Sommaire du Bulletin 2008 n 2
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- Jean-Bernard Gervais
- il y a 10 ans
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1 bulletin n
2 Sommaire du Bulletin 2008 n 2 LE MOT DU PRÉSIDENT 3 LA VIE DE L'ASSOCIATION 5 - Le Conseil d'administration 5 - Espace adhérents 6 - Les Régionales 10 - Des anciens nous racontent La préparation de l'assemblée générale du 28 mars DANS NOS ÉCOLES 19 INFORMATIONS 27 TRAVAUX ET PUBLICATIONS 31 2 COLLOQUES, GROUPES D'ÉTUDES 55 TRIBUNE LIBRE 73 HOMMAGE À Jean S. HAREMZA 79 MÉMORIAL 105 Fiche d'adhésion 109 Fiche de mise à jour 111 Fiche Travaux et Publications 113 Directeur de la publication : François LOUVEAUX, 61 bd Bessières, Paris Rédaction, mise en page, correction : Georges HAREND, assisté de Lucien SELLIER et de Danielle ALLOIN, Christine DE BUZON et Lilette HAREMZA ISSN :
3 Le mot du Président Notre habituel rendez-vous de fin d'année consacre une large place à la disparition de Jean HAREMZA (1947 L et 1955 I Saint-Cloud). Il était membre d'honneur de notre Association et pour tous un modèle. Nos pensées vont vers sa famille et ses proches. Je laisse à d'autres, qui l'ont beaucoup mieux connu, le soin de parler de lui, de ses qualités, de son influence. Je voudrais simplement dire à quel point il était pour moi exemplaire. Voilà quelqu'un qui symbolisait par sa vie, ses actions, ses engagements, des générations de normaliens. Son combat pour la formation des maîtres est un honneur pour nous tous, un acquis important pour la société tout entière. Beaucoup, au fil des lignes, reconnaîtront des noms, des mots, des ambiances, des anecdotes ; pour d'autres lecteurs, plus jeunes, tout cela évoque, au mieux, des manuels ou des travaux historiques. Oui, les Écoles Normales Supérieures ont changé et elles continuent de changer. Oui, les normaliennes et normaliens d'aujourd'hui n'ont ni les mêmes préoccupations, ni la même formation, ni souvent les mêmes origines familiales que les générations précédentes Faut-il le regretter et préférer vivre dans des souvenirs, ou au contraire essayer de construire une communauté sur ces différences, autour de quelques exigences et valeurs communes à illustrer et défendre? La place accordée dans ce numéro au souvenir de Jean Haremza -- Mémorial et Tribune libre --, celle que le prochain bulletin accordera à un autre grand nom de notre communauté, Jacques DEBOUZY (1949 L Saint-Cloud), témoignent de la tranquille volonté de construire, de transmettre. Il est important que les jeunes générations sachent d'où elles viennent. Il est important pour les plus anciens de faire connaître ce qu'ils ont été, de savoir aussi se souvenir. Tous doivent être reconnaissants de ce que quelques-unes et quelques-uns ont fait pour notre communauté. Si l'on peut désormais entrer dans ces Écoles un peu par hasard et d'abord par talent, on n'en sort pas indemne : l'école, les enseignants et les personnels, les camarades, l'ouverture aux autres, pourquoi pas la fréquentation des anciens, tout cela laisse des traces, au-delà d'une formation d'excellence. Beaucoup se retrouveront, à leur grand étonnement parfois, profondément engagés dans l'enseignement, la recherche, la formation. D'autres, moins nombreux choisiront d'autres voies. Tous seront transformés. Les autres rubriques du bulletin montrent la vitalité de la communauté normalienne. Travaux et publications, colloques, groupes et voyages d'études, témoignent comme toujours, de la très grande diversité des talents. La rubrique Dans nos Écoles manifeste l'excellence de la formation. Les rumeurs -- attention à ne pas considérer comme accompli ce qui ne l'est pas -- soulignent que nos Écoles sont à une période charnière, prises dans la recomposition incertaine de l'enseignement supérieur à toutes ses échelles, du local à l'international. 3
4 4 La Vie de l'association est importante dans de telles circonstances. La réorganisation matérielle se poursuit : merci à Jérôme, Marc, Hélène, Virginie et Yann qui y consacrent beaucoup de temps, d'énergie et de talent. Vous avez peut-être déjà visité le site internet, en cours de réalisation. L'annuaire électronique est en place, pas encore immédiatement accessible, car il faut imaginer des sécurités et la procédure pour donner à chaque adhérent son identifiant personnel. Notre Assemblée générale aura lieu le samedi 28 mars à Lyon. Elle débutera le matin à partir de 10 h 30 par une rencontre avec notre camarade Jean-Claude Carrière -- merci à Danielle de son initiative --, écrivain et scénariste qui nous parlera de création artistique. L'Assemblée générale statuaire aura lieu à partir de 14 h 30. Elle sera suivie d'une cérémonie pour marquer l'installation à l'e.n.s.-l.s.h. des plaques aux Morts pour la France, venues du Pavillon de Valois à Saint-Cloud : un moment fort, attendu par beaucoup depuis longtemps, hautement symbolique. Une soirée théâtrale, organisée autour de l'œuvre de Jean-Claude Carrière, devrait clôturer cette journée riche. N'oubliez pas de vous porter candidat pour le renouvellement du Conseil d'administration : à la mesure de vos disponibilités, vous pourrez ainsi participer à la vie de notre Association. Je remercie une fois de plus les membres du Conseil pour leur présence, leurs actions, leur confiance. Autre date importante à retenir, celle du mercredi 11 mars : nous organisons, pour les élèves des deux E.N.S., une journée de rencontre avec des «anciens», une journée «carrières». Les élèves actuels sont souvent très indécis et hésitants : rencontrer des anciens qui travaillent dans des domaines variés -- recherche, enseignement, formation, métiers de la création, administrations, organismes français et internationaux, entreprises -- est une demande forte. Pour cette journée, nous ferons appel à toutes les bonnes volontés en particulier, mais pas seulement aux «marraines et parrains» qui s'étaient proposés. Les détails de cette journée ne sont pas encore arrêtés, car nous travaillerons en très étroite collaboration avec les Écoles, les élèves, les services, de façon à coller au plus près des demandes des élèves. Pour cette journée, comme pour l'a.g. ou pour le transfert des plaques, nous agissons avec les Écoles, un partage qui n'est pas, bien sûr, une allégeance. Grand merci à Georges Harend et à ses relectrices et relecteurs qui assurent la lourde charge de ce bulletin, outil majeur de notre Association. Il doit bien y avoir des liens puissants pour que, au-delà de charges familiales et professionnelles, très lourdes, tant de normaliennes et de normaliens de toutes les générations, de toutes sensibilités, consacrent bénévolement autant de temps et d'énergie à la cause commune? Reconnaissance, solidarité, imagination, j'espère que cest ce que vous lirez dans les pages de votre Bulletin : bonne lecture donc! Paris, le 30 octobre François LOUVEAUX
5 LA VIE DE L'ASSOCIATION Le Conseil d'administration en 2008 BUREAU Président : François LOUVEAUX (74 L SC). Vice-présidents : Francis DUBUS (53 S SC), Stanie LOR-SIVRAIS (67 S FT), Jérôme WEILL (72 S SC). Secrétaire générale : Céline BIGNEBAT (96 L FC). Secrétaire général adjoint chargé du bulletin : Georges HAREND (63 L SC). Trésorier : Jérôme DURAND-LOSE (89 S LY). Trésorier adjoint : Marc DAUMAS (89 S LY). MEMBRES DU CONSEIL Danielle ALLOIN (65 S FT), Christian BARDOT (77 L SC), Rémi BOYER (86 L FT), Yann CALBÉRAC (01 L SH), Damien COCARD (94 S LY), Alain COQ (70 S SC), Ludmilla DELORME née HAFFNER (54 L FT), Judith KLEIN (94 L FC), Nelly LABÈRE (96 L FC), Françoise DARTOIS née LAPEYRE (73 L FT), Christine DE BUZON née MAURICE (71 L FT), Francine MAZIÈRE née BORDONE (60 L FT), Annie RIZK née URBANIK (75 L FT), Virginie SÉCHÉPINE (92 L FC), Hélène SIMON-LORIÈRE (01 L SH), Jean-Marc WOLFF (74 L SC). ADRESSES Le site internet de l'association = Président : François LOUVEAUX, 61 boulevard Bessières, PARIS, T , T* = [email protected] Secrétaire générale : Céline BIGNEBAT, 71 rue Lakanal, MONTPELLIER, T , T* = [email protected] Trésorier : Jérôme DURAND-LOSE Trésorier adjoint : Marc DAUMAS, 2 avenue de la Prade, THUIR T = [email protected] 5 LES ÉCOLES E.N.S. de Lettres & Sciences humaines : 15 Parvis René Descartes, B.P. 7000, LYON CEDEX 07, T , Internet = E.N.S. de Lyon : 46 allée d Italie, LYON CEDEX 07, T , Internet =
6 Espace adhérents Votre adresse : signalez-nous sans retard vos changements d'adresse : trop de courriers nous reviennent, faute de cette précaution. Il est le plus souvent difficile de retrouver une adresse, et réexpédier annuaire ou bulletin coûte du temps et de l'argent! 6 Cotisations : l'assemblée générale de 2008 a fixé comme suit les cotisations de base pour : Membres en activité = 35 (couples de normaliens = 50 ) Membres retraité(e)s = 30 (couples de retraités = 45 ) Camarades des 8 dernières promotions ( ) = 15 (couples = 23 ) La cotisation donne droit aux bulletins, aux circulaires et à l'annuaire. Le droit de vote en Assemblée générale est subordonné au versement de la cotisation de l'année en cours. Les couples de Normaliens : la somme des cotisations des deux adhérent(e)s habitant à la même adresse est réduite. Un seul exemplaire du bulletin et de l'annuaire est envoyé au couple, dont les deux noms figurent sur l'étiquette-adresse. Chacun des membres du couple a le droit de vote. Paiement de la cotisation : si vous recevez ce numéro du bulletin, cela signifie que vous avez payé au moins votre cotisation de l'année dernière (et, nous l'espérons, celle de l'année en cours). La cotisation de base constitue le minimum exigé, mais vous pouvez être plus généreux. Veuillez TOUJOURS préciser - même sommairement - vos NOM, prénom, promotion, afin d'éviter les erreurs (il y a des homonymes et des changements de nom!). >>> Utilisez la Fiche ADHÉSION (page 109). Le chèque ou le mandat doit être libellé à l'ordre de : AE ENS (et non à celui du Trésorier!) et adressé à : Marc DAUMAS, Trésorier adjoint AE ENS, 20 avenue de la Prade, THUIR.
7 Modalités de versement : CHÈQUE (postal ou bancaire) Évitez les virements postaux ou bancaires, trop lourds à gérer. D'autres modalités de paiement sont-elles possibles? - le prélèvement automatique : exclu (gestion trop lourde). - la cotisation dite «à vie» : ce mode de versement était prévu dans l'ancienne Amicale de Fontenay, et plusieurs de nos adhérentes en bénéficient encore. On peut donc continuer à profiter de cette possibilité, aux conditions suivantes : la somme à verser en une seule fois devrait prendre en compte l'âge actuel de l'adhérent(e) (soit environ : promotion + 20 ans), et de l'espérance de vie, mais aussi du placement d'une partie de cette avance en trésorerie (gestion lourde : à éviter) - la cotisation pour plusieurs années, à tarif dégressif : compte tenu du placement et de l'utilisation progressive de la somme versée (et non pas seulement à terme), 10 ans équivaudraient à 8 cotisations annuelles, 20 ans à 15 cotisations, 30 ans à 21 cotisations. Nous étudierions toute demande pour une durée de votre choix, surtout si surviennent des changements de «catégorie» («jeune ancien» >>> «actif», «actif» >>> «retraité»). MAIS : le versement par voie directe, année après année, est certainement le mode préférable. L'annuaire L'annuaire est publié chaque année (sauf en 2007 et 2008, du fait de problèmes de réorganisation). L'annuaire 2009, qui sera adressé à tous les camarades à jour de leur cotisation, prendra en compte les modifications portées à temps à notre connaissance. Si vous avez des idées sur la présentation de l'ensemble de l'annuaire ou de certains détails du contenu, n'hésitez pas à nous faire parvenir vos suggestions : elles seront examinées, discutées, et leur application pourra éventuellement intervenir pour le prochain annuaire. Adressez les renseignements devant figurer dans l'annuaire à : Virginie SÉCHÉPINE, 100 rue d'alésia, PARIS (courriel : [email protected]). >>> Utilisez la fiche «MISE À JOUR» (page 111)! Attention aux adresses erronées et aux boîtes aux lettres inadaptées au format de l'annuaire! Chaque année, beaucoup trop d'annuaires nous sont retournés, soit avec la mention NPAI (n'habite pas à l'adresse indiquée, parce que vous avez omis de nous faire connaître à temps votre nouvelle adresse), soit avec la mention NON RÉCLAMÉ (parce que votre boîte aux lettres n'est pas aux dimensions non réglementaires et ne permet donc pas d'y déposer l'annuaire). Cela se traduit par des pertes de temps (recherches, coups de téléphone, envois de courriers postaux ou électroniques) et d'argent. 7
8 Le bulletin. Le bulletin est publié deux fois par an, en première et seconde moitiés d'année. Ce bulletin doit être le reflet de l'activité de l'association ainsi que celui de vos activités et devenirs personnels. C'est aussi l'organe de liaison et de communication entre nous. Adressez-nous vos contributions pour les diverses rubriques (thèses et ouvrages publiés / témoignages, tribune libre, expériences, décorations, mariages, naissances, deuils, hommages à nos camarades disparus). Si vous connaissez des ancien(ne)s qui arrivent dans (ou qui quittent) votre établissement, signalez-nous ces arrivées ou ces départs, car les principaux concerné(e)s ne pensent souvent pas à nous le faire savoir. Donc : - pour vos TRAVAUX (thèses, recherches, publications, colloques, groupes de travail) >>> Fiche TRAVAUX ET PUBLICATIONS (page 113) ou courriel. - pour les autre rubriques : témoignages, tribune libre, expériences, décorations, mariages, naissances, deuils, hommages à des camarades disparu(e)s >>> Papier libre ou courriel. Les changements d'adresses me seront signalés par Virginie SÉCHÉPINE pour figurer dans le bulletin (puis dans l'annuaire). 8 Faites parvenir les articles à publier dans le bulletin à Georges HAREND, 28 rue de la Princesse, LOUVECIENNES / Courriel : [email protected]. Outre les textes sur papier (écrits à la main, dactylographiés, imprimés à partir d'ordinateurs), soyez assez aimables - surtout si vos textes dépassent une page - de nous les fournir par courrier électronique ou sur disquette compatible PC sous DOS ou Windows (extension RTF préférable) ou disquette Mac (type haute densité seulement) : cette disquette peut aussi contenir des images. Étant donné le faible prix actuel d'une disquette et celui de l'affranchissement, elle ne vous sera rendue que si vous le demandez. Afin de faciliter le travail de mise en page, présentez de préférence vos textes avec indications et normes conformes à celles du bulletin : simple interligne, corps 10, sans retraits (textes écrits «au kilomètre», avec le minimum de mise en page : nouveau paragraphe > à la ligne mais sans retrait en tête de ligne). Ne nous adressez NI TEXTES NI AUTRES DOCUMENTS EN FORMAT pdf (= Adobe)! Merci!
9 EN BREF : RAPPELS TRÈS IMPORTANTS - VOTRE ADRESSE EST-ELLE ACTUALISÉE? - AVEZ-VOUS VERSÉ VOTRE COTISATION DE L'ANNÉE? > ADRESSEZ VOS ADHÉSIONS, COTISATIONS, CHÈQUES à Marc DAUMAS, 20 avenue de la PRADE, THUIR, > ADRESSEZ les informations concernant l'annuaire (changements d'adresse ou de situation : activité professionnelle, situation administrative ou personnelle, grades, titres, retraite ) à : Virginie SÉCHÉPINE, 100 rue d'alésia, PARIS Courriel : [email protected] > ADRESSEZ les textes à publier dans les BULLETINS (annonces et rapports de soutenances de thèses, annonces de publications, comptes-rendus de publications, annonces de colloques / nominations ; distinctions ; carnet : mariages, naissances ; annonces de décès et hommages aux décédés ; articles divers) à Georges HAREND, 28 rue de la Princesse, LOUVECIENNES Courriel : [email protected] 9
10 Les Régionales Jean HAREMZA (47 L & 55 I SC) un grand animateur disparaît. À la suite du décès de Jean HAREMZA, qui, seul (avec le fidèle soutien de Lilette) ou en collaboration avec d'autres camarades, avait organisé et dirigé, depuis le 10 juin 1990, 36 excursions dans sa magnifique région, en faisant régulièrement alterner une sortie de printemps et une sortie d'automne, nous avons reçu la lettre suivante de son épouse, Lilette Haremza - Malterre (46 L FT), dans laquelle, au-delà de sa douleur, elle s'inquiète pour l'avenir de cette Régionale, que Jean Haremza, par son talent, sa ténacité et sa fidélité à l'association, avait élevée au rang d'institution. 10 À mes camarades, mes amis, La disparition soudaine, imprévisible, de Jean Haremza, le 20 mai 2008, nous à tous bouleversés. Certains ont pu lire les faire part dans le «Monde» du 28 mai ; je n'ai pas eu la force de téléphoner ou d'écrire à tous ceux que j'aurais dû joindre : je leur demande d'excuser cette faiblesse. Au-delà de l'émotion, si forte, nous devons maintenant considérer l'avenir de la Régionale Centre - Val-de-Loire. Faut-il rappeler qu'elle est la seule à fonctionner, à bien fonctionner? Sorties de printemps, sorties d'automne, que de belles heures avons-nous partagées! Dernière rencontre, la 38ème en avril, au Mans Certains d'entre vous, ici ou là, nous ont bien aidés : je ne citerai pas de noms, vous les connaissez : maîtres d'un sujet, familiers d'un site, ils nous ont apporté spontanément leur savoir pour des découvertes où la belle amitié était toujours présente parmi nous. Ce climat si particulier est fort bien décrit dans ces lignes de Jean-Jacques Loisel : «Le temps d'une journée (c'est bref, mais cela compte pour la mémoire, qui conserve surtout ce qui échappe à la banalité), d'habituelles barrières (statut professionnel, âge, vécu personnel ou familial ) étaient transgressées par ce qui nous réunissait : la curiosité de découvrir, le plaisir de connaître (une façon de retrouver cet esprit qui nous animait lorsque nous étions étudiants à Fontenay ou à Saint-Cloud) ; j'y ajouterai celui de faire connaître et partager» Je m'adresse à vous, les plus fidèles. Ne restez pas dans le seul attendrissement des souvenirs. La persévérante activité de Jean nous demande de surmonter notre chagrin et de continuer la voie tracée. Cherchez dans vos
11 archives la feuille sur la Brenne (mai 2003), où il écrivait : «J'ai le ferme espoir de trouver un successeur avant mes quatre-vingt ans et après avoir organisé 30 réunions.» Successeur à mettre au pluriel : je ne peux plus assurer la charge que, à côté de lui, je portais toutefois avec beaucoup de plaisir. Que faut-il envisager? Un(e) ou deux volontaires? Une équipe? Le travail demande de faire preuve d'initiative et d'un peu d'organisation. Vous trouverez ci-dessous, relevée sur mes feuilles de présence, la liste d'une cinquantaine de noms, individuels ou couples, de ceux qui revenaient le plus souvent à nos sorties. Il y a encore dans notre région, qui en est si riche, des sites qui peuvent nous parler et où nous partagerions le plaisir de nous revoir. Que les idées fusent! Adressez-les à : - Ludmilla DELORME, responsable des Régionales, 49 avenue de Belfort, Mérignac (courriel : [email protected]) ; ou à : - Georges HAREND, 28 rue de la Princesse, Louveciennes (courriel : [email protected]). Bien cordialement à vous, Lilette HAREMZA Liste exhaustive des sorties organisées dans le cadre de la Régionale Centre Val-de-Loire depuis 1990 : 1 - Table ronde à Blois (10 juin 1990) 2 - Blois (encore des échanges pour organisation : 18 novembre 1991) 3 - Orléans (Hôtel de ville, avec Jean-Pierre Sueur : 9 juin 1991) 4 - Tours (Le point sur les IUFM : 17 novembre 1991) 5 - Descartes et le Grand Pressigny (14 juin 1992) 6 - Chartres (18 octobre 1992) 7 - Bourges (10 mai 1993) 8 - Orléans (17 octobre 1993) 9 - Vendôme (mai 1994) 10 - Tours : centre détudes Renaissance (octobre 1994) 11 - Ronsard (mai 1995) 12 - Blois et Beaugency (8 octobre 1995) 13 - Azay-le-Rideau (19 mai 1996) 14 - Nançay : le radiotélescope et le château de la Verrerie (3 octobre 1996) 15 - Saumur (11 mai 1997) 16 - Orléans : musée des sciences (automne 1997) 17 - Région de Montoire : art pictural roman (17 mai 1998) 18 - Neuvy-Saint-Sépulchre (pomologie) et Nohant (25 octobre 1998) 19 - I.G.N. et château du Moulin (6 mai 1999) 20 - Poitiers (17 octobre 1999) 21 - Valençay (28 mai 2000) 22 - Observatoire de Ligoret et musée du Compagnonnage (7 et 8 octobre 2000) 23 - Germigny, Sully et Saint-Benoît (10 juin 2001) 11
12 Blois : vitraux à Saint-Louis et jardins de Chaumont (15 octobre 2001) 25 - Loches et l'horlogerie (12 mai 2002) 26 - Blois : archives de Saint-Gobain (13 octobre 2002) 27 - La Brenne (10 mai 2003) 28 - Amboise : le Clos Lucé et le château (19 octobre 2003) 29 - Vierzon (6 juin 2004) 30 - Chauvigny Saint-Savin (17 octobre 2004) 31 - Le Perche (22 avril 2005) 32 - Châteauvieux et Thésée (6 novembre 2005) 33 - Chambord : le parc et le château (14 mai 2006) 34 - Le pays de Racan (8 octobre 2006) 35 - Sancerre et le Sancerrois (7 octobre 2007) 36 - Le Mans (6 avril 2008) Cette liste ne donne qu'une idée des principaux lieux visités : en effet, s'y ajoutèrent de nombreuses «annexes», des curiosités intéressantes, insolites et/ou ravissantes, qui firent que ces visites eurent toujours un caractère «personnel» et souvent «inédit». Un exemple entre autres : la visite du parc du château de Chambord et de sa faune, associée à une visite du château lui-même par des voies non touristiques (en particulier la visite des appartements non ouverts aux touristes et des admirables charpentes, par les «couloirs détournés» et les combles de l'édifice!). Sans parler des déjeuners chaleureux rassemblant les participants dans d'agréables cadres provinciaux. Merci à Jean, merci à Lilette, merci aussi aux autres intervenants. Et merci aux camarades qui ont, par leur présence, animé ces sorties, manifesté leur intérêt pour cette Régionale et récompensés les efforts des organisateurs. Parmi eux, citons les camarades les plus fidèles : Marcel AMELINEAU, Monique AUBIER, Marcel AURIAULT, André et Denise BEAUMONT, Jean-Louis BERNARD, Michèle BERNARD, Gabriel BIAN- CIOTTO, René BONVALLET, Marcel BOSSUS, André et Danièle BOU- CHOULE,, Bernard CASSAIGNE, Jean-Pierre CHARDON, Françoise CHAS- SAGNE, Andrée CHICHEREAU, Madeleine CHICOIS, René CIEREN, Denis COUSIN, Frédérique DELMAS-COONES, Gilles DESBROSSES, Jean DEYGOUT, Jack FARINEAU, Jean-Claude FAYET, Guy FONTAINE, Claude FOUGÈRE, Jean-Marc FRANCAZ, Monique GODICHEAU, Georges HAREND, Jacques HOURDRY, Guy JÉRÔME, Lucette LEDUC, Georges LEMOINE, Guillaume LÉVÊQUE, Jean-Jacques LOISEL, François LOUVEAUX, Jean-Paul MAURICE, Michèle MÉNARD, Pierre-Jean MERCIER, Catherine MÉRILLON- ROBERT, Claude MICHAUD, Marie-Claude MONTÉGU, Daniel NOIN, Monique et Claude NUGUE, Jeannine RAFFY, Georges REYNAUD-DULAURIER, Jeanne ROUGIER, Robert ROULEAU, Monique ROURE, Lucien SELLIER, Claire SOCHET, Roger VIOVY, André VISTORKY, ainsi que de nombreux camarades moins assidus et que plusieurs camarades aujourd'hui disparu(e)s. Lilette HAREMZA
13 Rectificatif : j'ai [G.H.] reçu, datée du 12 août, une lettre de Lilette Haremza, relevant une sérieuse ambiguité dans l'article sur les Régionales, au paragraphe «Liste des Régionales» (bulletin , page 10). Lilette nous signale en effet que notre camarade Jean Deygout, s'il a apporté son aide efficace lors de la préparation de plusieurs sorties (notamment pour la sortie dans le Sancerrois, entre autres), n'a en revanche jamais tenu le rôle de correspondant responsable de la Régionale, comme pourrait le faire penser le libellé de la phrase en question. «L'erreur est regrettable, poursuit-elle, car elle risque de démobiliser ceux qui auraient accepté de remplacer Jean Haremza dans ce rôle de responsable de la Régionale.» Il est donc urgent que cette Régionale puisse effectivement retrouver une aminatrice ou un animateur ou une équipe d'animateurs, qui lui permette(nt) de continuer à vivre. Georges HAREND Un mot à propos des Régionales. Les excursions proposées ne sont pas réservées aux seuls «régionaux» : elles sont ouvertes à toutes et à tous les adhérents, ainsi qu'à leurs parents et amis! Il suffit de s'adresser aux responsables des Régionales ou au secrétaire général adjoint, Georges HAREND. Liste des Régionales existantes : Centre / Val-de-Loire, Régionale Paris, Régionale Lyonnaise, Régionale Bretagne. En fait, seule, jusquà présent, la Régionale Centre-Val-de-Loire (2 programmes par an, en automne et au printemps) offre des programmes de sorties. Le Bureau de l'association souhaiterait que ces Régionales se développent et se multiplient : pour chaque Régionale, il suffit qu'un(e), deux ou trois Camarades décident de prendre en main un minimum d'organisation (un ou deux programme(s) de visite par an, envoi de circulaires, collecte des fonds destinés à couvrir les frais de chaque sortie) ; toute organisation en alternance est également possible. Aucune déclaration administrative n'est nécessaire (ces groupes fluctuants de baladeurs ne constituant pas des «associations» au sens administratif du terme). Les déplacements se font en véhicules individuels ou par les transports en commun, aux frais de chaque participant. Quant aux circulaires, elles sont expédiées en nombre limité à des camarades ayant déjà participé ou ayant manifesté l'intention de le faire ; par ailleurs, les responsables peuvent demander l'assistance de l'association pour obtenir des listes d'adresses ainsi que des planches d'étiquettes-adresses ; les frais annexes, photocopies et frais postaux, sont remboursés sur justificatifs., 13
14 Des anciens nous racontent Pierre ARNOULD (29 L & 38 I SC) Ce lundi 23 juin, j'ai rendez-vous avec Pierre ARNOULD, un ancien élève de Saint-Cloud, Lettres, promotion 1929! C'est un grand honneur pour moi de rencontrer l'un de nos adhérents centenaires et d'échanger avec lui sur son expérience d'alors, à l'e.n.s. Le soleil m'accompagne tandis que le T.G.V. prend son temps dans les collines verdoyantes de l'auxois puis dans la longue vallée de l'ouche qui nous conduit vers Dijon ; premiers toits de tuiles colorées et vernissées, nous arrivons! La fille de Pierre Arnould est très gentiment venue me chercher à la gare et elle m'introduit auprès de son père. Pierre Arnould a quelque difficulté à se déplacer, mais il a conservé une mémoire fabuleuse, ainsi qu'une fraîcheur d'esprit et une curiosité pour la vie qui sont remarquables. Nous allons passer plus de quatre heures ensemble à évoquer ses souvenirs et à parcourir le temps. Pierre Arnould naît le 22 novembre 1908 à Toul. Il est d'origine modeste : un père cirier (il fabrique les bougies), par la suite employé aux chemins de fer, et une mère couturière qui avait, semble-t-il, un esprit d'avant-garde et quelque peu «féministe». Dès les années 1920, ses parents l'emmènent pour quelques jours de vacances en Bretagne, ce qui, dans ce milieu social, est alors rarissime! Dès sa petite enfance ses parents s'installent à Saint-Denis. Après la mobilisation de son père en , il retrouve sa Lorraine natale, et c'est à Toul qu'il va suivre le cycle primaire. Il se révèle être un très bon élève et il est poussé dans les études par ses instituteurs et ses parents. Certificats d'études en poche (l'un à 12 ans, l'autre à 13 ans, une fantaisie lorraine!), il entre à l'école primaire supérieure (E.P.S.) et prépare en 3 ans le brevet élémentaire et le brevet primaire supérieur. Il faut savoir qu'à cette époque, il existait deux filières parallèles, l'une destinée aux couches «hautes» de la société (collège puis lycée) et l'autre aux enfants des classes «laborieuses» (E.P.S.)! Bien sûr, Pierre Arnould est destiné à cette seconde filière. Que faire après ses brevets? Il est major de sa promotion, et, tout naturellement, on le dirige vers l'école Normale d'instituteurs (E.N.I.) de Nancy. Mais il est en retard pour l'inscription au concours : qu'à cela ne tienne, son professeur principal obtient une dérogation pour le hors-délai, et Pierre Arnould entre à l'e.n.i. en Il y passe trois années et obtient le brevet supérieur qui permet d'enseigner en primaire. Mais le directeur de l'e.n.i. pense que Pierre Arnould doit poursuivre : il lui propose donc une quatrième année pour préparer le concours d'entrée à l'e.n.s. de Saint-Cloud. La préparation, sous la houlette de professeurs du lycée de Nancy, est d'un niveau nettement plus élevé et exigeant qu'à l'e.n.i. : ils sont 10 élèves, 5 filles, 5 garçons. Pierre Arnould s'accroche et réussit le concours d'entrée à Saint-Cloud dès la première année, en Ici, une petite anecdote qui illustre sa pugnacité : dans un premier
15 temps, il est déclaré non-admis, mais, recevant ses notes, il ne peut comprendre la mauvaise note qui lui a été attribuée à l'oral d'histoire. Il demande un rendez-vous avec le directeur de Saint-Cloud et celui-ci découvre une erreur de transcription des notes, un 16 transformé en 6! Donc, en fait, Pierre Arnould aurait dû être admis, mais les résultats ont déjà été publiés! Tout en lui donnant un papier d'admission en 1928, on le renvoie à Nancy pour une nouvelle année de préparation (les arcanes de l'administration!) : en 1929, il est reçu à Saint-Cloud pour la seconde fois (!) et entre en Lettres. La promotion Lettres de 1929 est de 16 élèves (9 en section lettresgrammaire-philosophie et 7 en histoire-géographie). Les élèves sont tous internes, hébergés, nourris, blanchis. Ils ne reçoivent aucun argent de poche : pour couvrir leurs frais de déplacement et sorties, ils doivent demander à leur famille ou gagner quelques pécunes en donnant des cours particuliers. Pierre Arnould évoque le parc du château de Saint-Cloud, la vue superbe, le cadre de vie exceptionnel pour des enfants qui avaient été «embarqués dans l'ascenseur social». Il garde de cette période de sa vie un excellent souvenir. Tous les cours sont donnés en interne à l'e.n.s. par des professeurs des grands lycées parisiens : aucun enseignement de pédagogie et aucune activité physique! Pour les élèves qui arrivent à dégager du temps libre, il y la possibilité de suivre des cours en Sorbonne ; et puis les élèves s'entraident, se passent les cours, bref, la vie d'étudiant! À cette époque, la durée des études à Saint-Cloud est de deux années et l'on ne prépare ni diplôme universitaire, ni agrégation. L'E.N.S. délivre un diplôme de fin d'études avant de répartir les élèves sur les postes de professeurs dans les E.P.S.! Deux années, cela passe très vite : l'ambiance est studieuse, les élèves sont assez peu sensibles au climat politique ou culturel. Il existe bien un groupe «Union pour la vérité», d'inspiration socialiste, issu de l'e.n.s. de la Rue d'ulm, des réunions dans une salle à l'étage d'un café dans la rue des Écoles, quelques conférences délivrées par le conservateur en chef du Musée du Louvre, quelques sorties géographiques en région parisienne, mais au final les élèves restent focalisés sur leurs études. Les promotions à l'e.n.s. de Saint-Cloud sont alors constituées d'élèves issus de milieux modestes, ils forment comme un «club des majors des E.N.I.» et se voient un peu comme l'élite de la classe ouvrière. En 1931, lorsqu'il sort de Saint-Cloud, Pierre Arnould effectue une année de service militaire à Saint-Cyr, en tant qu'élève-officier de réserve. Puis il est envoyé sur son premier poste de professeur à l'e.p.s. d'amiens ; il y restera trois années. De 1935 à 1938, on le retrouve à Nancy, professeur à l'e.p.s., où il prépare les élèves au brevet supérieur. Il aime son métier d'enseignant, mais ce n'est pas à proprement parler une véritable «vocation». À nouveau, «on» lui conseille de poursuivre dans la carrière : détaché de son poste à l'e.p.s. de Nancy, il est admis à Saint-Cloud en octobre 1938, sur dossier et pour la troisième (!) fois, afin de préparer le concours d'inspecteur Cette préparation rassemble des individus plus mûrs, plus ouverts sur la 15
16 16 société en raison de leur expérience professionnelle. Pierre Arnould évoque les personnalités qui donnaient les conférences ou les cours et qu'il a alors côtoyées : parmi celles-ci, Raymond Aron l'a beaucoup marqué. Il se remémore aussi la valeur et le prestige qu'avait alors le métier d'enseignant. Mais les nuages noirs de la guerre s'amoncellent : le concours d'inspecteur en juin 1939 n'a pas lieu. Pierre Arnould, qui s'est marié en août 1939, est mobilisé dans une unité combattante en septembre 1939, d'abord en Alsace, puis en Lorraine, et enfin près de Sedan. Il est fait prisonnier en juin 1940 et envoyé au camp Oflag XVIIA dans les Sudètes. Ce camp rassemble des officiers et représente un capital intellectuel, qui est mis à contribution pour l'organisation de divers cours : Pierre Arnould obtient un «certificat de pédagogie». Libéré en mai 1945 et rapatrié par l'aviation américaine, il retrouve sa femme et sa fille aînée, née en novembre Il est nommé sur un poste à l'e.n.i. de Nancy. Une seconde fille arrive Pierre Arnould passe le concours de l'inspection en mars 1946, est reçu et prend son premier poste d'inspecteur à Colmar en octobre Il restera onze années dans cette ville qu'il a beaucoup aimée. Pour des raisons familiales, il demande sa mutation à Dijon, et c'est dans la belle Bourgogne qu'il termine sa carrière professionnelle. Il me reçoit aujourd'hui dans l'appartement où il s'est installé en 1958, il y a juste 50 ans. L'ambiance est aux souvenirs, mais aussi au futur, car il évoque discrètement ses petits-enfants et arrière petits-enfants! Pierre Arnould a un sourire et des yeux malicieux lorsqu'il décrit le village de Saint-Cloud des années 1930 : dans le bas du parc, il y avait des guinguettes. Un jour, un élève a suspendu dans le réfectoire de l'e.n.s. un écriteau «Ici on peut apporter son manger» : il parait que l'économe de l'époque n'a pas apprécié! Il me raconte comment les élèves devaient faire le mur si l'heure de rentrée se situait entre dix heures et minuit, mais pas après minuit! Il me parle des concerts dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, des concerts Pasdeloup, du théâtre avec les frères Pitoëff, et puis des billets gratuits pour l'opéra obtenus grâce à un élève qui était aussi un baryton wagnérien! Bref, nous aurions pu continuer à bavarder tout l'après-midi en compagnie d'un excellent vin de Bourgogne Finalement, j'ai demandé à Pierre Arnould pourquoi il était un si fidèle adhérent à l'association et voici sa réponse : «Mes passages à Saint-Cloud représentent des périodes exceptionnelles dans ma vie : par les personnalités rencontrées, par le cadre de travail et par le bonheur d'apprendre». Fidèle à ses souvenirs et à ce qu'il a reçu de l'e.n.s., adhérer à l'association, c'est une manière de rendre grâce à des moments privilégiés qui ont marqué toute sa vie. Propos recueillis par Danielle ALLOIN (65 S FT)
17 L'Assemblée générale 2009 et les activités associées L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE de l'association se réunira le SAMEDI 28 MARS 2009, dans les locaux de l'e.n.s.-l.s.h., 15 parvis René Descartes, à Lyon (Métro Debourg) L'ordre du jour traitera des points suivants : 1 - Rapport moral et d'activité (2008) 2 - Rapport financier (2008) 3 - Renouvellement des membres du C.A. 4 - Questions diverses Les Directeurs des deux Écoles exposeront la situation actuelle et les perspectives qui s'offrent à leurs établissements. Le rapport moral et d'activité ainsi que le renouvellement des membres du C.A. feront l'objet d'un vote par correspondance, après avoir été portés à la connaissance de tous les adhérents par une circulaire (février 2009). Le rapport financier de l'année 2008 sera soumis au vote de l'assemblée générale. Le renouvellement des membres du C.A. implique trois démarches successives (rappelons que, par décision du Conseil d'administration, cette élection s'effectuera uniquement par correspondance) : a/ Déclaration des mandats soumis à élection : 8 mandats arrivent à leur terme. Il sagit des mandats actuellement détenus par : Céline BIGNEBAT (96 L FC), Yann CALBÉRAC (00 L SH), Alain COQ (70 S SC), Francis DUBUS (53 S SC), Jérôme DURAND-LOSE (89 S LY), Judith KLEIN (94 L FC), Francine MAZIÈRES-BORDONE (60 L FT), Annie RIZK-URBANIK (75 L FT). b/ Candidatures et professions de foi : les candidat(e)s sortants qui se représenteront ainsi que les candidat(e)s nouvelles/nouveaux sont prié(e)s de bien vouloir faire parvenir leur candidature à Céline BIGNEBAT, 71 rue Lakanal, MONTPELLIER, ou par mail ([email protected]), accompagnée d'une courte profession de foi (quelques lignes, pour se «présenter»). Les candidatures peuvent être déposées dès à présent. c/ Candidatures et professions de foi seront publiées dans la circulaire de février 2009 ; un bulletin de vote comportant les noms de tous les candidats devra être expédié selon les modalités indiquées dans cette circulaire - et au plus tard pour le jeudi 19 mars - à une adresse qui sera également précisée. 17
18 Les résultats seront proclamés lors de l'assemblée générale. Il est donc nécessaire que candidatures et professions de foi nous parviennent le plus rapidement, si possible dès réception de ce bulletin et dans tous les cas avant le 1er février : les candidatures reçues postérieurement à cette date ne pourront être acceptées. Dans le cadre de la réorganisation des structures du Bureau, il serait bon que, parmi les candidat(e)s, se manifestent un ou deux camarades disposés à renforcer l'équipe de la Trésorerie. LE DÉPÖT DES CANDIDATURES EST RECEVABLE DÈS LA PUBLI- CATION DU PRÉSENT BULLETIN, AVANT MÊME LA FIN DE L'ANNÉE POUR PARTICIPER AU VOTE ET/OU À L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DANS LES MEILLEURES CONDITIONS, N'OUBLIEZ PAS DE CONSULTER LE DOSSIER QUI SERA PUBLIÉ DANS LA CIRCULAIRE DE FÉVRIER 2009! 18
19 DANS NOS ÉCOLES Promotions d'entrée et Agrégations 2008 ENS-LSH : les promotions 2008 LETTRES ET ARTS Lettres classiques : ATTARD Clémence, BOYAVAL Cécile, DE RIVAZ Floriane, DELBART Amandine, PAMPANAY Élise. Lettres modernes : BARDE Cyril, BENCHIMOL Élise, BES DE BERC Gaultier, BRUGIER Julie, CADALANU Marie, CHARTON Amélie, DE LESTRANGE Augustin, DESLONDES Florence, GARCIA Audrey, GAUTIER Hélène, GLAU- MAUD Marion, GRANJARD Justine, HUSSON Anne-Charlotte, KIEFFER Morgane, KOOYMAN Iris, LE GOFF Noémie, LECOEUR Audrey, MARPEAU Anne-Claire, MOLLARET Damien, PIGUET Louise, VISENTIN Yuna, ZHONG Estelle. Arts : BORTZMEYER Gabriel, BOUVERESSE Clara, CHEVAL Olivier, GIROT Gabrielle, HÉDOUIN Clara, HUVET Chloé, LAMOUILLE Simon, LETISSIER Héloïse, TODOROV Alexandre. LANGUES VIVANTES Allemand : BLEUNVEN Perrine, MONVILLE Roxane, PATRY Pénélope, PLANSON Odile, SCHERTENLEIB Marianne, SIEFERT Marion, ZILLY Solveig. Anglais : BELAUD Anaïs, BOURGOIS Victoire, BÉRENGER Tanguy, CHE- VALLIER Morgan, CHEVAUX Julie, DESANGLES Julie, FERHANI Sonia, GUENA Pauline, LEFRANC Léa, MICHEL Blandine, PETIT Maxime, POÈTE Fabien, SAUDRAIS Anne-Sophie, SIMARD Nelly, WARUSFEL Paul. Chinois : ROCHOT Justine. Espagnol : AMILIEN Estelle, BALDELLON Florence, BLIN Fanny, BRISVILLE Olivier, COQUIL Benoît, DEVILLE Hélène, KLEIN Nicolas. Italien : CHANÉAC Clélie, CUCUZZA Carlotta, PASSERONE Léa, POLZOT Anna, ROUGIER Pauline. 19
20 SCIENCES HUMAINES Histoire et Géographie : ALEXANDROPOULOS Nicolas, BARNABE Laurène, BEAUCHAMP Antoine, BELLON Raphaëlle, BONTE Marie, BORIAUD Charles, BOUDIER Mathilde, CHEVRIER Marie-Hélène, COURNARIE Paul, DELPU Pierre-Marie, DESCAMPS Marguerite, DESVALLÉES Lise, DUPONT Alexis, GOLDMAN Oury, GUEMAS Jonathan, HALLE Esther, HARGUINTE- GUY Louise, HÉBERT Lila, KENIGSBERG Sam, LOYER Élie-Benjamin, LÉAUTÉ François, MAQUINGHEM Arnaud, MICHALON Martin, MIGOZZI Julien, PITON Florent, POIROT Thibaut, SOLOT Hélène, THOLOMIER Mélissa, VERGNAUD Camille, YVETOT Max. Philosophie : BENOTMANE Ghita, DURRIVE Barthélémy, LEDOUX Anne- Laure, NOACK Julie, SCHAER Laure-Marie, SCHIELE Marie, TREGAN Marine, TROUESSIN Marine, WALON Sophie. Sciences économiques et sociales : NGUYEN TaI, OPPENCHAIM Claire, PLOUX-CHILLES Adelaïde, PROVANSAL Mathilde, TAVIN Alexandre. 20 ENS-LSH : les agrégations 2008 Les rangs d'admission n'ont pas été portés. LETTRES Lettres classiques : BOUCHET Pauline, DELMULLE Jeremy, GERZAGUET Camille, LABORIE Sarah, SARRAZANAS Clément. Lettres modernes : CASAGRANDE Thibaut, CHIRON Jeanne, DAVID Adrien, DOURTHE Aurore, ETEMAD-KASAEYAN Émilie, FAVARD Margot, FOR- MENT Lise, LE TAILLANDIER DE GABORY Maylis, LEJOSNE Renaud, MAZAS Solène, MENAND Julie, PAILLOUX Marie, PANTER Marie, POU- CHET Victor, SENNHAUSER Anne, SERRURIER Cécile. LANGUES VIVANTES Allemand : BARBISAN Léa, CHAPUIS Stéphanie, DUBSLAFF Étienne, FREITAG Miriam, GOSSART Patricia. Arabe : JABBOUR Jawdath. Anglais : CORRIOU Nowenn, DANINO Charlotte, FRANCOIS Camille, LE BARON Marion, LEBLOND Diane, MARSOIN Édouard, MINNE Camille, MONTIN Sarah, NGUYEN VAN Romain, PETIOT Aurélie, TOUBOUL Clémence, VIOLLAIN Cécile. Espagnol : ALFONSO Aitor, MONIER Anne, RAMIREZ Cécile, REBREYEND Anne-Laure, THELOT Julien. Italien : CHASSAGNE Claire.
