Direction des finances - 7DEPARTEMENT DES VOSGES Extrait des délibérations du Conseil général Réunion du 14 décembre 2011 «L accès à l'emploi des jeunes» Dispositif «Jeunes Prêts à Bosser» M. Leclerc, Rapporteur de la commission «Finances, administration générale et économie» RAPPORT DE M. LE PRESIDENT COMMISSION(S) COMPETENTE(S) : Finances, administration générale et économie AVIS TECHNIQUES : AVIS BUDGETAIRE :
RAPPORT DE MONSIEUR LE PRESIDENT DU CONSEIL GENERAL Budget primitif 2012 Programme n 4 : «L accès à l'emploi des jeunes» Dispositif «Jeunes Prêts à Bosser» Les résultats du dispositif «Prêts à Bosser» en 2011 Comme en témoigne le tableau ci-après, les résultats du dispositif sont encore en progrès en 2011, malgré une conjoncture économique et sociale particulièrement défavorable. L opération atteint ainsi un taux de 80 % de réussite. 2009 2010 2011 Jeunes suivis 359 364 350 22 jeunes ont fréquenté l opération mais ne sont pas comptabilisés dans les résultats 13 «problèmes personnels» : ces jeunes connaissent des problématiques sociales trop importantes pour se consacrer à la recherche d emploi. En ce sens, ils ne sont pas «prêts à bosser». Il s agit de causes sociales (conflit familial, rupture, événement de la vie dramatique ) ou de causes médicales (grossesse, maladie, accident ) 6 «déménagements hors département» 3 «pas prêts», en général bien trop immatures pour envisager une insertion.
Explications plus détaillées 2009 2010 2011 Emploi 40 % 46 % 50 % Formation 19 % 22 % 21 % Autonomisation 9,5 % 6 % 9 % Total sorties positives 69 % 74 % 80 % 163 jeunes ont trouvé un emploi 105 en CDD entre 3 mois et 1 an 30 en alternance (Contrats d Apprentissage ou de Professionnalisation) 25 en CDI 3 jeunes ont même crée leur propre entreprise * Remarque : de nombreux CDI sont précédés par un ou des CDD, ainsi certains emplois qui deviennent à terme des CDI sont ici classés en CDD ou en contrat d alternance. 69 jeunes ont accédé à la formation : 28 en «qualifiante» (type AFPA ou GRETA par exemple) 24 en «diplômante» (retour à la formation continue) 6 en «pré-qualifiante» 11 en réinsertion (structures spécialisées) 29 jeunes, après un suivi long et dense, sont dorénavant totalement autonomes en matière de recherche d emploi. Il ne leur manque que l opportunité d emploi. 67 jeunes ont quitté ou ont été exclus du dispositif pour une absence significative de motivation ou pour un non-respect des engagements. Mais ils ne sont pas définitivement «perdus». Environ une trentaine d entre eux demandent, chaque année, à se réinscrire, quand ils ont trouvé une plus grande motivation.
Le dispositif n est plus une expérimentation mais est devenu, de fait, pérenne et incontournable dans le paysage social vosgien 1. L opération Jeunes Prêts à Bosser est reconnue comme professionnelle Le Conseil Général dispose d un réseau de 500 entreprises sur l ensemble du département pour accueillir les jeunes en stage ou en emploi En 2011, ce sont 220 stages en entreprise qui ont été mis en place. Les durées de stages (de 2 à 24 semaines) sont modulées, en fonction du besoin du jeune, de son niveau de compétence, des objectifs du stage (validation de projet, acquisition de nouvelles compétences, expérience professionnelle, etc ) et des opportunités d emploi à la clé. Si les jeunes sont évalués (ces évaluations peuvent par ailleurs faire office de certification de compétence, voire de recommandation dans le cadre d un recrutement), les entreprises le sont également (qualité du tutorat, de la formation, intérêt de la mission, ). Elles sont aussi sondées sur leurs techniques et méthodes de recrutement, afin que les jeunes soient préparés en conséquence, en fonction des réelles attentes des recruteurs. Ces entreprises sont de tailles diverses et variées, de l artisan à la grande entreprise industrielle. Ces stages sont précédés d une semaine de formation permettant l acquisition du statut de stagiaire et de la couverture sociale. Des groupes de 12 à 14 jeunes vivent l expérience du simulateur d entreprise, en prenant des responsabilités et en menant des projets qui sont éloignés de leurs missions habituelles. Ils découvrent ainsi, «pour de vrai», comment gérer une problématique, qui de ressources humaines, qui de législation du travail, qui de fournisseur et de commande, etc Ensuite, pendant le stage, ils se regroupent régulièrement avec une formatrice afin de partager leurs vécus, d évoquer leurs réussites et leurs difficultés dans leurs entreprises, en ne négligeant pas de faire un point sur leurs recherches d emploi. Par le biais d une veille économique et juridique (la «gazette», mise en ligne sur le site Internet tous les 15 jours), «JPAB» suit de près l actualité des entreprises vosgiennes, ainsi que celle de l emploi et de l insertion en général.
