Les réseaux d entreprises



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Transcription:

Les réseaux d entreprises Une valeur ajoutée pour les entreprises et les territoires Une experience réussie pour la cciv Une ambition pour le réseau consulaire d île-de-france

Edito Yves Fouchet Président de la Chambre de commerce et d industrie de Versailles - Val-d Oise / Yvelines Président de la Chambre régionale de commerce et d industrie Paris - Île-de-France UNE AMBITION POUR LES RESEAUX D ENTREPRISES En 2000, quand peu d acteurs voyaient dans le réseau d entreprises un outil de développement économique, la Chambre de commerce et d industrie de Versailles Val-d Oise / Yvelines en fait l axe central de sa stratégie d animation des entreprises de son territoire et engage alors une politique d investissement à la hauteur de ses ambitions, avec des moyens humains et financiers en conséquence. Ainsi, pionnière en Île-de-France, notre Chambre est la première à avoir créé une direction entièrement dédiée à l animation de réseaux d entreprises ; la première aussi à avoir capitalisé sur le métier d animateur de réseaux et expérimenté avec succès des méthodologies aujourd hui éprouvées. Et, depuis plus de dix ans, elle accroît ses compétences dans ces domaines sur deux cibles : les territoires et les filières. Ce résultat, elle le doit à l enthousiasme et à la mobilisation des dirigeants d entreprise qui nous ont fait confiance, ainsi qu à l ensemble des partenaires qui, d un réseau à l autre, se sont activement engagés à ses côtés. Je tiens à les remercier, ici, pour leur engagement et leur soutien. Aujourd hui, la CCIV anime ou accompagne 20 réseaux qui représentent 5000 entreprises membres et plus de 100 000 salariés. Tous ces réseaux, toutes ces entreprises partagent les mêmes besoins, les mêmes ambitions. Notre volonté est d apporter également cette expertise aux autres associations, clubs et réseaux à vocation économique implantés dans le Val-d Oise et les Yvelines Créateurs de valeur pour les entreprises et pour les territoires, les réseaux n ont plus à faire la preuve de leur efficacité. Aussi, les CCI d Île-de-France doivent en choisir le principe comme moyen privilégié d animation collective des entreprises franciliennes. Pour sa part, notre Chambre porte l ambition de faire du réseau consulaire régional l acteur de référence de l animation des réseaux d entreprises au service des filières et des territoires, et le réseau des réseaux d entreprises par leur maillage au niveau local, régional et national. Ce Livre Blanc présente l expérience particulière de la CCIV. Notre souhait est qu il apporte sa contribution aux CCI d Île-de-France pour placer l animation de réseaux d entreprises au cœur de leur action et de leurs engagements dans le cadre de la réforme des chambres consulaires. 3

L époque pionnière des réseaux d entreprises en France Un savoir-faire éprouvé au service des réseaux d entreprises Page 9 Les réseaux d entreprises à la cciv : une histoire plurielle Page 19 Un regard d expert sur les réseaux d entreprises en Ile-de-France Page 63 Les réseaux d entreprises : Un constat et une ambition à partager Une proposition au réseau consulaire francilien Page 69 Glossaire Page 77 En France, le fonctionnement structuré de réseaux d entreprises n allait pas de soi alors que leur intérêt dans l animation des entreprises et des territoires était démontré à l étranger, à l exemple des «districts industriels» remis à l ordre du jour dans les années 1970 en Italie ou des «clusters» aux Etats-Unis. Il faut attendre 1999 pour que l Etat, à travers la Délégation à l aménagement du territoire et à l action régionale (DATAR), encourage cette démarche avec l expérience des systèmes productifs locaux (SPL). Les premières initiatives de réseaux d entreprises y trouvent une reconnaissance et une visibilité. 160 projets seront labellisés. A l époque, colloques et séminaires se suivent. Tout le monde s interroge. Les réseaux d entreprises : panacée ou effet de mode? L Etat ne maintiendra pas le dispositif de soutien des SPL dans la durée. Pourtant, dix ans après, une cinquantaine d entre eux sont toujours actifs. Certains SPL seront à l origine de la création de pôles de compétitivité. A partir de 2004, la mise en place de ces derniers poursuit l objectif de renforcer la compétitivité de l économie française en accroissant l innovation. Cette démarche est particulièrement structurante. Elle a pour vocation d inscrire les pôles sur des marchés porteurs. Les entreprises françaises doivent pouvoir y jouer un rôle de premier plan au niveau international. Les pôles de compétitivité sont aujourd hui au nombre de 71. L appel à projets lancé pour les pôles de compétitivité a provoqué la floraison d initiatives en France. Aussi, afin de soutenir des projets innovants et créateurs d emplois en milieu rural, les pôles d excellence rurale sont lancés fin 2005. L Etat relance et amplifie sa politique de soutien aux réseaux d entreprises. Enfin, en 2009, l Etat met en place le dispositif «grappes d entreprises». Le but : encourager les TPE/PME à se fédérer en réseaux à fort ancrage territorial. 126 grappes d entreprises sont labellisées et soutenues. L Etat affiche clairement sa volonté de consolider les réseaux d entreprises en finançant, pour la première fois, leur animation. La Région Île-de-France, au même titre que l Etat, apporte un soutien important aux pôles de compétitivité. En 2004, elle met en place un dispositif d appui aux réseaux d entreprises. A travers ce programme, la Région soutient les premiers réseaux d entreprises lancés par la Chambre de commerce et d industrie de Versailles Val-d Oise/Yvelines (CCIV). En effet, dès l année 2000, les élus de la CCIV inscrivent le développement des réseaux d entreprises au cœur de sa stratégie comme moyen d action privilégié d animation des entreprises de son territoire. Elle assume, dès lors, le rôle de CCI pionnière en Île-de-France. Au cours des dix ans qui suivent, elle démontre la pertinence des réseaux d entreprises. 4 5

Les réseaux d entreprises : Un puissant levier de développement Le réseau n est pas une fin en soi, c est un moyen de contribuer au renforcement de la performance des entreprises et au développement des territoires. Pour les entreprises Quelle alchimie particulière fait des réseaux un instrument efficace pour les entreprises? Pourquoi les entreprises qui ont goûté aux réseaux en redemandent-elles? Cela tient au dialogue fécond entre la singularité, la spécificité, voire l unicité de chaque entreprise, et le nombre, la communauté, la synergie des réseaux d entreprises. Un réseau d entreprises est tout d abord une vision, une construction, un projet en commun portés par les chefs d entreprise. Les membres de chaque réseau d entreprises doivent définir ensemble quel périmètre, quel territoire, quels intérêts, quelle demande, quels besoins, quels objectifs et quelle gouvernance partager. Face à cela, chaque dirigeant devra se déterminer puis s engager, s impliquer dans la vie du réseau. Un réseau est également un espace de rencontres et d échanges. Les relations nouées dans la durée permettent une connaissance mutuelle. Tisser des relations au sein d un réseau formel pour espérer en tirer parti sur le plan professionnel suppose un véritable investissement personnel. De cet engagement réciproque et du travail en commun naît la confiance. Dès lors, le réseau d entreprises, organisme vivant, pourra agir, grandir, évoluer, muter, atteindre ses objectifs Quatre mots caractérisent les mécanismes propres aux réseaux : coopération, mutualisation, accélération et valorisation. Ces mécanismes produisent ainsi des effets bénéfiques pour les entreprises dans de nombreux domaines, avec efficacité et intensité. Le premier effet bénéfique du réseau est de rompre l isolement du chef d entreprise et d agrandir son cercle relationnel. L échange d expérience et de bonnes pratiques est un des atouts du mode opératoire des réseaux. Le réseau amplifie l efficacité des actions d accompagnement des entreprises pour, par exemple, améliorer leurs performances ou accroitre leur capacité technologique et de production. Il favorise aussi l économie de la connaissance au service de leur compétitivité. Les réseaux permettent aux entreprises d accéder à de nouveaux marchés et de créer des opportunités d affaires. En développant des coopérations, les entreprises, en particulier les Plus jamais seul! PME, peuvent répondre à des marchés sur lesquels, seules, elles n ont pas l ensemble des compétences, la capacité de construire une offre globale ou la taille critique d accès à ces marchés. Un autre des avantages offerts est de pouvoir partager des ressources communes, par exemple pour disposer d informations privilégiées et pertinentes ou des moyens de production. Il en est de même pour des compétences rares dans le cadre des groupements d employeurs. Outre l accès à des moyens qu une entreprise ne pourrait bien souvent pas acquérir seule, cela permet de réaliser des économies d échelle notamment à travers des groupements d achats. Le troisième effet des réseaux est d accélérer le développement des entreprises. En partageant leurs informations, leurs expériences et en échangeant sur leurs problématiques, les dirigeants d entreprise peuvent prendre plus rapidement des décisions stratégiques et opérationnelles pertinentes et partager des moyens mutualisés. Ceci est particulièrement utile dans le cas des jeunes entreprises qui gagnent ainsi de précieuses années. Les réseaux valorisent aussi collectivement les entreprises. La participation à un réseau, et plus encore la cooptation d une entreprise par les autres dans des projets collaboratifs, renforce sa crédibilité. Enfin, les réseaux, lieux d échange et de connaissance, permettent de créer de la proximité et de la confiance entre entreprises. Elles n ont plus peur de s engager dans des projets communs qui débouchent souvent sur des alliances stratégiques. Ces alliances peuvent être une réponse au faible nombre d entreprises de taille intermédiaire (ETI) en France. Etre membre d un réseau, c est donc accéder à de nouvelles sources de valeur. Travailler avec les autres membres permet de gagner en compétitivité en trouvant collectivement des ressources. Ainsi individuellement, chacun peut se concentrer sur le cœur de sa valeur ajoutée. Pour les territoires Mutualisez vos moyens! Pour les territoires et les pouvoirs publics, les réseaux d entreprises assurent un lien avec le monde économique et un contact privilégié avec les entreprises. Les réseaux sont créateurs de richesses et pourvoyeurs d emplois. Ils développent et enrichissent l écosystème des entreprises. Leur ancrage territorial s en trouve renforcé et le tissu économique consolidé. Les réseaux d entreprises sont d excellents vecteurs pour affirmer l identité du territoire et lui donner une plus grande visibilité. Ils permettent de structurer et de renforcer les filières qui y sont présentes. Ils constituent un outil de promotion territoriale. L implication des acteurs économiques et institutionnels, du niveau local à l échelle régionale, est essentielle. Les réseaux d entreprises sont l opportunité pour les acteurs du développement économique de travailler ensemble et de renforcer une gouvernance opérationnelle. D ailleurs, 6 7

ayant mesuré leur efficacité, les politiques publiques régionales, nationales et européennes encouragent fortement les démarches de coopérations entre entreprises et de nombreuses aides et subventions ne sont accessibles que dans le cas de projets collaboratifs, en particulier pour l innovation. Des réseaux d entreprises nombreux et efficaces contribuent à la dynamique du territoire, avec de nouvelles entreprises qui s implantent et de nouvelles compétences qui s enracinent. un savoir-faire éprouvé au service des réseaux d entreprises En participant activement à la création et à l animation des réseaux, la CCIV renforce son rôle d acteur de proximité œuvrant pour les entreprises et les territoires! Un nouvel élan pour le réseau consulaire d ile-de-france Dix années d expérience invitent aujourd hui la CCIV à faire un bilan de son action en matière de création et d accompagnement des réseaux d entreprises. La réforme des Chambres de commerce et d industrie rend ce travail particulièrement opportun. En effet, la restructuration du réseau consulaire autour des Chambres de commerce et d industrie régionales implique la redistribution des missions sur deux plans : l un, régional assurant, entre autres, la définition de la stratégie et la coordination de l action consulaire, l autre, départemental, assumant les actions de proximité en direction des entreprises et des territoires. Ce livre blanc entend apporter sa pierre à l édifice. Il résulte du travail des élus et des permanents de la CCIV et rejoint celui mené par l Assemblée des Chambres françaises de commerce et d industrie (ACFCI). Les deux premières parties reviennent sur dix ans de pratique et d expérience, l une s attachant à dégager la démarche commune à tous les réseaux, l autre à retracer brièvement l histoire de chacun des réseaux créés ou accompagnés par la Chambre. Elles sont suivies par un exposé de Denis CARRE qui apporte son regard d expert sur les réseaux d entreprises en Île-de-France. Enfin, la dernière partie rassemble des propositions pour donner un nouvel élan à l action des CCI d Île-de-France en direction des réseaux d entreprises. Une expérience renversante! La cciv : 10 ans d engagement auprès des réseaux d entreprises En 2000, la CCIV a fait de l animation des réseaux d entreprises un axe stratégique de son action et de ses engagements en lançant le premier réseau Plato en Île-de-France. Elle s est fortement impliquée dans l émergence et la création de 20 réseaux. Parmi ceux-là, elle porte et anime les réseaux suivants : Comité mécanique Île-de-France Réseau des présidents de parcs d activités du Val-d Oise (COAXION 95) ; Réseau des présidents de parcs d activités des Yvelines (COAXION 78) ; PLATO Roissy CDG ; PLATO Argenteuil/Bezons ; PLATO Seine Aval ; PLATO Centre Val-d Oise ; PLATO Saint-Quentin-en-Yvelines ; PLATO Houdan ; Mov N GO ; Réseau des éco-industries Yvelines/Vald Oise (REI) ; Réseau des cafés, hôtels, restaurants (Réseau des CHR) ; Réseau des managers de l environnement (RME) ; Réseau des présidents des unions commerciales des Yvelines (Réseau des UC 78) ; Réseau des présidents des unions commerciales du Val-d Oise (Réseau des UC 95). Groupement d employeurs Yvelines / Vald Oise (GEYVO) ; Le Vivant et la Ville. La dynamique se poursuit avec le lancement en 2012 d un réseau PLATO commerce Yvelines. Les chiffres clés Aujourd hui, les réseaux d entreprises animés et associés à la CCIV c est : + 5 000 entreprises membres (dont 240 entreprises de plus de 250 salariés) + de 900 réunions (depuis 2008) 20 réseaux + 100 000 salariés (hors réseaux COAXION et UC) 85 partenaires mobilisés auprès des réseaux 249 associations de parcs et unions commerciales accompagnées + 10 000 participants Elle soutient les réseaux associés : Réseau mesure du Val-d Oise (RMVO) ; Pôle de compétitivité Mov eo ; Réseau automobilité et véhicules en Île-de- France (RAVI) ; 8 9

Mettez de la fraicheur dans vos idées! Le réseau des réseaux Le réseau d entreprises est un formidable moyen de développement des entreprises en renforçant les relations entre elles. Plus les possibilités de rencontres et de projets collaboratifs se multiplient, plus les entreprises peuvent accélérer leur croissance et plus le tissu économique se densifie et devient résistant. Pour répondre à cette logique, la CCIV porte des réseaux d entreprises nombreux et variés et développe une politique de partenariats opérationnels avec des réseaux associés ayant un positionnement stratégique fort sur son territoire. Chaque entreprise peut ainsi trouver un réseau correspondant à ses problématiques et développer des contacts fructueux en son sein. De plus, en maillant les réseaux d entreprises entre eux, la CCIV souhaite multiplier les occasions de mise en relation des entreprises. Des événements inter-réseaux sont organisés, soit en regroupant des Cinq filières sont animées par un ou plusieurs de ces réseaux : automobile, éco-industries, mécanique, aéronautique, CHR. La CCIV met à disposition des réseaux qu elle soutient un outil extranet collaboratif. Plus de 4 000 abonnés y ont accès. En 2001, elle est la première Chambre de commerce et d industrie de France à avoir créé une direction entièrement dédiée à l animation et au management de réseaux d entreprises. L animation de réseaux mobilise 27 collaborateurs au service des réseaux d entreprises. De par le nombre de réseaux qu elle soutient, des partenariats qu elle noue et des entreprises qu elle fédère, la CCIV est l animateur du «réseau des réseaux» de son territoire. réseaux de même type (PLATO ou COAXION), soit en regroupant tous les réseaux d un même territoire. En juin 2008 et juin 2009, la CCIV a ainsi réuni plusieurs centaines d entreprises lors de manifestations regroupant l ensemble des réseaux qu elle soutient dans les départements du Val-d Oise et des Yvelines. Atteignez des sommets! Par ailleurs, en mettant à disposition des réseaux d entreprises une plateforme collaborative, la Chambre consolide le lien entre les entreprises et facilite leur travail en commun. Elle a ainsi investi dans un nouvel outil web, «Réseaulia», qui privilégie la dimension de réseau social pour l ensemble des acteurs économiques. Elle ouvre également l usage de cette plateforme à l ensemble des associations, clubs, communautés à vocation économique implantés dans le Val-d Oise et les Yvelines et plus largement en l Île-de-France. N est pas considéré «réseau d entreprises» qui veut! En dix ans d expérience, la CCIV a affiné sa définition du réseau d entreprises dont les critères sont : Un intérêt commun avec un périmètre précis (filière/ secteur d activité, territoire, thème ) ; Des objectifs communs ; Une finalité économique ; Un engagement formel des membres ; Un porteur bien identifié (la CCIV, un consortium de partenaires, une association) ; Une dynamique du réseau inscrite dans la durée et non éphémère ; Une démarche reposant sur l expression des besoins des entreprises ; Une gouvernance contrôlée par les entreprises ; Une méthode d animation basée sur la convivialité, l égalité et la confiance entre les membres ; Un plan d actions pluriannuel ; Des moyens et un budget dédié ; Enfin de nombreux partenaires, collectivités territoriales, acteurs du développement économique, grandes entreprises s associent à cette démarche. Par toutes ces actions, la CCIV place les entreprises dans un espace relationnel multidimensionnel, donne une réalité à sa volonté d être l animateur du réseau des réseaux et tout son sens à l expression «tissu» économique. sortez la tête de l eau Un animateur ou une équipe d animation identifiée et professionnelle ; Des rencontres régulières ; Des échanges et des projets collaboratifs ; Un outil extranet facilitant les échanges. Ces critères, synonymes de fiabilité, font la marque «réseau CCIV». 10 11

La classification des réseaux d entreprises à la cciv La CCIV crée et coordonne des réseaux de différents types. Une première distinction est opérée entre les réseaux selon leur nature : réseaux territoriaux ou réseaux sectoriels. Dans les réseaux territoriaux, les entreprises se fédèrent, bien évidemment, dans un espace géographique déterminé. Celles qui en font partie peuvent appartenir à de multiples secteurs, être de petite ou de grande taille. Outre les échanges qu ils développent entre leurs membres, ces réseaux renforcent la dynamique et l identité d un territoire. Bien souvent d ailleurs, le nom du territoire se retrouve dans l appellation de ces réseaux. Depuis 2001, la CCIV a expérimenté avec succès une méthodologie d animation de réseaux et a capitalisé sur le métier d animateur de réseau. Du besoin des entreprises au lancement du réseau La CCIV a développé un savoir-faire pour accompagner les réseaux d entreprises tout au 12 Eclairs de génie... Une méthodologie éprouvée Les réseaux sectoriels, eux, réunissent des entreprises travaillant dans la même branche d activité ou une même filière. Ces réseaux, à travers des actions collectives, œuvrent entre autres pour l image du métier ou de la filière. En renforçant leur dynamisme et leur notoriété, ils contribuent notamment à faciliter le recrutement des entreprises de leur secteur. La CCIV procède à une autre distinction : les réseaux qu elle anime et les réseaux qui lui sont associés. Elle porte directement un certain nombre de réseaux. Ceux-ci n ont pas de personnalité morale et sont hébergés directement en son sein. Elle leur apporte les moyens nécessaires à leur émergence, leur création et leur développement. Cependant, pour s adapter à leur environnement ou répondre à la demande des entreprises, certains réseaux peuvent faire évoluer leur périmètre et leur gouvernance. Ils peuvent acquérir la personnalité juridique et se structurer en association ou en GIE, à l exemple du Réseau automobilité et véhicules d Île-de- France (RAVI). La CCIV continue à soutenir ces réseaux devenus «associés» et son rôle évolue. La Chambre a aussi de nombreuses relations avec les Pôles de compétitivité, acteurs de premier ordre dont l objectif est de développer la compétitivité des entreprises par l innovation. C est notamment le cas de Mov eo, avec lequel elle entretient un partenariat historique. Depuis de nombreuses années, elle soutient les grappes labellisées sur son territoire : le Réseau mesure Val-d Oise (RMVO) et plus récemment «le Vivant et la Ville». long de leur cycle de vie. Un principe sous-tend toute la démarche : partir de la demande des entreprises. La logique de la demande prévaut sur celle de l offre. Un réseau d entreprises naît d une idée, d un besoin collectif d entreprises. L opportunité de créer un réseau pour répondre à ce besoin doit être évaluée. Plusieurs questions se posent. Quels objectifs et enjeux pour l éventuel réseau? Quelles entreprises concernées par ces problématiques? Quel territoire pertinent? Des partenaires sont-ils susceptibles d accompagner le réseau?... Un chef de projet est alors nommé pour réaliser une étude de faisabilité. Le périmètre du réseau est défini. Les entreprises sont identifiées, puis questionnées sur l intérêt de constituer un réseau et sur les thématiques auxquelles il doit répondre. En parallèle, une étude mesure le poids économique du futur réseau. A partir de tous ces éléments, la pertinence de la création du réseau est vérifiée. La décision est prise d engager les premiers moyens nécessaires à son lancement. A ce stade, un animateur réseau est recruté. Sa première mission consiste à réunir les entreprises et les partenaires pour restituer les résultats de l étude de faisabilité. Lors de cette réunion de lancement, les enjeux, les axes stratégiques sont validés. Un noyau dur d entreprises est constitué en comité de pilotage qui va présider aux choix qui seront faits tout au long de la vie du réseau et notamment sur la gouvernance et les règles de fonctionnement. Exprimez-vous librement! Soyez "in" plutôt qu "has been" Les premiers thèmes d actions sont arrêtés et autour d eux, les entreprises sont invitées à se mobiliser dans les premiers groupes de travail. La définition, l exécution et l évolution du plan d actions sont les pierres angulaires de l animation de réseau et font l objet d une démarche collective. Il se structure à partir des besoins exprimés par les membres du réseau. Les actions peuvent porter sur de nombreux thèmes : ressources humaines, innovation, salons et expositions, international, lobbying, amélioration des performances, intelligence économique, mutualisation de moyens Chacune des actions est le plus précisément déterminée : objectifs, méthodologie, budget prévisionnel, indicateurs d évaluation. Ce plan d actions est périodiquement évalué et redéfini. Les partenaires qui le souhaitent vont prendre part à cette démarche. Grandes entreprises, collectivités territoriales, Etat, fédérations professionnelles, ils peuvent apporter des compétences techniques, piloter des actions, contribuer à valoriser le réseau, apporter une aide financière Un budget correspondant au plan d actions est élaboré. Les ressources sont identifiées, elles peuvent comprendre les cotisations des membres (réseaux associés), les revenus de prestations, des financements publics, du sponsoring privé. Dans tous les cas, la viabilité économique et l équilibre budgétaire seront vérifiés avec 13

vigilance et, dans le cas d associations, la disponibilité d une trésorerie suffisante assurée. Les modalités de suivi budgétaire, notamment avec les partenaires, sont à prévoir dès le début. L animation du réseau Une des premières missions de l animateur est de réunir le comité de pilotage et de lancer les groupes de travail. Le comité de pilotage structure le plan de communication. Pour cela, il définit les objectifs, les différentes cibles, les messages. Une identité du réseau est construite, de laquelle découlent son identité visuelle, son logo et sa charte graphique. L animateur assure la prospection et l adhésion des membres. Les engagements des différentes parties sont contractualisés. Les entreprises sont invitées à signer une charte d adhésion au réseau ou à s engager à respecter statuts et règlement intérieur dans le cas de la création d association. Les partenaires impliqués auprès du réseau signent une convention dans laquelle leurs apports et les contreparties du réseau sont notifiés. L animateur réseau est le garant de la mobilisation des entreprises et de la réalisation du plan d actions. Pour cela, il dispose d une gamme d outils d animation. A échéances régulières, il s attache à réunir les membres du réseau à travers des comités de pilotage, des plénières, des ateliers de travail, des réunions de co-développement, des rencontres d affaires, des séminaires stratégiques La cohésion du réseau est renforcée par l organisation de moments de convivialité. L animateur dispose également d un espace dédié à son réseau sur la plateforme collaborative «Réseaulia». Il renforce ainsi la communication entre ses membres et leur permet d entrer en relation avec les autres réseaux hébergés sur cet outil interactif. Les modes d intervention de la cciv auprès des réseaux d entreprises Mettez du punch dans votre management! Aujourd hui, après 10 ans d expérimentation et d évaluation de ses méthodes, la CCIV a acquis un savoir-faire reconnu dans l animation de réseaux d entreprises. Elle a défini une offre de compétences et de services aux réseaux d entreprises. Ainsi, pour les réseaux animés par la Chambre, elle assure l ensemble des services suivants : Porter juridiquement et financièrement le réseau ; Porter financièrement et opérationnellement le plan d actions ; Affecter une équipe d animation ; Assurer l animation du réseau (recrutement des entreprises, organisation et animation de réunions, d évènements et de conventions d affaires, recherche de financements, suivi budgétaire, élaboration du plan d actions, animation de la plateforme collaborative, plan de communication du réseau, suivi des membres). Pour les réseaux associés, la CCIV propose une offre de services personnalisée dans le cadre d une convention d objectifs. Elle peut ainsi réaliser ou contribuer à : Recruter l équipe d animation de réseau ; Affecter tout ou partie de l équipe d animation au réseau associé ; Former l équipe d animation ; L essentiel de l animation d un réseau est assuré par l animateur secondé, dans ses missions, par un(e) assistant(e). Cette équipe doit être renforcée suivant l évolution du réseau et de son plan d actions par des chargés de mission dédiés à différents métiers : administration, communication, gestion financière, actions spécifiques (international, ressources humaines, conduite de projets collaboratifs.). Souvent un coordinateur devient nécessaire quand plusieurs réseaux du même type se déploient simultanément sur différents territoires, à l exemple de la cellule de coordination des réseaux PLATO. Cette fonction permet de réaliser des gains d échelle et de mutualiser les expériences. Pour atteindre des résultats à fort impact pour les entreprises et territoire, il est nécessaire d adapter l équipe d animation aux ambitions du réseau. Les missions de l animateur réseau Les principales missions de l animateur réseau sont de recruter et d assurer le maillage et la Mettre à disposition un espace extranet sur la plateforme «Reseaulia» ; Organiser des événements pour le réseau (conventions d affaires, speed dating...) ; Porter une (ou des) action(s) collective(s) pour le compte du réseau (ingénierie de l action, déploiement) ; Elaborer des dossiers de demandes de financement ; Valoriser le réseau sur les outils de communication de la CCI ; Mettre à disposition les expertises de la CCI. Les métiers de l animation des réseaux Vous êtes entre de bonnes mains création de synergies entre les entreprises, d être le garant de la bonne exécution du plan d actions pluriannuel et d y associer les partenaires. L animateur est impliqué dans les différentes étapes de la vie du réseau. A l écoute de son environnement, il assure le bon fonctionnement, le développement et la pérennité de son réseau. Il garantit la notoriété et la visibilité de celui-ci et veille à l équilibre de sa gestion budgétaire. 14 15

