1 Somme de sous-espaces vectoriels

Documents pareils
Un K-espace vectoriel est un ensemble non vide E muni : d une loi de composition interne, c est-à-dire d une application de E E dans E : E E E

Exo7. Matrice d une application linéaire. Corrections d Arnaud Bodin.

Première partie. Préliminaires : noyaux itérés. MPSI B 6 juin 2015

Le produit semi-direct

Exercices Corrigés Premières notions sur les espaces vectoriels

Exemple 4.4. Continuons l exemple précédent. Maintenant on travaille sur les quaternions et on a alors les décompositions

Formes quadratiques. 1 Formes quadratiques et formes polaires associées. Imen BHOURI. 1.1 Définitions

Fonctions de plusieurs variables

Optimisation non linéaire Irène Charon, Olivier Hudry École nationale supérieure des télécommunications

Cours de mathématiques

[ édité le 30 avril 2015 Enoncés 1

Intégration et probabilités TD1 Espaces mesurés Corrigé

Structures algébriques

Capes Première épreuve

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile I : Incontournable T : pour travailler et mémoriser le cours

Programmes des classes préparatoires aux Grandes Ecoles

Étudier si une famille est une base

Espérance conditionnelle

Programmation linéaire

Image d un intervalle par une fonction continue


Limites finies en un point

I. Polynômes de Tchebychev

Intégration et probabilités TD1 Espaces mesurés

Université Paris-Dauphine DUMI2E 1ère année, Applications

Yamina Yagoub-Zidi. Inconditionnalité et propriétés du point fixe dans les espaces de fonctions lisses

EXERCICE 4 (7 points ) (Commun à tous les candidats)

Théorie et codage de l information

Commun à tous les candidats

CHAPITRE V SYSTEMES DIFFERENTIELS LINEAIRES A COEFFICIENTS CONSTANTS DU PREMIER ORDRE. EQUATIONS DIFFERENTIELLES.

Corrigé Problème. Partie I. I-A : Le sens direct et le cas n= 2

Problème 1 : applications du plan affine

Exo7. Limites de fonctions. 1 Théorie. 2 Calculs

NOTATIONS PRÉLIMINAIRES

Calcul Différentiel. I Fonctions différentiables 3

Résumé du cours d algèbre 1, Sandra Rozensztajn. UMPA, ENS de Lyon, sandra.rozensztajn@ens-lyon.fr

1 Première section: La construction générale

Planche n o 22. Fonctions de plusieurs variables. Corrigé

Comparaison de fonctions Développements limités. Chapitre 10

Une introduction aux codes correcteurs quantiques

Calcul fonctionnel holomorphe dans les algèbres de Banach

La fonction exponentielle

Dérivation : cours. Dérivation dans R

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile I : Incontournable

Chapitre 3. Quelques fonctions usuelles. 1 Fonctions logarithme et exponentielle. 1.1 La fonction logarithme

Programmation linéaire et Optimisation. Didier Smets

De même, le périmètre P d un cercle de rayon 1 vaut P = 2π (par définition de π). Mais, on peut démontrer (difficilement!) que

AOT 13. et Application au Contrôle Géométrique

Chapitre 7. Statistique des échantillons gaussiens. 7.1 Projection de vecteurs gaussiens

Cours de Mécanique du point matériel

VI. COMPLÉMENTS SUR LES MODULES, THÉORÈME CHINOIS, FACTEURS INVARIANTS SÉANCES DU 15, 16 ET 22 OCTOBRE

Groupe symétrique. Chapitre II. 1 Définitions et généralités

Logique. Plan du chapitre

Théorème du point fixe - Théorème de l inversion locale

Marc HINDRY. Introduction et présentation. page 2. 1 Le langage mathématique page 4. 2 Ensembles et applications page 8

MAT 721: Algèbre non commutative. Chapitre I: Algèbres. 1.1 Définitions et exemples

3. Conditionnement P (B)

Fonctions de plusieurs variables. Sébastien Tordeux

I - PUISSANCE D UN POINT PAR RAPPORT A UN CERCLE CERCLES ORTHOGONAUX POLES ET POLAIRES

Calcul différentiel sur R n Première partie

2 Division dans l anneau des polynômes à plusieurs variables

spé MP POLYCOPIÉ D EXERCICES

Exercices - Fonctions de plusieurs variables : corrigé. Pour commencer

Continuité et dérivabilité d une fonction

Chapitre 6. Fonction réelle d une variable réelle

FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES (Outils Mathématiques 4)