2. L opération Jeunes Prêts à Bosser est devenue complètement sociale 60% des jeunes suivis ont un niveau égal ou inférieur au CAP En 2011, le taux de réussite est logiquement plus important pour les diplômés (94% pour les bacheliers, 95% pour les niveaux supérieurs) que chez les moins qualifiés (72% pour les titulaires d un CAP ou BEP, 65% pour les «sans diplôme»). Nombreux sont aussi les jeunes qui reviennent à la qualification ou au diplôme par le biais de l opération «Jeunes Prêts à Bosser». Tous les jeunes suivis ont besoin d être accompagnés, aucun d entre eux n est vraiment «prêt à bosser» en sortant du système scolaire. L aide apportée est donc à la fois technique, mais aussi et surtout morale voire sociale. Si l objectif reste l accès à l emploi, il est impossible de totalement négliger le contexte financier, familial et social. Soit l accompagnateur traite la question avec le jeune en tant que frein d accès à l emploi, soit les partenaires sociaux sont interpellés. Contrairement à l idée (parfois) reçue, «JPAB» accompagne aussi des jeunes en très grande difficulté sociale. Ainsi, personne n est laissé sur le bord du chemin. 3. L opération Jeunes Prêts à Bosser tire sa force de l accompagnement humain Pas plus de 30 à 35 jeunes par accompagnateur Une des clés de la réussite de l équipe Jeunes Prêts à Bosser (composée de 7 accompagnateurs de formation, 2 animateurs et 1 assistante-animatrice) est son travail de proximité. Elle a développé, avec sa longue expérience depuis 1996, une multitude de contacts conséquents au bénéfice des jeunes, mais aussi la confiance et l engagement réciproque. On parle ici de «vrai» accompagnement, celui de l échelle humaine et raisonnable, alors que cette notion est tant galvaudée par ailleurs. Le jeune voit son accompagnateur au moins une fois par semaine, et peut le joindre entre temps à l aide de divers moyens de communication.
4. L opération Jeunes Prêts à Bosser s est adaptée aux moyens de communication des jeunes Un emploi sur deux se trouve aujourd hui sur Internet C est pourquoi, l opération Jeunes Prêts à Bosser a exploré, en 2011, de nouvelles expériences : - la naissance du nouveau site Internet www.vosges.fr/jpab, moderne et interactif (inscription en ligne, vidéos de présentation, documents utiles, ) et d une page «Facebook» qui permet de générer des flux d informations avec l ensemble des jeunes en un temps record. - la mise en place d un atelier «Réseaux Sociaux Professionnels» qui permet aux jeunes de maîtriser et de valoriser leur identité virtuelle et d utiliser ces réseaux comme vecteurs de leurs compétences. - l expérimentation de l apprentissage permettant à un jeune n ayant pas trouvé de maître d apprentissage de bénéficier d une seconde chance. D autres méthodes plus anciennes ont été pérennisées : - «JPAB» poursuit ses propres outils pédagogiques de suivi. - «JPAB» dispose de sa propre méthode pédagogique, s agissant de la manière d aborder l entretien d embauche. - «JPAB» a initié le CV original et le «Passeport», aujourd hui repris par d autres partenaires. 5. L opération Jeunes Prêts à Bosser pratique le coaching et l autonomisation des jeunes Pour chaque jeune, une moyenne de 70 heures de préparation suivies de 300 heures en entreprise L accompagnement «prêt à bosser» se divise en 2 temps : la préparation à l entrée en entreprise, puis l immersion en entreprise. Au sein de ces deux grandes phases est adopté un processus par étapes qui permet aux jeunes de progresser par paliers adaptés et individualisés pour un véritable accompagnement «à la carte».
