Etude : «Identification des IMF partenaires pour la mise en place de la ligne de crédit pour le financement des AGR (Activité 37)».

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1 Ministère du Commerce, de l Artisanat et du Tourisme (MCAT). Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). UNDAF Programme conjoint «Patrimoine, tradition et créativité au service du développement durable de la Mauritanie». Etude : «Identification des IMF partenaires pour la mise en place de la ligne de crédit pour le financement des AGR (Activité 37)». Rapport final Décembre 2009 Bureau d études : Appui aux Stratégies de Développement (ASD) ASD Microfinance, micros et petites entreprises Développement local à la base - Suivi évaluation des Projets Téléphones : (222) , , , Siège social Ilot L 101 ; Appart N 06 RC N :56 024/ ; CNSS N : ; RNC N : T ; CCIAM N : 487 1

2 PLAN DU RAPPORT Abréviations 03 Bibliographies 04 Remerciements 05 Synthèse 06 I. Contexte 09 II. Introduction 11 III. Objet de la mission 12 IV. Déroulement de la mission 12 V. Méthodologie utilisée 12 PARTIE I : Présentation générale du système financier 15 Mauritanien I.1 Système bancaire 15 I.2 Institutions de microfinance 16 I.2.1 Les caisses populaires d épargne et de crédit (CAPEC) 16 I.2.2 Mutuelle des associations féminines pour l épargne et le crédit 17 (MAFEC) I.2.3 Mutuelle féminine de solidarité d entraide d épargne et de crédit 17 (MFSEEC) I.2.4 Caisse d épargne et de crédit Djikke Mutuelle (CECD-M) 18 I.2.5 Mutuelles d investissements et de crédit oasiens (MICO) 18 PARTIE II : Constats et observations 20 II.1 Les banques commerciales 20 II.2 Les institutions de microfinance 23 PARTIE III : Analyse des IMF et agences des Banques 27 III.1 Caisses populaires d épargne et de crédit (CAPEC) de kiffa et 27 d Atar III.2 Les agences des banques 32 III.3 Mutuelle féminine de solidarité d entraide d épargne et de crédit 33 (MFSEEC) III.4 Caisse d épargne et de crédit Djikke Mutuelle (CECD-M) 37 III.5 Mutuelle des associations féminines pour l épargne et le crédit 40 (MAFEC) III.6 Mutuelle d investissement et de crédit de l oasis (MICO) de 41 Legrane III.7 Mutuelle d investissement et de crédit de l oasis (MICO) de 44 Ouadane PARTIE IV : Les attentes du public cible du Programme 48 PARTIE V : Propositions et recommandations 49 PARTIE VI : Les annexes 59 2

3 Abréviations ANAPEJ: Agence Nationale pour la Promotion de l Emploi des Jeunes AMPE Association Mauritanienne Pour l Emploi AGR Activité Génératrice de Revenue AG Assemblée Générale ASF Association de Services Financiers BCM Banque Centrale de Mauritanie BNM Banque Nationale de Mauritanie BCI Banque pour le Commerce et l Industrie BNP Banque Nationale de Paris BMCI Banque Mauritanienne pour le Commerce International BAMIS Banque Al wava Mauritanienne Islamique BAD Banque Africaine pour le Développement BDFG Banque de Développement Féminine du Gorgol CA Conseil d Administration CSLP Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté CAPEC Caisses Populaires d Epargne et de Crédit CECD-M Caisse d Epargne et de Crédit Djikke Mutuelle CECA Caisses d Epargne et de Crédit des Artisans CECEL Caisse d Epargne et de Crédit pour l Elevage DID Développement International Desjardins FIDA Fonds International de Développement Agricole GBM Banque Générale de Mauritanie GTZ Coopération Technique Allemande IMF Institution de Micro Finance IDM Initiative pour le Développement en Mauritanie MAFEC Mutuelle des Associations Féminines pour l Epargne et le Crédit MFSEEC Mutuelle Féminine de Solidarité d Entraide d Epargne et de Crédit MICO Mutuelle d Investissement et de Crédit Oasien MPE Micro et Petite Entreprise OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OXFAM Organisation d aide humanitaire PDDO Programme de Développement Durable des Osais PRP Programme de Réduction de la Pauvreté PRECAMF Programme pour le Renforcement des Capacités de la Microfinance PROCAPEC Agence de Promotion des Caisses Populaires d Epargne et de Crédit PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement SAFE 2000 Système d exploitation des Coopératives d épargne et de crédit DID SGM Société Génale de Mauritanie UNFPA Fonds des Nations Unies pour la Population UNESCO L Organisation des Nations Unies pour l Education, la Science et la Culture UNDAF Plan cadre des Nations Unies pour l Aide au Développement UPF Unité de Participation Financière 3

