De la réparation à la prévention de la Par Simon Delisle et Julie Dubé 15 novembre 2012 Plan de la présentation 1- Les constats 2- Changement de culture à la CSST 3- Pourquoi prévenir la chronicité 4- Les grandes orientations pour prévenir la chronicité 5- Qu est ce que l approche continue de prévention de la chronicité La prévention : un travail d équipe proactif Facteurs de risque Pistes d actions pour les cas avec risque 6- Enjeux chez l employeur 7- Recommandations
En 2012, 60% des coûts du régime sont reliés aux accidents de travail et aux maladies professionnelles. 2- CHANGEMENT DE CULTURE À LA CSST Découle du Plan stratégique 2010-2014 État de ce qui est chronique, de ce qui dure longtemps Travailleur indemnisé pendant plus de six mois
3- POURQUOI PRÉVENIR LA CHRONICITÉ Travailleurs chronicisés Représentent 4% des personnes indemnisées par la CSST Réduire le coût du régime de 90 millions par année 75% des coûts du régime d indemnisation 3- POURQUOI PRÉVENIR LA CHRONICITÉ (SUITE) Réduction de 14 jours de la période de consolidation médicale Réduction des coûts du régime
4- LES GRANDES ORIENTATIONS POUR PRÉVENIR LA CHRONICITÉ 1- Réduire la durée de la période de consolidation médicale a) Accélérer l accès aux soins b) Systématiser le suivi des dossiers c) Détecter les risques de chronicité d) Promouvoir une approche de collaboration avec les mutuelles e) Accentuer le rôle des médecins-conseils 4- LES GRANDES ORIENTATIONS POUR PRÉVENIR LA CHRONICITÉ 2- Réduire le nombre de dossiers longue durée 3- Bonifier les contrôles de l assistance médicale 4- Améliorer la cohérence, l efficience et la qualité des décisions 5- Réduire les délais d appels (CLP)
5- QU EST-CE QUE L APPROCHE CONTINUE DE PRÉVENTION DE LA CHRONICITÉ Intervenir tôt et en continu Intervenir en prévention : avant que les facteurs de risque se transforment en obstacles de retour au travail 5- QU EST-CE QUE L APPROCHE CONTINUE DE PRÉVENTION DE LA CHRONICITÉ La prévention : un travail d équipe proactif à la CSST À l accès au régime : Détection des facteurs de risque qui sont présents dès l admissibilité du dossier Aux cas sans risque : Promotion, mise en place et suivi de la solution provisoire Suivi rigoureux de la condition médicale et de la capacité de travail Détection des facteurs de risque Et aux cas avec risque, c est : Prendre en charge rapidement : Évaluer l impact des facteurs de risque dans la situation particulière du travailleur et les conséquences sur son retour au travail Mettre en place des pistes d action (plan de retour au travail) de nature à prévenir la chronicité
5- QU EST-CE QUE L APPROCHE CONTINUE DE PRÉVENTION DE LA CHRONICITÉ FACTEURS DE RISQUE 1. Professionnels de la santé qui préconisent l invalidité et n offrent pas d interventions orientées vers l amélioration du fonctionnement 2. Conseils reçus d un professionnel de la santé pour quitter son emploi ou changer d emploi 3. Détresse émotionnelle (plus de 90 jours) 4. Irradiation de la douleur dans les membres inférieurs (dorsolombalgie) 5. Épisode au même siège de lésion 6. Insatisfaction au travail 7. Relation conflictuelle avec les collègues ou l employeur 5- QU EST-CE QUE L APPROCHE CONTINUE DE PRÉVENTION DE LA CHRONICITÉ (SUITE) FACTEURS DE RISQUE (SUITE) 8. Le travailleur pense qu il ne retournera pas à son travail régulier d ici trois mois ou est indécis 9. Le travailleur ne croit pas qu il sera capable de refaire ses tâches 10. Arrêt et évitement des activités physiques ou de la vie quotidienne 11. Stratégies d adaptation uniquement passives 12. Pensée catastrophique 13. Sentiment d injustice 14. Le travail est répétitif, monotone et à cadence imposée
5- QU EST-CE QUE L APPROCHE CONTINUE DE PRÉVENTION DE LA CHRONICITÉ BIENFAITS DE PRENDRE EN CHARGE PLUS RAPIDEMENT Les dossiers arrivent aux CAR plus tôt : Le travailleur n a pas eu le temps de s installer dans un mode d attente et d inactivité On s associe l employeur et le travailleur plus tôt : plus grand pouvoir d influence et plus grande capacité d agir On a plus de leviers pour intervenir et moins d obstacles 5- QU EST-CE QUE L APPROCHE CONTINUE DE PRÉVENTION DE LA CHRONICITÉ PISTES D ACTION POUR LES CAR Favoriser la reprise des activités physiques S assurer que le travailleur a une bonne compréhension de sa lésion Vérifier la cohérence du discours entre les différents intervenants Favoriser le recours à des stratégies d adaptation actives Favoriser un contact régulier entre l employeur et le travailleur Agir sur les stresseurs en milieu de travail Intervenir sur le sentiment d injustice du travailleur