21 SCIENCES HUMAINES Géographie : BALAN Hélène, DESROCHE Jean, HENNION Camille, MER- MET Anne-Cécile, OZOUX Violette. Histoire : ANNEN Sébastien, BOUMEDIENE Samir, CHAMPRENAULT Julie, CHILA Roxane, COURBON Léonard, DAVOINE Charles, DUPRAZ Yannick, LE FOLL Pierre-Jean, LESTREMAU Arnaud, MALAPRADE Sébastien, MI- CHEL Anne-Claire, MITSAKIS Émilie, SANCHEZ Romy, THIEL Camille, VO-HA Paul, WLUCZKA Amélie. Musique : GRIBENSKI Fanny. Philosophie : EL YADARI NAWALLE, FABRE Stéphanie, KOSTRYRKA Gladys, MULLER Antoine, ROMERO Jérémy, UNGER Mathilde. Sciences économiques et sociales : GIRAUD Frédérique, GROSGEORGE Marie. ENS DE LYON (Sciences) : les promotions 2008 LICENCE BF Normaliens : BENOUAICH Léo, BOICHARD Nicolas, BONNET Mathilde, BYCZEK Coline, CARIOU Marie, CHARPENTIER Caroline, CHARRE Caroline, CHRISTINA Mathias, COUTOUT Caroline, DANFRAY Amélie, FAGNY Maud, FRANÇOIS Clémentine, GIRARD Anaïs, HERATE Cécile, HUGUES Quitterie, HUMBLOT Pierre, JACOB Florence, LAINE Viviane, LECHENET François-Xavier, LHUILLIER Alice, LIEURY Nicolas, MALEGUE Johan, MUYLE Aline, PRUDHOMME Sophie, ROBERT Philippe, ROBIN Anthony, ROBIN Marion, ROUAULT Marion, SCHNEIDER Marie-Laure, SJOSTRAND Agnès, TARTOUR Kevin. Auditeurs : BARBER Thomas, BEAUMELLE Lea, COTE Émilie, DELABAERE Laetitia, DESSAUX Sophie, FARAUT Mailys, GOUAT Cyrille, GUENDEL ROJAS Fabian, HOLZER Guillaume, JOLMES Nelly, LAHLALI Thomas, LAROCHE Kylie, MARANGONI Pauline, MATHON Cindy, MERLE Alice, MICHELOTTI Marine, NOUVIAN Morgane, SHAHBAZIAN Sevanna, VERZEROLI Claire. LICENCE IF Normaliens : ALLAIS Guillaume, AUPY Guillaume, BLET Loïc, BONAMY Marthe, CAPDEVIELLE Lucien, CHEMIN Matthieu, FEREE Hugo, HOURDEL Yann, IOOSS Guillaume, MADIOT Jean-Marie, PEDROT Pierre-Marie, PERRI- NEL Matthieu, POULY Amaury, RABIE Mickael. Auditeurs : BARTHÉLÉMY Mathieu, DAILLER Sylvain, MARTINET Lucie, MOUTARD Guillaume, VIE Jill. 21
22 22 LICENCE MA Normaliens : ASTORG Matthieu, BACHER Benoît, BARDET Ivan, BESSON Étienne, BOULHOL Juvénal, CAZADESSUS Guillem, CEBRON Guillaume, COURTE Sylvain, DECASTER Hugo, DELCROIX Thibaut, DINETAN Lee, GRIFFON Richard, HATCHI Romeo, HENNION Benjamin, HOMMAN Ahmed-Amine, KAICHOUH Adriane, LACAZE Morgan, LAMARCHE-PER- RIN Alex, LETENDRE Thomas, MARTIN Laurent, NUNZI François, OGER Bérénice, PREMOSELLI Bruno, RODIAC Rémy, SIMON Marielle, VAVAS- SEUR Arthur, WIATROWSKI Coline. Auditeurs : AITCHESON Alistair, AVICOU Corentin, BOUIN Émeric, BRUNSWIC Léo, CLAVIER Lucien, DOYEN Nicolas, FAIRBROTHER Jamie, GIUGE Romain, MOREAU Antoine, SAMAD Adam, SERMET Lauriane, TARI Kevin. LICENCE SM Normaliens : ABDERRAHMEN Claire, ADDED Matthieu, AL ROUMI Fosca, BELLO Léa, BERNAUD Julien, BERUT Antoine, BRIEUSSEL Alexandre, CAUSSIN Jean-Baptiste, CHAMPION Maxime, DALBE Marie-Julie, FLAMENT Jean-Baptiste, GROS Guillaume, GUÉRIN Adrien, IPUY Martin, LABOUSSE Pierre-François, LABREUCHE Pierre, LAVAU Sylvain, LAVERGNE Marie- Anne, LEFEBVRE Quentin, LICARI Adrien, LUTFALLA Suzanne, MARUANI Antoine, MELZANI Mickael, MICHAU Gabriel, PAOLETTI Camille, SEMPERE Catherine, SIMLER Thomas, SIMON Dorian, THIEBERGE Étienne, TKINT DE ROODENBEEKE Étienne, VADÉE LE BRUN Yoram, WELKER Charlotte, ZAGDOUN Alexandre. Auditeurs : ALLES Alexandre, ALVAREZ Juan Pablo, AMMOURA Lamia, BERGER Thomas, BREHAT Anaïs, CANAL Romain, CARRAZZA Stefano, CHATELAIN Lucile, CID Clément, DE FROMONT Paul, DUPONT Anaïs, GRAVOUIL Lydie, IGNACIO Maxime, ISAAC Manon, LESOEUR Germain, LOPES CARDOZO David, MACHICOANE Nathanael, MEYER Sandra, MORLET Lise, NGUYEN Hoang Giang, PEGAZ Sarah, PERTREUX Étienne, PFORDT Émilie, PLAT Xavier, POLLET-VILLARD Marion, RUCCOLO Serge, SORCE Jenny, THOREY Clément, TOUVET Théo, WAINMAN Yelena, WEISSLINGER Claire, ZENG Chaoqun. LICENCE ST Normaliens : BEDESSEM Baptiste, BRETON Thomas, CAILLEAUD Émilie, DANIELS Carl, DARFEUIL Sophie, LAINE Romain, LE MAITRE Anne, POUPART Élise. Auditeurs : CABANES Simon, FERRY Pauline, NAHAN Sébastien, NICOLI Gautier.
23 ENS DE LYON : les agrégations 2008 Les noms des auditeurs figurent en italiques CHIMIE Normaliens : GUYONNET Matthieu, PERRAUD Olivier, BERTHIER Clément, BONOMELLI Camille, AGULHON Pierre, BIJAKOWSKI Cécile, FAYOLLE Gérald. Auditeurs : CALLOT Claire, ROUX Mallorie, LE FUR Cyril, BONNAUD Élodie, SCHIGAND Sophie, PENIN Vanessa, BLEUGAT Céline, BINELLO Matthias, LASSARA Sandrine. MATHÉMATIQUES Normaliens : PELLEGRIN Xavier, COMBOT Thierry, PAGEAULT Pierre, PARREAU Aline, GOLDMAN Mickael, YVINEC Romain, DALLAPORTA Sandrine, KUPERBERG Denis, VAUGON Anne, VEYSSEIRE Laurent, BOUR Vincent, CRETOIS Rémi, DEVYS Oscar, SCHRAMM Pierre, BOUAYAD Alexandre, PAUMIER Anne-Sandrine, GOCSEI Arnaud, MERCIER Pierre- Adelin, CARTADE Colin, MALABRE François, SIMONET Matthieu, PECH Clélia, CHEVALIER Nicolas, DAO DUC Khanh, VICHERY Nicolas, LAMPE Rodolphe. Auditeur : CLAISSE Julien. PHYSIQUE Normaliens : GRENARD Vincent, GAMBINI Camille (Mlle), FRÉJACQUES Tristan, SOUBIRAN François, TEYSSIER Cécile, ORUBA Ludivine, GARNIER Thomas, BESGA Benjamin, BAROIS Thomas, MANSARD Vincent, CAUSSA- RIEU Aude, BORDES Guilhem. Auditeurs : KELLER Gaelle, FILLEAU Laure, MONROZEAU Charlotte, DOSS- MANN Yvan, LEROUX Maxime, DER LOUGHIAN Christelle, COULAIS Corentin, BAMBAGINI Nathalia, MALATERRE Clément, DELVOLVE Sébastien, TORRESAN Magali. S.V.S.T.U. Normaliens : MOLA PAQUEROLES Marion, FANJAT Gregory, ROBACH Mélodie, LAMSADDAR Sophie, DURAND Stéphanie, METOIS Marianne, CANDIOTTI Agnès, CHALARD Roxane, MONNIAUX Marie. Auditeurs : LARRIEU Anne, PEREZ Émilie, THOLLOT Patrick, LECORGNE Lena, GONDOUIN Isabelle, ROUGEON Sarah, RABOUAM Charlotte, DEVOS Gaelle, PONTLEVY Julie. 23
24 On le dit : les deux E.N.S. lyonnaises envisageraient-elles de fusionner? 24 «La question de la fusion de nos deux Écoles n est pas tabou», déclarent Jacques Samarut et Olivier Faron, directeurs respectivement de l E.N.S. de Lyon (sciences) et de l E.N.S. des Lettres et Sciences Humaines, interrogés par l A.E.F. à l occasion de la réunion du premier C.A. du P.R.E.S. «Université de Lyon», hier mercredi 18 juin 2008 (L A.E.F. n 98060). Ils en conviennent tous les deux, pour l instant, ils en sont à la phase des «fiançailles». «Dans 8 ou 9 mois, nous aviserons sur le scénario idéal. En effet, au printemps 2009, nous aurons à décider si nous signons un contrat pour un seul établissement au 1er janvier 2011 ou pas», précise Olivier Faron. En outre, les deux Écoles ont été autorisées à candidater pour acquérir les compétences élargies au 1er janvier Elles seront auditées par l I.G.A.E.N.R. en juillet ensemble. «Depuis 3-4 mois, nous travaillons sur plusieurs chantiers de mutualisation. Nous avons réuni tous les personnels de nos établissements en assemblée générale il y a 15 jours, pour leur faire un compte rendu de nos avancées et nous avons ouvert les groupes de travail aux représentants du personnel», rapporte Olivier Faron. Faisant référence à «la fusion ratée» des E.N.S. de la Rue d'ulm et de Cachan, il insiste: «Nous n avons pas le droit à l échec. L association des personnels est essentielle.» Il ajoute qu une des conditions de la fusion est «le développement ou le maintien de l emploi public» de la future École. Il espère aussi «un accompagnement» de l État, notamment en terme de postes de normaliens, sur des profils pluridisciplinaires par exemple étudiants, entre 300 et 400 enseignants-chercheurs. Les domaines de mutualisation sur lesquels travaillent les deux Écoles portent sur la communication, les relations internationales, la gestion du patrimoine immobilier et le développement du patrimoine numérique et pédagogique. Les services administratifs (ressources humaines, budgetfinances, contrôle de gestion) travaillent aussi ensemble sur le passage à l autonomie. En outre, les deux directeurs font remarquer qu ils ont été à l initiative du projet de campus de Charles-Mérieux retenu dans le cadre de l «Opération campus», projet porté par le P.R.E.S. «Notre rapprochement a surpris tout le monde du fait de l histoire de nos deux Écoles», relève Olivier Faron. Mais, pour son homologue scientifique, «les sciences dures et les SHS ne peuvent plus être indépendantes et nous devons ouvrir l esprit et élargir la culture de nos étudiants». Jacques Samarut souligne d ailleurs que chacune des deux Écoles est porteuse d un R.T.R.A. Olivier Faron cite le modèle du «M.I.T., pluridisciplinaire à quelques milliers
25 d étudiants». Les deux Écoles réunies représentent environ 2200 étudiants et entre 300 et 400 enseignants-chercheurs. «C est la bonne taille», estime-t-il. Jacques Samarut relève l objectif de «visibilité régionale et nationale», notamment par rapport aux E.N.S. parisiennes. Évolution du statut des normaliens. Par ailleurs, les deux directeurs indiquent qu un groupe de travail commun à la D.G.E.S. et aux quatre E.N.S. réfléchit à l évolution du statut des normaliens. Les quatre Écoles sont parvenues à une position commune sur un statut qui se rapprocherait de celui des polytechniciens, réduisant ainsi la période d engagement décennal. 25
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27 INFORMATIONS Nominations et promotions Karim BENMILOUD (92 L FC), agrégé d'espagnol, a été nommé professeur des universités à l'université Paul Valéry-Montpellier 3 à dater du 1er septembre Pascal BERTHOMÉ (88 S LY) a été nommé professeur des universités à l'e.n.s.i. de Bourges. Pierre BINÉTRUY (74 S SC) a été nommé directeur du Laboratoire Astroparticules et Cosmologie (A.P.C.) Sabine LAURENT (97 S LY) a été nommée maître de conférences en opto-électronique à l'université Paris VII. Emmanuel LE VAGUERESSE (89 L FC), agrégé d'espagnol, a été nommé professeur à l'université de Reims. Christophe PREMAT (97 L FC) a soutenu une thèse de science politique le 9 juillet dernier à l I.E.P. de Bordeaux avec les félicitations du jury (voir la rubrique «Soutenances de thèses», p. 31). Il a été nommé attaché de coopération pour le français auprès de l ambassade de France et de l Institut français de Stockholm (> voir son adresse suédoise ci-dessous). 27 Geneviève SELLIER (69 L FT) vient d être nommée pour 5 ans à l Institut Universitaire de France. Distinctions Bernard BIGOT (69 S SC), professeur des universités, ancien directeur de l'e.n.s. de Lyon, haut-commissaire à l Énergie atomique, a été élevé au grade d'officier dans l'ordre National du Mérite le 16 mai Michel DOFAL (64 S SC) a été fait chevalier de la Légion d'honneur le 19 octobre Odile GANNIER née DUPON (81 L SC) a obtenu, avec Cécile PICQUOIN, le Prix Henri Vovard de l Académie de Marine 2007 pour le Journal d Étienne Marchand, co-édité en André Joseph GLÜCKSMANN (57 L SC) a été décoré de l'ordre de la Légion d'honneur le 14 juillet 2008).
28 Carnet Erwan SAINT-LOUBERT-BIE (89 S LY) s'est marié le 27 juin 2006, et est devenu le papa de Théa, le 18 mars Quelques correctifs à l'annuaire Ces correctifs sont évidemment très incomplets! Nous invitons les camarades à nous aider à tenir cette rubrique à jour. MERCI! 28 Changements d'adresses ou de situation Les changements sont figurés en caractères gras. DOFAL Michel (64 S SC), Inspecteur d'académie. Inspecteur pédagogique régional retraité. Adresse inchangée. FOSSIER Arnaud (01 L SH), 3 rue du Cher, PARIS, T GANNIER Odile née DUPON (81 L SC), HDR. Professeur de littérature comparée à l'université de Nice. Recherche : C.T.E.L., Université de Nice. Adresse inchangée. LECOQ Tristan (78 L SC), Professeur des universités associé (histoire contemporaine) à l Université de Paris IV. Directeur du Centre international d études pédagogiques (C.I.E.P.). Président du Conseil d administration de l'e.n.s.-l.s.h.. Adresse inchangée. PREMAT Christophe (97 L FC), Badhusgatan 1A, tr.iii, SÖDERTÄLJE (Suède). SAINT-LOUBERT-BIE (89 S LY), 12 rue des Alliés, ROMAGNAT. Adresses perdues («N.P.A.I.») L'adresse en italiques est la dernière adresse valide. Merci de nous aider à retrouver ces camarades! ALLOUCHE-POURCEL Béatrice (95 L FC), 201 bis rue du Faubourg de Bourgogne, SAINT-JEAN-DE-BRAYE. BARBERIS Isabelle (97 L FC), rue Esquirol, PARIS. BOISSAT-BRON Alain (77 S SC), 10 rue Pierre Grange, SENS. CROISY Thibaud (06 L SH), 92 rue Béchevelin, LYON.
29 DUCOURNAU Claire (01 L SH), 15 rue Cambronne, PARIS. GLIMOIS Kristell (94 L FC), Bât. B, Esc. 5, Jardins de l'agro, 36 rue Buffon, MONTPELLIER. KÉFALLONITIS Stavroula (95 L FC), 17 rue Gérando, PARIS. MONLOR Samalin ( 27 S & 38 I SC), La Roseraie B, 208 avenue de Pont-Trinquat, MONTPELLIER. NOIN Daniel (51 L SC), La Closerie, 27 rue Marcille, VENDÔME. OBRY Vanessa (01 S SH), 9 rue Henri IV, LYON. SAPPIN-DUPEYRIX Céline (96 L FC), 35 rue Paul Verlaine, VILLEURBANNE. SUCHET Myriam (02 L SH), 2 rue de Vanves, ISSY-LES-MOULINEAUX. VANDEWIÈLE François (00 L SH), 5 rue Lapeyrère, PARIS. Adresses retrouvées MARZOUKI Myriam (94 L FC), 84 rue de l'aqueduc, PARIS. Le site électronique de l'association Application de la loi informatique et liberté dans notre Association Chers camarades, Notre Association ajoute à l annuaire sur support papier, que vous allez recevoir prochainement, un fichier informatisé consultable par internet et organisé en deux chapitres. Le premier chapitre entre dans le cadre de la dispense de déclaration des traitements relatifs à la gestion des membres et donateurs des associations à but non lucratif régies par la loi du 1er juillet 1901 (délibération n du 9 mai 2006). Le second chapitre entre dans le cadre de l article 6 alinéa 2 concernant le traitement de données à des fins statistiques ou à des fins de recherche scientifique ou historique et de la dispense de déclaration des traitements constitués à des fins d'information ou de communication externe (délibération n du 09/05/2006). Le fichier informatisé ne pourra en aucun cas être utilisé à des fins commerciales ni cédé à un tiers (public ou privé). Les informations qu il contient sont destinées aux membres de l Association pour un usage conforme aux statuts de l Association. L'Association ne garantit pas la validité de ces informations. 29
30 30 Le fichier sera utilisé pour la vie de l Association et pour favoriser l information et les échanges entre ancien(ne)s élèves. Il sera aussi utilisé pour établir des statistiques sur les membres de l Association ainsi que les parcours universitaires et professionnels des membres et des ancien(ne)s élèves des Écoles Normales Supérieures de Lyon, Fontenay et Saint-Cloud. Enfin, il permettra d annoncer les grands événements de l Association (trois envois par an, au plus) et l opération décennale de reprise de contact (quelques envois tous les dix ans). La liste précédente est limitative. Tout autre usage est interdit sans accord du Conseil d administration et ne pourra être autorisé qu après publication dans le bulletin et sous le délais d un mois. Le fichier pourra être consulté à partir de l adresse suivante : Dans la continuité et en complément de l annuaire sur support papier que l Association continuera de publier, ce site fait apparaître vos : nom / numéros de téléphone /adresse électronique et site internet / adresse postale / diplômes / profession. Nous vous invitons à vous connecter au site pour mettre à jour les informations vous concernant et décider de l étendue de l accès (autorisé ou interdit) à ces données des autres membres de notre Association. Les mots de passe seront envoyés avec l'accusé de réception électronique des cotisations aux personnes ayant indiqué une adresse électronique valide. Vous pouvez aussi demander expressément un mot de passe par courrier électronique à <span class = contextentry id= [email protected]_body >[email protected]</span>. Celui-ci vous sera communiqué après vérification. En l'absence de demande dans un délai d'un mois à compter de la publication de ce bulletin, l accord des membres de l Association sera réputé acquis. En application des articles 39 et suivants de la loi du 6 janvier 1978 modifiée, vous bénéficiez d'un droit d'accès et de rectification aux informations qui vous concernent. Si vous souhaitez exercer ce droit et obtenir communication des informations vous concernant, veuillez vous adresser à Marc Daumas (89 S LY), 20 avenue de la Prade, Thuir. Je me permets de clore cette annonce plutôt «administrative» en soulignant une fois de plus l énorme travail accompli par Jérôme Durand-Lose (89 S LY) pour la mise en place de cette base de données, ainsi que la contribution exemplaire de Lucien Sellier (56 S SC), qui a collecté, année après année, les données que nous utilisons aujourd hui. Je leur adresse tous mes remerciements à titre personnel et au nom des membres de Bureau de notre Association. Marc DAUMAS
31 TRAVAUX ET PUBLICATIONS Nous ne pouvons publier que les résumés ou comptes rendus qui nous sont communiqués. Si vous soutenez votre thèse, ou si vous voulez rendre compte de la thèse d un(e) camarade, envoyez-nous un court document par courrier électronique (ou sur papier assez contrasté avec double interligne pour saisie éventuelle par scanner) ou sur disquette informatique qui permettra à vos camarades d être informé(e)s du travail que vous avez effectué et de l aboutissement de vos recherches. Pour la publication, vous devez vous adresser au responsable, Georges HAREND par courriel ([email protected]) ou par voie postale (28 rue de la Princesse, Louveciennes), et de préférence en dehors des mois de juillet et août. Par ailleurs, s'il arrivait que vos articles ne soient pas publiés dans le bulletin attendu, c'est soit parce qu'ils seraient arrivés trop tard par rapport au «bouclage du numéro» (la publication en serait donc renvoyée au numéro suivant), soit que votre texte ne serait pas parvenu au responsable. En cas de doute, n'hésitez pas à prendre contact avec Georges Harend! 31 Soutenances de thèses Christophe PREMAT (97 L SH), La pratique du référendum local en France et en Allemagne. Le moment référendaire dans la temporalité. Thèse de science politique sous la direction de MM. les Professeurs Pierre Sadran (IEP Bordeaux) et Philippe Raynaud (Paris II), soutenue publiquement le 9 juillet 2008 en présence de Oscar W. Gabriel (Université de Stuttgart, professeur et rapporteur), Vincent Hoffmann-Martinot (Directeur de recherches et directeur de l'iep de Bordeaux, président du jury), Philippe Raynaud (Professeur de Paris II, co-directeur de thèse), Pierre Sadran (Professeur, IEP de Bordeaux, directeur de thèse), Sylvie Strudel (Professeur, université de Tours, rapporteur). Thèse disponible en consultation aux archives ouvertes des sciences sociales : Ce sujet prend acte de la mutation des systèmes représentatifs locaux et en particulier de leur transformation dans le temps. L'objectif principal visait à étudier, à partir de cas contrastés, l'insertion du référendum au sein de l'arsenal participatif des systèmes politiques locaux en France et en Allemagne. Ce travail est parti d'un constat paradoxal : à l'heure où sont évoqués la crise
32 32 et l'essoufflement des systèmes représentatifs modernes et où est créée une taxinomie nouvelle qualifiant l'institutionnalisation de procédés participatifs (démocratie participative, démocratie de proximité ou Bürgernahe Demokratie en Allemagne), nous avons pensé que ces phénomènes de création institutionnelle étaient à analyser en termes sociologiques pour être en mesure de comprendre la mutation et la complexité des systèmes représentatifs modernes. Le référendum, en tant que vote des populations sur un texte ou un sujet précis, n'est pas une conception de la démocratie directe, mais le signe d'une transformation du système représentatif dans le temps, d'où l'intitulé de cette thèse évoquant l'idée d'un moment référendaire, à la fois dans le temps long (période au cours de laquelle une série de dispositifs de participation est institutionnalisée) et dans le temps interne à l'organisation de ces procédures (moment comme opportunité choisie par les initiateurs et moment comme amorce d'un processus participatif ou au contraire sa conclusion). La thèse principale de ce travail est la suivante : l'institutionnalisation du référendum local répond à l'adaptation dans le temps du système représentatif, à la montée en puissance d'une exigence participative partagée par les élus, l'opinion publique et les médias. En réalité, le tempo démocratique des systèmes politiques locaux s'est trouvé accéléré par l'inscription de ces dispositifs participatifs plus ou moins bien articulés à certaines décisions politiques locales. Le référendum local, en tant qu'instrument de démocratie semi-directe, se trouve à la jonction entre le système représentatif et la participation des habitants à la vie locale. C'est sur les conditions et les effets de la codification d'un instrument que nous avons voulu approfondir, par le biais d'une comparaison, la mutation des systèmes politiques locaux. L'étude de la transformation des systèmes politiques locaux dans le temps passait par le développement d'une comparaison binaire pour approfondir à la fois la généalogie de l'institution référendaire dans deux pays à tradition politique différente au sein de l'espace européen, et les effets de l'institutionnalisation sur les décisions politiques locales. La comparaison entre deux pays voisins disposant d'une carte territoriale opposée (pays fédéral à vocation unitariste avec des Länder ayant des compétences fortes, face à un pays unitaire à vocation décentralisée avec une série de collectivités locales ayant des compétences plus restreintes) a permis de révéler la diversité des pratiques référendaires. Le référendum local étant institué dans les codes communaux de chaque Land en Allemagne, la comparaison n'était pas tant binationale que multirégionale puisque nous étions en présence de 17 législations (16 Länder plus la France). En Allemagne, si le Land du Bade-Wurtemberg avait introduit les mécanismes référendaires en 1956, c'est le contexte de la Réunification qui a permis d'implanter progressivement cet instrument dans tous les Länder pour revigorer la participation des citoyens à la vie locale. En France, l'histoire du référendum est celle d'une régression, puisque les premières expériences référendaires de la fin du 19 e siècle ont été exclues du cadre légal, avant que le référendum décisionnel ne soit réintroduit en 1971 seulement pour le cas de la fusion communale. Dans les années 1990, les deux pays ont connu une intensité dans le traitement du référendum local parmi les instruments participatifs.
