Que faire des évènements

Documents pareils
Gestion des risques : Principes et méthodes d analyse d accidents thérapeutiques

GESTION DES RISQUES Cartographie COVIRISQ

En 2011, le service Ameli-direct, anciennement appelé «Infosoins» puis «Adresses et Tarifs» connaît les modifications suivantes :

Visite test de certification V2014 Retour du CHU de Rennes GCS CAPPS Vendredi 12 juin 2015

Fonctionnalités HSE PILOT. Groupe QFI

La communication engageante dans la campagne de vaccination contre la grippe

Etude d impact de la mise en conformité des échanges électroniques entre dépôts de sang et EFS d Île-de-France. Présentation du 15 décembre 2012

Organisation d une action de prévention collective en entreprise

Logiciels de gestion sur mesure Etude et développement. Logiciel de suivi des évènements indésirables dans les établissements hospitaliers

LE PROJET QUALITE-GESTION DES RISQUES- DEVELOPPEMENT DURABLE

Télé-expertise et surveillance médicale à domicile au service de la médecine générale :

LA RECHERCHE INFIRMIERE: une exigence professionnelle / cas concret. La recherche infirmière. Cas concret : où se déroule-t-il?

Les Dossiers Médicaux Partagés en Franche-Comté :

Certification ISO 9001 de la prise en charge médicamenteuse

Le partenaire de la gestion des risques des acteurs du social et du médico-social

L observation des aspects non techniques d une simulation

Réduire les risques en santé

CLINIQUE SAINT-JEAN DOC STRAT-PIL-15

Zone de commentaires. Convention EFS / ES ( document à joindre) II, Les systèmes d'information OUI NON NC Zone de commentaires. Zone de commentaires

POLITIQUE D AMELIORATION DE LA QUALITE ET DE LA GESTION DES RISQUES Document validé le. Visa : Visa :

Depuis l'an 2000, le Ministère de la Santé Publique (MSP) a mis en place une procédure d accréditation pour améliorer la qualité des services

Coordination de la Gestion des risques. Bilan - Programme

Le niveau 3 - alerte canicule correspond à une vigilance météorologique orange pour le paramètre canicule.

«PROJET PRIORITAIRE DE L OUEST GUYANAIS : LA CONSTRUCTION D UN D HÔPITAL A SAINT LAURENT DU MARONI»

La Qualité de SFR Business Team

DPC «ACTION EN SECURITE TRANSFUSIONNELLE»

Le patient traceur comme outil de développement de la culture qualitérisques-sécurité. CAPPS Bretagne Rennes 12 juin 2015

LA DOULEUR INDUITE C EST PAS SOIGNANT!

REFERENTIEL D AUTO-EVALUATION DES PRATIQUES EN ODONTOLOGIE

Définition de l Infectiologie

Objectifs et Modalités. Présentation : Dr M. Hours, INRETS

DOSSIER DE PRESSE. Salon de la Santé et de l Autonomie Pavillon 1 Stand L22

MANAGEMENT PAR LA QUALITE ET TIC

La gestion des risques en établissement de santé Point de vue de la Société française de gestion des risques en établissement de santé SoFGRES

MANAGEMENT PAR LA QUALITE ET TIC

Annexe 2 Les expressions du HCAAM sur la coordination des interventions des professionnels autour du patient

Compte Qualité. Maquette V1 commentée

Le nouveau tableau de bord de gestion

DECLARATION DE CRÉATION D UNE ENTREPRISE

curité du patient 19 mai 2009 Aurore MAYEUX Guy CLYNCK LIE

Dossier de presse Conférence sur le don d'organes

Audit et Inspection Les contraintes extérieures B.Malivoir

Jean-Christophe Richard Véronique Merle CHU de Rouen

Fiches micro-informatique SECURITE LOGIQUE LOGIxx

POLITIQUE DE SECURITE DE L EFS ou la nécessité de construire un système sûr, durable, évolutif et raisonné

Bulletin de veille sanitaire octobre 2012

SOMMAIRE COMMUNIQUÉ DE PRESSE. p. 3. p. 4 LE CESU. p. 5. Les outils. p. 6. Le centre de simulation. Quelques chiffres

Unité de Recherche Clinique St Louis - Lariboisière Fernand Widal Le 03 Février 2012

