Dusenge Tony N de matricule : 060499 E-mail : tdusenge@ulb.ac.be Assistant : Iason Foscolos Groupe : 2 Introduction à la macroéconomie : travail d actualité Les répercussions de la baisse du taux directeur de la Banque Centrale Européenne à 1,5% sur l économie belge 1 Introduction Depuis le mois d octobre 2008, la Banque Centrale Éuropéenne à effectué un certain nombre de baisses de son taux directeur. La dernière en date l a placé à 1.5%. Ce travail consite à analyser les éventuelles conséquences d une telle intervention sur l économie belge. Nous Commencerons par détailler ce qui se passe sur le marché de la monnaie, puis sur celui des biens, ensuite nous considérerons les deux marchés ensemble pour tirer une conclusion. Même si ce rapport est déstiné à mes enseignants car il fait partie de mon cursus, cela n empêche que tout autre lecteur ayant des bases en Macroéconomie puisse le lire. Le travail étant réalisé sur base de l actualité économique, celle-ci pourrait avoir évolué lors de la lecture de ce rapport. 2 Mise en perspective du sujet Depuis le début de la crise économique partie des États-Unis l an dernier, l économie de plusieurs pays dans le monde régresse continuellement. En 2008, le PIB de la plupart des pays européens a diminué sensiblement : -2.1% en Allemagne, -1% en France, -1.8% en Italie, -1% en Espagne, -2% au Portugal et -1.5% pour l ensemble de la zone euro (source : ACDEFI 1 ). La Belgique n a pas été épargnée car même si certains secteurs comme la consommation privée, la consommation publique et les investissements des entreprises ont connu une croissance positive de +0.8%, +2.1% et +6.7% respectivement ; les investissements des administrations publiques, les exportations nettes ainsi que le revenu national brut (i.e. PNB) ont quant à eux connu une croissance négative non négligeable de -3.2%, -1% et -1.4% respectivement (voir Annexe A : Les chiffres-clés de l économie belge, source : Économie 2 ). 1 Marc Touati ; La récession dans la zone euro : pire qu aux États-Unis ; ACDEFI ; 22/02/2009 2 Institut des Comptes nationaux, SPF Économie, PME, Classes moyennes et Énergie et Banque Nationale de Belgique ; SPF Economie, PME, Classes moyennes et Energie ; 11/02/09 23 :00. 1
L Union Éuropéenne est donc actuellement en pleine récession 3 (officiellement depuis le quatrième trimestre 2008, source : AFP 4 ), et les prévisions des experts sont plutôt sombres. Par exemple, les prévisions économiques de la banques ING prévoient une baisse de -0.7% de la consommation belge cette année et une régression de l économie belge en général de -2.7% en 2010. Cette même étude prévoit également une régression de -4% en Italie, -3.8% en Allemagne, -3.3% aux Pays-Bas et -2.5% en France (source : BELGA 5 ). Face à une crise d une telle ampleur, les grands acteurs de l économie se doivent d intervenir pour essayer de relancer l économie. C est dans ce cadre que les gouvernements ont mis en place des plans de relance économique et que les Banques Centrales ont diminué leurs taux directeurs : la Fed (Réserve Fédérales des États-Unis) a placé son taux directeur dans un intervalle de fluctuation de 0 à 0.25%, 0.1% pour la banque du Japon et 1.5% pour la Banque Centrale Éuropéenne (voir Annexe B : Principaux taux directeurs ; source : AFP 6 ). Pour cette dernière, c est la cinquième baisse depuis le 8/10/2008 et son taux le plus bas depuis dix ans (voir Annexe C : Historique des taux directeurs de la BCE ; source EXON 7 ). Dans la suite de ce rapport, nous allons analyser les conséquences de l intervention de la Banque Centrale Éuropéenne, plus particulièrement les répercussions de la baisse de son taux directeur sur l économie belge. Pour ce faire, étant donnée que la Belgique fait partie de la zone euro pour la quelle la BCE agit, l analyse se fera en parallèle sur l échelle globale de l économie de la zone euro et sur l économie belge. 