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1 La collectionneuse ÉDITORIAL :Dans un opuscule anonymement publié en 1848, Pierre-Joseph Proudhon, considéré (à tort) comme l auteur de l estimable formule, «La propriété, c est le vol», revient sur cette notion à travers une série d entretiens, dans lesquels l un des interlocuteurs finit par avouer ingénument à l autre : «Autrefois je croyais savoir ce que c était que la propriété ; mais depuis quelque temps on nous a si bien expliqué la chose, que je ne sais plus qu en penser 1.» Les bibliothèques sont fondées, ou plutôt ont été fondées, sur cette notion, la propriété, et sur sa concrétisation la plus évidente, la collection, leurs collections. Depuis toujours, ou plutôt jusqu à aujourd hui, on évalue la richesse d une bibliothèque à l aune de ses collections, qualitativement, quantitativement, les deux même, pour les plus chanceuses. Depuis longtemps, jusqu à hier, les forces de l établissement étaient requises, avant tout, pour leur collecte, leur traitement, leur conservation, parfois (pas toujours) leur exploitation, leur communication. Bien sûr, au cours des ans, sinon des siècles, cette notion de «collection» a connu des acceptions diverses, accueillant au fil d un xx e siècle technologiquement foisonnant des supports de plus en plus variés, lors même que les siècles précédents avaient vu la domination bientôt sans partage, si l on en excepte les parts excessivement précieuses, du papier. Mais enfin, jusqu à ce matin, l idée même de collection n avait été interrogée, pour ce qui est de ses caractéristiques, qu en ses marges. Or tout change : la documentation numérique ne peut plus répondre aux requis matérialistes jusque lors acceptés, sauf à confondre la collection et le réceptacle ; cette documentation n est plus forcément possédée, définitivement possédée, mais peut se réduire à un accès séduisant, multiforme mais temporaire ; elle n est plus forcément proposée, même gratuitement, que par la bibliothèque ; même en faisant abstraction (qui le pourrait?) des bouleversements numériques, les collections «traditionnelles» sont battues en brèche par d autres supports, d autres envies, entre trahisons et audaces, entre transgressions et explorations, au point que les bornages rassurants de l établissement et de ses jouissances s effacent ou se confondent. Surtout, la collection, les collections, peuvent ne plus être qu un prétexte, un outil, une tentation une contrainte. Scandale peut-être, opportunité à coup sûr. Ce numéro du Bulletin des bibliothèques de France, dans sa neuve tradition, interroge ces changements, mais aussi ces fixités, à travers quatre axes : deux axes résolument théoriques, prenant en compte révolutions et restaurations, émeutes et répressions, et faisant intervenir bibliothécaires et étrangers. Et deux axes pratiques, le premier interrogeant la notion de frontière, le second proposant à l examen prosélyte quelques exemples de collections (faussement) illégitimes. 1. In : La propriété, c est le vol, Gaume Frères, Turbergue, 1848 ; disponible sur gallica.fr 2. Op. cit. «Enfin, tout le monde sait ce que c est la propriété. La propriété c est, c est c est ce qu on possède, quoi 2», réplique le larron. Ce numéro du Bulletin n a qu un but : éclairer la litote pour mieux en dérouter, en visitant sans prétendre l épuiser le concept de collection. Yves Desrichard bbf :

2 sommaire : 2010/Numéro 3 01 Dossier Le concept de collection 1 Collections vues d ici Le nouveau visage des collections 6 Bertrand Calenge Le concept de collection numérique 13 Frédéric Martin et Emmanuelle Bermès Collections numériques, collections physiques : quelle articulation? 18 Pierre Chourreu L offre et la demande : un éclairage américain 22 Anne-Marie Bertrand 2 Collections vues d ailleurs La collection, miroir de l âme : le point de vue d un éditeur 28 Alban Cerisier La collection, de l éditeur au libraire : l exemple d Ombres blanches, à Toulouse 34 Christian Thorel 3 Les frontières de la collection Conserver l esprit de l écrivain dans tous ses états : fonds littéraires des bibliothèques et maisons d écrivain 40 Gilles Gudin de Vallerin Quand bibliothèque et archives font mémoire commune : l expérience du Rize à Villeurbanne 46 Xavier de la Selle BibNum, bibliothèque numérique d histoire des sciences 50 Alexandre Moatti 4 Collections en débat Des jeux vidéo à la bibliothèque : une nouvelle génération de collections 56 Céline Ménéghin Le manga en bibliothèque publique : un «mauvais genre» pour reconquérir les publics 62 Anne Baudot L art contemporain a-t-il sa place en bibliothèque publique? 67 Céline Meyer 02 À propos Des nouvelles du futur (des bibliothèques) 73 Gilles Éboli 03 Tour d horizon Numérisation du patrimoine des bibliothèques et moteurs de recherche 78 Anne-Laure Brisac Référencement et valorisation de la production pédagogique de l enseignement supérieur : éclairages internationaux 80 Livia Rapatel Les services de renseignement virtuel : extension du domaine de la bibliothèque? 81 Géraldine Huyghe 2 bbf : 2010 Paris,

3 Internet en bibliothèques : recherche documentaire et formation des usagers, outils du web 2.0 et leurs usages en bibliothèque 83 Agnès de Saxcé Atelier du livre : «Crise de la lecture?» 84 Christine Sabatier Interactive publications and the record of science : colloque du conseil international pour l information scientifique et technique (ICSTI) 86 Herbert Gruttemeier Paul Otlet et la bibliologie 88 Chantal Stanescu Les imaginaires de la bibliothèque : bibliothèque et pouvoir 89 Caroline Rives 04 Critiques Antiquité, Lumières et Révolution : l abbé Leblond ( ) «Second fondateur de la Bibliothèque Mazarine». Études rassemblées et publiées par Patrick Latour. Catalogue rédigé par Isabelle de Conihout 92 Raphaële Mouren La bataille de l imprimé à l ère du papier électronique Sous la direction d Éric Le Ray et Jean-Paul Lafrance Avec la collaboration de Frédéric Barbier, Patrice Mangin et Jacques Michon 93 Alan Marshall Les collections électroniques, une nouvelle politique documentaire Sous la direction de Pierre Carbone et François Cavalier 94 François Rouyer-Gayette Antonella Agnoli Le Piazze del sapere : Biblioteche e libertà 94 Livia Rapatel Françoise Banat-Berger, Laurent Duplouy et Claude Huc L archivage numérique à long terme : les débuts de la maturité? Archivage et stockage pérennes : enjeux et réalisations Sous la direction de Corinne Leblond 95 Yves Desrichard Jean-Claude Carrière, Umberto Eco N espérez pas vous débarrasser des livres Entretiens menés par Jean-Philippe de Tonnac 97 Laurence Jung Olivier Donnat Les pratiques culturelles des Français à l ère numérique : enquête Christine Détrez Jean-Gabriel Ganascia Voir et pouvoir : qui nous surveille? 99 Alice Billard Paul Mathias Qu est-ce que l Internet? 100 Éric Guichard Nous avons reçu 101 Résumés des articles 104 Annonceurs Ebsco (3 e de couverture) Électre (p. 4, 38 et 71) InterCDI/Cedis (p. 61) Presses de l Enssib (p. 54) bbf : Paris,

4 Le concept de collection 1 Collections vues d ici

5 Le concept de collection Le nouveau visage des collections Bertrand Calenge Bibliothèque municipale de Lyon Bertrand Calenge, conservateur général des bibliothèques, est responsable de la communication interne et de l évaluation à la bibliothèque municipale de Lyon, et coordinateur du groupe de recherche bibliothéconomique Poldoc. Auparavant, il a dirigé des bibliothèques départementales, a été chef du département des Bibliothèques au ministère de la Culture, a créé l Institut de formation des bibliothécaires, et a été rédacteur en chef du BBF. Auteur de nombreux articles et contributions, il a publié ou dirigé plusieurs livres, dont Conduire une politique documentaire (1999), Bibliothécaire, quel métier? (2004), Les petites bibliothèques publiques (2006), Bibliothèques et politiques documentaires à l heure d internet (2008), aux éditions du Cercle de la librairie, et Mettre en œuvre un plan de classement (Presses de l Enssib, 2009). Réfléchir aux collections en 2010 ne peut évidemment pas se faire en ignorant la réalité du numérique, à la fois parce qu une part croissante des contenus s y déplace, et parce que les usages informatifs d internet connaissent un intérêt croissant. Au vu de ce constat élémentaire, des esprits se voulant logiques anticipent la fin prochaine des collections matérielles et leur substitution par une gigantesque bibliothèque numérique mondiale. N ayant pas de talents d anticipation, je me contenterai de réfléchir à la réalité actuelle des collections dans les bibliothèques publiques au moins et à l évolution du positionnement des bibliothécaires vis-à-vis de celles-ci. À quoi servent les collections? Un constat Si on accepte l hypothèse qu une collection de bibliothèque prend sa valeur à partir du moment où elle est globalement appropriée, l analyse par exemple des données statistiques et des enquêtes de fréquentation de la bibliothèque municipale de Lyon fait apparaître un maintien global des pratiques et postures informatives parmi les publics de la bibliothèque, ceux-ci la fréquentant toujours aussi intensément 1. En revanche, c est dans l articulation entre pratiques/postures et types de documents appropriés qu une évolution très forte apparaît. Ainsi, les documents dont le niveau d emprunt se maintient ou progresse sont de types très spécifiques : les romans, les ban- 1. Fréquentation et prêts sont en augmentation continue, du moins jusqu à présent. des dessinées, les livres pour enfants, les disques, les DVD et les livres pratiques. Tous les autres types de documents (en gros ce que les bibliothécaires de lecture publique appellent les «documentaires») connaissent un niveau d emprunt en chute libre depuis le début du siècle. Et les pratiques de téléchargement en ligne de la musique, et déjà des films, laissent présager d autres évolutions négatives. Les consultations, quant à elles, restent fortes mais sans préjuger de la nature des documents consultés on constate une forte baisse des documents communiqués depuis les magasins. Hors enquêtes, que voit-on dans les espaces? Magazines compulsés, chauffeuses envahies, espaces numériques saturés, événements culturels qui font le plein (plus de visiteurs en 2009), personnes qui travaillent seules ou en groupes, postes internet fébrilement compulsés, et ordinateurs portables connectés au web via des bornes wifi, dont le succès accroît visiblement la fréquentation et le séjour dans les espaces. L esquisse de tableau lyonnais présenté ici n a rien d atypique : on retrouve des constats similaires à travers la fameuse enquête du Crédoc 2 ou à travers une enquête récente au Québec 3. Les utilisateurs des bibliothèques continuent largement de plébisciter la fonction de découverte qu elles leur proposent (ce n est d ailleurs pas étranger au succès rencontré auprès des enfants). Et s ils apprécient le furetage, le feuilletage (plus que la consultation?), 2. Bruno Maresca, Les bibliothèques municipales en France après le tournant Internet, BPI, www. banq.qc.ca/documents/a_propos_ banq/communiques/rapport_final_table_de_ concertation_des_bibliotheques.pdf 6 bbf : 2010

