LEÇON N 17 : Module et argument d un nombre complexe. Interprétation géométrique, lignes de niveau associées. Applications.



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LEÇON N 17 : Module et argument d un nombre complexe. Interprétation géométrique, lignes de niveau associées. Applications. Pré-requis : Fonctions trigonométriques et applications, notions sur les lignes de niveaux ; Construction du corps C (Re, Im, conjugaison,...) ; Théorèmes de l angle inscrit et de l angle au centre. 17.1 Module d un nombre complexe Soit z = a+ib un nombre complexe, z son conjugué. Alors on constate que z z = (a+ib)(a ib) = a 2 +b 2 est un nombre réel positif, nous permettant de donner la définition suivante : Définition 1 : On appelle module de z le réel positif z z = a 2 + b 2. On le note z. Remarque 1 : Si b = 0, alors z = a = a 2. La notation est ainsi justifiée par extension de la notation "valeur absolue". Proposition 1 : 1. z 0 et ( z = 0 z = 0) ; 2. z = z = z ; 3. Re(z) z (resp. Im(z) z ) avec égalité si et seulement si z R (resp. z ir) ; 4. z 1 z 2 = z 1 z 2. a En particulier, λ R, λz = λ z. ( ) Il en résulte que si z 2 0, on a z 1 = z 1, et donc (z 0) 1 z 2 z = 1 z. z 2 5. z 1 + z 2 z 1 + z 2, avec égalité si et seulement si z 1 = 0 ou z 2 = 0 ou z 1 = kz 2, k R + (géométriquement, c est une propriété de la distance euclidienne dans R 2 ) ; 6. z 1 z 2 z 1 + z 2. a : On remarquera que l application (C, ) (R, ) : z z, où (resp. ) représente la multiplication dans C (resp. dans R), est un morphisme de groupes.

2 Module et argument d un nombre complexe démonstration : 1. C est la définition. 2. On a z = ( z)( z) = ( z)( z) = z z = z et z = z z = z z = z. 3. On a z = Re 2 (z) + Im 2 (z) Re 2 (z) = Re(z). L égalité n a lieu que lorsque Im 2 (z) = 0 Im(z) = 0 z R. De même, z = Re 2 (z) + Im 2 (z) Im 2 (z) = Im(z). L égalité n a lieu que lorsque Re 2 (z) = 0 Re(z) = 0 z ir. 4. z 1 z 2 = z 1 z 2 z 1 z 2 = z 1 z 1 z 2 z 2 = z 1 z 1 z2 z 2 = z 1 z 2. On choisit z 1 = λ R, et le résultat en découle. Démonstration analogue, puis z 1 = 1. 5. On a z 1 + z 2 2 = (z 1 + z 2 )(z 1 + z 2 ) = (z 1 + z 2 )(z 1 + z 2 ) = z 1 2 + z 1 z 2 + z 1 z 2 + z 2 2 = z 1 2 + z 1 z 2 + z 1 z 2 + z 2 2 = z 1 2 + 2Re(z 1 z 2 ) + z 2 2 3. z 1 2 + 2 z 1 z 2 + z 2 2 4. 2. = z 1 2 + 2 z 1 z 2 + z 2 2 = ( z 1 + z 2 ) 2 0 = z 1 + z 2 z 1 + z 2. Si z 1 = 0 ou z 2 = 0, l égalité est immédiate. Sinon z 1 + z 2 = z 1 + z 2 Re(z 1 z 2 ) = z 1 z 2 3. z 1 z 2 R + z 1 = a z 2 = a z 2 z 2 z 2 = kz 2, où k = a z 2 2 0. 6. Résulte de 5. En effet, z 1 = z 1 + z 2 z 2 z 1 z 1 + z 2 + z 2 z 1 z 2 z 1 + z 2. De même, z 2 = z 2 + z 1 z 1 z 2 z 1 z 1 + z 2. On en déduit le résultat attendu. Remarques 2 : 1, et 5 traduisent que le module est une norme ; 4 donne le théorème suivant : Théorème 1 : L ensemble des nombres complexes de module 1 est un groupe multiplicatif noté U, sousgroupe du groupe multiplicatif (C, ). C est le noyau du morphisme z z de (C, ) dans le sousgroupe multiplicatif (R, ). Conséquences : i. Dans le plan P, l image de U est le cercle trigonométrique (centre O, rayon 1) ; ii. 1, i, 1, i sont des éléments remarquables de U. 17.2 Argument d un nombre complexe Soit z = x + iy C d image M dans le plan complexe P muni d un repère orthonormal (O, u, v). Alors z/ z U et son image M d affixe z/ z est donc sur le cercle trigonométrique. Si θ est une mesure modulo 2π de l angle ( u, OM ), on a ainsi z/ z = cos θ + i sin θ, avec cos θ = x x2 + y 2 et sin θ = y x2 + y 2.