3 Analyse technique Contrairement à ce que les banques belges annoncent, une enquête réalisée par la fédération Agoria montre que 7 entreprises (belges) sur 10 se plaignent de devoir payer plus cher leurs crédits et que 5 entreprises sur 10 parlent d un net resserrement dans l octroi des crédits (source : LaLibre 8 ). Dans le meme sens, les études de la BCE montrent que les crédits sont de plus en plus rares (source : LeSoir 9 ). Les actions de la BCE visent donc à influencer le marché de la monnaie afin d augmenter l offre de cette dernière et donc du crédit. Voyons comment cela se passe. 3 Une récession est définie par les économistes par deux trimestres consécutifs au moins de contraction de l activité, AFP. 4 AFP ; Baisse record du PIB de la zone euro ; 13/02/2009. 5 A.L et BELGA ; L économie belge pourrait régresser de 2.7%, le Soir ; 19/03/2009 17 :10. 6 AFP ; Les principaux taux directeurs ; 6/03/2009. 7 Rédaction Exonération fiscale ; Historique des taux directeurs de la BCE ; 14 janvier 2009 15 : 35. 8 Belga ; Les banques se défendent d accorder moins de crédits aux entreprises ; La libre Belgique ; Le 16/03/2009 à 15 :04. 9 Rédaction en ligne ; La BCE s apprête à baisser son taux à un niveau inédit ; Le Soir ; 21/02/2009, 13 :10. 2
3.1 Les effets des actions de la BCE sur le marché de la monnaie D après ce qui vient d être dit, actuellement, les banques belges (de la zone euro en général) n arrivent pas à satisfaire toutes les demandes de crédits ; c est la situation de rationnement du crédit. En baissant son taux directeur, la BCE encourage les banques commerciales à demander les liquidités (les prêts). C est dans ce cadre qu elle a lancé son plan de refinancement hebdomadaire le lundi 16/03/2009 (source : LesEchos 10 ). C est-àdire qu elle satisfait toutes les demandes de crédit des banques commerciales de la zone euro. Comme les crédits auprès de la BCE coûtent moins cher aux banques commerciales, celles-ci prêteront à leur tour à un taux d intérêt relativement bas, ce qui s interprète par une baisse du taux d intérêt sur le marché de la monnaie (voir figure 1). Ainsi, si les banques commerciales demandent plus de crédits, elles auront plus de liquidité (et donc plus de monnaie dans l économie), et il en résultera une augmentation de l offre de la monnaie (la droite de l offre se déplacera vers la droite jusqu au nouveau point d équilibre, le point B sur la figure 1). Fig. 1 Augmentation de l offre de la monnaie. Figure inspirée de [1]. Le graphique peut faire croire qu avant l intervention de la BCE (baisse du refi 11 ), le marché était à l équilibre (point éq). Ce n est pas le cas car nous sommes en situation de rationnement du crédit. La demande était donc plus grande que l offre (taux d intérêt plus bas que le point d équilibre éq) avant la baisse. Cela se confirme d ailleurs par le fait que c est la cinquième fois que la BCE baisse son taux d intérêt depuis le mois d octobre. Cette série de baisses peut se justifier par la volonté de la BCE d accélérer l augmentation de l offre de la monnaie. L offre de la monnaie ayant augmentée sur le marché de la zone euro, les banques belges offrirons plus de crédits. Ajoutons aussi que pour l instant, on peut dire qu on a pas encore atteint la trappe de liquidité car la BCE n écarte pas la possibilité de baisser encore son taux d intérêt pour provoquer davantage de baisse de celui du marché. Notons que cette façon d influencer l offre de la monnaie est beaucoup moins directe que celle pratiquée aux États-Unis actuellement : le quantitative easing. Cela consiste à augmenter la masse monétaire via les opérations d open market. La fed a mobilisé près de 500 milliards de dollars pour acheter les actifs risqués des banques américaines (source : LeSoir 12 ). Nous venons donc de voir que de la baisse du taux directeur de la BCE, il en résultera une baisse du taux d intérêt et une augmentation de l offre de la monnaie sur le marché de la monnaie éuropéen et belge. Voyons maintenant ce qui l en est du marché des biens. 10 AFP ; La BCE lance son opération principale de refinancement ; Les Échos ; 23/03/09-16H36. 11 Pour refinancement. Terme utilisé pour désigner le taux d intérêt de la Banque Centrale Européenne 12 AFP ; Wall Street se réjouit du plan Geithner ; Le Soir ; 23 mars 2009, 21 :26. 3
