Leçons de choses. Tome deuxième

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Leçons de choses. Tome deuxième"

Transcription

1 Leçons de choses Tome deuxième Les choses qu on partage La pensée abstraite. Communiquer : l écriture, le papier, le livre, le journal Calculer : les échanges, troc et monnaie, l or, l argent, les comptes Les choses qu on découvre Se situer : le système solaire, la terre, les cinq océans, les cinq continents Percevoir : les cinq sens, L Art : toucher, couleur, volume, sons, parfums et saveurs Les choses qu on transforme L empreinte humaine des paysages Les métiers de la terre, du bois, du fer, de la pierre, de la mer Les choses qu on s échange Les enseignes, l alimentation, les besoins de la personne et de la maison Les choses qui aident Ecole, gendarmerie, postes. Mairie et Etat civil. Justice et juges. Elus, notaire, médecin, Les médecines interdites, l Au-delà Les choses qu on vit en commun Calendrier des fêtes religieuses : Avent, Noël, Pâques et Pentecôte Fêtes républicaines : 14 juillet et 11 novembre. Fêtes patronales et foraines p Les choses qu on crée Enseignement, professeurs, écrivains, journalistes, Imprimeurs, éditeurs, libraires et bibliothèques 73

2 Les choses qu on doit faire p. 156 Le service militaire, Armée de terre Marine nationale Armée de l Air Les choses qui justifient le sacrifice suprême p. 164 La France et ses colonies Colonies anciennes, colonies récentes, territoires sous mandat international Ce que la France donne et ce qu elle reçoit Les choses qu on partage Communiquer ses pensées Les idées abstraites sont moins simples à exprimer que des objets qu on voit ou qu on touche. Pour mettre en commun ce qu on sait, ce qu on a découvert ou ce qu on pense, le langage est essentiel. Cependant la parole oblige à limiter les échanges de pensées à la présence physique de celui qui parle et de celui qui écoute. Seule l écriture affranchit la pensée des limites de la transmission verbale. C est par l écrit que nous pouvons connaître le passé. Ecrire nécessite un support solide. Graver la pierre comme les Egyptiens, imprimer dans l argile comme en Mésopotamie immortalisait la pensée. C est le papier qui permit de multiplier les textes conservés. Le papier Tome II Connu des Chinois depuis un temps immémorial, les Egyptiens surent en fabriquer, à partir du papyrus, commun dans le delta du Nil. Le nom même de papier vient de papyrus. Sa fabrication et son usage disparurent, et les Anciens utilisèrent la peau tannée des moutons ou des chèvres pour écrire. Le nom donné à ces peaux fut parchemin car les meilleurs venaient de la ville de Pergame. Des bandes de peau collées les unes au bout des autres étaient utilisées ; on roulait ces parchemins sous le nom de volumen d où le mot volume. D autres fois les parchemins étaient cousus pli sur pli et formaient un codex ressemblant aux livres actuels. Les parchemins dont on ne souhaitait pas garder le texte étaient grattés pour pouvoir les réutiliser. On arrive souvent à lire le premier texte sous le suivant ; ces manuscrits sont alors appelés palimpsestes. Tout notre savoir sur les auteurs grecs et romains nous vient de parchemins, souvent venus de la Mésopotamie musulmane. Le deuxième incendie volontaire de la bibliothèque d Alexandrie par les Arabes a fait disparaître d innombrables textes connus seulement pour être mentionnés dans d autres codex sauvés des invasions barbares dans les monastères qui furent des îlots de savoir durant les périodes noires du Haut Moyen Age. Pendant des siècles, une mission importante des moines fut de copier des manuscrits, souvent prêtés par une abbaye voisine. Jusqu à Gutenberg et à l imprimerie, seuls les copistes pouvaient, en les recopiant rendre possible la communication des écrits anciens. Cela explique que la plupart des œuvres anciennes soient consacrées à la religion ; cependant les philosophes grecs et latins, comme les historiens 74

3 et les auteurs tragiques ou comiques ont été sauvés, au moins partiellement, par les moines. L imprimerie avec des caractères mobiles aurait été une simple curiosité sans le papier. Ce rôle essentiel du papier est rarement rappelé à propos de l imprimerie. Chinois et Japonais utilisaient des feuilles fabriquées à partir de restes de soie. Marco Polo en rapporta en Europe. Ce sont de vieux chiffons qui furent utilisés dans des moulins à papier actionnés par des rivières. Les marteaux soulevés par des cames retombaient sur les restes de tissu, les broyant en une sorte de purée de pulpe. Des cadres portant des tamis recevaient la pâte à papier, l eau s écoulait peu à peu, lorsque la matière était presque sèche elle était insérée entre de morceaux de feutre et pressée pour en achever le séchage. Le papier fabriqué encore maintenant avec ce procédé se nomme «papier à la forme», c est un support très beau pour imprimer ou écrire. Le tamis de séchage laisse des marques sur la face inférieure de la feuille, le filigrane, le maître-papetier ayant sa marque propre : étoile, écusson, animal, etc. Cela permet de retrouver l origine de fabrication. Les billets de banque comportent toujours un filigrane pour rendre presque impossible la contrefaçon. Pour avoir des papiers ne jaunissant pas à la lumière il faut sélectionner des chiffons n ayant pas été en contact avec l eau de Javel. On trouve encore dans les montagnes reculées de vieilles chemises de toile blanchies sur pré permettant de faire de beaux «papiers chiffons». Cela deviendra de plus en plus difficile. Les méthodes actuelles de fabrication des divers papiers n ont plus rien à voir avec l ancienne pratique des papetiers dauphinois, auvergnats ou lorrains. D immenses bacs contiennent des fibres de cellulose extraites d arbres et produisent de la pâte à papier. Elle est pressée, séchée et débitée en continu pour être roulée en énormes bobines. Le papier-journal diffère complètement du papier écriture, du papier d emballage ou des diverses sortes de carton. Le produit peut être destiné à une vie très courte comme le journal, périmé quelques heures après sa parution, ou, au contraire, à durer très longtemps dans les cartons des administrations. Papiers à dessin et papier de boucherie n ont en commun que leurs noms. Les métiers du livre L invention de Gutenberg, les caractères mobiles qui, encrés et pressés, déposait le texte sur autant de feuilles de papier qu on en mettait sous la presse, était issu des xylographies c est-à-dire des gravures sur bois qui portaient, en relief, un dessin et un texte. Les xylographies (bois gravé) permettaient d imprimer plusieurs exemplaires du même document. L idée admirable fut de graver chaque lettre sur un bloc individuel, ces blocs alignés les uns à côté des autres formeraient des mots, des lignes des pages. En pratique des lettres furent gravées en creux dans du métal, puis on coula du plomb en fusion et avec un seul moule on pu fondre des dizaines d exemplaires de la même lettre. C est encore la manière de procéder en typographie * Les mots sont composés par le typographe sur une réglette, les lignes sont posées les unes au dessus des autres. On passe un rouleau garni d encre sur la page composée, un papier légèrement humide est posé sur la «forme» et on serre avec une presse. La presse était une sorte de pressoir à vin avec sa grosse vis en bois. Actuellement la composition est faite avec une sorte de machine à écrire qui aligne des moules en creux, on y verse du plomb fondu et la ligne peut être placée en dessous de la précédente. Cette machine se nomme linotype. Outre sa rapidité la linotype évite le travail ennuyeux de la distribution qui consiste, après utilisation, à trier les caractères pour les remettre dans leur casse, la caisse plate où chaque caractère a son casier. Avec la linotype, après avoir imprimer on refait fondre le plomb alors que les moules en creux sont automatiquement remis dans leur rangée. L impression à plat est assez lente. De plus il faut imprimer séparément chaque côté de la feuille. Pour imprimer rapidement et en grande quantité, les journaux en particulier, on a inventé des presses rotatives qui impriment simultanément les deux faces du papier qui arrive en grosse bobine et passe entre les formes des pages. Au bout de la rotative une série de machines coupent et plient le papier imprimé sortant de la presse. Les rotatives peuvent imprimer plusieurs milliers d exemplaires de journaux en une heure et «avalent» plusieurs tonne de papier chaque jour. Le Journal Un journal est normalement écrit, imprimé et vendu chaque jour, comme son nom l indique. Il existe des périodiques, hebdomadaires (chaque semaine) bimensuels (tous les quinze jours), mensuels, etc. Ce sont des journalistes qui écrivent la matière du journal. Informations, politiques, sociales, judiciaires, etc. Ces articles sont composés, corrigés et montés sur les rouleaux des rotatives. La vente de chaque numéro doit être faite le plus vite possible ; en effet la feuille de papier perd toute sa valeur quand le numéro suivant est mis en vente. Un journal vit de diverses ressources : la vente par abonnement et la vente au numéro par les crieurs, dans les rues, et dans les kiosques à * Typographie : le mot a été fabriqué à partir du grec et signifie écrire des caractères. 75

4 journaux. Il y a également les espaces vendus à des fabricants ou des commerçants pour qu ils fassent de la réclame. C est une part importante des ressources ; selon la quantité des ventes les tarifs varient. Des particuliers peuvent également faire paraître en quelques lignes ce qu ils proposent ou qu ils demandent, ce sont les «Petites annonces». Enfin une ressource faible mais sûre provient des publications légales. Certains journaux sont agréés pour recevoir avis officiels, ventes judiciaires publications de jugements civils ou pénaux, appels à fournir services et travaux, etc. Ëtre habilité à recevoir des annonces légales assure au journal un volume assez important de recettes régulières. Un journal n est pas libre d imprimer n importe quoi ; il existe une loi de 1881 sur la presse et l affichage, les procès en diffamation sont fréquents. Depuis peu les réclames utilisent un moyen de communication nouveau : la TSF. Maintenant que de plus en plus de foyers ont un appareil de TSF de manipulation facile, muni d un haut-parleur remplaçant le casque, ce qui permet à toute la famille d écouter ensemble, et alimenté sans piles ni accus par une simple prise de courant, les auditeurs entendent des nouvelles de toutes espèces et en particulier des annonces vantant les qualités de produits variés : mobilier, produits alimentaires, marques de lessive, etc. Certains pensent que cette nouvelle forme d annonces fait courir un risque à la liberté de la presse en concurrençant les journaux. L avenir dira si la concurrence entre journaux, affichage, distribution d objets et annonces sur les ondes Marconi dépasseront les capacités financières des annonceurs. Dans ce cas en effet ceux-ci pourraient être obligés de choisir de privilégier un moyen aux dépends des autres et ainsi de pouvoir peser sur le contenu du journal dans le sens de ses opinions personnelles. Cela a déjà été constaté quelques fois. La fabrication des livres est assez comparable à celle des journaux, plus soignée en général. Les feuilles sont généralement pliées trois fois, ce qui donne huit pages recto-verso, on appelle ce format in-octavo. De beaux livres sont parfois édités en in-quarto, les atlas et recueils de gravure sont habituellement des in-folio, page par page. Les très belles éditions sur papier de luxe et souvent numérotées sont reliées en peau, maroquin ou parchemin. Pour les œuvres illustrées, l éditeur peut les livrer pliées mais non cousues, l assemblage étant réservé au relieur d art habillant ainsi un exemplaire unique. En règle générale l impression se fait en typographie, ce qui signifie que les caractères en relief sont seuls encrés. Il existe un procédé déjà ancien où Rembrandt s illustra : la chalcographie ou gravure sur cuivre avec des variantes : eau-forte, burin, taille-douce, pointe-sèche ; dans tous ces procédés l encre garnit les creux, à l inverse de la typographie. Une variante qui a précédé la typographie est la xylographie ou gravure sur bois. Enfin la lithographie (de lithos : pierre) est sans relief ni creux, la répulsion de l encre pour l eau étant le principe du procédé. Les imprimeries lithographiques étant souvent spécialisées dans les affiches en couleurs, chaque couleur obligeant à un tirage, d où des prix de revient élevés, mais indépendants de la dimension du papier ; d où l utilisation de la lithographie (sur pierre ou sur zinc) pour reproduire des tableaux ou des affiches en couleur. L écriture Les peintures des grottes représentent souvent des hommes et des animaux. Il existe des gravures faites avec des silex sur des rochers des Alpes méridionales. Nul ne sait exactement ce que signifient ces inscriptions, toutefois on est en droit de s interroger : est-ce le début de l écriture? Datant probablement de cinq à six mille ans avant notre ère, des bibliothèques entières ont été découvertes en Mésopotamie. Ce sont des briques d argile pourtant des groupes de signes dits «cunéiformes». Ces tablettes de terre séchée au soleil sont marquées de signes faits avec un morceau de bambou taillé en biseau. Selon le sens d utilisation le même stylet imprime des coins courts et massifs ou des marques effilées. Des marques groupées forment des «idéogrammes» des signes qui ne sont pas des lettres, comme dans les inscriptions grecques et latines, mais qui ont des significations propre à chaque groupe ; ceux-ci expriment des idées qui sont ensuite liées aux idéogrammes voisins. On a réussi à déchiffrer la plupart de ces tablettes qui sont, le plus souvent, des comptes ou des contrats. Cela montre ce qui était important dans cette civilisation, donc nécessaire à conserver. L Egypte ancienne nous a laissé trois écritures utilisées en même temps. C est notamment grâce à la Pierre de Rosette, conservée au Louvre à Paris, que Champollion a réussi à déchiffrer les hiéroglyphes, l écriture sacrée des Egyptiens gravée dans les pierres des temples. Il existait aussi une écriture des prêtres et une écriture populaire. Près des images-lettres hiéroglyphiques, les prêtres utilisaient des signes schématisant les hiéroglyphes, l écriture populaire était d une graphie très éloignée de celle des inscriptions gravées sur les monuments. En Grèce des inscriptions montrent que l écriture alphabétique, les lettres assemblées pour faire des mots, était mélangée à une écriture syllabique où des sons représentés par des signes pouvaient être groupés. De plus l écriture sur du papyrus devait être lue successivement de gauche à droite, comme maintenant, puis de droite à 76

5 gauche à la ligne suivante. Cette manière d écrire et donc de lire était nommée boustrophédon, c est-à-dire «comme les bœufs» qui, au bout de chaque sillon, se retourne pour tracer le sillon suivant à l inverse du précédent. Les Romains écrivaient beaucoup, ou, plus exactement, faisaient écrire beaucoup par des esclaves scribes qui, avec un calame (une plume) trempé dans l encre, notaient ce qui devait être conservé dans des rouleaux de papyrus ou, parfois, de cuir. Mais pour la vie courante des tablettes de bois recouverts d une couche de cire, servaient à noter des idées sans grande importance. Un simple coup de polissage effaçait ces notes dès que le «pense-bête» avait fonctionné. Par chance on a retrouvé des tablettes dont la cire avait disparue, mais le scribe avait trop appuyé sur son stylet et avait gravé dans le bois ce qui aurait dû rester dans la cire. On connaît ainsi des détails sur la vie quotidienne des Romains. On est peu documenté sur les écrits juifs de la période pré-chrétienne. Les rares torahs qui subsistent sont d une datation incertaine. On sait toutefois que l écriture sémitique se compose de consonnes accompagnée parfois de signes indiquant les voyelles non écrites mais devant être prononcées. Il s agit bien d une écriture alphabétique. Les écritures arabes, comme toutes les écritures sémitiques, se tracent de droite à gauche et mélangent phonétique et alphabétique. C est cependant la tradition alphabétique gréco-romaine qui fixera le système alphabétique encore utilisé de nos jours. Sauf dans le slavon (vieux russe) le nombre de lettres de l alphabet reste proche des vingt six lettres. Même si l unification de l alphabet a été assez précoce, les graphies ont beaucoup évolué. L alphabet grec, tel qu il nous est parvenu, a peu varié au cours des siècles et reste très fortement inspiré d une graphie manuelle. Les inscriptions innombrables que nous ont laissées les Romains montrent que la filiation jusqu à nos jours a été parfaite. Curieusement les voisins et concurrents de Rome, les Etrusques, nous ont laissé des inscriptions sur lesquelles les déchiffreurs s exercent encore sans avoir encore réussi à les comprendre vraiment. La terminologie de l imprimerie est largement fidèle au modèle romain. Une des familles typographique est le Romain, caractère le plus classique, à côté de l Egyptien remarquable par les «patins» aux extrémités des hampes. L Italique est le caractère penché, qu il soit Romain ou Antique. Ces types de caractères comportent des majuscules (ou CAPITALES), et des minuscules (ou bas-de-casse parce que ces caractères, les plus utilisés, sont rangés en bas du casier à lettres ou casse). Ces divers types datent naturellement des débuts de l imprimerie. Les «Runes» alphabétiques et idéographiques des peuples du Nord de l Europe ont persisté jusqu à l entière conversion des populations au christianisme. En Allemagne notamment l écriture gothique tente de revenir en concurrence avec l alphabet latin ; cela n entraîne pas de modifications linguistiques même si cela ne simplifie pas le travail des imprimeurs, en particulier ceux qui font tourner les rotatives de presse. Même si l esthétique y gagne souvent, la lecture en est moins aisée. Cela est encore plus vrai pour l écriture cursive, celle qui cours au fil des mots sous la plume d un écolier, d un étudiant ou d un médecin Seule l expérience dira si ce renouveau du gothique sera de longue durée. Le premier livre sorti des presses de Gutenberg, la Bible des quarante deux lignes est un joyau typographique, sa lecture est parfois difficile en raison de la trop grande similitude entre des lettres ou des groupes de lettres, cela prête parfois à confusion. Depuis que les moines copistes ont introduit des abréviations destinées à alléger leur travail, les typographes ont continué à en user, rendant parfois ardue la lecture. Ainsi en est-il des doubles ff, des doubles tt ou des lettres liées comme st Ces signes typographiques (ligatures) ont progressivement disparu des «polices» de caractères. Une exception notable : & appelée esperluette reste en usage même sur les claviers des machines à écrire pour indiquer et. 77