Module et argument d un nombre complexe 3 Définition 2 : θ est appelé argument de z et est noté arg(z). La valeur de θ appartenant à ] π, π] est appelé argument principal de z, noté Arg(z). Remarque 3 : 0 n a pas d argument. 17.2.1 Forme trigonométrique Si z = x+iy C est d argument θ, alors z s écrit sous la forme z = z (cos θ +isin θ). Réciproquement, si z = ρ(cos θ + i sin θ) avec ρ > 0, alors z = ρ et arg(z) = θ. Définition 3 : Une telle écriture, z = z (cos θ + i sin θ) est appelée forme trigonométrique de z. 17.2.2 Propriétés Proposition 2 : 1. Si k R +, alors arg(k) = 0 (mod 2π). Si k R, alors arg(k) = π (mod 2π) ; 2. arg( z) = π + arg(z) (mod 2π) ; 3. arg(z) = arg(z) (mod 2π) ; 4. Pour tous z 1, z 2 C, arg(z 1 z 2 ) = arg(z 1 ) + arg(z 2 ) (mod 2π). En particulier, arg(z n ) = n arg(z) (mod 2π) ( n N, z C), arg( 1 ) = arg(z) (mod 2π) ( z C), arg( z 1 z 2 ) = arg(z 1 ) arg(z 2 ) (mod 2π) ( z 1, z 2 C). démonstration : Dans cette démonstration, nous supposerons z écrit sous sa forme trigonométrique : z = z (cos θ + i sinθ). 1. k R + k = a > 0 k = a (1 + 0i) k = k (cos 0 + i sin0) arg(k) = 0 (mod 2π), k R k = a < 0 k = a ( 1 + 0i) k = k (cos π + i sinπ) arg(k) = π (mod 2π). 2. z = z ( cos θ i sinθ) = z ( cos(π + θ) + i sin(π + θ) ) arg( z) = π + θ (mod 2π) = π + arg(z) (mod 2π). 3. z = z (cos θ i sinθ) = z ( cos( θ) + i sin( θ) ) arg(z) = θ (mod 2π) = arg(z) (mod 2π). 4. On a z 1 z 2 = z 1 (cos θ 1 + i sinθ 1 ) z 2 (cos θ 2 + i sinθ 2 ) = z 1 z 2 ( cos θ 1 cos θ 2 sin θ 1 sinθ 2 + i(sinθ 1 cos θ 2 + sin θ 2 cos θ 1 ) ) = z 1 z 2 ( cos(θ 1 + θ 2 ) + i sin(θ 1 + θ 2 ) ) arg(z 1 z 2 ) = θ 1 + θ 2 (mod 2π) = arg(z 1 ) + arg(z 2 ) (mod 2π). récurrence. z 1 /z 2 = (démonstration analogue), puis z 1 = 1.

