C O F A C E 9 novembre 2000 Avec la Solution @rating : L Afrique sur la route du commerce B2B Par Jérôme Cazes Directeur Général du Groupe Coface Le commerce interentreprise s est considérablement développé avec la mondialisation des échanges. Le commerce électronique devrait encore accélérer ce développement. Qu est-ce que ceci implique pour les entreprises Africaines? Le commerce interentreprise (en anglais Business to Business où B2B) pose trois problèmes majeurs à toutes les entreprises :. un problème de visibilité et de crédibilité de leur propre entreprise, pour convaincre leurs partenaires ;. un problème de confiance dans ces partenaires ;. et une fois une base de confiance réciproque établie, le problème de la sécurité des transactions, lui-même très lié au problème de financement de ces transactions. Ces problèmes sont sensiblement aggravés pour les entreprises des pays émergents en général, et des pays d Afrique en particulier. Ces entreprises sont en général plus petites et plus récentes que la moyenne. Elles ont donc plus de problèmes de visibilité et de crédibilité, et donc de problèmes de garantie et de financement, que leurs concurrents. Elles pâtissent en outre parfois de l image de leur pays ou de leur continent, perçu comme plus dangereux que les pays industrialisés. Le commerce électronique va encore considérablement accentuer les trois problèmes identifiés plus haut du commerce B2B : il devient plus essentiel et plus difficile de démontrer la crédibilité de sa propre compagnie, quand le commerce électronique met en relations entre elles 35 millions de sociétés, et que la décision devient immédiate. Plus essentiel et plus difficile aussi, symétriquement, de savoir à qui on a à faire ; et de protéger les risques sur ses transactions. Et dans quelques mois, 35 millions d entreprises seront à «un click» du commerce électronique : cela ne veut pas dire qu elles profiteront, ou qu elles profiteront immédiatement de cette possibilité, les décisions des entreprises sont lentes car elles nécessitent toutes une adaptation de leur gestion administrative, financière et commerciale. Mais cela veut dire qu une visibilité et une crédibilité immédiates sont en train de devenir des problèmes essentiels et urgents pour toutes les autres entreprises, petites à grandes, de pays industrialisés ou de pays émergents.
- 2 - Quelles seront les conséquences de cette évolution pour les entreprises africaines? La ligne de plus forte pente est malheureusement celle de l exclusion «d un click» ; soit parce que les entreprises africaines ne feront pas l effort d être présentes sur les nouvelles plate-formes ou places de marché du commerce électronique ; soit parce que, lorsqu un acheteur ou un vendeur aura le choix entre plusieurs offres, les problèmes d image et de crédibilité déjà identifiés joueront contre elles. A l inverse néanmoins, il convient de souligner que les nouveaux venus, dans quelque domaine que ce soit, ont généralement moins de difficulté à adopter des instruments de gestion nouveaux. Et que donc, rien n est joué, et qu une action volontariste peut encore permettre aux entreprises africaines de tirer partie de cette révolution en cours des échanges interentreprises. Dans ce contexte, il est important que les acteurs du commerce interentreprises en Afrique, les «facilitateurs» du e-commerce, assureurs-crédit, sociétés d information, banques, organismes de promotion des échanges, prennent la mesure de la solution @rating qu a lancée la Coface, et de son intérêt pour les sociétés africaines. Qu est-ce que la Solution @rating? C est un ensemble de services et de protections destinés à faciliter le commerce interentreprises. La Solution est basée sur label, le Label @rating, qui distingue les entreprises fiables dans leurs relations avec d autres entreprises. Ce Label est accompagné d une note qui mesure les échanges que l on peut raisonnablement conduire avec une entreprise ayant cette note : 1@ pour des montants de moins de 20.000 euros, 2@ pour des montants de moins de 50.000 euros, 3@ pour moins de 100.000 euros et 3@L au-delà (l expérience prouve que plus de 55 % en nombre des transactions B2B sont inférieures à 100.000 dollars). Pourquoi un label et une note : le Label dit que l entreprise est sûre et la note, pour quels montants elle est sûre. Un peu comme une voiture peut être sûre mais dans une certaine plage de vitesse. Une autre raison est que la note seule peut être délivrée par Coface (sans le Label) sur n importe quelle entreprise dans le monde. Mais que le Label, qui certifie la note ne peut être délivré que pour les entreprises qui en ont fait la demande. L analyse porte à la fois sur la société et sur son environnement : elle intègre donc le «risque pays». Mais l expérience de la Coface est qu il y a de bonnes entreprises dans tous les pays. Et que la logique des agences de notation financière comme Moody s et Standard & Poors, qui «plafonnent» la note d une entreprise à celle des débiteurs publics de son pays n est pas fondée. Le coût du Label pour l entreprise qui le demande est de 300 euros (ou dollars) par an (600 la première année). La notation est sans risque puisque le contrat de notation peut être interrompu n importe quand, et que toutes les données fournies par l entreprise pour obtenir sa notation sont protégées par un engagement de confidentialité.
