«Démarche participative & Méthodes de concertation» Annexe au guide d Accompagnement à l élaboration du PEDT Préambule Ce document a été construit en complément du «Guide d accompagnement à l élaboration du PEDT» afin d accompagner les collectivités territoriales qui mettent en place la réforme sur les rythmes scolaires et qui ont choisi de rédiger un projet éducatif territorial (PEDT). Dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme, chaque collectivité pourra constituer un comité de pilotage. Cet outil a pour objectif de présenter différentes manières de se concerter afin de favoriser les échanges entre les différents membres du comité de pilotage et d ainsi élaborer le PEDT dans une réelle démarche participative. Ces techniques ne sont que des pistes de travail et ne revêtent bien évidemment aucun caractère obligatoire. Remarque : Afin de vous permettre de mieux vous approprier ces techniques de concertation, la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) du Loiret, en partenariat avec la Direction des services départementaux de l éducation nationale (DSDEN) et la Caisse d Allocations Familiales (CAF) du Loiret, organisent en parallèle des journées de formation (gratuites), animées par la SCOP L Engrenage (dates et lieux à préciser). 1 Mise à jour : 14 octobre 2013
Avant toute chose : créer un cadre propice à la participation La concertation commence par le cadre que l on pose pour les débats. Loin d être anecdotiques, les éléments qui suivent permettent de favoriser la libre parole, de faciliter les échanges et d encourager la participation de tous aux débats. Un bon aménagement de l espace favorise et influence le comportement des personnes et les relations entre celles-ci. La disposition des tables peut se faire en fonction du nombre de participants et de l objectif de la réunion : - des tables en U : favorisent les échanges - des tables rondes type cabaret : favorisent le travail en petit groupe et permettent la convivialité entre les personnes. La prise de parole entre les participants doit être égalitaire car certaines personnes étant plus à l aise à l oral que d autres, elles ont tendance à monopoliser la parole. Pour cela, on peut désigner un animateur qui sera en charge de distribuer la parole. Cet animateur peut par ailleurs avoir recours à d autres techniques : - le bâton de parole, qui permet de symboliser la parole : la personne qui détient le bâton est la seule à pouvoir parler, les autres écoutent sans l interrompre ; une fois sa prise de parole terminée, elle donne le bâton à une autre personne qui souhaite s exprimer. - le système de tickets : chaque participant détient trois tickets ; à chaque prise de parole, il rend un de ses tickets ; une fois qu il n a plus de ticket, il n a plus le droit d intervenir. La gestion du temps permet de conserver la motivation et l implication des participants. Les travaux en petits groupes : les réunions en grand groupe peuvent être parfois intimidantes pour certaines personnes mal à l aise à l oral ; celles-ci n osent par conséquent pas s exprimer en grand groupe, alors que leurs idées/suggestions/remarques permettraient d enrichir les débats. Les travaux en petits groupes favorisent au contraire les échanges, l expression de chacun, les débats, l écoute attentive ; ils permettent en outre souvent d avancer de réelles pistes de solutions, qui pourront ensuite être partagées en réunion plénière. 2 Mise à jour : 14 octobre 2013
Méthodes de concertation et de conduites de réunion participatives : L objectif de ces méthodes est d amener les participants à être réellement acteurs des réunions. Cela permet également d adapter la forme des débats à l objectif recherché. Formes de débats permettant à chacun d exposer ses idées pour arriver à un consensus, dans le respect de chacun Le débat butiné : une même problématique est donnée sur plusieurs petites tables qui accueillent chacune un petit groupe. Chaque groupe désigne un(e) secrétaire qui prend des notes pendant le débat. Après quelques minutes de débat, tous les secrétaires changent de table et font le compte rendu de ce qui s est dit au sein de leur précédent groupe. Ensuite, le débat reprend avec un nouveau secrétaire qui à son tour changera de table une fois le temps des échanges terminés. On continue de procéder ainsi jusqu à ce que tout le monde ait changé une fois de table. Ce dispositif permet de connaître les arguments de chacun sur un thème donné pour, à la fin, arriver à une délibération commune. Par exemple, lors de l élaboration du PEDT, vous pourriez mettre en place un débat butiné pour débattre autour du choix du jour de la 9 e demi-journée (mercredi matin ou samedi matin?). Le grodébat : à l inverse du débat butiné, ce débat implique plusieurs thématiques réparties sur plusieurs tables. Sur chaque table, il y a un animateur qui distribue la parole et un secrétaire qui prend des notes afin d effectuer un compte-rendu de ce qui se dit à la table. Chaque participant peut changer de table quand il le souhaite. Exemples de problématiques liées à un PEDT qui pourraient être débattues à travers un grodébat : 1. Quelles activités proposer aux enfants? 