33 La comparaison entre la France et l'allemagne a mis en évidence l'ambiguïté législative dans laquelle se trouve la France, ayant défini à la fois un référendum consultatif, qui est en pratique verrouillé par les maires, et un référendum décisionnel avec un taux de participation minimal de 50 %, ce qui rend quasi impossible sa pratique, sauf s'il existe déjà un consensus de la population sur le sujet soumis à référendum. Ce choix à la carte a pour effet de renforcer l'usage consultatif à la disposition des maires, qui, par le biais du cumul des mandats, contrôlent étroitement l'élaboration législative de l'évolution du référendum local. En Allemagne, l'initiative populaire et le référendum local ont des effets contraignants. En Allemagne, si les réactions des maires à l'égard des référendums locaux ne sont pas nécessairement moins hostiles, une autre logique a été développée. En précisant les conditions d'organisation des procédures référendaires, les élus ont répondu au souhait participatif tout en définissant le domaine d'intervention des citoyens au sein de la vie locale. Ainsi, l'idée n'est pas de voir le référendum local comme l'un des vecteurs de l'intérêt général local (contrairement à la France où le référendum est vécu comme une perturbation illégitime et gênante, parce quelle est un vote et reflète une majorité sur un sujet), mais comme une possibilité entre les mains de minorités relativement représentatives. L'initiative populaire est contraignante (Bürgerbegehren, littéralement «demande de référendum»), ses conditions varient suivant les Länder sachant que bien souvent une fourchette est définie relativement à la taille des communes. Il s'agit du pourcentage minimal de récoltes de signatures (taux d'entrée amorçant une première relation entre l'administration locale et les porteurs de l'initiative). La deuxième différence institutionnelle réside dans la définition en Allemagne d'un délai plus ou moins long pour les initiatives dites réactives, c'est-à-dire les initiatives contredisant une décision politique locale. En d'autres termes, les Länder conçoivent la possibilité à court terme de contester certaines décisions locales, alors qu'en France les référendums consultatifs fonctionnent comme des demandes d'avis sur la portée d'une politique locale à venir. Nous avons ainsi un positionnement inverse des acteurs dans le temps puisque, dans un cas, les élus anticipent les réactions de leurs concitoyens comme en France, alors que, dans l'autre, les élus subissent la contestation organisée de leurs administrés sur une décision prise. La troisième différence fondamentale qui a des incidences déterminantes sur la pratique est celle des conditions juridiques de validité des référendums locaux puisque les Länder ont défini un seuil d'approbation (Zustimmungsquorum) introduisant l'idée de représentativité minimale d'une position majoritaire. Ce n'est pas le taux de participation qui a été retenu, comme en France et comme à Berlin. Ce seuil ne ramène pas la position gagnante à un intérêt général local, mais l'évalue par rapport à l'ensemble des électeurs inscrits. Ce différentiel explique largement pourquoi nous avions adopté en partie une approche quantitative puisque nous pouvions mesurer dans le temps le trajet d'un référendum local lorsqu'une initiative populaire est formulée. 33
34 34 Les résultats de cette comparaison des dix-sept législations a révélé des effets différents : le taux d'approbation a cet avantage qu'il accentue la position des gagnants et évite de neutraliser les enjeux du référendum local avec une faible différence entre les tenants du «oui» et ceux du «non». Malgré ce calibrage étroit et un contexte plus favorable à la pratique du référendum d'initiative populaire au niveau local, nous avons constaté que les initiatives provenant du système politique lui-même (initiatives soutenues par l'opposition municipale ou d'autres partis politiques) étaient souvent les plus significatives. Le référendum et l'initiative populaire permettent d'activer le système représentatif et de l'aérer. Le cas bavarois, qui concentre la moitié des pratiques grâce à une législation favorable, en est révélateur : c'est parce qu'il y a une domination de la C.S.U. au niveau des exécutifs locaux et ceux du Land que le référendum et l'initiative ont été des instruments permettant aux citoyens et aux partis politiques minoritaires de faire passer des projets. Il n'y a pas d'évolution vers une démocratie plus directe en Bavière, mais une dynamisation du travail représentatif lui-même, travail qui se caractérise par la collaboration entre élus, administrations locales et citoyens. La politique communale se trouve alors mieux identifiée lorsqu'une opération référendaire est en cours. Le référendum local a ainsi une dimension cognitive fondamentale : il permet aux citoyens dans leur majorité de mieux connaître le système politique local. En Allemagne, le référendum a une fonction plus délibérative du fait de la profondeur des mécanismes institutionnels nommés précédemment, alors qu'en France le référendum a des effets plébiscitaires renforçant parfois la protestation des élus locaux à l'égard d'un projet de l'état, d'où une singularité française, celle des référendums illégaux, c'est-à-dire de ces votes symboliques dépourvus de toute efficience juridique. Plus du quart des référendums locaux sont illégaux révélant l'instrumentalisation de ce type de procédure par les maires et surtout l'ambiguïté de la législation qui surcharge l'offre participative en la dotant le plus possible d'un coefficient consultatif. Le référendum est alors beaucoup plus isolé et souvent déconnecté des autres instruments de participation. Une série d'entretiens semi-directifs spécifiquement ciblée sur les communes ayant connu plusieurs référendums dans le passé (Halstenbek, Cobourg en Allemagne, Arcueil et Mons-en-Baroeul en France) a montré qu'en France la tradition référendaire était exclusivement portée par un maire à idéologie participative ; lorsqu'il y avait un changement de majorité politique, le maire suivant n'intégrait jamais le recours au référendum dans une démarche participative, alors qu'en Allemagne, la pratique du référendum d'initiative populaire étant plus importante, les initiateurs ont acquis une connaissance plus fine de l'instrument dans le temps. La logistique est ainsi plus efficace, des tentatives avortées pouvant être reconduites avec plus de force. Cette appréciation permet de montrer en quoi il existe une culture référendaire locale en Allemagne : la pratique n'est pas aussi marginale qu'on pourrait le penser, et, surtout, elle a des incidences sur certaines décisions communales importantes. Alors que le référendum local opère à la marge des dispositifs participatifs en France, l'initiative et le référendum sont des vecteurs de la
35 participation des habitants à la vie locale. Il est encore trop tôt pour dire si cette culture s'est réellement enracinée en Allemagne, mais les conditions d'organisation du référendum local font encore débat dans les différents Länder, où certains politiques souhaiteraient l'abaissement ou la hausse du taux d'approbation. Le moment référendaire correspond sans aucun doute dans les deux pays à un approfondissement de la logique du système représentatif qui crée des moyens de re-légitimer certaines décisions politiques locales. Il intègre l'intensité de certaines mobilisations politiques en leur offrant une voie de sortie. Il révèle que le débat théorique entre système représentatif et démocratie directe est largement dépassé : nos entretiens ont mis en évidence le fait qu'une vision idéalisée du référendum comme instrument de démocratie directe était souvent exprimée dans les propos des initiateurs, ou, qu'inversement, une disqualification a priori était souvent prononcée par les élus alors que le référendum est déjà une articulation entre le système représentatif et l'avis des citoyens. Le discours politique français est traversé par les injonctions d'une démocratie participative à mi-chemin entre démocratie directe et système représentatif, alors qu'en Allemagne, on recherche plus volontiers les formes de coopération entre les systèmes politiques locaux et les forces vives locales. Cette thèse appelle d'autres travaux de comparaison permettant de comprendre la manière dont une norme participative se concrétise dans les différents régimes représentatifs. Le référendum local est l'un des instruments donnant de l'épaisseur, de la chair à la temporalité démocratique qui ne se réduit pas au calendrier électoral mais l'excède largement. 35 En librairie Jean-Marc ANTOINE [Sous la direction de -], Bertrand DESAILLY (82 L SC), Jean-François GALTIÉ, François GAZELLE, Anne PELTIER, Philippe VA- LETTE, Les mots des risques naturels, Toulouse, Université du Mirail, Presses Universitaires du Mirail, 2008, 10. Pascal AQUIEN (74 L SC), Oscar Wilde : De profundis, La Ballade de la geôle de Reading [édition bilingue, traduction et dossier critique], Paris, GF Flammarion, 2008, 349 pages, 6,80. Pascal AQUIEN (74 L SC), Julien Green : Sud [édition critique, bilingue], Paris, GD Flammarion, 2008, 275 pages, 7,30. Blaise BACHOFEN [Sous la direction de -], Michaël BIZIOU (89 L FC), Emmanuel DE CHAMPS (94 L FC), Frédéric BRAHAMI (84 L SC), Claude GAUTIER, Éléonore LE JALLÉ, Céline SPECTOR, Florent GUÉNARD, Vincent VALENTIN, Le libéralisme au miroir du droit. L'État, la personne, la propriété, Lyon, ENS-Éditions, coll. «La croisée des chemins», 2008, 242 pages, 24.
36 36 Antoine de BAECQUE (83 L FT), Feu sur le quartier général!, Paris, Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 2008, 284 pages, 12. Julien BARTHES (00 S LY), Physique Classes prépas MPSI - PCSI - PTSI, Paris, Ellipses, collections «Les recettes de sup», 2008, 464 pages, 29,50. Hubert BONIN (69 L SC) a publié durant les années 2007 et 2008 les chapitres et articles suivants : Chapitres de livres - Introduction, in Hubert Bonin & Lorans Tanatar Baruh (dir.), Company Journals in Banks and Insurance Companies : History and Recent Development, Francfort, European Association for Banking et Financial History, 2008, pp Un gouverneur face aux enjeux du développement : Éboué et le monde des affaires en AEF en 1942 (commentaires de la lettre d'éboué du 18 juillet 1942), in Josette Rivallain et Hélène d'almeida-topor, Éboué, soixante ans après, Paris, Publications de la Sfhom, 2008, pp Jacques Laffitte, banquier d'affaires sans créer de modèle de banque d'affaires, in Jacques Marec (dir.), Le banquier Jacques Laffitte, , Maisons-Laffitte, Société des Amis du Château de Maisons, 2008, pp De la littérature populiste au film populaire : l'angoisse de la conspiration et du sur-pouvoir capitalistes avant Fleming ( ), in Françoise Hache-Bissette, Fabien Boully et Vincent Chenille, James Bond (2)007. Anatomie d'un mythe populaire, Paris, Belin, 2007, pp L'enjeu de la confiance, pp ; Une banque attachée aux territoires, pp , in Roger Nougaret (et alii, dir.), La Banque verte s'affiche. Un siècle de publicités, Chartres-Mainvilliers, Compa-Conservatoire de l'agriculture, Les banquiers, in Jean-Pierre Rioux (dir.), Dictionnaire de la France coloniale, Paris, Flammarion, 2007, pp Les ports, ibidem, pp Les objectifs et les résultats de la politique économique de Chaban- Delmas, Premier Ministre (juin 1969-juillet 1972), in Bernard Lachaise et Jean-François Sirinelli (dir.), Jacques Chaban Delmas, Presses Universitaires de France, À propos des sources concernant l'histoire des Caisses d'épargne dans le Sud-Ouest : le cas de l'aquitaine-nord, in André Gueslin (dir.), Les sources historiques des Caisses d'épargne, Paris, Les Cahiers pour l'histoire de l'épargne, Éditions de l'épargne, 2007, pp Suez toward a European enterprise, , in Harm Schröter (dir), The European Enterprise. Historical Investigation into a Future Species, Berlin, Springer, 2008, pp Les réseaux bancaires parisiens et l'empire : comment mesurer la capacité d'influence des «banquiers impériaux»?, in Hubert Bonin, Jean- François Klein et Catherine Hodeir (dir.), L'esprit économique impérial ( ). Groupes de pression et réseaux du patronat colonial en France et dans l'empire, Paris, Publications de la Sfhom, 2008, pp La construction d'un système socio-mental impérial par le monde des affaires ultramarin girondin des années 1890 aux années 1950, in
37 Hubert Bonin, Jean-François Klein et Catherine Hodeir (dir.), L'esprit économique impérial ( ). Groupes de pression et réseaux du patronat colonial en France et dans l'empire, Paris, Publications de la Sfhom, 2008, pp Articles - Un aménageur : Chaban-Delmas, Premier Ministre ( ) (avec Bertrand Blancheton), in Revue d'économie régionale et urbaine (R.E.R.U.), 2007, n 5, pp The international scope of Bordeaux port : Logistics, economic effects and business cycles in the nineteenth and twentieth centuries (avec Bruno Marnot), in Tapio Bergholm, Lewis Fisher et Elisabetta Tonizzi (dir.), Making Global and Local Connections : Historical Perspectives on Ports, Research in Maritime History, n 35, automne 2007, pp Arlette BOULOUMIÉ (61 L FT), Les Vivants et les Morts. Littératures de l'entre-deux mondes, Paris, IMAGO, 2008, 309 pages, 24. Geneviève BRISAC (71 L FT) et Michel GAY, Olga et le chat, Paris, École des Loisirs, 2008, 41 pages illustrées, 6,50. Jean-Claude CARRIÈRE (53 L SC), Contes philosophiques du monde entier (Cercle des menteurs 2), Paris, Plon, 2008, 21. Agnès DESARTHE (85 L FT) [traduit de l anglais par -] Virginia WOOLF, La Chambre de Jacob, Paris, Stock, 2008, 252 pages,18,50. Jean-Jacques EXCOFFON (80 S SC), Physique-Chimie Terminale S, Paris, Ellipes, collection «Method s», 2008, 432 pages, 19,50. Christian GARING (78 S SC), Stéphane RÉDOGLIA et Lionel UHL, Les Mille et une questions de la physique-chimie en prépa (2e année BCPST), Paris, Ellipses, 2008, 608 pages, 24. Jean GUÉNOT (48 L SC), J'écris. Journal d'information technique pour le plaisir des écritures, 4 numéros par an, vendus par abonnement, pour quatre numéros = 36 (France), 48 (étranger) / Téléphone et télécopie : / Courriel : [email protected]. Sophie HOUDART (77 L FT), La Cour des miracles, Paris, Éd. CNRS, 2008, 352 pages, 25. Cet ouvrage a obtenu la médaille de bronze du CNRS en Yves PACCALET (65 L SC), L humanité disparaîtra, bon débarras!, Paris, J ai lu, 2006, 4,80. Prix du pamphlet Anne-Marie PAQUET-DEYRIS (84 L FT) [sous la direction de -], Préambules : États de la crise au cinéma, revue Anglicistes Cercles n 18/2008, 124 pages [livre en ligne : ] Yvan QUINTIN (60 L SC), Renée Vivien. Études et Préludes, Cendres et Poussières, Sapho, Eros Onyx Éditions,15340 Cassaniouze, mars 2008, 1 vol., 144 pages,
38 Yvan QUINTIN (60 S SC), Renée Vivien. Les Kitharèdes (avec texte grec ; réédition de 1904), Eros Onyx Éditions, Cassaniouze, novembre 2008, 176 pages, 21. Yvan QUINTIN (60 S SC), Lucie Delarue-Mardrus. Nos secrètes amours, Eros Onyx Éditions, Cassaniouze, septembre 2008, 96 pages, 14. Samuel SAVINEAU (67 S SC) : Physique, préface de P.G. de Gennes, 2000 pages disponibles sur Internet (Numilog.com). Pierre VERMEREN (86 L FT), Idées reçues sur le Maroc, Éditions Le Cavalier bleu, Paris, 2007, 128 pages, 9,50. Emmanuel de WARESQUIEL(79 L SC), Cent jours, la tentation de l'impossible, mars-juillet 1815, Paris, Fayard, 2008, 704 pages, 28. Analyses d'ouvrages 38 Danielle ALLOIN (65 S FT), Observer l'univers, illustrations de Yann Fastier, Paris, Éditions Le Pommier, coll. «Les Minipommes», n 26 (diffusion Belin), juin 2008, 64 pages, 8. Comment fait-on pour observer l'univers? Comment réussit-on à voir des étoiles avec nos simples petits yeux? Comment fonctionnent les lentilles d'un télescope? Et les lentilles que forment nos yeux? Comment se fait-il que l'on reçoive aujourd'hui la lumière que certaines étoiles ont émis il y a des milliers d'années? Que sont les «lentilles gravitationnelles», ces objets de l'univers dont la lumière est amplifiée? Et finalement, qu'est-ce que la matière noire, cette matière invisible à nos yeux, mais si présente dans l'univers? J ai deux enfants de 5 et 9 ans et je me désespère parfois des âneries pour lesquelles ils se passionnent, même s ils nous montrent ainsi leur soif de découvrir, d apprendre et de comprendre. Nous essayons, ma femme et moi, de leur expliquer quelques-unes des questions que les scientifiques se sont posées au cours du temps en observant le monde qui nous entoure. Mais nombres de celles-ci sont en dehors de nos domaines d exercice et nous sommes, il est vrai, plus habitués à des étudiants plus âgés. Le manque de temps et de préparation font aussi que je m empêtre souvent pendant de longues minutes dans des notions que j aurais dû définir dans un ordre différent. C est avec beaucoup de joie que j ai entamé avec mon fils Hadrien le livre de Danielle. Je lui en ai parlé dès mon retour à la maison, et Hadrien s est montré à la fois curieux et demandeur. Je lui ai d abord proposé de lire à haute voix avec moi, en apportant des compléments sur les sujets traités dans le livre. Mais le vocabulaire varié et précis de Danielle et l effort supplémentaire que je demandais à Hadrien l empêchaient de se focaliser sur les découvertes
39 contenues dans le livre. Nous avons poursuivi différemment les aventures de la petite fille Aster, de son chat Algol, et de ses deux amis Castor et Pollux. Hadrien ne lisait que les illustrations, et l histoire des enfants et du chat permettait d alterner minutes studieuses et discussions loufoques. En suivant le livre, nous avons commencé par comprendre que seule la lumière émise par les étoiles nous permet d explorer notre immense univers. Cette lumière est émise sous forme de photons et elle est perçue par des récepteurs variés, bien au-delà du seul spectre visible par l œil humain. Nous avons ensuite parlé de la gravitation, cette force qui règle le fonctionnement de l immense manège dans lequel nous évoluons. Enfin, nous avons parlé de la fin des étoiles, sujet qui nous paraît fort bénin, à nous adultes, mais qui avait choqué Hadrien la première fois que nous en avions parlé. Il avait beaucoup de mal à accepter la fin de l univers qu il connaissait, et quelques milliards d années ne lui semblait pas une échéance significativement plus lointaine que quelques dizaines ou quelques centaines d années. Pour conclure, un livre à offrir à ses enfants ou aux enfants de ses amis. Marc DAUMAS (89 S LY) Danielle ALLOIN est astrophysicienne, spécialiste de l'observation de l'univers et directrice de recherches au CNRS (au CEA de Saclay). Elle a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées et des revues grand public (La Recherche, L'Astronomie), ainsi que des ouvrages de vulgarisation, dont notamment Galaxies, dans la collection «Domino», chez Flammarion. Diplômé de l'école Nationale des Arts Décoratifs de Limoges, Yann FASTIER a écrit et illustré une vingtaine de livres pour les enfants, comme pour les plus grands! Citons, par exemple, Miette sous la couette (L'Atelier du poisson soluble), Du rififi chez les doudous (texte de Fabienne Séguy, Éditions Le Rouergue), ou encore C'est quand que les poules auront des dents? (Éditions Rue du Monde). Yann Fastier a déjà illustré deux "minipommes" : Tout est chimie (n 14) et Les expéditions polaires (n 17). 39 ANTOINE Jean-Marc [Sous la direction de -], Bertrand DESAILLY (82 L SC), J.-F. GALTIÉ, F. GAZELLE, A. PELTIER, Ph. VALETTE, Les mots des risques naturels, Presses Universitaires du Mirail, coll. «Les Mots de», 2008, 10. Entre craintes et fascination, les risques naturels et les catastrophes, sur lesquelles ils débouchent parfois, ont aujourdhui envahi la plupart des sphères de notre société. Au point que celle-ci serait devenue une «société du risque». Une couverture médiatique souvent approximative, un amalgame hâtif avec les changements climatiques annoncés, les justifications hasardeuses et les tergiversations de l'action ou de l'inaction politique, les controverses et les incertitudes scientifiques brouillent la compréhension de cette question. Puissent ces mots donner des clefs de lecture à tous ceux élus, techniciens, assureurs, mais aussi étudiants, scientifiques et tout simplement citoyens qu'intéresse cette question complexe. Les auteurs sont géographes et membres du laboratoire GEODE de l'université de Toulouse-Le Mirail, au sein duquel ils constituent un pôle de recherche spécialisé dans les risques naturels.
40 40 Christian BARDOT (77 L FC) [Sous la direction de -], Frédéric BESSET, Joëlle BOYER-BEN KEMOUN, Philippe BRODA, Bruno JEGOU, Chantal HOUY- EMPEREUR, Catherine MÉLARD, Jean-Pierre PAULET, Fabien PERRIER, Histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain, Paris, Pearson Education, coll. «Cap Prépa», 2008, 512 pages, 35. Pour la première fois, un manuel traite les deux années du programme d'histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain en un seul volume! Grâce à une problématisation soigneusement conçue des sujets, vous disposez de ce dont vous avez vraiment besoin, en 500 pages. Les 25 chapitres sont tous organisés en quatre sections : - les Repères procurent les données statistiques, les chronologies et les carte utiles ; - la Mise au point développe les connaissances ; - les Focus présentent des rubriques pratiques qui favorisent la compréhension : l'exemple à retenir, l'erreur à éviter, l'actualité a décrypter, le concept-clé à maîtriser ; - l'entraînement met à l'épreuve avec ses questions d'oral ou ses sujets de dissertation. Les deux premières parties du manuel exposent les principales mutations économiques et sociales du siècle écoulé, à l'échelle du monde ; les deux suivantes, les dynamiques spatiales actuelles des grands continents ainsi que celles de l'union européenne, des États-Unis et des trois puissances asiatiques, la Chine, l'inde, le Japon. L'ouvrage utilise les apports les plus récents des disciplines concernées pour dégager les lignes de force qui éclairent notre temps. C'est aussi un guide pratique : vous y trouverez : des conseils méthodologiques ; des sujets de dissertations analysés ; un glossaire des termes techniques ; une bibliographie commentée. Un manuel différent, qui correspond à vos besoins, et qui deviendra vite votre guide indispensable pour garder le cap vers la réussite! Aline BERGÉ (84 L SC) et Michel COLLOT [Sous la direction de -], Paysage & modernité(s), Bruxelles, Ousia, collection «Recueil» (diffusion Vrin / L'ouvrage peut être commandé en librairie et en ligne sur les sites d'ousia ( et de Vrin ( 2007, 400 pages, 40 illustrations en noir et en couleurs, 26. Les études rassemblées dans ce volume sont issues d'un colloque organisé en mars 2005 par l'unité mixte de recherche «Écritures de la modernité» (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle/C.N.R.S.). Elles explorent et interrogent les relations du paysage et de la modernité, notions que des traditions culturelles ou des courants de pensée tendent à simplifier, confondant ou opposant les deux termes. Alliant propositions théoriques, enquêtes historiques et regards
41 sur l'actualité, le parcours qu'elles proposent montre combien l'enchevêtrement de ces deux notions, elles-mêmes plurielles et relatives aux lieux, aux cultures et aux champs du savoir, est complexe et contradictoire, voire ambivalent. Questionnant tour à tour ou conjointement les littératures anciennes, modernes et contemporaines, la philosophie et l'esthétique, l'histoire et la géographie culturelle, les arts du jardin, de l'image et du spectacle, elles rendent compte de la plasticité et du potentiel symbolique du paysage, qui réfléchit les multiples visages de la modernité, ses lignes de force et de fractures, ses impasses et ses ouvertures. Elles invitent enfin l'homme contemporain à penser ou inventer de nouveaux rapports entre cosmos et anthropos. Paysage et modernité(s) Michel Collot, D'une modernité plurielle. Raffaele Milani, Le paysage : un art ancien et moderne. Poiesis et contemplation. Augustin Berque, Cosmophanie et paysage moderne. Philippe Nys, Du paysage aux confins de l'image. Aline Bergé, Le tournant paysager de la littérature contemporaine : une traversée des modernités. des Temps modernes Isabelle Trivisani, Paysages des autres mondes. Claude Reichler, Paysages scientifiques de l'époque baroque. John Dixon Hunt, Le modern gardening d'horace Walpole est-il encore moderne? Alain Deligne, Le concept de Stimmung chez Carl Gustav Carus. Baldine Saint-Girons, De l'échec d'une philosophie du paysage avant Victor Hugo. Françoise Chenet, «Entendre des rossignols chanter des marseillaises», paysage et révolution chez V. Hugo. Denise Brahimi, Changements de perspective sur la casbah d'alger. Monique Sicard, Image technique, image de lumière : l'émergence d'un nouveau paysage. à l'époque contemporaine Philippe Berthier, Paysage et a-modernité : La Grande Beune, de Pierre Michon. Didier Alexandre, Paysage et installation : sur l'espace du récit chez Pinget, Simon, Pérec, Réda. Catherine Naugrette, Après les ruines : de la violence des paysages contemporains. Yinde Zhang, Esprit du paysage : Gao Xingian et La Montagne de l'âme. Jean Mottet, Du paysage au déploiement de la matière : le cas de Tarkovsky. 41
42 Jean-Louis Leutrat, Comme il vous plaira. L'arbre chez Alain Resnais. Danièle Méaux, Paysages de l'errance : Raymond Depardon. Jacques Leenhardt, Le Chef d'œuvre à venir. Notes sur Thomas et le Voyageur de Gilles Clément. Jean-Pierre Brazs, Interventions paysagères et manières de peindre. Espace, lieu, paysage, modernité : quelques volumes de la coll. «Recueil» dirigée par Philippe Nys : 5. Le Sens du Lieu, dir. M. Mangematin, Ph. Nys et Ch. Younès. 6. Lire l'espace, dir. J. Poirier et J.-J. Wunenburger. 7. Logique du Lieu et Œuvre humaine, dir. A. Berque et Ph. Nys. 8. Les Enjeux du Paysage, dir. M. Collot. 12. Logique du Lieu et Dépassement de la modernité, dir. A. Berque (2 vol.). 14. Le Paysage, état des Lieux, dir. F. Chenet, M. Collot, B. Saint Girons. 42 Fabienne BRUGÈRE (87 L FC), Le sexe de la sollicitude, Le Seuil, 192 p., 16. Dès l'enfance, que nous soyons femme ou homme, on nous enseigne que les femmes ont toujours à faire avec le soin, la sollicitude : tout ce qui compose un imaginaire de mère bienveillante et d'épouse attentive. La sollicitude aurait un sexe : toujours le même. Comment sortir de cette aliénation sans mettre en péril la démarche éthique du souci des autres? Conjuguant les approches de la philosophie morale, des gender studies féministes américaines et les problèmes d'actualité, Fabienne Brugère montre comment penser à nouveaux frais la sollicitude : valeur aujourd'hui désertée, elle peut amener à davantage de justice sociale. Fabienne BRUGÈRE est professeur de philosophie à l'université Michel de Montaigne Bordeaux 3 et Présidente du Conseil de Développement de la Communauté urbaine de Bordeaux. Elle dirige, en collaboration avec Anne SAUVAGNARGUES (81 L FT), la collection de réflexion sur l'art intitulée «Lignes d'art» aux PUF. Ses centres d'intérêt sont la réflexion sur l'art, la question des sentiments et du partage entre usage privé et public, le féminisme. Ouvrages déjà publiés : Théorie de l'art et philosophie de la sociabilité selon Shaftesbury (Champion, 1999) ; Le goût. Art, passions et société (PUF, 2000) ; L'expérience de la beauté (Vrin, 2006) ; C'est trop beau (Gallimard jeunesse, 2008). Quatre de ses articles sont en ligne sur la page : auteurs/auteur_63.asp Christian CAVAILLÉ (62 L SC), Philosopher depuis Montaigne et après Wittgenstein. Instance des essais, Paris, L'Harmattan, coll. «La philosophie en commun», 2008, 308 pages, 29,50.
43 Comment lire et prolonger au présent les Essais de Montaigne dans ce qu'ils ont de plus philosophique? Comment être attentif à la fois à la lettre du texte et à la conceptualité discrète et cependant insistante des éclaircissements philosophiques qu'ils proposent? L'analyse des manières d'essayer et des matières des Essais distingue un mode d'exploration et d'orientation plus méthodique qu'il n'y paraît ainsi que divers registres ou instances d'examen (la destitution sceptique, l'exposition de soi, les considérations de poétique et d'éthique). Mais il faut aller au-delà ou plutôt en deçà de ces instances évidentes pour expliciter ce qui apparaît dans les éclaircissements montaigniens et dans tous les registres : des concepts primaires que transcrivent les verbes changer, communiquer, faire, tenir, essayer. À travers l'exercice et la mesure de la capacité de tenir dans les changements, les commerces, les effectuations, c'est l'oblique mais indéniable consistance du réel qui est ainsi aperçue. La confrontation des Essais de Montaigne et des Recherches philosophiques de Wittgenstein conduit, dans un éclairage réciproque et en mesurant le risque de leur devenir infidèle, à préciser la nature et la forme d'une conceptualité que les Essais invitent à expliciter davantage. Christian CAVAILLÉ, né en 1943, est un ancien élève de l'école Normale d'instituteurs de Toulouse et de l'ens de Saint-Cloud. Agrégé de philosophie, il a enseigné la philosophie de 1967 à Autre publication de Christian Cavaillé : Trois ou quatre choses avérées, avec quatre sérigraphies de Pillard-Valère, Paris, Éditions de l'hôte nomade, 1996 (épuisé). 43 Claude DAUGÉ (1953 L SC), M. Elle habitait près d'un cimetière, roman, Éditions Les Presses Littéraires, coll. «Récits de vie», 2007, 120 pages, 10. [pour la distribution, s'adresser à Claude Daugé, 68 boulevard Soult, Paris, T ]. Écrire «et son roman», à propos de Claude Daugé, laisserait à penser que M est le seul de son espèce. Non, Claude a écrit des milliers de pages qui dorment dans ses tiroirs et qu'il commence tout juste à exhumer. De temps à autre, il nous gratifie d'un récit que nous publions dans Plaisir d'écrire. Notre intérêt et le succès glané auprès de nos lecteurs l'ont sans doute encouragé à se montrer plus audacieux. Ce n'est pas notre moindre fierté qu'il nous honore de sa confiance et que nous ayons contribué à libérer non sa plume, de toujours fertile, mais son acceptation de se livrer à un public. Je me montre très familier : j'appelle cet auteur par son prénom, je fais quelques allusions à sa personnalité. Nous entretenons, lui et moi, une complicité intellectuelle et une amitié de je ne sais plus, cela se perd dans la nuit des temps. Nous avons fréquenté les mêmes écoles, les mêmes études et, pendant deux années, la même chambre (nous disions une «thurne»). À titre personnel et aussi en tant que Président de notre association, il m'a paru
44 44 légitime que je déroge à la règle de non-ingérence et que je présente en quelques lignes ce livre qu'il vient de publier. La quatrième de couverture résume fort bien ce dont il est question. Certes une enquête des relais, menée avec une rigueur chronologique et topographique digne de Sherlock Holmes : le professionnel de la police, le danseur égaré, le narrateur. On entre et on sort des impasses et des cimetières par des portes dérobées. On recoupe les documents, les rapports, les souvenirs, les bavardages. On lance et on vérifie les hypothèses, on suit des pistes qui ne mènent nulle part et constituent un dédale que l'on finit par apprivoiser. Il y a des strates de temps, des vies parallèles, des destins croisés. Cette ballerine perdue qui habitait près d'un cimetière, pourquoi s'acharner à retrouver son ombre? Pourquoi aussi s'attarder sur la vie brisée d'une étoile en fleur? Dwelt by a churchyard : qui, en définitive? Mamilia? Mamilius? Où sont-ils? Dans un conte Shakespeare, dans le souvenir de l'imaginaire? Les faits sont vrais, comme on dit. On peut faire confiance à l'auteur : il connaît le monde du ballet. Mais l'enquête est devenue quête du passé manqué, du regret de n'avoir pas su maîtriser les choses, de soi, car on ne sait plus très bien qui on est. L'a-t-on jamais su, d'ailleurs? Et si le thème premier du livre était, justement, cette recherche de ce qu'on est? Recherche sans cesse rejetée à l'horizon, fuyante plus on l'approche, à jamais condamnée à l'insuffisance. Le narrateur si pudique finit par dire beaucoup : on a presque franchi le seuil de son intimité. François n'est pas Claude, mais deci-delà, quand on connaît l'un et l'autre, on décèle des affleurements autobiographiques. Quelle belle langue! Toujours, dans les écrits de Claude Daugé, la même distinction, le même classicisme élégant, dans les dialogues érudits comme dans les commérages. De notre temps, on appelait cela «un style soutenu». C'est plus, c'est de la noblesse instinctive, non travaillée, inévitable. Moi, je n'hésite pas à évoquer Proust. Je sais que Claude, si modeste, n'aimera pas cette dernière phrase. Tant pis ou tant mieux. Vous en jugerez. Robert FERRIEUX (53 L SC) Christian DELSART (61 S SC), Lasers et optique non linéaire. Cours, exercices et problèmes corrigés - niveau M1-M2, Paris, Ellipses Marketing, coll. «Physique- LMD Universités-Écoles d ingénieurs», 2008, 426 pages, 39,50. Les lasers sont omniprésents dans notre vie quotidienne. Mais comment fonctionnent-ils? Ce manuel rassemble les connaissances essentielles relatives à la physique fondamentale et appliquée des lasers. Les étudiants de master ou les élèves ingénieurs puiseront dans cet ouvrage les savoirs indispensables à leur formation, à la préparation de leur thèse, et, ultérieurement, à leur vie
45 professionnelle. Par ailleurs, les chercheurs, les universitaires et les ingénieurs trouveront ici une aide à leurs travaux de recherche et développement. L originalité de l approche adoptée est de coupler étroitement le cours de physique et optique du laser et celui d optique non linéaire : en effet, la plupart des systèmes lasers actuels ont recours aux techniques de l optique non linéaire, aussi bien en recherche fondamentale et appliquée que dans les applications industrielles et médicales. Il a donc paru intéressant de proposer un seul ouvrage de fond rassemblant tous les domaines dont le lecteur a besoin quand il utilise des systèmes laser ou les développe. Cet ouvrage s appuie sur une démarche résolument didactique : notations uniformes et précises, illustration par plus de 300 figures, exemples pratiques, 63 exercices et problèmes avec leurs corrections. Après avoir introduit le monde des lasers, on étudie l'optique des cavités lasers, l'interaction du rayonnement avec la matière, l'oscillation laser, les différents régimes de fonctionnement, les équations de Bloch-Maxwell et l'optique non linéaire. Exercices et problèmes concluent cet ouvrage. Actuellement professeur émérite de physique à la Faculté des Sciences d Orsay de l Université Paris-Sud XI, Christian DELSART poursuit ses activités de recherche au sein du thème «Physique atomique» dans le groupe de Microscopie de photodétachement, dirigé par Christophe Blondel. Ancien élève de l École Normale Supérieure de Saint-Cloud, agrégé de sciences physiques (option physique), il a mené, au Laboratoire Aimé-Cotton, des recherches expérimentales et théoriques variées dans le domaine de l interaction des atomes ou des molécules avec la lumière, notamment sur le thème de la spectroscopie à très haute résolution à l aide de lasers monochromatiques continus ou impulsionnels. Il est co-auteur d environ 150 publications et communications : Il a enseigné la physique générale en licence première et deuxième années (ex-d.e.u.g.) et en licence troisième année (ex-licence) ; la physique du laser en master première année (ex-maîtrise) dans le cadre du magistère de Physique d Orsay ; la physique et l optique du laser, l optique non linéaire en master deuxième année (ex-d.e.a.). À ce titre, il a présenté en octobre 2005 une conférence d intérêt général sur les lasers intitulée «Le laser, comment ça marche? À quoi ça sert?» : Il a également rédigé un manuel intitulé Lasers et optique non linéaire. Cours, exercices et problèmes corrigés (niveau master M1-M2) paru aux Éditions Ellipses en juin 2008 (Physique-LMD, Université-Écoles d ingénieurs, 464 pages, ISBN ) : 45 Stéphanie DUPAYS (99 L FC), Déchiffrer les statistiques économiques et sociales, Paris, Dunod, collection «Topos +», 2008, 160 pages, 12,90. L indice des prix à la consommation mesure-t-il bien l inflation? Pourquoi les chiffres du chômage sont-ils si contestés? Les statistiques aident-elles à connaître l avenir? Croissance, inégalités, pauvreté : que recouvrent réellement ces notions qui envahissent les médias? Ce livre permet de décrypter les statistiques et de comprendre comment elles nous renseignent sur l état de l économie et de la société. Il dévoile également
46 l envers du décor : comment et par qui sont construites les principales statistiques? Loin de toute formalisation mathématique, l ouvrage s adresse aux étudiants (I.E.P., classes préparatoires, universités), ainsi qu à un public de non-spécialistes qui souhaite se faire sa propre opinion sur les statistiques. Normalienne, statisticienne et économiste, Stéphanie Dupays a créé, en 2005 à Science Po. Paris, le séminaire «Comprendre et analyser les statistiques publiques» qui est à l origine de ce livre. Elle a commencé sa carrière à l I.N.S.E.E. 46 Élèves de l'e.n.s.-l.s.h. (Lyon) et de l'e.n.s.p. (Arles) : Rodolphe BACQUET (04 L SH), Laure BARBOSA, Doriane BIER, Ariane CARMIGNA, Julia CHARDAVOINE, Ophélie COELHO, Thibaud CROISY (06 L SH), Stéphanie CUBAYNES, Henriette DESJONQUIÈRES, Anne GREUZAT, Celsor HERRERA NUÑEZ, Pauline JULIER, Amélie LEENHARDT, Florine LEPLÂTRE (04 L SH), Christophe NIVAGGIOLI et Marie-Amélie TONDU], 282 km (x2), Lyon, ENS-Éditions, Co-édition E.N.S.-Éditions / E.N.S.P. Arles, coll. «Tohu-Bohu», juin 2008, 128 pages, 20 (distribution : Union Distribution ; disponible en librairie ou en commande en ligne au Comptoir des presses d'université : kilomètres, voilà la distance qui sépare Arles de Lyon ou Lyon d'arles. Une distance que l'on peut parcourir de différentes manières. À la vitesse d'un T.G.V., en empruntant l'une des autoroutes les plus fréquentées de notre pays ou au rythme beaucoup plus paresseux d'une péniche touristique. La lecture proposée ici de ces 282 kilomètres sera autre : celle de la rencontre exceptionnelle entre neuf étudiants de l'école Nationale Supérieure de la Photographie (Arles) et sept de l'école Normale Supérieure de Lettres et Sciences Humaines (Lyon). 282 km (x2) se présente comme l'aboutissement de cette rencontre, en alliant les images des premiers aux textes des seconds. À la recherche d'un dialogue entre culture et science, expression et littérature, cet ouvrage se propose d'ouvrir de nouveaux champs, de tracer de nouvelles perspectives selon une approche mi-scientifique mi-artistique. Pour les chercheurs en sciences humaines et sociales, jeunes ou plus confirmés, la création, sous toutes ses formes, représente un défi original. Elle s'est en effet imposée comme un nouveau chantier de réflexion, relayant en partie les questionnements sur les grandes finalités de nos sociétés. Inversement, les sciences humaines et sociales offrent aux artistes, jeunes ou moins jeunes, l'occasion particulièrement fructueuse de se frotter à des interrogations et des méthodes autres que celles auxquelles ils sont accoutumés. 282 km (x2) vient répondre à cette double nécessité. Cet ouvrage s'inscrit dans le sillage de Duels, titre précédemment publié dans la collection «Anticaméra» et construit sur le même principe.