TÉMOIGNAGE DE MME SYLVIE BOUCHER DISCUSSION SUR LE TÉMOIGNAGE
6- ENJEUX CHEZ L EMPLOYEUR Le support de l employeur et de son représentant est essentiel au succès Rôle actif : collaboration et communication avec la CSST et le travailleur accidenté Compréhension qu'un accident de travail ne comporte pas seulement une composante financière mais aussi humaine 6- RECOMMANDATIONS POUR L EMPLOYEUR Prendre contact rapidement avec le travailleur blessé Communiquer régulièrement avec le travailleur pour conserver le lien de confiance, le sentiment d'appartenance, le rassurer et suivre son évolution Entretenir de bonnes relations de travail et éviter de faire en sorte que le travailleur se sente harcelé Croire en l'authenticité de la lésion et des symptômes Éviter la confrontation et les jugements Considérer les insatisfactions du travailleur Tenir compte de l évaluation subjective du travailleur concernant la difficulté de la tâche Faire preuve d empathie et de compréhension Offrir un milieu de travail accueillant Permettre un retour au travail progressif, des travaux légers, une affectation graduelle, une reconfiguration du poste, une adaptation des machines aux incapacités du travailleur, une restructuration Établir un programme flexible, permettre de modifier les tâches, l'horaire Rédiger les descriptions de postes en énumérant les exigences physiques Faire participer activement le travailleur à l'élaboration du plan de retour au travail en favorisant le dialogue et en déterminant des objectifs réalisables
À RETENIR Avec ce changement de culture, on doit passer de la réparation à la prévention de la chronicité. C est un grand défi pour tous : travailleurs, employeurs, syndicats, mutuelles, intervenants de la CSST, professionnels de la santé Nous devons tous adapter nos interventions et nos pratiques. CITATION Le meilleur moyen d enrayer l hémorragie des accidents du travail est sans doute d arrêter de travailler. Ce qui aurait malheureusement pour conséquence d augmenter les accidents de vacances. - Coluche Nous tenons à remercier Mme Sylvie Boucher pour sa participation. MERCI DE VOTRE ATTENTION!!!
RÉFÉRENCES COMMISSION DE LA SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL, (2011), Détectôt; Pour un retour au travail prompt et durable, Les facteurs de risques d incapacité chronique; Résumé d un corpus de littérature scientifique, 12 pages. COMMISSION DE LA SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL, (2010), Optimisation de la gestion et de la prévention de la chronicité, Plan d action 2010-2014, Priorité d améliorations, 10 pages. COMMISSION DE LA SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL, (2010), Plan d action Synchro, Portfolio de projets, 24 pages. COMMISSION DE LA SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL, (2010), Plan stratégique 2010-2014, Bâtir l assurance d une prévention durable, 36 pages, http://www.csst.qc.ca/nr/rdonlyres/aca2d231-b2e9-40c6-a0b9-325fd88eaa74/7630/d C300_ 1020web.pdf, page web consultée le 10 septembre 2012. COMMISSION DE LA SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL, (2012), Témoignage de Mme Sylvie Boucher, aide soignante, Direction régionale du Bas-Saint-Laurent, vidéo d une durée de 7 minutes. LOI ET RÈGLEMENTS DU QUÉBEC, (2008), Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, L.R.Q..c.A-3.001, Les publications du Québec, 148 pages. L'UNION DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES ACCIDENTÉ-E-S DE MONTRÉAL, La gestion de la chronicité à la CSST, Quand la gestion des coûts prime sur la santé et le bien-être, http://www.uttam.qc.ca/chroni.html, page web consultée le 22 septembre 2012. SECOR, (2010), Optimisation et de la prévention de la chronicité; rapport présenté au Comité de gouvernance de la CSST, 154 pages.