C E N T R E H O S P I T A L I E R U N I V E R S I T A I R E D ' A N G E R S Simulation en santé Outil de gestion des risques 1
La Simulation : définition 2 Le terme «simulation en santé» correspond à l utilisation d un matériel (comme un mannequin ou un simulateur procédural), de la réalité virtuelle ou d un patient standardisé, pour reproduire des situations ou des environnements de soins, dans le but d enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et de répéter des processus, des concepts médicaux ou des prises de décision par un professionnel de santé ou une équipe de professionnels House of representatives USA 111th congress 02.2009
3 Introduction La simulation permet d apprendre sans risque pour le patient «Simulation procédurale» La simulation permet de mieux apprendre à travailler en équipe: «Simulation Haute fidélité» La simulation peut permettre d entrainer efficacement les équipes à gérer le facteur humain: «Sécurité attitude»
4 La simulation procédurale «Jamais la première fois sur le patient» Travailler en simulation pour apprendre et s entrainer sur des procédures de soins Courbe d apprentissage rapide Évaluer les compétences techniques Pas de risque ni pour le patient ni pour le professionnel
La Simulation procédurale 5
La simulation Haute fidélité 6 Déroulement d une séance de simulation
7 La simulation Haute fidélité Mettre en situation les équipes autour de scénarios réalistes bâtis autour d un ou plusieurs objectifs La simulation pour améliorer le travail en équipe (synergie) Utiliser les IAS ayant fait l objet d une analyse de causes racine pour écrire le scénario Débriefer pour une auto confrontation et une meilleure appropriation des connaissances du fait de la situation vécue Utiliser des scénarios de complexité croissante pour mesurer leprogrès Proposer une fiche d aide à la progression Réaliser une enquête de pratique à distance
8 SIMULATION HAUTE FIDELITE 8
S entrainer individuellement ou collectivement en simulation à récupérer les erreurs «Sécurité attitude» 9
Garantir la sécurité du patient n est pas qu une affaire de spécialistes 10 Mettre en place les démarches d analyse de risques a priori sur les processus sensibles pour encadrer les situations dangereuses Réaliser les analyses de causes des évènements indésirables graves associés aux soins pour exploiter le retour d expérience Mais aussi : mettre en œuvre des actions de récupération des erreurs
les situations à risque d erreur élevé La pression du temps, et l urgence 11 Une trop forte ou trop faible activité Une trop grande ou trop faible confiance en soi Une activité habituelle et routinière ou un manque d expérience (novice, apprenant, nouvel arrivant) Une activité longue laborieuse engendrant une fatigue ou un stress élevé Les rôles et fonctions des intervenants peu clairs Un changement dans la planification ou les conditions d intervention Une activité à fort enjeu ou à risque élevé Une action irréversible au sein de l intervention Une activité complexe,impliquant des acteurs multiples Des interruptions fréquentes et une perte de vigilance
12 les situations à risque d erreur élevé La pression du temps, et l urgence Une trop grande ou trop faible confiance en soi Une activité habituelle et routinière ou un manque d expérience (novice, apprenant, nouvel arrivant) Les rôles et fonctions des intervenants peu clairs Un changement dans la planification ou les conditions d intervention Une évolution récente de la procédure Une activité à fort enjeu ou à risque élevé Savoir repérer ces situations au quotidien Déclencher la Sécurité attitude! Une action irréversible au sein de l intervention Une activité longue laborieuse engendrant une fatigue ou un stress élevé Une activité complexe,impliquant des acteurs multiples Des interruptions fréquentes et une perte de vigilance Une trop forte ou trop faible activité
Les pratiques à entrainer en simulation 13
14 Le pré job prébriefing Pour se préparer collectivement ou individuellement à l action Pour anticiper les problèmes possibles et leurs solutions Une infirmière et un interne s apprêtent à pratiquer une ponction lombaire chez un patient difficile, ils s organisent avant de commencer, distribution des tâches, disponibilité du matériel résultat attendu pour le patient, les risques potentiels (douleur, agitation), les évènements qui pourraient perturber l acte, les parades possibles, ils font appel au souvenir de leur expérience passée en présence de ce patient Les professionnels doivent donc dialoguer pour s organiser, pour définir les points de surveillance, les parades possibles, les interactions entre eux, le retour d expérience dans une situation similaire
L auto Contrôle c est le contrôle par l exécutant lui même sur l action qu il va réaliser Garantir l adéquation entre l action prévue et le matériel sollicité AVANT de passer à l action 15 Je vérifie la disponibilité et l adéquation des matériels avant de réaliser un sondage urinaire chez un patient C est un acte professionnel : je suis la procédure à haute voix et vérifie en parallèle à haute voix les étiquettes des matériels dont je dois me servir (quoi, référence, date de péremption..) Quand : A réaliser pour toute tâche sensible où l opérateur se trouve seul
