Édito. Retrouvons-nous dans les luttes! Solidaires. Nous luttons pour une autre école! Nous luttons pour une autre société!

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1 itinéraires S o l i d a i r e s U n i t a i r e s e t D é m o c r n a 39 tjanvier-février i q u e2005 s itinéraires le journal de SUD Éducation Ain Rhône Loire bimestriel nouvelle série n 39 janvier-février 2005 Édito Loi d orientation pour l école, loi d orientation pour la recherche et l innovation, accords police-éducation nationale, culture de résultats, baisse des moyens, réduction de postes, formation professionnelle pilotée par le Medef, flicage et caporalisation du personnel, orientation précoce, notes de conduite, attaques sur les enseignements artistiques, les langues, l EPS, la SES, la philo Nous luttons pour une autre école! Loi Borloo, loi d orientation relative aux lois de finances, précarité, flexibilité, rentabilité, chômage, misère, casse des services publics, de la retraite, de la sécu, baisses d impôts pour les riches, marchandisation de la culture, décentralisation, loi de «prévention de la délinquance» Nous luttons pour une autre société! Les médias nous mentent et martèlent qu il est inutile de nous battre pour nos droits, pour la justice sociale, et la solidarité. Malgré les obstacles, modestement, opiniâtrement, des femmes et des hommes refusent de courber l échine. Les luttes se multiplient partout, elles doivent converger. Leur réussite dépend de chacun-e d entre nous, ici et maintenant. Retrouvons-nous dans les luttes! SUD Éducation 10 rue du Gazomètre Lyon tél ou page 1 n CPPAP : 900 S 5020 SUD Éducation est membre de l'union syndicale Union syndicale Solidaires

2 itinéraires n 39 janvier-février 2005 l o i F i l l o n À propos de la «culture de résultats» Le projet du ministre Fillon entend développer la «culture de résultats», dans la continuité des précédentes «réformes» de l école. De la culture? Avec le principe du socle commun, il ne s agit plus vraiment de culture pour bon nombre d élèves plutôt d un kit de savoirs. Par exemple en lycée, éviction du socle, entre autres, de l histoire-géographie et de 1 EPS, disciplines pourtant nécessaires à la formation intellectuelle et au développement de la personnalité. M. Fillon aurait-il puisé dans l exprojet Allègre voulant instaurer le «lycée light», combattu par le mouvement enseignant et lycéen de 1999? En guise de culture, est prévu le déploiement du «contrôle social» (cf Foucault) par l arrivée d une «note de conduite» dans les collèges, et le renforcement de la présence policière. Surtout, en fait de culture, il s agit d inculquer des habitus. «L habitus est la disposition socialement acquise» à penser et faire quelque chose, d après la notion utilisée par Bourdieu. Disposition plus ou moins intériorisée, incorporée par les individus ; aptitude instituée pour produire ici des «résultats». Une réforme, une refonte de l école s imposent en effet au vu de graves échecs de l Éducation nationale : par exemple, celui de l illettrisme, concernant en % d élèves de CM2, selon les données officielles (Le Monde du 24 septembre 2004). Le modèle de l entreprise Mais le projet Fillon n est pas une réforme : il est une contre-réforme, un renforcement du bradage de l école publique par l imposition d habitus venus d ailleurs. Vu qu il est impossible dans cet article d évoquer tous les aspects de la «culture de résultats», disons simplement que, depuis les années 80, sous le règne du libéralisme, l entreprise, privée de préférence, est donnée comme le modèle universel devant régir la vie de toute la population. Le projet de loi est l écho du modèle «entrepreneurial» («patronal» ayant mauvaise presse, faisant ringard, comme le CNPF devenu le MEDEF), avec la dérive technocratique correspondante et tous les procédés pseudo scientifiques du genre. Ainsi, sont entrés à l école la manie de «l évaluation», de la «prévision», le culte de l outil informatique, etc. Les ministères Chevènement et Allègre ont fixé, le premier, l objectif de 80 % d une classe d âge au baccalauréat (sans les mesures pour ne pas le dévaluer), le second, le «zéro défaut pour l école». Le projet Fillon multiplie les objectifs chiffrés, jusqu à l absurde : «d ici à 2010, [ ] plus 20 % de bacheliers généraux parmi les enfants des familles défavorisées, [ ] plus 20 % de jeunes filles dans les séries scientifiques générales et technologiques [ ]. Un véritable plan quinquennal, qui risque de pousser les cadres intermédiaires à faire du chiffre», écrit Libération le 13 janvier Usinage et écrémage La «culture de résultats» pour l école signifie que l enfant, l élève, le jeune sont une matière première minerai de fer, semences! que l enseignant formaté devra transformer en produit fini, calibré, monnayable sur le marché du travail ou voué au chômage. Sottise et cruauté de cette société déshumanisante! Sur fond de concurrence mondiale féroce, le projet Fillon participe aux mesures patronales et gouvernementales de baisse du coût du travail et de déqualification d une partie des salariés actuels et futurs. Du côté des personnels, par exemple, remplacement de collègues absents dans le secondaire, poursuite du recrutement de précaires, alors qu en 2003, un tiers des emplois de la Fonction publique le sont déjà! Du côté des élèves, entre autres, éviction du système scolaire de collégiens et d élèves de LP, tous venant des familles les plus pauvres, avec l annonce de l augmentation de 50 % du nombre d apprentis d ici 2010 (Libération du 13 janvier 2005). Preuve supplémentaire qu il y a bien anguille sous roche dans la «culture de résultats», le projet de loi se réfère pour la première fois à la déclaration du Conseil européen de Lisbonne de mars En voici un aperçu juteux : «devenir l économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde.» Les mots sont des idées (Gramsci) «La culture des résultats» reprise par le projet Fillon correspond aux intérêts bornés des dominants économiques et politiques : mots, actes, habitus, fignolés et relayés par toute une série de pseudo-penseurs et «grands communicateurs», proches de ceux dépeints par Orwell dans FC page 2

3 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Les LP l ont dans l Fillon! l o i F i l l o n Pour présenter son projet de loi, Fillon a parlé de la «revalorisation de la filière professionnelle». Comment faut-il traduire ce langage ministériel en langage courant? Comment cette revalorisation va-t-elle s appliquer dans notre académie? Pour nous aider à comprendre, la pierre de Rosette nous est fournie généreusement par le recteur Morvan. Un petit peu de dialectologie En effet, le Recteur, dans un premier courrier adressé à toute la hiérarchie (IA/IEN/Proviseure-s) le 13/12/04, a dévoilé son «projet d évolution des structures des LP pour la rentrée 2005» qui nous aide à comprendre le mot revalorisation. Ce mot viendrait en effet de pozitivatitud qui signifie en dialecte poitevin «suppression, regroupement de filières ; le «Lycée des métiers*» t en veux pas, tu l auras quand même» : évolution de 44 structures dans l académie (7 dans l Ain, 14 dans la Loire, 23 dans le Rhône) et donc fermeture d une vingtaine de sections professionnelles, industrielles ou tertiaires soit 500 places élèves supprimées Dans ce même courrier il nous permet de mieux comprendre ce qu est la «filière professionnelle» qui est une traduction fidèle du vieux-lorrain production-en-flux-tendu-demain-d œuvre-docile-jetable-et-bon-marché puisqu il explique la nécessaire «adaptation de notre offre aux évolutions sociales et économiques de la région» et une «opération de recalibrage de flux» (la labellisation de CFA publics hors murs travaillant avec les lycées pro est déjà en cours dans la région Rhône-Alpes). On voit par ce langage la haute estime dans laquelle sont tenus les élèves, assimilables à des marchandises qui s échangent sur la marché de la formation rappelons que jusqu à nouvel ordre elles/ils sont encore «au centre du système» éducatif Dans un second courrier daté du 13/01/05 et adressé, lui, aux proviseur-e-s de LEGT et LP, le recteur nous permet de comprendre que la filière pro n est pas un concept isolé mais qu il est contenu dans un plus vaste champ, le second degré (lui-même englobé dans ce que certains dinosaures osent encore appeler l Éducation nationale, elle-même étant partie d un tout autrefois nommé service public**, etc.). Citons le plus largement possible la prose lumineuse de M. Morvan : «le budget 2005 a prévu la suppression de emplois d enseignants du second degré et emplois de non-titulaires. L académie de Lyon doit contribuer à cette solidarité nationale en restituant 181 postes. En outre, l endettement de l académie, au 31 décembre 2004, est évalué à 42 postes (déficit budgétaire). Le retour à l équilibre budgétaire me conduit donc à opérer un retrait total de 232 postes [ ]. S agissant des lycées professionnels, la dotation est diminuée de 48 emplois [ ]. Conscient de l effort qui vous est demandé dans un contexte budgétaire maîtrisé, je sais pouvoir compter sur le professionnalisme et le dynamisme qui caractérisent l ensemble des équipes de terrain.» Ouf! Les élèves ne seront pas les seuls à subir la revalorisation de la filière pro, les enseignant-e-s aussi, et avec eux l ensemble du personnel, ces dynamiques équipes de terrains si promptes à participer à la solidarité nationale en faveur des éclopés du libéralisme! en bon français Donc, «revalorisation de la filière pro», qu estce que ça veut dire? Un truc du style il faut adopter la positive attitude qui consiste à supprimer des filières ; empêcher les élèves d avoir accès à certaines formations délocalisées trop loin de chez eux ; leur nier le droit à choisir leur orientation ; leur nier le droit à l enseignement général pour en faire une main d œuvre docile, jetable et bon marché ; leur nier le droit à l évolution dans leur vie professionnelle et personnelle ; les mettre sous la coupe d un soi-disant marché du travail de plus en plus violent et déshumanisé ; rendre plus performant le tri social en envoyant le maximum de «mauvais-es» élèves en apprentissage (CFA public) ; opérer cette sélection le plus tôt possible ; mettre l enseignement professionnel à la botte des grandes entreprises ; hiérarchiser les LP (lycée des métiers) pour les mettre en concurrence et dévaloriser les diplômes offerts par les moins dociles ; favoriser l émergence de formations privées ; déqualifier la main d œuvre (y compris au détriment des PME!) ; précariser et mettre davantage sous pression le personnel, l inféoder aux diktats de l économie ; rendre toute tentative de pédagogie innovante ou émancipatrice impossible, si modeste soit-elle ; casser les LP qui ont permis à trop d élèves dits en difficulté scolaire de s insérer et d évoluer dans la société, à trop d équipes pédagogiques de travailler à leur réussite Le tout pour le plus grand bonheur de la caste libérale qui s acharne à réduire en poussière toute notion de service public et de solidarité. JMB * Inventé par Allègre, repris par Mélenchon Ferry et Fillon, le «Lycée des métiers» vise à labelliser les LP, donc à les hiérarchiser et à les soumettre aux diktats des économies locales. Il est pour l instant massivement rejeté par les personnels mais passe en force partout où cela est possible. ** Aujourd hui appelé SIG (Services d Intérêt Général) en eurolangue (voir directive Bolkestein). page 3

