Chapitre 25 Intoxications par médicaments cardiotropes

Documents pareils
Dossier d information sur les bêtabloquants

Le traitement de l'insuffisance cardiaque chez le chien

TRONC COMMUN SOINS CRITIQUES : Cardiologie - Document du participant Module 2 DIRECTION DES SOINS INFIRMIERS ET DES REGROUPEMENTS CLIENTÈLES

La pompe cardiaque, le débit cardiaque et son contrôle

S o m m a i r e 1. Sémiologie 2. Thérapeutique

Notions de base Gestion du patient au bloc opératoire

La Dysplasie Ventriculaire Droite Arythmogène

L E.C.G. pour les nuls

GUIDE D INFORMATIONS A LA PREVENTION DE L INSUFFISANCE RENALE

Les différentes maladies du coeur

Item 185 : Arrêt cardiocirculatoire

PLAC E DE L AN ALYS E TOXIC OLOG IQUE EN URGE NCE HOSP ITALI ERE

Prise en Charge de la Fibrillation Auriculaire

16 Les Anti-hypertenseurs

L APS ET LE DIABETE. Le diabète se caractérise par un taux de glucose ( sucre ) trop élevé dans le sang : c est l hyperglycémie.

DIABETE ET SPORT. Dominique HUET Hopital Saint Joseph PARIS

fréquence - Stimulateur chambre ventriculaire Indications retenues : est normale Service Attendu (SA) : Comparateu retenu : Amélioration Nom de marque

UN PATIENT QUI REVIENT DE LOIN. Abdelmalek AZZOUZ GRCI 29/11/2012 Service de Cardiologie A2 CHU Mustapha. Alger Centre. Algérie

PRISE EN CHARGE DES PRE ECLAMPSIES. Jérôme KOUTSOULIS. IADE DAR CHU Kremlin-Bicêtre. 94 Gérard CORSIA. PH DAR CHU Pitié-Salpétrière.

Cas clinique n 1. Y-a-t-il plusieurs diagnostics possibles? Son HTA a t elle favorisé ce problème?

INSUFFISANCE CARDIAQUE «AU FIL DES ANNEES»

MEDICAMENTS MODIFIANT L'ACTION DU SYSTEME NERVEUX ORTHOSYMPATHIQUE UTILISES EN PATHOLOGIE CARDIOVASCULAIRE

Cardiopathies ischémiques

Chapitre II La régulation de la glycémie

QUI PEUT CONTRACTER LA FA?

Épreuve d effort électrocardiographique

LE POINT TOX. N 7 - Juillet Bulletin du réseau de toxicovigilance de La Réunion L ÉVOLUTION TEMPORELLE DU NOMBRE D INTOXICATIONS

Prise en charge du patient porteur d un dispositif implantable. Dr Philippe Gilbert Cardiologue CHU pavillon Enfant-Jésus

LIRE UN E.C.G. Formation sur le langage et la lecture d un ECG destinée aux techniciens ambulanciers de la région Chaudière-Appalaches

Point d Information. Le PRAC a recommandé que le RCP soit modifié afin d inclure les informations suivantes:

Les toxiques les plus courants et les plus dangereux

Urgence de terrain : conduite à tenir Actualisation de la réanimation cardio-pulmonaire

Colette Franssen Département d Anesthésie Réanimation CHU Sart Tilman LIEGE

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

SOMMAIRE RECOMMANDATIONS DE LA SFC I. ÉVALUATION DU RISQUE D ÉVÉNEMENTS APRÈS IDM 698 II. THÉRAPEUTIQUES MÉDICAMENTEUSES 705

Prise en charge cardiologique

Notions d ECG. Définition. Compétences à acquérir

Comment évaluer. la fonction contractile?

Insuffisance cardiaque

236 - FIBRILLATION AURICULAIRE JM Fauvel 2009

La prise en charge de votre insuffisance cardiaque

Fibrillation atriale chez le sujet âgé

INSUFFISANCE CARDIAQUE DROITE Dr Dassier HEGP

Médicaments en Situation d Urgence

I - CLASSIFICATION DU DIABETE SUCRE

UTILISATION DES C.C.P DANS LES HEMORRAGIES SOUS AVK ET SOUS NACO : RECOMMANDATIONS DE L HAS COPACAMU 2014

Tronc Artériel Commun

RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT. Bisolax 5 mg comprimés enrobés contient 5 mg de bisacodyl par comprimé enrobé.