Continuité d une fonction de plusieurs variables

Géométrie dans l espace Produit scalaire et équations

Continuité en un point

Cours arithmétique et groupes. Licence première année, premier semestre

Développements limités, équivalents et calculs de limites

Créer et modifier un fichier d'importation SAU avec Excel

Résolution d équations non linéaires

Programme de la classe de première année MPSI

Fonctions de plusieurs variables, intégrales multiples, et intégrales dépendant d un paramètre

Produit semi-direct. Table des matières. 1 Produit de sous-groupes 2. 2 Produit semi-direct de sous-groupes 3. 3 Produit semi-direct de groupes 4

Problèmes de Mathématiques Filtres et ultrafiltres

FEUILLETAGES PAR VARIÉTÉS COMPLEXES ET PROBLÈMES D UNIFORMISATION LAURENT MEERSSEMAN

Fonctions de plusieurs variables

MESURE ET INTÉGRATION EN UNE DIMENSION. Notes de cours

Probabilités sur un univers fini

Partie 1 - Séquence 3 Original d une fonction

VARIÉTÉS CR POLARISÉES ET G-POLARISÉES, PARTIE I LAURENT MEERSSEMAN. À la mémoire de Marco Brunella

Simulation de variables aléatoires

1 Complément sur la projection du nuage des individus

Optimisation des fonctions de plusieurs variables

Proposition. Si G est un groupe simple d ordre 60 alors G est isomorphe à A 5.

Calcul différentiel. Chapitre Différentiabilité

Suites numériques 4. 1 Autres recettes pour calculer les limites

Cours introductif de M2 Algèbres de Lie semi-simples et leurs représentations

Cours d Analyse 3 Fonctions de plusieurs variables

108y= 1 où x et y sont des entiers

Cours 02 : Problème général de la programmation linéaire

Déterminants. Marc SAGE 9 août Inverses et polynômes 3

Théorie de la Mesure et Intégration

Moments des variables aléatoires réelles

Feuille d exercices 2 : Espaces probabilisés

Introduction à l étude des Corps Finis

CHAPITRE IV. L axiome du choix

Algorithmes pour la planification de mouvements en robotique non-holonome

Transcription:

Compléments d algèbre linéaire 1 Somme de sous-espaces vectoriels 1.1 Somme de 2 sevs Soient E 1 et E 2 deux sous-espaces vectoriels de E. On appelle somme de E 1 et E 2 l ensemble noté E 1 + E 2 et défini par E 1 + E 2 = { x 1 + x 2, x 1 E 1 et x 2 E 2 } ={ x E x 1 E 1, x 2 E 2 tels que x = x 1 + x 2 }. Attention : il n y a pas toujours unicité de l écriture d un vecteur en somme de deux vecteurs. Par exemple, posons E 1 = {(x, y, z) R 3 x + y z = 0} et E 2 = {(x, y, z) R 3 z = 0}. Alors (1, 1, 1) = (1, 0, 1) + (0, 1, 0) E 1 + E 2, mais on a aussi (1, 1, 1) = (0, 1, 1) + (1, 0, 0) E 1 + E 2... E 1 + E 2 est un sous-espace vectoriel de E. preuve Remarque C est même le plus petit sous-espace vectoriel de E, contenant E 1 et E 2. En effet, soit G un sous-espace vectoriel de E contenant E 1 et E 2 ; montrons que E 1 + E 2 G. Soit x E 1 + E 2. Alors x s écrit x = e 1 + e 2, avec e 1 E 1 et E 2. Or au vu des hypothèses, on a donc e 1 G et e 2 G, d où par somme (G sev), x G. 1 Soit E un ev et soit E 1, resp. E 2, un sev de E admettant une famille génératrice F 1 (resp. F 2 ) : autrement dit E 1 = V ect(f 1 ) et E 2 = V ect(f 2 ). Alors la famille F = (F 1, F 2 ) (obtenue par concaténation des deux familles) engendre E 1 + E 2 : E 1 + E 2 = V ect(f 1, F 2 ). preuve : immédiat! Exemple : On pose E = R 3, E 1 = V ect((1, 0, 1); (0, 1, 1)) et E 2 = V ect((1, 0, 0); (0, 1, 0)). Montrer que E 1 + E 2 = E. Soit E 1, E 2 deux sous-espaces vectoriels de E. On dit que E 1 et E 2 sont en somme directe, et on note E 1 E 2, si tout vecteur x E 1 + E 2 s écrit de manière unique x = x 1 + x 2, avec x 1 E 1 et x 2 E 2. La somme E 1 + E 2 est directe ssi E 1 E 2 = { 0}. Supposons E 1 E 2 = { 0}, et soit x 1 + x 2 = y 1 + y 2 deux écritures d un même vecteur de E 1 + E 2. Alors x 1 y 1 = y 2 x 2 E 1 E 2 = { 0} d où x 1 = y 1 et x 2 = y 2. Il y a bien unicité de l écriture. Si par contre, E 1 E 2 { 0}, on peut trouver y E 1 E 2, avec y 0. Alors 0 = 0 + 0 = y y et il n y a plus unicité de l écriture du vecteur 0 (ni d aucun autre d ailleurs!). Soient E 1 et E 2 deux sous-espaces vectoriels de E. E 1 et E 2 sont dits supplémentaires dans E (ou E 2 est un supplémentaire de E 1 dans E) si E = E 1 E 2 : autrement dit, si tout vecteur x de E s écrit de manière unique x = x 1 + x 2, avec x 1 E 1, x 2 E 2. 1