4 itinéraires n 39 janvier-février 2005 l o i F i l l o n Incidences sur les questions d orientation La philosophie générale du projet repose sur la fonction économique de l École. Le Monde du 13/01/O5 titre : «le projet Fillon oriente l école vers l Europe et l entreprise». En effet, il est clairement énoncé dans le texte du ministre de l Éducation nationale : «l école doit préparer les jeunes à trouver un emploi en France et en Europe». Ainsi, comme l écrit Christian Laval, chercheur et membre du comité scientifique d Attac, «Claude Thélot et François Fillon n ont fait en réalité que suivre le chemin dans lequel les gouvernements français de gauche comme de droite se sont engagés depuis longtemps, celui de la construction d une Europe d inspiration très libérale au sein de laquelle la connaissance est regardée principalement comme un facteur économique au service de la compétitivité». Un flou très artistique Les objectifs de la loi consistent en une adaptation du système scolaire aux besoins en emplois du marché du travail. Mais les mesures pratiques, le calendrier et les moyens pour atteindre ces objectifs restent très flous. On s interroge sur l organisation de la nouvelle 3ème et en particulier sur la matière «découverte professionnelle» (3 heures) : à qui s adresset-elle, par qui sera-t-elle prise en charge, et comment? On s interroge également sur la note de vie scolaire prise en compte dans le brevet. Par le biais du portefeuille de matières au choix de l élève, on établit une hiérarchie des matières enseignées au collège. L introduction des mentions dont on tient compte pour l affectation et pour l obtention d une bourse au mérite, donne au brevet une fonction discriminative. La revalorisation de l enseignement professionnel ne passe que par une augmentation des formations par apprentissage et le développement des bacs pro en trois ans, ceci à l issue d une classe de troisième dont le socle commun vise essentiellement à préparer au LEGT. Au lycée d enseignement général et technologique, le nombre des enseignements de détermination à choisir en 2nde se réduit à un (contre deux actuellement). On peut donc s attendre à une spécialisation plus précoce. D autre part, certaines spécialités de bac posent question, notamment la «communication» en bac L et l «initiation à la gestion d entreprise et au droit» en bac ES. La place des parents La volonté annoncée de faire entrer les parents dans l école est prévue selon des modalités qui n apportent pas de grands changements. Les moyens prévus existent déjà et ne vont pas répondre aux difficultés de ceux que l école impressionne. Il semblerait même que leur poids soit réduit sur les décisions de passage puisque le texte annonce que «le dernier mot, après échange avec la famille de l élève, reviendra au chef d établissement». Exit les procédures d appel? Les relations école/parents deviennent de plus en plus contractuelles. La seule réponse apportée pour les élèves en difficulté, c est le CIRE «Contrat Individuel de Réussite Educative» ce qui implicitement renvoie l échec scolaire à la responsabilité de l élève et de sa famille et plus seulement aux effets combinés d un contexte social, culturel, urbain ou économique. [Après amendement, le CIRE sera remplacé par le PPRS, Programme Personnalisé de Réussite Scolaire ; cet habillage cosmétique n'invalide pas notre analyse, NDLR.] L orientation des filles dans les filières scientifiques et techniques devient un vrai leitmotiv. Un objectif chiffré, encore une fois, est annoncé mais sans aucune considération quant aux moyens de l atteindre. L'avenir des COP et des CIO Quant aux CIO, leur rôle se restreint à la lutte contre les stéréotypes dans la représentation que les élèves ont des métiers et le COP perd son P pour redevenir simple CO. Ainsi, il n y a pas, dans cette loi, de considération directe des services d orientation mais ils sont concernés via les objectifs de la loi et les modifications du fonctionnement du système éducatif. Cette loi aura sans nul doute des incidences sur nos missions. Ce n est pas par hasard qu environ 150 CIO en France sont audités par deux Inspecteurs Généraux cette année. Ces audits vérifient la place et le rôle des COP dans les équipes éducatives et du CIO dans le district. Asphyxie budgétaire des services publics d orientation, état des lieux Suppression de 50 postes de COP au niveau national. 23 académies sont touchées : Paris : - 7,5. Lille, Dijon : -5,5. Nancy-Metz : - 5. Amiens, Nantes, Lyon : - 3,5. Recrutement des COP divisé par deux en 2 ans (de 280 à 140 postes aux concours). Fermeture de certains CIO. Des moyens de fonctionnement en réduction(photocopies, abonnements, factures ne pouvant parfois plus être payées, frais de déplacement non remboursés). Comment, dans ces conditions, continuer à assurer un service public d orientation de qualité? Commission fédérale orientation page 4

5 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Jeunes chercheurs, lycéens, étudiants, enseignants : la menace est globale, ripostons ensemble! l o i F i l l o n Nous sommes de jeunes chercheurs précaires, et nous souhaitons nous adresser aux lycéens, aux étudiants ainsi qu à leurs enseignants. La situation des jeunes est devenue très grave. Depuis cinq ans, le chômage des moins de 30 ans ne cesse d augmenter. De plus, aujourd hui, les emplois précaires se multiplient et sont devenus la norme : deux tiers des emplois qu on nous propose sont précaires (petits jobs, CDD, intérim, temps partiel non choisi ). En conséquence, pour les moins de 30 ans qui ont terminé leurs études, près d un sur deux est soit au chômage soit dans un emploi précaire. Même les plus diplômés sont touchés : un an après l obtention de leur diplôme (bac +5 et diplômés de grandes écoles), la moitié d entre eux ne trouvent pas de travail. Loyers exorbitants, diplômes dévalorisés, emplois précaires, les jeunes affrontent des conditions de plus en plus invivables. Aujourd hui, le seul choix qui nous reste est de travailler dans des conditions épuisantes ou de vivre dans la misère. Anecdote symbolique : en 2004 les Restos du coeur Nous tenons à vous informer des modifications qui auront des conséquences importantes sur les aides apportées aux élèves, familles, enseignants, du secteur. Nous avons appris le vendredi 28 janvier 2005, que suite à des mesures de redécoupage des circonscriptions et à la redistribution des moyens en personnel des RASED : un poste de psychologue scolaire implanté à Brignais est supprimé ; un poste de rééducateur implanté à Taluyers est supprimé. Soit une perte de 2 postes sur un total de 10! Pour : 10 postes spécialisés dont 3 psychologues scolaires, 3 rééducateurs, 4 enseignants de regroupement d adaptation. Prévu pour : 8 postes spécialisés dont 2 psychologues scolaires, 2 rééducateurs, 4 enseignants de regroupement d adaptation. Pour information, la commune de Saint- ont décidé d accueillir une nouvelle population : les étudiants Pendant ce temps, les grandes entreprises cotées en bourse au CAC 40 ont gagné 23,4 milliards d euros au premier semestre En 10 ans, les profits distribués par les sociétés ont progressé de 74 %. Mais le gouvernement veut aller plus loin : il veut augmenter les emplois précaires dans l enseignement et la recherche ; il veut détruire les savoirs «non rentables» (à l école, à l université et dans la recherche) ; il veut diriger les étudiants vers un système de formation soumis aux besoins des dirigeants d entreprise ; enfin il veut piller les caisses publiques pour en faire cadeau aux grandes industries sans aucun contrôle (décrets instituant la privatisation du budget de l Agence Nationale de la Recherche et des pôles de compétitivité ). Nous, jeunes chercheurs, sommes en première ligne : nos savoirs sont menacés et notre situation de précarité va s aggraver. Quant à vous, lycéens et étudiants À destination des collègues, des parents, des partenaires du RASED. Genis-Laval qui est dans notre circonscription, doit passer dans la circonscription d Oullins et perd 1 poste de psychologue scolaire et 1 poste d enseignant de regroupement d adaptation (soit perte de 2 postes spécialisés sur 3). Le travail de l équipe du RASED, avec les différents partenaires, s inscrit dans la durée et se construit progressivement, nécessitant des rapports de confiance. Ces mesures ne peuvent que conduire à une dégradation du travail de prévention des difficultés scolaires et à une diminution des possibilités de réponses aux demandes et aux besoins des élèves et des familles de l école publique. Nous sommes très inquiets : l aide apportée par notre travail et nos projets au sein de l école sont remis en cause. L équipe du RASED de Brignais non cotés en bourse, vous êtes également en danger! Commençons par refuser les réformes Fillon ainsi que les décrets de privatisation de la recherche et de l université (ANR, pôles de compétitivité, LMD ). Organisons une riposte commune! Pour cela, nous invitons les enseignants à organiser dans leur classes, amphithéâtres, cours de travaux dirigés des séances d information et de débat sur l éducation, l emploi des jeunes et la précarité. Nous sommes à votre disposition pour vous fournir du matériel pédagogique à cet effet ou pour intervenir avec vous dans les institutions scolaires. Collectif des Jeunes Chercheurs Contre la Précarité Site web : Arts plastiques Considérés jusqu ici comme un enseignement à part entière, les arts plastiques, avec la loi Fillon, sont réduits à des «actions» ponctuelles, soumises à l aléa de décisions locales. De fait, en optionnalisant les arts de la 6ème à la 3ème, on donne le droit aux établissements de ne pas proposer les arts plastiques et donc, d en condamner l accès aux élèves. En faisant disparaître l option de détermination en seconde, réduite à une option facultative, on vide la filière «L - arts plastiques» de ses élèves. Quelle formation voulons-nous pour les élèves de demain? Le projet de loi s inscrit dans une logique comptable et marchande : nous refusons cette loi! Arts plastiques, éducation musicale, EPS, SES, philo, langues rares et anciennes : Fillon brade les dernières ambitions d une école ouverte sur le monde. les profs d arts plastiques en colère page 5