4 Module et argument d un nombre complexe Proposition 3 (Formule de Moivre) : Pour tous n N et θ R, on a (cos θ + i sin θ) n = cos(nθ) + i sin(nθ). démonstration : Posons z = cos θ+i sinθ. Alors z = 1 arg(z) = θ et on a aussi z n = z n = 1. Alors arg(z n ) = 3. n arg(z) (mod 2π) = nθ (mod 2π), d où z n = z n ( cos(nθ) + i sin(nθ) ) = cos(nθ) + i sin(nθ). 17.2.3 Notation exponentielle Soit l application ϕ : R U C θ cos θ + i sin θ. ϕ vérifie alors : θ R, ϕ(θ) = 1, donc ϕ(θ) 0 ; ϕ(θ 1 + θ 2 ) = ϕ(θ 1 )ϕ(θ 2 ) (d où en particulier ϕ(0) = 1 et ϕ( θ) = 1/ϕ(θ)) ; ϕ (θ) = iϕ(θ). Ces propriétés rappellent celles de la fonction exponentielle (x e λ x est l unique fonction y sur R vérifiant y 0, y = λ y et y(0) = 1), et conduisent naturellement à poser par convention cos θ + i sin θ = e iθ. Proposition 4 : 1. Formules d Euler : cos θ = eiθ + e iθ et sin θ = eiθ e iθ ; 2 2i 2. Formule de Moivre en écriture exponentielle : (e iθ ) n = e inθ ; 3. e iθ + 1 = 0. démonstration : 1. On a 1 2 (eiθ + e iθ ) = 1 (cos θ + i sinθ + cos θ i sinθ) = cos θ. 2 De même, on trouve que 1 2i (eiθ e iθ ) = 1 (cos θ + i sinθ cos θ + i sinθ) = sinθ. 2i 2. C est la formule de Moivre... 3. e iπ + 1 = cos π + i sinπ + 1 = 0. Définition 4 : Si z C, de module ρ et d argument θ, s écrit z = ρ e iθ, alors cette écriture est appelée écriture exponentielle de z. Remarque 4 : θ e iθ est un morphisme de groupes de (R, +) sur (U, ), même un isomorphisme de groupes de ( R/(2πZ), + ) sur (U, ).

Module et argument d un nombre complexe 5 17.3 Interprétation géométrique Soient (O, u, v) un répère orthonormé du plan complexe, M(z),M (z ) deux points d affixes z et z. 17.3.1 Module Proposition 5 : d(m, M ) = z z. démonstration : On a MM = OM OM z = z z. On en déduit donc que MM = MM d(m, M ) = z z. Exercice : Calculer z +z 2 + z z 2 et interpréter le résultat géométriquement dans un parallélogramme. En déduire la formule de la médiane. 17.3.2 Argument Proposition 6 : arg(z z) = ( u, MM ) (mod 2π). démonstration : arg(z z) = arg(z ). Il suffit donc de placer l origine du vecteur MM en O et MM d appliquer la définition. Corollaire : Soient A(a), B(b), C(c) et D(d) quatre points avec a b. Alors ( ) d c arg = ( AB, CD) (mod 2π). b a démonstration : On a arg ( ) d c b a = arg(d c) arg(b a) (mod 2π) = ( u, CD) ( u, AB) (mod 2π) = ( AB, CD) (mod 2π), d où le résultat. 17.4 Lignes de niveaux Définition 5 : Soient E C, f : E R et k R. On appelle ligne de niveau k associé à f l ensemble des points M(z) P tels que f(z) = k. On notera cet ensemble L k (k).

6 Module et argument d un nombre complexe Voici quatre figures qui correspondront aux quatre propositions ci-dessous : k = 2, 5 k = 2 k = 1 k = 0, 5 Ω A O v O u k = 0, 25 Figure 1 : f(z) = z ω Figure 2 : f(z) = arg(z a) A k 1 k 2 T B B A } {{ } 0 k < 1 k = 1 } {{ } k > 1 Figure 3 : f(z) = z a z b Figure 4 : f(z) = arg ( ) z a z b Proposition 7 (figure 1) : Soit f : P R la fonction définie par f(z) = z ω pour tout point Ω(ω) P. Alors si k < 0 L f (k) = {Ω} si k = 0 C(Ω, k) si k > 0. démonstration : Si k < 0, le résultat est évident. Supposons alors k = 0. Alors L f (0) = {M(z) P z ω = 0} = {M(z) P z = ω} = {Ω}. Enfin, si k > 0, alors z ω = k ΩM = k M C (Ω, k).