47 Les travaux qui fournissent la matière de cet ouvrage ont fait l'objet d'une exposition qui s'est tenue à la Bibliothèque municipale de Lyon du 14 juin au 20 septembre Jeannine GEYSSANT (57 S FT), Peintures sous verre, églomisés, fixés et estampes sous verre, de l'antiquité à nos jours, Paris, Éditions Massin (16-18 rue de l'amiral Mouchez, Paris Cedex 14), 2008, 21 x 27,5 cm, 272 pages, 38. La peinture sous verre se pratique depuis l'antiquité, sous des formes diverses pouvant associer de précieuses feuilles d'or et d'argent à la couleur. Elle intrigue par ses techniques et les noms différents qui lui sont associés (peintures sous verre, églomisés, estampes sous verre, fixés sous verre). Elle séduit et fascine par son charme, par ses couleurs lumineuses, qui ont gardé une éternelle jeunesse car ce verre, qui est à la fois leur support et leur vernis de surface, les a protégées. D'abord art de grand luxe réservé à l'église et aux cours princières, la peinture sous verre gagne les intérieurs des demeures aisées et, plus tardivement, vient égayer les intérieurs plus modestes, avec des images simples, naïves et aux couleurs vives. Ces images sous verre populaires nous sont familières. On a un peu oublié qu'elles ont été précédées par une longue tradition de peintures sous verre savantes, que ce livre se propose de mieux faire connaître et d'admirer. Premier ouvrage en langue française écrit depuis plus de trente ans sur l'ensemble du sujet, ce livre présente les différentes techniques mises en œuvre. Il fait ensuite découvrir l'évolution des œuvres dans le temps, en l'accompagnant de plus de 300 illustrations en couleurs, la plupart inédites. Sommaire : - Comment peindre sous verre. - Dès l'antiquité, les décors sous le verre sont utilisés. - Au Moyen Âge, les églomisés au service de la religion. - Développement de la peinture sous verre de la Renaissance au Baroque. - Épanouissement de la peinture sous verre savante au XVIII e siècle et au début du XIX e siècle. - La peinture sous verre populaire aux XIX e et XX e siècles. - La peinture sous verre présente dans de multiples décors, du XVIII e au XX e siècle. - La peinture sous verre, un art toujours vivant au XX e siècle et de nos jours. - Conclusion : la redécouverte des peintures sous verre savantes. 47
48 48 Claude HERZFELD (66 I SC), Octave Mirbeau, Paris, L'Harmattan, 2008, 348 pages ; illustration : Viviane Herzfeld (2008), 34,50. C est notre écho que les choses nous renvoient. Il y a interférence entre l homme et l animalité, et l isotopie du grouillement et des ténèbres, du masque et des grimaces, du sang, de la féminité et de la chute compose le visage de Gorgô, la Méduse mortelle, figure mythique qui confère à l oeuvre mirbellienne son unité et son authenticité. Selon Mirbeau, «il y a quelque chose de plus attirant que la beauté : c est la pourriture». La beauté sera convulsive, hyperbolique et excessive ou ne sera pas. Cette esthétique de la «beauté du laid», Mirbeau, certes, ne l a pas inventée, mais, par son traitement du langage, l écrivain, conjoignant le terrible et le grotesque, nous invite à «regarder Méduse en face», en particulier le monstre social. Les oeuvres les plus fortes, nous dit H. Hesse, sont celles «qui laissent transparaître ce regard de Méduse où s exprime l antique énigme de la vie». Claude HERZFELD est attaché au Centre d Études et de Recherche sur «Imaginaire, Écritures et Cultures» de l Université d Angers. Il est l auteur de plusieurs ouvrages sur Alain Fournier, Fromentin, Mirbeau, Thomas Mann, Hermann Hesse... et d articles relatifs à l histoire des idées et aux figures mythiques d Hermès, Prométhée, Dionysos, Iris, Io, Orphée, Métis, Écho, Mithra, Tristan et Iseut, Perceval, le roi Arthur, Mélusine... Ses communications à diverses décades de Cerisy ont été publiées dans : Le Merveilleux, Les Vampires, Îles des merveilles, Graal et modernité, Afriques imaginées, Mystères d Alain Fournier, Merveilleux et surréalisme, Seignolle et le fantastique, Octave Mirbeau : passions et anathèmes... Évelyne JACQUELIN (83 L SC), Abdallah MDARHRI ALAOUI, Jean FOUCAULT, Anne BESSON, Le Merveilleux et son bestiaire, Paris, L'Harmattan, coll. «Références critiques en littératures d enfance et de jeunesse», 2008, 268 pages, 24,50. La mise en forme du merveilleux a toujours joué un grand rôle dans les littératures d'enfance et de jeunesse. Les contes, par exemple, s appuient souvent sur ce registre qui ne se réduit pas à une vision idyllique du monde, mais comporte aussi une part d ombre. Afin d éclairer le merveilleux et son «bestiaire fantastique», diverses disciplines ont été mobilisées : anthropologie, sociologie, histoire de l art, littérature française, allemande, anglophone et arabe. Claire L HOËR (89 L FC), Les Ch tis, On va tout vous dire, Paris, Éd. Scali, 2008, 172 pages, 9,99. Notre camarade historienne, patoisante, que l on verrait bien avec la coiffe plissée boulonnaise sur la tête, a profité de la sortie du film emblématique de Dany Boon pour nous en dire plus sur les gens du Nord, leur façon de vivre,
49 leurs coutumes, leur état d esprit, la misère des habitants des corons et des pêcheurs de la côte. C est avec beaucoup d esprit aussi que Claire nous raconte, avec une petite incursion en Picardie, en Baie de Somme par exemple. J ai retrouvé des habitudes de mon enfance, la bistouille et la «cafetière al coin de ch fu» pour accueillir les visiteurs... Le titre de chaque chapitre est bilingue ch ti - français. J ai beaucoup apprécié, car je suis Picard et le parler ch ti est très proche du picard que je pratique : Claire termine d ailleurs son livre -- comme dans les guides de voyage -- par un petit lexique et des phrases à connaître quand on débarque du «sud», des recettes de cuisine, et bien sûr tous les couplets du «P tit Quinquin». Cet ouvrage sans prétention, bon enfant même, peut être lu sans difficulté par les non-nordistes, qui y trouveront comme moi, du moins je l espère, un délassement et une grande satisfaction. Lucien SELLIER (56 S SC) Jean-Jacques LOISEL (63 L SC), Le pays de Racan, Vendôme, Éditions du Cherche-Lune, coll. «Cherche-Lieux», 2008, 168 pages, 190 illustrations, 24. Il est bon de s interroger sur ce qui pourrait bien être une petite injustice : pourquoi le «pays de Racan» est-il si méconnu des touristes et même de nombreux Tourangeaux? Cette jolie et attachante contrée est un peu à l image de son illustre poète éponyme : Racan, membre de la première cohorte des Immortels, une des plus fines fleurs de la poésie classique, s est toujours maintenu discrètement dans l ombre de son maître Malherbe. Voici un peu plus d un siècle seulement qu un universitaire passionné a soulevé le couvercle de l oubli qui couvrait la vie et l oeuvre d Honorat de Bueil. Une des missions des historiens est de contribuer à rétablir des équilibres rompus par le poids du temps, la valse incessante des modes littéraires ou artistiques. Maintenir plus longtemps Racan et son oeuvre dans un oubli quasi-total serait bel et bien une injustice : certains de ses vers méritent de figurer dans toute anthologie de la poésie française, notamment ceux qui célèbrent les beautés de la campagne tourangelle. Ce livre s adresse à tous ceux qui souhaitent éprouver à leur tour le charme -- au sens fort du terme -- de cette petite région, auquel Racan a succombé voici quatre siècles. Grâce à une iconographie aussi soignée que diverse, il offre aux Tourangeaux un vade mecum pour (re)découvrir et faire connaître à leur tour des horizons qui sont les leurs. Il invite les habitants des régions voisines (Anjou, Maine, Vendômois) à transgresser les «frontières» 49
50 administratives : avec cet ouvrage, ils feront en pays de Racan une exceptionnelle moisson patrimoniale. Jean-Jacques LOISEL a publié un certain nombre d ouvrages et d articles, concernant surtout le Vendômois et parfois la Touraine. Ancien élève de l E.N.S. de Saint-Cloud, professeur retraité, il est secrétaire des Éditions du Cherche-Lune depuis de nombreuses années. 50 Jean LOMBARD (59 L SC) et Bernard JOLIBERT, Réussir son inspection. École, collège, lycée. Questions générales et conseils pratiques, Paris, Éditions Seli Arslan, 2008, 160 pages, 19. L'inspection individuelle de l'enseignant dans sa classe est une pratique d'évaluation régulièrement discutée ou critiquée. Le système, relié à la notation et donc à l'avancement, produirait du conformisme et de l'injustice, serait inadapté, inefficace, voire infantilisant. En tout état de cause, même si l'inspection est aujourd'hui préalablement annoncée et suivie d'un entretien, elle est souvent vécue et décrite comme angoissante par les enseignants qui ont à l'affronter. Ce livre propose une lecture attentive et dépassionnée du dispositif de l'inspection et cherche à montrer quels en sont les vrais enjeux. Surtout, les professeurs des écoles, des collèges et des lycées trouveront au fil des pages des conseils précis pour la préparation à toutes les étapes de cette épreuve. Il s'agit de les aider à aborder le plus sereinement possible cet événement professionnel, plus riche de sens qu'il y paraît, et à savoir réagir aux difficultés qu'il peut générer ou tout simplement révéler. Par-delà la problématique de l'inspection, chacun se trouvera renvoyé à des questions majeures et actuelles portant sur l'éducation. Maurice MABILON (67 I SC), Journal d'un Secrétaire AMOPA Marne, Tome 1er , Reims, 2008, 712 pages, 25,90. Maurice Mabilon, commandeur de l'ordre des Palmes académiques, exerce les fonctions de secrétaire de la section marnaise depuis 1996 et, à ce titre, il a rédigé bien des articles et des comptes rendus. Il lui a semblé que ces textes -- au total plus de 700 pages -- relatant des activités culturelles, conférences, excursions ou voyages, méritaient peut-être de ne pas sombrer entièrement dans l'oubli et d'être publiés. Deux tomes en résultent, dont voici le premier. Extrait de la préface de M. Jacques Treffel, Président national de l'a.m.o.p.a., avril 2008 : «Je suis heureux de préfacer cet ouvrage extraordinaire de M. Maurice Mabilon, Journal d un secrétaire, qui s étend des années 1996 à 2007, et dans lequel l auteur a rassemblé tous les comptes rendus qu il a pu faire sur les activités de la section AMOPA de la Marne auxquelles il a participé en qualité d animateur, d acteur, ou de simple voyageur.
51 M. Maurice Mabilon, qui est le secrétaire de la section marnaise, a accompli sa tâche avec une application, une ardeur et un talent au-delà de tout ce que l on peut imaginer. Certes, il arrive qu à travers des récits faits oralement ou par la lecture de bulletins, la vie d une section soit partiellement restituée. Rarement, jusqu à la parution de cet ouvrage, on n avait décrit de façon aussi complète, précise et systématique ce que peut être la grande majorité de ses activités. Gardien de la mémoire, à l instar d un Froissart ou d un Philippe de Commines, en leur temps, M. Maurice Mabilon offre de notre époque un reflet tout irisé de sa vision, sa pensée et sa sensibilité. Il nous fait partager ses connaissances, en particulier dans le domaine de l art lyrique, mais aussi ses découvertes et ses enthousiasmes. Chemin faisant, son journal traduit une manière de voir, de comprendre le monde et l habiter qui est celle des membres de l A.M.O.P.A.. De document de mémorialiste, son travail passe au stade de la grande fresque sociale, culturelle, historique et géographique pour atteindre la grandeur d une oeuvre qui suscite admiration et respect. «Servir et partager» est la devise de l A.M.O.P.A. M. Maurice Mabilon l illustre de manière exemplaire. La richesse de sa contribution, l élégance de son style, la sagesse et la persévérance avec lesquelles il a conduit son entreprise émerveillent et il devient une source de fierté et de gloire pour ses collègues, les membres de l A.M.O.P.A., le pays tout entier. Qu il soit chaleureusement félicité et très vivement remercié.» 51 Catherine MAZELLIER (84 L FT) et Hilda INDERWILD [Textes réunis et présentés par -], Le théâtre contemporain de langue allemande. Écritures en décalage, Paris, L'Harmattan, coll. «De l Allemand», 2008, 264 pages, 25. Marqué par la guerre du Golfe, le conflit en Bosnie, les mutations économiques dans le bloc de l Est et la catastrophe du 11 septembre 2001, le théâtre contemporain allemand cherche à refléter l éparpillement du réel en fondant une nouvelle esthétique documentaire. Comment se saisit-il des traumatismes de la fin du XX e et du début du XXI e? C est ce qu étudient les dix-sept textes rassemblés dans ce volume, avec comme dénominateur commun une analyse du phénomène «d après-coup», tel que Freud a pu la décrire. Claude MOUCHET (65 L SC), Laurent FEDI, Serge NICOLAS, Un débat sur l'inconscient avant Freud, La réception de Eduard von Hartmann chez les psychologues et philosophes français, Paris, L'Harmattan, coll. «Encyclopédie psychologique», 364 pages, 32.
52 La notion d inconscient n est pas une invention psychanalytique. Les auteurs ont voulu montrer dans cet ouvrage que la philosophie et la psychologie de l inconscient avait été traitée abondamment dans la littérature française et allemande avant même que Freud et la psychanalyse ne s emparent de cette notion. La parution de la traduction française de l ouvrage sur l inconscient de Eduard von Hartmann, philosophe et métaphysicien allemand, va provoquer la publication de nombreux écrits critiques au cours des années Luc PINHAS (75 L SC), Situations de l'édition francophone d'enfance et de jeunesse, Paris, L'Harmattan, coll. «Références critiques en littérature d enfance et de jeunesse», 2008, 346 pages, 30. Mal connue, l édition francophone de jeunesse se déploie aux côtés de l édition française : dans les pays du Nord (Québec, Belgique, Suisse), dans le monde arabe, dans l Afrique subsaharienne jusqu aux territoires îliens de l Océan indien, l Océanie et la Caraïbe. Voici un état des lieux de ses multiples facettes : les composantes du paysage éditorial, les grandes tendances de la production, l analyse des catalogues, les problématiques de diffusion et promotion, les politiques de soutien. 52 Paul RATEAU (94 L FC), La question du mal chez Leibniz. Fondements et élaboration de la Théodicée, avec une préface de Michel FICHANT, Paris, Éditions Honoré Champion, coll. «Travaux de philosophie», n 15, 2008, 752 pages, 110. L'ouvrage expose la genèse et les fondements de la Théodicée de Leibniz. La première partie replace la question du mal et de la justice divine dans le cadre de l'effort leibnizien de rationalisation du droit et de la théologie entrepris dès La deuxième partie montre de quelle façon et dans quel contexte s'élabore le projet de Théodicée et se construit, sur la base d'une théorie de la dispute, le discours réfutatif visant à réduire les objections de Bayle. Enfin, la troisième partie examine le volet proprement théorique de cette doctrine sans démonstration : l'explication du concours divin, l'origine et la nature du mal, la liberté de l'homme et les principes de son action dans le monde. Gilles RICHARD (76 L SC) et Gilles MORIN, Les deux France du Front populaire, Paris, L'Harmattan, coll. «Des poings et des roses», 2008, 416 pages, 25.
53 Au printemps 1936 surviennent à la fois une victoire électorale des gauches unies «contre la menace fasciste» et un puissant mouvement social. France de gauche contre France de droite, la question des mobilisations se pose à travers le succès des rassemblements antifascistes et celui du Parti social français de La Rocque, alors que des forces traditionnelles comme le parti radical se délitent. Toutes les classes sociales y participent, se forgeant ainsi leur identité pour plusieurs générations. Aujourd hui, de nouvelles approches permettent de renouveler le regard sur cette France du Front Populaire... Henri SUHAMY (52 L SC), Guillaume le Conquérant, Paris, Éditions Ellipses ( juin 2008, 424 pages. Près de mille ans après sa naissance, Guillaume de Normandie (vers ), dit aussi Guillaume le Conquérant ou Guillaume le Bâtard, mais qu'en Grande-Bretagne on nomme Guillaume 1er, reste un personnage controversé, fascinant et pourtant quelque peu insaisissable. Il ne subsiste de lui aucun portrait contemporain ; aucun historiographe ni compagnon d'armes n'a laissé de chronique consignant au jour le jour ses faits et gestes. Pourtant son destin a donné lieu à la plus célèbre œuvre d'art de l'occident médiéval : la tapisserie dite de Bayeux, qui relate en images comment le duc de Normandie a pu devenir roi d'angleterre après la bataille de Hastings (1066) et asseoir une nouvelle dynastie. Cet ouvrage a pour intention de se concentrer avec clarté sur l'essentiel et de replacer le protagoniste dans le monde où il a vécu. À la difficulté d'établir des données objectives sur ce personnage à la fois illustre et obscur, s'ajoute la tentation des prises de position trop passionnelles. Certains font de lui le héros d'une épopée s'étalant sur toute une vie, d'autres un prédateur aussi implacable que ses ancêtres vikings. Le débat dure encore sur la question de savoir s'il fut le destructeur ou l'instaurateur d'une civilisation. L'auteur, quant à lui, n'a pas hésité à remonter dans le passé normand et anglais, et à envisager les suites de la conquête de l'angleterre. Guillaume en Angleterre, contrairement à Jules César en Gaule, n'a pas effacé la civilisation ni la langue du pays conquis. Il est à l'origine d'une fusion dont la langue anglaise fait partie et d'où résulte la Grande-Bretagne d'hier et d'aujourd'hui. Henri SUHAMY, ancien élève de l'école Normale Supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'anglais, docteur ès lettres, professeur émérite à l'université de Paris X, a consacré la plupart de ses travaux à la littérature ; également auteur d'une biographie du roi Henri VIII (Éditions du Rocher), traducteur (Éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade), auteur de divers ouvrages sur Shakespeare (notamment co-auteur d'un Dictionnaire Shakespeare, Éditions Ellipses, 2005) et d'une biographe de Walter Scott (Éditions de Fallois), et ayant enseigné la civilisation britannique, il s'est toujours intéressé à l'histoire, notamment à celle du Moyen Âge. Il donne ici un point de vue sur Guillaume le Conquérant qui s'appuie sur son expérience d'angliciste. 53
54 54 Bernard VANDEWALLE (87 L FC), Kierkegaard, éducation et subjectivité, Paris, L'Harmattan, coll. «Éducation et philosophie», 2008, 173 pages, 16,50. Dans une construction littéraire souvent étourdissante, où se manifeste toute la singularité d'une écriture philosophique, Kierkegaard offre au lecteur unique qu il appelle de ses vœux une philosophie originale des âges de la vie. Il se révèle, en ce sens, comme un observateur particulièrement attentif du monde de l enfance et de l adolescence. Mais c est aussi toute une critique de la raison éducative qu'il édifie, au fil d'un entretien constant avec l'adversaire que représente la philosophie professorale de Hegel, car à ses yeux une pédagogie objective et doctrinale est condamnée à manquer l éveil de la subjectivité, qui est l'enjeu majeur de toute pratique éducative. À travers sa dialectique de la communication pédagogique indirecte et au terme d'une superbe méditation sur les deux pédagogues que furent Socrate et le Christ, c'est la figure même du maître que Kierkegaard met en pleine lumière. Sources infinies d'inspiration pour qui cherche à construire par ses propres moyens son existence et sa pensée, la vie et l'œuvre du philosophe danois sont interprétées ici comme les étapes d'une longue ascèse éducative où prend son origine une philosophie existentialiste de l'éducation. Bernard VANDEWALLE est l'auteur de nombreuses publications en philosophie de l'éducation et en philosophie de la médecine, dont Kant, éducation et critique (2001), Kant, santé et critique (2003), Michel Foucault, pouvoir et savoir de la médecine (2006) et, en collaboration avec Jean Lombard, Philosophie de l'hôpital (2007) et Philosophie de l'épidémie (2007), aux Éditions L'Harmattan, où il a également contribué à une série d'ouvrages consacrés aux interrogations actuelles sur l'éducation : L'École et les savoirs (2001), L'École et l'autorité (2003), L'École et les sciences (2005), L'École et la philosophie (2007).
55 Colloques et Groupes de travail XXX e Colloque International d Albi Langages et Signification, du 6 au 9 juillet 2009 au Centre Saint-Amarand, 16 rue de la République, ALBI Appel à communications sur le thème : «Écritures évolutives : entre transgression et innovation.» Fil directeur : se concentrer sur les pratiques d écriture en mutation qui font ou ont fait évoluer un domaine culturel ou sémiotique (au sens large) à un moment donné, en synchronie ou en diachronie. Prendre en considération l aspect transgressif : évolution contre ou à la marge de pratiques existantes l aspect créateur : perspectives novatrices. Dès que je ne tiens plus un livre, ou que je ne rêve pas d en écrire un, il me prend un ennui à crier. La vie ne me semble tolérable que si on l escamote. -- Ou bien il faudrait se livrer à des plaisirs désordonnés et encore! (Gustave Flaubert) 1 Les rapports qui existent entre l écriture et la parole sont évidents, mais Saussure a montré que la langue et l écriture sont deux systèmes bien distincts, même s il considère «que l unique raison d être du second est de représenter le premier ; l objet linguistique n est pas défini par la combinaison du mot écrit et du mot parlé ; ce dernier constitue à lui seul cet objet. Mais le mot écrit se mêle si intimement au mot parlé dont il est l image, qu il finit par usurper le rôle principal» 2 (C.L.G.) Foucault défendit le même point de vue. Le thème des rapports entre l oral et l écrit est un sujet qui divise encore aujourd hui les chercheurs en sciences du langage, et, tout en sachant l importance du champ de recherche que nous laissons de côté en limitant le thème de notre colloque à l écrit, aux écritures, nous nous en sommes tenus à un objet de recherche bien déterminé, même si nombreuses sont les analyses qui conduisent à vérifier que la frontière entre l oral et l écrit n est pas étanche. Nous avions abordé certains aspects du problème au cours du 22 e Colloque d Albi de juillet 2001, «L oralité dans l écrit et réciproquement» 3. Peu importe que «l écriture ne soit autonome que par vanité frauduleuse», comme l écrit Anne-Marie Martin dans l introduction au chapitre «Espaces de l écrit» du Grand Atlas de la Littérature. 4 Abandonnant donc les phonèmes pour les graphèmes, nous nous préoccuperons au cours de notre prochaine session des «écritures évolutives», c est-à-dire de «l écrit en mouvement : entre transgression et novation». Mais il va de soi que loin de nous limiter à la graphie et aux évolutions des systèmes graphiques, nous prendrons le mot «écriture» au 55
56 56 sens représentation de la parole et de la pensée, au sens le plus large du terme : caractères, manière de s exprimer par écrit. C est-à-dire que tout ce qui concerne la rhétorique, la stylistique, les fonctions poétiques, les genres, etc., pourra être abordé dans les perspectives que nous proposons, celles des évolutions, du mouvement, des transgressions et des novations. S agissant d une évolution lointaine dans le passé, notons le processus de géométrisation procédant entièrement du symbolisme abstrait, et aboutissant à ces figures tectiformes, claviformes et scutiformes que les préhistoriens s accordent à appeler «signes» 5. Si les pictographes sont de simples signaux, l écriture pictographique est en revanche une véritable écriture qui a gardé son caractère figuratif comme c est le cas des hiéroglyphes de l écriture de l Égypte antique. En fait deux écritures s y imposaient, l écriture hiéroglyphique qui était une écriture sacrée, et l écriture démotique, réservée au peuple. À noter que Champollion distingua une troisième écriture, sacerdotale, qui se distinguait très nettement des deux autres et qu il fit connaître comme écriture «hiératique» 6. Ces écritures ont-elles, dans un monde certes beaucoup plus statique que le nôtre, interagi? La science arrivera peut-être à répondre à cette question. Des écritures pictographiques aux écritures idéographiques, aux écritures sémiographiques (écriture sumérienne à la fin du ~ 4ème millénaire), puis aux écritures phonographiques (représentation syllabique, consonantique, alphabétique) le cheminement, lent d abord, s accélère, et les processus d évolution varient tellement dans l espace et le temps qu ils aboutissent à une multiplicité de langues écrites dont la parenté de certaines peut apparaître évidente, mais dont les différences ne le sont pas moins : si un petit espagnol ou un petit italien de 8 ans peuvent écrire à leur grand-mère sans problème, il n en n est pas de même, par exemple, pour un enfant français du même âge, ainsi que l a constaté Nina Catach. 6 Le terme écriture entre autres significations, renvoie au style dont on ne sait s il s agit d un «plus» s ajoutant à une écriture de «degré zéro», ou d un résidu, c est-à-dire «quelque chose [qui] échappe à la structuration [ ] à l effort pour transformer l unité de l expérience dans l unité d une structure. C est l organisation de ce résidu qui constitue l aspect stylistique de tout travail humain compris comme structuration» 8. Ainsi Sylvie Freyermuth, analysant l ensemble de six romans de Jean Rouaud, en dégage une «poétique de la fluidité» 9. Quels sont les codes que Rouaud transgresse ou fait varier pour que son écriture soit caractérisée, après analyse, comme marquée de fluidité? La fluidité est-elle une nouvelle caractéristique d une écriture qui par ailleurs s affirme assez conforme aux normes? Si le style permet de reconnaître son auteur, c est qu il fonctionne comme un «surcode conduisant à l émission d un surmessage. Le style, c est en somme tout ce qui est dit, tout ce qui est signifié en plus (ou au-delà) de ce qui est dit et signifié par le code primaire du langage. En bref, le style c est le surmessage. C est donc, comme l écrit G.-G. Granger (cité par Roger Cavailles, 10 «le supplément de valeur communicative» qui résulte des éléments libres du langage. C est dans ce surmessage, dans ce qui est dit et signifié en plus de ce qui est dit et signifié par la syntaxe, qu il faut donc inscrire les «effets de style» commandés par le surcodage.» Le style apparaîtrait alors comme relevant d un choix individuel et de la
57 liberté. Les surmessages et les surcodes seraient-ils, parmi d autres, des facteurs d évolutions ou de variations? Apparaissent aujourd hui sous l influence des progrès très rapides des techniques de communication, non seulement de nouveaux types d écritures, des styles, des genres en rupture avec ce que nous désignerions, pour simplifier, par «normes actuelles». Tout un vocabulaire traduit cette évolution : courriel, , blog (et même bloguer!), joueb, cybercarnet, récits interactifs, récits fragmentaires, poésie numérique, clavardage, pour n en citer dans le désordre que quelques-uns, sont les indices d une évolution rapide de certaines écritures. Il y a dix ans, Jacques Drillon écrivait : «Malgré Rostro, Chosta, Stock et Kna, on n entendra jamais dire : Chuis chef dorch, jdirige du Prok aux Champs-El» 11. Non seulement on risque de l entendre aujourd hui, mais on risque encore plus de le lire. Sur les écrans des téléphones mobiles et des ordinateurs on lit «MDR» ( = mort de rire), «A+», «LOL» (= je rigole), etc. Ce serait sans doute une erreur que de ne voir dans ces types d écrits que de simples formes d oral scripté et nul doute que des écritures considérées comme transgressant les normes traditionnelles se mettent en place. Il suffit d observer les amateurs du clavardage en action pour comprendre à quel point une écriture qui aurait déclenché de sévères réprobations de la part de parents, d enseignants il y a un quart de siècle, est devenue monnaie courante dans toutes les classes sociales. L écriture poétique subit-elle l influence du clavardage? On peut vérifier qu à côté de textes très clavardés (?) la norme se maintient comme on peut le constater en parcourant Rimbaud 2006, Anthologie de la jeune poésie d aujourd hui, et plus particulièrement les textes de Benjamin Terral qui obtint le prix Arthur Rimbaud 2006, avec L envol des baobabs. 12 Si le poème Les plumes au lieu du plomb, qui ouvre le recueil, ne bouscule pas la norme (ou les normes) même quand il la conteste : Libérez-les! Libérez-la! Libérez-les! Libérez-la! L envie cachée qui vit tout bas La vie cachée qui vous échappe. Osez la vie! Découvrez-la! Tirez sur ces bouchons, Osez! Osez! Osez! Décapsulez-moi ça! Soyez donc l impatient! Pour qu à jamais reste la plume, Soyez l impertinent! Là où le plomb a pris la place Au diable rimes, rythmes et consonances : Comme me viennent les mots, moi je vous les balance. D autres poèmes transgressent un peu plus les conventions établies de l écriture poétique > exemple : Cacophonie Tac! / Pouic og! / tok pic plock / kliiiing! / noon! crak / Vlan! pak / tic! / Waouuu! Skoum / vroum! plic tek / Tank / pan! Yéééééépa Autre exemple : Don t like zeu baragouine When zeu baragouine Tink you for charabia! Gonna be zeu one, Tink you for cup of tea! 57
58 58 The french and Montesquieu Gonna be no one So just zat I want It s zat Voltaire you read : Maybe tu tréfères Kant But lit Candide aussi! And you-bla-di and you-bla-da Tink you for Blair aussi It s not for the tsoin-tsoin And not cocorico, But si Shakespeare is bien Zadig is best of Otello. Mais parfois le jeune poète n hésite pas à user des «rimes, rythmes et consonances» envoyées «au diable» plus avant : Vouloir être Descartes s est bel et bien trompé! Car il faut croire en passionné, je pense, cela n est pas assez. De l inertie de ses pensées Descartes s est bel et bien trompé! Qu être passif c est renoncer, je suis, c est bien plus compliqué. Que vouloir vivre, c est exister. Nous ne considérons pas les textes qui précèdent comme des modèles de transgressions car il y en eut de bien plus importantes et qui remontent jusquà l'antiquité. Pensons, pour ne pas remonter trop loin, à Vie et opinion de Tristram Shandy, de Laurence Sterne, qui, outre les pages en noir ou les arabesques inclues dans le texte du roman, fait ainsi parler le père du héros : «Vous avez tort, argua mon père, et pour l évidente raison que voici : ****************************************************************************************** - Voilà pourquoi je soutiens, ajouta mon père, que l enfant n est pas dans la même dépendance juridique à l égard de la «mère». 13 Il faudrait évidemment citer l'atlas de littérature potentielle du groupe des «oulipiens» (Queneau, Le Lionnais, Roubaud, Perec, Calvino, Marcel Benabou, Marcel Duchamp, Jacques Roubaud, etc.), et toutes les expériences d écriture tentées qui aboutirent même au plus célèbre des lipogrammes en «e», le roman La Disparition, de Georges Perec. N oublions pas que Perec a obtenu le Renaudot pour Les Choses en 1965 et le prix Médicis en 1978 pour La Vie mode d emploi. Anoulipismes, écritures lipogrammatiques, exercices d homosyntaxisme, poésies antonymiques, synthoulipismes, holorime à répétition, tautogrammes, hétérogrammes, etc., constituèrent les exercices d écriture de la plupart des stages pédagogiques de la formation continue dans les Écoles Normales (devenues aujourd hui I.U.F.M.) des années L esprit oulipien fit donc autorité dans la littérature, et fut reconnu par l institution qui favorisa son épanouissement dans les jardins du Ministère de l Éducation Nationale en France. Si nous constatons que l évolution des technologies de l information, modifiant profondément les conditions de la communication, finissent par faire changer les façons d écrire de certains, induisant d ailleurs des techniques de lecture changeantes elles aussi, ce phénomène qui crée de la nouveauté, n est pas nouveau lui-même, car les techniques d écriture ont varié et se sont multipliées au cours des temps et ce depuis la plus haute Antiquité. Il faudrait également prendre en compte les graffitis que l on trouve sur les pyramides, les monuments et ruines grecs et romains, les cathédrales de l époque
