Banque Privée Edmond de Rothschild Europe

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1 Banque Privée Edmond de Rothschild Europe Rapport Annuel 2008 Société Anonyme 20, Boulevard Emmanuel Servais - L-2535 Luxembourg - Adresse Postale B.P L-2014 Luxembourg Tél. : (352) Fax Direction : (352) Swift PRIBLULL - R.C. LUX B TVA LU

2 2 3 Table des matières Message du Président... 6 Organes de la Banque Privée... 8 Edmond de Rothschild Europe Rapport de gestion Eléments financiers Annexe aux comptes annuels Rapport du Réviseur d entreprises Adresses... 74

3 peace parks 2 3

4 4 5 Continent de la diversité naturelle par excellence, l Afrique abrite des millions d espèces animales et végétales qui forment, avec les hommes, un précieux vivier. Aujourd hui, une grande partie de cette diversité est menacée d extinction : les couloirs migratoires disparaissent, la pollution et la surex - ploitation déstabilisent les processus naturels, la pauvreté s accentue. La Fondation Peace Parks a pour objectif de rétablir une cohabitation harmonieuse entre conservation naturelle et développement socio-économique. Les Peace Parks (parcs de la paix) sont des sites de conservation transfrontaliers, c est-à-dire des zones transgressant les frontières africaines issues de l époque coloniale dans l intérêt des hommes, de la faune et de la flore. Ces

5 4 5 réserves sont choisies pour la richesse de leur biodiversité, leur héritage culturel et leur potentiel de croissance. Grâce au soutien des gouvernements régionaux, des organisations internationales et du secteur privé, pas moins de 10 Peace Parks ont vu le jour en Afrique australe. Après une sombre période de guerres civiles qui ravagea cette région, la Fondation Peace Parks fut initiée par trois visionnaires, Nelson Mandela, le Prince Bernhard des Pays-Bas et le Dr Anton Rupert. Le Baron Edmond de Rothschild adhéra à ce projet ambitieux dès sa création en 1997 ; il en fut un des argentiers et ambassadeurs à l international. Depuis, la Fondation Peace Parks bénéficie du soutien actif des Fondations Edmond et Benjamin de Rothschild qui en partagent la mission : développement durable, préservation de l environnement, éducation et formation.

6 6 7 Message du Président du Conseil d'administration Tout le monde s accorde désormais sur la violence de cette crise économique et financière planétaire, la plus dévastatrice depuis celle des années 30. A l évidence, aucune banque, aucun gérant d actif, aucun banquier privé ne pouvait en anticiper l ampleur et aucun ne peut prétendre en évaluer la durée, encore moins en esquiver toutes les conséquences. Notre groupe, nos gérants et nos clients souffrent ensemble de l effondrement des marchés. Et ensemble nous faisons face parce que nous bénéficions des spécificités d une banque familiale. J en mentionnerai trois. D abord, nous ne nous autorisons pas à prendre des risques majeurs. Si nous subissons forcément quelques dégâts collatéraux de la crise mondiale, nous sommes mieux abrités que beaucoup. Et nous partageons cette prudence instinctive avec toutes les entreprises à capitaux familiaux, dont les performances durables ont été amplement démontrées. Nombre de banques n ont survécu qu en faisant appel massivement à de nouveaux actionnaires, souvent même aux Etats ou aux fonds souverains, alors que notre maison perdrait son âme sans son actionnaire qui lui prête son nom, sa culture, sa tradition à travers les générations. Les managers de notre groupe, d ailleurs associés au capital, veillent sur les fonds propres, car ils préservent ainsi un actif essentiel de nos banques, le nom. C est-à-dire la réputation attachée à ce nom, restée intacte depuis 250 ans malgré les révolutions, les guerres, les persécutions, et les secousses de marchés, parfois aussi dévastatrices. Ensuite, nous n avons jamais dévié de notre cœur de métier, la gestion d actifs et la banque privée. Non pas que notre spécialité nous mette à l abri de tous les risques et de toutes les erreurs. Mais cette fidélité à notre savoir-faire traditionnel explique que toute l attention de notre maison est intégralement concentrée sur la maîtrise des extrêmes difficultés de la crise actuelle. Nous pensons que la fidélité de nos clients et de nos équipes se nourrit de la fidélité de notre groupe à son unique métier. Enfin, notre famille, forte de plus de deux siècles d expé rience, sait qu il n est point de construction et de préservation des patrimoines sans respect de la durée. Le principal enseignement de cette crise restera la nécessité de compter avec le temps, que l impatience du gain a dissipé dans les années récentes. Le taux d intérêt, qui n est autre que le prix du temps, s était noyé dans l inondation de liquidités des années 2000, et cette gratuité du crédit n était que mépris de la durée. Pour notre Maison, comme pour notre clientèle, nous ne recherchons pas le brio instantané, mais bien plus la performance à long terme. Si la crise mondiale devait s aggraver encore, il est clair que la quasi-totalité des actifs, pas seulement financiers, seraient malmenés pour longtemps. Mais si la maîtrise de la crise progresse, si les dirigeants des grandes nations ne se laissent pas entraîner dans la mortelle randonnée des égoïsmes nationaux, il est certain que la convalescence sera fertile en opportunités. Surtout pour les maisons robustes qui, n ayant pas chanté tout l été, ont conservé quelques munitions, non seulement pour l hiver, mais aussi le printemps. Je n évoquerai pas les occasions scandaleuses où la finance profiterait des dégâts qu elle a elle-même causés. Mais je veux parler des vraies opportunités qui seront sans doute les voies royales de la nouvelle croissance. Il m en vient deux à l esprit que notre famille et notre groupe cultivaient déjà avant la crise. L écologie d abord. Non pas celle qui interdit, freine, immobilise, attriste. Mais celle qui favorise la croissance parce qu elle lui apporte de nouveaux projets pour la rendre durable. L actuel président américain, de ce point de vue, amorce un tournant décisif pour le monde. Il était temps! Car nous ne sommes plus face à un choix, mais une ardente obligation envers nos enfants. Les puissances émergentes, ensuite. Après avoir rêvassé au découplage, on imagine l effondrement. La Chine, l Inde, l Amérique latine ne méritent ni cet excès