Module et argument d un nombre complexe 7 Proposition 8 (figure 2) : Soit f : P\{A} R/(2πZ) la fonction définie par f(z) = arg(z a), pour tout A(a) P. Alors L f (k) = + A, où + A désigne la demi-droite d éxtrémité A (privée de A) admettant pour vecteur directeur le vecteur unitaire α tel que ( u, α) = k (mod 2π). démonstration : On a : L f (k) = {M(z) P arg(z a) = k} = {M(z) P ( u, AM) = k} par la proposition 5 = + A, d où le résultat. Proposition 9 (figure 3) : Soit f : P\{B} R la fonction définie par f(z) = points A(a), B(b) P tels que a b. Alors si k < 0 {A} si k = 0 L f (k) = méd([ab]) si k = 1 C [IJ] si k R + \{1}, z a z b pour tous où méd([ab]) désigne la médiatrice de [AB], C [IJ] le cercle de diamètre [IJ], avec I = bar{(a, 1), (B, k)} et J = bar{(a, 1), (B, k)}. démonstration : Les cas k < 0, k = 0 et k = 1 sont triviaux. Supposons alors k R +\{1}. Alors z a z a z b = k = z b = k AM BM = k k2 BM 2 AM 2 = 0 (k BM AM)(k BM + AM) = 0 (1 k) MI (1 + k) MJ = 0 (1 k 2 ) MI MJ = 0 MI MJ = 0, donc M est sur le cercle de diamètre [IJ]. Proposition ( 10 ) (figure 4) : Soit f : P\{B} R\R/(2πZ) la fonction définie par f(z) = z a arg pour tous points A(a), B(b) P tels que a b. Alors z b (AB)\[AB] si k = 0 (mod 2π) L f (k) = ]AB[ si k = π (mod 2π) A T A,B si k 0 (mod π), où A T A,B désigne l un des deux arcs ouverts d extrémités A et B du cercle C passant par ces deux points et admettant pour tangente en A la droite T telle que ( AT, AB) = k (mod π).

8 Module et argument d un nombre complexe démonstration : Les cas k = 0 (mod 2π) et k = π (mod 2π) sont évidents. Supposons alors k 0 (mod π). On rappelle que : Théorème de l angle au centre ( ) : OB) = ( CA, CB) (mod π). Pour tous points A, B, C d un cercle C de centre O, on a 1 2 ( OA, Théorème de l angle inscrit () : Pour tous points A, B d un cercle C de centre O, et T un point de la tangente à C en A, on a : ( OA, OB) = ( AB, AT) (mod π). Alors arg ( ) z a = k coro ( BM, AM) = k ( MA, MB) = k ( ) () = ( AB, AT). z b Par les deux résultats précédents, M est sur le cercle passant par A et B, privé de A et B (sinon on aurait k = 0) et tel que sa tangente T en A vérifie ( AB, AT) = k. 17.5 Applications 1. C (Ω,r) = {M(z) P z ω = r}, où Ω(ω) P et r 0. 2. Soient A(a) et B(b) deux points de P. Alors (AB) = {M(z) P z = a ou arg(z a) = arg(b a) = {M(z) P z = a ou z a z b R} = {M(z) P z = a ou (z a) (b a) R}. (mod 2π)} 3. méd([ab]) = {M(z) P z a = z b }. 4. Soient u et u d affixes respectives z et z. Alors u et u sont colinéaires ( u, u = 0 (mod π) z /z R ; u et u sont orthogonaux ( u, u = π 2 (mod π) z /z ir. Il en découle que si A(a),B(b),C(c) sont trois points de P, alors 5. Cocyclicité de quatre points A,B,C alignés c a b a R et (AB) (AC) c a b a ir. Proposition 11 : A(a), B(b), C(c), D(d) sont cocycliques ou alignés si et seulement si b c a c a d b d R. démonstration : On a A, B, C, D cocycliques ou alignés ( CA, CB) = ( DA, DB) (mod π) ( ) ( ) b c b d arg = arg (mod π) a c a d ( b c arg a c a d ) = 0 (mod π) b d b c a c a d b d R, d où le résultat.