Attention : ne pas confondre la notion de supplémentaire dans un ev, avec la notion de complémentaire d un ensemble (E\E 1 ) qui ne donne pas un sous-espace vectoriel... donc qui n aura aucun sens ni intérêt dans ce chapitre. (faire un dessin dans le plan avec E 1 droite vectorielle (axe des abscisses par exemple)). Des définitions et résultats précédents on obtient le { E = E1 + E 2 E = E 1 E 2 E 1 E 2 = { 0} Exemple ( dans ) M 2 (R). ( ) a 0 0 b E 1 = {, a R} et E 0 0 2 = {, (b, c, d) R c d 3 } sont supplémentaires. (soit via la définition soit via le théorème ci-dessus :E 1 E 2 = { 0} et toute matrice s écrit comme somme d une matrice de E 1 et d une matrice de E 2 ). Exemple dans R 3. Montrer que E = {(x, y, z) R 3 x y + z = 0} et F = {(x, x, x), x R} sont supplémentaires dans R 3 (Utiliser la définition et faire un raisonnement par analyse et synthèse ou utiliser le théorème ci-dessus en passant par les Vect!) 1.2 Généralisation Soient E 1, E 2,...,E p des sous-espaces vectoriels de E. On note E 1 + E 2 + + E p = { x E x 1 E 1, x 2 E 2,..., x p E p tels que x = x 1 + x 2 + + x p }. E 1 + E 2 + + E p est un sous-espace vectoriel de E dit somme des sous-espaces E i. Soient E 1, E 2,...,E p des sous-espaces vectoriels de E. On dit qu ils sont en somme directe si tout vecteur de E = E 1 + + E p se décompose de manière unique en somme d un vecteur de E 1, un vecteur de E 2,..., un vecteur de E p. On écrit alors E = E 1 E 2 E p, et on dit que E est somme directe des E i. Remarque : le théorème 1 sur les Vect se généralise immédiatement à p sev. 2 Résultats en dimension finie Existence Soit E un ev de dimension finie, et F un sev de E. Alors F admet des supplémentaires G dans E. Attention, il n y a pas unicité du supplémentaire! Soit ( u 1,.. u p ) une base de F. On peut la compléter en une base de E : ( u 1,..., u p, u p+1,..., u n ) d après le théorème de la base incomplète. Posons alors G = V ect( u p+1,..., u n ). On en déduit F + G = V ect( u 1,.. u p, u p+1,..., u n ) = E. Pour obtenir E = F G, il reste à vérifier que F G = {0}. On sait déjà 0 F G donc il suffit de montrer que F G {0} : soit x F G. Alors x F donc x s écrit x = α1 u1 +... + α pup. Comme par ailleurs x G, x s écrit x = α p+1 u p+1 +... + α nun. D où x = α1 u1 +... + α pup = α p+1 u p+1 +... + α nun soit encore α 1u1 +... + α pup α p+1 u p+1... α nun = 0. Comme la famille des (u i ) i [[1,n] est une base de E donc une famille libre, on obtient α 1 =... = α p = α p+1 =... = α n = 0. D où x = 0. 2