7 6 7 d honneur, ni cette indignité. C est une évidence que la démographie et l épargne sont les carburants des locomotives du futur. Notre groupe est déjà présent dans ces pays et souhaite y fortifier son influence. Nous voulons que notre savoir-faire profite au nouveau monde et que nos investisseurs bénéficient avec nous de cet eldorado à venir. Pour l heure, je sais que cette violente crise a provoqué de graves saignées dans les patrimoines, et je n échappe pas à la règle. Je remercie nos clients de la confiance qu ils ont bien voulu nous renouveler et de leur parrainage : toutes nos banques ont accueilli nombre de nou - veaux comptes en Ce ne sont pas seulement les secousses des grands établissements qui expliquent cet afflux de confiance, mais plutôt notre style de gestion. Nous avons toujours voulu être meilleurs dans la préservation des patrimoines. Beaucoup des techniques développées dans nos maisons visent une protection renforcée dans les produits performants. Notre blason familial illustre bien ce retour à la sagesse traditionnelle qui guidera la finance de demain. «Concordia, Integritas, Industria». Concordia : l union, celle du village planétaire, seule capable de faire reculer la crise, d associer les masses émergentes à la reprise, de discipliner le risque climatique. Integritas : l éthique, c est-à-dire le respect mutuel du travail et du capital sans lequel le système se déchire. Industria : car il n y a pas de respect des clients et des collaborateurs sans celui du métier, au sens artisanal du terme, que l abus du levier financier avait cru pouvoir reléguer dans l arrièreboutique. Notre groupe fut réservé dans les années d opportunités folles. Il peut sortir de sa réserve dans les années d opportunités sages. En chinois, le mot crise s écrit en deux idéogrammes, dont l un désigne le danger et l autre l opportunité qui, en 2009, année du bœuf, ne peut être que sage. Baron Benjamin de Rothschild Président

8 8 9 Organes Banque Privée Edmond de Rothschild Europe Conseil d Administration Président Baron Benjamin de Rothschild Administrateurs John Alexander Luc Baatard Didier Bottge José-Luis de Vasconcelos e Sousa Laurent Dassault Guy Grymberg 1 Claude Messulam Frédéric Otto Yves Repiquet 2 E. Trevor Salathé Daniel Yves Trèves Comité du Conseil d Administration Président Claude Messulam Membres John Alexander Luc Baatard Didier Bottge José-Luis de Vasconcelos e Sousa Guy Grymberg 1 Frédéric Otto E. Trevor Salathé Audit Interne Sous-Directeur Principal Stéphanie Van Tieghem Organe de Révision PricewaterhouseCoopers S.à.r.l. 1 jusqu'au 26 juin depuis le 14 avril 2009