Pivot du réseau, l animateur, outre une forte motivation, doit posséder de nombreuses compétences. Ainsi, il doit avoir ou acquérir un savoir-faire certain pour : travailler en mode projet, connaître le fonctionnement de l entreprise et ses problématiques, fédérer et animer un groupe de travail autour d un projet commun, maîtriser des outils informatiques et appliquer des techniques de suivi budgétaire. Sa fonction requiert également : le sens du service, l engagement, la disponibilité, la curiosité, l écoute, le sens de l analyse et la capacité à convaincre. L animateur doit posséder un très bon relationnel, être clair et explicite. Développer les compétences de l équipe d animation Pour acquérir tous ces savoir-faire et savoir-être, une véritable démarche de professionnalisation Une évaluation complexe à mettre en œuvre L évaluation de l action d un réseau d entreprises et plus particulièrement de son impact est un sujet important, aujourd hui objet de débat. Il existe, en effet, une vraie difficulté à mesurer la création de valeur d un réseau d entreprises. La diversité des réseaux, territoriaux ou 16 Ouvrez-vous à d autres cultures de l équipe d animation de réseaux a été engagée par la CCIV. Cette démarche repose tout d abord sur la création d une direction dédiée. Aujourd hui, elle représente près de vingt-sept emplois à plein temps. L expérimentation, l échange d expériences, l observation des bonnes pratiques et la formation y sont des pratiques courantes et sont à la base de la capitalisation et de la transmission des compétences indispensables à l équipe d animation réseaux. Le métier d animateur réseau est un nouveau métier. Aujourd hui, il n existe pas de formation diplômante. Il serait d ailleurs souhaitable de mettre en place un tel cursus par l homologation d un titre ou diplôme, en formation professionnelle ou par la validation des acquis de l expérience (VAE). sectoriels, conduit à la définition et à la mise en place d une palette assez large d outils d évaluation. En effet, l animation en réseau des entreprises, de leurs dirigeants ou des principaux collaborateurs de ces derniers, permet, comme cela a été montré dans les chapitres précédents, de renforcer les opportunités de coopération, de faciliter la mutualisation de moyens et d informations, de multiplier leur dynamique propre et de réaliser collectivement des opérations dont ils obtiennent un bénéfice individuel mais qu ils ne pourraient mettre en œuvre seuls. Il est donc indispensable de couvrir l ensemble de ces objectifs ou finalités par une variété correspondante d indicateurs pertinents d évaluation, qui ne sauraient être exclusivement de l ordre de la statistique économique. De plus, l évaluation ne doit pas uniquement porter sur les entreprises elles-mêmes et inclure la dimension collective de l activité du réseau analysé. Il convient également que l évaluation ainsi élaborée vienne en complémentarité, plutôt qu en redondance, des évaluations qui peuvent être réalisées action par action, au sein de chaque réseau. Cette partie de l évaluation, plus globale, doit aussi s inscrire en complément et en cohérence avec des travaux statistiques macroéconomiques qui sont ou peuvent être menés par les organismes publics, au premier rang desquels figure l INSEE, sur la base des nomenclatures internationales professionnelles ou thématiques. Dans cet esprit, l évaluation de la dynamique d un réseau d entreprises peut se décliner en trois parties complémentaires, sur lesquelles les animateurs de réseaux s appuient en fonction de la nature de ces réseaux. Mesurer la satisfaction des membres Cette partie de l évaluation est de nature qualitative. Elle s adresse tout particulièrement aux réseaux territoriaux et a pour objet de mesurer l impact et la satisfaction perçus par leurs membres. Adossée à des questionnaires d appréciation, l évaluation pourra porter sur la satisfaction globale, la qualité des échanges et apports reçus, la densité de leur contenu, l utilisation qui en a été faite et le retour sur investissement de celle-ci. Dans le cas des réseaux ayant pour finalité d accroître la capacité managériale ou les connaissances de leurs participants ou leur expertise, cette partie de l évaluation s intéresse logiquement à la mesure qualitative, voire subjective, de l investissement qu ils ont fait en temps passé. L analyse des taux d appréciation émis et de leur ventilation sur une échelle de valeurs, leur évolution éventuelle dans le temps, si la mesure est réalisée de façon périodique, fournissent des informations précises sur la conduite de la démarche et contribuent à son pilotage (en cas d évaluation périodique) ou à sa relance (en cas d évaluation «in fine» d une opération limitée dans le temps). Aujourd hui, les réseaux animés par la CCIV utilisent systématiquement des mesures de satisfaction de nature qualitative. Mesurer les performances économiques des entreprises membres La deuxième série d indicateurs d évaluation est de nature statistique et centrée sur les entreprises adhérentes. L objectif est de mesurer leur performance économique. Pour ce faire, il peut être mis en place un baromètre constitué soit par l exploitation d une base de données de notation (ou de cotation) d entreprises mise à jour au moins une fois par an, soit par l analyse sectorielle annuelle des principales données financières (telles que l évolution des soldes intermédiaires de gestion (SIG), du volume d investissement, du taux d exportation ou des effectifs). Selon la nature, la dimension et la diversité du plan d actions de chaque réseau à évaluer, l une ou l autre de ces deux méthodes pourra être mise en œuvre. Plus précisément, au vu de l expérience de la CCIV sur ce sujet, il paraît pertinent de faire une photographie globale initiale complète au lancement du réseau, et de compléter ensuite par l analyse de l évolution des notations. En effet, les modèles économiques des entreprises (surtout dans les réseaux sectoriels) varient peu sur une période de quelques années et les notations constituent un indicateur de synthèse fiable qui permet d apprécier les variations conjoncturelles ou structurelles de la performance des entreprises. Ce mode opératoire facilite les comparaisons par construction d échantillons de référence régionaux ou nationaux. Toutefois, il existe une double limite méthodologique à cette approche. En effet, basée sur la connaissance de données financières, elle ne s adresse, par défaut, qu aux entreprises qui publient leurs comptes financiers. De ce fait, sauf action volontaire des dirigeants concernés, ce mode d évaluation ne peut inclure les établissements secondaires ni les entreprises qui ne publient pas. Mesurer la notoriété des réseaux d entreprises La troisième catégorie d indicateurs est directement liée aux réseaux eux-mêmes, par l évaluation de leur attractivité et de leur image. 17

Saisissez d! la balle au bon Dans ce registre, on se propose de mesurer, au niveau de chaque réseau : L évolution du nombre de membres (entreprises, dirigeants, collaborateurs) ; Le turn-over ; Le taux et la nature de la représentation du tissu économique local par le réseau ; L implication des pouvoirs publics locaux (collectivités territoriales, représentation locale de l Etat) et des autres acteurs du développement économique local (structures d enseignement supérieur ou laboratoires de recherche et développement, ), dans leur présence active aux instances décisionnelles, dans leur apport financier et dans leur contribution aux échanges opérationnels entre membres. On peut y ajouter l identification des collaborations inter-réseaux, dans la mesure où elles peuvent constituer un effet de levier pour les membres de chaque réseau impliqué. Le réseau PLATO a notamment développé toute une palette d enquêtes systématiques rendant possible une analyse continue de satisfaction : évaluation des ateliers mensuels, bilan qualitatif en fin de programme pluriannuel. Enfin, une dernière étude réalisée en fin de programme évalue son impact général sur le développement des entreprises membres. 18 S appuyer sur une analyse prospective Ces diverses approches d évaluation peuvent être utilement complétées périodiquement par des enquêtes à caractère prospectif ou stratégique. Administrées par téléphone auprès des entreprises membres des réseaux, elles offrent des éléments consolidés d appréciation sur les plans d animation en cours. Ce type d opération n a pas pour objet de se substituer aux échanges réguliers qui existent entre membres dans le cadre, par exemple, d assemblées générales ou de comités de pilotage, mais peut venir efficacement les enrichir, en élargissant la base des contributions aux réflexions communes, voire en alimentant ces dernières d axes complémentaires d actions possibles ou souhaitables. Cette composante prospective repose sur l interrogation régulière et structurée des membres des réseaux sur leurs visions des défis de compétitivité et de pérennité auxquels ils pensent être confrontés dans un horizon de 3 à 5 ans, et sur la prise de connaissance des leviers stratégiques qu ils considèrent comme prioritaires pour répondre à ces défis. La démarche d évaluation menée de façon périodique et l analyse prospective fournissent aux animateurs et responsables des réseaux concernés les éléments structurants d un tableau de bord général de pilotage, de conception et de programmation de leurs actions en cours et à venir. La définition et la classification des réseaux d entreprises, la méthodologie employée, les modes d intervention de la CCIV, la professionnalisation des équipes, l évaluation des réseaux présentés ici, ont été forgés grâce à l expérience acquise au sein des dix-neuf réseaux d entreprises créés ou accompagnés par la CCIV. : v i c c a l à s e s i r p e r t n e Les réseaux d e l l e i r u l p e r i o t s i une h PLato : la puissance d un réseau, l efficacité d une méthode En 2000, la CCIV renouvelle son approche sur le développement économique de ses territoires. En parallèle, elle assure une veille sur les réseaux d entreprises qui se développent dans le cadre de diverses initiatives, dont celle du Comité interministériel d aménagement et de développement du territoire (CIADT) avec la politique d appui aux «systèmes productifs locaux» (SPL) lancée en 1998 et 1999. Sa démarche aboutit en 2001, au lancement, sur le territoire de la vallée de la Seine, du premier réseau d entreprises PLATO en Île-de-France. Territoires PLATO Yvelines et Val-d Oise Le dispositif PLATO est né en 1988 à Turnhout en Belgique. Devant le succès de la méthode et à l initiative du réseau des Chambres de commerce et d industrie et d autres organisations, les projets PLATO se sont rapidement multipliés en Belgique et dans de nombreux pays en Europe. En France, le concept est introduit par GDF (aujourd hui GDF-SUEZ) en 1998 avec le lancement des premiers réseaux Plato. GDFSUEZ en détient la marque au niveau national. Le réseau PLATO France compte aujourd hui 1 400 petites et moyennes entreprises (PME) et 280 grandes entreprises. PME d échanger et partager leurs expériences, de rompre leur isolement, de renforcer leurs compétences, de bénéficier de solutions concrètes directement applicables dans l entreprise, de développer des coopérations et des courants d affaires. Basé sur l accompagnement des PME par les grandes entreprises implantées sur un même territoire, PLATO permet aux dirigeants de Chaque programme, d une durée de deux ans, réunit les dirigeants de PME et les cadres de grandes entreprises lors d ateliers mensuels au cours 19

Un des groupes Plato Centre Val-d'Oise L objectif d un réseau PLATO est de créer une dynamique locale qui stimule la croissance économique de chaque territoire et favorise l ancrage des entreprises. La création et le fonctionnement de ce premier réseau est l occasion pour la CCIV d expérimenter et de développer une méthode qui s applique désormais à l ensemble des réseaux PLATO. L expérience génère la rédaction d un guide en 2004, le «Guide méthodologique pour l animation d un réseau d entreprises PLATO», suivi, en 2008, par un «Guide de formation des cadres-coachs à la méthodologie Plato». C est également à partir de cette première expérience que la CCIV décide de mettre en place une direction entièrement dédiée à la création et à l animation des réseaux d entreprises. La dynamique PLATO desquels sont abordées des thématiques couvrant des champs aussi variés que le développement commercial (la prospection, les techniques de vente, les marchés publics, la force de vente, l export ), la gestion des ressources humaines (la motivation, le recrutement, la délégation ), l organisation (tableaux de bord de gestion, la gestion du temps ), la communication (interne et externe, référencement internet.) Le contenu des programmes est élaboré par les PLATO Seine Aval, une expérience fondatrice Une étude économique, «Panorama Vallée de Seine», vérifie l opportunité et la faisabilité de l implantation d un réseau PLATO. Une ingénierie partenariale et financière est mise en place. Des partenariats sont recherchés car aucun réseau PLATO n est lancé sans l implication d une collectivité territoriale. Dès le départ, en Seine Aval, le soutien de la Communauté d agglomération de Mantes-en- Yvelines (CAMY) est sollicité et acquis. Un animateur est recruté. Puis les entreprises susceptibles de constituer le réseau sont identifiées et mobilisées. Le réseau est alors lancé. Le plan d actions est établi par les entreprises à partir de leurs besoins. Un comité de pilotage, comprenant des représentants des chefs d entreprise, des coachs, des partenaires publics et privés et de la CCIV, suit la vie du réseau et vérifie son bon fonctionnement. chefs d entreprise en fonction de leurs besoins et attentes. Un système d évaluation des ateliers et des actions inscrit la méthode PLATO dans un processus d amélioration continue. Aujourd hui, la force de PLATO est de mailler sur un même territoire, et dans la durée, les grandes entreprises et les PME en lançant des programmes successifs d une durée de deux ans. Depuis 2001, PLATO n a cessé de réunir les entreprises, grandes et petites, du territoire de la Seine Aval. Les programmes s y succèdent et le quatrième est lancé, avec quatre nouveaux groupes, au cours de l hiver 2010-2011. réunion de bilan d'étape / créativité Plato seine Aval Aujourd hui, les principaux territoires des Yvelines ( Saint-Quentin-en-Yvelines, Seine-Aval, Pays Houdanais) et du Val-d'Oise ( Argenteuil- Bezons, Centre Val-d'Oise, Roissy-CDG) sont Une équipe structurée autour des réseaux PLATO Véritable pilier du réseau, centre de convergence de toutes les informations, l animateur est le référent reconnu des entreprises, des cadres des grandes entreprises (dénommés «les coachs») et des partenaires. Il est le garant de la méthodologie PLATO. Il assure le fonctionnement du réseau, organise et participe à toutes les réunions, apportant son appui aux cadres-coachs dans leur préparation des ateliers et dans la recherche des experts. Il est responsable de l animation de la plateforme collaborative web et de la mise à disposition de l ensemble des documents supports des ateliers. Il participe également à la réalisation d outils de communication. Avec le déploiement de PLATO, il est apparu nécessaire de mutualiser certaines fonctions. Une cellule de coordination est créée. Ses missions sont de conduire la phase amont maillés par des réseaux PLATO (voir carte). Depuis 2001, près de 720 chefs d entreprises et plus de 120 cadres coachs ont participé à un programme PLATO. des nouveaux projets, piloter les actions du réseau, manager et accompagner l équipe des animateurs et assistantes, accompagner et former les cadres des grandes entreprises, réaliser la communication des réseaux, planifier et organiser les grands événements. La cellule de coordination assure enfin une dynamique intergroupes en relayant les meilleurs pratiques. Depuis 2001, la CCIV facilite avec succès le rapprochement entre grandes entreprises et PME d un même territoire grâce au dispositif PLATO. 20 21

PLATO, un réseau multidimensionnel En créant un réseau PLATO, le territoire et les entreprises accèdent, à différents niveaux, à une véritable dynamique de mise en réseau au sein de chaque groupe, composé de 15 et 18 chefs d entreprise et trois cadres-coachs, et entre les groupes d un même territoire et d une même région. Les niveaux national et européen sont également présents. En France, où 80% des réseaux PLATO sont animés par les Chambres de commerce et d industrie, l association PLATO France a été créée en 2010 et regroupe tous les animateurs. Elle a pour objectifs d affirmer l existence du réseau au niveau national, de favoriser les échanges d expériences, de capitaliser sur les outils développés et d organiser des rencontres d affaires telles les premières journées d affaires France à Dinard en 2002 ou à Versailles en 2005. En Europe, Plato regroupe 8 500 PME et 700 grands groupes à travers 15 pays. «PLATO c est une aventure humaine, chaleureuse et conviviale qui permet de nous évader de notre routine composée de son lot de tracas quotidiens dans de multiples domaines en tant que responsables de PME. En se réunissant, on sort ainsi de notre isolement pour partager nos soucis, profiter du vécu des uns et des autres et trouver des solutions pour y remédier. De plus, l apport des coachs des grandes entreprises est précieux et l idée de mélanger ces deux univers est judicieuse et très enrichissante.» odile FaLcE Gérante ofcp Montlignon (95) «Ce n est pas si facile que cela de trouver des occasions de rencontre véritablement efficaces avec des PME pour un grand groupe. Je crois que c est aussi ça le succès de PLATO, c est de faire se rencontrer des grandes entreprises et des petites, dans un partenariat où chacun apporte des deux cotés. On fait des choses ensemble et on est utile. Chacun en tire profit. On constate que les PME qui embauchent sont celles qui créent du dynamisme. Les résultats ont montré que les entreprises de PLATO se développaient et donc créaient de la richesse, de l activité et embauchaient.» Joël GREGoiRE Directeur Régional IDF GDF-SUEZ Nom : PLATO Porteur : Chambre de commerce et d industrie de Versailles Val-d Oise / Yvelines Date de création : 2001 Nombre d entreprises : 400 PME, 65 grandes entreprises (2012, 21 groupes en activité dont 4 groupes commerce) «A titre personnel, j en retire beaucoup de choses et notamment la possibilité de prendre du recul tous les mois en m extirpant du quotidien d un dirigeant de filiale d un groupe américain, pour aller m imprégner des problèmatiques vécues par nos entreprises adhérentes. Les contacts entre cadrescoachs sont très satisfaisants car ils permettent d échanger avec des acteurs majeurs de notre bassin d emploi et aussi d envisager des synergies.» Olivier MAURIN Directeur général France TENNANT Roissy-CDG (95) Témoignages «Les rencontres mensuelles avec des collègues chefs d entreprise d autres secteurs d activités sont très riches. Ils ont des problématiques communes aux miennes et d autres plus spécifiques à leurs différents domaines d activités. La découverte de ces spécificités est extrêmement enrichissante. De mon côté, expliquer les miennes me permet de les clarifier. L approche et la résolution des problématiques que nous partageons sont différentes et cela ouvre sur des solutions originales auxquelles je n aurais probablement pas pensé seul. Lors des échanges libres après l intervention du consultant, lors du repas convivial, il est valorisant de proposer des solutions aux autres membres. Les discussions avec les «Coachs» sont intéressantes car ils ont une approche différente (plus globale) des sujets. Ces réunions ont aussi un rôle «d antidépresseur». La confiance étant créée avec les autres membres, le dialogue se fait librement. Elles permettent de repartir avec le moral. Lors des réunions, je parle également de nouvelles organisations ou manières de faire que je mets en place dans ma société. Je recueille souvent des commentaires pertinents. Nous avons jusqu à présent traité de sujets de base récurrents. L actualité étant riche en rebondissements, j estime nécessaire de poursuivre ces réunions. Dominique JaFFRE PDG ATDV Mitry-Mory (77) Nous faisons régulièrement un retour sur l impact des réunions, d où l importance d évaluer chaque réunion Plato. L apport est vraiment enrichissant de part et d autre. Si on prend le thème du management, les problématiques d une PME rejoignent celles d une grande entreprise.» Stéphane WiNDSoR Président Société Pilkington Automotive France Limay (78) «Je suis entré dans le réseau pour m ouvrir à d autres métiers. Dans le cadre du développement commercial, nous avons traité des nouvelles technologies, un thème qui m intéresse particulièrement car notre groupe est en pleine réflexion sur ce sujet. L expert m a appris beaucoup de choses sur l usage des réseaux sociaux.» Philippe BRoUSSEaU Directeur de trois filiales France Boissons Rosny-sur-Seine (78) «On a, je crois, plus de 450 PME sur notre territoire, nous avons aussi la chance d avoir des grandes entreprises de renommée nationale et internationale, tel que GDF-SUEZ et EADS qui sont, avec la Communauté d agglomération, les partenaires de ce réseau PLATO et tout ceci, pour faire un maillage de ces entreprises, de façon à pouvoir développer au maximum l emploi et l activité. Dire effectivement ce qui se serait passé sans PLATO et ce qui se serait passé avec PLATO est difficilement quantifiable, par contre ce n est pas difficilement appréciable. On est persuadé que le dispositif PLATO a apporté une très nette amélioration, notamment dans la rupture de l isolement du chef d entreprise, à travers l acquisition de bonnes pratiques, la mise en réseau et donc la pérennisation et le développement de ces entreprises sur un territoire.» Dominique BRaYE Sénateur des Yvelines, Président de la communauté d agglomération de Mantes-en-Yvelines Buchelay (78) 22 23