59 médiévale, etc., et les tags qui, aujourd hui, font des villes «des univers à déchiffrer» 14 pour certains. Par les lignes qui précèdent nous ne prétendons pas avoir fait le tour de la question, pas même un simple survol, tant le mot «écriture» est polysémique, mais nous avons simplement ouvert quelques-unes des pistes qui se présentent aux chercheurs qui souhaiteraient participer à la XXX e session de notre colloque. Cependant, afin de délimiter le champ de la recherche, le comité scientifique a donné un fil directeur tel que Marc Bonhomme l avait proposé (voir plus haut, sous le titre). Aujourd hui, le structuralisme a perdu beaucoup de son emprise, s agissant de l analyse et de la critique des textes littéraires. Alors qu il ne prenait en compte ni ce qu il est convenu d appeler «la conscience de l auteur», ni les relations que l auteur et le texte lui-même établissaient avec l histoire, avec le milieu culturel, avec le contexte social, il est clair que le rôle joué par la pragmatique a modifié complètement cet éclairage des textes jusque-là considérés comme «clos» par certains sémioticiens. Bourdieu, par ailleurs, a bien montré par sa théorie du champ, qu il s agisse du champ littéraire ou du champ scientifique, qu on ne peut isoler l œuvre de son contexte, de ses contextes, c est-à-dire du contexte dans lequel elle est écrite et de ceux dans lesquels elle est lue. Empruntant une expression à Leibniz, il considère non pas Dieu mais le champ comme «le géométral de toutes les perspectives». 15 Il nous faudrait également prendre en compte l influence très forte de la pensée de Bakhtine sur l évolution de la critique contemporaine, ainsi que celle d Althusser qui récusa le rôle du psychologique dans le fonctionnement de l idéologie. Les perspectives de recherche sont donc multiples mais celles qui seront proposées devront toujours être croisées avec les aspects transgressifs et novateurs évoqués plus haut. Il va de soi que l écriture musicale et l écriture cinématographique ne sont pas exclues de notre champ de recherche. Après lecture de L argumentation publicitaire-rhétorique de l éloge et de la persuasion, 16 de Jean-Michel Adam et Marc Bonhomme, on peut se demander s il n existe pas une écriture publicitaire usant souvent en même temps d une argumentation issue de la rhétorique et d une argumentation iconique, et si cette écriture qui fit et fait souvent allusion à la littérature et à l art ne finit pas par les influencer à son tour. Outre que l écriture elle-même est une trace, elle a joué un rôle fondamental dans l histoire de l humanité en conservant les traces et les savoirs accumulés. Qui pourrait nier qu au-delà du génie créateur de Hugo ou de Proust, leurs œuvres ne sont pas la marque du temps, et de l évolution de la société? Le succès du mot «modernité», dont les journalistes n hésitent pas à faire usage aujourd hui pour commenter un événement sportif..., (pardon Chateaubriand! pardon Baudelaire!), en est une preuve. Au moment où 59
60 60 l Europe, à la suite des révolutions qui déferlèrent particulièrement sur elle dès la fin du XVIII e siècle, évolua vers un monde neuf, on constata une évolution du roman, du théâtre, de la poésie et nul doute qu il y eut interaction entre la société et les œuvres littéraires qu elle produisit. Mais il arrive que l œuvre d un seul auteur donne l impression d avoir modifié les normes de l écriture, mais aussi les normes sociales. Quel lycéen n a pas appris l influence qu eurent les écrits de Montesquieu, Diderot, Beaumarchais, Voltaire, Rousseau, pour ne citer que les plus connus, sur la société française et la révolution de 1789? Qu en fut-il de l influence des «écrivains engagés» de la seconde moitié du XX e siècle? Finalement, nous constatons d une part que la fixité matérielle physique de l écriture traditionnelle (mais des écritures sur écran sont animées de mouvements : poésie numérique par exemple) est liée à un mouvement perpétuel des significations que cette écriture charrie, d autre part que certaines écritures agissent sur les formes en cours et les font évoluer, ces évolutions étant sensiblement identiques à celles que l on constate dans les différents domaines de l art. Aujourd hui, l influence de la technologie sur la poésie est telle qu il est difficile de la considérer encore comme un genre, ainsi que l affirmait Giovanna Di Rosario au cours d une communication donnée à l université de Toulouse-Le Mirail 17. C est ainsi que la poésie numérique oblige le lecteur à faire des efforts pour explorer et lire un texte qui commence, par exemple, à 9 heures du matin pour se terminer dans l après-midi (ergotic-texte)! Même si certains pensent qu on peut faire de la poésie numérique sans faire appel au digital, il apparaît que cette forme de poésie «se définit comme l ensemble de pratiques littéraires utilisant la technologie que ne peut proposer l imprimé» 18. Si l auteur reste à l origine du poème en tant que concepteur du projet, l œuvre lui échappe dans la mesure où le rôle du lecteur devient de plus en plus important L écran permet au lecteur d animer la poésie mais le poème a-t-il encore, dans de telles conditions, un début et une fin? Innovations liées à la technologies ou transgressions? Enfin nous ne pouvons nous empêcher de faire allusion à une langue parlée et écrite sur un territoire sans autochtones ni population permanente, le taafien, dont voici un exemple : «Les manipeurs godonnaient à Péjida, au milieu des pachas et des bonbons» ; traduction : «L équipe sortie sur le terrain ramassait de beaux cailloux à Port-Jeanne-d Arc, au milieu des éléphants de mer et de leurs petits» 19. Ce créole subantarctique est parlé et écrit par les scientifiques qui travaillent en Terre-Adélie, ainsi que sur les îles Amsterdam, Saint-Paul, et sur l archipel des Kerguelen Nous n oublierons pas que l écriture parfois se juge (accordons-lui la fonction de sujet!) insuffisante et qu elle demande au dessin qui lui donna naissance de l aider à exprimer plus complètement ce qu elle veut dire Il suffit alors de consulter les lettres illustrées de nombreux peintres et écrivains pour saisir comment, «avant la bande dessinée et bien avant le mail art ou le multimédia [on découvre] entre les lignes de leurs correspondances les gribouillages
61 de Balzac, de Musset, ou de Georges Sand, les dessins de Victor Hugo, les croquis de Van Gogh [ ], les autoportraits de Giono ou de Cocteau, les esquisses de Rodin ou de Frémiet, les graffitis de Maupassant». 20 Max Jacob savait dessiner et peindre, et n hésitait pas à ornementer sa correspondance d aquarelles lorsqu il écrivait à Picasso, son «parrain». Tourgueniev, écrivant à Flaubert, décrit sa maison de Spasskoïe par la prose et par le dessin. Aujourd hui, ce sont les courriels qui sont illustrés, y compris avec des animations et des accompagnements musicaux! Conclusion En juillet prochain, à Albi, il sera tout particulièrement question des mouvements, des impulsions, des transformations, d interactions, des évolutions, des variations, etc., de l écrit, de l écriture. D où le terme retenu d écriture évolutive. Personne ne niera qu il y a, qu il y a eu et qu il y aura des interactions complexes entre les hommes et leur environnement, et un phénomène culturel comme l écriture est pris dans ce jeu, tantôt subissant l influence de l environnement dans lequel elle se développe, tantôt réagissant sur cet environnement et sur l ensemble des disciplines avec lesquelles elle interfère. Il existe une archéologie environnementale qui, analysant les milieux dans lesquels l homme s est développé, débouche sur des analyses prospectives. C est, entre autres possibilités, sous cet angle que pourrait être abordé le thème de l écriture évolutive. Nous vivons dans une époque où le compartimentage par disciplines, sans disparaître, évolue et voit devenir de plus en plus poreuses les barrières qui séparaient ces disciplines d une manière radicale. Les écritures irriguent tous les champs de la recherche, des sciences et des arts, et comme tout processus technologique, elles font évoluer le champ de la connaissance en même temps qu elles varient elles-mêmes sous l influence de ce champ. Elles ont joué un rôle capital dans l évolution de l homme et son histoire, et «apprendre à lire et écrire» fut considéré longtemps comme un facteur décisif de «progrès» de l humanité. Elles participaient alors encore à cette représentation linéaire d une évolution vers un monde meilleur Le rêve de Victor Hugo : ouvrir une école, c était fermer une prison Mais l axe a cédé la place aux réseaux multiples, l organisation linéaire était sans doute, en partie du moins, illusoire, et la «réalité» telle qu elle est appréhendée aujourd hui, montre que l évolution des choses se fait selon une organisation de structures en réseaux qui interagissent constamment. Le progrès ne se confond plus avec une évolution vers le bonheur, et les sciences du langage comme toutes les autres sciences, loin de chercher un idéal d harmonie et de perfection, doivent analyser les contrastes qui résultent de la dynamique interactive constante qui sous-tend toutes les manifestations sémiotiques. Ce qui ne veut pas dire que la littérature, que l écriture littéraire, qui jusqu à des temps très récents furent sans doute les plus étudiées, analysées, doivent être sacrifiées sous prétexte d un anti-élitisme que seul un discours démagogique pourrait justifier. En évoluant de la grammaire de la phrase à la grammaire du texte dans les années soixante et en découvrant que «le texte est irréductible à une suite de phrases ; mieux, qu il constitue non seulement l objet empirique, mais l objet réel de la linguistique» 21, les sciences du langage ont ouvert des champs de recherche 61
62 62 que la tradition et l académisme dominant avaient jusque-là ignorés ou méprisés. En affirmant qu'«il existe une systématique des rapports entre textes, à l intérieur d une aire culturelle donnée» 22, François Rastier se situait dans cette perspective moderne de la mise en évidence des réseaux. Il se peut qu en cherchant à mettre en évidence les mouvements et facteurs des mouvements qui se traduisent par les termes «transgression», «variation», «innovation», nous découvrions que l écrit évolue dans un sens qui le rapproche alors de l art, dans la mesure où la volonté d investir la totalité d un champ conduirait aux limites de ce champ, limites qui, explorées elles-mêmes, remettraient en cause les théories et les modèles initialement mis en jeu La sémiotique tensive, 23 la sémantique textuelle, la pragmatique, la théorie de la «présence» telle que la développe Herman Parret, 24 les théories de l énonciation, etc., se propagent par l écrit, interagissent entre elles en même temps que sur les objets qu elles définissent, et les phénomènes qu elles expliquent Mouvements, évolutions et variations sont plus que jamais à l ordre du jour dans les sciences du langage comme dans toutes les autres sciences, et c est dans cette perspective dynamique que le Colloque d Albi Langages et Signification tiendra sa trentième session du 6 au 9 juillet FLAUBERT, Correspondance : lettre à Georges Sand du 20 juillet 1873, Éditions Gallimard, Folio classique 1998, p DE SAUSSURE, Cours de linguistique générale, Paris, Éditions Payot 1986, p , Actes du XXII e Colloque d Albi Langages et Signification, C.A.L.S./ C.P.S.T , Grand Atlas de la Littérature, Encyclopédie Universalis, p , Chalika FEMMAM, L expression graphique à l ère préhistorique in Actes du 28 e colloque d Albi Langages et Signification, C.A.L.S./C.P.S.T., p CHAMPOLLION, Grammaire égyptienne ou principes généraux de l Écriture sacrée égyptienne appliquée à la représentation de la langue parlée. Discours d ouverture du cours d archéologie au Collège Royal de France, Éditions J. de Bonnot de 1997 à partir de l original de 1836, Firmin Didot Frères , Nina CATACH, L orthographe française, Nathan 3 ème édition, p , Roger CAVAILLES, Le style comme travail in «Le style», Actes du XV e Colloque d Albi Langages et Signification, p , Sylvie FREYERMUTH, Jean Rouaud et le périple initiatique -- une poétique de la fluidité, Éditions L Harmattan , Roger CAVAILLES, opus cité , Jacques DRILLON, De la musique, Gallimard collection L infini, p , Benjamin TERRAL, L envol des baobabs -- extraits in RIMBAUD 006, Anthologie de la jeune poésie d aujourd hui 100 poèmes inédits, Paris, Éditions Maison de la Poésie avec l aide du Ministère de la Jeunesse et des Sports et de la Vie associative , Laurence STERNE, Vie et opinions de Tristram Shandy, Paris, Éditions Garnier-Flammarion, 1982, p , Marie-Christine MAGLOIRE, L onomastique taguée, pour une autre approche du paysage urbain in Les langages de la ville, Actes du XXIII e Colloque d Albi Langages et Signification, CALS/CPST, p , Pierre BOURDIEU, Sciences de la science et réflexivité, Paris, éditions Raisons d agir, p , Jean-Michel ADAM et Marc BONHOMME, L argumentation publicitaire, Éditions A. Colin, , G. Di ROSARIO, Poésie numérique, pour une esthétique de la poésie digitale, communication donnée dans le cadre du programme du Centre Pluridisciplinaire de Sémiolinguistique textuelle (dirigé par Michel Ballabriga) de l Université de Toulouse-Le Mirail.
63 18 ibid , Article Pour rompre la glace, parlez Taafien, rubrique Voyage dans les microlangues, Le Canard enchaîné du mercredi 20 août , Roselyne de AYALA et Jean-Pierre GUENO, Les plus belles lettres illustrées, Paris, Éditions de La Martinière in Préface, p , François RASTIER, Sens et textualité, introduction, Paris, Hachette Université, p ibid., p , Jacques FONTANILLE et Claude ZILBERBERG, Tension et signification, Bruxelles, Éditions Mardaga , Herman PARRET, Présences, Nouveaux actes sémiotiques, Presses Universitaires de Limoges. Pierre MARILLAUD (64 I SC), Président du C.A.L.S. Pour toute correspondance : Courrier postal : C.A.L.S. chez Pierre Marillaud, 1280 route de Cos, LAMOTHE-CAPDEVILLE. Site : Courriel > organisation du colloque : [email protected] Publications du colloque : [email protected] Colloque consacré à la pomme de terre, de la Renaissance au XXXI e siècle : Histoire, Société, Économie, Culture, signalé par Hubert BONIN (69 L SC). Colloque organisé par le Centre d'histoire de la Ville (CeHVi) (C.E.R.M.A-.H.V.A. à partir de 2008) de l'université François-Rabelais et l'institut Européen d'histoire et des Cultures de l'alimentation (I.E.H.C.A.) de Tours. Avec le soutien du C.N.I.P.T. (Comité interprofessionnel de la Pomme de Terre). Dates : Novembre Le programme s'établit donc ainsi pour le moment : Première journée : mardi 18 novembre 2008 / après-midi Introduction générale par Marc De Ferrière Le Vayer et Jean-Pierre Williot, Université de Tours. Actualité du sujet avec des intervenants du milieu économique de la pomme de terre, présidé par Jean-Luc Gosselin, directeur général du C.N.I.P.T. 1 ère session : La Pomme de Terre en Littérature Modérateurs : Chiaraz Lastraioli, maître de conférences de littérature italienne, Laboratoire C.E.S.R., Université François-Rabelais), Jean-Pierre Poulain, Université Toulouse Le Mirail. 63
64 64 - Carole Faivre, doctorante en science du langage, Université de Paris X- Nanterre, «Gastronomastique» ; étude linguistique de la place de la pomme de terre dans les noms de préparations culinaires en France, du XVIII e siècle à nos jours. - Béatrice Fink, Université du Maryland (U.S.A.), Écrire la pomme de terre au siècle des lumières : de la réalité à l'utopie. - Maryann Tebben, Bard College, Simons Rock (MA, U.S.A.) «French» Fries and French Identity : the Frite as culinary and literary Icon. - Martine Pelletier, G.R.A.A.T., Université François-Rabelais, La Pomme de Terre, icône irlandaise. En conclusion de la journée, une conférence ouverte au public sera donnée par Anne Muratori-Philip, historienne, correspondante de l'académie des Sciences morales et politiques sur Parmentier, «inventeur» de la pomme de terre. Deuxième journée : mercredi 19 novembre ème session : La Pomme de terre objet d'histoire Modérateurs : Pascal Griset, professeur, Université de Paris IV-Sorbonne et Antony Riera i Melis, professeur d'histoire, Université de Barcelone (Espagne). - Paul Delsalle, m aître de conférences H.D.R., histoire moderne, Université de Franche-Comté, Besançon, Les frères Bauhin et la pomme de terre aux XVI e -XVII e siècles - Éric Valandtschoote, doctorant, Lille 3, Histoire d'une conquête, la Pomme de terre dans le département du Nord - Tammy M. Proctor, Rutgers University,(NJ, U.S.A.), Potato Politics in the Great War in Europe. - Marc De Ferrière Le Vayer, professeur, Université François Rabelais, Tours, Les structures économiques du marché de la pomme de terre en France, XIX e -XX e siècles - Hubert Bonin (69 L SC), professeur d'histoire économique, Université de Bordeaux, La pomme de terre globalisée : de McCain à McDonald ( ). - Jules Kouosseu, Université de Dschang, Département d'histoire (Cameroun), Production et commercialisation de la pomme de terre à destination des villes et des pays d'afrique centrale par le Cameroun ( ). - Andrew F. Smith, Editor-in-chief of the Oxford Encyclopedia on Food and Drink in America and the Oxford Companion to American Food and Drink, Story of the Ships in the USA.
65 3 ème session : La pomme de terre facteur d'identité culturelle Modérateurs : Éric Bussière, professeur, Université de Paris IV-Sorbonne et Massimo Montanari, professeur d'histoire médiévale, Alma Mater Studiorum, Bologne, Italie. - Jean-Paul Barrière, maître de conférences, Université Charles de Gaulle Lille 3, Les Baraques à Frites dans le Nord-Pas de Calais. - Marjorie Gobin, doctorante, Université Catholique de Louvain, La Pomme de Terre dans le canton d'orval. - Maja Godina-Golija, The importance of Potato in Slovenia Food Culture. - Diana Myncite, University of Illinois, Urbana (U.S.A.)et Neringa Klumbyte, University of Pittsburgh (U.S.A)., Who wants Potato Dumplings? Nationalism, Nutrition and Globalization in Lithuanian Cuisine. - Panikos Panayi, Montfort University, Leicester (G.-B.), The Potato and National Identity : Fish and Chips, Britishness and immigration. - Danièle Rapoport, psycho-sociologue, C.N.I.P.T., Les relations intimes entre la pomme de terre et les Français. - Jean-Pierre Williot, professeur, Université François Rabelais, Tours, La pomme de terre entre mères et filles : modes de consommation et pratiques culinaires dans les années Troisième journée : jeudi 20 novembre ème session : Usages et pratiques Modérateurs : Jean-Pierre Corbeau, Université François Rabelais, Tours et Madeleine Ferrières, Université d'avignon. - Jean-Pascal Simonin, professeur de sciences économiques, Université d'angers, Panification de la pomme de terre : les contributions des agronomes économistes de la Société d'agriculture du département de l'indre ( ). - C.A.D., O.N.G. bolivienne sur la pomme de terre et la Bolivie, terre d'origine de la plante. Sujet à préciser. - Floréal Jimenez, C.A.O.M., Aix, Pomme de terre et pellicules, une évaluation culturelle de la récolte cinématographique. - Gilles Fumey, maître de conférences en géographie, Paris IV-Sorbonne, Les rattes du Touquet : des pommes de terre géographiques. - Patrick-Pierre Sabatier, docteur en médecine, Pommes de terre et nutrition (C.N.I.P.T.). 5 ème session : Les livres de cuisine et les recettes Modérateurs : Leen Van Molle, Catholic University of Leuven, et Christophe Bouneau, M.S.H.A.. 65
66 - Marika Galli, doctorante, Université de Besançon et Université de Milan, La pomme de terre dans les livres de cuisine italiens et français, histoire d'une assimilation tardive (XVI e -XIX e siècles). - Robert I. Hellyer, Wake Forest University, Winston-Salem (NC, U.S.A.), The acceptance of the Potato in early modern East Asia and Europe, Historical perspectives on How and Why Societies adopt New Foods. - Nancy Ries, Colgate College, Hamilton (USA), Potato ontology : Household practices and the politics of survival in Postsocialist Russia. - Alexandre Tessier, doctorant, Université François-Rabelais, La Pomme de terre dans les menus du grand hôtel et du café de la Paix à Paris. - Jean-Robert Pitte, Université Paris 4-Sorbonne, Une géographie des recettes parmentières en France. Conclusions présentées par Jesus Contreras, Université de Barcelone, Espagne. 66 Revue TRACÉS Arnaud FOSSIER (01 L SH), membre du comité de rédaction de la revue de sciences humaines Tracés, nous écrit : «Peut-être avez-vous entendu parler de la revue de sciences humaines Tracés que d anciens élèves de l E.N.S.-L.S.H. ont créée il y a quelques années maintenant ( Outre les numéros que nous publions deux fois par an (le quinzième numéro sortira en novembre 2009, accompagné d un hors-série réunissant les textes de Messieurs Luc Boltanski, Jean BESSIÈRE (63 L SC), Vincent DESCOMBES et Toni NEGRI), nous organisons régulièrement des cycles de conférences dans les murs de l E.N.S. et sommes soutenus et subventionnés en ce sens par l École. En partenariat avec le magazine Sciences Humaines, la revue organise un cycle intitulé «À quoi servent les sciences humaines?», décomposé en huit thématiques, au cours des années Vous trouverez en pièce jointe une documentation sommaire faisant état tout particulièrement de la première de ces thématiques ayant lieu le 7 janvier Sur les conseils de l ancienne présidente de l Association des Anciens Élèves de l École, je me permets de vous faire part de cette initiative, afin, si vous le voulez bien, que vous relayiez cette information au sein du bulletin de l Association. Peut-être serez-vous également intéressés pour vous joindre à nous dans l organisation de cette très lourde initiative qui s apparente véritablement à
67 une série de mini-colloques donnant lieu à deux publications hors-série par ENS-Éditions. Enfin, nous serions enchantés que vous ayez vous-mêmes l envie de suggérer soit des pistes de réflexion soit des noms de potentiels intervenants. Je sais que vous êtes géographe. En ce sens, la thématique autour des «usages publics de la géographie» attirera particulièrement votre attention. Elle est d ailleurs co-organisée par un membre de l Association des Anciens Élèves, Yann CALBÉRAC (01 L SH) Dans l attente d une réponse favorable de votre part, veuillez, cher Monsieur, agréer l expression de mes sentiments les plus respectueux, Pour le comité de rédaction de Tracés, Arnaud FOSSIER À quoi servent les sciences humaines? Un cycle de conférences (Tracés - E.N.S.-L.S.H. - Sciences Humaines, ). Entre novembre 2008 et mai 2010, la revue Tracés organise, en partenariat avec l'e.n.s.-l.s.h., un long cycle de conférences, structuré en huit thématiques, autour des sciences humaines et des rapports qu'elles entretiennent avec le politique, le judiciaire, les associations, les syndicats, les organisations internationales, les artistes, l'école, les entreprises, les médias, etc. Non dans le but naïf d'affirmer avec enthousiasme que ces sciences dites «molles» servent à «ouvrir l'esprit», mais plutôt pour décrire avec acuité la manière dont elles se trouvent, aujourd'hui et de plus en plus, injectées dans diverses activités politiques, sociales, culturelles ou économiques. Le cycle se structurera en huit «Thématiques» : - Sciences sociales, mémoire et justice (janvier 2009) ; - Sciences humaines et entreprises (février 2009) ; - Sciences humaines, réformes sociales et politiques publiques (mars 2009) ; - Sciences humaines et création artistique (mai 2009) ; - Des usages publics de la géographie (octobre - novembre 2009) ; - Économie et politique (décembre 2009) ; - Les sciences humaines, leur diffusion, leurs médiations (février 2010) ; - Recherche et enseignement des sciences humaines (mars 2010) ; Chaque Thématique regroupera une dizaine de communications ainsi que deux ou trois tables rondes. Les communications, d'une durée moyenne d'une demi-heure, seront suivies d'une table ronde d'une demi-heure également, animée par l'un des membres du comité de rédaction de la revue Tracés. Il est demandé aux participants d envoyer une brève présentation (entre 3000 et 5000 signes) de leur communication, un mois avant le déroulement de leur «Thématique», à [email protected]. 67
68 Ces Journées donneront lieu à la parution de deux ouvrages hors-série introduits par la rédaction de Tracés, de 300 pages chacun (l un en novembre 2009, l'autre en novembre 2010), publiés chez ENS-Éditions. Pour de plus amples informations, consulter le site 68 Le site de TREMPLIN IEP : nous avons reçu le courriel suivant de notre camarade Hélène KESTELOOT (97 L FC) : «Je me permets de vous contacter par le biais de l'annuaire des anciens élèves de l'e.n.s. pour vous parler d'un projet qui me tient particulièrement à coeur et dont j'ai pensé qu'il pourrait vous intéresser. Vous avez certainement entendu parler des conventions Z.E.P. lancées par le directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, mais ce sont tous les Instituts d'études Politiques de France qui essaient depuis plusieurs années déjà de développer des politiques de démocratisation, malheureusement, il est vrai beaucoup moins médiatisées. Pour gagner en visibilité, les six I.E.P. de Lille, Rennes, Toulouse, Aix, Lyon et Strasbourg ont décidé d'organiser un concours commun, l'hexaconcours, dont la première édition a eu lieu en juillet de cette année. Or, dans le même temps, a été mise en place une réforme des C.P.G.E. littéraires, laquelle a supprimé les heures dites «I.E.P.», donc de préparation au concours d'entrée dans les I.E.P. en première année. Vous imaginez bien que cette réforme fait le jeu des nombreuses boîtes à prépa privées type I.P.E.S.U.P., qui voient là s'ouvrir un nouveau marché particulièrement juteux (il n'est que de regarder les tarifs affichés). Les six I.E.P. susnommés ont donc décidé de réagir et de réguler ce marché en organisant une préparation labellisée entièrement en ligne, et à des tarif particulièrement attractifs (390 euros, 250 euros pour les boursiers). Ils ont fait de ce dispositif, baptisé Tremplin IEP, le fer de lance de leur politique de démocratisation, Tremplin IEP venant compléter et renforcer les politiques de terrain déjà mises en oeuvre. Issue de la promo 1997, quand l'e.n.s. était encore à Fontenay-aux-Roses, agrégée d'allemand, j'enseigne depuis la rentrée 2007 en hypokhâgne, en khâgne et en prépa commerciale (voie scientifique) au lycée Châtelet de Douai (59). L'initiateur du projet, Philippe Destable, m'a demandé de me charger de la coordination des quatre langues vivantes proposées à l'hexaconcours : allemand, anglais, espagnol et italien. Vous devinez à présent certainement la raison qui m'a poussée à vous envoyer ce mail : l'anglais étant, bien sûr et de loin, la langue la plus choisie par les candidats, le besoin de formateurs et de correcteurs en anglais est énorme. Le site de Tremplin IEP allant bientôt être ouvert (vous trouverez le lien en allant sur la page d'accueil des I.E.P. concernés), j'ai déjà recruté des formateurs en anglais qui ont fourni les premiers contenus mais qui, bien chargés de travail par ailleurs, seraient heureux de recevoir du renfort. La rémunération des contenus varie de 50 à 200 euros, du simple thème grammatical et d'imitation au dossier de civilisation, véritable cours permettant de décoder l'actualité du pays concerné. La correction des copies, quant à elle, est fixée à 11 euros par copie, sachant
69 qu'il s'agit là d'évaluation formative (25 minutes pour corriger la copie et remplir une fiche de correction standardisée ne sont pas de trop). J'espère avoir ainsi éveillé votre intérêt ; si vous-même êtes déjà trop occupé(e) pour vouloir participer, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Je vous adresse en pièce jointe un argumentaire concis qui reprend et développe les principaux points. La préparation décrite ci-dessous est labellisée par les 6 I.E.P. auxquels elle prépare. Contact : [email protected] Hélène Kesteloot Argumentaire TREMPLIN IEP Il s'agit d'offrir une formation au concours d'entrée aux six Instituts d'études Politiques qui se sont regroupés pour organiser un concours commun (Lille, Toulouse, Aix-en-Provence, Strasbourg, Lyon, Rennes), et plus largement de préparer des élèves bac + 0 ou bac + 1 aux exigences du supérieur. Par rapport aux «boîtes» privées déjà existantes, type I.P.E.S.U.P., la formation TREMPLIN IEP offre les avantages suivants : - un coût bien moindre (divisé par 7 en moyenne) par rapport à une prépa classique, ce qui lui permet d'atteindre des publics qui ne pouvaient jusque-là s'offrir une préparation ; - une réactivité accrue grâce à son type de fonctionnement : sa plateforme en ligne. Il n'y a aucun cours en présentiel, tout se fait à distance. Un forum organisé intelligemment permet aux préparationnaires de communiquer et de se soutenir mutuellement, créant ainsi un esprit de promo ; - la qualité de la formation : sont formateurs et correcteurs des professeurs de l'éducation nationale, certifiés ou agrégés, qui connaissent bien les élèves de ce niveau. À l'heure où les inégalités sociales se creusent et où la classe moyenne s'effrite, TREMPLIN IEP cherche, à son niveau, à relancer l'ascenseur social. C'est l'une des raisons pour lesquelles le volet méthodologique est particulièrement développé dans la préparation : au-delà de la seule préparation au concours des I.E.P., il s'agit de compenser les différences entre «bons» et «mauvais» lycées, en donnant la chance à des publics moins favorisés, d'avoir accès à des codes culturels, à des contenus exigeants, gage de réussite dans la vie professionnelle quelle qu'elle soit. 69 Contenu de la préparation : Cette préparation en un an s'adresse à la fois à des bac+0 et des bac +1 : le contenu doit donc être de haut niveau et très exigeant.
70 70 Il n'y aura pas de stage en présentiel durant l'année. Cela entraîne deux conséquences : - nécessité de suivre régulièrement la progression de l'élève en lui demandant de retourner, outre les devoirs par correspondance, un certain nombre d'exercices par mail (thèmes grammaticaux et essais) ; - nécessité d'entraîner spécifiquement à la compréhension de textes de presse. Total prévisionnel des travaux (de novembre à juin) : - 8 revues de presse (une annuelle, sept mensuelles) avec vocabulaire essentiel en note infrapaginale à apprendre par cœur, et avec exercice d'auto-évaluation interactif ; - une fiche lexicale sur les principales tournures employées dans la presse ; - 5 dossiers de civilisation de 5 pages, avec fiche de vocabulaire à apprendre par cœur (la fiche reprenant le plan du dossier) et avec exercice d'auto-évaluation, approfondissant les faits les plus marquants de l'actualité, en français (corrigé mis en ligne plus tard) ; - 4 thèmes grammaticaux qui seront également des thèmes d'imitation reprenant le lexique et les structures des dossiers de civilisation et des revues de presse ; - 4 articles formatés type concours avec Q.C.M. de compréhension /grammaire (selon épreuve définitive du concours) ; - 3 devoirs par correspondance complets avec corrigés ; - 2 devoirs en ligne (un des 4 thèmes grammaticaux et un essai) corrigés individuellement ; - 3 articles formatés type concours accompagnés d'un exercice dont le type variera (exercice à trous, d'association, Q.C.M...), destiné à tester la compréhension ; - 2 sujet d'essai avec corrigé de 300 mots destinés à entraîner l'expression ; - 1 quiz en ligne en langue étrangère (faits de civilisation fondamentaux). Équipe pédagogique : La production de contenus et la correction des copies peuvent être effectuées par le même professeur ou être dissociées. Le nombre de copies à corriger dans un délai assez court pour permettre une plus grande réactivité (une semaine environ) n'excédera pas 30 par professeur, ce qui fait entre trois et quatre copies par jour. Une fiche de correction détaillée sera à remplir pour chaque copie, afin de rendre l'évaluation la plus formative possible. Et -- last but not least -- la rémunération sera à la hauteur des efforts déployés (11 euros par copie, de 50 à 200 euros pour les contenus).