6 Le nouveau visage des collections : l assistance ou le «coup de cœur», beaucoup se tournent plus volontiers vers internet comme ressource d information «documentaire». Pour citer à nouveau le rapport québécois mentionné : «Les trois principaux rôles des bibliothèques sont de fournir de l aide à la recherche d information (8,8/10) ; d être un endroit où se procurer des livres, de la musique et des films (8,7/10) ; et de rendre la culture accessible à tous en offrant des services gratuits (8,7/10)», sachant que les collections les plus appréciées sont là, dans l ordre, les romans populaires et la littérature (pour 52 % des répondants) et les best-sellers (pour 32 % des répondants). Ces évolutions montrent que les bibliothèques ont cessé d apparaître aux yeux des publics comme des «réservoirs encyclopédiques monopolistiques». Pas de tous les publics, sans nul doute, car évolution des pratiques ne signifie pas extinction des usages traditionnellement décomptés (emprunts et consultations), ne serait-ce que de la part des nombreux utilisateurs qui ne maîtrisent ou n apprécient pas la recherche d informations en ligne. Mais, pour une part grandissante d entre eux, il est devenu plus rapide, plus aisé et plus efficace de passer par le canal d internet pour accéder à nombre d informations et donc, ne l oublions pas, pour nombre d éditeurs, d institutions et d autres diffuseurs d informations, plus pertinent de produire également sur ce canal, sans pour autant abandonner les bibliothèques comme opportunités de découvertes, de culture personnelle, d apprentissage, voire de recherche. Alors, quelles collections avec cette nouvelle donne? Le virage? Les citoyens continuent d avoir d intenses besoins d information, que ce soit pour se cultiver, trouver un emploi, se former, découvrir de nouveaux univers, se renseigner sur leurs droits, être à même de faire des choix politiques, se tenir au courant de l évolution du monde, etc. Pour répondre à ces appétits, les bibliothèques publiques ont autrefois inventé les collections, ensembles de documents récapitulant les diverses facettes du savoir et de la création. Il est convenu aujourd hui que ces collections doivent être capables d embrasser tous les aspects de la connaissance, en y acceptant autant les textes-clés de la pensée que les Les collections doivent être capables d embrasser tous les aspects de la connaissance, en y acceptant autant les textesclés de la pensée que les ouvrages les plus pratiques et la littérature la plus populaire ouvrages les plus pratiques et la littérature la plus populaire. Cette acceptation large a pris du temps : on peut se remémorer les combats d Eugène Morel, il y a juste un siècle, pour faire entrer les journaux et les manuels professionnels dans les bibliothèques, réclamant qu «on y trouve tout ce qui intéresse le touriste, le commerçant, le poète, l industriel, l artiste, l ouvrier, les enfants et les électeurs 4». Depuis, les bibliothécaires ont accepté, puis construit, voire revendiqué, une universalité fondée sur une 4. Eugène Morel, Bibliothèques : essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans les deux mondes, Mercure de France, curiosité sans frontières, pour traiter de tous les contenus, les rendre accessibles de la façon la plus adéquate aux publics présents ou recherchés, à la population entière. Mais il ne faut pas oublier que cette universalité, si elle est fondée historiquement sur la matérialité et la stabilité de l écrit manuscrit ou imprimé (ou sur ses supports équivalents plus récents pour la musique ou le film enregistrés), ne s y appuie au fond qu en raison de la diversité des contenus véhiculés par ces objets matériels. Mutatis mutandis, nous voilà arrivés au seuil d une diffraction des modalités de diffusion des contenus, qui brasse la matérialité du support documentaire et le flux des réseaux numériques. Et nous voilà affrontés concrètement à cette situation qu Eugène Morel encore (quel visionnaire!) imaginait il y a cent ans déjà : «Avec la poste, les autos et le téléphone, les bibliothèques n ont plus à être des catacombes avec ces salles annexes où, pourvus de geôliers, des gens sérieux sont admis à se mettre en classe. Les bibliothèques ne seront plus des monuments, mais des agences. Les livres alors seront peut-être dans les faubourgs ou la banlieue Et le jour viendra peut-être où les livres nomades, allant et venant là où un lecteur les appelle, n auront plus d adresse fixe Le développement de la poste, du téléphone, et de la propriété publique ont [sic] changé toutes les conditions des bibliothèques 5.» Il faut donc aujourd hui relever le défi de l ambition élaborée au cours du xx e siècle, dans un contexte où un bon nombre des «livres nomades» évoqués par Eugène Morel et surtout de leurs contenus ont effectivement pris le chemin des flux d internet. 5. Eugène Morel, op. cit. bbf :

7 Le concept de collection Le numérique et la collection Si internet forme un tout pour ceux qu on nomme «le grand public» (étudiants compris?), mêlant indistinctement informations pratiques, ressources commerçantes, services de réseaux sociaux, productions collaboratives et informations institutionnelles, le bibliothécaire habitué à manipuler et mettre en forme des contenus au service de publics peut quant à lui le considérer de deux façons distinctes. Internet comme outil La première et la plus évidente consiste à utiliser ces flux pour apporter au public les informations qu il recherche ; voire à l accompagner par des formations, ateliers, tutoriels, afin qu il acquière l habileté nécessaire à son autonomie et à sa capacité de discrimination ; voire encore à se propulser dans cet espace nouveau pour y proposer des services en ligne où s exerceront tour à tour directement l expertise du bibliothécaire (services de questions-réponses, blogs ) ou la mise à disposition de ses sélections et repérages de contenus (production de signets dans des services de signets sociaux, sélections de flux rss mis à disposition des internautes, production de «webographies» commentées, etc.). Cette démarche de service orienté vers les contenus se développe très rapidement dans les bibliothèques, au travers de multiples innovations largement relayées au sein de la blogosphère, et c est heureux. Cette approche est libérée du souci des collections et s inscrit dans la logique de flux d internet (en apparence du moins, car c est en traitant les collections au contact d un public demandeur que ces expertises ont pu se développer et surtout peuvent être jugées pertinentes par les publics internautes). À la limite, l avenir n est pas lointain où un service de questions-réponses pourra se montrer très efficace en se passant pratiquement de tout recours à des documents matériels. Mais ce type de services documentaires suppose, outre le rassurement de l utilisateur apporté par la neutralité critique d un En deuxième lieu intervient l impératif d une information ouverte : dans une société où l information fait l objet de batailles commerciales fondées sur (cachées derrière?) la protection du droit d auteur, les bibliothèques se doivent de proposer, sur internet ou même en consultation dans leurs locaux ou sur identification, une quantité d informations numériques dégagées des contraintes du marché. D où l importance des numérisations de documents détenus localement par les différentes bibliothèques, dans la mesure où elles revendiquent de négocier l existence de leur «marché» comme acteurs publics de la diffusion du savoir. On notera au passage que les ensembles numérisés par les plus importantes bibliothèques rencontrent des enjeux fort voisins de ceux des fonds matériels : il faut les organiser en collections, construire leur appareil de métadonnées, travailler à leur conservation, imaginer les moyens de leur diffusion, etc. En troisième lieu intervient la présence grandissante d une offre commerciale d information numérique accessible contre monnaie sonnante et trébuchante. Cette offre existe depuis un bon moment en matière de revues scientifiques et de bases de données ; elle commence à se répandre à d autres domaines via les livres électroniques. Aux bibliothécaires la charge de sélectionner les contenus utiles à leurs publics, et d en négocier les modalités d accès, voire les modalités de conservation. Bref, évaluer la qualité de l offre marchande et peser sur les conditions de sa négociation. Bref, de s imposer comme acteurs de la mutualisation des moyens via l impôt pour sélectionner les accès les plus pertinents aux coûts et modalités les plus raisonnables. On le voit, l essor d internet et de ses flux n a pas rendu obsolète l existence de collections numériques, plus ou moins pérennes. Si les bibliothèques les plus modestes peuvent difficilement en envisager la constitution systématique, elles peuvent dialoguer avec celles qui ont constitué de tels outils pour en négocier l accès au profit de leurs publics, dans la mesure où toutes partagent le même souci de l information publique. Et l on peut espéenvironnement bibliothécaire autant que par les talents pédagogiques des animateurs, l ouverture totale des gisements de ressources, leur pérennité et leur accessibilité universelle. C est alors que surgit le doute, l angoisse de la perte, cette perplexité qui a fondé la nécessité de la bibliothèque, un lieu qui rassemble dans la durée un grand nombre de ressources organisées, constitutives d une mémoire et d un sens au service d une communauté, bref une collection. De l utilité de la collection numérique La seconde approche cherche donc une solution à ce doute, et est plus difficile à appréhender et surtout à mettre en œuvre : quelles peuvent être les formes et les fonctions d une collection numérique? Quelle est sa pertinence? Quelles sont ses limites? Sans approfondir tous ces points encore en débat, il est utile de souligner quelques points qui font penser que des collections numériques sont encore utiles sous leur forme de rassemblement organisé. En premier lieu intervient la fonction mémorielle : le flux, c est très bien, c est «moderne», mais les bibliothèques doivent être capables de conserver la trace. D où l implication forte de celles-ci dans l archivage du web, dans les négociations pour disposer des archives des périodiques en ligne, dans les expérimentations d archivage des musiques locales, dans la constitution de réservoirs numériques. Une des fonctions des bibliothèques est de transformer le flux en stock contrôlé. Pas de façon exhaustive, mais bien en opérant un travail de sélection, nouvel avatar de la politique d acquisition. Les moyens techniques et humains nécessaires pour de telles entreprises conduisent nécessairement à en réserver l engagement à des bibliothèques importantes, ainsi qu aux consortiums rendus nécessaires pour mutualiser les moyens Voir, par exemple, Hathi Trust, gigantesque bibliothèque numérique de plus de cinq millions de volumes constituée par 26 bibliothèques du Middle West et de Californie : 8 bbf : 2010