9 8 9 Comité Exécutif 1 Président Directeur Général Frédéric Otto Vice-Président Directeur Général Adjoint Pierre-Marie Valenne Vice-Président Directeur Central Jean-François Lafond Vice-Présidents Directeurs Marc Ambroisien Geoffroy Linard Rudy Paulet Franck Sarrazin Comité de Direction Clientèle Privée & Asset Management Président Frédéric Otto Vice-Présidents Pierre-Marie Valenne Jean-François Lafond Marc Ambroisien Rudy Paulet Directeurs Didier Bensadoun Patrick Brebion Thierry de Baynast Raphael Delplanque Raymond Glodé Marc Grabowski Franck Payrar Jean-Marc Robinet Jean-Charles Schiltz Guy Verhoustraeten Comité de Direction OPC Président Pierre-Marie Valenne Vice-Présidents Jean-François Lafond Geoffroy Linard Franck Sarrazin Directeurs Philippe Anstett Guy Verhoustraeten 1 Directeurs agréés auprès de la Commission de Surveillance du Secteur Financier

10 10 11 Comité de Direction Family Office & Business Development Président Frédéric Otto Vice-Président Pierre-Marie Valenne Directeurs Marc Ambroisien Rudy Paulet Franck Sarrazin Didier Bensadoun Thierry de Baynast Edward de Burlet Raphaël Delplanque Raymond Glodé Karl Guénard Elise Lethuillier Alain Mestat Franck Payrar Philippe Postal Jean-Marc Robinet Jean-Charles Schiltz Guy Verhoustraeten Secrétaire général Luc Grégoire

11 10 11 Organes Autres Directeurs, Directeurs Adjoints, Sous-Directeurs Principaux et Sous-Directeurs Directeurs Philippe Contadin Denis de Montigny Pascal Delle Claudio Fernandes Dimitri Guillaume Reinald Loutsch Jean-Luc Parmentier Virgilio Ranalli Bernard Schul Jean-Marc Thomas Didrik van Zuylen Directeurs Adjoints Michele Amari Marie-Laure Bernard Paul Boeger Christian Burckel Michel Catulle Yves Chezeaud Emile Cremmer David Diwan Pascal Gilles Geoffroy Glenisson Philippe Godard Eliseo Graziani Jean Heckmus Catherine Menzies Bernard Mertens Francis Nilles Giulia Olivieri Claude Pech Rudi Peeters Catherine Roux-Sevelle Carlo Thewes Matthieu Tinti Eric Van der Straten Philippe Visconti Philippe Wapler Marc Zurcher Sous-Directeurs Principaux Jean-François Colson Jean-Louis Di Giovanni Dominique Dubois Eric Feyereisen Laurent Haag Philippe Maclot Jean-Christophe Morizot Philippe Pirenne Nathalie Plompen Filip Van Aerde Sous-Directeurs Corinne Aurousseau Pascale Bartz Nicolas Bayet Christophe Bedeau Magali Berton Isabelle Boez Mark Bosquet Olivier Boulestreau Sidney Bouvier André Bovy Serge Bruck Mara Claus Giuseppe Croce Arnaud de Smedt Guy de Spirlet Arnaud Decrulle Jérôme Demimuid Sébastien Dodo Jean-Marc Drui Renaud Durand Frédéric Fauveaux Pascal Forêt Eric Guerrier Muriel Hombroise Emmanuel Kirch Christoph Lanz Martial Lavall Thierry Lenormand Amílcar Magalhães Ribeiro Josette Marting Marie-Thérèse Mosson-Weber Sandrine Mury Evelyne Pommeret Alain Ravaux Pierre Ruhl Ilan Schweizer Malika Sekkil Nuria Tejada-Gallardo Vincent Thiry Claude Verdin François Vial Claude Wickler