6 Les échanges : commerce, argent, finances le troc et les espèces Les ethnologues * ont relevé que, aussi loin qu on puisse remonter chez les primitifs, l individu n existe que comme membre du groupe ; qu on le nomme tribu ou clan, il s agit d un ensemble d hommes, de femmes et d enfants vivant ensemble grâce à une conscience collective supérieure à la conscience individuelle, pour autant que celle-ci soit ressentie. Les besoins essentiels dépendent de la tribu qui œuvre pour les fournir à ses membres. La nourriture est recherchée, préparée et consommée collectivement avec des règles de distribution fixées depuis longtemps. Les enfants bénéficient de parts spéciales en matières alimentaires et en quantité. Les vieillards sont les premiers sacrifiés en cas de disette. Cela est aussi vrai chez les esquimaux que chez les polynésiens. L habitation est collective ; si il y a des séparations imposées elles ne distinguent pas les familles issues d un couple mais les âges et les sexes. Les adolescents sont souvent séparés des adultes, ils ne sont admis dans le monde de ceux-ci qu après des passages, épreuves, souvent nommés rites d initiation. Les rapports tribaux avec le monde des autres se limitent parfois à des guerres pour enlever des femmes et des enfants et pour augmenter la force des adultes mâles par des actes ou des simulations de cannibalisme. Cependant on trouve souvent des systèmes d échange fondés sur le troc, généralement organisés de manière à éviter les contacts entre rivaux. Les tribus maritimes peuvent s approcher des tribus forestières en déposant du sel ou des poissons séchés en territoire neutre mais surveillé. Les peuples chasseurs viennent alors déposer viandes et fruits en échange des produits de la mer. Des rites différents d échange d objets ou de produits sous forme de troc ont été observés dans des systèmes tribaux différents. L acceptation des produits d échange est souvent contrôlé par des observateurs évitant les contacts directs mais garantissant l équité entre les parties concernées. Ce système assure un certain équilibre entre les deux parties, en effet une disproportion trop importante amènerait inévitablement la partie lésée à trouver d autres partenaires. On trouve les traces de tels rituels dans des objets archéologiques datant de civilisations italiques pré-romaines ayant laissé des traces dans notre vocabulaire hérité du latin. Des lingots de bronze portant une représentation symbolique d un mouton ou d une vache ont probablement permis de représenter une valeur d échange sans avoir à apporter le produit au marché, au moins avant la concrétisation du troc. Onus, en latin, signifie poids, pesant, pecus signifie bête, bétail même si le mot pécore, encore utilisé par La Fontaine est tombé en désuétude. Les mots onéreux et pécuniaire sont les traces laissées par ces objets symboliques de produits d échanges. Naissance de la monnaie On est en droit de considérer que ces lingots furent des ancêtres des pièces de monnaie. Au début tout au moins ces lingots devaient avoir une valeur équivalente à l animal symbolique dont ils étaient porteurs. «Un porc vaut deux moutons.» Dès que les échanges ne furent pas limités au troc direct mais devinrent triangulaires, le lingot, pour pouvoir être utilisé avec des partenaires différents, devait avoir une valeur acceptée par tous les intervenants. D objet symbolique d un produit donné, le lingot passait à la matérialisation d une valeur pouvant indifféremment être utilisée pour des échanges diversifiés. Dès lors il n était plus nécessaire de donner au lingot un poids de bronze correspondant à la valeur réelle de l objet symbole. Il suffisait que les divers utilisateurs du lingot l acceptent pour une valeur commune. Insensiblement la monnaie était née. Il était plus facile de frapper une rondelle de métal d un signe convenu pour que chacun puisse transporter, donner ou recevoir cette valorisation d un bien matériel, qu il s agisse de bétail, de récoltes, d esclaves, de temps de travail ou de terres. L apparition de la monnaie ne fut pas le résultat d un système réfléchi mais plutôt une réponse empirique à des besoins. Besoin de matérialiser des biens divers en moyens d échange faciles à manipuler et à transporter, besoin de comparer des objets, des services, des ensembles immobiles par nature, et pour cela créer un langage commun exprimant des valeurs semblables pour des choses différentes, besoin de thésauriser en prévision d accidents météorologiques, démographiques et autres. Ces besoins vitaux ne se manifestèrent que progressivement et de manière confuse. Cette nécessité pratique fut initiatrice des premiers balbutiements du calcul et des comptes. Si on a trouvé des pièces de monnaie de Grèce bien antérieures aux pièces romaines, le pouvoir de «battre monnaie» fut toujours le signe de la souveraineté. Emettre des pièces de cuivre, de bronze, d argent ou d or n avait de sens que si ces espèces (sonnantes et trébuchantes) étaient acceptées sur un territoire dépassant le seul lieu de frappe. Sonnantes car les alliages n avaient pas la même sonorité que le métal pur tombant sur la pierre, trébuchantes parce que le poids pesé au trébuchet balance de précision permettait de savoir si la pièce n avait pas été rognée. * Les ethnologues étudient les peuples primitifs pour comprendre le chemin de l homme depuis qu il a pris conscience de son existence. 78

7 Il est révélateur d étudier la légende de la Toison d Or, d autant que les premières pièces d or sont attribuées à Crésus, roi de Lydie et symbole de la richesse. L or de Crésus, selon la légende, était récolté dans l eau du fleuve Pactole. L or natif se présente en paillettes, poussières ou pépites mélangées au gravier des torrents qui érodent les filons. Pour retenir les paillettes d or, on faisait couler le mélange boueux sur des peaux de mouton tapissant une auge en bois. L or, plus lourd, restait accroché dans les poils encore chargés de suint alors que graviers et boues étaient entraînées par le courant. L origine de la légende est facilement explicable par des voyageurs n ayant observé que la récolte après lessivage. On comprend que le souverain d un pays où l or se récolte sur une toison soit devenu le modèle du riche tyran. Une pièce de monnaie définissait sa propre valeur, mais elle ne représentait pas une fraction ou un multiple d une unité monétaire reconnue. Elle créait sa propre unité monétaire. Un sicle d or n était pas la représentation d un sicle immatériel inexistant. Un talent d argent était sa propre valeur, la seule manière de s en assurer était de peser (au trébuchet) la pièce pour voir si elle était plus ou moins lourde qu un autre talent d argent, quelle que soit la figure frappée d abord d un seul côté puis pile et face. On dispose de collections de monnaies antiques, certaines particulièrement belles par leurs gravures, notamment les monnaies celtes. Le calcul Dés que les possessions de monnaie dépassèrent quelques unités, le besoin de les compter devint essentiel. L alphabet numérique romain ne se prête pas du tout à la simple addition et à la soustraction *. Ne parlons pas de multiplication ou de division. Celles-ci n existent pas et, dans la pratique, le problème est résolu par des additions ou des soustractions indéfiniment répétées. Le moyen de compter le plus simple était le jeton ; comme son nom l indique, le «calculateur» faisait un tas de cailloux (calculus en latin) ou de rondelles d os représentant les objets à compter, il les jetait sur un autre tas au fur et à mesure du décompte, d où le nom de jeton donné à cet embryon de machine à calculer. On a retrouvé des graffiti sur des murs de Pompeï semblant représenter des abaques de calcul assez proches des bouliers chinois. En fait on sait peu de chose sur l arithmétique ancienne alors qu on a des informations nombreuses et précises sur la géométrie de Pythagore et sur celle des Egyptiens qui relève plus de l arpentage que de spéculations sur les angles et leurs rapports entre eux et au cercle. Le fameux «Théorème de Pythagore» sur le rapport trois quatre cinq des côtés d un triangle ayant un angle droit est vérifiable par le dessin, mais il repose sur un * Additionner CX et ILII est impossible à faire sans compter sur ses doigts ou mettre quarante deux jetons sur un tas de cent dix, puis de compter le résultat en jetant les objets symboliques au fur et à mesure pour ne pas en compter deux fois ni en oublier. raisonnement abstrait identifiant l angle droit et la valeur d un nombre qui forme un carré. Dans certaines civilisations primitives il n existe pas de mots pour dire des quantités. Il est possible d exprimer un, deux et beaucoup. Parfois n existe que la notion d unique ou beaucoup. Il en reste des traces : une vache, un troupeau de vaches. Appliqué au commerce, la quantité doit être exprimée avec précision ; l unité de valeur étant la pièce de monnaie prise pour sa valeur intrinsèque. C est de cette idée que découle l importance du rôle du changeur. Ce spécialiste était capable de connaître la valeur intrinsèque (et non symbolique) des pièces de monnaie en circulation. Il acceptait des pièces connues de l acheteur et les changeait en pièces acceptée par le vendeur. Naturellement le changeur prenait sa commission sur la transaction. Les surplus de production Dès lors que le producteur, cultivateur dans la quasi totalité des cas pendant des millénaires, avait un excédant de production après prélèvement de ses besoins personnels, il cherchait à en assurer la conservation pour avoir les moyens de faire face en cas de mauvaise récolte les années suivantes. Le songe de Pharaon déchiffré par Joseph : les sept vaches grasses et les sept vaches maigres raconté dans la Bible, exprime parfaitement ce besoin de ne pas tout dépenser afin de pouvoir supporter les aléas défavorables. Si, dès l âge paléolithique supérieure, la constitution de silos à grains était connue, les charançons savaient aussi s y introduire et vider silencieusement des réserves de précaution. Très tôt la monnaie, d abord instrument d échanges, devint un moyen de mettre à l abri la valeur excédentaire produite par le travail de l homme. On a trouvé en Gaule des dépôts de thésaurisation antérieurs aux pièces de monnaie. Des haches de cuivre soigneusement empilées et représentant une valeur certaine facile à négocier sont les premiers exemples de dépôts de précaution. Pendant des siècles, dans tous les pays d occident, la réponse aux périodes troublées était de se constituer un magot, un «bas de laine» rempli de pièces et caché dans un lieu connu du seul propriétaire. D innombrables trésors ont ainsi été mis à jour par hasard à l occasion de démolitions ou de terrassements. Le Code Napoléon a même réglementé le partage entre l «inventeur» du trésor celui qui l a trouvé, le propriétaire des lieux où fut faite la découverte et les héritiers du propriétaire initial du magot, s il est connu ; l Etat peut avoir droit à une part. Ce sont rarement des trésors connus par des documents anciens qui sont trouvés, bien que des chercheurs convaincus aient parfois consacré leur vie entière à la recherche du «Trésor des Templiers», sans résultat. 79

8 L identification des pièces de monnaie cachées permet de connaître avec précision la date de l enfouissement. Aucune monnaie postérieure à la mise à l abri ne peut naturellement faire partie du trésor ; les monnaies sont pratiquement toutes datées, que ce soit dans la gravure ou, à défaut, par comparaison avec des frappes identiques datées avec certitude. Les pièces frustes, c est-à-dire usées, sont naturellement les plus difficiles à dater et les plus révélatrices d un usage long et intense. L or, valeur-refuge Le symbole parfait du trésor est l or, qu il soit en pièces de monnaie, en lingots ou façonné en objets d orfèvrerie. De tout temps l or a été considéré comme la meilleure valeur-refuge. Ce métal, lourd, donc occupant un faible volume, incorruptible par l oxydation, au contraire de l argent-métal qui noirci avec le temps, malléable tout en étant solide et d aspect toujours brillant, est le principal constitutif des trésors cachés. Dans les périodes moins fastes cependant, malgré sa faiblesse l argent-métal était thésaurisé, avec un rapport de poids de cinq pour un généralement. Une pièce d or valait cinq pièces d argent de même poids. Il y eut de nombreuses variantes de bi-métallisme, l argent ne prenant de la valeur qu en cas de pénurie d or. L exploitation des mines d argent du nouveau continent succéda à la récupération massive de l or précolombien. Paradoxalement ce flux d espèces conduira l Espagne à la ruine. Trop de monnaie et pas assez de productions. En périodes fastes, l or qui dort dans un pot de terre, ou enseveli dans un bas caché au fond d une armoire, est certes une sécurité, mais ne sert qu à tranquilliser son propriétaire et ne produit rien. Pourtant paysans, artisans et bourgeois des villes savent que la vie dépend de l équilibre entre production et consommation. S il y a un excédent, même minime de produits, la vie est possible ; si l excédent est celui de la dépense, la vie de la famille devient menacée. Qu on nomme l excédent de produit bénéfice, profit, gains n a pas d importance. Cette marge entre les recettes et les dépenses est ce qui motive le travail des hommes. Pourquoi travailler si le travail appauvrit au lieu d enrichir. Une année où la pluie ou la sécheresse ont donné des récoltes mauvaises, le cultivateur sera obligé de restreindre ses dépenses et la faim peut s inviter à la table familiale. Si cette récolte est seulement mauvaise et que le foyer dispose de quelques réserves de l année précédente, la partie n est pas perdue ; ce sera seulement la disette. Mais si la récolte est perdue, le bétail malade, des familles entières peuvent mourir de faim car de telles calamités sont rarement cantonnées sur un hameau. L entraide entre voisins ne peut plus fonctionner, tous étant dans la même situation. Quand, en désespoir de cause, le chef de famille croit ou espère qu un prêt le sauvera, il tombe souvent entre les mains d usuriers qui finiront de le ruiner avec des intérêts exorbitants. Le propriétaire des terres données en culture à un fermier ou un métayer veut ignorer les mauvaises conjonctures et exige le règlement des fermages. C est alors que le magot caché peut être exhumé pour arrêter la catastrophe suprême : être chassé de chez soi. Les habitudes paysannes d économies rigoureuses, de parcimonie, ont été acquises par des siècles d angoisse si le temps est défavorable, quand il y a trop de soleil quand il faudrait de l eau ou que la pluie fait pourrir sur pied les moissons. Si minime soit-il, grâce à une conduite facilement et injustement définie comme de l avarice, vue de l extérieur, le profit, l excédent, le gain doit être géré avec une prudence absolue. Plusieurs types de comportement sont possibles. Thésauriser est la conduite la plus simple, la moins risquée. Mais le profit est immobilisé, il ne s augmente pas. Il est facilement disponible mais totalement improductif. Un autre comportement consiste à mettre ses économies à la disposition d emprunteurs sérieux, pour que ceux-ci puissent acquérir un bâtiment agricole, une pièce de terre, etc. Naturellement ces prêts doivent rapporter un intérêt convenable avec des garanties solides, généralement gagés sur des biens immobiliers de l emprunteur. Echéancier des intérêts et taux, échelonnement du remboursement, coût des sûretés (hypothèques), un tabellion, notaire, homme d affaire, est souvent l intermédiaire obligé de telles opérations. Les économies sont ainsi placées et rapportent, mais elles ne sont pas immédiatement disponibles ; il arrive qu une pyramide de prêts, gagés sur d autres emprunts, permette d arbitrer les coûts de nouveaux emprunts consentis pour garder les intérêts les plus élevés tout en payant des intérêts plus faibles. Insensiblement s installe une activité de prêteur. Pour simplifier le cas, on peut prêter à 3% si on peut emprunter à 2%, il y a alors une possibilité de bénéfices. A l inverse prêter à 2% ce qu on emprunte à 3% conduit vite à la ruine. Il existe une manière particulière d utiliser ses disponibilités : l achat en viager. Un vieillard ou un couple âgé et sans enfants vend sa maison moyennant une «rente viagère» qui sera versée jusqu à la mort du vendeur qui, le plus souvent garde l usage du bien vendu. Outre la rente viagère, l acheteur doit souvent verser un «bouquet», somme déterminée par accord dès la signature du contrat. Les viagers comportent une part d incertitude sur la durée de vie du bénéficiaire ; ce côté de jeu de hasard peut paraître choquant, les calculs utilisés par les notaires pour fixer le montant de la rente relèvent de la probabilité et utilisent des tables statistiques de durée de vie. La vente en viager peut permettre d améliorer la situation financière du vendeur jusqu à sa mort et de faire bénéficier l acheteur d un bien qu il paiera à un prix avantageux et échelonné. 80

