Pour fin de la présente analyse, nous nous référerons au secteur Finances et assurances (SCIAN numéro : 52).



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GROUPE DE TRAVAIL L industrie des services financiers à Montréal Définition de l industrie Pour fin de la présente analyse, nous nous référerons au secteur Finances et assurances (SCIAN numéro : 52). Ce secteur comprend principalement : les activités bancaires, les coopératives de crédit, les autres institutions de crédit, le courtage des valeurs mobilières, les bourses, la gestion des portefeuilles, de fonds mutuels et de caisses de retraite, les services de fiducie, les sociétés d assurance et de réassurance, les courtiers d assurance, les caisses de retraite, les fonds mutuels. La catégorie 52 ne comprend aucune activité reliée à l immobilier. Portrait de l industrie L industrie des services financiers (ISF) emploie 76 500 personnes dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, soit 4,5 % de l emploi total de l agglomération, ce qui en fait un secteur majeur en terme d emplois. Outre son importance au niveau de l emploi total, l ISF a une importance stratégique particulière à cause de ses liens avec tous les autres secteurs de l économie. L emploi dans la région de Montréal (RMR) représente 55 % de l emploi total du Québec. 77,4 % des emplois de la RMR sont localisés dans la ville de Montréal comme telle (1996). Cela est concordant avec les études qui montrent que l ISF a historiquement été une des industries les plus concentrées dans les villes centrales. Les 76 500 emplois, dans la région de Montréal, se répartissent de la façon suivante : Finances : 55 800 Société d assurance, fonds et autres instruments financiers : 20 700 Au cours des quinze dernières années, l emploi dans l ISF dans la RMR a d abord été relativement stable, passant de 84 500 en 1987 à 85 600 en 1996, puis a chuté en 1997 et 1998, et cette baisse en n a pas été totalement rattrapée par la suite et l emploi se situe aujourd hui à 76 500. 1

A l échelle canadienne, l emploi a connu une croissance sur l ensemble de la période, passant de 531 300 en 1987 à 635 500 en 2001. A Toronto, l emploi dans l ISF est passé de 145 700 en 1987 à 166 300 en 2001. Au cours des dix dernières années, la part de Montréal dans l emploi canadien de l ISF est ainsi passée de 14,4 % en 1991 à 16,7 % en 1996 pour retomber à 13,8 % en 2000. Celle de Toronto est demeurée stable à 28,9 %. (compléter : emploi total mtl vs Canada). Le secteur de l assurance concentre 15 % de l emploi dans le secteur financier au Québec. Le décloisonnement des institutions financières au Québec et au Canada, à partir de 1988, a permis aux banques à charte d acquérir des sociétés de fiducie et des maisons de courtage. Les banques à charte canadiennes sont devenues des groupes financiers intégrés. Le nombre de banques a diminué de 32 % aux Etats-Unis entre 1989 et 1999, et la part de marché des 8 plus grosses banques y est passée de 21,3 % à 41,5 %; la part des banques américaines dans le commerce des valeurs immobilières aux USA est passée de 9 % à 25 % entre 1993 et 1998. Une loi récente permet aux banques américaines de pénétrer le marché de l assurance, comme cela se fait déjà en Europe, où les «bancassureurs» contrôlent 20 % du marché de l assurance. Une étude faite en 1997 sur l évolution de l emploi dans l ISF dans les grandes villes nordaméricaines avait montré une diminution dans certains pôles majeurs comme L.A., S.F., N.Y.,et avait mis en évidence des augmentations significatives dans certaines villes moyennes comme Vancouver, Charlotte, Phoenix, Cincinnati. Cela semble indiquer que les nouvelles technologies de l information et de communication réduisent les coûts liés à la distance et permettent aux institutions financières de localiser à distance certaines de leurs opérations, à des endroits où les coûts sont moins élevés. Au Canada, l actif des fonds communs de placement (fonds mutuels) est passé de 24 milliards en 1990 à 418 milliards en décembre 2000 (Institut des fonds d investissement du Canada). Positionnement de Montréal et du Québec L actif des deux banques à charte ayant leur principal centre de décision à Montréal, soit la Banque Nationale, (75,8 milliards) et la Banque Laurentienne (14.7 milliards), ainsi que du Mouvement Desjardins, dont le siège social est à Lévis mais qui est très présente à Montréal (80.0 milliards), était de 170.6 milliards en 2000, et représentait 10.9% de l actif des institutions de dépôt canadiennes. (Outre ces actifs, ces trois institutions avaient des fonds sous gestion (incluant les portefeuilles de particuliers) de 289 milliards.) Ces trois institutions recueillaient par ailleurs 62.4 % des dépôts bancaires des particuliers du Québec. Sur les 140 assureurs de personnes faisant affaires au Québec, les 25 assureurs à charte du Québec percevaient (2000) 43 % des primes ( 39 % en 1996). Dans l assurance de dommages, les assureurs à charte du Québec détiennent une part de marché de 42 % (40 % en 1996). 2