6 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Lycéens dentifrice?! Analyse critique de l article de Luc Bronner (Le Monde du 11/02/05), «Luc Ferry et Jack Lang : les lycéens, c est comme le dentifrice». Ou comment passer la brosse (à dents) et se faire mousser «Pour caractériser les mouvements de lycéens, les deux anciens ministres de l Éducation nationale, Luc Ferry et Jack Lang usent de la même métaphore inventée par un haut fonctionnaire de la Rue de Grenelle : les lycéens, c est comme le dentifrice : quand ils sont sortis du tube, on ne peut plus les faire rentrer». Ainsi commence l article publié dans Le Monde le lendemain de la mobilisation lycéenne. Le ton est donné : tout au long de son article, le journaliste laisse la parole aux anciens ministres de l Éducation, et sans aucune distance par rapport à leurs propos, contribue au discrédit du mouvement. La contestation de la jeunesse sera-t-elle le «tube» de l hiver? Lycéens-dentifrice, «l image est un peu triviale», ajoute L. Bronner. Cet euphémisme laisse pantois. L image n est pas triviale du tout, elle est franchement insultante. Le comparé (les lycéen-ne-s, une population humaine et donc a priori digne de respect) et le comparant (le dentifrice) se confondent grâce à un point commun repoussant : leur capacité supposée à s échapper en flot incontrôlé, impossible à contenir. À l'instar du dentifrice et de son degré de conscience zéro, le mouvement lycéen serait à son instar soumis par nature à d obscures lois physiques, dont la seule raison d être est l emmerdement maximal du ministre. Mais pour le journaliste, cette insulte est justifiée : [cette image] «témoigne de l angoisse des ministres en charge de l éducation face au caractère imprévisible des mobilisations lycéennes.» Nous connaissions l angoisse de certains ministres devant leur matériel de rasage, voici celle des ministres de l Éducation se lavant les dents! Évidemment les mouvements lycéens sont imprévisibles. Ils ne recoupent le calendrier parlementaire de débat de Loi sur l Éducation que par hasard, bien sûr! Comme le dentifrice, qui s échappe de son tube justement le jour où vous êtes déjà bien en retard. Ils sont donc angoissants, comme tout ce qui est imprévisible. L avenir de l école, c està-dire le sabotage du service public d Éducation nationale, inscrit en lettres d or dans le texte du projet de Loi ne doit pas nous inquiéter, tant il est prévisible. L. Bronner, conscient de tenir le lecteur en haleine, attise le sentiment d inquiétude face à la crise des lycéens : «l histoire récente incite à la prudence : partis à quelques-uns, les lycéens peuvent se retrouver, en quelques semaines, à plusieurs dizaines ou centaines de milliers», et prouve qu il connaît ses classiques («nous partîmes cinq cents»). Plus loin, il cite Ferry : «un mouvement lycéen ou étudiant peut démarrer n importe où et de manière complètement irrationnelle». Ainsi, un mouvement lycéen, selon le journaliste, bien informé par les ministres, s organise sur le tas selon des pulsions obscures, adoptant des méthodes quasi terroristes, frappant aveuglément en des lieux imprévisibles. Heureusement, les adultes sont encore manipulables! «Lorsque les enseignants sont dans la rue, c est pas très agréable mais on sait où on va, témoigne Luc Ferry». Nous voilà rassurée-s, nous qui pensions que les ministres profitaient de nos sorties dans la rue pour consulter les catalogues de décoration pour leur bureau. Le personnel est donc sous contrôle. Sous contrôle de sa hiérarchie d abord (que le projet de Loi Fillon souhaite renforcer). Ferry en effet ne s est pas privé de répression anti-syndicale à la rentrée Pour mémoire, la mutationsanction du CPE Roland Veuillet, appliquée à la rentrée 2003, maintenue à la rentrée 2004 sans compter d autres cas anonymes et moins spectaculaires Sous contrôle de son porte-monnaie, aussi : en 2003, Ferry a appliqué comme jamais les sanctions financières contre les grévistes, en retirant la paie des samedi et dimanche en cas de grève le vendredi et le lundi. Sous contrôle des directions des organisations syndicales réformistes enfin, celles qui au moment crucial du mouvement 2003, ont renoncé à la lutte et à la victoire, contre l avis d une base mobilisée et agissante et des syndicats de lutte. On sait où on va, en effet, avec le simple «chahut» des enseignants c'est ainsi que le journaliste parle du mouvement 2003 Effet disproportionné du chahut, les ministres parlent pourtant d «angoisse» et de «hantise» : ce sont de petits êtres sensibles Pour L. Bronner, «le monde éducatif [est] fragilisé par des mobilisations enseignantes et lycéennes», et non par les projets de loi mettant l école au service du MEDEF, ni les réductions budgétaires drastiques qui nuisent à la qualité de l enseignement et confortent les inégalités sociales. Son analyse est de toute évidence objective! La question complexe de la représentativité Pour l ancien ministre socialiste Jack Lang, la question de la représentativité des organisations syndicales lycéennes et étudiantes constitue l écueil principal. «C est la vraie difficulté dans ces situations : négocier, mais avec qui?». Voilà l angoissante question. Qui sontils/elles? Les lycéen-ne-s sont de vrai-e-s guérilleras/os clandestin-e-s, on ne leur connaît pas de chef, elles/ils échappent à toutes les règles du combat loyal. Et le pire, c est qu en ce moment, elles/ils ont en tête de ne rien négocier du projet de loi Fillon. Ils exigent son retrait pur et simple. «Les lycéens, c est beaucoup plus difficile page 6

7 itinéraires n 39 janvier-février 2005 qu avec les adultes dans la mesure où leur représentation est beaucoup moins crédible, moins responsable, souligne Ferry», que L. Bronner se met pour l occasion à appeller «le philosophe», sans doute pour donner du poids à son opinion. Traduisez : les lycéen-ne-s ne sont pas des adultes responsables, il n y a que les pédagos démagos qui oseraient s opposer à cette affirmation. En matière de crédibilité et de représentativité, il ne faut pas oublier que des organisations syndicales du personnel sont logées à l enseigne de la jeunesse irresponsable et non crédible, grâce à la loi Perben sur la représentativité, qui exige pour présenter des candidats aux élections professionnelles que les organisations aient fait la preuve de leur responsabilité par leur caractère «historique» (et donc adulte). Autant dire que pour SUD Éducation, c est mal barré, tandis que la CFTC peut continuer de pavaner. Le dinosaure sort du placard pour insulter la jeunesse «Ministre de 1997 à 2000, Claude Allègre, confronté à un mouvement qui avait culminé en octobre 1998 avec la présence de manifestants dans toute la France, tire une analyse plus sévère : ce sont les profs qui mettent les élèves dans la rue. Il suffit de parler un peu avec les étudiants d aujourd hui et ils vous disent : Quand on manifestait au lycée, c était parce que les profs nous disaient d y aller.» Le dinosaure de l Éducation nationale tranche, et révèle enfin la vérité. La/le lycéen-ne, immature, non crédible et irresponsable est un jouet des professeurs. Celles/Ceuxci abusent de leur pouvoir pour les endoctriner, et les pousser dans la rue comme de la pâte à dentifrice. Ensuite, elles/ils courent derrière pour les «récupérer», et même se battent pour y parvenir, mais aussi pour s accuser mutuellement de le faire. Et bien sûr, les lycéen-ne-s, «éduqué-e-s» par ce genre d adultes, ne comprennent rien à rien. Dire que ça devient étudiant-e ensuite, et que ça continue, sûrement poussé-e par les profs de fac, et que ça a le droit de vote. «Pour preuve de ces «manœuvres», l ancien ministre socialiste [ ] s arrête sur l argumentaire aujourd hui utilisé par les lycéens contre la réforme Fillon : ils disent que le contrôle continu au bac va créer des différences entre les diplômes. Vous croyez qu ils ont inventé ça tout seuls?». Les lycéen-ne-s, c est connu, ne savent pas lire, ne sont pas curieuses/eux du monde qui les entoure, ne pratiquent la pensée qu au moment d envoyer leurs SMS en orthographe barbare (RV BLCOUR 14h manif). Il ne faut pas s étonner qu elles/ils se contentent de véhiculer les faux arguments de leurs aîné-e-s manipulateurs/trices, qui s expliquent mal, et donc qu elles/ils comprennent mal (cf. article de Libé du mercredi 9/02, «Les lycéens sont au mieux mal informés (Fr. Fillon)»). Les lycéen-ne-s sont des crétin-e-s, des perroquets. À Lyon, le 15 février, jour de l ouverture du débat parlementaire sur le projet de Loi Fillon, SUD Éducation appelait par un communiqué paru le 10/02 à un rassemblement des personnels, élèves et parents mobilisé-e-s contre ce projet de Loi, devant le Rectorat. Un préavis de grève (tout le monde n était pas en vacances) et une déclaration de rassemblement devant le rectorat avaient été déposés. La FSU faisait de même en parallèle (mais sans appel à la grève). Nos partenaires (CGT, CNT ) ont bien sûr répondu présent. La «chorale militante» de SUD Éducation, encore embryonnaire, a bénéficié des renforts vocaux de la CNT, et de celles des lycéen-ne-s et étudiant-e-s, qui étaient plusieurs milliers à manifester sous la neige, du rectorat à la bourse du travail. Pour ce premier rendez-vous réussi! entre personnels et lycéen-ne-s, SUD Éducation n a pas souhaité hisser ses drapeaux, conformément aux souhaits exprimés par les lycéen-ne-s dans leurs tracts. De cette manifestation, nous retiendrons que les lycéen-ne-s développent une très bonne capacité d auto-organisation (AG à la Bourse du Travail, service d ordre efficace dans les manifs, cortèges animés, pancartes percutantes, travail en commissions), et construisent des analyses qui ne relèvent pas de la manipulation, ni de la désinformation, n en déplaise à Fillon. Nous retiendrons également la détermination d un mouvement qui réunit plusieurs milliers de lycéen-ne-s, pourtant La boucle est bouclée pour L. Bronner, qui dans cette ultime citation d Allègre, croit avoir parachevé l obscure démonstration à laquelle il voulait peut-être aboutir : «et [Allègre] de remarquer qu un grand nombre d anciens leaders lycéens ont fait ensuite une carrière politique au sein du Parti socialiste.» L ennemi est donc aussi à l intérieur. FM Une version de cet article, recentrée sur la critique des médias, a déjà été publiée sur le site d Acrimed : en vacances scolaires. Présent-e-s lors de l intersyndicale éducation du 17/02, ils/elles ont de nouveau montré leur implication, et leur préoccupation quant à leur crédibilité : ils/elles ont en tête de construire un collectif indépendant de lycéen-ne-s mandaté-e-s ou élu-e-s pendant la semaine de la rentrée. Ils/elles iront rencontrer également les chercheurs de l Enseignement supérieur afin de chercher les convergences possibles entre la lutte contre le projet de loi Fillon et la LOPRI (Loi d Orientation et de Programmation pour la Recherche et l Innovation). SUD Éducation Rhône est solidaire du mouvement lycéen lyonnais, parce que nos objectifs sont les mêmes : le retrait du projet de Loi Fillon est notre revendication depuis plusieurs semaines déjà. Sur le terrain, dans nos établissements, il est important que nous jouions à leur côté notre rôle dans la mobilisation des collègues. C est pourquoi SUD Éducation déposera un préavis de grève à compter du 8 mars, jour de mobilisation lycéenne, en dépit du refus de l intersyndicale éducation de faire un appel unitaire. Le 8 mars est une nouvelle possibilité pour un mouvement qui doit aller en s amplifiant jusqu au 10 mars, jour de grève et manif interpro public et privé (manif à 11 h, départ devant la Manufacture des tabacs), et en passant par le 9 mars, jour de mobilisation des chercheurs. AL & FM page 7