9 Enfin, lorsque le magot atteint une certaine masse, le paysan peut acquérir un bien dont il escompte un rendement dégageant un profit supérieur à ce qu il aurait obtenu en prêtant ses économies. Cette vision très schématique montre comment, insensiblement, un fermier exploitant une terre qui ne lui appartient pas peut devenir simultanément petit propriétaire, lentement, progressivement, jusqu à ce qu un événement imprévisible lui permette de devenir acquéreur en masse, comme cela s est passé avec la vente des biens d émigrés puis des biens du clergé, pendant la Grande Révolution. Changeurs et prêteurs Jusqu au Système de Law, sous Louis XV, juste avant la Révolution, toutes les monnaies étaient métalliques, or et argent pour des valeurs élevées, cuivre ou bronze pour le billon, la petite monnaie. La première tentative d introduire une monnaie-papier * s est mal terminée mais ne fut qu un incident de parcours dû à une spéculation folle. Spéculer c est espérer gagner de l argent en misant sur des profits futurs et en engageant une faible mise pour un gros profit supposé. La seconde opération, forcée celle-là, fut la création des assignats. Dans son principe l idée était bonne : les biens du clergé existaient et pouvaient garantir que la monnaie-papier représentait des valeurs réelles. C était essentiellement des biens fonciers, qui s étaient constitués au cours des siècles précédents parce que seuls ces biens n étaient jamais dispersés à l occasion des successions. Un chapitre, une abbaye ne mouraient jamais. L accumulation de ces biens dits de mainmorte atteignaient jusqu à deux tiers des terres cultivables dans certaines régions. Mais les révolutionnaires croyaient ces biens inépuisables, Rapidement les assignats perdirent leur valeur. Deux conséquences dramatiques en découlèrent. L assignat, même sans valeur, pouvait naturellement servir à payer les impôts, droits et taxes en appliquant leur valeur nominale, du coup les caisses de l Etat, remplies d assignats, étaient en réalité complètement vides. Les spéculateurs qui avaient échangé des assignats contre des biens, payant ainsi en monnaie-papier des terres, des bâtiments, des forêts, purent se constituer à peu de frais des propriétés souvent énormes. Ensuite ils dépeçaient leurs acquisitions, vendant des forêts entières, arrachant les toits de plomb des églises pour les vendre, transformant en carrières de pierre des monuments uniques comme l abbatiale de Cluny, la plus grande église de la chrétienté. Il faudra l arrivée de Bonaparte au pouvoir pour restaurer une monnaie en laquelle les Français et les étrangers ont eu confiance. * Ne pas confondre le papier-monnaie (assignats, billets de banque) avec les Lettres de change que se transmettaient les banquiers pour réduire les mouvements de fonds sur des routes peu sûres. Une monnaie a traversé les siècles sans changer de nom mais dont la valeur n a cessé de s éroder jusqu à nos jours. Charlemagne, voulant assainir les finances de l empire carolingien, créa une nouvelle monnaie à laquelle il donna le nom de solidum, solide. Le Sou d or, d une valeur très importante, appelé sou ou sol selon les époques, donna aussi son nom à la solde et aux soldats qui la recevaient sous cette forme. Maintenant le sou de cinq centimes est l unité monétaire la plus faible, mais dans les comptes notariaux le sol passa sans difficulté d une valeur rattachée à la livre à celle d un vingtième du Franc germinal de Bonaparte. Les monnaies n avaient plus de valeur intrinsèque, sauf pour l or ; elles étaient la représentation d une valeur fixée par celui qui battait monnaie. La Livre tournois, frappée à Tours où Louis XI résidait le plus possible, avait cours dans tout le royaume. D autres pièces circulaient également, le recours à un changeur était donc inévitable dans des transactions payées avec des monnaies différente. Encore de nos jours le Louis qui est le plus souvent une pièce d or portant le profil de Napoléon III, dont la valeur nominale est dix francs (et vingt francs pour le double louis * ) ne peut pas être utilisé dans la vie courante, mais se négocie à des prix bien plus élevés, correspondant d assez près à la valeur de l or constituant la pièce. Un changeur doit connaître en permanence la valeur de chaque pièce, non seulement au lieu de sa résidence, mais, si possible, dans d autres villes et d autres pays. Naturellement le temps que mettait la nouvelle d une modification de valeur à parvenir au changeur pouvait rendre l information périmée. Mais comme tout le monde était logé à la même enseigne, il n y avait pas de grandes spéculations à faire sur les taux de change. D autre part le transport, le plus souvent à dos d âne, des espèces métalliques, inévitable pour les opérations d une certaine importance, était lent et dangereux. Des Viennois, les Fugger, travaillant avec des Milanais et des Vénitiens, eurent l idée de faire parvenir des Lettres de change mentionnant la somme, la monnaie (on dirait maintenant la devise) et le prix de celle-ci à Vienne (on dirait maintenant le cours). L idée la plus novatrice était d échanger des transactions croisées, compenser les achats de Vienne à Milan par des ventes de Vienne à Venise et d autres transactions entre leurs succursales milanaise et vénitienne. Naturellement ce système reposait sur la confiance réciproque. L avantage principal était de limiter très sensiblement les transports d argent-monnaie et surtout d or. Des simples lettres suffisaient alors pour déplacer des sommes importantes sans risque de brigandage. De tout temps l attaque d un encaisseur dans la rue a été une pratique de bandits. * Le Louis était parfois d une valeur de vingt quatre francs souvenir du système duodécimal ancien de même que l Ecu pouvait valoir trois ou cinq francs (ou livres). 81

10 En combinant une activité de prêteur à une activité de changeur, apparut un métier nouveau, celui de banquier, car toutes ces transactions se passaient par écrit sur un banc, nous dirions maintenant un comptoir (parce qu on y comptait ses espèces) Le comptoir a ensuite désigné aussi le lieu où on boit rapidement un petit-blanc ou un café. Banques et marché des valeur, la bourse. Changeur et prêteur, le banquier devint progressivement un homme d argent à la tête d un établissement où la marchandise qu on achète et qu on vend est l argent. Ce paradoxe est que l objet même des transactions est le même produit avec lequel on compte et on paye. La banque est fondée sur la confiance, elle-même garantissant l existence de fonds disponibles suffisants pour faire face aux risques. La banque reçoit en dépôt l argent de ses clients ; avec celui-ci elle prête à d autres clients. En outre elle aide ses clients à trouver des lieux ou placer leurs disponibilités, le surplus de leurs revenus sur leurs dépenses. Le plus souvent les lieux de placement sont des entreprises industrielles ou commerciales qui ont besoin d argent frais mais qui sont capables de rémunérer les apports de fonds. On peut résumer les activités bancaires de façon simple : emprunter à taux bas pour prêter à taux élevé et réciproquement prêter à un taux supérieur à celui qu on paye pour emprunter. Les entreprises qui empruntent pour développer leurs activités sont liées au prêteur qui reçoit des Obligations, ce qui signifie que, quoi qu il arrive, un intérêt doit être versé. Certaines entreprises acceptent de faire partager les risques et les profits éventuels de leur activité, ce sont alors des Actionnaires qui souscrivent des parts du capital de la société. Actions et obligations s achètent et se vendent librement ; c est à la bourse que ces transactions ont généralement lieu. Les prix payés sont ceux de l offre et de la demande ; si les perspectives de profit sont bonnes le cours des actions tend à monter, il peut baisser dans le cas inverse. La manière dont sont fixés les prix des obligations tient compte, naturellement, de la bonne santé de l entreprise, mais ce qui est essentiel c est le taux d intérêt de l obligation comparé aux taux de nouvelles obligations en cours de souscription. Les taux élevés sont recherchés, naturellement, mais le développement de l activité de l entreprise considérée est essentiel pour donner confiance. Une entreprise en faillite ne paye plus d intérêts! Il existe des emprunteurs différents dont les besoins sont constants. Les banques et les compagnies d assurance sont dans des dispositions exactement opposées. Une banque a toujours besoin de plus d argent pour prêter à ses clients, que ce soit des personnes ou des entreprises ; les compagnies d assurance, au contraire, cherchent à placer au meilleur prix les fonds versés par leurs assurés, ceux-ci souscrivent en effet pour que l assureur paye à leur place en cas d accident, qu on nomme sinistre dans cette profession. Les bons placements des fonds par les assureurs donnent des produits financiers très attractifs. Les compagnies d assurances ne cessent de rechercher des produits nouveaux à proposer à leurs clients, chacune s efforçant de trouver une idée d avance sur celles des concurrents. Assurances-vie, à ne pas confondre avec les assurances-décès, assurances contre l incendie ou les inondations, assurances des risques divers familiaux ou professionnels, assurances contre les accidents automobiles, la somme des «primes» c est à dire des versements périodiques de celles-ci, représentent des sommes énormes. Les compagnies d assurances sont tenues d avoir des réserves sous forme d immeubles, mais aussi de détenir un «portefeuille» d actions et d obligations achetées en bourse au prix du marché de manière à toujours pouvoir payer pour les sinistres pouvant frapper leurs assurés. Enfin d autres emprunteurs pèsent un poids élevé sur les cours de la bourse. Il s agit de l Etat, des entreprises étatiques et des villes, pour elles-mêmes ou leurs régies municipales. L Etat place des obligations à courte et moyenne durée (court terme et moyen terme) à des taux plus bas que le marché compte tenu de l absence de risque d insolvabilité. Enfin la rente, l obligation de verser chaque année une somme définie au rentier, a longtemps été le baromètre de la bourse. La rente «au pair» se négocie au prix nominal, mais le plus souvent l érosion du prix par rapport à la valeur nominale, reflète en réalité une augmentation du taux d intérêt. De la rente 4 % perpétuelle achetée à 75 francs pour un nominal de 100 francs signifie que le taux d intérêt réel est de 5 %. Là encore le grand marché de l argent est à la Bourse des valeurs. Il faut le préciser quand il y a des risques de confusion ; il existe en effet des bourses spécialisées comme celles du sucre ou du café. Monnaies nationales Il faut d abord se souvenir que chaque pays a son propre système monétaire. Si le Franc fut créé pour payer la rançon de Jean le Bon au XV e siècle, c est le Consulat qui vit apparaître le Franc dit franc Germinal que nous connaissons encore. La livre sterling britannique a également un passé notable. L Autriche du XVIII e siècle connut une réforme monétaire, le Thaler de Marie-Thérése, imposante pièce d or portant le nom de la mine de Joachimsthal, devint, au XIX e siècle la monnaie unique en Afrique centrale, la monnaie des marchands d esclaves. Ce nom de thaler, déformé par l usage devint le dollar. 82

11 L Impératrice Marie-Thérése avait voulu évoquer l empire de Charles- Quint, son ancêtre et ses possessions espagnoles. Les Colonnes d Hercule, c est-à-dire Gibraltar figuraient sur les thalers. La pièce portait donc les deux colonnes et le serpent vaincu par Hercule. L emblème herculéen se trouve dans le caractère représentant le dollar $! Cette anecdote illustre le caractère national des monnaies. Le marché des changes est l endroit où s échangent des pesetas contre des lires, des livres sterling contre des francs suisse, la valeur du franc pouvant être différente par rapport à des monnaies elles-mêmes cotées de manière fluctuante. On imagine facilement les difficultés (et les profits) lorsqu un banquier doit fournir à un client les moyens de souscrire des actions d une société allemande à partir du produit de la vente d actions américaines. La banque autrichienne Rothschild, prévenue par le télégraphe de l abbé Chappe du désastre de Waterloo que tout le monde ignorait, vendit dans d excellents conditions tout ce qu elle avait pu amasser de rente française. Quelques heures plus tard les acheteurs étaient ruinés et Rothschild devenait une puissance qui s étendit à Paris et à Londres. Maintenant tous les banquiers ont accès aux mêmes moyens de communication, télégrammes et téléphones. Il n empêche que les décalages horaires entre la Bourse de Paris, le Stock Exchange de Londres et Wallstreet de New York compliquent certaines opérations. Les problèmes s aggravent quand il s agit de la Banque de San- Francisco dont le décalage horaire avec New York est supérieur à celui qui sépare New York de Paris. Des coups de bourse viennent d ébranler les économies mondiales à New York en Le marché de l argent-monnaie, à peine esquissé ici, est une organisation d une grande complexité. On peut comprendre le rôle essentiel du financier qui permet la création de nouvelles entreprises, de nouveaux emplois, de nouvelles richesses. En revanche il peut être difficile de comprendre que des sommes énormes changent de mains, que des profits gigantesque et des pertes phénoménales puissent intervenir sans que rien n ait changé ni dans les ateliers, ni dans les magasins, ni pour les employés. Cela ressemble au tapis vert des casinos où des joueurs se ruinent, et parfois s enrichissent sans apporter quoique ce soit à la société. Profits et pertes La mort d une entreprise peut avoir deux formes différentes. Lorsque les associés décident d arrêter, quelle qu en soit la raison, ils décident sa liquidation volontaire. On vend alors tous les biens de l entreprise et ses créances, on ferme les ateliers, licencie le personnel, et on paye toutes les dettes. Si la liquidation est bien faite il reste un bonus de liquidation que les associés se partagent et qui peut être supérieur aux fonds que ceux-ci avaient investi à la création. La liquidation forcée est une décision de justice ; un liquidateur paye les dettes, s il en a les disponibilités financières, vend les biens matériels et éventuellement immatériels (brevets, clientèle, etc.) et, avec ce qui reste rembourse les créanciers «au marc le franc», ce qui veut dire proportionnellement à leurs créances. A la limite les ventes (on nomme cela réaliser les Actifs) ne suffisent pas à payer les créanciers privilégiés (l Etat, certains créanciers avec garantie) les associés n ont donc rien à se partager, ils ont tout perdu. Selon les cas les banquiers peuvent être remboursés, mais ils peuvent aussi se voir reprocher d avoir trop longtemps aidé une société déjà moribonde. Dans ces cas là ils peuvent être condamnés à payer une partie des créanciers. Naturellement ce risque est assez théorique, les créanciers avertis que sont les banques savent quitter le navire avant le naufrage. Comptes Le calcul est le moyen de faire des opérations comme l addition, la soustraction, la multiplication et la division. Mais pour éviter de dépenser plus qu on ne gagne il est nécessaire de faire des comptes ; c est même le seul moyen de ne pas avoir de mauvaises surprises. La forme la plus simple des comptes, que ce soit ceux d une personne, d une famille ou d une entreprise est de noter tous les jours les sommes d argent reçues et les sommes d argent dépensées. Les pages d un livrejournal suffisent si tous les mouvements d argent y son bien marqués au jour le jour, avec l explication de la recette ou de la dépense. (Il peut alors arriver que un compte spécial soit tenu pour connaître les quantités de produits achetés et vendus). On peut noter ce qui est entrée et sortie de fonds. Il est plus commode de faire deux colonnes, l une pour les recettes, l autre pour les dépenses, ce qui permet d additionner quotidiennement, hebdomadairement ou mensuellement chaque colonne. A cette occasion on peut comparer le total des dépenses et le total des recettes afin de savoir quelle colonne est supérieure à l autre ; dans un sens on économise, dans l autre on s endette. Il est bon de faire périodiquement le compte des billets et des pièces de monnaie qu on a et à en comparer le montant au chiffre fourni par les comptes. Cela se nomme «faire sa caisse». Si il y a un écart, il peut être dû à des dépenses omises dans les comptes ou, bien plus rarement à des recettes oubliées ; faire sa caisse régulièrement est un moyen sûr d avoir des comptes exacts. Les choses sont un peu plus difficiles si on a un livret de caisse d épargne ou un 83