Le comité mécanique Île-de-France La filière mécanique se mobilise «On ne fait rien pour la mécanique» : cette interpellation d un chef d entreprise mécanicienne résonne dans les murs de la CCI de Versailles Val-d Oise / Yvelines (CCIV). Elle déclenche le déplacement d une délégation d élus de la Chambre en Rhône-Alpes, avec un objectif : découvrir ce qu est et ce que fait le Comité mécanique de cette région. De retour, une vingtaine de chefs d entreprise de la mécanique constitue un groupe de travail, qui préfigure le collège des industriels, pour réfléchir aux moyens et aux actions concrètes à mener afin de développer la filière. Sont associés à ces travaux, la Fédération des industries mécaniques (FIM), le Centre technique des industries mécaniques (CETIM), le Centre régional d innovation et de transfert de technologie en mécanique (CRITTMECA) et la CCIV. Le Comité mécanique Île-de-France naît le 14 mai 2001, sous l impulsion de chefs d entreprise du secteur et accompagné par la CCIV, afin de maintenir l emploi dans la région, de prendre en Un plan d actions pour la mécanique, précurseur en Île-de-France Un réseau au service des PME mécaniciennes franciliennes, dirigé et animé par des chefs d entreprise. compte les besoins de toutes les entreprises de la filière, d établir des synergies et de mettre en place des actions collectives. Il sera rejoint en 2006 par l Union des industries et des métiers de la métallurgie de Seine-et-Marne (UIMM) et l ensemble du réseau consulaire (Chambre régionale de commerce et d industrie d Île-de- France, CCI de l Essonne, CCI de Paris, CCI de la Seine-et-Marne). Après avoir réalisé l ingénierie initiale, la CCIV porte directement le Comité mécanique et met à sa disposition une équipe permanente pour le coordonner et l animer. par le CETIM, permet d aider une soixantaine de PME mécaniciennes d Île-de-France à améliorer de façon significative leurs performances industrielles en agissant simultanément sur les coûts, les délais, la qualité, la réactivité et la flexibilité. Une démarche de production performante durable est également engagée auprès d une quarantaine de PME, plus spécifiquement destinée à concilier performances industrielles et nouvelles contraintes environnementales. Avec le CETIM toujours et son programme ACAMAS, le Comité accompagne la réflexion stratégique des dirigeants d entreprise des PME. Confortée par le succès de l opération engagée en 2006 avec quarante entreprises et avec le soutien de la DRIRE et de la Région, la nouvelle action lancée en 2009 étend le bénéfice de la démarche ACAMAS à un plus grand nombre de PME mécaniciennes (60). Il instaure un système de veille technologique et marché pour répondre aux attentes individuelles des PME et les sensibiliser aux outils de l intelligence économique. Dans ce même esprit, il met à leur disposition des outils collaboratifs de conception et de suivi de projets. Le CRITT MECA, aujourd hui Centre francilien de l innovation, apporte son expertise aux PME à travers son action «performance en innovation et conception». la visite du ministre C. estrosi sur le stand du CMIdF en 2010 Des missions à l étranger sont organisées afin de permettre aux entreprises d identifier de nouveaux marchés en relation avec leurs savoir-faire et d étudier les opportunités de partenariats internationaux (la Roumanie, la Chine, le Brésil ). Suite à ces approches, l aide aux entreprises s organise avec l appui d un volontaire international en entreprise (VIE) en temps partagé. Portée par la FIM/Promeca, c est une des douze actions du dernier plan mis en œuvre par le Comité mécanique Ile-de-France. Chaque entreprise fixe la mission qu elle souhaite au VIE : étude de marché, prospection commerciale, interface clients Une première expérience est menée en Pologne en 2008. En 2009, quatre entreprises franciliennes bénéficient d un VIE en Russie, tout en partageant ses services et son coût. En octobre 2001, les grandes orientations du premier programme d actions sont arrêtées par une cinquantaine de chefs d entreprise. Dès le mois suivant, à l occasion du salon international de la sous-traitance industrielle (MIDEST), le Comité mécanique Île-de-France est en ordre de bataille pour présenter son livre blanc qui, dans sa première partie, dresse l état des lieux économique et social de l industrie mécanique francilienne qui, avec 105 000 salariés, reste la première branche de l industrie manufacturière. Dans sa seconde partie, l ouvrage expose les neuf propositions d action du Comité pour soutenir la filière, qui vont de changer l image de la mécanique à favoriser les partenariats industriels, en passant par valoriser les compétences humaines, les entreprises de la filière, maintenir les emplois de la mécanique dans la région, accompagner le développement international des entreprises mais aussi contribuer à la réflexion stratégique de la filière et des entreprises, 24 pérenniser l avance technologique des entreprises franciliennes et faciliter l usage des technologies de l information et de la communication. A partir de ces neuf priorités, un premier plan d actions est élaboré pour la période 2003 2006, puis un second (en douze points) pour la période 2007-2012. Dans ce cadre, le Comité mécanique mène de nombreuses actions au profit du développement des entreprises mécaniciennes de la région. En novembre 2003, il organise les «journées portes ouvertes» de la mécanique pour promouvoir auprès de 160 jeunes de la région les métiers de ce secteur. 12 entreprises et 4 collèges répondent à l appel. Une trentaine de visites permet aux élèves, répartis en seize groupes, de visiter ces entreprises. Lancée en 2004 et régulièrement renouvelée, l opération «production performante», conduite Pour une meilleure image et une plus grande notoriété Le Comité mécanique s attache à améliorer l image de la filière et à valoriser les entreprises mécaniciennes. Dans ce but, il met en place «le baromètre de la filière mécanique» qui mesure les performances économiques des entreprises franciliennes du secteur et la notoriété de ce dernier. Le Comité mécanique s est également doté de moyens de communication. Il publie ainsi un journal d information distribué gratuitement et il diffuse tous les quinze jours une lettre électronique. Afin de faire connaître les compétences des entreprises à d éventuels donneurs d ordre, il leur propose un référencement sur son site internet. L objectif est double : aider les PME franciliennes du secteur à valoriser leur savoir-faire et les donneurs d ordres à trouver les fournisseurs franciliens capables de répondre à leurs besoins. Opérationnelle en 2004, la plateforme d affaires ainsi créée est officiellement présentée au MIDEST. A ce jour près de 1 000 entreprises sont référencées et la fréquentation de ce site atteint les 15 000 visites par mois. Une structure dont la force repose sur la mutualisation de l ensemble des acteurs de la filière. 25

Un autre objectif du Comité mécanique est de favoriser les rencontres entre les entreprises mécaniciennes et leurs clients. A cette fin, il les accompagne sur différents salons professionnels, en France ou à l étranger dont la Foire de Hanovre en avril 2011. Présent au MIDEST dès l année de sa création, en 2001, il mobilise chaque année entre cinquante et soixante entreprises au sein d un îlot Une gouvernance et un partenariat efficaces spécifiquement dédié à la mécanique et accueilli sur l espace régional. Les entreprises y disposent de stands à des tarifs très compétitifs. Par ailleurs, des rencontres sont organisées avec des donneurs d ordres d autres filières dont celles de l aéronautique, de l automobile, des industries agroalimentaires ou pétrolières, de la chimie et de la pharmacie Dans le même esprit, le Comité mécanique Îlede-France organise des conventions d affaires, une opération qui s inscrit en droite ligne du plan d actions élaboré pour la période 2007-2012. Une première édition, organisée en mars 2009 à la Maison de la Mécanique, à Courbevoie, accueille une centaine de dirigeants d entreprise pour une moyenne de neuf rendez-vous chacun. L expérience est renouvelée en 2010, dans les locaux de l ESSEC, cette fois, à Cergy, puis en avril 2011, à Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne). Ces conventions d affaires «MEC@FAIR» mobilisent en moyenne 180 PME et donneurs d ordres. Nom : Comité mécanique Île-de-France Porteur : Chambre de commerce et d industrie de Versailles Val-d Oise / Yvelines Date de création : 14 mai 2001 Nombre d entreprises : 4849 Témoignages J ai participé à la convention MEC@FAIR l année dernière et je me suis à nouveau inscrit pour cette année. Notre société, spécialisée dans la mécanique de précision, travaille majoritairement pour l aéronautique et l automobile. Je trouve toujours intéressant de croiser des entreprises qui ont des problématiques similaires aux nôtres, même si nous sommes parfois en concurrence. La convention donne aussi l occasion de rencontrer les donneurs d ordre du secteur. Même si on ne conclut pas d affaires directement ce jour-là, la participation financière qui nous est demandée est très raisonnable et les perspectives encourageantes. Il serait dommage de ne pas profiter de l occasion d une telle rencontre. Pascal GESLot PDG SERMP Rambouillet (78) Pour mener à bien ses missions, le Comité mécanique dispose du soutien financier de l Etat et de la Région d Île-de-France et organise sa gouvernance autour de quatre organes opérationnels et de décisions. Le collège des industriels, composé de soixante cinq membres, mène des réflexions collectives sur les thèmes ayant un intérêt pour les mécaniciens et détermine les actions à mener. Le comité exécutif est l instance décisionnaire tandis que le comité de pilotage rassemble les partenaires et les financeurs de plan d actions du Comité mécanique (le Conseil régional d Îlede-France et l Etat à travers la DIRECCTE). Le secrétariat général, enfin, assure les fonctions opérationnelles. Il est hébergé par la CCIV «tête de réseau» de la filière. Sa mission est d assurer la bonne exécution et la coordination des actions du Comité, d animer le réseau des industriels, de gérer le budget de fonctionnement et d assurer le secrétariat des différents organes. En s inspirant de l exemple du Comité mécanique, l Etat et la Région en Île-de-France ont établi les principes d une politique de soutien aux filières prioritaires dans le cadre du contrat de projet les liant. «L action régionale Acamas du Comité mécanique IDF nous a permis de réaliser un bond important. Avoir une stratégie à 5 ans, une vision, un plan d actions tels que nous les avons définis avec notre consultant et mes collaborateurs est un gage de sérieux et un atout vis-à-vis de nos clients, fournisseurs, partenaires financiers». Jean-Marc SaSSiER PDG de Setam-Carabin Groupe Valindus Tremblay-en-France (93) «L opération VIE à laquelle nous avons participé a été pour nous très positive : nous avons acquis une 1 ère référence commerciale dans le pays en question sur la période, et il est très possible que nous décidions d une implantation maintenant dans ce pays : nous n aurions pas entrepris cet «exercice» sans le mécanisme d un VIE à temps partagé, bien adapté à notre taille d entreprise» Philippe GaRELLi Président Altawest Bourg-la-Reine (92) Une filière prioritaire en Île-de-France, soutenue par l Etat et la Région Île-de-France depuis 2001 26 27

Le réseau mesure Val-d Oise (RMVO) Instrumentation et mesure à l unisson, la dynamique d un réseau A l origine du RMVO, une étude réalisée en 1999 par le Comité d expansion économique du Val-d Oise (CEEVO) et une autre menée en 2001 par la CCIV montrent que le secteur de l instrumentation et de la mesure est très présent sur le Val-d Oise, avec un potentiel d environ 130 à 160 entreprises, représentant entre 4 000 et 5 000 salariés. A l initiative de la CCIV, en accord avec le Conseil général du Val-d Oise via le CEEVO, contact est pris avec ces entreprises afin de déterminer si elles sont intéressées par la création d une structure commune et dédiée à leur secteur d activité. Quatre réunions sont organisées tout au long de l année 2001, qui permettent aux douze premières entreprises mobilisées et volontaires de saisir la parenté de leurs problématiques et l importance d y travailler ensemble et d élaborer un programme d actions concentré sur leurs principaux besoins. Le 10 avril 2002, leurs dirigeants décident de se regrouper et d unir leurs forces en créant leur propre association basée sur le principe du «Système Productif Local», le Réseau mesure du Val-d Oise, doté d un statut d association «Loi 1901». La CCIV affecte un collaborateur à l animation du RMVO. Grâce à la création de cette association, ces professionnels de la mesure veulent constituer une véritable force de proposition et donner aux entreprises du secteur la possibilité d accéder plus facilement à des ressources d information 28 stratégiques et opérationnelles. Plusieurs champs d intervention sont déterminés : les ressources humaines et les besoins en formation, la métrologie (étude des besoins en compétences et en informations), le marquage CE pour le matériel de diagnostic in vitro (création d un groupe de travail de huit entreprises avec un expert extérieur pour la mise en place d une démarche en entreprise), l export (participation au salon Pittcon aux Etats-Unis) et la valorisation du savoir-faire des membres du réseau. Dans leur écrasante majorité, les entreprises regroupées au sein du RMVO ne comptent pas plus de 20 à 30 salariés. La plupart du temps, elles ont des moyens limités. Grâce à la mutualisation, ces moyens augmentent. A plusieurs, les entreprises peuvent réaliser des opérations qu une entreprise seule n aurait pu envisager, par exemple, recruter un collaborateur qui gère exclusivement la fonction métrologie. Etre en réseau permet d obtenir des financements ou de réaliser des gains d échelle. Par exemple, la mise en place d une veille technologique ne coûte que 30 % du coût normal aux adhérents du RMVO. De même, des tarifs préférentiels permettent de participer à des salons professionnels grâce à l organisation de stands collectifs. La coopération entre les entreprises du réseau peut prendre des formes variées : développement de produits communs, actions communes de mises sur le marché Les entreprises peuvent mieux se développer et le faire plus vite. L objectif est de renforcer la synergie entre les entreprises du secteur de la mesure dans le Val-d Oise, promouvoir leurs savoir-faire, accroître leurs performances et développer des courants d affaires, notamment entre les membres du réseau. Un élan qui ne se dément pas Dès 2004, des membres du réseau participent sous pavillon commun à deux salons professionnels, Mesurexpo, porte de Versailles, et Médica, à Düsseldorf. Cette même année, le réseau engage pour ses membres une action de veille technologique, réglementaire et commerciale. Il propose dans le même temps un diagnostic métrologie pour améliorer cette fonction dans les entreprises. En parallèle, pour les ressources humaines, des outils de gestion adaptés aux PME sont mis en place pour les aider à rechercher des subventions, à établir des relations avec les établissements d enseignement supérieur Un site Internet est créé à la rentrée de septembre, visant à mieux faire connaître les savoir-faire des entreprises membres et à leur permettre de communiquer entre elles. En plein élan, le réseau songe à s ouvrir aux autres départements. Dès 2005, une dizaine d entreprises des Yvelines sautent le pas. Vient s y ajouter une entreprise des Hauts-de-Seine. Le RMVO compte alors une quarantaine de membres qui se répartissent en cinq groupes de travail thématiques : export, métrologie, veille technologique et réglementaire, Coopération, valorisation et amélioration Les actions se multiplient en faveur des entreprises membres, que ce soit en matière de prospection commerciale, tel un showroom dans un hôtel bordelais en mai 2006, de communication marketing par le biais d une agence de presse commune, de groupement d employeurs et aussi de veille en partenariat avec l Agence régionale d information stratégique et technologique (ARIST) permettant aux entreprises de bénéficier d informations spécialisées sur les brevets, les technologies, les concurrents extérieurs ou encore en matière d export, notamment par l organisation de missions de prospection ou de rencontres BtoB (Algérie, en 2005, Tunisie en 2006, Turquie, en 2009, ou Montréal et Toronto en 2010, et, en prévision, une mission aux Emirats Arabes Unis fin 2011). Par ailleurs, le réseau favorise une présence soutenue et répétée dans les salons professionnels (MesurexpoVision, Pollutec, ). En 2010, le RMVO, avec un pavillon de 270 m² abritant 24 PME adhérentes, pour la plupart du Val-d Oise et des Yvelines, représente la première organisation professionnelle présente ressources humaines, communication. Ils sont fabricants, distributeurs, sociétés d ingénierie, bureaux d études, de génie logiciel... Ils représentent 1 400 salariés environ et 350 millions d euros de chiffre d affaires. Ce sont eux qui font vivre le réseau. Ils proposent des actions que le réseau concrétise au profit de tous ses membres. à Mesurexpo. En 2010, il participe pour la première fois au SEPEM (salon des services équipements, process et maintenance) à Colmar, et au SIPEC (Salon des industries de la chimie, cosmétique, parfumerie, pharmacie). L association apporte à ses membres les contacts que ne pourrait pas avoir une PME isolée. Elle leur donne aussi une vision plus large de l évolution des marchés, des technologies en leur apportant des moyens d information et de formation dans des domaines stratégiques. Trois annuaires sont réalisés en réponse à cet objectif: le premier pour faire connaitre à l extérieur les entreprises du réseau ; le deuxième, plus détaillé, est réservé à ses seuls adhérents et davantage destiné à instaurer des relations plus étroites entre eux ; le troisième, enfin, pour recenser, d une part, les établissements de formation aptes à répondre aux difficultés de recrutement des entreprises du secteur, et d autre part, les laboratoires susceptibles de les aider à résoudre des problèmes techniques ou de participer à un projet. Trois visites de laboratoires 29

Le RMVO constitue un véritable centre de compétences Mesure et Instrumentation pour répondre aux besoins des donneurs d ordres et des clients (Laboratoire national de métrologie et d essais (LNE) ; laboratoires de métrologie de PSA Peugeot et Centre technique des industries aéraulique et thermique (CETIAT) en 2010 concrétisent cette volonté de rapprochement avec les laboratoires de recherche. Des projets innovants peuvent de cette façon se mettre en place. Ainsi, le RMVO est partenaire avec le LNE sur un projet de sensibilisation des PME aux notions élémentaires de la métrologie via une formation gratuite en e-learning. Les membres du RMVO contribueront à la définition Le RMVO labellisé «Grappe d entreprises» En mai 2010, le RMVO est lauréat du premier appel à projets «Grappes d entreprises» lancé par le ministère de l espace rural et de l aménagement du territoire. Le titre «Grappe d entreprises» récompense les initiatives exemplaires des réseaux d entreprises constitués en grande partie de PME et de TPE, fortement ancrées localement et mobilisées autour d une stratégie commune et de services et actions concrets et mutualisés. L appui aux grappes d entreprises permet au réseau de soutenir ses projets d animation et ses actions structurantes. Le 26 octobre, le RMVO est officiellement labellisé «Grappe d entreprises» au ministère, parmi les quatre grappes franciliennes sélectionnées. Après huit ans d existence, le RMVO voit son travail récompensé par l obtention de ce label. du besoin en amont et à la validation du module e-learning en aval. Cette implication du réseau a un effet d entraînement, de diffusion et de déploiement des formations au niveau national. Par ailleurs, quatre entreprises membres du RMVO sont associées à un projet R&D visant la création d une carte électronique, outil commun destiné à gérer des métiers différents en mettant en synergie leurs compétences et en réduisant les coûts. Fruit d une stratégie gagnante pour chaque partenaire, ce projet entre dans sa phase de prototypage courant 2011. L objectif est de favoriser le développement des entreprises du réseau par la création de synergies et à travers un fonctionnement fédérateur. Depuis la création du RMVO, de nombreux partenaires rejoignent la CCIV et le CEEVO, renforçant ainsi sa crédibilité et sa représentativité : la Communauté d agglomération de Cergy-Pontoise, le Conseil général du Val-d Oise, le Conseil régional d Îlede-France, la Datar, la DIRECCTE... Initialement centré sur le Val-d Oise et les Yvelines, le RMVO s étend aujourd hui à des entreprises de toute l Île-de-France. Aujourd hui, il a une dimension régionale. Ainsi, ses objectifs pour les années à venir sont le développement du réseau, l émergence de projets interentreprises à forte valeur ajoutée, la mise en œuvre de démarches durables de coopération à l échelle européenne avec des clusters partenaires. Son ambition est la création de richesse grâce aux échanges, sa force est la mutualisation des moyens, son atout la mise en commun des informations et des compétences qui favorisent l ouverture à de nouveaux marchés. Témoignages Nom : Réseau mesure Val-d Oise : RMVO Forme juridique : Association «Loi 1901» Date de création : 10 avril 2002 Nombre d entreprises : 59 «Au-delà de sa performance, le RMVO séduit par son fonctionnement original. Ce sont les membres qui font vivre le Réseau. Les actions engagées le sont uniquement sur proposition des adhérents eux-mêmes, qui se forment en groupes de travail, établissent un cahier des charges et consultent les éventuels intervenants extérieurs pour bâtir une offre qui est proposée ensuite à l ensemble des adhérents. Ce schéma d organisation n est possible qu en raison de l engagement et de l implication importante des membres de la gouvernance de l association. Par ailleurs, le soutien constant de la CCIV, aussi bien en termes de logistique (animation et communication) que de financement, est un facteur primordial au développement du RMVO. Enfin, le nombre des adhérents du RMVO est en progression constante depuis sa création, et surtout, la participation des entreprises aux actions engagées qui a, en effet, plus que doublé de 2009 à 2010, en passant de 1 180 heures à 3 000 heures.» Joël SaHLER Président du RMVO AUGERON TCOL Saint-Ouen l Aumone (95) «La force du RMVO est la mutualisation des moyens. MesurExpoVision est un salon intéressant car qualitatif. Les clients y viennent avec de vraies problématiques à résoudre et y participer nous permet de nouer des contacts productifs. L atout du RMVO, c est notre mise en commun des informations et des compétences qui favorise l ouverture à de nouveaux marchés. Depuis 2010, nous participons au SEPEM (Salon des Services Equipements, Process et Maintenance) à Colmar, Douai et Angers. En décembre dernier, nous étions 8 entreprises au salon Pollutec à Lyon (Salon international des équipements, des technologies et des services de l environnement) et nous serons 10 cette année à Paris.» Francis HERaUt PDG TH Industrie Paris (75) 30 31

