Bureau de la coopération suisse au Bénin Réf. : 811.1 Date : 07 09 10 Cadre stratégique pour le champ d activités Santé Introduction Selon l Organisation Mondiale de la Santé «la santé est un état complet de bien être physique, mental, moral ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d infirmité». Le droit à la santé est clairement reconnu par la Constitution béninoise du 11 décembre 1991 en ce sens que la Charte Africaine des droits de l homme et des peuples, qui en fait partie intégrante, déclare que «toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu elle soit capable d atteindre. Les Etats parties prenantes à la Charte s engagent à prendre les mesures nécessaires en vue de protéger la santé de leurs populations et de leur assurer l assistance médicale en cas de maladie». De même, la Constitution, en son article 26 relatif aux droits et devoirs stipule que «l Etat protège la famille et particulièrement la mère et l enfant. Il veille sur les handicapés et les personnes âgées». Outre cette disposition constitutionnelle, une Déclaration de Politique de Population (DEPOLIPO) a été adoptée en 1996 qui vise l amélioration continue des conditions de vie des populations. De nombreuses autres décisions ont été prises par le Gouvernement qui consacrent son engagement à l amélioration de la santé des populations. Le Ministère de la santé s est donné pour mission «d améliorer les conditions socio-sanitaires des familles sur la base d un système intégrant les populations pauvres et indigentes». Pour ce faire, des objectifs intégrant ceux du millénaire pour le développement ont été définis : - améliorer la qualité et l accessibilité des prestations de soins et des services de santé ; - améliorer la participation communautaire et l utilisation des services de santé ; - améliorer la prise en charge des populations pauvres et indigentes. Pour la Section Afrique de l Ouest (SAO), la Santé inclut non seulement le système de santé publique mais également les aspects alimentation et nutrition. Elle préconise de recentrer les priorités de ce champ sur la prévention (santé maternelle et infantile, VIH-SIDA), la participation communautaire pour un ancrage local et la qualité des soins et des services. Pour élaborer le présent cadre, nous nous sommes inspirés de la lettre de politique de développement du Gouvernement (juillet 2006) qui après avoir analysé les problèmes du secteur a dégagé les principaux défis qui sont : - l identification et la mise en œuvre des interventions en faveur des plus pauvres ; - l amélioration des ressources humaines en quantité et en qualité ; - la pérennité des acquis du secteur ; - le fonctionnement des comités de gestion des centres de santé ; - la lutte contre les principales maladies : le paludisme, la tuberculose, le VIH-SIDA ; - la lutte contre la malnutrition chez les enfants de 0 à 5 ans ; - la mise en œuvre de la stratégie de réduction de la mortalité maternelle et néonatale ; - la qualité des soins et une meilleure utilisation des services ; - l amélioration de l accès à l eau potable en milieu rural ; - l hygiène et l assainissement du cadre de vie ;
- l amélioration et le renforcement de la gouvernance. Un nouveau Document de Politique du Secteur de la Santé (période 2007-2016 ainsi que le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2007-2016 sont en cours d élaboration. La vision spécifique du Ministère de la Santé est que chaque citoyen-ne béninois-e bénéficie d une assurance maladie et dispose, à moins d une heure de marche, d une structure sanitaire capable de prendre en charge son besoin de santé de façon adéquate. La DDC s investira dans les principaux axes suivants: - l amélioration de la qualité des soins et des services de santé ; - l amélioration de l accessibilité financière aux soins et services de santé ; - la promotion de la santé par les populations - la valorisation des compétences endogènes en médecine «traditionnelle». En effet, si la qualité est améliorée et que l accessibilité financière est favorisée ; alors, il s ensuivra la fréquentation. De même, la médecine traditionnelle étant le premier recours des populations, il est nécessaire de chercher les voies et moyens pour la valoriser et trouver une plate-forme de collaboration entre les deux types de médecine. Par ailleurs, des appuis institutionnel et budgétaire seront pris en compte respectivement au niveau des structures locales et des hôpitaux sans oublier la pérennisation de nos actions. Enfin, la gouvernance, l égalité hommes et femmes et la gestion du savoir sont transversales à toutes nos interventions. 2/7