8 Le nouveau visage des collections : rer que les pouvoirs publics, dont les bibliothèques, somme toute, ne sont que les relais au service des citoyens, raisonneront en termes de négociation pour des licences nationales auprès de périodiques en ligne comme l ont fait par exemple le Minnesota 7 ou, pour toutes ses universités, le Nigeria, et interviendront positivement au moins sur l accessibilité des œuvres dites orphelines 8. Ces collections numériques, si localement détenues soient-elles, ne s inscrivent pas en dehors d internet : elles appartiennent à l univers du web, et peuvent être appropriées par tous les moyens du web, sans nécessairement passer par les fourches caudines des bibliothécaires au moins pour celles qui sont les plus accessibles. L offre de la collection quitte les murs de la bibliothèque. Mais cette accessibilité dans le grand lac commun autorise aussi moult partenariats multipliant l offre, notamment avec des acteurs non physiquement présents dans les bibliothèques (chercheurs, associations, érudits, etc.). Et elle rend encore plus nécessaire la première approche que nous évoquions : accompagner les publics dans sa recherche d information sur la Toile. Mais alors, quelles collections matérielles? Dans ce contexte, quels livres, disques, journaux et autres supports proposer sur nos étagères? Nous nous cantonnerons ici aux bibliothèques publiques, besoins et usages pouvant être notablement différents dans les bibliothèques académiques, et n aborderons pas le continent des collections constituées dans une perspective patrimoniale. Pour les collections 7. L Electronic Library of Minnesota propose en ligne aux résidents de l État, magazines, 340 journaux et plus de livres électroniques. 8. On appelle orpheline une œuvre qui n est pas tombée dans le domaine public mais dont ni l auteur ni les détenteurs des droits patrimoniaux les éditeurs ne peuvent être retrouvés. Ce qui génère évidemment une situation ubuesque où l œuvre est inexploitable sauf à obtenir l autorisation d ayants droit inaccessibles! courantes donc, et en premier lieu, la tentation de l autruche c est-à-dire faire comme si rien n avait changé est battue en brèche par l évolution de l édition. Par exemple, le temps n est pas lointain où il sera devenu impossible de proposer un dictionnaire ou une encyclopédie imprimée 9 sauf peut-être pour les enfants De même, l évolution négative et persistante des prêts dans certains secteurs conduit nécessairement à questionner la composition de l offre en libre accès. Face à cela, deux tentations existent, qui peuvent s avérer contre-productives : La première solution consiste à couper drastiquement dans les thématiques dont on sait qu elles sont abondantes et de qualité sur internet : par exemple, la zoologie, la botanique, le droit ou l informatique sont très richement renseignés sur le web dès qu on veut disposer d une information accessible, fiable et utilisable. L objection qui peut être apportée à cette proposition tient dans la considération non des contenus, mais des publics et de leurs usages. En effet, nombreux encore sont ceux qui apprécient l imprimé pour toutes sortes de raisons (préférence pour la lecture soutenue et pour le contact avec l univers du codex la lecture n est pas indépendante du support, absence de pratique d internet, absence de disponibilité de postes dans la bibliothèque en nombre ou confort suffisant, etc.). En outre, l appropriation domiciliaire peut être jugée plus aisée avec un livre qu au travers d un ordinateur, ne serait-ce que parce que 40 % des Français ne disposent pas d accès internet à domicile, ou parce que, lorsqu ils en ont un, la plupart se partagent un unique poste familial Et puis il est des supports bien plus pratiques à manipuler sous forme matérielle (livres enregistrés ou guides d identification botaniques par exemple), ou plus agréables à consulter (beaux livres). La seconde solution consiste à diminuer tout aussi drastiquement le nombre de documents en libre accès, au prétexte de la baisse des prêts, argument possible de la part des tutelles 9. Même la vénérable maison d édition Larousse s y est mise en 2009 : qui pourraient arguer, en toute bonne fois, de la mutation des usages. L objection à cette évolution tient encore une fois dans le point de vue des publics. Ceux-ci, désireux de découvertes, auraient plutôt tendance à demander plus de choix, plus de surprises, plus d opportunités de lectures 10. Ce qui ne veut pas dire qu ils veulent nécessairement emprunter davantage, mais plutôt disposer de plus d opportunités. Mais alors, quelles collections matérielles, du moins en libre accès? Si le lieu bibliothèque ambitionne de devenir lieu de vie(s) autant qu espace social documenté, il paraît évident qu à surface égale il faut moins de documents matériels 11, pour laisser plus de place aux espaces de travail, de consultation numérique, de détente, de travail en groupe, etc. La part de la littérature, des essais et des synthèses, ainsi que des magazines et, bien sûr, des livres pour enfants, doit sans doute être accrue, comme doit être fortement diminuée la part des textes nécessitant une actualisation continue (droit, administration, etc.). Dans quelles proportions? Il ne peut y avoir de réponse universelle, et il faut se rapporter au contexte documentaire de la bibliothèque (par exemple, une bibliothèque publique riche d un patrimoine prestigieux aura intérêt à enrichir ses collections courantes de livres et autres supports documentant de façon actualisée les contenus de ses thématiques patrimoniales) et à l étude de la population servie et de ses pratiques. Trois préoccupations doivent nous guider dans l élaboration de cette nouvelle offre de contenus : L activité de l édition imprimée (ou des autres supports) doit être examinée avec soin dans ses différents domaines de production : tant que des éditeurs dénichent et proposent des textes imprimés, c est que nombre de personnes trouvent intérêt à les 10. Dans l enquête québécoise citée plus haut, l augmentation des collections disponibles vient au premier rang des demandes des publics. 11. Voir l intéressant billet du blog Lirographe : «Documents par mètre 2 : quoi de neuf?», consultable en ligne à l adresse : documents-par-metre2-quoi-de-neuf/ bbf :

9 Le concept de collection acquérir sous cette forme. Les évolutions seront rapides, sans nul doute, mais nous n avons guère les moyens de les précéder de trop loin. Si nous pouvons toujours espérer proposer à nos publics un réel encyclopédisme fait d une pluralité de points de vue et de diversités de la création, nous devons cesser de le penser sous le seul angle des documents matériels ; c est peut-être ce qui sera le plus difficile à concevoir, tant cela demande une réactivité permanente à l environnement documentaire et aux usages Il n en reste pas moins que la collection matérielle nécessairement modifiée dans l avenir que nous proposerons aux publics sur nos rayonnages doit être construite non par défaut (ce qui «resterait» à l édition papier), mais en essayant de lui donner des axes de force, proposant une appropriation critique, bref disposant d une cohérence accrue. D où l intérêt toujours plus présent de plans de développement de collections et de plans de classement. Simultanément, face à la curiosité des publics, il faut penser dynamique : sur un sujet ou un auteur quelconque, nous avons la chance de pouvoir disposer d un arsenal de ressources incomparablement supérieur à celui d il y a vingt ans. Il faut jouer sur tous les plans de médiation, non pas en termes de dichotomie entre web ouvert, ressources numériques propres et collection matérielle, mais de complémentarité d usages et de ressources. Le tout en réfléchissant constamment aux multiples besoins et usages de la population. C est là une situation duale vers laquelle toutes les bibliothèques publiques en particulier tendent : d une part, repérer et gérer de la façon la plus adaptée un ensemble-flux de ressources numériques locales ou non, et, d autre part, sélectionner et organiser une collection matérielle locale certes modifiée dans sa constitution mais toujours selon les canons de la Il faut jouer sur tous les plans de médiation, non pas en termes de dichotomie entre web ouvert, ressources numériques propres et collection matérielle, mais de complémentarité d usages et de ressources bibliothéconomie. Pour que ce grand écart ne conduise pas à la schizophrénie professionnelle, il faut faire l effort de se dégager des supports pour s intéresser au sujet central des collections : les publics. C est la perception que nous pouvons avoir de leurs besoins, pratiques, modalités de recherche et d appropriation des savoirs, qui permet de s intéresser également et sans perplexité aux livres et au web Plus encore qu hier, il va falloir innover, et travailler «dans la dentelle» De l offre documentaire à des services de contenus L extension du domaine de la collection si l on ose dire conduit à appréhender la bibliothèque d aujourd hui et plus encore de demain comme une évidente opportunité d un «service des contenus» manipulant de multiples supports, de multiples niveaux d information, de multiples modalités d offre et d accompagnement. Si l on ne pourra jamais classer côte à côte, devant l œil du visiteur, l offre matérielle et l offre numérique, les deux se rejoignent dans un même projet : apporter des sources de connaissance. Une des révolutions apportée par l introduction du numérique tient non tant dans la diversité des sources accessibles que dans le positionnement nouveau imposé aux bibliothécaires. À l époque des seules collections matérielles, le bibliothécaire pouvait s effacer devant le savoir qu il organisait sur les étagères. Certes, il sélectionnait, conseillait, aidait à trouver le document idoine, mais la collection s imposait comme l objet ultime de la quête des publics. L introduction du numérique et d internet déplace l impressionnante extériorité d un savoir, incarné en une collection, vers une sorte de bain d informations fusant de multiples endroits et sous de multiples formes. Le bibliothécaire d aujourd hui n a plus derrière lui le mur rassurant de centaines d étagères lourdement pourvues, il est plongé dans des flux matériels et numériques aux côtés du lecteur venu quérir son information. Il ne saurait plus être rassuré par la collection, tant la profusion documentaire le déborde. Que peut-on proposer aujourd hui? Encore une collection matérielle sans doute, peut-être une collection numérique, mais surtout une habileté à offrir des contenus pertinents. Le document a perdu de sa superbe : fractalisé par le numérique, il faut le reconfigurer dans divers contextes, le faire s incarner au travers de multiples services. Les contenus, aujourd hui, ne sont pas cantonnés aux documents matériels, ils prennent vie par des services de questions-réponses, par des portails thématiques, par des expositions, etc. 10 bbf : 2010