4 Bibliographies: - Document Programme «Tradition, patrimoine et créativité au service du développement durable en Mauritanie» - Les Banques Commerciales: Nouveaux Acteurs dans le Monde du Micro financement - Ordonnance N 005/2007, portant réglementation de la Microfinance - Instructions du Gouverneur de la Banque Centrale N 07, 08, 09 et 10/2007, portant conditions d agrément et normes prudentielles et de gestion des IMF - Stratégie nationale sur la microfinance - Document du Programme «Tradition, patrimoine et créativité au service du développement durable en Mauritanie» - Diagnostic des IMF partenaires du PRECAMF - Diagnostic du réseau des MICO - Audit des IMF en Mauritanie - Rapports d activités des IMF - Evaluation des capacités des IMF à mettre en œuvre un programme de financement des MPE / ANAPEJ 4

5 Remerciements Le Bureau tient à remercier l ensemble des personnes rencontrées pour leur soutien et surtout pour l intérêt qu elles ont bien voulu porter à son travail et les informations qu elles ont pu lui communiquer. 5

6 Synthèse. Contexte. Depuis quelques années déjà que le Gouvernement mauritanien essaie de relancer le secteur du tourisme en Mauritanie en privilégiant la valorisation du patrimoine culturel en premier, tout en mettant en exergue les atouts et les qualités des paysages mauritaniens caractérisés par l immensité des déserts et l étendue des chaînes montagneuses de l Adrar et du Tagant. En effet, les wilayas ciblées représentent un potentiel culturel et touristique dont la valorisation doit permettre de relancer les économies locales tout en favorisant l intégration économique des populations les plus pauvres et les plus fragiles notamment les femmes et les jeunes et ceci à travers l exploitation de microprojets touristiques et culturels en tenant comptes des spécificités et potentialités touristiques et culturelles de chaque wilaya. Afin d accélérer l atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et en appui aux efforts engagés par le gouvernement mauritanien en matière de lutte contre la pauvreté, de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel national, le système des Nations Unies, à travers 3 agences PNUD, UNESCO, UNFPA et en partenariat avec les autorités nationales ainsi que la société civile, met en œuvre un programme intitulé : «Tradition, patrimoine et créativité au service du développement durable en Mauritanie». Objectif. L objectif principal de l étude est de permettre aux institutions responsables de choisir les structures de financement qui seront partenaires du Programme pour abriter et gérer la ligne de crédit pour la mise à disposition de microfinancement pour des Activités Génératrices de Revenus (AGR) dans les régions d intervention du programme (Nouakchott, Adrar et Assaba) Résultats de l étude : L analyse menée s est basée sur l exploitation des documents, les rencontres avec les acteurs et partenaires concernés ainsi que sur les informations et données collectées lors des missions de terrain en Assaba et en Adrar. L intérêt s est porté sur les banques commerciales, les institutions de microfinance ainsi que les populations bénéficiaires. Pour chacune de ces catégories, les principaux constats en termes de diagnostics s établissent comme suit : Système bancaire : concerne les banques présentes notamment en Adrar et en Assaba : BNM, BMCI, BCI et la BAMIS. 1. Dans leur situation organisationnelle actuelle, les banques commerciales sont résolument tournées vers le système bancaire 6

7 classique et peuvent difficilement adapter leurs produits financiers aux besoins des clients démunis. 2. Elles n ont pas une forte envie de se lancer dans la microfinance : elles invoquent : - des coûts d exploitations importants pour des marges faibles ; - absence à leur niveau des ressources humaines internes compétentes en matière de Microfinance 3. Certaines d entre elles invoquent des arguments spécifiques liés à des expériences antérieures qui n ont pas très bien fonctionné. Les Institutions de Microfinance : 1. Généralement, l offre des IMF est limitée à des services d épargne et de crédit. Toutefois, on constate que certaines d entre elles offrent désormais de nouveaux produits spécifiques d épargne, de crédit et surtout d assurances. Elles développent aussi d autres services non financiers tels que l éducation, la sensibilisation etc. 2. Les crédits non adaptés sont à l origine, pour partie au moins, des difficultés de recouvrement des créances ; ils sont même considérés parfois comme étant la cause d un appauvrissement des sociétaires. 3. En définitive, il semble évident que les IMF n ont pas réussi à exploiter avec efficience les potentialités économiques propres à leur milieu. En outre, les contraintes légales en matière de plafonnement des crédits découragent les velléités innovantes de certaines IMF. Populations bénéficiaires. Les entretiens avec les différents bénéficiaires ont montré l importance de la mise en place de cette ligne de crédit, qui leurs permettra de : 1. trouver un outil de financement de proximité, adapté aux besoins et réalités des investisseurs dans ce domaine. 2. financer les besoins en matières premières pour les artisans, faire des aménagements dans les locaux des auberges et procéder au changement de quelques équipements vétustes. 3. accéder à des services financiers moins onéreux et moins exigeants que ceux proposés par les banques commerciales. Recommandations : Sur la base de ce diagnostic et au regard des objectifs de mise en place de la ligne de crédit pour le financement d activités génératrices de revenus dans le cadre du projet, les institutions ci-dessous ont été recommandées pour chacune des zones d intervention : 7

