoin d aide! Enseignement religieux 5 e année Nom de l élève 5 e année 1 Mylène a besoin d aide Description de tâche Dans cette tâche, tu examineras la situation de Mylène

Plus en détail

Grande Loge Féminine de France

Grande Loge Féminine de France ... La transformation du monde commence par la construction de soi... Grande Loge Féminine de France DOSSIER DE PRESSE Contact presse : 33(0)1 71 04 58 14 courriel : communication@glff.org Site : www.glff.org

Plus en détail

UN REVENU QUOI QU IL ARRIVE

UN REVENU QUOI QU IL ARRIVE UN REVENU QUOI QU IL ARRIVE Bienvenue chez P&V En vous confiant à P&V, vous choisissez un assureur qui recherche avant tout l intérêt de ses assurés. Depuis son origine, en 1907, P&V s appuie sur des valeurs

Plus en détail