- 3 - Le Label répond au besoin de crédibilité, de protection qu engendre la commerce interentreprise : en effet, toutes les informations données par l entreprise sont systématiquement vérifiées et contrôlées par Coface, qui utilise également les expériences de paiement accumulées depuis 50 ans partout dans le monde. Au-delà, et c est une innovation majeure du Label @rating, la Coface ne met pas uniquement sa propre crédibilité derrière ce Label, mais également son argent : pour la première fois, une agence de notation accepte de garantir les sociétés qu elle note, et ce, à hauteur de la note. Ceci est bien sûr un élément clé pour permettre à l entreprise qui a le Label d obtenir un crédit de ses fournisseurs. Le Label @rating est d emblée lancé comme un standard mondial : 17 centres de service @rating permettent déjà de servir les entreprises intéressées par la Solution @rating dans 47 pays. La Solution devrait être disponible dans 80 pays à la fin de l an 2000. Une force du Label @rating est qu il est utile aux entreprises dès aujourd hui, pour le commerce traditionnel, comme une marque de qualité facilitant les échanges et les financements. Mais il est également une clé pour accéder aux outils du commerce électronique du futur. Il peut en effet aisément être intégré à des cartes à puces, à l appui d une signature électronique, pour permettre aux entreprises titulaires du Label d accéder directement à des places de marché électroniques ou aux systèmes de paiement sécurisés du futur. Le système répond à un besoin fort. Des dizaines de partenariats ont été signés avec des assureurs-crédit des sociétés d information ; des grandes banques, des places de marché électroniques, des organismes de promotion des échanges dans plus de 45 pays, y compris bien sûr aux Etats-Unis (par exemple avec Visa International) ou au Japon (par exemple avec EID MITI premier assureur-crédit public au monde). L ensemble de la Solution @rating est accessible gratuitement sur www.cofacerating.com. En quoi est-ce cette innovation est très importante pour une société africaine? Vous êtes aujourd hui une société africaine. Vous avez un contact avec un nouveau partenaire, un fournisseur ou un client potentiel. Comment lui dire que vous êtes un partenaire fiable, éventuellement que vous méritez du crédit? Comment lui dire de façon simple, dans sa langue, gratuite pour lui, et totalement fiable? En lui disant simplement : ma société a obtenu le Label @rating, et vous pouvez le vérifier gratuitement sur internet.
- 4 - Ceci est d ailleurs vrai pour une entreprise japonaise, allemande, ou américaine : il n existe aujourd hui nulle part de solution à ce problème pourtant essentiel. Mais c est particulièrement vrai pour une entreprise africaine. Pourquoi?. D abord, on l a dit, parce que les problèmes de visibilité, de crédibilité, de financement, sont plus importants, en moyenne.. Ensuite parce que l expérience de la Coface est que le risque réel présenté par beaucoup d entreprises africaines est beaucoup plus faible que le risque perçu par beaucoup de leurs partenaires, en dehors de leur propre pays, et souvent même dans leur propre pays. Une entreprise qui souffre injustement d une mauvaise image n a rien à craindre de la notation.. En outre, les entreprises africaines - et elles ne sont pas les seules - n aiment pas beaucoup donner des informations sur elles. Et pourtant, pas d affaires, pas de crédit, sans information. La notation permet une transparence limitée : l entreprise transmet des informations pour se faire noter. Mais ces informations resteront totalement confidentielles. Seule la note sera publiée.. Enfin, la logique du Label @rating est assez proche de la logique de confiance des entreprises africaines dans leurs relations. Que demande t on à l entreprise qui souhaite le Label : des informations financières sur sa société, bien sûr ; mais aussi des références commerciales : les fournisseurs et les clients dont elle est le plus fière. Et ce cercle de confiance que l entreprise a déjà sû bâtir autour d elle va lui servir, grâce au Label, de tremplin pour inspirer confiance à d autres partenaires nouveaux. La Solution @rating est aussi utile pour les assureurs-crédit. Elle leur permet par une gestion électronique des risques, de réduire le coût de son service. C est ce que la Coface a développé depuis 1992 avec le réseau CréditAlliance : 49 assureurs-crédit dans 46 pays mettant en commun leurs moyens et leurs expériences. La Solution @rating est plus généralement utile aux économies africaines. Elle est rapide et simple à mettre en œuvre. Elle influe à la fois sur les exportations, en augmentant leur qualité et donc leur valeur, en facilitant leur préfinancement ; ainsi que sur les importations, en réduisant leur coût : le surcoût des importations est un fardeau dramatique pour les pays émergents, et on oublie souvent qu il y a autant à gagner en efficacité sur les importations que sur les exportations ; et sur les échanges internes : la plupart des entreprises sont d abord confrontées aux problèmes du B2B sur leur marché domestique, et les problèmes y sont extrêmement proches. En outre, la Solution @rating facilite considérablement le crédit fournisseur : elle peut fournir une source de financement externe très utile à des économies qui en manquent souvent.
- 5 - La Solution @rating peut enfin être utile aux agences de coopération internationales, comme un moyen d apporter une aide ciblée aux entreprises qui méritent d être mises en valeur et renforcées, en les aidant à se faire noter. Cette aide ne contrevient pas aux principes de concurrence. C est un standard ouvert : le Label est accessible gratuitement à tous les opérateurs qui souhaitent l utiliser, à toute banque, compagnie d assurance, institution qui souhaite l intégrer à son offre ou lui apporter une valeur ajoutée. C est donc l ensemble du secteur des services et des financements aux entreprises dont l activité est facilitée. On peut également imaginer des systèmes innovants de partage de risque appuyés sur la notation : des systèmes qui par exemple couvrent une partie du surcoût du risque de sociétés de pays émergents. Cet instrument est particulièrement adapté aux entreprises africaines. Mais la logique de la taille et de la facilité fait qu il risque d être d abord déployé ailleurs. On ne peut soupçonner Coface d être guidé par la logique du profit pour une notation internationale annuelle de 300 $ pour une entreprise de pays émergent. C est d ailleurs un choix politique de Coface d avoir un prix unique mondial pour un service particulièrement difficile à produire dans les pays émergents. C est pourquoi Coface lance ici un appel et offre son assistance à tous les partenaires nationaux ou internationaux, intéressés à lancer la Solution @rating en Afrique.