71 Develotour Asia : une traversée de l Asie à vélo pour vivre, découvrir et faire découvrir le développement durable Hervé Bonnaveira, ancien élève de l E.N.S. de Lyon (94 S LY), professeur agrégé de S.V.T. et docteur en glaciologie, est parti en croisade pour le développement durable en Asie avec sa compagne Goska, journaliste spécialisée dans l environnement. Leur outil de persuasion : deux bicyclettes et deux bonnes paires de mollets. Partis en juillet 2007, notre compteur en est déjà au kilomètre et dix pays d'asie ont été traversés à vélo : Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizie, Pakistan, Inde, Thaïlande, Laos, Vietnam, Chine et Mongolie, -- reste encore la Russie. Nous avons découvert un continent avec encore beaucoup de terres vierges à protéger, mais aussi des régions surpeuplées et dévastées par la pollution. Rien qu'en Chine et en Inde, 2,4 milliards d'habitants -- plus du tiers de la population mondiale -- réclament leur droit à consommer autant que nous autres, les Occidentaux. Le développement durable de l'asie présente donc un enjeu crucial pour le reste de la planète. Au cours de notre périple à vélo d'un an, notre objectif est de vivre, découvrir et faire découvrir le développement durable en Asie. À travers notre façon de voyager, nous essayons d'appliquer le concept de développement durable au quotidien et de polluer le moins possible. Le vélo n'est-il pas le mode de transport le plus écologique? Pas de pétrole et pas d'émissions de CO 2 : notre seule énergie vient des aliments que nous avons dans l'assiette. Le vélo est aussi un excellent moyen d'entrer en contact avec les populations locales : elles-mêmes utilisent le plus souvent ce moyen de transport. Les nôtres sont équipés d'un panneau solaire et d'une dynamo à moyeu qui, après bricolage électronique, produisent du 220 V entièrement renouvelable et très utile pour recharger nos batteries d'appareils photo et téléphone en toute autonomie. Pour l'eau, nous utilisons un filtre en céramique, ce qui nous évite d'acheter des bouteilles plastiques jetables. Dans les grandes villes, nous portons des masques anti-pollution prototypes et conservons les filtres après 6 heures d'utilisation. Certains devenus complètement noirs, comme à Calcutta ou à Hanoï, par exemple, illustrent parfaitement le niveau de pollution de l'air. Découvrir le développement durable Au fil des kilomètres, nous enquêtons sur les problèmes environnementaux des pays traversés grâce aux rencontres, aux reportages photos et à des interviews de responsables d'o.n.g. impliquées dans le développement durable. Toutes les informations recueillies font l'objet d'articles sur notre site Internet dans la rubrique «Carnet de route». Les principaux sujets traités sont la disparition de la mer d'aral en Ouzbékistan, le traitement des déchets dans la communauté tibétaine en Inde, les tentatives de dépollution du Gange en 71
72 72 Inde, le tourisme environnemental en Thaïlande, la déforestation et les barrages au Laos, les émissions de CO 2 en Chine, la pollution de l'air à Pékin, et, prochainement, la préservation du lac Baïkal en Russie. L'avantage de voyager à vélo est de passer dans des endroits peu touristiques, mais où justement il y a des choses à voir, ou parfois à cacher. Nous avons connu quelques difficultés en Chine : certaines villes sont interdites aux étrangers et nous avons dû subir d'interminables interrogatoires au poste de police. Faire découvrir le développement durable. Le volet éducationnel du projet nous a permis de sensibiliser les jeunes générations et de leur donner de l'espoir. Une école primaire et deux lycées en France nous suivent grâce au site Internet. Ils nous envoient des questions sur nos expériences de voyage et nous aident à traduire le site en anglais et espagnol. En Asie, nous avons également visité 9 établissements scolaires, du primaire à l'université : à Dharamsala, Varanasi, Bodhgaya, Calcutta, Bangkok, Vientiane, Hanoï, Beijing (deux fois). Notre présentation consiste en un diaporama sur les thèmes de l'eau, de l'air, des déchets et des énergies en Asie, ainsi qu'une présentation de nos vélos «écologiques». Dans le but d'éviter le ton moralisateur, nous mettons plutôt en avant les bonnes initiatives de développement durable que nous avons pu voir au cours du voyage. Les élèves ou étudiants ont toujours été très réceptifs, avides de questions et enthousiastes. Les conférences continueront à notre retour où nous ferons une tournée des associations et des écoles françaises, avec cette fois-ci le film du voyage. Bilan personnel du projet L'accueil des populations locales et la beauté des paysages ont réussi à nous faire oublier toutes les difficultés rencontrées sur la route, -- problèmes de santé, climat hostile, corruption des officiels, crevaisons et autres pépins mécaniques. Les rencontres de responsables d'o.n.g. et les visites d'écoles ont donné un sens à notre voyage, car le plus important, c'est de partager. Nous avons l'impression d'avoir vécu beaucoup plus qu'un an de voyage, tellement la densité des expériences et des personnes rencontrées a été forte. Je tiens à remercier l'association des Anciens Élèves des E.N.S. de Lyon, Fontenay-aux-Roses et Saint-Cloud pour son soutien. Hervé BONNAVEIRA (94 S LY)
73 TRIBUNE LIBRE (Les opinions exposées ci-dessous n'engagent que leurs auteurs) Histoire abrégée de l'évolution des Écoles Normales, de la Libération à ce jour, où une heureuse mutation Où en étions-nous en 1944? Supprimées en toute hâte par Vichy, les Écoles Normales départementales sont rouvertes à raison de deux par département (une féminine et une masculine) ou plus (départements concordataires). La scolarité est sommairement scindée en deux étapes : - préparation du baccalauréat pendant trois années suivie d'une pleine année de formation professionnelle. C'est le schéma le plus répandu avec quatre années d'internat, sans aucun frais à la charge du «formé»! Leurs directeurs : une majorité d'anciens élèves des Écoles Normales Supérieures de Fontenay et de Saint-Cloud : c'était la vocation essentielle de ces E.N.S. Après avoir été d'abord professeurs, ils avaient dû préparer le diplôme d'inspecteur et exercer la fonction d'inspecteurs départementaux pour devenir administrateurs et pour connaître au plus près les écoles primaires et les écoles maternelles (où enseigneraient les élèves à leur sortie de l'e.n.). Leur double titre était le plus souvent C.A.P.E.S. et diplôme d'inspecteur, plus rarement l'agrégation (dix pour cent environ). Leurs professeurs : la rumeur publique (mais aussi certains ministres mal informés, cela existe) les a longtemps pris pour des transfuges du second degré. Or ils sortaient assez souvent d'une E.N.S. et avaient demandé ce poste de formateur que l'inspection Générale avait l'habitude de pourvoir hors barème, selon le profil attendu d'un futur «conseiller pédagogique». Ils devinrent, à quelques exceptions près, de bons formateurs. Un stage d'adaptation d'un an (après C.A.P.E.S. ou agrégation) fut obtenu dans la période de Très souvent leur travail de recherche les conduisit à des D.E.A., voire à des doctorats d'université ou d'état. Ou à une collaboration presque exclusive à l'i.n.r.p. Parfois tentés par l'enseignement en université, 73
74 74 ils quittèrent les E.N. L'hémorragie fut compensée par les vocations avérées des nouveaux, attirés par la tâche aussi gratifiante que complexe de formateur. Le cursus de formation : pendant la préparation au baccalauréat, une certaine teinture psycho-pédagogique était ajoutée aux cours. Mais il y avait quasi-identité avec les lycées, sauf pour les résultats : les boursiers étaient chapitrés, les travaux surveillés, très lourds ; et les succès et les mentions pleuvaient (d'autant plus que ces mentions donnaient l'espoir d'être autorisés à préparer une E.N.S.). La Formation professionnelle proprement dite ne durait qu'une année (les I.U.F.M., dans une régression inacceptable, reviendront grosso modo à cette formation comprimée sur un an!) Il est très vite apparu qu'il y avait là une sorte d'apprentissage superficiel dont l'insuffisance était flagrante, car la part de réflexion était souvent symbolique. Un autre schéma côtoyait, dans un nombre restreint d'écoles Normales, ce système voué à la disparition : c'était la formation en deux ans, dispensée à des lycéen(ne)s recruté(e)s par concours après l'obtention du baccalauréat : cela amenait dans la population normalienne une autre couche sociale qui avait pu s'instruire sans le secours d'une bourse d'entretien. Toujours est-il que cette nouvelle «race» de normaliens apprenait son métier pendant deux années, avec des stages mieux répartis, des périodes de latence. Puisqu'on disposait de plus de temps, un directeur d'e.n. de Douai (Robert Mériaux) inventa pour le Nord, un schéma qui se montra fécond : après un temps suffisant de formation, les élèves prenaient une classe (parfois dans des zones difficiles, qui seraient nos zones prioritaires d'aujourd'hui) pendant un trimestre. Stage en vraie grandeur, après lequel les cours de l'école Normale, les stages d'observation et d'essai dans les écoles d'application avaient une toute autre saveur. Car les besoins du travail en responsabilité apparaissaient crûment et créaient le besoin d'apprendre, d'apprendre, insatiable. Ce dispositif expérimental eut des conséquences fécondes quand le Syndicat des Professeurs d'école Normale, dont j'étais alors le Secrétaire pédagogique, analysa les faits et conclut que : 1 aucune formation ne pouvait durer moins de deux ans et qu'il fallait en déduire l'abandon des classes de baccalauréat, afin que les professeurs se consacrent uniquement à une tâche de formation post-baccalauréat qui comportait une présence accrue sur le terrain extérieur à l'école Normale ; 2 la formation, ainsi modulée, permettrait, après la formation initiale des jeunes normaliens et pendant le stage en continu sur le terrain, l'accueil à l'école Normale d'instituteurs titulaires antérieurement formés. Ce furent les débuts de la formation continuée des instituteurs. Grâces en soient rendues à M. le Recteur Gauthier qui, régnant au ministère sur ces questions pédagogiques, en saisit rapidement l'intérêt pour l'avenir de l'enseignement primaire. Qu'on ne se trompe pas sur le «très rapidement» employé ci-dessus. Notre dossier était d'abord pédagogique ; il avait de lourdes conséquences financières, et aussi bien le ministre que le Premier ministre durent batailler, convaincre, arbitrer. Le ministre des Finances
75 (Valéry Giscard d'estaing), qui connut ensuite un autre destin, manquait d'enthousiasme. Ce ne fut ni la première ni la dernière fois. Quant à l'abandon des classes de baccalauréat, que le président Edgar Faure nous concéda, nonobstant la position formellement opposée d'un directeur de cabinet que je pouvais tutoyer (n'étions-nous pas anciens élèves de la même E.N.S.?), la bataille fut rude et menée de longue haleine! Ce fut un moment douloureux pour beaucoup ; et les arguments paraissaient s'équilibrer. Certes, le recrutement à la sortie du collège était facilitateur pour la promotion sociale (j'en avais bénéficié et je ne pouvais l'oublier). En même temps, était-il garant d'une «vocation» réelle? Ce que notre Syndicat des Professeurs d'e.n. avait fini par conclure, c'était que la tâche absorbante des classes de bac et la tâche non moins difficile de formateur, axe essentiel d'un centre préparant des maîtres, ne pourraient plus être conciliées. Et l'absolue nécessité d'une formation portée à deux ans finit par gagner tous les esprits. Sauf tel esprit chagrin -- j'en ai encore le rouge au front -- qui eut publiquement l'indécence de ravaler la tâche de l'instituteur à celle d'un cow-boy, si je me permets de citer intégralement sa phrase : «Il faut bien quelqu'un pour nettoyer le c des vaches!», phrase d'autant plus délicate que ce professeur peu ambitieux était le mari d'une institutrice. Pour lui, deux années d'apprentissage, c'était évidemment des perles pour des c, si je continue sa métaphore agricole. Heureusement, le plus grand nombre des collègues jugeait que le niveau de base ne serait jamais trop élevé. Peut-être trouvera-t-on peu charitable le rappel de la position d'un formateur qui sous-estimait la fonction des éducateurs de l'enseignement du premier degré. Mais elle montre, au-delà du crédible, quelles étaient les positions à un moment de l'évolution des Écoles Normales. Et venant de bien plus haut (faut-il être charitable ou cruel?), je me retiens de citer la fonction prestigieuse de l'interlocuteur et me contenterai de répéter le jugement d'un porte-parole, aujourd'hui inspecteur général, agrégé d'anglais, sortant d'une Grande École, qui soutenait, devant une délégation syndicale, qu'il était totalement inutile d'enseigner une langue étrangère dans les Écoles Normales puisque le futur niveau d'intervention se réduisait aux enfants du primaire! 75 Entrevues avec certains ministres de l'éducation nationale Toujours préparées avec un grand directeur de l'administration centrale, ou avec le directeur de cabinet (qui assistera évidemment à l'audience), elles étaient l'aboutissement d'un long processus. Quand le ministre recevait la délégation syndicale, son siège était fait. À moins que La qualité du dialogue, la ténacité ou une certaine force de persuasion parvenaient parfois à renverser la donne. Si une grève bien suivie et si l'appui éventuel du secrétaire général de la F.E.N. (Fédération de l'éducation Nationale) pesaient sur la négociation, tout devenait possible.
76 76 La première fois où j'ai participé à une telle rencontre, tout le protocole était bouleversé : le ministre avait -- c'est l'usage -- un emploi du temps surchargé jusqu'à minuit. Sur un coup de poker, nous proposâmes que la rencontre se fasse immédiatement après minuit. Comme le président Edgar Faure n'était pas ennemi de l'improvisation, il fut d'accord. Le ministère n'avait pas sa physionomie habituelle! Et nous nous préparions à un dialogue expéditif malgré le poids de l'enjeu. Bien au contraire, le ministre fut attentif, apprécia l'analyse et «changea son fusil d'épaule». C'est cette nuit-là qu'il fut décidé que, sans supprimer immédiatement le recrutement à l'issue de la troisième, la préparation au baccalauréat serait abandonnée aux lycées et que le travail des professeurs d'école Normale serait exclusivement concentré sur la formation professionnelle. Une négociation avec Olivier Guichard, ministre de l'éducation nationale, tout aussi fructueuse et tout aussi «révolutionnaire», se fit à une autre heure du jour, à un autre rythme, dans le silence le plus impressionnant. On dit que le «baron Guichard» est débonnaire. Cette fois, il parut d'abord inintéressé, presque assoupi (on ne voyait pas son regard ; allez convaincre qui ne vous regarde pas!) Il nous fallut un sursaut de dignité pour réamorcer l'échange. L'enjeu était, là encore, de taille : nous demandions que le nouveau travail des formateurs leur valût un service hebdomadaire aménagé, pour tenir compte du niveau post-bac des formés, de la novation dans un enseignement qui faisait (enfin) sa part à la didactique, du poids accru de la formation continuée. Tout ceci résultait de la disparition de l'aspect «second degré» de l'intervention des professeurs d'école Normale. Sans parler des stages délocalisés au bénéfice des instituteurs titulaires. Et en mentionnant les heures et les heures de visite à nos élèves en stage. À un moment, le déclic s'est fait : le technocrate que fut parfois Olivier Guichard accepta totalement l'analyse et décida sur le champ d'en tirer toutes les conséquences. Seul le Premier ministre d'alors fut consulté (Chaban- Delmas, qui, lui aussi, était homme à se décider rapidement). Une circulaire entérina l'accord, la fameuse circulaire Giraud qui fut appliquée de 1969 à 1991 à tous les enseignants en École Normale. Il serait trop anecdotique de rappeler l'argument décisif qui fit tilt. Mais son caractère imagé avait amené un sourire de compréhension chez l'un. Et le débat se termina dans la connivence. Je ne citerai que pour mémoire une convocation du même Olivier Guichard, en plein mois d'août : nous avions longtemps plaidé pour que l'on crée une série d'écoles Normales dans l'île-de-france ; l'affaire s'enlisait, malgré la pertinence de la demande. Soudain, tout s'est emballé. Et on nous consultait sur l'implantation d'un premier centre dans un des nouveaux départements : Livry-Gargan (Essonne) est né ce jour-là, et cela impliquait toutes les créations ultérieures.
77 La force d'une ligne directrice Les ministres changeaient, les négociations devaient s'adapter aussi bien à l'idéologie qu'à la psychologie des interlocuteurs. Mais la force des propositions syndicales tenait à la cohérence de l'analyse : - une formation ambitieuse pour ceux sur qui repose la première responsabilité de toute la pyramide éducative ; - une formation évolutive associant formation initiale et formation sur le temps de service des titulaires ; - une formation du plus haut niveau scientifique (qui appelait la collaboration raisonnée avec l'université) ; - des centres équipés sans mesquinerie pour qu'ils soient des centres de ressources en technologie moderne ; - des centres nombreux pour assurer la liaison avec le terrain sans déplacements épuisants et onéreux ; - des rapports riches et continus avec les professeurs du degré immédiatement supérieur ; - et -- ce fut presque généralisé -- des rapports avec les formés et les centres de formation des pays étrangers. Quand un ministre proposa d'élever encore le niveau des diplômes exigés pour pouvoir s'inscrire au concours de recrutement (ce fut l'initiative de Jean-Pierre Chevènement, intelligemment relayée par son directeur Bernard Cerquiglini (66 L SC), nos objectifs principaux parurent atteints. Le ministre René Monory entérina avec bon sens ce nouveau progrès. Les Écoles Normales ainsi remodelées, mais gardant leur vocation et leurs forces, cinglaient vers des horizons heureux. L'efficacité était certaine, le rodage facile et les outils, harmonieusement répartis sur la carte, prêts à leur mission claire et bien définie. La richesse d'un corps de maîtres d'application bien entraînés à leur rôle, impliqués dans la recherche et la rénovation, complétait le dispositif. Alliance du savoir et d'une pratique fine, le chantier de la formation était bien «piqueté». Un ministre d'état considéra les choses d'un autre œil. À l'aide de quelques arguments séduisants, il fit passer «sa» loi : mort des Écoles Normales, sacrifiées. Naissance, inévitablement laborieuse des I.U.F.M Régression -- espérons-la provisoire -- du mode de recrutement et de la rétribution des candidats à l'enseignement. Le tableau n'apporte rien et supprime l'effort d'un demi-siècle de perfectionnements successifs que tant de femmes et d'hommes avaient obtenus! Jean HAREMZA (47 L & 55 I SC) 77
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79 Jean HAREMZA ( ) Promotion 1947, Lettres, Saint-Cloud Promotion 1955, Élève-Inspecteur, Saint-Cloud Après tant d années passées avec Jean, d impérissables souvenirs me redonnent la chaleur et la richesse de sa vie. Et vous, anciens élèves, collègues, collaborateurs, amis, tous compagnons des routes où il a si allègrement marché, vous m avez offert les vôtres, dans ces lettres écrites avec l intensité des éclats de mémoire, où reviennent souvent les mots : entrain, joie de vivre, humour, générosité, culture, mots qui dessinent le modèle qu il fut pour beaucoup, éveillant admiration et respect. La difficulté est de choisir parmi tant de témoignages. À Blois, Jean a animé, géré de nombreuses associations. Un collègue témoigne : «Alors que, dans nos bavardages de couloir, il était disert, volubile, s abandonnant volontiers à broder sur quelque anecdote, de retour dans la réunion il nous étonnait par son sérieux et la rapidité de sa mobilisation intellectuelle. Ferme et direct dans ses raisonnements, sautant les obstacles, il traçait rapidement des perspectives qui nous stimulaient. Sa disparition ouvre une béance qui ne se refermera pas.» Cet homme, très engagé, profondément humaniste, d une fidélité tenace, irréductible a marqué plusieurs générations. Déjà, le professeur de lettres avait laissé ses traces à l E.N. de Douai. En voici quelques preuves : «Arrivant de nos cours complémentaires (années 50-60) où la poésie s arrêtait à Baudelaire et Rimbaud, il nous a apporté Aragon, Éluard, Desnos, Michaux. Passionné et donnant spontanément de son temps, il nous a souvent emmenés au T.N.P. : autres révélations sublimes». «Il est arrivé à un moment crucial de mon adolescence, je ne demandais qu à apprendre le monde et il m a donné les clefs qui m ont ouvert quelques portes», «Il était guide et référence», «Il nous a appris le doute, la sensibilité, le courage, la dignité, la fraternité et aussi comment nous dresser contre la haine ou l indifférence. Il répondait à toutes nos questions, nous rassurant, nous persuadant qu il fallait vivre plus fort, espérer, s engager. Ses mots nous portaient, nous rendaient plus mûrs. Sa voix sera toujours là en nous, elle suffira à maintenir nos yeux grands ouverts.» Évident aussi, l attachement exprimé par cet élève devenu I.D.E.N. : «Il y a quarante-sept ans, un adolescent passait l épreuve de français du concours d entrée à l E.N., devant un professeur qui cherchait à l aider en lui faisant prendre appui sur d éventuelles connaissances de la langue polonaise. Je venais donc de rencontrer Jean, avec sa gentillesse, sa générosité, sa faconde inoubliables. Élève, collègue à l E.N. de Douai, puis collègue et ami à Blois, je l ai toujours eu non loin de moi ; j ai toujours cru que nos origines nous avaient rapprochés : je me sentais en communauté de coeur et d esprit.» Tel autre écrit : «Tant de souvenirs me reviennent, depuis Douai où nous 79
80 80 admirions tous ce jeune professeur passionné, aux années de direction d École normale où il m avait beaucoup guidé et même parrainé auprès du cercle étroit des D.E.N. d Orléans-Tours.» Une institutrice, maîtresse d application, qui l avait accompagné dans quelques écoles, témoigne : «Il m intimidait par son énergie, sa grande culture, sa modernité. Sa truculence slave mettait de la couleur autour de lui.» Et elle ajoute, notant les réactions du pédagogue : «Arrivant dans une classe, son coup d oeil était redoutable : il voyait tout, il détectait aussitôt les artifices installés pour l inspection.» À l E.N., un professeur observe que ce directeur «avait su rendre la vieille institution accueillante, avec une grande fenêtre ouverte sur l extérieur, sachant concilier modernité et tradition», propos confirmé, mot pour mot par un I.D.E.N. Il n était pas sectaire. Ainsi, un autre inspecteur le salue comme «excellent collègue aux convictions assurées, mais très ouvert à celles qui n étaient pas les siennes.» Sa capacité à accueillir les idées d autrui est soulignée encore par un journaliste souvent présent lors des manifestations culturelles ayant lieu à l E.N., qui se souvient de «la qualité des relations que nous avions établies sur le plan professionnel, mais s y ajoutait la hauteur des dialogues que nous échangions sur tout et sur rien, sur la vie, sur notre passé d émigrés, dans le respect mutuel des idées de chacun.» Et tel autre, fils d instituteurs de Douai et devenu I.G., admire «une personnalité forte, aux valeurs et aux engagements marqués, un humaniste généreux et amoureux de la vie. Il était pour moi comme un père spirituel.» Un jeune collègue, lui aussi fils d instituteurs, ressentait «qu il fleurait bon l'école, la vraie, l école laïque et généreuse». Don de soi et inventivité à dénouer les problèmes sont aussi reconnus par beaucoup. Ces qualités lui donnaient parfois un comportement atypique au sein de l institution... La nécessité d aider autrui, si impérieuse en lui, s était ancrée dès l enfance, où ce petit Polonais qui apprenait le français à l école était souvent l ambassadeur des émigrés, nombreux dans la bonneterie troyenne. On l envoyait chercher des «papierscommequoi», formule sibylline qui le faisait courir à la mairie, la gendarmerie, la préfecture, le commissariat et revenir en triomphateur... J ai gardé pour la fin ce souvenir de Jean Deygout, alors directeur du personnel. La scène se déroule au ministère : «Vous étiez installés à Douai et Jean, après candidature, était inscrit sur la liste d aptitude des D.E.N. Ayant un bazar terrible à Blois, un directeur complètement dépassé, il me fallait l homme rare. Sur la liste, il restait quelques noms, mais je fis venir Jean en urgence, c était en cours d année (printemps 71). Nous nous vîmes assez tard dans la soirée, je lui dis qu il pouvait être nommé directeur sans délai, à l instant même, sans lui dire où. Il argumenta :... en cours d année,... ses élèves..., peut-être sa famille, en bref, il était moins que chaud, pas prêt mentalement. Je laissai faire un moment. Mais quand je lui dis que la situation était désespérée, que tout était à reconstruire, que le risque de ne pas réussir était grand, alors tout changea et son accord immédiat : «Tu peux compter sur moi, me dit-il, quand faut-il y être?... Où? Pour moi, tout Jean est là. Il nous a tout donné.» Lilette HAREMZA (46 L FT)
81 Jean S. HAREMZA : une vie extra-ordinaire Le premier texte est une synthèse de plusieurs documents, certains écrits par Jean lui-même, qui retracent la vie et la carrière exemplaires de notre ami. Nous avons conservé son style, direct et chaleureux, qui le caractérisait. Cette brève et émouvante autobiographie donne une idée des menaces auxquelles Jean a été exposé, des combats syndicaux et des conceptions de l'éducation qui ont fait sa vie. On y trouve quelques-unes des raisons de son attachement indéfectible aux enseignants du premier degré. Le second texte exprime la profonde gratitude que Jean Haremza, cœur fidèle et reconnaissant, éprouvait pour l'école de la République et ses enseignants valeureux. «Anecdotique»? Pour Jean, certainement pas Le troisième texte, l'épisode du «8, rue de Solférino, presto, presto» évoque, sa suractivité syndicale et constitue une sorte d'autoportrait où se mêlent la détermination, la débrouillardise et une certaine rapidité d'exécution. On apprécie le talent du conteur et l'ironie de la scène finale chez l'imprimeur, où le syndicaliste pour finir relance involontairement, l'impression d'actions Rothschild. 81 1er mars 1925 : je nais dans l'aube, à Sainte-Savine, dans la rue nouvelle d'un lotissement, percée entre la rue La Fontaine et la rue de Chanteloup (elle bute sur le château). Mes parents (qui m'ont conçu à Douaumont? à Sainte-Menehould?) viennent d'emménager avec une dizaine de familles polonaises, plantant des baraques américaines en bois (deux pièces de 4 x 4 mètres). Mon père a trouvé immédiatement du travail dans la bonneterie Gilier (celui des bas Jil et des chemises Lacoste), et s'arrêtera seulement dans les années 60. Mon père Sigismond, né en 1897, a d'abord combattu l'armée russe pour libérer la Pologne. Combattant héroïque, surnommé Smialy («le téméraire»). Ma mère Françoise Paszynska est née en 1901, en Ukraine, et vivra rue du Grand Air, jusqu'à 102 ans, là où sont nés ses trois fils. Pour mon baptême, ils étaient retournés quelques jours en Moselle, dans le fief des De Wendel ; parrain : Boleslas Rowinski ; marraine : l'épouse d'ignace Czajkovski, qui habitait alors à Nilvange (ou Knutange? Algrange? je ne sais plus). Tous vécurent ensuite longtemps dans l'agglomération troyenne.
82 82 Ma scolarité de petit écolier n'était pas ordinaire : dans ma rue natale, la langue unique était le polonais. Dès la maternelle (belle école toute neuve, rue Raymond Berniolle, que fréquenteront aussi mes frères Édouard et Pierre), j'acquiers normalement la «langue du pays». Merci mes maîtresses, qui m'accueillent dans leur classe, alors que je venais de finir mes nuits dans la boulangerie voisine sur les sacs de farine. C'est resté dans mes souvenirs, comme le trajet vers six heures du matin, sur la bicyclette de maman. À la rentrée de Pâques Je savais déjà lire et écrire, mais en polonais (j'avais appris dans le livre de messe de maman : surprise du maître quand j'ai prononcé «Adam'» pour «Adam»!, et quand je prononce «Yezouss», le maître sursaute : pour lui, c'est «Jésus» qu'il faut dire). Cours préparatoire de l'école Jules Ferry (que mon frère cadet dirigera à partir de 1995). Elle est grande, presque neuve : dans chaque classe, près de quarante élèves, dont une bonne moitié d'étrangers, Espagnols, Italiens, Portugais, sans compter le Belge et le Polonais (moi) aux côtés des autochtones. Le directeur, Camille Guinot, chez qui je serai en CM2, puis en classe de fin détudes, me paraissait être un homme universel. Je dois TOUT à ce maître d'élite qui, dans des classes surchargées et cosmopolites mit le feu à nos esprits. Il m'amène au Certificat d'études, avec le prix de canton, -- pas mal pour un petit étranger (ah! cette récitation sincère et théâtrale de la tirade de Rodrigue : «Sous moi donc cette troupe s'avance» ). Nous serons tenus et portés vers un savoir solide : cinq de ses élèves, mes condisciples, entreront à l'école Normale Supérieure de Saint-Cloud entre 1945 et 1947, alors que l'école n'offrait chaque année que 15 places au concours Lettres (et 15 en Sciences). L'émulation nous faisait atteindre des sommets. À douze ans, en 1937, fin de mes humanités primaires J'étais pré-embauché dans une grande usine de bonneterie, comme auxiliaire en comptabilité : on apprenait à compter, avec Camille Guinot, et ça se savait sur la place. Jean Zay, ministre de l'instruction Publique, prolonge la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans. Reprise des études. Je les finirai 14 ans plus tard, en Au Cours Complémentaire donc : avec les mêmes condisciples, tous rêvant d'entrer à l'école Normale primaire, but suprême des «meilleurs». Naturalisation de toute la famille en mars 1939 ; cela me permet donc de préparer l'école Normale où j'entre conditionnellement en Là encore, merci au cours complémentaire Achille Payeur! Trois entreront à l'e.n. en 1940, après une préparation spéciale, la fameuse 4ème année. Je me présente en 1941, sans avoir fait cette préparation. Malchanceux dans une matière où j'étais fort, j'eus en revanche, la note maximale en français (dans le jury, un certain Albertini, récemment décédé, le plus brillant des enseignants, des conférenciers). J'entre bon dernier, bien jeunet (le major, B.P., fut longtemps sénateur P.S. de Paris). Mais, nous vivions l'horrible Occupation, et Albertini devint Secrétaire National du R.N.P.