2. Quels intervenants peuvent intervenir lors de ces activités? 3. Faut-il une participation financière des familles? Si oui, sur quels critères va-t-on se baser? 4. Etc. Le débat en étoile : un grand groupe est séparé en petits groupes, qui débattent chacun sur une même thématique pendant un temps limité (exemple : 20 minutes), en désignant chacun un rapporteur. Ensuite, l ensemble des participants s installe en cercle ; les rapporteurs des groupes s assoient au centre et présentent aux autres les propositions qui ont été émises par leur groupe ; à cette étape, seuls les rapporteurs peuvent s exprimer (les autres participants écoutent, prennent des notes, mais n interviennent pas) ; les rapporteurs essaient de trouver un consensus ; ils doivent cependant respecter ce qui a été proposé dans leur groupe ; au besoin, ils demandent à retourner échanger avec leur groupe en prenant en compte ce qui a été évoqué en grand groupe. On reconduit ainsi le débat jusqu à une décision commune soit prise. cette méthode permet de mieux s écouter les uns et les autres, et de parler au nom du groupe et non en son propre nom. Elle permet également de trouver un consensus. Ce type de débat peut être par exemple utilisé pour choisir les activités qui pourraient être mises en place sur les temps périscolaires. Ou encore, pour décider de l organisation des journées et de la semaine scolaire. Il peut être intéressant/pertinent de définir la composition des sous-groupes, afin de favoriser une bonne représentativité des différents acteurs impliqués dans le PEDT dans chacun d entre eux (enseignants, associations d animation, parents d élèves, élus, etc.) 3 Mise à jour : 14 octobre 2013
Méthode qui permet d identifier, de dégager des objectifs partagés. Le KJ (diagramme KJ ou diagramme des affinités) : à partir d une question ou d une problématique de départ, chaque participant écrit sur un ou plusieurs post-it, une idée, une phrase, une expression qui lui semble donner des réponses à la question posée. Il est important que cette question ait été en amont clairement comprise par tous les participants (elle peut être au besoin reformulée). On regroupe ensuite l ensemble des post-it sur un support (un mur par exemple) afin d avoir une vision globale des idées de chacun. Chaque post-it est lu, et au besoin reformulé afin d être sûr, là encore, que les idées sont clairement comprises par chacun. S en suit un travail collectif d analyse : l ensemble des participant regroupe les post-it qui proposent des idées similaires, faisant ainsi ressortir plusieurs «familles». Certains post-it peuvent se retrouver seuls. Les participants donnent un titre à chaque «famille» d idées ; pour les grandes familles, il est possible de pousser la réflexion afin de les diviser et d être ainsi plus précis ; inversement, les petites familles peuvent intégrer une famille plus large. Ces décisions sont à prendre collectivement. Pour finir, chaque participant choisit les trois familles d idées qui lui paraissent les plus importantes, et les classent par ordre hiérarchique en leur attribuant plus ou moins de points (5 points, 3 points, 1 point). Cela permet de mettre en avant les thématiques les plus importantes aux yeux du groupe et de construire un consensus. Cette méthode peut être utilisée dans la formulation des enjeux de la réforme, des objectifs ou bien encore sur les critères d évaluation. Technique qui permet aux membres du groupe de mieux se connaître, d échanger sur le rôle de chacun, et d ainsi créer une dynamique de groupe Le groupe d intervention mutuelle (GIM) : Les participants sont répartis par groupe de trois ; une personne raconte une expérience de façon descriptive (par exemple une expérience de participation réussie ou ratée) tandis que les deux autres écoutent et prennent des notes ; chacun raconte son expérience pendant environ 7 minutes ; à la suite des trois récits, on ressort les freins et les moteurs de la participation afin de les partager avec le grand groupe et d établir une synthèse. Cet outil peut être utilisé en particulier lors d une première réunion, afin de permettre aux participants de bien se connaître. On peut également y avoir recours pour dégager des pistes d action possible en fonction des objectifs que l on s est fixés (par exemple, si l on souhaite proposer des actions favorisant l ouverture culturelle des enfants, les participants peuvent présenter les actions ratées ou réussies qu ils ont déjà menées dans ce domaine, afin de dégager un type d action à privilégier). 4 Mise à jour : 14 octobre 2013