Le réseau des éco-industries (REi) Un réseau de référence Années 2000. Sous la pression d une réglementation environnementale, notamment européenne, et de l opinion publique qui impose de se préoccuper de plus en plus des questions environnementales, les éco-industries prennent leur envol. A la fois technologiques et innovantes, elles concentrent, selon la définition, des producteurs de biens et de services capables de mesurer, de prévenir, de limiter ou de corriger les impacts environnementaux tels les pollutions de l eau, de l air, du sol, mais aussi les problèmes liés aux déchets, Une communauté vaste, difficile à cerner La difficulté est de cerner le périmètre économique de ces secteurs tant les domaines couverts sont différents. Les codes d activités sont nombreux et il n existe pas en 2004, au moment où la CCIV décide de monter un plan d actions autour des éco-industries du Val-d Oise et des Yvelines, d organisation professionnelle susceptible de les structurer dans leur ensemble. Dans ces territoires qui accueillent, à Carrièressous-Poissy, l usine d incinération la plus moderne d Europe, à Limay, le centre de gestion de déchets spéciaux de SARP Industrie, à Cergy-Pontoise, la plus grande chaufferie biomasse de France, ou encore l usine modèle de retraitement des eaux par nano filtration à Méry-sur-Oise et le centre de formation de bruit et écosystèmes. Elles sont fabricantes d instruments de mesure de qualité de l air ou de l eau, constructrices de matériels pour la dépollution des nappes phréatiques, sociétés de collecte de déchets, de traitement des eaux usées, entreprises d ingénierie, ou spécialisées dans les énergies renouvelables ou la lutte contre le bruit, ainsi qu ayant des activités transversales telles que les sociétés de services informatiques créatrices de logiciels spécifiques pour les métiers de l environnement Veolia environnement à Jouy-le-Moutier, les compétences sont réelles mais mal connues, les acteurs locaux mal identifiés. Aussi, la première phase du projet est d identifier sur le terrain les entreprises liées à la filière des éco-industries dans les deux départements : 650 entreprises sont ainsi recensées, représentant près de 18 000 salariés. Ensuite, des entretiens sont menés auprès de ces entreprises afin de connaître leurs attentes, les difficultés qu elles rencontrent, cela de façon à bâtir un plan d actions qui leur soit adapté. Présentés à Versailles en juillet 2004, les résultats conduisent à déterminer les premières pistes de travail en fonction des préoccupations communes dégagées. Le réseau Les éco-industries dans le Val-d Oise et les Yvelines, c est 18 000 salariés, 650 établissements dont 340 PME et une vingtaine de grands groupes, représentant plus des deux tiers des salariés de la filière sur 145 établissements, et 4 grands domaines d activité : eau, déchets, conseil et ingénierie, instrumentation. des éco-industries est créé dans la foulée avec vingt entreprises. Quelques mois plus tard, elles sont déjà soixante pour présenter, en février 2005, leur plan d actions. Fruit de leur réflexion et de leurs échanges, il est résolument concret et opérationnel et vise à accompagner le Des actions multiples pour des besoins multiples Changer le regard porté sur la filière, assurer la promotion de ses membres, accélérer les courants d affaires, ou l essor des écotechnologies, résoudre les problèmes de recrutement, augmenter leur taux d export, les besoins des entreprises membres du réseau sont multiples et suscitent un éventail d actions concrètes et spécifiques, comme, notamment, la mise en place d un système de «ticket modérateur» pour la participation à des salons internationaux et à des missions exploratoires, l offre d un VIE à temps partagé ou la mise à disposition du réseau par la CCIV d une sélection d appels d offres internationaux A peine lancé, le réseau est présent à Pollutec en 2004 où un groupe d éco-industries, membres du réseau, se partage un stand collectif. Chaque année, les adhérents du réseau sont présents à ce salon dédié aux enjeux environnementaux et énergétiques et organisé chaque année alternativement à Paris et à Lyon. Au plan international, en juin 2006, un groupe d entreprises représente le réseau à Poleko, le salon polonais des techniques de l environnement. Mais pour rester compétitives et en phase avec une réglementation en perpétuelle évolution, les éco-industries doivent maintenir un effort développement économique de la filière à partir de six grands axes prioritaires : renforcer la présence des membres à l international, favoriser l accès à l innovation, faciliter le recrutement et la formation, faciliter l implantation, «vendre» les savoir-faire du réseau, faire vivre le réseau. constant en matière d innovation et de R&D. Le réseau propose dès lors à ses membres une veille technologique collective, des missions de partenariat technologique et des conventions d affaires favorisant les échanges d informations et le rapprochement interentreprises au niveau européen. Par ailleurs, pour répondre à leur problématique de recrutement, une étude est réalisée d octobre 2006 à avril 2007. Elle recense les métiers et les compétences de la filière, avec une mise en perspective des attentes en matière de recrutement et de formation. Cette cartographie des ressources humaines de la filière apporte l éclairage nécessaire pour «coller» au plus près des besoins des entreprises, au bénéfice de l emploi sur le territoire. Une lettre d information, des rencontres mensuelles auxquelles sont invités des acteurs institutionnels de l environnement ou du développement économique (Conseil général des Yvelines, CRITT Chimie-Environnement ), des visites d entreprises (SARP Industries, Renault Flins, Hervé Thermique, APR2 ) ou de sites (le Parlement européen à Bruxelles, Synchroton Soleil à Saclay), cimentent les relations entre les membres. Faire mieux reconnaitre les savoir-faire des entreprises des éco-industries C est l axe primordial et structurant du réseau. Il répond à un triple objectif de notoriété, d image et de valorisation de la filière auprès du grand public, des collectivités locales, des prestataires et des clients. Une large palette d outils est imaginée : site Internet, film promotionnel, convention d affaires (entreprises / collectivités locales), tourisme industriel local par le biais de journées portes ouvertes, exposition itinérante («Eco-industries : Images et Réalités», vitrine des savoir-faire pour le grand public et les élus locaux), actions de sensibilisation à l environnement 32 33

La nécessité de grandir Dès la constitution du réseau, un annuaire de ses adhérents est élaboré. Diffusé lors de Pollutec 2004, il est mis à jour et publié chaque année et présente l essentiel des services, produits et technologies de l environnement proposés sur les deux départements. La vocation de cet annuaire est de valoriser les niches technologiques, de mettre en avant les savoir-faire de ces professionnels, contribuant ainsi à accélérer les courants d affaires et à aider au développement économique des territoires. En parallèle, le réseau conçoit une carte interactive rassemblant l ensemble des savoirfaire du réseau. Présentée lors du salon Pollutec Horizons (novembre 2007), elle facilite l identification des produits et services liés à l environnement pour une entreprise ou une collectivité à la recherche d une solution environnementale. Elle utilise le principe de géolocalisation. Grâce à cet outil, un industriel, à la recherche par exemple, de solutions en matière de dépollution des sols pourra très facilement retrouver, en sélectionnant le domaine d activité voulu et la localisation géographique souhaitée, des prestataires, membres du réseau des écoindustries répondant à sa demande. La carte interactive remplace aujourd hui l annuaire des adhérents, interrompu en 2009 au profit d un nouvel annuaire des technologies et process innovants proposés par le réseau. En 2007, à moins de trois ans de sa création et déjà riche de 150 adhérents, le réseau décide de s élargir. En effet, tel qu il est constitué jusque là, il ne permet pas de répondre de manière exhaustive à toutes les problématiques environnementales des entreprises du Vald Oise et des Yvelines. La nécessité se fait sentir d intégrer l ensemble des entreprises disposant de technologies propres ou de nature à réduire la production de déchets ou de pollutions, pour proposer une gamme plus large de solutions environnementales. Ainsi, après avoir attiré principalement des entreprises intervenant dans le traitement des pollutions (éco-industries curatives), le réseau s ouvre aux entreprises «préventives», c est-à-dire ayant leur cœur de métier dans la conception et / ou la commercialisation de solutions dans les économies d eau et d énergie, la qualité environnementale des bâtiments, l écomobilité, les énergies renouvelables Par ailleurs, le réseau décide d associer plus largement et sur une échelle régionale les autres acteurs de la filière tels les laboratoires de recherche, les centres de formation et universités, les acteurs publics de l environnement ou du développement économique, afin de créer une vraie dynamique et de développer des synergies, d assurer l adéquation des formations et le recrutement des entreprises, d optimiser les dispositifs de soutien à la filière. Il devient un pôle de compétences à part entière. Organiser des conventions d affaires Une première convention d échanges est organisée en juin 2006, dans les locaux de PSA Peugeot-Citroën, à Poissy. Elle a comme objectif principal et spécifique de favoriser la connaissance mutuelle des membres du réseau par le biais de rendez-vous qui permettent à chacun de découvrir au moins quatre autres adhérents du réseau. Les deux suivantes s ouvrent davantage vers l extérieur et prennent une dimension régionale. En janvier 2007, une première convention régionale d affaires, sur le mode du «speeddating», permet à près de 200 entreprises franciliennes des éco-industries, acteurs institutionnels et responsables environnementaux de grandes entreprises, de se rencontrer à Mantes autour de la thématique de l environnement. Une forte présence des structures publiques et associatives locales et de la Région Île-de-France (EPAMSA, ENVIROPEA, OSEO, ADEME ) est relevée. En septembre 2008, c est sur le thème de l innovation qu une deuxième convention francilienne est organisée. Bâtie sur le même principe du «speed-dating», elle accueille à la Maison de l environnement, des sciences et du développement durable de Magny-les- Hameaux, outre les entreprises, l ensemble des acteurs de l innovation (laboratoires de recherche spécialisés dans le développement durable, pôles de compétitivité, acteurs publics de l innovation et de la propriété industrielle, capital-risqueurs, business angels ). L idée est d accélérer le processus d innovation dans les entreprises éco-industrielles en favorisant les contacts entre les acteurs capables d intervenir quel que soit le stade de maturation d un projet de R&D : développement de procédés, transferts de technologies, recherche de financements, dépôt de brevets L efficacité de ce réseau tient à la diversité des entreprises qu il fédère, depuis la micro-entreprise jusqu au grand groupe international. Elle tient aussi au réel engagement dans le réseau des entreprises adhérentes. Parce que chacun apporte ses compétences propres et ses questionnements, les confronte, et que de ces rencontres naissent des réflexions fécondes, des opportunités nouvelles, des réponses très concrètes aux attentes. Nouvelle organisation, nouvel élan Le réseau des éco-industries vit par et pour ses membres, les entreprises, qui décident en septembre 2010 de s en approprier plus encore la direction en s impliquant plus étroitement dans son organisation. Un nouveau comité de pilotage est lancé, constitué pour un an de onze membres bénévoles représentatifs de la diversité des adhérents. Ainsi, à sept ans, le réseau prend un nouveau virage et se structure en clubs «métiers», chacun soutenu par un dirigeant d entreprise référent, interlocuteur privilégié des membres du réseau et porte-parole auprès des partenaires. Six clubs sont créés : le Club déchets, qui fédère 80 entreprises, le club EnR (Energies Renouvelables) qui en regroupe 20, le club Air (15 entreprises), le club Ingénierie (44), le club éco/habitat matériaux (11), le club eau (43). Des clubs transversaux viennent consolider l édifice : ainsi le club International, qui concerne 43 membres, et, le club Affaires, qui rassemble les 200 membres du réseau. Une formidable mobilisation lors de la convention d affaires de 2008 à la Maison de l environnement de Magny les Hameaux 34 35

Du RavY au Ravi, la réponse aux exigences de la filière automobile Eau Déchets Eco-habitat Matériaux Cette nouvelle organisation doit permettre à terme d apporter une réponse plus réactive aux besoins précis des membres du réseau selon leurs métiers et de concevoir des actions encore plus ciblées et encore plus performantes. Par exemple, le nouveau format adopté pour les rencontres d affaires : une matinale de deux heures mettant en présence une grande entreprise membre du réseau et des entreprises ciblées en fonction de leurs métiers. Nom : Réseaux des éco-industries Yvelines / Val-d Oise Porteur : Chambre de commerce et d industrie de Versailles - Val-d Oise / Yvelines Date de création : juin 2004 Nombre d entreprises : 200 Témoignages «Je rencontre facilement un grand nombre d entrepreneurs pour échanger nos expériences et nos contacts. Le réseau des éco-industries Yvelines / Val-d Oise nous propose des opportunités et nous donne de l énergie. C est une relation fertile et particulièrement tonique» andré DUcat Directeur ADETA Franconville (95) Air Ingénierie International Expérimentée une première fois en octobre 2010 avec la Lyonnaise des eaux, sur le thème de l eau, cette nouvelle formule va se développer sur d autres secteurs des éco-industries. Exemplaire en Île-de-France, le réseau des écoindustries Yvelines / Val-d Oise, lancé en 2004 avec seulement 20 entreprises, en fédère 200 aujourd hui. «Organisation de la matinale «eau» : tout à fait dans la ligne de nos échanges lors du comité de pilotage : créer une dynamique locale entre les acteurs eco-tech.» Gilles BoURGUiGNat Directeur général COGENCO SAS DALKIA UK Plc Ecquevilly (78) «Etre plus fort en préparant et en anticipant les projets de demain, de manière individuelle ou collective, est le principal objectif que je souhaite atteindre avec le club déchets du réseau des éco-industries Yvelines/Val-d Oise.» christophe crochart Directeur Régional et référent du club déchets du réseau des éco-industries Yvelines/Val-d Oise SANITRA SITA - Bouafle (78) Le RAVY Réseau automobile Val-d Oise / Yvelines Une grande entreprise impliquée dans PLATO interpelle la CCIV : «Vous qui avez l expérience des réseaux, il y a quelque chose à faire dans l automobile». L aventure commence. Une étude économique et d opportunité met en évidence le poids économique de la filière automobile dans le Val-d Oise et les Yvelines. En effet, 20 % des véhicules automobiles produits en France sont issus des deux départements qui regroupent plus de 75 000 emplois directs, soit 30 % de la filière automobile nationale. La concentration y est particulièrement forte dans l ingénierie des véhicules avec les centres de recherche et de développement des principaux acteurs de l industrie automobile. Cette étude explore aussi les attentes des entreprises de la filière. En 2005, la CCIV recrute une animatrice. Une quinzaine d entreprises, grandes et petites, se rassemblent. Avec le soutien du Conseil régional d Île-de-France, de la DRIRE (intégrée depuis au sein de la DIRECCTE) et du Conseil général des Yvelines, le Réseau automobile Val-d Oise/Yvelines (RAVY) est créé en janvier 2005. Douze mois plus tard, il publie un livre blanc «Pour une activité durable de la filière automobile du Val-d Oise et des Yvelines». Ce document, largement diffusé auprès des acteurs territoriaux, présente la situation économique de la filière, ses problématiques locales, les questions de l emploi et des compétences, les Des emplois et des compétences Sur le thème des ressources humaines, des outils de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences sont mis en place. Les entreprises peuvent bénéficier d un diagnostic et d un accompagnement personnalisés. Lors des ateliers, les techniciens en ressources humaines du RAVY partagent leur expérience en matière d emplois et de formation. A partir de ces échanges, une cartographie des besoins et des objectifs et les axes de travail du nouveau réseau. Les entreprises et les partenaires précisent leur engagement et le fonctionnement du RAVY à travers une charte. Les objectifs sont de traiter collectivement les problématiques communes, de promouvoir la filière automobile, de valoriser son image et de défendre ses intérêts auprès des acteurs locaux. Quatre axes de travail sont définis, autour desquels vont se structurer les commissions et les actions du réseau : les ressources humaines, les infrastructures et l aménagement du territoire, la gestion de l environnement et la communication. ressources de la filière automobile est réalisée. Le «passeport RAVY», lancé en 2006 en partenariat avec l Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), avec le soutien, à partir de 2009, de l Etat et du département des Yvelines, propose un parcours de professionnalisation aux salariés de la filière. Ce dispositif qui vise à sécuriser et renforcer l employabilité des salariés constitue le premier 36 37

Fidèle à l action menée par le RAVY, le Réseau automobilité et véhicules en Île-de-France (RAVI) soutient le développement des entreprises de la filière automobile en Île-de-France et s emploie à faciliter les relations entre donneurs d ordres et sous-traitants, ou encore à promouvoir les métiers de l automobile auprès des jeunes. Performance et innovation sont au cœur de sa mission pour aller de l avant. première plateforme grâce à des financements publics et privés et présenté leur projet lors du Salon de Genève en février 2011. En 2010, après cinq ans d existence, le RAVY rassemble 120 établissements représentant plus de 33 000 emplois dans tous les métiers de la filière, constructeurs, équipementiers, fournisseurs, distributeurs, sociétés d ingénierie. niveau d une validation des acquis de l expérience (VAE). Plus de 2 000 personnes ont été formées dans ce cadre. Afin d élargir les opportunités d emploi des bénéficiaires de ce passeport après leur mission dans l automobile, le réseau étudie la possibilité de le développer vers les emplois des éco-industries en misant sur le principe des passerelles professionnelles. Une enquête menée en juillet 2010 auprès des employeurs des écoindustries permet de valider la pertinence d une telle passerelle et d identifier ceux qui sont prêts à accueillir des bénéficiaires du passeport. Un plan d actions est alors mis en place visant à concrétiser les premières embauches. En 2009, une cellule de coordination pour l accueil et la mobilité des salariés de la filière automobile est installée dans le cadre du plan de Une réflexion stratégique et des nouvelles actions En novembre 2006, à l occasion de ses premières rencontres territoriales, le RAVY invite les entreprises de l industrie automobile, les acteurs institutionnels, les collectivités territoriales et les services de l Etat à débattre sur les enjeux pour l industrie automobile du Val-d Oise et des Yvelines à l horizon 2020. Lors de la seconde édition, en décembre 2008, c est autour des mutations économiques de la filière que s organisent la réflexion et les échanges souhaités par les membres du réseau. Trois cents personnes participent à ces rencontres où, parmi les thèmes abordés, dominent l emploi dans l industrie automobile, les compétences du futur, les infrastructures, le logement, la compétitivité des entreprises de la filière, les transports publics, la démarche environnementale, l innovation Un nouvel axe d action se dégage, le développement de projets collaboratifs entre entreprises du réseau. Il s agit pour elles, en se groupant, de créer des synergies qui leur permettent de réaliser des objectifs difficiles à atteindre individuellement, des gains commerciaux, des économies d échelle, des mutualisations de 38 les entreprises du ravy au salon de Genève 2011 soutien du Conseil général des Yvelines. La cellule fonctionne en tant que guichet unique auquel les salariés de la filière qui souhaitent se relocaliser dans les Yvelines peuvent s adresser. La cellule sert d interface avec tous les acteurs publics ou privés en charge des questions, notamment, de découverte du territoire, de logement, d éducation, d emploi du conjoint Premier bénéficiaire de la cellule, PSA Peugeot-Citroën usine de Poissy signe une convention avec la CCIV en janvier 2010 précisant les interventions de chacun dans le cadre de cette cellule. Dans le même temps, le réseau coordonne les actions menées pour une meilleure accessibilité des sites par les transports en commun, bus, RER et train. moyens, des échanges et des améliorations de savoir-faire et de technologies C est l exemple des six entreprises, toutes membres du RAVY, qui à l automne 2008 décident de travailler ensemble sur le développement d un concept innovant de véhicule urbain à la fois modulable et propre, compact, économe... Le RAVY leur a permis de se connaître, de structurer leur projet et de l amener à maturité pour qu il puisse être labellisé par le pôle de compétitivité Mov eo et être lauréat d un appel à projets lancé par le Conseil général des Yvelines. Réunies au sein d une SAS, elles ont finalisé le prototype d une Le RAVI - Réseau automobilité et véhicules en Île-de-France En 2008, l industrie automobile mondiale connaît de forts à-coups. En France, un temps d échanges entre entreprises est organisé avec les Etats généraux de l automobile. La question des relations entre donneurs d ordres et soustraitants est largement abordée. A l issue de cette démarche, un nouvel acteur de coordination est mis en place, la Plate-forme nationale automobile (PFA). Ses missions sont l amélioration de la compétitivité globale de la filière et la médiation, nouvelle logique d échange et de concertation entre les différentes entreprises de la filière. En région, la PFA est relayée par les associations régionales de l industrie automobile (ARIA). Les membres du RAVY, qui ont su lui donner dynamique et maturité, souhaitent franchir une nouvelle étape. Il s agit de doter l Île-de- France d une ARIA. Le 22 septembre 2010, 47 établissements créent l association «Réseau automobilité et véhicules en Île-de-France». Le RAVI est aujourd hui la seule plateforme francilienne transversale à la filière. Réseau avant tout, il permet à ses membres de collaborer, de coopérer et d échanger - un fonctionnement de réseau crucial pour offrir une force de frappe collective aux adhérents et avancer vers les innovations qui porteront leur activité future. l Assemblée générale constitutive du ravi le 22 septembre 2010 Le RAVI a pour objet de favoriser la création, le développement et la pérennité des entreprises de la filière automobile en Île-de-France, en partenariat avec les acteurs régionaux du développement économique et ceux de la filière. Il se veut le représentant des entreprises et s est fixé pour objectifs de renforcer leur productivité et leur compétitivité, en particulier celles des PME, de promouvoir la richesse et la diversité des métiers du secteur automobile et de renforcer les liens de manière durable entre les différents rangs de la filière. Sa nouvelle dimension permettra au réseau de mener une approche prospective en partenariat étroit avec les pôles de compétitivité et les collectivités publiques ou encore d encourager l émergence de projets collaboratifs afin que les petites structures performantes puissent, elles aussi, répondre aux attentes des donneurs d ordres. Son ambition est de véhiculer une image forte et valorisante du secteur automobile et du savoirfaire «made in» Île-de-France. 39

Avec cette mutation, le réseau doit faire face à plusieurs défis. Ainsi, le RAVI doit permettre la mise en place des actions à l échelle régionale tout en conservant une proximité territoriale et des réponses adaptées aux demandes spécifiques des entreprises. En acquérant la personnalité morale, le RAVI gagne en autonomie. Sa gouvernance évolue. Le positionnement de la CCIV change. Elle continue d apporter son soutien au RAVI, notamment par l affectation de l équipe d animation et l apport d une subvention de fonctionnement. Elle participe à la gouvernance du RAVI en tant que membre de droit. Le RAVI doit par ailleurs aussi chaque année assurer son financement. Autant de défis que la nouvelle association doit relever. MOV EO, des automobiles et moyens de transports avancés sûrs pour l homme et son environnement Aux origines Nom : RAVI : Réseau automobilité et véhicules en Île-de-France Forme juridique : Association «Loi 1901» Date de création : 2005 (RAVY) et 22 septembre 2010 (RAVI) Nombre d entreprises : 120 membres pour le RAVY, 76 membres pour le RAVI (72 entreprises, 4 institutionnels membres de droit) Témoignages «Grâce au réseau RAVY, j ai participé à une convention d affaires internationale de la filière automobile de l Ouest de PERFORMANCES 2010 à Rennes (SIFAO). Cet évènement a permis de développer un courant d affaires commerciales.» Denis CROUVEZIER Chef de marché automobile ADIA Poissy (78) «J ai réalisé la quasi totalité de mon chiffre d affaires de décembre 2008 grâce aux contacts pris avec le réseau des éco-industries durant la convention d échanges inter-réseaux du 12 décembre 2007. De plus, j ai pu réaliser mes premières diversifications dans le domaine des éco-industries. Cela permet de compenser un chiffre d affaires très difficile à réaliser avec l automobile.» vincent BENoit Gérant ACB Engineering Herblay (95) 40 En Île-de-France en 2001, la réflexion commence avec la mission du centre d envergure européenne Massy-Saclay. Ce territoire, à cheval sur les Yvelines et l Essonne, présente une densité exceptionnelle de recherche publique à l est et de recherche et développement privés à l ouest. Et pourtant, sphères publique et privée développent peu de projets en commun. La concentration dans le secteur automobile y est particulièrement forte avec les centres de conception des deux grands constructeurs français à Vélizy et à Guyancourt et les sites des équipementiers et des sociétés d ingénierie à Saint-Quentin-en-Yvelines. De plus, dans le domaine de la sécurité routière, un laboratoire commun de l Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS) et du Laboratoire central des ponts et chaussées (LCPC) est actif sur le plateau de Satory à Versailles. Petit à petit, émerge l idée de créer un technopôle sur la sécurité routière à Satory où sont présentes des pistes d expérimentation. La CCIV, qui, depuis 2000, a déployé un service d action territoriale pour renforcer le développement économique, s associe naturellement à un premier projet, VESTA, qui voit le jour en 2004. En septembre 2004, le Comité interministériel d aménagement du territoire (CIADT) lance la démarche des pôles de compétitivité qui regroupent, sur un territoire donné, des entreprises, des laboratoires de recherche et des établissements d enseignement et de formation. Engagés dans une démarche partenariale d innovation, sur des marchés porteurs, les pôles doivent permettre d améliorer la compétitivité des entreprises et de l économie française au meilleur niveau mondial. Pour répondre à l appel à proposition du gouvernement, un nouveau projet plus ambitieux voit le jour : VESTAPOLIS. Malgré des délais très courts, le 28 février 2005, le projet VESTAPOLIS est déposé parmi 105 dossiers. Dans la foulée, le 1 er avril, suivra l épreuve du grand oral devant la commission interministérielle, dans les anciens locaux de l école Polytechnique à Paris. Après de longs mois d attente, le verdict tombe le 12 juillet 2005 : VESTAPOLIS est labellisé pôle de compétitivité, parmi 67 autres. Hasard du calendrier ou prémonition, l assemblée générale constitutive se déroule ce même soir. Dans sa lettre de labellisation, le Premier ministre demande le rapprochement entre VESTAPOLIS et un autre pôle de compétitivité, NORMANDY MOTOR VALLEY. Le 14 octobre 2005, le CIACT appelle les deux pôles à fusionner. De novembre 2005 à février 2006, le «comité de fusion» travaille d arrache-pied. Le 19 janvier 2006, le projet de contrat-cadre finalisé par l ensemble des industriels, organismes d enseignement et de recherche et acteurs publics détaille les objectifs de Mov eo, ses domaines d activités stratégiques et son mode de gouvernance. Le 19 juin, Mov eo tient son assemblée générale constitutive. Le 4 octobre, le conseil d administration lance la mise en place des organes opérationnels, l équipe permanente se constitue. Mov eo : moteur de croissance sur la route de l innovation. 41