Synopsis de la stratégie DDC Santé (en transition) La Coopération suisse fera des appuis aux structures locales pour la mise en œuvre de sa politique et stratégie dans le domaine de la santé axées sur : le renforcement du capital humain en santé,, l empowerment des populations, amélioration de la qualité des soins et des services de santé l amélioration de l accessibilité financière aux soins et services de santé la promotion de la santé par les populations la valorisation des compétences endogènes en médecine «traditionnelle» la capitalisation et partage du savoir le développement du multi partenariat) Le dialogue politique. 3/7
Axes d intervention Etat des lieux Propositions d actions pour la DDC 1. Appui à l amélioration de la qualité des soins et des services de santé - La DDC a contribué à l amélioration de la qualité des soins et des services à travers la référence et la contre référence, le programme de lutte contre les infections nosocomiales, le renforcement des compétences, la médiation sociale, les infrastructures et équipements médico techniques, l amélioration de la disponibilité des médicaments essentiels ; - un service d assurance qualité existe à la Direction des Hôpitaux au Ministère de la santé ; - un audit diagnostic de la qualité est fait et le rapport est disponible au niveau du Ministère de la santé ; - un comité d assurance de la qualité est créé et travaille à l élaboration d une politique d assurance qualité dans le secteur de la santé ; - une expérience de la démarche qualité est en cours sur financement propre et de l UEMOA à l Hôpital de la Mère et de l Enfant Lagune (HOMEL) ; - l appui au développement du secteur de la santé de la Coopération Belge intègre un volet qualité des soins dans la zone sanitaire de Bassila (département de la Donga) et dans la zone sanitaire de Klouékanmè-Toviklin-Lalo (département du Couffo) ; - le projet de Santé Familiale (PROSAF) financé par l USAID dans le Borgou a eu un volet assurance qualité globale. Ce volet est poursuivi par le Projet Intégré de Santé Familiale (PISAF) sous le même financement dans le Zou ; - Appuyer la promotion des soins préventifs : l hygiène et l assainissement du cadre de vie. - appuyer la lutte contre les principales maladies (VIH-SIDA, la tuberculose, le paludisme) et la malnutrition - appuyer le renforcement de la qualité des soins curatifs aux niveau secondaire et tertiaire de la pyramide sanitaire Accent sera mis sur : o La surveillance et la prévention des infections nosocomiales ; o la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantojuvenile o le changements des comportements (coaching, «médiation sociale», suivi) en milieu hospitalier - appuyer l amélioration de la gestion et du pilotage - Contribuer à la valorisation des savoir faire médicaux endogènes pour renforcer la promotion des soins préventifs et pour lutter contre les principales maladies. 4/7
Défi : L institutionnalisation de la qualité des soins est un processus continu à consolider. 2. Appui à l amélioration de l accessibilité financière des populations, notamment les groupes les plus vulnérables (femmes, enfants et pauvres), aux soins et services de santé - Un programme de mutuelles de santé est financé par la DDC depuis 1994 ; - une politique nationale de développement des mutuelles de santé existe ; - un plan stratégique de développement des mutuelles de santé est élaboré et reste à valider ; - un mécanisme de prise en charge des indigents existe et est fonctionnel ; - plusieurs bailleurs (la BAD, l USAID, la Belgique) financent la mise en place et le développement des mutuelles de santé dans plusieurs départements (Collines, Borgou, Mono-Couffo) pour de courtes durées. Il se pose le problème de la pérennisation de ces mutuelles ; - la Commission Européenne a financé des mutuelles de santé dans le sud du Bénin à travers le 8ème FED (Cotonou, Sakété, Klouékanmé) ; - le