Diabète et personne âgée B e r t h e l e t A l i c e - B e s s a s G a ë l l e - B e z z a o u P h i l i p p e B l a n c C h a r l o t t e - B o n n i f a y N i c o l a s 1
I. Introduction A. Définition Le diagnostic de diabète est le même chez la personne âgée que chez la personne jeune, soit : 2 glycémies supérieures à 1g26 à jeun ou 1 glycémie supérieure à 2g à tout moment de la journée. Le diabète se caractérise par un taux anormalement élevé de sucre dans le sang, soit hyperglycémie et se développe à l âge mûr et/ou chez les personnes en surpoids Le diabète et la personne âgée est un problème de santé publique majeur en devenir pour l association française des diabétique (AFD) Selon cette association il y aura demain de plus en plus de diabétique 2
I. Introduction B. Quelques chiffres 10% de la population française a plus de 65 ans. La prévalence du diabète est maximum entre 75 et 80 ans, elle est de 14% Le risque d hospitalisation est multiplié par 2 ainsi que les consultations et la nécessité d aide à domicile. La morbidité et le risque de dépression sont multipliés par 3 Le diabète entraîne une diminution de la qualité de vie, une altération des fonctions cognitives. 3
I. Introduction 4
I. Introduction La prise en charge doit être individuelle grâce à une double évaluation gériatrique et diabétologique Quel seront les incidences sur la vie quotidienne de ces personnes âgées? Quel sera le rôle éducatif de l infirmière? 5
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR A. Conséquences du diabète selon les conditions de vie et de santé de la personne âgée 1. Personnes isolées et/ou seules La personne âgée peut être seule et/ou isolé (conjoint décédé, enfants/petits-enfants peu présent voire absents dû à un éloignement géographique par exemple ) ce qui va causer une absence de personnes ressources : Donc cette dernière va avoir des difficultés pour aller consulter son médecin, et peut être, être amené à négliger son état de santé (possible dépression en lien avec son isolement). Ceci va avoir pour conséquence l installation de complications dues au diabète et leur diagnostique à un stade avancé. 6
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR 2. Faiblesse des revenus La faiblesse des revenus va avoir une incidence sur le régime alimentaire qui va être soit être non adapté, soit insuffisant et donc la personne âgée peut très vite tomber dans la dénutrition et/ou la déshydratation qui va entraîner des hospitalisations et aussi peut tomber dans des complications plus graves comme le coma. 7
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR 3. Altération sensorielle Il va y avoir y avoir notamment une baisse physiologique de l acuité visuelle, une sarcopénie, des pathologies associées comme des rhumatismes ou l arthrose qui peuvent entraîner pour la personne âgée des difficultés ou une incapacité à détecter les signes de complications du diabète seule. Par exemple lors de la toilette à cause de pathologies associées ou du manque de souplesse et de la sarcopénie, elle va avoir des difficultés à atteindre ses pieds (or les pieds chez le diabétique sont des parties du corps très importantes à surveiller notamment à causes du risque de mal perforant plantaire) En lien avec la baisse d acuité visuelle, et la perte de sensibilité, elle peut se cogner et a un très fort risque de chutes pouvant lui occasionner des plaies. Ces plaies qui peuvent très vite dégénérer et conduire à l amputation si elles ne sont pas détecter et traiter rapidement. 8
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR 4. Découverte tardive du diabète La personne âgée qui découvre son diabète à un âge avancé (75ans et plus) pourra avoir des difficultés : à accepter la maladie et les contraintes hygiéno-diététiques (la nourriture étant souvent un de ses uniques petits plaisirs). à comprendre sont traitement et son intérêt mais aussi à le mettre en place (à faire ses surveillances seule). C est ici que se pose le problème de la prise en charge de la personne âgée à domicile qui selon son degré d autonomie et la présence ou non de personnes ressources nécessite une hospitalisation et/ou une prise en charge en institution médicalisée. 9
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR B. Principaux risques des personnes âgées liés au diabète 1. Coma Hypoglycémique Le coma hypoglycémique correspond à un manque de glucose dans le sang. Le taux d'apparition des symptômes se situe en dessous de 0.5 g/l, le coma étant patent à moins de 0.3 g/l. Le risque principal est le décès. Les autres conséquences d'une hypoglycémie sévère peuvent être des lésions cérébrales définitives de type état démentiel ou déficitaire intellectuellement, épilepsie ou de façon moindre, troubles de l'équilibre. 10
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR 2. Coma Hyperosmolaire Le risque de déshydratation est important chez la personne âgée. celui-ci est augmenté si la glycémie est supérieure à 2g constamment. Complication grave chez la personne âgée, il se caractérise par une déshydratation massive et se définit par une osmolarité supérieure à 350 mmol/l due à une hyperglycémie majeure (supérieure à 33 mmol/l et souvent 44 mmol) et à une hypernatrémie 11
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR 2. Coma Hyperosmolaire Le traitement du coma hyperosmolaire: Réaliser une réhydratation par du sérum glucosé rapide et massive Corriger les troubles ioniques Pratiquer une insulinothérapie intensive par voie IV Traiter la pathologie déclenchante Prévenir des complications de décubitus et en particulier, thromboemboliques 12