8 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Non à la concurrence Retrait du décret Le 29 avril 2002 (entre les deux tours de l élection présidentielle), le Premier ministre de l époque publiait le décret «relatif aux conditions générales d évaluation, de notation et d avancement des fonctionnaires de l État». Pour le moment, seuls les IATOSS Pour le ministère de l Éducation nationale, l application de ce décret est précisée par l arrêté du 17 novembre 2004 «relatif aux modalités d évaluation et de notation de certains fonctionnaires du ministère de l Éducation nationale, de l Enseignement supérieur et de la Recherche» et par la circulaire du 7 décembre Dans notre ministère, seuls les personnels IATOSS (l ensemble des personnels titulaires non enseignants) sont, pour le moment, soumis à l évaluation/ notation. Sous prétexte de dialogue entre les personnels évalués et la hiérarchie, permettant de mieux prendre en compte leurs aspirations personnelles, ce décret organise en réalité la casse du statut de fonctionnaire et instaure la mise en concurrence directe des personnels entre eux : l avancement et la promotion des un-e-s se feront au détriment des autres, avec l instauration de «bonus» et de «malus» à l ancienneté. En effet, la notation est directement prise en compte pour les avancements d échelon. L article 11 du décret du 29 avril 2002 nous dit : «au vu de leur notation, il est attribué aux fonctionnaires, dans chaque corps, des réductions ou des majorations par rapport à l ancienneté moyenne exigée par le statut du corps pour accéder d un échelon à l échelon supérieur [ ]». Les bons et les mauvais Et plus précisément, le décret définit par avance les quotas de bon-ne-s fonctionnaires (ayant droit à un bonus) et donc de mauvais-es fonctionnaires. Voilà ce que dit la circulaire : «20 % des fonctionnaires notés dans un corps peuvent bénéficier de l évolution maximale de note de + 5 points [ ] et recevoir en conséquence une réduction d ancienneté de six mois ; 30 % de l effectif des fonctionnaires notés dans un corps, dont la valeur professionnelle est reconnue, peuvent bénéficier d une réduction d ancienneté de deux mois. Il s agira des 30 % de fonctionnaires de chaque corps dont la note connaît la plus forte progression endeçà de 5 points. Les majorations d ancienneté de deux mois à six mois appliquées aux fonctionnaires d un corps dont la valeur professionnelle est insuffisante génèrent autant de mois de réduction d ancienneté supplémentaire à répartir entre les autres fonctionnaires du même corps, et viennent ainsi augmenter le nombre d agents bénéficiaires de deux mois de réduction d ancienneté (d où un dépassement dans ce cas du quota de 30 %).» Il y a là véritablement l instauration de la mise en concurrence entre les personnels. Selon un jeu de vases communicants, plus ta/ton collègue s enfonce, plus tu as des chances de monter et réciproquement! Avec la mise en place de l évaluation/notation, les fonctionnaires ne sont plus protégé-e-s par un statut, qui garantit et réglemente légalement la progression de leur carrière ; la progression des carrières sera globalement ralentie, ce qui entraînera des pertes de salaires importantes par rapport à l actuelle réglementation de la progression à l ancienneté. L'exemple d'un ASU Prenons l exemple d un Agent Administratif (ASU). Après 20 années de travail sa situation serait la suivante : à l ancienneté, il est à l échelon 9, INM 302, son salaire brut est d environ par an (il lui reste 2 échelons avant d être en haut de l échelle des agents 2ème classe). Avec le bonus maximum, il est à l échelon 11, INM 323, son salaire brut est d environ par an (de plus il est en haut de l échelle agent 2ème classe et peut donc prétendre à la 1ère classe). Avec le malus maximum, il est à l échelon 7, INM 287, son salaire brut est d environ par an (il lui faudra attendre l age de 60 ans pour atteindre le haut de l échelle des agents 2ème classe). En 20 ans de carrière, il y a 782 par an de page 8

9 itinéraires n 39 janvier-février 2005 SUD Éducation s est toujours opposé au système infantilisant de la notation. Nous n accepterons aucun des éléments qui, sous couvert d un pseudo-dialogue avec les personnels, vise à imposer des modèles de gestion incomentre les personnels! d évaluation-notation! différence entre un Agent Administratif qui aurait progressé normalement et celui qui aurait été mal noté. Cette différence ne fait que s accentuer par la suite bien sûr. La mise en concurrence des personnels va générer des conflits internes, une rupture des solidarités professionnelles et un isolement accru des personnels face à leur hiérarchie, avec des objectifs à atteindre toujours plus élevés. D année en année les objectifs sont réévalués, deviennent donc plus difficiles à atteindre ; il y a donc un moment où l agent ne pourra pas satisfaire à ses objectifs, de facto sa note chutera et mécaniquement son avancement sera retardé. L individualisation des fonctions de l agent imposera à tou-te-s le mode de gestion des contractuel-le-s (fiches de poste, objectifs de progrès, prime au rendement ) qui constituera désormais la référence pour les fonctionnaires qui s en trouveront de fait précarisé-e-s. Un système à combattre patibles avec les principes de la Fonction publique. Nous refusons également les fiches de poste et les notions d «objectifs» individuels, qui sont contradictoires avec nos missions de service public, puisqu ils s appuient sur des notions de rendement. Ces méthodes de management copiées sur l entreprise et l idée de rentabilité Dutreil le répète suffisamment : «moins de fonctionnaires», «il faut faire des économies» sont aussi très à la mode dans la Fonction publique territoriale qui y voit sûrement un moyen de gérer l explosion budgétaire que ne manquera pas de provoquer le transfert des personnels TOS aux collectivités locales si l on ne s y oppose pas de toutes nos forces! Face à la mise en place d un système qui remet gravement en cause les droits et garanties statutaires des personnels et qui met en concurrence les fonctionnaires entre elles/ eux, face à une procédure d évaluation qui se résume à un simple têteà-tête avec le responsable direct, SUD Éducation conteste les projets concernant la notation et l évaluation qui visent à intégrer les agents dans une démarche de contrat d objectifs sans moyens ; à renforcer les différenciations de carrière des agents ; à favoriser la modulation des diverses primes et indemnités et minimiser la part salariale de la rémunération ; à instaurer le salaire au mérite sans plus aucune référence à des grilles de rémunération, ni égalité de traitement entre agents d un même corps et grade. La résistance a commencé Dans de nombreux établissements de l enseignement supérieur, la résistance à ces dispositions se met en place. Sous la pression d Assemblées Générales des personnels, plusieurs Conseils d Administration d universités ont déjà voté la non-application de ce décret (Rennes II, Paris XIII, Paris VI, Grenoble ). Il faut que ce mouvement de refus se généralise! SUD Éducation appelle tous les personnels à boycotter l évaluation/notation ; à s organiser pour empêcher sa mise en œuvre ; à lutter, dans chaque établissement, pour obtenir : le report de l application de l évaluation/ notation ; le retrait définitif du décret ; le renforcement des garanties statutaires et de l égalité de traitement ; l amélioration des déroulements de carrière ; la suppression des contingentements concernant les avancements de grade. Commission fédérale IATOSS page 9