Les défibrillateurs cardiaques implantables

PRINCIPE ET FONCTIONNEMENT DES DÉFIBRILLATEURS AUTOMATIQUES IMPLANTABLES (DAI)

Nouveaux anticoagulants oraux : aspects pratiques

TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX DU DIABETE DE TYPE 2 (Hors Insuline) MAREDIA Dr Marc DURAND

Observation. Merci à l équipe de pharmaciens FormUtip iatro pour ce cas

Actualité sur la prise en charge de l arrêt cardiaque

RELPAX. hydrobromure d élétriptan

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

L ORDONNANCE CHEZ L IRC: PIEGES ET BALISES. Dr Parotte M-C Néphrologue CHPLT Verviers 27 Avril 2013

E04a - Héparines de bas poids moléculaire

Intoxication par les barbituriques

PARTIE 1 CARDIOLOGIE

Carnet de suivi Lithium

GUIDE - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. Troubles du rythme ventriculaire graves chroniques

LA VIE APRES VOTRE INFARCTUS

Point d information Avril Les nouveaux anticoagulants oraux (dabigatran et rivaroxaban) dans la fibrillation auriculaire : ce qu il faut savoir

STIMULATION CARDIAQUE DU SUJET AGE

PICCO2. PROTOCOLE DE SERVICE Année 2010 MISE À JOUR Hôpital de Bicêtre Département d'anesthésie-réanimation Réanimation Chirurgicale

LES ANTIMIGRAINEUX. Médicaments de la crise et médicaments de fond

TROUBLES DU RYTHME ARYTHMIES, TACHYCARDIES,FIBRILLATIONS, EXTRASYSTOLES, BRADYCARDIES

Pharmacologie des «nouveaux» anticoagulants oraux

Prise en charge de l embolie pulmonaire

1 La scintigraphie myocardique au Persantin ou Mibi Persantin

informations pratiques

L hypothermie thérapeutique

Vous intervenez en équipage SMUR sur un accident de la voie publique : à votre arrivée sur les lieux, vous trouvez un homme d environ 30 ans au sol à

Cordarone et Thyroïde par François Boustani

MONOGRAPHIE DE PRODUIT. (sulfate d hydroxychloroquine) Comprimés dosés à 200 mg. Anti-inflammatoire Antipaludéen

L INFIRMIER (ERE) DIPLOME(E) D ETAT SEUL DEVANT UNE

LA CARDIOMYOPATHIE HYPERTROPHIQUE (CMH) O.DUBOURG

TITRE : «Information et consentement du patient en réadaptation cardiovasculaire»

Plan. Introduction. Les Nouveaux Anticoagulants Oraux et le sujet âgé. Audit de prescription au Centre Hospitalier Geriatrique du Mont d Or

Une forte dynamique des prescriptions de ces nouveaux anti-coagulants oraux

Soins Inrmiers aux brûlés

La fibrillation auriculaire

ÉNONCÉ DE PRINCIPE CONJOINT DE L'AMERICAN COLLEGE OF SPORTS MEDICINE ET DE L'AMERICAN HEART ASSOCIATION

Les nouveaux anticoagulants ont ils une place aux Urgences?

Insuffisance cardiaque

THEME 2 : CORPS HUMAIN ET SANTE : L EXERCICE PHYSIQUE

FIPROTEC, PIPETTES CONTRE PUCES ET TIQUES :

7. TECHNIQUES EN RYTHMOLOGIE

Recommandation Pour La Pratique Clinique

Télé-expertise et surveillance médicale à domicile au service de la médecine générale :

Arrêt cardiaque : nouvelles recommandations

DU BON USAGE DES TRIPTANS DANS LA MIGRAINE

Tableau récapitulatif : composition nutritionnelle de la spiruline

Les triptans. quel casse-tête! Kim Messier et Michel Lapierre. Vous voulez prescrire des triptans? Lisez ce qui suit!