8 Liste des institutions partenaires sélectionnées par wilaya: Zone IMF Nouakchott - CECD-M - MFSEEC - PROCAPEC Adrar - PROCAPEC - MICO Ouadane Assaba - PROCAPEC Par ailleurs, pour assurer l efficacité et la pérennité de cette intervention, des recommandations relatives aux besoins de renforcement des capacité aussi bien des populations bénéficiaires que des IMF devant abriter la ligne de crédit ont été faites. Renforcement des capacités des IMF: La gouvernance des IMFs La méthodologie de gestion, de suivi et de contrôle des opérations L octroi des crédits La gestion des impayés La gestion des risques opérationnels La gestion d une ligne de crédits Montage et suivi des projets Montage et analyse de la demande de crédit Suivi et évaluation des projets Renforcement des capacités des bénéficiaires: Rôle, pouvoir des bureaux des associations d artisanats et du tourisme et leurs relations avec les bénéficiaires de la ligne Relation des bénéficiaires de crédit avec l IMF, le Programme, l opérateur, la commune et l autorité locale Procédures et critères d octroi des crédits Gestion et orientation des excédents de trésorerie Procédures de suivi et évaluation des activités Méthode de l autoévaluation Procédure de gestion, de suivi et d entretien des microprojets Les fiches de suivi et de contrôle interne Méthode de collecte des données de la situation trimestrielle et annuelle de chaque microprojet. 8

9 I. Contexte : Depuis quelques années déjà que le Gouvernement mauritanien essaie de relancer le secteur du tourisme en Mauritanie en privilégiant la valorisation du patrimoine culturel en premier, tout en mettant en exergue les atouts et les qualités des paysages mauritaniens caractérisés par l immensité des déserts et l étendue des chaînes montagneuses de l Adrar et du Tagant. En dépit du décollage de l activité touristique et de la forte fréquentation observée depuis le début de ce siècle, il est malheureux de constater que les populations locales subissent les effets et les conséquences néfastes du tourisme sans que l impact économique de ce secteur ne leur profite. En effet, les wilayas ciblées représentent un potentiel culturel et touristique dont la valorisation doit permettre de relancer les économies locales tout en favorisant l intégration économique des populations les plus pauvres et les plus fragiles notamment les femmes et les jeunes et ceci à travers l exploitation de microprojets touristiques et culturels en tenant comptes des spécificités et potentialités touristiques et culturelles de chaque wilaya. L Adrar : Située au Nord du pays, la wilaya dispose d une économie essentiellement tournée vers l agriculture à travers l exploitation de ses innombrables oasis ; en effet, en plus de l exploitation du palmier dattier (de loin le plus productif en Mauritanie) les oasis permettent aussi une agriculture maraichère irriguée devenue largement commercialisée dans les grands centres urbains à Nouakchott et à Nouadhibou. Outre ces atouts économiques la wilaya est dotée par des sites historiques et des paysages qui en font une destination très sollicitée et de plus en plus visitée par des flux de touristes venus de divers pays. Dans ce cadre, les villes touristiques de Chinguetti, de Ouadane et de Azougui sont prisées au regard de l histoire qu elles reflètent à travers les sites historiques mais aussi et surtout à travers les innombrables sites culturels vieux de plusieurs siècles ; il en est ainsi des minarets des mosquées et des bibliothèques Cette affluence a été facilitée par l existence d un aéroport à Atar, une infrastructure hôtelière (à Atar notamment) relativement «développée». L Assaba : Située au Sud Est du pays, la wilaya se présente comme la 3 ème wilaya la plus peuplée après Nouakchott et le Trarza. Son économie est centrée autour d une forte activité commerciale et une forte activité d élevage ; L agriculture est essentiellement constituée d une agriculture sous pluie dont le rendement est essentiellement de subsistance. En dépit du fait que la wilaya compte la plus grande population de palmiers dattiers dans le pays, il n en demeure pas moins que son exploitation est quasiment inexistante. Toutefois, depuis quelques années et grâce à l intervention du Programme de Développement 9