83 (... juste avant sa mort, il était au service rédactionnel de Marie-France Garraud. C'est ça le talent!) Élève-maître donc, et boursier. Sans bourse, pas d'études possibles quand on n'était pas de la société qui offre des études à tous ses héritiers. Élèvemaître, mais sans École Normale, puisque Vichy les haïssait. Au lycée de Troyes, on mêle les quinze normaliens boursiers, fils de paysans, de petits employés, de manœuvre (c'était moi) aux lycéens bon teint. La plupart des professeurs sont excellents et s'étonnent toutefois de nos résultats : la scolarité au Cours complémentaire nous avait bien dégrossis. Je n'ai aucun mal à prendre la tête de la classe : les maths (les maths surtout!), le français, l'histoire, la biologie, tout me passionne. C'est l'occupation : les Allemands sont dans le lycée ; nous serons expatriés dans une usine, rue du Cloître Saint-Étienne. Quant à la langue vivante unique (c'est le privilège des normaliens, puisque la culture n'est pas faite pour ces tâcherons), je passerai dans le feu pour le professeur d'allemand qui, en outre, nous initie au rugby En mai 1943, les lois de Pétain sur la nationalité m'ont fait perdre la qualité de normalien : à six semaines du bac, exclusion ; c'est que le code Pétain s'applique au normalien de nationalité acquise et non «de sang». Le privilège de la langue unique tombe. Obligé donc d'apprendre une seconde langue. J'ai le souvenir d'heures frénétiques! J'obtiens quand même la mention bien au premier bac. Fin des études? Sans bourse, adieu ma math-élèm! Et adieu l'enseignement, puisqu'il faut être Français de souche Une issue inattendue, et peu orthodoxe : l'évêque de Troyes, Mgr Le Couëdic, prend en pitié le normalien chassé. Je serai embauché dans l'enseignement catholique. Mais on me demande d'apprendre et d'enseigner sténo, dactylo, judo, flûte, etc. Puisque c'est la condition sine qua non, je m'exécute. Fin des vacances Fin du lycée, fin des rêves de longues études en mathématiques. Miracle de la solidarité, le syndicat clandestin des instituteurs lance une souscription parmi les instituteurs de l'aube qui m'assure l'équivalent d'une bourse, bien nécessaire. On se demanderait inutilement d'où vient ma gratitude pour mes collègues instituteurs. Dette que rien n'éteindra. Je peux rester au lycée. Mais en math-élèm, plus de place. Reconversion (ah! il faut être souple dans les périodes troubles de l'histoire) et je préparerai le bac de philo-lettres. Je serai présenté au Concours général en philosophie et en histoire : il n'y aura pas de copie à rendre, car une alerte me précipite dans les abris. Au moins consolidera-t-elle mes relations avec ma future Fontenaysienne de femme, réfugiée comme moi dans un abri anti-aérien. Je connaissais déjà Lilette, et tout comme moi, elle ne pourra terminer sa copie Mai 1944 : j'ai mon bac mais aucun débouché dans l'enseignement Le débarquement. La Libération. Jean Zay m'a ramené à l'école en 1937, cette fois c'est la République rétablie qui va me relancer. 83
84 84 Non sans peine : démarches sur démarches à l'inspection Académique pour obtenir ma réintégration comme élève-instituteur, ce qui me paraît de droit. Les textes, seul l'inspecteur d'académie, M.L.H., est habilité à les appliquer. Vite. Ou moins vite. Ce fut très lent de donner suite à l'annulation des lois Pétain (le même inspecteur, promu inspecteur général, viendra me visiter plus tard à l'école Normale d'instituteurs de Douai, pendant que j'y enseignerai les lettres ; il avait perdu la mémoire des atermoiements de 1944). Ce n'est donc qu'en décembre 1944 que je me retrouvai, de nouveau boursier, dans une classe préparatoire du Collège Chaptal. Y sont déjà des condisciples de Sainte-Savine (dont plusieurs deviendront aussi Cloutiers) : Pierre Barbéris, actuellement professeur à l'université de Caen, Paul C., professeur à l'université de Bordeaux, Jean Jacquart à la Sorbonne, Albert Septier. Ils s'échinent comme moi, souvent seize heures d'affilée. C'est à Bernard Charles (il sera pasteur) que je dois d'avoir rattrapé avant Noël quelques trois mois de cours en retard. Pendant près de dix ans, j'ai aidé mon père qui réparait des chaussures dans l'atelier de notre maison. J'avais ainsi un peu d'argent de poche. Et même en 44-47, payer mon billet de train de Troyes à Paris n'était possible que grâce à ce travail manuel. Comme les vacances étaient longues, du petit matin au grand soir, je ressemelais, recousais : ah! les bottes de chasse avec leurs tiges aux trois, quatre épaisseurs de cuir! Il fallait percer, et la peau des doigts «d'intellectuel» en prenait un coup. Mon hypokhâgne fut plutôt encourageante. Le parcours du combattant ne s'arrêtera pas là : en juillet 1946, je suis inscrit sur la liste supplémentaire. J'ai constaté, à la lecture de mes notes, que l'oral de géographie, où j'avais brillé, avait sans doute été permuté avec celui d'un camarade qui, lui, avait séché et pourtant obtenu seize points de plus que moi. Sans cette erreur irréparable, j'aurais été dans la botte de cette promotion de quinze reçus. Je ne serai admis qu'en 1947, une année après Lilette : ma dernière année d'étudiant Entré à l'e.n.s., obtenir la licence comme tous mes camarades de promotion était une simple formalité. Dans la branche que nous avions choisie, Lilette et moi, les lettres modernes, cela nous astreignait à quatre années d'études ; avec l'obligation d'une année de stage à l'étranger. Nous avions opté pour l'allemagne dans la droite ligne de nos études de lycée. Ce fut Fribourg-en-Brisgau. Plus que d'autres pays d'europe, c'était un spectacle de destruction. Pourtant, nous y avons vécu une année enrichissante. Malgré les ruines et en endurant une nouvelle année de vaches maigres (notre bourse ne permettait qu'un repas par jour, puisque notre qualité d'élèves d'e.n.s. nous obligeait, de façon incontournable, à la fréquentation du mess des officiers supérieurs). À Fribourg et dans la zone française d'occupation, la vie culturelle était assez prodigieuse : très beaux concerts par de grands orchestres, expositions de peintures dont les découpages de Matisse, des accrochages de Kandinski et de Klee, des colloques de «jeunes Européens», des conférences à l'université,
85 littéralement, tout cela nous gavait. Ne venions-nous pas d'avoir vingt ans et ne sortions-nous pas de l'étouffement de l'occupation? Une fois de plus, mon parcours personnel avait piétiné les règles. Afin de m'autoriser à accomplir mon stage en première année, l'e.n.s. avait exigé un parcours universitaire accéléré. Sine qua non! Deux certificats de licence, préparés sans avoir suivi les cours de la Sorbonne, cela m'avait amené à un été plus que studieux. Grâce à la prodigieuse richesse de la bibliothèque de Troyes, j'avais pu ainsi absorber en trois mois le programme du certificat de grammaire et philologie ainsi que celui de littérature française À la fin de 1950, alors que je rédigeais un mémoire de littérature comparée («Les fabulistes en Europe, de La Fontaine à Lessing, Pouchkine et Adam Mickiewicz»), je me suis présenté par anticipation au professorat. Je l'ai donc obtenu en même temps que Lilette. Elle, qui avait un an d'avance, avait été pressentie pour un poste de lectrice à Prague, les professeurs de la Sorbonne ayant apprécié, d'une part, sa compétence, et, d'autre part, la qualité jamais démentie depuis de sa diction élégante en langue française. Elle avait renoncé à cette offre et préféré prendre un poste dans le secondaire en France. Ce fut Douai. Pour ma part, resté à Paris, pendant que tous mes condisciples se jetaient dans la préparation de l'agrégation qu'ils empochaient très normalement, j'avais devant moi une année «blanche». En effet, l'agrégation de Lettres modernes était seulement en gestation. Une année de liberté, quelle aubaine! Je me suis attelé à une thèse de littérature comparée (j'avais appris d'autres langues depuis le premier bac), retenant un sujet qui était dans mes cordes : Mickiewicz en France. Que d'heures j'ai pu passer à la Bibliothèque Nationale, grâce au sauf-conduit indispensable du directeur de thèse, notre brillant professeur de Sorbonne, le prince Charles Dédeyan. On m'y voyait de l'ouverture à la fermeture. Un voisin de table me disputait parfois certains ouvrages de référence : c'était le médiéviste Jacques Le Goff. Hasard de l'existence, je devais le côtoyer un quart de siècle plus tard à l'association France-Pologne. Mon travail m'a valu, en dehors de l'excitation de la recherche, quelques surprises désagréables. Un rendez-vous assez facilement obtenu auprès du sénateur de Montalembert aurait dû m'apprendre que la franchise était à l'opposé de la diplomatie. Je souhaitais consulter dans la bibliothèque familiale des Montalembert les livres de leur ancêtre, le «traducteur» de Mickiewicz. Mes lectures à la bibliothèque de l'île Saint-Louis m'avaient convaincu que cette traduction n'avait pu être faite par ce noble lettré qui ignorait quasiment tout de la langue polonaise. J'aurais dû me soumettre benoîtement à un «diktat» : il ne saurait être question de ce fait, alors qu'une médaille d'or avait été décernée par la Pologne à ce remarquable traducteur. Je n'avais pas dû être assez hypocrite dans ma réponse. Exit, évidemment, le permis de consultation Presque à la même époque, le président Édouard Herriot, dont les travaux recoupaient partiellement les miens, n'avait aucune gêne à accaparer à Matignon des ouvrages qui me faisaient cruellement défaut. 85
86 : sorti de Saint-Cloud et nommé professeur de lettres et grammaire au lycée d'hénin-liétard puis, presque aussitôt, à l'école Normale du Nord, à Douai, où Lilette exerçait déjà. J'y resterai exactement vingt ans. Puis de 1971 à 1990, directeur d'une École Normale Départementale, celle de Blois. Après sa fermeture comme pour ses consœurs en septembre 1991, l'i.u.f.m. prend le relais. J'ai consacré 40 ans à mieux former les maîtres, comme professeur, inspecteur, directeur, syndicaliste. Professeur dans ce qui était à Douai le plus grand centre de formation des maîtres de toute la France, la vie syndicale s'y empare de moi dès le premier jour. Parmi les 180 Écoles Normales de l'époque, c'est une sorte d'usine Renault au petit pied, et Arras, notre voisin de palier, est d'une envergure comparable. C'est là qu'on forme près du dixième des institutrices et instituteurs du pays. Trois professeurs de Douai seront donc au Bureau National du Syndicat et ce, sans compter un professeur d'éducation Physique et Sportive, aujourd'hui vice-président de l'assemblée nationale (et dont le fils est devenu élève de nos E.N.S.). Je goûte immédiatement au fruit du militantisme syndical (ne parlons pas des retours de bâton administratif chaque fois que l'administration se met dans son tort). Fruit que je savoure toujours : presque tous les ministres de l'éducation nationale m'ont entendu plaider le dossier des Écoles Normales, celui de l'amélioration nécessaire de la formation des maîtres et, cela surprendra peut-être, de la nécessité d'une formation professionnelle, disciplinaire, pédagogique Car malgré une loi de 1951, presque aussitôt morte que votée, maîtres sur les en exercice n'avaient jamais reçu cette formation dans une École Normale. Dans le meilleur des cas, une formation, ô combien accélérée, était concédée pendant un petit semestre Pour que ce minimum soit progressivement généralisé à l'intention des instituteurs-remplaçants placés devant tant d'enfants sans aucune initiation au métier, combien de combats syndicaux! Quel harcèlement des groupes parlementaires, des présidents des Assemblées. Combien de documents, courts et clairs (afin qu'on nous lise) fallut-il rédiger! L'accueil des parlementaires était parfois plus que gêné : ils attendaient ce combat d'une autre direction, celle du Syndicat National des Instituteurs. Mais je m'abstiendrai d'épiloguer, car je pourrais être cruel. Je n'avais pas de conviction politique très claire ; mais ma soif de justice s'exacerbait devant l'inertie ou la lâcheté de tant de chefs proches ou situés bien plus haut. Il serait tout à fait immodeste de faire croire que ce combat était l'apanage de quelques-uns ; mais nous n'étions pas nombreux, et les alliances étaient aléatoires, ou refusées. Par fausse pudeur parfois, car il est pénible d'étaler sa misère. Dans mes choix syndicaux, j'optai très vite pour les thèses les plus ambitieuses sinon les plus radicales. Évidemment, elles étaient minoritaires. Il a fallu quelques décennies pour qu'elles rallient le plus grand nombre. C'est ainsi que la confiance est venue
87 Un peu de chronologie s'impose maintenant : je ne résiste pas, pourtant à l'énumération, pêle-mêle, des buts du combat syndical auquel j'ai été associé ou que j'ai dirigé : 1 former tous les maîtres, pendant deux années au moins (ce n'est pas un luxe lorsqu'on dispensera un enseignement polyvalent) ; 2 rassembler pour ce faire des collègues compétents : se posait donc la question de leur perfectionnement continu, et, d'abord celui de leur adaptation à ce rôle de professeur-formateur si différent de celui du professeur du second degré avec qui on s'obstinait à le confondre. Il n'y a pas que la science «théorique», car il y a, sans cesse en alternance, se confortant l'un l'autre, le savoir, le savoir-faire, le «terrain» ; il y a, en plus de l'instruction, la culture à faire aimer et la culture à faire élargir par une démarche autonome. Il y aura, inévitablement, la concertation entre les formateurs unis pour un même projet! Le bilan fut positif. Ce fut, presque sans retour, un progrès de l'institution, donc de ses résultats : une meilleure machine a donné de meilleurs produits! La période la plus faste se situe entre 1968 et 1971 : les ministres les plus réceptifs et les plus hardis furent Edgar Faure et Olivier Guichard. Un second palier fut atteint avec Alain Savary (nouveau Jean Zay) et Jean-Pierre Chevènement qui lui succéda. René Monory sut emboîter le pas. Et l'élan fut cassé! Nous en sommes là aujourd'hui, à la suite d'une analyse erronée qui croyait avoir tout résolu en prétendant que «l'université est le seul Temple du Savoir» (dernière discussion budgétaire où s'exprima Lionel Jospin). Mais qui donc aurait l'outrecuidance de contredire cette belle envolée justifiant la création des I.U.F.M., dont notre camarade recteur Daniel Bancel (61 S SC) fut l'un des artisans les plus engagés? Encore serait-il bon de ne pas ignorer ce que l'on condamne à mort. Et de ne pas rayer d'un trait de plume une institution qui recevait, pour les adapter à un poste de travail bien connu, des jeunes femmes et des jeunes hommes qui avaient déjà fréquenté pendant deux ou trois années le Temple du Savoir ; qui avaient reçu, tantôt l'estampille minimale (le D.E.U.G.), tantôt l'estampille du second cycle (la licence ou même la maîtrise). C'est à ce moment du parcours universitaire que commençaient les deux années de formation. Ce système rénové de formation avait peu de traits communs avec l'image désuète qui semble être restée dans l'imaginaire (ou même de la mémoire) des technocrates «rénovateurs» du ministère. «Des-papiers-comme-quoi» D'où me vient cet activisme syndical, politique et culturel qui a orienté toute ma vie? Je n'avais pas dix ans que j'étais déjà un mordu de l'action sociale, et voici que, passés les 80, il ne s'est guère affaibli. À 9 ans, un voyage «clandestin» en Pologne, avec mon père invité comme ancien combattant, m'avait fait vivre une aventure européenne ; j'en suis encore marqué au point que mes récits à table ont longtemps fait rire mes enfants qui s'étonnaient de ce radotage digne d'un poilu de la guerre de 14. Ah! combien 87
88 88 de fois ne leur ai-je pas infligé, la bonne chère aidant, ma «gare de Berlin», récit héroï-comique et authentique! À 11 ans, toujours loin de mes pénates, ce fut l'épisode des scouts russes blancs, à Fabrégas : on m'avait payé ces six semaines de vacances pour que j'y chaperonne le très jeune Domaratsky, fils d'un officier supérieur de l'armée tsariste. Je me souviens davantage, alors que j'étais encore un enfant, de mon rôle d'interprète, disons d'écrivain public, pour tous ces Polonais débarqués à Troyes dans les années vingt (près de 4 000, sans compter Ukrainiens et Lituaniens). Ah! leurs problèmes de cartes de séjour, de jeunes femmes engrossées par les bourgeois chez qui elles étaient bonnes. Les immigrés sont toujours et encore en manque de pièces d'identité, d'actes de naissance, la fameuse «metryka» indispensable pour les assurances, les mariages, et dans la foulée, pour les dossiers de naturalisation. Mon père n'a été naturalisé qu'en mars 1939, juste à temps pour une brève mobilisation en septembre. Quand ils avaient besoin de papiers officiels et authentifiés, ils appelaient à l'aide un certain «Santoba» ; il ma fallu du temps pour savoir que cet avocat s'appelait en réalité de Saint-Aubin. Pour le tout-venant, pour les pièces mineures (celles que mon père faisait certifier ensuite par le consulat polonais de Paris), je suffisais. Il faut croire que mes traductions étaient suffisamment fidèles : ça marchait! De même pour les commissaires, pour les officiers d'état-civil, mon sérieux d'enfant de douze ans était reconnu. Pour moi, ce n'était pas comme «Santoba», on pouvait me payer de ma peine avec un paquet de bonbons. J'étais le petit champion des «papiers comme quoi». Tout cela m'enhardissait, malgré le caractère toujours embrouillé et parfois fantaisiste des données que je recueillais : tel frère cadet se faisait passer pour un frère aîné (il n'y a rien de changé sous le soleil) ; j'ai appris quinze ans plus tard que tel couple n'avait jamais été marié, mais la femme portait le nom du pseudo-mari, jusquà ce bombardement de 1940 qui a fait une veuve d'une simple concubine. Ainsi, à douze ans, j'ai connu bien des secrets d'adulte France-Pologne / Oder-Neisse / VRP multicartes Le bon, le doux et le tenace Stanislas Kubiak était venu jeter ses filets à Douai, au 19 avenue de la gare. Bonne pêche. Je représentais le «poisson» idéal : Français d'origine polonaise, une notoriété régionale syndicale et culturelle, le professeur d'école Normale deviendrait vite pour France-Pologne «Pan Professor» Jan H. Le sésame? C'était le nom de Joliot-Curie, le savant, l'universitaire, fondateur, à la Libération, de France-Pologne. C'était séduisant de rejoindre tous ces gens qui, revenant ainsi à leurs racines, travaillaient à l'amitié francopolonaise. Par un retour de balancier, Lucie Langevin me demanderait de représenter l'université française lors de l'inauguration du lycée Marie Curie- Slodowska, à Gdansk, en 1967.
89 Me voici donc -- ça commence souvent ainsi -- avec la carte de l'association en poche, rejoignant le comité Nord - Pas-de-Calais. Les souvenirs se bousculent, car mon activité durera plus de trente ans. Le premier souvenir : en juillet 1962, on me demande d'encadrer une cinquantaine de mineurs silicosés, invités dans une maison syndicale de Szczawnica, non loin de Zakopane. Quittant de nuit la Creuse, je les accueillerai aux Invalides. Nous partirons ensuite du Bourget. Épisode semi-comique : tous me demandent pourquoi la LOT [compagnie aérienne, NDLR] établit si scrupuleusement la liste de tous ces hommes, habitués aux tragédies de la mine, hommes, vaillants, sans peur, à la vie particulièrement rude. Je hasarde une mauvaise plaisanterie : c'est pour prévenir les veuves au cas où Ils éprouvent un effroi sincère ; il est vrai que c'est leur et mon premier vol. Nous rions tous et nous voilà partis. Au-dessus de Prague, dans la nuit qui nous offre le spectacle des rues éclairées, deux avions de chasse nous côtoient à touche-touche pour identifier l'avion qui survole leur territoire. Conversations entre pilotes, dans un sabir polono-tchèque. Tout est O.K.! On peut poursuivre jusqu'à Varsovie : hôtel Grant, dîner léger. Je borde mes ouailles et je prends un taxi pour faire un tour de ville personnel. Je n'en crois pas mes yeux : j'étais venu enfant en 1934 dans cette ville qui a subi tant de destructions ; pourtant, je me reconnais dans les grandes avenues, près des monuments (Sénat, vieille ville). Je pense que je pourrais y circuler sans guide. Ma mémoire avait été sans doute marquée par ma première découverte d'une grande ville. Soudain, je bute : n'était-ce pas ici, à Moskotow, que j'avais assisté, jadis, à un défilé militaire (cavalerie, petits chars Renault), installé dans la même tribune que Pilsudski? Je ne me suis pas trompé, le chauffeur m'informe qu'on a érigé dans ce champ de manœuvres l'école polytechnique. Vers deux heures du matin, je lui glisse un billet de cinq dollars, il est ravi, et me voici dans mon lit. Pendant les cinq semaines qui suivent, je serai l'interprète des mineurs français de Decazeville, de Lens. Les mineurs polonais se débrouillent tout seuls. Je partagerai leur cure (pas une goutte d'alcool, pas un verre de bière), car leurs radios révèlent que le taux de silicose établi par les Houillères a été sciemment sous-estimé. Ils n'ont plus guère d'années à vivre, mes compagnons, et on le leur avait bien caché. Nous aurons l'occasion de belles visites touristiques. Pour ma part, on m'offre l'assistance d'un chauffeur pour que j'aille passer une journée à Cracovie. Pendant notre journée, il ne boit que de l'eau. Une fois la voiture rentrée au bercail, la vodka n'a qu'à bien se tenir Cracovie, ancienne capitale royale, qui avait été épargnée par les nazis (ils y avaient prévu l'installation du Gouvernement général), me séduit. Je la reverrai encore cinq ou six fois, parfois avec Lilette et notre petit Sylvain. Je ne peux me retenir d'évoquer la journée des adieux. En effet, elle est mémorable. Du petit matin au grand soir, on m'invite tour à tour dans les «sanatoriums», c'est-à-dire maisons de repos construites pour les syndicalistes en vacances de tous les peuples du pacte de Varsovie. Chaque pays a son alcool traditionnel et il n'est pas question de ne trinquer qu'une seule fois. Je me crois sauvé par le gong au déjeuner d'adieu de la maison des mineurs polonais. La cure est finie : bière et vodka coulent à flots. Je ne reviens pas sur la pratique 89
90 90 des toasts. Après-midi, da capo. Vers onze heures du soir, deux ingénieurs des mines polonaises m'invitent dans leur chambre et ils égrènent leurs souvenirs de scolarité à Douai. Ils sont reconnaissants à la France, sans laquelle ils n'occuperaient pas ce grand poste. Ils me font découvrir dans de grands verres à bière ce qu'ils nomment hydromel : moitié du verre, miel ; deuxième moitié, alcool pur. C'est très doux. Mais ça ne pardonne pas! Heureux d'avoir terminé la journée, je rentre pour faire ma valise. L'air frais de la montagne est une tentation à laquelle je ne peux résister. Je sors sur le balcon, m'enroule dans les plis d'un gigantesque drapeau rouge. Et me réveille pour prendre l'autobus du retour. Cette confession terminée, j'aurai des activités plus honorables à énumérer. On comptait sur moi dans les congrès nationaux pour rédiger la motion finale, synthèse de toutes les opinions émises pendant les débats : il fallait marier les nuances des orateurs de la droite catholique, de ceux du parti socialiste, d'individuels comme Léo Hamon, l'ambassadeur Roger Garaud, des participants -- ô combien vigilants -- du P.C.F. Quand toutes leurs signatures figuraient sur le document final, je pouvais soupirer d'aise. Ces congrès se tenaient dans des lieux prestigieux, à Pleyel, à la Maison de la Chimie, à l'hôtel d'orsay qui existait encore. Comme j'étais devenu président délégué adjoint aux côtés du remarquable Maurice Bouvier-Ajam, j'ai même eu à organiser, en 1983, le congrès au château de Blois, aidé naturellement par le comité local. Pierre Sudreau, alors maire de la ville, y résumera excellemment la position de la France, exaltera l'amitié entre deux peuples qui ne se sont jamais combattu. Pierre Mauroy m'adressera une lettre, accusant chaleureusement réception de notre motion. Bouvier-Ajam, cité plus haut, m'a demandé de le remplacer au pied levé pour une conférence qu'il devait faire au Havre. J'ai pris précipitamment le train, sans me douter qu'il faudrait aller à Rouen pour le retour. C'est André Duroméa, député-maire qui me prêtera sa voiture de fonction avec son chauffeur personnel. J'ai bu alors le miel des compliments qu'il m'a adressés pendant le trajet. Sans aucune note, j'ai pu répondre aux questions insidieuses d'un public pas toujours acquis au départ. France-Pologne suite, France-Tchécoslovaquie et France-R.D.A. France-Pologne? J'ai des souvenirs mêlés sur mon adhésion. Comment m'y avait-on attiré? Via l'association Oder-Neisse tout d'abord. Les autorités de la R.D.A., la Grande-Bretagne elle-même digéraient très mal la nouvelle frontière installée à l'ouest de la République populaire polonaise. Quant à la France, on y rencontrait toutes les opinions. Frontière définitive? L'Association française Oder-Neisse a joué un rôle réel dans l'évolution de l'opinion. Je retrouverai certains de ces animateurs dans France-Pologne. Dois-je rappeler que c'est Joliot-Curie qui l'avait fondée dans l'immédiat après-guerre? Dans les locaux assez minables d'oder-neisse (les fonds étaient très limités), je me retrouvais avec le professeur Georges Castellan, quelques catholiques progressistes, mais aussi un échantillon de juifs polonais ou français, les Skrobek, les Netter, Grojnowski Mon rôle dans les deux associations tenait à un atout : j'étais bilingue! Je dis sans modestie que j'étais aussi celui qui savait le mieux écrire.
91 J'ai dit que je savais parler en public. France-Pologne en particulier rassemblait à peu près toutes les sensibilités politiques françaises (Maurice Schumann, Gaston Palewski, Madame de Bénouville, Michel Crespeau ou encore Edgar Faure). Quant à l'inspecteur général Jean Auba, directeur du Centre International de Pédagogie, il réagissait avec sensibilité et diplomatie. J'ai eu aussi l'occasion de fréquenter (parfois jusqu'à partager le même lit!) des responsables de haut niveau de Pologne (N.B. : c'est peut-être pour cela qu'on m'a remis un jour la Croix d'or de commandeur de l'ordre National du Mérite du pays ami. Ce qui fit la fierté de mon père, présent à la cérémonie.) J'étais souvent appelé à représenter l'association, car j'étais, plus que d'autres, disponible dans les limites des astreintes du métier. De plus, je ne coûtais rien lorsque je me rendais du Nord à Paris : mon mandat syndical me valait un abonnement pour le train. Toutefois, aller en Pologne, c'était presque toujours l'avion avec billet de faveur. Quant à ma voiture, qui pouvait avaler cinq-six passagers, c'était toute économie pour l'association. Par exemple, lorsque j'ai dû piloter quatre amis, sans compter ma fille, lors d'un remplacement au pied levé de Luce Langevin : nous allions inaugurer, à la Toussaint, un lycée Maria Sklodowska. Donc départ, via Paris, alors que je partais de Douai, mais on devait remplir mon coffre de matériel scolaire. Entre autres, des cartes murales de la France, que l'on dut rouler ; en guise de babioles souvenir, on y avait glissé des poupées de nos provinces ; de façon inattendue, elles jouèrent un rôle. C'est presque la nuit à la frontière R.D.A.-Pologne. Or, nous sommes attendus vers vingt heures dans la tri-ville Gdansk-Gdynia-Sopot. Passer la frontière et la longer du côté polonais, par une nationale peu roulante, aurait été une gageure. Je prends une décision hasardeuse : nous montons sur l'autoroute qui va vers la Baltique, mais qui, à cette époque (1967) était strictement réservée aux automobilistes suédois. Arrivés très vite à la côte, c'est le moment de pénétrer en Pologne. La cheffe du poste frontière (capitaine, colonelle?) ne veut rien savoir, et explique qu'il faut retourner sur nos pas et emprunter en Pologne la route autorisée à tous les usagers. Vu l'heure, c'était insensé. Je me mets à plaider, en allemand évidemment : «Nous allons honorer la grande savante Marie Sklodowska-Curie ; la Sorbonne nous envoie en délégation pour l'inauguration d'un lycée portant son nom, je serai l'orateur officiel pendant les cérémonies.» Ai-je été convaincant? C'est le début du miracle, on me fait ouvrir mon coffre. La capitaine y voit le matériel scolaire ; elle secoue les cartes d'où tombent les poupées. Oserai-je dire que ses yeux brillent? Je lui propose, «pour l'acheter», d'en choisir deux ou trois pour ses enfants. Tope-là! Elle décroche alors un gros téléphone noir, fait un numéro incertain, baragouine (je ne la comprends pas du tout) et nous laisse passer la frontière. Ouf! Dans la nuit très noire, un taxi nous servira bénévolement de poissonpilote, et nous arrivons à temps à la réception qui nous attendait à Gdansk. Un seul problème : le retour. La cheffe n'avait pas tamponné nos passeports, donc impossible de revenir dans un pays que nous n'avions pas quitté! À ce moment, je ne sais plus un mot d'allemand, je m'exprime en français, en italien en anglais, les douaniers m'insultent, je les assourdis, bingo! En route vers Berlin! 91
92 92 Cette traversée de la R.D.A. ne fut pas sans aventure : une panne inexplicable me fit passer une nuit sur le bord de la route, seul, car on avait contraint tous les autres à monter dans un car de la R.F.A. ; on m'avait assuré que je les retrouverais à Helmstedt, ville frontière. Notre Isabelle, qui n'avait que quinze ans, en a gardé de très mauvais souvenirs, car elle avait dû se défendre de la mauvaise conduite d'un passager émoustillé par sa chair fraîche. Quant à moi, ma nuit fut hachée par l'intrusion régulière de Vopos intrigués par cette voiture étrangère tous feux éteints? Au matin, on m'installa la batterie apparemment regonflée ; ce ne fut qu'un feu de paille et je «bénéficiai» d'un remorquage héroïque par une Porsche qui ne se souciait ni de mon absence de suspension, ni de l'inefficacité de mes freins assistés, ni encore des essuie-glaces provisoirement «morts». Mon I.D. Citroën arriva quand même à stopper au poste frontière. Quant à mon dépanneur, il réclamait avec véhémence un dédommagement en dollars ; je lui en donnai un peu, tout en cachant qu'il m'en restait encore. Je me souviens encore de cette nuit glacée sur l'autoroute au droit de Lehnin. Je retrouvai mes passagers et je repartis avec une batterie neuve de 12 volts qui consentit à tenir jusquà Douai L'association France-Tchécoslovaquie? À l'origine, une petite annonce dans L'École et la Nation qui proposait un séjour cinéma d'une dizaine de jours. C'est Lilette qui s'y rendra et découvrira les studios de Barandow, le génial Trnka et d'autres créateurs. Comme elle avait adhéré mécaniquement à France-Tchécoslovaquie, je my suis inscrit aussi. Ce fut à lorigine de mes activités dans cette partie de l'europe centrale, dite du «Triangle de Fer». Deux années de suite, je vivrai avec Lilette une expérience assez enrichissante : on m'avait sollicité et bombardé responsable d'une «auto-colonne». Pendant trois semaines du mois d'août, j'ai guidé, piloté, traduit parfois en un tchèque approximatif (qui s'enrichit assez vite à l'usage), une vingtaine de voitures avec leurs touristes tentés par les découvertes de ce beau pays. Les véhicules étaient de puissances très différentes, les touristes de tous milieux sociaux. Curieusement, la mayonnaise a pris. À cause de ma responsabilité, j'étais pris en charge, mais Lilette et notre Sylvain de six ans paieront place entière. Le regroupement initial se faisait à Bamberg, frontière allemande, et le périple atteignait la frontière soviétique. L'accueil, la beauté des paysages nous ont tous ravis. Mais n'oublions pas que vingt ans après sa libération, le pays était encore pauvre. Les routes étaient souvent exécrables, truffées de déviations (les fameuses objidska) ; mes columnistes s'étaient embarqués sans cartes routières, roulaient à des vitesses différentes, ce qui me contraignait tantôt à précéder la colonne, tantôt à me laisser glisser vers l'arrière pour récupérer les retardataires. Chaque soir, nous arrivions quand même à bon port, malgré la traversée de Prague, où les feux tricolores avaient scindé le convoi. Avant darriver aux chalets, dans la montagne des Tatras, nous avions découvert Olomuc en Bohême. Il me faut commenter les différences d'intérêt de tel communiste convaincu, désireux de voir avant tout le tank soviétique libérateur de Prague, et de telle bourgeoise cultivée qui ne rêvait que d'églises et d'art baroque. D'autres suivaient passivement le guide, le journaliste Hula.
93 Le jour où il nous fallut escalader (c'était lors du deuxième voyage) le sommet glacé de Rysy, à deux mille mètres, quelques-uns essayèrent de suivre. Dans le cas de Lilette, on peut dire quelle nous précédait tous. Curieusement, ce furent les plus jeunes qui calèrent. Il en resta un groupe autour d'une bière fraîche (la fameuse Pilsen), alors que non loin du sommet nous nous sommes réconfortés avec des grogs légers, mais alors vraiment très légers. On aurait préféré une Slivovica. Tandis que nous montions -- il était à peu près neuf heures du matin --, nous croisions des multitudes de Tchèques accompagnés parfois de très jeunes enfants En Tchécoslovaquie, il nous est arrivé des aventures cocasses : le premier soir, alors que tous dansaient, la police m'a tiré de ces réjouissances pour que je tape la liste des membres du groupe, avec numéros de passeport et de plaque minéralogique. Plusieurs Français ignoraient le numéro de leur voiture et durent sortir dans le parking. Il était presque minuit, nous étions en sueur, la plaisanterie était mauvaise. Quant à moi, ma tâche commençait : je disposais d'une vieille machine aux caractères cyrilliques et je tapais trois exemplaires avec de misérables papiers carbone. Le même soir, des diapos nous montraient différents sites et monuments. L'ampoule s'est grillée, sans aucun remplacement possible ; mais un ami tchèque, assez débrouillard, franchit plus ou moins clandestinement la frontière de R.F.A. et il put sauver la projection. Former des maîtres : mon combat politico-syndical Une vision progressiste, de la ténacité dans ce combat de longue haleine (mais est-il terminé?) remportèrent souvent des succès de portée nationale, mais ils essuyèrent aussi une amère défaite. Sorti de l'e.n.s. en 1951, je suis nommé, à ma première demande expresse, à l'école Normale du Nord. J'y resterai exactement vingt ans ; avec un «intermède» : nommé à l'école Normale de Paris, sur le poste de l'écrivainprofesseur Georges Hyvernaud (22 L SC), je ne donnais pas suite à cette petite promotion. En 1955, je suis pendant une année à Saint-Cloud la préparation au concours à l'inspection primaire et/ou la direction d'école Normale. Je reviendrai plus loin sur mes deux échecs télécommandés et sur mon succès en 1970 (je suis reçu 3ème sur la liste nationale). En 1952, à Douai, je suis bombardé secrétaire de la section syndicale et donc membre de la F.E.N. du Nord. Les débats de cette fédération seront très instructifs (suivez mon regard : les enseignants S.F.I.O. y régnaient en maîtres, mais ils s'aligneront un jour sur ma proposition d'une affiche dans notre commun combat laïque). Sollicité par des Fontenaysiennes et des Cloutiers, également professeurs d'écoles Normales, je me présente au Syndicat des Professeurs d'e.n. et serai élu en 1958 au Congrès de Clermont-Ferrand : nous ne sommes que trois membres sur quinze de la tendance la plus à gauche. Je mettrai dix ans à devenir, au scrutin de liste, co-dirigeant d'une liste d'union. Fidèle à ma position constante de progressiste bien né, j'avais posé comme condition qu'il y ait au bureau autant de femmes que d'hommes (huit sur quinze à vrai dire). 93
94 94 Dès ce moment, fort d'une ligne syndicale ayant une vision d'avenir pour l'élévation de niveau du corps des institutrices et des instituteurs, j'en deviendrai le porte-parole auprès des ministres et des inspecteurs généraux. Le premier à nous entendre sera le président Edgar Faure. Dans une audience accordée à minuit, il reste lucide et se rend à nos arguments : les professeurs des Écoles Normales ne peuvent continuer dans ces établissements de formation à préparer les très jeunes normaliens au baccalauréat pendant trois ans et y ajouter un vernis somme toute assez superficiel de préparation au métier. Faire un instituteur en un an, c'est court ; de surcroît, le service post-baccalauréat de mes collègues les amène, en dehors de l'enseignement magistral, à courir dans des écoles primaires réparties sur tout un département. C'est cette nuit-là qu'il fut décidé que, sans modifier brutalement le recrutement de normaliens boursiers à la fin de la 3ème, les futurs instituteurs devront être titulaires du bac pour entrer dans l'établissement de formation. Dès 1971 (ce qui coïncide avec ma nomination comme directeur de l'école Normale départementale du Loir-et-Cher, alors en déshérence), les professeurs en place se consacreront uniquement à une tâche de formation, celle-ci étant portée à deux années. Entre temps, pendant ma période de responsabilité pédagogique au S.N.P.E.N. (Syndicat national des Professeurs d'école Normale), il a fallu combattre pour obtenir la formation continuée des instituteurs titulaires. Avant de l'affiner, j'avais copié le système original du Nord et fait admettre le principe du remplacement des titulaires par les élèves-maîtres au premier trimestre de leur deuxième année. Des stages d'initiation avaient naturellement préparé les futurs enseignants à tous les cours de la maternelle et du primaire. Parfois même, on leur faisait goûter le travail très particulier de la classe de fin détudes. Pour cette innovation, dont les instituteurs titulaires bénéficient encore, l'appui intelligent du recteur Gauthier avait été décisif : il avait compris l'intérêt de ces relais assez économiques après tout. De même, la formation accélérée des instituteurs-remplaçants, prévue par une loi que le ministère avait abandonnée, fut rétablie : des femmes et des hommes, simples bacheliers (près de la moitié du corps des enseignants du premier degré) avaient été mis dans des classes sans une seule heure de formation. Un correctif cependant : des conseillers pédagogiques venaient les dégrossir et parfois les sauver du découragement. Cette revendication avait été très mal perçue par le Syndicat national des Instituteurs (S.N.I.), qui voyait ainsi étalée au grand jour une situation insupportable dès lors quelle était publique. On ne me croirait pas si je disais que des négociations de couloir avaient suffi à obtenir ces progrès. Notre syndicat avait rédigé un document succinct mais explosif, que nous avions porté à tous les groupes de l'assemblée nationale (un document par élu). Ce fut assez épique, quand une Marie-France Garraud avait voulu faire barrage en ce qui concernait son groupe. D'autres furent plus accueillants, et c'est ainsi, pour la petite histoire, que j'ai rencontré l'ancien ministre Pierre Sudreau, que j'ai retrouvé plus tard comme maire de Blois. J'ai été reçu plus tard par Olivier Guichard (le baron Guichard, connu pour sa morgue). Il était néanmoins très réaliste et notre syndicat a pu le convaincre de faire deux avancées d'inégale importance, à savoir :
95 - implanter autour de Paris une École Normale dans chaque nouveau département : il commença par Livry-Gargan (Essonne) sur notre suggestion. C'était assez rocambolesque, car des décisions antidatées furent nécessaires, celle du Conseil général et celle du maire de Livry ; Olivier Guichard faisait semblant de s'offusquer devant ces entorses à la légalité ; - la seconde mesure, infiniment plus porteuse d'avenir, fut la reconnaissance du caractère particulier du service des formateurs. Ayant admis que les cours magistraux ne représentaient qu'une partie de leur travail auprès des formés, il réagit immédiatement : nous nous sommes mis d'accord sur un texte qui divisait les interventions en travail sur le terrain (6 heures hebdomadaires) et le reste selon le grade (12 heures pour les certifiés, 9 heures pour les agrégés, 11 heures pour les formateurs en arts plastiques et en éducation physique et sportive). En informant nos mandants de ce succès, nous pouvions leur montrer que leur tâche spécifique était reconnue et qu'on ne les confondrait plus avec l'enseignement des professeurs de lycée. Je passe sur une autre conquête correspondant à notre visée ambitieuse en faveur du délicat métier des maîtres que nous formions : il s'agit d'une coopération avec les professeurs de l'enseignement supérieur qui viendraient communiquer dans nos établissements les apports, les recherches, les méthodes dans leurs propres disciplines. En un mot, un vase communicant avec la science qui se fait! Je ne puis passer sous silence notre amertume en apprenant que les langues vivantes disparaîtraient du programme d'études. Aussi scandaleuse que fut cette décision arbitraire (elle venait de haut, de très haut), il fallait à l'évidence récupérer plus de deux cents postes pour les reverser dans le secondaire, qui en avait bien besoin. Mais c'est la justification inacceptable de ces suppressions de postes qui me laisse aujourd'hui encore une révolte inguérissable : le ministre, Georges Pompidou, affirmait de façon méprisante, que tout enseignement de langue vivante était inutile dans le primaire et que les normaliens n'en avaient donc pas besoin. Chacun peut sentir que pareille analyse allait contre l'avenir. Ce qui me heurta le plus, c'est que ce plaidoyer stupide (il dura plus d'une année avant qu'on ne nous fasse taire) était relayé par un agrégé d'anglais, que j'ai retrouvé plus tard après sa nomination comme inspecteur général des langues vivantes : c'était pour que vérité soit faite. Anecdotique? Alors qu'ils sont tous octogénaires, à l'exception de Robert Croisot (décédé accidentellement), je ne résiste pas à la tentation de parler à nos camarades amicalistes du destin de cinq élèves qui ont fréquenté, dans les années 95
96 trente-cinq, une école de garçons, l'école Jules Ferry - qui accueillait les enfants de la commune de Sainte-Savine, près de la «capitale de la Champagne». Tous avaient eu le même maître, Camille Guinot. Ils ont toujours considéré qu'ils lui devaient tout leur savoir, leur culture, leur éducation républicaine On est également surpris que ces cinq élèves du primaire, passés aussi par le lycée de garçons de Troyes et par Chaptal, aient pu entrer dans notre E.N.S. de Saint-Cloud juste après la Libération. Voici leurs noms : Robert Croisot, Albert Septier, André Paris, Jean Haremza, Henri Sylvestre. Pour mémoire, dois-je rappeler que nos promotions accueillaient moins de 20 élèves? Ma conclusion? Une école primaire a pu être une sorte de «prépa» quand le maître était exceptionnel. De l'autre côté de la ville de Troyes, une autre institutrice hissait ses élèves bien au-dessus de la moyenne habituelle de ces quartiers populaires ; elle s'appelait Adrienne Malterre. Sa fille aînée est entrée en 1946 à l'e.n.s. de Fontenay, et celles qui l'ont rencontrée savent qu'il s'agit de Lilette Haremza. Jean HAREMZA (47 L SC) 96 ****** 8 rue de Solférino, presto, presto À la fin des années soixante, l'immeuble, la salle de réunion et la cour que nous montre la télévision étaient partagées entre la F.E.N. et quelques bureaux de la C.G.T. Sans chercher à savoir comment l'immeuble est devenu siège central du P.S., je m'y retrouve lorsque les Syndicats de la F.E.N. en avaient la jouissance habituelle. Notre Syndicat s'était éloigné de la tendance majoritaire ; il était devenu plus délicat d'y avoir accès, sauf négociation avec le Secrétaire Général, James Marangé. Comme nous avions la certitude d'obtenir la présence de plusieurs journalistes pour notre conférence de presse, tout s'était rapidement arrangé. Le thème de notre exposé, c'était le recrutement insuffisant de nouveaux instituteurs. L'invitation avait été acceptée très rapidement ; il restait à préparer le dossier, ce qui n'était pas une mince affaire car aucun de nos élus n'habitait Paris. Dans ma petite chambre d'hôtel de la rue Le Goff, Josette J. qui partageait mes responsabilités pédagogiques, m'avait rejoint pour construire le texte à diffuser ; une mini-catastrophe m'a empêché de prendre des notes lisibles : plus d'encre dans la pointe Bic! En appuyant très fort, grâce à l'épaisseur du papier, le travail s'est fait «à la fortune du pot». Je me promettais d'aller au S.N.E.S. au petit matin et de dicter
97 notre argumentaire à une dactylo avant d'aller le photocopier à la Sorbonne. Tout ceci était très artisanal : comme le S.N.E.S. venait d'être conquis par la tendance Unité et Action, le personnel de bureau s'était affilié à F.O. pour saboter autant que faire se pouvait l'action de la nouvelle direction syndicale. Il n'était plus question de prêter la main à un syndicat qui n'appartenait pas à la ligne anciennement majoritaire. On ne pouvait tout de même pas m'interdire l'emploi d'une machine à écrire ; mais le temps passait et je me demandais comment être prêt pour onze heures. Il fallait faire prestissimo. Toujours sans aucune aide des camarades, je dus, d'une même enjambée, traverser le boulevard Saint-Germain et y trouver un serveur, une nappe et des boissons qu'on me proposait à un prix exorbitant. Un rabais de 50% fut arraché, à condition de rendre ce qui ne serait pas consommé! La conférence fut réussie, on avait eu chaud. Comme une ou deux photos avaient été prises, il était urgent de développer le cliché et de courir, presto, presto, à notre imprimerie dans le XX e arrondissement. Afin d'expédier notre compte rendu dans les académies. Le bureau de la rue du Louvre accepterait le pli jusqu'à minuit. Tout allait trop bien. La machine ad hoc de l'imprimeur était en panne, sans espoir de s'en servir. Prof de lettres j'étais devenu, mais manuel j'étais resté. Retroussant mes manches, j'empruntai un tournevis cruciforme, je dévissai le capot de l'imprimante : eurêka, le tambour était bêtement victime d'un bourrage. Interpellant une des ouvrières, j'eus bientôt une pince à épiler qui était l'outil miracle, à condition de sacrifier de la pellicule. Si on m'y autorisait. Bien entendu, on m'autorisa. Car cette panne, bien que ridicule, était extrêmement gênante. Je fouillai dans la tripe et tout fut extirpé manu militari. Triomphant sans modestie, je donnai le signal du redémarrage. Malheureux! Je n'avais pas coupé le courant et le patron ne se priva pas de m'engueuler. Démarrage en catastrophe, car il y avait une mini-catastrophe : toutes les lettres et les chiffres se superposaient! Il suffit de justifier, et le malheur n'était plus qu'un mauvais souvenir. Je trépignais un peu car ce qui sortait, c'était des actions de chez Rothschild. Mon tour vint enfin ; les feuilles toutes chaudes furent mises sous enveloppe. Au galop, et j'étais à la poste du Louvre à minuit moins cinq. Revenu à Douai dans la nuit, je fus réveillé vers huit heures : les correspondants académiques m'appelaient, qui de Marseille, qui de Strasbourg, en félicitant notre syndicat de son tour de force. C'en était un et je n'étais pas peu fier de la course d'obstacles menée presto, presto. Jean HAREMZA (47 L SC) 97 À l'école Normale de Blois 1971 : Jean Haremza est nommé directeur de l'école Normale de garçons à Blois, sans le passage obligatoire par une inspection départementale. Les deux Écoles Normales du département sont menacées de disparaître au profit
98 98 d'orléans ou de Tours. Jean Haremza assure la fusion des deux Écoles Normales sans éclats. Il est élu au Syndicat National des Directeurs d'école Normale (le S.N.D.E.N. qui deviendra S.N.I.P.R.I.A.) : chargé d'organiser des missions pédagogiques au Maroc, Jean Haremza effectue la première mission avec l'inspecteur général Marcel Rouchette ( ). À partir de cette date, l'école Normale départementale accueille, généralement sur la suggestion du ministère, des stagiaires étrangers venant de Dartmouth College, de l'université d'uppsala, des élèves professeurs de l'e.n.s. marocaine, des collégiens de Singapour, qui se répartissent ensuite dans différents collèges du département : ouverture du C.D.U. devenu Université du Temps Libre dans les locaux de l'école. Participation, la même année, au «Congrès international des Constructeurs de la Paix» à Varsovie, où Jean Haremza fait la connaissance de Yasser Arafat ( ) et de Mme Allende : accueil d'enseignants japonais venus en Europe pour observer la pédagogie dans trois villes, Londres, et Blois : célébration des 150 ans de l'école Normale de Blois en présence de Jean Teillac, haut commissaire à l'énergie atomique (et père de Catherine Bréchignac, 67 S FT) et de Mme le recteur représentant Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'éducation nationale. Les années 80 voient la création de la Classe Patrimoine Blois-Chambord en lien avec la Caisse des Monuments Historiques ; l'inauguration de la maquette en bois du château de Chambord conçue en priorité pour les malvoyants et utilisée aussi par tous les jeunes participants aux classes de patrimoine (élèves, collégiens, lycéens de France, d'italie, de Belgique, etc.) ; la participation active à l'association pour la Promotion des Classes du Patrimoine. Ces mêmes années, Jean Haremza est élu au bureau de l'amicale des Anciens élèves des E.N.S. de Fontenay et Saint-Cloud (devenue l'association des Élèves et Ancien(ne)s Élèves des E.N.S. de Lyon, Fontenay et Saint-Cloud). Il en a été vice-président puis membre d'honneur. Il organise, avec Lilette Haremza, 36 réunions régionales de normaliens, la dernière réunion de la «Régionale Centre», étant celle d'avril 2008, au Mans. Cette Régionale Centre est la seule Régionale ayant eu un calendrier régulier pendant plus de 20 ans et ayant connu un véritable et durable succès. Le principe était de participer à une visite le matin suivie d'un repas en commun. La découverte culturelle de l'après-midi avait un contenu plus souple permettant aux collègues les plus éloignés (certains venaient de loin) de reprendre la route du retour à l'heure qui leur convenait : une retraite active 1990 (mars) : retraite, qui permet de poursuivre beaucoup d'activités, dont des cours à Orléans, la relecture du bulletin de l'a.e. E.N.S. À Blois, Jean Haremza est membre du «comité des Sages», équipe particulièrement dynamique qui élabore des projets concernant Blois-2020.