Référentiel CPAM Liste des codes les plus fréquents pour la spécialité :

Anti-Inflammatoires Non stéroïdiens

Que sont les. inhibiteurs?

Grossesse et HTA. J Potin. Service de Gynécologie-Obstétrique B Centre Olympe de Gouges CHU de Tours

Transcription:

Chapitre 25 Intoxications par médicaments cardiotropes 1. Anti-arythmiques de classe I 2. Bêtabloquants (AAR II) 3. Anti-arythmiques de classe IV 4. Digitaliques Item 332. Principales intoxications aiguës Diagnostiquer une intoxication par les psychotropes, les médicaments cardiotropes, le CO, l'alcool. Connaître l'épidémiologie des intoxications chez l'enfant. Identifier les situations d'urgence et planifier leur prise en charge pré-hospitalière et hospitalière. 1

Les intoxications par anti-arythmiques (AAR) et digitaliques se caractérisent par leur gravité, liée à la survenue rapide de troubles cardiovasculaires mettant en jeu le pronostic vital. La mortalité peut atteindre 20% dans certaines séries. Ces médicaments ont un index thérapeutique étroit et les doses toxiques ne sont souvent que légèrement supérieures aux doses thérapeutiques journalières. Les facteurs aggravants sont l'hypoxémie, l'acidose, une dyskaliémie, une cardiopathie préexistante, l'ingestion d'un autre cardiotrope. Ces intoxications nécessitent une prise en charge rapide en milieu de réanimation, parfois très intensive, avec monitoring cardiorespiratoire rapprochée. I Anti-arythmiques de classe I A Mécanisme de toxicité Les anti-arythmiques de classe I (AAR I) sont des bloqueurs des canaux sodés rapides et exercent un effet stabilisant de membrane. Ils ralentissent la conduction intracardiaque et la contractilité (effets inotrope, bathmotrope, chronotrope et dromotrope négatifs). En allongeant la période réfractaire, ils favorisent les dysrythmies par phénomène de réentrée. B Molécules et doses toxiques Cette classe comporte trois sous-classes : AAR Ia (quinidine-like) avec la quinidine, le disopyramide, la cibenzoline ; AAR Ib (lidocaïne-like) avec la lidocaïne, la méxilétine ; AAR Ic avec la propafénone, la flécaïne. La dose toxique se situe dès trois fois la dose thérapeutique journalière. 2

D'autres médicaments ont aussi un effet stabilisant de membrane et exercent des effets toxiques analogues : les antidépresseurs polycycliques, la chloroquine et certains bêtabloquants. C Symptômes Les symptômes apparaissent rapidement, entre 30 min et 2 h suivant l'ingestion, l'absorption digestive étant rapide pour tous ces médicaments. Ils comportent : une hypotension, un état de choc à dominante cardiogénique ; des arrêts circulatoires le plus souvent par dissociation électromécanique ; des troubles du rythme : bradycardies, tachycardies ventriculaires, fibrillations ventriculaires. D'autres atteintes comme un coma ou des convulsions, peuvent être notées selon les molécules. La détresse respiratoire est secondaire à des convulsions ou à une défaillance circulatoire. Les signes électrocardiographiques sont précoces et associent : des troubles de l'automaticité et de la conduction. L'aspect le plus caractéristique est le bloc intraventriculaire avec élargissement des complexes QRS. On peut noter aussi un BAV ; des troubles de l'excitabilité avec tachycardies supraventriculaires, bradycardies sinusales, tachycardies et fibrillations ventriculaires. Des torsades de pointes peuvent être observées mais à une phase plus tardive (après la huitième heure). L'hyperkaliémie aggrave la défaillance cardiaque et les troubles de la conduction alors que l'hypokaliémie favorise la survenue de torsades de pointe. D Traitement Ses particularités sont : la correction de la défaillance circulatoire par catécholamines (adrénaline ou noradrénaline); 3