10 Durable des Oasis (PDDO), certaines oasis ont commencé à optimiser leur rendement en intégrant l agriculture maraichère dont la commercialisation est assurée dans les grandes villes de la wilaya et les autres wilayas voisines. Sur le plan touristique la wilaya dispose de quelques paysages constitués des chaines montagneuses de l Assaba et de l Affolé ; sur le plan culturel, la wilaya est réputée pour le rayonnement, sur le plan national et international, de ses mahadras et de son artisanat dont les produits son écoulés sur les marchés locaux de toutes les grandes villes du pays. Nouakchott : C est la capitale politique du pays depuis l indépendance ; elle a été fondée en 1958 sur une étendue désertique soumise à un climat relativement clément grâce aux effets conjugués des alizés maritimes et des Açores. Cette situation a rendu la ville de Nouakchott pour une certaine catégorie de touriste de classe moyenne peu portée sur les longs safaris et les randonnées désertiques. En effet, le visiteur de Nouakchott y trouverait un condensé de la diversité culturelle du pays ; cette diversité est visible à travers la diversité culturelle, arabe et négro-africaine, de ses habitants. Nouakchott est aussi un grand centre d exposition de l artisanat venu de tous les coins du pays. Naturellement l offre hôtelière de la ville de Nouakchott est la plus importante, tant en quantité qu en qualité, sur le plan national. En outre, à partir de Nouakchott le visiteur pourrait accéder facilement aux autres sites non éloignés de la capitale notamment au niveau du Trarza (Parc de Diawling), au niveau de Dakhlet Nouadhibou (Bang d Arguin) et au niveau du Brakna (Lac d Aleg). 10

11 II. Introduction Afin d accélérer l atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et en appui aux efforts engagés par le gouvernement mauritanien en matière de lutte contre la pauvreté, de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel national, le système des Nations Unies, à travers 3 agences PNUD, UNESCO, UNFPA et en partenariat avec les autorités nationales ainsi que la société civile, met en œuvre un programme intitulé : «Tradition, patrimoine et créativité au service du développement durable en Mauritanie». Ce programme financé par le fonds pour l atteinte des OMD, mis en place par le Royaume d Espagne à travers le PNUD s inscrit dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) et le plan cadre des Nations Unies pour l Aide au Développement (UNDAF) en appui aux priorités et politiques nationales. Il vise la réalisation des quatre objectifs suivants : 1. L état du potentiel de développement des produits et services culturels est identifié et les modalités d interventions et de coordination sont définies, et prennent en compte la dimension genre ; 2. Les capacités nationales à créer et à promouvoir des entreprises culturelles sont renforcées ; 3. Les capacités et les moyens de gestion, de conservation et de valorisation du patrimoine culturel sont renforcés au niveau national et local ; 4. des activités génératrices de revenus sont développées expérimentées et diffusées dans le sillage du patrimoine culturel Ces quatre résultats se combinent pour atteindre l objectif global de promotion du potentiel de développement collectif et individuel, notamment pour les plus démunis, par la mise en valeur des ressources culturelles du pays. La présente étude s inscrit dans le cadre d un partenariat incluant le PNUD et le Programme «Tradition, Patrimoine et Créativité au Service du Développement Durable en Mauritanie», en vue de renforcer les capacités des populations les plus vulnérables, dont notamment les femmes et les jeunes, pour la promotion et la valorisation des produits et services liés au tourisme, à l artisanat et à la culture comme moyen de génération de revenus et pour mieux conserver le patrimoine mauritanien. A cet effet, le cadre d intervention a ciblé les zones d affluence touristique relativement importante ou disposant d un potentiel touristique avéré. IL s agit donc d aider à l émergence de certains microprojets qui concourent à la valorisation du patrimoine culturel et à l amélioration des conditions d accueil des touristes dans les zones cibles. 11