Ministère de la Fonction Publique et du travail met en place des mutuelles sur financement du budget national (Cotonou, Porto-Novo, Parakou) ; - la Coopération française appuie le renforcement des capacités des promoteurs des mutuelles de santé dans les Collines ; - plusieurs ONG et autres promoteurs privés interviennent dans les mutuelles et l assurance-maladie. Les défis : - la validation du plan stratégique de développement des mutuelles de santé et sa mise en œuvre effective ; - Consolider les acquis de l appui Suisse à la santé avec un accent particulier sur la contractualisation entre les formations sanitaires et les mutuelles de santé - accompagner le Ministère de la Santé dans la mise en œuvre du plan national de développement des mutuelles de santé ; - appuyer l Etat dans l élaboration d une politique nationale de protection sociale (volet mutualité ; le volet vieillesse interviendra ultérieurement) ; - appuyer la mise en place d un mécanisme de maîtrise et de réduction des coûts des prestations de soins et des services de santé. 5/7
3. Appui au cadre institutionnel, budgétaire et à la politique nationale en matière de santé - la détermination d un mode de paiement des soins et services de santé pour soulager les populations. - La DDC accorde des appuis budgétaires aux hôpitaux de zones de ses zones de concentration à la DDS/B-A et au Ministère de la santé. - les programmes sont automnes et gérés par des structures locales notamment BEST-SD Pour l Appui Suisse à la Santé(ASSan) Appui Suisse aux Mutuelles de Santé (ASMuS) par deux structures le Réseau Alliance Santé (RAS) et le Centre d études et d Appui techniques aux Institutions de Micro assurances ;( AIMS) - les communes ont des responsabilités dans le secteur de la santé au regard des textes sur la décentralisation. - Accorder des appuis budgétaires à des hôpitaux selon l approche par la demande ; - contribuer à l amélioration du fonctionnement des formations sanitaires ; - appuyer l Etat dans la mise en œuvre de la décentralisation du secteur ; - contribuer au renforcement des capacités des ressources humaines du secteur ; - renforcer le pouvoir et l autonomie des populations et de la société civile ; - favoriser l ancrage des actions du programme au niveau du Ministère en charge de la santé ; - encourager la participation des élus locaux et des populations aux actions du programme ; - renforcer le dialogue politique autour des problèmes de santé. 4. Promotion de la gouvernance - Des audits sont faits au niveau des hôpitaux et les rapports sont disponibles ; - Les hôpitaux disposent de plans directeurs ; - Les expériences en médiation sociale ont été capitalisées 5. Egalité femmes et hommes - Il existe toujours des inégalités importantes entre h/f ; - Les programmes ne tiennent pas assez compte de ces inégalités - Contribuer au renforcement de la gouvernance à tous les niveaux de la pyramide sanitaire (coaching, médiation institutionnelle) - Appui au renforcement de la collaboration intraet intersectorielle - Appui à la promotion de la responsabilité - Appui au renforcement du dispositif d audit et de contrôle - Promouvoir l iintégration d outils pour l égalité h/f; - Appuyer la mise en œuvre d actions spécifiques pour rétablir des équilibres 6/7
- Manque de compétences suffisantes pour appliquer l approche genre dans la planification, la mise en œuvre et le suivi/évaluation des programmes, malgré les formations des partenaires 6. Gestion du Savoir - Le processus de capitalisation au niveau de l Appui Suisse à la Santé est en cours et achevée pour l Appui Suisse à la Santé - Plusieurs documents de capitalisations ont été élaborés entre h/f ; - Suivre et évaluer la mise en œuvre de l approche égalité femmes/hommes dans les actions du programme - Promouvoir les approches sensibles à l égalité femmes/hommes pour la réduction des inégalités (promotion santé maternelle et infantile, lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, droit à la santé pour les femmes et les hommes) - Accompagner la gestion du savoir (la capitalisation et le partage des expériences y compris) et l apprentissage aux différents niveaux d intervention (y compris le Réseau Santé Sud et le groupe de travail santé de la Centrale). 7/7