L accueil des deux ans, Les conditions de scolarisation Programme d action pour l école maternelle 1. Les déterminants de la réussite d une scolarisation à deux ans Connaître, respecter et répondre aux besoins spécifiques des 2 ans (cf. éléments bibliographiques joints). Réunir des conditions d accueil satisfaisantes (locaux, équipements, personnels, aménagement de l espace et du temps). Mettre en œuvre des activités et une pédagogie adaptée. Construire des relations fortes, continues et durables avec les familles et effectuer des échanges avec des professionnels. 2. Les conditions de scolarisation La répartition des élèves et les effectifs, la gestion des relations enfant / adulte et élève / élèves : Le partage des effectifs dans les différentes sections doit être pensé pour favoriser l adaptation et l entrée dans les apprentissages pour tous les élèves. Différentes organisation sont été imaginées : une répartition par âge permettant la constitution de classes homogènes (TPS, PS, ), un regroupement de tous les élèves scolarisés pour la première fois (2 et 3ans) dans la même section, la constitution de classes de TPS / PS regroupant des enfants nouvellement scolarisés et ayant déjà été scolarisés, le regroupement des enfants de 2, 3 et 4 pour constituer des sections hétérogènes parallèles (seuls les enfants de 5 ans se retrouvent dans une section homogène de GS), une intégration de tout-petits dans des classes de GS (exploitation dans le cadre d un tutorat). Chacune de ces organisations a des avantages et des inconvénients (le document d accompagnement Pour une scolarisation réussie des tout-petits propose une synthèse claire des intérêts et limites de chacune de ces possibilités). La répartition des élèves doit faire l objet d une analyse de la situation particulière de l école, des élèves, des effectifs et connaîtra des développements différents chaque année. Des adaptations plus souples peuvent être retenues. Il faut toutefois noter que les travaux de B. ZAZZO ont montré que l habituation et les performances de ces très jeunes élèves étaient supérieures lorsqu ils étaient répartis avec des plus âgés. La question des effectifs pose problème car elle est liée à la gestion équitable du nombre des élèves dans les différentes sections et la menace sur l ensemble de l école que peut représenter une limitation délibérée du nombre de deux ans accueillis. Ce qui conduit les équipes à accueillir un maximum d enfants de deux ans et à effectuer un partage comptable des effectifs entre les différentes classes. Il semble pourtant évident que les besoins très 1
spécifiques des enfants de deux ans justifient tout-à fait un traitement particulier de la section les accueillant (réduction des effectifs à 25 pour cette classe). Seul un projet de scolarisation des enfants de deux ans initié au niveau de l école peut permettre la réflexion de l ensemble des membres de l équipe pédagogique et conduire à des choix pertinents de répartition des élèves répondant à leurs besoins. La première scolarisation à deux ans est parfois échelonnée dans le temps. Différentes stratégies sont retenues : Une seule rentrée en septembre pour tous les élèves ayant deux ans révolus, Trois rentrées après chaque période de vacances (septembre, novembre, janvier) pour les enfants ayant deux ans (jusqu au 31 décembre), Un accueil individualisé au fil de l année scolaire (avec une limite plus ou moins nettement identifiée) en fonction de la maturation de l enfant et de sa capacité à s adapter à l environnement scolaire. Chaque situation doit l objet d une analyse précise et particulière. Toutefois, il apparaît fondamental de définir une politique claire au niveau de l école en la matière, de s y tenir et d en informer très précisément et très précocement les familles. Là encore, seul un projet de scolarisation des enfants de deux ans initié au niveau de l école peut garantir la pertinence des choix effectués et le traitement équitable de chaque situation en tenant compte des besoins spécifiques des enfants et des contraintes de l école. La prise en charge des élèves de deux ans nécessite une formation (ou pour le moins une information ) particulière et complémentaire des personnels enseignants. La présence d une ATSEM est indispensable, plus particulièrement dans la gestion de certains temps forts (accueil matinal, sortie, sieste, collation, passage aux toilettes), dans la conduite de certaines activités (collage, peinture, motricité) et dans l exploitation de certains espaces (coins jeux, salle de motricité, BCD, salle de repos). Les rôles respectifs doivent être cependant clairement définis pour les acteurs eux-mêmes mais également pour les élèves et leurs parents. Les activités du matin doivent être rythmées et proposer une alternance des activités en grand groupe (regroupement qui ne doit pas être trop long et doit véritablement concerner