12 compte à la poste, mais les mouvements des recettes et des dépenses sont chaque fois écrites dans le livret ou sur une fiche envoyée par le centre postal, en outre Poste ou Caisse d épargne donne chaque fois la «position», c est-à-dire le montant disponible. Quand on fait le point sur l équilibre entre recettes et dépenses, il ne faut pas croire que la différence indique les dépenses qu on peut faire. En effet il faut tenir compte des dépenses à venir dont les plus importantes sont généralement le loyer et les divers impôts qui peuvent parfois être payés par trimestres. On peut aussi avoir des dettes dont il faut payer les intérêts et l amortissement, généralement annuel. Les comptes deviennent plus compliqués mais le principe reste le même, noter les dettes à la date du payement, ce qu on appelle l échéance afin d économiser à l avance la somme qu il faudra régler. Après les impôts les fermages ou les loyers sont prévisibles en montant et en date d échéance. Il en est de même pour les recettes, produits de ventes ou salaires, mais il est parfois difficile d être sûr du montant et de la date des recettes. Si on tient un commerce il est encore plus indispensable de «faire sa caisse» quotidiennement. C est grâce à une tenue de comptes rigoureuse qu on peut éviter des catastrophes provoquées par des erreurs de prix. Même si les acheteurs sont nombreux, si les prix de vente sont trop bas, il est impossible de se rattraper sur la quantité, bien au contraire! Plus on vend, plus on s enfonce. Une autre raison de faire régulièrement «sa caisse» est de faire apparaître, si cela arrivait, les prélèvements illicites. Prendre dans la caisse est généralement le fait d une employée malhonnête pour les petites sommes ou, d un comptable indélicat pour les détournements importants. Les choses qu on découvre Comment se situer dans l espace et le temps Les trois dimensions que chacun perçoit facilement : devant, derrière, en haut, en bas, à droite, à gauche, ne suffisent pas à l homme pour se situer. Même si rien ne change de place les choses changent simplement parce que le temps passe. Le temps est une quatrième dimension que l homme a découvert peu à peu depuis des millénaires. Le temps est sensible par l alternance du jour et de la nuit, par les nuits scandées par les phases de la lune et par le cycle des saisons. La durée de la vie humaine donne également un repère sur le déroulement du temps. Dans des pays lointains d Asie il n y a que deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies. En Egypte antique également il n y avait que trois saisons : avant la crue du Nil, la crue et après la crue. En Europe on distingue quatre saisons : printemps, été, automne et hiver que l observation du ciel nocturne et la hauteur du soleil à midi au-dessus de l horizon permettent de fixer sans erreur. Il est fréquent d entendre les poètes parler du «printemps de la vie» pour évoquer la jeunesse et l hiver pour parler de la mort. Pour les Egyptiens et les Mésopotamiens la terre était plate. Certains Grecs, constatant qu un navire disparaît à l horizon par sa coque avant sa mâture, en avaient conclu que la terre était ronde. Mais pour tous la terre était le centre du monde. La course apparente des étoiles et des planètes supposait des systèmes compliqués pour les expliquer. Bien plus tard Copernic puis Galilée simplifièrent les courses apparentes des planètes en imaginant que le centre de rotation de tout le système était le soleil. D où le nom de «système solaire». Dès lors les mouvements de la lune, tournant autour de la terre comme celle-ci le fait autour du soleil, simplifièrent beaucoup la connaissance du monde : Newton, Kepler et d autres purent alors établir des explications simples de notre monde. L observation se complétait de calculs abstraits ; un savant astronome, Le Verrier, put ainsi décrire l orbite d une planète que personne n avait jamais observé. Sachant où la chercher et munis de lunettes plus puissantes, d autres astronomes trouvèrent Neptune ; ensuite ce fut Pluton. Ainsi la Lune dont les phases avaient été codifiées depuis des siècles, respecta rigoureusement les dates et heures annoncées de ses éclipses. Ainsi le «Bureau de la connaissance des temps» calcule et communique au monde entier les phases lunaires *, mais aussi les levers et couchés des planètes, les horaires et hauteurs des marées selon les ports, les variations magnétiques, etc. Toutes ces informations sont * Au premier quartier la lune ressemble à un D, au dernier quartier elle ressemble à un C. On dit «menteur comme la lune» parce qu elle annonce Décroit quant elle est croissante et Croît quand elle est décroissante). 84

13 indispensables à la navigation afin de permettre des calculs précis, de jour comme de nuit, des longitudes et latitudes des navires. Un navire qui se déplace hors de la vue des côtes doit pouvoir se situer. Un cercle imaginaire, l Equateur, fait le tour de la terre à égale distance des deux pôles, ceux-ci étant les extrémités de l axe de rotation de notre globe. Un bateau qui s éloigne de l équateur part de la Latitude O pour monter jusqu à la latitude 90 Nord pour le pôle arctique. Il en est de même pour la latitude 90 Sud du pôle antarctique. Les distances vers l Ouest ou l Est se calculent également en Longitude Ouest ou Est. La longitude O est celle du méridien d origine (autrefois le méridien de Paris, maintenant le méridien de Greenwich, près de Londres). A l opposé, les méridiens 180 Est ou Ouest se confondent en une même ligne appelée également Ligne de changement de date où s achève la dernière heure de la dernière journée occidentale et où commence la première heure du nouveau jour oriental. Par quelques chiffres accompagnés de la précision Nord ou Sud et Est ou Ouest, la situation exacte de chaque point du globe est définie sans risque d erreur. C est grâce à cette connaissance que des cartes marines et terrestres ont pu devenir des documents qui soient exacts. Les grandes cartes océaniques du Service hydrographique de la Marine sont précises pour indiquer phares, chenaux et écueils mais simplifiées pour les terres. Les cartes du Service géographique de l armée, atteignant des précisions telles qu on pourrait parfois les comparer à des photos aériennes qui, depuis quelques années, sont utilisées pour tenir à jour les plansdirecteurs où un bâtiment de vingt mètres de long est figuré par un rectangle noir de deux millimètres de longueur. Comment percevons-nous le monde où nous vivons : par nos cinq sens qui assurent la transmission des réalités extérieurs à notre cerveau, donc à notre connaissance. La vue Très tôt les nouveaux-nés suivent des yeux les mouvements de leur mère. On ne peut pas savoir exactement quand la vue sera à l origine de cette connaissance, car l ouïe et l odorat jouent probablement un rôle dans cette connaissance de la mère et dans la différence entre celle-ci et les autres personnes. L existence des deux yeux permet d avoir une connaissance du relief. En masquant un des yeux, on voit comme il est difficile de remettre un bouchon dans le goulot d une bouteille. Les deux yeux n ont pas toujours la même qualité de vue ; un examen de la vue faite par un médecin oculiste permettra de corriger les défauts de vision par le port de lunettes. Ce qu on appelle loucher, le strabisme, peut être corrigé et même opéré. Il est prudent de ne pas attendre l adolescence pour soigner la vue et fournir à l enfant les verres de lunette dont il aurait éventuellement besoin ; l instruction reçue à l école peut être affaiblie par une vue défectueuse, que ce soit pour la lecture, l écriture ou les leçons au tableau noir. L ouïe Il est moins facile de reconnaître la surdité chez un enfant qu un défaut de la vue. Un enfant qu on qualifie de distrait est parfois un enfant entendant mal sans être un sourd complet. Les enfants appelés sourdmuets ne sont que sourds ; la mutité est due à la surdité, en effet l apprentissage naturel de la parole nécessite obligatoirement que le bébé entende la voix de sa mère et sa propre voix. Il existe un apprentissage de la parole pour les enfants sourds, il y a également un apprentissage de la lecture sur les lèvres de l interlocuteur. Enfin un langage des signes, avec les mains, permet de communiquer. L oreille externe : le pavillon, joue un rôle essentiel dans la localisation des sons ou des bruits, c est pourquoi, au Moyen-Âge, un châtiment des malfaiteurs était d être «essorillé». Les pavillons étaient coupés par le bourreau et le malfaiteur perdait la capacité de situer la source de ce qu il entendait. L ouïe permet de recevoir des bruits et des sons ; la différence est que les sons sont harmonieux et que les bruits ne le sont pas. A la limite un roulement de tambour peut être reçu comme un signe de victoire ou comme l annonce d une catastrophe. Sons et bruits sont indispensables à la vie. Les animaux entendent des sons beaucoup plus graves (sourds) et beaucoup plus aigus (sifflements) que les hommes. L odorat Comme pour les sons et les bruits, les odeurs peuvent être perçues comme agréables ou désagréables, des parfums ou des puanteurs. Le siège de l odorat se trouve dans le nez, quand on a le nez congestionné (rhume de cerveau) on perd l odorat. Les aptitudes à user de son odorat diffèrent beaucoup entre les hommes, certains «nez» jouent un rôle essentiel en parfumerie pour composer de nouveaux parfums. D autres personnes arrivent à reconnaître des visiteurs en sentant seulement l odeur de leurs vêtements dans l antichambre. Des animaux comme les chiens sont capables de suivre la trace laissée dans les bois ou les herbages par des personnes perdues ou se cachant. Les odeurs sont généralement un signe pour attirer ou repousser. Des œufs gâtés ont une odeur répugnante, un pain sortant du four du boulanger répand 85

14 une odeur mettant en appétit. Certaines odeurs sont perçues comme agréables par certains et pénibles par d autres ; c est le cas de certains fromages. L apprentissage des odeurs est important dès le jeune âge. Les odeurs de la nature : foins coupés, sous-bois, bords de mer sont ancrées dans les souvenirs agréables. Mais il en existe aussi de très pénibles : fumier, marécages, charognes ayant un caractère répulsif. Le goût On situe généralement l organe du goût dans la bouche. C est à la fois vrai et faux. La langue connaît des goûts très tranchés : le salé, le sucré, l acide et l amer. Une personne enrhumée ne distingue que ces quatre espèces de saveur. Mais les innombrables nuances de plaisir ou de dégoût viennent d un ensemble de sensations gustatives et olfactives qui se composent et permettent de distinguer des nuances très fines. Un dégustateur de vin est capable de décrire l origine d un échantillon, lieu de récolte, année de récolte, etc. Un chef cuisinier saura doser avec précision les condiments d une sauce, des liqueurs amères comme la gentiane peuvent être composées avec précision par mélanges. Que dire du cognac dont les experts distinguent, en le goûtant, la forêt où ont été abattus les chênes ayant servi à construire les tonneaux dans lesquels ce cognac a vieilli! Il n y a pas si longtemps, l efficacité d une potion était considérée comme d autant plus grande que son goût était mauvais. Que d enfants gardent la répulsion de l huile de foie de morue dont les parents attendaient des miracles. Le toucher Beaucoup confondent le toucher avec les sensations transmises par les doigts. Certes les principaux messages du toucher proviennent des doigts, mais ils ne sont pas les seuls. Un exemple bien connu est celui des officiers de la Grande Guerre qui, pour connaître l heure exacte d un assaut, en pleine nuit et sans allumer des lumières, ouvraient leur montre-bracelet et, avec la langue, situaient les aiguilles avec une précision bien supérieure à celle que leurs doigts auraient pu avoir. La main est capable de distinguer d innombrables choses ; le poids d un caillou ou d un morceau de bois, le chaud ou le froid d une main étrangère aussi bien que la température de l eau ou la chaleur d un feu. Au toucher, dans le noir, on distingue la différence de tissus ou de cuirs, la consistance de la glaise, d un fruit, d une mousse ou d un champignon. Les pieds nus savent transmettre des informations précises sur une vasière, une plage de sable grossier ou fin, des rochers lisses ou grenus avec ou sans arapèdes (chapeaux chinois). Le dos est sensible : le chat à neuf queues de la marine à voile en témoigne. Il existe des phénomènes de toucher peu explicables. Une assiette en faïence et un bol en bois sortant d un même placard, donc à la même température, donnent l une une sensation de fraîcheur, l autre une sensation tiède. Pourquoi? Le dos de la main est aussi sensible au chaud et au froid : souffler dessus les lèvres presque fermées donne une sensation de fraîcheur alors qu avec la bouche grande ouverte l air expiré est ressenti comme chaud. La couleur La vue dans la nuit faiblement éclairée par la lune, à l aube ou au crépuscule, ne connaît que des nuances de gris étalées du noir au blanc. Il faut un éclairage suffisant pour qu apparaissent les couleurs des êtres et des choses. Dès l antiquité la couleur attirait les hommes ; dans la Bible l Arc-en-ciel apparu après le Déluge universel scelle l alliance entre Jéhova et les enfants de Noë. Chez les Grecs l Arc-en-ciel aux sept couleurs est «l écharpe d Iris» la messagère des dieux. On sait que la lumière du soleil traversant une atmosphère chargée en humidité est parfois décomposée comme à travers un prisme de verre. On distingue sept couleurs Violet, Indigo, Bleu, Vert, Jaune, Orangé et Rouge. Cette décomposition traditionnelle ne correspond pas réellement à une discontinuité entre les couleurs. De plus on sait maintenant qu au-delà du violet il y a les ultraviolets et avant le rouge les infrarouges. On reconnaît généralement l existence de trois couleurs dites primaires : le rouge, le jaune et le bleu. En mélangeant ces couleurs deux par deux on obtient des nuances de l arc-en-ciel : rouge et jaune donnent de l orangé, rouge et bleu donnent du violet, jaune et bleu donnent du vert. On considère que la couleur obtenu par chaque mélange à deux est la complémentaire de la couleur primaire non utilisée. Ainsi le rouge et le bleu mélangés donnant le violet, celui-ci est complémentaire de la troisième couleur primaire : le jaune. Le vert est complémentaire du rouge, l orangé est complémentaire du bleu. L œil est capable de distinguer des nuances très fines entre des couleurs presque semblables : les morceaux de verre de couleur des vitraux du Moyen-Âge montrent des centaines de nuances diverses. Mais certaines personnes confondent des couleurs. On appelle daltoniens les hommes qui ne peuvent distinguer le rouge du vert, ils voient des gris à la place de ces deux couleurs. De telles anomalies existent aussi pour le jaune et le mauve, et ainsi de suite. Il existe des cahiers de dessins spéciaux permettant de découvrir ces aberrations de la vue. Les couleurs sont souvent comparées entre elles : les Grecs déjà comparaient les yeux d Héra à ceux d une vache : et ceux d Athéna à la couleur de la mer : o t La couleur était plus présente que maintenant : on a peine à croire que le Parthénon avait ses colonnes couvertes de peinture, pourtant des traces 86