99 : ses derniers courriers à Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, concernaient les écoles maternelles et leurs formateurs, les I.U.F.M. et la formation des maîtres. 20 mai 2008 : disparition brutale de Jean Haremza. Lilette HAREMZA (46 L FT) et Lucien SELLIER (56 S SC) Nous garderons tous le souvenir d'un homme éminent, très remarquable à tous égards, d'abord sur le plan professionnel et c'est déjà considérable, mais aussi sur le plan humain, amical. Pour ma part, j'ai rencontré Jean Haremza en 1981, cinq ans après ma sortie de l'e.n.s. de Fontenay et un an après mon installation à Blois au milieu d'une exposition sur «la fonction du poète». Il a fallu à Jean deux phrases pour aller à l'essentiel et quatre ou six pour susciter mon intérêt et ma curiosité pour l'établissement qu'il dirigeait, l'école Normale départementale de Blois. Je ne l'ai pas regretté, même si l'expérience me manquait, il le savait ; j'ai le sentiment d'avoir fait de mon mieux. Nous sommes restés en correspondance après mon départ de Blois, en 1992, et nous nous sommes ménagé quelques occasions d'agir de concert à Paris ou à Lyon dans un cadre associatif. J'ai appris immédiatement plusieurs choses décisives sur la qualité que peuvent atteindre une bonne administration, les échanges internationaux qu'elle permet, le processus de la prise de décision efficace et j'ai éprouvé ensuite la satisfaction de participer à des associations utiles, liées aux politiques éducatives à différents niveaux. À quoi reconnaît-on qu'un établissement est bien administré? Sans doute au fait qu'il est entièrement tendu au moins vers un but affiché, la réussite des élèves et des enseignants (l'une ne va pas sans l'autre) et que la maison est «bien tenue», selon le mot d'une rectrice qui visita l'école Normale. Par maison, on entendra les bâtiments et leurs abords, la bibliothèque et, d'une façon générale, la documentation et sa diffusion, ainsi que la circulation de linformation. À ce propos, Jean disait qu'il était inutile qu'un courrier administratif soit ennuyeux, et il pensait certainement la même chose des réunions. Autant veiller à la qualité des formulations et à celles des relations de travail. Son expérience de professeur de lettres et son souci de la langue, sa culture authentiquement européenne et son intérêt réel, encyclopédique, pour toutes les disciplines étaient sensibles à chaque instant. Cela posé, le dynamisme et la résistance aux lourdes charges de travail étaient obligatoires et l'évaluation de chacun permanente. Jean Haremza réunissait le lundi à 17 heures, tous les quinze jours, l'équipe de ses professeurs pendant deux heures, au moins. Il donnait les informations utiles et menait le jeu avec le sourire. Ces réunions se nommaient concertations et son objectif était -- je cite ses propos dans un couloir -- de «visser tous les boulons». Il recueillait ponctuellement des avis et tranchait, parfois de façon paradoxale. Il pouvait soutenir, par exemple, qu'il était plus juste de donner à 99
100 100 ceux qui demandaient (élèves-instituteurs ou professeurs) que de donner autant à chacun. Il restait attentif au moindre des talents virtuels des professeurs de l'école et s'interrogeait sur ce qui pourrait y suffire. Avec le recul, je vois maintenant qu'il s'agissait de nous encourager lucidement à entreprendre toujours davantage en mesurant ensemble risques maîtrisés et bénéfices collectifs, bien au-delà de l'établissement. C'est cet «au-delà de l'établissement» et sa hauteur de vue qui faisaient le prix de l'expérience. Cette collégialité et cette générosité étaient le plus souvent absentes des établissements que j'avais connus. Je ne donnerai qu'un exemple de projet réalisé qui a fait ses preuves, tant au service de la formation initiale et continue des enseignants qu'à celle des élèves de tous niveaux : Jean a soutenu le projet d'une maquette modulaire considérable du château de Chambord, actuellement déposée au château, destinée aux malvoyants et à tous ceux qui voulaient comprendre la structure idéale et la structure réalisée de ce chef-d'œuvre, lui-même modulaire, ou qui souhaitaient concevoir d'autres châteaux. Réalisée par une agence d'architecture, la maquette en bois, très soignée (elle reproduisait jusqu'aux pilastres et aux baies) et de grandes dimensions, coûtait le prix d'une vraie petite maison de Sologne et elle est toujours utilisée par une classe entière, vingt ans plus tard. Il avait fallu un peu d'éloquence pour assurer son financement mais aussi le soutien remarquable du Service éducatif de la Caisse des Monuments Historiques et des Sites d'alors. Le grand talent de Jean pour convaincre les autorités s'exerça aussi pour faire connaître l'objet et ses applications : il s'agissait bien de faire comprendre le patrimoine mondial et pas seulement d'ajouter un outil local. Jean Haremza a donc contribué à créer la classe du patrimoine des châteaux royaux de Blois et Chambord, en a assumé la direction le moment venu, puis il a pris des responsabilités au sein de l'association pour la Promotion des Classes du Patrimoine (A.P.C.P.). 1 Un autre dossier, celui des échanges internationaux, requérait son attention et lui permettait de déployer des talents remarquables. C'était toujours un honneur et un plaisir d'être associée, de près ou de loin, à la réussite de ces échanges. Chaque fois, on recevait une leçon de diplomatie assortie, auparavant, d'un bref exposé des objectifs, suivi d'un bilan et d'une évaluation rapide des interlocuteurs, bilan qui orientait de nouvelles négociations. Convaincu de diriger une école importante, et d'avoir des modèles «exportables» à proposer, Jean Haremza était très attentif, qu'il soit à Meknès ou au Luxembourg, aux liens institutionnels authentiques et durables qu'il pourrait tisser avec son école ou les établissements de son département. À la fin de sa carrière, Jean Haremza est revenu sur la marque qu'il a imprimée : «Revenant à l'école dans laquelle vous reprenez vos études, j'ai la fierté d'y avoir créé un courant irréversible d'échanges internationaux : cela a commencé, la même année 1972 par les États-Unis, la Corée, l'inde, la R.D.A, le Maroc, la Pologne. Et depuis nous avons accueilli Singapour, le Japon, la Hongrie, des équipes du Québec, des enseignants de Suède, du Bénin, d'haïti. Le Luxembourg devient un partenaire privilégié [ ]. Pour les futurs instituteurs du Loir-et-Cher, c'est un enrichissement considérable, d'autant qu'il y a, et qu'il y aura toujours plus, réciprocité. Carlyle souhaitait qu'on parle d'abord avec les morts ; puis, qu'on parle avec les vivants : que faisons-nous d'autre ici et maintenant?». 2
101 Ses proches savent sa fidélité aux interlocuteurs étrangers devenus des amis et sa cordiale courtoisie jamais démentie. La période de sa retraite a évidemment été très active à de multiples niveaux : enseigner, concevoir, conseiller, animer des groupes. Ses grands talents d'organisateur et ceux de sa femme, Lilette, ont permis la tenue tous les ans des Régionales en région Centre pour le compte de notre Association. Il prenait le temps aussi de relire et corriger nos bulletins avec acribie. Nous voulons dire à Lilette Haremza, à ses enfants, Isabelle et Sylvain, à ses petits-enfants, à ceux qui ont partagé sa vie, l'estime et l'affection qu'il suscitait et qui resteront vivantes dans les mémoires, ainsi que la tristesse que nous donne son absence. Christine de BUZON (71 L FT) 1 En 1992, Jean Haremza participa au colloque sur les classes européennes du patrimoine au château de Maisons : http.// Heritage/Pat_PC_34_fr.pdf 2 Je remercie Lilette Haremza de m'avoir communiqué ce passage. La nouvelle de la disparition si soudaine de Jean, que rien ne laissait présager, nous a atterrés, et nous avons encore de la peine à l admettre. Il nous était, en effet, toujours apparu si ouvert à la vie, si pétillant et débordant de vitalité malgré les vicissitudes de l âge, si bien surmontées que nous ne pouvions donc qu imaginer les longues années d activités qu il avait encore devant lui et comptait bien employer. Il y a peu de temps, il me confiait que deux choses essentielles n avaient cessé de compter pour lui : l amour (celui qu il portait à ses proches) et la formation des maîtres destinés à enseigner ; ce qui est résumer sa vie par deux vocations, qui ne sont pas sans rapport entre elles et se recoupent dans ce qu elles ont de commun : l esprit de générosité. Dans ses relations avec les autres, il n était avare ni de son temps, ni de ses ressources intérieures, qu il avait nombreuses. C est dire que, avec toute la vivacité de son relief, le souvenir de Jean restera vivant dans l esprit de ceux qui l ont connu et ont reconnu sa valeur et ses qualités. L image que nous garderons de lui est celle d un homme dont l intelligence aiguë était si bien liée à une sensibilité particulièrement réceptive qu il pouvait percevoir et comprendre très vite chez les autres le sens et la nature d un souci, d une angoisse, d un silence, d un questionnement ou, plus simplement, d une sollicitation ; il savait y répondre par une écoute attentive, par un verbe avisé et des actions pertinentes et efficaces qu il se sentait sans doute le devoir d entreprendre avec une sollicitude spontanée. C est ce sens de la responsabilité qui l a porté à élargir sans cesse le champ de ses activités, et cela jusqu à la fin, puisque, très peu de temps avant sa mort, cet infatigable et talentueux animateur m écrivait qu il venait d achever -- tâche ô combien ingrate -- la correction des épreuves d imprimerie du prochain 101
102 bulletin de l Association des Élèves et Ancien(ne)s Élèves des E.N.S. de Lyon, Fontenay et Saint-Cloud. De commerce très agréable, il savait spontanément se montrer convivial, et intarissable lorsqu il s agissait de débattre autour d une question, quelle qu en fût la nature, ou de raconter quelque anecdote savoureuse tirée de sa vie richement relationnelle, sur un ton coloré et avec une verve fleurie qui n appartenaient qu à lui. L existence de Jean a donc été -- près de son épouse Lilette, avec qui il formait un couple exemplaire -- bien remplie, sans jamais avoir été inutile : elle renvoie le reflet de mille facettes. Et sa disparition, qu il souhaitait (m avait-il souvent dit) aussi soudaine qu elle l a été, assis à sa table, a réussi à maintenir intacte l image de ce qu il fut jusqu au bout. Michel RIBON (45 L SC) 102 J'aurais pu connaître Jean en lorsque j'étais en math-élèm à l'e.n. de Douai où il exerçait, d'autant que plusieurs de mes professeurs, Cloutiers eux aussi, le connaissaient bien. Et nous nous sommes sans doute croisés dans les galeries... C'est au cours des années 70 et 80 que j'ai un peu connu Jean, lorsqu'il assistait régulièrement aux assemblées générales de l'amicale de Saint-Cloud, et intervenait d'une façon constructive, concernant en particulier l'avenir de notre École. Lors de la fusion avec l'amicale de Fontenay, il nous a rejoint au Conseil d'administration puis au Bureau, et, tout de suite, il a proposé d'organiser des rencontres dans la région Centre : la première a eu lieu en juin 1990 dans son E.N. de Blois, et, devant l'enthousiasme suscité et le charisme de Jean, les participants l'ont encouragé à poursuivre dans cette voie. Avec l'aide de Lilette et parfois de quelques autres anciennes et anciens, il a fort heureusement persévéré ainsi trente-six fois, et j'ai souvent rendu compte de ces sorties dans notre bulletin. Une grande variété de sites et de thèmes, à la satisfaction de tous : un véritable sacerdoce, cela dit sans vouloir décourager des successeurs éventuels. Au cours de ces sorties régionales, mais aussi au cours des séances du Conseil, j'ai pu mieux connaître Jean et l'apprécier. Sa grande expérience et sa diplomatie ont permis d'avancer et de se sortir parfois de discussions qui s'égaraient. Le Conseil lui en a été reconnaissant en le nommant «Membre d honneur de l Association». De plus, linguiste rigoureux, il assurait (et encore pour le dernier Bulletin), les corrections orthographiques, grammaticales et stylistiques. Comme je m'occupais du bulletin, que j'étais trésorier et participant aux sorties régionales, nous étions en contact permanent. C'est toujours avec efficacité et plaisir que nous bavardions au téléphone, presque chaque semaine, souvent très longuement, mais avec une grande satisfaction réciproque : à propos de l'association, du Bulletin, mais aussi de bien d'autres questions où son érudition et sa compétence m'apportaient beaucoup, d'une manière détendue, avec quelques blagues ou anecdotes qui rendaient la vie plus agréable. Étant tous deux issus de milieux prolétaires, nos points de vue sociaux et
103 politiques convergeaient : nous partagions beaucoup des valeurs que nous avaient données nos parents et l'école de la République. Lorsque j'ai appris le départ de Jean, en revenant d'une sortie en Charente avec mes anciens camarades normaliens d'amiens, j'ai eu la gorge serrée, l'incompréhension et le vide qui s'installaient, la perte d'un ami et d'un référent, d'un homme si généreux et si disponible. Bien des fois je pense à lui, en particulier quand une question se pose pour laquelle je lui aurais demandé son avis. Je reste proche de Lilette, et c'est avec elle que nous coordonnons cet hommage. Merci, Jean, pour tout, tu restes dans nos cœurs. Lucien SELLIER (56 S SC) J'ai fait la connaissance de Jean après mon entrée au Conseil d'administration, en Rapidement, malgré les différences liées notamment à l'écart de nos générations, j'ai ressenti de la sympathie pour cet homme d'un physique imposant, mais qui en imposait surtout par sa forte personnalité, parlant bien et intelligemment, s'exprimant avec facilité mais jamais pour ne rien dire, et dont émanait une très grande chaleur humaine. Il me rappelait irrésistiblement par son physique, sa chaleur, sa faconde, la charge de souvenirs d'un monde passé et coloré qui l'habitait et qu'il savait si bien faire revivre, mon professeur de piano d'origine russo-polonaise! Nous avons sympathisé -- je crois pouvoir le dire au moins en mon nom (mais je suis sûr que c'était réciproque) --, au cours de discussions malheureusement limitées dans le temps, à l'occasion de réunions de C.A. et d'a.g., dont il était un fidèle et actif habitué, d'excursions de la Régionale ligérienne (qu'il animait avec tant de dynamisme et d'imagination, secondé par Lilette), de discussions téléphoniques qui s'étaient multipliées depuis que je m'occupais du Bulletin, dont il était un correcteur d'épreuves pointilleux et clairvoyant. Après le décès de sa mère, il m'avait fait part de ses doutes quant à une survie personnelle qu'il n'imaginait plus très longue. Étonné et peiné, je contestais ces idées funèbres, qui me choquaient car il me paraissait solide comme un roc, et surtout parce que je le sentais devenu quelque peu incertain, ce qui ne «collait» ni à son apparence, ni à sa nature profonde. Je lui faisais valoir -- pauvre argument -- que sa mère étant devenue centenaire après une vie pourtant difficile, il devait certainement avoir hérité de quelques «gènes de longévité» Pourtant, lors de la sortie de la Régionale au pays de Racan, le 8 octobre 2006, plus précisément au cours de l'inoubliable visite de l'abbaye de la Clarté-Dieu, en ce bel après-midi d'automne, j'ai ressenti la pénible surprise de constater qu'il avait du mal à suivre le groupe, s'asseyant fréquemment. Je m'en suis étonné : il me répondit qu'il souffrait simplement d'un genou, ce qui me rassura un peu. 103
104 Fidèle adepte des sorties de cette Régionale, j'emporte cependant l'amer regret de n'avoir pu participer à la sortie de la Régionale au Mans, le 5 avril 2008 : «sa dernière sortie» J'ai été parmi les premiers à avoir été averti de son décès brutal par sa courageuse Lilette. Quelques jours auparavant, il avait corrigé avec minutie les épreuves du bulletin : son nom figurera pour la dernière fois au bas de la page 2, parmi ceux des relecteurs. Adieu, Jean! Tu resteras dans ma mémoire un «grand bonhomme», expression affectueuse du grand respect et de la profonde sympathie que je portais à ta personne et porte à ton souvenir. Georges HAREND (63 S SC) 104
105 MÉMORIAL Claude AFCHAIN ( ) Promotion 1957, Sciences, Saint-Cloud Nous étions en Languedoc avec Claude Afchain il y a quelques semaines, face aux Cévennes et au mont Carroux. Avec son indescriptible accent parisien, Claude commentait en géologue de terrain ce paysage qu il avait l habitude de présenter à ses étudiants ; au fond, les schistes, sous nos pieds les roches sédimentaires plus récentes ; les failles dont il suivait du doigt la trace dans le paysage et le village de Saint-Chinian, où l on sait utiliser le contraste de ces tènements pour produire des vins de qualité. L air était léger et je bénissais le hasard qui avait fait choisir, à ce gamin de Paris, le Languedoc pour l habiter. Mon ami m apportait là, en quelques mots précis, 700 millions d années de l histoire de ces terres que j avais si souvent foulées, vendangeant ou travaillant la vigne. Puis l invraisemblable, l improbable, l inimaginable est arrivé. Quelques jours plus tard, Claude a glissé sur une pierre du barrage de son moulin de Lissart, dans l Aveyron, et nous sommes réunis aujourd hui (25 septembre) pour ses obsèques civiles à Pontchartrain. En présence d Annie, son épouse, de ses enfants, petits-enfants, nombreux amis de l école primaire d Aubervilliers, de collègues des Universités de Paris et d Orsay, d anciens élèves de la préparation à l agrégation de Saint-Cloud, nous avons évoqué les dons exceptionnels de Claude. Sa façon d allier la précision à la désinvolture, de réunir dans ses commentaires concision et ironie ; son exquise civilité liée à son profond respect de l autre quel qu il soit, son art apaisant de faire retomber les querelles sont revenus dans les conversations, rappelés tant dans sa famille que par ses amis, élèves ou collègues. Pour quelques familiers, c était aussi la fin de l épopée des trois mousquetaires de la géologie, Claude Afchain, Roland Dubois et Jean-Charles Fontes (dit J-C dans le trio). Ils ont été complices dès leur entrée à Saint-Cloud, collaborateurs dans leur domaine en Calabre, mais la vie les a progressivement séparés. Jean-Charles est décédé en 1994 à la suite d un accident de voiture, et Roland nous a quittés en Merci Claude, Roland et J-C, pour les bons moments que nous vous devons. Paul BERREUR (56 S SC) 105
106 106 Jeanne BIARD ( ) Promotion 1928, Sciences, Fontenay «Un témoin de l'histoire de l'ens Fontenay» Le bulletin n 2 de 2007 a annoncé avec sobriété le décès de Mademoiselle Biard qui fut professeur de mathématique à Fontenay de 1935 à C'est pour moi un devoir, à la fois amical et historique, d'évoquer sa personnalité et son rôle à un moment important de l'histoire de l'e.n.s. de Fontenay. Jeanne Biard avait été nommée très jeune au poste de professeur-adjoint pour les mathématiques en 1935, soit 5 ans après sa sortie de l'école. Pendant près de 10 ans, jusqu'à 1944, elle a transmis aux promotions qui se sont succédées, outre son savoir en mathématiques, les valeurs fondatrices de l'e.n.s. de Fontenay : laïcisme (au sens noble du terme), respect des autres, rigueur scientifique et morale, fidélité à la mission de former des professeurs d'école Normale d'institutrices et de préparer ainsi le socle de l'éducation Nationale de la III ème République, dans la continuité de ses Fondateurs, Paul Bert, Jules Ferry puis Félix Pécaut, fondateur de notre E.N.S de Jeunes filles en L'année 1944, si décisive pour l'avenir de notre pays occupé, marque aussi le début d'une évolution de l'école, qui allait se poursuivre pendant des lustres. En effet les promotions 1943 (dont je faisais partie dans la section Physique-Chimie-Sciences naturelles) se sont vu offrir le choix suivant : soit poursuivre leur scolarité dans le cadre habituel, c'est-à-dire deux ans d'enseignement sur place terminés par le concours du professorat, soit préparer les certificats d'une licence d'enseignement à la Sorbonne, suivis par le concours du professorat. C'était une révolution, une ouverture vers l'extérieur! Les choix parmi nous n'ont pas été unanimes. J'ai opté, ainsi que plusieurs de mes camarades pour l'enseignement en Sorbonne. Après avoir passé le concours du C.A.P.E.S., deux d'entre nous ont obtenu une bourse de 3 ème année pour préparer l'agrégation de Sciences naturelles à l'e.n.s. de la Rue d'ulm, titre que j'ai obtenu en juillet Je voudrais souligner que ce changement dans la structure des études n'était pas encore l'éclatement de l'école. En effet, les cours en Sorbonne n'étaient pas aussi pléthoriques qu'ils le sont devenus plus tard. L'enseignement était complété à l'école par des conférenciers spécialistes invités, nous disposions d'une bibliothèque, de temps pour lire, et nous étions 5-6 par promotion!!! Notre professeur-adjoint complétait l'enseignement théorique et assurait notre formation pédagogique amorcée dans les Écoles Normales d'institutrices dont nous étions pour la plupart issues. Nous étions toujours internes et la vie quotidienne commune avec des littéraires, des historiennes, des linguistes était un réel facteur d'enrichissement culturel, qui a disparu plus tard avec la séparation des Écoles scientifiques et littéraires
107 N'étant pas mathématicienne, je n'ai vraiment connu Mademoiselle Biard qu'à partir d'octobre 1948, lorsque je suis revenue à l'école comme professeur adjoint en Chimie et Sciences naturelles, puis agrégée-préparatrice de Sciences naturelles. À partir de cette date, Mademoiselle Biard (c'est ainsi que je l'ai toujours appelée) a d'abord été un mentor admiré, puis au fil des années une amie. Elle avait à cœur de maintenir les valeurs traditionnelles de École, mais elle comprenait le caractère inéluctable d'une évolution dictée par l'histoire. Elle percevait que cette évolution conduirait tôt ou tard à un abandon des bases qui ont fondé l'enseignement primaire de la III ème République. Ce que la suite a bien vérifié. Pendant ces sept années de vie professionnelle passées à son contact, j'ai découvert et admiré son humanité, dissimulée sous une froideur et une sévérité apparentes. Elle assurait une responsabilité professionnelle et morale vis-à-vis de ses élèves mathématiciennes, toujours prête à les recevoir dans son bureau pour une aide, un conseil, un encouragement. J'ai découvert aussi sa nature à la fois réservée et passionnée, deux traits de caractère apparemment contradictoires qu'elle parvenait à maîtriser. Sa personnalité s'enrichissait d'une sensibilité et d'une culture artistique et littéraire qui s'exprimaient hors de l'école : mélomane, musicienne, curieuse d'un monde qu'elle a parcouru à la fin de sa carrière. Je lui dois beaucoup aussi à cet égard. Jeanne Biard : un destin austère et solitaire, une personnalité exceptionnelle par sa rigueur et sa richesse intérieure, un personnage hors du temps. Andrée TIXIER-VIDAL (43 S FT), Directeur de Recherche honoraire CNRS. 107 J'ai connu un peu Mademoiselle Biard, lorsque j'étais examinateur au concours d'entrée à Fontenay. Sa haute taille en imposait, mais sans doute moins que sa compétence et son dévouement. Bien qu'un peu distante, elle savait nous mettre à l'aise au cours de conversations particulières. Elle était l'un des piliers de l'école, où elle avait laissé un excellent souvenir. Ayant occupé pendant de nombreuses années le poste de secrétaire de l'amicale des Fontenaysiennes, et bien que retraitée, c'est avec un pincement au coeur qu'elle a vu la séparation des scientifiques et des littéraires de la plus ancienne des E.N.S. féminines. Depuis plusieurs années elle était retirée dans sa famille en province et nous avions de ses nouvelles de temps à autre. Lucien SELLIER (56 S SC) Nos autres deuils Marie-Hélène BARDOU née SAURAT (43 L & 69 I FT), décédée le 4 août Suzanne BRELOT née BOUVEYRON (34 L FT), décédée le 17 janvier 2008.
108 Jacqueline-Carol COUSIN née GARNIER (68 S FT). Simone COMOY née PROST (39 S FT), décédée le 5 mars 2008 Omar DIOP-BLONDIN (66 L SC), décédé en Jean S. HAREMZA (47 L & 55 I SC), décédé le 20 mai Alain LACROIX (70 L SC). Georges LAPASSADE (54 I SC) décédé le 30 juillet 2008, à Stains (93). Albert RAPINI (64 S SC), décédé le 2 juillet Émile RENVAZÉ (31 S SC), décédé le 20 septembre 2008 à Amiens. 108
109 FICHE D'ADHÉSION à faire parvenir à Marc DAUMAS, Trésorier adjoint, 20 avenue de la Prade, THUIR NOM D'USAGE (marital) :... Prénom :... NOM DE NAISSANCE (patronyme) 1 :... Né le / / à (localité) :... Département n ou pays :... Adresse personnelle 2 : lieu-dit :... >>> Rue :... >>> Code postal : Localité :... Téléphone :... Courriel :... Promotion d'entrée : Année École : FT / SC / LY / SH Discipline d'entrée :... Spécialité actuelle :......>>> Titres (doctorat, agrégation,...) :...>>> Profession :... Type de recherche :......>>> Cadre de recherche :......>>> Informations complémentaires... au verso >>> Date : Signature 109 (1) Indiquez en le soulignant le NOM qui, dans l'annuaire, doit être suivi de l'ensemble des informations vous concernant et auquel le courrier vous sera adressé. (2) Adresse qui figurera dans l'annuaire et à laquelle vous recevrez publications et courriers de l'association.si vous désirez que votre adresse personnelle / courrier ne soit pas publiée, précisez-le et donnez-nous alors une autre adresse qui, seule, sera publiée. Si nécessaire, complétez au verso >>> COTISATIONS DE L'ANNÉE EN COURS : voir BULLETIN > ESPACE ADHÉRENTS
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111 FICHE DE MISE À JOUR DE L'ANNUAIRE - camarade déjà adhérent(e) - à faire parvenir à Virginie SÉCHÉPINE, 100 rue d'alésia, PARIS (ou par courriel : [email protected]) NOM D'USAGE (marital) :... Prénom :... NOM DE NAISSANCE (patronyme) 1 :... Né le / / à... Département n ou pays:... Adresse personnelle 2 : lieu-dit :... >>> Rue :... >>> Code postal : Localité :... Téléphone :... Courriel :... Promotion d'entrée : Année École : FT / SC / LY / SH Discipline d'entrée :... Spécialité actuelle : >>> Titres (doctorat, agrégation,...) :...>>> Profession : >>> Type de recherche :......>>> Cadre de recherche : >>> Informations complémentaires >>>...au verso >>> Date : Signature 111 (1) Indiquez en le soulignant le NOM qui, dans l'annuaire, doit être suivi de l'ensemble des informations vous concernant et auquel le courrier vous sera adressé. (2) Adresse qui figurera dans l'annuaire et à laquelle vous recevrez publications et courriers de l'association.si vous désirez que votre adresse personnelle / courrier ne soit pas publiée, précisez-le et donnez-nous alors une autre adresse qui, seule, sera publiée. Si nécessaire, complétez au verso >>>
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113 FICHE TRAVAUX ET PUBLICATIONS Fiche à adresser à Georges HAREND, 28 rue de la Princesse, LOUVECIENNES (ou > courriel : [email protected]) Pour la structure des textes à publier, voir ESPACE ADHÉRENTS S'il vous plait, n'envoyez ni textes ni illustrations sous.pdf NOM et Prénom du répondant Promotion Discipline.... AUTEUR(S) : NOM(S) ET PRÉNOM(S), PROMOTION(S) *.. TITRE DE L'OUVRAGE Lieu d'édition Éditeur Date Nb de pages Prix AUTEUR(S) : NOM(S) ET PRÉNOM(S), PROMOTION(S) *... TITRE DE L'OUVRAGE Lieu d'édition Éditeur Date Nb de pages Prix... * Exemples de formulation «standard» : 70 S FT, 57 L SC, 02 S LY, Si vous désirez signaler d'autres publications, faites-le à partir d'une photocopie ou bien au verso de cette fiche ou par courriel (selon le même schéma)! BULLETIN AE ENS 2006 N 2
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