Somme Soit E un espace vectoriel de dimension finie, F et G deux sous-espaces vectoriels de E. Alors 1. F + G est un sev de dimension finie et dim(f + G) = dim(f ) + dim(g) - dim(f G) 2. F G est un sev de dimension finie et dim(f G) = dim(f ) + dim(g) Prendre une base ( a 1,..., a r ) de F G, que l on complète en une base ( a 1,..., a r, u r+1,..., u p ) de F et en une base ( a 1,..., a r, v r+1,... v q ) de G. Montrons que la famille ( a 1,..., a r, u r+1,..., u p, v r+1,... v q ) est une base de F + G : famille génératrice : F + G = V ect( a 1,..., a r, u r+1,..., u p ) + V ect( a 1,..., a r, v r+1,... v q ) = V ect( a 1,..., a r, u r+1,..., u p, v r+1,... v q ) famille libre : soit λ 1,..., λ p, µ p+1,..., µ q K tels que λ 1a1 +...+λ rar +λ r+1ur+1 +...+λ pup +µ r+1vr+1 +...+µ qvq = 0 ( ). Alors v = µ r+1vr+1 +... + µ qvq = λ 1a1... λ rar λ r+1ur+1... λ pup F G. donc v s écrit dans la base choisie de F G : v = v 1a1 +... + v rar. En combinant ces deux écritures de v on obtient : (v 1 + λ 1 ) a 1 +... + (v r + λ r ) a r + λ r+1ur+1 +... + λ pup = 0. Or comme la famille ( a 1,..., a r, u r+1,..., u p ) est libre (base de F ), on en déduit : λ r+1 = 0 =... = λ p d où ( ) λ 1a1 +...+λ rar +µ r+1vr+1 +...+µ qvq = 0. On conclut en remarquant que la famille ( a 1,..., a r, v r+1,... v q ) est également libre (base de G). Conclusion : ( a 1,..., a r, u r+1,..., u p, v r+1,... v q ) est une base de F + G d où dim(f + G) = r + p + q = (r + p) + (r + q) r = dim(f ) + dim(g) dim(f G). Pour la deuxième assertion, il suffit de réaliser que la somme F + G est directe ssi F G = {0}. 2 Soit E un espace vectoriel de dimension finie, et F,G deux sevs de E. Alors les propriétés suivantes sont équivalentes : 1. E = F G 2. x E,!( x F, x G ) F G tel que x = x F + x G ( raisonnement par analyse et synthèse) 3. E = F + G et F G = { 0 } 4. E = F + G et dim(e) = dim(f ) + dim(g) 5. F G = { 0} et dim(e) = dim(f ) + dim(g) 6. Une base de F concaténée à une base de G donne une base de E : une telle base est alors dite adaptée à la somme directe. Si E est de dimension infinie, il reste les équivalences : 1. 2. 3. 1 2 c est la définition (vrai en dimension infinie) 1 3 vient du théorème de la section précédente (vrai en dimension infinie) 1 4 vient du théorème sur la dimension de la somme juste au-dessus. 4 5 vient du théorème sur la dimension de la somme juste au-dessus car dim(f G) = 0 F G = { 0}. Pour 5 6 : Soit ( u 1,..., u p ) une base de F et ( v p+1,..., v n ) une base de G, n étant la dimension de E. Montrons que la famille ( u 1,..., u p, v p+1,..., v n ) est une base de E. Elle est de bon cardinal, donc il suffit de montrer qu elle est libre : soit λ 1,..., λ n des scalaires tels que λ 1 u 1 +... + λ n v n = 0. Alors on peut écrire λ 1 u 1 +... + λ p u p = λ p+1 v p+1... λ n v n F G = { 0}. Donc λ 1 u 1 +... + λ p u p = 0 et λ p+1 v p+1... λ n v n = 0 ce qui donne que pour tout i [1, n], λ i = 0 car les deux familles sont libres. Pour 6 1 : tout vecteur de E s écrit de manière unique dans une base adaptée à la somme directe, donc il s écrit de manière unique comme somme de deux vecteurs de F et G respectivement... Exemple : Montrer que F = V ect(2x + 1) et G = V ect(x 2, X 2 + 1) sont supplémentaires dans R 2 [X]. 3