Méthode qui permet de cliver, de faire émerger un conflit Pour qu il y ait concertation, il faut effectivement que, dans un premier temps, les contradictions puissent s exprimer ; elles sont ensuite analysées, faisant ainsi avancer la réflexion collective et permettant de cheminer vers un éventuel consensus. Le débat mouvant : Dans un débat mouvant, une question est soulevée par l animateur du groupe. Ensuite chacun doit se positionner physiquement dans la salle selon qu il est pour ou contre cette affirmation : les participants sont amenés à se mettre debout et se placer, par exemple, en colonne selon qu ils sont «d accord» ou «pas d accord».une fois le positionnement effectué, chaque groupe prépare des arguments qu il expose ensuite à l autre groupe. Chaque groupe présente un à un ses arguments ; certaines personnes peuvent changer de camp en fonction des arguments énoncés et ce, autant de fois qu ils le désirent. Techniques qui permettent d ouvrir la réflexion, de proposer plusieurs idées et d éviter certains écueils : Le brainstorming : L animateur lance une problématique. Les participants suggèrent des idées, celles qui leur passent par la tête. La première phase est d amener une multitude d idées de manière spontanée, dans un temps limité, sans échanges, critiques ou débats (l objectif étant à ce stade de libérer la parole et les idées de chacun). La deuxième phase vise à sélectionner les idées, à les regrouper afin de créer des familles. A cette étape, les échanges et les débats sont encouragés, puisqu ils développent l argumentation, précisent les idées avancées et favorisent la réflexion collective. Le brainstorming inversé : Contrairement au brainstorming, on suggère les éléments, les idées qui vont à l inverse de la réussite : tout ce qui ferait que l action ne se réaliserait pas correctement. Cette méthode permet d anticiper les difficultés et d ainsi favoriser la réussite de l action. 5 Mise à jour : 14 octobre 2013
Exemples de mise en pratique : Les méthodes de concertation au cœur de la rédaction du PEDT A chaque étape d élaboration du PEDT, le comité de pilotage peut s appuyer sur des méthodes participatives et de concertation. Par exemple : Pour se présenter : au-delà des classiques tours de table qui permettent à chacun de connaître les noms et fonctions des participants, il peut être intéressant d utiliser la technique du GIM (groupe d interview mutuelle) pour aller plus loin dans les échanges, et surtout découvrir les expériences menées par chacun, ainsi que leurs pratiques professionnelles. Pour identifier les besoins des enfants sur le territoire (caractéristiques du public), le groupe peut procéder à un débat butiné. Pour définir les priorités qui lui semblent les plus importants en matière d éducation (quels sont les objectifs poursuivis? quels sont les effets attendus?), le groupe pourra s appuyer sur un brainstorming ou bien utiliser le diagramme KJ (ou diagramme des affinités) qui permet d aboutir sur une vision commune et partagée. Pour choisir l organisation des journées et de la semaine scolaire, le débat en étoile peut être pertinent : chaque petit groupe doit réfléchir séparément sur l organisation qui lui semble la plus adaptée pour les enfants (quelle durée pour la pause méridienne? sur quel jour est placé la 9 e demi-journée : le mercredi ou le samedi? quels horaires de début et de fin de la journée scolaire? etc.) Pour établir un diagnostic de territoire (inventaire de l offre locale des activités dans les champs culturels, sportifs, artistiques existant avant la réforme) : au-delà de la collecte de données «froides» (chiffres, statistiques ), il peut être intéressant d associer le public concerné via par exemple des questionnaires, des entretiens, des espaces de réflexion collectifs, ou encore un grodébat dans lequel chaque table correspondrait alors à un type d activités : sportives, culturelles (lecture, jeux de société ), artistiques (théâtre, arts plastiques, musique ), scientifiques (éducation à l environnement, expériences ludiques ), etc. Pour trouver de nouvelles actions adaptées à la reforme, on peut procéder à un brainstorming inversé : les idées ainsi émises permettraient de prendre en compte différentes contraintes (liées au territoire, aux financements, aux acteurs, etc.) Pour proposer des actions en réponse aux besoins repérés, les partenaires peuvent, dans un premier temps, présenter les actions qu ils ont déjà menées auprès d enfants en utilisant la méthode du GIM afin d en faire ressortir les éléments qui favorisent la réussite (atteinte des objectifs fixés) ou ceux qu il faut peut-être améliorer. Il est à noter que cette même méthode pourra contribuer à créer un partenariat de qualité entre les enseignants d une part, et les animateurs/intervenants extérieurs d autre part, favorisant ainsi une bonne continuité entre les actions menées en périscolaire, le programme suivi par les enseignants et le projet d école. Pour définir les critères d évaluation, la méthode du diagramme KJ peut être utilisée. 6 Mise à jour : 14 octobre 2013