Investir en Méditerranée

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1 ETUDE N 7 / Janvier 2010 Investir en Méditerranée La carte des investissements en Méditerranée Guide sectoriel des politiques publiques pour l investissement en Méditerranée

2 La carte des investissements en Méditerranée Guide sectoriel des politiques publiques pour l investissement en Méditerranée Etude N 7 Janvier 2010 ANIMA Investment Network

3 Références La carte des investissements en Méditerranée Ce guide a été préparé par l équipe ANIMA dans le cadre du programme Invest in Med. Ce programme est cofinancé à 75% par la Commission européenne par le bais d un contrat de subvention. Le programme concerne 27 pays de l Union européenne et 9 pays partenaires méditerranéens (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Autorité Palestinienne, Syrie et Tunisie), ainsi que certains pays candidats (Turquie, Croatie). Il s inscrit dans le cadre de la politique européenne de voisinage Invest in Med a pour ambition d accroître le volume et la qualité des flux d investissements (particulièrement en provenance d Europe), des partenariats euro méditerranéens entre entreprises des deux rives, et du commerce en Méditerranée afin de contribuer au développement économique durable de la région. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité du consortium MedAlliance et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant les vues de l Union européenne. ISBN EAN ANIMA Invest in Med Reproduction interdite sans autorisation expresse. Tous droits réservés. Auteurs La réalisation de ce guide a été dirigée par Emmanuel Noutary et coordonnée par Jeanne Lapujade. Autres contributeurs : Samir Abdelkrim, Pierre Henry, Zoé Luçon et Bénédict de Saint Laurent (ANIMA). Cartes réalisées avec Open Carto ICIA Technologies (et Google Maps) Les diverses Agences de Promotion de l Investissement (API) de la région MED et les partenaires d Invest in Med ont fourni certaines informations (cf. références des divers sites web et bibliographie). ANIMA et tous les partenaires impliqués ne peuvent être tenus responsables des données fournies. Toute erreur ou imprécision devrait être signalée à [email protected]. ANIMA est intéressé par vos commentaires, compléments d information et mises à jour. 1

4 Acronymes La carte des investissements en Méditerranée ANIMA : Réseau Euro Méditerranéen d Agences de Promotion de l Investissement BPO (Business Process Outsourcing) : Externalisation des processus «métiers» IBS : Impôt sur les bénéfices IDE : Investissement Direct Etranger MED ou MED 9 : Ensemble de 9 pays partenaires de l Union Européenne : Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Autorité Palestinienne, Syrie, Tunisie MIPO : Mediterranean Investment Project Observatory MMM : Métiers mondiaux du Maroc OMC : Organisation Mondiale du Commerce PIB : Produit Intérieur Brut PME : Petites et moyennes entreprises R&D : Recherche et Développement SSII : Société de Services Informatiques TAP : Taxe sur l activité professionnelle TIC : Technologies de l Information et de la Communication TPE : Très petites entreprises TVA : Taxe sur la valeur ajoutée UE : Union Européenne (on distingue souvent UE 15, ou anciens membres, UE 10, ou nouveaux membres et UE 25) ZI : Zone industrielle 2

5 Table des matières 1. Guider les investisseurs en Méditerranée... 8 Cartographier les secteurs et zones d activité... 8 Offrir un accès rapide à une information opérationnelle... 8 Vers un atlas économique de la Méditerranée... 9 Offrir des outils dynamiques et interactifs...10 Une base de connaissance mutualisée entre les opérateurs Positionnement des secteurs d activité en Méditerranée Panorama des secteurs d activité prioritaires Les pistes d un positionnement international pour la Méditerranée Les besoins sont encore importants, les opportunités toujours nombreuses...14 Quelques chaînes de valeur s ancrent en Méditerranée Algérie Cadrage économique Une modernisation des infrastructures, indispensable à la relance de l économie nationale...20 La politique d attraction des IDE : une position ambivalente...23 Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Hydrocarbures, énergie et mines...29 Pétrochimie et engrais...30 Métallurgie, sidérurgie et matériaux de construction...31 Agriculture, agro alimentaire et pêche...32 Médicaments, soins vétérinaires et médicaux...33 Industrie électrique et électronique...34 Technologies de l information et de la communication (TIC)...35 Industrie automobile et mécanique...37 Tourisme...38 Aménagement et habitat...39 Transports

6 4. Autorité palestinienne Cadrage économique Un fort potentiel de développement économique, encore exploité...42 Un cadre règlementaire protecteur et incitatif pour stimuler l investissement étranger...45 Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Technologies de l information et de la communication (TIC)...51 Industries chimique, plastique et pharmaceutique...52 Textile et habillement...53 Marbre et pierres...54 Agriculture...55 Industrie agro alimentaire...56 Tourisme...57 Bâtiment et travaux publics (BTP)...58 Education et santé Egypte Cadrage économique Une économie qui s oriente vers des activités à valeur ajoutée élevée et fort potentiel de développement à l export...60 Des IDE pour financer les infrastructures et stimuler les exportations...63 Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Technologies de l information et de la communication (TIC)...69 Médicaments et santé...70 Banque, assurance et autres services financiers...71 Textile, cuir et habillement...72 Agriculture et agro alimentaire...73 Energie, eau et environnement...74 Tourisme...75 Distribution...76 Transports et logistique

7 6. Israël Cadrage économique Une puissance économique régionale qui mise sur l innovation...78 Un pays libéral qui pousse toujours plus l ouverture économique...81 Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Technologies de l information et de la communication (TIC)...87 Minéraux, chimie et engrais...88 Sciences de la vie...89 Industrie automobile...90 Eau, énergie et environnement...91 Agriculture, irrigation et agro technologies...92 Tourisme Jordanie Cadrage économique Un petit pays qui mise sur les industries à l export et l économie de la connaissance...94 Des réformes continues pour encourager l investissement étranger...97 Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Agriculture et agro alimentaire Minéraux, chimie et engrais Santé et médicaments Technologies de l information et de la communication (TIC) Textile et habillement Immobilier et tourisme Energie, eau et environnement Transports et logistique

8 8. Liban Cadrage économique Un pays qui s oriente de plus en plus vers une économie de services pour retrouver son titre de «Suisse du Moyen Orient» L appel du Liban à l investissement des pays arabes et de la diaspora Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Irrigation, agriculture et agro alimentaire Technologies de l information et de la communication (TIC) Banque et finance BTP, transport et logistique Energie et électricité Immobilier, tourisme et loisirs Maroc Cadrage économique Vers une économie diversifiée pour limiter la dépendance aux aléas climatiques Un pays historiquement ouvert aux opérateurs étrangers Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Offshoring /Nearshoring Industrie automobile Industrie aéronautique Industrie électronique Agriculture, pêche et agro alimentaire Textile, cuir et habillement Tourisme Infrastructures, réseaux et BTP Syrie Cadrage économique Une économie socialiste sur la voie de l ouverture et de la libéralisation

9 Un appel à l investissement étranger pour moderniser l industrie et attirer des activités exportatrices Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Agriculture et irrigation Industrie agro alimentaire Industrie électrique, mécanique et métallique Textile et habillement Industries chimique et plastique Immobilier, bâtiment et travaux publics (BTP) Transports Pétrole et énergie Technologies de l information et de la communication (TIC) Banque, assurance et autres services financiers Tourisme Tunisie Cadrage économique Une montée en gamme de l économie pour résister à la concurrence internationale Un ciblage des IDE à forte intensité technologique en vue d accroître la valeur ajoutée des exportations Mapping stratégique / 1. Ressources Mapping stratégique / 2. Industrie Mapping stratégique / 3. Services Secteurs stratégiques Industries mécaniques et électriques (IME) Textile, cuir, habillement et chaussure Agriculture et agro alimentaire Technologies de l information et de la communication (TIC) et externalisation des processus (BPO) Industrie chimique et plastique Tourisme Bâtiment et travaux publics (BTP) Bibliographie

10 1. Guider les investisseurs en Méditerranée Cartographier les secteurs et zones d activité L objectif de ce guide est de fournir aux investisseurs nationaux, et surtout étrangers, qui ciblent 9 des pays sud méditerranéens bénéficiaires du programme Invest in Med, un outil opérationnel pour les aider à répondre aux questions suivantes : Quels sont les pays qui souhaitent favoriser le développement des entreprises de mon secteur? Quelles sont les régions dans lesquelles mes activités peuvent se développer? Quelles sont les infrastructures, les zones d activité industrielle ou économique auprès desquelles j ai des chances de trouver mes partenaires, sous traitants, concurrents? Quels sont les dispositifs incitatifs ou facilitateurs qui me concernent? Qui contacter pour les activer? Ce guide propose donc, pour chacun des 9 pays concernés 1, un croisement entre : le contenu des politiques sectorielles et industrielles les plus récentes mises en place par les Etats ; et la géographie des zones de développement économiques existantes, qu elles soient structurées (zone franche, parc technologique, zone portuaire) ou non (zone industrielle développée sans intervention de la force publique). Offrir un accès rapide à une information opérationnelle Les utilisateurs de ce guide ont le choix entre 3 portes d entrée pour accéder à l information : 1 Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Autorité Palestinienne, Syrie, Tunisie. Ces pays sont appellés «pays Med» ou «pays méditerranéens», un peu abusivement, car ils ne sont pas les seuls pays riverains de la Méditerranée

11 1. Pour chaque pays, 3 cartes légendées en quadrichromie (ressources, industrie, services) offrent une vision immédiate des principaux secteurs d activité développés (quels secteurs, dans quelles régions, quelles villes du pays) et des infrastructures et zones aménagées sur lesquelles se polarise le développement économique (zones industrielles, zones économiques spéciales, pôles technologiques, clusters géographiques) ; 2. Pour chacun des 9 pays ciblés, un accès à un jeu de fiches synthétiques indexées à partir de la Table des matières, page 3, informe sur : la stratégie de développement économique du pays, ses ambitions et outils ; la position du pays vis à vis des investissements étrangers et le cadre légal. Pour chaque secteur d activité prioritaire, une fiche synthétique présente les enjeux dans le pays, les opportunités de développement offertes aux entreprises et investisseurs, les principaux acteurs présents ou ciblés, les lieux de concentration de l activité, les dispositifs d appui spécifiques, ainsi que les adresses internet des organisations référentes ; 3. Pour 15 grands secteurs dont le développement est jugé prioritaire par les pays Med, ou qui s y sont de fait développés, sont fournies la liste des pays dans lesquels chacun de ces secteurs est présent et la référence de la page à laquelle consulter la fiche présentant le secteur dans le pays concerné. Le tableau synthétique est disponible dans le Panorama des secteurs d activité prioritaires, page 12. Vers un atlas économique de la Méditerranée Cette étude s appuie sur les résultats d une enquête par entretiens menés auprès des acteurs clés dans la définition et la mise en œuvre de ces politiques d investissement : ministères, agences de promotion des investissements, assemblées des chambres de commerce et d industrie, confédérations d entreprises, investisseurs. Un atelier «Marketing Territorial», organisé à Amman (Jordanie) les 13 et 14 janvier 2010, a permis de présenter et valider les résultats de cette étude, en présence des agences de promotion des investissements, chambres de commerce et d industrie et 9

12 fédérations d entreprises de la Méditerranée, ainsi que d entreprises privées déjà actives dans la région ou y envisageant des projets d investissement. Offrir des outils dynamiques et interactifs Ce travail de recensement et de cartographie constitue une première étape d un travail entrepris par le programme Invest in Med pour offrir aux investisseurs des outils pratiques, en particulier des services d information et d aide à la décision en vue de leur implantation en Méditerranée. Ce travail de géolocalisation des secteurs et des sites d activité en Méditerranée vient en effet alimenter la base de données de l observatoire sur les investissements directs étrangers qu ANIMA développe depuis 2003 (observatoire MIPO) et met à disposition d Invest in Med depuis son lancement en avril Le programme prévoit de mettre en place sur son site web un Système d Information Géographique (SIG) qui permettra un affichage interactif des pôles d activités et lieux de cristallisation de l activité sectorielle, et géolocalisera la plupart des projets d investissement recensés par l observatoire MIPO depuis Chacun de ces projets d investissement sera qualifié par pays d origine, secteur, montant investi, emplois créés, etc. D autres cartes économiques imprimées pourront également être développées en fonction des besoins et des opportunités. Une base de connaissance mutualisée entre les opérateurs Un tel système d information ne peut avoir de la valeur que si un processus de mise à jour en continu est mis en place. Il est évidemment souhaitable qu une organisation bénéficie à terme des ressources nécessaires pour mener à bien ce travail de capitalisation et de mise en forme de l information économique en Méditerranée. Un outil cartographique de l activité économique est en effet utile pour favoriser une meilleure connaissance mutuelle entre les pays Med. Mais il est surtout nécessaire pour peser sur les décisions d investissement des entreprises dont les projets sont encore mobiles. La capacité de la région Méditerranée à fournir à un investisseur de l information à jour, de façon ergonomique et réactive, sera un atout capital pour influencer le choix de la destination d investissement. 10

13 Le programme Invest in Med a entrepris, dans le cadre de 3 sessions de formation de sa MedAcademy, au premier trimestre 2009, de mettre en place un réseau d acteurs détenteurs de l information utile pour l investisseur ciblant les pays Med. Les réseaux de la MedAlliance 2 ont en effet la capacité d offrir un tel service, en se répartissant sa mise à jour. Figure 1. Organisations capables de fournir une information opérationnelle pour l investisseur (source ANIMA) Information utile pour l investisseur Aides et services à l implantation, impôts et taxes, foncier, qualité de vie Information sur marchés, secteurs, leaders sectoriels et organisations facilitatrices Coûts des facteurs Services collectifs, infrastructures, transports Acteur légitime pour la mise à jour Administrations, agences de promotion des investissements Chambres de commerce et d industrie, fédérations d entreprises Agences de promotion des investissements, chambres de commerce et d industrie, fédérations d entreprises Agences de promotion des investissements, administrations, opérateurs publics et privés L atelier «Marketing Territorial» des 13 et 14 janvier 2010 à Amman (Jordanie) a permis d avancer sur la mise en œuvre de ce réseau opérationnel. 2 Consortium en charge du pilotage du programme Invest in Med, qui réunit les réseaux suivants : ANIMA Investment Network, ASCAME, EUROCHAMBRES, BusinessMed, ainsi que l ONUDI, GTZ et l EPA Euroméditerranée. 11

14 2. Positionnement des secteurs d activité en Méditerranée Panorama des secteurs d activité prioritaires Pour une sélection de 15 grands secteurs (certains sont d ailleurs des regroupements de secteurs d activité relativement proches), le tableau suivant permettra d accéder rapidement aux fiches synthétiques des pays dans lesquels il est jugé stratégique. Chacune de ces fiches présente : les enjeux pour ce secteur dans le pays concerné ; les opportunités d affaires et d investissement dans ce secteur ; les principaux acteurs présents ou ciblés dans ce secteur ; les lieux de cristallisation du développement du secteur ; les dispositifs d appui spécifiques pour les investisseurs ; les adresses internet des organisations référentes sur le secteur. Figure 2. Index des fiches secteur pour les pays méditerranéens Secteur ciblé Agriculture, pêche et agro alimentaire Energie, eau et environnement Pays concernés Algérie p. 32 ; Autorité Palestinienne p. 55 et p. 56 ; Egypte p. 73 ; Israël p. 92 ; Jordanie p. 103 ; Liban p. 121 ; Maroc p. 142 ; Syrie p. 155 et p. 156 ; Tunisie p. 177 Algérie p. 29 ; Egypte p. 74 ; Israël p. 91 ; Jordanie p. 109 ; Liban p. 125 ; Syrie p. 162 Marbre et pierres Autorité Palestinienne p. 54 Minéraux, chimie, plasturgie et engrais Algérie p. 30 ; Autorité Palestinienne p. 52 ; Israël p. 88 ; Jordanie p. 104 ; Syrie p. 159 ; Tunisie p. 179

15 Secteur ciblé Pays concernés Sciences de la vie Algérie p. 33 ; Autorité Palestinienne p. 59 ; Egypte p. 70 ; Israël p. 89 ; Jordanie p. 105 Textile, cuir et habillement Technologies de l information et de la communication (TIC) et externalisation des processus métiers (BPO) Industries électrique et électronique Industries automobile et mécanique Autorité Palestinienne p. 53 ; Egypte p. 72 ; Jordanie p. 107 ; Maroc p. 143 ; Syrie p. 158 ; Tunisie p. 176 Algérie p. 35 ; Autorité Palestinienne p. 51 ; Egypte p. 69 ; Israël p. 87 ; Jordanie p. 106 ; Liban p. 122 ; Maroc p. 137; Syrie p. 163 ; Tunisie p. 178 Algérie p. 34 ; Maroc p. 141 ; Syrie p. 157 ; Tunisie p. 175 Algérie p. 37 ; Israël p. 90 ; Maroc p. 138 ; Tunisie p. 175 ; Syrie p. 157 Industrie aéronautique Maroc p. 140 ; Tunisie p. 175 Métallurgie et sidérurgie BTP, transports et logistique Banque, assurance, services financiers Algérie p. 35 ; Syrie p. 157 Algérie p. 40 ; Autorité Palestinienne p. 58 ; Egypte p. 77 ; Jordanie p. 110 ; Liban p. 124 ; Maroc p. 145 ; Syrie p. 160 et p. 161 ; Tunisie p. 181 Egypte p. 71 ; Liban p. 123 ; Syrie p. 164 Distribution Egypte p. 76 ; Liban p. 126 Immobilier et tourisme Algérie p. 37 et p. 39 ; Autorité Palestinienne p. 57 ; Egypte p. 72 ; Israël p. 93 ; Jordanie p. 108 ; Liban p. 126 ; Maroc p. 144 ; Syrie p. 160 et p. 165 ; Tunisie p

16 Les pistes d un positionnement international pour la Méditerranée L index des fiches secteur présenté ci dessus (Figure 2) illustre bien les enjeux auxquels fait face la région. D une part, les pays méditerranéens sont encore une destination à bas coût de production, et à ce titre attirent un certain nombre d activités industrielles gourmandes en main d œuvre ou en énergie (cas de l Algérie notamment). Par ailleurs, ces pays continuent leur rattrapage par rapport à ceux de la rive nord, notamment en matière d infrastructures : transports, services collectifs, logements, immobilier de bureaux. Enfin, on voit nettement certaines filières se développer dans chacun des pays de la région, et cette dernière se construire de fait un positionnement mondial sur un certain nombre de chaînes de valeur comme l agro alimentaire, les TIC, le textile, le tourisme ou d autres secteurs d avenir comme la santé ou la logistique. Les besoins sont encore importants, les opportunités toujours nombreuses Le rattrapage continue sur les infrastructures Les pays Med se sont engagés depuis plusieurs années dans des politiques d investissement dans les infrastructures, censées faciliter leur essor économique : mise à niveau des infrastructures et réseaux de transport, création de zones d activité et parcs technologiques, développement des télécommunications, etc. Ces investissements, souvent portés par les pouvoirs publics, ont également été l occasion de privatisations ou de concessions, introduisant ainsi quelques grands opérateurs internationaux ou régionaux sur les marchés locaux, avec plus ou moins de réussite. Ce travail de mise à niveau se poursuit. Dans les télécommunications par exemple, où de nombreuses licences ont déjà été attribuées entre 2002 et 2006 (près de 30 milliards d euros investis en incluant la Turquie), 2 licences ont été octroyées en 2009 en Jordanie et en Tunisie. Dans la logistique ou la distribution, un saut qualitatif est à faire et les investisseurs européens auraient intérêt à prendre position sur des marchés dans lesquels les infrastructures de transport domestiques ont bien progressé grâce aux investissements publics, les marchés locaux sont souvent solvables, et la demande en croissance continue même dans cette période de récession 14

17 mondiale. Surtout, la plupart des pays sont en demande de projets dans le domaine de gestion de l eau, du traitement des déchets et du développement du parc de logements, en particulier social. Des destinations toujours compétitives La Méditerranée n a pas vocation à devenir l usine du monde. Au contraire, la diminution de la natalité, l augmentation du nombre de jeunes diplômés et les initiatives en faveur de l éducation des populations dans les pays qui souffrent le plus d illettrisme, comme le Maroc, peuvent augurer le mouvement de convergence économique vers lequel tendent les deux côtés de la Méditerranée. La région a donc intérêt à se positionner sur la fourniture d activités à forte valeur ajoutée, plutôt que de se battre uniquement sur la réduction des coûts des facteurs. Il n en demeure pas moins que les pays Med restent compétitifs, en particulier pour des entreprises européennes souhaitant relocaliser des activités productives à proximité de l Europe, pour des activités à forts besoins énergétiques ou encore pour quelques activités nécessitant une main d œuvre compétitive et souvent spécialisée. C est en particulier le cas en Algérie ou en Syrie, qui grâce à leur production propre d hydrocarbures attirent les activités métallurgiques ou chimiques, fortement consommatrices d énergie. La chimie se développe également dans les pays disposant de matières premières sur place, comme la Jordanie ou le Maroc, et les activités minières en Jordanie, Israël ou dans les Territoires palestiniens. Quelques chaînes de valeur s ancrent en Méditerranée Les pays sud méditerranéens ont parfois du mal à se différencier les uns des autres, du fait de tailles de marché souvent similaires et d avantages comparatifs équivalents. En revanche, dans un certain nombre de secteurs, la région Méditerranée affirme un positionnement de fait par rapport aux autres régions du monde. Considérés prioritaires par chacun des pays, le développement de ces secteurs découle logiquement de l identité et de la position géographique de la Méditerranée : agro alimentaire, textile, tourisme, logistique, en plus des TIC. 15

18 Agro alimentaire : de gros producteurs, des industriels et des technologies Le sud de la Méditerranée dispose d atouts importants pour briller dans le secteur de l agro alimentaire, à commencer par sa bonne réputation culinaire, Liban, Maroc et Syrie en tête. Cette région dispose tout d abord de producteurs significatifs comme l Egypte (8 ème mondial pour les fruits et légumes, et qui vise la 3 ème place), le Maroc (où 60% de la population vit en partie grâce à ce secteur) et la Syrie (l agriculture y représente 25% du PIB). De plus en plus, les pays de la région montent en valeur ajoutée en développant les industries de transformation (Jordanie, Tunisie, Maroc, Syrie, Egypte) et le packaging pour développer les exportations (Egypte, Maroc, Liban). De plus, des pays comme Israël sont à la pointe des technologies en matière de transformation, ainsi que d irrigation. D autres pays de la région emboitent le pas, mais une meilleure coopération avec Israël serait bénéfique pour l ensemble de la zone. Par ailleurs, la location de terres commence à se développer pour des opérateurs majeurs (Maroc, par exemple). Des atouts pour devenir la plaque logistique euro africaine Plusieurs facteurs font du sud de la région une zone potentiellement incontournable sur la chaîne d approvisionnement des entreprises ciblant la plaque euro africaine et le Moyen Orient. D abord, l existence de matières premières, en particulier les produits de l agriculture et de la pêche, les minerais et les hydrocarbures. La Méditerranée voit aussi transiter 30% du trafic mondial de conteneurs entre Port Saïd (Egypte) et Gibraltar au sud de l Espagne, et dispose aujourd hui d un certain nombre de ports équipés pour accueillir les plus gros chargeurs (Port Saïd, Tanger, Malte, à terme Enfidha, Cap Djinet), avec des zones industrielles proches adaptées aux industries de transformation (automobile, par exemple). Les pays du sud présentent de surcroît des marchés domestiques dont la demande reste croissante, contrairement à la rive nord. Le positionnement se construit sur les TIC Les pays Med présentent des marchés importants pour la mise à niveau des PME dans tous les domaines des TIC (web, ERP, téléphonie IP, etc.), généralement déjà bien traités par des acteurs locaux et étrangers, et qui bénéficient du soutien de politiques publiques incitatives. Dans le secteur 16

19 des TIC, les pays Med ont déjà prouvé leur capacité à sauter les étapes : on l a vu sur le téléphone mobile, dont la déferlante a effacé la faible pénétration du fixe. Pour la même raison, la région est aujourd hui obligée de connaître un saut technologique sur l internet sans fil (Wimax 3G/4G). D est en ouest, la Méditerranée du sud est un producteur important d ingénieurs et de start ups innovantes. Des marchés pionniers sont en gestation, ainsi qu un savoir faire technologique adapté aux réalités économiques des pays. Par ailleurs, la professionnalisation opérée par les grands ports de la zone, l ouverture de l espace aérien et l expertise développée en matière de relation avec la clientèle étrangère fait de la rive sud une base arrière possible pour les opérateurs de e commerce de la rive nord. D autant plus que les pouvoirs publics engagent aujourd hui des politiques incitatives sur le e commerce. Après les centres de relation client hier, le logiciel et la voix sur IP aujourd hui, demain l internet mobile et le e commerce Et après demain, la Méditerranée pionnière du M commerce (commerce électronique par mobile)? Short fashion et textile spéciaux, un nouveau positionnement Med Six pays sur les neuf étudiés, à l est comme à l ouest, sont positionnés sur ce secteur traditionnel dans la région. Hormis pour l artisanat local, la région s est plutôt positionnée sur la teinte, l assemblage de prêt à porter à destination de l export, le filage. Si toutes les grandes marques espagnoles spécialistes des séries courtes (Zara, Mango, Benetton) produisent au sud de la Méditerranée, le design reste généralement au nord. Quelques marques, en particulier de jeans marocains, ont néanmoins pu pénétrer les marchés de la rive nord (turc notamment). Deux axes semblent pouvoir porter le secteur pour les années à venir. D abord, le moyen et haut de gamme, sur des petites séries du «short fashion» : la courte distance entre les pays sud méditerranéens et le continent européen permet des réassorts en des temps records, que la concurrence asiatique ne peut battre. Ensuite, les textiles techniques à destination des nouveaux secteurs en développement dans la région : gazes et textiles pour la pharmacie, emballages textiles pour la logistique. 17

20 Vers une offre touristique spécialisée, au service d un autre développement économique La Méditerranée est l une des premières destinations au monde, et le tourisme un des principaux pourvoyeurs de devises étrangères pour les pays du sud. Aujourd hui le secteur mute vers une plus grande spécialisation des produits offerts aux voyageurs du monde entier, et la Méditerranée accompagne ce mouvement en diversifiant grandement son offre : tourisme médical en Tunisie, tourisme d affaires en Jordanie, golf au Maroc, plongée et nature en Egypte, qui font appel à des personnels plus qualifiés. Mais le tourisme balnéaire et le tourisme patrimonial ou religieux attirent encore la grande masse des touristes dans la région. De grands «resorts» ont vu le jour ou ont été annoncés tout autour de la côte méditerranéenne, posant dans le même temps la question du respect environnemental de ces projets, qui ne sont pas toujours des réussites commerciales non plus. Le tourisme intérieur est une nouvelle source d opportunités, qui pourrait permettre un développement de l hinterland, un enjeu important pour les pays Med. Concernant le tourisme patrimonial, des projets pourraient également voir le jour, probablement avec des financements étrangers ou régionaux, pour développer des réseaux basés sur la réhabilitation du patrimoine historique, en particulier dans les médinas. 18

21 19 La carte des investissements en Méditerranée

22 3. Algérie Cadrage économique Une modernisation des infrastructures, indispensable à la relance de l économie nationale Afin d encourager la croissance et de réduire le taux de chômage, l Algérie cherche à diversifier son économie, aujourd hui très dépendante des hydrocarbures, en développant les secteurs traditionnels, tels que l agriculture, mais aussi les services aux entreprises, les TIC, le tourisme, etc. Elle espère ainsi créer les emplois nécessaires pour absorber une main d œuvre de plus en plus nombreuse et qualifiée, développer la consommation avec un moindre recours à l importation, et accroître les exportations. Conscient du rôle majeur du secteur privé dans la création d emplois, et notamment des PME (actuellement peu nombreuses et concentrées dans quelques secteurs d activité), le gouvernement a entrepris un vaste programme de réformes afin de transformer le cadre de production et la structure même de l économie nationale. Il espère ainsi améliorer la compétitivité des entreprises nationales en vue de leur introduction sur les marchés internationaux. Dans cette perspective, de grands chantiers ont été lancés dans les 4 principaux domaines de l économie : l aménagement du territoire, l industrie, l agriculture et la pêche, le tourisme. Avant toute politique sectorielle de relance de l économie nationale, le gouvernement a donné la priorité à la mise à niveau des infrastructures du pays. En 2005, il a lancé un Plan complémentaire de soutien à la croissance (PCSC) afin d améliorer les services et équipements offert aux opérateurs économiques ainsi qu à l ensemble de la population. Complété par deux programmes spéciaux pour les Hauts Plateaux et le Sud, il prévoyait plus de 180 milliards de dollars d investissements d ici % ont été consacrés aux infrastructures de base, aux logements et aux équipements publics. La majeure partie de ces orientations sont traduites dans le Schéma directeur d aménagement du territoire et déclinées par secteur dans 19 schémas directeurs dédiés. Un nouveau plan quinquennal de financement des infrastructures de base et services collectifs sera mis en place dès Il sera doté d une enveloppe de 150 milliards de dollars.

23 Annoncée fin 2006 et discutée en 2007 lors des Assises nationales de l industrie avec l ensemble des parties prenantes, la nouvelle stratégie industrielle n a toujours pas été adoptée. En prévoyant des mesures ciblées d encouragement de l investissement, elle visait à positionner l Algérie sur des filières à fort potentiel de croissance : les industries de transformation des ressources primaires : pétrochimie, engrais, sidérurgie et métallurgie non ferreuse, matériaux de construction (liants hydrauliques) ; les industries en amont d activités existantes : agro alimentaire, pharmaceutique, électrique ; les industries encore peu développées en Algérie contrairement aux pays voisins : énergies renouvelables, automobile et TIC. Pour l heure, seul le projet de création de 13 sociétés économiques de développement a été mis en œuvre. Championnes de l économie nationale, ces dernières noueront des partenariats avec le secteur privé pour réaliser les grands projets dʹinfrastructures prévus et relancer lʹindustrie nationale. En 2002, une relance de l agriculture a été amorcée par la mise en œuvre d un Plan national de développement agricole et rural. Le gouvernement lui a donné suite en adoptant, en 2008, une loi sur l orientation agricole. En soutenant le renouveau du secteur rural, cette dernière vise à recentrer l agriculture sur quelques filières porteuses, à rationaliser la production et à créer des synergies entre filières agricoles, d une part, et avec le secteur agro alimentaire, d autre part. Dans le secteur de la pêche et de l aquaculture, la politique de développement adoptée en 2001 vise, en encourageant l investissement privé et le partenariat, à moderniser la pêche maritime et les ressources halieutiques, à développer les industries de soutien et lʹaquaculture, ainsi qu à promouvoir la formation et la recherche. Consciente de son potentiel touristique considérable et jusque là inexploité, l Algérie a élaboré un schéma directeur touristique. Il donne une vision à court, moyen et long termes (2009, 2015 et 2025) du développement de la filière et définit des instruments de mise en œuvre. Afin de relancer les tourismes balnéaire et saharien, le schéma prévoit la création de pôles et villages touristiques d excellence en se basant sur leurs spécificités et potentiels d attractivité. 21

24 Focus 1. Trois régimes et un fonds pour encourager les investissements Afin de favoriser les investissements présentant un intérêt particulier pour l économie algérienne, trois régimes d encouragement ont été prévus. Le régime général concerne les projets courants hors des zones à développer. Pendant la phase de montage, il accorde une franchise de TVA sur les biens et services, ainsi qu une exonération des droits de douanes sur les équipements importés et du droit de mutation sur les acquisitions immobilières. Les sociétés sont ensuite exonérées d impôt sur les bénéfices (IBS) et de taxe sur l activité professionnelle (TAP) pendant les 3 premières années. L IBS, qui est de 25% pour les sociétés de capitaux, est ramené à 12,5% si les bénéfices sont réinvestis. La TAP représente quant à elle 2% du chiffre d affaires réalisé, hors TVA. Elle est déductible du bénéfice imposable. Le régime des zones à développer concerne les projets courants réalisés dans les zones à développer, dont les zones de développement industriel intégrées font partie. Pendant la phase de montage, en plus des avantages du régime général, il prévoit : une réduction sur le droit d enregistrement pour les actes constitutifs et les augmentations de capital ; la prise en charge partielle ou totale des travaux d infrastructures nécessaires à la réalisation de l investissement (voirie et réseaux divers, alimentation en eau potable et industrielle, forages, alimentation en énergie, études et expertises) ; une exonération de 10 ans de l IBS, de la TAP et de la taxe foncière. Dans certains cas, l Etat peut octroyer des avantages supplémentaires, comme le report des déficits ou des délais d amortissement. Le régime de la convention d investissement concerne les projets dont la nature (le secteur concerné notamment) présente un intérêt particulier pour l économie nationale. Les avantages possibles portent sur les mêmes éléments que dans le régime des zones à développer. La différence tient au fait que la décision relève du Conseil national de l investissement (CNI). Tout projet réalisé dans les branches retenues par l Etat bénéficie automatiquement, pendant une durée de 10 ans, de la plus large gamme d avantages prévus. Il peut se voir accorder des avantages supplémentaires tels que la prise en charge partielle ou totale des dépenses d infrastructures, du prix du terrain ainsi que du prix d intrants et/ou de services nécessaires à la production. Lancé en 2001, le fonds d appui aux investissements finance le coût des avantages consentis par l Etat : les dépenses d infrastructures nécessaires à la réalisation de l investissement et les avantages supplémentaires accordés dans le cadre du régime de la convention d investissement. [Plus de renseignements auprès de l Agence nationale de développement de l investissement : 22

25 La politique d attraction des IDE : une position ambivalente Les IDE représentent une part relativement faible de l investissement total en Algérie. Compte tenu de leur importance pour le transfert de technologies et l amélioration des capacités d innovation, une politique spécifique avait été définie dans le cadre de la nouvelle stratégie industrielle. Reconnaissant le rôle déterminant des IDE pour la compétitivité et la croissance du pays, les autorités ne souhaitaient cependant pas leur accorder un traitement privilégié par rapport aux investissements nationaux, jugés indispensables à la pérennité de l économie. La diffusion technologique nécessitant l ancrage des IDE dans le tissu national, le gouvernement avait choisi d axer son intervention sur le développement : de partenariats entre entreprises nationales et étrangères ; de contrats de sous traitance entre filiales de groupes transnationaux implantées en Algérie et PME locales ; de liaisons aval principalement dans les secteurs à forte intensité énergétique ; de programmes de formation dans les nouvelles techniques ou dans les nouveaux métiers par des entreprises étrangères. Présenté en mai 2009, le nouveau plan d action durcit cette position. Les entreprises étrangères se voient obligés de céder à des partenaires locaux : 51% de leur participation dans des investissements en Algérie et 30% du capital de leurs sociétés d importation. Cette décision confirme les annonces de durcissement de la règlementation sur les investissements étrangers faites en 2008, qui comportaient en outre : l obligation de réinvestir sur place les bénéfices générés par des exonérations d impôts ; le droit de préemption de l Etat sur les cessions d actifs détenus par des investisseurs étrangers ; l imposition spécifique des plus values de cession d actions et de parts sociales par des non résidents ; le remplacement du régime de concession de terrains publics transformable en cession au bout de 2 ans par la concession permanente ; etc. Par ailleurs, le Gouvernement a également modifié le régime des importations (obligation d un partenaire algérien, limitation d importation de véhicules d occasion). Pour protéger la production locale et éviter une trop forte croissance de la facture pharmaceutique, il a interdit l importation de près de 400 médicaments pouvant être produits sur place. Ces décisions ne sont pas neutres pour l activité des investisseurs. Néanmoins, les mesures d encouragement de l investissement prévues ne manquent pas de présenter un intérêt certain pour les investisseurs 23

26 étrangers, notamment celles portant sur : l amélioration de l environnement des affaires ; le fonctionnement de l Agence nationale de développement de l investissement (ANDI) ; la simplification des procédures douanières ; la fiscalité ; le marché du travail ; et surtout, la création de zones industrielles de développement intégré (ZDI). Figure 3. Disponibilités foncières dans les zones industrielles (en milliers de m2) 24

27 Focus 2. Une Agence d intermédiation et de régulation foncière et des zones industrielles modernes pour attirer les investisseurs sur tout le territoire algérien Principale contrainte pour l investissement, le problème de l accès au foncier a fait l objet d importants débats au cours des dernières années. Les retards accumulés sur l enregistrement des actes (successions) ou le cadastre rendent difficiles les mutations foncières. Plusieurs textes visant à améliorer la disponibilité et la gestion du foncier ont été successivement promulgués. Créée par décret en 2007, l Agence nationale d intermédiation et de régulation foncière (ANIREF) a pour missions : la gestion d actifs destinés à l investissement ; l intermédiation ; la régulation foncière ; l information des investisseurs potentiels ; la promotion foncière et immobilière. En matière de régulation, l ANIREF gère un observatoire du foncier économique qui : informe les pouvoirs publics sur l offre et la demande foncière et immobilière ; alimente les notes de conjoncture et l argus foncier ; contribue à l émergence d un marché foncier destiné à l investissement. Son portefeuille comprend 650 biens qu elle est chargée de commercialiser. Afin de mettre un terme à la spéculation foncière, une ordonnance de 2008 a consacré le régime de la concession. Accordée à l issue d enchères publiques ou de gré à gré par le Conseil des ministres, la concession donne un accès sécurisé au foncier et/ou à l immobilier pour une période de 33 ans, renouvelable 2 fois. Le locataire paie une redevance annuelle équivalant à 5% de la valeur vénale du terrain (actualisée tous les 11 ans) et est dispensé de taxe foncière. Il est propriétaire des constructions édifiées sur le terrain, et peut hypothéquer, transmettre ou céder son droit de concession. Afin d attirer les investissements dans les différentes régions du pays, l Algérie a engagé un important chantier de modernisation des zones industrielles (ZI) et d activité. Respectivement au nombre de 66 et 477, ces dernières couvrent une surface totale respective de et 7300 ha. De 1999 à 2009, 25 milliards de dinars algériens (273 millions d euros) ont été consacrés à la réhabilitation du parc national de ZI. Bénéficiant de programmes spéciaux, les wilayas du sud et des Hauts Plateaux reçu 5 milliards (55 millions d euros) supplémentaires. S inspirant du modèle des clusters, le gouvernement a par ailleurs décidé la création de 14 zones industrielles de développement intégré (ZDI) : 7 zones d activités polyvalentes (Alger, Blida, Oran Mostaganem, Annaba, Sétif BBA, Boumerdes Tizi Ouzou, Ghardaïa Hassi R mel) ; 3 technopôles (Alger Sidi Abdellah pour les TIC, Bejaia pour l agro alimentaire, Sidi Bel Abbès pour l électronique) ; 4 zones spécialisées (Arzew, Hassi Messaoud, Skikda, Oran). Ces nouveaux espaces offriront aux opérateurs internationaux tous les services nécessaires à leur implantation : guichet unique de l ANDI, centre d affaires, etc. A terme, ces sites aménagés devraient permettre l émergence de 6 pôles de compétitivité. [Plus d informations auprès de l ANIREF : 25