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR Les causes: 3. Dénutrition L'hyperglycémie chronique (>2g50) La carence insulinique La démence L'isolement Les problèmes financiers Les conséquences: Une amyotrophie, une sarcopénie ce qui entrainent des risques de chutes. La majoration de l'immuno-dépression qui favorisent les infections. L'ostéoporose responsable de fractures et donc de perte d'autonomie. 13
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR 4. Rétinopathie diabétique Elle concerne 20% des patients, associée souvent à d'autres pathologies comme la cataracte et le glaucome. La rétinopathie est la conséquence d'une hyperglycémie chronique. Elle fait partie des complications microangiopathiques du diabète. Sa survenue est corrélée à la durée du diabète et au degré d'équilibre glycémique. La rétinopathie menace donc les patients diabétiques après quelques années d'hyperglycémie mal maîtrisée L'hypertension artérielle est un facteur aggravant majeur de la rétinopathie diabétique 14
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR La rétinopathie diabétique se développe à bas bruit sans que le malade ne perçoive pendant longtemps aucun symptôme. La baisse de l'acuité visuelle témoigne donc de lésions très avancées qu'il ne saurait être question d'attendre. Il est donc essentiel que tout patient diabétique reçoive une éducation sur la nécessité d'effectuer un dépistage des lésions rétiniennes par un examen systématique annuel du fond d'oeil. Dans le cas du diabète non insulino-dépendant, le diagnostic étant fréquemment fait avec plusieurs années de retard, l'examen du fond d'oeil permet de découvrir dans environ 20 % des cas, des lésions préexistantes justifiant une angiographie rétinienne. 15
II. INCIDENCE SUR LA VIE QUOTIDIENNE DES SENIOR 5. Mal perforant plantaire il s agit d une Ulcération chronique (traînante) de la peau qui se localise à la plante des pieds et apparaissant au point d'appui (normaux ou anormaux). Le mal perforant plantaire est généralement secondaire à une diminution, voire une abolition de la sensibilité de la peau. Celle-ci est due à une atteinte des fibres nerveuses innervant cette région. Cette anomalie survient au cours d'un diabète traité ou pas depuis une longue période et qui est particulièrement mal équilibré. Dans le mal perforant plantaire plus évolué, les os sont susceptibles d'être touchés et les lésions de s'infecter. Très rapidement l'infection s'aggrave et l'ulcère également avec pour conséquence une amputation. 16
III. Le rôle éducatif Pour la prescription et la surveillance d un patient diabétique âgé, des mesures concrètes sont indispensables à prendre : Avant tout, bien informer le patient des complications de son diabète et, surtout, des risques inhérents au traitement (hypoglycémie, coma) ; Exiger qu il ne saute pas de repas et qu il ait toujours deux ou trois morceaux de sucre sur lui ; Lui remettre une carte de diabétique sur laquelle figure son traitement ; Lui demander de vérifier auprès de tout médecin la compatibilité possible d une nouvelle prescription avec son traitement antidiabétique habituel (risque de prescription de médicament hypo ou hyperglycémiant) ; Surtout, s assurer qu il puisse faire un autocontrôle de sa glycémie grâce à une glycémie capillaire régulière et une glycémie à jeun, le matin, une fois tous les deux mois, au laboratoire pour les antidiabétiques oraux ; 17
III. Le rôle éducatif Lui apprendre à se faire une glycémie au doigt immédiatement lors de la survenue d un malaise quelconque et éducation de son entourage (éviter la pince, pour conserver la sensibilité lors de la prise d objet). Chez la personne âgée l alimentation étant un de leurs derniers petits plaisirs donc il faudrait mettre en place un régime moins strict et tolérer un plus de sucrerie ou de fruit mais en relation avec le médecin et avec les traitements bien sûr (car on sait que les personne âgée peuvent très vite faire des hypoglycémies) Si la personne est prise en charge à son domicile il faudra insister sur l éducation de l entourage car une personne âgée peut devenir démente ce qui va créer des problèmes pour l observance de son traitement et le respect des règles hygiéno-diététiques et la détection au plus tôt des complications. 18
III. Le rôle éducatif Ainsi l aidant familial devra pourvoir : connaître et savoir détecter la survenue d hypoglycémie connaître la prévention des complications liées au diabète et le régime diététique adapté à mettre en place. 19
IV. Conclusion Isolement, difficultés pour se déplacer, faiblesse des revenus L accès aux soins n est pas toujours très évident pour les personnes âgées. Or, peut-être ne le sait-on pas assez, mais le diabète requiert une prise en charge, une surveillance, une vigilance quotidienne, pas toujours forcément compatible avec le grand âge. Pour autant, le diabète n est pas à lui seul un motif d hospitalisation ou d institutionnalisation car les personnes âgées sont souvent plusieurs pathologies associées (HTA, insuffisance respiratoire, démence ). Il se pose donc ici le problème de la prise en charge des personnes âgées à domicile, des réseaux de soins, de la formation qui va avec, et qui mériterait peut être que l état mette en place le financement et les moyens nécessaires. 20
V. Bibliographie A. Internet : www.diabète-centre.net www.vulgaris-medical.net www.senioractu.com B. Magazine : Magasine : Soins gérontologie n 19 21
Merci de votre attention 22