Dès l origine, la CCIV a apporté sa contribution au projet en lui dédiant un de ses collaborateurs. A partir de janvier 2007, une convention lie Mov eo et la CCIV. Cette convention pluriannuelle fixe, chaque année, les actions à réaliser par la Chambre et les contreparties de Les ambitions et les enjeux de Mov eo Mov eo se structure autour du thème fédérateur «Des automobiles & transports avancés sûrs pour l homme et son environnement». Aujourd hui, les transports routiers de personnes en France, dont l automobile, représentent près de deux millions et demi d emplois induits, soit 10 % de la population active française. C est donc un secteur fort et porteur de l économie nationale, dont Mov eo doit anticiper et accompagner les mutations. Deux ambitions déterminent sa démarche : concilier demande croissante de mobilité et réduction de l impact environnemental et humain du transport des personnes, contribuer à la compétitivité et au développement économique de ses entreprises (grandes et petites) et de ses territoires. Il s agit donc, d une part, de répondre aux défis majeurs de l automobile et des transports collectifs (réduction de la consommation d énergie et d émission de CO2, optimisation de la consommation de matières premières et recyclage des véhicules Mov eo. La mise à disposition d un collaborateur et l accès à une plateforme collaborative se poursuivent depuis. Par ailleurs, la CCIV participe activement à la gouvernance de Mov eo et siège à son conseil d administration. Les entreprises membres de Mov eo emploient plus de 2,5 millions de salariés en France et dans le monde. Mov eo regroupe 70 % de la R&D française de l automobile et des moyens de transports avancés ; soit plus de 36 000 ingénieurs et techniciens des entreprises R&D et plus de 6000 chercheurs et techniciens des laboratoires de recherche publique. en fin de vie, diminution du nombre de morts et de blessés, faciliter la mobilité pour tous) ; d autre part, de faire face aux enjeux sociaux et économiques du secteur des transports de personnes dans un contexte de crise globale qui le touche particulièrement. Générer des projets collaboratifs de R&D, ancrer et développer les activités de recherche sur le territoire, accompagner les PME dans leur démarche d innovation, initier des partenariats internationaux, développer des métiers d avenir, sont quelques-uns des axes forts de l activité de Mov eo. établissements de recherche et d enseignement, et institutions partageant un même domaine de compétence, proches géographiquement, reliés entre eux, complémentaires, mutualisant des ressources et ayant la même volonté de développer ensemble des activités économiques, scientifiques et techniques à la pointe de l innovation. L objectif est de hisser la recherche, la formation et l enseignement au niveau d excellence internationale, d accélérer la mise sur le marché des produits et services innovants, abaisser le coût de l innovation, par conséquent rendre les entreprises plus compétitives et conforter l attractivité du territoire La réalisation de ces «clusters», dont Mov eotec, sur le plateau de Satory à Versailles, est le plus Mov eo : un générateur de projets En mai 2011, il a déjà permis 117 projets de R&D collaboratifs débouchant sur des innovations, financés et engagés pour un budget de 438 M et 198 M d aides. Il est également à l origine de projets territoriaux structurants permettant l ancrage des activités de R&D sur le territoire, comme Mov eodege (Mov éo Défis du Grenelle de l Environnement) et CEREMH (Centre de Ressources et d innovation Mobilité & Handicap) ou encore VéDéCom (Véhicules Décarbonés et Communicants), à Versailles. Sur le territoire de Basse-Normandie, Haute- Normandie et Île-de-France, Mov eo concentre emblématique exemple, est une étape clé du développement de Mov eo. En parallèle, Mov eo travaille sur les quatre autres plans transversaux fédérateurs : PME, international, compétences et intelligence économique. A terme, le développement des compétences des entreprises est tout à fait fondamental pour renforcer la compétitivité internationale de la France et de ses territoires, grâce à l innovation. Enfin, des collaborations étroites sont également instaurées avec les pôles automobile ID4CAR, (Véhicule du Futur), Normands (Transactions Electroniques Sécurisées, Nov@log...), Transports (Lyon Urban Truck and Bus, i-trans ), et Franciliens (System@TIC, Advancity ). plus de 70% de la R&D des transports et de l automobile et compte plus de 320 membres : 76 grandes entreprises, 156 PME, 60 organismes de recherche et de formation, 30 institutions publiques et privées. Par son activité de R&D, Mov eo s est hissé parmi les cinq premiers pôles de compétitivité en France. Sa position lui confère la possibilité de franchir une nouvelle étape de son développement, mais aussi l obligation pour la compétitivité des entreprises, d associer les autres pôles de compétitivité au nécessaire mouvement d adaptation de la mobilité des personnes et en particulier de l automobile au monde de demain. Une action structurée Témoignages Le pôle se construit par étapes. La première concerne les projets de R&D. C est ce qui a permis de faire démarrer le réseau et de construire un réseau industriel dynamique. Ainsi Mov eo favorise une fluidification des relations entre les grands industriels, les PME et les laboratoires du pôle pour augmenter la valeur ajoutée de l ensemble. La deuxième étape consiste à valoriser les territoires dans leur capacité à ancrer des activités de R&D et à favoriser les échanges nécessaires aux dynamiques de projets d innovation. C est ce que fait Mov eo dans le cadre des projets territoriaux et structurants (T&S). Sept domaines d activités stratégiques (DAS) sont retenus pour soutenir ces dynamiques, parmi lesquels les solutions de mobilité (SDM), la sécurité routière (SR), les impacts environnementaux véhicules (IEV), les systèmes mécatroniques pour l électrification du véhicule (SME) ou encore les chaînes de traction thermiques (CTT). Sur certains territoires (Flers, Saint-Etienne-du- Rouvray, Versailles-Satory ), Mov eo soutient la création de «clusters» qui regroupent entreprises, «Dés l origine, la CCI de Versailles a apporté son appui à notre pôle de compétitivité. Elle en fut l un des tous premiers soutiens politiques, essentiels lors de la création de Vestapolis puis de la fusion avec Normandy Motor Valley. La CCIV fut aussi un soutien technique précieux pour la structuration de Mov eo. Aujourd hui encore, elle est à nos côtés pour mener à bien des actions de notre pôle. Ce partenariat fécond ne s est jamais démenti.» Michel GIGOU Directeur général Mov eo Nom : Mov eo Forme juridique : Association «Loi 1901» Date de création : 19 juin 2006 Nombre d entreprises : 232 Nombre de membres : 320 42 43

Le réseau des managers de l environnement et du développement durable - RME L environnement au cœur de la stratégie des entreprises Développement durable oblige, la prise en compte de l environnement dans la gestion des activités et les projets de développement des entreprises n est plus une option mais une nécessité : il en va de leur pérennité et de leur compétitivité. Le Réseau des Managers de l Environnement est la résultante logique et naturelle du dispositif mis en place par la CCIV pour accompagner les entreprises et les appuyer dans leurs démarches de gestion de l environnement et du développement durable. En 2001, la CCIV crée un «Pôle environnement et développement durable». En 2002, elle mobilise ses partenaires (l ADEME, l Agence de l Eau Seine-Normandie, le CRITT Chimie Environnement aujourd hui intégré au Centre francilien de l innovation), le Conseil régional Fédérer les acteurs de l environnement des entreprises Un des objectifs de ce programme est de former dans chaque entreprise un manager de l environnement afin qu il soit un relais auprès de ses collègues et de sa hiérarchie et le garant des bonnes pratiques environnementales de l entreprise. Les enjeux sont nombreux : gestion des déchets, consommation d eau, rejets, air, sol, consommation d énergie ainsi que l impact sur le voisinage (bruit, odeurs, aspects visuels ). En 2008, deux prestations viennent compléter cette offre d accompagnement technique, pour contribuer à la montée en compétences permanente des membres du réseau : le diagnostic énergie et le bilan carbone. Le premier permet aux entreprises d identifier leurs principaux d Île-de-France et la DRIRE Île-de-France (aujourd hui la DIRECCTE)) et met en place un programme d accompagnement collectif au management de l environnement pour les entreprises industrielles et de services à l industrie, permettant ainsi des échanges d expériences et une stimulation dans l avancement des démarches. Véritable outil de décision pour les PME, ce programme comporte deux phases complémentaires d intervention. L analyse environnementale (Valid Action Environnement) dresse un état des lieux réglementaire et économique de la situation des entreprises et propose des solutions pour limiter l impact de leur activité sur l environnement, prévenir les incidents et fixer un plan d actions pour améliorer leurs performances. La démarche de management environnemental (Activ Action Environnement) permet aux entreprises volontaires de mettre en place un outil de gestion selon le référentiel ISO 14001, et d obtenir la certification. postes de consommation énergétique et de planifier des actions de réduction (organisation, régulation, maintenance, investissements ). Le second mesure les émissions de gaz à effet de serre dans le but de les réduire sur tous les postes liés à l activité des entreprises (achats, fret, matériaux entrants, déplacements de personnes, énergie, déchets ). Les premières entreprises engagées dans ces dispositifs collectifs, fortes des liens tissés entre elles, décident de maintenir le contact et de se fédérer au sein d un réseau, de façon à poursuivre les échanges et les progrès accomplis en matière d environnement. En avril 2005, sur les bords de la Seine à Médan, 40 d entre elles, également réparties entre le Val- Visite de membres du rme d une serre d Oise et les Yvelines, fondent le «Réseau des Managers de l Environnement». Toutes peuvent démontrer une gestion effective de l environnement par la mise en place de solutions techniques et / ou par des investissements. Aujourd hui, elles sont 90, plus du double et représentent près de 5 000 salariés. 58 % sont des entreprises de 11 à 50 salariés. Des rencontres sont régulièrement organisées, constituées notamment d ateliers d échanges sur des thèmes spécifiques souhaités par les membres du RME (traitement des déchets dangereux, responsabilité pénale du chef d entreprise en matière d environnement, énergies renouvelables, démarches intégrées ISO 9001-14001, communication environnementale, veille réglementaire, récupération d eaux de pluie, gestion des contrats énergétiques ). S y ajoutent des visites de sites exemplaires en matière d environnement et de développement durable, grandes entreprises (PSA Peugeot- Citroën, Renault, SNECMA, 3M, EADS, SARP Industries, Dunlopillo, Airbus et chantiers navals à St Nazaire ) ou PME (Soufflerie Climatique Ile-de-France, Inergy, Hervé Thermique ). Par ailleurs, pour contribuer à la dynamique de réseau, chaque date anniversaire du lancement du RME est l occasion de réunir l ensemble des membres et de remettre des diplômes aux nouveaux Managers de l Environnement et des trophées Environnement aux nouveaux membres certifiés ISO 14001. Autant d étapes qui permettent de consolider le réseau autour de ses objectifs fondamentaux, résumés en trois mots : améliorer, échanger et valoriser. Améliorer les performances environnementales des entreprises (notamment au travers des accompagnements techniques), trouver des informations à valeur ajoutée (territoriales, environnementales, réglementaires ), mettre en place des solutions concrètes, favoriser l activité et renforcer la compétitivité tout en limitant les risques environnementaux ; Echanger les expériences en matière d environnement et de développement durable / partager les bonnes pratiques / renforcer les mises en relation ; Valoriser en interne comme en externe l image des entreprises. Le RME : un impact mesurable sur le territoire : 150 entreprises formées et accompagnées à la gestion de l environnement / du développement durable ; Une mise en conformité réglementaire (ICPE) d une centaine d entreprises ; 40 % des PME du Val-d Oise et les Yvelines certifiées ISO 14001 grâce au RME / CCIV ; Plus d 1 million d euros de subventions accordées ; 3,8 millions d euros d investissements réalisés par les entreprises accompagnées, au bénéfice d une réduction des impacts environnementaux du territoire 78 / 95 (déchets, consommations d énergie, d eau, réduction des gaz à effet de serre..). 44 45

remise de prix lors d un anniversaire du rme L objectif du réseau est aussi de renforcer l appartenance à une communauté thématique, réunissant des entreprises industrielles ou de service à l industrie du Val-d Oise et des Yvelines de tous secteurs d activité, ayant engagé une démarche environnementale ou de développement durable pour leur propre compte. Il permet à ses membres, par leur exemplarité et leur motivation à faire de la gestion de l environnement un atout pour leur développement, d être de véritables ambassadeurs de l environnement vis-à-vis de leurs pairs. En six ans d existence, le RME a démontré son utilité et sa pertinence, dont témoignent le nombre et la fidélité de ses membres, l adhésion régulière chaque année de nouvelles entreprises gagnées par le souci d intégrer l environnement dans leur stratégie de développement. Le groupement d employeurs Yvelines / val-d oise - GEYvo Accéder ensemble à de nouvelles compétences A force d échanges et de partages d expérience, les chefs d entreprise des différents réseaux animés par la CCIV (en particulier les réseaux PLATO et le Réseau mesure Val-d Oise) font ressortir des besoins récurrents en matière de ressources humaines et notamment leurs difficultés à recruter sur des postes à valeur ajoutée en temps partiel ; ils réfléchissent au moyen d y apporter une réponse flexible et adaptée. Nom : Réseau des Managers de l Environnement et du développement durable Porteur : Chambre de commerce et d industrie de Versailles Val-d Oise / Yvelines Date de création : 12 avril 2005 Nombre d entreprises : 90 Témoignages «L ensemble de nos sites et de nos activités sont certifiés ISO 14001 depuis juillet 2009. Intégrer le RME nous a guidés et appuyés dans la réussite de cette démarche.» Brieuc LE cornec Directeur Qualité, sécurité, environnement DUBERNARD Houilles (78) Cette réponse, c est la mutualisation de l embauche grâce à un groupement d employeurs. Ce modèle de groupement à la fois multisectoriel et multi-activité est encore très peu présent en Île-de-France. Partant de ce constat, la CCIV envisage d accompagner la création d un groupement d employeurs sur le Val-d Oise et les Yvelines, en s inspirant de l expérience du GE 77, seul exemple existant, porté depuis trois ans par la CCI de Seine-et- Marne. Une étude de faisabilité est réalisée auprès de 200 PME et TPE. En juin 2007, la Chambre décide de fournir une aide à la création de ce groupement. Un premier tour de table a lieu en juillet, avec une quinzaine d entreprises intéressées pour en poser les bases. Le 17 septembre 2007, le Groupement d employeurs Yvelines / Val-d Oise est officiellement créé à Poissy, en présence de Des bénéfices mutuels pour l entreprise et le salarié douze entreprises en grande majorité membres de PLATO. Désormais, le responsable de la qualité, l acheteur aguerri, le directeur des ressources humaines ou encore le commercial export bilingue.devient accessible pour la PME pour qui l embauche à temps complet aurait été impossible. Cela, grâce au GEYVO qui lui permet d intégrer ces compétences nouvelles, indispensables pour son développement, en les partageant avec d autres sociétés. «Lorsque j ai repris l activité en 2003, nous avons fait un premier état des lieux environnemental. Nous avons fait plus de 2 millions d euros de travaux pour améliorer l impact de notre activité. Pour passer à l étape supérieure et obtenir la certification ISO 14001, indispensable pour notre clientèle, nous avons intégré le RME. Nous y avons trouvé les aides financières et l appui dont nous avions besoin.» Michel FLOUTARD Directeur Soufflerie climatique Saint Ouen l Aumône (95) Le principe est simple : l entreprise adhère au groupement d employeurs, une association loi 1901, et définit avec lui le profil du poste. Le GEYVO lui associe une ou plusieurs entreprises ayant un besoin similaire et recrute, en tant qu employeur unique, le salarié correspondant, avec une attention particulière portée à sa capacité d adaptation, d organisation. L entreprise signe une convention de mise à disposition du salarié avec le groupement qui la décharge de l ensemble des contraintes administratives liées à ce recrutement. Seules les heures effectuées sont facturées à l entreprise adhérente qui emploie le nouveau salarié uniquement en fonction de ses besoins, un jour par semaine, par exemple. Dès la fin de sa première année d existence, le professionnalisme du GEYVO et l engagement de ses adhérents sont reconnus et se voient récompensés par le label qualité obtenu avec les 46 47

Un dispositif gagnant-gagnant pour les employeurs et les salariés, car en même temps que le GEYVO apporte aux premiers le personnel compétent et hautement qualifié pour les quelques heures dont ils ont besoin, il propose aux seconds des emplois pérennes, à temps plein et dans un contexte motivant de découverte d entreprises, de cultures et de projets variés. félicitations du jury de l Union des groupements d employeurs de France (UGEF). Le GEYVO compte alors 18 entreprises adhérentes, deux salariés : un coordinateur environnement hygiène sécurité que se partagent cinq entreprises et une responsable ressources humaines qui intervient dans quatre entreprises, et six postes ouverts. Les Nom : Groupement d Employeurs Yvelines Val-d Oise Porteur ou forme juridique : Association de type loi 1901 Date de création : 17 septembre 2007 Nombre d entreprises : 60 Témoignages «L offre GEYVO correspondait à une véritable attente, j ai pu apporter mes compétences à des PME, travailler en mode projet et démultiplier les retours d expérience. C est une expérience autant humaine que professionnelle.» Stéphane BULtEL Manager qualité environnement GEYVO Poissy (78) choses vont vite : moins d un an après la création du réseau, son extranet est lancé avec le soutien de la CCIV. Il permet aujourd hui aux entreprises tout à la fois de déposer en ligne leurs besoins et de consulter les compétences disponibles, les candidats pouvant de leur côté y déposer leur curriculum vitae. Le GEYVO connaît un succès croissant, le nombre d adhérents est aujourd hui de 60 pour 27 collaborateurs en contrat à durée indéterminée et en temps partagé ; des chiffres que le groupement ambitionne de porter respectivement à plus de 100 et autour de 50 en 2011. Le GEYVO est soutenu financièrement par la Région île de France. La CCIV lui apporte moyens financiers et logistiques. «Nous pouvons, grâce à ce dispositif, avoir accès aux compétences généralement mobilisées par les grandes entreprises. Le GEYVO est une solution abordable pour développer un marché et franchir des paliers de croissance. Le salarié multi employeurs a une attitude caractérisée par l ouverture et la disponibilité.» François WaUQUiER PDG Imprimerie Wauquier Groupe Bonnières-sur-Seine (78) coaxion Un appui de valeur pour les associations d entreprises Le développement et la pérennité des entreprises dépendent d un environnement, d infrastructures, d aménagements et de sites d implantation favorables et propices à leurs activités et à leur prospérité. La qualité des parcs d activités, que ce soit pour la sécurité, la signalétique, l environnement, est un facteur déterminant de leur attractivité. En 2000, la CCIV et le Conseil général du Val-d Oise signent une convention pour mettre en place un programme de requalification des parcs d activités du département. Le succès de cette opération entraîne la signature en 2004 d une nouvelle convention. 56 parcs sont engagés dans cette démarche. Les associations d entreprises s y impliquent. De cette dynamique de requalification découle naturellement la mise en œuvre, à partir de 2008, d une politique d animation des parcs d activités impliquant les collectivités locales, les associations d entreprises et les entreprises elles-mêmes. Création d associations sur les parcs qui en sont dépourvus, accompagnement des associations existantes dans leur évolution et leur recherche de réponses concrètes aux besoins de leurs adhérents, encouragement au dialogue entre les acteurs locaux pour la gestion et la qualité des parcs d activités, l animation du réseau des présidents des associations d entreprises de parcs d activités, sont les bases de cette politique. Soutenus par la CCIV, Coaxion Val-d Oise et Coaxion Yvelines offrent aux présidents des associations territoriales l espace de réflexion, de partage et de prise de décision pour mener des projets concrets dans leurs parcs. A la faveur de leurs rencontres répétées et du développement de leurs relations, les présidents des associations d entreprises du Val-d Oise expriment leur besoin d échanges et de partage d expériences et décident de s unir pour leur bénéfice mais aussi pour celui des entreprises adhérentes de leurs associations. Une enquête est menée au premier trimestre 2007 auprès d un échantillon des présidents, couvrant la diversité des tailles des parcs, des structures des associations, de leur représentativité Elle fait apparaître les points sur lesquels centrer leurs actions communes : rencontres entre associations et entre entreprises, ressources humaines, sécurité des biens et des personnes au sein des parcs, services aux entreprises et aux salariés tels restaurants interentreprises, points poste Le réseau des présidents d association des parcs d activités est d abord créé dans le Vald Oise, en janvier 2008, par huit présidents qui représentent 366 entreprises et un territoire regroupant le centre et l est du département. Dix mois plus tard, en octobre 2008, six présidents d associations d entreprises des Yvelines, représentant 219 entreprises, leur emboîtent le pas et créent Coaxion Yvelines. 48 49

Une feuille de route bien remplie Dès octobre 2008, une assistante est recrutée et mise à la disposition des présidents de parcs membres de Coaxion Val-d Oise pour les accompagner dans la gestion administrative quotidienne et le bon fonctionnement de leurs associations. Un extranet est mis en ligne sur la plateforme collaborative développée par la CCIV, pour renforcer la communication entre les associations et les entreprises. En même temps, des outils d animation sont réalisés, dont le guide Créa-ZA, remis aux présidents des deux réseaux en novembre 2009. Conçu à l origine par la CCI de Marseille Provence et adapté par la CCIV, ce guide présente une méthodologie pragmatique pour la création, l animation et la gestion d une association de parc d activités. Une «newsletter», depuis sa première édition en novembre 2009, contribue à tisser un lien permanent, durable et solide entre les associations, les entreprises, les acteurs locaux et institutionnels dans les deux départements. Des voyages d étude sont organisés, à Tours, Lyon, Dunkerque, afin de nourrir les réflexions et débats des présidents qui s interrogent sur des projets similaires, par des retours d expériences sur des pratiques ayant fait leurs preuves sur les thèmes de la conciergerie d entreprises, de la sécurité, du covoiturage, de la crèche et la restauration interentreprises. Ainsi en février 2010, lors d un voyage à Dunkerque, les membres des deux réseaux découvrent le travail et la mise en place des services de la conciergerie d entreprises «Essentielles». Cette visite s inscrit dans le cadre d un ensemble de démarches menées pour éclairer les présidents COAXION CO pour : collectif AXION pour action, engagement L X, que l on retrouve aussi sur le logo, pour traduire la synergie, l échange. Un nom et un logo reflétant la réalité et l ambition du réseau : échanger et agir ensemble pour les parcs d activités du Val-d Oise et des Yvelines. d associations sur la pertinence économique d un projet de conciergerie dans chacun de leurs territoires (rencontres avec des prestataires, étude sur la double utilité «salariés-entreprises» de ce service ). Dans la foulée, de janvier à mars 2010, une enquête est menée afin de connaître les attentes des entreprises adhérentes et non adhérentes des associations sur des thèmes tels que leurs attentes vis-à-vis de leurs associations, les actions dont elles souhaiteraient la mise en place, les services aux entreprises et aux salariés les plus demandés. Garants de projets pertinents issus du terrain, les résultats, restitués localement à chaque président, fournissent de nouvelles pistes d actions, soulignant notamment les besoins en communication. Une première réponse est apportée avec la création d une plaquette de promotion pour chaque association venant appuyer des opérations de prospection de nouveaux adhérents sur leur territoire. Une troisième édition en mai 2011, à Pontoise, consacre définitivement ce rendez-vous annuel riche d échanges, de convivialité et de perspectives de développement. Coaxion Yvelines est constitué essentiellement de jeunes associations. Certaines sont créées depuis très peu de temps. La CCIV les accompagne dans leurs différentes étapes de développement, dans la mise en place de leur organisation et dans leurs projets. Depuis juillet 2010, à l instar de son homologue du Val-d Oise, le réseau apporte à ses membres un appui administratif et logistique, grâce au recrutement d une assistante totalement dédiée au développement de leurs associations. En novembre 2010, le réseau organise une visite du site PSA Peugeot Citroën à Poissy pour répondre à un double objectif: favoriser les rencontres inter-associations et mettre en valeur l industrie du département. En mars 2011, Coaxion Yvelines organise sa première rencontre inter-associations et met en présence, dans les locaux d EADS aux Mureaux, près d une centaine de dirigeants d entreprises. En visitant cette entreprise emblématique du territoire, ils se retrouvent pour échanger entre eux et faire connaître leur activité. En se regroupant au sein de Coaxion Val-d Oise ou Yvelines, les présidents d associations d entreprises marquent leur volonté de travailler ensemble, et à travers elles, d associer les entreprises, pour améliorer la gestion et l animation de leurs parcs d activité. Coaxion est un réseau de femmes et d hommes soucieux de multiplier les moyens de leurs associations, de partager des bonnes pratiques expérimentées, de mutualiser des actions et des services bénéfiques à tous. Ils contribuent à créer un lien plus fort, non seulement à l intérieur de chaque association mais aussi entre elles et entre les entreprises qui les composent. Sont ainsi fédérées 15 associations dans le Val-d Oise et 11 dans les Yvelines qui regroupent au total plus de 1 000 entreprises. Un axe prioritaire : les rencontres inter-associations Prévues chaque année, ces rencontres répondent à l un des objectifs fondamentaux du réseau : favoriser les échanges entre les associations et entre les entreprises qui les composent afin de leur permettre de se connaître mieux et de développer leurs affaires. En juin 2009, une première rencontre est organisée à Auvers-sur- Oise, sous la forme d un «dîner carrousel». Elle réunit les entreprises adhérentes des associations regroupées dans Coaxion Val-d Oise. En mai 2010, l expérience se renouvelle à Royaumont sur le même principe et avec le même succès. Cette seconde édition est l occasion, pour le réseau, d accueillir ses nouveaux membres. Cinq présidents d associations, en effet, le rejoignent officiellement ce jour-là, amenant avec eux environ 180 entreprises. Deux autres les suivent de près. Le réseau des présidents de parcs d activités - COAXION - a pour objectifs de valoriser les expériences, de concevoir des actions collectives et concrètes visant à favoriser les échanges interassociations et interentreprises, de répondre au mieux aux attentes des entreprises présentes sur leurs parcs et de mutualiser leurs ressources. 50 51