28 Mapping stratégique / 1. Ressources 26

29 Mapping stratégique / 2. Industrie 27

30 Mapping stratégique / 3. Services 28

31 Secteurs stratégiques La carte des investissements en Méditerranée Hydrocarbures, énergie et mines Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Dotée d importantes ressources pétrolières et gazières, l Algérie est un géant énergétique. L ouverture du secteur a été engagée dans les années 90. En 2007, les hydrocarbures représentaient 45 % du PIB et 97 % des recettes en devises. Face à une consommation en nette hausse, de nombreuses centrales électriques sont programmées (1200 MW d ici 2009) et le réseau interne de distribution de gaz doit être multiplié par 3 (12 milliards de dollars d investissements sur la période ). Un objectif de 6% d énergies renouvelables dans la production globale d électricité d ici 2015 a été fixé. Des travaux sont par ailleurs prévus pour la fermeture de la boucle électrique méditerranéenne (vers l Espagne via le Maroc). Enfin, l Algérie souhaite développer l exploitation minière. Un investissement massif dans les infrastructures est pour cela indispensable. Exploitation gazière (nouveaux gisements et amélioration des rendements) ; Construction de gazoducs ; Production et distribution d électricité (gaz, énergies renouvelables) ; Exploitation minière Entreprises nationales (Sonatrach, Sonelgaz, Naftal, AEC Ferphos) dominant toujours le secteur mais développant des contrats et partenariats avec des opérateurs russes (Rosneft Stroytransgaz Ltd, Gazprom), chinois (CPC), italiens (ENI), français (GDF, Total), espagnols (CEPSA, Repsol, Abener), britanniques (BG Group, BP), allemands (RWE), américains (Edison), norvégiens (Statoil), etc. Régions du sud et de l est, notamment Hassi Messaoud (pétrole) et Hassi R mel (gaz), Alger (raffineries et terminal d exportation), Arzew (terminal d exportation), Skikda, Adrar, etc. Ville nouvelle d Hassi Messaoud ; Projets de pôles de compétitivité : pétrochimie et énergies renouvelables à Ouargla Hassi Messaoud Ghardaïa, énergie à Oran Mostaganem Sidi Bel Abbès, énergies renouvelables à Médéa Boughzoul Laghouat (Focus 2) Investisseurs étrangers non soumis à l IR dans le secteur des hydrocarbures ; activités «aval» exonérées de TVA et de droits de douane ; activités minières exonérées de TAP, de TVA sur les biens acquis ou importés, de droits de douane sur les équipements et de tout impôt excepté l IBS minier (Focus 1) Ministère de lʹénergie et des mines : algeria.org 29

32 Pétrochimie et engrais Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Encouragé par la forte demande aussi bien nationale qu internationale et par le caractère structurant de cette industrie (liens avec les secteurs du plastique, des matériaux de construction, des fibres textiles, automobile, etc.), le gouvernement algérien souhaite exploiter les importantes ressources gazières du pays pour développer l aval de la pétrochimie, et notamment les produits plastiques, les résines, les élastomères et autres fibres pouvant contribuer à la relance de l industrie textile. Les ressources en gaz devront également permettre à l Algérie de se spécialiser dans la production et l exportation d urée. La demande croissante d engrais à l échelle mondiale (recherche d une plus grande productivité agricole) incite quant à elle le pays à exploiter davantage ses vastes réserves de phosphates situées dans le Djebel Onk, et largement sous exploitées (1,5 millions de tonnes/an pour des réserves de 2 milliards de tonnes). Une filière allant de l extraction du minerai à la production de fertilisants, en passant par la transformation en acide phosphorique est en cours de structuration. Production de plastiques, résines, élastomères et autres fibres textiles ; Production et exportation d urée (PPP étranger) ; Extraction de phosphate, transformation en acide phosphorique et production de fertilisants (PPP national et/ou étranger) Ouverture de sites de production par des groupes étrangers en partenariat avec des entreprises locales (Sonatrach pour l ammoniaque, l urée et les engrais, Petroser pour les lubrifiants) : l omanais Suhail Bahwan Group Holding, l égyptien Orascom, l espagnol El Bahia Fertilizers, le britannique BP Alger, Arzew, Oran, Constantine, Annaba, Skikda, Médéa, Boughzoul, Laghouat, Ouargla, Hassi Messaoud, Ghardaïa Projets de pôles de compétitivités à Ouargla Hassi Messaoud Ghardaïa et Constantine Annaba Skikda pour la pétrochimie Activités «aval» des hydrocarbures exonérées de TVA et de droits de douane (Focus 1) Ministère de lʹénergie et des mines : algeria.org 30

33 Métallurgie, sidérurgie et matériaux de construction Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Les grands chantiers de construction lancés dans le pays et à l étranger contribuent, à travers la demande qu ils génèrent, à la croissance rapide du secteur algérien de la métallurgie, de la sidérurgie et des matériaux de construction. Les entreprises métallurgiques interviennent en tant que sous traitantes ou cotraitantes pour la réalisation des équipements de charpente, de chaudronnerie et de mécanique lourde. De son côté, l industrie des matériaux de construction contribue à 16,4% de l emploi manufacturier et 11% de la valeur ajoutée. Compte tenu de la qualité du ciment et de sa compétitivité prix, le gouvernement entend développer la production et les exportations en optimisant les procédés, diversifiant les produits et prolongeant les filières locales vers l aval. La filière sidérurgique bénéficie quant à elle de l utilisation croissante d éponges de fer dans l aciérie ainsi que de la tendance haussière de l acier, tirée par les grands pays en voie de développement (Chine, Inde, Brésil). Compte tenu de la possibilité de produire de l aluminium par électrolyse avec des procédés intensifs en énergie, le gouvernement encourage également le développement de cette filière. Il sollicite l investissement étranger dans tout le secteur, notamment pour fournir l ingénierie scientifique manquante. Réalisation d équipements de charpente, de chaudronnerie et de mécanique lourde ; Production et exportation d aluminium, de zinc, de plâtre et de ciment (y compris des nouvelles gammes : ciment blanc, ciment prise mer, ciment à prise rapide) Forte présence du géant indien Arcelor Mittal, mais aussi de groupes tunisiens (Loukil, Tunisie Profilés Aluminium), saoudiens (CPHC), émiratis (Alumco LLC), égyptiens (Al Ezz, Orascom), etc. Alger, Oran, Jijel, Arzew, Constantine, Annaba, Skikda Projet de pôle de compétitivité de Constantine Annaba Skikda couvrant la métallurgie mécanique Projet de port en eaux profondes à Cap Djinet, relié à une ZI de ha (complexe aluminier, complexe sidérurgique intégré, etc.) Contacts Ministère de l industrie et de la promotion des investissements : Agence nationale de développement de l investissement : 31

34 Agriculture, agro-alimentaire et pêche Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Par manque d investissement, l Algérie avait pris un important retard dans le secteur agricole. Doté d un budget de 350 milliards de dinars algériens (3,8 milliards d euros), le Plan national de développement agricole et rural vise à réduire la dépendance du pays vis à vis des importations. Grâce à l augmentation des surfaces agricoles et l amélioration des rendements, il a permis la création de nombreux emplois et une croissance annuelle moyenne de 6%. Mais le gouvernement n entend pas s arrêter là et a adopté, en 2008, une loi sur l orientation agricole qui cible une croissance de 8% d ici 2013.Elle prévoit des mesures pour recentrer et rationaliser l agriculture en créant des synergies avec le secteur agro alimentaire. La pêche et l aquaculture bénéficient d un plan similaire, doté d un budget de 4,9 milliards de dinars (53 millions d euros). Production de céréales, lait, pommes de terre, viandes blanches et ovines (marché domestique), vin, huile d olives (exportation) ; Transformation et conditionnement ; Acquisition et réparation d équipements de pêche ; Soutien à la production halieutique (chaîne du froid, transformation, distribution) ; Aquaculture Ouverture de filiales commerciales par l américain Cargill, le danois Arla Foods, etc. et de sites de production par l émirati EIIC, le français Lactalis, le suisse Nestlé, le néerlandais Heineken, le saoudien Savola, le français Danone, etc. Alger, Sidi Abdellah, Bouinan, Oran, Constantine, Sétif, Bejaia, Bordj Bou Arréridj, M sila, Médéa, Boughzoul, Laghouat, Blida, Tiaret, Réghaïa 10 milliards d euros d aides à l agriculture prévues entre 2010 et 2014 Projets de 10 pôles agricoles intégrés ainsi que de pôles de compétitivité autour de l agriculture et de l alimentation à Médéa Boughzoul Laghouat et autour des biotechnologies alimentaires à Alger Sidi Abdellah Bouinan et Sétif Bejaia Bordj Bou Arréridj M sila Programmes d intensification de la production dans 10 filières agricoles (1 050 communes et 464 daïras concernées) Projet de concession des terres agricoles du domaine privé de l Etat Avantages fiscaux et facilités dʹaccès au crédit (agriculture et pêche) Ministère de lʹagriculture et du développement rural : / Chambre nationale de l agriculture / Chambre nationale de la pêche et de l aquaculture : dz.com 32

35 Médicaments, soins vétérinaires et médicaux Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Marquée par une faible croissance entre 1999 et 2005 (2 3% par an), l industrie pharmaceutique algérienne peine à satisfaire la demande nationale. Sur une nomenclature d environ 1400 médicaments, seuls 310 sont produits dans le pays. En 2004, les importations s élevaient à 928 millions de dollars. Elles ont atteint 1,3 milliards en Afin de mettre un coup d arrêt à cette dépendance croissante et de capturer une plus grande part de la valeur du produit final, l Algérie cherche à élargir sa gamme de production et remonter les filières jusqu à la production des inputs essentiels (excipients, principes actifs). Lʹobjectif est de couvrir 65 % des besoins en médicaments, avec une priorité au développement des génériques. L entreprise nationale Saïdal est considérée comme le pilier de cette industrie. Il est envisagé d ouvrir son capital aux entreprises algériennes afin de développer la capacité de R&D et de développement de produits. Pour l heure, Saïdal noue des partenariats avec des groupes internationaux pour le développement et la production de nouveaux médicaments. Fabrication, conditionnement, importation en gros et distribution en gros et au détail de médicaments ; Traitements vétérinaires ; Matériel médical Nombreux groupes étrangers ayant ouvert, souvent en partenariat avec Saidal : une filiale commerciale (le français Hartmann), un site de production (l américain Pfizer, le saoudien Astra, le britannique GlaxoSmithKline, le danois Novo Nordisk, les français Pierre Fabre, l italien Chiesi, l espagnol Iberal Spa, le jordanien Al Dar Al Arabia) ou un laboratoire de recherche et d analyse (l espagnole Asac Pharma, le Tunisien Medis, le français Mérieux) Alger, Sidi Abdellah, Bouinan, Oran, Mostaganem, Sidi Bel Abbès, Constantine, Annaba, Skikda, Médéa, Boughzoul, Laghouat, Tizi Ouzou Zone industrielle à Sidi Abdellah (Focus 2) Projets de pôles de compétitivité couvrant l industrie pharmaceutique à Médéa Boughzoul Laghouat et la chimie organique à Oran Mostaganem Sidi Bel Abbès Contacts Ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière : ANDI : 33

36 Industrie électrique et électronique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Face à l ampleur de la demande intérieure, le gouvernement algérien cherche à développer les industries électriques et électroniques (actuellement limitées aux activités de montage de collections importées) à travers l innovation, la diversification des produits et la remontée des filières. Pour cela, il entend positionner le pays dans le processus de délocalisation des entreprises européennes. Dans l industrie électrique, le recours au partenariat favoriserait la remontée de la filière. Dans l électronique professionnelle, l Algérie pourrait tirer parti de son Accord dʹassociation avec l Union européenne pour s affirmer comme base régionale pour la production de certains produits et composants destinés au marché européen, en partenariat avec les entreprises asiatiques. L Etat encourage également le développement de l électronique de spécialité. Production et exportation de câbles électriques, de composants électroniques et d électroménager ; Electronique de spécialité (pièces détachées pour les industries automobile, aéronautique et militaire) ; Développement de panneaux solaires et de centrales électriques Groupes internationaux développant essentiellement des activités commerciales (le coréen LG Electronics, le néerlandais Philips, le français Fact) mais parfois aussi la production (l égyptien El Sewedy Cables, l émirati Electrocab Emarat, le coréen Samsung) Alger, Sidi Abdellah, Bouinan, Cheraga, Aïn Defla, Sétif Etat offrant des sites dédiés aux investissements locaux et étrangers dans les industries électroniques Projet de technopôle dédié à l électronique à Sidi Bel Abbès (Focus 2) Contacts Ministère de l industrie et de la promotion des investissements : ANDI : 34

37 Technologies de l information et de la communication (TIC) Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts L Algérie constitue le plus gros marché des TIC de l espace euroméditerranéen. L essor du secteur est soutenu par le Programme complémentaire de soutien à la croissance , qui a consacré un investissement de 50 milliards dinars (4,9 milliards d euros) à la réalisation des objectifs suivants : 12 millions de lignes de téléphonie mobile, 3 millions de lignes fixes supplémentaires, 3 millions d ordinateurs pour l équipement des établissements éducatifs, banques, collectivités, administrations et foyers. Libéralisé au début des années 2000, le secteur des TIC a vu affluer les opérateurs étrangers. Ayant dans un premier temps mis l accent sur la diffusion des TIC à l intérieur de la société, reconnue comme un facteur déterminant pour la compétitivité de l Algérie à l échelle internationale, le gouvernement souhaite maintenant développer la production de services TIC. Construction et exploitation de réseaux de télécommunication (mobile, fixe, Internet, WiMax, etc.) ; Développement de services TIC Grands acteurs nationaux (Algérie Télécoms, EEPAD) s associant à des groupes étrangers pour développer les réseaux et services Internet (le canadien Galaxia Télécom pour le WiMax, le français Neuf Télécom pour la téléphonie IP, Korea Telecom pour l Internet haut débit) ; Octroi de licences téléphoniques aux égyptiens Orascom et Egypt Telecom, au koweitien Watanya, etc. ; Implantation de SSII française (PhoneControl), américaine (Novell), tunisienne (Discovery Informatique) Alger, Sidi Abdellah, Bouinan Projets de technopôle dédié aux TIC (Focus 2) et de Cyber Parc à Sidi Abdellah (Focus 3) préfigurant le futur pôle de compétitivité pour les technologies avancées et les TIC d Alger Sidi Abdellah Bouinan Mise en place de 40 académies de formation aux TIC en partenariat avec Cisco System Ministère de la poste et des TIC : ANDI : 35

38 Focus 3. e Algérie 2013, un programme ambitieux visant à faire de l Algérie une société du savoir Conscient du retard de l Algérie en matière de TIC, le gouvernement met en œuvre des moyens importants en vue d en généraliser l utilisation. Compte tenu du caractère stratégique des TIC pour le positionnement à l international de toute filière, il ambitionne de faire évoluer le pays vers une société du savoir et de la connaissance. Lancée en 2004, l opération Ousratic, qui avait pour objectif «un PC par famille», a suscité un réel intérêt au sein de la population mais n a pas rencontré le succès escompté du fait du prix des crédits d achat et de la lenteur des banques à les accorder. Multisectoriel, le programme e Algérie 2013 vise à renforcer l utilisation des TIC dans l ensemble de la société : dans l administration publique, parmi les entreprises, ainsi que chez les ménages et les TPE. A terme, il cible le développement intensif de l industrie algérienne des TIC. Dans cette perspective, il est prévu de réaliser une infrastructure de télécommunications haut et très haut débit sur l ensemble du territoire, de développer la formation et les compétences humaines, de renforcer la R&D et l innovation, etc. Des objectifs spécifiques ainsi que les actions à mener entre 2009 et 2013 ont été définis pour chaque catégorie sociale, institutionnelle ou professionnelle. Dans l administration publique, les mesures concernent : le parachèvement des infrastructures informatiques ; la mise en place de systèmes d information intégrés ; le déploiement d applications sectorielles ; l accroissement des compétences humaines ; le développement de services en ligne. Dans l industrie, la généralisation des TIC doit permettre la reconfiguration des processus et le développement d une offre de services en ligne. Au niveau des ménages, e Algérie 2013 donne une nouvelle impulsion : à l opération Ousratic, en octroyant des micro ordinateurs individuels et lignes haut débit et en offrant des formations et contenus spécifiques à chaque segment de la population ; à l accès aux TIC dans les espaces publics (cybercafés, bornes multimédias, technoparcs, maisons de la science, etc.) ; à la généralisation de l Internet. Certains projets seront livrables dès 2010 : le Cyberparc de Sidi Abdellah, les platesformes d e learning, le portail e gouvernement, l Agence de gestion du domaine, l Agence technique de soutien et l Agence de certification et de protection des données, etc. Ces chantiers ne représentent qu une partie de l ambitieuse politique algérienne en matière d innovation. [Plus d informations sur le site du Ministère de la poste et des TIC : 36

39 Industrie automobile et mécanique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Longtemps composées de grands groupes intégrés, les industries mécaniques s orientent vers les activités de sous traitance pour gagner en flexibilité et en compétitivité. Malgré l important marché domestique (3 millions de véhicules fin 2004), l Algérie accuse un certain retard dans le secteur automobile par rapport à ses voisins en raison d un manque de qualifications et du faible développement des réseaux de fournisseurs et d équipementiers. Le gouvernement entend néanmoins positionner l Algérie comme équipementier des grands constructeurs. Il cherche pour cela à renforcer les réseaux locaux de sous traitants (câbles, faisceaux de câbles, etc.) et encourage l implantation d équipementiers et de constructeurs de stature mondiale afin de développer l assemblage et de pérenniser le marché. En cours de restructuration, la Société nationale des véhicules industriels va se spécialiser dans la production de poids lourds (autocars, autobus à grande capacité, camions et tracteurs routiers) et nouer des partenariats avec de grands constructeurs privés pour asseoir son activité d assemblage. Une usine de construction de wagons, en partenariat avec l Iran, est également en projet. Encouragées par le programme de développement de la pêche, la construction et la réparation navales présentent des perspectives prometteuses. Distribution de véhicules de marques étrangères ; Production de câbles, faisceaux de câbles, etc. ; Assemblage automobile ; Construction et réparation navale Implantation de groupes étrangers à travers : des filiales commerciales (le chinois JAC, l égyptien GB Auto) ; des usines d assemblage (le chinois Zonda, le brésilien Randon, le français BTK, Iran Khodro) montées en partenariat avec des entreprises algériennes (Fandi Motors, Cévital, Famoval, SNVI) ; des chantiers de construction et de réparation navale (l espagnol Aresa, etc.) Alger, Cap Djinet, Constantine, Annaba, Skikda, Mohammadia, Tiaret Projet de zone industrielle dédiée à la mécanique à Constantine préfigurant le futur pôle de compétitivité pour la métallurgie mécanique à Constantine Annaba Skikda (Focus 2) Contacts Ministère de l industrie et de la promotion des investissements : ANDI : 37

40 Tourisme Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Localisation Dispositifs / Projets La carte des investissements en Méditerranée Dotée d un fort potentiel, quasiment inexploité, l Algérie souhaite développer son offre touristique, notamment balnéaire et saharienne. 7 pôles et une vingtaine de villages touristiques d excellence ont été identifiés au regard de leurs spécificités et potentiels d attractivité. Les promoteurs développeurs sont encouragés à y créer des hôtels et équipements touristiques. Sont également ciblés, les investisseurs nationaux et internationaux, ainsi que les tour opérateurs. Sur la période , un investissement de 2,5 milliards de dollars doit permettre de réaliser lits. Le gouvernement va s employer à lever les obstacles au développement du tourisme saharien dans le sud (foncier notamment). Un plan prévoyant la formation aux métiers du tourisme de personnes d ici 2015 et d ici 2025 fera appel aux compétences internationales. L Algérie espère ainsi accueillir 2,5 millions de touristes d ici 2015, créer de 1,5 à 2 milliards de dollars de recettes et emplois directs et indirects. Equipements de tourisme balnéaire, saharien, urbain d affaires, de soins, culturel, de niche (golfe, raid, etc.) ; Rachat, développement et gestion d hôtels et équipements ; Formation ; Tours organisés ; Promotion Investisseurs émiratis (EIIC), saoudiens (Salmoc), etc. ; Promoteursdéveloppeurs français (Star Invest et Accor), etc. ; Spécialistes de la gestion hôtelière (l américain Starwood) et de la restauration (le français Quick, le libanais Food & Beverage International) 7 pôles touristiques : Nord est (Annaba, Tarf, Skikda, Guelma, Souk Ahras, Tébessa), Nord centre (Alger, Tipasa, Boumerdès, Blida, Chlef, Ain Defla, Médéa, Bouira, Tizi Ouzou, Bejaia), Nord ouest (Mostaganem, Oran, Ain Temouchent, Tlemcen, Mascara, Sidi Bel Abbés et Relizane), Sud est (Ghardaïa, Biskra, El Oued, Menéa), Sudouest (Adrar, Timmimoun et Bechar), Grand sud Tassili N Ajjer (Illizi, Djanet), Grand sud Ahaggar (Tamanrasset) Vente d hôtels auparavant détenus par l Etat ( Appui financier et incitation à l investissement (notamment dans les Hauts Plateaux et le Sud, et pour les projets sahariens et de soins) Plan qualité tourisme : 3 écoles modernisées, 2 nouvelles, 7 établissements de formation professionnelle aux métiers du tourisme Contacts Ministère de l industrie et de la promotion des investissements : Office national du tourisme : dz.org 38

41 Aménagement et habitat Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Le PCSC , complété par 2 programmes spéciaux pour les Hauts Plateaux et le Sud, était doté d une enveloppe de 180 milliards de dollars, dont 70% pour les infrastructures de base, le logement et les équipements publics. Un budget total de 150 milliards de dollars est prévu de 2010 à Le schéma directeur de l eau projette la construction d ouvrages de transfert (3 entre la nappe albienne et les Hauts Plateaux), de barrages (13), de stations de dessalement (33 entre 2005 et 2019), de déminéralisation et d épuration. Face à la crise du logement, le gouvernement a prévu de créer plus d un million de logements entre 2007 et 2009 et devrait continuer à investir massivement dans ce domaine au cours des prochaines décennies. Dans une logique de rééquilibrage territorial, il crée des villes nouvelles autour des grandes agglomérations et dans la région des Hauts Plateaux. De nombreux équipements publics prévus restent également à réaliser : en 2007, seuls 5% des projets prévus étaient achevés, 46 % en cours de réalisation et 49% en cours d étude ou pas encore lancés. Des avis d appel d offre national et international et d autres annonces sont régulièrement publiés par l Office de promotion et de gestion immobilière ou les wilayas. Production d eau (dessalement) ; Construction et gestion de d équipements publics et de réseaux (eau, électricité, gaz, etc.) ; Assainissement (solide et liquide) ; Construction de logements Acteurs nationaux encore très présents (Algérienne des Eaux, Agence nationale pour lʹamélioration et le Développement du Logement) mais appel croissant aux compétences étrangères : le québécois Dessau Soprin (Grande Mosquée d Alger), l espagnole OHL (Centre des Conventions d Oran), le singapourien Hyflux (station de dessalement de Magtaâ), le français Suez Environnement, les promoteurs émiratis Emaar et EIIC, etc. Frange littorale, Nappe albienne, Tamanrasset, villes nouvelles de Sidi Abdellah, Bouinan, Boughezoul et Hassi Messaoud Incitations et garanties de sécurité dans le secteur de la promotion immobilière Ministères des ressources en eau ( de l habitat et de l urbanisme ( de l aménagement du territoire, de l environnement et du tourisme ( 39

42 Transports Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts L Algérie a lancé un vaste programme de modernisation de ses réseaux de transports : 40 milliards de dollars ont été investis entre 2005 et 2009, soit 25% du total prévu dans le PCSC. Dans le domaine ferroviaire, 10 milliards de dollars ont été alloués à la modernisation et à l extension du réseau. L objectif affiché est de faire progresser le trafic ferroviaire de 800 millions de sièges km offerts (S.K.O.) en 2004 à 2,6 milliards à la fin Pour cela, il est entre autre prévu de créer 6000 km de lignes, financés dans le cadre du plan quinquennal Pour répondre aux besoins des habitants des grandes villes, des projets de transports urbains ont également été lancés (métro d Alger, tramways d Alger, Oran et Constantine, etc.). Dans les zones à relief accidenté, la construction de téléphériques est prévue. D ici 2025, le réseau routier bénéficiera quant à lui d un investissement de 40 milliards de dollars permettant de financer l aménagement de l autoroute est ouest, ainsi que de nombreux autres projets. Le Schéma directeur portuaire prévoit la rénovation et le développement des infrastructures existantes (ports, abris de pêche, plaisance, phares, etc.). Dans le domaine aérien enfin, les investissements se sont concentrés sur la mise aux normes internationales des infrastructures existantes mais de nouveaux aérodromes devraient être construits entre 2009 et Réhabilitation et extension des infrastructures routières, ferroviaires, maritimes et aériennes ; Gestion de ports et aéroports Sociétés de gestion algériennes (Sogeport, SNTF, Etablissement de gestion des services aéroportuaires) ; Groupes français (Alstom, Egis, Aéroport de Paris Management), espagnols (CAF, OHL), suisses (Staedler), canadiens (EMD), japonais (Cojaal), chinois (CITIC, CRCC), singapouriens (Portek), émiratis (Dubaï Ports World), etc. Ensemble du pays : renforcement des infrastructures et réseaux le long du littoral (rocade ferroviaire nord, autoroute est ouest, ports) et extension aux régions enclavées (Hauts Plateaux et Sud) Ouverture progressive des ports et aéroports à la gestion privée Ministère des transports : transports.gov.dz 40

43 41 La carte des investissements en Méditerranée

44 4. Autorité palestinienne Cadrage économique Un fort potentiel de développement économique, encore exploité Ces 30 dernières années, l économie palestinienne a profondément souffert de la situation politique, qui l a empêchée de saisir les nombreuses opportunités de développement. Mais tout laisse à penser que, une fois la paix et la stabilité retrouvées, la reprise devrait être rapide, et ce dans tous les secteurs de l économie. En effet, pendant les périodes de relative accalmie survenues au cours des années 90, cette dernière a enregistré des taux annuels de croissance dépassant les 10%. Lors de son établissement en 1994, l Autorité palestinienne a pourtant dû faire face à des enjeux considérables. Parallèlement à la reconstruction des institutions et du système politique, il était urgent de relancer l économie pour financer l investissement, créer les nombreux emplois nécessaires à la population, et développer les exportations en vue d équilibrer la balance commerciale. Malgré la situation politique difficile, des mesures favorables à une amélioration de l environnement des affaires ont pu être adoptées : réforme des institutions, développement de l intermédiation financière grâce à l ouverture d une bourse nationale, loi d encouragement de l investissement, accords commerciaux, reconstruction des infrastructures et services sociaux, etc. Avec des politiques favorables à l économie de marché, le gouvernement poursuit ses efforts en vue de lever les obstacles au développement de la production nationale et du secteur privé. Bien qu il se soit considérablement développé depuis 2000, le secteur public a eu un poids historiquement faible dans l économie palestinienne, qui ne devrait donc pas connaître la lourde phase de privatisation et de restructuration que les pays en développement doivent généralement traverser. Ce sont les activités les plus immatérielles (par exemple, TIC, souvent en collaboration avec des entités israéliennes, pharmacie, télétravail etc.) qui souffrent évidemment le moins des contraintes liées à la mobilité et permettent aussi de mobiliser l importante diaspora palestinienne (deux tiers de la population totale).

45 Le secteur des services joue un rôle majeur dans l économie palestinienne. En 2007, il contribuait à 65% du PIB et 60% de l emploi total. Depuis 1994, le secteur a connu une forte croissance, tirée, d une part, par les efforts du secteur public pour réhabiliter les services sociaux et, d autre part, par les besoins de l industrie et de la construction (transport, ingénierie, design, communications, services financiers). Avec le développement des TIC et l intégration croissante de l économie palestinienne avec les marchés mondiaux, il est appelé à croître encore davantage. Enjeu majeur pour la reconstruction du pays, la revitalisation de l industrie manufacturière a nécessité la mise en place de dispositifs d accompagnement des investisseurs et la création de liens avec les autres secteurs, notamment l agriculture, le bâtiment et les travaux publics. Grâce aux efforts consentis, la contribution de l industrie au PIB est passée de 8% au milieu des années 80 à 17% au milieu des années 90. En 2007, le secteur représentait 16% de la production nationale et 11% de l emploi total. Certaines filières comme l agro alimentaire ou la chimie ont pu émerger. Avec sa population hautement qualifiée, le pays présente un réel potentiel de développement dans les industries plastiques, électriques, électroniques et l ingénierie. En ce qui concerne la Bande de Gaza, la reprise serait certainement plus rapide dans certains secteurs que dans d autres en cas de réouverture des frontières avec Israël. Dans les BTP, les nombreux chantiers arrêtés pourraient reprendre presque immédiatement. Il en va de même pour la plupart des industries, notamment plastique, chimique, métallique et agroalimentaire. En revanche, les filières du textile et de l ameublement, qui exportent la majeure partie de leur production vers Israël, auront besoin de programmes d assistance pour s orienter vers d autres marchés, au sud notamment. Les accords signés avec l Egypte en 2005 dans le cadre de la Ligue Arabe, qui ouvrent l accès aux entreprises de Gaza à l aéroport d El Arish et au port de Port Saïd par Rafah, posent les bases d un tel développement. 43

46 Focus 1. Le Plan palestinien de réforme et de développement Auparavant tirée par les investissements et la productivité du secteur privé, l économie palestinienne est, depuis le début des années 2000, devenue fortement dépendante des dépenses du gouvernement et de l assistance des donateurs internationaux. Cette dernière s avère en effet indispensable pour compenser la baisse des investissements dans le système productif du pays. Lancé en 2007 lors de la Conférence de Paris, le Plan palestinien de réforme et de développement, PPRD , s inscrit dans cette logique. Mis en œuvre sur la totalité des Territoires palestiniens (Cisjordanie et Bande de Gaza), il vise une réduction des dépenses du gouvernement pour réaffecter les fonds dégagés à des projets d infrastructures et de développement, dans l optique de stimuler le secteur privé et l investissement. Le PPRD engage l Autorité palestinienne dans un vaste processus de réforme institutionnelle et fiscale comprenant : la réduction des dépenses salariales dans le secteur public, la réduction du coût de l emprunt national, l augmentation des recettes publiques, le paiement des arriérés dus au secteur privé et aux employés du gouvernement, etc. Les 5 programmes prévus dans le domaine de la gouvernance doivent y contribuer. Afin d encourager le développement des Territoires palestiniens, plusieurs programmes majeurs sont par ailleurs mis en œuvre dans le domaine social (10), des infrastructures (7) et de l économie (7). Le volet économie comprend les 7 programmes suivants : réforme des institutions en charge de l entreprise, encouragement du commerce, promotion de l investissement, augmentation des capacités industrielles et développement de 3 filières stratégiques (agro alimentaire, tourisme, habitat). Alors que 5,6 milliards de dollars d aide au développement étaient initialement attendus, les promesses de dons des institutions internationales se sont élevées à 7,7 milliards de dollars. Les principaux donateurs sont la Commission européenne (650 millions), les Etats Unis (555 millions), l Arabie Saoudite (500 millions), le Royaume Uni (490 millions), la France (300 millions) et les Emirats Arabes Unis (300 millions). Un fonds de dépôt commun a été créé par la Banque mondiale pour faciliter le versement des dons et la mise en œuvre du plan. Une fois les critères de décaissement définis, les fonds ont commencé à affluer dès mars

47 Un cadre règlementaire protecteur et incitatif pour stimuler l investissement étranger Afin d attirer les investissements dans les Territoires palestiniens, le gouvernement a mis en place un cadre règlementaire favorable aux investisseurs potentiels. En vertu du principe de non discrimination, toutes les avantages prévus par la loi sont offerts aussi bien aux investisseurs locaux qu étrangers, qu ils agissent seuls ou en partenariat. En 2005, plusieurs amendements ont été apportés à la loi d encouragement de l investissement de 1998 afin d offrir des avantages supplémentaires aux investisseurs étrangers. Ils doivent encore être approuvés par le Conseil législatif palestinien. La loi contient déjà une protection contre l expropriation, des garanties de rapatriement, des incitations et exonérations fiscales, etc. Une nouvelle loi relative à l entreprise est également en attente d approbation. Fortement inspirée du modèle jordanien, elle vise à fournir un cadre moderne et unifié à toutes les entreprises implantées dans les Territoires palestiniens. Afin de faciliter ses échanges commerciaux, la Palestine a signé des accords avec un certain nombre de pays : l Union européenne, l AELE, les Etats Unis, le Canada, la Jordanie, l Egypte, la Russie, l Arabie Saoudite, Israël, la Turquie et le GAFTA. Pour importer des biens à l intérieur de la Cisjordanie et de Gaza, une licence est nécessaire. En revanche, aucune licence n est demandée aux entreprises exportatrices, à l exception de certaines catégories particulières de biens. Plusieurs entreprises d envergure internationale se sont implantées en Palestine et ont commencé à opérer dans différents domaines d activité. Elles reposent souvent sur les fonds d expatriés souhaitant faire bénéficier leur pays d origine de leur expérience et de leurs relations internationales. Cette catégorie d investisseurs a été identifiée comme un acteur clé pour l avenir de la Palestine. Par le passé, le développement des affaires et du commerce était principalement tourné vers l Europe et le Golfe. Plus récemment, les entreprises locales ont commencé à s adresser aux groupes américains pour monter des partenariats, joint ventures ou obtenir une expertise technique. 45

48 Focus 2. Une loi d encouragement de l investissement L Autorité palestinienne a adopté un ensemble de dispositions visant à protéger les investisseurs et favoriser la rentabilité de leurs investissements. Elles concernent tous les secteurs de l économie et s appliquent aussi bien aux entreprises locales qu étrangères. Ces dernières ont notamment la possibilité de rapatrier la totalité de leur capital, y compris les bénéfices et dividendes. LʹAgence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), filiale de la Banque mondiale, couvre leurs investissements pendant 15 ans pour un montant maximum de 5 millions de dollars. La loi d encouragement de l investissement de 1998 accorde un certain nombre d avantages aux investisseurs. L agence nationale de promotion des investissements, PIPA, est chargée de sa mise en œuvre. La loi prévoit des franchises de droits de douane pour les biens importés dans les zones franches et industrielles ou destinés à être utilisés par le personnel de l entreprise (équipements, machines, pièces détachées, fournitures, appareils électriques et électroniques pour les hôtels et hôpitaux). Des exonérations supplémentaires peuvent être accordées en cas d augmentation des prix sur le marché local ou si l entreprise exporte plus de 30% de sa production. Des exonérations d impôt sur les sociétés sont accordées aux investissements de plus de dollars : pendant 7 ans s ils sont réalisés dans une zone franche ou industrielle, et 5 ans sinon. Par la suite, un taux d imposition de 10% est appliqué au résultat net pendant une durée qui varie en fonction du montant investi : 8 ans s il est inférieur à 1 million de dollars, 12 ans s il est compris entre 1 et 5 millions, 16 ans au dessus. Les activités exportatrices bénéficient d incitations supplémentaires. Les biens vendus à l étranger sont exonérés de taxes s ils sont produits dans les zones franches ou industrielles. Les entreprises qui y sont établies peuvent vendre jusqu à 20% de leur production annuelle sur le marché local. Les matières premières utilisées sont alors sujettes au paiement des droits et redevances en vigueur. En cas d indisponibilité du produit sur le marché local, le montant dû est abaissé à 80%. Des avantages spéciaux sont accordés aux investissements dans le secteur des hôpitaux et de l hôtellerie. D autres facilités peuvent être attribuées dans le cadre de traités bilatéraux ou d accords commerciaux. [Plus d informations auprès de l Agence palestinienne de promotion des investissements : 46

49 Focus 3. Des zones d implantation aux standards internationaux de qualité pour attirer les entreprises étrangères Le concept de zone industrielle introduit en Palestine a été défini en étroite coopération avec la Banque mondiale ; l idée étant de créer des emplois à l intérieur des territoires administrés par l Autorité palestinienne en encourageant le développement industriel, la croissance à l export et l investissement local et étranger. Ouverte en 1999, la zone industrielle d Erez, a été construite au nord est de Gaza pour un investissement de 85 millions de dollars. Elle est gérée par la société PIEDCO. Malheureusement, les évènements récents survenus dans la Bande de Gaza ont causé la destruction de la plupart des bâtiments, nécessitant un arrêt de l activité. L Office palestinien des zones industrielles et des zones franches, PIEFZA, met en œuvre, en partenariat avec des investisseurs étrangers, un important programme de développement de zones, localisées, pour la plupart, à la frontière avec un pays voisin (Israël, Egypte, Jordanie). Elles sont dotées d infrastructures et de services répondant aux standards internationaux de qualité afin d attirer les investisseurs étrangers et les entreprises orientées à l export. Dans ces zones, PIEFZA joue le rôle de guichet unique, facilitant les procédures administratives pour les investisseurs. Financée par des fonds essentiellement privés, français pour moitié et palestiniens pour l autre, la première zone franche palestinienne a été inaugurée en avril 2009 à Bethléem. Elle hébergera un centre de formation, financé par la France. Elle vise l accueil de 200 entreprises locales et étrangères, françaises notamment, opérant dans des secteurs aussi variés que l automobile, les industries pharmaceutique et cosmétique, le tourisme, l artisanat, etc. Développée en partenariat avec l Allemagne, la zone industrielle de Jénine s étendra sur 114 ha, dont 69 sont dédiés à l accueil d activités industrielles et commerciales emplois directs et indirects sont attendus. D une superficie de 123 ha, la zone industrielle de Naplouse offrira aux entreprises une implantation stratégique sur la route entre Tel Aviv et la Vallée du Jourdain emplois directs et indirects sont attendus. Développé en partenariat avec la Turquie et la Corée du sud, le technoparc de Tarqumia accueillera des activités industrielles légères et propres sur un terrain de 100 ha à l ouest d Hébron, proche du passage sécurisé reliant la Cisjordanie à la Bande de Gaza par le sud. D autres zones sont prévues à Deir El Balah (Bande de Gaza), Qalqilya, Latroun et Jéricho. [Plus d informations auprès de l Agence palestinienne des zones industrielles et zones franches : 47

50 Mapping stratégique / 1. Ressources 48

51 Mapping stratégique / 2. Industrie 49

52 Mapping stratégique / 3. Services 50

53 Secteurs stratégiques La carte des investissements en Méditerranée Technologies de l information et de la communication (TIC) Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Les TIC constituent le premier moteur de croissance de l économie palestinienne. Proche des centres technologiques israéliens et dotée d une main d œuvre hautement qualifiée, cette dernière attire de nombreux professionnels du secteur. Depuis la création de Paltel (entreprise nationale des télécommunications) en 1995, puis de sa filiale Pal Cell/Jawwal (opérateur mobile), le secteur des TIC a connu une forte croissance. De l ordre de 25 30% par an depuis 2000, elle est principalement générée par les services de télécommunications et l industrie des logiciels qui, outre leur fort potentiel de ventes et d exports, ont un rôle structurant pour l économie et la société palestiniennes. En 2004, les filières des télécoms et de l informatique comptaient respectivement 115 et 229 sociétés. Offre de réseaux et services Internet ; Développement de logiciels et contenus ; Services de traduction ; Equipement informatique et télécoms ; Conseil en informatique ; Formation professionnelle ; Centres de R&D ; Téléphonie mobile (officiellement libéralisée en 2006 mais actuellement dominée par des opérateurs israéliens) Entreprises étrangères dans l informatique (les américains Oracle et Intel, le libanais Anara) et les télécoms (le koweitien Wataniya) Gaza, Ramallah/Al Bireh, Hébron, Jérusalem, Naplouse, Bethléem, Jénine Infrastructure de télécommunications 100% numérique Adoption des normes CMM et ISO, accords internationaux, loi d encouragement de l investissement (Focus 2) Formation : partenariats entre les universités et les professionnels du secteur, laboratoires de Sun Microsystems dans 3 universités, centres d excellence dans les universités d Al Quds et de Birzeit Soutien financier des Etats Unis et de l Europe au secteur : garanties de prêts aux petits projets, aides à la formation, etc. Programme de coopération entre entreprises israéliennes et palestiniennes développé par PalTrade (centres de R&D conjoints, promotion des partenariats, etc.) : Incubateur dédié aux projets TIC : Contacts Association palestinienne des technologies de l information : / Agence palestinienne de promotion des investissements : 51