10 Le nouveau visage des collections : Les programmes culturels prennent une importance majeure dans cette entreprise de contextualisation des contenus, de même que cet autre contexte qu est l ambiance du lieu, ses commodités, son confort, son accessibilité, et sans compter également cet autre contexte devenu majeur qu est l accompagnement à la maîtrise des contenus et des outils. Selon ses différents contextes particuliers, la bibliothèque va ici stimuler la curiosité, là répondre à des besoins de formation, là encore s associer à des chercheurs pour proposer un regard original sur des contenus, bref faire vivre des contenus originaux et stimulants pour lesquels les collections, matérielles et numériques, sont un matériau ductile à façonner et recomposer. Au sein de cette entreprise prométhéenne constamment renouvelée s interpénètrent le fluide et le stable. Nous entrons dans une nouvelle époque, où l on va en partie abolir l ancienne muraille séparant la «collection de flux», éminemment fongible, et la collection de stock, construite dans la durée. La collection matérielle nous y contraignait, la fragilité des documents matériels impliquant un contrôle renforcé de la communication, en interdisant notamment le prêt à domicile pour les documents appelés à être conservés. Mais voilà que cette collection dite patrimoniale se double d avatars numérisés, quand elle n est pas nativement numérique. En outre, «la grande erreur serait de croire que le flux c est seulement le numérique. Le flux est aussi matériel. Et le stock est aussi numérique : internet est un stock dans lequel on puise sans le dépouiller 12.» Les stocks numérisés sont organisés en collections, comme le stock entre dans le flux, celui des prêts, des échanges, des appropriations : le livre, écrit Thierry Crouzet, apparaît comme une contexture du flux 13 En même temps, le flux du numérique et des collections matérielles sera ponctué par des recompositions multiples construites par ou avec les bibliothécaires, créant autant de 12. htm 13. points de stabilité pour les «lecteurs» à venir Dans ce contexte, les bibliothèques jouent toujours un rôle de rétention du savoir, mais également une fonction de régulation et de légitimation : «La bibliothèque doit aussi assurer, selon nous, une fonction de circulateur. Elle doit être [ ] un accélérateur du savoir et de la recherche. Tel l Ars inveniendi leibnizien, elle doit pouvoir stimuler le développement des connaissances, favoriser les rencontres, les télescopages d idées nouvelles et, par conséquent, l interaction et la combinaison des savoirs existants. Concentrant localement les flots d information, elle doit être ainsi capable de favoriser leur mixage, afin de susciter de nouvelles ressources, et de relancer ainsi la machine informationnelle. Sans cette activation, on pourrait bien risquer ce qu on appelle en informatique un deadlock : toutes les ressources accessibles étant épuisées, la machine ne peut traiter que des informations déjà exploitées, de sorte qu elle tourne en rond 14.» Inventer de nouvelles façons de travailler? Les perspectives offertes pour les collections revisitées sont des plus stimulantes. Elles obligent également à reconfigurer les perspectives du travail bibliothécaire. On se contentera de quatre pistes de réflexion. L impératif du regard juridique Les perspectives d exploitation et de reconfiguration des contenus doivent tenir compte d une question particulièrement cruciale : le statut juridique des contenus. On a connu l ancestrale distinction entre les fonds anciens (antérieurs à 1811) et les fonds contemporains. Même l approche plus récente du fonds dit ancien lorsqu il a plus de cent ans d âge commence à s estomper au profit d une autre césure majeure : celle où les textes sont 14. Daniel Parrochia, «Nécessité des réservoirs et exigence des flux : vers une néobibliothéconomie», BBF, 2001, n o 1, p ou non libres de droits. À l âge du numérique, et en l état actuel du droit, ce n est en France que 70 ans après la mort de l auteur (pour les imprimés) que la bibliothèque peut utiliser librement les textes pour les recomposer à sa guise 15. À ceux-là s ajoutent les documents contemporains dont la bibliothèque a pu obtenir les droits d exploitation, telles par exemple des collections de photos. Cette accession au domaine public marque sans doute un baptême beaucoup plus important qu une date ancienne et arbitraire, et représente aujourd hui un paramètre majeur de l activité documentaire. Ranger, classer ordonner Ce fondement du travail bibliothécaire ne disparaît pas, loin de là. Mais les possibilités offertes par les documents numériques appellent à une dynamisation majeure des collections : l actuel débat autour des numérisations des collections de bibliothèques se cantonne volontiers au fait de savoir par quel acteur sont effectuées ces numérisations de masse. Or une autre question ne tardera pas à se présenter : qu allons-nous savoir faire de ces téraoctets de données une fois celles-ci rendues disponibles? S il apparaît probable que les moteurs de recherche seront et sont déjà «dé-bibliothécarisés», il reste aux bibliothécaires à inventer circulations, accélérations, mixages : quels dossiers, quelles médiations, quels corpus, quels itinéraires de lectures, bref quelle politique des contenus? Parallèlement, si la collection matérielle a pour le plus large public perdu en grande partie sa valeur strictement informative, les bibliothèques doivent la penser sous l angle de la curiosité à susciter : mise en scène spatiale, recommandation, conférences et débats, etc. Cette collection matérielle représente également un autre atout : exposée en lien avec des documents numériques libres de droits, elle peut suggérer une appropriation personnelle de documents non libres de 15. Évidemment dans le respect des droits moraux! bbf :

11 Le concept de collection droits mais librement manipulables sous leur forme imprimée Bref la «bibliothèque hybride», pour reprendre une expression anglaise née dans les années 1990, n a pas terminé ses reconfigurations De la diffusion à la contribution L aller et retour entre flux et stock introduit pour les bibliothèques des pistes bien différentes (et complémentaires) de leur activité traditionnelle de diffusion encodée par les bibliothécaires des produits de l édition. Les bibliothèques peuvent être des acteurs reconnus comme valides dans la construction collaborative de contenus. Par exemple, la Bibliothèque nationale d Australie propose aux visiteurs en ligne de participer directement à la correction des OCR (Optical Character Recognition ou reconnaissance optique des caractères) des journaux numérisés 16. C est une association de la bibliothèque municipale de Rouen avec des chercheurs universitaires qui a permis la mise en ligne d une passionnante version «multicouches» du manuscrit de Madame Bovary 17. On connaît aussi les expériences conduites par diverses bibliothèques (Library of Congress, bibliothèque municipale de Toulouse), déposant certaines de leurs photos anciennes sur le principal site de partage de photos, en vue de les exposer et de les faire enrichir de commentaires par les internautes. D autres projets sont en émergence, visant à faire déposer leurs propres documents par les visiteurs, de façon à ce que ces documents soient traités, archivés, conservés et valorisés. Il y a vraiment à creuser du côté de l économie de la contribution 18, et si l on objectera à juste titre que seul un petit nombre d acteurs interviendront dans la contribution, l ensemble des publics pourra bénéficier de cette nouvelle offre. Les compétences à l œuvre Si les savoirs bibliothécaires opérant sur la sélection, l indexation et la conservation des données vont sans aucun doute devoir être enrichis et affinés, si l expertise juridique sur la détention et l utilisation de ces données va devoir être développée, il va falloir aussi réévaluer la dimension médiatrice des bibliothécaires. Les contenus voguant plus ou moins librement dans les remous d internet, tout en restant présents sur des supports matériels, un des atouts des bibliothèques et notamment des plus modestes résidera dans leur capacité à opérer la jonction entre des besoins individuels ou collectifs et une foison d informations. Les bibliothèques académiques ont déjà compris qu une de leurs forces résidait dans leur capacité à former les étudiants à l habileté documentaire. Les bibliothèques publiques, quant à elles, n ayant pas cette fonction prescriptive, doivent jouer la connivence : il faut être capable de conseiller, d échanger, de susciter la curiosité, d inventer De ce point de vue, en ce qui concerne les collections matérielles offertes au plus large public, les compétences requises sont bien éloignées des dispositions statutaires, et il serait utile de mobiliser tous les savoirs, toutes les passions, tous les talents, voire d envisager l élaboration au sein de l établissement d un arbre des compétences 19 orienté vers l accompagnement des publics dans les collections. Parallèlement, il faudra aussi que les bibliothécaires professionnels s approprient les possibilités extrêmement riches des documents numériques dès qu il s agit de les constituer en collections originales indéfiniment renouvelées, documentées et mises en scène. Comme ils devront développer leurs talents dans cet avatar contemporain de la bibliographie qu est l art de chercher, ou plutôt de trouver les pépites dans le flot de l information électronique, pour les proposer à leurs publics en les assemblant de la façon la plus pertinente. Deux grandes mutations Une collection, c est somme toute un savoir accumulé, proposé par les moyens les plus appropriés à une population pour qu elle en tire bénéfice pour aujourd hui et demain. Deux grandes mutations se sont opérées en ce siècle naissant : La première touche la notion même de collection locale au sens patrimonial, transformée par internet qui impose la sélectivité de la conservation des traces, et donc l apparition d organismes publics puissants pour les collecter et les archiver, pour en négocier l accessibilité, pour en garantir la pérennité. Cette mémoire n est pas pour autant étrangère aux plus petites bibliothèques. Ainsi, tel service commun de la documentation veillera à préserver les travaux de son université, telle petite bibliothèque publique archivera les documents locaux qu elle pourra collecter ; mais tous deux devront s engager dans des partenariats publics afin d en garantir la conservation et la diffusion. La seconde voit les contenus du savoir et de la création s émanciper en grande partie de la matérialité documentaire comme ils sont en voie de s émanciper des circuits économiques de l édition traditionnelle. Que nous reste-t-il, à nous qui devons imaginer les collections de demain? Notre avenir est dans les publics, sans nul doute, avec leurs pratiques et leurs besoins. Pour eux, il nous faut jouer tous les accords, proposer des livres ou des disques là où c est pertinent, organiser des corpus numériques, accompagner ou rencontrer nos concitoyens sur des services internet, être réactifs Mais toujours avoir l ambition de conserver la trace, car une bibliothèque n est rien sans cette fonction première ; et pour toutes les bibliothèques, grandes ou petites, le souci de transmettre ces traces, qu elles soient stockées localement ou non. Janvier Bernard Stiegler, Pour une nouvelle critique de l économie politique, Galilée, Michel Authier et Pierre Lévy, Les arbres de connaissances, La Découverte, bbf : 2010