Nom : Coaxion Val-d Oise Porteur : Chambre de commerce et d industrie de Versailles - Val-d Oise / Yvelines Date de création : 1 er janvier 2008 Nombre d entreprises : 610 Le réseau des Cafés-Hôtels-Restaurants du Val-d Oise et des Yvelines (chr) Nom : Coaxion Yvelines Porteur : Chambre de commerce et d industrie de Versailles - Val-d Oise / Yvelines Date de création : 15 octobre 2008 Nombre d entreprises : 410 Témoignages «Les réunions des présidents d associations membres du réseau sont l occasion de voir d autres modes de fonctionnement. Elles permettent également de trouver de bonnes idées de thématiques à creuser avec nos propres adhérents. Le partenariat avec COAXION 78 apporte une légitimité et une reconnaissance de notre association très bénéfiques à notre image.» Sandra QUENtiN Présidente d ID-Entreprises Plaisir (78) «La CCIV mène un travail de terrain plus important que par le passé et, grâce à cela, nous allons pouvoir fédérer nos entreprises, fédérer nos parcs d activités et devenir une véritable force de propositions, aux côtés des collectivités locales.» Jean-claude RENaULt anciennement vice-président de l accip (Achères Commune Commerce Industrie PME) Achères (78) «COAXION est vraiment une opportunité d échanges d expériences et d affaires au niveau du territoire, qui peut permettre aux entreprises locales de se développer plus vite.» Yves MICOUD ancien Président de GFE (Garges en France Entreprises) Garges-les-Gonesse (95) 52 «Avant d adhérer à COAXION, les tâches administratives et juridiques nous prenaient trop de temps, aux dépens de l avancée de nos projets phares. ( ) COAXION, grâce aux ressources administratives mises à disposition des associations, nous apportait enfin une solution concrète à ce problème épineux. Le réseau nous a rapproché des autres associations que nous ne côtoyions pas. Nous avons été rassurés sur certains de nos choix, ( ), et apprécions le partage d expériences sur des enjeux communs qui accélère la réalisation des projets. Par ailleurs, notre adhésion à COAXION ouvre la voie à une importante extension de notre association qui peut maintenant envisager d intégrer de nouveaux parcs d activités sur Argenteuil et Bezons ( ), ce projet devient réaliste avec l appui de COAXION, notre association a enfin les mains libres pour s y consacrer.» Philippe EcRaN Président de l ADPAVAB (Association pour le développement de parcs d activités des villes d Argenteuil et de Bezons) Argenteuil (95) «J ai participé aux premières rencontres inter-associations de COAXION Yvelines et je suis reparti avec trois contacts de dirigeants dont une PME ( ). J apprécie aussi l appui de la CCIV qui permet d encadrer ce réseau avec des permanents, ce qui est rare et très appréciable.» Stéphane WiNDSoR Directeur général de Pilkington Membre du CELP (Club d Entreprises de Limay-Porcheville) Porcheville (78) Un atout pour les professionnels 4 800 entreprises employant 26 000 salariés, c est ce que représentent les «CHR» dans les Yvelines et le Val-d Oise. Un secteur dont l importance dans l économie de ces territoires ne demande qu à être reconnue et renforcée. En janvier 2008, deux réunions de présentation attirent 71 de ces professionnels dans le but de leur soumettre le projet d un réseau qui permettrait, en structurant l ensemble de la profession, d en donner une image plus homogène et propice à son rayonnement mais aussi de mieux défendre ses intérêts auprès des acteurs locaux, régionaux et nationaux. Un dynamisme sans faille Dès la première année, ils donnent le ton en multipliant les initiatives et les projets. La mise à disposition d une plateforme collaborative développe la communication entre les adhérents du réseau (agenda, ressources documentaires...), notamment en matière de recrutement avec la création d un espace spécifique où échanger offres et demandes d emploi. Elle leur apporte également, grâce aux alertes emails, de l information régulière en relation avec leur activité (juridique, fiscale, statistiques, actualités ). Trois réunions d information sont organisées, touchant des sujets d actualités ou En avril, le réseau est créé et s organise officiellement pour définir son mode de fonctionnement et adopte le principe de six rencontres dans l année, tantôt chez l un tantôt chez l autre, de façon à favoriser leur connaissance réciproque. Par ailleurs, trois groupes de travail sont mis en place autour des thèmes choisis par les chefs d établissements et qui correspondent à leurs préoccupations majeures : le recrutement, l image de la profession et la fidélisation et le renouvellement de la clientèle. C est dans le cadre de ces ateliers que les membres du réseau élaborent et décident d engager un certain nombre d actions. récurrents du secteur : sécurité des petits hôtels, prestations du régime social des indépendants, temps partagé Deux «éductours» sur les métiers de l hôtellerie et de la restauration, impliquant chacun un hôtel, un restaurant et un centre de formation, sont organisés, l un dans le Val-d Oise, l autre dans les Yvelines, en partenariat avec le Rectorat de Versailles, afin d intéresser le monde de l orientation des jeunes des académies de Versailles, Créteil et Paris aux différentes facettes de ce secteur d activité. 53

Le Réseau des CHR a pour objectif de défendre les intérêts du secteur tout en permettant à chacun de ses membres de se sentir moins isolé, d améliorer ses performances et donc de se développer. Son autre ambition est de consolider et valoriser la contribution de l hôtellerie-restauration à l attractivité du Val-d Oise et des Yvelines. Cette même année, les restaurateurs adhérents du réseau posent les bases d une opération d envergure destinée à promouvoir leur activité auprès du grand public : «Resto KDO». Sous cette appellation, ils imaginent, à l exemple des journées du cinéma, des journées des restaurants. Bâties sur le principe d un repas offert pour un repas acheté, ces trois journées visent à attirer de nouveaux clients tout en fidélisant les habitués, à changer l image de la profession, et à faire découvrir ses métiers. L accueil fait à la première édition en octobre 2009 conduit à une deuxième en novembre 2010 qui, avec pratiquement le double d inscrits (93 contre 51), confirme l engouement pour une telle action, plébiscitée autant par les restaurateurs que par le grand public et déjà programmée pour une troisième édition en novembre 2011. En 2009, le réseau des CHR du Val-d Oise et des Yvelines organise avec ses partenaires les Etats généraux de la restauration, à Versailles. Dans la foulée, d autres réunions tentent de répondre aux inquiétudes et sollicitations des adhérents, sur le nouveau classement hôtelier, la baisse de la TVA En 2010, quelques uns de ses membres s inscrivent à la deuxième rencontre inter-réseaux accueillie à l ESSEC et découvrent l efficacité de ce type de manifestation pour se faire connaître et établir des relations propices au développement de leurs activités. Renouvelés en 2010, les «éductours» introduisent une nouveauté dans leur programme en 2011 et proposent un troisième parcours à destination, non pas, cette fois, des adultes chargés de l enseignement et de l orientation des jeunes, mais plus spécifiquement des jeunes eux-mêmes, issus des missions locales, des collèges et des lycées. Très soucieux de contribuer à l attractivité et à la notoriété de son territoire, le réseau des CHR rejoint les acteurs du tourisme des deux départements réunis par la CCIV à Montesson en avril 2010 pour y déterminer les principaux axes de développement de l action touristique sur ces territoires. Pour faire face à la difficulté de recrutement, la présentation début 2011 du Groupement d employeurs Réso France dédié aux CHR amène à la création d une association dans chacun des départements des Yvelines et du Val-d Oise. Témoignages «La mutualisation des expériences et les outils à notre disposition grâce au Réseau CHR permettent de se tenir informés en permanence sur le métier.» corine GaY-PEiLLER Gérante Restaurant «Ici et ailleurs» Cergy (95) «Au quotidien, je suis tellement pris par mon activité, que je n ai pas toujours le temps de lire la presse. Avec le réseau, je reçois directement dans ma messagerie l essentiel des informations qui me sont nécessaires.» Willy BOIS Gérant Restaurant «Au fulcosa» Fourqueux (78) «Le réseau me permet d avoir une analyse plus affutée de mon activité et ainsi de pouvoir anticiper plus sereinement l exploitation de mon établissement, grâce notamment aux réflexions engagées par les professionnels et m intégrer aux différentes actions mises en place, comme l opération Resto Kdo qui m a permis de doubler mon nombre de couverts sur 3 jours.» Anne RAMAROSON Directrice L Ermitage des Loges Saint-Germain-en-Laye (78) Une progression constante D une campagne de promotion à la mise en œuvre de solutions sur le terrain, d une action d information locale à une manifestation interdépartementale, le Réseau des CHR répond présent partout où il peut faire entendre la voix des professionnels de ce secteur, mais aussi auprès de chacun de ses membres, restaurateurs, hôteliers, débitants de boissons, traiteurs. en quête d échanges, d informations et de solutions pour mener à bien leur activité. Ces professionnels ne s y trompent d ailleurs pas. Ainsi, lancé avec 19 membres en avril 2008, le réseau des CHR compte 45 adhérents moins d un an plus tard. Pour son troisième anniversaire, il rassemble 102 membres, représentant 107 établissements. Et ce n est pas fini Nom : Réseau CHR Forme juridique : Chambre de commerce et d industrie de Versailles - Val-d Oise / Yvelines Date de création : 8 avril 2008 Nombre d entreprises : 117 (au 30/05/2011) 54 55

Le réseau des présidents d unions commerciales Un réseau au service du commerce du Val-d Oise et des Yvelines Accompagner les unions locales dans leurs actions, partager leurs expériences et faciliter leurs relations, tels sont les objectifs du réseau. Créer une dynamique commerciale Le Val-d Oise et les Yvelines comptent 178 unions commerciales. Indépendantes et autonomes, elles constituent, chacune sur son territoire, de véritables relais d information et une force de proposition auprès des collectivités territoriales. Pour qu une association joue pleinement son rôle et assure sa pérennité, la réunion de quelques bonnes volontés ne suffit pas. Il faut des bases juridiques solides, une réflexion sur ses missions, ses objectifs et ses moyens. Ensuite, il faut la faire vivre, mobiliser ses adhérents, en recruter de nouveaux, renouveler ses idées, suivre les évolutions du commerce. Tout cela demande beaucoup de temps, d énergie, et de disponibilité. Menée en juin 2008 auprès des 178 présidents d unions commerciales du Val-d Oise et des Yvelines, une enquête rappelle leurs principaux domaines d action : gestion de l environnement commercial, animation du commerce local et information des commerçants. Elle met aussi en évidence les difficultés les plus souvent rencontrées, principalement dans l animation et la gestion de leur association, et dans 178 unions commerciales dont 58 % sont des associations de centre ville, 30 % des associations de CHR, 10 % de centres commerciaux et 2 % de commerçants non sédentaires. l animation du commerce local. De cette analyse, émergent ainsi leurs préoccupations prioritaires qui sont : l implication des adhérents dans la vie de l association, leur recrutement, le financement des actions de l association, la mise en place, l organisation et la recherche d animations commerciales innovantes. En mars 2009, toujours très présente auprès des unions commerciales, que ce soit pour favoriser leur création ou pour les accompagner dans leur développement, la CCIV, souhaitant amplifier ce soutien, incite leurs présidents à s unir au sein d un réseau. L idée est de leur donner les moyens de rompre leur isolement, d avoir accès aux conseils d experts, de trouver des solutions adaptées à leurs problématiques... et de décider eux-mêmes et ensemble des orientations à suivre et des décisions à prendre. Plusieurs rencontres réunissent les membres du réseau autour de sujets d information qu ils ont eux-mêmes choisis, tels le profil du consommateur actuel ou les régimes fiscaux, droits et obligations des unions commerciales, ou encore les moyens de travailler efficacement en ville. Ainsi tout au long de l année 2010, les ateliers de travail dans chaque département ou les plénières (rassemblant les adhérents des deux départements) permettent aux membres du réseau de réfléchir ensemble sur des actions concrètes à mener en vue de dynamiser le commerce de proximité et de rendre l offre commerciale et de services plus compétitive et attractive afin d améliorer le flux de clients sur leur commune d implantation. Dans cet esprit, d autres thèmes sont en Nom : Réseau des présidents d unions commerciales du Val-d Oise et des Yvelines Porteur ou forme juridique : Chambre de commerce et d industrie de Versailles -Val-d Oise / Yvelines Date de création : 23 mars 2009 pour le réseau Val-d Oise, 30 mars 2009 pour le réseau Yvelines Nombre d entreprises : 43 associations membres (22 dans les Yvelines, 21 dans le Val-d Oise) qui représentent 2 539 commerçants (1 568 Yvelines, 971 Val-d Oise) préparation tels l accessibilité aux personnes à mobilité réduite, la sécurité des biens et des personnes Le réseau des présidents d unions commerciales du Val-d Oise et des Yvelines comptent aujourd hui 43 membres. L objectif est de produire des solutions communes qui aideront ensuite l ensemble des Unions commerciales à progresser et à se professionnaliser, grâce aux échanges d expériences et de bonnes pratiques, aux apports d experts et à la mutualisation de moyens. Ainsi elles pourront acquérir une meilleure visibilité vis-à-vis de leurs différents partenaires, en particulier des collectivités territoriales et accroître le nombre de leurs adhérents. 56 57

Les unions commerciales, en tant qu acteurs du développement économique local, ont un rôle irremplaçable à jouer dans l animation des centres-villes, des quartiers, des galeries marchandes et des marchés. Témoignages «Adhérer au réseau des présidents d unions commerciales était pour moi parfaitement logique. J allais ainsi pouvoir partager les expériences de chacun, être informée sur les évolutions de la réglementation, en connaître les nouveautés dans les temps. L organisation en rencontres et ateliers thématiques me convient tout à fait. Elle nous donne la possibilité d aborder des questions d actualités proches de nos problématiques et de débattre avec d autres personnes du monde du commerce. Ce travail en groupe et ces échanges m ont permis d améliorer l activité de notre association et de développer de nouvelles animations à la satisfaction de tous. Enfin, être en réseau permet à nos associations de peser davantage face aux responsables politiques, et c est une bonne chose.» Marie-Odile FEUILLAS Présidente de l association des commerçants de centre-ville de Saint-Gratien Saint-Gratien (95) MOV N GO L industrie automobile francilienne, un secteur en pleine mutation La filière automobile en Île-de-France représente plus de 16% des effectifs de l industrie de la région et 36% des effectifs directs de l industrie automobile française. Lourdement touchée par la crise depuis 2008, elle est actuellement en pleine mutation. Dans ce secteur d activité mondialisé, les constructeurs et les équipementiers agissent tous à l échelle internationale. En revanche, les PME, pour la plupart sous-traitantes de la filière, peinent à sortir d un marché local ou national et à renouveler leur clientèle. De plus, elles sont aujourd hui concurrencées par des entreprises étrangères implantées en France, exposées au risque d une baisse d activité des grands sites industriels nationaux et à l approvisionnement direct à l étranger de leurs donneurs d ordre traditionnels. Face à cette concurrence exacerbée, les PME françaises doivent riposter à l international non seulement en accompagnant leurs donneurs La dynamique d un réseau au service du développement international des PME de l industrie automobile d ordre, mais aussi en recherchant de nouveaux clients. Pour cela, elles ne doivent pas se contenter d exporter, mais envisager de s implanter à l étranger. 58 «En adhérant au réseau des présidents d unions commerciales, j avais plusieurs objectifs : celui de pouvoir évaluer mon travail en le comparant à celui d autres associations car l isolement ne permet pas l objectivité j avais aussi celui de me former, en écoutant les expériences des autres présidents afin de ne pas réinventer l eau chaude et d éviter les écueils ; et en participant aux formations données par des intervenants extérieurs spécialistes dans des domaines aussi variés que pointus. Ces formations que je considère comme de véritables «mini-stages» m ont permis d améliorer mon niveau de compétence dans de nombreux domaines (juridique, économique etc.) et je n ai jamais été déçu de la qualité des prestations. Grâce à cette amorce de regroupement d associations, - un vieux rêve! -, dépassant les problèmes d ego, nous pouvons commencer à réellement peser sur les plans économique et social. Nous représentons énormément d emplois non délocalisables. Pour ce qui concerne l association que je préside, cela représente 140 adhérents et près de 800 emplois.» Benoît thoprieux Président de l Association des Commerçants et Artisans de Houilles (78) De nombreux dispositifs existent pour accompagner les entreprises à l export. La CCI de Versailles Val-d Oise/Yvelines ou CCIV cherche depuis longtemps à répondre plus efficacement aux besoins, exprimés par les entreprises, d accompagnement dans leur démarche à l international. En complément des dispositifs classiques et de façon originale, Mov n Go, par la mise en réseau, crée une dynamique durable et une synergie entre ses membres et leur permet de mutualiser des moyens (actions de prospection, réseaux commerciaux, structures de représentation, locaux à l étranger ), de partager leurs expériences et de construire des partenariats durables. Pour la première fois, la «méthode réseau» est mise en œuvre pour soutenir la démarche des PME à l international. Cette expérimentation se fait dans le cadre du plan filière automobile Îlede-France, piloté par Mov eo. Très rapidement, Mov n Go se positionne ainsi comme un «incubateur» d alliances. Pour mettre en place et animer ce réseau, la CCIV recrute un animateur en avril 2010. Son premier travail est d identifier les PME «pépites» ayant une expérience à l international et un vrai potentiel de développement. Pour cela, il s appuie sur une base de données de 800 entreprises qualifiées par une enquête téléphonique menée par la Direction des études et de la prospective de la Chambre. Cette base est enrichie des contributions des partenaires : Ubifrance, Mov eo, la Direction régionale du commerce extérieur (DRCE), le Conseil général des Yvelines, le Réseau Le réseau qui accompagne les PME à l international 59

Les clubs pays donnent une nouvelle envergure à Mov n Go automobilité et véhicules en Île-de-France (RAVI). Mov n Go part du besoin des entreprises. Ainsi, le chargé de mission a rencontré une trentaine de dirigeants afin de leur proposer de s engager dans une démarche collaborative, d adhérer au réseau et de construire un plan d actions communes, auquel contribuent également les autres acteurs agissant à l international : Mov eo, Ubifrance, la FIEV, la FIM, le Comité mécanique Île-de-France Dès septembre 2010, Mov n Go organise deux ateliers d information sur l Allemagne et le Maroc, avec pour objectif d apporter des réponses concrètes aux interrogations des entreprises et de tester leur intérêt pour ces différents pays. Il s agit de valider la mise en place de missions internationales et d en déterminer le cahier des charges. Ces ateliers sont aussi l occasion d aboutir à la création Lors de ces rencontres, plusieurs pistes de travail ont émergé. L Allemagne, premier marché automobile en Europe, est leur cible privilégiée, bien que ce marché proche soit assez difficile d accès pour les PME françaises. Le Maroc, avec le «mégaprojet» Renault à Tanger, suscite également un vif intérêt de la part des entreprises. Les équipementiers de rang 1 sont quasiment tous présents, mais il manque des fournisseurs et sous-traitants de rangs 2 à N. Des ateliers pour s informer sur les marchés et échanger avec les autres entreprises Les premiers pas à l étranger de clubs qui structurent de façon pérenne le réseau. Le succès du premier atelier «Maroc» conduit très vite à la création du «Club Maroc». D autres ateliers pays se tiennent en septembre 2011, l Allemagne à nouveau, la République Tchèque et l Italie et en novembre, la Russie. Très rapidement, les entreprises souhaitent se regrouper par pays cibles et l organisation en clubs pays s impose à l exemple du Maroc. Elle renforce la complémentarité et la synergie entre les entreprises, en engageant un travail en profondeur des membres tout au long de l année. Les rencontres régulières développent la confiance des membres entre eux, débouchent sur des missions pointues et favorisent l émergence de partenariats durables. Les travaux des membres du club Maroc portent sur l organisation d une mission qui a lieu en octobre 2011. Douze entreprises y participent. Le partenariat mis en place avec l Agence marocaine pour le développement des investissements, dépendant du Ministère de l industrie (AMDI) permet d en réduire le coût. Au cours de cette mission, les entreprises rencontrent les instances gouvernementales telles l Association marocaine pour l'industrie et le commerce de l'automobile (AMICA) ou l AMDI. Elles y rencontrent aussi des clients dans la perspective de démarrer rapidement l activité (équipementiers marocains et étrangers, Renault Tanger Med, Somaca, ). La visite de possibles sites d implantation, dédiés à l automobile, vient compléter le programme. A l issue de cette mission, cinq sociétés entreprennent la création d une alliance tactique pour développer leurs activités d équipementiers de rangs 2 à N sur le sol marocain. Cette alliance, permettra la création d une offre de produits et de services complète renforçant leur compétitivité, condition sine qua non du développement de ces entreprises au Maroc. Dans un avenir très proche, l alliance disposera d un bureau partagé à Casablanca ou Tanger. Ce «noyau dur» d entreprises sera probablement rejoint à court terme par au moins une autre PME francilienne. Un incubateur d alliances En décembre 2011, a lieu la première réunion du club Allemagne sur le thème «entreprises innovantes de l automobile, l industrie allemande a besoin de vous». Le travail porte sur la relation client-fournisseur spécifique aux entreprises allemandes et l examen de deux exemples d alliances d entreprises. A la demande d entreprises, Mov n Go organise des missions à l étranger. En mars 2011, trois PME partagent un stand, sous la bannière du plan filière automobile Îlede-France, au Salon automobile de Genève. Ce stand collectif permet à ces entreprises d exposer chacune un démonstrateur de véhicule électrique. Outre l organisation logistique complète (aménagement du stand, transport des démonstrateurs ), Mov n Go prend en charge le plan de communication et l organisation de contacts pour le développement de ces projets. A l issue du salon, deux PME fondent une alliance pour le développement d un quadricycle électrique. En avril, une autre mission se met en place pour la Foire de Hanovre, en partenariat avec le Comité mécanique Ile-de-France et l Agence régionale de développement Île-de-France. Cinq entreprises y tiennent un stand. Quatre ateliers sont animés. Les nombreux contacts des exposants débouchent sur des consultations, des projets de partenariats, dont un contrat de sous-traitance pour un constructeur de bus électriques polonais. Une nouvelle approche de l implantation des PME à l étranger Mov n Go, une méthodogie applicable à toutes les filières Grâce à la dynamique du réseau et sa méthodologie originale, alliant ateliers, clubs pays, missions et plateforme collaborative internet, Mov n Go a pour ambition d aboutir à des alliances pérennes pour des implantations dans des pays cibles. Ce pari est en passe d être gagné dans la filière automobile. Le réseau Mov n Go pourrait être proposé aux entreprises d autres filières, mécanique, aéronautique ou éco-activités par exemple. Cela aurait tout son sens car un grand nombre de PME opèrent dans plusieurs secteurs d activité. 60 61