54 Industries chimique, plastique et pharmaceutique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Les industries chimique, pharmaceutique et plastique ont toutes trois un avenir très prometteur. Les principaux produits chimiques fabriqués dans les 119 usines du pays sont la peinture, le savon et les détergents. Ils réalisent respectivement une part de marché locale de l ordre de 25 30%, 100% et 50%. Une partie des savons est par ailleurs exportée. L industrie plastique s est quant à elle développée autour de quelques grandes entreprises produisant du polystyrène, des câbles électriques et télécoms, du plastique industriel, etc. pour le marché local. Certaines exportent aussi vers Israël. Avec une offre diversifiée de produits de qualité, l industrie pharmaceutique satisfait déjà plus de la moitié de la demande locale et s oriente vers les marchés du monde arabe et d Europe de l Est. Au cours des 25 dernières années, les 6 grands opérateurs du secteur ont développé leur capacité de production à un rythme de 7 à 10% par an, réalisant un investissement total de 45 millions de dollars. Ce dernier a permis l introduction de lignes de production automatisées et l amélioration des processus. Développement de la production et des exportations de produits chimiques (savon notamment), plastiques et de médicaments Groupes chimiques et pharmaceutiques (allemands notamment) Gaza, Naplouse (savon), Jénine, Bethléem, Ramallah et Hébron pour les industries chimiques et plastique, la Cisjordanie pour l industrie pharmaceutique (70% des entreprises) Programme de coopération entre entreprises israéliennes et palestiniennes développé par PalTrade (centres de R&D conjoints, promotion des partenariats, etc.) : Technoparc en projet à Tarqumia (Focus 3) Loi d encouragement de l investissement (Focus 2) Mise en œuvre par les 6 groupes pharmaceutiques d un programme continu de formation et d assistance technique Contacts Union palestinienne des producteurs pharmaceutiques : Agence palestinienne de promotion des investissements : 52

55 Textile et habillement Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Deuxième employeur industriel, le secteur du textile et de l habillement contribue à environ 15% de la production industrielle. Essentiellement composé de petites et très petites entreprises, il réalise 70% de ses ventes sur le marché intérieur, 15% en Israël, le reste étant exporté vers d autres pays. Israël revend une grande partie des produits importés aux Etats Unis et en Europe sous des marques israéliennes. L industrie palestinienne présente donc un fort potentiel de développement sur les marchés internationaux. Des Italiens en ont déjà pris conscience et on ouvert plus d une vingtaine d usines de fabrication de chaussures à Hébron. Développement de la production et des exportations hors Israël : Etats Unis, Europe et Israël qui représentent 85% des importations mondiales Entreprises productrices et exportatrices : Etats Unis, Europe (Italie notamment) Gaza (760 fabriques), Cisjordanie (578 fabriques à Ramallah, Al Bireh, Naplouse, Bethléem, Tulkarm, Hébron et Jénine) Accords commerciaux avec les Etats Unis, l Europe, etc. et programme de coopération entre entreprises israéliennes et palestiniennes développé par PalTrade (centres de R&D conjoints, promotion des partenariats, etc.) : Loi d encouragement de l investissement (Focus 2) Zone industrielle d Erez, dans la bande de Gaza (Focus 3) Union palestinienne de l industrie textile : paltex@p ol.com Agence palestinienne de promotion des investissements : 53

56 Marbre et pierres Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets La carte des investissements en Méditerranée Avec ses 300 sites de production de pierre et ses 300 usines de découpe de marbre, ce secteur génère 5% du PIB national. Equipé à 85% de technologies semi automatiques, il s approvisionne à 90% auprès de sites d extraction locaux. 65% du chiffre d affaires annuel, qui s élève à environ 450 millions de dollars, provient des exportations. En constante augmentation, ces dernières sont passées, du début des années 80 à 2008, de 10% à 40% du total des exportations industrielles. De formes et couleurs variées, les pierres palestiniennes ont de plus en plus de succès sur les marchés étrangers. Néanmoins, 65% sont vendues en Israël et seulement 6% dans d autres pays. Compte tenu de la proximité géographique et des systèmes de distribution existants, les pays du Moyen Orient s affirment comme des marchés prometteurs. Certaines entreprises ont également réussi à pénétrer les marchés américain et européen. D importantes perspectives de développement subsistent dans ce secteur. Développement des exportations hors Israël : Etats Unis, Europe, Moyen Orient, Chine, etc. Sociétés extractrices, entreprises exportatrices Hébron, Halhul, Tarqumia, Naplouse Développement des infrastructures d extraction Accords commerciaux avec les Etats Unis, l Europe, etc. Loi d encouragement de l investissement (Focus 2) Contacts Agence palestinienne de promotion des investissements : 54

57 Agriculture Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets La carte des investissements en Méditerranée Caractérisée par une grande diversité climatique, la Palestine a développé une importante activité agricole, qui génère 8% du PIB et 16% de l emploi total. Les vergers couvrent 60% des terres agricoles, suivis par les cultures de plein champs et les parcelles maraîchères. L élevage et la pêche représentent une part majeure de la production. Fortement mécanisée, l agriculture fait preuve d une productivité élevée. Responsable de 10% des exportations totales, elle enregistre néanmoins un déficit commercial. Une évolution de la situation politique permettrait un accroissement rapide des exportations, notamment de fruits, d olives, d huile d olive, de légumes et de fleurs coupées. Par ailleurs, l accroissement attendu des revenus et de la population appelle une augmentation de la production. Néanmoins, cette dernière ne pourra à elle seule satisfaire la demande locale. En effet, pour des produits tels que le blé, le sucre, etc., les capacités de production sont insuffisantes. Des investissements dans ces filières accroîtraient la part de marché locale. Production agricole à forte valeur ajoutée (fleurs, fraises, tomates cerises, huile d olive) ; Développement des exportations vers Israël et les pays européens Exploitants agricoles et entreprises exportatrices pouvant assurer un transfert de compétences (Jordanie, Japon, Koweït) Bande de Gaza (pêche), nord ouest de la Cisjordanie (Jénine, Tulkarm, Qalqilya), zone de moyenne altitude allant du nord de Jénine au sud d Hébron, zone de steppes entre l est de Jénine et la mer Morte, région du Ghor (vallée du Jourdain) Important projet dans la vallée du Jourdain : irrigation des terres, aéroport en Jordanie, etc. Accords commerciaux avec les Etats Unis, l Europe, etc. Projet de zones agricoles à Jéricho et Tulkarm Contacts Association palestinienne des industries alimentaires : [email protected] Agence palestinienne de promotion des investissements : 55

58 Industrie agro-alimentaire Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets La carte des investissements en Méditerranée Débouché direct pour le secteur agricole, qui peut ainsi écouler son surplus de production, l industrie agro alimentaire a connaît une forte croissance. Grâce à sa position stratégique dans la région, sa main d œuvre qualifiée et sa règlementation favorable aux affaires, elle a attiré de nombreux investissements au cours des dernières années. Son infrastructure productive moderne, composée essentiellement d usines semi ou entièrement automatisées, aux normes ISO, constitue un autre facteur d attractivité. La politique volontariste de promotion de l investissement et de la production locales menée par le gouvernement a entraîné une augmentation significative de la part de marché locale, qui est passée de 25% en 1996 à 50% en L accroissement attendu des revenus et de la population devrait offrir de nouvelles perspectives de croissance. Les exportations, actuellement dirigées à 89% vers Israël, présentent aussi un potentiel de développement. Production de nourriture et de boissons ; Exportation vers l Europe et le Moyen Orient Entreprises agro alimentaires locales et internationales (relations étroites avec la Jordanie, le Japon et le Koweït) Proximité des zones agricoles Loi d encouragement de l investissement (Focus 2) Accords commerciaux avec les Etats Unis, l Europe, etc. et programme de coopération entre entreprises israéliennes et palestiniennes développé par PalTrade (centres de R&D conjoints, promotion des partenariats, etc.) : Projets de zones agro industrielles à Jéricho et Tulkarm Contacts Association palestinienne des industries alimentaires : [email protected] Agence palestinienne de promotion des investissements : 56

59 Tourisme Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Dotée d un important patrimoine culturel (plus de 1600 sites archéologiques) et religieux (lieu de pèlerinage pour les 3 religions monothéistes), la Palestine présente un réel potentiel de développement touristique. Malheureusement, ce dernier est réduit à zéro par la situation sécuritaire actuelle. Durant les courtes améliorations intervenues ces dernières années, les efforts consentis par les autorités et le secteur privé pour réhabiliter les infrastructures touristiques ont été récompensés par une augmentation rapide des visites. Ces signes encourageants indiquent que le tourisme pourrait constituer un important moteur de croissance si la paix et la stabilité s installaient dans le pays. La réouverture des frontières avec les pays arabes amènerait deux grandes familles de touristes : des Musulmans qui achèveraient leur pèlerinage à la Mecque par une visite des lieux saints de Jérusalem et Hébron ; des Arabes et Palestiniens travaillant en Jordanie ou dans les pays du Golfe qui viendraient y passer l été. Infrastructure et gestion hôtelières ; Restauration ; Organisation de circuits ; Transport des touristes ; Artisanat ; etc. Acteurs de l hôtellerie et de la restauration (ouverture d un hôtel de la chaine Intercontinental), tours opérateurs, entreprises de transport, etc. Bethléem, Hébron, Jérusalem, Jéricho, Ramallah Avantages spéciaux prévus par la loi d encouragement de l investissement (Focus 2) Investissement massif des autorités palestiniennes, à la veille du 3ème millénaire, du secteur privé et de donateurs internationaux pour remettre à niveau les infrastructures et les services touristiques de la région de Bethléem Forum Tourism 4 Peace : promotion du tourisme à l échelle du Proche Orient, lobbying en faveur d une facilitation de la circulation des touristes entre les différents pays, formation Association arabe de l hôtellerie : Ministère du tourisme et des antiquités : palestine.com Agence palestinienne de promotion des investissements : 57

60 Bâtiment et travaux publics (BTP) Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Le secteur des BPT est en pleine expansion. Au troisième trimestre de 2007, il contribuait à 2,5% du PIB et 11,6% de l emploi total. Alimenté par les besoins en infrastructures, grands équipements, logements, etc., il entretient, en amont, la production de matériaux de construction. Si la situation politique venait à s améliorer, le retour massif des exilés entraînerait d importants besoins en logements, écoles, hôpitaux, équipements culturels ou de loisirs, etc., générant un marché considérable pour le secteur du BTP. Naturellement, tout programme de reconstruction commencera par les infrastructures et les équipements publics détruits ces dernières années. La reprise de l activité devrait être particulièrement importante dans la Bande de Gaza, compte tenu de l ampleur des destructions et de la mise en attente de la plupart des chantiers qui étaient prévus. Réhabilitation de l aéroport et construction d un port maritime à Gaza ; Développement des infrastructures hôtelières et touristiques ; Aménagement de zones industrielles ; Construction ou reconstruction de logements Aménageurs promoteurs développeurs, notamment jordaniens (PADICO) turcs (TOBB) et du Golfe (Qatar Investment Authority, Arab Palestinian Investment Company, Al Rajhi), producteurs de matériaux de construction, etc. Bande de Gaza, Jérusalem et Ramallah pour la construction résidentielle, Vallée du Jourdain, Jénine, Bethléem, Tarqumia, etc. pour la construction industrielle Projets d infrastructures et de zones industrielles dans la vallée du Jourdain Contacts Agence palestinienne de promotion des investissements : 58

61 Education et santé Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée La Palestine a depuis longtemps mis l éducation au cœur de sa stratégie de développement. Les efforts consentis lui ont permis de se distinguer par rapport à ses voisins. Le plan de réforme et de développement présenté en 2007 leur donne une nouvelle impulsion en prévoyant plusieurs projets destinés à améliorer la qualité du système. Mais les conditions d enseignement restent souvent précaires : nombre d écoles fonctionnent dans des locaux loués et inadaptés, les effectifs par classe sont très élevés, surtout dans la bande de Gaza, etc. N ayant pas la capacité financière pour investir dans de nouveaux équipements, le gouvernement en appelle au secteur privé. Il en va de même dans le secteur de la santé. Sur les 78 hôpitaux existants en 2006, 54 étaient gérés par des organisations internationales ou par le secteur privé. Compte tenu de leur répartition inégale entre les régions et de la restriction fréquente des déplacements, la construction de centres de santé constitue une priorité complémentaire pour éviter une fuite croissante vers l étranger des dépenses de santé. Construction et gestion d écoles, d hôpitaux, de centres de soins, etc. Investisseurs publics et privés, principalement étrangers, telle l Association jordanienne des ingénieurs JEA Bande de Gaza et Cisjordanie, surtout en dehors des grandes villes Avantages spéciaux prévus par la loi d encouragement de l investissement (Focus 2) Ministère de la santé : Agence palestinienne de promotion des investissements : 59

62 5. Egypte Cadrage économique Une économie qui s oriente vers des activités à valeur ajoutée élevée et fort potentiel de développement à l export Après des décennies de socialisme, l Egypte s est engagée, depuis 1991, dans un ambitieux programme de réformes économiques et structurelles, et a pris de façon radicale le virage de l économie de marché et de l ouverture internationale après le remaniement ministériel de juillet La nouvelle équipe constituée autour du premier ministre Ahmed Nazif s est depuis lors attachée à faire réaliser son programme libéral, jusqu à obtenir que l Egypte soit sacrée meilleur réformateur au monde par la Banque mondiale dans son rapport Doing Business 2008 mesurant le climat des affaires dans 178 pays. Les réformes de la fiscalité, de l investissement et du commerce extérieur sont de véritables révolutions silencieuses dont les opérateurs économiques étrangers commencent à peine à prendre la mesure. Pays à revenu intermédiaire, l Egypte accorde une place importante au secteur privé, qui emploie 77% de la population active et contribue à 62,9% du PIB. Le programme de privatisation est bien avancé, de même que le développement des partenariats publics privés pour la mise à niveau des infrastructures du pays. Le gouvernement garde néanmoins le contrôle de larges pans de l économie, au travers notamment des différentes holdings publiques (hydrocarbures, extraction minière, industries lourdes, banque, textile, etc.). En effet, les importantes ressources naturelles dont est doté le pays, notamment le pétrole et le gaz, sont une source appréciable de recettes en devises. Représentant respectivement 13,2% et 38,7% du PIB en 2008, l agriculture et l industrie sont relativement diversifiées. Malgré la crise mondiale, l Egypte a enregistré une croissance annuelle d environ 7% entre 2005 et Les perspectives encourageantes pour les années à venir pourraient être renforcées par l accélération des réformes structurelles. Le 6 ème Plan quinquennal de développement économique et social, qui court sur la période , devrait y contribuer. Il repose sur 3 grands piliers : le programme présidentiel (volet économique), les Objectifs du millénaire pour le développement (santé publique, éducation) et le Nouveau contrat social (réformes politiques). Le programme présidentiel vise à «maximiser

63 la croissance économique et à garantir un niveau acceptable d emploi en réduisant le taux de chômage à 5,5% d ici la fin du plan, et enfin à assurer des conditions de vie décentes aux groupes à faible revenu». Le plan cible un taux de croissance annuel de 8%, une progression du revenu réel par habitant de 6%, un taux d investissement de 24%, un progrès annuel des exportations de 12%, et taux d intégration à l économie mondiale à 67% (vs 60%). Dans cette perspective, le plan envisage de : donner la priorité aux secteurs à forte croissance (industries manufacturières, BTP, tourisme, TIC) ; encourager les exportations de biens et services, sans créer de tensions inflationnistes sur le marché local et en assurant une gestion durable des ressources non renouvelables ; miser sur les petites et très petites entreprises comme vecteur principal de la création d emplois ; ouvrir toute activité économique à la participation du secteur privé, en renforçant les fonctions de régulation de l Etat ; améliorer les conditions de vie des groupes à faible revenu en agissant sur la distribution primaire des revenus (politiques d emplois, accès à la propriété foncière agricole, politique du logement et soutien à l entreprenariat) et la redistribution ; réduire l écart entre régions rurales (notamment la haute Egypte et le désert) et urbaines ; etc. La stratégie nationale est ensuite déclinée en programmes sectoriels : enseignement pré universitaire, emploi et formation, industrie, développement rural, tourisme, logement, etc. Pour soutenir l industrie et atteindre une croissance de la production de 9% par an, il est notamment prévu de construire 1000 grands complexes industriels et 2000 complexes moyens. Afin de répondre aux besoins de la population grandissante, nouveaux logements sortiront également de terre d ici Dans le secteur du tourisme, les chambres d hôtels à créer chaque année nécessiteront un investissement annuel de 1 milliard de dollars. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement fait appel à l initiative privée. 61

64 Focus 1. De nombreuses initiatives en faveur de l économie de l information Dans le 6 ème Plan quinquennal, une importance majeure est accordée à l économie de l information, notamment aux TIC et à l externalisation des processus des entreprises. Son développement nécessite de nombreuses initiatives publiques et privées en faveur de la formation, de la création de clusters et du financement des entreprises. En matière de formation, il est prévu de former travailleurs par an d ici Afin de promouvoir l externalisation des processus (BPO) et le développement des TIC en Egypte, les entreprises pourront notamment se faire rembourser, pendant 2 ans, 80% des coûts de formation des managers et professionnels de ces nouveaux métiers étudiants y seront par ailleurs formés chaque année, avant que l initiative ne soit étendue à personnes d ici Pour encourager les investissements dans le secteur des TIC, le premier cluster et parc technologique d Egypte a été créé au Caire en Le Smart Village du Caire s étend sur une surface totale de 300 hectares. Grâce à ses infrastructures et services de qualité, ainsi qu à ses liens étroits avec les centres de recherche, fin 2008, il avait déjà attiré 120 entreprises locales et internationales employant personnes. D ici 2012, il pourrait accueillir 500 entreprises et employés. Face à ce succès, l entreprise Smart Villages prévoit de développer un autre technoparc à Alexandrie, ainsi qu un parc industriel et logistique à Damiette ( villages.com). Dans le secteur du BPO, un projet dédié aux centres de contact est actuellement développé par le Ministère des TIC. Situé à Maadi, au sud du Caire, il créera postes de travail répartis dans 40 bâtiments d ici Les entreprises qui s y implanteront bénéficieront d un soutien lors de la phase d installation, ainsi que de la prise en charge de la formation de leurs employés ( Promu par le gouvernement, le projet Technology Valley vise quant à lui à développer les activités high tech (électronique, TIC, biotechnologies, produits médicaux, pharmacie), ainsi que les centres de formation et de recherche. L aménagement de 70 km² de terrains situés à East Qantara (à 14 km de la ville d Ismaïlia et 35 km de la zone industrielle d East Qantara) est ouvert aux investisseurs privés dans le cadre d un PPP ou du régime des zones d investissements ( Enfin, un fonds de développement technologique a été créé par le Ministère des TIC. Géré par la banque d investissement EFG Hermes, il apporte le financement nécessaire aux premières phases du développement d entreprises informatiques égyptiennes sous forme de capital risque (d 1 à 6 million de livres égyptiennes). Jusqu à maintenant, 50 millions de livres égyptiennes ont été attribuées ( 62

65 Des IDE pour financer les infrastructures et stimuler les exportations L Egypte a placé l investissement privé, tant national qu étranger, au cœur de sa stratégie de développement. Pour la mise en œuvre du 6 ème Plan quinquennal, qui suppose un investissement total d au moins milliards de livres égyptiennes (environ 160 milliards d euros), la contribution du gouvernement (directement ou au travers de ses holdings) n excédera pas 15%, le reste devant être pris en charge par le secteur privé. Les investissements directs étrangers pourraient apporter 13% du montant total nécessaire. Le plan prévoit que le flux entrant atteigne 14 milliards de dollars en Les IDE doivent aider le pays à accumuler des devises étrangères, renforcer ses capacités industrielles et technologiques, et développer ses échanges internationaux. Entre 2004 et 2007, l investissement privé a progressé de 40% par an, tandis que les IDE passaient de 407 millions de dollars en à 13,2 milliards en Les mesures prises par le Ministère de l Investissement depuis sa création, en 2004, y ont fortement contribué. Son intervention porte sur 3 fronts : une gestion optimisée des actifs économiques publics, l amélioration rapide de l environnement des affaires (régime de doit commun), notamment par la réforme du secteur financier, et la création de zones industrielles à statuts spéciaux. Selon la filière, les investissements sont régis soit par la loi n 8 sur l investissement de 1997 soit par la loi n 159 de 1981 sur les sociétés et ses amendements successifs. Quel que soit le secteur, la détention de 100% du capital d une entreprise par des étrangers est permise, de même que le rapatriement des profits. La General Authority for Investment and Free Zones (GAFI) agit comme facilitateur au bénéfice des entrepreneurs. La Loi n 8 prévoit l approbation automatique des projets d investissements dans les secteurs jugés prioritaires : transport logistique, agriculture et élevage, tourisme et BTP, santé, TIC, gestion de l eau et des déchets, etc. Après les succès rencontrés dans quelques filières pilotes (télécoms, infrastructures de transport, etc.), les PPP se multiplient. Politique d investissement et politiques industrielles se rejoignent sur l intérêt de créer des clusters par filières, même si certains ont aussi une composante «nationalité» (zone chinoise, turque, etc.). Afin de créer des incitations à la constitution de tels clusters, l Egypte élabore progressivement des régimes spéciaux. 63

66 Focus 2. Des régimes spéciaux pour encourager les clusters et le développement de la Haute Egypte Afin d encourager les investissements dans les secteurs et régions prioritaires, des régimes spéciaux ont été créés. Ils accordent des avantages supplémentaires par rapport au régime commun défini dans les lois d investissement n 8 et 159. Créé en 2007 (loi n 19), le régime des zones d investissement vise à promouvoir les clusters dans l industrie, les services, le tourisme, etc. Le secteur privé est mandaté pour développer et gérer ces zones sur l ensemble du territoire national. L Autorité de développement industriel (IDA) se charge quant à elle de réaliser les infrastructures et aménagements extérieurs. Chaque zone est dotée d un conseil d administration composé des développeurs privés et de représentants du gouvernement. Les entreprises qui s y implantent bénéficient des avantages suivants : privilèges accordés sur la base des accords commerciaux signés avec des pays étrangers ; gestion au sein de la zone des procédures douanières pour les intrants industriels (et non au port ou à l aéroport) ; procédures administratives simplifiées par la présence d un guichet unique du GAFI ; aménagement sur 5 10 du paiement des taxes d équipement, de douane et sur les ventes ; exemption de taxes sur les biens exportés. Adoptée en 2002, la loi n 83 sur les zones économiques spéciales (ZES) accorde également des incitations considérables aux investissements réalisés dans ces zones : taxation de l impôt sur le revenu au taux fixe de 5% ; gestion intégrée des procédures administratives, douanières et fiscales ; mécanisme de résolution des conflits ; taxation de toutes les activités au taux fixe de 10% ; certificats d origine égyptienne accordés à tous les exportateurs basés au sein de la zone leur permettant de jouir des privilèges issus des traités internationaux signés par l Egypte. L élaboration d un plan directeur pour le développement et la gestion des ZES a été lancée en Une première ZES a été créée au sud est de la ville de Suez (Focus 3) et servira de modèle aux prochaines. Chacune d elle sera autonome et dotée d un conseil d administration. Offrant un potentiel de développement significatif (main d œuvre disponible, ressources naturelles, économie diversifiée), la Haute Egypte fait l objet d un programme spécial. Ce dernier prévoit des incitations supplémentaires : attribution gratuite de terrains (sauf dans le gouvernorat de Fayoum) ; assistance technique du Centre de modernisation industrielle ( egypt.org) ; soutien à la formation et accès au centres technologiques ; aide à l enregistrement et études de faisabilité proposées par l Entreprise d investissement en Haute Egypte ( Cette dernière encourage l investissement privé en Haute Egypte, en particulier dans le tourisme, l agriculture, l industrie manufacturière, l emballage et les transports. [Plus d informations auprès du GAFI : 64

67 Focus 3. Des zones d implantation offrant un cadre privilégié aux activités exportatrices Lancées il y a près de 40 ans, les zones franches ont pour but de développer l investissement dans les industries à l export et les services, d encourager le transfert de technologies, et de créer des emplois. On en compte actuellement 10, de statut public : Alexandrie, Nasr City, Port Said, Suez, Ismaïlia, Damiette, Shebin El Kom, Keft, Media Production City et Port Said East Port. Parmi les nombreuses incitations et garanties accordées figurent : l exemption de toute taxe et droit de douane ; l absence de restriction sur les échanges internationaux ; la possibilité de vendre localement une partie de la production ; l exemption de droits de douanes et autres taxes sur les équipements, machines et moyens de transport (à l exception des voitures) nécessaires à la réalisation du projet ; le libre choix de la main d œuvre ; la centralisation des procédures administratives par le GAFI ; etc. Pour bénéficier de ces avantages, les entreprises doivent exporter au moins 50% de leur production. Le loyer annuel est de 3,50 dollars le m² pour les projets industriels et 7 dollars pour les projets d entreposage et de services. Une réduction de 50% est accordée dans les zones d Ismailia, de Damiette et de Shebein El Kom. Les projets développés par le privé dans les secteurs portuaires, logistiques et industriels (mégaprojets) peuvent également se voir attribuer le statut de zone franche. En 2004, un protocole portant création des Qualifying Industrial Zones (QIZ) a été signé entre les Etats Unis, Israël et l Egypte. Il octroie aux produits égyptiens (au moins 35% de valeur ajoutée locale) le libre accès au marché américain, sans quota ni limite dans le temps, pourvu que 10,5% de la valeur ajoutée soit réalisée en Israël. Alors que ce privilège a dans un premier temps bénéficié principalement à l industrie du textile habillement, 705 entreprises y sont actuellement éligibles. Parmi les 47 zones industrielles existant en Egypte, certaines ont obtenu le statut de QIZ. On en compte aujourd hui 19, concentrées autour du Caire, d Alexandrie, dans le Delta du Nil et le long du canal de Suez. 2 QIZ sont en projet à El Drissa et El Rasswa. Première zone économique spéciale créée en Egypte, North West Suez Special Economic Zone s étend sur une superficie de 20 km² à côté du port de Sokhna et à 45 km au sud est de Suez. Jugée révolutionnaire par les professionnels du secteur, le port de Sokhna, sur la mer rouge, cible le marché des navires traversant le canal de Suez chaque année pour s imposer comme un hub logistique au carrefour de l Europe, de l Extrême Orient et de l Afrique. Les entreprises qui s implanteront dans la zone bénéficieront des avantages prévus par la loi n 83 de 2002 (Focus 2). Au cours des prochaines années, d autres ZES devraient voir le jour en Egypte. [Plus d informations auprès du GAFI : 65

68 Mapping stratégique / 1. Ressources 66

69 Mapping stratégique / 2. Industrie 67

70 Mapping stratégique / 3. Services 68

71 Secteurs stratégiques La carte des investissements en Méditerranée Technologies de l information et de la communication (TIC) Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Face à la taille du marché local (80 millions de personnes), les TIC ont connu un développement rapide en Egypte. Ces dernières années, d importants investissements en infrastructures et en formation ont été réalisés. Chaque année, l Egypte compte nouveaux ingénieurs et diplômés de sciences et technologie. Tirant parti de ces atouts, le Plan du Ministère des TIC (MCIT) prévoit de faire passer le nombre d informaticiens et employés du BPO de en 2008 à d ici Les services TIC devraient alors générer 3 milliards de dollars de chiffre d affaires, dont 1 milliard à l export (contre 450 millions en 2007). Dans l édition 2009 de l AT Kearney Global Services Location Index, l Egypte arrive 6 ème, notamment en raison de ses coûts compétitifs et de la disponibilité d une main d œuvre qualifiée. Infrastructures et équipements (haut débit, sans fil) ; BPO et centres d appels (en arabe, français, anglais, allemand) ; Développement de logiciels (test, développements pointus & traductions) ; Assistance. Opérateurs télécoms domestiques et étrangers (Orascom, Telecom Egypt, Orange, Vodafone, Etisalat), fournisseurs de services TIC et BPO (IBM, Intel, Microsoft, Oracle, Satyam, Wipro, Teleperformance) Le Grand Caire, Alexandrie, Damiette, le delta du Nil (centres urbains) Nombreux sites dédiés aux TIC et au BPO (Focus 1) Programmes de formation aux métiers du BPO (Focus 1) Facilitation de l accès de la population aux TIC : «IT Clubs», subventions de l Etat à l achat de PC Fond de développement technologique (Focus 1) Agence de développement de l industrie des technologies de l information : Ministère des communications et des technologies de l information : Chambre des TIC de la Fédération des industries égyptiennes : fei.org 69

72 Médicaments et santé Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Avec la croissance économique et démographique, la demande locale de médicaments et de soins est en forte augmentation. Encouragées par l expansion de la classe moyenne, les dépenses moyennes par habitant devraient atteindre 257 dollars, contre 103 en Le tourisme médical connaît également un essor rapide. Avec sa main d œuvre qualifiée (8 000 diplômés sortent des facs de médicine chaque année) et ses coûts compétitifs (le salaire moyen hebdomadaire dans le secteur de la santé est de 15,4 dollars), l Egypte présente un fort potentiel de développement dans le secteur de la santé. De nombreux hôpitaux devraient être construits ou rénovés au cours des prochaines années. L assurance santé, dont le taux de pénétration est faible, est une autre filière prometteuse. Production et distribution de médicaments (génériques) ; Matériel médical et de diagnostic ; Hôpitaux privés ; Produits d assurance santé ; Tourisme médical Acquisitions d entreprises égyptiennes par des groupes étrangers (l indien Shetty, le britannique GlaxoSmithKline, le jordanien Hikma, le danois BankInvest, le dubaïote Abraaj Capital, etc.), implantations de labos de pays émergents (Corée du Sud, Inde) et extensions de multinationales déjà implantées (AstraZeneca et Pfizer au Caire) Le Caire, 10th of Ramadan City, Giza, Alexandrie, etc. Réforme du système de santé visant à assurer une couverture santé minimale à tous les citoyens d ici 2011 Recours aux PPP aussi bien pour les projets d équipements médicaux que pour les services et la formation professionnelle (1,12 milliards de dollars d investissements prévus pour 2009/2010) : construction du Al Mossawat Specialised University Hospital et du Smouha Medical Complex à Alexandrie, rénovation du Al Abassia Chest Hospital et du Boulak General Hospital au Caire, etc. Baisse des droits de douane sur les équipements médicaux de 12 à 2% Projet Technology Valley à East Qantara dédié aux activités high tech, parmi lesquels figurent l industrie pharmaceutique, les équipements médicaux et les biotechnologies (Focus 1) Ministère de la santé : Autorité égyptienne de supervision des assurances : 70

73 Banque, assurance et autres services financiers Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Localisation Dispositifs / Projets Contacts Suite aux profondes réformes engagées ces dernières années (restructuration des banques publiques, consolidation forcée du secteur via l augmentation des obligations en fonds propres), le secteur bancaire est en pleine effervescence. Il bénéficie également de la croissance rapide de l économie égyptienne, du boom de la construction et des progrès de la bancarisation (crédit à la consommation et assurance) des 80 millions d Egyptiens. Fin 2007, 37 banques opéraient sous licence en Egypte. Le secteur a connu récemment une vague de privatisation, une certaine fièvre de fusionsacquisitions et l entrée de nouveaux acteurs. De grands établissements publics, tels que la Banque du Caire, devraient être privatisés prochainement. Les banques d affaires et fonds de capitalinvestissement du pays figurent parmi les champions régionaux. Prêts immobiliers ; Produits islamiques ; Banque de détail et d entreprise ; Assurances (santé, automobile, etc.) ; Capital risque ; Services financiers (courtage, rating, analyse et conseil) ; etc. Banques d affaires privées (BNP Paribas, Blom Bank), sociétés de capital investissement (Citadel Capital, EFG Hermes), d assuranceréassurance (21 opérateurs parmi lesquels AIG, Allianz), de conseil financier (devere and Partners, Julius Baer), nouveaux venus de la finance islamique (Ithmaar, Tamweel, Amlak, Mashreqbank, etc.) Le Caire, Alexandrie pour les services financier, courtiers, etc. Bourse égyptienne (EGX), ex Bourse du Caire et d Alexandrie (CASE) : l une des plus anciennes bourses au monde Lancement du Nilex en 2007 : 1 ère bourse des petites capitalisations au Moyen Orient. Smart Village Cairo Financial District : le technoparc est aussi devenu un pôle financier après avoir accueilli l EGX (Focus 1) Suspension provisoire des programmes de privatisation (Banque du Caire transformée en juin 2009 en société anonyme en attendant) Banque centrale d Egypte : Autorité des marchés financiers : Autorité égyptienne de supervision des assurances : Autorité de finance hypothécaire : 71

74 Textile, cuir et habillement Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets L Egypte est le seul pays du Moyen Orient à offrir une filière textile intégrée. Le prêt à porter en représentant 75%, l offre locale en filagetissage reste néanmoins très insuffisante. Le coton égyptien pèse 35% de la production mondiale de variétés de grande qualité. L essentiel de l industrie textile est propriété de l Etat, tandis que 90% de la confection est privée. Entre 2004 et 2008, l investissement total dans le prêt à porter a cru de 9,5% par an. Au cours des 40 dernières années, l investissement étranger a représenté 37% des investissements totaux dans cette industrie. Au cours des prochaines années, l Egypte s emploiera à promouvoir l intégration verticale, en créant par exemple des marques de renommées internationales s appuyant sur la réputation du coton et du design local. D ici 2011, il ambitionne de doubler ses exportations (surtout vers l Europe), pour atteindre 3 milliards de dollars. Si le taux de croissance annuel de l industrie se maintient à 15%, elles pourraient atteindre les 10 milliards d ici 2020, créant 1 million d emplois. Coton brut (dont bio) ; Filage tissage ; Tricotage et teinture ; Fibres synthétiques (pétrochimie locale) ; Prêt à porter (marques) ; Accessoires (fermetures éclaires, emballage, etc.) Investisseurs turcs, indiens (Grasim Industries, Taha Holding), chinois, israéliens, etc. et producteurs intégrés tels qu Al Arafa (particulièrement ciblés) Canal de Suez (approvisionnement par l Europe et l Asie, production à Port Said et Ismaïlia), Alexandrie (Borg Al Arab, Amreya), Grand Caire (6th of October, El Obour, Tenth of Ramadan), Delta du Nil, Sohag 4 clusters : textile à Sohag, Mit Ghamr (Dakahlia) et Diar Negm (Sharkia), tissage à Kafr Shokr (Qalyoubeya) + 1 zone sino égyptienne Accords de libre échange avec l Europe, COMESA, GAFTA, les pays d Agadir, etc. 10 zones franches, dont celle de Port Saïd + 19 QIZ opérationnelles et 2 en projet avec les Etats Unis (Focus 3) Soutien fiscal à l exportation, libéralisation des importations de fibres et tissus, soutien à la formation et à l exportation Contacts GAFI : / Ministère du commerce et de l industrie : / Centre de modernisation industrielle : / Fédération des industries égyptiennes : 72

75 Agriculture et agro-alimentaire Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Avec ses 2,86 millions d ha de terres cultivées, ses 6 millions d agriculteurs (30,2% de la population active) et son climat idéal (possibilité de cultiver des produits pour l export de novembre à mai), l Egypte est le 5 ème producteur méditerranéen de légumes et de jus de fruits et le 8 ème producteur mondial d olives. D ici 2010, il vise la 3 e place. En effet, depuis plusieurs années, la croissance annuelle de l industrie agroalimentaire égyptienne dépasse les 34%. Avec le soutien du gouvernement, le conseil des exportateurs de produits alimentaires ambitionne d élever les exportations à 1,5 milliards de dollars d ici D après les prévisions du Ministère de l agriculture, l agro alimentaire réalisera alors un chiffre d affaires annuel de 21 milliards de dollars, permettant la création de emplois. Pour atteindre ces objectifs, 1,3 millions d ha de désert seront convertis en terres agricoles d ici 2020, afin de cultiver 254 millions de tonnes de fruits et légumes par an. Produits de base pour le marché local et à haute valeur ajoutée pour export vers l Europe et le Golfe (fruits, légumes, céréales, jus, sodas, huiles, produits laitiers, viandes halal, friandises, betterave sucrière, plantes médicinales et aromatiques) ; Conserveries ; Emballage ; Engrais ; Systèmes d irrigation ; Congélation et gestion de la chaîne du froid Investissements du Golfe (Al Marai, Savola, Al Rajhi, Kuwait Food Company/Americana), des pays émergents (l indien Rasna) et des multinationales occidentales (Coca Cola, Kraft, Vivartia, Danone, Bell, Heinz, Unilever, etc.) Vallée et Delta du Nil (agriculture traditionnelle), déserts du Sinaï, de Toshka et Haute Egypte (mégaprojets fermiers) Projet Toshka : création de 2 villes nouvelles de habitants au total pour développer l agriculture Approbation automatique des projets d élevage, notamment de volailles et de poissons, et de transformation du désert Attribution de terrains gratuits aux projets industriels par la Upper Egypt Investment Company (Focus 2) Fonds public créé en 2005 pour la modernisation de l agroalimentaire.et doté de 146 millions de dollars GAFI : / Chambre de l agro alimentaire de la Fédération des industries égyptiennes : 73

76 Energie, eau et environnement Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Selon les plans du gouvernement, les énergies renouvelables devront représenter 20% de la capacité nationale de production d énergie d ici L Egypte jouissant de vents enregistrant des vitesses importantes et constantes (10 m/s), l éolien doit peser 12% de la capacité totale de production, nécessitant la création de 7000MW de fermes éoliennes. Ces dernières peuvent produire jusqu à 3900 heures/an, contre 190 en Espagne et en Grèce. Ce programme éolien repose en grande partie sur l initiative privée. La génération à partir de la biomasse devrait atteindre 1500 MW d ici Suite à la relance du Plan Solaire Méditerranéen avec le soutien de financeurs occidentaux, le solaire pourrait voir son importance revue à la hausse en Egypte. L efficacité énergétique, la gestion de l eau et des déchets sont aussi de grands marchés. Les réserves actuellement prouvées de gaz naturel devraient être épuisées dans 57 ans. Production d énergie éolienne et solaire ; Equipements des sites ; Biomasse (canne à sucre) ; Traitement de l eau et des déchets solides ; Transport de l eau et irrigation ; etc. Marché déjà investi par les leaders mondiaux : JV de groupes allemands, danois, espagnols et égyptiens (parc éolien de Zafrana), le suisse ABB et l indien Kolay Engineering, l italien Italcementi (parc éolien de Gabal El Zeit), l allemand SIAG en partenariat avec le local El Sewedy Holding (usine de mats éoliens), etc. Traitement de l eau et des déchets solides au Caire (2 projets d usine de traitement en PPP) ; biomasse à Qena (projet de centrale) ; solaire en Haute Egypte ; éoliens sur la Mer rouge, dans le Golfe de Suez (2 projets de 100 et 250MW), les déserts orientaux et occidentaux, et le Golfe d Aqaba. Projet de création de procédures d achat à prix garantis et procédures simplifies pour l attribution de nouvelles licences éoliennes Création de la New & Renewable Energy Authority en 1986 pour développer les technologies des énergies renouvelables : General Authority For Investment and Free Zones : 74