Au total, 326,9 milliards d actifs (fonds communs de placement, fonds de pension, fonds distincts mais n incluant pas les portefeuilles de particuliers ) sont gérés au Québec par des sociétés établies au Québec (mai 2001), soit 26,6 % des fonds gérés au Canada. L actif de 124,9 milliards (mai 2001) de la Caisse de dépôt et de placement du Québec représente à lui seul 10,1 % des fonds gérés au Canada. L actif des sociétés québécoises de fonds commun de placement, estimé à 34.7 milliards en décembre 2000 (source :Portfolio Analytics et Services financiers CPDQ), représentait 6,3 % de l actif des sociétés au Canada ( 3,6 % en 1997), alors que les québécois ont investi 14.9 % des actifs de ces fonds. Les sociétés de capital de risque du Québec gèrent 45,7 % (2000) des fonds canadiens de capital de risque. La mondialisation des marchés financiers a entraîné une concentration grandissante des transactions boursières sur un nombre limité de bourses, ce qui a entraîné une diminution de la part de marché de la Bourse de Montréal à partir de 1992. La Bourse de Montréal a choisi de se spécialiser dans le créneau des contrats à terme et des produits dérivés, où elle détenait déjà une expertise et où elle avait développé des produits innovateurs. Dans le domaine de l assurance, la démutualisation des principales compagnies d assurance leur permet maintenant d accéder à des nouvelles sources de financement. On assiste depuis environ 10 ans à l arrivée des gestionnaires mondiaux de fonds sur le marché canadien. Le Gouvernement du Québec a reconnu l importance de l ISF et a mis en place plusieurs mesures visant son développement : programme des centres financiers internationaux, soutien à la Bourse de Montréal pour son développement dans les produits dérivés, soutien aux exploitants de fonds communs de placement, mesures visant la formation d analystes financiers et de gestionnaires de portefeuille, mesures visant le financement des sociétés (NASDAQ, capital de risque), soutien à la création de l Institut de finance mathématique. 22 nouveaux centres financiers internationaux ont été crées en 2001 à Montréal, ce qui porte leur nombre à 118 (décembre 2001) Forces de Montréal Les caractéristiques métropolitaines reconnues de Montréal : 4 universités dont deux francophones et deux anglophones, économie moderne et diversifiée, ouverture internationale, vie culturelle intense, main-d œuvre bilingue hautement qualifiée, infrastructures de pointe. La dimension bilingue et cosmopolite de Montréal. La qualité de vie de Montréal et la grande sécurité qui y règne. Les coûts d opération les plus faibles pour les entreprises parmi les agglomérations de plus de deux millions d habitants en Amérique du Nord, en Europe et au Japon (KPMG janvier 2002) 3