12 12 13 Succursales à l étranger Coordination des succursales Président du Comité de Coordination José-Luis de Vasconcelos e Sousa Directeur Miguel C. de Lemos Belgique / Bruxelles Directeur Général Marc Moles le Bailly 1 Directeur Général Adjoint Marie-Claire Keyzer 1 Directeurs Eric Dumoulin 1 Thierry Genouville Marc Lallemand 1 Alain Querton Sous-Directeurs Jean-Pierre Heymans Pierre-Alexis Hocke Cédric Querton Espagne / Madrid Directeur Général Ignacio Bernar Elorza 1 Directeurs Généraux Adjoints Antonio Salgado Francisco Sánchez Directeurs Pablo Torralba Juan Verdaguer Directeur Adjoint David Hayón Sous-Directeur Principal Alberto Cejudo Podio Sous-Directeurs Pedro Adán Bruno da Cunha David Monreal 1 Directeurs agréés auprès des autorités de contrôle

13 12 13 Organes Italie / Milan Directeur Général Roberto Colapinto 1 Sous-Directeurs Barbara Colombo Elena Giordano Giorgio Solcia Portugal / Lisbonne Directeur Général José-Luis de Vasconcelos e Sousa 1 Directeur Général Adjoint Bruno de Carvalho 1 Directeurs Gonçalo de Bragança Raul Jorge Godinho Vitor Henriques Pereira João Antunes Directeurs Adjoints Luis d Orey Gonçalo Correa Rui Nunes dos Santos André Reid Sous-Directeurs Marta Aranha Alves Paula Alexandra Coimbra Frederico Pratas Cristina Venancio 1 Directeurs agréés auprès des autorités de contrôle

14 14 15 Bureaux de représentation Israël / Tel Aviv Représentant permanent Ariel Seidman Pologne / Varsovie Représentant permanent Carlo Thewes Slovaquie / Bratislava Représentants permanents Marc Ambroisien Svetlana Dankovicova

15 14 15 Les Rothschild et l'afrique

16 16 17 Hyménoptères - Anthidium Rothschildi Hyménoptères - Anochetus Rothschildi A l aube du XXe siècle, de vastes régions d Afrique orientale constituent une véritable terra incognita. Parmi les quelques explorateurs résolus à s y aventurer, le Baron Maurice de Rothschild, grand-père de Benjamin de Rothschild, mène avec audace des expéditions périlleuses dans des zones largement inexplorées. De ces périples scientifiques, il rapporte une moisson d études et de spécimens nouveaux oiseaux, reptiles, poissons, insectes, mammifères pour certains jusqu alors inconnus. Précieusement conservés au Musée d Histoire Naturelle de Paris, ces travaux ont permis une recherche scientifique inédite contribuant au développement du savoir. Transmise au travers des générations, cette passion pour l Afrique continue d animer les engagements du Baron et de la Baronne Benjamin de Rothschild. En Afrique du Sud, ils poursuivent le développement de «Rupert & Rothschild Vignerons», créé il y a plus de dix ans en association avec la famille Rupert, en même temps que fut amorcée la collaboration étroite avec la Fondation Peace Parks.

17 16 17 Coléoptères - Omophron Rothschildi A l heure actuelle, Benjamin de Rothschild s implique personnellement au Mozambique dans le développement de la réserve de Niassa, dernier refuge pour d importantes populations de buffles, d antilopes et d éléphants, afin de lutter contre le braconnage, y construire des infrastructures et favoriser l écotourisme. Cet intérêt pour l Afrique transparait également dans les activités financières du Groupe LCF Rothschild qui intervient aux côtés d organisations internationales et d entrepreneurs locaux dans de nombreux chantiers d envergure allant du financement de grands travaux à la préservation des forêts tropicales.