77 Tourisme Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts En 2008, les 12,8 millions d arrivées de touristes internationaux ont généré 11 milliards de dollars de recettes, soit 22,6% des recettes en devises du pays. L Europe centrale et orientale, qui a récemment dépassé l Europe occidentale en tant que source première de visiteurs étrangers, est un marché très prometteur. La Libye est le principal émetteur moyen oriental, suivie par les pays du Golfe. Avec l expansion de la classe moyenne, le tourisme intérieur offre également un fort potentiel de développement. D ici 2015, l Egypte veut atteindre 18 millions d arrivées internationales et une part de marché mondiale de 2,2%, contre 1% aujourd hui. Pour cela, elle prévoit de doubler son stock de chambres d hôtel pour arriver à , dont plus de sont déjà en construction. Les 665 nouveaux hôtels et resorts devraient créer 1,2 millions d emplois. De nouvelles capacités d hébergement en stations balnéaires (Mer rouge surtout) sont créées à un rythme effréné : le projet Gamsha Bay, dévoilé par le promoteur dubaïote Damac en 2006, et qui peine à se concrétiser, devrait mobiliser à lui seul des investissements de 16 milliards de dollars sur 10 ans. Dans le 6 ème Plan quinquennal, un investissement annuel minimum d 1 million de dollars est attendu pour créer chambres d hôtel par an. Plongée et séjours balnéaires ; Tourisme d aventure (désert) ; Tourisme religieux (sites chrétiens et musulmans) ; Hôtels de luxe ; Tourisme intérieur ; Ecotourisme ; Golf ; Tourisme médical Forte présence des grandes chaînes hôtelières occidentales, en particulier sur le segment des 5 étoiles (Carlson, Marriott, InterContinental Hotels Group, Kempinski Hotels & Resorts, etc.), ascension rapide des challengers des pays du Golfe (Qatari Diar, Nesco, M.A. Kharafi, Emaar, Dallah al Baraka, Damac, Rotana) Vallée du Nil, Mer rouge, Sinaï, Golfe d Aqaba Investissement public massifs dans les infrastructures, en particulier les aéroports Nombreux projets de resorts à développer en PPP sur la Mer rouge (Hurghada, Shadwan, Wadi Gimak, St. John, Rocky Island), dans le sud du Sinaï et le Golfe d Aqaba General Authority For Investment and Free Zones : 75

78 Distribution Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Le Global Retail Development Index place l Egypte au 14 ème rang mondial en matière de potentiel de croissance. D ici 2011, le chiffre d affaires de la distribution devrait en effet atteindre 67,4 milliards de dollars. Aujourd hui, 7,5 millions d Egyptiens peuvent déjà se permettre au moins un achat par an dans un de ces centres commerciaux luxueux qui se multiplient rapidement et 3,5 millions d entre eux jouissent d un pouvoir d achat comparable à celui des Occidentaux. 95% de la population vivant sur 5% des terres, le long de la vallée du Nil, les bassins de chalandise sont très concentrés. Des millions de touristes étrangers séjournent en outre chaque année en Egypte, prêts à des achats luxueux ou plus traditionnels. Après les pionniers égyptiens Ragab Sons, Abu Zikri et El Hawary, les supermarchés ont pris racine à la fin des années 90. A travers ses 40 magasins, Metro réalise un chiffre d affaires de 110 millions de dollars et s affirme comme le leader de la grande distribution. Néanmoins, 99,7% des distributeurs sont des micro entreprises et la part de marché cumulée des 5 plus grandes chaînes de distribution reste inférieure à 2%. Mais on assiste à une affiliation progressive des petites épiceries traditionnelles à des enseignes nationales. Les grands magasins Omar Effendi ont quant à eux été privatisés. Magasins franchisés dans nouveaux centres commerciaux ; Epiceries modernes (7% seulement du marché actuel) ; Supermarchés discount ; Services et équipement TIC ; Approvisionnement et logistique (dont chaîne du froid) Leaders mondiaux de la distribution (l émirati Majid Al Futtaim, l allemand Metro), ouverture massive de magasins (Carrefour, Virgin Megastores), et restaurants franchisés, échec de certaines enseignes étrangères (le britannique Sainsbury, le sud africain Shoprite) Grand Caire et Alexandrie (700 supermarchés, 10 hypers pour 20 millions d habitants), centres urbains régionaux négligés Soutien publique à l essor de la distribution à l occidentale (consolidation, modernisation) pour favoriser la montée en gamme des fournisseurs locaux (agro alimentaire, textile, produits de grande consommation aux normes) et gagner en compétitivité à l export. General Authority For Investment and Free Zones : 76

79 Transports et logistique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts L Egypte bénéficie d une situation géographique unique, sur l une des artères les plus vitales de l économie mondiale, la route Asie Europe. Chaque année, 8% du transport maritime mondial traverse le canal de Suez. La libéralisation des échanges commerciaux, la croissance économique soutenue et les importants gains de compétitivité ont fait exploser les échanges internationaux. Depuis 2003/04, les exportations égyptiennes ont triplé, atteignant 28,8 milliards de dollars en 2008/09. Parallèlement, les importations ont bondi de 18,3 billion à 51,7 milliards en 2008/09. 90% du commerce extérieur transite par les ports du pays (5 sur la Méditerranée et 3 sur la Mer rouge). De son côté, le transport aérien progresse avec les flux touristiques et les exportations de textiles et de légumes frais. Le fret aérien passant par les 5 terminaux du Caire devrait atteindre tonnes d ici 2025, contre en Actuellement, le rail pèse seulement 5% du marché. 3,6 milliards de dollars vont être investis sur 5 ans pour accroître le fret ferroviaire de 125% et atteindre de tonnes par an. De nouvelles routes sont également en projet Services logistiques intégrés ; Réparation navale et de conteneurs ; Services portuaires à haute valeur ajoutée ; Développement d infrastructures (construction de ports fluviaux à Nahda, Mit Ghamr, Tebbin, Assiut, Sohag et Qena, de routes, rénovation et commercialisation de gares ferroviaires au Caire, à Giza, Alexandria, Luxor, Aswan et Tanta) Absence de prestataire logistique couvrant l ensemble du territoire national, entrée de nombreux opérateurs étrangers : les émiratis Aramex et DP World, le koweïtien Agility, le chinois BALtrans, le français CMA CGM, le saoudien COSCO, le danois Maersk, etc. Delta du Nil, côte méditerranéenne et Mer rouge Gouvernement favorable aux PPP : extension des réseaux ferroviaires du Caire et Alexandrie (95 km au total), construction de nouvelles autoroutes pour un investissement de 8 milliards de dollars sur 5 10 ans (Port Said Alexandrie Marsa Matrouh et Le Caire Alexandrie) Création de zones industrielles avec plateformes logistiques intégrées General Authority For Investment and Free Zones : 77

80 6. Israël Cadrage économique Une puissance économique régionale qui mise sur l innovation Pays émergent il y a encore à peine 20 ans, Israël est aujourd hui une puissance économique régionale. Entre 2005 et 2008, son PIB est passé de 158 à 201 milliards de dollars, enregistrant une croissance annuelle de l ordre de 5%. L Index global de compétitivité du Forum économique mondiale classe le pays 23 ème sur 134. En 2008, l agriculture ne représentait que 2,6% du PIB, contre 32,4% pour l industrie et 65% pour les services. Alors que ce dernier secteur contribuait à hauteur de 77% du PIB en 2004, il tend aujourd hui à perdre du poids au profit de l industrie. Ouvert sur l extérieur et très avancé sur le plan technologique, Israël a en effet gagné une renommée internationale dans des secteurs tels que les télécommunications, l informatique, la chimie, les sciences de la vie, les technologies de l eau, etc. Le boom des hautes technologies a été permis par les réformes structurelles et les importants investissements en R&D réalisés au cours des 2 dernières décennies. Israël est le pays qui dépense le plus en R&D au monde (4,7% du PIB en 2009). Avec 135 scientifiques pour travailleurs, il occupe la 2 ème place du Rapport 2008 sur la compétitivité mondiale de l IMD pour la disponibilité de scientifiques et ingénieurs. La même année, il a été classé 3 ème pour la qualité de ses instituts de recherche scientifique par le Forum économique mondial (FEM). Après la Silicon Valley, c est le pays qui enregistre la plus forte concentration d entreprises technologiques, que l on estime à Parmi elles, un grand nombre de start ups, dont le développement a été facilité par l important marché national du capitalrisque (le 2 ème au monde d après le Rapport de l IMD). Cette dynamique d innovation, en plus de stimuler la création d entreprises, favorise le dépôt de brevets. La politique gouvernementale d encouragement au transfert de connaissances du monde académique vers l industrie a fortement contribué à ces bonnes performances. D après l Economist Intelligence Unit, Israël était le 9 ème pays le plus innovant (sur 82) en 2008 et il devrait atteindre la 8 ème place d ici Malgré la crise mondiale, l innovation israélienne continue d être stimulée par un afflux

81 constant d investissements étrangers, dont le montant s est élevé à 10 milliards de dollars en Cette forte attractivité résulte des importants efforts consentis par le gouvernement pour créer un environnement favorable aux affaires. Dans le classement Doing Business 2009, Israël occupe la 30 ème place pour la facilité de faire des affaires et 7 ème pour la protection des investisseurs. Pour la première fois depuis sa création, l Etat d Israël s est engagé dans l élaboration d une vision et d une stratégie nationales à long terme. Défini en concertation avec le monde de l industrie et de la recherche, le plan présenté au Premier ministre par la Fondation Israël US pour la science et la technologie (USISTF) indique les orientations nécessaires pour positionner Israël parmi les 15 premières économies mondiales d ici Pour atteindre cet objectif, il insiste sur l importance de l excellence scientifique et technologique, de la formation, de la capacité d innovation et de l esprit d entreprise. Les relations entre Israël et les Etats Unis sont jugées stratégiques. En 2008, le Premier ministre a proposé le plan au gouvernement, qui lui a réservé un accueil favorable. En parallèle du processus d adoption et de mise en œuvre du plan, l USISTF envisage de promouvoir des opportunités d investissement et de collaboration qui permettront de resserrer les liens déjà étroits entre Israël et les Etats Unis. En 2009, le gouvernement a par ailleurs lancé un plan de 7 ans pour maîtriser la crise du crédit et soutenir l économie israélienne. Une fois l approbation définitive obtenue, 5 mesures seront appliquées : réduction continue de l impôt sur le revenu et sur les sociétés jusqu en 2016 ; mise en place d une imposition négative pour les salariés à bas revenus ; augmentation du soutien financier apporté aux PME et des lignes de crédit garanties par l Etat, en particulier pour le secteur bancaire, les activités exportatrices et les industries de hautes technologies ; Réformes structurelles du foncier, de l électricité et des ports ; développement des infrastructures dans les secteurs du tourisme, des transports, de l eau et de l énergie. Afin d engager ces actions, la Knesset a voté un budget biannuel doté d une enveloppe de 316 milliards de shekels (82 milliards de dollars) en 2009 et 321 milliards en

82 Focus 1. Un investissement massif en R&D pour encourager l innovation Faisant de l innovation une priorité nationale, Israël a dépensé 4,7% de son PIB en R&D en 2009, soit le ratio le plus élevé au monde. Dans le Rapport sur la compétitivité du Forum économique mondial, le pays est classé 3 ème pour la qualité de ses institutions de recherche scientifique. La grande disponibilité de capital risque (3 ème au monde) facilite la concrétisation des idées innovantes et la création de start ups, dont le nombre par habitant est le plus élevé au monde. Doté d un budget annuel de millions de dollars, le Bureau du scientifique en chef (OCS) du Ministère de l industrie, du commerce et du travail ( est chargé de la mise en œuvre de la politique nationale d encouragement de la R&D industrielle. Les différents programmes développés permettent de soutenir environ projets conduits par 500 entreprises. Le principal dispositif mis en place, le fonds de R&D finance jusqu à 50% des dépenses de R&D approuvées d une entreprise. En cas de succès commercial, cette dernière doit rembourser la subvention sous forme de royalties. Compte tenu de leur caractère prioritaire, les industries traditionnelles bénéficient d un fonds spécifique, qui fonctionne sur le même modèle. Ce sera bientôt le cas des biotechnologies, pour lesquels un budget annuel de 250 millions de dollars est prévu. La coopération entre entreprises industrielles et instituts académiques est également encouragée. Le programme MAGNET ( subventionne 66% des dépenses de R&D des entreprises, et entre 66 et 90% de celles des instituts académiques. Agissant pour le compte de l OCS, l agence MATIMOP ( gère les différents programmes de coopérations internationale développés par Israël en matière de R&D industrielle : fonds binationaux (Etats Unis, Canada, Singapour, Grande Bretagne, Corée et Australie) ; accords bilatéraux (Autriche, Belgique, Irlande, Allemagne, Hollande, France, Hong Kong, Chine, etc.) et multilatéraux (Eureka, Eurostars, EEN, Galileo, Sesar) ; participation au 6ème PCRD (Union européenne). L OCS accorde une attention particulière aux activités de R&D des entreprises multinationales. Pour développer des partenariats avec les entreprises nationales, ces dernières sont invitées à établir des centres de projets en Israël. En contrepartie, le gouvernement prend en charge le montant le moins élevé parmi les suivants : 40% des charges d exploitation du centre ; 50% de l investissement total réalisé par le centre avec des partenaires israéliens ; la quasi totalité des investissements réalisés dans les zones prioritaires (115% en zone A et 85% en zone B) et dans les industries traditionnelles (100%). Enfin, l OCS administre 24 incubateurs déployés sur le territoire national (cf. Focus 3). 80

83 Un pays libéral qui pousse toujours plus l ouverture économique Historiquement ouverte, l économie israélienne a été classée 4 ème dans le Rapport 2008 de l IMD pour son attitude vis à vis de la mondialisation. Ferme partisan du système commercial multilatéral, le pays a en effet signé de nombreux accords de libre échange (Etats Unis, Union européenne, Canada, Turquie, Mexique, Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Jordanie). Cette stratégie est dictée par sa forte dépendance vis à vis du commerce extérieur. En 2008, les exportations de marchandises ont atteint près de 56,6 milliards de dollars, contre 38,6 milliards en 2005, et les importations 64,3 milliards, contre 44,9 milliards en Le pays exporte principalement des produits manufacturés, en particulier de hautes et moyennes technologies, et importe des matières premières et biens d équipement. Représentant 12,3% des importations et 32,5% des exportations, les Etats Unis sont le premier fournisseur et client d Israël. Ils ont historiquement apporté un soutien politique et financier précieux à l Etat d Israël. Malgré la situation économique inquiétante à laquelle est confronté le géant américain, ce partenariat continue d être jugé hautement stratégique. Très libéral, le régime de l investissement ouvre la plupart des activités aux capitaux privés. Le secteur postal, l un des seuls qui était encore réservé, sera entièrement libéralisé d ici fin L investissement n est soumis ni à autorisation ni à enregistrement, sauf dans le cas des investisseurs étrangers qui souhaitent bénéficier de certains avantages. Israël encourage l investissement en offrant un large éventail d incitations, qui privilégient les entreprises à capitaux étrangers. Ces dernières sont invitées à s implanter dans les nombreux technoparcs que compte le pays. Dans les zones franches, elles bénéficient d importantes réductions fiscales. Pour favoriser le développement des sciences de la vie, le Maire de Jérusalem envisage de faire de sa ville une zone économique spéciale, dans laquelle de nombreux avantages seront accordés aux industries high tech et biotech. Pour gérer les projets d IDE, il dispose de 2 guichets : l Autorité d investissement, sous la tutelle du Ministère des finances, apporte une aide aux investisseurs, dans l accompagnement du projet d implantation notamment ; le Centre de promotion des investissements (Invest in Israël), qui dépend du Ministère de l industrie, du commerce et du travail, est l organe qui labellise, approuve les projets et leur accorde des aides. 81

84 Focus 2. Un cadre incitatif particulièrement favorable aux investisseurs étrangers La volonté d Israël de créer un environnement favorable à l investissement, aussi bien national qu étranger, se traduit par un important dispositif législatif d incitations. La loi de 1959, révisée récemment, s applique à toute entreprise enregistrée en Israël et opérant dans le secteur de l industrie, du tourisme ou de l immobilier. Une fois approuvée par le Centre israélien d investissement (IIC), sous la tutelle du Ministère de l industrie, du commerce et du travail, l entreprise a le choix entre le programme de subventions et l un des programmes de réduction d impôts. Les avantages accordés dépendent essentiellement de la localisation de l investissement. En vue d un rééquilibrage territorial, Israël a été divisé en 3 zones : la zone A, qui comprend la Galilée, la Vallée du Jourdain, la Néguev et Jérusalem (pour les activités de haute technologie) ; la zone B, composée de la basse Galilée et du nord du Néguev ; la zone C qui englobe le reste du pays. Les 2 premières sont jugées prioritaires. Dans les zones A et B, le programme de subventions couvre une partie du coût du terrain, des constructions, ainsi que des équipements et machines (à condition que le projet soit achevé sous 5 ans à compter de sa date d approbation). Pendant les 7 premières années d exploitation, les entreprises bénéficient également de réductions d impôts plus ou moins importantes selon le lieu d implantation (exemption de 2 ans en zone A) et le degré de participation étrangère (dès 25% de capital étranger, la période de réduction d impôts est étendue à 10 ans). Sinon, l investisseur peut opter pour l un des 3 programmes de réduction d impôts, gérés par l Administration fiscale israélienne. La taxation alternative lui permet de substituer à son droit à subvention une exemption d impôt sur les sociétés d une durée de : 10 ans en zone A ; 6 ans en zone B (puis réduction d impôt pendant 1 an, ou 4 ans pour un investisseur étranger) ; 2 ans en zone C (puis réduction d impôt pendant 5 ans, ou 8 ans pour un investisseur étranger). Le programme de zone prioritaire propose aux entreprises implantées en zone A de bénéficier, pendant une durée de 7 ans : d un taux d imposition sur les bénéfices à 11,5%, d une taxation des dividendes à 15% et d un taux d imposition total à 24,5%. Pour les investisseurs étrangers, la taxation des dividendes est abaissée à 4%, le taux d imposition total à 15% et la période d application étendue à plus de 10 ans. Enfin, le programme stratégique accorde aux entreprises multinationales réalisant un investissement de plus de 600 millions de shekels en zone A : une exemption d impôt sur les bénéfices et de taxe sur les dividendes pendant une période de 10 ans. Des réductions d impôt supplémentaires devraient prochainement être mises en place pour encourager le développement du capital investissement. [Plus d informations auprès du Centre de promotion des investissements : 82

85 Focus 3. Des zones franches, technoparcs et incubateurs pour encourager le développement des industries technologiques à l export Afin d encourager le tourisme, le commerce international et la production locale, le gouvernement israélien a créé, en 1985, une première zone franche à Eilat, seul port israélien sur la Mer Rouge. Les entreprises qui s y implantent bénéficient de nombreux avantages, notamment l exemption d impôt sur le revenu pendant 7 ans, et par la suite, une imposition au taux marginal de 30%. Les ports d Haïfa et Ashdod ont par la suite été déclarés zones franches ( Le pays compte également plus d une vingtaine de technoparcs, à plus ou moins forte intensité technologique. Ils sont administrés soit par l autorité locale ou une association en émanant, telle que l Agence de développement de Jérusalem, soit par un promoteur spécialisé dans l immobilier d entreprise, comme Gav Yam. Détenant 50,1% des parts de l entreprise Matam (les 49,9% restants sont entre les mains de la municipalité d Haïfa), Gav Yam contrôle notamment le technoparc de Matam à Haïfa, le plus grand du pays ( yam.co.il). Ses prestigieux locataires, parmi lesquels Philips, Microsoft, Google, etc., se répartissent les m² de bureaux et emploient environ personnes. A Jérusalem, les industries technologiques sont regroupées dans le technoparc de Har Hotzvim ( Chaque jour, ce dernier accueille environ employés, qui travaillent pour de grands groupes, tels qu Intel, Teva, Amdocs, NDS, Ophir Optronics, etc., ou dans la centaine de PME qui y sont implantées. Celles ci sont parfois passées par l incubateur technologique hébergé dans le parc, BioJerusalem ( Afin d aider les entrepreneurs à concrétiser leurs projets d innovation technologique, 24 incubateurs technologiques ont été créé sur l ensemble du territoire national, parmi lesquels 15 se trouvent dans des régions périphériques. Sélectionnés sur la base de leur potentiel commercial à l export, les projets sont hébergés pendant 2 ans et bénéficient d une assistance dans les différentes démarches entreprises. Sur décision de l autorité gestionnaire, qui peut être publique ou privée (processus de privatisation lancé en 2002), les incubateurs peuvent se consacrer à un secteur d activité particulier. Pour l heure, il n existe qu un incubateur spécialisé dans les biotechnologies, celui de Jérusalem. D autres présentent néanmoins une plus forte concentration d activités dans un secteur donné (santé, environnement, informatique, etc.). A tout moment, 200 projets de R&D sont mis en œuvre dans les 24 incubateurs du pays. Fin 2006, plus de 1000 projets matures en étaient sortis. 57% d entre eux étaient parvenu à attirer des investissements privés et 41% étaient toujours en cours. Les 1,5 milliers de dollars cumulés ont été consacrés pour : 19% à l électronique et aux télécommunications ; 15% aux logiciels ; 23% aux appareils médicaux, 19% aux biotechnologues, 11% à l agriculture et l environnement ; 13% à d autres activités. 83

86 Mapping stratégique / 1. Ressources 84

87 Mapping stratégique / 2. Industrie 85

88 Mapping stratégique / 3. Services 86

89 Secteurs stratégiques La carte des investissements en Méditerranée Technologies de l information et de la communication (TIC) Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Localisation Dispositifs / Projets Contacts Représentant 17% du PIB, 8% des exportations et 6,5% de l emploi total, le secteur des TIC est l un des plus dynamiques en Israël. Entre 2004 et 2007, il a enregistré une croissance annuelle moyenne de 10%. Les start ups opérant dans le secteur y ont fortement contribué. Leur développement est favorisé par l intérêt croissant des fonds de capital risque pour les TIC, qui reçoivent 21% de leurs investissements. Deuxième plus forte concentration d entreprises high tech après la Silicon Valley, Israël attire de nombreuses entreprises étrangères, notamment des centres de R&D. Cette forte attractivité est le résultat du vaste chantier de réformes lancé en 2005 par le gouvernement. L ouverture du secteur à la concurrence a facilité le développement d une grande variété de services et l accès de la population aux technologies les plus modernes. Fabrication de composants électroniques, microprocesseurs et semiconducteurs ; Edition de logiciels ; Diffusion de programmes par télévision câblée ou IP ; Développement d application et de contenus pour la téléphonie mobile ; Téléphonie et messagerie par Internet ; Communication sécurisée ; etc. Implantation de grands groupes basés aux Etats Unis (Cisco, Microsoft, Google, IBM, HP, Motorola, Intel, AT&T), en Corée (Samsung), en France (Alcatel Lucent), etc., tandis que les entreprises israéliennes s affirment sur les marchés internationaux (Voltaire Ltd, Celltick Technologies, Runcom Technologies, Red Bend, etc.) Cluster TIC autour de Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem, avec un effet d entraînement sur le couloir allant vers Beersheba en passant par Kiryat Gat, d une part, et sur l ouest de la Galilée, d autre part Programmes d appui à la R&D et de coopération internationale mis en place par l OCS (Focus 1) Nombreuses incitations prévues pour les projets industriels (Focus 2) Grand nombre de projets de TIC amenés à maturité dans les 24 incubateurs du pays (Focus 3) 7 universités prestigieuses menant des activités de recherche Centre de promotion des investissements : Ministère des communications : 87

90 Minéraux, chimie et engrais Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Doté d importantes ressources naturelles en potasse, cuivre, gaz naturel, phosphate, magnésium, argile, sable, etc., dont une grande partie est concentrée autour de la Mer Morte, Israël a fait de l industrie chimique un moteur de son économie. Dans certaines filières, le pays figure parmi les premiers producteurs au monde. En 2008, l industrie chimique employait personnes. S élevant à 25 milliards de dollars, le chiffre d affaires réalisé cette même année a bénéficié de la hausse considérable des prix du pétrole, des produits dérivés et des engrais. Les exportations de produits pharmaceutiques y ont contribué à hauteur de 4,5 milliards de dollars (cf. «Santé, médicaments et biotechnologies»). Production de minéraux et engrais ; Transformation du brome, raffinage et pétrochimie ; Industrie des médicaments et des cosmétiques ; Produits d entretien et peinture ; etc. Majors israéliens de la chimie (Israel Chemicals Industries, Makhteshim Agan Industries, Paz Oil Company Ltd, Oil Refineries Ltd.) côtoyant des entreprises et investisseurs étrangers tells que Potash Corporation of Saskatchewan Inc (Canada), Fidelity funds, Procter & Gamble, Hewlett Packard (Etats Unis), Reckitt Benckiser (Royaume Uni), Ravago (Belgique), etc. Mer Morte (énormes ressources en potasse et brome), Negev (mines de cuivre de Timna), Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa (raffineries de pétrole et exploitation de la potasse), Ashdod, Netanya, Beersheba Programmes d appui à la R&D et de coopération internationale mis en place par l OCS (Focus 1) Nombreuses incitations prévues pour les projets industriels (Focus 2) 24 incubateurs du pays amenant de nombreux projets à maturité dans le secteur de la chimie (Focus 3) Centre de promotion des investissements : Ministère de l industrie, du commerce et du travail : Ministère des sciences et technologies : 88

91 Sciences de la vie Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Grâce à ses instituts de recherche renommés, sa forte capacité d innovation et ses centres médicaux performants, Israël s est imposé au cours de la dernière décennie comme une puissance de premier rang dans le domaine de la santé. En 2008, plus de 900 entreprises étaient actives dans ce secteur et se répartissaient comme suit entre les différentes filières : instrumentation médicale (54%), biotechnologies (20%), industrie pharmaceutique (12%), etc. Enregistrant entre 50 et 60 nouvelles entreprises chaque année, les sciences de la vie dépassent largement les autres secteurs en matière de création d entreprises et d investissements. En 2004, les fonds de capital risque avaient investi 287 millions de dollars dans le secteur. Compte tenu de leur fort potentiel de développement à l export (3,4 milliards de dollars d exportations en 2005), le gouvernement a retenu les sciences de la vie comme secteur prioritaire et accorde une attention particulière aux biotechnologies. Appareils médicaux (imagerie, appareils implantables et jetables, télémédecine, équipements chirurgicaux, appareils de diagnostic, etc.) ; Biotechnologies ; Industrie pharmaceutique ; Ingénierie biomédicale (recherche sur les cellules souches) ; Informatique médicale ; Agro biotechnologies ; etc. Entreprises multinationales telles que Johnson & Johnson, Perrigo, GE Healthcare (Etats Unis), Phillips Medical (Pays Bas) ayant rejoint les majors israéliens des sciences de la vie (Teva Pharmaceuticals, Given Imaging, Insightec, Medinol, Brainstorm, Dexxon, Perrigo) Haïfa, Petah Tikva, Tel Aviv, Jerusalem, Rehovot, etc. Programmes de soutien à la R&D : création d un fonds dédié aux biotechnologies, programmes de coopération, etc. (Focus 1) Nombreuses incitations prévues pour les projets industriels (Focus 2) BioJerusalem : 1 er incubateur spécialisé, dédié aux biotechs (Focus 3) BioNegev : pôle dʹinnovation médicale Instituts de recherche de renommée internationale (The Technion, Weizmann Institute), organisations de transfert de technologies associées aux 7 universités et 5 hôpitaux du pays, etc. Centre de promotion des investissements : Industrie israélienne des sciences de la vie : 89

92 Industrie automobile Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Bien qu Israël ne s engage pas dans la production massive de véhicules, il a acquis un savoir faire considérable dans les technologies automobiles, notamment pour la production de systèmes, composants, modules et outillages. Plus de 100 entreprises israéliennes approvisionnent à la fois les fabricants mondiaux de véhicules tels que Daimler, General Motors, International Truck & Engine, Ford (Etats Unis), Jaguar (Royaume Uni), BMW, Volkswagen (Allemagne), PSA, Renault Nissan (France), Volvo (Suède) et les fournisseurs de premier rang parmi lesquels Delphi, Johnson Controls (Etats Unis), Bosch (Inde), Valeo, Faurecia (France), Autoliv (Suède), Magna Styer (Autriche). Israël a su adapter les technologies utilisées dans l armée à des fins civiles, contribuant ainsi à la renommée internationale de son industrie automobile. Cette dernière est devenue une destination de choix pour les groupes automobiles internationaux et exporte environ 800 millions de dollars de composants et systèmes chaque année. Dans la perspective de faire d Israël un laboratoire pour le développement des véhicules électriques, le gouvernement lance de nombreux projets et mesures d encouragement. Matériaux innovants ; Technologies électroniques et automatiques avancées (vision nocturne, assistance embarquée, télématique, navigation et contrôle, capteurs, traitement de la voix, tests et mesures) ; Technologies propres (carburant hydrogène, véhicules électriques, propulsion) ; Infrastructures de transports collectifs 100 fabricants israéliens de systèmes, composants, modules et outillages, plusieurs centres de R&D, dont 1 créé par General Motors Tel Aviv, Jerusalem, Haifa, Rehovot, Beersheba, Haluza, Ness Ziona, etc. Mise en place d une taxation des véhicules proportionnelle aux émissions de CO2 : électriques (10%), essence (79%), hybrides (30%) Développement d une infrastructure nationale de recharge des voitures électriques par Better Place et Renault Nissan, sur fonds israéliens (Israel Corporation, Israel Cleantech Ventures) et étrangers (VantagePoint Venture Partners, Morgan Stanley) Programmes de soutien à la R&D, incubateurs (Focus 1 et 3) Association des fabricants automobiles : 90

93 Eau, énergie et environnement Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Face à l insuffisance des ressources en eau pour satisfaire la demande croissante, le gouvernement israélien multiplie les initiatives. En 2004, l opérateur historique Mekorot a été divisé en 3 filiales : Mekorot Water Supply est chargé du transport de l eau ; Mekorot Water Solution développe les projets de dessalement, d irrigation, de traitement des eaux usées, etc. ; Mekorot Assets gère les actifs du groupe. Les projets réalisés ont permis à Israël d acquérir un savoirfaire unique dans le secteur de l eau, dont les exportations s élevaient à 1,1 milliards de dollars en Recyclant 75% de son eau, le pays est un modèle de développement durable. Dans le secteur de l énergie, le gouvernement cherche également à satisfaire la demande nationale en dépit des réserves limitées. Le plan adopté prévoit un accroissement de la part du gaz naturel dans le mix énergétique : de 20% en 2007, elle devrait passer à 40% en Les énergies renouvelables, qui comptent déjà 100 entreprises israéliennes actives, devraient générer 10% de l électricité d ici Le traitement des déchets et le recyclage sont un autre marché prometteur. Technologies de l eau (gestion intégrée, irrigation, purification, dessalement) ; Production d énergie (gaz naturel, solaire, éolien, biomasse, biocarburants) ; Traitement des déchets et recyclage ; etc. Géants tels que Siemens (Allemagne), GE, Dow Chemicals (Etats Unis), ABB (Suisse/Suède), Jain Irrigation Systems (Inde), etc. devant faire face à des entreprises israéliennes très développées sur les marchés internationaux (Ormat Industries, Netafim, Phytec, etc.) Eau à Ashkelon (plus grande usine de dessalement au monde), Sde Boker et Eshed Kinrot ; gaz naturel dans la région de Haïfa ; énergie solaire dans le désert du Néguev et sur le plateau du Golan Israël NEWTech : programme de promotion des technologies israéliennes de l eau ( Incubateurs d Ashkelon, Sde Boker et Kinrot pour l eau (Focus 3) Technoparc de Timna à Eilat pour les énergies renouvelables Incitations à la production d énergie solaire accordées depuis 2008 Projet de terminal offshore d importation de gaz naturel liquéfié Programme israélo américain pour le développement des énergies renouvelables (2 millions de dollars en 2009, plus à l avenir) Ministère des infrastructures nationales : 91

94 Agriculture, irrigation et agro-technologies Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La production agricole israélienne a été multipliée par 12 au cours des 40 dernières années. En 2007, elle représentait 2,5% du PIB, 3,6% des exports (2,2 milliards de dollars en 2007) et 8,9% de l emploi total. La pénurie d eau et de terres agricoles est la principale menace qui pèse sur le secteur. La politique agricole se concentre donc sur 3 axes d intervention : la modernisation des méthodes de production (systèmes d irrigation, gestion de l eau, variétés de semences plus résistantes et productives) ; le développement d une production agricole durable ; l accompagnement des agriculteurs dans leurs projets de croissance. Grâce à l investissement massif en R&D réalisé chaque année (90 millions de dollars en moyenne), Israël a pris une avance considérable en matière de technologies avancées pour l agriculture. Mondialement reconnu, le savoir faire israélien a donné lieu à de nombreuses coopérations internationales, qui ont favorisé la croissance du secteur. Technologies d irrigation ; Optimisation de la production agricole ; Systèmes pour la production sous serre ; Services technologiques ; Elevage d animaux ; Fruits biologiques ; Produits laitiers ; Fleurs Présence de nombreuses coopératives agricoles, de leaders israéliens de l agriculture intensive (Carmel Agrexco), de l irrigation (Netafim, Plastro) et de la gestion agricole (Rotem) ayant attiré des investisseurs étrangers (Apax Partners, Tate & Lyle, Coca Cola, etc.) Plaines de Galilée, région des collines de l intérieur, haut de la Vallée du Jourdain, Vallée de l Arava Plusieurs centres régionaux de R&D (Ministère de l agriculture), notamment au nord ( zafon.org.il), au sud ( et dans la vallée d Arava (mop.ardom.co.il) Faculté agricole de l Université hébraïque à Rehovot Grand nombre de projets agricoles et écologiques amenés à maturité dans les 24 incubateurs du pays (Focus 3) Fonds conjoint de R&D agricole avec l Etat d Ohio pour encourager les partenariats et les exports croisés ( Projets agricoles développés par le Centre Mashav pour la coopération internationale : mashav.mfa.gov.il Ministère de l agriculture : 92

95 Tourisme Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Bénéficiant d une situation géographique privilégiée, d une grande diversité de paysages et d un patrimoine historique et culture considérable, Israël s affirme comme une destination touristique phare. Bien que le secteur soit tributaire de la situation géopolitique locale et régionale, il a connu une forte croissance ces dernières années. En 2008, les entrées de touristes ont atteint le nombre record de 3 millions, soit 32% de plus que l année précédente. En 2007, le tourisme a généré 2,4 milliards de dollars de recettes. Le pays comptait alors chambres touristiques. En 2009, l impact négatif de la crise mondiale et des opérations conduites à Gaza a pu être minimisé grâce à la réalisation de nombreuses actions de marketing, pour un montant total de 22 millions de dollars. D après les prévisions du WTTC, le secteur israélien du tourisme devrait connaître une forte croissance au cours des prochaines années et générer 6,2 milliards de dollars de recettes d ici En effet, les sites touristiques du pays sont de plus en plus prisés. Jérusalem et Tel Aviv ont été classées 1 ère et 3 ème meilleures villes au Moyen Orient par le World s Best Award 2009 du magazine Travel + Leisure. De son côté, la Mer Morte, région la plus basse de la Terre, fait partie des 28 finalistes du concours des 7 merveilles naturelles du monde, auquel 261 sites participaient. Les résultats finaux, qui seront basés sur les votes de plus d un milliard d internautes, seront annoncés en 2011 Développement du tourisme sous toutes ses formes : culturel et religieux (Terre Saint pour les 3 religions monothéistes), balnéaire, intérieur, sportif, de santé, d affaires, de luxe, etc. Investisseurs et développeurs américains (consortium Isaac Katan Eli Weinstein, Carlson, Henry Moskowitz, Ronald Lauder), voyagistes (BCD Travel), groupes hôteliers (Marriott, Mövenpick) Jerusalem, Tel Aviv, région du Lac de Tibériade, Vallée du Jourdain, Mont Carmel, Mer de Galilée, Mer Morte, Golfe d Eilat, désert du Néguev, désert de Judée, etc. Nombreux avantages accordés aux projets touristiques (Focus 2) Encouragement des projets touristiques et hôteliers : 40 millions de dollars de subventions déjà accordés, approbation sous peu de 25 millions supplémentaires Ministère du tourisme : 93

96 7. Jordanie Cadrage économique Un petit pays qui mise sur les industries à l export et l économie de la connaissance Pays de petite taille, la Jordanie a dû faire face à l insuffisance de ses ressources agricoles (les terres arables ne représentent que 6% du pays) et aquifères (les plus faibles au monde). Elle jouie en revanche d importantes réserves minières, notamment de potasse et phosphate, dont elle est le 3 ème exportateur mondial. Alors que l Irak était son premier client, elle a subi fortement l impact négatif de la guerre sur le tourisme, le commerce extérieur et les investissements étrangers. Tous ces indicateurs sont néanmoins repassés rapidement dans le vert. Entre 2004 et 2008, la Jordanie a vu ses exportations doubler et son PIB augmenter de 6,3% par an en moyenne. Cette dynamique positive a été encouragée par les nombreuses réformes lancées ces dernières années en vue d une meilleure maîtrise de la dette publique et du déficit fiscal, de l ouverture et de la privatisation de l économie, ainsi que de l augmentation des investissements étrangers. Au cours de la période , le pays est parvenu à faire passer la dette extérieure de 120% à 31% du PIB. De nombreux accords commerciaux ont par ailleurs été signés. Mais, malgré le lancement d un programme de privatisation, le secteur public demeure le principal employeur du pays, contrôlant près de 30% du PIB et conservant un rôle majeur dans des secteurs tels que les services essentiels, les mines, l agriculture, l éducation, les transports, etc. Par ailleurs, la Jordanie est loin d exploiter pleinement son potentiel d exportation. Les pays européens et du Golfe apparaissent pourtant comme des marchés prometteurs, notamment pour l industrie pharmaceutique, les minéraux, le tourisme et la banque. Faisant appel à une main d œuvre hautement qualifiée, ils contribueraient à lutter contre les problèmes majeurs de la Jordanie : le chômage et la pauvreté. Couvrant la période , la stratégie nationale adoptée par le gouvernement a pour principal objectif dʹaméliorer la qualité de vie des Jordaniens en créant emplois, faisant tomber le taux de chômage à 6,8%, contre 12,5% en 2004 et le taux de pauvreté à 10%, contre 14,2% en

97 2002. Au cours de la décennie, une croissance annuelle de 7,2% est attendue. La stratégie prévoit 3 grandes phases : de 2007 à 2012, le gouvernement concentrera ses efforts sur la création d opportunités d emploi à travers des réformes structurelles, la mise à niveau des infrastructures, l éducation et la promotion des industries orientées à l export et intensives en main d œuvre ; de 2013 à 2017, il s emploiera à renforcer la capacité industrielle du pays et à poser les bases de la future économie jordanienne de la connaissance. Pour la première phase, 8 thèmes prioritaires d intervention ont été retenus : développement politique et inclusion, législation et justice ; développement de l investissement ; services financiers et réforme fiscale ; soutien à emploi et formation professionnelle ; bien être social ; éducation, enseignement supérieur, recherche scientifique et innovation ; mise à niveau des infrastructures. Concernant le développement de l investissement, la stratégie prévoit une réforme des institutions et la priorité de secteurs clés pour l économie jordanienne. Sur le volet institutionnel, elle vise à accroître les compétences et moyens des différentes organisations en charge du développement de l investissement et de l entreprise : le Bureau de l investissement (JIB), la Société de développement des entreprises (JEDCO), la Société des zones industrielles (JIEC) et la Société des zones franches (FZC). Pour soutenir les secteurs dans lesquels la Jordanie bénéficie d avantages comparatifs (prêt à porter, médicaments, agriculture, agro alimentaire, minéraux, pierre de taille, sidérurgie, équipement de la maison, tourisme, santé, TIC), la stratégie prévoit des mesures sectorielles et transversales (développement du capital humain, de la finance, des technologies et processus, des infrastructures et des accords commerciaux, amélioration des procédures, de la fiscalité et du soutien aux entreprises). De 2007 à 2009, 833 projets issus de la stratégie nationale ont été mis en œuvre, pour un coût total estimé à 3,6 milliards de dollars. 95