3.2 Les effets des actions de la BCE sur le marché des biens Nous avons vu que si les prêts de la BCE coûtent moins cher aux banques belges, les crédits auprès de ces dernières seront également bon marché. Les entreprises belges pourront alors demander plus de crédits pour financer leurs investissements. Comme c est la baisse du taux d intérêt sur le marché financier qui a provoqué cette hausse d investissement, nous pouvons affirmer que l investissement est une fonction décroissante du taux d intérêt. L augmentation d investissement I se traduira ensuite par une hausse de la demande globale D G, et celle-ci sera suivie par une augmentation de la production des entreprises pour satisfaire la demande excédentaire. Si la production augmente, en toute logique le revenu Y augmente (voir figure 2 (a)). Par ailleurs, il est connu que lorsque l on dispose de plus d argent, on a tendance à consommer plus également ; l augmentation du revenu provoquera donc une augmentation de consommation C, qui provoquera à son tour une augmentation de la demande globale, qui provoquera ensuite une hausse de revenu comme précédemment, ainsi de suite. C est l effet multiplicateur (voir figure 2(b)). (a) (b) Fig. 2 Augmentation de la demande globale due à la baisse du taux d intérêt. Figure inspirée de [1]. Nous avons tiré des conclusions séparement sur les effets de l intervention de la BCE sur le marché de la monnaie et sur celui des biens. Et pourtant, nous venons de voir que la réaction du marché de la monnaie provoque (via le taux d intérêt) certains comportements sur le marché des biens. Comme l économie globale belge est consituée de ces deux marchés, analysons-les parallèlement par le modèle IS-LM afin de se convaincre des effets que nous avons évoqués. 3.3 Les effets des actions de la BCE analysés dans le modèle IS-LM L analyse effectuée au point 3.1 nous a montré que l intervention de la BCE provoquera une hausse de la masse monétaire suivie d une baisse du taux d intérêt sur le marché de la zone euro et belge ; suite à cet effet, le point 3.2 stipule qu il y aura ensuite une augmentation du revenu. Ceci nous conduit à dire que la Banque Centrale Éuropéenne pratique une politique monétaire expansionniste. 4
Si nous faisons abstraction au marché des biens, la figure 3(a) montre que les phénomènes détaillées au point 3.1 provoquent un déplacement de la courbe LM vers le bas. En tenant compte du marché des biens, on voit qu après ce déplacement, le revenu a augmenté (voir figure 3(b)). En effet, l augmentation de l offre de la monnaie ainsi que la baisse du taux d intérêt incitent les entreprises à demander plus de crédits pour financer leurs investissements. Via ces derniers, les conséquences de la politique monétaire se répercutent sur le marché des biens ; la demande globale augmente, ce qui pousse les entreprises à hausser la production. Ainsi, le revenu augmente et l effet multiplicateur se déclenche. L économie se relance. Nos conclusions réjoignent donc celles tirées en considérant les deux marchés séparement. (a) (b) Fig. 3 Augmentation du revenu et diminution du taux d intérêt dues à l augmentation de la masse monétaire. Figure inspirée de [1]. 3.4 Un mot sur le marché du travail Sachant les pertes d emploi que cause la crise que nous traversons de part et d autre dans le monde, ce serait naïf de ne pas parler d éventuelles conséquences de l intervation de la Banque Centrale sur le marché du travail. En effet, par rapport à l année dernière, le nombre de chômeurs a progressé de + 6,5 % à Bruxelles, + 3,2 % en Wallonie, et +18,3% en Flandre (source : LePeuple 13 ). Nous venons de voir que la baisse du taux directeur de la BCE provoquera une hausse de production et donc du revenu. Par ailleurs, il est connu que la production est une fonction croissante de l emploi. Cet argument est sans ambiguïté car si les entreprises désirent augmenter leur production, elles augmenteront leur personnel. C est donc en toute légitimité que nous pouvons affirmer que si le revenu de la Belgique augmente suite aux actions de la BCE, alors le taux de l emploi va également croître. 13 Tef, Le chômage explose en Belgique ;Trend ; 8/04/2009. 5
