Approche du coût de revient dans le transport routier de marchandises, pour une part transposable dans d autres activités. Le coût de revient d une prestation est la somme des dépenses engagées et des efforts consentis pour exécuter la prestation. La notion de «dépenses engagées» est relativement évidente, exemples : Celle des efforts consentis conduit à rapporter aux prestations étudiées certaines dépenses qui interviennent dans le temps à des époques sensiblement différentes de celle des prestations (coût d entretien des véhicules, coût du renouvellement du matériel). Elle conduira également à retenir des coûts qui ne se traduiront pas, en fait, par des dépenses au sens comptable du terme (coût du travail fourni par le personnel non salarié, coût de l immobilisation des capitaux). Pour rapporter les coûts observés à une prestation donnée, on aura le plus souvent besoin de passer par l intermédiaire d un ou plusieurs types d unités de production (appelées aussi unités d œuvre). Les unités de production doivent être facilement dénombrables et homogènes. Les kilomètres parcourus sont rarement homogènes (présence ou non de péage d autoroute, durée d exécution différentes en fonction de la vitesse horaire, de la difficulté des parcours, et de l incidence des opérations de manutention). Pour un transport à la demande, il convient le plus souvent d associer plusieurs unités de production : - Le kilomètre parcouru qui se traduit par un coût en carburant, en pneumatiques et en entretiens-réparations - Le kilomètre parcouru sur autoroutes auquel correspond un coût supplémentaire en péages - La journée d activité qui entraine un coût en personnel de conduite, frais de route assurances, taxes, cotisations, renouvellement du matériel et coût du financement. - L heure de manutention, l heure de conduite. - L opération de transport engendre un coût administratif (intégration de la structure) CARBURANT Eléments de calcul - Prix d achat du carburant aux différentes sources d approvisionnement (déduire d éventuelles remises) - Récupération de la TVA, on retient toujours le montant H.T. puisqu en principe on récupère la TVA) - Récupération de la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers) - Calcul du coût moyen du carburant en fonction des différentes sources (pompes en France ou à l étranger ; approvisionnement à une citerne de l entreprise) - Calcul du coût kilométrique en fonction du coût moyen et de la consommation du véhicule aux 100 km
PNEUMATIQUES - Prix des pneus neufs - Coût des retaillages et rechapages - Rapport du coût total à la performance kilométrique des pneus ENTRETIENS REPARATIONS Coûts externes : Mains d œuvre et pièces détachées facturées par des garages extérieurs Coûts internes (plus difficile à déterminer) Matières consommables : graisse lubrifiants Pièces détachées Coût de l atelier intégré : Le coût annuel de l atelier intégré par véhicule est égal au produit du coût horaire par le nombre d heure d intervention de l atelier sur le véhicule durant la période Le coût horaire est un coût complet. Il comprend notamment : les salaires et charges sociales du personnel d atelier, le loyer de l atelier, une partie des taxes (taxe foncière, la Contribution Economique Territoriale (anciennement la taxe professionnelle), les dépenses d eau et d énergie, etc. ainsi qu une part des coûts de structure de l entreprise.) Afin d obtenir un coût de revient constant, c'est-à-dire indépendant de l âge du véhicule, on peut calculer un coût moyen constaté au cours de la durée de vie du véhicule PEAGES : Coût des autoroutes (abonnements et tickets de passage) Coût du passage des autres ouvrages d art (pont, tunnel) propre à certains itinéraires SALAIRES ET CHARGES SOCIALES DU PERSONNEL DE CONDUITE Intégrer le coût des éventuels conducteurs supplémentaires (double équipage et conducteur de remplacement) FRAIS DE ROUTE Les dépenses d hébergement et de restauration ASSURANCES Assurance des véhicules et des marchandises transportées TAXES ET COTISATIONS Taxe à l essieu et adhésion à des organisations professionnelles
COÛT DU MATERIEL DE TRANSPORT et de MANUTENTION Cas 1 : On peut ne pas être propriétaire de tout ou partie du parc de matériel. Dans ce cas les éléments ne sont pas incorporés au poste Matériel de l actif du bilan. La charge correspond au montant H.T. des factures : Loyer ou Crédit-Bail décaissés. C est une dépense engagée. Cas 2 : Pratique de l amortissement des immobilisations. On est propriétaire du matériel, (même si l acquisition est financée par un emprunt) le matériel apparait à l actif du bilan. En comptabilité analytique on préférera pratiquer un amortissement économique (différent de l amortissement comptable ou fiscal). Longtemps l amortissement du matériel a été considéré comme une dépréciation d un bien immobilisé, aujourd hui on préfère le considérer comme une consommation du capital. Les méthodes de calculs des plans d amortissement peuvent différer, mais les conséquences tant sur le bilan que sur le compte de résultat sont les mêmes. Aujourd hui le plan d amortissement doit traduire annuellement un rythme de consommation du capital engagé en