98 Focus 1. L éducation, l enseignement supérieur, la formation professionnelle et la recherche développement, au cœur de la stratégie nationale jordanienne Dans la perspective de développer son capital humain, la Jordanie accorde, depuis plusieurs décennies déjà, une importance majeure à la qualité de son système éducatif. Chaque année, plus de 13% des dépenses publiques du pays sont consacrées à l enseignement primaire et secondaire. L école est gratuite et obligatoire jusqu à 15 ans, ce qui permet à 91,3% des Jordaniens d apprendre à lire. De son côté, le système jordanien d enseignement supérieur commence à être reconnu à l étranger. Au cours des dernières années, il a attiré un nombre croissant d étudiants étrangers et ses diplômés ont suscité un intérêt croissant sur le marché du travail des pays du Golfe. Avec pour objectifs d éliminer l illettrisme d ici 2015 et de garantir l adéquation des systèmes d enseignement, de formation et de recherche aux besoins du marché, la stratégie nationale prévoit un certain nombre de réformes. Dans les secteurs de l éducation, de l enseignement supérieur et de la formation professionnelle, les principales mesures portent sur la restructuration du cadre institutionnel, à travers la création d un Conseil de développement des ressources humaines et de 3 Conseils d accréditation et de garantie de qualité (un pour chaque secteur), et le développement quantitatif et qualitatifs des prestations, notamment par l implication croissante du secteur privé (consultation, financement, gestion). Pour encourager la recherche scientifique, une augmentation des dépenses de R&D est prévue : de 0,34% en 2003, elle devrait passer à 1% en 2012, pour atteindre 1,5% en Un programme pilote a par ailleurs été lancé dans quelques écoles du Royaume : l Initiative jordanienne en faveur de l éducation (JEI). Il met les TIC au cœur du système d enseignement et encourage, à travers le développement des partenariats public privé, l implication d entreprises internationales telles qu Intel, Microsoft et Cisco. Ces dernières profiteront au final de l amélioration des qualifications de la main d œuvre jordanienne, notamment en matière de TIC. En 2005, les 3,7 millions de dollars versés par des partenaires internationaux en faveur de cette initiative avaient déjà permis d équiper plusieurs écoles d une salle informatique et de fournir un ordinateur portable aux enseignants afin qu ils l utilisent en classe. Les enseignants jouent en effet un rôle central dans la qualité du système. Sur les 3 niveaux d enseignement, 90% d entre eux ont un diplôme supérieur reconnu et les 10% restants ont reçu une formation préparatoire à leur poste. Dans le cadre de la Réforme de l éducation pour l économie de la connaissance, un programme de formation des enseignants a récemment été lancé avec l Université du Wisconsin, qui ajoute 160 heures de cours spécifiques aux 160 heures du cursus national. Dans ce domaine encore, le gouvernement fait appel à l expertise privée. [Plus d informations auprès du Ministère de l Education : 96

99 Des réformes continues pour encourager l investissement étranger Pays historiquement ouvert sur l extérieur du fait de l insuffisance de ses ressources naturelles, la Jordanie joue un rôle important dans la géopolitique du Moyen Orient. Cette position stratégique lui a conféré le statut d interlocuteur privilégié des Etats Unis. En 2000, la Jordanie a été le premier pays arabe à conclure un accord de libre échange avec le géant américain, son premier client. Il s appliquera à presque tous les biens et services d ici Le pays a adhéré à la grande zone arabe de libre échange en 1998, signé l accord d Agadir en 2004 (qui crée une zone de libre échange entre l Union européenne, l Egypte, la Tunisie, le Maroc et la Jordanie), un accord de libre échange avec Singapour et 38 traités bilatéraux. Fin 2007, des négociations ont été lancées avec le Canada en vue de l établissement d un accord de libre échange. Au cours des dernières années, la Jordanie a bénéficié d un afflux important d investissements directs étrangers, notamment en provenance des pays du Golfe, qui ont investi massivement dans le secteur bancaire. L immobilier, le tourisme et l industrie légère ont également fait preuve d une forte attractivité. Après avoir atteint 3,2 milliards de dollars en 2006, le flux d IDE entrants est retombé à 1,8 milliards en Stimulés par le dynamisme du secteur immobilier et les projets de PPP, les IDE ont recommencé à croître dès 2008, s élevant à 2,4 milliards de dollars, et la tendance devrait se poursuivre dans les années à venir. Cette forte attractivité résulte des efforts continus du gouvernement pour améliorer l environnement des affaires et attirer plus d IDE. Régulièrement révisée, la fiscalité devrait être profondément simplifiée par l adoption d un code fiscal unifié. Autre initiative majeure, la définition d une nouvelle stratégie de l investissement a conduit à l élaboration d une carte représentant 150 opportunités d investissement dans 15 secteurs clés de l économie jordanienne et d une nouvelle loi de promotion des investissements, qui sera prochainement approuvée par le Parlement. Adoptée en 2008, la loi sur les zones de développement a mis en place un cadre règlementaire encourageant les investissements dans des zones identifiées comme prioritaires, notamment à l aide d incitations fiscales. Enfin, l introduction d une nouvelle stratégie de partenariat public privé devrait étendre le programme de privatisations déjà bien engagé. 97

100 Focus 2. Un cadre règlementaire qui facilite les investissements Reposant sur les lois n 16 de 1995, n 68 de 2003 et leurs amendements ultérieurs, le cadre règlementaire jordanien offre le même traitement aux investisseurs étrangers et nationaux. Les premiers peuvent donc posséder tout ou partie d un projet, le gérer tel qu ils l entendent, transférer la totalité des capitaux et revenus à l étranger, etc. En plus de ces garanties d investissement, des exemptions de droits de douane et exonérations fiscales sont accordées dans un grand nombre de secteurs : industrie, agriculture, hôtellerie, hôpitaux, transport maritime et ferroviaire, loisirs, centres de convention et d exposition, transport et distribution d eau, hydrocarbures, centres d appel et de contact, recherche et développement. Les exemptions de droits de douane portent sur : les actifs immobilisés par le projet (machines, équipements, mobilier) ; les pièces de rechange (à condition que leur valeur d excède pas 15% des actifs auxquels elles sont nécessaires) ; les immobilisations ultérieures permettant d augmenter la capacité de production de plus de 25% ; le renouvellement du mobilier des hôtels et hôpitaux tous les 7 ans. En Jordanie, l impôt sur les sociétés est de : 15% pour les activités minières industrielles, hôtelières et hospitalières ; 35% pour les établissements financiers et d assurance ; 0% pour les projets agricoles ; 25% pour toutes les autres entreprises. Afin de favoriser le rattrapage des régions en retard, le pays a été divisé en 3 types de zones : A, B et C. Les entreprises sont encouragées à s implanter dans les dernières par le taux préférentiel de remise qui leur est accordé pendant une période de 10 ans (à compter du commencement de l activité) : 25% en zone A (Amman et Aqaba), 50% en zone B et 75% en zone C. En 2001, la région d Aqaba s est vue attribuer le statut de zone économique spéciale (ZES). Dotée du statut de zone franche et d une fiscalité avantageuse, elle offre un environnement idéal aux investissements dans des secteurs aussi variés que le tourisme, les loisirs, la logistique, les services aux entreprises, les industries légères, les industries à forte valeur ajoutée, etc. La ZES d Aqaba est gouvernée, régulée et gérée par une autorité financièrement et administrativement indépendante, ASEZA ( En 2004, une société de développement (ADC) a par ailleurs été créée pour mettre en œuvre de plan directeur d Aqaba. Afin d encourager les investissements, ASEZA offre de nombreux privilèges : exemptions de droits de douanes ; impôt sur les sociétés abaissé à 5% (sauf pour les activités bancaires, les assurances et le transport routier) ; exemption de charges sociales ; taxe sur le transfert des terrains abaissé à 10%, dont 6% sont payés par l acheteur et 4% par le vendeur ; exemption des taxes portant sur les terrains et le bâti ; etc. En 2009, avec plus de 13 milliards d euros d investissement annoncés depuis sa création, la ZES d Aqaba, dépasse les objectifs prévisionnels de plus de 300%. [Plus d informations auprès du JIB : 98

101 Focus 3. Une grande variété de zones pour coller aux besoins de chaque entreprise Pour les petites et moyennes industries, la Jordanie dispose de 5 zones industrielles publiques : King Abdullah II à Sahab (Amman), Al Hassan à Irbid, Al Hussein Ibn Abdullah II à Karak, Ma an, Aqaba International. Elles sont gérées par la Société jordanienne des zones industrielles ( En plus d infrastructures et de services de qualité, les entreprises qui s y implantent bénéficient d exemptions : d impôt sur les bénéfices et de charges sociales pendant 2 ans ; de taxes sur les terrains et le bâti ; de la plupart des taxes locales ; des droits et taxes sur les actifs immobilisés, etc. Les entreprises étrangères représentent 34,6% des emplois créés dans ces zones. 4 nouvelles sont actuellement en projet à Mowaqar, Zarqa, Tafilah et Madaba. On compte aussi plusieurs parcs industriels privés, parmi lesquels Al Tajamouat (Amman), Ad Dulayl, Cyber city park (Irbid), Jordan Gateway (Irbid), etc. Afin de promouvoir les industries à l export et les investissements étrangers, 5 zones franches publiques ont été crées : celle de l aéroport Queen Alia (Amman), la zone industrielle King Abdullah II (Sahab), la zone industrielle Al Hussein Ibn Abdullah II (Karak), la zone franche de Zarqa, la zone franche d Al Karama (Mafraq). Les biens qui y sont entreposés ou produits, ainsi que les services qui y sont réalisés, sont exemptés des droits et taxes d exercice. Les produits industriels ayant utilisé moins de 40% d intrants locaux peuvent par ailleurs se voir délivrer un certificat d origine. Ces zones sont gérées par la Société des zones franches ( zones.gov.jo). Cette dernière encourage les investisseurs privés à développer, seuls ou en partenariat, des zones franches faisant entrer des ressources locales dans la production. 33 sont déjà opérationnelles, parmi lesquels le Cyber city park d Irbid, et 11 en construction. Pour les activités exportatrices vers les Etats Unis, il est intéressant de s installer dans une zone industrielle qualifiante (QIZ). Les biens intégrant au moins 8% de valeur ajoutée israélienne peuvent y être produits et exportés aux Etats Unis sans paiement des droits et taxes d exercice ni restrictions, soit une économie comprise entre 15 et 35% sur les coûts de production. La zone industrielle d Al Hassan (Irbid) a reçu ce statut en 1998, suivie par celles d Al Hussein Bin Abdullah II (Karak) et d Aqaba International. Plusieurs parcs industriels privés l ont également obtenu : Al Tajamouat, Ad Dulayl, le cyber city park d Irbid, etc. Enfin, la Jordanie s est récemment lancée dans le processus de clusterisation. En 2006, Société de développement de Mafraq ( a lancé la zone de développement King Hussein Bin Talal, conçue comme un hub régional pour l industrie et la logistique. Elle est aussi derrière le parc d activité King Hussein (Amman), dédié aux services, ainsi que la zone de développement d Irbid, qui cible les secteurs des TIC et de la santé. Gérée par la Société du sud pour la construction et le développement ( celle de Ma an sera dédiée aux TIC. La Mer Morte et Jabal Ajloun seront quant à elles dotées de zones de développement touristique. 99

102 Mapping stratégique / 1. Ressources 100

103 Mapping stratégique / 2. Industrie 101

104 Mapping stratégique / 3. Services 102

105 Secteurs stratégiques La carte des investissements en Méditerranée Agriculture et agro-alimentaire Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contact info Débouché valorisant pour la production agricole sur les marchés domestiques, régionaux et internationaux, l agro alimentaire est la première industrie jordanienne. Employant plus de personnes, sa production s est élevée à 1,7 milliards de dollars en En 2004, elle se répartissait comme suit entre les différentes branches : 24% tabac, 12% produits de boulangerie, 10% céréales moulues, 10% produits à base de viande, etc. Ces dernières années, le secteur a connu une forte croissance (de l ordre de 12% par an), aussi bien sur le marché domestique qu à l export. En 2006, 91% des exportations étaient destinées au Moyen Orient, suivi par l Asie et l Europe de l ouest. La signature d accords commerciaux a ouvert de nouveaux marchés, notamment les Etats Unis, la Grande Bretagne et les pays africains. Les principaux produits exportés sont : le tabac, les huiles végétales et animales, les produits de boulangerie, les produits à base de viande et de lait, etc. La Jordanie importe quant à elle : du bétail, de la viande et du poisson, du blé, de la farine, du riz, etc. Récolte et transformation de fruits et légumes (concentrés, soupes, conserves, etc.) ; Elevage de bétail et produits dérivés ; Huile d olive ; Boissons ; Pâtisserie ; Plantes aromatiques et médicales ; Fleurs et plantes décoratives ; Calibrage, emballage et conditionnement ; R&D ; Marketing ; Systèmes d irrigation et de gestion de l eau Plus d une centaine d entreprises à capitaux étrangers (irakiens, palestiniens, syriens, américains, saoudiens, etc.), parmi lesquelles des sites de production de grands groupes tels que Coca Cola, Pepsi, Nestlé, Del Monte, British American Tobacco, Carrefour, etc. Amman, Sahab, Karak, Irbid, Aqaba, Vallée du Jourdain Nombreux accords commerciaux, avantages prévus par la loi de l investissement (Focus 2) Projet de la Vallée du Jourdain : http :// / 5 zones industrielles publiques (notamment King Abdullah II à Sahab et Al Hussein Ibn Abdullah II à Karak) et plusieurs zones privées, parmi lesquelles plusieurs zones franches ou QIZ (Focus 3) Ministère de l Agriculture : Jordan Investment Board : 103

106 Minéraux, chimie et engrais Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Alors qu elle est relativement pauvre en hydrocarbures et en eau, la Jordanie dispose d abondantes réserves de potasse et phosphate, deux ressources centrales pour l industrie des engrais. La Jordanie détient 1,47 milliards de tonnes de phosphate (12% des réserves mondiales), qui ont donné lieu à une production de 7 millions de tonnes en La même année, 1,7 tonnes de potasse ont été extraites de la Mer Morte, soit 3,2% de la production mondiale. Les exportations de phosphate, potasse et produits dérivés (engrais), se sont élevés à 1 milliards de dollars en Malgré la crise mondiale, la demande d engrais reste forte, stimulée par les biocarburants, la croissance démographique et l évolution des modes alimentaires dans les pays émergents. La Jordanie vise à remonter la chaine de valeur de l industrie des engrais pour produire plus de produits dérivés du phosphate localement. D autres minéraux utilisés dans le secteur des BTP font l objet d une attention croissante. Production de potasse et phosphate ; Production d engrais ; Produits chimiques pour les BTP (mortier, etc.) ; Export Arab Potash Company détenant une concession exclusive jusqu en 2057 mais part stratégique vendue au canadien PotashCorp, seule entreprise autorisée à produire du phosphate (Jordan Phospate Mines Company) s associant à des partenaires étrangers (pour accéder à de nouveaux marchés et développer sa capacité industrielle (le bahreïni Venture Capital Bank, l indien IFFCO, etc.), entrée d investisseurs étrangers pour produire des matériaux de construction (le libanais SODAMCO) Mer Morte (potasse), Amman, Karak et Ma an (phosphate), Ma an et Aqaba (engrais) Avantages prévus par la loi de l investissement (Focus 2) Projet de production de phosphate à Aqaba (appel lancé en 2009) Zones industrielles publiques (notamment King Abdullah II à Sahab et Ma an) et privées, dont plusieurs zones franches ou QIZ (Focus 3) Privatisation partielle d APC et JMPC pour financer le développement de leur capacité de production Contacts Ministère de l énergie et des ressources minérales : http ://webserver.memr.gov.jo / Autorité des ressources naturelles : / Arab Potash Company : / Jordan phosphate mines company : 104

107 Santé et médicaments Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Localisation Dispositifs / Projets Contact info La carte des investissements en Méditerranée Comptant 18 entreprises, l industrie pharmaceutique jordanienne génère plus de emplois directs et indirects. En 2007, sa production s est élevée à 500 millions de dollars, soit 20% du PIB. Composée essentiellement de génériques produits sous licence (93% en 2004), elle est principalement destinée à l export. En 2007, les exportations de médicaments se sont élevées à 425 millions de dollars, contre 186 millions en D ici 2010, le gouvernement voudrait les voir atteindre 1 milliard de dollars. Les premiers clients de la Jordanie sont les pays arabes, notamment l Algérie, l Arabie Saoudite et l Irak. Bien que de petite taille, le marché domestique est également dynamique. Grâce au système efficace de sécurité social, la plupart des jordaniens ont accès aux produits et services de santé. Associé à la gestion des hôpitaux et cliniques, le secteur privé sert près de 40% de la population. En plus du marché local, les cliniques modernes créées en Jordanie accueillent des patients étrangers, attirés par le faible coût des soins et les bienfaits de la Mer Morte. Ses vertus étant mondialement reconnues, les minéraux sont par ailleurs utilisés dans des produits de soins destinés à l export. Production et exportation de médicaments (génériques sous licence, hormones, traitements, vaccins, etc.) ; Biotechnologies ; Equipements médicaux et de diagnostic ; Hôpitaux privés ; Produits d assurance maladie ; Tourisme médical ; Produits de soins ; etc. Industrie pharmaceutique dominée par HIKMA, APM et DAR Al Dawa (77% de la production et présence à l étranger) mais comptant aussi des groupes étrangers (Lilly, Novartis, Pfizer, Roche, Rhodia) Amman, Sahab, Irbid, Mer Morte, Aqaba Accords commerciaux, incitations à l investissement (Focus 2) Zones d implantations adaptées : zones industrielles (franches et QIZ), futur cluster pour les technologies médicales à Irbid (Focus 3) 11 formations paramédicales, 6 centres de recherche clinique, 101 hôpitaux (accréditation internationale soutenu par USAID) Protection de la propriété intellectuelle : brevets de 20 ans sur les produits finis, protection des données pendant 3 à 5 ans Association jordanienne des fabricants de médicaments et appareils médicaux : / Association des fabricants de produits de la Mer Morte : / Association des hôpitaux privés : jo.com 105

108 Technologies de l information et de la communication (TIC) Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Localisation Dispositifs / Projets Contact info En 2008, le secteur des TIC a généré un chiffre d affaires de 1,5 milliards de dollars. En 2006, il représentait déjà 9,7% du PIB et 25% des recettes provenaient des exportations, soit une augmentation de 18% par rapport à l année précédente. La tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années. Les principaux clients de la Jordanie sont les Emirats Arabes Unis, l Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Etats Unis et l Allemagne. La libéralisation totale du secteur des télécommunications et la modernisation de la règlementation a attiré de nombreux investissements étrangers. La stratégie nationale des TIC fixe 3 objectifs majeurs à atteindre d ici 2011 : étendre la pénétration d Internet à 50% du Royaume, contre 11% en 2007 ; faire passer le nombre d employés de l industrie des TIC de à ; élever les recettes à 3 milliards de dollars billion. Pour cela, le gouvernement s efforce de lever tous les obstacles règlementaires et d encourager le développement des qualifications de la main d œuvre locale, qui compte plus de actifs qualifiés et enregistre nouveaux diplômés chaque année. Téléphonie fixe et mobile, Internet ; Développement informatique (elearning, e government, e banking, animation) ; Externalisation des processus métiers (BPO) ; Services en langue arabe, etc. Nombreux groupes étrangers (France Telecom, le koweïtien MTC Zain, les américains Microsoft, Oracle, Cisco, le bahreïni Batelco, le grec Intracom, le chinois Huawei, etc.) et développeurs locaux Amman, Irbid, Aqaba, Mafraq Avantages prévus par la loi de l investissement (Focus 2) Zones industrielles et de développement à vocation TIC (Aqaba, parc d activité King Hussein à Amman, Irbid, Mafraq) et Diffusion des TIC : aide à l achat d ordinateurs par les ménages et de portables par les étudiants, e learning (Focus 1) Incubateurs, laboratoires, centres d excellence, programmes de certification et académies développés par les majors des TIC (Sun, Hewlett Packard, Oracle, Cisco, Microsoft, MTC Zain, Orange) Association des technologies de l information : / Ministère des TIC : / Commission de régulation des télécommunications : / Jordan Investment Board : 106

109 Textile et habillement Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Bénéficiant de la localisation stratégique de la Jordanie au Moyen Orient et des facilités accordées par les nombreux accords commerciaux signés, l industrie du textile habillement s est fortement développée à l export. En 2004, elle comptait environ 776 entreprises, parmi lesquelles 114 employaient plus de 25 personnes et 110 exportaient la majeure partie de leur production. Ces 5 dernières années, les exportations ont augmenté de 20% par an en moyenne, atteignant 1,3 milliards de dollars en En 2001, elles s élevaient à 200 millions de dollars à peine. Les Etats Unis sont le principal client de l industrie jordanienne du textile habillement. En 2008, elle a vendu pour plus d 1 milliard d articles de prêt à porter à de grandes marques et boutiques américaines. Elle fournit par ailleurs les pays du Golfe en tapisserie. La disponibilité d une main d œuvre qualifiée et peu coûteuse (moins de 50% des salaires payés dans les pays du Golfe), qui compte actifs, est un facteur clé du succès de cette industrie. En 2004, elle a attiré 44% du total des investissements industriels, soit plus d 1 milliard de dollars (contre 693 millions en 2003). Fabrication en grandes séries ; Accessoires ; Chaussures ; Tenues de sport ; Vêtements pour enfants et de luxe ; Sous vêtements féminins ; Modernisation des fabriques ; Développement et mise en place de systèmes ERP ; Formation au design Nombreux sites de production de grandes marques internationales (GAP, J.C. Penny, Levis, Liz Claiborne, Calvin Klein, Tommy Hilfiger, Wall Mart, K mart, Limited, Sears, Colombia, New York Laundry, Victoria s Secret) Amman, Irbid, Karak, Zarqa, Aqaba Accords commerciaux, incitations à l investissement (Focus 2) Zones industrielles publiques (Al Hassan à Irbid et Aqaba) et privées (Ad dulayl), dont plusieurs zones franches ou QIZ (Focus 3) 24 centres de formation aux métiers du textile et de l habillement Services de maintenance des équipements et de test des matériaux et produits finis Association des exportateurs d habillement, d accessoires et de textile : Jordan Investment Board : 107

110 Immobilier et tourisme Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Le tourisme emploie environ personnes et contribue à hauteur de 10% du PIB. Malgré une baisse de 7% des visiteurs arabes (irakiens et saoudiens notamment), ses recettes ont enregistré une hausse de 13% au cours des 11 premiers mois de l année 2007, atteignant 2,11 milliards de dollars. D un seul jour pour la plupart, les séjours de touristes arabes, qui représentent pourtant 73% des arrivés, ont peu d impact sur l activité du secteur. Générateurs de recettes supérieures, les tours organisés rencontrent quant à eux un franc succès sur les marchés européens, asiatiques et américains. La croissance moyenne du tourisme de plus de 10% enregistrée ces dernières années devrait donc se poursuivre. Composée essentiellement de 5 étoiles, l industrie hôtelière enregistre une majorité de clients d affaires. Les réunions, séminaires, conventions et expositions représentent déjà 1/3 du tourisme en Jordanie. L important patrimoine historique et culturel est un autre facteur clé de l attractivité du pays. La stratégie nationale du tourisme, qui couvre la période , vise à doubler les recettes du secteur, pour atteindre 1,85 milliards de dollars en 2010, et à créer nouveaux emplois. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement fait appel au secteur privé pour développer la capacité hôtelière. Tourisme culturel ; Tourisme religieux ; Eco tourisme et aventure ; Croisières ; Tourisme médical et de bien être ; Tourisme d affaires Développeurs du Golfe (Al Maabar, Omnix, Emaar Properties, Saraya Holding, Gulf Investment House), gérants d hôtels internationaux (Hilton Hotels, Starwood, Kempinski), restaurants occidentaux franchisés (Caribou Coffee, Papa John s, Dominoʹs Pizza) Petra, Jerash, Ajloun, Madaba, Dead Sea, Amman, Aqaba, Wadi Rum, Karak Avantages prévus par la loi de l investissement (Focus 2) m² de salles de conférence à Amman et 25 salles du Centre de conférence King Hussein au bord de la Mer Morte Investissement public de 70 millions de dollars pour la restauration de 5 sites historiques (Karak, Madaba, Salt, Jerash, Ajlun) Budget marketing de 16,3 millions de dollars en 2008, contre 8,52 en 2007 : bureaux à l étranger, projet d e marketing soutenu par USAID Office du tourisme jordanien : Ministère du tourisme et des antiquités : 108

111 Energie, eau et environnement Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Face à la hausse du prix du pétrole, la Jordanie a lancé un plan ambitieux pour le secteur de l énergie. Les subventions au pétrole ayant été abandonnées et celles sur l électricité seulement abaissées, une augmentation de la capacité de production est indispensable. Un programme de 14 milliards de dollars vise à réduire la dépendance du pays vis à vis des importations de 96% à 61% d ici Les énergies renouvelables devront alors satisfaire 10% de la demande. Des projets pilotes (centrale bioénergétique de Rusaifa) apportent une contribution modeste au mix énergétique jordanien par rapport à celle que généreront les fermes éoliennes en construction à travers le pays. Si ces dernières étaient complétées par les nombreuses centrales solaires que le projet Desertec prévoit de développer en Méditerranée, la production serait quasiment illimitée et neutre en carbone. Les technologies développées seront également utilisées pour produire de l eau par dessalement. Suite à la libéralisation du secteur, l initiative privée est encouragée. Le gouvernement souhaite aussi exploiter les réserves d uranium pour développer la production nucléaire. A l exception de la transmission d électricité, le secteur de l énergie est entièrement ouvert à la concurrence et tous les projets programmés feront l objet d un appel d offres international. Raffinage, stockage et distribution de pétrole (fin du monopôle de JPRC en 2008) ; Production de gaz (2 blocs invendus sur 8) ; Production et distribution d électricité Opérateurs historiques JPRC et NPC, entreprises internationales actives dans l exploration de pétrole, la production et la distribution d électricité (AES Oasis, JD Energy, Mitsui, Kuwait Privatisation Projects Holding Company), rachat de 51% de CEGC par un consortium international mené par JD Capital Zarqa (seule raffinerie de pétrole), Mafraq (puits de gaz), Amman (centrales électriques), Aqaba et Karak (énergie nucléaire) Avantages prévus par la loi de l investissement (Focus 2) Programme de 1,25 milliards pour la mise à niveau de JPRC 4 centrales nucléaires (2 à Aqaba et 2 à Karak) et plusieurs usines de dessalement en projet, relance du canal Mer Rouge Mer Morte Centre national de recherche sur l énergie : Contacts Ministère de l énergie et des ressources minérales : / Autorité des ressources naturelles : 109

112 Transports et logistique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Le secteur des transports représente plus de 10% du PIB national et enregistre une croissance de l ordre de 6% par an. En 2008, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie qui vise à améliorer les infrastructures pour permettre à la Jordanie de tirer pleinement parti de sa position géographique privilégiée. En 2007, Royal Jordanian Airlines a été privatisé. Le secteur aérien bénéficie aussi de la modernisation de l aéroport Queen Alia International Airport (QAIA). Le port principal d Aqaba va être déplacé et le front de mer deviendra le nouveau cœur de la ville. Le gouvernement prévoit également de construire une liaison ferroviaire légère entre Zarqa et Amman et de relancer la célèbre ligne de Hedjaz. De son côté, la municipalité d Amman a commencé la construction d une rocade de près de 120 km autour de la capitale. Alors qu aucune résolution imminente de la crise sécuritaire en Irak n est à entrevoir, les perspectives pour l industrie jordanienne des transports sont prometteuses. Le pays restera indéniablement le principal point de transit pour les biens et les personnes à destination de l Irak, tandis que le nombre de visiteurs en Jordanie devrait continuer à croître. Avec la hausse des prix du pétrole, les modes de transport alternatifs offre d importantes opportunités d investissement (bus publics, etc.) Transports aérien et maritime (privatisés) ; Construction, modernisation et gestion de ports, aéroports, routes, trains (contrat, concession) ; Transports publics ; Technologies militaires Investisseurs et opérateurs étrangers sous contrat ou concession (le libanais M1 Group, le français ADP, les émiratis ADIC et Al Maabar, le koweïti Noor Financial Investment) Aqaba (port), Amman (aéroport, transports publics), Zarqa (train), Mafraq (hub pour les transports et la logistique) Avantages prévus par la loi de l investissement (Focus 2) Zone de développement de Mafraq dédiée à la logistique et aux industries légères (Focus 3) Parc industriel du KADDB prés d Amman : transfert gratuit des terrains aux investisseurs souhaitant développer des technologies de défense armement : véhicules blindés, avions, etc. ( Ministère des transports : / Commission de régulation des transports publics : / Commission ferroviaire d Aqaba : / Autorité maritime jordanienne : 110

113 111 La carte des investissements en Méditerranée

114 8. Liban Cadrage économique Un pays qui s oriente de plus en plus vers une économie de services pour retrouver son titre de «Suisse du Moyen Orient» Alors que le Liban se relevait à peine de 15 années d une guerre dévastatrice ( ), les évènements sanglants de 2005, suivis par la guerre de juin 2006, ont marqué un nouveau coup d arrêt à la croissance. Les dépenses de reconstruction, bien qu elles stimulent la croissance, ont alourdi la dette déjà considérable du pays. Avec la destruction des capacités de production, sa dépendance commerciale vis à vis de l extérieur s est encore accrue (en 2005, le pays importait déjà 90% des produits consommés). Malgré ce contexte défavorable, certains secteurs ont connu une évolution prometteuse : les TIC ; la banque et la finance ; l industrie ; le tourisme. Pauvre en ressources naturelles mais doté d une main d œuvre hautement qualifiée, le Liban s est en effet orienté vers une économie de services. En 2008, ce secteur représentait 76,1% du PIB. L agriculture n y contribuait plus qu à hauteur de 5,1%, et l industrie de 18,8%. Bien que sa croissance soit freinée par le manque d infrastructures, cette dernière connaît un développement encourageant dans plusieurs filières (agro alimentaire, équipement de la maison, joaillerie, habillement, cosmétiques), dont la production répond à une forte demande sur les marchés internationaux. Répondant à l appel lancé au secteur privé par le gouvernement libanais pour la reconstruction, les pays arabes ont investi 4,7 milliards de dollars au cours de la période , plaçant ainsi le Liban au 1er rang des récepteurs d investissements interarabes. Les services ont bénéficié de 83,2% de ces capitaux, ce qui explique le développement rapide du secteur. Cette forte attractivité est le résultat du vaste processus de réformes économiques, d amélioration du climat des investissements et d ouverture internationale dans lequel s est engagé le Liban au sortir de la guerre de 15 ans pour retrouver la place qu il occupait dans la région. Des avancées majeures ont été réalisées à la veille des évènements sanglants de 2005, avec le lancement du plan quinquennal , accompagné de réformes structurelles : amélioration du cadre légal, administratif et règlementaire,

115 suppression des obstacles au commerce et à l investissement, réduction des coûts pour les entreprises, etc. Intervenant le moins possible (infrastructures essentiellement) dans l économie, l Etat met en œuvre tous les moyens dont il dispose pour améliorer l environnement des affaires. Cependant, suite à la longue période d instabilité politique, l économie libanaise manque d une stratégie nationale de développement structurée. En 2007, lors de la 3ème conférence de Paris pour la reconstruction du Liban, 3 priorités ont été retenues : la promotion de l investissement ; l amélioration de la qualité de vie ; l accroissement des exportations. Ces principes n ont néanmoins pu être appliqués qu à partir de la fin Et ils ne donnent aucune orientation sur l approche sectorielle et territoriale à adopter. Ces dernières années, les investissements se sont concentrés sur Beyrouth, laissant de côté d autres régions pourtant développées avant la guerre de 75. En 2001, le pays a été divisé en 3 zones bénéficiant d incitations à l investissement différenciées afin d encourager le rattrapage des territoires montagneux, et surtout des pointes nord et sud du pays, ainsi que de la Bekaa. Une attention particulière a par ailleurs été accordée à 2 secteurs dont le fort potentiel de développement n est plus à démontrer : les TIC et le tourisme. Quelle que soit leur localisation, les projets réalisés dans ces secteurs bénéficient d avantages similaires à ceux attribués dans les régions de développement prioritaires. Dans la perspective de donner une nouvelle impulsion à la croissance, un plan de développement économique est actuellement en projet. Il retient 5 secteurs prioritaires : le tourisme médical ; les médias (cinéma notamment) ; l industrie technologique (R&D, innovation et électronique) ; l agroalimentaire ; le tourisme (amusement, congrès). Afin de concentrer les investissements et favoriser les synergies, 5 zones économiques spéciales seront créées et dédiées à chacun de ces secteurs. Mises en suspens par les élections parlementaires de juin 2009, les décisions majeures pour l avenir du pays ne pourront être votées et appliquées qu après la formation d un gouvernement stable. 113

116 Focus 1. Des incitations à l investissement découlant de la zone d implantation ou des négociations avec le gouvernement La loi 360 sur le développement de l investissement divise le Liban en 3 zones d investissement (A, B, C). L exemption d impôt sur le revenu de 2 ans accordée aux entreprises cotées à la Bourse de Beyrouth (à compter de la date de cotation et sous réserve que les actions réelles constituent au moins 40% du capital) est appliquée sur l ensemble du territoire national. Les investissements réalisés en zone A (littoral) se voient attribuer tous les permis de travail nécessaires (à condition que la proportion de 2 Libanais pour un étranger soit respectée et que tous les employés soient inscrits à la CNSS). En zone B (montagne), ils bénéficient, en plus, d un allègement de 50% de l impôt sur le revenu et de la taxe sur la distribution des dividendes sur une période de 5 ans (à compter de la date de début d exploitation du projet ou, pour les entreprises cotées, de l expiration de la période d exemption). En zone C (sud, nord, Bekaa), cette dernière disposition est remplacée par une exemption de l impôt sur le revenu et de la taxe sur la distribution des dividendes pendant 10 ans (à compter de l entrée en exploitation du projet ou, pour les entreprises cotées, de l expiration de la période d exemption). Le développement des TIC et du tourisme est par ailleurs encouragé. Quel que soit leur localisation, les projets de TIC se voient accorder toutes les incitations prévus par la loi. Les projets touristiques et maritimes bénéficient quant à eux des avantages de la zone B. Dans ces deux secteurs, ainsi que dans ceux de l agriculture et l industrie, l IDAL peut également participer directement au capital des sociétés anonymes. Dans le cadre du contrat global, les avantages accordés résultent d une négociation avec l IDAL, dont les conclusions sont approuvées en Conseil des Ministres. Selon le secteur, le lieu d implantation et le nombre d emplois créés, le contrat prévoit un nombre plus ou moins important d incitations : permis de travail ; réduction pouvant aller jusqu à 50% des frais des permis de travail et de séjour ; exemption de l impôt sur les revenus et de la taxe sur la distribution des dividendes pendant 10 ans ; prise en charge jusqu à 50% des coûts de permis de construire ; exemption des frais d enregistrement, de lotissement, de remembrement et d hypothèque des terrains, etc. [Plus d informations auprès de l Agence de développement de l investissement au Liban : 114

117 L appel du Liban à l investissement des pays arabes et de la diaspora Historiquement ouvert sur l extérieur, le Liban a tissé des liens étroits avec le monde arabe, les Etats Unis et l Europe. Les nombreux traités commerciaux signés ces dernières années, notamment l accord d association avec l Union européenne et l adhésion à la grande zone arabe de libre échange (GAFTA), devraient accélérer l intégration du Liban aux économies régionale et mondiale. Le pays souffre néanmoins d un déficit structurel de sa balance courante, à hauteur de 15% du PIB. Ce déficit est financé essentiellement par le transfert massif de capitaux privés. Encouragés par la politique bancaire libérale libanaise, fondée sur des taux d intérêt élevés et un ancrage monétaire au dollar, les investissements en portefeuille et les dépôts bancaires sont majoritaires. En comparaison, les investissements directs étrangers sont relativement faibles. Tout comme les investissements nationaux, ils sont régis par le droit commun et la loi 360 sur le développement de l investissement. Votée en 2001, cette dernière n a pu, du fait de la situation politique mouvementée, entrer en vigueur qu en Elle prévoit la mise en place d un service de guichet unique au sein de l IDAL, l agence de promotion des investissements. Elle définit également les 3 grandes zones d investissement, dans lesquelles les incitations accordées sont plus ou moins importantes. Enfin, l IDAL peut proposer aux investisseurs un contrat global, dont les termes dépendent du lieu d implantation, du secteur concerné et du nombre d emplois créés. Afin de stimuler l investissement étranger, une nouvelle stratégie est en cours de préparation. Elle cible les investisseurs du Golfe, les entreprises internationales et la diaspora. Un effort de communication particulier sera réalisé auprès des Libanais à la tête d entreprises étrangères. Leur expertise dans différents domaines, ainsi que leurs recommandations sur les réformes souhaitables, est en effet précieuse pour leur pays d origine. 115

118 Focus 2. Des dispositifs financiers publics et privés pour soutenir les PME et encourager l innovation Le secteur privé libanais est composé d une majorité de petites et moyennes entreprises, qui rencontrent de nombreuses difficultés à accéder aux fonds des banques commerciales. Afin de les appuyer dans leurs démarches, le gouvernement a créé, en 1999, la société financière d intérêt public Kafalat. Elle garantie les prêts accordés par des banques commerciales à des projets jugés viables et fait bénéficier les emprunteurs d un taux bonifié de 7% par an. Elle cible les PME et les start ups innovantes opérant dans une large gamme de secteurs : l industrie, l agriculture, le tourisme, l artisanat et les hautes technologies. Pour les PME, la garantie offerte couvre entre 75 et 85% du montant de l emprunt (avec un plafond variant entre et dollars). Un dispositif spécifique a été mis en place pour les startups innovantes. Son taux de couverture s élève à 90% du montant de l emprunt. [Kafalat : En 2007, l association de soutien aux jeunes entrepreneurs Bader a, de son côté, lancé un fonds d investissement en actions, doté de 17,5 millions de dollars. Le Building Block Equity Fund offre des apports en capital, une expertise et une assistance technique à de jeunes PME innovantes. Il cible aussi bien les projets de TIC et de services à forte valeur ajoutée que les entreprises opérant dans des secteurs plus traditionnels mais à fort potentiel d innovation. Afin de faciliter la mise en relation de jeunes entrepreneurs libanais avec des investisseurs, Bader a également lancé, en 2008, le premier réseau de business angels du pays. Lebanese Business Angels offre la possibilité à entreprises naissantes implantées au Liban de présenter leur projet à des investisseurs individuels ainsi qu à des institutions. Les projets retenus peuvent toucher tous les secteurs de l économie mais doivent proposer un produit ou un service innovant, à forte valeur ajoutée et potentiel de développement sur les marchés régionaux et internationaux. [Association Bader : 116