15 ont été retrouvées, comme sous la patine noire des cathédrales gothiques. Comment communiquer sa vision des couleurs? Ce sont des comparaisons qui ont permis de définir des nuances : rouge sang, rouge coquelicot, orange, jaune citron et jaune d or, vert amande ou vert olive, bleu ciel, bleu marine * et bleu nuit, prune, etc. Pour des couleurs composées les appellations sont encore plus descriptives : couleur brique, coq de roche, ardoise, etc. Dans la vie quotidienne aussi la couleur était affichée ; il n y a pas si longtemps que les uniformes de l armée étaient dangereusement voyants, ainsi les pantalons rouge-garance des soldats de l infanterie de ligne se voyaient bien plus que les uniformes gris-des-champs (feldgrau) des soldats prussiens. Le bleu-horizon qui remplaça les pantalons rouge était un progrès, le kaki est encore préférable en attendant un tissu invisible que la science saura trouver. Les premières expressions de la pensée humaine ont utilisé la couleur ; dans les grottes abritant des peintures murales préhistoriques, le noir n est pas la couleur principale alors que le charbon de bois était présent ne serait-ce que dans les torches d éclairage. Or les principales couleurs utilisées sont de nombreuses nuances de brun, beige, rouge et parfois noir, naturellement. Ces peintures utilisaient des terres colorées, le plus souvent, semble-t-il, mélangées à des graisses pour mieux adhérer aux parois. Il n y a pas qu en Europe qu on trouve des peintures rupestres ; en Afrique et en Asie également. Un jour peut-être sera-t-on capable de savoir approximativement l âge de ces peintures dont quelques-unes ont une valeur artistique certaine. En Mésopotamie, région des constructions en terre crue, on a retrouvé des constructions très importantes en briques cuites vernissées gardant des traces impérissables de la création artistique assyro-babylonienne. L Egypte, dès le début des constructions géantes de pyramides (pyramide à degrés de Geser) a couvert des murs de représentations colorées de scènes de la vie quotidienne dans la vallée du Nil, et ceci indépendamment des innombrables gravures de parois. Les sépultures de la Vallée des Rois, sur la rive gauche du Nil, montrent des milliers de scènes peintes aux couleurs exceptionnellement bien conservées après des millénaires. Il ne s agit pas de grossiers coloriages de dessins conçus d abord en noir et blanc, ces ensembles montrent par leurs compositions et leur harmonies que l expression artistique, pourtant destinée à l obscurité éternelle des tombes, utilisait toutes les ressources des couleurs. Rome réputée être un peuple d ingénieurs copiant les œuvres grecques a cependant laissé de très nombreuses traces d un sens artistique développé. Les ruines de nombreuses villes, et pas seulement à Pompeï, ont révélé de multiples peintures murales vivement colorées montrant un sens artistique très développé, mais le sommet des créations se trouvent dans les extraordinaires mosaïques qui apparaissent dans de très nombreuses fouilles. La technique de peinture à fresque (pose des colorants sur un mortier encore humide : fresco) ne pouvait naturellement pas rivaliser avec les somptueux motifs composés avec de petits cubes de marbre de toutes les couleurs. La mosaïque, obligée pour les sols, était également appliquée sur les murs des plus riches habitations. Les mosaïques représentaient des tapis de fleurs, des scènes nautiques, des personnages dans les activités les plus diverses. En Occident la chute de l Empire romain créa une discontinuité que l Empire d Orient ne connut pas. La somptuosité des mosaïques byzantines, dont les sujets étaient beaucoup plus religieux, se retrouva dans les innombrables sanctuaires. C est par la religion que les mosaïques reprirent pieds en occident. L église Saint-Marc, à Venise, est un exemple exceptionnel de la renaissance de chefs-d œuvre colorés dans la chrétienté latine. Des enluminures de manuscrits montrent que les Grandes Invasions, Hunniques, Normandes et Arabes, si elles portèrent la destruction avec elles, donnèrent aux «canots de sauvetage» que représentèrent les monastères la capacité de profiter d apports artistiques nouveaux. Si les traces des influences successives n est visible que dans les manuscrits enluminés, c est que toute autre forme d expression artistique disparut jusqu à la renaissance extraordinaire du Haut Moyen-Âge. On peut suivre également l influence des croisades sur l art chrétien occidental. Les très nombreuses peintures murales qu on retrouve dans des églises du XI e et XII e siècles ont, sans doute possible, cherché à reproduire les mosaïques byzantines admirées par les Croisés, que ce soit à Byzance ou à Venise, véritables agences de voyage, passages obligé des croisades. Les débuts de la peinture italienne, qu on attribue à Cimabue, sont une transition entre les peintures didactiques médiévales et les chefsd œuvre de Fra Angelico, Giotto, en attendant Raphaël, puis l exceptionnelle floraison de talents de la Renaissance, en Italie, en France et en Espagne. Les Flamands ont été plus marqués par les paysages, les nuages, la mer, préparant l avènement de grands paysagistes comme Claude le Lorrain. A côté des peintures murales médiévales, l art de l enluminure poursuivait son évolution : les Très Riches Heures de Jean Fouquet nous permettent de voir des reportages sur la vie agricole et les saisons, sur les paysages urbains, préparant d une certaine façon l art primitif flamand. Le changement le plus important entre enluminures médiévales et paysages flamands est le rôle essentiel de la lumière. * Le bleu marine doit son nom au bleu foncé des pavillons tricolores de la marine de guerre, bien différent du bleu clair des drapeaux et étendards de l armée. 87

16 La couleur devenait progressivement le vrai sujet des tableaux. Les scènes de bataille de Paolo Ucello sont des prétextes à des compositions picturales dont le sujet a beaucoup moins d importance que la manière dont les couleurs disposées. Lorsque Balzac écrit son roman : Le Chefd œuvre inconnu, il attribue à son héros de la Renaissance l aboutissement de toute peinture : l abstraction totale que quelques peintres, comme Eugène Delacroix, atteignirent presque, avant Cézanne. Le sujet du tableau n est plus qu un prétexte. Dans la nature les couleurs peuvent avoir des sens divers : la poule faisane est terne à côté du faisan multicolore, la coccinelle rouge est bien visible sur les feuilles vertes. Le caméléon, lui, se cache en changeant de couleur. Le volume Il existe des statuettes préhistoriques d ivoire, d os ou de pierre, qui ont été polies longuement et très vraisemblablement longuement caressées jusqu à prendre une patine qui a traversé les millénaires. Un chat égyptien en diorite polie ne peut pas ne pas avoir été souvent touché tant la surface appelle un mouvement de la main, comme sur un chat vivant. Si la couleur parle à l œil, la sculpture parle au toucher. Innombrables sont les œuvres sculptées que des milliers de pèlerins ont usées à force de les avoir touchées, embrassées. Il a même fallu, à St- Pierre de Rome, refaire en bronze une partie du pied de Saint Pierre, tant la statue était usée par la dévotion. Comme cela a été expliqué plus haut, si la main permet de «voir» les volumes en tâtonnant les yeux fermés, la vision optique des deux yeux est absolument indispensable pour percevoir les distances, donc les volumes. Pour les objets lointains la vision du relief n est possible que s il y a des ombres ; sinon la différence de distance des parties creuses ou saillantes est trop faible pour être appréciée par le regard. L os, le bois, la pierre, le bronze, l argile peuvent être façonnés en volume, que ce soit par taille direct, par moulage ou par modelage. Un «coup de poing» en silex éclaté est déjà une ébauche de sculpture, des haches de bronze reproduites en creux dans des moules de terre humide, ceux-ci recevant le métal en fusion sont des outils mais aussi des valeurs pré-monétaires et des armes. Des longs rouleaux d argiles, les colombins, assemblés pour former des vases et être solidifiés par la cuisson sont des sculptures utilitaires. Les volumes sont spontanément présents dans la vie, alors qu il faut des parois presque lisses, dans les cavernes, pour percevoir une surface plane, en deux dimensions. Cette notion plane est une forme d abstraction propre à recevoir des représentations magiques (ou religieuses) dégagées de la réalité entièrement «en trois dimensions» comme on le dit maintenant. Autant les volumes sont spontanément perçus par la main et par l œil, autant, pendant des siècles l homme s est efforcé de représenter le volume réel sur un mur, une toile, un papier, un plan. Les Egyptiens créèrent un code de représentation plane du relief : l homme (ou la femme) est représenté de profil pour la tête et les jambes et de face pour le corps et les bras. Les mêmes artistes savaient représenter la réalité des volumes : les sarcophages montrent des têtes d un réalisme étonnant, en trois dimensions. D innombrables sculptures de dimensions très variables, sont des chefs-d œuvre de la statuaire, de la célèbre statue du Scribe accroupi du Louvre aux colosses d Abou Simbel et aux minuscules personnages des cortèges mortuaires trouvés dans les sépultures. Les armées chinoises d argile dont on est en train de découvrir les restes enterrés sont d énormes sculptures alors qu au même siècle des peintures sur soie retraduisent des paysages ou des scènes de la vie en deux dimensions. Certaines mosaïques romaines s efforcent de tracer à plat ce qui est en relief. Un exemple célèbre est le chien de garde figuré prêt à bondir sur le visiteur, l inscription Cave canem (Prenez garde au chien) étant parfaitement explicite. Il faudra, en Occident, la fin du Moyen-Âge pour que des règles précises permettent de codifier la perspective. Déjà des peintures, flamandes notamment, arrivaient à donner une impression de relief, grâce à un emploi remarquable de la lumière, des reflets, des effets de miroir. Parmi les œuvres de Vermeer de Delft, sans avoir recours aux règles des points de fuite, certaines réussissent à rendre l espace des scènes d intérieur. L utilisation des arrières-plans représentant des paysages lointains était un procédé utile pour donner l impression d espace. Derrière La Joconde Léonard de Vinci montre la campagne ; et pourtant les règles de perspective, il les connaît puisqu il donne, dans ses carnets, des projets de chambres claires permettant de tracer avec rigueur des perspectives exactes. Ce sont les maîtres-d œuvre, maçons tailleurs de pierre, qui, dès le Moyen-Âge, sauront empiriquement tracer en plan ce qui devra être réalisé en volume. Il ne s agit pas de spéculations mais de réalité. Tailler des pierres de manière a ce qu elles puissent être montées et mises en place dans la construction d un mur ou d une voûte était un problème bien concret. Dans les carrières de pierre, les meilleurs bancs de roche, sans défauts étaient qualifiés de «bancs francs» que seuls les maîtres maçons pouvaient exploiter ; on les appelait les «francs maçons». Il faut savoir que les pierres extraites de ces bancs étaient immédiatement taillées à leur forme définitive. Cela évitait de transporter des parties qui seraient enlevées, donc allégeaient les charrois, mais surtout le séchage intervenait sur la pierre définitivement taillée ; le caleçin, cette croûte protectrice de sulfate naturel, se formait rapidement sur les faces définitives qui ne seraient pas endommagées par des tailles 88

17 complémentaires. Il était donc indispensable de définir dès la carrière la forme exacte de chaque pierre de taille pour qu elle trouve exactement sa place quand l édifice s élevait. Une pierre rectangulaire était facile à définir par ses trois dimensions, sachant cependant que les pierres calcaires devaient être posées dans le sens des bancs dont elle avait été extraite. Une pierre posée perpendiculairement aux lits de carrière (on disait posée en délit) pouvait provoquer des désordres dans la maçonnerie. Autant la préparation de maçonneries de murs verticaux étaient assez simple, autant les pentes et les courbes exigeaient des tracés précis des maîtres maçons. Pendant des siècles, en Occident, l œuvre de pierre considérée comme la perfection de la maçonnerie était un escalier : la Vis-St-Gilles de St- Gilles-du-Gard. Au départ c était un passage entre deux murs (piedsdroits) recouvert d une voûte en berceau (un demi-cylindre). Les pierres du berceau étaient assez simples à tracer. Mais ce passage s élevait en pente régulière. Les pierres des murs devaient rester posées horizontalement, mais au pied et en haut de chacun des murs porteur, des pierres taillées en biais devaient correspondre à la pente choisie. Au sommet de ces pieds-droit la même pente devait être donnée à la naissance de la voûte. Mais la Vis-Saint-Gilles était destinée à être un escalier «à vis», qu on dirait maintenant «en colimaçon». Un des pieds-droit était donc de forme cylindrique, l autre était réduit à un noyau formé des queues de chaque marche, marches triangulaires s empilant les unes au dessus des autres. Le plafond portant les marches de l étages supérieur était, je le rappelle, une voûte biaise en berceau. Autrement dit une voûte demi-cylindrique s enroulant sur elle-même en montant. Cette longue description d un ouvrage unique, modèle célèbre de l art des tailleurs de pierre, montre l incroyable science des volumes ayant permis de tailler des centaines de pierres pour qu elles composent un extraordinaire jeu de construction (puzzle diraient les Anglais) en trois dimensions vu de l intérieur! Il faut imaginer ce qu était l Art du trait pratiqué par maîtres maçons (et maîtres charpentiers) C était le grand secret des compagnons. Sur une aire parquetée couverte d un mince couche de plâtre, il fallait, avec une pointe de charbon de bois, tracer en vraie grandeur chaque face de chaque pierre, guidé par l équerre et le compas. Les courbes de chaque claveau (pierres qui assemblées formerait une voûte) devaient, mises en place, se raccorder parfaitement. Les tailleurs de pierre venaient prendre les mesures sur l aire à tracer. Depuis il y eut d autres réussites en volume comme le dôme de Florence de Brunelleschi, St-Pierre de Rome, les halles des gares de chemin de fer, etc. Mais la géométrie dans l espace était peu à peu devenue une science alors qu au Moyen-Âge c était un art. A la frontière entre les travaux des ingénieurs et ceux des sculpteurs, la célèbre Statue de la Liberté de New York, œuvre conjointe de l ingénieur Eiffel et du sculpteur Bartholdi montre l épanouissement conjoint des sciences et des arts. Le son Avant même d entendre la voix de sa mère, le bébé a enregistré deux rythmes contrastés, celui de son propre cœur et celui du cœur de sa mère. On dit que les rythmes africains, qu on appelle souvent le jazz proviennent de cette découverte des oppositions syncopées de bruits cardiaques suivant chacun sa propre cadence. Bruit et son, en tracer la frontière est impossible. Un jeune enfant tapant son assiette avec sa cuillère engendre un bruit pour ses parents et une musique pour lui-même. On touche là au mystère : le son existet-il si aucune oreille ne l entend? Mais la réponse se trouve peut-être dans les sons naturels émis par les animaux. Le brame du cerf, les meuglements des vaches, les bêlements des moutons expriment des formes de langage par les sons alors que d autres moyens de communication existent entre les bêtes. Il suffit de voir comment un chien s exprime avec ses oreilles et sa queue. Plus loin encore des vivants, la mer engendre des sons parfois bruyants, parfois plus sourds. L air est porteur de sons, mais il en produit aussi : le vent, la brise, la tempête, produisent des sons qu on ne peut confondre. Les orages sont à l origine des bruits les plus violents de la nature. On ne connaît que les explosions volcaniques pour les surpasser. Même les préparations d artillerie de la Grande Guerre ne peuvent être comparées à l explosion d un volcan. Des musiciens se sont efforcé d évoquer ces bruits en les transformant en musique. Les principaux instruments de musique sont de trois grandes catégories : les instruments à vent, les instruments à cordes et les instruments à percussion. Parmi les instruments à vent on distingue principalement les bois tels que hautbois et les cuivres tels que trompettes ou trombones. Il existe également des instruments d orchestre où l air ne provient pas de la bouche du musicien, l orgue par exemple, alimenté par une soufflerie manuelle ou mécanique. La cornemuse est un sac à air rempli par la respiration du «sonneur» et vidé par la pression du bras, les doigts modulant les sons d un galoubet. Les principaux instruments à cordes sont le violon, l alto, le violoncelle et la contrebasse. C est avec un archet, écheveau de crins tendus par une baguette de bois, que les cordes sont frottées et mises en vibration. 89