18 18 19 Rapport de gestion du Conseil d ' Administration à l ' assemblée générale des actionnaires L environnement économique et des marchés financiers en 2008 Les perturbations apparues sur les marchés financiers américains en 2007 se sont aggravées en 2008 pour déboucher sur une crise financière mondiale sans précé dent. Aucun pays n a échappé aux conséquences de celle-ci qui s est finalement transformée en sévère crise économique internationale. En effet, les indices de confiance des chefs d entreprise et des consommateurs ont chuté à des niveaux inédits. La demande de crédits immobiliers, à la consommation ou d investissement, a faibli et les conditions d octroi de prêts des banques se sont brusquement resserrées. Alors que les Etats-Unis et le Japon étaient tombés en récession fin 2007, le reste du monde développé y est entré courant de l année A la veille de son dixième anniversaire, la zone euro est tombée à son tour en récession pour la première fois depuis sa création. Dans le sillage de ces bouleversements, les pays émergents ont aussi subi un sérieux coup de frein. Ainsi, la Russie a été durement affectée par les effets conjugués de la contagion de la crise financière et de l effondrement des cours du pétrole. La croissance économique s est effondrée en Asie et la Chine, troisième économie mondiale, a connu un ralentissement significatif sous l effet de la baisse de ses exportations. Dans ces circonstances, la production industrielle et le commerce international ont chuté de façon générale. Par ailleurs, l économie mondiale a souffert d une flambée spéculative inédite du prix du pétrole, qui a atteint un sommet à 147 dollars le baril en juillet. Sous l emprise grandissante de la récession, cette tendance s est toutefois brusquement inversée quelques semaines après et le prix de pétrole a chuté de 55 %, pour terminer l année à moins de 45 dollars. Cette flambée du prix de l énergie a provoqué une recrudescence des pressions inflationnistes au niveau international durant la première moitié de l année, tout en amputant le pouvoir d achat des consommateurs déjà affaiblis par la récession. En revanche, la chute spectaculaire du prix de l énergie qui a suivi, fut une aubaine et permit aux taux d inflation de rapidement refluer vers leur bas niveau du début d année. Ce reflux général des prix a progressivement suscité des craintes déflationnistes dans le courant de la seconde moitié de l année.

19 18 19 Face à cette situation complexe, les banques centrales anglo-saxonnes ont réagi les premières par la baisse de leurs taux directeurs, suivies durant l été par la Banque Centrale Européenne. Celle-ci avait encore relevé ses taux à la fin juin dans la crainte d un risque inflationniste plus important que le risque de ralentissement éco nomique. En décembre 2008, la Réserve Fédérale américaine abaissa pour la première fois de son histoire son taux directeur à près de zéro pourcent. Taux directeurs aux Etats-Unis et en Europe en ,5 4,0 BCE taux de refinancement FED taux directeurs Source : Thomson Datastream 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0 J F M A M J J A S O N D

20 20 21 L année 2008 fut surtout marquée par une crise financière de dimension historique dont les origines remontent à la crise du crédit «subprime» U.S. et aux crises de liquidité et de solvabilité qui s en sont suivies. Entamée en 2006, la chute des prix immobiliers aux Etats-Unis s est poursuivie et a été accompagnée d un resserrement des conditions de crédit des banques commerciales. Cette situation a entraîné un accroissement des défauts de paiement de la part des emprunteurs et a impacté la profitabilité de bon nombre d institutions financières. Un sentiment de méfiance s est alors progressivement installé entre établissements de crédit et les taux interbancaires ont atteint des niveaux record. Les fortes inquiétudes quant au risque de contrepartie ont finalement entraîné le gel des marchés des crédits. Vers la mi-septembre 2008, le système financier international a frôlé la crise systémique. Face à ce risque, les décideurs politiques ont dû faire preuve de beaucoup de réactivité et de créativité, car les outils communément utilisés furent mis à rude épreuve et montrèrent leurs limites à contrer la débâcle sur les marchés. Les autorités gouvernementales et les banques cen - trales du monde entier ont dû se résoudre à prendre des mesures exceptionnelles. Ont alors été décidées des injections massives de liquidités, des baisses coordonnées de taux d intérêt, des garanties sur les dépôts, des prises de participation dans des banques et des programmes de rachats d actifs financiers illiquides pour éviter la crise systémique. Le gouvernement américain a dû s employer à sauver la banque Bear Stearns et les deux rehausseurs de crédit Fannie Mae et Freddie Mac. Malgré ces efforts, un effondrement de grandes institutions financières n a pas pu être évité en Europe et aux Etats-Unis et, à la mi-septembre, fut déclarée la faillite de la quatrième banque d investissement américaine (Lehman Brothers). Parallèlement à l action des banques centrales, les gouvernements ont lancé des plans de sauvetage de plusieurs centaines de milliards de dollars pour stimuler l activité économique et pour combattre la récession. Les investissements dans les infrastructures et la pré servation de l emploi ont constitué les principaux objectifs de ces programmes de relance. Toutefois, les plans de sauvetage européens sont demeurés timides et ont souffert d un manque de coordination. Sans surprise, ces turbulences ont profondément ébranlé la confiance des investisseurs qui ont massivement fui les placements risqués, illiquides ou non transparents. Par conséquent, l année 2008 a constitué une année noire pour l ensemble des places boursières. Les secteurs de la finance et de l automobile furent particulièrement touchés avec des chutes de plus de 80 % pour certaines de leurs valeurs.