119 Focus 3. De nouvelles zones d implantation pour accueillir les entreprises et attirer les capitaux étrangers Concentré sur la frange littorale, le développement économique libanais est actuellement confronté à une pénurie de terrains disponibles et à l inadéquation des anciennes zones industrielles. Au nombre de 72 en 2000, ces dernières n hébergeaient alors que 18% des entreprises industrielles, les autres préférant s installer en dehors. En vue de l augmentation des investissements étrangers et du développement des régions en retard, le Liban aménage de nouveaux sites d implantation, plus attractifs. Le Liban a notamment créé 2 zones franches pour attirer les investissements étrangers et accueillir les activités industrielles orientées vers l exportation, ainsi que les groupes logistiques. Les entreprises qui s y implantent sont exemptées de TVA, de charges, de droits de douane et d impôt sur le revenu, à condition qu au moins 50% de leur personnel soit libanais et que leur capital dépasse dollars. La reconstruction des m² de zone franche du port de Beyrouth ( complétés par m² d espace de stockage, est terminée. La zone franche de Tripoli, située à proximité du port, devrait quant à elle être achevée d ici 1 à 2 ans. 2 nouvelles zones sont prévues au nord du pays, à Selaata et Qlaiaat, et seront réalisées dans le cadre de la concession (BOT). Entre 2002 et 2007, 4 centres de développement des affaires ont été lancés pour accompagner les PME dans leur développement. Initié et promu par l Université Saint Joseph (USJ), Berytech ( est un technopôle dédié aux TIC et à la santé, basé à Beyrouth. SouthBIC ( est un agropole localisé à Saida et administré par la CCI. Le BIAT de Tripoli ( est une association dʹincubateurs gérée par les CCI et la Fondation René Moawad. Enfin, l Agripole ( situé dans la Bekaa, est géré par l association Al Wafic, l USJ et l Université américaine de Beyrouth. Autrefois oubliées des investisseurs, les régions de la Bekaa et du Nord Liban, offrant d importantes disponibilités foncières, accueillent maintenant des parcs industriels L approbation du nouveau plan de développement proposé par l IDAL donnera lieu à la création de 5 zones économiques spéciales. Basées sur le concept du cluster, elles seront chacune dédiée à l un des 5 secteurs prioritaires (tourisme médical, médias, technologie, agro alimentaire, tourisme) afin de concentrer les investissements et favoriser les synergies. Leur localisation sera déterminée au regard des ressources et compétences des différentes régions. Accueillant des formations universitaires pointues, de nombreuses entreprises de développement informatique et quelques centres d appels, Tripoli serait pressentie comme la future zone dédiée aux industries technologiques et aux services aux entreprises. 117

120 Mapping stratégique / 1. Ressources 118

121 Mapping stratégique / 2. Industrie 119

122 Mapping stratégique / 3. Services 120

123 Secteurs stratégiques La carte des investissements en Méditerranée Irrigation, agriculture et agro-alimentaire Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts L agriculture ne contribue plus qu à 5% du PIB (2008). Le Liban est donc obligé d importer la majeure partie de sa consommation. En effet, la destruction des infrastructures a fortement réduit sa production, auparavant très demandée pour les fruits et légumes. Entre 1961 et 1999, la surface cultivable du pays a diminué de 3%, passant de à ha. Et, en 1999, seuls 42% des terres étaient irriguées. Sur la base des recommandations de FAO, une stratégie de développement agricole a été adoptée en Les installations sont en cours de réhabilitation. D importants travaux de drainage sont également en cours dans les régions agricoles de la Bekaa et du Nord Liban. En effet, les précipitations reçues par le Liban sont relativement abondantes (2.2 milliards de m³ en année normale), en particulier sur le littoral. Les cultures prédominantes sont les fruits (23% des surfaces exploitées), les olives et les céréales (20% chacune) et le maraîchage (17%). Traditionnellement tournée vers le marché intérieur, l agriculture libanaise s oriente de plus en plus vers des productions lucratives, à fort potentiel d exportation. Fruits et légumes ; Produits organiques ; Produits laitiers ; Tabac ; Huiles ; Vin ; Confiture et miel ; Plantes médicinales et aromatiques Partenariats avec des entreprises étrangères pour développer des filières à l exportation (vin, huile, lait, etc.) Bekaa (62% des cultures industrielles, 57% des cultures maraîchères et céréalières, 37 des cultures fruitières) ; Nord Liban (40% des oliviers) ; littoral (agrumes) ; Mont Liban (fruits, vigne, forêts de pins) ; Saida 2 agropoles : SouthBIC à Saida et Agripole dans la Bekaa (Focus 3) Développement des terres et du système d irrigation Projet de soutien à la production d olives et dʹhuile dʹolive financé par le gouvernement italien (2,5 millions dʹeuros) Programmes de développement de la production (Agro Plus) et des exportations (Export Plus) gérés par l IDAL : soutien financier et assistance aux agriculteurs Ministère de l agriculture : Agence de développement de l investissement au Liban : 121

124 Technologies de l information et de la communication (TIC) Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Le secteur de la téléphonie se partage entre un réseau fixe, géré par l opérateur public OGERO, et 2 réseaux mobiles. Jusqu en 2002, Cellis (France Telecom) et LibanCell se partageaient un marché de clients. Fin 2002, le gouvernement a décidé de mettre fin à ces 2 contrats de concession (BOT) et de lancer un nouvel appel d offres. Il a été remporté par FAL DETECON (réseau Alpha) et MTC Touc. La vente de 40% des parts de l Etat dans Liban Telecom est prévue pour Dans l Internet, 5 fournisseurs d accès se partagent le marché, avec un taux de pénétration estimé à 7 % (environ 312,500 abonnés). L accès haut débit est accessible ponctuellement, dans le technopôle de Berytech par exemple. Le marché des technologies de l information, estimé à 245 millions de dollars en 2001 par la Professional Computer Association, a cru de 23 % en moyenne durant les 5 années précédentes. 58 % du marché provient de la vente d équipements et des infrastructures, 28 % des services et 14 % des logiciels. Bénéficiant d importants avantages comparatifs (maind œuvre hautement qualifiée et polyglotte, secteur de la publicité et des médias très dynamiques dans le monde arabe), le Liban continue à recevoir de nombreux investissements privés dans ce secteur. Développement de logiciels et de sites Internet ; Services partagés ; Opérations de back office ; Centres d appels ; etc. Opérateurs télécoms koweitien (MTC) et égyptien (Orascom), sociétés informatiques françaises (Unilog, Ever Group) et émiraties (Emircom), centres d appel italiens (Telecom Italia), français (Teleperformance) Beyrouth, Tripoli Projets de réseaux interurbain et urbain (Beyrouth) dʹéchange de données à capacité élevée (montants respectifs de 13 et 7,5 millions de dollars, appels d offre en cours de préparation) Technopôle de Berytech : incubation, soutien et accueil des projets de TIC et de multimédias ( Mise en place de centres d appels internationaux Ministère des télécommunications : Agence de développement de l investissement au Liban : 122

125 Banque et finance Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Très libéral, le Liban bénéficie d une longue tradition bancaire et financière, qui lui a valu son nom de «Suisse du Moyen Orient». N imposant aucune restriction aux mouvements de devises et de capitaux et garantissant le secret bancaire absolu (institué en 1956), il attire de nombreux acteurs financiers. Ces derniers apprécient aussi l absence de contrôle sur les changes et la convertibilité totale de la monnaie. Malgré le mouvement de consolidation amorcé dans les années 90, le réseau d institutions bancaires et financières est encore très dense. En 2009, il compte 53 banques commerciales, 12 banques d investissement, 45 institutions financières, 12 intermédiaires financiers et 2 sociétés de crédit bail. Le réseau d agences est très développé : on en compte une agence pour environ habitants. Depuis 1998, la Banque centrale impose aux banques l application de règles prudentielles stricte, qui ont protégé le secteur bancaire libanais face à la crise de , les actifs détenus par les banques ont connu une hausse de 13% et leurs profits nets ont augmenté de 27%, poursuivant la tendance de croissance à 2 chiffres des 6 dernières années. L autorisation récente des banques islamiques (loi et circulaires de 2004), auxquels certains privilèges sont accordés, est en grande partie dictée par le flux déjà important de capitaux arabes présents au Liban et ouvre de nouvelles opportunités d expansion dans la région. Opérations bancaires; Assurances ; Intermédiation financière ; Banque et assurance islamique ; etc. 9 banques commerciales étrangères implantées au Liban pour servir la région (Banque Audi, Commerzbank, Crédit Suisse, Dresdner Bank, HSBC, Intesa S.P.A, Bank Of New York, JP Morgan Chase, Arab Banking Corporation), banques françaises présentes à travers des filiales libanaises (BNP Paribas, Calyon, Société Générale) Beyrouth Règles prudentielles conformes aux exigences de Bâle II : ratio de solvabilité minimum de 12%, réserves obligatoires représentant 10% des bénéfices annuels, recours systématique au provisionnement pour créances douteuses, etc. Banque centrale du Liban : 123

126 BTP, transport et logistique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Important pôle logistique régional avant la guerre, le Liban bénéficiait d infrastructures développées et de qualité. Les ports (Beyrouth, Tripoli, Saïda et Jounieh) et l aéroport international de Beyrouth, classés en zone de libre échange, contribuaient activement au dynamisme de l économie. Le développement des routes n était en revanche pas parvenu à suivre sa croissance rapide. Les années de conflit n ont fait qu aggraver la situation. Depuis 1992, des progrès significatifs ont réalisés au niveau des réseaux d électricité, d eau et de télécommunication. De puis la fin de la guerre, les toutes et autoroutes ont également bénéficié d importants travaux de réhabilitation (1 013 millions de dollars jusqu en 2006) et continuent d être améliorées (476 prévus après 2006), notamment avec le projet d autoroute Beyrouth Damas. De nombreux contrats ont par ailleurs été attribués par le CDR et les autorités portuaires concernées pour la reconstruction et le développement des ports de Beyrouth et Tripoli, représentent environ 180 millions de dollars en Le gouvernement se concentre maintenant sur l élargissement du port de Tripoli, stratégique pour le transit des marchandises vers lʹirak. Devant accueillir 6 millions de passagers par an dans un premier temps puis 16 millions à l horizon 2035, l aéroport international Rafic Hariri est en pleine extension. En 2007, le CDR avait déjà attribué 775 millions de dollars de contrat. Ce développement demandera une augmentation des capacités de restauration, de formation, etc. Réalisation d études et de travaux sur les réseaux et infrastructures : eau, électricité, routes, ports, aéroport, équipements publics, etc. Donateurs et prêteurs internationaux (fonds saoudien, IFC, BEI, etc.), groupes logistiques (CMA CGM), compagnies aériennes (Royal Air Maroc), etc. Beyrouth, Mont Liban, Saida, Tripoli, Bekaa Réhabilitation des routes principales et secondaires : autoroutes arabe et côtière, routes du nord, sud, mont Liban et de la Bekaa Réalisation d études pour le développement du port de Saïda Projets d amélioration des services publics à Beyrouth et Tripoli. Projet de développement des transports urbains autour de Beyrouth Conseil du développement et de la reconstruction : 124

127 Energie et électricité Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Dépourvu de ressources fossiles, le Liban est contraint d importer la majeure partie de son électricité et de sa consommation de gaz et de fuel. Le secteur de l énergie est dominé par l établissement public EdL, qui produit l électricité, la transmet et la distribue chez près de 1,2 millions de clients. La capacité de production du pays comprend 2 centrales thermiques (900 MW), de turbines à gaz (35 MW chacune) et de centrales hydrauliques (282 MW). Les raffineries publiques de Tripoli et Zahrani sont actuellement arrêtées et servent comme terminaux d importation et capacité de stockage. Le réseau de distribution couvre la majeure partie du territoire national. EdL est actionnaire majoritaire de l ancienne entreprise privée Kadisha, qui sert environ clients au Nord Liban. Face aux pertes considérables d EdL et au coût croissant des importations de fuel et de gaz naturel, un plan de réforme du secteur de l énergie a été engagé en 2002 : établissement d une autorité indépendante de régulation, privatisation de la production et de la distribution (concessions et/ou entités nouvelles, qui seront à terme ouvertes aux investissements privé à hauteur de 40%), attribution de contrats d exploitation pour les réseaux de transmission. Entre autres projets, le Liban négocie actuellement l approvisionnement en gaz naturel depuis l Egypte par le pipeline gazier arabe. Développement de capacités indépendantes de production et de distribution d électricité ; Exploitation des réseaux de transmission Donateurs et prêteurs internationaux (fonds saoudien, OPEC, etc.), groupes énergétiques (Qatar Petrochimical, KEPCO) Beyrouth, Saida, Zahrani, Ksara et Baddawi pour l électricité ; Kadicha, Markaba, Awali, Joun, Rchmaiya pour l hydraulique ; Baalbeck, Zahrani, Jieh, Zouk et Haraichet pour le thermique Projet de construction d une centrale (450 MW) au nord du pays Extension de la ligne de gaz naturel entre Baddaoui et Zahrani, en passant par les usines de Zouk et de Jiyeh (150 millions de dollars). Construction de 3 stations de transmission électrique à haute tension à Baalbeck, Saida, Beyrouth et Tripoli (93 millions de dollars) Définition d un Plan directeur pour le secteur de l électricité, en partenariat avec EDF et avec le soutien de l AFD. Electricité du Liban : 125

128 Immobilier, tourisme et loisirs Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Doté d un climat agréable, d une situation géographique et naturelle privilégiée (grande diversité de paysages concentrés sur une fine bande de terre), d un important patrimoine historique et culturel, et de ressources humaines qualifiées, le Liban s est depuis longtemps affirmé comme une grande destination touristique au Moyen Orient. En 2009, on estime que 9,3% du PIB et 9,6% de l emploi total seront générés par le tourisme, dont 28% supplémentaires des emplois dépendent indirectement. Ces dernières années, de nombreux projets d hôtels, de résidences et de commerces de luxe ont été lancés à Beyrouth. Le Four Seasons Hotel, le Hilton et le Souk de Beyrouth devraient ouvrir fin 2009, le Solidere Rotana en 2010, le Grand Hyatt en 2011 et le Kempinski en Le secteur des loisirs connaît aussi une réelle effervescence. A l est de Beyrouth, a été inauguré en 2005 l un des plus importants parcs thématiques du Moyen Orient. Habtorland est la première phase du projet Metropolitan City Center, développé par le groupe émirati Al Habtor pour un coût total estimé à 150 millions de dollars. De son côté, Noor Investment Holding va construire à Damour la première île artificielle du pays. Des spas ouvrent un peu partout dans le pays. Malgré la crise, le Liban attire toujours plus de touristes. Beyrouth s est classé en tête de la liste des «44 villes à visiter en 2009» publiée par le NY Times. Au cours des 4 premiers mois de l année, il a enregistré une hausse de 57% du nombre d arrivée par rapport à l année précédente. Tourisme balnéaire ; Tourisme médical (cliniques) et de soins (spas) ; Tourisme urbain (hôtels, restaurants, complexes commerciaux, parcs d attraction, casinos, musées) ; Tourisme sportif (stations de ski) ; etc. Investissements dans l hôtellerie, la restauration, les loisirs, les soins, les stations balnéaires et de ski : Koweit (Kipco, KRE.KSE, Al Massaleh, Landmark), Oman (Al Taher), Emirats Arabes Unis (Al Habtor, Reef), France (Accor, Vichy Spa), Suisse (Kempinski Hotels) Beyrouth et ses environs (Byblos, le Chouf, etc.), le Mont Liban, la Vallée de la Bekaa, la Bekaa (Baalbek), Saida, Tripoli Projet de développement du tourisme sportif, soutenu par le PNUD Programme de promotion de la destination Liban à l étranger Ministère du tourisme : Agence de développement de l investissement au Liban : 126

129 127 La carte des investissements en Méditerranée

130 9. Maroc Cadrage économique Vers une économie diversifiée pour limiter la dépendance aux aléas climatiques Jusque là fortement orienté vers le tourisme, l agriculture et la confection, le Maroc cherche à diversifier son économie afin de limiter sa dépendance aux aléas climatiques. En se positionnant comme une destination d excellence, attractive pour les capitaux, les compétences et les nouvelles activités, il vise une montée en valeur ajoutée, créant ainsi les emplois et la richesse nécessaires à sa population croissante. Dans cette optique, la stratégie de développement économique s articule autour de 3 modalités : des réformes globales visant à améliorer le climat des affaires ; le suivi et l amélioration des indicateurs macroéconomiques (inflation, déficit budgétaire, taux de croissance, etc.) ; et la mise en place de stratégies sectorielles, dotées d objectifs et de mesures spécifiques à moyen et long terme. Initiée en 2000 pour compléter les deux premières modalités et offrir plus de lisibilité aux investisseurs, l introduction de ces stratégies s est faite progressivement. Au nombre de cinq, les moteurs de la croissance du Maroc représentent les cinq branches de l étoile du Royaume : l industrie, le tourisme, le commerce, l agriculture, les infrastructures. Adopté en 2006, le plan Emergence fixe les objectifs stratégiques de la politique industrielle du pays en ciblant les secteurs clés pour lesquels le Maroc présente des avantages compétitifs et qui devraient représenter 70% de la croissance industrielle d ici Il devait générer 91 milliards de dirhams (8,2 milliards d euros) de PIB additionnel, créer emplois et réduire de plus de 50% le déficit de la balance commerciale à l horizon En 2009, l Etat et le secteur privé ont consolidé les engagements pris dans le cadre du plan Emergence en scellant un pacte d émergence industrielle D un budget total de 12,4 milliards de dirhams (1,1 milliards d euros), dont 34 % dédiés à la formation et aux ressources humaines et 24 % à lʹincitation à lʹinvestissement, ce programme devrait susciter 50 milliards de dirhams (4,5 milliards d euros) d investissements privés et générer 50 milliards de dirhams de PIB additionnel, nouveaux emplois et 95 milliards de dirhams (8,5 milliards d euros) d exportations supplémentaires

131 à l horizon Globalement, la stratégie industrielle se focalise sur les Métiers mondiaux du Maroc (MMM) : les métiers orientés IDE (aéronautique, automobile, électronique, nearshoring (la version «soft» des délocalisations), les métiers traditionnels (agro industrie, textile cuir). Visant à renforcer l attractivité globale du pays, la Vision 2010 comprend plusieurs volets : le Plan Azur pour le tourisme balnéaire, le Plan Mada In pour le repositionnement des grands sites touristiques, le tourisme rural, le tourisme de niches et le tourisme interne. L objectif est d accueillir 10 millions de touristes dès 2010 et 15 millions d ici Dès 2009, une Vision 2020 devrait en effet être définie. Prenant en compte les évolutions économiques et sociales intervenues dans le secteur de la consommation, Rawaj Vision 2020 comprend des actions transversales pour le renforcement de l attractivité de l offre commerciale, d une part, et l amélioration de l environnement des opérateurs du commerce, d autre part. Il prévoit également des actions sectorielles spécifiques pour le commerce de proximité, la grande et moyenne distribution et les marchés de gros, abattoirs et halles aux poissons. A l horizon 2020, le secteur du commerce devrait contribuer à 15% du PIB national, contre 11% en 2006, et permettre la création de emplois. Conscient du fort potentiel de développement du secteur agricole, le Ministre de l Agriculture Aziz Akhannouch, a lancé le plan Maroc Vert, qui repose sur 2 piliers : la mise à niveau de lʹagriculture sociale et solidaire ; le développement dʹune agriculture moderne. Compte tenu de la forte dépendance marocaine de sa production agricole, dont 60% de la population vit directement ou indirectement, la réussite de ce plan pourrait générer 2 fois plus d effets que le plan Emergence. Enfin, le Maroc s est engagé dans un vaste programme d investissement dans les infrastructures de base, les équipements sociaux, les zones d activité, l habitat, etc. Entre 2005 et 2009, les dépenses consacrées à ces infrastructures ont connu une augmentation constante, passant de 20,5 à 38,2 milliards de dirhams (1,9 à 3,4 milliards d euros) et de 3,9% à 5,2% du PIB. Un important effet de levier sur l investissement privé est attendu. En modernisant ses infrastructures de transport (routes, ports, voies ferroviaires, aéroports), le Maroc ambitionne de devenir une plateforme 129

132 mondiale de transformation et de transit. Le recours au partenariat publicprivé optimise la fonction «d entraînement» de l investissement public. Focus 1. Des fonds d appui aux projets stratégiques Afin d appuyer les projets stratégiques pour le développement de l économie marocaine, le pacte national d émergence industrielle prévoit d importantes mesures incitatives pour les investissements ciblés. Elles représentent 24% des 1,1 milliards d euros mobilisés. Le Fonds de promotion des investissements soutient les projets jugés importants au regard du montant investi (supérieur à 200 millions de dirhams, soit 18 millions d euros), du nombre d emplois créés (supérieur à 250), de la région d implantation, de la technologie transférée ou de leur contribution à la protection de l environnement. Les investisseurs ayant conclu un contrat d investissement avec l Etat peuvent bénéficier d une exonération partielle des dépenses d acquisition du terrain (plafonnée à 20%), d infrastructure externe (plafonnée à 5%) ou de formation professionnelle (plafonnée à 20%). Ces avantages peuvent être cumulés à hauteur de 5% du montant global de l investissement projeté et 10% si le projet est réalisé dans une zone rurale ou suburbaine ou concerne les secteurs de la filature, du tissage ou de l ennoblissement du textile. Parallèlement, le Fonds Hassan II, créé en 2000, apporte une aide financière aux activités à forte croissance et valeur ajoutée dans lesquelles le Maroc jouit d avantages compétitifs (sous traitances aéronautique, automobile et électronique, nanotechnologie, microélectronique et biotechnologie). Les projets d un montant supérieur à 5 millions de dirhams HT (près de euros), et dont les biens d équipement représentent plus de 2,5 millions de dirhams HT (près de euros) bénéficient d une prise en charge plafonnée à 10% (maximum de 20 millions de dirhams, soit 1,8 millions d euros) du coût total lié à l acquisition du foncier, à la construction ou l acquisition des bâtiments professionnels et à l acquisition des biens d équipement neufs. Il finance également, dans le cadre de partenariats public privé, la réalisation de centres de développement technologique dédiés à la nanotechnologie, la microélectronique et la biotechnologie. [Plus d informations auprès de l Agence marocaine pour le développement des investissements ou du CRI de la région concernée : 130

133 Un pays historiquement ouvert aux opérateurs étrangers Ayant accueilli la réunion ministérielle portant création de l OMC, les accords de Marrakech, le Maroc a depuis longtemps fait le choix de l économie de marché et de l ouverture économique. Doté d un droit positif qui n opère aucune discrimination entre nationaux et étrangers, le pays est ouvert aux capitaux étrangers, qui sont devenus une part importante de l investissement. Les réformes adoptées régulièrement améliorent le climat général des affaires au profit de l ensemble des opérateurs, qui doivent répondre au même cahier des charges : établir une relation gagnant gagnant entre l entreprise et le pays. Offrant une main d œuvre qualifiée à deux pas de l Europe (14 km de l Espagne), le Maroc entend se positionner en tant que plateforme de production et d exportation du savoir faire européen. Son statut avancé avec l Union européenne dans le cadre de la Politique de Voisinage, son accord de libre échange avec les Etats Unis et son adhésion à la Ligue Arabe lui ont déjà valu de nombreuses implantations d entreprises étrangères : françaises et espagnoles historiquement, chinoises et japonaises plus récemment. Cet investissement étranger se fait dans le cadre des libéralisations et privatisations engagées dans le domaine des TIC, de l énergie, de la distribution d eau et d électricité, des infrastructures, etc. Cette ouverture progressive, qui touche la quasi totalité des secteurs, s accompagne de la mise en place d un environnement favorable à l investissement, notamment étranger. Avec l adoption de la Charte de l investissement, l Etat a procédé à un profond remodelage du régime fiscal et s emploie à fournir toutes les garanties nécessaires aux investisseurs. A travers le Fonds de promotion des investissements et le Fonds Hassan II, il soutient les projets jugés stratégiques pour l économie marocaine. Il veille également à ce que chaque opérateur trouve un site d implantation adapté à ses besoins : zones franches, zones de nearshoring, plateformes industrielles intégrées, etc. Enfin, des plans majeurs ont été lancés dans les domaines de l éducation, de la formation et des technologies de l information et de la communication en vue d une mise à niveau du pays. 131

134 Focus 2. Une Charte pour faciliter et sécuriser l investissement En 2005, le gouvernement a adopté une Charte de l investissement dont les objectifs principaux sont : la réduction de la charge fiscale afférente aux opérations d acquisition de l outil de production, la réduction des taux d imposition sur les revenus et les bénéfices, l octroi d un régime fiscal préférentiel au développement régional, le renforcement des garanties accordées aux investisseurs, la promotion des zones franches et des places financières off shore et une meilleure répartition de la charge fiscale. Révisé en 2007, le régime fiscal a été simplifié et s organise maintenant autour des 4 principaux impôts : l impôt sur le revenu (IR), qui a été ramené à 40% ; l impôt sur les sociétés (IS), qui est passé de 34% à 30% le 1er janvier 2008 ; la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), dont la base d imposition a été élargie ; les droits d enregistrement. A l exception de quelques filières très ciblées (phosphate, distribution d alcool éthylique, gestion des déchets nucléaires, distribution en gros de fruits et légumes, halls de poissons et les abattoirs, production d eau et d électricité, services postaux, distribution de tabac, tous les secteurs sont libres et ouverts aux investissements étrangers. Les bénéfices et plus values sont intégralement transférables à l étranger. Pendant les 5 premières années, les entreprises exportatrices bénéficient d une exonération totale de l IS. Il passe ensuite à 17,5%, contre 30% au taux normal. En ce qui concerne la propriété intellectuelle, les dispositions nécessaires au respect des droits ont été prises. Selon le Département fédéral du commerce des Etats Unis, «le chapitre sur la propriété intellectuelle [est maintenant] le plus avancé de tous les accords de libre échange négociés jusque là». Ce cadre sécurisé devrait encourager au dépôt de brevets dans le pays, exonéré d impôts pendant les 5 premières années. [Bureau Marocain du Droit dʹauteur : La modernisation du cadre institutionnel a quant à elle été marquée par la création de la Commission Interministérielle d Investissement (CII), en 1999, et des Centres Régionaux d Investissement (CRI), en Présidée par le Premier Ministre, la CII approuve les conventions d investissement liant l Etat à des investisseurs d envergure et statue sur les problèmes entravant la réalisation de leurs projets. En vue de mieux servir les investisseurs en se rapprochant du terrain, chaque région a par ailleurs été dotée d un CRI qui informe les investisseurs et les accompagner dans leurs démarches. La gestion des dossiers est répartie entre niveau central et régional selon la taille (seuil à 2 millions d euros) et la spécificité de l investissement. Enfin, une Agence Marocaine pour le Développement des Investissements (AMDI) a été créée début [Plus d informations auprès de l AMDI : 132

135 Focus 3. Une multiplication et une diversification des sites d implantation Afin d accompagner la diversification de l économie marocaine, les collectivités se mobilisent pour affecter du foncier au développement de zones d activité répondant aux besoins des entreprises nationales et internationales. Des opérateurs privés se positionnent également sur ce créneau, favorisant la multiplication des sites industriels et la diversification des types de zones. Dans le cadre d Emergence, l Etat développe des Zones franches d exportation (ZFE) réservées aux activités de type industriel à l export. Face à la capacité d accueil limitée du port de Tanger, une ZFE est rapidement venue se greffer à proximité (Tanger Free Zone). Elle sera bientôt complétées par 3 autres, respectivement dédiées aux activités logistiques portuaires (130 ha), industrielles (600 ha à Melloussa) et commerciales (200 ha à Fnideq). Afin de favoriser l équilibre territorial, une ZFE est en cours de réalisation à Nador, dans la région de l Oriental. Les entreprises implantées en ZFE bénéficient : d une exonération des droits de douanes, de TVA et de droits d enregistrement sur les augmentations de capital ; d une exonération totale d IS pendant 5 ans, puis d un taux de 8,75% pendant 15 ans ; d une exonération de TP pendant 15 ans ; d une absence de prélèvement sur les dividendes et intérêts versés à l étranger ; de la réalisation des opérations en devises sans contrôle de l office des changes. [Tanger Méditerranée Special Agency : Aux entreprises de services, l Etat propose des zones de nearshoring. Ces parcs d activités équipés de bureaux prêts à l emploi sont dédiés à l externalisation de services administratifs (BPO) ou de services télécoms et informatiques (ITO). 2 sont déjà en service (Casa Nearshore Park et Rabat Technopolis), 4s en cours de réalisation (Fès Shore, Tétouan Shore, Marrackech Shore et Oujda Shore) et d autres en projet (Ifrane, etc.). Les entreprises implantées bénéficient du plafonnement à 20% de l IR prélevé à la source et du régime d exonération d IS de droit commun des exportateurs de services (cf. «Offshoring»). Casa Nearshore Park a rencontré un réel succès. Face à la demande, la commercialisation s est vue accéléré et un foncier a déjà été affecté à l extension de la zone. [MEDZ (groupe CDG) : D ici 2015, 22 plates formes industrielles intégrées (P2I) sont par ailleurs prévues dans le pacte d émergence industrielle : Automotive City à Tanger et Kenitra, Nouaceur Aerospace City, Cluster électronique de Mohammedia, 6 agropoles (Meknès, Gharb, Oriental, Agadir, Haouz, Tadla). Dotées de guichets uniques, elles accueilleront les activités relatives aux métiers mondiaux du Maroc sur des superficies comprises entre 200 et 400 hectares et réparties à travers toutes les régions du Royaume. Ces plateformes permettront aux opérateurs d accéder au foncier à des prix très compétitifs tout en bénéficiant de services de qualité (administration, télécommunications, logistique, logements, restauration). Elles constituent une première étape vers la création de pôles de compétitivité. 133

136 Mapping stratégique / 1. Ressources 134

137 Mapping stratégique / 2. Industrie 135

138 Mapping stratégique / 3. Services 136

139 Secteurs stratégiques Offshoring /Nearshoring Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Fort de sa maîtrise des langues française et espagnole et du coût avantageux de sa main d œuvre moyennement qualifiée, le Maroc cherche à attirer les processus métiers (BPO) et les processus liés aux technologies de l information (ITO) des entreprises européennes. Premier pilier d Emergence, l offshoring présente un fort potentiel pour l économie marocaine puisqu il pourrait générer 1,3 milliards d euros de PIB additionnel et créer emplois dʹici Afin de favoriser son développement, l Etat veille à répondre aux attentes des opérateurs à travers tout un dispositif : d infrastructures, de services «world class», de formations, d incitations, etc. Administration, gestion de la relation client (notamment francophone), banque, assurance ; Gestion d infrastructure informatique, développement de logiciels, maintenance applicative Spécialistes de l externalisation de services, de l intégration de systèmes, etc. : français (Webhelp, Atos Origin, Capgemini, Outsourcia), espagnols (Atento), britanniques (Logica CMG), américains (Sitel, EDS), indiens (Genpact, Tata), etc. Casablanca (nearshore francophone), Rabat, Fès, Tanger, Marrakech, Ifrane, Oujda Zones dédiées : 2 déjà en service (Casa Nearshore Park et Rabat Technopolis), 4 en cours de réalisation (Fès Shore, Tétouan Shore, Oujda Shore, Marrackech Shore) et d autres en projet (Ifrane, etc.) (Focus 3) Exonération d IS des exportateurs de services (0% pendant 5 ans à concurrence du CA export, puis 17,5%), IR plafonné à 20%, défiscalisation complète du premier emploi pour un salaire mensuel inférieur à 550 euros, droits de douane inférieurs à 2,5% (Focus 2) Formation de personnes aux métiers de l offshoring d ici 2009 et de ingénieurs par an à l horizon 2010, et prise en charge de l ensemble des coûts de formation post embauche pour une durée de 3 ans et un montant de euros/employé maximum (Focus 4) Aides de l Etat à l installation et à la formation proportionnelles à la masse salariale plutôt qu au montant de l investissement (Focus 1) Centre de veille stratégique : Association des professionnels des TIC : AMDI : 137

140 Focus 4. Des investissements massifs en faveur de l éducation, la formation et les TIC pour créer un effet de levier sur l économie Après la première vague de réformes économiques lancée ces dix dernières années, le Maroc souhaite accélérer le rythme du changement en stimulant l investissement privé par la mise en œuvre de plans transversaux majeurs. Lancée en 2005 dans le cadre de l Initiative nationale pour le développement humain, la mise en œuvre de la Charte nationale de l éducation et de la formation continue de mobiliser une part importante du budget de l État. Soutenue par plusieurs organisations internationales, le programme d urgence Najah vise l éducation par l inclusion. Doté d un budget de 43,7 milliards de dirhams pour la période , il financera 23 projets avec pour objectifs prioritaires : la décentralisation et la gestion des ressources humaines ; la gestion axée sur les résultats ; le système de formation initiale et continue des enseignants ; le préscolaire et le primaire avec priorité renforcée à l équité et à la scolarisation des filles, notamment en milieu rural. Dans le domaine de la formation professionnelle, les 210 établissements existants, publics pour les 2/3, assurent des formations régulières ou à la demande pour répondre aux besoins de secteurs émergents tels que le BTP, le tourisme, les services, les TIC, le design industriel, etc. A travers l Office de Formation Professionnelle, l Etat prend en charge jusqu à 70% des frais de formation et 80% des frais d études et d élaboration du plan de formation de l entreprise, pour les actions se déroulant au Maroc ou à l étranger. Dans le Pacte national d émergence industrielle, les actions de formation représentent 34% des 1,1 milliards de d euros mobilisés, soit la part la plus importante du budget total. Des Instituts de Métiers seront créés pour l automobile et l aéronautique. Des aides à la formation à l embauche et en continu sont prévues dans les secteurs de l automobile, l aéronautique, l électronique et l offshoring. D ici 2015, personnes devraient ainsi recevoir une formation répondant aux besoins des entreprises actives dans les métiers mondiaux du Maroc. Adoptée en 2005, la stratégie e Maroc 2010 indique la volonté des autorités de réduire la fracture numérique et de positionner le secteur marocain des TIC à l international. 6 axes de travail ont été retenus : développement du contenu et des services en ligne ; amélioration des infrastructures des télécoms et des équipements informatiques ; généralisation de l accès à l Internet ; formation et qualification des ressources humaines ; développement d une industrie compétitive des TIC ; développement des télé services, particulièrement pour l export. En 2006, l Etat et les professionnels du secteur ont conclu le Contrat progrès et défini un plan d action dénommé Pacte. A horizon 2012, les TIC devraient contribuer à hauteur de 10% du PIB (contre 5% en 2006) et créer nouveaux emplois. Le nombre d entreprises équipées serait alors porté à et le nombre d abonnés à Internet à 1.8 million. 138

141 Industrie automobile Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Caractérisée par la prépondérance de la fabrication de carrosserie et remorques ainsi que de l assemblage de véhicules, l industrie automobile marocaine est encore essentiellement orientée vers le marché domestique. Bénéficiant de coûts de production compétitifs et de sa proximité logistique de l Europe, elle a surtout vocation à se développer à l exportation. Depuis la cession au constructeur français Renault de la participation publique dans la SOMACA (38% du capital) et la conclusion avec lui d une convention portant sur le lancement de la nouvelle «voiture familiale», le secteur est en cours de repositionnement. En s appuyant sur les 28 sites majeurs d assemblage basés en France en Espagne et au Portugal, l objectif est d intégrer l outil national dans la stratégie des constructeurs mondiaux en captant la fabrication de 250 à 300 équipements. Grâce au savoir faire et à l expertise étrangère, l industrie locale gagnera en performance et atteindra les standards internationaux en matière de normes et de qualité. L objectif est de passer à une maîtrise plus globale de la chaîne de valeur (passer de l assemblage à fabrication plus noble comme boîtes et moteurs). Le développement du secteur devrait générer un chiffre d affaires additionnel de 630 millions d euros de PIB et créer nouveaux emplois à l horizon Fabrication de composants (faisceaux de câbles, filtres, connectiques, tuyaux d échappement, sièges et coiffes, pneumatiques, produits électroniques, etc.) ; montage ; assemblage de spécialité ; carrossage Equipementiers et constructeurs français (Renault, PSA Peugeot Citroën), américains (Delphi), espagnols (EMDEP), italiens (Matra), portugais (Joamar), allemands (Leoni), japonais (Sumimoto, Yazaki) Tanger, Grand Casablanca, Chaouia Ouardigha, Gharb Chrarda Beni Hssen Création par Renault Nissan d un complexe industriel d une capacité de véhicules à Tanger (600 millions d euros) Automotive City à Tanger et Kenitra, zones franches d exportation, zones dédiées aux équipementiers à Melloussa et Tétouan (Focus 3) Aides financières dans le cadre du Fonds Hassan II (Focus 1) Centre de veille stratégique : Association Marocaine pour l Industrie et le Commerce de l Automobile : AMDI : 139

142 Industrie aéronautique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Bénéficiant de sa proximité des pôles de compétitivité français, le Maroc souhaite développer la sous traitance aéronautique en ciblant clients mondiaux potentiels (français, britanniques, italiens et espagnols principalement). A l horizon 2015, la filière devra générer 360 millions d euros de PIB additionnel et nouveaux emplois. Pour atteindre cet objectif, l Etat consent d importants efforts d investissement visant à optimiser l infrastructure, la connectivité et les services nécessaires. Fabrication de composants (connecteurs, faisceaux de câbles, nacelles, composites, conduites dʹaération) ; Traitement de surface ; Services (réparation et maintenance, étude et conception, calcul des structures, analyse de la résistance, design électrique) Principaux donneurs d ordres français (EADS, Safran, Souriau, Zodiac, Protec, JPR CAP, Nexans, Dion) et américains (Boeing) implantés à travers différentes filiales Casablanca, Tanger, Témara Bouznika, Mohammedia Nouasser Aerospace City (Casablanca) : zone de 200 ha à proximité de l aéroport Mohammed V dédié aux activités de sous traitance supérieure (électricité, technologie des matériaux composites, outillage aéronautique, ingénierie, etc.) (Focus 3) Zone Franche d Exportation dédiée à Tanger Med (Focus 3) Plan de formation sur les métiers cibles : création d un AeroCampus par Steinbais et l Office national des aéroports ainsi que du centre de formation CasaAero par Alteon/Boeing et Royal Air Maroc Prise en charge partielle par lʹetat du coût dʹacquisition du terrain, des dépenses dʹinfrastructures externes et du coût de la formation professionnelle dans le cadre du Fonds de promotion des investissements ou du Fonds Hassan II (Focus 1) Projet de pôle aéronautique coopérant avec d autres pôles internationaux, tels que l Aerospace Valley (Toulouse) ou PEGASE (PACA), porté par le Groupement des industriels marocains aéronautique et spatial ( Fédération des Industries Métallurgiques, Mécaniques, Electrique, et Electriques, Electroniques (FIMME) : AMDI : 140

143 Industrie électronique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Doté d une main d œuvre qualifiée relativement bon marché et à proximité de l Europe (qui produit 44% des équipements électroniques mondiaux), le Maroc souhaite développer la soustraitance électronique. Face à la concurrence mondiale, il se positionne sur des niches pour l électronique de spécialité / intégré. Il cible acteurs internationaux produisant des petites et moyennes séries dans les domaines de la défense, de l équipement médical, de l électronique embarquée, etc. Cette stratégie devrait générer 450 millions d euros de chiffre d affaires additionnel et nouveaux emplois à l horizon Dans le domaine des transactions électroniques sécurisées (TES), la technologie marocaine est déjà reconnue au niveau mondial (5ème en part de marché), notamment dans la banque, les télécoms, la grande distribution, etc. Assemblage de composants micro électroniques et micromécaniques, de câblages électroniques et de fibres optiques ; Réalisation de circuits intégrés et de câbles grandes séries ; Conception ; Recherche, application et développement industriel dans le domaine des TES Fabricant de composants et équipements électroniques français (Thalès, STMicroelectronics, Adetel, Stequal, Alcen, Eolane), espagnols (Premo), allemands (Leoni), américains (Minco, Antelop) Grand Casablanca et Tanger pour la sous traitance ; Fès et Rabat pour les activités scientifiques et de conception Cluster électronique de Mohammedia : groupement électronique, mécatronique et mécanique de Mohammedia (GE3M) créé par A2S Industries, Zénith Fonderie, Adetel et Stequal, rejoint par d autres groupes marocains et étrangers (Focus 3) Quartier industriel dédié la mécatronique dans le corridor Zenata Nouaceur, quartiers dédiés à lʹélectronique embarquée dans les Automotive City de Tanger et Kénitr et à Nouaceur Aerospace City Zone franche d exportation à Tanger, Technovalley à Fès et autre site à Rabat dédiés aux activités scientifiques et de conception (Focus 3) Prise en charge partielle par lʹetat du coût dʹacquisition du terrain, des dépenses dʹinfrastructures externes et du coût de la formation professionnelle dans le cadre du Fonds de promotion des investissements ou du Fonds Hassan II (Focus 1) FIMME : AMDI : 141