Généralisation Soit E un ev de dimension finie et E 1,...,E p p sev de E. Alors dim(e 1... E p ) = dim(e 1 ) +... + dim(e p ). Par ailleurs les propriétés suivantes sont équivalentes : 1. E = E 1 E 2... E p 2. E = E 1 + E 2 +... + E p et dim(e) = dim(e 1 ) + dim(e 2 ) +... + dim(e p ) 3. une base de E 1, concaténée avec une base de E 2,... et une base de E p, donne une base de E. Une telle base est alors dite adaptée à la somme directe. Remarque La propriété via l intersection ne se généralise pas au cas p > 2 (il faudrait sinon regarder les intersections 2 à 2...) 3 Sommes et applications linéaires 3.1 Projecteurs associés à deux espaces supplémentaires Soit E un K ev et F,G deux sev supplémentaires dans E : E = F G. L endomorphime p défini par E E est appelé projecteur (ou projection) sur F parallèlement à G. x = x F + x G x F De même, L endomorphime q : E E est appelé projecteur (ou projection) sur G parallèlement à F. x = x F + x G x G p et q sont appelés projecteurs associés à la somme directe E = F G. faire un dessin dans le plan, puis dans l espace exercice : montrer que p, ainsi défini, est bien une application linéaire. Remarque fondamentale : 1. Si x F, alors p( x) = x, puisque x = x + 0, décomposition unique dans F G : d où F Imp. 2. Si x G, alors p( x) = 0, puisque x = 0 + x, décomposition dans F G : d où G Kerp. En fait les réciproques sont vraies : 1. Imp F par définition de p 2. Kerp G car si on prend x = x F + x G Kerp E = F G, on obtient 0 = p( x) = x F d où x = 0 + x G G. On en déduit la proposition Soit p le projecteur sur F parallèlement à G. Alors Imp = F et Kerp = G. En particulier, on obtient : E = Kerp Imp. Remarque : on peut également montrer des propriétés du type p + q = id E p q = 0 = q p Im(p) = Ker(p id) (montrer Ker(p id) = F par double inclusion) Les projecteurs p et q définis précédemment vérifient la relation : p p = p et q q = q Il suffit de le montrer pour p : soit x = x F + x G E. Alors p( x) = x F = x F + 0 G (unicité de l écriture car somme directe) d où p(p( x)) = x F = p( x). Vrai pour tout x E. 4

Réciproquement Soit f un endomorphisme de E vérifiant f f = f. Alors E = Kerf Imf et f est le projecteur (ou projection) sur Imf parallèlement à Ker(f). Montrons que E = Kerf Imf. Analyse : si x = x 1 + x 2 avec x 1 Kerf et x 2 Imf. Alors x 2 Imf a E tel que x 2 = f( a) d où f( x) = 0 + f f( a) = f( a) = x 2. Donc x 2 = f( x) et par suite x 1 = x f( x). Donc si une telle décomposition existe, elle est unique! Synthèse : pour tout x E, on a bien x = ( x f( x)) + f( x). De plus, f( x) Imf et ( x f( x)) Kerf donc cette décomposition convient bien. Conclusion : E = Kerf Imf. De plus, dans l analyse, on a montré que pour tout x = x 1 + x 2 E = Kerf Imf, f( x) = x 2 donc f est bien le projecteur sur Im(f) parallèlement à Ker(f) : f : E = Kerf Imf E x = x 1 + x 2 x 2 3.2 Symétries Section hors-programme Soit E = F G. L endomorphisme s : E E est appelée symétrie par rapport à F parallèlement à G. x = x F + x G x F x G Avec les notations du paragraphe précédent, s = p q = 2p id = id 2q. faire un dessin dans le plan, puis dans l espace Propriétés : s s = id, F = Ker(s id) ; G = Ker(s + id). Réciproquement, si f est un endomorphisme de E vérifiant f f = id, alors E = Ker(f id) Ker(f +id) et f est la symétrie sur Ker(f id) parallèlement à Ker(f + id). (se montre par analyse et synthèse comme le théorème du paragraphe précédent). 3.3 Formes linéaires et hyperplans Soit E un K espace vectoriel de dimension finie n, et f une forme linéaire non nulle : f L (E, K). Alors rg(f) = 1 : en effet, comme f est une forme linéaire, Imf K d où rg(f) 1. Puis f étant non nulle, dim(imf) 1, et finalement rg(f) = 1. D après le théorème du rang, on en déduit que dim(kerf) = n 1 : le noyau est un hyperplan de E. Réciproquement, soit H un hyperplan de E. Donc dim(h) = n 1. On sait que H admet des supplémentaires : soit G l un d entre eux. On a alors E = H G et dim(g)=1 donc G est une droite vectorielle : il existe e 0 tel que G = V ect( e). Introduisons la forme linéaire ϕ sur E de la façon suivante : x H, ϕ( x) = 0, et ϕ( e) = e. ϕ est ainsi bien définie, car tout vecteur x E, s écrit x = x H + λ e, avec x H H, d où par linéarité, ϕ( x) = 0 + λ e. De plus, avec les notations ci-dessus, ϕ( x) = 0 λ = 0 x = x H H. D où H = Ker(ϕ). On obtient le résultat suivant : Soit E un K ev de dimension finie et H E. Alors H est un hyperplan de E ssi il existe une forme linéaire non nulle sur E de noyau H. Exemple : Montrer par deux méthodes que H = {P R 3 [X] P (1) = 0} est un hyperplan de R 3 [X]. 5