18 Des instruments à cordes peuvent être grattés à la main (guitare), pincés (clavecin) ou frappés par des marteaux (piano). Les percussions comprennent de très nombreuses variétés : tambours, grosses caisses, timbales comportant une peau tendue et frappée par le musicien avec des baguettes ; cymbales métalliques et triangles frappés de diverses manières, xylophones dont chaque lamelle correspond à une note. Des très nombreux instruments de peuples primitifs relèvent le plus souvent de la catégorie des percussions. Des ensembles musicaux composés principalement d instruments à vent se nomment souvent fanfares ; les ensembles les plus importants utilisant tous les instruments habituels se nomment orchestres. Des compositeurs de musique peuvent écrire des œuvres pour quelques musiciens ( trio, quatuor, quintette, etc.) mais également des ensembles de partitions pour de nombreux instruments, ce sont des concertos, des oratorios ou des symphonies. La voix est, à elle seule, un instrument musical exceptionnel. Des groupes d hommes, de femmes et d enfants composent des chorales ou des chœurs pouvant ressembles des dizaines, voire des centaines d exécutants. La musique instrumentale ou vocale repose sur sept notes : c est la gamme. Il existe également des modifications des sept notes : les dièses et les bémols. La musique s écrit en plaçant les notes sur une portée de cinq lignes, la valeur sonore des notes peut être modifiée selon l une des trois clés apposée sur la portée. La voix humaine s étage du plus grave : la basse profonde au plus aigu : la soprano. Baryton, ténor, contralto et soprano sont les principales catégories de voix. La même note jouée sur un violon, un hautbois, un orgue ou chantée a le même son mais un timbre propre à chaque instrument, c est cela qui permet une musique d ensemble où chaque instrumentiste participe à l œuvre orchestrale sans s y fondre. La voix humaine n est pas seulement un instrument de musique, c est aussi et surtout un moyen de communication. Le bébé commence l apprentissage en entendant sa mère à laquelle il répond par des gazouillis ou des vagissement. Progressivement il s exerce au langage articulé. Des enfants-loups ayant vécu leur petite enfance loin des hommes sont incapables d apprendre à parler quand, adolescents, ils reviennent dans la société humaine. L apprentissage vocal marque à vie les capacités d expression : les Japonais ont une incapacité à prononcer le R ; merci devrait se dire arigato, mais il est prononcé aligato. Lorsqu un européen peine à prononcer grenouille et dit à la place glenouille c est une déformation facile à corriger contrairement aux Japonais. On est généralement d accord pour dire que l apprentissage d une langue étrangère serait plus facile s il était entrepris dès le plus jeune âge ; cependant certains pensent que cela provoquerait une certaine confusion source de retard intellectuel. La voix humaine ne peut s entendre que jusqu à une certaine distance : à portée de voix, mais peut être très discrète : de bouche à oreille. Pour étendre la portée de sa voix il existe des porte-voix utilisés surtout sur la navires. Pour transmettre à plus grande distance des informations très simples, des signaux convenus existaient chez les peuples occidentaux. Un perfectionnement utilisé par les marins consistait à arborer des pavillons colorés ayant une signification convenue d avance dans un livre des signaux. L abbé Chappe, sous la Révolution, inventa le télégraphe à bras, les mots codés étant transmis de collines en collines par une sorte de sémaphore qui permettait aux administrations de communiquer d une extrémité de l empire à l autre. Depuis longtemps des bergers basques avaient inventé des sifflements portant très loin dans la montagne et permettant de communiquer instantanément. Après le télégraphe électrique de Morse, Graham Bell imagina le téléphone : la voix humaine pouvait être transmise instantanément, d abord dans une ville ou une région, puis au monde entier grâce à des câbles sous-marins. Puis Branly, Marconi et d autres élaborèrent progressivement la télégraphie sans fil (TSF). Alors vint la téléphonie sans fil, la voix humaine pouvait être envoyée aux extrémités de la terre sans le recours à l alphabet Morse. Dans le même temps les films cinématographiques, muets depuis leur invention, bénéficièrent du son : on entendit les acteurs parler entre eux. Deux progrès achèveraient les communications au monde entier : tous les films devraient être en couleur, et non pas quelques rares productions. Pour cela un procédé chimique différent des pochoirs doit être trouvé.. Par ailleurs, comme le fait déjà le Belinogramme avec les lignes téléphoniques, la TSF, téléphonie sans fil, devrait être étendue du son à l image : la télévision. Le parfum Même si on a des raisons de croire à l existence de réceptacles à parfum dans les objets du néolithique, la présence de parfums, en pommades, matières à brûler, onguents nécessaires à la momification, et ainsi de suite, est certaine dans l Egypte antique. On peut voir des parfumeurs en action dans de nombreuses peintures murales. Rome avait une passion pour l hydrothérapie et son complément indispensable, le savon, parfumé naturellement. La Bible comportent de nombreuses mentions d odeurs et de parfums. Lorsque Jacob veut se faire passer pour son aîné Esaü, il se déguise avec une peau de renard et des senteurs empruntées aux vêtements de son frère. Abraham, leur père aveugle, est trompé par ces artifices. La Reine de Saba vient voir Salomon en apportant des trésors pour le Temple et des parfums rares. Les trois mages venus saluer la naissance du 90

19 Sauveur à Bethléem apportent des présents : l or, l encens et la myrrhe : deux parfums. Dans les cérémonies liturgiques chrétiennes l encens fait partie du rituel. En Asie les bâtonnets fumants sont dans tous les temples ; en Amérique précolombienne des produits stupéfiants étaient inhalés dans les grandes cérémonies sacrificielles. Dès cette époque des champignons provoquant des hallucinations étaient utilisés. Quand l herbe à Nicot * s est répandue en Europe, la poudre à priser puis la fumée étaient des parfums appréciés. Dans le Midi de la France la cueillette des roses et leur distillation est bien antérieure à l initiative d Alphonse Karr : consacrer le Midi à la culture florale. Champs de roses et de lavandes permirent à Grasse d être la capitale mondiale du parfum. Du sachet de fleurs séchées de lavande dans l armoire à linge, au Pot-pourri de pétales séchées, des savons aux senteurs exotiques aux flacons d essence à utiliser avec discrétion, toutes les activités féminines sont associés aux parfums. D autres fragrances, fumets, odeurs, agréables ou fétides, sont souvent en rapport avec la nourriture. Si le sel n a pas d odeur, il est souvent indispensable pour relever le goût des aliments. Mais des épices, condiments, assaisonnements associent les sensations olfactives à la saveur propre de la viande, du légume ou du fruit constituant la base du plat. La saveur Les habitudes alimentaires jouent un rôle essentiel dans les plaisirs ou les dégoûts. L usage de l ail, parfaitement accepté et même réclamé des populations méridionales, est souvent insupportable aux populations septentrionales. Les Asiatiques consommateurs du riz comme aliment de base l accompagnent volontiers de nuoc mam concentré de poisson crû faisandé. Les Romains connaissaient le garum, pratiquement seul condiment de la cuisine antique et, semble-t-il, fabriqué comme le nuoc mam. On sait combien la cuisson peut changer l odeur des aliments. Les cuissons à la broche, en grillades, au four, à l étouffé ou bouillies révèlent des senteurs absentes des mêmes aliments crûs. Les légumes accompagnant un pot-au-feu ont d autres parfums dégagés par la marmite que les mêmes poireaux, choux, navets avant cuisson. Les aliments de base, depuis des millénaires, sont consommés après cuisson : pain et bouillies, fondements de l alimentation des pays tempérés, sont le produit de la transformation de matières végétales indigestes crues. Un aliment odoriférant qui joua un rôle primordial pendant des siècles fit d un peuple mal loti un des maîtres du négoce. Les habitants des Provinces-Unies dont une part importante était exposée aux inondations maritimes, auraient végétés si le passage périodique d un petit poisson nageant en bancs innombrables n avait pas incité les Bataves à trouver un moyen de conservation de ces périodes de pléthores suivies de saisons où la pêche ne donnait pas. Conserver les harengs allait être l origine de la richesse hollandaise. Avoir imaginé de garder un excèdent de pêche pendant la saison du passage des bancs de harengs pour vivre le reste de l année était remarquable : harengs séchés en plein air, harengs salés mis en caques et harengs fumés, non seulement les pécheurs assuraient leur propre subsistance, mais l excédent trouvait facilement preneur à une époque où l Eglise interdisait la consommation de viandes le vendredi ainsi qu en Carême et durant l Avent. L Europe connut une odeur de base commune à tous : l odeur du hareng. Un des premiers marchés dépassant le voisinage pour se répandre dans un continent entier, tel fut le rôle moteur du hareng salé, en caque ou fumé. En effet il voyageait facilement. Les bancs de harengs longeaient les côtes flamandes ; les Britanniques ne bénéficiaient pas de cette manne. Ils devaient donc donner en échange une marchandise aux Bataves ; ce fut la laine des innombrables troupeaux de moutons. L industrie du tissage, les draps flamands, sera une nouvelle source d enrichissement grâce aux harengs et aux moutons britanniques. La bataille des harengs (lors du siège d Orléans levé par Jeanne d Arc) fut une démonstration de plus de l importance des conserves hollandaises. Le Moyen-Âge était friand d épices donnant aux viandes des goûts souvent très relevés, cachant parfois les odeurs de venaison trop longtemps marinées avant cuisson. La recherche des épices fut un moteur important de l exploration maritime, qu il s agisse des navires espagnols ou portugais. Sous les Tropiques des épices particulièrement fortes excitent les appétits et la soif, ce qui est bon sous un climat débilitant. Les habitudes en matière d huile, beurre et graisse ont déjà été évoquées, les odeurs de ces produits sont suffisamment différenciés pour qu on puisse parler de cultures olfactives concurrentes. Pour les boissons fermentées les différences déjà évoquées des vins, alcools, bières sont, elles aussi, des cultures alimentaires différenciées. Les marcs ne peuvent naturellement pas rivaliser avec des cognacs ou des armagnacs. Les alcools de fruits ont souvent des bouquets plus subtils que les produits d origine viticole. Les distillations de grains fournissent des excellents alcools écossais ou américains, mais parfois aussi des boissons roboratives aux senteurs plus rustiques : vodka, aquavit, schnaps, etc. Les sucres sont à la base de rhums tantôt brutaux, tantôt parfumés. Devant cette infinie variété d alcools de bouche, un auteur décadent avait même imaginé un orgue dont chaque touche * Le tabac appelé également pétun, comme le pétunia, d où l expression pétuner pour fumer. 91

20 libérait un peu d un alcool rare ; il composait ainsi une symphonie d odeurs et de goût. Les choses qu on transforme Les métiers Métiers de la terre Nourriture et Boisson Laboureur C est le métier par excellence, le mot lui-même vint du latin : labor le travail. Ce sont les laboureurs qui forment l essentiel de la paysannerie française. Rares cependant les exploitants ne faisant que de la culture * ; les fermes françaises sont généralement consacrées à la polyculture, céréales et élevage, contrairement aux exploitations anglaises parfois orientées vers l élevage des moutons pour leur laine, ou les gigantesques fermes américaines vouées aux céréales, blé ou maïs, exploitées avec des engins mécaniques ayant transformé en ouvriers les agriculteurs du Middle West. La polyculture permet de mieux exploiter les ressources de chaque terroir, certaines parcelles étant plus productrices en fourrages, d autres en céréales. La ferme française vise à être autonome et à ne vendre que des surplus, contrairement à d autres systèmes ruraux orientés vers une production entièrement destinée à la vente *, les besoins personnels des cultivateurs étant fournis par l achat de productions extérieures. Il s agit là d un type d agriculture de masse, presque industriel, où les paysans ne sont que des ouvriers agricoles travaillant sur des tracteurs et ayant perdu tout le savoir accumulé depuis des générations. Eleveurs Il existe des régions, spécialement en montagne, où les fermes sont propres à l élevage. L élevage principal est naturellement celui des bovins qui peuvent être utilisés de trois manières différentes. La production laitière est souvent le choix principal, les bêtes étant aussi utilisées pour le travail. Des vaches attelées par paire à un joug ont plus de force que des chevaux, mais sont beaucoup plus lentes. Lorsque les vaches ne donnent plus (ou trop peu) de lait, on peut encore les vendre pour la viande de boucherie. Cependant certains conseillers agricoles pensent que ce type d exploitation est mauvais : la production laitière est réduite par le travail aux champs et la viande de boucherie venant de vaches de réforme ne donne pas une rémunération correspondante * La formule de Sully, premier ministre d Henri IV, Labourage et pasturage sont les deux mamelles de la France résume parfaitement d idéal de la polyculture. * Un exemple saisissant : le Danemark produit un beurre renommé, ses agriculteurs sont d énormes consommateurs de margarine! 92

BUT DU JEU Etre le seul joueur qui n ait pas fait faillite.

BUT DU JEU Etre le seul joueur qui n ait pas fait faillite. Si vous avez l habitude de jouer à Monopoly, vous pouvez maintenant faire des parties plus rapides! Une partie de jeu rapide est une vraie partie de Monopoly, à trois différences près : 1. Avant le début

Plus en détail

*L'écriture en Mésopotamie et en Égypte

*L'écriture en Mésopotamie et en Égypte *L'écriture en Mésopotamie et en Égypte -4000 à -3000 Le calculi L agriculture est une activité économique très importante en Mésopotamie. Cependant, le territoire n est pas riche en ressources naturelles

Plus en détail

Sujet : l évolution des modes de paiement

Sujet : l évolution des modes de paiement Branche : Histoire Sujet : l évolution des modes de paiement Situation de la leçon dans le programme : 730, 734 p.143 ; 750 p.145 ; Compétences : 730 : Confronté à des traces du passé, s entraîner à: -

Plus en détail

L ORIENT ANCIEN. Sculptures du jardin de Babylone. Roi de Mésopotamie

L ORIENT ANCIEN. Sculptures du jardin de Babylone. Roi de Mésopotamie L ORIENT ANCIEN Sculptures du jardin de Babylone Roi de Mésopotamie I] L Ecriture pour compter et conter. Introduction : a) L Ecriture est née vers -3500, au milieu du IVème millénaire avant notre ère

Plus en détail

Chap 2 : Le cycle d exploitation et le besoin en fonds de roulement. I. Le cycle d exploitation et le besoin en fonds de roulement d exploitation

Chap 2 : Le cycle d exploitation et le besoin en fonds de roulement. I. Le cycle d exploitation et le besoin en fonds de roulement d exploitation Chap 2 : Le cycle d exploitation et le besoin en fonds de roulement I. Le cycle d exploitation et le besoin en fonds de roulement d exploitation A. Le cycle d exploitation L activité de l unité commerciale

Plus en détail

L écriture Au Moyen Âge

L écriture Au Moyen Âge MUSEE DES BEAUX-ARTS S E R V I C E E D U C A T I F L écriture Au Moyen Âge ² Page enluminée du registre de charité de la confrérie de Sainte-Croix, Musée de Bernay 2 Les grandes périodes de l évolution

Plus en détail

Présentation de la leçon

Présentation de la leçon Branche : Eveil historique Sujet : Histoire de l écriture Situation de la leçon dans le programme : 734 p.143, 750 p.145 Compétences : 734 : Analyser de nombreux documents historiques ou autres et s entraîner

Plus en détail

Comment la Bible nous est parvenue Neil R. Lightfoot

Comment la Bible nous est parvenue Neil R. Lightfoot Ceci fait partie de la série Comment la Bible nous est parvenue De Neil R. Lightfoot Leçon 1 LA FABRICATION DES LIVRES ANCIENS La transmission du texte de la Bible jusqu à nos jours est une histoire d

Plus en détail

La monnaie, le pognon, l'oseille, le grisbi... soirée débat Mardi 26 mai 2009 - Auberge de la Tour & Attac 05

La monnaie, le pognon, l'oseille, le grisbi... soirée débat Mardi 26 mai 2009 - Auberge de la Tour & Attac 05 La monnaie, le pognon, l'oseille, le grisbi... soirée débat Mardi 26 mai 2009 - Auberge de la Tour & Attac 05 La monnaie, le pognon, l'oseille, le grisbi... en 4 actes : 1- L histoire de la monnaie 2-

Plus en détail

Stratégie d assurance retraite

Stratégie d assurance retraite Stratégie d assurance retraite Département de Formation INDUSTRIELLE ALLIANCE Page 1 Table des matières : Stratégie d assurance retraite Introduction et situation actuelle page 3 Fiscalité de la police