Le contrôle croisé C est l action de contrôle des actions vitales par un deuxième acteur avant la poursuite de l action 16 Quand : la réalisation d actions ou de séquences d actions peut aboutir à des conséquences graves si elles sont réalisées de façon incorrecte et pour lesquelles il n y a pas de marche arrière possible Ma collègue infirmière vérifie après moi et de manière indépendante le paramétrage de la seringue électrique lors de l héparino thérapie du patient, débit, place de la virgule, mais aussi que, lors du geste de ma collègue il n y a pas de problème de procédure d hygiène (superviseur) Intérêt : Bénéficier du regard et du contrôle (bienveillant) de l autre avant action ou saisie d un paramètre critique Dernier regard d un tiers avant validation
La Check List Liste qui permet de vérifier que les actions essentielles prévues ont bien été effectuées 17 Quand : avant action il s agit de vérifier que les pré requis indispensables à la sécurité sont bien disponibles Je m assure à haute voix que l ensemble de l équipe de bloc opératoire partage bien la même information sur le patient : identité du patient, côté à opérer, vérification des paramètres hygiène (bijou, douche, champ) Intérêt: avant une action irréversible il s agit de s assurer une dernière fois de la bonne configuration du système
La communication sécurisée Une action de communication (geste ou parole) qui permet de s assurer que le message transmis a bien été compris Pour garantir la transmission orale d une information Claire, Complète et Ciblée (3C) 18 Émission du message: «François, prépare moi 1 CC d atropine IV» (message clair, complet et ciblé, interlocuteur désigné) Répétition du message : «je prépare 1 CC d atropine IV» (répétition du message à l identique dans son intégralité) Confirmation par l émetteur: «OK» (l émetteur confirme de façon simple que le message reçu a bien été compris par le destinataire Intérêt: renforcer la mémorisation de l intervenant Quand: pour tout transfert d informations critiques (bloc, anesthésie..)
19 La gestion de l interruption de tâche Mise en place d une organisation du travail qui permet de lister les tâches critiques ne devant pas être interrompues Myriam IDE réalise le contrôle de la douche pré opératoire avec la patiente Mme. Dupont, Elle est sollicitée par sa collègue pour soulever un malade obèse. Elle y va, Apres plusieurs minutes elle reprend une autre activité et oublie de terminer le contrôle de la douche. La patiente par au bloc avec ses boucles d oreilles.
20 La gestion de l interruption de tâche L opérateur doit pouvoir refuser de se laisser interrompre Sinon il doit gérer l interruption en utilisant la «minute d arrêt» Repérer le point précis de son interruption Reprendre l identification complète du matériel, du produit, du consommable, du médicament prescription,voie d administration.. Recommencer au point précis de l interruption (si inconnu reprendre entièrement la procédure)
Le No Go Autoriser l arrêt sur simple doute de l opérateur 21 C est permettre à chacun de pouvoir interrompre le processus en cours et de pouvoir poser la simple question «j ai un problème» «j ai un doute» «je ne maîtrise plus» «-on est à 72H de traitement, je ne suis pas sûre que le médecin à réévalué le Traitement ATB de M. Durant, à ton avis je continue? -A ta place j irais demander une confirmation au Dr Dupont, je sais bien qu il n est pas facile mais cela vaut mieux. Pour le patient». Intérêt: donner confiance aux opérateurs pour pouvoir interrompre un processus pour lever un doute Éviter la «tunnélisation» qui pousse à poursuivre malgré les alertes (erreur de fixation) Pouvoir faire appel à des ressources extérieures (appel à l aide)
La délégation contrôle Lors d une délégation de tâche c est la démarche du rendu compte Contrôle par les deux acteurs, la responsabilité reste au délégataire Permettre en toute sécurité une latitude pour certaines délégations de tâches IDE va poser une perfusion chez un patient, appelée à l aide ailleurs, elle délègue à l élève. À son retour elle demande à l élève de lister les éléments réalisés et contrôle leur qualité 22 Intérêt: Utilisée lors de situations particulièrement tendue, Lorsque la délégation est réglementairement possible Lors de la formation initiale
Le travail en binôme: la répartition des tâches Répartition réfléchie et formalisée quand plusieurs opérateurs sont impliqués 23 Travailler en toute sécurité pour éviter les doublons et les oublis Optimiser la charge de travail de chacun Rendre synergique le travail en équipe La réfection de pansement de M. Y doit être réalisée tous les jours, Camille IDE du matin pense que c est sa collègue qui réalise ce contrôle, de son côté Sylvie l autre IDE du service est persuadée que c est sa collègue qui l a fait, en effet hier c est ainsi que cela s est passé. Le pansement ne sera refait que 2 jours plus tard Intérêt: lors de toute activité avec plusieurs acteurs Entre opérateur confirmé et stagiaire
24 Conclusion Une méthode très efficace pour ancrer les connaissances et les compétences, entrainer les bon réflexes, du fait du vécu expérientiel Intéresse la formation initiale et continu : outil reconnu pour le DPC par la HAS Pas de risque ni pour le patient ni pour le professionnel (droit à l erreur) Inconvénient : le coût, peu de stagiaires, beaucoup de formateurs! Nécessite des compétences spécifiques de formateur
Et j aurais aimé vous parler de: RMM et CRX simulés Annonce d un dommage associé aux soins Mais c est une autre histoire