10 itinéraires n 39 janvier-février 2005 La VAE : avancée sociale ou outil Depuis plusieurs mois le mécontentement et la colère grondent parmi les enseignants du LP Jean Lurçat (Lyon) au sujet de la mise en place de la Validation des Acquis de l Expérience (VAE). Suite à une convocation, j ai décidé d envoyer un courrier au Rectorat pour exprimer mon refus d y participer et les raisons me poussant à prendre une telle décision. Plusieurs collègues ont à leur tour exprimé leur refus d y participer avant de s incliner suite aux pressions de l Administration. J ai pour ma part décidé de me porter gréviste ce jour-là. Suite à cette action, nous avons décidé avec les collègues syndiqués et non syndiqués d organiser une AG sur la VAE à la rentrée des vacances de février afin d engager une démarche commune. Pour information, et afin d ouvrir le débat, voilà le contenu de mon courrier. Monsieur le Recteur, suite à une convocation pour assister au jury de Validation des Acquis de l Expérience du Baccalauréat Professionnel Métiers du Pressing et de la Blanchisserie qui aura lieu le jeudi 10 février au LP Jean Lurçat en tant qu enseignant en histoire-géographie, je tiens à formuler les réflexions suivantes. La VAE dans son principe semble une avancée sociale permettant une promotion des salariés par l obtention d un diplôme au cours de sa vie professionnelle. Cependant la VAE, voie choisie par les gouvernements successifs pour délivrer un diplôme sans examen mais en évaluant simplement des acquis de l expérience correspond à une logique libérale : rentabilité économique (pas de formation à financer pour l obtention d un diplôme) et démagogie pédagogique (tout le monde aura quand même un diplôme!). Dans la précipitation Sa mise en place sous sa forme actuelle (dossier évalué à l oral) a été faite dans la précipitation, avec peu ou pas de concertation auprès des collègues (notamment en enseignement JF général) et dans un souci évident de réussite maximale des candidats, vu le faible niveau demandé. Si la validation de l enseignement professionnel semble compréhensible (tout salarié au bout de plusieurs années de travail a dû acquérir un certain nombre de savoirs faire), la validation en enseignement général pose problème. Ayant déjà participé à la VAE et ayant beaucoup discuté auprès de nombreux collègues de différents établissements et de champs disciplinaires variés, son déroulement ne semble pas acceptable dans sa formule actuelle. Il n est pas possible d interroger le candidat sur le référentiel des programmes des diplômes : à quoi sert alors d enseigner un programme long et difficile aux élèves en formation initiale? Quel sens donner à notre métier d enseignant au quotidien? À quoi sert l histoire-géographie en enseignement professionnel et technologique, puisqu un candidat peut être validé en ignorant tout ou partie du programme? Peut-on réellement et sérieusement parler d acquis de l expérience après seulement trois années d activités professionnelles (période minimale pour se présenter à une VAE)?) À quoi sert finalement d «aller à l école» pendant plusieurs années pour apprendre un métier? Ne doit-on pas faire un rapprochement évident avec la mise en place du Lycée des métiers, version libérale de l enseignement public professionnel et technologique? Menaces sur les diplômes Que devient le caractère national, juste et égalitaire du diplôme entre un élève l ayant obtenu en formation initiale par le biais d un examen et un candidat validé sans formation? Le contenu même des exigences demandées à l oral de VAE variant d une académie à l autre, et même d un jury à l autre, renforce encore l inégalité entre candidats. Que devient alors l égalité républicaine face au diplôme? Comment justifier auprès des élèves d étudier pendant de longues années pour acquérir des savoirs vérifiés par un examen alors que les connaissances des candidats à la VAE ne seront jamais évaluées du fait même du déroulement de l épreuve? Quel avenir pour l enseignement public professionnel technologique en formation initiale, quand la généralisation des VAE incitera les élèves à privilégier la voie courte et facile de la VAE face au chemin long et difficile de la formation initiale? Que deviendra à terme le niveau des diplômes nationaux déjà fragilisés par la généralisation du contrôle continu (CCF), entre un «vrai» diplôme obtenu à l école et un diplôme «au rabais» obtenu par VAE? Ne doit-on pas légitimement se demander si l objectif à atteindre n est pas de donner coûte que coûte à chacun un diplôme au mépris de la culture générale : que deviennent alors le développement de l esprit critique et la formation du citoyen (pourtant une des missions de l école ) que seule peut donner une solide culture générale? page 10

11 itinéraires n 39 janvier-février 2005 de déréglementation libérale? Problèmes de fonctionnement À ces questions de fond, s ajoutent d autres problèmes de fonctionnement. La VAE qui s inscrit dans le cadre de la formation tout au long de la vie se fait au détriment de la formation initiale. Ainsi de nombreux collègues sont régulièrement convoqués pendant leurs heures de cours, ne pouvant de fait assurer leur enseignement auprès de leurs élèves que penser alors des critiques médiatiques et institutionnelles sur l absentéisme des enseignants? De plus, la participation à la VAE demande un travail supplémentaire important pour les enseignants (étude des dossiers, préparation d un questionnement cohérent, déroulement de l oral et délibération ) peu rémunéré et avec beaucoup de retard (souvent plus d un an après la convocation au jury). Ainsi, après réflexion et en conscience, j estime que la VAE sous sa forme actuelle est contraire à mon éthique d enseignant en histoire-géographie. Pour cette raison, je ne participerai plus au jury de VAE, et en l occurrence à celui du 10 février J assurerai ainsi normalement mes cours ce jour-là auprès de mes élèves. En outre, et de façon plus formelle, je considère non fondée ma convocation pour le jury de la VAE puisqu il ne s agit en aucun cas d une participation à un examen, mais d une validation ne faisant pas partie de mes obligations de service d enseignant. J invite tous les collègues partageant mon opposition à la forme actuelle de la VAE à ne plus assister aux jurys de VAE et à exiger un moratoire, afin de dresser un bilan pour revoir son déroulement tant sur le fond que sur la forme. Je me tiens à la disposition des responsables de l administration et des inspecteurs pour participer à un éventuel travail de réflexion et de réforme de la VAE. Dans l attente, [ ]. JF Bienvenue dans un monde toujours meilleur! Voici la lettre qu une assistante de vie scolaire a envoyée le 15 janvier à notre cher ministre. Monsieur Fillon, je vous envoie ce courrier pour vous faire part de mon indignation concernant votre politique d intégration des enfants handicapés. Je suis tout simplement révoltée car une des élèves que j accompagne, dans le cadre de mon travail d assistante de vie scolaire, ne partira pas en voyage scolaire, et cela à cause d un problème financier : on refuse de lui payer un accompagnateur pour une semaine sous prétexte qu elle ne bénéficie habituellement que de deux demi-journées d accompagnement par semaine. C est une honte, et c est parfaitement inacceptable qu une telle situation puisse exister. Je me demande alors où est l intégration dans ce cas-là? C est aberrant et totalement en contradiction avec toutes les belles promesses qui ont été avancées. Finalement, il n y a que des mots mais, encore une fois, sans les moyens humains et financiers nécessaires. Je suis écœurée, j ai du mal à comprendre le sens de mon travail dans ces conditions. Maintenant, il va falloir que j annonce à une petite fille de huit ans qu elle ne partira pas avec ses camarades en classe de neige et tout ça car elle a le «malheur» d être handicapée. N est-ce pas pourtant pour éviter de telles injustices que cette politique a été mise en place? Ça laisse perplexe Je ne parlerai même pas de notre statut précaire, du manque de considération vis-à-vis de notre travail et de la réalité du handicap, ni de l absence des moyens fondamentaux à ce travail d aide. C est la colère qui me fait parler aujourd hui, car c est l enfant qui en est affecté ; celui-là même que nous sommes censés aider et intégrer! Il serait temps de remettre en question cette politique en prenant en compte réellement l intérêt de l enfant et non des intérêts économiques. Je souhaite que vous preniez cette lettre en considération car cet exemple est loin, malheureusement, d être unique. Je ne me leurre pas non plus quant à la portée de mes paroles mais j espère qu elle sera source de réactions. MB Universités populaires : apres Caen, Lyon! Une Université populaire, ouverte à tous, gratuite, avec des enseignants bénévoles : depuis octobre 2002, le philosophe Michel Onfray a réactivé ce projet né au 19ème siècle à Caen. Chaque cours dure deux heures : une heure de cours magistral et une heure de questions, d échanges et de débats. Dans la même filiation, l Université populaire de Lyon a été inaugurée en janvier. Plusieurs militant-e-s de SUD Éducation participent, à titre individuel, à ce projet. Pour tout renseignement : Thème transversal pour 2005 : le je et le nous, d hier à aujourd hui. page 11

12 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Des nouvelles de Vichy «Prévention de la délinquance» mobilisation contre des méthodes et un projet inacceptables Depuis plus d un an, un projet de loi sur la prévention de la délinquance est annoncé. L avant-projet de Sarkozy, parmi toute une série de mesures, exaltant les valeurs patriotiques projetait tout simplement de considérer comme potentiellement délinquante toute «personne présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles». En conséquence, il fallait la signaler à la police via le maire, intronisé pilote de la prévention, et cette injonction s étendait à tout professionnel de l action sociale, au mépris du droit des usagers en matière de secret professionnel. La jeunesse, notamment celle issue de l immigration, se trouvait également montrée du doigt et l absentéiste devenait un délinquant potentiel, lui aussi à signaler au maire ou au procureur. Une approche sécuritaire répressive et stigmatisante tendait ainsi à se substituer à une approche éducative ou sociale des difficultés de la population. Par milliers, le 17 mars 2004, les travailleurs sociaux, mais aussi le personnel de l Éducation nationale, en particulier par la voix de SUD Éducation, ont marqué leur refus de voir ainsi leurs missions instrumentalisées. Depuis juin 2004, Villepin annonce un projet de loi, dont il parle beaucoup, mais qu il refuse de montrer. Le gouvernement, relayé par des administrations et certaines collectivités locales, met en place, tous les jours, sous prétexte d expérimentations, des dispositifs qui constituent, tous, des atteintes aux libertés publiques et une remise en cause des fondements du travail social, éducatif et médico-social (fichage nominatif des populations, organisation de la délation ). CR Étranger = délinquant, la vieille équation de la haine n a pas pris une ride! Immigré-e-s, enfants d immigré-e-s, en haut lieu, on préconise qu il vous soit interdit de parler votre «patois» à la maison. Le rapport Benisti (rapport préliminaire de la commission prévention du groupe parlementaire sur la sécurité intérieure) vient d être remis à Dominique de Villepin, ministre de l Intérieur. Cette commission comprend seize députés UMP, deux UDF et deux PS (notre amie Christine Boutin fait partie de cette commission). Ce rapport, dans un premier temps, fait de manière insidieuse un amalgame entre «délinquance» et «les familles issues de l immigration», présentant ces dernières comme une population potentiellement dangereuse «dès l âge de trois ans». «Seuls les parents, et en particulier la mère, ont un contact avec leurs enfants. Si ces derniers sont d origine étrangère elles devront s obliger à parler le français dans leur foyer pour habituer les enfants à n avoir que cette langue pour s exprimer. [ ] Si les mères sentent dans certains cas des réticences de la part des pères, qui exigent sou- vent le parler patois du pays à la maison, elles seront dissuadées de le faire. Il faut alors engager des actions en direction du père pour l inciter dans cette direction.» Si toutefois ces personnes issues de l immigration continuent à parler leur «patois» à la maison, «l institutrice devra alors passer le relais à un orthophoniste pour que l enfant récupère immédiatement les moyens d expression et de langage indispensables à son évolution scolaire et sociale.» «Les services d assistance sociale seront prévenus de l action proposée et devront suivre son déroulement. Si le comportement de l enfant est indiscipliné et crée des troubles dans la classe, l enseignant pourra alors passer le relais à une structure médico-sociale (un pédopsychiatre, une assistante sociale, un pédiatre) Ces suivis sociaux réguliers devront aussi permettre à l enfant d être élevé dans une atmosphère saine». Autrement dit, cher-e-s ami-e-s issu-e-s de l immigration, parler votre «patois» à la maison génère une «atmosphère malsaine» pour vos enfants. Et si vous maintenez cette pratique, on va médico-psychiatriser vos enfants. Ne souriez pas, ce sont des propositions sérieuses d une commission parlementaire! N est-ce pas pourtant notre ministre de l Éducation nationale qui expliquait que l apprentissage des langues étrangères est une bonne formation de l esprit?! Ce rapport, en plus de criminaliser la pauvreté, méprise et insulte les populations dites «issues de l immigration». CR page 12