12 L objet donc de cette intervention est de corriger cette situation en mettant en place un système de financement proche et adapté aux capacités et aux besoins des populations. A cet effet, le PNUD a engagé cette étude pour l identification des institutions de Microfinance au niveau de Nouakchott, l Adrar et de l Assaba pour abriter et gérer une ligne de crédit pour le financement des microprojets dans le domaine du tourisme culturel. III. Objectifs de la mission L objectif principal de l étude est de permettre aux institutions responsables de choisir les structures de financement qui seront partenaires du Programme pour abriter et gérer les fonds disponibles et d officialiser le lien pour la mise en place effective des fonds. A cet effet, la mission s est s attelé à identifier les conditions générales préalables à la mise en place d un partenariat avec une institution quelconque, banque ou IMF. Dans ce cadre, la mission a définit une critériologie objective permettant au Programme de sélectionner dans la transparence totale les institutions capables de répondre à ses attentes en ce qui concerne la gestion d une ligne de crédit dédiée au développement du tourisme culturel en Mauritanie. Outre les soucis de transparence, les critères visent à garantir l efficacité et la pérennité de l intervention envisagée. IV. Déroulement de la mission La mission de terrain s est déroulée dans la région de Nouakchott du 27 septembre au 05 octobre 2009, en l Assaba du 8 au 15 octobre et en Adrar du 17 au 24 octobre auprès des banques commerciales ayant une représentation au niveau des wilayas ciblées par le Programme ainsi que les institutions de microfinance agréées et fonctionnelles selon l autorité de tutelle, en l occurrence la Banque Centrale de Mauritanie. C est d ailleurs pourquoi, la mission ne s est pas rendue au bang d Arguin du fait de l absence d institutions agréées qui seraient en mesure de contracter avec le Programme. Au cours de cette mission le consultant s est entretenu avec les responsables de la Direction de la Microfinance au sein de la BCM ainsi que les principaux responsables des structures suivantes : PRECAMF, PROCAPEC, ANAPEJ, le PDDO, la BNM, la BCI, la BAMIS et la BMCI ainsi que les dirigeants des IMF. V. Méthodologie utilisée La méthodologie a consisté à privilégier les rencontres avec les principaux dirigeants. L objectif de réunions est de permettre d expliquer séance tenante les objectifs de la mission et d écouter les responsables afin de mieux comprendre leurs attentes et leurs conditions. Cette méthode a l avantage de 12

13 nous faire gagner du temps et permet une collecte d informations rapide et pertinente. - Une réunion de travail avec le PNUD, les partenaires et acteurs impliqués dans la mise en œuvre du programme a été organisée pour préciser les objectifs et attentes des TDRs, cette réunion est suivie par la revue des documents et l exploitation des données disponibles sur les IMF existantes et fonctionnelles dans les régions cibles du projet. Cette réunion est complétée par d autres avec les banques locales particulièrement celles représentées dans la zones d intervention du programme et les parties prenantes du secteur de la microfinance à savoir la BCM, le PRECAMF et l ANAPEJ. Après cette étape de collecte de données pour avoir une information sur la situation générale du secteur de la microfinance notamment au niveau des zones d intervention cibles. Le consultant a procédé à la fin de cette étape à la présentation du rapport de la première semaine de travail incluant une première ébauche des critères de sélection des IMF ou banques partenaires. Cette critériologie sera la base de sélection des IMF partenaires. Il s agit des critères suivants : V. 1 Critères juridiques et institutionnels l agrément des autorités de tutelle : Ce critère est fondamental car le Programme ne saurait contracter avec des institutions dépourvues de la personnalité morale. En outre, il est synonyme de l existence d une certaine supervision assurée par les services de la Banque Centrale qui peuvent garantir ou attester de la fiabilité de l information financière et non financière communiquée éventuellement au Programme. La performance organisationnelle : Elle révèle l aptitude ou non de l institution à pouvoir se déployer afin de gérer correctement la ligne de crédit envisagée ; dans ce cadre, on souligne notamment la capacité de l institution à pouvoir assurer un suivi comptable et administratif des dossiers permettant éventuellement des contrôles ultérieurs mais aussi une organisation qui sécurise davantage les portefeuilles pour en assurer le recouvrement dans tous les cas de figure. La performance financière : Elle traduit la capacité de l institution à honorer ses engagements soit en étant solvable (pour les cas extrêmes de faillite par exemple) soit en étant rentable (capacité de remboursement générée par l activité propre de l institution). 13