Plus en détail

Principes de Comptabilité ACC 201 Semestre I 2009-2010 Prof : Abdallah FICANI

Principes de Comptabilité ACC 201 Semestre I 2009-2010 Prof : Abdallah FICANI Université Antonine Faculté de Gestion et des Affaires 1 ère année de Licence Principes de Comptabilité ACC 201 Semestre I 2009-2010 Prof : Abdallah FICANI 1 Chapitre I : L ENTREPRISE ET SON PATRIMOINE

Plus en détail

Les supports de l'écriture

Les supports de l'écriture Les supports de l'écriture L'écriture cunéiforme et les tablettes en argile Exactement comme pour faire les briques en terre cuite, on construit d'abord un cadre dans lequel on pourra mouler notre tablette

Plus en détail

UTENBERG ou l incroyable épopée de l imprimerie

UTENBERG ou l incroyable épopée de l imprimerie UTENBERG ou l incroyable épopée de l imprimerie Gutenberg est un spectacle de marionnettes à fils. Durée: environ 45 minutes Ce spectacle est destiné aux enfants du primaire, il raconte l évolution de

Plus en détail

Initiative «Sauvez l or de la Suisse (Initiative sur l or)»

Initiative «Sauvez l or de la Suisse (Initiative sur l or)» Département fédéral des finances DFF Initiative «Sauvez l or de la Suisse (Initiative sur l or)» Etat: septembre 2014 Questions et réponses Que demande l initiative «Sauvez l or de la Suisse (Initiative

Plus en détail

Pourquoi investir en bourse? Pour gagner nettement plus qu avec un livret

Pourquoi investir en bourse? Pour gagner nettement plus qu avec un livret Chapitre 5 Pourquoi investir en bourse? Pour gagner nettement plus qu avec un livret Achetez de bonnes actions et gardez-les jusqu à ce qu elles augmentent, ensuite vendez-les. Si elles n augmentent pas,

Plus en détail

I) L innovation de Palmstruch 1 Les contraintes de la monnaie avant le billet 2 Qu est ce qu un billet de banque? 3 Le billet : heurts et bonheurs

I) L innovation de Palmstruch 1 Les contraintes de la monnaie avant le billet 2 Qu est ce qu un billet de banque? 3 Le billet : heurts et bonheurs Johan Palmstruch invente le billet de banque Présentation : qui est Johan Palmstruch? I) L innovation de Palmstruch 1 Les contraintes de la monnaie avant le billet 2 Qu est ce qu un billet de banque? 3

Plus en détail

COURS 470 Série 03. Comptabilité Générale

COURS 470 Série 03. Comptabilité Générale COURS 470 Série 03 Comptabilité Générale Administration générale de l'enseignement et de la Recherche scientifique Direction de l'enseignement à distance REPRODUCTION INTERDITE Communauté française de

Plus en détail

Lexique financier. Partie du bilan qui représente les biens et les créances que possède une entreprise.

Lexique financier. Partie du bilan qui représente les biens et les créances que possède une entreprise. Lexique financier Actif Partie du bilan qui représente les biens et les créances que possède une entreprise. Actif circulant Partie de l actif du bilan qui comprend des actifs temporaires induits par l

Plus en détail

UNIVERSITÉ DE SFAX École Supérieure de Commerce

UNIVERSITÉ DE SFAX École Supérieure de Commerce UNIVERSITÉ DE SFAX École Supérieure de Commerce Année Universitaire 2003 / 2004 Auditoire : Troisième Année Études Supérieures Commerciales & Sciences Comptables DÉCISIONS FINANCIÈRES Note de cours N 7

Plus en détail

Petit lexique de calcul à l usage des élèves de sixième et de cinquième par M. PARCABE, professeur au collège Alain FOURNIER de BORDEAUX, mars 2007

Petit lexique de calcul à l usage des élèves de sixième et de cinquième par M. PARCABE, professeur au collège Alain FOURNIER de BORDEAUX, mars 2007 Petit lexique de calcul à l usage des élèves de sixième et de cinquième par M. PARCABE, professeur au collège Alain FOURNIER de BORDEAUX, mars 2007 page 1 / 10 abscisse addition additionner ajouter appliquer

Plus en détail

Module 1 - Arithmétique Chapitre 1 - Numération

Module 1 - Arithmétique Chapitre 1 - Numération Lycée Maximilien Sorre Année 2015-2016 BTS SIO 1 Module 1 - Arithmétique Chapitre 1 - Numération 1 Introduction : que signifie 2014? Dans de nombreuses situations, il est nécessaire de pouvoir exprimer

Plus en détail

Souscrire ou acheter des obligations

Souscrire ou acheter des obligations 034 Souscrire ou acheter des obligations L e s M i n i - G u i d e s B a n c a i r e s Juillet 2009 Sommaire 2 4 6 8 12 16 20 24 Souscrire ou acheter des obligations Qu est-ce qu une obligation cotée?

Plus en détail

Novembre 2008 PLANIFICATION FISCALE DE FIN D ANNÉE. Pertes en capital latentes

Novembre 2008 PLANIFICATION FISCALE DE FIN D ANNÉE. Pertes en capital latentes Novembre 2008 Ce bulletin présente certains éléments de planification qui devraient être envisagés d ici la fin de l année ainsi que d autres éléments qui peuvent être considérés pour l an prochain. PLANIFICATION

Plus en détail

Initiation à la Comptabilité

Initiation à la Comptabilité Bertrand LEMAIRE http://www.bertrandlemaire.com Initiation à la Comptabilité Document sous licence Creative Commons L auteur autorise l impression et l utilisation gratuites de ce document dans un cadre

Plus en détail

1. La fonction de règlement ne peut être assurée au niveau international que dans des conditions bien différentes. D une part, les agents concernés

1. La fonction de règlement ne peut être assurée au niveau international que dans des conditions bien différentes. D une part, les agents concernés Introduction La notion de système évoque l idée d organisation. Un système monétaire national est l organisation des relations monétaires dans un pays : comment les agents économiques peuvent-ils utiliser

Plus en détail

EPARGNE, INVESTISSEMENT, SYSTEME FINANCIER

EPARGNE, INVESTISSEMENT, SYSTEME FINANCIER EPARGNE, INVESTISSEMENT, SYSTEME FINANCIER Chapitre 25 Mankiw 08/02/2015 B. Poirine 1 I. Le système financier A. Les marchés financiers B. Les intermédiaires financiers 08/02/2015 B. Poirine 2 Le système

Plus en détail

Monnaie, banques, assurances

Monnaie, banques, assurances Monnaie, banques, assurances Panorama La politique monétaire de la Banque nationale suisse en 2013 En 2013, la croissance de l économie mondiale est demeurée faible et fragile. En Europe, les signes d

Plus en détail

Bulletin fiscal. Novembre 2010 PLANIFICATION FISCALE DE FIN D ANNÉE. Régime enregistré d épargne-retraite (REER)

Bulletin fiscal. Novembre 2010 PLANIFICATION FISCALE DE FIN D ANNÉE. Régime enregistré d épargne-retraite (REER) Bulletin fiscal Novembre 2010 PLANIFICATION FISCALE DE FIN D ANNÉE Régime enregistré d épargne-retraite (REER) Les versements à un REER effectués au plus tard le 1 er mars 2011 sont déductibles en 2010.

Plus en détail

1 Introduction à la comptabilité des entreprises et à la lecture des états financiers 1.1 Préambule : la formation des comptes annuels

1 Introduction à la comptabilité des entreprises et à la lecture des états financiers 1.1 Préambule : la formation des comptes annuels 1 Introduction à la comptabilité des entreprises et à la lecture des états financiers 1.1 Préambule : la formation des comptes annuels L objectif principal de ce premier chapitre est de vous initier à

Plus en détail

8 MONNAIE ET POLITIQUES MONÉTAIRES

8 MONNAIE ET POLITIQUES MONÉTAIRES INTRODUCTION Toutes les opérations économiques nous confrontent à l usage de la monnaie. En tant qu instrument de paiement, elle fait partie de l expérience quotidienne de chaque individu. La détention

Plus en détail

Chapitre 20. Les options

Chapitre 20. Les options Chapitre 20 Les options Introduction Les options financières sont des contrats qui lient deux parties. Les options existent dans leur principe depuis plusieurs millénaires, mais elles connaissent depuis

Plus en détail

1.1 Notre logo (le g avec le m) est écrit dans une police d écriture bien connue. Quelle est cette police et à quelle famille appartient-elle?

1.1 Notre logo (le g avec le m) est écrit dans une police d écriture bien connue. Quelle est cette police et à quelle famille appartient-elle? Musée Gutenberg Museum Musée Suisse des Arts Graphiques et de la Communication Schweizerisches Museum der graphischen Industrie und der Kommunikation Place Notre-Dame 16, 1702 Fribourg Tél. 026 347 38

Plus en détail

FICHE DE PRESENTATION DE LA LEÇON. PREMIERE PARTIE : L ORIENT ANCIEN AU IIIe MILLENAIRE AVANT JC

FICHE DE PRESENTATION DE LA LEÇON. PREMIERE PARTIE : L ORIENT ANCIEN AU IIIe MILLENAIRE AVANT JC FICHE DE PRESENTATION DE LA LEÇON Ziggourat d Ur en Irak aujourd hui (source : internet). PREMIERE PARTIE : L ORIENT ANCIEN AU IIIe MILLENAIRE AVANT JC Comment sont organisées les premières civilisations

Plus en détail

Guide de l employé sur la façon de distinguer un billet authentique d un faux 84-EH/GE (11-09)

Guide de l employé sur la façon de distinguer un billet authentique d un faux 84-EH/GE (11-09) Guide de l employé sur la façon de distinguer un billet authentique d un faux 84-EH/GE (11-09) TABLE DES MATIÈRES Introduction : vérifiez pour protéger! 1 Aperçu : les billets récents, plus sûrs 2 Utilisez

Plus en détail

Livre Bibliothèque. Bénédiction Eglise

Livre Bibliothèque. Bénédiction Eglise Emanuele Ormella Design : Frank Czarné Nombre de joueurs : 2-5 Age : 12+ Durée : 90-120 minutes CONTENU Un plateau de jeu (avec la carte de la région, le tableau d affichage des prix et le marché principal)

Plus en détail

J ai réalisé la première version de ce travail lors

J ai réalisé la première version de ce travail lors Avant-propos J ai réalisé la première version de ce travail lors d une mission au Maroc, qui consistait, entre autres choses, à former des dessinateurs de caractères arabes pour l imprimerie et l informatique.

Plus en détail

Trace sur ton cahier de sciences un tableau pour écrire le nom des objets en face du container correspondant (vert, bleu ou gris).

Trace sur ton cahier de sciences un tableau pour écrire le nom des objets en face du container correspondant (vert, bleu ou gris). Les matériaux Je trie les déchets JE DÉCOUVRE QU EST-CE QU UN DÉCHET? Un déchet est tout ce dont on ne se sert plus et dont on se débarrasse. Les déchets peuvent être solides ou liquides, même gazeux.

Plus en détail

Souscrire ou acheter des obligations

Souscrire ou acheter des obligations Imprimé avec des encres végétales sur du papier PEFC par une imprimerie détentrice de la marque Imprim vert, label qui garantit la gestion des déchets dangereux dans les filières agréées. La certification

Plus en détail

Les bases du modèle comptable

Les bases du modèle comptable Les bases du modèle comptable C H A P I T R E 25 16 SENS ET PORTÉE DE L ÉTUDE Le respect de la normalisation comptable va permettre : une comparaison dans l espace et dans le temps entre entreprises ;

Plus en détail

Bulletin fiscal. Novembre 2012

Bulletin fiscal. Novembre 2012 Bulletin fiscal Novembre 2012 Ce bulletin présente certains éléments de planification qui devraient être envisagés d ici la fin de l année ainsi que d autres éléments qui peuvent être considérés pour l

Plus en détail

Planifier la trésorerie

Planifier la trésorerie Planifier la trésorerie SÉRIE PARTENAIRES EN AFFAIRES Prévision de la trésorerie Gestion de la trésorerie SÉRIE PARTENAIRES EN AFFAIRES Planifier les flux de trésorerie Situation L argent file et on se

Plus en détail

Chapitre 2. Économiser

Chapitre 2. Économiser Chapitre 2 Économiser 2. L essentiel 1. Constituez votre épargne progressivement et sans efforts. 2. Comprenez les mécanismes du taux d intérêt. 3. Augmentez au cours du temps le niveau de votre épargne.

Plus en détail

Le jeu des Zoolalas. ou des inégalités mondiales et nationales

Le jeu des Zoolalas. ou des inégalités mondiales et nationales Le jeu des Zoolalas ou des inégalités mondiales et nationales Objectif : L objectif de cette animation est de faire comprendre aux participants les inégalités qui existent entre les différents habitants

Plus en détail

Semaine de la finance pour les enfants et les jeunes Journées portes ouvertes du 10 au 14 mars 2014

Semaine de la finance pour les enfants et les jeunes Journées portes ouvertes du 10 au 14 mars 2014 Semaine de la finance pour les enfants et les jeunes Journées portes ouvertes du 10 au 14 mars 2014 La monnaie Les moyens de paiement La banque La bourse Qui protège l épargne et les dépôts du public dans

Plus en détail

TROISIEME PARTIE : LA FONCTION FINANCIERE

TROISIEME PARTIE : LA FONCTION FINANCIERE TROISIEME PARTIE : LA FONCTION FINANCIERE I- Place et rôles de la fonction financière dans l Entreprise 1- Intérêt de la fonction financière pour les besoins d exploitation et d investissement. La vie

Plus en détail

L Europe dans le monde au début du XVIIIe siècle (3 heures) Objectifs :

L Europe dans le monde au début du XVIIIe siècle (3 heures) Objectifs : L Europe dans le monde au début du XVIIIe siècle (3 heures) Objectifs : Connaître et utiliser les repères suivants : Les grandes puissances politiques en Europe Les empires coloniaux sur une carte du monde

Plus en détail

Le financement de l entreprise

Le financement de l entreprise Le financement de l entreprise Lors de sa création, puis au cours de son développement, l entreprise au moment opportun, doit détenir les ressources financières nécessaires pour faire face à ses échéances,

Plus en détail

III Les Sumériens ont inventé l écriture

III Les Sumériens ont inventé l écriture Qui a inventé l écriture? III Les Sumériens ont inventé l écriture Au IV e millénaire avant Jésus-Christ, les Sumériens, habitants de Mésopotamie, se mirent à tracer les plus anciens signes d écriture

Plus en détail

Comparaison européenne des niveaux et des choix d'épargne des ménages

Comparaison européenne des niveaux et des choix d'épargne des ménages Comparaison européenne des niveaux et des choix d'épargne des ménages Mai 2005 Rapport de OEE-Etudes pour la F.F.S.A. TABLE DES MATIÈRES I. COMPORTEMENTS D'EPARGNE ET D'INVESTISSEMENT DES MENAGES EUROPÉENS

Plus en détail

Projet Prép. Préguidance Cours du professeur G. De Meur 2005. Système de numération : les principes de groupement et de position

Projet Prép. Préguidance Cours du professeur G. De Meur 2005. Système de numération : les principes de groupement et de position Ecriture formelle Système de numération : les principes de groupement et de position Ce qu est un système de numération Sur le plan de la REPRESENTATION des nombres, on s est vite rendu compte de la difficulté

Plus en détail

Nature et risques des instruments financiers

Nature et risques des instruments financiers 1) Les risques Nature et risques des instruments financiers Définition 1. Risque d insolvabilité : le risque d insolvabilité du débiteur est la probabilité, dans le chef de l émetteur de la valeur mobilière,

Plus en détail

Des solutions pour les seniors à revenus insuffisants

Des solutions pour les seniors à revenus insuffisants Des solutions pour les seniors à revenus insuffisants IStock - FredFroese Source de croissance de d opportunités, le vieillissement de la population française constitue cependant un défi pour notre pays.

Plus en détail

CORRIGES DES CAS TRANSVERSAUX. Corrigés des cas : Emprunts

CORRIGES DES CAS TRANSVERSAUX. Corrigés des cas : Emprunts CORRIGES DES CAS TRANSVERSAUX Corrigés des cas : Emprunts Remboursement par versements périodiques constants - Cas E1 Objectifs : Construire un échéancier et en changer la périodicité, Renégocier un emprunt.