12 Le concept de collection numérique Frédéric Martin Emmanuelle Bermès Bibliothèque nationale de France Titulaire d un DEA de lettres modernes et du DCB, Frédéric Martin est chef du service Pôles associés/gallica de la BnF, après avoir été responsable des techniques documentaires pour les collections numériques. Il est l auteur d articles pour diverses revues professionnelles. Archiviste-paléographe, titulaire du DCB, Emmanuelle Bermès est actuellement chef du service «Prospectives et services documentaires» au sein du département de l Information bibliographique et numérique, à la Direction des services et des réseaux de la BnF. Elle a écrit de nombreux articles sur les techniques documentaires pour les collections numériques et anime le blog «Figoblog». Les bibliothèques sont aujourd hui plus que jamais interrogées dans leurs pratiques et dans leurs offres de services, face aux métamorphoses rapides d internet. Au règne de l hypertexte a succédé le web de données, qui laisse à présent la place aux réseaux sociaux : aux Etats-Unis, la fréquentation de Face book vient de détrôner celle de Google. Les usages mobiles s intensifient grâce au développement des smartphones. Le grand public consulte ou alimente des plateformes de diffusion de vidéos, de textes, de photos, qu il choisit ou non de partager avec d autres internautes. Le monde de la recherche développe des entrepôts de données et des archives ouvertes, en tentant de faire évoluer les modalités de la publication scientifique. Dans cet univers aux facettes toujours changeantes, la notion de «collection numérique», qui repose sur une analogie forte avec le monde physique, a-t-elle un sens? Cette question est lourde d implication, car nier la validité de ce concept reviendrait à mettre en cause l idée même d une présence spécifique et forte des bibliothèques sur internet, tant la collection est inhérente aux bibliothèques, dont elle structure et conditionne l ensemble de l activité. Le web embrasse la totalité des savoirs Unité discrète de la collection, le document sous forme numérique ou électronique a fait l objet de nombreuses études et d une abondante littérature depuis la seconde moitié des années 90, soulignant la radicale singularité du document produit électroniquement par rapport au document publié sur support papier. Aujourd hui, il est intéressant de noter que l expression «document numérique» renvoie moins à la production originale de l information dans un environnement informatique en réseau qu à l idée de dématérialisation d un support physique, qui en conserverait les principales caractéristiques informationnelles. Le livre électronique entre peu à peu dans les usages, et les industriels comme les éditeurs tablent sur son développement rapide. Les initiatives de numérisation se multiplient dans le monde, qu elles soient l œuvre des éditeurs, des institutions culturelles ou des sociétés privées. Internet est conçu comme un support, un réceptacle à cet apport d information provenant du monde physique. Si le web s est constitué comme un mode alternatif de production et de diffusion de l information, il apparaît aujourd hui comme devoir embrasser la totalité des savoirs, ceux qu il produit lui-même comme ceux qui sont d abord produits en dehors de lui. La constitution de collections numériques s insère dans ce mouvement général. Une collection comme une autre, en théorie Du point de vue théorique, la collection numérique ne semble pas déroger à la définition canonique de la collection (au sens bibliothéconomique), c est-à-dire un ensemble cohérent de documents, établi en vue d un usage précis, faisant l objet d une gestion. Chacun des objets qui la composent a plus de valeur dans l entité collective qu il n en aurait individuellement. Définition large, qui rend compte de la diversité des fonds conservés dans les bibliothèques, mais qui convient aussi parfaitement à la bbf :

13 Le concept de collection Page d accueil de Gallica. BnF pluralité des collections numériques. Cette expression recouvre en effet trois ensembles distincts, partageant un certain nombre de caractéristiques, mais obéissant à des modalités de constitution sensiblement différentes. Ces trois sous-ensembles sont : les abonnements de périodiques électroniques de niveau recherche (et plus largement la publication scientifique éditée sous forme dématérialisée, hors modèle open access) ; l offre culturelle numérique d e-books, de revues, de titres de presse, de VOD (vidéo à la demande), de musique ; et enfin les collections de documents numérisés par les bibliothèques disposant de fonds patrimoniaux. Ces trois catégories 1 de collections numériques répondent à trois types de besoins documentaires, non exclusifs les uns des autres : pour l enseignement supérieur et la recherche, pour la lecture publique, pour la valorisation patrimoniale. Les modalités de constitution de la collection numérique, selon qu elle 1. À la BnF, s ajoute à ces trois ensembles le dépôt légal du web, auquel s appliquent également les principes de gestion détaillés plus loin. relève de tel ou tel sous-ensemble, sont conditionnées par des facteurs différents. L offre de documentation électronique de niveau recherche (essentiellement des périodiques et des bases de données, mais aussi les e-books), la première à s être imposée, est aujourd hui fortement concentrée autour d un petit nombre de distributeurs exclusifs et donc incontournables, de dimension internationale, libres de fixer les prix et les modalités de consultation de leurs documents et de leurs archives. Parallèlement, l offre culturelle d e-books, de VOD et de musique, se développe plus lentement, mais commence à trouver sa place dans les collections des bibliothèques publiques, sous forme de prêt dématérialisé (téléchargement de documents chrono-dégradables), ou en lien avec le prêt de liseuses électroniques. Quant à la numérisation patrimoniale, elle se partage généralement entre deux objectifs : la mise en valeur d un patrimoine local (en particulier pour les bibliothèques territoriales) ou la mise à disposition de documents historiques ou de référence dans une discipline précise (notamment pour les bibliothèques universitaires). La BnF et la bibliothèque municipale de Lyon, engagées dans des programmes de numérisation d envergure, poursuivent d autres objectifs : constituer de vastes collections numériques d imprimés patrimoniaux à partir de leurs fonds anciens. L ampleur de ces initiatives dépasse largement le cadre seul de la valorisation de corpus ciblés, en créant pour ainsi dire des «hyper-collections». Le bibliothécaire dépossédé? Pour le professionnel, la collection numérique peut être perçue comme limitative, en comparaison avec les collections physiques, pour plusieurs raisons. En premier lieu, pour les collections «acquises» auprès d éditeurs (pour la recherche ou la lecture publique), le bibliothécaire verra le plus souvent sa liberté de choix fortement limitée par une offre par «bouquets» ou packages, c est-à-dire un ensemble de titres déjà constitué par l éditeur ou le distributeur. L avantage est réel, il se traduit par un coût global moins élevé, pour un nombre de titres plus grand. 14 bbf : 2010

14 Le concept de collection numérique : Mais, parmi ces titres, nombreux sont ceux que la bibliothèque n aurait pas spontanément choisis, et qui se trouvent sous-utilisés, pour ne pas répondre à un besoin réel du public local. Dans ce modèle, la bibliothèque paye pour ce qu elle veut, mais aussi pour ce qu elle ne veut pas. De plus, le bibliothécaire se considère dépossédé d une grande partie de son travail (et de son pouvoir) qui consiste à sélectionner et acquérir les documents entrant dans les collections. Ce sentiment est renforcé par le fait que, bien souvent, la consultation de ces documents s effectue sur les plateformes des distributeurs, et non au sein d un système informatique dont la bibliothèque aurait la pleine maîtrise. Cette dépossession est vraie, mais en partie seulement, comme nous le verrons plus tard, car la collection numérique nécessite d être traitée et gérée, tout autant qu une collection physique, et sans doute davantage. La numérisation patrimoniale procure d autres motifs de frustration que sont les contraintes juridiques et techniques, qui obligent à exclure de la numérisation des documents qui, du point de vue du contenu, ou parce qu ils appartiennent à un corpus donné, mériteraient d être numérisés. C est parfois une collection «à trous» qui est mise à la disposition des internautes, qui ne connaissent pas ces contraintes et s interrogent sur la non-disponibilité de certains titres. Pourtant, qu il s agisse des acquisitions électroniques ou de la numérisation patrimoniale, la collection numérique porte en elle les réponses à ses propres limitations. Ces réponses sont l enrichissement collaboratif et la valorisation a posteriori. Créer virtuellement une collection par des apports multiples L une des principales forces de la collection numérique par rapport à la collection physique est qu elle peut se constituer à partir d apports multiples. L interopérabilité entre les gisements de ressources numériques, lorsqu elle est techniquement possible et pertinente du point de vue de la politique documentaire que l on choisit, permet de recréer virtuellement un ensemble cohérent, construit à partir de contributions documentaires dispersées, mais dont le regroupement fait sens. Le concept même de collection reste pleinement opératoire : on réunit des ressources, numérisées par des bibliothèques différentes, dans une discipline donnée, ou pour reconstituer un fonds dont les éléments physiques ont pu être dispersés par les aléas de l histoire. Pour la BnF, l offre documentaire de la bibliothèque numérique Gallica doit servir à la création de tels ensembles, en concertation avec d autres établissements. De même, les bibliothèques disposant de ressources numériques complémentaires de Gallica sont invitées à y présenter leurs documents 2. Pour ne prendre que quelques exemples, c est ainsi que la collection numérique en histoire de la médecine est complétée par la collection des monographies de (bibliothèque interuniversitaire de médecine et d odontologie) 3, ou que le fonds de partitions de musique baroque est enrichi des documents numérisés par les bibliothèques municipales de Versailles et de Toulouse. Réciproquement, les ressources numérisées par la BnF concernant les Antilles et la Guyane sont référencées sur le portail Manioc 4, celles concernant le Brésil sur le portail de la Bibliothèque nationale du Brésil 5, etc. Enfin, l offre documentaire patrimoniale de Gallica est complétée par plus de ouvrages sous droits numérisés par les éditeurs, ouvrages qui font pour la plupart écho aux œuvres anciennes, soit en les prolongeant (ouvrages actuels de fiction), soit en les complétant (études et essais contemporains sur des auteurs ou des thèmes représentés dans la collection du domaine public). 2. Soit par intégration directe dans le programme de numérisation des imprimés (dans ce cas, le document est visualisable dans l interface de Gallica), soit par indexation des métadonnées suivant le protocole OAI-PMH (dans ce cas, le document est signalé dans la liste de résultats, mais il est consultable sur le site internet du partenaire) Bibliothèque numérique Caraïbe, Amazonie, plateau des Guyanes : 5. Les collections numériques ne doivent pas être considérées de manière isolée, mais bien dans leurs relations possibles et leurs interactions, l objectif étant de multiplier les points d accès aux documents (un document peut appartenir simultanément à plusieurs fonds ou collections numériques, ce qui est rarement le cas dans une bibliothèque physique), et de constituer les ensembles documentaires les plus pertinents possibles en puisant à des sources multiples. Les possibilités de valorisation éditoriale de ces nouveaux ensembles (dossiers, articles en ligne, lettres d information, expositions virtuelles, outils pédagogiques, animation de communautés sur les réseaux sociaux ) peuvent être également envisagées de manière collaborative, associant une pluralité de partenaires et de contributeurs. Sur une thématique donnée, il pourra être intéressant d établir des passerelles entre des documents numériques relevant des trois catégories. Cette possibilité est aujourd hui insuffisamment mise en œuvre, car c est le portail qui fait seul le lien entre des corpus souvent juxtaposés. Il s agit d une voie nouvelle que nous devrions explorer plus largement. La gestion de la collection numérique La notion de collection numérique ne peut être abordée sans poser la question centrale de sa gestion (on emploierait en anglais le terme «curation», qui malheureusement n a pas de véritable équivalent en français). Une des caractéristiques inattendues et pourtant essentielles de la collection numérique est en effet de devoir être gérée, c est-à-dire de faire l objet d opérations bibliothéconomiques qui portent sur sa constitution, sa conservation dans le temps, sa communication à un public et sa valorisation. En ce sens, la gestion de la collection numérique s inscrit dans le cadre traditionnel des métiers de bibliothèque, dont elle mobilise les savoir-faire existants pour les appliquer à un objet nouveau, dans un contexte différent de celui des collections traditionnelles. Ce contexte diffère à plusieurs titres : bbf :