PROJET QUALITE

La raison d être des systèmes d information

Pharmacovigilance des Essais cliniques

Journée Santé ESRI France 28/01/2010 La valeur ajoutée des SIG Retours d expériences (PMSI et géomarketing)

CONNAISSANCE DE SOI APPRENDRE A AVOIR CONFIANCE EN SOI

Rôle de l Assurance Qualité dans la recherche clinique

Sécurité des Systèmes d Information Une politique simple pour parler à la Direction Générale De la théorie à la pratique

GUIDE METHODOLOGIQUE

RAPPORT D'OBSERVATIONS DÉFINITIVES SUR LA GESTION DU CENTRE HOSPITALIER RÉGIONAL DE ROUEN (LES SERVICES D URGENCE)

Gouvernance des mesures de sécurité avec DCM-Manager. Présentation du 22 mai 2014

1 - Qu est-ce qu une mission, comment déterminer son contenu et qui va les accomplir?

Un projet régional et une démarche collégiale

Estelle Marcault. 20/01/2012 URC Paris Nord 1

PSDP et usage des pénicillines - ESAC

CAHIER DES CHARGES INFIRMIER-ÈRE DIPLÔMÉ-E

PROJET QUALITE / GESTION DES RISQUES

Assurance Crédit-Invalidité Trousse «Demande De Règlement»

SOMMAIRE. I - Synthèse de l'activité II - Secteur "Logement" métropole... 4

Centre Antipoison et de Toxicovigilance Strasbourg Tél:

Infirmieres libérales

Contrôle difficile non prévu des voies aériennes: photographie des pratiques

SoFGRES - Université Paris I Sorbonne 1, rue Victor Cousin PARIS SoFGRES / Hôpital Expo 20 mai 2010

Menaces informatiques et Pratiques de sécurité en France Édition Paris, 25 juin 2014

CHARTE ÉTHIQUE ET DÉONTOLOGIQUE APPLICABLE AUX PÉDICURES-PODOLOGUES ET À LEURS SITES INTERNET À L ADRESSE DU GRAND-PUBLIC

L-ebore SAS. choisissez des solutions à portée de main... La sûreté, les risques, la continuité d activité, les crises, au cœur de vos problématiques,

Politique et charte de l entreprise INTRANET/EXTRANET

Parcours du patient cardiaque

BILAN DE LA DAJ EN QUALITE D AUTO-ASSUREUR SUR LES RECLAMATIONS INDEMNITAIRES. Marjorie OBADIA/DAJ/10 janvier 2012

VOUS PROTÉGEZ LA VIE DES AUTRES. ET VOUS, QUI VOUS PROTÈGE?

Objectif de progression Actions Indicateurs chiffrés. Diligenter une enquête auprès des salariés pour connaitre précisément leurs besoins

DEMATERIALISATION DES CONTRATS A LA SOURCE

Hôpital performant et soins de qualité. La rencontre des extrêmes estelle

Formation sur la sécurisation du circuit du médicament

SERVICES TECHNIQUES CENTRE HOSPITALIER. d AURILLAC. 1er congrès de l AFGRIS

Charte de contrôle interne

Atelier 21. Christophe MILIN : Economiste, ADEME. Nathalie ROTURIER : Directrice Plan logements, Région Nord Pas-de-Calais

SAVEZ-VOUS COMMENT FONCTIONNE LE SERVICE? VOICI QUELQUES RECOMMANDATIONS!

DE QUALITE GESTION DES RISQUES DEVELOPPEMENT DURABLE

Le secrétariat du médecin libéral

Note d orientation : La simulation de crise Établissements de catégorie 2. Novembre This document is also available in English.

OUVERTURE ET MISE EN PLACE

CADRE DE REFERENCE DES SERVICES INTRANET / INTERNET D ETABLISSEMENTS SCOLAIRES ET D ECOLES (S2i2e)

La gestion des risques dans les établissements de soins

3.2. RAPPORT DU PRÉSIDENT DU CONSEIL D ADMINISTRATION (ARTICLE L DU CODE DE COMMERCE)

Système de Management par la Qualité

politique de la France en matière de cybersécurité

La gestion des risques en hygiène hospitalière

Aide kinésithérapeute : une réalité?