144 Agriculture, pêche et agro-alimentaire Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Aujourd hui, 60% de la population marocaine vit directement ou indirectement de l agriculture. Or, depuis l Indépendance, le secteur cumule les problèmes (morcellement parcellaire, rendement faible, aléas climatiques, etc.) et pèse négativement sur la croissance et le développement du monde rural. En modernisant l agriculture et en l intégrant à l industrie agro alimentaire, le Maroc entend diversifier sa production, monter en valeur ajoutée et alimenter les marchés internationaux. Adoptée en 2008, la stratégie Maroc Vert prévoit un investissement global de 10,6 milliards d euros devant générer un chiffre d affaires additionnel de 180 à 270 millions d euros et plus de nouveaux emplois. D autres programmes visent une mise à niveau de la pêche. La transformation des produits de la mer doit quant à elle créer plus de 540 millions d euros de PIB additionnel à l export et emplois directs à l horizon Maraîchage, condiments, petits fruits (fraises) ; Produits «bio» et plats cuisinés ; Olive, huiles d olive et d argan, jus d orange ; Modernisation de la pêche ; Transformation des produits de la mer Entreprises marocaines et groupes français (vin), espagnols et émiratis (olivier) déjà présents Locali sation Guelmim Es Semara, Oued Ed Dahab Lagouira, Souss Massa Draâ, Tadla Azilal, Gharb Chrarda Beni Hssen, Laayoune Boujdour Sakia Hamra, Marrakech Tensift Al Haouz, Doukala Abda, Meknes Tafilalet, Oriental Dispositifs / Projets Contacts Exonération du secteur agricole de lʹis et de lʹir jusquʹen 2013 Soutien aux projets intégrés dans les denrées de base (lait, viande), à forte valeur ajoutée (agrumes, huile d olive) et de grande consommation (confiserie, biscuiterie) 6 agropoles opérationnelles ou en cours d aménagement : Meknès, Gharb, Berkane/Madagh, Agadir (parc halieutique), Haouz, Tadla (Focus 3) Mise en location de hectares de terres agricoles du domaine privé de l Etat pour une durée maximale de 99 ans. Cession à l étude [Société de Développement Agricole : Centre de veille stratégique : Union générale des agriculteurs du Maroc Fédération nationale de l agro alimentaire AMDI : 142

145 Textile, cuir et habillement Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Le textile habillement est la première filière industrielle du pays. En 2006, elle a généré un chiffre d affaires de 2,7 milliards d euros, soit 14% du chiffre d affaires industriel. Elle joue un rôle majeur dans l équilibre économique et social des régions. Avec l évolution des comportements de consommation et la globalisation des marchés, cette industrie offre encore des perspectives de développement, à travers l augmentation des exportations. Dans le souci de répondre pertinemment à ces nouveaux défis, les pouvoirs publics ont lancé, en 2005, un plan de relance visant la réorganisation des opérations manuelles, le passage de la sous traitance à la co traitance et aux produits finis, lʹamélioration des performances techniques en amont du secteur et la réduction des coûts des facteurs de production. Jeans et sportswear ; Lingerie féminine ; Production de laines, poils, coton et fibres textiles synthétiques et artificielles pour le tissage Fabricants de textile cuir habillement français (Atlantic, Rousseau, Sedetex), italiens (Legler, Martelli, Occico), espagnols (Artopiel, Solano Atlantic), allemands (Temasa), brésiliens (Tavex), américains (Fruit of the Loom), belges (Eurofactory), suisses (Triumph), etc. Taza Al Hoceima Taounate, Rabat Salé Zemmour Zaer, Fès Boulemane, Tanger Tétouan, Grand Casablanca Zone franche d exportation à Tanger Med (Focus 3) Fonds de restructuration Fortex : abattement de 50% des charges patronales de la CNSS pour les salaires bruts inférieurs ou égaux à 225 euros par mois au prorata du chiffre d affaires déclaré à l administration fiscale hors TVA, ristourne sur le coût de l énergie électrique pour les entreprises opérant en amont du secteur Prise en charge partielle par lʹetat du coût dʹacquisition du terrain, des dépenses dʹinfrastructures externes et du coût de la formation professionnelle dans le cadre du Fonds de promotion des investissements ou du Fonds Hassan II (Focus 1) Réformes tarifaires et appui à la commercialisation Contacts Association marocaine des industriels du textile et de l habillement : AMDI : Cercle euroméditerranéen des dirigeants textile habillement : 143

146 Tourisme Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts En 2002, le Maroc a accueilli 6 millions de touristes. En 2010, il en attend 10 millions. La stratégie adoptée, Vision 2010, segmente le tourisme en 5 catégories : interne, balnéaire (Plan Azur), urbain (Mada In), rural et niches, et prévoit un investissement de 815 millions d euros. D ici 2010, le secteur devra générer 450 millions d euros, soit 20% du PIB national, et permettre la création de emplois directs et indirects. Le segment balnéaire représentera alors près de 70 % de l offre touristique, nécessitant une capacité additionnelle de chambres environ, qui passera notamment par la création de 6 stations : Saidia, Lixus, Mazagan, Mogador, Taghazout, Plage Blanche. L Etat a procédé à la libéralisation du transport aérien, qui s est traduite par la multiplication des dessertes. Des mesures visant à appuyer le financement du parc hôtelier, améliorer le cadre fiscal, renforcer la promotion touristique, encourager le tourisme rural, etc. ont par ailleurs été prises. Fin 2008, une nouvelle stratégie baptisée Cap 2009 a été adoptée pour prévenir les effets de la crise économique et maintenir le cap de 10 millions de touristes en Aménagement, développement et gestions d équipements touristiques et hôteliers Aménageurs et développeurs belges (Thomas&Piron), espagnols (Fadesa, Barcelo), britanniques (InterContinental Hotels), français (Pierres et Vacances, Club Med, Accor), américains (Best Western), néerlandais (La Perla, Colbert Orco), émiratis (Emaar Properties, Kezner), koweitiens (Pearl of Kuwait), libyens (Lafico), etc. souvent associés à des opérateurs locaux (CDG, Somed, Mamda, MCMA) Saïda, Port Lixus, Mazagan, Mogador Essaouira, Taghazout Agadir et Plage Blanche pour le tourisme balnéaire ; Fès, Casablanca, Rabat, Tanger, Tétouan, Meknès, Agadir et Ouarzazate pour le tourisme urbain ; Ifrane, le Moyen Atlas, Chechaouen, Immouzer et Ida Outamane pour le tourisme rural ; Dakhla et Safi pour les sports nautiques ; le Haut et Moyen Atlas pour les activités de montagne Allégement fiscaux, prise en charge du foncier et des travaux hors site, fonds RENOVOTEL Formation de lauréats aux métiers hôteliers entre 2008 et 2012 Assises internationales du tourisme organisées chaque année Ministère du tourisme : AMDI : 144

147 Infrastructures, réseaux et BTP Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Locali sation Dispositifs / Projets Contacts Afin de se positionner comme une plate forme d investissement et d exportation, le Maroc a lancé une série de réformes et projets d envergure. Dans le domaine de l eau, il s est engagé à mettre en place une gestion intégrée et durable des ressources. La distribution, et prochainement la production, a été ouverte aux opérateurs privés. Pour satisfaire la demande croissante d énergie, tout en limitant sa vulnérabilité aux risques mondiaux, le Maroc a engagé une diversification de ses sources énergétiques (charbon, gaz naturel, énergies renouvelables, pétrole). Le succès du plan engagé en 2008 repose en grande partie sur le secteur privé, responsable de 60% de la production, et bientôt de la distribution haute tension. Le secteur des transports est en pleine mutation. Mis en service fin 2007, le complexe portuaire Tanger Med bénéficiera bientôt d une extension, portant sa capacité globale à 8 millions de conteneurs. Un TGV reliant Tanger, Rabat et Casablanca est en construction. Quant au réseau autoroutier, de 856 km en 2008, il devrait être porté à km d ici 2010 et km d ici Un investissement global de l ordre de 3,2 milliards d euros est prévu sur la période Parallèlement, la fin des monopoles de l Office national des transports (ONT), des chemins de fer (ONCF) et des ports (ONEDP) a ouvert la porte à des opérateurs tels que la CMA CGM. Enfin, face aux défis de l urbanisation, de nombreux projets de villes nouvelles, de rénovation urbaine, de transports publics (tramways à Rabat et Casablanca), d équipements, de logements, etc. ont été prévus. Née de la fusion des opérateurs publics de l habitat, la Holding d aménagement Al Omrane les attribue à des opérateurs privés. Production et distribution d eau et d énergies (renouvelables) ; Infrastructures de transport ; Réalisation et gestion de réseaux de TIC ; Aménagement urbain, développement et gestion immobilière Opérateurs français (CMA CGM, Veolia, Suez, SNCF, Libaud), espagnols (Joca, Merke, Renta, CMS), émiratis (Emaar properties, Sama Dubai, Al Maabar), italiens (Cosfara), danois (APM Terminals) Nord et Oriental (infrastructures), Marrakech, Rabat, Casablanca (villes nouvelles de Tamansourt, Tamasna et Zenata, rénovation, transports publics), Tanger Publication régulière d appels d offres sur le site du Ministère de l Equipement et du Transport : Holding d aménagement Al Omrane : 145

148 10. Syrie Cadrage économique Une économie socialiste sur la voie de l ouverture et de la libéralisation Après 30 ans de fort interventionnisme étatique, l économie syrienne s est engagée dans un mouvement d ouverture en 1991 et surtout depuis le début des années Une dualité croissante entre secteurs public et privé est observable. D un côté, le secteur public, dominé par quelques grandes entreprises créées, au cours des années 60, 70 et 80, pour diriger des secteurs stratégiques tels que l industrie métallurgique et des matériaux, les industries chimique, textile et agro alimentaire, etc., enregistre de faibles performances et aurait besoin d une profonde restructuration. De l autre, le secteur privé connaît une croissance rapide grâce aux investissements massifs réalisés dans les services, le commerce et les industries légères. Entre 2000 et 2007, sa contribution à la production nationale est passée de 52,3% à 60,5%. Afin d encourager cette dynamique, le gouvernement tient compte de manière croissante des préoccupations des entreprises dans la mise en œuvre de sa politique économique. Des progrès importants ont été réalisés, en particulier avec la libéralisation du secteur des banques et assurances, l attribution de concessions, l ouverture au privé de nombreux secteurs non stratégiques. Cette vision se heurte encore à une culture d Etat assez bureaucratique et centralisée, ainsi qu à l absence d un environnement adapté aux besoins d une entreprise moderne (accès à l internet rapide, etc.). Mais l ouverture de l économie est en grande partie une obligation pour le pays, confronté à la forte croissance démographique (donc à des besoins sociaux grandissants), au déclin prévu des ressources pétrolières (même si les revenus ont récemment augmenté avec le prix du baril) et, par conséquent, à la nécessité de trouver de nouvelles ressources d exportation remplaçant à terme le pétrole (la balance commerciale est devenue négative à partir de 2007). Il s agit aussi de moderniser un appareil industriel souvent obsolète, l Etat n étant plus en mesure de venir au secours des entreprises publiques déficitaires. Après une décennie de faible croissance, l économie syrienne a connu un net rebond à partir de 2004, favorisé par le développement du secteur privé,

149 l augmentation des exportations vers les autres pays arabes et la hausse des prix pétroliers. Le taux de croissance a ainsi atteint 6% en Malgré son déclin, le pétrole continue à générer la majeure partie des recettes en devises du pays, complété par les exportations des autres secteurs, les revenus du tourisme et les transferts des Syriens vivant à l étranger. L agriculture, qui couvre environ un tiers du territoire national et contribue à hauteur de 25% de la production, conserve un rôle majeur dans l économie syrienne. Les 1,5 millions d Irakiens qui sont venus se réfugier en Syrie depuis 2003 ont contribué à la croissance rapide de la demande domestique. Conscient qu une diversification de l économie, un élargissement de la base fiscale et une restructuration du secteur industriel public s avèrent indispensables pour garantir une croissance à long terme (avec un objectif de +5% par an d ici 2010 et de +7% sur la période ) et créer des emplois pour sa population jeune et en rapide augmentation, le gouvernement a adopté un 10 ème Plan quinquennal de développement en Retenant le développement des investissements et du secteur privé comme facteurs clés de succès, il fixe un calendrier de réformes économiques et de projets à mettre en œuvre d ici Le pays passe progressivement d une économie étatique planifiée à une économie de marché qui reste relativement dirigée et encadrée. Tout d abord, le Plan engage un important chantier de réformes fiscales (mise en place de la TVA), budgétaires, monétaires, commerciales, du marché du travail, etc. Il prévoit ensuite un vaste programme d investissements dans les infrastructures, visant à répondre aux besoins des entreprises internationales en matière de sites d implantation, de réseaux et services de TIC, etc. D autres projets concernent la restructuration des entreprises publiques, la mise à niveau des entreprises privées, notamment des PME, le renforcement du capital humain et le développement de secteurs prometteurs tels que le tourisme, l agriculture, l agro alimentaire, l industrie, la construction et les transports. Les incitations attribuées aux projets d investissement dans ces secteurs confirment l importance accordée au secteur privé. A long terme, la Syrie souhaite orienter son économie vers des activités à forte intensité intellectuelle. 147

150 Un appel à l investissement étranger pour moderniser l industrie et attirer des activités exportatrices Dans le cadre de l ouverture de son économie, la Syrie met progressivement en place des mesures pour encourager l investissement, notamment étranger. En 2007, une nouvelle loi de l investissement a remplacé celle de 1991, officialisant l évolution de la position du pays vis à vis des investissements étrangers. Il est en particulier possible de créer une entreprise sans partenaire syrien et de rapatrier ses dividendes ou les capitaux investis en cas de vente. Une agence nationale de l investissement (SIA) a été créée et placée sous l autorité du Premier ministre. Elle vient remplacer le Bureau de l investissement préexistant, sous la tutelle du Ministère de l Industrie, et accorde de nombreux avantages aux investisseurs étrangers. Le développement de zones franches et de cités industrielles doit faciliter leur implantation. Cette volonté d ouverture se manifeste également par la signature d accords commerciaux : mise en place de la grande zone arabe de libre échange (GAFTA) en 1998, entrée en vigueur d un accord bilatéral de libre échange avec la Turquie en 2005, engagement de négociations avec l Union européenne en 2004 en vue de la signature d un accord d association, etc. Les efforts consentis par le gouvernement ont été récompensés par une nette augmentation des IDE. Au cours de la période , 226 projets ont été enregistrés pour un montant de 442 milliards de livres syriennes, soit 29,6% de l investissement total réalisé dans le pays durant la période. Trouvant leur origine dans 35 pays différents, ces IDE sont dominés (au regard du nombre de projets enregistrés) par les investissements turcs, irakiens, libanais saoudiens, koweitiens, jordaniens, etc. En 2007, les 787 millions de dollars d IDE enregistrés représentaient 2,1% du PIB. De 2007 à 2008, les investissements totaux enregistrés au premier semestre sont passés de 2 à 3,5 milliards de dollars, soit une hausse de 70%. Les IDE y ont fortement contribué. La réforme du secteur bancaire, qui s est faite en plusieurs temps, a accompagné la politique d ouverture aux IDE. La loi n 28 d avril 2001 avait permis l ouverture d établissements bancaires privés. La loi n 23 de mars 2002 avait redéfini le rôle et le statut de la Banque Centrale, organe de supervision de toutes les banques privées ou publiques. D autres mesures 148

151 récentes comme l autorisation d ouverture de comptes bancaires en devises, la possibilité de transfert des devises, la baisse des taux d intérêt du marché monétaire illustrent la volonté des autorités syriennes de faire évoluer la politique monétaire et financière du pays. Le secteur privé s est étoffé depuis 2004 de nouvelles banques, filiales de banques des pays voisins (en particulier Liban et Golfe), qui travaillent depuis longtemps déjà avec le secteur privé syrien. Une commission de Bourse a été constituée début 2006 afin de mettre en place une législation boursière permettant le lancement d une bourse des valeurs Damascus Stock Exchange. Le secteur de l assurance, qui était monopolisé par la Compagnie Syrienne d Assurance, a été également ouvert à l investissement privé avec la promulgation de la loi n 43 de juin 2005 et 9 compagnies ont reçu l autorisation d exercer. 149

152 Focus 1. De nombreuses mesures d accompagnement et d encouragement des investissements En Syrie, plusieurs organisations publiques sont chargées d accompagner les investisseurs. Afin de promouvoir les opportunités qu offre le pays, l Agence syrienne de l investissement a développé un site internet dédié : Elle s est par ailleurs vue dotée d une fonction de guichet unique pour faciliter les procédures administratives nécessaires à l enregistrement des sociétés. Ce service n était auparavant disponible que dans les zones industrielles agréées par l Etat. Les zones franches sont quant à elles administrées par l Etablissement général des zones franches. La création de bureaux décentralisés de l Agence nationale de l investissement dans les gouvernorats de Homs, Raqqa et Da ra est également en projet. Des organisations privés, telles que SEBC et les chambre de commerce et d industrie, offrent des services complémentaires. La loi d encouragement de l investissement, datée du 26 janvier 2007, autorise les investisseurs étrangers à devenir propriétaires de leur terrain. Elle les protège contre les risques de confiscation et de nationalisation, notamment grâce à la possibilité de rapatrier la totalité du capital investi. Des exonérations fiscales sont également prévues. Les investisseurs étrangers sont notamment exemptés du paiement de droits de douane sur les biens d équipement importés pour la réalisation de leur projet. Ils peuvent aussi bénéficier d un abattement du taux d imposition sur les bénéfices : selon le secteur et le lieu d investissement, celui ci varie entre 28% et 14%. Tout projet réalisé dans le cadre de la loi d encouragement de l investissement n est assujetti qu à un taux de 22%. Des réductions supplémentaires et cumulables sont accordées aux établissements industriels : de 1 à 3% selon le nombre de salariés ; de 2% s ils sont localisés dans certains gouvernorats (Raqqa, Deir Ezzor, Hassakeh, Idleb, Swayda, Da ra et Qunaytera) ; de 1 ou 2% s ils sont implantés dans une cité industrielle ; de 2% s ils produisent de l énergie, notamment à partir de sources renouvelables, ou des engrais. Afin de favoriser les projets durables ou exportateurs, le gouvernement (Ministère compétent) peut décider d accorder un abaissement supplémentaire de 3% aux projets industriels s approvisionnant en matières premières locales, réalisant des économies d énergie, utilisant des machines et outils respectueux de l environnement ou exportant 50% de leur production. [Plus d informations auprès de l Agence syrienne de l investissement : 150

153 Focus 2. Des zones franches et cités industrielles pour attirer les investissements Dans la perspective d un transfert de compétences et de technologies, 6 zones franches ont été ouvertes dans les années 70 : 3 dans la région de Damas, 1 à Alep, Lattaquié et Tartous. Elles sont administrées par l Etablissement général des zones franches ( qui offre des avantages spéciaux aux entreprises qui s y implantent : exemption d impôt sur 5 à 10 ans ; exemption de taxes douanières ; levée des quotas d importation ; absence de taxe de propriété ou d exercice. Initialement réservées aux activités industrielles et commerciales, elles ont été ouvertes à tous les secteurs en Le montant total des investissements est alors passé de 514 millions de livres syriennes en 2002, à 706 en Seule la région de Damas a accueilli des activités bancaires et de services, en plus des commerces et industries légères qui y étaient déjà implantées. La zone franche d Alep attire principalement des activités commerciales, mais aussi quelques entreprises opérant dans le textile habillement, le plastique ou l imprimerie. Les zones franches portuaires de Lattaquié et Tartous se quant à elle spécialisées dans l entreposage et le commerce, tout en accueillant des activités industrielles telles que le laminage, le cordage et la confection. Afin d encourager l investissement national, arabe et étranger tout en évitant l expansion de zones industrielles sur des terres agricoles, 3 cités industrielles ont été construites à la périphérie des principales villes du pays : Adra près de Damas ( ic.org), Sheikh Najjar près d Alep ( et Hassya près d Homs ( homs.sy). Conçues comme de véritables villes satellites, elles s étendent sur une surface comprise entre 2500 et 7000 ha, comprenant une zone industrielle de 1210 à 3500 ha, ainsi que des quartiers résidentiels pouvant accueillir habitants chacune. Les investissements qui y sont réalisés bénéficient des avantages accordés par la loi d encouragement de l investissement. En 2007, 2343 usines étaient en cours de construction et 313 étaient déjà entrées en production. Parmi les entreprises implantées, 168 étaient arabes ou étrangères. Adra (Damas) attire particulièrement les industries lourdes, mécaniques, etc., Sheikh Najjar (Alep) le textile et Hassya (Homs) les industries chimique, agro alimentaire et mécanique. Une nouvelle cité industrielle est en cours de réalisation à Deir Ezzour. Le 10 ème Plan de développement en programme 8 dans les gouvernorats de Raqqa, Deir Ezzour, Hassakeh, Lattaquié, Tartous, Hama, etc., pour un investissement de 200 millions de dollars chacune. Il prévoit aussi la création d un agropole dans la plaine du Ghab, l un des principaux greniers à blé du pays. Doté d infrastructures et de services de qualité, il cible les investissements agricoles et agro industriels internationaux. Enfin, une zone industrielle consacrée aux investisseurs chinois est en projet à Hama. [Plus d informations sur : 151

154 Mapping stratégique / 1. Ressources 152

155 Mapping stratégique / 2. Industrie 153

156 Mapping stratégique / 3. Services 154

157 Secteurs stratégiques Agriculture et irrigation Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Couvrant un tiers du territoire national, l agriculture constitue un pilier de l économie syrienne. Elle contribue à hauteur de 25% du PIB, de 20% des exportations et emploie 30% des Syriens en activité, tandis que 20% supplémentaires en dépendent indirectement. Afin de garantir la sécurité alimentaire du pays, d approvisionner les industries agro alimentaire et textile et d augmenter les exportations, le gouvernement souhaite développer la production agricole, notamment de bétail. Alors que la culture du coton et des céréales demeure sous contrôle de l Etat, la filière fruits et légumes a été libéralisée. Les principaux produits exportés sont le coton, les olives, les fruits, la farine et la viande (mouton et volaille). L investissement massif public consenti pour mettre à niveau les infrastructures agricoles dans les campagnes a permis de limiter le creusement des écarts entre régions urbaines et rurales. Les politiques et programmes récemment mis en œuvre visent : une optimisation de l utilisation des sols, la mise en place d un système de prêt aux agriculteurs et l augmentation des capacités d entreposage. Au regard de la baisse à la fois quantitative et qualitative des récoltes, il est également urgent que le pays s équipe de systèmes d irrigation modernes. Elevage de bétail ; Culture de fruits et légumes ; Production et installation de systèmes d irrigation modernes Agriculteurs et coopératives, investisseurs publics et privés, locaux et étrangers Régions du nord et de l ouest pour les différentes cultures ; tout le pays pour l élevage de bétail Projet de pôle agro industriel, l Agropolis, localisé dans la plaine du Ghab et soutenu par le PNUD (Focus 2) Exemption du paiement de taxes Nombreux avantages accordés par la loi de l investissement : droit de propriété de terres agricoles accordé aux étrangers, possibilité de creuser des puits, encouragement des projets de modernisation des systèmes d irrigation, etc. (Focus 1) Agence syrienne de l investissement : Ministère de l agriculture : agriculture.org 155

158 Industrie agro-alimentaire Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée En tant que débouché naturel de l agriculture, l industrie agroalimentaire est jugée hautement stratégique par le gouvernement syrien. En effet, la transformation de ressources agricoles en produits manufacturés évite aux paysans d accumuler des stocks, aide à satisfaire la demande alimentaire locale et contribue à l augmentation des exportations. Les efforts d encouragement au secteur agricole bénéficient indirectement à l industrie agro alimentaire. Des mesures supplémentaires ont néanmoins été prises par le gouvernement pour moderniser les méthodes de production et d emballage afin qu elles satisfassent aux standards internationaux de qualité. Entre 2000 et 2007, 1973 projets agro industriels ont été réalisés dans le cadre de la loi de l investissement, pour un montant total de 1291 millions de livres syriennes 2 entreprises étrangères ont par ailleurs reçu l autorisation de produire localement des cigarettes de marque étrangère. Comptant 60% de fumeurs parmi les hommes, la Syrie apparaît comme un marché très attractif pour les fabricants de cigarettes occidentaux. Production d huiles (d olive notamment), de ghee, de beurre, de mayonnaise, de produits laitiers, etc. en utilisant les ressources locales (coton, soja, tournesols, lait) ; Boissons, soupes, concentrés, jus de fruits pressés, etc.; Cigarettes de marques étrangères ; Emballage Groupes agro alimentaires basés en Turquie (Anadolu), Arabie Saoudite (SBG), France (Bel, Altadis), Suisse (Nestlé), Allemagne (Kingship), au Brésil (Cristalsev), aux Emirats Arabes Unis (Akhras Group), aux Etats Unis (Cargill, British American Tobacco), etc. Homs, Hama, Damas rural, Lattaquié, Alep, Tartous, Swayda, Idleb, Hassakeh, Raqqa Projet de pôle agro industriel, l Agropolis, localisé dans la plaine du Ghab et soutenu par le PNUD (Focus 2) Opportunités d implantation dans les 3 nouvelles cités industrielles, et particulièrement celle d Hassya : homs.sy (Focus 2) Avantages accordés aux projets industriels par la loi d encouragement de l investissement (Focus 1) Agence syrienne de l investissement : 156

159 Industrie électrique, mécanique et métallique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Dans le but de libéraliser et diversifier l économie, le gouvernement syrien accorde un intérêt particulier aux industries électrique, mécanique et métallique. Avec l ouverture progressive au secteur privé d industries qui faisaient auparavant l objet d un monopole public, de nombreux investisseurs se sont lancés dans la production de voitures, câbles électriques, téléviseurs, barres renforcées, plaques métalliques, béton, etc., contribuant ainsi à la modernisation des infrastructures industrielles, ainsi qu au transfert de connaissances, compétences et technologies. Entre 2000 et 2007, ce secteur a enregistré 5583 projets, représentant un investissement total de 2281 millions de livres syriennes. Fabrication de pièces automobiles, câbles électriques, antennes, climatiseurs, barres en métal ou en acier, profilés et blocs métalliques, etc. ; assemblage de voitures et de téléviseurs Fabricants et fournisseurs basés en Iran (Siamco, SAPA, Sigico), Arabie Saoudite (Saudi BinLadin Group), Egypte (El Sewedy Cables), Corée du Sud (KIA Motors), Chine (Haier), au Koweït (Al Jaz Group, AL Sultan & Khalaf Trading Co.), etc. Damas, Damas rural, Lattaquié, Alep, Homs, Deir Ezzour, Hama Opportunités d implantation dans les 3 nouvelles cités industrielles, et particulièrement celle d Adra : ic.org (Focus 2) Avantages accordés aux projets industriels par la loi d encouragement de l investissement (Focus 1) Agence syrienne de l investissement : Ministère de l industrie : 157

160 Textile et habillement Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Dotée d importantes ressources en coton, laine et soie, la Syrie bénéficie d une longue tradition dans le textile et l habillement. Sa population a développé de bonnes compétences dans ce secteur, en particulier pour les travaux faits à la main. L entrée de la Syrie dans la grande zone arabe de libre échange (GAFTA), ainsi que les nombreux accords signés avec la Turquie, l Union européenne, etc. ont ouvert la porte sur de nouveaux marchés pour l industrie syrienne du textilehabillement. Les pays arabes comme l Arabie Saoudite ou le Koweït sont par exemple très demandeurs de lingerie fabriquée en Syrie. Plus généralement, les produits textiles et d habillement se classent en tête des exportations du pays. Afin de tirer pleinement parti de ces opportunités, le gouvernement cherche à développer la capacité de production du pays. Parallèlement, profitant du goût de la population syrienne pour le style vestimentaire occidental, certaines marques internationales ont pénétré le marché. Au cours de la période , le secteur du textile habillement a reçu 1125 projets d investissement, pour un montant total de 545 millions de livres syriennes. Fabrication et traitement de fils (coton, acrylique, polyester, nylon) et fibres textiles (synthétique, coton, viscose, polyester) ; Confection de lingerie et prêt à porter ; etc. Fabricants de textile et prêt à porter italiens (Benetton, Stefanel), français (Naf Naf), allemands (Adidas), turcs (Mustafa Mutaf Oghlu), etc. Alep, Damas, Damas rural, Homs, Hama, Lattaquié, Idleb, Hassakeh, Tartous (soie) Opportunités d implantation dans les 3 nouvelles cités industrielles, et particulièrement celle de Sheikh Najjar : (Focus 2) Avantages accordés aux projets industriels par la loi d encouragement de l investissement (Focus 1) Agence syrienne de l investissement : Ministère de l industrie : 158

161 Industries chimique et plastique Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Les industries chimique et plastique connaissent un développement rapide en Syrie. Entre 2000 et 2007, 923 projets industriels ont été réalisés dans ce secteur, générant un investissement total de 106 millions de livres syriennes. Estimées à environ 2 milliards de tonnes, les réserves syriennes en phosphate sont parmi les plus importantes au monde. Mais le développement du secteur a longtemps été freiné par la faible capacité de production du pays. En 2005, ce dernier a inauguré sa première usine de traitement du phosphate. Grâce à ce projet, la production annuelle devait atteindre 3,8 millions de tonnes. Essentiellement orienté vers les marchés à l export, le développement de ce secteur permet à la Syrie d accroître ses recettes en devises. Les ressources en nitrate du pays sont également exploitées. Parallèlement, l industrie pharmaceutique connaît un développement récent. Avec sa faible production locale, composée essentiellement de dérivés de médicaments européens brevetés, la Syrie est confrontée à des prix élevés, notamment en raison d un taux de change défavorable avec l euro. Le gouvernement cherche donc à développer la production locale. L industrie plastique est un autre secteur prometteur. Traitement du phosphate, nitrate, dioxyde de titane, sodium, de l acide citrique, etc. ; Production de médicaments chimiques et naturels, d engrais et de détergents ; Fabrication de sacs plastiques, plastiques industriels, tubes et accessoires en polyéthylène Groupes chimiques, pharmaceutiques et plastiques basés dans la région : Inde (Dharamsi Morarji Chemicals Ltd), Koweït (Kuwaiti United Investment Company), Emirats Arabes Unis (Julfar), etc. Homs (plastique, engrais, phosphate), Damas rural (détergents), Alep (chimie, plastique), Hassakeh (engrais), Tartous (phosphate), Dara (plastique) Opportunités d implantation dans les 3 nouvelles cités industrielles, et particulièrement celle d Hassya : homs.sy (Focus 2) Avantages accordés aux projets industriels par la loi d encouragement de l investissement (Focus 1) Agence syrienne de l investissement : Ministère de l industrie : 159

162 Immobilier, bâtiment et travaux publics (BTP) Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Le secteur de l immobilier et des BTP est en plein essor en Syrie. Face à l augmentation de la population de 3% par an et à l afflux massif de réfugiés irakiens, l offre de logements peine à satisfaire la demande. Le gouvernement fait donc progressivement appel à l investissement privé. Alors que la demande se porte essentiellement sur le segment des logements abordables, les développeurs du Golfe se focalisent sur des projets hauts de gamme (résidences secondaires à Palmyre, Yafour ou Saboura). L immobilier commercial et de bureaux se développe également. Avec l entrée de marques étrangères et l augmentation de la consommation, les centres commerciaux fleurissent à travers le pays, tels que Shahba Mall à Alep ou le Souk Hejaz à Damas. Les projets tertiaires programmés doivent quant à eux permettre de résorber la pénurie de bureaux à louer, qui a fait de Damas la 8 ème ville la plus chère du monde. Malgré les nombreux projets annoncés ces dernières années, le potentiel de développement du secteur immobilier en Syrie reste largement sous exploité. Compte tenu des effets d entraînement du secteur sur le reste de l économie (liens avec 80 à 100 autres filières), notamment sur l industrie du ciment et des matériaux de construction, le gouvernement fait des efforts significatifs pour faciliter l investissement en réformant les règles de planification, de zonage et d utilisation des sols. Promotion, développement et construction de complexes résidentiels, commerciaux et tertiaires ; Construction d équipements publics ; Production de ciment, plâtre et matériaux de construction ; etc. Promoteurs développeurs originaires du Liban (Unexim), de Jordanie (Kurdi Group), des Emirats Arabes Unis (Emaar Properties, Balhasa Int al Company,), du Koweït (Kuwait Financial Centre, Aref Group), du Bahrain (Global House), etc. tandis que les producteurs de ciment et matériaux de construction sont basés en France (Lafarge), Italie (Italcementi), Allemagne (Knawf), Arabie Saoudite (SBG, Al Mouhib), Egypte (ASEC Cement), etc. Damas, Damas rural, Alep, Homs, Tartous, Lattaquié (gypse) Loi d investissement et de développement immobilier adoptée en 2008 créant un environnement favorable à ce type de projets Agence syrienne de l investissement : 160

163 Transports Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts En vue de dynamiser et pérenniser la croissance, une mise à niveau des infrastructures de transport s impose. Ayant enregistré 1461 projets entre 1991 et 2007, pour un investissement total de milliards de livres syriennes, le secteur des transports est le plus attractif auprès des investisseurs privés et a permis la création de emplois directs. La stratégie des transports vise à intensifier la tendance. Face à la demande croissante de transport ferroviaire de passagers et de fret, il programme de réhabiliter km de voies existantes, de construire 8 nouvelles lignes, ainsi que de moderniser le parc et les systèmes de signalisation ferroviaires. Le transport aérien connaît également des développements majeurs. Au cours de la période , 44 compagnies aériennes ont obtenu une licence. Au vu de l évolution de la demande, une mise à niveau de l aéroport de Damas est prévue et de nouveaux aéroports doivent être construits à Hassakeh, Raqqa, Homs et Palmyre. Afin d absorber la croissance soutenue du volume de marchandises en transit, qui s est élevée à 20% en 2004, et de tirer parti de sa position stratégique du pays, un plan de réforme et développement des ports a été adopté. Il comprend la construction de plateformes et terminaux de containers, l automatisation des ports, etc. Sur les conseils de la Banque mondiale, le gouvernement envisage également l ouverture au secteur privé de la construction et de l exploitation de 2 autoroutes traversant le pays du nord au sud et d est en ouest. Enfin, certaines activités, comme les compagnies de taxis, ont récemment perdu leur statut de monopole étatique. Construction et rénovation des infrastructures ferroviaires, routières, aériennes et portuaires; Transport routier, ferroviaire et aérien de marchandises ; Restauration ; Services de taxi Opérateurs de transport maritime tels que le français CMA CGM (concession d un terminal à containers au port de Lattaquié), compagnies aériennes du Golfe (Al Aqeelah / Aqeeq), etc. Damas, Damas rural, Alep, Lattaquié (port), Tartous (port), Hassakeh, Raqqa, Homs, Idleb, Hama, Da ra Nouvelles loi et gestion du commerce maritime Projet de centre de formation des équipages à l aéroport de Damas Agence syrienne de l investissement : 161

164 Pétrole et énergie Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La carte des investissements en Méditerranée Au début des années 90, la Syrie s est imposée comme pays producteur de pétrole de taille moyenne. Mais, ces dernières années, sa production et ses exportations ont observé une baisse constante en raison de l épuisement des réserves. Confronté à l augmentation de sa demande intérieure, le pays est devenu un importateur net en Afin de relancer la production, le gouvernement investit dans le secteur et encourage les projets d exploration, de forage et de raffinage. Ces derniers peuvent prendre la forme d un contrat de partage de la production ou d une joint venture avec la Compagnie pétrolière syrienne. Parallèlement, le gouvernement souhaite développer la part d énergie produite à partir de sources alternatives au pétrole. Plusieurs usines de traitement du gaz ont été construites et sont entrées en production. Un plan relatif à la production d énergies éolienne et solaire prévoit par ailleurs un investissement total de 1,48 milliards de dollars d ici Les sources renouvelables devraient alors permettre de satisfaire 4% de la demande et de créer emplois. Forage de puits de pétrole ; Construction et rénovation de raffineries de pétrole et d usines de traitement du gaz ; Production d énergies solaire et éolienne ; etc. Groupes énergétiques basés en Chine (China National Petroleum), au Canada (Petro Canada), en Croatie (INA), en France (Total), en Iran (Mapna), au Japon (Shimizu), aux Etats Unis (IPR), au Royaume Uni (Dove), aux Pays Bas (Shell), etc. Deir Ez Zor, Homs, Raqqa, Damas rural, Hassakeh pour le pétrole et le gaz ; Hama pour l énergie solaire (unité de production en construction à Al Baida) Opportunités d implantation dans les 3 nouvelles cités industrielles, et particulièrement celle d Adra : ic.org (Focus 2) Avantages accordés par la loi d encouragement de l investissement aux projets de production d énergie, notamment à partir de sources renouvelables (Focus 1) Agence syrienne de l investissement : Ministère du pétrole et des ressources minérales 162

165 Technologies de l information et de la communication (TIC) Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Localisation Dispositifs / Projets Contacts Le secteur des TIC connaît un développement fulgurant en Syrie. Des évolutions majeures sont attendues aussi bien dans le domaine de la téléphonie mobile que de la téléphonie fixe. Depuis le lancement des contrats de concession (BOT) au début des années 2000, 2 opérateurs mobiles ont reçu une licence (Syriatel et MTN). Le gouvernement envisage d en attribuer une à un troisième opérateur pour faire baisser les prix. En ce qui concerne la téléphonie fixe, l entreprise publique en situation de monopole, STE, s est engagée dans un vaste programme de modernisation de ses services et d extension de sa couverture géographique. La mise à niveau des lignes permettra d améliorer l accès à internet. Depuis l achèvement, en 2005, du Réseau public de données (Public Data Network), épine dorsale de l infrastructure internet du pays, ce secteur a connu une forte croissance. La même année, Best Italia Holding a obtenu une licence pour fournir des services internet par satellite et a rapidement été rejointe par deux autres entreprises privées. Face au faible taux d équipement informatique des ménages, la Compagnie syrienne d informatique intensifie ses efforts pour diffuser ces technologies à l intérieur de la population. Développement et opération de systèmes de télécommunication ; Production d équipements informatiques et téléphoniques Développeurs de systèmes de télécommunication (Greek Intracom Telcom) ; Opérateurs téléphoniques et interrnet Damas Objectifs de la stratégie nationale des TIC à horizon 2013 : 30 lignes de téléphonie fixe et mobile, 20 abonnés à Internet et 30 ordinateurs pour 100 habitants Opportunités d implantation dans les 3 cités industrielles (Focus 2) Accord signé par le gouvernement avec la société grecque Intracom en vue de la construction d un réseau sans fil de communication permettant aux administrations publiques de faire face aux situations d urgence ou de désastre Instituts de recherche et programmes de coopération : réseau des scientifiques, techniciens et innovateurs syriens à l étranger (NOSSTIA), Centre Albassel pour l invention et l innovation Agence syrienne de l investissement : Ministère des communications et de la technologie : 163