Nom : Mov n Go Porteur : Chambre de commerce et d industrie de Versailles Val-d Oise / Yvelines Date de création : avril 2010 Nombre d entreprises : 60 Témoignages «Avec les clubs pays, nous identifions les complémentarités entre entreprises, hors du cadre concurrentiel. En mars 2011, nous avons par exemple partagé un stand au Salon automobile de Genève. Une démarche qui, si elle n avait pas été mutualisée, aurait été hors de notre portée.» andré LE BoHEc Directeur de la communication 3AI Buc (78) «Au sein du Club Maroc, nous avons échangé sur nos stratégies de développement réciproques puis, avec l aide d un consultant, bâti notre plan d actions. Le voyage clés en main organisé en octobre par Mov n Go va faciliter nos démarches auprès du gouvernement marocain et des organisations professionnelles locales.» Gérard DaLLE PDG Genaris Group Magny-les-Hameaux (78) Un regard d expert sur les réseaux d entreprises en Île-de-France Réseaux et systèmes locaux de firmes : les nouveaux moteurs du développement industriel et de l innovation Denis CARRE - Chargé de recherches CNRS, Membre d EconomiX, Enseignant à Paris Ouest Nanterre la Défense, Docteur en Sciences Économiques. Depuis une vingtaine d années, et ceci s est récemment accéléré, les économistes s intéressant à l entreprise redécouvraient le territoire et à travers celui-ci, les phénomènes d agglomérations de firmes dont le cas emblématique des districts industriels italiens (Becattini). Généralisées à travers la notion de Cluster (Porter), de système productif local ou encore de milieu, ces concentrations de firmes sont considérées comme une modalité d organisation alternative à celle de la grande entreprise (Piore, Sabel) ou complémentaire et adaptée à des activités productives ou de conception. Dans une autre perspective, les travaux (Combes et al.) sur les performances des villes soulignent les avantages associés à la concentration de ressources, d entreprises en particulier, avantages croissants avec la dimension de celles-ci. Une partie de ces avantages tiendrait aux multiples possibilités d échanges et de coopérations entre les différents acteurs économiques et technologiques en particulier. Enfin, au niveau des entreprises, les coopérations et stratégies d alliances semblent fournir des ressources complémentaires et favoriser ainsi leurs performances économiques et financières (Dumoulin et al.). D une manière ou d une autre, ces différentes approches considèrent que les connexions (Capello, Nijkamp), réseaux, maillages ou autres clusters ou systèmes, sont sources d efficacité pour les économies locales et les entreprises. Toutefois, au-delà des nuances entre ces différentes approches, il importe de distinguer les situations observées souvent en retrait au regard d un référentiel «optimal». 62 63

En d autres termes, nombre d acteurs, d entreprises, ont des difficultés à s inscrire dans ces réseaux, à travailler avec les autres au sein de leur territoire et de ce fait à transformer des avantages potentiels en avantages réels. Dans cette perspective, les actions visant à favoriser la constitution de réseaux et l insertion des entreprises dans ceux-ci, constituent une démarche essentielle tant pour la valeur ajoutée du côté des firmes que pour la dynamique de l emploi du côté des territoires. Et ces actions paraissent paradoxalement, nous reviendrons sur ce caractère paradoxal, très justifiées en Île-de-France, région réputée comme efficace et dynamique tant du point de vue technologique qu économique. entreprises et plus largement entre les différents partenaires offre certains avantages, transformer cet atout potentiel en un avantage réel implique des démarches spécifiques, le développement de relations interentreprises (ce que l on appelle la Les paradoxes de l économie francilienne proximité organisée) et qui passe par un ensemble d actions et de politiques et ceci en fonction de la nature des territoires, des contraintes et opportunités (Carré, Levratto, 2011). Agglomération, réseaux et coopération On s accorde à considérer les régions métropolitaines, les grandes concentrations urbaines ou encore les zones de fortes densités économiques comme bénéficiant d une série d avantages en matières de variété d activités et d échelles de production (Acs). Ces avantages seraient sources d efficacité économique, de productivité, d économies d agglomération et, en outre, facteur d attractivité. En ce sens l agglomération favoriserait l agglomération (Baumont, Huriot). Des travaux récents (par exemple : Combes et al.) sur l efficacité comparée, appréciée à partir de la valeur ajoutée par unité d emploi, montrent ainsi que la région francilienne est plus performante que les métropoles de second rang : Lyon et Marseille, elles mêmes, plus efficaces que celles de dimension inférieure. Et les comparaisons internationales (Mélo et al.) témoignent de tendances identiques, même si des contreexemples existent et des nuances sont à souligner 1. Les entreprises seraient intrinsèquement plus performantes (une productivité supérieure) du fait de différents facteurs, à la fois des marchés plus larges, des services plus spécifiques, de la capacité croissante à pouvoir développer des relations avec un grand nombre d acteurs entreprises, mais aussi des centres de ressources technologiques, plus abondants. Il est aussi fait état de marché du travail plus large. Ces économies d agglomération résulteraient donc de la concentration de ressources (marché, du travail, services, etc.) mais aussi des avantages associés à cette proximité géographique, proximité réduisant à la fois les coûts de transaction et facilitant la circulation de l information. Une même logique s applique à propos des systèmes localisés de production, c est à dire des concentrations d entreprises, plus ou moins spécialisées autour d un même secteur. Celles-ci bénéficieraient d économies de localisation (Martin et al.) produit des interactions entre firmes. Là encore de très nombreuses observations et analyses confirment la pertinence, l efficacité des entreprises inscrites dans ces réseaux ou systèmes productifs localisés (Barbesol, Briand). Toutefois, au-delà de ces tendances, la relation de causalité impliquant mécaniquement de bonnes performances du seul fait de la localisation sur un espace donné peut être contestée. En effet, si la proximité géographique (Pecqueur, Zimmermann) entre les entreprises peut être considérée comme un facilitateur, elle n implique en rien l idée de coopération mécaniquement induite. Les acteurs, les entreprises en premier lieu, peuvent, pour des motifs multiples, présenter des comportements qui les écartent par exemple de toute volonté de s inscrire dans des réseaux et de coopérer. Dans cette perspective, il importe de distinguer les effets d agglomération latents de ceux associés au seul fait de la localisation et qui spontanément font bénéficier les acteurs concernés, les entreprises, de coûts inférieurs (par exemple résultant de l existence d infrastructures, d une main d œuvre formée, etc.). L obtention des premiers implique des démarches délibérées, une «approche active du territoire», alors que les secondes tiennent essentiellement à l appartenance au territoire. En d autres termes, si la contiguïté ou la proximité spatiale entre les Il est inutile ici de revenir longuement sur le diagnostic des forces et faiblesses, les ressources et atouts soulignés de la mégalopole francilienne ainsi que les performances dont rendent compte nombre d indicateurs mobilisés dans les analyses de «benchmark». L Île-de- France est forte d un appareil productif dense et diversifié sans équivalent dans les autres régions françaises. Elle bénéficie également d une productivité du travail record du fait de la combinaison d une main d œuvre très qualifiée et d établissements stratégiques. Toutefois, ces dotations et ressources proches géographiquement ne déclenchent pas automatiquement ou mécaniquement leur exploitation. A lire le contenu du texte sur la «stratégie de développement économique et d innovation» de la Région Île-de-France (2011), on voit très nettement affirmer certaines des faiblesses (matrice des Atouts et Faiblesses) en particulier «un effet d agglomération sousoptimal», «des capacités d innovation et de développement non optimisées». Ceci témoigne d une forte prise de conscience du caractère paradoxal (Carré, 2006) des performances de ce territoire. En effet, ces faiblesses évoquées suggèrent une appréciation de la «distance» à la «frontière économique et technologique» où se situerait la région 2. Cette sous-exploitation du potentiel économique et technologique de la région relève entre autres de ce que l on peut qualifier de défaut de coordination. Ce défaut de coordination, que l on constate en Ile-de-France, sans doute plus qu ailleurs, entraîne une certaine sousexploitation des ressources qu offre le milieu métropolitain, ce qui pénalise nombre de petites entreprises et renforce l effet d éviction hors d Île-de-France. Elles souffrent de handicaps que l on peut résumer à travers quelques images simples ; elles sont méconnues, moins aidées, moins coopérantes que leurs homologues de province (Claudel et al., 2010). La densité et la complexité du milieu métropolitain francilien sont telles que pour pouvoir profiter de l offre de ressources régionales, les entreprises doivent déployer des coûts de fonctionnement et de coordination qui sont hors de portée d un certain nombre d entre elles. La première caractéristique - mais cette énumération ne prétend pas à l exhaustivité - de ces espaces métropolitains tient à la densité des acteurs, entreprises, centres de recherches, institutions, etc., et corrélativement au volume des informations produites. La conséquence de cette densité serait de rendre plus difficile l établissement de contacts et, a fortiori de contacts pertinents ; une densité élevée accroîtrait la difficulté d identifier «l autre» et d être identifié par les autres. Les coordinations interpersonnelles seraient donc, dans ces contextes territoriaux, à la fois plus limitées et plus difficiles à mettre en œuvre qu ailleurs. Plus précisément, l établissement de «convention», soit la constitution d une «logique collective» (Orléan) visant à régir les actions productives pose des difficultés d un ordre supérieur là où le contexte social ne constitue pas un cadre de réciprocités obligées, «d attentes réciproques» (Storper). Ne peut-on pas évoquer l idée d anonymat, de proximité sociale limitée, qui paradoxalement, au moins en apparence, contredit la proximité géographique et ses effets supposés en matière de coordination? Il en ressortirait une forme d isolement relatif des acteurs économiques qui rendraient plus difficile 3 le processus d absorption des ressources intellectuelles, des informations technologiques. 64 65

Des politiques et actions en faveur de réseaux localisés La seconde caractéristique concerne la question des relations asymétriques. Chaque territoire est le théâtre de relations internes entre des acteurs de poids, de positionnement, en résumé en situation hiérarchique différente. Il y a superposition, et en Île-de-France plus qu ailleurs, entre de grands appareils (Etat, administration centrale, grandes entreprises) mais aussi de grands systèmes (santé, banque - assurance, aéronautique - défense, transports, ) et une très importante 4 population de petites entreprises plus ou moins inscrites dans des activités plus dispersées, moins visibles. Ces grands acteurs et systèmes ont tendance, délibérément ou non, là n est pas le problème, à définir le modèle relationnel qui façonne les interrelations. Plus qu un emboîtement des différentes logiques, il y a écrasement, la logique de fonctionnement du niveau supérieur prédominant (Carré, 2006). De plus, si ces grands systèmes présentent une certaine visibilité, en revanche, tout un pan d activités industrielles et de services échappe aux préoccupations des pouvoirs publics et institutions socio-économiques. La situation des entrepreneurs locaux apparaît donc doublement fragilisée du fait d un déséquilibre entre l émetteur et le récepteur d informations et de la densité du tissu économique, social et technologique. En effet, les institutions de soutien (par exemple les directions régionales : industrie, équipement, recherche, technologie) sont très souvent configurées pour et par la dimension métropolitaine du territoire et de surcroît, paraissent très fortement sous-dimensionnées au regard de leur population dédiée, ce qui ne fait qu accroître, pour nombre d entreprises, ce sentiment d isolement (Szarka, 1990). Pour résumer, si les ressources locales en faveur de la dynamique économique sont abondantes, (entreprises spécialisées, ressources technologiques, centres de formation, etc.) elles ne sont pas immédiatement disponibles ; pour les transformer de virtuelles en réelles (captées) encore faut-il que les entreprises satisfassent un certain nombre de conditions. En effet, les régions de forte densité, l Ile-de-France ici, sont à la fois susceptibles d offrir des ressources stratégiques abondantes mais simultanément d en freiner leur diffusion du fait d obstacles liés en particulier à la complexité des réseaux et au déséquilibre (asymétrie) entre l émetteur et le récepteur. L apprentissage de l insertion dans les réseaux (les «économies de vue d ensemble», Johannisson) devient donc central. De fait, les modalités d organisation des entreprises et le développement de relations interpersonnelles deviennent un facteur de production essentiel, une source d efficacité vitale mais inégalement partagée. Face à ces difficultés progressivement de mieux en mieux repérées et interprétées, les pouvoirs publics et socio-économiques ont mis en place différents types d actions visant à conforter les entreprises et les territoires. Si ces actions et politiques ne sont pas propres à la Région Îlede-France, en revanche elles paraissent d autant plus décisives au regard des contraintes et atouts qui caractérisent cette région. Le principe sur lequel repose plus ou moins explicitement ces politiques est qu une certaine concentration d entreprises sur un territoire produit un avantage ; la proximité géographique favorise potentiellement les échanges d information, le développement de connivences et pourquoi pas la coopération entre les entreprises, coopération elle-même productrice d externalités, d innovations (Sierra). Dès lors, il s agit d inciter les entreprises à mutualiser certaines ressources et au-delà d envisager et pourquoi pas porter des projets collectifs de production ou d innovation 5. L émergence de ces coopérations repose à la fois sur des mécanismes d apprentissage individuel mais également collectif. Ces mécanismes d apprentissage, toutefois, ne peuvent pas faire appel à des formations simples mais utilisent par exemple des processus interactifs (OCDE, 1996) accompagnés par des actions de sensibilisation et des dispositifs d incitations. Il faut encore ajouter l extrême diversité des comportements des entreprises au sein même de ces systèmes ; quelques entreprises développant de véritables coopérations, une population plus large intégrant tout un ensemble d actions visant à la mutualisation de coûts (veille, export, communication, formation, etc.) et enfin des entreprises se situant dans une posture d observation. L apprentissage du travail en réseaux demeure, en effet, pour nombre de PME une démarche inconnue, considérant que la responsabilité économique du dirigeant de la petite entreprise repose encore essentiellement sur ses ressources propres. Dès lors ces politiques de clusters, de SPL, impliquent des programmes de sensibilisation, d incitation et d accompagnement relativement longs, en cohérence avec l ampleur des enjeux. Parallèlement à cet approfondissement des relations interentreprises, le succès de ces politiques réside aussi dans la diffusion à un ensemble le plus large possible d entreprises potentiellement concernées 6. Par analogie avec le processus de diffusion d innovations, on distingue une population d entreprises innovantes en la matière, qui s inscrira très vite dans des pratiques de coopération pour des raisons à la fois comportementales mais aussi en fonction de contraintes ou d opportunités. Ce principe d actions n est pas nouveau ; l évènementiel commercial ou encore dans un tout autre domaine, les «actions collectives» portées par, hier, les DRIRE, constituent des exemples contrastés d actions basées sur la mobilisation, par essence, multi entreprises. Incitées par les Pouvoirs publics nationaux, la politique des Systèmes Productifs Locaux (DATAR, 2001), aujourd hui les grappes d entreprises, celle des Pôles de compétitivité (Jacquet, Darmon) ont très fortement amplifié et élargi les domaines de l action collective au niveau des territoires (Carré, Levratto, 2009). Si ces politiques mettent, à juste titre, l innovation au cœur de leur dispositif, toute action participant à développer et renforcer les relations entre entreprises et autres apporteurs de ressources est favorable et pour les entreprises et pour le territoire. En outre, toute action de mise en réseau a vocation à dépasser l objectif initial où à enclencher des actions de mutualisation ou de coopérations plus denses et approfondies. Ceci d ailleurs participe de l apprentissage du travail en réseau, apprentissage qui par essence ne peut être immédiat 7. (1) Les économies d agglomération peuvent être remises en cause du fait de phénomènes de congestion induisant des déséconomies (d agglomération). Ainsi, il est fait état de difficultés plus grandes ressenties par certains acteurs, entreprises de petites dimensions, à s inscrire dans un environnement riche mais complexe qu offrent les grands territoires métropolitains. (2) Cet écart apparaît de manière plus précise encore lorsqu on recourt à des méthodes de discrimination spatiale qui visent à distinguer les régions en fonction de leur croissance et à identifier les raisons pour lesquelles elles diffèrent de leur potentiel. (3) Le sociologue Burt (1992), se positionnant en contradiction avec l idée dominante selon laquelle il existerait une corrélation positive entre la densité des réseaux sociaux et la qualité de l information qui y circule, considère que les biais informationnels peuvent être renforcés par la densité sociale. (4) C est une des particularités franciliennes de comptabiliser à la fois une proportion plus élevée de grandes et de très petites entreprises (5) D ailleurs certaines des politiques vont plus avant ; elles cherchent à favoriser le développement d une certaine spécialisation facilitant sans doute les coopérations mais permettant également une visibilité plus grande du territoire dans son ensemble. (6) L élargissement des populations d entreprises constitue un indicateur essentiel de succès du SPL 66 (7) Ceci implique d ailleurs de laisser un temps pour l évaluation des actions et politiques mises en œuvre. 67

Dynamique de coopération Typologie des réseaux d entreprises et des systèmes locaux Co-production de Valeur Ajoutée Mutualisation infrastructure Echange d informations Communication Quels que soient ces programmes, ils ont tous en commun de parier sur le renforcement des pratiques de coopération de la part des entreprises et plus généralement des acteurs concernés par le développement technico-économique. Ces pratiques impliquent à la fois le développement Veille technologique Groupements d employeurs Projets collectifs innovants Intensité de la coopération, de la confiance de relations de confiance et l apprentissage du travail en commun. C est à cette condition que les politiques et actions actuelles impacteront positivement les performances à long terme de cette économie francilienne et en particulier, le maintien d une activité industrielle. Les réseaux d entreprises : Un constat et une ambition à partager Une proposition au réseau consulaire francilien Éléments bibliographiques ACS Z., 2002. Innovation and the growth of cities, Edward Elgar BARBESOL Y., BRIANT A., 2008. «Économies d agglomération et productivité des entreprises : estimation sur données individuelles françaises», Economie et statistique, N 419-420, 2008. pp. 31-54. BAUMONT C., HURIOT J-M., 1997. «Processus d agglomération et définition de la ville», Revue d Economie Régionale et Urbaine, vol. 97, n 4, pp. 515-524. BECATTINI G., 2004 Industrial Districts: a new approach to industrial change, E E BURT R., 1992, Structural Holes: the social structure of competition, Harvard University Press CAPELLO R., NIJKAMP P., 1995. «Le rôle des externalités de réseaux dans les performances des firmes et des régions», in Rallet A., Torre A. (eds), Économie industrielle et Économie spatiale, Paris, Économica. CARRE D., LEVRATTO N., 2011. «Les politiques de soutien à l économie : entre diversité des territoires et pluralité des dispositifs d action», in CARRE, LEVRATTO, Eds, Les performances des territoires, Le Manuscrit, Paris CARRE D., LEVRATTO N., 2009, «Politique industrielle et PME : nouvelle politique et nouveaux outils?», Revue d Économie Industrielle, n 126, 2 ème trimestre CARRÉ D., 2006, «Les performances paradoxales de l économie de l Ile de France : essai d interprétation», Revue d Economie Régionale et Urbaine, n 4, pp. 581-601 CLAUDEL A., GIRARD P., JAMES N., STAGER O., PREVOT M., CHATY S., 2010, «La machine à innover francilienne : un rendement perfectible au regard du potentiel plutôt élevé», Ile de France à la page, Insee, N 345, octobre COMBES PH, DURANTON G., GOBILLON L., PUGA D., ROUX S., 2009, «The productivity advantages of large cities: distinguishing agglomeration from firm sélection», WP, CREST, fevrier. DATAR, 2001, Réseaux d entreprises et territoires : regards sur les systèmes productifs locaux, La Documentation française DUMOULIN R., MESCHI P-X., UHLIG T., 2000, «Management, contrôle et performance des réseaux d entreprises» Finances Contrôle Stratégie vol. 3, N 2, juin, p.81-112 JACQUET N., DARMON D., 2005 Les pôles de compétitivité, La Documentation Française JOHANNISSON B., 1990, Economies of Overview- Guiding the external growth of small firms, International Small Business Journal, oct-dec MARTIN P., MAYER T., MAYNERIE F., 2010. «Spatial concentration and plantlevel productivity in France», Journal of Urban Economics, september 8. MÉLO P., GRAHAM D., NOLAND R., 2009. «A meta-analysis of estimates of urban agglomeration economies», Regional Science and UrbanEconomics, 39, pp. 332-342. OCDE 1996, Réseaux d entreprises et développement local, Paris ORLÉAN A., 1994, Analyse économique des conventions, PUF Économie PECQUEUR B., ZIMMERMANN JB. 2004. «Introduction: les fondements d une économie de proximités», in Pecqueur B. 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Par cette démarche, ils entendent contribuer à la définition de la stratégie du futur réseau consulaire francilien, né de la réforme des CCI votée par le parlement pour une entrée en vigueur en Île-de-France en janvier 2013. Ce travail s appuie sur les recommandations de l Assemblée des Chambres françaises de commerce et d industrie (ACFCI) rassemblées dans un rapport adopté en assemblée générale : «les réseaux d entreprises : une valeur ajoutée pour les entreprises, une nécessité pour les territoires, une priorité pour les CCI». 68 69