13 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Enseignants, éducateurs tous derrière le commissaire! La lutte contre l échec scolaire n existe plus, tout étant vu désormais à travers le prisme de la délinquance potentielle. Récemment, après avoir supprimé les surveillants, réduit le nombre d aides-éducateurs, le protocole «police- Éducation nationale» a instauré un «correspondant-police» pour chaque établissement. La mise en oeuvre de ce protocole, sous la forme d une opération surmédiatisée de fouille de milliers de jeunes aux abords des établissements scolaires, témoigne du projet Villepin. Le récent rapport Benisti, remis à Villepin dans le cadre du travail ministériel autour de ce projet de prévention, confirme toutes les craintes que nous pouvions avoir et la nécessité de s y opposer. Un seul exemple de la «philosophie» de cette logique sécuritaire : un graphique pseudo scientifique illustre l idée que si l on n intervient pas sur certains facteurs, un déterminisme écarte inexorablement du «droit chemin» et entraîne un «parcours déviant» vers la délinquance. La mère non francophone d un enfant de deux ans se trouve désignée comme facteur de risque, si elle parle son «patois» à la maison Le maire doit, bien sûr, être au courant de tout cela, et il faut donc développer une «culture du secret partagé» avec la police. Évidemment, la déviance, si elle persiste, mène tout droit à la case internat ou centre fermé, avec cours de rééducation civique intensive Ces propositions sont inacceptables. Il faut continuer à les combattre, ainsi que le modèle de société qu elles induisent : une société basée sur l exclusion et la criminalisation de la misère. CR L école pour piéger les sans-papiers Mercredi 2 février 2005, des gendarmes se sont rendus dans le collège Charles De Gaulle de Fameck (Moselle) pour interpeller deux élèves irakiens, des frères âgés respectivement de quinze et dix-sept ans. Ces gendarmes avaient, selon eux, tenté sans succès d interpeller dans la matinée le père de ces deux jeunes pour mettre à exécution la mesure d éloignement dont il fait l objet. N ayant pu l interpeller, ils se sont présentés dans l établissement où étaient scolarisés ses deux enfants. Sur place, ils ont fait appeler les deux élèves par le proviseur. Lorsqu ils ont compris que les gendarmes étaient là pour les emmener, les deux élèves ont été pris de panique. Un enseignant est alors intervenu pour éviter tout recours à la force et a obtenu des jeunes qu ils suivent les gendarmes. Les deux jeunes ont été conduits dans les locaux de la gendarmerie où ils ont passé une partie de l après-midi. En fin de journée, les gendarmes les ont ensuite emmenés dans la chambre d hôtel où ils vivent avec leur père, dans l espoir de pouvoir y interpeller celui-ci. En début de soirée, le père ne s étant pas présenté, les gendarmes sont repartis en laissant les deux jeunes livrés à eux-mêmes. C est donc un véritable piège qui a été tendu à ce père de famille, utilisant ses enfants comme appât. Paniqués par les conditions de leur interpellation, très angoissés à l idée que leur père puisse être arrêté, ces deux jeunes ont été profondément choqués par cet épisode. Les personnels du collège et les camarades de classes sont aussi bouleversés par cette intervention des gendarmes qui a généré un sentiment de peur et d insécurité dans tout l établissement. Il y a eu de nombreuses protestations de membres du personnel de l établissement mais aucune réaction officielle de la direction. Depuis, le père aurait disparu pour éviter l arrestation. Suite à un signalement du collège, les enfants ont été placés dans un foyer de Fameck, en raison de leur situation d isolement. Le réseau Éducation sans frontières constate que ce type de pratique tend à se multiplier sur l ensemble du territoire. Depuis quelque temps, les forces de l ordre ont pris pour habitude de venir chercher dans les établissements scolaires des enfants de tous âges pour les enfermer dans des centres de rétention avec leurs parents, dans l attente de leur expulsion. Ils se servent maintenant de l école pour piéger les parents et les interpeller. Le réseau Éducation sans frontières proteste contre ces pratiques indignes. Il entend s opposer à ces interventions de plus en plus fréquentes des forces de l ordre dans les établissements scolaires. Il demande aux enseignants et aux personnels de l Éducation nationale de refuser de prêter leur concours à ce type de pratiques. Enfin, il exige la suspension immédiate de la mesure d éloignement prise à l encontre de ce père de famille, ainsi que le réexamen de sa situation administrative au regard du droit à l éducation de ses enfants et de leurs attaches en France. réseau Éducation sans frontières SUD Éducation est l un des syndicats membres du réseau Éducation sans frontières. Si vous connaissez des sans-papiers scolarisés, contactez-nous. Un guide édité par le réseau est également disponible à notre local. Le 2 mars, un réseau local Éducation Sans Frontières sera créé à Lyon. On vous tient au courant! page 13

14 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Caméras, police partout éducation nulle part! La Fédération des syndicats SUD Éducation exprime sa vive opposition contre les systèmes de vidéosurveillance qui se banalisent aujourd hui dans les établissements scolaires, comme l illustre le projet actuel d installation d une centaine de caméras au lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie (78). Cette politique dilapide des fonds publics sur des bases dogmatiques, et contribue à la déshumanisation de lieux fondés sur la transmission humaine et le dialogue. De surcroît, elle risque d exacerber les tension sociales et d aggraver la violence par une escalade compétitive entre moyens institutionnels de coercition et moyens de nuisance de certains contre l institution. Dans un contexte de lois sécuritaires généralisant le soupçon, le contrôle social, et la répression à l encontre des plus précaires, le recours à une surveillance électronique globale dans les établissements scolaires constitue un degré supplémentaire dans la valorisation des méthodes antidémocratiques aux dépens des valeurs éducatives et citoyennes censées y être transmises. Ces moyens électroniques ne permettent non seulement pas de compenser la diminution organisée de l encadrement humain dans les établissements, mais ils sapent les fondements de l institution scolaire et la crédibilité de ses représentants. Cette pratique qui prétend mettre tout lieu fréquenté sous surveillance de caméras, les établissements scolaires comme les supermarchés, les autoroutes comme les parkings, assimile a priori chaque individu à un délinquant potentiel, assimile l espace public à l univers carcéral (lieu où l individu est privé de liberté par décision de justice), assimile l école à un espace réunissant des anonymes. Ceci est contraire à nos ambitions éducatives et sociales. La Fédération des syndicats SUD Éducation dénonce cette logique infantilisante et perverse qui dispense de construire, dans la richesse du rapport humain, des solutions responsables, adaptées et durables aux problèmes quotidiens, dans une compréhension globale des problématiques sociales. Fédération des syndicats SUD Éducation Vichy, Big brother est dans ta poche On se souvient qu'il y a quelques années une partie de l opinion publique avait trouvé alarmante la mise en place du fichier national des empreintes génétiques, surtout parce que des personnes simplement «soupçonnées» (et donc présumées innocentes) y seraient enregistrées. Nous nous apprêtons à faire un pas supplémentaire dans l horreur : la carte d identité électronique va faire son apparition en France : et, ô joie, nous apprenons ainsi que les données biométriques (iris, empreintes digitales) de tous les Français seront enregistrées L électronique de la carte d identité aura le même niveau de sécurité qu une carte bancaire et permettra de signer électroniquement des documents de la même manière qu une signature manuscrite (article du Code civil). Ce qui fait froid dans le dos, c est qu en plus l électronique de la carte est de type «sans contact» (comme les étiquettes RFID, pour Radio Frequency Identification), donc théoriquement interrogeable à distance. La carte d identité électronique est déjà utilisée en Belgique. Notre grand copain Microsoft s en félicite, et projette de l utiliser pour s authentifier sur un ordinateur, protéger ses documents, etc. C est pour la «sécurité», qu ils disent. En oubliant de signaler au passage que l identité de l auteur sera du coup incluse dans le moindre document Word qu il produit CR page 14

15 itinéraires n 39 janvier-février 2005 encore Aux camarades de la CNT : aide la police, tape-toi dessus! La Fédération des syndicats SUD Éducation apporte son soutien immédiat et total à la Confédération Nationale des Travailleurs, odieusement agressée par la police le dimanche 13 février Plus de 200 agents des «forces de l ordre» ont chargé, matraqué et gazé les militants et sympathisants de la CNT, réunis dans ses locaux syndicaux parisiens pour un concert de soutien. La Fédération SUD Éducation s adresse au ministre de l Intérieur pour lui demander solennellement des explications sur cette atteinte gravissime aux libertés syndicales. Déjà alertée par l inquiétante recrudescence des actes de répression anti-syndicale depuis le printemps 2003, notre Fédération constate aujourd hui qu un nouveau cap a encore été franchi avec l attaque violente d une organisation syndicale dans ses propres locaux. C e s pratiques ne sont pas celles d une démocratie. Il est urgent de répondre aux que stionne - ments que génère une telle agression quant au respect des principes fondamentaux de la démocratie. Fédération des syndicats SUD Éducation Fascistes, hors des facs : le goll chien à la goll niche! Sur proposition de SUD Éducation, un communiqué de presse intersyndical a été rédigé contre Gollnish le 2 février. La «suspension» de Gollnish pour un mois, qui a été obtenue juste après, à cause des provocations des fachos qui ont accompagné Gollnish lors de son retour à Lyon III, ne changent rien au fond de l affaire Pour nous, il ne s agit pas d une véritable sanction. Gollnish ne doit plus enseigner! Communiqué intersyndical du 2 février Après avoir tenu des propos négationnistes, Bruno Gollnish n est toujours pas sanctionné et a repris ses cours à l Université Jean Moulin de Lyon. Les propos qu a tenus cet individu, relayés et soutenus par le chef de sa formation politique, sont en totale incompatibilité avec les valeurs du service public d éducation en particulier, avec les valeurs de la démocratie en général. Enseigner suppose la transmission de ces valeurs. Il est donc inconcevable qu un tel individu puisse à nouveau exercer une fonction d enseignement. Les organisations syndicales de l éducation du Rhône : FSU, SDEN-CGT, SUD Éducation, UNSA Éducation demandent : que Bruno Gollnish soit traduit au plus tôt devant une commission disciplinaire ; que toutes les dispositions soient prises pour qu il ne puisse plus jamais enseigner. Lyon, le 2 février Notre Union syndicale Solidaires a également protesté contre cette agression. SUD Éducation Rhône adresse à ses partenaires de la CNT locale un salut de colère et de solidarité. Pendant ce temps-là, les étudiant-e-s de Gollnisch continuent de se plaindre des cours annulés ou empêchés : le bougre «est un bon prof»! [véridique] page 15