les tout-petits) et en ateliers (présentation de leur organisation temporelle et permanence de leur répartition spatiale). Les séances doivent être courtes, entrecoupées de temps de repos (activités bruyantes suivies de temps calmes voire silencieux), de jeu libre, de moments de sollicitation moins forte de l adulte. Effectivement, on ne peut imaginer soumettre des élèves de deux ans à une succession ininterrompue d activités contraintes par l adulte. Le jeu de l enfant est fondamental pour lui permettre d exercer ses acquis et l amener à expérimenter le monde de manière continue et à sa manière. L adulte doit accepter et respecter ce besoin et être suffisamment discret pour accompagner l enfant dans ses expériences diverses. Son rôle sera essentiel dans l aménagement de l espace, le choix des équipements et leur évolution dans le temps et la conception de dispositifs didactiques porteurs de sens. Le projet de classe détermine précisément l ensemble de ses éléments et leur nécessaire évolution dans le temps et selon les élèves. 2
La disposition et la configuration des locaux, l aménagement de l espace - classe : L organisation de l espace est un important facteur d adaptation à l école. L espace de la salle de classe doit vaste (choisir la plus grande salle) afin de faciliter les déplacements de l enfant ainsi que son isolement (en lien avec ses besoins moteurs et affectifs). La salle de repos doit être placée à côté de la salle de classe avec un accès direct, libre et facile. Son aménagement doit être pensé pour offrir des conditions de repos satisfaisantes (c est à dire respectant le rythme biologique des enfants et permettant un véritable sommeil) et faciliter l exploitation éventuellement différente de cet espace. Des lieux organisés et adaptés aux très jeunes élèves doivent également être aménagés à proximité de la salle de classe (espace de motricité, toilettes). La gestion de l espace doit être mûrement réfléchie et faire l objet d évolutions au fil du temps pour répondre aux progrès réalisés par les enfants et susciter une maturation motrice, affective et sensorielle. Des coins jeux d imitation doivent être installés. Ils seront progressivement enrichis, agrandis ou remplacés. Ils complètent une aire de regroupement confortable, spacieuse (pouvant accueillir tous les élèves de la classe) où seront positionnés des affichages rituels et des espaces très nettement associés aux ateliers proposés (spécialisation des espaces) Les affichages (dans leur nature, leur forme, leur contenu, leur répartition spatiale, leur permanence et leur évolution) sont des éléments fondamentaux qui conditionnent l acquisition de repères par l enfant et l appropriation personnelle des lieux et des activités de l école. L ouvrage Programmes, projets, apprentissages pour l école maternelle de TERRIEUX, BABBIN et PIERRE chez Hachette éducation, collection l école au quotidien, propose des illustrations et des recommandation intéressantes. L équipement pour communiquer et expérimenter : Certains espaces vont être organisés et équipés pour répondre aux besoins affectifs des enfants. Ils feront faire appel à son vécu personnel (cuisine, chambre, garage,..). Les choix du maître sont liés à de véritables intentions pédagogiques : l utilisation libre de ces espaces ne doit signifier que l enseignant n intervient pas dans l activité que l enfant y vivra. C est par la nature des jeux, accessoires et matériels que l élève y trouvera que le maître induira son action et son expérience. Des espaces spécifiques seront associés à la conduite d ateliers et activités d initiation et de manipulation (lecture, musique, dessin / peinture, découpage, collage, modelage, jeux d eau, couture / enfilage, jeux de graines, jeux de sable, ). L organisation d ateliers permet de proposer une différenciation non discriminante des situations et améliorer l efficacité de l action de l enseignant. L ouvrage Programmes, projets, apprentissages pour l école maternelle de TERRIEUX, BABBIN et PIERRE chez Hachette éducation, collection l école au quotidien, propose des illustrations et des recommandation intéressantes. La gestion du temps et le rythme des activités : L aménagement du temps de l enfant à l école doit tenir compte des rythmes biologiques et besoins spécifiques de l enfant de deux ans (sommeil, repas). La structuration doit être réfléchie pour garantir la réussite de la scolarisation précoce et l entrée dans les apprentissages. Certaines règles doivent être respectées et certains moments particulièrement bien négociés tel que l accueil matinal : 3