14 V. 2 Les critères du marché La proximité / la capacité d intervention dans les zones cibles du programme : C est un critère important mais non suffisant. Il ne peut être considéré favorable que dans la perspective de départager deux institutions ayant des performances similaires ou voisines ; La nature des activités financées par l institution partenaire et les conditions de financement : cela permet d identifier les prédispositions propres à chaque institutions qui la rendent mieux outillée et mieux préparée à accompagner une nouvelle clientèle différente mais pas totalement de sa clientèle propre. Dans ce cadre, on peut par exemple privilégier une institution qui opère habituellement dans le secteur du commerce ou de l habitat, sur une autre traditionnellement tournée vers l élevage ou l agriculture. L expérience dans la gestion des lignes de crédit : Naturellement, il s agit d un atout car il signifie qu aussi bien les dirigeants et les outils de gestion de l institution sont en mesure de prendre en charge toute nouvelle ligne de crédit en aménageant légèrement leurs organisations et leurs procédures. V.3 Le coût du partenariat Les conditions exigées par l institution partenaire : Ce critère est capital dans la perspective d une évaluation basée sur le rapport qualité prix qui serait déterminant dans le choix et la sélection des institutions partenaires. - La conception et l élaboration d un questionnaire détaillé pour le diagnostic de la situation des IMF au niveau des régions ciblées par le programme et cela afin de faire ressortir les caractéristiques organisationnelles, fonctionnelles et financière des IMF ainsi que les forces et faiblesses du système. Il s agira d évaluer l environnement socioéconomique et de dégager les caractéristiques organisationnelles propres à chaque institution, de manière à nous permettre d exprimer une opinion neutre et professionnelle sur la situation fonctionnelle et financière générale de chaque institution. L objectif est de réunir le maximum de données financières et opérationnelles en vue de calculer les ratios prudentiels et les ratios de gestion permettant d obtenir un classement des institutions. 14

15 PARTIE I : PRESENTATION GENERALE DU SYSTEME FINANCIER MAURITANIEN Le système financier en Mauritanie est composé essentiellement d un système bancaire classique et d un secteur microfinancier relativement jeune dédié au financement des activités pour une population généralement exclue du système bancaire. Ce système est soumis à la tutelle technique de la Banque Centrale qui l exerce à travers une réglementation spécifique à chacune des composantes. C est ainsi que le secteur bancaire est règlementé par l ordonnance bancaire N 007/2007 et le secteur de la Microfinance est règlementé par l ordonnance N 005/2007. Ces différentes lois sont complétées par des textes d application édictés par la Banque Centrale portant sur la définition des conditions particulières propres à garantir le développement du secteur financier d une manière générale. La Banque Centrale veuille à l application des dispositions légales et règlementaires à travers la direction générale de la Supervision Bancaire et financière subdivisée en un contrôle permanent sur pièces et un contrôle sur place. I.1 Système bancaire Longtemps absentes des villes des wilayas à l intérieur du pays, les banques commerciales observent aujourd hui une stratégie de couverture du territoire en effectuant des investissements lourds en équipements et en ressources humaines, et cela sans concertation apparente. Elles se font ainsi une forte concurrence au niveau des capitales des wilayas voir dans quelques départements. Toutefois, cette nouvelle offre de service n a pas ciblé, prioritairement, les micros projets ; elle a été plutôt orientée vers les entreprises, les commerçants, les fonctionnaires, avec un accent particulier sur le financement de l habitat et du commerce. Cette attitude est dictée par les exigences des pratiques bancaires professionnelles et règlementaires en matière de garanties. Cependant il existe une réelle sensibilité à la lutte contre la pauvreté et à la diffusion de services financiers en milieu typiquement vulnérable qu il convient de ne pas prendre comme un engagement totalement désintéressé, mais comme une base positive pour engager une collaboration équilibrée dans laquelle chaque partie trouverait ses intérêts. Ce système bancaire en Mauritanie, composé de dix banques primaires, est encore peu développé. Il s agit de: BNM BCI BMCI GBM BAMIS BACIM BANK CHINGHUITI BANK BANQUE El AMANA 15