16 itinéraires n 39 janvier-février 2005 une action contre la précarité : simple à reproduire! Lettre ouverte à Monsieur Morvan, Recteur de l Académie de Lyon Monsieur le Recteur, permettez-nous de vous faire part publiquement de notre indignation. Dans notre collège (collège Lucie Aubrac à Givors), classé en ZEP, nous avons le plaisir de travailler depuis plusieurs semaines avec un collègue qui assure, en tant que vacataire, un remplacement en histoire-géographie. Ce n est rien de dire que ce collègue s implique dans son travail : investissement dans les différentes équipes pédagogiques, amour du métier d enseignant, grande disponibilité avec les élèves Pourtant, ce collègue doit nous quitter. En effet, il a atteint «son maximum d heures» (200 h) au-delà duquel l Éducation Nationale ne garde pas ses vacataires, car cela lui coûterait trop cher puisqu il faut 200 heures pour ouvrir des droits au chômage. Rien ne justifie cela, si ce n est une gestion exclusivement comptable, au mépris de l intérêt des élèves, de la continuité pédagogique ou du mérite (pourtant si à la mode) des salariés concernés. Nous ne demandons aucune révolution, mais seulement que vous acceptiez de considérer que la continuité pédagogique et la stabilité des équipes enseignantes dans un collège de ZEP comme le nôtre sont prioritaires sur les intérêts purement économiques et comptables. Nous vous demandons donc de prolonger le contrat de notre collègue ou de le contractualiser afin qu il puisse continuer ce qu il a si bien entrepris : participer à l éducation de nos élèves. Les professeurs, équipes éducatives et parents d élèves du collège Lucie Aubrac à Givors. Quand un maire PCF essaie de casser une grève Jeudi 10 février, les «dames de la cantine» de l école Léo Lagrange de Vénissieux étaient en grève. Mais les enfants ont pu manger à la cantine À qui doit-on ce «miracle»? À super- Gérin. Le maire PCF de Vénissieux n a rien trouvé de mieux que d envoyer une vacataire pour remplacer les «dames». Vacataire parachutée qui était complètement perdue d ailleurs Ça ressemble à la casse pure et simple d une grève. Quelle insulte pour ces «dames» : en grève mais remplacées! De plus la mairie fait traîner au maximum l annonce de la grève de ses personnels aux parents Dans l espoir sans doute de trouver des vacataires pour les remplacer. L équipe enseignante a donc décidé d écrire au maire, pour dire que ses pratiques sont inadmissibles. Pouvoir d achat et pouvoir de dépenser La baisse du pouvoir d achat des salariés au cours des douze derniers mois est une évidence dans tous les secteurs sauf pour le gouvernement et le Medef. Cette baisse du pouvoir d achat est souvent estimée à 5 %. Une certaine logique revendicative conduit à réclamer 5 % d augmentation des salaires. Dans la Fonction publique cela se traduirait donc par une augmentation de 5 % du montant du point d indice. Celui (ce sont souvent des hommes) qui a un salaire de 3000 euros obtiendrait donc 150 euros d augmentation et celle (ce sont souvent des femmes) qui a un salaire de 1000 euros doit se contenter de 50 euros d augmentation. Avant augmentation, la différence entre ce salaire du haut de l échelle et celui du bas de l échelle était de 2000 euros, après augmentation il serait de 2100 euros. Ce n est pas notre conception de la solidarité. Ce n est pas notre conception des revendications «unifiantes». Nous revendiquons des augmentations uniformes en points d indices (une même somme pour tous) afin de réduire l éventail hiérarchique des salaires. piqué à SUD Éduc 63 page 16

17 itinéraires n 39 janvier-février 2005 les marches du printemps En France, comme dans toute l Europe, depuis une vingtaine d années, les droits sociaux fondamentaux et l essentiel des biens publics sont la cible d une offensive néo-libérale sans précédent. Tous les droits y passent : les droits à la santé, à la liberté d installation et de circulation, au logement et à la terre, à l éducation, à un emploi, à un revenu, à une alimentation et à un environnement sains Le droit des peuples à la paix, l égalité et la justice sont bafoués : guerre en Irak, en Palestine, en Tchétchénie, en Amérique latine, en Afrique, guerre aux peuples du monde, la guerre et la misère sont globales et permanentes. Les nouvelles technologies de surveillance et de contrôle nous mettent sous tutelle et marchandisent nos vies au mépris des libertés. Le RMA, les «contrats d avenir» et autres Contre la précarisation de nos vies, résistons, luttons, marchons! emplois forcés, ainsi que la directive européenne Bolkestein, vont détruire les droits du travail : c est toujours davantage de travailleurs pauvres. Criminalisation de la pauvreté comme du mouvement social et des «sans», notamment des sanspapiers, la guerre aux pauvres ne cesse de se durcir. Les discriminations et les inégalités s aggravent. Les droits de celles et ceux que le système jette à la rue sont en permanence revus à la baisse. Sur de nombreux fronts, des résistances maintiennent une combativité précieuse : parmi d autres, la victoire arrachée lors des derniers procès sur les OGM, en terme de reconnaissance de l action collective, ou celle de plus d un million de «recalculés» de l Unedic, rétablis dans leurs droits. Résister c est créer. Créer, c est résister. Aujourd hui, dans chaque ville, dans chaque région, il est urgent de s unir pour une convergence des luttes riche de nos diversités. Partons des lieux de luttes, marchons pour le respect de nos droits et pour en conquérir de nouveaux. marches européennes C est l UMP qui le dit : les temps partiels amplifient la pauvreté, spécialement celle des femmes. Le rapport de la présidente de la délégation aux droits des femmes, Marie-Jo Zimmermann (UMP) cible l insuffisance de la protection sociale en matière de retraite et les règles actuelles de validation des droits à pension du régime général issues de la loi Fillon de Il recommande aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux de prendre la mesure du risque d une amplification de la pauvreté lié à un travail à temps partiel massif, à «80 % féminin». En effet, «16,2 % de la population active travaille à temps partiel» et «30 % des femmes actives sont à temps partiel». Est aussi stigmatisée l organisation du travail qui pèse sur les temps partiels : amplitude des horaires de travail, horaires atypiques, irréguliers d une semaine à l autre. Mme Zimmermann a ainsi souligné les «fortes contraintes» qui pèsent sur deux secteurs «très féminisés», celui de la propreté et dans une moindre mesure celui de la grande distribution. Troisième cible du rapport : «l insuffisance de la protection sociale en matière de retraite» et «les règles actuelles de validation des droits à pension du régime général» issues de la loi Fillon de 2003, qui «pénalisent les temps partiels». page 17

18 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Faire converger les mobilisations en France et en Europe! Le succès des manifestations du 20 janvier et du 5 février est le signe d un rejet profond des politiques néolibérales menées par le gouvernement. Le gouvernement persiste cependant à ne rien vouloir entendre et est déterminé à passer en force, même si la peur du mouvement lycéen l a amené à suspendre un [tout petit] aspect de sa «réforme» de l éducation. Dans cette situation, il importe d amplifier rapidement le processus de mobilisation des salariés. L Union syndicale Solidaires est favorable à la mise en oeuvre d un plan de mobilisation unitaire des salariés. [ ] Les attaques contre les services publics se multiplient et le gouvernement poursuit sa politique de privatisation. Il importe, dans cette situation, de dépasser les ripostes sectorielles pour construire une mobilisation de l ensemble de la société. Dans ce cadre, l Union syndicale Solidaires soutient «l appel national du collectif creusois pour la défense et le développement des services publics». Ce collectif, qui regroupe les élus locaux à côté de forces politiques, syndicales et associatives, a décidé d appeler le 5 mars à une manifestation à caractère national pour la défense des services publics, à Guéret. [ ] Le 8 mars, journée internationale de la femme, sera l occasion de se mobiliser pour l égalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises et, plus globalement, dans la société. L Union syndicale Solidaires appelle à faire de cette journée un temps fort du combat pour l égalité entre les êtres humains. Alors que le projet de Traité constitutionnel européen entre dans sa phase de ratification, l Europe est plus que jamais au coeur de l action syndicale. Depuis un quart de siècle, la construction européenne est marquée par le sceau du néolibéralisme. Son objectif central est la généralisation de la concurrence avec pour conséquences le dépérissement des services publics, le dumping social et fiscal, le développement de la précarité, etc. Le traité constitutionnel européen entérine ces orientations en consacrant les principes du libéralisme économique et en faisant de la «concurrence libre et non faussée» la valeur centrale de l Union. Face à ces orientations néolibérales qui surdéterminent pour une large part les politiques nationales, la construction de rapports de force à l échelle européenne est une nécessité absolue pour peser sur les politiques publiques et gagner sur le plan revendicatif. C est pour ces raisons que, lors du dernier Forum social européen, l Union syndicale Solidaires a été favorable à ce que le mouvement altermondialiste prenne l initiative de proposer une manifestation européenne le 19 mars à Bruxelles contre le modèle néolibéral européen et pour une Europe des droits et de la solidarité entre les peuples. Cette manifestation doit être le point de départ d un processus de mobilisation à l échelle européenne afin d imposer une réorientation radicale de la construction européenne. Dans ce cadre, l Union syndicale Solidaires manifestera le 19 mars à Bruxelles avec les forces du mouvement altermondialiste contre le projet de traité constitutionnel européen. Au-delà de la manifestation du 19 mars, l Union syndicale Solidaires,qui a réaffirmé lors de son Comité national son opposition totale au projet de traité constitutionnel européen, continuera son combat contre ce projet et sera partie prenante des initiatives unitaires allant dans ce sens. Union syndicale Solidaires Un collectif local pour la défense du système de santé solidaire Le gouvernement s attaque à la sécurité sociale, par le biais de la convention médicale signée à la mi-janvier. La convention est un accord entre la caisse d assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux pour définir la rémunération des médecins et donc les dépenses de santé. Depuis sa signature, Douste veut faire croire à une grande avancée pour «faire des économies et sauver la sécurité sociale». Comment? Première solution : par un moindre remboursement de la part de la sécurité sociale ; les mutuelles ont d ores et déjà prévu une augmentation de leur tarif de 20 % pour septembre 2005 et les cotisations sociales vont augmenter également. On cotisera donc davantage pour recevoir moins. Deuxième solution : on peut prévoir une exclusion du système de soins les plus démunis (la convention reproduit le système imposé il y a cinq ans en Allemagne, et cette exclusion est effective à l heure actuelle). Enfin on peut déjà lire sur le site du MEDEF ou de la CSMF (syndicat de médecins libéraux signataire) qu ils se réjouissent de ce «premier pas vers la fin de la sécurité sociale» et préparent les assureurs privés à relayer la sécu. Le gouvernement, quelques mois avant cette signature, a déjà chassé les syndicats de la direction des Caisses Nationales de l Assurance Maladie (syndicats qui représentaient les salariés et donc les citoyens/bénéficiaires) pour mettre à la place un ancien dirigeant de la compagnie d assurances AXA. Ils ont une logique impeccable. Samedi 5 mars, place Antonin Poncet à Lyon, se tiendra de 14 h à 18 h la première «fête de la santé solidaire» avec les syndicats des caisses d assurance maladie, les étudiants en médecine générale, les médecins généralistes, les associations de patients Au programme : musique, théâtre, infos et débats. Tout le monde est le bienvenu pour animer cet après-midi de refus du libéralisme dans le secteur de la santé! Autre action en signe de refus : ne pas envoyer à la CNAM sa fiche pour désigner son médecin traitant et la conserver. En juin, un envoi massif sera organisé désignant Douste comme médecin traitant. Le collectif de défense du système de santé solidaire, créé en janvier Plus d infos sur le site page 18