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

Comment mieux lutter contre la fraude à l assurance? Gestion de sinistres Odilon Audouin, le 4 avril 2013

Soins infirmiers et gestion des risques

Rapport d'audit étape 2

Transcription:

Que faire des évènements indésirables signalés? Dr Xavier RICHOMME Direction des Risques Générale de santé SoFGRES, Paris, 29 juin 2007

GENERALE DE SANTE: 5 chiffres 184 établissements et centres de soins en Europe dont 11 en Italie 14 400 lits, places et postes en Europe 5 500 praticiens libéraux, partenaires de Générale de Santé 16 540 salariés

Générale de Santé: différents pôles d activités 2,150 millions de patients accueillis 84 15 710 000 entrées en chirurgie 19 504 000 interventions en ambulatoire 21 35 000 naissances 380 000 urgences (16 UPATOU / 4 POSU) 18 18 16 1 11

Signalement des EI Expérience de Générale de Santé 1999-2000: Mise en place d une démarche de certification de service: le Label GDS (14 sites pilotes pendant 18 mois) Déploiement progressif de la démarche sur 65 ES en 2005, 79 ES en juin 2007 Signalement centralisé sur une base de données de 68 000 EI par an Une «erreur de jeunesse»: mise en place d un signalement des EI et suivi statistique des EI Audit en 2005 car baisse du signalement: Pas de suivi des actions correctrices au sein du logiciel Ergonomie de l outil statistique Formations +++

Signalement des EI Expérience de Générale de Santé GERIMED V2: une nouvel outil informatique de management des EI SIGNALEMENT + ACTIONS + STATISTIQUES + INDICATEURS E v è n e m e n t s SIGNALER Engager les actions correctives Personnels ES et praticiens Responsables de services RAQ RAQ CoViR Direction Siège Piloter Indicateurs Projets Axes d amélioration

Signalement des EI Un outil informatique: Gérimed V2 Un logiciel unique de signalement pour tous les établissements accessible de n importe où (Intranet Keppler ou Internet) Une gestion centralisée dans chaque établissement par le RAQ des signalements et de leur suivi (actions, clôture, statistiques) Un outil de communication (pour les actions à mener, pour le retour d information aux déclarants, pour la sensibilisation des personnels)

Signalement des EI Que faire des ces évènements? 68 000 évènements signalés chaque année Traitement statistique des données Traitement individuel des signalements Traitement individuel des actions correctives Traitement statistique des actions correctives Communication des résultats de ces traitements

Les données globales du signalement pour 25 ETS MCO, 6 Dynamis, 21 Medipsy (65 ES en 2005) Natu re d es évén em en ts Evénements par famille 345 322 2133 247 2004 127 520 2284 1020 800 0 500 1000 1500 2000 2500 Nombre d'événements Vigilances Traitement Sécurité biens personnes Risque infectieux Information patients Hôtellerie Coordination des soins Comportements Autres Coordination des soins : 3667 EI, soit 29% en 2005 Sécurité des biens et des personnes : 3544 EI, soit 28% en 2005 Comportements : 1612 EI, soit 13% en 2005 Vigilances : 425 EI soit 3,5% en 2005 Risque infectieux : 403 EI, soit 3,4% en 2005

Les données globales du signalement pour 25 ETS MCO, 6 Dynamis, 21 Medipsy T y p e d ' E T S EI par type d'établissement MCO 654 329 2139 32177208656188320 Dynamis 42 8 37 2520 204 1602 Medipsy 104 683 108174837 1270 11825 0% 20% 40% 60% 80% 100% Pourcentages des EI Autres Comportements Coordination des soins Hôtellerie Information patients Risque infectieux Sécurité biens personnes Traitement Vigilances Ambulatoire MCO : Coordination des soins, 43,7% Sécurité des biens 13,4% Vigilances 6,5% Hôtellerie 6,5% Risque infectieux 4,2% Dynamis : Sécurité des biens 59,6% Coordination des soins 10,8% Hôtellerie 7,3% Médipsy : Sécurité des biens 49,5% Comportements 20,6% Hôtellerie 6,8%

La coordination des soins pour 25 ETS MCO, 6 Dynamis, 21 Medipsy LES EI et la coordination des soins Patients mal préparés : 14,5% E v é n e m e n t s d e la fa m ille % famille 330 230 136.00 104 879 141 0 500 1000 Nombre d'ei Patients mal préparés Evénements sur matériels Dossier incomplet Procédure admission Défaut transmissions Infos Défaut/absence matériels Evénements sur matériels : 10% Dossiers incomplets : 6% Procédure admission : 4,5% Défaut de transmission infos : 38,5% Défaut/absence de matériels : 6,2%