Le principe est l engagement par le contrat Chaque jeune doit s engager dans son propre parcours d insertion professionnelle, et doit prouver sa motivation. Ces contrats individualisés comprennent des objectifs négociés et validés, réalistes et réalisables, afin de progresser à un rythme ambitieux mais adapté à l individu. Si ces objectifs sont négociés, leur atteinte est «obligatoire», seule preuve de la véritable détermination du jeune à trouver un emploi. Les phases du contrat conclu avec chaque jeune sont les suivantes : 1) La préparation à l entreprise et à la recherche d emploi Une phase de diagnostic de la situation, permet de mener un travail, en fonction du besoin, sur le projet professionnel, la mobilité, les freins et les atouts, le CV et la lettre de motivation, etc.. Des ateliers («Prêt à Cliquer», «Prêt à s bouger», «Prêt à Convaincre») constituent les outils offerts aux jeunes et se concluent par un plan d action, reposant sur les objectifs et la méthode de la recherche à venir. 2) La phase de terrain C est là que commence «l autonomie», critère essentiel d un comportement responsable et adulte. Les jeunes réalisent leurs «travaux pratiques» en fonction des objectifs validés (recherche de stage, d emploi, et/ou de formation, préparation au permis de conduire ou à un concours, etc ). 90% d entre eux effectueront un ou des stage(s) en entreprise. Il est prévu, en 2012, d aller encore plus loin, en proposant aux jeunes de «l accompagnement à projet», qu il s agisse d insertion professionnelle, ou pas. L idée est de proposer des conseils aux jeunes sur les actions et les démarches à mener dans le cadre d un projet, quelque soit sa thématique. 6. L opération Jeunes Prêts à Bosser est généralisée sur l ensemble des Vosges 6 jeunes sur 10 proviennent des territoires, hors l agglomération spinalienne Les accompagnateurs de formation réalisent plus de 1000 déplacements par an sur le territoire du département. Si des zones sont encore difficiles à toucher, un effort récurrent de communication sur tous les secteurs est tenté. Des réseaux avec les partenaires de toutes natures se sont densifiés. Ces partenaires sont : - économiques (les entreprises), - institutionnels (Conseil Régional, Maisons de l Emploi, ), - sociaux (assistantes sociales, associations éducatives, ), - ou sont ceux du milieu de l insertion (Pôle Emploi, Missions Locales, Ecoles de la 2éme chance)
L opération Jeunes Prêts à Bosser est loin de faire double emploi. Elle ne travaille pas sur le champ d intervention des écoles de la deuxième chance, celles-ci proposant aux jeunes sans qualification un système quasi scolaire de remise à niveau. Quant aux missions locales, elles jouent principalement un rôle d orienteur. Elles traitent de tous les problématiques des jeunes (logement, santé, emploi, etc ) sans avoir la capacité de véritablement les traiter en profondeur. Elles-mêmes orientent les jeunes vers l opération Jeunes Prêts à Bosser, quand ils ont besoin d accompagnement soutenu ou spécialisé. Voici en détail, l origine des jeunes suivis par l opération Jeunes Prêts à Bosser Agglomération spinalienne : 127 Plaine vosgienne : 48 Rambervillers Bruyères : 43 Moyenne Moselle : 42 Bassin de Saint Dié : 36 Remiremont : 24 La Vôge : 18 Vallée de la Mosellotte et haute vallée de la Moselle : 12 7. L opération Jeunes Prêts à Bosser participe activement à la lutte contre l exclusion En 2011, 69 jeunes sont retournés en formation dont la moitié était sans aucun diplôme. Si l ambition du dispositif est l accession à l emploi, à la formation et à l autonomie des jeunes, des phénomènes se sont développés «sur le tas» et méritent au moins autant d intérêt. Il s agit : - des jeunes qui ont échoué à l école et qui se qualifient Ayant participé à l expérience Jeunes Prêts à Bosser, des jeunes, confrontés à cette réalité, ont pu trouver un sens à la qualification et à la formation, dont ils n avaient pas conscience à l école, et sont orientés vers l apprentissage, les formations pour adultes ou encore la préparation aux concours. - des jeunes qui ont été mal orientés et qui se requalifient Avec l accompagnement «JPAB», d autres jeunes ont trouvé leur voie grâce à un travail sur le projet professionnel réalisé en profondeur, alternant le théorique et le pratique en entreprise. - des jeunes qui étaient «programmés» pour le RSA et qui «s en sortent» Enfin, des jeunes aux problématiques sociales lourdes sont parfois suivis à «JPAB» après avoir écumé et «ré-écumé» les dispositifs institutionnels. Des solutions, parfois inespérées, sont trouvées, grâce à la qualité de l accompagnement psychologique et social.
Rappel des points forts de l accompagnement proposés par l opération «JPAB» Tout est fait pour mesurer le niveau de progression des jeunes durant leur suivi, selon des critères d employabilité déterminés. En voici les principaux critères : - «cohérence du projet professionnel» : c est la capacité du jeune à mener un projet réaliste et réalisable, en fonction des données personnelles (formation, niveau intellectuel, capacités, mobilité.) et des données contextuelles (débouchés du métier, contexte local et national du métier, itinéraire de formation du métier ) - «mobilité» : c est la capacité du jeune à se déplacer. Elle est mesurée en fonction des capacités «réelles» (finances, permis de conduire, lieu de domicile ) et en fonction des capacités «vécues» (conscience des échelles géographiques, habitude de se déplacer, connaissance des réseaux de transport, ancrage local ) - «techniques et méthodes de recherche d emploi» : c est la capacité du jeune à chercher seul un emploi de la manière la plus efficace possible. C est une question de techniques (CV, entretien d embauche, Internet ) mais aussi de méthodologie et d organisation quotidienne. - «compétences métiers» : ce sont les savoirs, les savoir-faire et les compétences professionnelles du jeune dans son métier. Ils sont mesurés en entreprise. - «attitudes professionnelles» : ce sont les savoir être, les comportements à adopter en entreprise, que ce soient des attitudes «solitaires» (sens de l analyse, réactivité, rythme de travail.) ou qu il s agisse de communication (esprit d équipe, relation à la hiérarchie, à la clientèle ) - «épanouissement et autonomisation» : c est là que se mesure le degré de motivation et de dynamisme du jeune. C est là que s apprécie aussi le nouveau regard qu on porte sur lui et qu il porte sur lui-même.