16 BNP PARIBAS SGM Seules la BCI, la BNM, la BMCI et la BAMIS sont représentées dans les différentes zones d intervention du Programme En dépit des récentes mesures d ouverture du marché national aux banques étrangères, le marché national demeure insuffisamment couvert par l offre des banques déjà agrées. Les banques sont restées très prudentes vis-à-vis des clients potentiels énormes que constituent le public cible des Institutions de Microfinance. La présente mission du Programme contribuerait, peut être, à faire rapprocher les banques de cette clientèle favorisant ainsi une amélioration quantitative et qualitative de l offre bancaire classique. En effet, nous estimons que les préjugés des banques sur les effets d une ouverture en direction des populations les plus pauvres sont fondés uniquement sur leur propre ignorance de ce secteur. Le programme doit se rapprocher de ces banques afin d identifier leurs craintes et de voir dans qu elles mesures il peut contribuer à aplanir leurs inquiétudes. IL serait utopique de croire que le tourisme saurait se passer de l offre bancaire pour son décollage. I. 2 Les Institutions de Microfinance Ce secteur est de création relativement récente en Mauritanie. Après des expériences éphémères au tout début des années 90 (IDM et AMPE), l Etat mauritanien a jeté les bases d un secteur financier à travers la promotion des CAPEC mais aussi et surtout grâce à la mise en place d un cadre légal et règlementaire du secteur. C est ainsi que plus de 85 IMF sont aujourd hui agréées par la Banque Centrale et servent plus de 200 Milles bénéficiaires. Le développement de ces institutions, représente un axe fondamental de la stratégie du Gouvernement dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et un vecteur essentiel de la reforme engagée pour le renforcement et la diversification du système financier national. Cet axe revêt une importance particulière eu égard au rôle joué par les IMF dans le développement d une culture d épargne et de financement des Micros et Petites Entreprises (MPE) et des Activités Génératrices de Revenus (AGR) au profit des populations qui n ont pas accès aux services bancaires. Le secteur de la Microfinance, dans la zone d intervention du Programme comprend notamment : I.2.1. Les Caisses Populaires d Epargne et de Crédit (CAPEC) Ce réseau créé en 1997, d une dimension nationale, couvre la zone d intervention du projet avec 18 Caisses à Nouakchott, 4 en Assaba et une en Adrar. Ces caisses sont organisées dans le cadre d un réseau animé par une Agence nationale de promotion des CAPEC (La PROCAPEC) ; cette institution s est fortement développée ces dernières années mais connaît actuellement certaines difficultés d ordre financier liées à une mauvaise gestion. Toutefois, il semble que l Etat mauritanien est en train de mettre en 16

17 place un plan de redressement du réseau. Ce réseau est doté de procédures comptables et d une politique de crédit édicté par le mouvement Développement International Desjardins (DID), opérateur technique du réseau depuis sa création en L ensemble des CAPEC à Nouakchott sont informatisées et sont gérées par le système SAFE 2000 conçu par DID. I.2.2 Mutuelle des Associations Féminines pour l Epargne et le Crédit (M. AFEC) La Mutuelle des Associations Féminines d Epargne et de Crédit (M-AFEC) a été créée en 1994 pour répondre à des besoins exprimés par un groupe de femmes confronté aux problèmes de sécurisation de l épargne et d accès au crédit. Elle s appuie sur un capital d expériences issues de formes associatives traditionnelles. L association féminine pour l épargne et le crédit (Endaam M.AFEC), a commencé ses activités de microfinance en 1995, en tant que tontine et s est transformée en mutuelle d épargne et de crédit en Elle est basée à Nouakchott et opère dans les Wilaya du Brakna, de Nouadhibou et du Gorgol. Elle a pour objectif principal d améliorer la forme d organisation des tontines traditionnelles et la création d un outil de financement adapté aux besoins des femmes cibles. L approche adoptée vise la révision de l organisation interne des tontines et des autres associations traditionnelles afin de : 4. Mobiliser l épargne des femmes ; 5. Faciliter l accès des femmes aux services financiers ; 6. Contribuer à l éducation économique et financière des femmes 7. Promouvoir une micro assurance féminine novatrice ; 8. Contribuer au renforcement des capacités entrepreneuriales des femmes. Pour sensibiliser et animer les sociétaires de la caisse sur les bonnes pratiques (finance, gestion, commerce, santé, etc.). La mutuelle a désigné pour cette fin (hors ces instances classiques de gestion) un comité spécialisé constitué des communicatrices traditionnelles, formées sur les techniques d animation de groupe et de sensibilisation pour le changement des mentalités. I.2.3 Mutuelle Féminine de Solidarité d Entraide d Epargne et de Crédit (MFSEEC) La Mutuelle Féminine de Solidarité, d Entraide, d Epargne et de Crédit (MFSEEC), a été créée à l initiative d un groupe de femmes issues de différents quartiers de Nouakchott (El Mina, Sebkha, Teyarett, Tevragh Zeïna, Riadh) et de Rosso. Aujourd hui, elle a deux antennes l une à Nouakchott et l autre à Rosso. Deux autres antennes sont prévues à Kaédi et en milieu péri urbain de Nouakchott. 17