Les vigilances pour 25 ETS MCO, 6 Dynamis, 21 Medipsy EI et vigilances Infections : 51,3% E v é n e m e n ts d e l a fa m i l l e 1 17 32 91 177 Infections Incidents/accidents transfusionnels Incidents/accidents médicamenteux Incident/Accident matériels Incidents/accidents transfusionnels : 4,9% Incidents/accidents médicamenteux : 9,3% Incidents/accidents matériels : 26,4% 0 50 100 150 200 Nombre d'événements

Événements indésirables Les limites du traitement statistique - Choix des évènements à déclarer (frontière entre EI et non conformité) - Choix des libellés pour un EI - Choix de la classification des familles (par processus?) - Définition de la gravité, gravité perçue, gravité réelle, gravité de l événement ou gravité des conséquences avérées ou potentielles? GERIMED V2 Une charte d utilisation Une consolidation en centrale des libellés Un libellé des causes Une analyse des évènements induits (thésaurus, moteur Metafram) Un entrée par cartographie des processus

Événements indésirables Le traitement individuel des EI - Se servir du signalement pour mettre en place des actions participant à l amélioration continue de la qualité - Le signalement des EI comme Évaluation des Pratiques Professionnelles - Approche par processus: Analyse par l arbre des causes, le chemin clinique - Les évènements «sentinelles» Exemple: - Augmentation du nombre de suicides en milieu psychiatrique - Analyse des causes: mauvaise évaluation du potentiel suicidaire - Formation de formateurs «savoir reconnaître et prendre en charge de la crise suicidaire» (J L TERRA) - Déploiement sur l ensemble des établissements - Suivi du nombre de suicides et tentatives de suicide

Événements indésirables Le suivi des actions - Suivre les actions correctives ou préventives qui découlent du signalement des évènements indésirables - Un accusé réception systématique = pérennité de la démarche - Une fiche action - Une vérification des actions (évaluation des actions) - Des plans d amélioration qualité avec gestion des échéanciers - Des liens avec la gestion documentaire A C P D Le retour d information +++

Événements indésirables La communication des suivis Des outils de communication adaptés aux destinataires et aux utilisations que l on veut en faire

Événements indésirables La communication des suivis Des outils de communication adaptés aux destinataires et aux utilisations que l on veut en faire

Événements indésirables Cartographie des risques a posteriori Comment anticiper les risques? Le signalement des EI peut-il préparer à l AMDEC? - Oui, à condition d introduire les notion de fréquence et de détectabilité - Oui, à condition d y introduire une analyse des causes - Oui, à condition de rattacher les évènements à une cartographie des processus Gestion a posteriori

Événements indésirables Une porte d entrée unique Monsieur B est opéré pour une reprise de PTH. On utilise un récupérateur de sang. Le patient est transfusé de 2 CGR. Il décède 4 heures plus tard dans un contexte de choc septique - Signalement EI interne - Signalement CCLIN / InVS (IN?) - Signalement AFSSaPS RNHV (ITCB?) - Signalement AFSSaPS Pharmaco (TAPO) - Signalement AFSSaPS Matério (TAPO) - Signalement Mairie (registre décès) - Signalement DDASS - Signalement expérim DHOS-Crise / EIG lié aux soins - Signalement HAS / Accréditation des médecins - Signalement Assurance A qui signale-t-on en premier? Temps estimé de signalement 4 heures si tout va bien L ensemble des informations seront données mais par morceaux à des interlocuteurs différents qui ne se communiquent pas forcément les informations entre eux et qui rappelleront l établissement Au fait, a-t-on prévenu la famille?

Événements indésirables En conclusion - Signalement des EI = bon démarrage d une démarche de management des risques - Sensibilise à la gestion des risques - Seul, permet difficilement d anticiper les risques - Nécessite un approfondissement en analysant les causes pour rechercher les signes précurseurs - Peut être un précurseur de l AMDEC et permettre le suivi des actions menées - Nécessite un outil informatique performant mais avec une procédure simple - Nécessite une porte d entrée unique (pour des destinataires multiples) - N est réellement efficace que si cette démarche est intégrée au management global de l établissement.