166 Banque, assurance et autres services financiers Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Depuis la fin du monopole de l Etat en 2001, le secteur de la finance s est fortement développé. L adoption d une règlementation applicable aux banques (conventionnelles et islamiques), sociétés d assurance et institutions de micro crédit et moins contraignante en matière de détermination des taux d intérêt a contribué à l entrée de nouveaux acteurs. En 2007, 7 banques conventionnelles, 2 banques islamiques et 6 banques publiques opéraient en Syrie. Suivant l évolution globale de l économie, le secteur privé bancaire enregistre une croissance rapide des dépôts, de l ordre de 1,5 milliards de dollars par an. Cependant, les banques publiques conservent 86% des prêts et 75% des dépôts. De plus, la couverture géographique des banques privées reste faible (environ un guichet pour personnes). Le secteur des assurances se développe également. En plus de l Etablissement général d assurances, il compte 13 sociétés privées, parmi lesquelles 4 islamiques. Suite au décrochage de la livre syrienne du dollar, le marché des changes a été ouvert au secteur privé et quelques entreprises ont obtenu une licence. Enfin, à la réouverture officielle de la Bourse de Damas, en mars 2009, 6 sociétés étaient cotées. 4 autres l ont été au cours des 3 mois suivants. Ouverte aux sociétés étrangères, la Bourse de Damas doit contribuer à lever les fonds nécessaires au développement de l économie syrienne. Services bancaires ; Assurance des biens et des personnes ; Services de change ; Activités de courtage Banques et sociétés de courtage, originaires pour la plupart de la région : Emirats Arabes Unis (Daman Securities, Aman), Koweït (GIH), Qatar (QIIB), Bahrain (Al Salam Bank), Jordanie (United Financial Investments), Liban (Bemo, Bank of Beirut), Arabie Saoudite (Saudi Fransi), Egypte (Orouba Stock Brokers) Damas, Alep, Hama, Homs Projet de la Huitième Porte : conçu comme le nouveau centre financier de la Syrie, au cœur duquel se trouve la Bourse de Damas Ouverture du premier centre de formation bancaire Institutions protégeant les clients et investisseurs : Commission des marchés financiers, Autorité de contrôle des assurances, etc. Banque central de Syrie : 164

167 Tourisme Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts La Syrie est dotée d un patrimoine historique et culturel remarquable. En 2008 (année pendant laquelle Damas était capitale arabe de la culture), le pays a accueilli visiteurs, soit 4% de plus qu en Les touristes en provenance des pays arabes étaient 5,1% plus nombreux que l année précédente, et ceux de l Union européenne 12% de plus. Au premier trimestre 2009, les dépenses des touristes se sont élevées à 748 millions de dollars, soit une augmentation de 7% par rapport à l année précédente. Conscient que le potentiel de développement du secteur reste largement inexploité, la Syrie a fait du tourisme une de ses priorités. En 2018, il devrait employer 2 millions de Syriens (contre 1,1 millions en 2008) et générer 9,6 milliards de dollars de recettes. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement a adopté une nouvelle règlementation pour libéraliser le secteur, il investit dans la formation des ressources humaines et offre des exonérations de taxes aux investisseurs étrangers. De grands projets ont été lancés dans la région de Palmyre et de Tartous, comme la station balnéaire d Antaradus. L afflux d investissements arabes et étrangers observé ces dernières années révèle l impact positif des actions prises par le gouvernement. Ils devraient se concrétiser au cours de la période , générant un apport de millions de livres syriennes. Promotion, développement et gestion d hôtels et complexes hôteliers ; Ouverture et exploitation de boutiques et restaurants de luxe ; etc. ; Développeurs et gestionnaires hôteliers étrangers : Emirats Arabes Unis (Hedley International Group, Majid al Futaim), Royaume Uni (InterContinental Hotels), Etats Unis (Starwood), Suisse (AKDN, Mövenpick), Russie (Intourist, Olympic Tour), Turquie (Dedeman), Koweït (M.A. Kharafi Group, Al Foutouh), Qatar (QIA/Diar), Arabie Saoudite (Nesco, Kingdom Hotel Investments), Pakistan (Danial Industries), Jordanie (Syrian Jordanian Investment Co.), etc. Damas, Damas rural, Homs, Tartous, Lattaquié Exonérations de taxes pour les investisseurs étrangers Ministère du tourisme : 165

168 11. Tunisie Cadrage économique Une montée en gamme de l économie pour résister à la concurrence internationale Dès les années 70, la Tunisie a opté pour un modèle économique orienté vers l exportation. En 1995, elle a lancé un programme national de mise à niveau industrielle en vue d accroître la compétitivité de ses entreprises et de les insérer sur les marchés internationaux. En 2008, plus de entreprises y participaient. D ici 2011, elles devraient être Les projets financés ont permis de porter la part d entreprises industrielles totalement exportatrices à 45% en Un régime particulier exempte d impôt sur les bénéfices les entreprises qui produisent au moins à 85% pour l export. Les exportations industrielles (hors agro alimentaires) ont ainsi été multipliées par 4 par rapport à 1996, atteignant 12 milliards de dinars tunisiens (7 milliards d euros) de recettes (84% des exportations nationales). Profitant de sa proximité géographique et culturelle, la Tunisie a progressivement renforcé ses relations avec l Union européenne, qui est devenue son premier partenaire industriel et son premier client (80% des exportations industrielles). Depuis 1996, les exportations vers les pays membres ont connu une croissance moyenne de 10% par an. Ce développement rapide a été permis par les importants efforts consentis par la Tunisie pour privilégier l éducation et la formation professionnelle, améliorer ses infrastructures de transport et de logistique, développer des plateformes de production répondant aux standards internationaux et encourager les échanges extérieurs. En 2008, son entrée dans la zone de libre échange de l Union européenne a laissé entrevoir de nouvelles opportunités mais aussi de nouveaux défis. Fortement dépendante des exportations et des investissements directs étrangers, l économie tunisienne est très exposée au contexte mondial. Face à l émergence de pays offrant des coûts de production imbattables, une évolution de son positionnement s avérait indispensable. Afin de fixer un cap à moyen terme, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie industrielle à l horizon Elle vise à différencier la Tunisie de

169 ses concurrents, notamment asiatiques, en complétant son positionnement de «back office» / «nearshore industriel» par des fonctions de «hub» et d «innovation». D une part, il s agit d intégrer le «site Tunisie» dans une chaîne de valeur régionale, voire mondiale, en améliorant l efficacité logistique. D autre part, la promotion de l innovation, à travers l éducation et la formation, doit permettre d accroître la valeur ajoutée de la production. D ici 2016, l objectif est de doubler les exportations, pour atteindre les 17,5 milliards d euros. Dans cette perspective, 3 axes de développement ont été retenus : «Faire monter en gamme les secteurs industriels historiques» : textile, habillement, cuir et chaussures ; agro alimentaire ; chimie des phosphates ; matériaux de construction ; «Diversifier le tissu industriel tunisien et faire émerger des secteurs nouveaux» : industries électronique, automobile et aéronautique (aussi appelées industries mécanique et électrique, IME) ; plastiques techniques ; industrie pharmaceutique et biotechnologies ; TIC, centres de services et autres services liés à l industrie ; «Préparer la prochaine vague de secteurs et dʹentreprises qui régénéreront le tissu économique tunisien, en favorisant lʹapparition de pépites au croisement fertile entre plusieurs secteurs industriels tunisiens» : la mécatronique par exemple. La réussite de cette stratégie nécessite l implantation de grands groupes ou «entreprises locomotives». Pour les attirer, des pôles de compétitivité seront créés dans 4 secteurs clés : le textile habillement ; les IME ; l agroalimentaire ; les TIC. D ici 2016, ils devront accueillir entreprises et emplois. Un autre exemple de réussite récente est la création d une activité aéronautique, associant un groupe de sous traitants ou partenaires du programme Airbus. En plus des services liés à l industrie, la Tunisie souhaite développer le commerce, les activités de loisirs et le tourisme. En diversifiant ainsi son économie, elle espère limiter sa vulnérabilité aux aléas du contexte mondial. 167

170 Focus 1. Une économie du savoir fondée sur l innovation, la R&D et la formation Dans le cadre de la nouvelle stratégie industrielle, un programme national de promotion de l innovation et des TIC a été lancé. Il vise à diffuser les nouvelles technologies dans tous les domaines de l économie, en encourageant notamment les projets de pépinières d entreprises et de cyberparcs. Depuis 2007, et jusqu en 2011, ces derniers se voient attribuer un terrain à un prix symbolique et octroyer une prime dʹinvestissement pouvant aller jusqu à 20% du coût du projet. Un guichet unique pour les TIC a par ailleurs été créé pour impulser l investissement dans ce domaine. Conscient de l importance de la recherche dans le développement de l innovation, le gouvernement consacre un budget croissant au renforcement des capacités tunisiennes de recherche. En 2008, les 20 instituts, 6 parcs technologiques (4 nouveaux sont en projet), 150 laboratoires et 500 unités de recherche, qui totalisaient chercheurs, ont reçu 1,2% du PIB. Les solutions développées doivent permettre d affronter les défis lancés à un certain nombre de secteurs (textile, agriculture, etc.) par la mondialisation et la pression environnementale croissante. La Tunisie est, par le nombre de projets, le principal participant sud méditerranéen aux programmes de R&D européens (PCRD). Afin de renforcer les connaissances des chercheurs et spécialistes dans les domaines porteurs, d importants investissements ont été réalisés en faveur de la formation universitaire. Le nombre d étudiants de l enseignement supérieur est ainsi passé de en 1987 à en Sur cet effectif, 11% se sont spécialisés dans les TIC. L Etat prend en charge totalement (2 ans) puis partiellement (5 années suivantes) les cotisations patronales liées à lʹembauche de nouveaux diplômés (bac+2 minimum). L agence tunisienne de la formation professionnelle gère, quant à elle, 135 centres de formation, dont 47 sont sectoriels. Depuis 1992, les accords et prêts négociés avec la France ont permis la création de 15 d entre eux (télécommunications à El Khadra, textile à Monastir, plateformes dédiées à l électricité et à l électronique dans 13 centres, etc.) dans le cadre du programme Manforme. 11 autres sont en cours de restructuration. D ici 2011, le 11 ème plan de développement prévoit l instauration d un bac professionnel, la certification de 50 centres de formation professionnelle, etc. Quatre secteurs sont jugés prioritaires : BTP, électricité et électronique pour le bâtiment, construction métallique et soudage, tourisme. Pour encourager l investissement dans le secteur de l enseignement supérieur et de la formation professionnelle, plusieurs avantages sont prévus : déductions d impôts sur les bénéfices réinvestis ; taux réduit sur les revenus et bénéfice ; suspension de la TVA sur les biens d équipement importés introuvables localement ; etc. [Plus d informations sur : 168

171 Un ciblage des IDE à forte intensité technologique en vue d accroître la valeur ajoutée des exportations Dans la continuité des 40 dernières années, la stratégie tunisienne est orientée vers un développement économique à l export. Or, 80% des exportations sont le fait de sociétés étrangères ou à capital étranger implantées en Tunisie. Fin 2008, le pays comptait entreprises étrangères ou à capital mixte. Les flux croissants d IDE dont il a bénéficié, passant de 347 millions de dinars tunisiens (208 millions d euros) en 2006 à 485 millions (283 millions d euros) en 2007, ont permis de dynamiser l industrie. La moitié a été investie dans les industries mécaniques et électriques et dans le secteur du textile habillement. Cette forte attractivité résulte de la consécration par la loi, dès 1994, de la liberté d investir dans la plupart des secteurs. S appliquant aussi bien aux investisseurs nationaux qu étrangers, ces derniers peuvent réaliser leur projet sans nécessairement s associer à un partenaire local. Qui plus est, de nombreuses mesures visant à améliorer l environnement des affaires et ôter tout obstacle à l investissement ont été prises ces dernières années : simplification administrative, fiscalité avantageuse, démantèlement des barrières douanières, incitations à l investissement, accès au financement, etc. Elles sont particulièrement favorables aux entreprises exportatrices. Pour atteindre les objectifs de sa nouvelle stratégie industrielle, la Tunisie devra totaliser 1,8 milliard d euros d investissements industriels d ici 2016, soit le triple du volume de Une contribution importante des IDE est attendue. Historiquement tourné vers les activités à faible valeur ajoutée et fortement consommatrices en main d œuvre, le pays cible maintenant un spectre plus large de projets, et plus particulièrement ceux à forte intensité technologique, nécessitant une capacité de R&D importante et une main d œuvre qualifiée. Ce nouveau ciblage implique une évolution de sa politique vis à vis des IDE, davantage concentrée sur des mesures liées à l éducation, la formation, la R&D et l innovation. 169

172 Focus 2. Des incitations favorables aux exportations et au développement régional Adopté en 1994, le Code des incitations aux investissements prévoit des incitations communes : le dégrèvement des revenus réinvestis (dans la limite de 35 % du montant soumis à l impôt) ; l exonération des droits et de la TVA pour les biens d équipement importés s ils sont introuvables localement. Les entreprises exportatrices bénéficient en plus de : l exonération totale de l impôt sur les bénéfices provenant de l exportation pendant 10 ans ; l exonération totale des bénéfices et revenus réinvestis ; une franchise totale des droits et taxes pour les biens d équipement (matériel de transport des marchandises, matières premières, semiproduits et services nécessaires à l activité compris) ; la possibilité de mise en vente sur le marché local de 30 % de leur production industrielle ou agricole. Pour encourager le développement régional, certaines zones bénéficient d avantages supplémentaires, dont la durée et le montant varient en fonction de la nature du projet (industrie, tourisme, artisanat, services) et de la catégorie à laquelle appartient la zone (groupe 1, 2, zones prioritaires) : exonération de l impôt sur les bénéfices et revenus réinvestis ; déduction de revenus provenant des investissements de l assiette de l impôt sur le revenu et de l impôt sur les sociétés ; prise en charge par lʹétat de la contribution patronale au régime légal de sécurité sociale au titre des salaires versés aux agents tunisiens ; exonération de la contribution au fonds de promotion du logement pour les salariés ; possibilité de participation de l État aux dépenses d infrastructure nécessaires à la réalisation de projets industriels (25% dans les zones du groupe 1, 50% dans celles du groupe 2 et 75% dans les zones prioritaires) ; prime d investissement pour les projets manufacturiers, artisanaux, de services (8% de lʹinvestissement pour le groupe 1, 15% pour le groupe 2, 25% pour les zones prioritaires), ou encore de tourisme (8% pour l hébergement, l animation et le tourisme thermal, 25% dans les zones de reconversion minière). Des avantages spécifiques sont également accordés au secteur agricole : exonération totale de l impôt sur les bénéfices et revenus réinvestis ; exonération totale de l impôt pendant 10 ans ; suspension de la TVA sur les biens d équipements importés s ils sont introuvables localement ; possibilité de participation de l État aux dépenses d infrastructure pour l aménagement de zones destinées à l aquaculture et aux cultures utilisant la géothermie ; prime de 7% pour les projets de première transformation ; prime additionnelle pour les projets dans les régions à climat difficile et les projets de pêche dans les ports du littoral nord. Plus largement, le code encourage les projets de protection de l environnement. Sur avis de la commission supérieure d investissement, d autres incitations sont octroyées par décret à des projets d intérêt particulier pour l économie tunisienne. [Plus d informations auprès de FIPA Tunisie : 170

173 Focus 3. Multiplication et diversification des sites d implantation En 2008, la Tunisie comptait 122 zones industrielles d une superficie totale de ha et concentrées sur l axe littoral. D ici 2011, 35 nouvelles zones seront réalisées dans le cadre du 11 ème plan de développement, portant la superficie totale à ha. D ici 2016, la nouvelle stratégie industrielle prévoit quant à elle l aménagement de ha, dont gérés par des sociétés privées. Afin de réduire la forte concentration d activités sur le littoral (84% des zones industrielles en 2006 et 80% des emplois), la mise en œuvre du plan directeur dʹaménagement des zones industrielles permettra la réalisation de 1150 ha sur l axe médian et intérieur, qui disposera ainsi de 40% des superficies en 2016 contre 16% en parcs d activités économiques (Bizerte et Zarzis Jerba) accueillent également les entreprises sur un site bien desservi et offrant de services de qualité. Afin d encourager le développement des TIC en faisant le lien entre les entreprises, les universités et les centres de recherche, la Tunisie s est par ailleurs dotée d un premier parc technologique. Doté d une infrastructure moderne et de services de qualité, le pôle d El Ghazala des Technologies de la Communication offre des incitations à l innovation dans le domaine des TIC. Pour répondre à la demande croissante des entreprises technologiques et des groupes étrangers, il a été étendu à plusieurs reprises avant que de nouvelles zones ne soient créées dans les gouvernorats de lʹariana et de La Manouba m² de locaux supplémentaires ont par ailleurs été répartis entre les pôles technologiques de Sousse et de Sfax. Tous trois font partie des premiers pôles de compétitivité tunisiens. [Pôle Elgazala des Technologies de la Communication : Face au succès d El Ghazala, 6 nouveaux technopôles sont cours de finalisation. En s appuyant sur le tissu d entreprises, de centres de recherche et d instituts spécialisés présents sur le territoire, ces pôles doivent créer des synergies et favoriser le développement des secteurs d avenir : les énergies renouvelables, l eau, l environnement et la biotechnologie végétale à Borj Cédria ; les biotechnologies à Sidi Thabet ; la mécanique, l électronique et l informatique à Sousse ; l informatique, le multimédia et les nouvelles technologies à Sfax ; le textile habillement à Monastir El Fejja (pôle de compétitivité composé d un technopôle à Monastir, de 2 parcs industriels à Monastir et El Fejja la Manouba) ; l industrie agro alimentaire à Bizerte. D autres technopôles sont en cours de construction à Médenine (valorisation des ressources du désert), Jendouba, Ennahli (TIC) et Manouba (TIC). À terme, le pays devrait compter une vingtaine de technopôles, qui, par regroupements, constitueront les futurs pôles de compétitivité de la Tunisie. [Plus d informations auprès de FIPA Tunisie : 171

174 Mapping stratégique / 1. Ressources 172

175 Mapping stratégique / 2. Industrie 173

176 Mapping stratégique / 3. Services 174

177 Secteurs stratégiques La carte des investissements en Méditerranée Industries mécaniques et électriques (IME) Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Dotées d un fort potentiel de développement à l exportation, les IME ont vu leur production doubler depuis 2003, pour atteindre plus de 4,6 milliards d euros en La branche électrique y contribue à hauteur de 54%. Au cours de la période, le secteur a bénéficié d un accroissement des investissements de 15% par an en moyenne, et de 31% pour les seules industries électriques et électroniques. Les exportations ont plus que doublé pour atteindre 3,5 milliards d euros en Les pays de l Union européenne demeurent les premiers clients de la Tunisie. La branche des composants automobiles et aéronautiques a connu un développement spectaculaire au cours des dix dernières années. Ses exportations ont été multipliées par 5 pour atteindre plus de 1 milliard d euros en A horizon 2016, les IME devront générer 46% des exportations du pays, contre 25% en 2006 (+13,2% par an). Pour atteindre ces objectifs, la Tunisie mise sur l innovation, les croissements entre filières et une augmentation des investissements de +11,3% par an entre 2006 et Composants électriques, électroniques, automobiles et aéronautiques ; Mécatronique ; Construction métallique ; Fonderie Groupes étrangers ou à capital mixte majoritaires : français (Safran, Latelec, Zodia, Delfingen, Valeo, Actia), italiens (Avionav, Indesit), allemands (Bosch, Fritz Driescher, Kaschke), asiatiques ; etc. Tunis (aéronautique), Sousse, Ariana, Ben Arous, Bizerte, Hammamet, Kairouan, Manouba, Monastir, Sfax, Zaghouan Pôle de compétitivité de Sousse dédié aux IME : 190 ha prévus pour accueillir 150 entreprises et 8000 emplois Zone industrielle dédiée aux IME à Enfidha : Parc aéronautique d Aérolia (EADS) dans la banlieue de Tunis Avantages aux entreprises totalement exportatrices (Focus 2) Formation : écoles dʹingénieurs, instituts supérieurs des études technologiques (ISET), centres de formation sectoriels et polyvalents Contacts Groupement des industries tunisiennes aéronautiques et spatiales : Fédération nationale de lʹélectricité et fédération nationale de la mécanique, Fedelec UTICA : uaf.com FIPA Tunisie : 175

178 Textile, cuir, habillement et chaussure Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Premier employeur industriel, ce secteur traditionnel de l économie tunisienne s est développé autour de la sous traitance pour des entreprises européennes. Grâce à sa capacité d adaptation aux évolutions (démantèlement en 2005, accord multifibres), la Tunisie s est imposée comme 5 ème fournisseur de l Europe. Entre 2002 et 2007, les exportations de textile habillement ont connu une croissance de 4% par an en moyenne et celles de cuir et chaussures de 8%. Près de 96% se font sur le marché de l Union européenne. Concentrant plus d un cinquième du total des IDE de l industrie manufacturière, le textile habilement a bénéficié d une hausse des investissements de 27% au cours de la période Face à la concurrence asiatique, la Tunisie a entrepris une montée en gamme de sa production (petites et moyennes séries, textiles techniques, finissage, création/design) et une transition vers la co fabrication. Elle espère ainsi accroître ses exportations de 5,1% par an entre 2006 et Filature, tissage et finissage ; Création/design ; Confection de petites et moyennes séries (jeans, vêtements en maille et de travail, bonneterie) ; Textiles techniques ; Cuir et maroquinerie ; Logistiques Entreprises à participation étrangère pour moitié : françaises (DMC, Aubade, Lafuma), italiennes (Cofra, Benetton, Dainese), allemandes (Gardeur, Rieker, Van Laak), hollandaises, espagnoles (Inditex) Ariana, Ben Arous, Bizerte, Kairouan, Kasserine, Mahdia, Monastir, Manouba, Medenine, Monastir, Nabeul/Hammamet, Sfax, Sidi Bouzid, Siliana, Sousse, Tozeur, Tunis Pôle de compétitivité de Monastir El Fejja (210 entreprises et emplois d ici 2016) : technopôle de Monastir, 2 parcs d activités industrielles (Monastir et El Fejja La Manouba) et réseau In Tex associant professionnels tunisiens et étrangers : Avantages aux entreprises totalement exportatrices (Focus 2) Formation et recherche : ISET de Ksar Hellal, école dʹingénieurs et institut supérieur des métiers de la mode à Monastir, centre national du cuir et de la chaussure, 30 centres de formation professionnelle, centre technique du textile ( Fédération Nationale du Textile : Chambre Syndicale du Cuir et de la Chaussure FIPA Tunisie : 176

179 Agriculture et agro-alimentaire Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Favorisée par un climat propice et d abondantes ressources foncières et hydrauliques, l agriculture constitue la principale activité de plusieurs régions en Tunisie et contribue activement à la production du pays (12% du PIB), la création d emplois et l équilibre de la balance des paiements. Sur la période , la production a été dominée par l élevage, l arboriculture, le maraîchage et les céréales. En 2008, la production halieutique était quant à elle estimée à tonnes, soit une infime partie du potentiel offert part les 1300 km de côtes du pays. Les produits agricoles sont vendus sur le marché local, exportés ou introduits dans la chaîne de production agro alimentaire. Avec le développement de la libre concurrence et du secteur privé, cette dernière a enregistré des investissements en progression de 25% entre 2004 et 2008 et une augmentation de la production de 40%. Tirées par des produits phares et une demande croissante sur les marchés limitrophes, les exportations ont connu une hausse de 30%. L huile d olives, dont la Tunisie est le 2 ème exportateur mondial, y contribue à hauteur de 43%. D ici 2016, la Tunisie souhaite continuer à accroître ses exportations alimentaires de l ordre de 9% par an, développer la valeur ajoutée de sa production et mettre à niveau ses circuits de distribution. Conditionnement des huiles, fruits, légumes et produits de la mer ; Elevage de poissons et de crustacés ; Production de plats cuisinés et surgelés ; Produits biologiques et de santé nutrition Entreprises italiennes (Francesco Fiordelisi), françaises (Candia, Nestlé, Danone, Alsa), libyennes, belges et espagnoles Activités agricoles dans tout le pays, agro alimentaire à Bizerte notamment Pôle de compétitivité de Bizerte : 150 ha prévus pour accueillir 170 entreprises (9000 emplois), des centres de R&D, de formation, etc. Exonération d impôt sur les bénéfices pendant les 10 premières années (puis taux à 10%) pour les projets agricoles Formation et recherche : centre technique de lʹagro alimentaire ( centre technique de l emballage et du conditionnement ( tunisia.com), institut de nutrition et de technologie alimentaire, écoles d ingénieurs, centres de formation Contacts Agence de promotion des investissements agricoles : Fédération nationale de l agro alimentaire : 177

180 Technologies de l information et de la communication (TIC) et externalisation des processus (BPO) Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Localisation Dispositifs / Projets Contacts Doté d un fort potentiel de développement sur les marchés locaux et mondiaux, ce secteur est devenu le fer de lance de l économie tunisienne. En 2008, sa contribution au PIB était de l ordre de 8%, contre seulement 2,5% en Elle devrait atteindre 13,5% en 2011 et 20% en Les exportations devraient quant à elles passer de 53 millions de dinars (31 millions d euros) en 2007 à 500 millions de dinars (292 millions d euros) en Pour atteindre ces objectifs, un investissement public de 3,9 milliards de dinars (2,3 milliards d euros) est prévu pour la période , contre 430 millions entre 1992 et La libéralisation des télécoms a facilité l entrée de nouveaux acteurs (1548 SSII, 300 intégrateurs de systèmes, 400 distributeurs, 12 fournisseurs internet, 8 centres de développement), qui contribuent activement au développement du secteur et à la création d emplois (de 3000 à 4000 par an). Afin d accélérer la généralisation de l économie numérique, la Tunisie se concentre dans un premier temps sur le marché local et fait appel à l expérience des opérateurs mondiaux. Le développement parallèle des activités de BPO préfigure l exportation massive de services TIC. Réseaux de téléphonie fixe et mobile (Build Operate Transfer ou concession) ; Services associés ; BPO ; SSII/Nearshoring Nombreux groupes étrangers : opérateurs télécoms (Orascom, Alcatel, Sagem, DIG, Siemens), sociétés informatiques (ST Micro, Microsoft, Cisco Systems, Sopra), spécialistes BPO (Teleperformance) Tunis, Sfax, Kef, Siliana, Monastir, Sousse, Kairouan, Medenine, Gafsa 2 pôles de compétitivité TIC : cité technologique des communications El Ghazala à Tunis et technopôle consacré à l informatique et au multimédia à Sfax (300 ha, 440 entreprises, 8750 nouveaux emplois) Projet Tunis Telecom City à Kalaat Landlous : université des télécoms, pôle technologique, capital risque, bourse internationale, externalisation des processus, zone offshore, etc. 2 technopôles dédiés aux TIC en projet : Ennahli et Manouba 7 cyberparcs déjà aménagés et 30 prévus d ici 2016 Programme de promotion de l innovation et des TIC (Focus 1) Guichet unique pour les TIC : import/export d équipements et systèmes, recherche, agences nationales (fréquences, certification) Chambre syndicale de l informatique et de la bureautique, Fedelec UTICA : uaf.com FIPA Tunisie : 178

181 Industrie chimique et plastique Enjeux / Objectifs Opportunités Acteurs / Cibles Localisation Depuis quelques années, ce secteur, peu développé jusqu alors, attire l attention des pouvoirs publics et du secteur privé. De 2003 à 2007, l industrie chimique a connu une croissance plutôt faible, de 6% par an en moyenne. Mais des investissements massifs, et en constante augmentation, ont été enregistrés au cours de la période de 100 millions de DT en 2003, ils sont passés à 140 millions de dinars (82 millions d euros) en 2007, soit une hausse de 40%, permettant l émergence et la structuration de l industrie. En 2008, cette dernière comptait 241 entreprises de 10 employés ou plus, parmi lesquelles 39 totalement exportatrices et 156 à participation étrangère. Entre 2003 et 2007, les exportations, dont les dérivés de phosphate représentent encore la majeure partie (76%), ont augmenté de 16% par an, laissant entrevoir des perspectives prometteuses. Durant la même période, l industrie plastique a connu un réel essor, avec un taux de croissance annuel moyen de 21%. Les exportations ont augmenté de 23% par an en moyenne. En 2008, l industrie plastique comptait 250 entreprises de 10 personnes ou plus, dont 62 totalement exportatrices et 81 entreprises à participation étrangère. Compte tenu de leur potentiel d exportations et de leurs liens étroits avec d autres secteurs stratégiques, les industries chimiques et plastiques pourraient bien être le moteur de la croissance tunisienne au cours de la prochaine décennie. Plastiques techniques (emballage de luxe, construction, agriculture), plaques et tuyaux ; Médicaments (génériques et vaccins), savons et produits d entretien ; etc. Groupes français (Plastivaloire, Pronal, Zodiac), britanniques (BG Group), italiens, allemands, américains (Cosfibel), indiens (GFCL GFCF, Coromandel Fertilizers) iraniens (IPCC), turcs (Adopen Plastik), jordaniens, etc. Ariana, Ben Arous, Gabès, Gafsa, Kairouan, Sfax, Zaghouan, Sousse Dispositifs / Projets Contacts Technopôles dédiés aux biotechnologies en construction Centre technique de l emballage et du conditionnement à Tunis ( tunisia.com) : laboratoires, formation, etc. FIPA Tunisie : 179

182 Tourisme Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Avec son climat agréable, sa longue côte sablonneuse et ses nombreux sites historiques et culturels, la Tunisie est une destination touristique très prisée par les Européens. En 2008, elle a accueilli 7 millions de touristes étrangers, 5% de plus que l année précédente. Principale source de devises pour le pays, le tourisme génère 6,5% du PIB, fait travailler 12% de la population active et a un fort effet d entraînement sur d autres secteurs, tels que le transport aérien, l artisanat, le commerce et le bâtiment. Cette attractivité durable est appuyée par les efforts conjoints de l Etat et du secteur privé depuis les années 60. Jusque dans les années 90, la stratégie ciblait une offre touristique quantitative, essentiellement balnéaire. En 2007, la Tunisie comptait lits hôteliers. Face à la réduction de la durée moyenne de séjour des touristes et à la baisse des taux d occupation, la stratégie s oriente progressivement vers une diversification de l offre, notamment à travers le développement du tourisme saharien, et vers un rééquilibrage entre les régions littorales et intérieures, en encourageant l investissement dans les zones jugées prioritaires. Acquisition d entreprises en difficulté ; Aménagement et développement de complexes touristiques (tourisme saharien, vert, médical et thalassothérapie notamment) ; Rénovation Entreprises libyennes (Laico, Lafico), européens (TUI, Fram, Club Med), du Golfe (MBI International, CTKD), etc. Djerba, Sousse, Nabeul Hammamet, Sfax Monastir, Yasmine Hammamet pour le tourisme balnéaire ; Gafsa, Jérid, Nefzaoua, Matmata, Tataouine pour le tourisme saharien Prime d investissement de 8% pour les projets touristiques dans les zones prioritaires, de 25% dans le gouvernorat de Gafsa, en reconversion minière (Focus 2) Privatisations : zone touristique Skanès Ed Dkhila à Monastir Concessions : complexe de tourisme médical de Khabayat à Gabès, zone touristique de Lella Hadhria à Djerba, port de plaisance El Kessour Hergla, ville touristique et thermale du Grand Korbous, réhabilitation et aménagement de la Sebkha de l Ariana en vue de créer une ville touristique, etc. Office national du tourisme tunisien (guichet unique pour les projets touristiques) : tunisie.com 180

183 Bâtiment et travaux publics (BTP) Enjeux / Objectifs Acteurs / Cibles Opportunités Localisation Dispositifs / Projets Contacts Pierre angulaire du développement des infrastructures et de l habitat, ce secteur a connu une évolution remarquable. Les méga projets annoncés devraient lui faire connaître un bon quantitatif et qualitatif au cours des prochaines années. Dans le domaine des transports, les infrastructures routières seront doublées d ici 2016 : prolongements de l autoroute Bizerte Sfax et du tronçon autoroutier Tunis Oued Zarga, réalisation de 9 échangeurs dans le Grand Tunis. Un réseau ferré régional développera et connectera les transports collectifs dans le Grand Tunis. Le port en eau profonde d Enfidha (1,4 milliards d euros) sera doté d une zone logistique et économique, relié à l ensemble du territoire national par les voies ferroviaire et routière, et équipé d un aéroport international (inauguré fin 2009). Dans le domaine de l eau et de l énergie, les initiatives foisonnent : dépollution à Sfax, désalinisation à Djerba, épuration à Tunis Sud, centrales électriques à Bizerte, Sousse, et El Haouria/Cap Bon, raffinerie privée à Skhira, etc. Depuis la fin des années 80, l Etat s est également engagé à développer l offre de logements et d aménagements urbains pour répondre aux besoins de la population. Les grands projets tels Tunis Financial Harbour, Tunis Sports City et les Portes de la Méditerranée doivent y contribuer. Pour leur réalisation, l Etat met en concurrence des entreprises tunisiennes avec des groupes internationaux afin de favoriser la professionnalisation du secteur. Construction et exploitation de réseaux et d équipements (Build Operate Transfer ou concession) ; Lotissement et aménagement de terrains ; Construction de logements et de locaux industriels Entreprises du Golfe (Bukhatir, Sama Dubai), européennes (DIET SA), turques (TAV), asiatiques, etc. Tout le pays (logique de compétitivité des villes et de rééquilibrage entre littoral et régions intérieures) Loi relative à la promotion immobilière de 1990 : encouragement des projets de développement de l habitat, notamment social Incitations à la construction de locaux industriels dans les zones de développement régional (Focus 2) Délai de paiement raccourcis à 45 ou 60 jours Fédération nationale des entrepreneurs de bâtiment et de travaux publics 181

184 12. Bibliographie ANIMA, Investir dans la région MEDA, pourquoi, comment?, Avril ANIMA, Investissement direct étranger vers les pays Med en 2008 : Face à la crise, Avril Commission européenne, OCDE et Fondation européenne pour la formation, Rapport sur la mise en œuvre de la Charte euro méditerranéenne pour l entreprise, Office des publications officielles des Communautés européennes, Noutary E., Funding Start ups and SME Innovation: A Guide for MEDA Countries, Medibtikar, Juin Algérie Gay P., Nouvelles règles pour les investisseurs étrangers en Algérie : moins d avantages, plus de contraintes et de contrôles, Ambassade de France en Algérie, Septembre Ministère de l Aménagement du Territoire, de l Environnement et du Tourisme, Schéma National d Aménagement du Territoire Ministère de l Industrie et de la Promotion des Investissements, Stratégie et politiques de relance et de développement industriel Synthèse. Ministère des Participations et de la Promotion des Investissements, La stratégie et les politiques de relance et de développement industriel, Février Autorité palestinienne Hanieh A., La Palestine au Moyen Orient : combattre le néolibéralisme et le pouvoir des Etats Unis, MRzine, Juillet The Palestine Economic Policy Research Institute (MAS), An Investment Guide to Palestine, Mai Awad, N.W., An Economic Snapshot of Palestine and the PRDP, MIFTAH, Egypte General Authority for Investment, Invest in Egypt, Janvier Oxford Business Group, Emerging Egypt, Juin Israël Prestowitz C. & Carliner B., Israel 2020: A Strategic Vision for Economic Development, Economic Strategy Institute, US Israel Science and Technology Foundation, Israel 2028: Vision and Strategy For Economy and Society in a Global World, Mars 2008.

185 Ministère de l Industrie, du Commerce et du Travail Centre de Promotion des Investissements, Investir en Israël : un pays qui va de l avant, Jordanie Jordan Investment Board, Invest in Jordan, Oxford Business Group, The Report: Jordan 2009, Royaume hachémite de Jordanie, National Agenda : The Jordan we strive for. Saif I., The Process of Economic Reform in Jordan , Go EuroMed, Décembre Liban Bank Audi, Lebanon Banking Sector Report, Août Ministère des Finances, Lebanon Country Profile, Maroc CNUCED, Examen de la politique de l investissement : Maroc, Ministère de l Economie et des Finances Direction des Etudes et des Prévisions Financières, Spécialisation et concentration industrielles : Atouts et vulnérabilités des secteurs et des régions, Mai Ministère de l Economie et des Finances Direction des Etudes et des Prévisions Financières, La décennie des réformes et du progrès pour un Maroc moderne et solidaire : , Juillet Royaume du Maroc ; Pacte national pour l émergence industrielle : Contrat Programme , Syrie Ababsa M., Roussel C., Al Dbiyat M., Le territoire syrien entre intégration nationale et métropolisation renforcée, paru dans La Syrie au présent, Actes Sud, République arabe syrienne, The 10th Five Year Plan Syrian Investment Agency, The Second Annual Investment Report In Syria For the year Tunisie Ernst & Young, Etude de la stratégie industrielle nationale à horizon 2016,

186 Le programme Invest in Med vise à développer durablement les relations dʹaffaires, les investissements et les partenariats dʹentreprises entre les 2 rives de la Méditerranée. Financé à 75% par lʹunion européenne sur la période , il est piloté par le consortium MedAlliance, qui réunit des agences de développement économique (ANIMA, leader du programme), des CCI (ASCAME, EUROCHAMBRES) et des fédérations dʹentreprises (BUSINESSMED). Avec les membres de ces réseaux et leurs partenaires associés (ONUDI, GTZ, EPA Euroméditerranée, Banque Mondiale etc.), un millier dʹacteurs économiques sont ainsi mobilisés au travers dʹinitiatives pilotes centrées sur des filières méditerranéennes dʹavenir. Chaque année, une centaine dʹopérations de terrain associent les 27 pays de lʹunion européenne et leurs 9 partenaires du sud : Algérie, Autorité Palestinienne, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie et Tunisie. La carte des investissements en Méditerranée Guide sectoriel des politiques publiques pour l investissement en Méditerranée Etude N 7 / Janvier 2010 Ce guide est la première étape d un travail de recensement et de géolocalisation de l activité économique en Méditerranée, mis en place par le programme Invest in Med pour aider les pays à mieux se connaître et se comparer. Mais l objectif est surtout de fournir aux investisseurs, notamment étrangers, qui ciblent 9 des pays sud méditerranéens bénéficiaires du programme Invest in Med, un outil opérationnel pour les aider à répondre aux questions suivantes : Quels sont les pays qui souhaitent favoriser le développement des entreprises de mon secteur? Quelles sont les régions dans lesquelles mes activités peuvent se développer? Quelles sont les infrastructures, les zones d activité industrielle ou économique auprès desquelles j ai des chances de trouver mes partenaires, sous traitants, concurrents? Quels sont les dispositifs incitatifs ou facilitateurs qui me concernent? Qui contacter pour les activer? Les utilisateurs de ce guide ont le choix entre 3 portes d entrée pour accéder à l information : un jeu de 3 cartes légendées par pays (ressources, industrie, services), qui offrent une vision des principaux secteurs d activité développés, ainsi que des infrastructures et zones aménagées sur lesquelles se polarise le développement économique ; pour chaque pays, un jeu de fiches synthétiques sur la stratégie industrielle et la position vis à vis des investisseurs étrangers ; pour 15 grands secteurs dont le développement est jugé prioritaire par les pays Med, la liste des pays dans lesquels chacun de ces secteurs est présent et, pour chaque pays, une fiche sur les enjeux, opportunités, dispositifs et contacts pour ce secteur.

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