19 itinéraires n 39 janvier-février 2005 Se syndiquer à SUD Éducation SUD Éducation est né dans le sillage des mouvements sociaux de l'hiver 95 avec la volonté de faire vivre un syndicalisme radical et pragmatique. Radical par la réaffirmation de la possibilité et de la nécessité d'une autre société et (donc) d'une autre école. Pragmatique par la prise en compte de l'ensemble des contraintes et des rigidités qui pèsent souvent sur l'action transformatrice à court et moyen terme. Solidaires, parce que modernité rime aujourd'hui avec exclusion, misère et précarité, dans le privé comme dans le public, en France comme ailleurs. Pauvreté, chômage, xénophobie, sexisme... autant de fronts, autant de luttes. Nous soutenons activement l'ensemble de celles et de ceux qui souffrent de la fragilité de leur situation sociale et professionnelle, ainsi que, plus largement, toutes et tous les «sans» (travail, logement, papiers...) qui se battent quotidiennement pour la reconnaissance de leurs droits. Unitaires, parce que c'est faire le jeu des pouvoirs institués que de sectoriser les luttes et d'éparpiller les revendications. Nous sommes un syndicat résolument intercatégoriel, de la maternelle à l'université, et nous faisons le pari de rassembler dans un même mouvement toutes les actrices et tous les acteurs de l'école sans condition de statut ni de grade. Et nous travaillons avec toutes celles et tous ceux qui partagent l'envie de bousculer le (dés)ordre établi. Démocratiques, parce que le syndicalisme ne saurait être une science réservée aux professionnels des dossiers et de la négociation. Il est l'affaire de celles et ceux qui, dans leurs établissements, tentent de faire valoir leur droit à la parole et à décider de leur avenir. Contre le syndicalisme soluble dans les négociations de couloirs, clientéliste et cogestionnaire, nous nous efforçons de promouvoir la communication horizontale, l'animation et les décisions collectives, et de briser le monopole des discours «savants» et «légitimes» qui confisquent paroles et pensées. Le pari est ambitieux! Pourtant, face au démantèlement des services publics, au désintérêt pour le politique et l'action collective, à la montée des réponses égoïstes, il est temps de (re)créer, d'expérimenter, dans le tâtonnement, les hésitations et les urgences de l'action, les conditions d'un engagement collectif et actif. SUD Éducation s'efforcera d'être à la hauteur de ces enjeux, en idée comme en pratique, mais il sera surtout ce que nous en ferons ensemble! page 19 NOM Prénom : Adresse personnelle : Tél : Fax : Adresse électronique : salaire net mensuel ( ) étudiant de 304,90 de 609,80 + de 609,80 + de 686,02 + de 762,25 + de 838,47 + de 914,69 + de 990,92 + de 1 067,14 + de 1 143,37 + de 1 219,59 + de 1 295,82 + de 1 372,04 + de 1 448,27 + de 1 524,49 + de 1 600,71 + de 1 676,94 Bulletin d'adhésion Adresse professionnelle : Catégorie : Discipline : Échelon : Titulaire / non-tit. / autre : Date : Signature : J'autorise SUD Éducation à faire figurer ces informations dans les traitements et fichiers informatisés dans les conditions fixées par les articles 26 et 27 de la loi du 6 janvier 1978 (Loi Informatique et Libertés). Je garde tout droit d'accès à ces informations, ainsi que la possibilité de révoquer la présente autorisation en m'adressant à SUD Éducation. Tableau des cotisations Cotisation = 0,4 % à 1,2 % du salaire net salaire net cotisation ( ) cotisation ( ) mensuel ( ) 15,24 15,24 30,49 32,01 35,06 39,64 45,73 53,36 60,98 68,60 76,22 85,37 94,52 103,67 112,81 121,96 132,63 143,30 + de 1 753,16 + de 1 829,39 + de 1 905,61 + de 1 981,84 + de 2 058,06 + de 2 134,29 + de 2 210,51 + de 2 286,74 + de 2 362,96 + de 2 439,18 + de 2 515,41 + de 2 591,63 + de 2 667,86 + de 2 744,08 + de 2 820,31 + de 2 896,53 + de 2 972,76 + de 3 048,98 153,97 164,64 175,32 187,51 199,71 211,90 224,10 237,82 251,54 265,26 280,51 295,75 311,00 326,24 341,49 356,73 371,98 387,22 au-delà de 3 048,98 mensuels, ajouter 30,49 de cotisation pour chaque tranche de 152,45. Chèque(s) à l'ordre de SUD Éducation A.R.L. Pour tout paiement échelonné, faire autant de chèques que de prélèvements et préciser au dos les dates d'encaissement souhaitées. Envoyer le tout à : SUD Éducation, 10 rue du Gazomètre Lyon.

20 itinéraires Roland Veuillet : la sanction injuste court encore Mardi 25 janvier, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique (CSFP) s est prononcé pour l abandon de toute forme de sanction contre Roland Veuillet (syndicaliste enseignant, muté d office de Nîmes à Lyon, suite à la grève de 2003), «car les motifs retenus contre lui ne sont pas établis». Depuis, le Ministère de l Éducation nationale observe le silence et n a pris aucune décision, malgré cet avis catégorique, qui émane pourtant de la plus haute autorité de la fonction publique (sous la responsabilité directe du Premier ministre et présidée par des magistrats du Conseil d État). Ce mutisme est inacceptable dans la mesure où cette sanction arbitraire, qui vise simplement à casser un militant jugé trop actif, s applique depuis deux ans. L intersyndicale du Rhône (CGT, CNT, FSU, SUD Éducation, UNSA) a écrit au ministre pour soutenir notre collègue. SUD Éducation Rhône a également rencontré le médiateur de l Éducation nationale, officiellement chargé par Fillon de débrouiller cette affaire suite à la grève de la faim de Roland Veuillet en septembre Nous réclamons toujours l annulation pure et simple de cette sanction, ainsi que l ouverture d une enquête administrative. Agenda militant sam. 5 mars, place Antonin Poncet (Lyon), de 14 à 18 h : fête de la santé solidaire. mar. 8 mars : journée de mobilisation lycéenne (préavis de grève de SUD Éducation. jeu. 10 mars : journée de grève et manif interpro public/privé. Départ 11 h devant la Manufacture des tabacs. mer. 16 mars 17 h, au Gazo : AG de SUD Éducation (CF les 24 et 25 mars à Paris). du 6 au 8 avril, à Rodez (Aveyron), stage de formation syndicale anti-hiérarchie. jeu. 7 avril, à Marseille, Commission Fédérale Pratiques Démocratiques. mer. 13 avril, 17 h, au Gazo : AG de SUD Éducation. L agenda actualisé, avec les informations complètes sur les différents rendez-vous : rubrique agenda. Pour nous joindre : permanences au Gazo le mercredi de 14 à 18 h. Tous les mercredis à 16 h : collectif d animation du syndicat ouvert à tou-te-s. Plus d infos sur notre site sud-arl.org! page 20 n 39 janvier-février 2005 itinéraires le journal de SUD Éducation Ain Rhône Loire SUD Éducation 10 rue du Gazomètre Lyon téléphone : ou mél : sur la Toile : bimestriel nouvelle série n 39 janvier-février 2005 Dispensé de timbrage Lyon Monplaisir itinéraires le journal de SUD Éducation Ain Rhône Loire Journal imprimé par nos soins. Directeur de la publication : P. Bouvard n CPPAP : 900 S 5020 Prix : 2 euros Abonnement : 9 euros Fédération des syndicats SUD Éducation 17 boulevard de la Libération Saint-Denis téléphone : fax : mél : sur la Toile : 10 rue du Gazomètre Lyon PRESSE DIST RIBUÉE PAR D É P O S É L E 0 1 / 0 3 / 0 5 SOMMAIRE loi Fillon : basta! 2 à 7 évaluation-notation : basta! 8 et 9 VAE : basta? 10 et 11 une très jolie histoire 11 nouvelles de Vichy 12 à 15 précarité et pognon 16 et 17 convergences 18 syndicalisation (et pognon) 19 et on ne l'écrira jamais assez : merci aux dessinateurs de Charlie! membre de l'union syndicale Union syndicale Solidaires

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