la correction des troubles de la conduction par le bicarbonate de sodium molaire 8,4% (250 ml avec 2 g de KCl en 20 minutes), à répéter si besoin (dose maximale de 750 ml) ; la correction des troubles de l'excitabilité : choc électrique externe si tachycardie ou fibrillation ventriculaire, sulfate de magnésium et isoprotérénol si torsades de pointes. Tous les anti-arythmiques sont contre-indiqués ; l assistance circulatoire périphérique en cas d arrêt cardiaque ou d état de choc réfractaire. II Bêtabloquants (AAR II) A Mécanisme de toxicité Ils antagonisent l'effet des catécholamines au niveau des récepteurs bêta-adrénergiques, en exerçant au niveau cardiaque des effets inotrope, chronotrope, dromotrope et bathmotrope négatifs. Les autres propriétés, variables selon les molécules, sont la cardiosélectivité (bétaxolol, bisoprol) mais qui disparaît à dose toxique, l'activité sympathomimétique intrinsèque (oxprénolol, pindolol), l'activité stabilisante de membrane (acébutolol, alprénolol, propranolol) et un effet bloquant des canaux potassiques (sotalol). B Doses toxiques Les doses toxiques par rapport aux doses thérapeutiques sont plus élevées que pour les AAR I et varient selon les molécules. Leur résorption digestive très bonne (surtout pour les molécules lipophiles) et leur distribution tissulaire rapide rendent compte de la survenue précoce des symptômes. 4

C Symptômes Les manifestations cardiovasculaires comportent une bradycardie sinusale, une hypotension et plus rarement un BAV complet. Des troubles de la conduction intraventriculaire et un choc cardiogénique sévère sont observés avec les bêtabloquants ayant un effet stabilisant de membrane. Le sotalol entraîne un allongement important de l'espace QT avec des dysrythmies, extrasystoles ventriculaires et torsades de pointes. Les autres effets sont des convulsions (rares) et la dépression respiratoire en cas de défaillance cardiovasculaire. D Traitement Le traitement comprend : la correction du collapsus par dobutamine associée si besoin à la noradrénaline voire par adrénaline ; la correction d'un BAV par isoprotérénol, l entraînement électrosystolique n étant efficace que si l inotroisme est conservé ; le bicarbonate de sodium molaire en cas de troubles de la conduction intraventriculaire ; l'isoprotérénol en cas de dysrythmies ventriculaires dues au sotalol. Le glucagon améliore la dépression myocardique en augmentant la contractilité par activation de l'adénylate cyclase membranaire. Antidote de 2 e ligne, il est utilisé en bolus intraveineux de 5 à 10 mg puis en infusion continue de 2 à 5 mg/h. Cependant son efficacité est très inconstante. L assistance circulatoire périphérique peut être requise en cas d arrêt cardiaque ou d état de choc réfractaire. 5

III Antiarythmiques de classe IV A Mécanismes de toxicité Ce sont des bloqueurs des canaux calciques lents (inhibiteurs calciques). Ils diminuent l'automatisme sinusal (bathmotrope négatif), la contractilité (inotrope négatif), et entraînent une vasodilatation artérielle. On distingue trois classes selon leurs tissus cibles préférentiels : muscle vasculaire pour la nifédipine, les dihydropiridines ; tissu de conduction spécialisé pour le diltiazem et le vérapamil ; myocarde contractile pour le vérapamil. À doses toxiques, cette spécificité tend à disparaître. B Doses toxiques Elles sont environ de deux fois les doses thérapeutiques maximales journalières. C Symptômes Ils apparaissent rapidement dans les 2 heures suivant l'ingestion, plus tardivement (4 e heure) pour les formes à libération prolongée. Les symptômes sont : un collapsus ou un état de choc (dû à une vasodilatation intense ou/et à une défaillance myocardique), une bradycardie, plus rarement un arrêt circulatoire. Les signes électrocardiographiques les plus fréquents sont une bradycardie sinusale, un BAV de tout degré, avec un rythme d'échappement jonctionnel. L hyperglycémie est un signe constant au cours des intoxications graves avec une bonne valeur pronostique. 6