4 Conclusion De l analyse précédemment réalisée, nous avons déduit certains effets que l action de la BCE provoquera sur l économie belge, sans toute fois préciser dans combien de temps cela pourrait arriver. Est-ce dans quelques semaines, quelques mois ou quelques années? Rappelons que le modèle IS-LM dont nous nous sommes servi est basé sur les hypothèses de plein emploi et de fixité des prix. Cela limite donc son application à court terme. Si nous gardons les hypothèses de ce modèle, nous pouvons stipuler que les résultats que nous avons prédits seront acquis à court terme. Cependant, l inflation peut fluctuer à court terme et modifier le cours de l économie. Bien que ce modèle nous ait donc permis de tirer des résultats fondamentaux, il est nécessaire de préciser qu il est incomplet car il ne prend pas en compte l évolution des prix. Forteheureusement, dans le cas de la Belgique, l inflation ne devrait pas compromettre nos analyses, car elle (l inflation) est à son plus bas niveau depuis dix ans, 0.6%, et les prévisions sont plutôt positives (source : NordEclair 14 ). 14 Rédaction en ligne, L inflation en Belgique quasi inchangée en avril ; NordEclair ; 29/04/2009 à 12h21. 6
Références Livres [1] Pierre-Guillaume Meon, Introduction à la macoréconomie (syllabus ULB), année académique 2008-2009. Articles et sites consultés [2] AFP ; La BCE lance son opération principale de refinancement ; Les Échos ; 23/03/09-16H36 [3] AFP ; Wall Street se réjouit du plan Geithner ; Le Soir ; 23 mars 2009, 21 :26 [4] AFP ; Baisse record du PIB de la zone euro ; 13/02/2009 [5] A.L et BELGA ; L économie belge pourrait régresser de 2.7%, le Soir ; 19/03/2009 17 :10 [6] Belga ; Les banques se défendent d accorder moins de crédits aux entreprises ; La libre Belgique ; Le 16/03/2009 à 15 :04 [7] Institut des Comptes nationaux, SPF Économie, PME, Classes moyennes et Énergie et Banque ; 6/03/2009 ; publié sur www.belgium.be [8] Marc Touati ; La récession dans la zone euro : pire qu aux États-Unis ; ACDEFI ; 22/02/2009 [9] Nationale de Belgique ; SPF Economie, PME, Classes moyennes et Energie ; 11/02/09 23 :00 [10] Rédaction Exonération fiscale ; Historique des taux directeurs de la BCE ; 14 janvier 2009 15 : 35 [11] Rédaction en ligne ; La BCE s apprête à baisser son taux à un niveau inédit ; Le Soir ; 21/02/2009, 13 :10 [12] Rédaction en ligne, L inflation en Belgique quasi inchangée en avril ; NordEclair ; 29/04/2009 à 12h21 [13] Tef, Le chômage explose en Belgique ;Trend ; 8/04/2009 ; publié sur www.lepeuple.org 7
Annexe A Les chiffres-clés de l économie belge Source : Institut des Comptes nationaux, SPF Économie, PME, Classes moyennes et Énergie et Banque Nationale de Belgique ; 11/02/09. B Les principaux taux directeurs Source : AFP ; 6/03/2009. 8
C Historiques des taux directeurs de la BCE Date Taux directeur Évolution 15/01/2009 2,00% 0,5 baisse des taux 04/12/2008 2,50% 0,75 baisse des taux 06/11/2008 3,25% 0,50 baisse des taux 08/10/2008 3,75% 0,50 baisse des taux 03/07/2008 4,25% 0,25 hausse des taux directeurs 06/06/2007 4,00% 0,25 hausse des taux directeurs 08/03/2007 3,75% 0,25 hausse des taux directeurs 07/12/2006 3,50% 0,25 hausse des taux directeurs 05/10/2006 3,25% 0,25 hausse des taux directeurs 03/08/2006 3,00% 0,25 hausse des taux directeurs 08/06/2006 2,75% 0,25 hausse des taux directeurs 02/03/2006 2,50% 0,25 hausse des taux directeurs 06/12/2005 2,25% 0,25 hausse des taux directeurs 05/06/2003 2,00% 0,50 baisse des taux 06/03/2003 2,50% 0,25 baisse des taux 05/12/2002 2,75% 0,50 baisse des taux 08/11/2001 3,25% 0,50 baisse des taux 17/09/2001 3,75% 0,50 baisse des taux 30/08/2001 4,25% 0,25 baisse des taux 10/05/2001 4,50% 0,25 baisse des taux 05/10/2000 4,75% 0,25 hausse des taux directeurs 31/08/2000 4,50% 0,25 hausse des taux directeurs 08/06/2000 4,25% 0,50 hausse des taux directeurs 27/04/2000 3,75% 0,25 hausse des taux directeurs 16/03/2000 3,50% 0,25 hausse des taux directeurs 03/02/2000 3,25% 0,25 hausse des taux directeurs 04/11/1999 3,00% 0,50 hausse des taux directeurs 08/04/1999 2,50% 0,50 baisse des taux 01/01/1999 3,00% Source : Exonération fiscale ; 14 janvier 2009. 9