15 Le concept de collection d une part, parce qu il porte sur un objet particulier, le numérique, dont les caractéristiques intrinsèques (notamment techniques) doivent être gérées, et d autre part parce qu il s inscrit dans un environnement, celui du web, qui a ses propres usages et ses propres règles, dont la bibliothèque ne saurait faire abstraction. Le premier aspect concerne surtout la collecte et la conservation ; le second, plutôt la communication et la valorisation. Dans ce contexte, la bibliothèque va devoir mobiliser des compétences, des organisations et des forces humaines qui vont lui permettre de mener à bien cette activité de gestion de la collection. C est dans le domaine de la numérisation patrimoniale que la maîtrise de cette gestion par la bibliothèque est la plus complète, d un bout à l autre de la chaîne, tandis que pour les ressources numériques acquises, cette gestion est en partie le fait des éditeurs. Le numérique exige des compétences nouvelles Il existe une continuité assez forte, au moins d un point de vue méthodologique, entre la collection traditionnelle et la collection numérique, puisque les activités de gestion sont presque semblables. Toutefois, les compétences à mobiliser sont très différentes : En termes de sélection (équivalent numérique de l acquisition), les ressemblances portent sur la notion de politique documentaire. Mais les contraintes spécifiques au numérique juridiques en particulier nécessitent de mobiliser des compétences nouvelles. Il faut connaître les principes du droit de propriété intellectuelle et savoir les appliquer à un contexte particulier. En termes de signalement, il est toujours nécessaire de décrire les documents, mais cette description ne se limite plus au contenu. Il faut également décrire les caractéristiques techniques du document (format, taille, environnement technique nécessaire pour sa lecture, etc.) Le nombre de métadonnées nécessaire est donc plus important et plus diversifié : métadon- Numérisation de masse à la BnF À la BnF, dans le cadre de la numérisation de masse, on a demandé aux agents chargés des collections traditionnelles de sélectionner les ouvrages destinés à la numérisation. Cette sélection met en jeu une combinaison de critères qui leur sont très familiers (intérêt documentaire, état de conservation de l ouvrage), de critères plus techniques (possibilité d utiliser un logiciel d OCR *, «ouvrabilité» de la reliure) et de critères juridiques (l ouvrage est-il libre de droits?). Autant de compétences à mobiliser, qui ne sont pas directement des compétences numériques, mais qui entrent en jeu dans le contexte spécifique de la constitution d une collection numérique. Avec la pratique, il est apparu que ces agents avaient besoin d une visibilité sur le reste de la chaîne une fois l ouvrage envoyé à la numérisation. En effet, entre la sélection et la mise en ligne, il y a un «tunnel» de plusieurs semaines, une période durant laquelle on a besoin de savoir à quel stade se situent, d une part, l ouvrage physique en attendant son retour dans les collections et, d autre part, l ouvrage numérique en attendant sa disponibilité en ligne (pour pouvoir, par exemple, indiquer à un lecteur quand il pourra consulter l une ou l autre version). Des outils de gestion existants ont été adaptés pour donner cette visibilité aux chargés de collection. D autres outils ont été créés. Mais on s est également aperçu que ce n était pas seulement une question d outil. Une fois l ouvrage en ligne, le chargé de collection qui vérifie l état de l ouvrage numérique et constate un problème de qualité (par exemple, une page manquante, une page dont la qualité d OCR est moins bonne ) doit connaître suffisamment bien la chaîne pour être capable d identifier d où vient le problème. S agit-il d un problème de qualité à la source, dans l ouvrage original? D une mauvaise manipulation du prestataire de numérisation? D un problème dans le traitement des fichiers informatiques une fois que ceux-ci ont été reçus par le service informatique? D un problème à l affichage dans Gallica? * Reconnaissance optique de caractère. nées descriptives, techniques, administratives, de structure. Heureusement, beaucoup de ces métadonnées peuvent être générées automatiquement. En termes de conservation : c est peut-être la partie la plus technique, mais pas plus que la conservation des supports traditionnels, qui implique une connaissance des aspects chimiques des encres, papiers, cuirs, moisissures, etc. S il y a bien une compétence technique à acquérir, cela ne signifie pas que la conservation de la collection numérique ne doit être qu une affaire d informaticiens. Les équipes informatiques peuvent fournir le support de l activité ; mais les décisions, elles, relèvent de savoir-faire bibliothéconomiques. Il faut appliquer des méthodes telles que la gestion de risque, la priorisation des actions de préservation (éventuellement en fonction de la valeur des contenus), etc. En termes de diffusion et de valorisation : comme les collections traditionnelles, les collections numériques doivent faire l objet d une médiation. Celle-ci est rendue plus complexe par le fait que le public peut être distant, donc plus difficile à connaître et à saisir. Elle doit prendre toute sa place sur le site de la bibliothèque, mais aussi s appuyer sur les outils «naturels» des internautes : blogs, réseaux sociaux, wikis, etc. Une médiation technique indispensable On voit donc que la gestion de la collection numérique impose de questionner les savoir-faire des bibliothécaires dans une perspective de compétences et d évolution des métiers. Mais cela pose tout de même un certain nombre d autres questions. Quels outils informatiques? La collection numérique ne peut pas être appréhendée «directement». Elle requiert une médiation technique (c est-à-dire des outils informatiques) entre le bibliothécaire et la collection, aussi bien qu entre l usager et la collection. Or, ici, nous en sommes encore aux balbutiements. 16 bbf : 2010

16 Le concept de collection numérique : Nous avons consacré beaucoup d énergie à concevoir des outils (les bibliothèques numériques) de médiation entre la collection numérique et l usager. Mais ces outils ne sont pas adaptés, ou pas suffisants, pour la gestion de la collection. C est le même problème qu avec le catalogue, dont on a voulu faire à la fois un outil de recherche documentaire et un outil de gestion d une collection physique... Dans le cas de la gestion de la collection numérique, cela se manifeste de façon très problématique, parce que le signalement n est pas seul en jeu. Il faut donc définir les outils dont on aura besoin pour gérer la collection, ce qui peut s avérer complexe car nous manquons encore de visibilité sur la nature des tâches de gestion au quotidien. Dans certains cas, des outils existants peuvent être adaptés. Dans d autres, il faut créer, inventer de nouvelles solutions. Des questions en termes d organisation Le numérique pose des questions d organisation accrues, toujours à cause de la médiation technique qui existe entre la collection et le bibliothécaire. Les frontières sont plus floues entre les métiers strictement techniques (informatiques) et les métiers de bibliothèque. Pour que les acteurs puissent dialoguer, il est nécessaire qu ils partagent un vocabulaire, des notions, des compétences communes. Par ailleurs, il existe une transversalité très forte dans la gestion de la collection numérique ; il est beaucoup plus difficile de séparer les tâches qu avec la collection traditionnelle. Pour prendre un exemple trivial, la façon dont on décide d équiper ou de relier un document n a que peu d impact sur la façon dont il sera communiqué en salle de lecture. Au contraire, s agissant d un document numérique, la façon dont il est produit (techniquement parlant) détermine fortement les opérations de conservation qu on sera capable d effectuer, et les modalités de consultation dans la bibliothèque numérique. Dans une gestion de collection numérique, on ne peut donc pas mener une tâche sans avoir la vision d ensemble de la chaîne de traitement des contenus, de la production à l accès. Dans le cas de la répartition des tâches sur plusieurs équipes, une contractualisation accrue est nécessaire : les équipes doivent s entendre sur un vocabulaire commun, des indicateurs qui leur permettent d évaluer et de manipuler la collection conjointement, et prendre des engagements sur les tâches à effectuer dans un certain délai pour que les autres tâches dépendantes puissent être conduites. Enfin, il peut y avoir également des interactions entre la collection traditionnelle et la collection numérique au sein d un même établissement ou, si l on veut, un effet rétroactif du numérique sur la collection traditionnelle (la façon dont elle est conservée, manipulée, consultée ), et cela doit aussi être pris en compte. Se former à la culture du numérique Pour les raisons évoquées précédemment, l acquisition des compétences spécifiques nécessaires aux gestionnaires de collections numériques est un défi. Une formation à cette gestion ne peut pas se limiter à l apprentissage concret de tâches. C est toute une culture professionnelle du numérique qu il faut élaborer et transmettre, de façon à permettre aux acteurs de s inscrire dans un environnement global, de comprendre les implications de leurs choix et de leurs actions. Ce mode de formation très ouvert n est pas vraiment naturel dans le domaine de la formation continue, qui est généralement plus applicative : prise en main d un outil, apprentissage d une tâche particulière quand on change de poste, préparation à un changement de carrière De plus, les experts susceptibles de former leurs collègues sont encore peu nombreux. Et dans bien des domaines comme nous l avons vu avec les outils, le sujet est encore trop jeune pour que l on puisse clairement exprimer et transmettre : on est souvent amené à communiquer sur des actions expérimentales, en cours, qui relèvent d une expérience empirique. Beaucoup des personnels qui gèrent les collections numériques aujourd hui se sont formés «sur le tas». Il est impératif (voir encadré), pour gérer la collection numérique, de connaître l ensemble de la chaîne de traitement, y compris, jusqu à un certain point, dans ses aspects techniques. L unicité du concept de collection numérique ne va pas de soi, car il porte sur des réalités différentes, selon que l on parle de l offre scientifique, de l offre culturelle contemporaine ou de l offre patrimoniale, qui toutes relèvent de problématiques différentes. Pour autant, le concept de collection numérique reste valide dans la mesure où les pratiques professionnelles lui donnent une cohérence et un sens. Cela est vrai lorsqu on envisage les possibilités multiples offertes par le numérique d établir des passerelles entre les gisements documentaires, et par le travail en concertation. Cela est encore vrai à considérer l activité centrale de gestion de la collection numérique, activité encore jeune mais dont on sait déjà qu elle mobilise des compétences particulières et nécessite des outils adaptés. Pour autant, il s agit bien d une activité qui relève pleinement du métier de bibliothécaire, dans la continuité des savoir-faire existants sur les collections traditionnelles, et en articulation avec eux. Ceci étant posé, de nombreuses voies restent encore à explorer pour donner vie à la collection numérique et en exprimer toutes les potentialités. Sa propre dynamique invite à l action. Mars 2010 bbf :