Un constat et une ambition à partager La preuve de l intérêt majeur et de l efficacité des réseaux d entreprises n est plus à faire. Il suffit d écouter les membres de réseaux énumérer les avantages qu ils en retirent, de lire le rapport des recommandations de l ACFCI ou encore de parcourir les pages de ce livre blanc pour s en convaincre. Le réseau d entreprises : un outil efficace pour le développement économique Les entreprises demandent à travailler en réseau. Elles y trouvent des réponses adaptées pour améliorer leurs performances, multiplier leurs contacts professionnels, faciliter l accès à l information stratégique Les réseaux sont un catalyseur pour développer la pratique du travail en mode collaboratif. Cette démarche, menée à son terme, peut conduire les PME vers la dimension critique d entreprises de taille intermédiaire (ETI) en créant les Une montée en puissance des réseaux d entreprises Depuis une dizaine d années, il y a une véritable montée en puissance des réseaux. Leur nombre et leur importance stratégique augmentent. Ils ont développé des gouvernances autonomes et efficaces. Certains, notamment les pôles de compétitivité, animent les plans de soutien aux filières prioritaires prévues au contrat de projets signé entre l Etat et la Région d Île-de-France. De nombreux acteurs mobilisés Les acteurs publics ont intégré les réseaux d entreprises dans leurs politiques de développement économique. Avec ses appels à projets, l Etat en prend bien souvent à l initiative des pôles de compétitivité ou des grappes d entreprises. La Région Île-de-France, de son côté, a développé des dispositifs d appui. Les autres collectivités territoriales : départements, communes ou intercommunalités, apportent leur aide. Les grandes entreprises, les organisations conditions favorables à la structuration d alliances stratégiques. Les réseaux sont un excellent outil pour structurer, à l échelle régionale et locale, les filières ou les secteurs d activité à forts enjeux sur les territoires, renforcer l ancrage territorial des entreprises et consolider leurs relations avec les acteurs du développement économique. A l échelle nationale, ils se fédèrent par secteur d activité ou par thème à l exemple des associations régionales de l industrie automobile (ARIA). De même, France Cluster regroupe de nombreux adhérents parmi les SPL, les grappes d entreprises ou les pôles de compétitivité et se propose d être un lieu d échange d expériences et de ressource pour ses membres. professionnelles, les associations d entreprises et les agences de développement économique sont également des partenaires actifs, sans oublier les organismes tels l ADEME, OSEO Toutefois, à l exception de l appel à projets grappe d entreprises, les aides publiques sont réorientées sur les plans d action au détriment des frais de fonctionnement des réseaux qui deviennent de moins en moins éligibles aux subventions. De façon générale, les aides publiques s amenuisent. Les atouts des CCI Les CCI en Île-de-France disposent d atouts déterminants pour participer à une politique d animation de réseaux : Un réseau consulaire associant puissance au niveau régional et proximité au niveau local ; Un savoir-faire et des méthodologies éprouvés ; Un fort déploiement des réseaux Plato ; Des réseaux d entreprises de référence à l échelle régionale ; Des partenariats construits avec des pôles de compétitivité ; Une bonne connaissance du tissu des entreprises ; Une ambition pour les CCI Dans cet esprit, les Chambres de commerce et d industrie d Île-de-France doivent avoir pour objectifs de : Faire de l animation des réseaux d entreprises une de leurs priorités ; Devenir l acteur de référence en matière d animation de réseaux d entreprises au service des filières à fort enjeu économique et des territoires économiques d action majeure ; Animer le «réseau des réseaux» à travers une politique partenariale ambitieuse au niveau local et régional. Les CCI ont la possibilité de faire du réseau d entreprises la matrice de leurs actions collectives, qu elles l animent ou qu elles y soient associées. L animation de réseaux consolide le lien de proximité entre les CCI et les entreprises de leur territoire, permet de démultiplier leurs contacts et de mieux faire connaître leurs propres services. Il est essentiel que les Chambres de commerce et d industrie continuent d investir dans l animation de réseaux. Dans un contexte où les financements publics se réorientent sur les plans d action des réseaux au détriment de leur Une professionnalisation des métiers d animation de réseaux. Il leur reste cependant à renforcer la politique régionale qui existe en matière de création et d animation de réseaux d entreprises. Pour cela, elles doivent saisir l opportunité que leur offre la réforme du réseau consulaire qui prévoit le renforcement du niveau régional des CCI et une nouvelle articulation des missions entre les deux niveaux territorial / départemental et régional. animation, les CCI doivent rationaliser leurs moyens en mutualisant au mieux certaines compétences et ainsi continuer à porter une partie des coûts liés à l animation des réseaux, gage de leur crédibilité et de leur investissement sur cette mission. A ce titre il peut être très efficace de coupler l action des animateurs réseaux avec celle des conseillers en développement des entreprises. Par ailleurs, il est nécessaire de concentrer les moyens d animation de réseaux sur des cibles prioritaires, que ce soit sur des territoires économiques d action majeure ou encore sur des filières à fort enjeu économique en Île-de- France. Le réseau consulaire, en allant au bout de la logique «réseaux», doit se positionner en tant qu animateur du «réseau des réseaux» et favoriser activement la mise en relation des réseaux et de leurs membres entre eux sur un même territoire ou sur une filière. Il doit chercher à nouer des partenariats avec les réseaux structurants créés sur son territoire en leur apportant une offre de compétences et de services adaptée. Il s agit de développer une stratégie de partenariat intégrant les différents acteurs du développement économique. 70 71

Une proposition au réseau consulaire francilien Etablir un schéma régional des réseaux d entreprises cohérent et concerté En la matière, la préconisation de l ACFCI est écrite avec fermeté et clarté ; aussi elle est reprise telle quelle. «Depuis quelques années, les CCI sont de plus en plus sollicitées par les entreprises pour les accompagner dans leur mise en réseau. De plus, on constate que les relations inter-entreprises s affranchissent des découpages administratifs territoriaux, impliquant parfois plusieurs CCI ; les entreprises sont alors en attente d une réponse consulaire globale, unifiée et organisée. Dans un contexte de réforme consulaire marqué par le renforcement de l échelon régional et le maintien d une proximité territoriale, il est nécessaire d engager une réflexion qui structure la relation des CCI aux réseaux d entreprises. Cette démarche pourra prendre la forme d un schéma régional des réseaux d entreprises élaboré par la CCI régionale, en étroite concertation avec les CCI territoriales.» Un observatoire des réseaux d entreprises en Île-de-France Le préalable à toute réflexion sur les réseaux d entreprises en Île-de-France est de recenser tous ceux qui existent, qu ils bénéficient ou non d une labellisation, qu ils soient soutenus ou non par les CCI, qu ils possèdent ou non une structure juridique. Cet état des lieux doit aussi permettre d appréhender plus finement chacun d entre eux. En s appuyant sur une définition commune des réseaux, il s agit d observer entre autres : Leur taille ; Les entreprises leaders ; Le territoire concerné ; Les secteurs concernés ; La concentration du secteur sur le territoire ; Les projets et réalisations ; Les perspectives de développement ; Leur mode de structuration ; Leur degré de maturité ; Leurs besoins (en animation, en portage 72 Cette démarche peut se dérouler conformément aux articles L. 711-8 3 et D 711-41 et suivants du code de commerce qui prévoit l élaboration de schémas sectoriels. Les différentes étapes de la démarche pour élaborer le schéma régional pourraient être de : Réaliser un état des lieux ; Identifier les possibilités de création de nouveaux réseaux ; Analyser et sélectionner les filières, les territoires et les réseaux à privilégier ; Construire une offre de compétences et de services ; Définir les modalités de coopération avec chaque réseau ; Répartir les missions entre le niveau départemental ou territorial et régional ; Définir une organisation opérationnelle des services réseaux et filières. d actions, en recrutement de nouveaux adhérents en appui logistique, outils ) ; L environnement dans lequel ils évoluent (mode de gouvernance, partenaires associés, financeurs ) ; Leur volonté de collaborer avec les CCI. Ces informations seraient remises périodiquement à jour et alimenteraient un observatoire des réseaux d entreprises. Identifier et sélectionner les réseaux stratégiques Au-delà des réseaux d entreprises déjà structurés, un vaste tour d horizon est nécessaire pour identifier l ensemble des nouveaux réseaux à créer. La démarche filière est complémentaire de celle des pôles de compétitivité, très axée sur l innovation, souvent peu accessible à toutes les entreprises et en particulier aux PME. L Etat et la Région, dans le cadre du contrat de projets et du schéma régional de développement économique (SRDE), ont identifié neuf filières prioritaires en raison de leur potentiel de création de valeur et d emplois et de leur capacité à répondre aux besoins de marchés porteurs : Eco- activités ; Industries de la création ; Optique et systèmes complexes ; Sciences de la vie ; Services à la personne ; Services financiers ; Tourisme et loisirs ; Transport et mobilité (aéronautique, automobile) ; Mécanique et première transformation des métaux. D autres filières peuvent être identifiées autour des pôles de compétitivité : Numérique / SYSTEM@TIC et CAP DIGITAL ; Cosmétique / COSMETIC Valley ; Logistique / NOV@LOG ; Défense - sécurité / SYSTEM@TIC ; Santé /MEDICEN Ou encore : sport, mode textile habillement, salons Construire une offre de compétences et de services pour les réseaux Des modes d une coopération claire entre les CCI et chacun des réseaux d entreprises doivent être mis en place et conclus dans le cadre d un conventionnement sûr juridiquement. Garder un lien fort avec les réseaux d entreprises et favoriser leur autonomie sont deux objectifs à mener de front. Cela implique une très grande clarté des relations entre réseaux et CCI, qui porte sur : La participation des CCI à la gouvernance du réseau ; La CCIR doit faire des choix stratégiques et sélectionner les filières qu elle soutient, notamment en structurant un réseau d entreprises. Pour animer les territoires économiques d action majeure, il est proposé de déployer et de structurer à l échelle régionale les réseaux territoriaux ayant fait leurs preuves comme PLATO et les réseaux maillant les associations locales d entreprises (parcs d activités, unions commerciales ) à l exemple de COAXION. L Île-de-France compte quarante trois groupes PLATO en activité qui fédèrent 774 PME et 129 grandes entreprises. La cellule de coordination, mise en place par la CCIV, peut constituer la base de l échelon régional. Une première action pourrait être l organisation de la première journée d affaires des réseaux PLATO en Île-de-France. Une réflexion doit être également menée autour de la méthodologie PLATO comme outil d accompagnement des entreprises sur des thématiques cibles (international, développement durable...). Enfin, il peut être intéressant de créer de nouveaux réseaux thématiques au service des territoires ou des filières à l image du réseau des managers de l environnement (RME) ou des groupements d employeurs. Ces nouveaux réseaux thématiques doivent se positionner par rapport aux enjeux et fonctions majeurs de l entreprise comme l export et l international ou encore les achats Le programme d actions à partager ; Les moyens mis en œuvre par les CCI ; Un pilotage du partenariat. L offre de compétences et de services peut être de : Recruter l équipe d animation ; Affecter une ou plusieurs personnes à l équipe d animation ; Assurer le secrétariat ; 73

Former les animateurs et assistantes réseaux ; Mettre à disposition un espace extranet sur une plateforme collaborative ; Porter une (ou des) action(s) collective(s) pour le compte du réseau (ingénierie de l action, déploiement, études économiques, veille, international, appui juridique, ressources humaines) ; Organiser des conventions d affaires, speed dating ; Elaborer des dossiers de demandes de financement ; Valoriser le réseau sur les outils de communication des CCI ; Mettre à disposition des moyens (salles de réunions, locaux, ). Pour les réseaux portés par les CCI : Porter juridiquement et financièrement le réseau et son plan d actions ; Animer (recruter les entreprises, organiser et animer les réunions, les évènements et les conventions d affaires, rechercher des financements, assurer le suivi budgétaire, élaborer et mettre en œuvre le plan d actions, établir le plan de communication du réseau, assurer le suivi des membres du réseau) ; Animer l extranet du réseau sur la plateforme collaborative CCI. Tous ces modes d intervention ne sont pas équivalents. Il est important de privilégier ceux qui assurent une grande proximité opérationnelle entre le réseau d entreprises et les CCI. A ce titre, octroyer une subvention ne garantit en rien cette proximité. Ainsi, une offre personnalisée pour chaque réseau doit être établie en fonction de ses besoins et attentes. Une répartition efficace des missions entre cci départementales ou territoriales (CCI(DT)) et cci de région (ccir) Le schéma régional des réseaux d entreprises doit assurer la cohérence stratégique et opérationnelle entre le niveau régional et le niveau départemental ou territorial et permettre d allier puissance régionale et proximité territoriale. En matière de politique d animation de réseaux, le niveau régional est un niveau de décisions stratégique et fonctionnelle (mutualisation de moyens, appui méthodologique, formation, partage d expériences ). Il s appuie sur les compétences opérationnelles départementales. Les CCID/T doivent garder la relation de proximité avec l entreprise et ainsi porter l animation de réseaux d entreprises. Elles doivent être aussi force de proposition en matière de création de nouveaux réseaux. La CCIR peut leur déléguer de nouvelles actions et leur affecter le budget nécessaire conformément à l article L 711-1 alinéa 4 du code de commerce. Les missions peuvent se répartir ainsi entre le niveau régional et le niveau départemental : CCIR Coordonner les référents réseaux pour les réseaux d entreprises à dimension régionale (exemple : réseaux d entreprises sur les filières) ; Elaborer un schéma régional des réseaux d entreprises (diagnostic, objectifs visés, organisation régionale, modalités de financement des CCID/T, conventions avec les partenaires ) ; Participer à l étude de faisabilité pour la création de nouveaux réseaux ; Conventionner avec l Etat et la Région ; Piloter un observatoire des réseaux ; Animer la mutualisation des bonnes pratiques et capitaliser sur les méthodes et outils d animation de réseau ; Former les équipes réseaux (animateurs, assistantes ) ; Impulser et coordonner une dynamique évènementielle à l échelle régionale (convention d affaires, ) ; Valider la création ou le soutien de tout nouveau réseau ou son arrêt ; Définir une offre de «services» pour accompagner les réseaux et notamment les pôles de compétitivité ; Conventionner avec les réseaux et les pôles de compétitivité ; Définir un plan de communication et les outils dédiés en matière d animation de réseaux (création d une identité réseaux CCI Paris-Ile-de-France) ; Piloter une plateforme collaborative commune aux réseaux ; Coordonner les réseaux ; Elaborer et piloter un contrat d objectifs CCID/T - CCIR avec le suivi d un tableau de bord et d indicateurs clés en termes d impact. CCID/T Affecter un référent sur chaque réseau à dimension régionale afin d assurer le relais territorial des actions du réseau ; Lancer et porter l animation de réseaux (élaborer l étude de faisabilité, recruter les entreprises, dédier un animateur réseau et Professionnalisation et formation des équipes d animation Dans son rapport, l ACFCI insiste sur l importance de capitaliser sur le métier et la formation des animateurs réseau. D ailleurs l ACFCI finalise des modules de formation à destination des animateurs. Au-delà du métier d animateur, les métiers de l équipe d animation se diversifient, lorsqu un réseau d entreprises arrive à maturité. De nouveaux métiers émergent : administration, communication, gestion, actions à l international, ressources humaines, conduite de projets collaboratifs une assistante, porter tout ou partie du plan d actions du réseau, initier et réaliser des études d impact ) ; Proposer la création de tout nouveau réseau à la CCIR ; Décliner la politique régionale d animation de réseaux à l échelle locale ; Conventionner avec les EPCI et acteurs locaux ; Mettre en œuvre le plan d actions avec les entreprises ; Alimenter le tableau de bord des réseaux avec des indicateurs clés ; Mettre en œuvre, accompagner les actions territoriales issues des pôles de compétitivité ; Porter et animer les démarches de clusterisation initiées par les pôles de compétitivité ; Assurer les relations avec les acteurs locaux et les partenariats avec les collectivités locales ; Rechercher des financements locaux ; Accueillir les manifestations (réunions organisées dans le cadre de l animation des réseaux). Deux de ces missions dévolues à la CCIR, former les équipes réseaux et piloter une plateforme collaborative, méritent une attention particulière. La bonne échelle pour capitaliser sur l expérience des animateurs réseaux et plus largement des métiers de l animation est régionale. Des ateliers d échanges de bonnes pratiques sont des moyens efficaces pour y parvenir, à l exemple des groupes de conduite et d animation de réseaux (CAR) mis en place par la CCIV. De même, la CCIR peut envisager en lien avec l ACFCI de mettre en place une formation diplômante sur le métier d animateur réseau. 74 75

Piloter la plateforme collaborative commune aux réseaux Pour renforcer la communication et la collaboration interne et externe aux réseaux, le besoin de disposer d un espace collaboratif sur internet a émergé. Après plusieurs années d expérience avec un outil de première génération, la CCIV investit dans une plateforme développée par la CCI du Mans : RESEAULIA. La CCIV la met à disposition des réseaux qu elle anime et réseaux associés. La CCIV propose à la CCIR d utiliser cette plateforme pour fédérer l ensemble des réseaux et clubs économiques de la région à travers ce portail collaboratif et ainsi créer le réseau social des chefs d entreprise et de leurs collaborateurs en réseau sur les territoires régionaux. Cette ambition peut être confortée par l organisation d un forum régional des réseaux d entreprises. Cette grande manifestation régionale pourrait rassembler les différents réseaux et communautés, permettre aux entreprises membres d élargir leur cercle de relations et plus généralement aux entreprises d Île-de-France de découvrir les réseaux existants. Après avoir décrit précisément l expérience menée par la CCIV, présenté l éclairage d un expert des réseaux d entreprises et apporté la proposition des élus de la Chambre, les éléments du débat sont posés. Il appartient maintenant à l ensemble des acteurs du réseau consulaire francilien, et en particulier à ses élus, de s emparer de ce débat et, grâce aux réseaux, de porter plus loin encore l ambition de servir nos entreprises et nos territoires. 76 Glossaire ACFCI : Assemblée des Chambres françaises de commerce et d industrie ADEME : Agence de l Environnement et de la Maîtrise de l Energie AFPA : Association nationale pour la formation professionnelle des adultes ARIA : Association régionale de l industrie automobile ARIST : Agence régionale d information stratégique et technologique BtoB : Business to business (d entreprise à entreprise) CAMY : Communauté d agglomération de Mantes-en-Yvelines CCI : Chambre de commerce et d industrie CCID : Chambre de commerce et d industrie départementale (établissement rattaché à la CCIR Paris Île-de-France) CCIR : Chambre de commerce et d industrie régionale CCIT : Chambre de commerce et d industrie territoriale (possède la personnalité morale) CCIV : Chambre de commerce et d industrie de Versailles Val-d Oise/Yvelines CEEVO : Comité d expansion économique du Val-d Oise (CEEVO) CEREMH : Centre de Ressources et d innovation Mobilité & Handicap CETIAT : Centre technique des industries aéraulique et thermique CETIM : Centre technique des industries mécaniques CFI : Centre francilien de l innovation CHR : Cafés, hôtels, restaurants CIACT : Comité interministériel d aménagement et de compétitivité des territoires (de 2005 à 2009) CIADT : Comité interministériel d aménagement et de développement du territoire (de 1995 à 2005 et depuis 2009) COAXION : Réseau des présidents de parcs d activités CRITTMECA : Centre régional d innovation et de transfert de technologie en mécanique (fusionné au sein du Centre francilien de l innovation en 2009) DAS : Domaine d activités stratégiques DATAR : Délégation à l aménagement du territoire et à l action régionale DIRECCTE : Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l emploi DRIRE : Direction régionale de l industrie, de la recherche et de l environnement (missions redistribuées entre la DIRECCTE et la direction régionale et interdépartementale de l environnement et de l énergie (DRIEE) créées le 1 er juillet 2010 en Île-de-France) DRRT : Délégation régionale à la recherche et à la technologie EPAMSA : Établissement public d aménagement du Mantois Seine Aval ESSEC : École supérieure des sciences économiques et commerciales ETI : Entreprise de taille intermédiaire (occupe plus de 249 personnes et moins de 5000) FIM : Fédération des industries mécaniques GEYVO : Groupement d employeurs Yvelines Val-d Oise GIE : Groupement d intérêt économique IFSTTAR : Institut français des sciences et technologies des transports, de l aménagement et des réseaux INRETS : Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (fusionné avec le LCPC dans l IFSTTAR le 1 er janvier 2011) INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques ISO : Organisation internationale de normalisation LCPC : Laboratoire central des ponts et chaussées (fusionné avec l INRETS dans l IFSTTAR, le 1 er janvier 2011) LNE : Laboratoire national de métrologie et d essais ME : Micro-entreprise (occupe moins de 10 personnes) MIDEST : Salon international de la soustraitance industrielle Mov eodege : Plateforme technologique Mov eo pour les défis du Grenelle de l environnement PDG : Président Directeur général PFA : Plate-forme nationale automobile 77

PLATO : Petershap (Parrainage) Leerplan (Plan de formation) Arrondissement (Territoire) Turnhout (Ville d origine) Ondernemingen (Entreprises) PME : Petite et moyenne entreprise (occupe moins de 250 personnes) RAVI : Réseau automobilité et véhicules en Île-de-France RAVY : Réseau automobile Val-d Oise / Yvelines R&D : Recherche et développement REI : réseau des éco-industries RER : Réseau express régional RME : Réseau des managers de l environnement RMVO : Réseau mesure du Val-d Oise Roissy-CDG : Roissy - Charles de Gaulle SAS : Société par actions simplifiée SEPEM : Salon des services équipements, process et maintenance SIG : Soldes intermédiaires de gestion SIPEC : Salon des industries de la chimie, cosmétique, parfumerie, pharmacie SPL : Systèmes productifs locaux SRDE : Schéma régional de développement économique TPE : Très petite entreprise (occupe moins de 20 personnes) TVA : Taxe sur la valeur ajoutée UC : Union commerciale UGEF : Union des groupements d employeurs de France UIMM : Union des industries et des métiers de la métallurgie VAE : Validation des acquis de l expérience VéDéCom : Projet d institut d excellence énergies décarbonées - Véhicules décarbonés et communicants), VIE : Volontaire international en entreprise Remerciements Nos remerciements vont tout d abord aux élus de la CCIV, membres du groupe de travail «Réseaux d entreprises et action territoriale» de la Commission appui aux entreprises, qui contribuent ainsi à la stratégie du futur réseau des chambres franciliennes, avec en premier lieu, ses présidents, Gérard BACHELIER et Guy BLANCHART, ses deux élus référents Michel LECAPITAINE et Sandra QUENTIN secondés de Elisabeth AIGUEPERSE, François BELLINI, Daniel CHALHON, Jean-Pierre CORMIER, Jérôme CREPATTE, Remi DE BATS, Jacques DAMOIS, Jean-Jacques DEWOST, Bruno DIDIER, Philippe ECRAN, Jacques EMPINET, Philippe FABIE, Eric FROMANT, Gérard GALLERON, Thierry GROSDIDIER, Patricia GUIGNARD, Serge Yves HANDSCHUH, Hervé LEROY, Martial LETAY, Guillemette LORRAIN, Christophe MACHARD, Frederic PAUTHIER, Anne-Marie PERUS, Laurent PILLARD, Evelyne POMMERET, Stéphane ROBERT, Daniel SCHAEFFER, William STASSEN et Henri WATRIN ; ainsi que les permanents qui ont participé à ces travaux : Eric DENOUX, Frédéric LE ROUX et Odette de AZEVEDO. Sans oublier les membres du groupe technique national de l ACFCI qui ont rédigé le rapport sur les réseaux d entreprises. Nos remerciements ne seraient pas complets si nous n y associons pas tous les partenaires sans qui rien n aurait été possible. Nous remercions également Denis CARRE, chargé de recherche CNRS, membre d EconomiX, enseignant à Paris Ouest Nanterre La Défense, Docteur en sciences économiques, qui suit depuis plusieurs années la CCIV dans la mise en œuvre de sa politique de mise en œuvre de réseaux d entreprises. Enfin que soit vivement remerciée toute l équipe de la Direction des réseaux et filières qui a écrit cette histoire plurielle des réseaux d entreprises à la CCIV : Arnaud BISIG, Delphine BRAYMAND, Delphine CLERISSE, Odette DE AZEVEDO, Jacques DESGRANGES, Estelle DUFLOT, Malika GHOUAR, Christine LAMBRECHTS, Nathalie LAPUYADE, Isabelle LEMAIRE, Damaris LEVI-MILLER, Sandrine LOISIL, Valérie MARSAULT, Céline MENNECIER, Sindy MEUNIER, Ludovic MOUTOUCARPIN, Maud PARIS-DAVID, Muriel PERNOT, Patricia SALEUR, Brigitte SALLES, Pascale SULOVSKY, Aude VAUTHEROT, Eloïse VIANDIER, Laura VIOLAS, Céline VITHE DARGUESSE et Andrea ZORRILLA. Cet ouvrage a pour auteurs : Martine BOUSQUET, Odette DE AZEVEDO, Jacques DESGRANGES, Denis DHYVERT, Caroline FRANCESCATO, Damaris LEVI-MILLER, Valérie MARSAULT, Brigitte SALLES, Nicolas TEISSIER. 78

Réseaux Ile-de-France Rencontrez vos clients et partenaires de demain Dès 2012, retrouvez l ensemble des clubs et réseaux d entreprises CCIV sur le portail RESEAULIA Ile-de-France : www.reseauxcci-iledefrance.reseaulia.com