fonction de l utilité estimée de l investissement. L avantage économique attendu d un investissement peut être exprimé en fonction d unité d œuvre, ce peut être : - le nombre de kilomètres parcourus par un véhicules - le nombre d heures d utilisation d un matériel - le nombre de nuitées pour des chambres d hotel. - etc. On retiendra la valeur actuelle du véhicule, accessoires compris et remises déduites (sans les pneumatiques, pour le matériel routier) La durée d amortissement est la durée de conservation réelle et souhaitable (et non la durée fiscale) On peut prévoir une valeur résiduelle du véhicule. C'est-à-dire qu à la fin de l exploitation du matériel on peut espérer le revendre. Cette valeur résiduelle doit être exclue du calcul de l amortissement économique. Au stade de l affectation du véhicule tracté au véhicule moteur (reconstitution de l ensemble articulé) intégrer les éventuelles semi-remorques complémentaires. Prise en compte du ratio : Semi/Tracteur Remarque : Il doit y avoir équivalence entre la durée du renouvellement et la durée sur laquelle on impute les coûts d entretien. Méthodes En matière de comptabilité analytique de calcul de coûts, l entreprise doit faire une approche de ses propres coûts à partir d une méthode la plus adaptée à ses moyens et à ses besoins. Différentes organisations professionnelles proposent des calculs de coût. Ils sont indicatifs et correspondent à des postures souvent éloignées à la réalité de chaque entreprise. On peut s inspirer de ces méthodes pour calculer des coûts. Mais il est important pour chaque entrepreneur de calculer ses propres coûts ce qui lui permet de prendre sa place (la plus ajustée) sur le marché. Il est
important pour une entreprise d identifier ses propres coûts en fonction de ses performances et de sa situation unique. On distingue principalement le calcul de plusieurs coûts constitutifs du coût de revient d un transport 1 le coût kilométrique Le plus souvent il comprend : - le coût du carburant, - le coût des lubrifiants, - le coût des pneumatiques, - le coût des péages, - le coût des entretiens et réparations Dans le calcul du coût de revient d une prestation transport il suffit de multiplier le coût kilométriques par le nombre de kilomètres parcourus. Cependant on peut aller jusqu à distinguer - le coût kilométrique en charge hors péage - le coût kilométriques du péage - le coût kilométrique à vide (pour le retour) 2 Le coût journalier Il comprend le plus souvent : - la rémunération brute du (ou des) conducteur (s) : (Salaire net encaissé par le conducteur + les charges sociales salariales) - les charges sociales patronales - les frais de route (hébergement restauration) Les charges liées aux véhicules - renouvellement du véhicule (amortissement ou loyer) - taxe à l essieu - le coût du financement (les intérêts des emprunts et la rémunération des actionnaires pour la part d autofinancement) Dans le calcul du coût de revient d une prestation transport il suffit de multiplier le coût journalier par le nombre de jours nécessaire à la prestation Attention la répartition des coûts journaliers ce fait en fonction des jours de disponibilités des conducteurs : c'est-à-dire : 365 jours - moins 104 (les samedis et dimanche) - moins le nombre de jours fériés (en France 9 à 11) - moins le nombre de divers jours congés payés, repos compensateur ou de formation etc ce peut aller jusqu à 45 jours Selon les entreprises, on peut prendre le nombre de jours d activité (environ 252 jours) pour l utilisation du matériel et le nombre de jours de disponibilité pour les conducteurs (environ 204 jours).
Remarque : en fonction de l activité de l entreprise, certains les éléments décrits dans le coût journalier, peuvent être répartis dans un coût horaire d exploitation ou un coût horaire de conduite notamment si les prestations sont de courtes durées. 3 les charges de structure Ce peut être une fraction des éléments citées plus haut, elles sont considérées comme fixes mais correspondent le plus souvent à la taille de l entreprise. En fait, elles varient par pallier. Dans le cas d une entreprise de transport elles comprennent notamment: - les dotations aux amortissements, loyers, impôts et assurances pour les immobilisations autres que celui du matériel de transport, - les charges de personnel autres que les conducteurs : la direction, les administratifs les commerciaux. Ces charges souvent importantes ne doivent pas être négligées, mais leur affectation dans le coût d une prestation est délicate. L exploitant, aidé du comptable, choisira la clé qui lui parait adéquate : ce pourra être la tonne kilométrique, le tonnage, le kilométrage, le pourcentage du CA (Chiffre d Affaires) ou même des coûts précédemment calculées. Conclusion : Une grande liberté est donnée à l exploitant pour calculer les coûts qui seront déterminant pour le calcul du prix de vente. Abuser de cette liberté, peut avoir des conséquences catastrophiques. La méthode choisie, pour une bonne comptabilité analytique, doit permettre de rapprocher les résultats obtenus au résultat de la Comptabilité Générale, dont les méthodes sont plus rigoureuses et fiables.