17 Le concept de collection Collections numériques, collections physiques : Quelle articulation? Pierre Chourreu Université Paul Sabatier Toulouse 3 Titulaire du diplôme supérieur de bibliothécaire, Pierre Chourreu dirige, depuis 1999, le service commun de la documentation de l université Paul Sabatier Toulouse 3. Il a auparavant été directeur du SCD de l université de Haute- Alsace, puis directeur de la bibliothèque de l Institut national agronomique Paris- Grignon, et directeur de la bibliothèque du Centre canadien d architecture à Montréal. Il existe un degré zéro de l articulation entre collections physiques et collections numériques : c est la disparition pure et simple des premières. Rêve ou cauchemar? En tout cas, idéal possible de la bibliothèque contemporaine. Accessibilité universelle, en tout temps : la bibliothèque totalement numérique réunit quelques-uns des traits qui caractérisent la puissance divine. C est sans doute une des raisons de son attrait. À l opposé de ce rêve futuriste, les affirmations d un Darnton 1 ou d un Eco 2 : non le livre ne va pas disparaître, il ne peut que survivre, il est irremplaçable, sous la forme que nous lui connaissons depuis un peu plus de cinq siècles, le livre imprimé. Il ne sera bien sûr pas question ici de se situer à ces hauteurs. Outre que le talent n est pas donné également à tous, on peut hésiter à tirer des plans sur l avenir : à travers la forme qu en prend le support, ce sont les modalités mêmes de la transmission qui sont en cause. Qui peut prévoir avec certitude leur évolution? Les formes littéraires et artistiques vont-elles rester inchangées? Ce serait bien surprenant, même si les guetteurs de cyber-littérature ne voient guère au loin que la route qui poudroie. Et l activité scientifique? Il y a de bons esprits pour 1. Cf. notamment Robert Darnton, «The Library in the New Age», The New York Review of Books, vol. 55, n o 10, 12 juin 2008 : 2. Cf. notamment Jean-Claude Carrière et Umberto Eco, N espérez pas vous débarrasser des livres, Grasset, Voir la critique de l ouvrage par Laurence Jung, dans ce numéro du BBF, p douter de son invariabilité (Jean-Marc Lévy-Leblond 3 par exemple). Nous resterons donc au présent. Les collections numériques se présentent essentiellement sous deux formes dans nos établissements : la numérisation de documents qui font partie de nos collections papier, et les collections de documents acquises directement sous forme électronique bases de données bibliographiques depuis le milieu des années 80 (d abord sous forme de cédéroms : ce fut notre Chanson de la plus haute tour, ces tours de cédéroms d une gestion si complexe que nous fûmes tout heureux de les livrer aux Domaines quand le développement d internet les voua aux oubliettes), périodiques depuis le milieu ou la fin des années 90, livres électroniques depuis quelques petites années. D une forme à l autre, l articulation entre papier et forme électronique diffère profondément. Entrons maintenant dans le vif de notre sujet. La numérisation : mort ou transfiguration Ancien, rare ou précieux Ce que nous avons d abord numérisé, ce sont en général des documents sinon uniques, en tout cas rares et précieux : fonds anciens, manuscrits, imprimés avec annotations marginales. Dans ces cas-là, l apparition sous forme électronique n enlève rien au 3. Cf. notamment Jean-Marc Lévy-Leblond, La vitesse de l ombre : aux limites de la science, Seuil, bbf : 2010

18 Collections numériques, collections physiques : support original papier. Il reste l objet d élection. Le substitut électronique ne fait que faciliter sa consultation, il ne supprime pas la nécessité d avoir recours à l original dès lors qu on voudra apprécier et étudier pleinement le document. Il n y a donc rien là de déstabilisant, juste des exigences de moyens financiers supplémentaires : à la conservation du document original, qui maintient toutes ses exigences, il faut ajouter la maintenance des systèmes qui permettent l appropriation du substitut (ordinateurs et réseaux), et bien sûr la conservation à long terme du substitut électronique lui-même. On sait que cette dernière ne va pas de soi, et fut même un peu oubliée dans les débuts, mais nous ne nous étendrons pas sur ce point. Sous cette première forme, et pour ces documents rares, la numérisation ne perturbe en rien le mode d existence antérieur : s il y a transfiguration, il n y a pas mort. On pourrait même dire : au contraire, puisque le substitut numérique, en s affirmant comme succédané ne possédant pas toutes les propriétés de l objet, et requérant le maintien de celui-ci dans sa forme initiale si l on veut y accéder pleinement, renforce sa sacralisation. L articulation dans ce premier temps se présente donc comme une juxtaposition, avec préséance : celle du fonds ancien. Fonds qui demeure inchangé, et prend figure à la fois d origine et de fin : ce sont les documents de cette collection qui génèrent ceux de la collection numérique et, à la fin d un parcours sérieux, celui de l étude. C est à eux que l on doit nécessairement retourner. Dernière remarque : l argument du coût est ici d une faible importance. Bien entendu, il joue dans le rythme de la numérisation, mais pas dans la reconnaissance de sa nécessité. C est tout de même un fait à signaler : un projet de numérisation de livre ancien ou de manuscrit ne rencontrera jamais d opposition frontale sur son bien-fondé. Sur son opportunité dans des circonstances financières données, oui, mais il s agit là d un détail : quant au fond, la demande du bibliothécaire paraît légitime. L alliance de la préservation et de la diffusion est un bon sésame auprès des décideurs, et les récentes annonces de la ministre de l Enseignement supérieur et de la Recherche 4 le confirment. Numérisation de masse Passé le temps de l unicité, vient celui de la masse. Nous l abordons à peine dans nos établissements. Il n est pas question ici d évoquer la question de Google et de son entreprise de numérisation, ni de la Bibliothèque nationale de France (BnF) ou de ses homologues étrangères et de leurs programmes. Vue d un établissement de taille modeste, la numérisation de masse apparaît comme un procédé qui sera forcément sélectif : ne seront numérisées que des parties de collections présentant une signification particulière. Pour le reste, l établissement attendra que la numérisation de masse ait fait son œuvre dans les grands centres. Un exemple permet de se représenter les choses. Une société savante locale produit un bulletin. Les échanges qu elle a permis ont fini par constituer à la bibliothèque universitaire, qui en est par convention le dépositaire, une importante collection, qui a peu d égales en France dans son domaine. Outre la revue de la société, elle comprend des titres de revues françaises ou étrangères, dont certaines uniques ou presque en France, et de nombreux documents donnés par les auteurs, pour certains annotés. Il est clair que la numérisation de la revue de la société est un des objectifs de l établissement local (une coopération à l étude, dans le cadre du projet de numérisation par la BnF des publications de sociétés savantes, devrait permettre d y arriver dans un futur assez proche). La numérisation d autres éléments de ce domaine autour de ce premier morceau sera bien sûr un deuxième objectif logique. 4. Cf. la présentation du Plan pour le renouveau des bibliothèques universitaires, rendu public le 12 février 2010, sur le site du ministère de l Enseignement supérieur et de la Recherche : gouv.fr/cid50597/des-bibliotheques-universitairesouvertes-plus-longtemps.html Ici encore, comme dans le cas des documents anciens ou rares, on est dans le domaine de la juxtaposition. Le fait qu il s agisse d un élément de patrimoine régional impose la conservation du papier, et rien n est changé. Cette permanence se vérifiera-t-elle pour l ensemble de la numérisation de masse? Il est permis d en douter. Conviendra-t-il de conserver de longues séries de périodiques papier, alors que leurs contenus seront accessibles en ligne? Sans doute pas dans tous les établissements : une coordination de la conservation du papier au niveau national va s avérer indispensable, au-delà du seul échelon des plans régionaux de conservation partagée. Quant aux questions sur la conservation à long terme du document sous sa forme électronique, elles sont posées ici aussi comme précédemment. Le numérique natif Venons-en maintenant à la deuxième forme de collections numériques : celles que nous acquérons directement sous cette forme. Pour ne pas abuser de la patience du lecteur, nous nous concentrerons sur les collections de périodiques. Un rapport de filiation et d abstraction Lorsque nous avons commencé d acheter des périodiques électroniques, ce sont les anciennes collections physiques qui ont constitué le point de départ des collections numériques. Point de départ, elles l ont été de deux manières. En premier lieu, quant au prix. C est le montant des abonnements acquis précédemment par l établissement qui a servi de base à la fixation du prix des ressources électroniques. Et deuxièmement, c est la collection physique qui détermine ce qui reste la collection dont l établissement est propriétaire alors qu il aura seulement un accès, limité à l année d abonnement, au reste du catalogue de l éditeur. Les titres de la collection physique demeurent donc les titres de la collection numérique proprement dite. bbf :