18 La MFSEEC est un réseau de mutuelles offrant des services financiers (épargne et crédit) et non financiers (formation, alphabétisation, santé de la mère et de l enfant, etc.). Elle est exclusivement féminine. La mission de la MFSEEC est de contribuer à la lutte contre la pauvreté afin d améliorer les conditions de vie des populations, notamment des femmes. Pour accomplir cette mission, la MFSEEC s est fixé les objectifs suivants : sentir le crédit. création d activités génératrices de revenus la pauvreté et le SIDA I.2.4 Caisse d épargne et de Crédit Djikke Mutuelle (CECD - M) La CECD-M est une Institution de Microfinance dont la première caisse opérationnelle depuis 2002 a été agrée au titre de la loi et ses textes d application édictés par la Banque Centrale de Mauritanie. Depuis cette première création, l institution n a pas cessé de rechercher les voies et moyens pour devenir un réseau dont l objectif à terme est de couvrir le territoire national, afin de permettre aux populations des milieux exclus des services financiers classiques d accéder à ses services. CECD-M intervient dans toutes les Moughataa de Nouakchott et a deux Agences opérationnelles : l une à Kaédi et l autre à Sélibaby. Elle est entrain de constituer un réseau pour ses caisses. Elle prévoit dans le cadre du partenariat avec le PRECAMF d ouvrir deux caisses rurales à Djewel et Lexeiba au gorgol. Pour accomplir cette mission, la CECD-M s est fixé les objectifs suivants : - La collecte de l Epargne: - L octroi des crédits à travers deux types (classiques et islamiques) - Le transfert d argents - L assurance vie I.2.5 : Les Mutuelles d Investissements et de crédit oasien (MICO) Le réseau des Mutuelles d Investissement et de Crédit Oasien (MICO) a été créé par le Projet Oasis phase II ( ). Il est crée avec l appui du FIDA sur le modèle des ASF. Le réseau est étendu aux cinq wilayas oasiennes : Adrar (22), Tagant (19) Assaba (15) et les deux hodhs (11). Il comprend adhérents. Toutefois, le réseau n est pas encadré par une structure faîtière ou n importe qu elle autre structure d animation centrale, à l image de la PROCAPEC. Il bénéficie tout au plus de l assistance d un service rattaché au PDDO. Depuis quelques années, le réseau connaît des difficultés sérieuses qui font craindre 18

19 le pire, à savoir la cessation de l activité. Actuellement, il nous a été impossible de trouver un interlocuteur qui accepte de mettre à notre disposition les informations les plus récentes. Il semble même que les travaux de fin d années n ont pas été réalisés depuis quelques années. 19

20 PARTIE II. CONSTATS ET OBSERVATIONS II. 1 les Banques commerciales Le diagnostic mené s est attelé à établir un état des lieux global, tout en mettant l accent sur les banques présentes dans les zones d intervention du projet : BNM, BMCI, BCI et la BAMIS. Il s agit de faire ressortir leurs expériences dans des partenariats similaires, leurs performances antérieures, leurs capacités d intervention dans les zones visées, bref, leur positionnement par rapport aux attentes définies dans les TDR s. Notons que la BAMIS n a pas voulu ouvrir une discussion avec nous, arguant du fait qu elle n est absolument pas intéressée. Dans ce cadre, nous avons été amenés à faire les constats suivants : 9. Dans leur situation organisationnelle actuelle, les banques commerciales sont résolument tournées vers le système bancaire classique et peuvent difficilement adapter leurs produits financiers aux besoins des clients démunis. 10. Elles n ont pas une forte envie de se lancer dans la microfinance : elles invoquent : 11. des coûts d exploitations importants pour des marges faibles ; 12. absence à leur niveau des ressources humaines internes compétentes en matière de Microfinance 13. Certaines d entre elles invoquent des arguments spécifiques liés à des expériences antécédentes : 14. La BCI a fait l expérience de la gestion d une ligne de crédit en faveur d un public microfinancier, en partenariat avec la GTZ, et l opération s est soldée par un échec dû au non adaptation du crédit avec les spécificités de la Microfinance et l absence d un accompagnement des bénéficiaires. ; 15. La BNM a géré plusieurs lignes de crédit en Microfinance pour différents partenaires ; toutefois, la gestion effective de la ligne est confiée au partenaire à qui revient la charge de l identification des bénéficiaires et la réalisation des études de faisabilités et la banque donne sont avis parfois sur la solvabilité de l emprunteur. Il s agit en fait de ressources affectées qui n engagent pas les ressources propres de la Banque en cas d impayés. Ces trois banques ont signalé leur intéressement à gérer cette ligne de crédit avec des taux divers : BNM de 14 16% ; la BCI de 12 à 16% et la BMCI de 12 19% qui seront calculé sur le montant du portefeuille crédit. Elles avancent d autres conditions qu elles mettront sur la table lors d une négociation finale. Ces conditions pourraient concerner la nécessité d une assistance technique du projet pour participer à tout le processus de mise en 20

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