Dans ce contexte, et compte tenu des résultats toujours aussi encourageants, il est proposé de reconduire pour la seizième fois le dispositif Jeunes Prêts à Bosser, en maintenant intégralement l enveloppe budgétaire de 2011. Celle-ci est proposée comme suit : - Les frais de formation o pour les jeunes bénéficiaires du dispositif 70 000 o pour l équipe des accompagnateurs de formation 5 000 - la promotion et la communication de la mesure 10 000 - les allocations o bourses de frais de vie 200 000 o bourses de transport 80 000 o bourses pour l habillement et équipement professionnel 10 000 Dans le cadre de l opération Jeunes Prêts à Bosser, il est en outre proposé une innovation : la mise en place d un guichet unique Région/Département pour accueillir les jeunes en voie d insertion professionnelle. Il s agit d une première expérience de mutualisation entre la Région Lorraine et le Département des Vosges. La participation du Département s élèverait à 25 000 Total 400 000
Décision du Conseil Général en assemblée plénière Le Président du Conseil Général demande à l'assemblée : 1) de poursuivre l action de «Jeunes Prêts à Bosser» 2) de ratifier les crédits inscrits au projet de budget primitif 2012, tels qu ils figurent ci-dessus au présent rapport, pour un total s élevant à 400 000 euros 3) d'autoriser la signature des conventions et avenants dont les modèles ont déjà été approuvés par notre Assemblée lors de sa réunion du 3 décembre 2007 pour le dispositif «Jeunes Prêts à Bosser» 4) d autoriser la signature de la convention à intervenir avec la Région pour la mise en place du guichet unique au bénéfice des jeunes en voie d insertion professionnelle
Annexe Les règles de financement et de statut réservés aux «Jeunes Prêts à Bosser» 1) Une bourse de frais de vie de 115 par semaine lorsque les jeunes sont en stage en entreprise ou en établissement (y compris pendant le module de formation théorique, dit «SAS», sur la découverte de l'entreprise). 2) Le statut de stagiaire de la formation professionnelle lorsque les jeunes réalisent un stage en entreprise ou en établissement. 3) L'assurance responsabilité civile lorsque les jeunes réalisent leur suivi «JPAB» en individuel ou en collectif. 4) La prise en charge des frais de formation : - 100 % des formations individuelles assurés par les psychologues. - Tout ou partie (et si le besoin est démontré) des formations qualifiantes ou pré-qualifiantes La prise en charge des frais de formation pour chaque Jeune Prêt à Bosser ne dépassera jamais 7 600 5) Un chèque «transport» pour aider les jeunes, si le besoin de financement est prouvé, à se déplacer pour rechercher un stage ou pour participer à une action de formation. La prise en charge se fait dans la limite de 1 525 et de la dépense réellement engagée. 6) Un chèque «habillement et équipement professionnel» pour permettre au jeune d'avoir les moyens de se présenter correctement en entreprise ou en établissement, ou de se munir de matériel indispensable à l exercice de sa fonction, si le besoin de financement est prouvé. La prise en charge se fait dans la limite de 305 et de la dépense réellement engagée Les chèques «transport» et «habillement et équipement professionnel» sont cumulables dans la limite de 1 830 Les fonds sont versés au bénéfice du jeune sur justificatif ou aux prestataires de transports et d équipement sur facturation.
RAPPORT DE LA COMMISSION Pour l année 2012, le programme «l accès à l emploi des jeunes» représente un engagement financier de 400 000. Compte tenu des résultats qui sont encore en progrès en 2011, cette action volontaire du Conseil général est reconduite en 2012. La Commission «Finances, administration générale et économie» vous propose, à l unanimité de ses membres présents, de voter les crédits inscrits au projet de budget primitif 2012, soit 400 000, et d autoriser M. le Président à signer les conventions et avenants prévus dans les actions de partenariat proposées. RESUME DE LA DELIBERATION Après lecture de l avis de la commission Finances, administration générale et économie, l Assemblée départementale adopte, à l unanimité (3 abstentions), les propositions contenues dans le rapport. Le Président,