D Traitement Il comporte principalement les alphamimétiques (noradrénaline) en cas de choc vasoplégique, associés à des bêtamimétiques (adrénaline) en cas de défaillance cardiaque. Les sels de calcium n'ont qu'une efficacité limitée. L insuline euglycémique (fortes doses d insuline associées à la perfusion de glucose hypertonique et de potassium), considéré comme un antidote, est efficace en raison de l insulinopénie (blocage de la sécrétion pancréatique d insuline par l inhibiteur calcique) et de l insulino-résistance systémique. L assistance circulatoire périphérique peut être requise en cas d arrêt cardiaque ou d état de choc réfractaire. IV Digitaliques A Mécanismes de toxicité Ils inhibent spécifiquement la Na-K ATPase membranaire, avec pour conséquence un effet inotrope positif et une diminution de la conduction auriculoventriculaire. B Doses toxiques Le seul digitalique désormais commercialisé est la digoxine. Son élimination est rénale (85%), sa demi-vie plasmatique de 48 h et la durée de ses effet de 2 jours. Les intoxications sont surtout liées au surdosage chez un sujet âgé (suite à une déshydratation, un sepsis ou un néphrotoxique) et beaucoup plus rarement à une ingestion massive. Une dose de 5 à 10 mg en prise unique est potentiellement létale. C Symptômes Ils peuvent être : 7

digestifs : nausées, vomissements, présents dans 80 % des cas ; neurosensoriels : vision floue, scotomes, anomalies de la vision des couleurs, confusion ; cardiaques : ce sont les troubles du rythme qui font la gravité de l'intoxication. Ils incluent bradycardie, BAV de tous degrés, extrasystoles ventriculaires et fibrillation ventriculaire. D Critères de gravité Les facteurs de mauvais pronostic sont une cardiopathie préexistante, une bradycardie inférieure à 40 /min, un BAV complet et une hyperkaliémie >4,5 mmol/l. La survenue de dysrythmies ventriculaires ou d un état de choc menace immédiatement le pronostic vital. Dans l'intoxication chronique (surdosage), l'hypokaliémie favorise les dysrythmies ventriculaires. E Traitement L'immunothérapie par fragments Fab antidigoxine (DigiFab ) a transformé le pronostic et représente le traitement de 1 e ligne. Elle est indiquée en présence de facteurs de mauvais pronostic (dose équimolaire) ou de signes de gravité immédiate (dose semi-molaire). La dose à administrer peut être calculée en fonction des concentrations plasmatiques (en cas de surdosage) ou de la quantité ingérée (en cas d ingestion massive). Lorsque les fragments Fab ne sont pas disponibles, on peut recourir à l'atropine en cas de bradycardie, la lidocaïne en cas d'arythmies ventriculaires et éventuellement à un entraînement électrosystolique en cas de BAV. Points clés 8

Les intoxications par AAR et digitaliques sont graves en raison de la survenue rapide de troubles cardiovasculaires mettant en jeu le pronostic vital. La mortalité peut atteindre 20 %. Les AAR de la classe I (bloqueurs des canaux sodés avec effet stabilisant de membrane) induisent des chocs cardiogéniques, des arrêts circulatoires, des troubles du rythme ventriculaire, des troubles de la conduction ventriculaire (élargissement des complexes QRS). Le traitement comporte les sels de sodium hypertoniques en cas de bloc intraventriculaire et les catécholamines en cas de choc. Les AAR de la classe II (bêtabloquants) induisent des hypotensions, des bradycardies sinusales et des blocs auriculoventriculaires. Le traitement comporte les catécholamines bêtamimétiques (isoprotérénol ou dobutamine) voire le glucagon (effet inconstant). Les AAR de la classe IV (bloqueurs des canaux calciques) induisent des bradycardies et des chocs vasoplégiques ou cardiogéniques. Le traitement comporte les catécholamines alphamimétiques (noradrénaline) associés parfois aux catécholamines bêtamimétiques (adrénaline), les sels de calcium et l insuline euglcémique. Les digitaliques induisent des blocs auriculoventriculaires et des dysrythmies ventriculaires sévères. L'hyperkaliémie est un facteur de mauvais pronostic. L'immunothérapie par anticorps antidigitaliques est le traitement de choix. Les intoxications par cardiotropes nécessitent une prise en charge précoce, un monitorage hémodynamique et un traitement adapté en fonction des toxiques et des symptômes. En cas d'échec du traitement médical, une assistance circulatoire périphérique est indiquée. 9