19 Le concept de collection Ce rapport de filiation est d une grande abstraction : cela fait dix ans ou plus que nous avons commencé d acheter sous forme électronique. Ce qui demeure notre collection est noyé sous le catalogue des éditeurs. En matière d accès, les établissements importants ont multiplié par deux à trois le nombre de titres qu ils rendent accessibles. Les établissements, moyens ou petits, ont pu le multiplier par un facteur 30! Le décalage est important pour les bibliothécaires et de plus en plus à mesure du remplacement générationnel. Il l est encore plus pour nos utilisateurs, pour qui en général cette notion de collection est devenue artificielle. Ceci a eu une première conséquence pour le moins importante : alors que de tout temps les bibliothécaires s étaient souciés d accroître les collections, pour permettre l accès à un maximum d information, le mode de formation des prix des collections de périodiques électroniques conduit à restreindre la collection, pour garantir un accès maximal aux documents. C est qu à l âge de la collection électronique, celle-ci n est pas le dernier mot de l accès à l information : les éditeurs, tout en basant leur tarif sur la collection effectivement détenue par la bibliothèque acheteuse, lui donnent accès, le temps de l abonnement, à beaucoup plus d information que celle contenue dans la collection proprement dite. Cela n est pas dû à une qualité intrinsèque des collections électroniques, mais à une raison purement contingente, celle de la pratique commerciale des éditeurs. L accès à la totalité du catalogue, alors que la collection de l acheteur n en est qu un sous-ensemble, explique cette distorsion. On comprend dès lors que la tendance à l amaigrissement soit impérative : dans une période d inflation (de la production d information, et de son coût), seule une maîtrise du prix de la collection, qui sert de base à l établissement du coût d accès à l ensemble du catalogue, peut permettre de pérenniser (au moins un temps) cet accès. Après avoir réduit autant que faire se pouvait leur collection avant le passage au premier contrat électronique (élimination des doublons, détermination précise de ce qui relève de l établisse- ment et de ce qui relève d autres tutelles, dans le paysage spécifique français des unités mixtes de recherche 5, désabonnement sélectif), les bibliothèques sont poussées par la nécessité à Pourquoi s évertuer à conserver, à grands frais, des collections papier difficilement utilisables, alors que de plus en plus ces collections sont disponibles sous forme numérique utiliser au maximum le droit de désabonnement prévu par la plupart des contrats (dans une limite de 1 à 2 % en général). Que la collection et l accès ne soient plus coextensifs a une deuxième conséquence : les bibliothèques sont amenées, pour la première fois, à signaler des ressources, certes accessibles grâce à elles, mais qui néanmoins ne font pas partie de leurs collections. Pour l utilisateur, il est vital de savoir à quels titres il a réellement accès. Il est 5. Dans le système de recherche français, les unités mixtes de recherche sont des laboratoires universitaires bénéficiant d une reconnaissance (et de financement) par les établissements publics scientifiques et techniques de recherche (de type CNRS, Inserm, Inra, etc.). Des revues achetées sur crédits CNRS par exemple, ne relèvent donc juridiquement pas des collections de l université, mais du CNRS. On sait que les conséquences documentaires de ce système de mixité sont beaucoup moins simples que ce qui en est dit rapidement ici. difficilement pensable de le laisser se connecter sur un site d éditeur pour y découvrir au petit bonheur la chance (ou la malchance) quels sont les titres auxquels il peut accéder. C est donc à un signalement massif qu ont dû procéder les bibliothèques, et un signalement compliqué, car il implique, à partir des bases de données bibliographiques, la gestion des liens vers le texte intégral. Certes, des outils trouvables dans le commerce facilitent désormais la tâche, mais celle-ci n en demeure pas moins. Et avec elle cette constatation : ce n est plus, comme par le passé, la collection qui détermine notre travail. En fait, c est à un véritable brouillage de la notion de collection auquel nous assistons, et pas seulement chez les bibliothécaires : encore plus chez nos utilisateurs. Combien d entre eux réalisent-ils vraiment que l ensemble des titres auxquels nous donnons accès ne constitue pas notre collection numérique? Combien d entre eux sont-ils prêts à vraiment soutenir, autrement que par habitude acquise, nos dépenses de conservation pour des collections physiques de périodiques qui ne sont que des sous-ensembles (et très réduits) du catalogue de l éditeur auquel nous leur donnons accès en quasi-totalité? Enfin, qu est-ce qui a vraiment leur préférence? Une importante collection? Ou bien la garantie d un accès à un maximum d information? Poser la question, c est y répondre, et ce type de préférence s étendra par ricochet à la conservation des anciennes collections physiques. Pourquoi s évertuer à conserver, à grands frais, des collections papier difficilement utilisables, alors que de plus en plus ces collections sont disponibles auprès des éditeurs sous forme numérique, version facilement accessible? Le passage à la version électronique seule pour la production courante a commencé 6. En dénouant l ancien 6. Il est certes ralenti par le choix de l administration fiscale de taxer ces produits comme des services, donc au taux de 19,6 %, et non de leur accorder les taux en vigueur pour la presse, voire de les exonérer de TVA. Malgré cela, le passage progressif à la version électronique seule va progressivement s imposer, c est une certitude. 20 bbf : 2010

20 Collections numériques, collections physiques : lien des utilisateurs avec le papier, il fait le lit de la perte de conscience de la notion de collection, et de ce qu elle implique. Pour nous bibliothécaires, faut-il aller contre cette tendance? À titre personnel, on nous permettra d en douter. La collection est corrélative d un monde de la rareté (en tout cas de la rareté relative), où seule la constitution d ensembles massifs de documents physiques permet le travail intellectuel, avec les liens qu il demande d un livre à un autre, d une revue à une autre. Dès lors que l évolution des techniques garantit l accès à tous les documents dont a besoin ce travail, le maintien des collections cesse d être une question centrale, pour céder la place à celle de l accès. La demande de nos utilisateurs ne fait que traduire ce changement. Ce transfert ne signifie pas une plus grande facilité : il déplace les problèmes. Vers les questions d informatique et de réseau, qui ne sont pas les plus difficiles. Vers les questions juridiques, et c est moins simple. En perdant progressivement la propriété des documents constituant la collection, la bibliothèque perd un repère important. Désormais, il lui faudra porter plus d attention à la dimension juridique des contrats pour traiter la variation commerciale chez les éditeurs, qui prend l allure d un véritable mouvement brownien. Fusions d éditeurs, transferts de titres, etc. : les responsables de collections électroniques savent les efforts qu il faut accomplir pour permettre à leur établissement de maintenir le cap documentaire dans cette agitation frénétique. L archive et la fin de la collection physique Après être passés à la production de leurs périodiques sous forme courante électronique, les éditeurs ont entrepris de numériser leurs collections rétrospectives, du numéro princeps de la revue au dernier numéro physique. Ces archives, désormais proposées à la vente pour des coûts relativement limités, vont progressivement entrer dans les bibliothèques : tendanciellement, elles vont venir suppléer les an- ciennes collections physiques, car elles permettent un bien meilleur accès. Collections physiques et collections numériques vont-elles ici doublonner? Cela ne paraît pas raisonnable. Pourquoi continuer à conserver et servir des collections physiques, si elles ne donnent accès à rien de plus que la version électronique (et dans la plupart des cas, la forme matérielle du document d origine est de peu d importance, c est le contenu intellectuel qui compte pour l utilisateur)? On est reconduit à la question de la conservation partagée vue plus haut. Mais dans beaucoup de cas locaux, l articulation entre les deux collections sera la disparition pure et simple de la collection physique. Concurrence : sauvage? La pente naturelle des choses vat-elle nécessairement entraîner la disparition générale de la collection physique, moins efficace en terme d accès? Ce n est pas certain. Car il y a au moins deux fonctions du document qui semblent pouvoir n être mises en œuvre que sous sa forme physique. La première de ces fonctions, c est une fonction de sociabilité. Il y a des documents qui peuplent non pas les austères bibliothèques, mais les lieux de détente : la salle du laboratoire où trône la machine à café, lieu d échange informel et donc indispensable (soupape anti-stress, germinateur d idées, espace qui contribue à construire les équipes de recherche). Dans cet endroit, c est le document physique qui prime : celui qu on pourra feuilleter, montrer à un collègue, commenter avec lui. Les bibliothécaires des universités scientifiques et médicales savent bien qu il est illusoire de penser que l existence numérique de Science ou Nature puisse permettre de faire disparaître les nombreux abonnements à la forme papier de ces titres. Cela peut arriver en partie, mais il en reste toujours : ce sont des titres dont le rôle pour le lien social est majeur. Et, avec des variations selon les domaines, il y aura toujours un titre qui joue ce rôle, en dehors des deux grandes revues nommées ci-dessus. Pour ces titres, la disparition du support physique n est pas d actualité, parce qu il semble bien, pour un temps encore, que cette fonction de liaison suppose une matérialité palpable. Un deuxième domaine dans lequel l élimination du support physique semble très improbable, c est celui de l apprentissage ou peut-être vaudrait-il mieux dire bachotage. Sans doute est-ce une réalité très française. Mais à coup sûr, elle s impose. Or il semble que la forme de l exercice même de la révision intensive suppose le document matériel. Celui qu on peut mettre sur sa table de travail, et à partir duquel on prendra des notes. À cet égard, et en guise de conclusion iconoclaste (mais pleine d espoir), on ne peut se défendre de penser que c est la faible compétence dans l usage des claviers d ordinateur qui est pour partie la cause de cette impossibilité à bachoter autrement qu avec crayon, papier et surligneur. Il est significatif que même les récents rapports sur le développement de l informatique à l école parlent seulement d une prise de connaissance du clavier, et ne parlent jamais de maîtrise de la dactylographie. Aux États-Unis, il y a dans toutes les universités des modules d apprentissage de la dactylographie en général hors cycle même des études. Ils sont très suivis, parce que l étudiant doit régulièrement produire des mémoires dans le système américain, et donc doit pouvoir être productif ce qu il n est pas s il ne sait pas dactylographier. Il paraît étonnant qu un pays comme la France, dont le système scolaire, un des piliers de la République, a inscrit comme objectif de base de savoir lire, écrire et compter, n ait pas mis à jour son programme, et laisse l immense majorité de ses élèves en sortir sans maîtriser une compétence pratique dont on ne peut se passer dans le monde contemporain. Mars 2010 bbf :

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