21 20 21 Rapport de gestion DJ Euro Stoxx 450 Source : Thomson Datastream J F M A M J J A S O N D

22 22 23 Les autres actifs à risque tels que les obligations à haut rendement, les instruments de dette des marchés émergents ou les emprunts émis par des entreprises privées européennes ont également subi de fortes contre-performances. De surcroît, la récession n a pas épargné les emprunts d Etats souverains aux finances publiques moins solides, ce qui a conduit dans certains cas à un abaissement de la notation de crédit de la dette étatique. Ainsi, les taux obligataires de bon nombre de pays européens se sont accrus par rapport aux taux des obligations allemandes, ces dernières étant considérées comme la référence en termes de sécurité et de liquidité. En revanche, les actifs défensifs à faible risque ont profité d un afflux massif de capitaux, bénéficiant de leur rôle d actif refuge en temps de crise. L aversion croissante au risque des investisseurs a eu pour résultat que le taux de rendement sur le U.S. Treasuries à 10 ans est tombé de 4,0 % en début d année à 2,2 % à fin décembre Taux d'intérêt à 10 ans en euro et en dollars 5,0 Taux 10 ans en euro Taux 10 ans en dollars US 4,5 Source : Thomson Datastream 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 J F M A M J J A S O N D

23 22 23 Rapport de gestion Néanmoins, c est l or, valeur refuge par excellence, qui profita le plus des turbulences dans les marchés. Le prix de l or est ainsi passé de 700 dollars l once en octobre à plus de 860 dollars à la fin de l année. Quant au marché des devises, il s est montré extrêmement volatile sous l influence de l aversion au risque élevée des investisseurs et de la baisse du différentiel des taux d intérêt des banques centrales. Le dollar américain a fortement fluctué, passant de 1,47 contre l euro, en début d année, à 1,23 en octobre en raison d achats massifs de bons du trésor américain et d une vague de rapatriement de capitaux liée à la crise financière. En Asie, c est le yen japonais qui a enregistré une nette progression face à l euro et face au dollar US. Contre ce dernier, la devise nippone a même atteint un sommet inédit depuis 13 ans. Taux de change euro / dollar US 1,65 Source : Thomson Datastream 1,60 1,55 1,50 1,45 1,40 1,35 1,30 1,25 1,20 J F M A M J J A S O N D

24 24 25 Notre développement Dans un contexte économique et financier délicat et volatile, la relation avec nos clients repose plus que jamais sur une relation de confiance, de proximité, de dialogue et de service global. Ces valeurs continuent à rencontrer, au fil de l eau, l adhésion de nos clients et sous-tendent largement l action de nos équipes en Notre développement s est poursuivi dans l ensemble de nos métiers de base : la banque privée, la gestion de patrimoine et l administration de fonds (OPCVM), le tout pouvant être associé dans une relation de Family Office. Le maintien du niveau de nos activités dans ce contexte économique troublé reste excellent, nos équipes spécialisées en Asset Management, Ingénierie Patrimoniale et Financière ainsi qu en assurance-vie se concertant pour proposer des solutions originales répondant aux objectifs de nos clients et limitant au mieux les risques inhérents au contexte économique. Les activités de nos implantations en Belgique, Espagne, Portugal, Italie, Slovaquie et Pologne continuent à progresser selon nos attentes. Dans cet environnement économique troublé, nos équipes restent particulièrement attentives à tenir la Banque et ses clients à l écart des risques liés à la crise économique et financière. Le maintien de notre conservation, du volume d actifs gérés pour compte de nos clients (privés ou institutionnels) ainsi que de nos résultats témoignent de la qualité de notre activité. Celle-ci se base sur une organisation efficace, sans cesse améliorée par des investissements humains et informatiques maintenus à des niveaux significatifs. C est dans ce contexte que nos activités ont permis de dégager un résultat net de EUR , en baisse de 8 % par rapport à l exercice précédent.