C est un moment important et délicat de la journée de l élève. La présence de l ATSEM s impose dans la classe pour permettre à l enseignant de vivre ce temps positivement et efficacement en accordant du temps au contact privilégié avec les familles sans négliger et mettre en danger l élève. Certains enfants auront besoin de s isoler et de disposer de plus de temps pour entrer dans l univers scolaire et ses contraintes. L installation d un espace calme peut apporter une réponse pertinente. Des activités d accueil doivent être proposées à l enfant dès son entrée en classe. Des aménagements et évolutions seront envisagées dans leur nature et forme au long de l année scolaire. L accueil est aussi un moment fort de langage que le maître doit exploiter pleinement au delà de la conduite collective des activités rituelles. Celles-ci favorisent la construction de repères et la représentation de la journée d école par l enfant. Une attention devra être accordée à l explicitation des différents moments. Les rituels de transition de début de séance et de fin de séance sont sécurisants et éducatifs. La programmation hebdomadaire : Les travaux des chrono-biologistes démontrent que chez les enfants de 2 et 3 ans le lundi est la journée la plus favorable aux performances. La programmation quotidienne : Les activités du matin doivent être rythmées et proposer une alternance des activités en grand groupe (regroupement qui ne doit pas être trop long et doit véritablement concerner les tout-petits) et en ateliers (présentation de leur organisation temporelle et permanence de leur répartition spatiale). Les séances doivent être courtes, entrecoupées de temps de repos (activités bruyantes suivies de temps calmes voire silencieux), de jeu libre, de moments de sollicitation moins forte de l adulte. Effectivement, on ne peut imaginer soumettre des élèves de deux ans à une succession ininterrompue d activités contraintes par l adulte. Le jeu de l enfant est fondamental pour lui permettre d exercer ses acquis et l amener à expérimenter le monde de manière continue et à sa manière. L adulte doit accepter et respecter ce besoin et être suffisamment discret pour accompagner l enfant dans ses expériences diverses. Son rôle sera essentiel dans l aménagement de l espace, le choix des équipements et leur évolution dans le temps et la conception de dispositifs didactiques porteurs de sens. De nombreux ouvrages pédagogiques proposent des emplois du temps en classe de TPS et TPS / PS. La récréation doit être placée pour rythmer la demi-journée et ne doit pas être contrainte par le temps certes considérable (encore plus en hiver) consacré au passage aux toilettes, à l habillage et au déshabillage. Son positionnement en fin de demi-journée avant la sortie ne paraît pas pertinent. L organisation de l équipe doit permettre de libérer les ATSEM pour qu elles soient disponibles auprès des élèves ayant le plus besoin. Par ailleurs, les enfants de deux ans sont souvent effrayés par un espace trop vaste où ils perdent les repères rassurants de la classe. Ce sentiment d angoisse est renforcé par la présence très souvent tumultueuse des plus grands. C est pourquoi il est préférable d organiser la recréation des petits avec un décalage dans le temps leur permettant de disposer de l espace de manière privilégiée et sécurisée avant d être rejoints sur une partie réduite du temps par les plus grands dont le contact sera enrichissant et porteur d apprentissages. La collation matinale, répondant à une réglementation stricte doit être envisagée comme un temps social et éducatif car riche en échanges verbaux entre enfants et avec les adultes. L enseignant doit assurer un rôle déterminant dans la conception de ce temps et dans sa conduite et ne peut en déléguer la gestion à l ATSEM (qui certes présente aide à la logistique et renforce la surveillance des élèves).en la matière, les rituels (verbaux et moteurs) trouvent toute leur valeur (la politesse et les civilités de la table en font partie). Les passages aux toilettes sont collectifs à certains moments clés de la journée (avant la récréation par exemple) et ne doivent pas systématiques et multiples. La proximité des toilettes et la présence de l ATSEM doivent permettre aux enfants de se rendre librement aux toilettes lorsqu ils en ressentent le besoin. 4
La sieste : Les enfants n ont pas tous besoin du même temps de sommeil. Il est important de respecter les besoins de chacun et d adapter au mieux les conditions de la sieste (dialogue éclairant avec la famille, observation de l enfant). L endormissement doit être accompagné. Le réveil est échelonné et un accueil en classe s organise. Il apparaît évident de ne pas confronter les élèves qui sortent de la sieste à une récréation à l extérieur (tout particulièrement l hiver). De retour en classe, les élèves peuvent vivre des activités, des ateliers et investir librement les espaces jeux de la classe. Un temps de regroupement devra nécessairement être organisé en fin de journée pour faire le point sur les activités réalisées, revenir sur les événements importants et inscrire le déroulement de la journée de manière claire dans l esprit de chacun. 5