Plus en détail

Novembre 2007 PLANIFICATION FISCALE DE FIN D ANNÉE. Régime enregistré d épargne-retraite (REER)

Novembre 2007 PLANIFICATION FISCALE DE FIN D ANNÉE. Régime enregistré d épargne-retraite (REER) Novembre 2007 Ce bulletin présente certains éléments de planification qui devraient être envisagés d ici la fin de l année ainsi que d autres éléments qui peuvent être considérés pour l an prochain. PLANIFICATION

Plus en détail

Invention de l écriture! Mésopotamie et Iran! 3300-3100 avant notre ère!

Invention de l écriture! Mésopotamie et Iran! 3300-3100 avant notre ère! Invention de l écriture! Mésopotamie et Iran! 3300-3100 avant notre ère! Petits objets d argile de formes diverses pour compter des denrées et garder mémoire du comptage! Calculi! Bulles enveloppes scellées

Plus en détail

Comores. Réglementation des warrants agricoles

Comores. Réglementation des warrants agricoles Réglementation des warrants agricoles Décret du 10 mai 1932 [NB - Décret du 10 mai 1932, réglementant les warrants agricoles Modifié par le décret du 19 mars 1937] Art.1.- Tout agriculteur peut emprunter

Plus en détail

Introduction à la comptabilité

Introduction à la comptabilité Introduction à la comptabilité L activité économique consiste à produire des biens et des services utiles et suffisamment rares susceptibles d être vendus. Cette production se déroule au sein des entreprises.

Plus en détail

Norme comptable internationale 7 Tableau des flux de trésorerie

Norme comptable internationale 7 Tableau des flux de trésorerie Norme comptable internationale 7 Tableau des flux de trésorerie Objectif Les informations concernant les flux de trésorerie d une entité sont utiles aux utilisateurs des états financiers car elles leur

Plus en détail

abri fiscal placement ou autre mécanisme financier qui vous permet de protéger une partie de vos gains de l impôt pendant une certaine période

abri fiscal placement ou autre mécanisme financier qui vous permet de protéger une partie de vos gains de l impôt pendant une certaine période Voici les définitions de quelques mots clés utilisés dans le cadre du programme Connaissances financières de base. Ces mots peuvent avoir des sens différents ou refléter des notions distinctes dans d autres

Plus en détail

La monnaie et le financement

La monnaie et le financement La monnaie et le financement Trouvez des questions permettant de répondre aux paragraphes proposés. Cet exercice doit vous permettre de mieux mémoriser le cours mais aussi de travailler les consignes.

Plus en détail

Chapitre 6. Le calcul du PIB, de l inflation et de la croissance économique. Objectifs d apprentissage. Objectifs d apprentissage (suite)

Chapitre 6. Le calcul du PIB, de l inflation et de la croissance économique. Objectifs d apprentissage. Objectifs d apprentissage (suite) Chapitre 6 Le calcul du PIB, de l inflation et de la croissance économique 1 Objectifs d apprentissage Faire la distinction entre le stock de capital et de la richesse et le flux de production, de revenu,

Plus en détail

1 er exposé. Les Hiéroglyphes. Jeudi 5 novembre 2009

1 er exposé. Les Hiéroglyphes. Jeudi 5 novembre 2009 Laurène SCHMIT 6 ème bleue 1 er exposé La naissance de l écriture Les Hiéroglyphes Jeudi 5 novembre 2009 La naissance de l écriture Les hiéroglyphes Introduction La naissance de l écriture Les hiéroglyphes

Plus en détail

ACTIONS ET OBLIGATIONS Les placements financiers en quelques mots

ACTIONS ET OBLIGATIONS Les placements financiers en quelques mots Aperçu des actions et des obligations Qu est-ce qu une action? Une action est une participation dans une entreprise. Quiconque détient une action est copropriétaire (actionnaire) de l entreprise (plus

Plus en détail

COURS 470 Série 09. Comptabilité Générale

COURS 470 Série 09. Comptabilité Générale COURS 470 Série 09 Comptabilité Générale Administration générale de l'enseignement et de la Recherche scientifique Direction de l'enseignement à distance REPRODUCTION INTERDITE Communauté française de

Plus en détail

MONOPOLY Règles de Tournoi:

MONOPOLY Règles de Tournoi: MONOPOLY Règles de Tournoi: OBJECTIF L'objectif du jeu est de devenir le joueur le plus riche en achetant, en louant et en vendant des propriétés. Essayez d acheter toutes les propriétés appartenant à

Plus en détail

Norme comptable internationale 33 Résultat par action

Norme comptable internationale 33 Résultat par action Norme comptable internationale 33 Résultat par action Objectif 1 L objectif de la présente norme est de prescrire les principes de détermination et de présentation du résultat par action de manière à améliorer

Plus en détail

Musée temporaire. Le jeu

Musée temporaire. Le jeu Musée temporaire Le jeu Bienvenue à la Banque nationale de Belgique! La Banque nationale de Belgique n est pas une banque comme les autres Par exemple, tu ne peux pas y ouvrir de compte bancaire : seules

Plus en détail

TABLE DES MATIÈRES AVANT-PROPOS... III CHAPITRE 1 LES CONCEPTS FONDAMENTAUX DE LA COMPTABILITÉ ET LE BILAN... 1

TABLE DES MATIÈRES AVANT-PROPOS... III CHAPITRE 1 LES CONCEPTS FONDAMENTAUX DE LA COMPTABILITÉ ET LE BILAN... 1 TABLE DES MATIÈRES AVANT-PROPOS... III CHAPITRE 1 LES CONCEPTS FONDAMENTAUX DE LA COMPTABILITÉ ET LE BILAN... 1 QU EST-CE QUE LA COMPTABILITÉ?... 2 Les grandes fonctions de la comptabilité... 2 La distinction

Plus en détail

INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES

INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES eduscol Sciences économiques et sociales - Première ES Science économique 4. La monnaie et le financement Ressources pour le lycée général et technologique Fiche 4.3 : Qui crée la monnaie? INDICATIONS

Plus en détail

Mémento de Droit fiscal général

Mémento de Droit fiscal général Jean-Philippe Baur Mémento de Droit fiscal général Publibook Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé

Plus en détail

UE 6 Finance d entreprise Le programme

UE 6 Finance d entreprise Le programme UE 6 Finance d entreprise Le programme Légende : Modifications de l arrêté du 8 mars 2010 Suppressions de l arrêté du 8 mars 2010 Partie inchangée par rapport au programme antérieur 1. La valeur (15 heures)

Plus en détail

Représentation de l information en binaire

Représentation de l information en binaire Représentation de l information en binaire Les ordinateurs sont capables d effectuer de nombreuses opérations sur de nombreux types de contenus (images, vidéos, textes, sons,...). Cependant, quel que soit

Plus en détail

LES OPÉRATIONS JOURNALIÈRES. a) qu est ce qu une entreprise peut vendre à ses clients :

LES OPÉRATIONS JOURNALIÈRES. a) qu est ce qu une entreprise peut vendre à ses clients : LES OPÉRATIONS JOURNALIÈRES I. Les ventes A) La facture de doit La facture de doit est établie par un fournisseur pour constater la créance sur le client, suite à une vente. C est donc la traduction d

Plus en détail

Les instruments financiers

Les instruments financiers Comparaison des normes comptables tunisiennes avec les normes comptables internationales 1 Les instruments financiers L IAS 32 définit les instruments financiers comme étant tout contrat qui donne lieu

Plus en détail

Université d Oran / Faculté des Sciences Commerciales Spécialité : 4 eme. Fiche N 2 : Banque et Monnaie

Université d Oran / Faculté des Sciences Commerciales Spécialité : 4 eme. Fiche N 2 : Banque et Monnaie Université d Oran / Faculté des Sciences Commerciales Spécialité : 4 eme Finance / Module : Les Techniques Bancaires Fiche N 2 : Banque et Monnaie I)- Principes Généraux : 1)- Définition du Terme Monnaie

Plus en détail

L éducation financière. Manuel du participant Les notions de base du crédit

L éducation financière. Manuel du participant Les notions de base du crédit L éducation financière Manuel du participant Les notions de base du crédit 2 Contenu DOCUMENT 6-1 Les types de crédit Type de crédit Prêteur Usages Modalités Crédit renouvelable Carte de crédit (garantie

Plus en détail

Chapitre 1. Les états comptables, outils classiques de l analyse financière

Chapitre 1. Les états comptables, outils classiques de l analyse financière Chapitre 1. Les états comptables, outils classiques de l analyse financière L analyse financière ne peut pas être faite ex nihilo, elle doit se fonder sur des données qualitatives et quantitatives. Les

Plus en détail

Document d orientation sur le Standard pour le café Fairtrade Stratégie de gestion des risques liés aux prix Publication January 2012

Document d orientation sur le Standard pour le café Fairtrade Stratégie de gestion des risques liés aux prix Publication January 2012 Document d orientation sur le Standard pour le café Fairtrade Stratégie de gestion des risques liés aux prix Publication January 2012 Sommaire : Introduction... 1 Contexte : qu est-ce que le risque lié

Plus en détail

B - La lecture du bilan

B - La lecture du bilan 8.2 La lecture des comptes annuels B - La lecture du bilan Référence Internet Saisissez la «Référence Internet» dans le moteur de recherche du site www.editions-tissot.fr pour accéder à ce chapitre actualisé

Plus en détail

À quoi sert une banque?

À quoi sert une banque? À quoi sert une banque? Trois fonctions clés La banque remplit trois fonctions essentielles. Elle collecte, gère vos dépôts, et vous fournit des moyens de paiement (chéquier, carte bancaire, ordre de virement

Plus en détail

Le millésime 2009 des «Euros Or et Argent»

Le millésime 2009 des «Euros Or et Argent» 27 mars 2009 Le millésime 2009 des «Euros Or et Argent» En Septembre 2008 la Monnaie de Paris a lancé, avec un grand succès, une nouvelle gamme d euros en métal précieux : les «Euros Or et Argent». Ces

Plus en détail

Exe Livret Animateur_Exe Livret Animateur 01/02/11 11:10 Page1

Exe Livret Animateur_Exe Livret Animateur 01/02/11 11:10 Page1 Exe Livret Animateur_Exe Livret Animateur 01/02/11 11:10 Page1 1 Exe Livret Animateur_Exe Livret Animateur 01/02/11 11:10 Page2 Estimez les produits, tournez la roue et tentez de remporter la vitrine!

Plus en détail

SIMULATEUR DE NÉGOCIATION TMX GUIDE PRATIQUE. Reshaping Canada s Equities Trading Landscape

SIMULATEUR DE NÉGOCIATION TMX GUIDE PRATIQUE. Reshaping Canada s Equities Trading Landscape SIMULATEUR DE NÉGOCIATION TMX GUIDE PRATIQUE Reshaping Canada s Equities Trading Landscape OCTOBER 2014 Horaire des marchés Toutes les données de marché du simulateur sont différées de 15 minutes (sauf

Plus en détail

La Missive des Archives N 10. Inauguration du bureau télégraphique d Ozoir la Ferrière le 4 juin 1883. La poste à cette époque se situait, place de

La Missive des Archives N 10. Inauguration du bureau télégraphique d Ozoir la Ferrière le 4 juin 1883. La poste à cette époque se situait, place de La poste : La Missive des Archives N 10 Inauguration du bureau télégraphique d Ozoir la Ferrière le 4 juin 1883 La poste à cette époque se situait, place de l église dans la maison de Monsieur CAROUZET,

Plus en détail

MÉMO. Des solutions en cas de coup dur ou de coup de cœur SOMMAIRE

MÉMO. Des solutions en cas de coup dur ou de coup de cœur SOMMAIRE Édition : décembre 13 MÉMO Des solutions en cas de coup dur ou de coup de cœur 1. Optimiser l utilisation des livrets défiscalisés 2. Épargner sans plafond 3. Placer une somme importante sur quelques mois

Plus en détail

offre non fiscale 123viager L immobilier autrement... SICAV contractuelle

offre non fiscale 123viager L immobilier autrement... SICAV contractuelle offre non fiscale viager L immobilier autrement... SICAV contractuelle de viager mutualisé viager SICAV contractuelle de viager mutualisé Un investissement SOCIALEMENT RESPONSABLE Permettre aux retraités

Plus en détail

A quoi sert une banque? corrigé 1 Le micro trottoir : «A quoi sert une banque?»

A quoi sert une banque? corrigé 1 Le micro trottoir : «A quoi sert une banque?» 1 Le micro trottoir : «A quoi sert une banque?» Lien avec la finance pour tous : à quoi sert une banque? (http:///-la-banque-a-quoi-ca-sert-.html) sur le site Synthèse commune sous forme de schéma ROLE

Plus en détail

Comptabilité Générale - Résumé blocus 08. 1. Chapitres 1,2,3 : Bilan, Compte de résultats,

Comptabilité Générale - Résumé blocus 08. 1. Chapitres 1,2,3 : Bilan, Compte de résultats, Comptabilité Générale - Résumé blocus 08 1. Chapitres 1,2,3 : Bilan, Compte de résultats, Fonds de tiers = Provisions + Dettes. Fonds de tiers à long terme = Provisions + Dettes à plus d un an. Capitaux

Plus en détail

Matériel. . 9 cartes Personnage

Matériel. . 9 cartes Personnage Avec cette extension, les règles de base peuvent être modifiées de cinq façons différentes et combinables comme bon vous semble Les dames de Troyes font leur apparition sous la forme de trois nouvelles

Plus en détail

Du bœuf au smartphone I

Du bœuf au smartphone I Enseignant Du bœuf au smartphone I Compétences terminales d HISTOIRE Enseignement secondaire 2 ème degré Porte d entrée Compétences Sur base d un nombre limité de données, organiser une synthèse mettant

Plus en détail

Option spécifique Economie et droit

Option spécifique Economie et droit Direction générale de l enseignement obligatoire Examen de passage de l enseignement privé ou à domicile à l école publique Mai 2012 Nom : Prénom : Admission en 8 e VSB Option spécifique Economie et droit

Plus en détail

: LE PUBLIC VISE FINALITES ET UTILISATIONS POSSIBLES LE CONTENU DU LIVRET

: LE PUBLIC VISE FINALITES ET UTILISATIONS POSSIBLES LE CONTENU DU LIVRET : LE PUBLIC VISE Les élèves de baccalauréats professionnels commerciaux : commerce, vente, services et de baccalauréats comptabilité et secrétariat FINALITES ET UTILISATIONS POSSIBLES -Introduction aux

Plus en détail

Mathématiques financières

Mathématiques financières Mathématiques financières Table des matières 1 Intérêt simple 1 1.1 Exercices........................................ 1 2 Intérêt composé 2 2.1 Taux nominal, taux périodique, taux réel.......................

Plus en détail

Simulation d une économie monétaire (programmation impérative, sujet 3)

Simulation d une économie monétaire (programmation impérative, sujet 3) Simulation d une économie monétaire (programmation impérative, sujet 3) http://sfc-abm.org/students/mief/ 10 février 2014 Table des matières 1 Sujet 2 2 Description plus détaillée de la simulation 3 2.1

Plus en détail

Identifier les modes de financement de l activité économique et comprendre le fonctionnement du marché des capitaux

Identifier les modes de financement de l activité économique et comprendre le fonctionnement du marché des capitaux Module 6 : Comprendre comment l'activité économique est financée et analyser les conséquences de la globalisation financière 6.1 : Identifier les modes de financement de l'activité économique et analyser

Plus en détail

COURS DE LICENCE 2 SCIENCES ECONOMIQUES COURS D ALAIN MATHIEU

COURS DE LICENCE 2 SCIENCES ECONOMIQUES COURS D ALAIN MATHIEU COURS DE LICENCE 2 SCIENCES ECONOMIQUES COURS D ALAIN MATHIEU MACROECONOMIE 2 PRISE DE NOTE PAR : PLASMAN SYLVAIN SERIE 7 ANNEE 2010 2011 Sommaire et accès aux chapitres/sous-chapitres Cliquez sur le sous

Plus en détail