25 24 25 Rapport de gestion Commentaires sur nos comptes annuels La lecture de nos comptes annuels 2008 et de ses chiffres-clés donne un éclairage plus complet sur la santé financière équilibrée de notre Banque. Bilan Au 31 décembre 2008, le total du bilan se chiffrait à EUR contre EUR au 31 décembre 2007, soit une progression de plus de 14 %. A l actif, le poste Caisse, avoirs auprès des banques centrales et des offices de chèques postaux pro - gressait sensiblement à EUR tandis que les créances sur les banques s élevaient à EUR , en baisse de 31 %. Les créances sur la clientèle s établissaient, quant à elles, à EUR , en baisse de 16 %. Au passif, les dépôts et comptes courants de la clientèle ont enregistré une hausse de 38 % pour s établir à EUR , soit 84 % du total de bilan. Les engagements envers les banques représentaient un montant de EUR , en baisse de 52 % par rapport à l année précédente. Résultats Les produits Les recettes sont en progression de 4 % par rapport à l exercice social 2007, l essentiel de cette hausse provenant de l accroissement des revenus provenant tant des intérêts nets et produits assimilés que de parts dans les entreprises liées. Les charges Les frais généraux administratifs progressent de 9 %, principalement en raison de la croissance des activités et de l augmentation du personnel, notamment dans les succursales. Les frais de personnel, en hausse de 6 %, atteignent EUR , soit 67 % du total des frais généraux administratifs. Les autres frais administratifs se chiffrent à EUR , en progression de 17 %. Résultat net Le résultat net de l exercice s établit, après impôts et provisions, à EUR Ce résultat intègre des investissements importants pour le long terme tels que le renforcement de nos équipes et de nos moyens de production. La rentabilité sur fonds propres s élève à 26 %.

26 26 27 Chiffres-clés / 2007 EUR EUR % Bilan (en millions d euros) Fonds propres après répartition (fonds pour risques bancaires généraux et postes spéciaux avec une quote-part de réserves non inclus) % Total du Bilan avant répartition % Compte de résultat (en millions d euros) Résultat des opérations d intérêt % Résultat des opérations de commissions et des prestations de services % Résultat provenant d opérations financières % Résultat de valeurs mobilières % Autres produits d'exploitation % Charges d exploitation (frais de personnel, autres frais généraux et autres charges d administration) Bénéfice de l exercice (après impôts, provisions et amortissements) % % Effectif en fin d année (succursales incluses) Rentabilité Rendement des fonds propres (en %) bénéfice après impôts (provision forfaitaire et provisions exceptionnelles non incluses) / moyenne des fonds propres après répartition 26 % 33 %

27 26 27 Rapport de gestion Objectifs et stratégie en matière de gestion des risques La gestion des risques de la Banque s inscrit rigoureusement dans le cadre des politiques de risques définies au niveau du Groupe par sa société-mère. Conformément à cette politique, la Banque assure une gestion des risques à travers un cadre exhaustif de principes, une structure organisationnelle, des limites et des processus étroitement liés aux activités de la Banque et à la nature des risques. Une information plus complète sur les objectifs et la stratégie en matière de gestion des risques auxquels la Banque est confrontée est développée en note 3 de l Annexe aux comptes annuels. Evénements survenus après la clôture de l exercice Aucun autre événement susceptible d influencer la profitabilité de la Banque ou d augmenter son exposition aux risques ne s est produit depuis la clôture de l exercice Perspectives Nous abordons les défis de l avenir avec confiance mais aussi avec prudence compte tenu de la grande volatilité des marchés financiers et de l ampleur de la crise économique et financière. Approbation des comptes annuels et proposition de répartition du solde disponible Nous soumettons à votre approbation les comptes de l exercice 2008 ainsi que notre proposition d affectation du solde disponible, en accord avec le rapport de notre réviseur externe. Le bénéfice net de l exercice 2008 s élève à Auquel s ajoute le solde du report de l exercice précédent EUR soit un solde disponible de que nous proposons d affecter de la manière suivante : Réserve spécifique bloquée pour une période de cinq ans représentant cinq fois l impôt sur la fortune Réserves disponibles Distribution d un dividende de EUR par action Report à nouveau Total

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