Une masse critique d institutions financières majeures ayant leurs principal centre de décision au Québec, une forte présence à Montréal des autres groupes financiers canadiens et des filiales importantes d institutions financières étrangères. Des institutions collégiales et universitaires fournissant des diplômés possédant les connaissances de pointe en matière d opérations financières. Une position géographique avantageuse, à proximité du nord est des Etats-Unis et dans le même fuseau horaire. Perspectives, enjeux et défis L ISF continuera à se transformer rapidement par l effet combiné de la mondialisation de l économie, des technologies de l information (centres d appel, guichets automatiques, transactions par Internet, offre de services financiers par Internet, etc.) et du décloisonnement des institutions financières. Cela entraîne la nécessité pour les institutions financières d ici d être capables d opérer à l échelle internationale. Cela implique aussi que les institutions financières d ici vont affronter la concurrence accrue d entreprises étrangères sur le marché local. Ces tendances continuent donc de poser des défis aux institutions financières ayant leur principal centre de décision au Québec. Par ailleurs, les technologies de l information permettent aussi aux institutions financières de répartir géographiquement des centres d opération à des endroits où les coûts sont concurrentiels et où elles trouvent les infrastructures et la main d œuvre adéquates. Les modifications légales au régime des REER permettant d accroître la part des REER investie en actions internationales a pour effet d accroître rapidement le montant de ce type de fonds à gérer au Canada. Pistes d action Reconnaître et encourager la poursuite des actions du Gouvernement du Québec visant à favoriser le développement de l industrie des services financiers à Montréal. Entreprendre rapidement une action en vue de développer à Montréal la gestion de fonds internationaux (les fonds et les parties de fonds investis dans des titres autres que les titres canadiens), en nous appuyant sur les forces de Montréal et en utilisant l instrument que constitue le programme des centres financiers internationaux (CFI). Pour ce faire, mettre en place une table de concertation présidée par un leader du milieu et réunissant les principaux acteurs de l industrie à Montréal et au Québec: les principaux gestionnaires de fonds, les administrateurs de fonds les plus importants au Québec (principaux fonds de pension, principaux fonds communs de placement, Caisse de dépôt), de même que les autres intervenants de l industrie (CFI Montréal, universités, gouvernements). Cette table aura le mandat de formuler un plan d action visant à accroître significativement la gestion à Montréal de la partie internationale de ces fonds (et à consolider la gestion à Montréal du volet canadien des fonds). Ce plan d action devra être terminé d ici l automne 2002, et le budget de réalisation inclura une participation du secteur privé. 4

Les membres du groupe de travail : M. Pierre Brunet (Banque Nationale), président, M. Philippe Gabelier (CDP), M. Michel Lafleur (Ministère des finances), Mme Catherine Loubier (CFI Montréal), M. Richard Nault (Elantis), M. Serge Rémillard (Myriade), M. Jean Roy (HEC), M. François Côté (Ville de Montréal) coordonnateur du groupe de travail. 5

Les sources GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Ministère des Finances : «Québec objectif emploi. Vers une économie d avant-garde : Plan d action pour favoriser le développement du secteur financier. Une stratégie de développement économique créatrice d emplois» 1998, 115 p. GOUVERNEMENT DU QUÉBEC Ministère des Finances : «Plan d action pour favoriser le développement du secteur financier» Mise à jour des statistiques, octobre 2001, 61 pages, nonpublié. COOKEY, Taba A. Developments in the Canadian Financial Sector, 2000 The Conference Board of Canada Members Briefing, March 2001, 5 p. STATISTIQUE CANADA, «Intermédiaires financiers de dépôts: activités et performance économique 2000», Le Quotidien, 25 janvier 2002, pages 6-8. FURLONG, Fred, : Productivity in Banking Federal Reserve Bank of San Francisco Research Department, Number 2001-22, July 27, 2001. VILLE DE MONTRÉAL, «Le secteur financier montréalais : transformation et perspectives» Cahier d information économique et budgétaire 1998, pages 117-130. IMMERGLUCK, Daniel, : The Financial Services Sector and Cities : Restructuring, Decentralization, and Declining Urban Employment. Economic Development Quartely, Vol. 15, No. 3, August 2001, 274-288. SANTOMERO, Anthony M., and David L. ECKLES : The Determinants of Success in the New Financial Services Environment : Now that firms can do everything, what should they do and why should regulators care? Federal Reserve Bank of New York Economic Policy Review, October 2000, 11-23. LOWN, Cara S., Carol L. OSLER, Philip E. STRAHAN, and Amir SUFI : The Changing Landscape of the Financial Services Industry : What Lies Ahead? Federal Reserve Bank of New York Economic Policy Review, October 2000, 39-55. KROSZNER, Randall S., : The Economics and Politics of Financial Modernization Federal Reserve Bank of New York Economic Policy Review, October 2000, 25-37. BARCELO, Yan, «Notre bas de laine est-il en sécurité?», Dossier Industrie du REER, Revue Commerce, Février 2002, p. 53-56. BÉRARD, Diane, «Histoires de REER», Dossier Industrie du REER, Revue Commerce, Février 2002, p. 59-62. GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, «Pour un encadrement intégré et simplifié du secteur financier au Québec» Rapport du Groupe de travail sur l encadrement du secteur financier, Décembre 2001, 150 p Les sources 6

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