Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée. Anne Di Piazza. Citer ce document / Cite this document :

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1 Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée Migration d'une plante et migration de ses représentations. Le taro de marécage (Cyrtosperma chamissonis) sur Nikunau et Tabuaeran (République de Kiribati) Anne Di Piazza Citer ce document / Cite this document : Di Piazza Anne. Migration d'une plante et migration de ses représentations. Le taro de marécage (Cyrtosperma chamissonis) sur Nikunau et Tabuaeran (République de Kiribati). In: Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 41ᵉ année, bulletin n 1,1999. Systèmes de culture traditionnels et pratiques paysannes nouvelles en Océanie. pp ; doi : /jatba Document généré le 30/03/2016

2 Résumé Le présent article examine les techniques horticoles, le système classificatoire et le complexe cérémoniel relatifs au taro de marécage (Cyrtosperma chamissonis) développés par les habitants de Nikunau dans l'archipel des îles Gilbert (République de Kiribati). Il questionne le devenir de ces mêmes pratiques dans une société de migrants récents vivant sur Tabuaeran dans l'archipel des îles de la Ligne (toujours en République de Kiribati) et originaires des Gilbert. L'étude comparative de ces deux sociétés pour qui le taro demeure une plante de prestige, nous permet d'établir que les conduites les plus quotidiennes - et l'horticulture est de celle-là - sont les plus déterminées, les plus traditionnelles et constituent de véritables rituels. A l'inverse, le complexe cérémoniel horticole auquel on réserve plus couramment le nom de rituel, semble moins emprunt de tradition. Abstract This article examines the horticultural practices, the classification system and the ceremonial complex related to the giant swamp taro (Cyrtosperma chamissonis) developed by the inhabitants of Nikunau in the Gilbert archipelago (Republic of Kiribati). It questions how these same customs are practiced among a society of recent migrants from the Gilbert Islands to Tabuaeran in the Line archipelago (also part of Kiribati). A comparative study of these two societies for whom the taro is the prestige plant, permits us to establish that it is the day to day activities - and horticulture is among them - that are the most constant, the most traditional and which function as daily rituals. On the other hand, the horticultural ceremonial cycle for which we normally reserve the concept of ritual, seems to have been more flexible.

3 JATBA, Revue d'ethnobiologie, 1999, vol. 41 (1) : MIGRATION D'UNE PLANTE ET MIGRATION DE SES REPRESENTATIONS Le taro de marécage (Cyrtosperma chamissonis) sur Nikunau et Tabuaeran (République de Kiribati) Anne Di Piazza* Resume.- Le présent article examine les techniques horticoles, le système classificatoire et le complexe cérémoniel relatifs au taro de marécage (Cyrtosperma chamissonis) développés par les habitants de Nikunau dans l'archipel des îles Gilbert (République de Kiribati). Il questionne le devenir de ces mêmes pratiques dans une société de migrants récents vivant sur Tabuaeran dans l'archipel des îles de la Ligne (toujours en République de Kiribati) et originaires des Gilbert. L'étude comparative de ces deux sociétés pour qui le taro demeure une plante de prestige, nous permet d'établir que les conduites les plus quotidiennes - et l'horticulture est de celle-là - sont les plus déterminées, les plus traditionnelles et constituent de véritables rituels. A l'inverse, le complexe cérémoniel horticole auquel on réserve plus couramment le nom de rituel, semble moins emprunt de tradition. Mots-clés.- République de Kiribati, île de Nikunau, île de Tabuaeran, taro de marécage, pratiques horticoles, système classificatoire, complexe cérémoniel. Abstract.- This article examines the horticultural practices, the classification system and the ceremonial complex related to the giant swamp taro (Cyrtosperma chamissonis) developed by the inhabitants of Nikunau in the Gilbert archipelago (Republic of Kiribati). It questions how these same customs are practiced among a society of recent migrants from the Gilbert Islands to Tabuaeran in the Line archipelago (also part of Kiribati). A comparative study of these two societies for whom the taro is the prestige plant, permits us to establish that it is the day to day activities - and horticulture is among them - that are the most constant, the most traditional and which function as daily rituals. On the other hand, the horticultural ceremonial cycle for which we normally reserve the concept of ritual, seems to have been more flexible. Key-words.- Republic of Kiribati, Nikunau island, Tabuaeran island, giant swamp taro, horticulture, classification system, horticultural ceremonies. En 1937, H. E. Maude, «administrateur et commissaire des terres indigènes1» envoyait ses premiers rapports à l'office colonial britannique, faisant * CNRS, CREDO, Marseille. 1 H. E. Maude signe ses documents sous le titre de «Administrative officer and Native Lands Commissioner»

4 A. Dl PIAZZA état de la surpopulation et du manque de terre sur plusieurs des îles de l'archipel des Gilbert (Kiribati) comme sur l'île de Niutao dans l'archipel des Ellice (Tuvalu). Il envisageait de déplacer une partie de cette population sur l'archipel des îles Phœnix et l'archipel des îles de la Ligne. Ces deux archipels, inhabités lorsque les voyageurs Européens les découvrirent, turent annexés à la fin du siècle dernier à la colonie des îles Gilbert et Ellice (Maude, ). Peu après, les insulaires composaient les premiers chants et embarquaient pour de nouvelles terres. Ces migrants s'engageaient sur la route de la modernité, recréant une société à l'image de celle qu'ils venaient de quitter. Voici leur chant : «Nous nous apprêtons à naviguer vers Orona, au revoir, O gens de notre patrie ; nous avons obtenu nos terres, dans ce nouveau groupe d'îles. Nous devrons mettre pied à terre sur Orona, Nous devrons creuser nos puits, Nous devrons construire nos maisons, De manière à ce que nous puissions vivre là. Dressez vous, O gens des îles Gilbert, Attrapez vos outils ; Nous devrons nous lever et nettoyer le sous-bois, Et planter des cocotiers 2» (Maude, 1968 : 332). C'est dans ce contexte de «société mère» et de «société de migrants», que nous nous intéresserons à la migration d'une plante - le taro de marécage - et à ses représentations, en s'interrogeant sur le devenir des traditions relatives à ce tubercule sur Nikunau (archipel Gilbert) et sur Tabuaeran (archipel de la Ligne). En effet, suite à notre analyse comparée des pratiques horticoles et de la symbolique du taro rencontrées dans ces deux communautés, nous nous étonnerons de constater des variations dans des comportements que nous nous attendions à voir figé, comme par exemple au niveau du complexe cérémoniel qui a pour personnage clef le taro de marécage. A l'inverse, nous nous étonnerons de constater une certaine conformité au niveau des techniques horticoles et du système classificatoire de cette même plante. Ce double constat va nous conduire à reconsidérer la notion de rituel, en établissant que les conduites les plus quotidiennes, et l'horticulture est de celle-là, sont les plus traditionnelles. Au contraire, la cérémonie du taro à qui l'on réserve généralement le nom de rituel semble moins empreinte de tradition. Ainsi, dans un premier temps, nous étudierons le système vivrier et la classification des plantes cultivées. Dans un deuxième temps, nous relèverons ce que les migrants n'ont pas retenu de la «société modèle» : une Maison d'assemblée comme symbole politico-social et un rituel de présentation des taros en hommage aux horticulteurs. Nous établirons enfin, que si la société de Tabuaeran apparaît 2 «We are about to sail to Orona, good-bye, O people of our homeland ; we have got our lands, in the new Group of Islands. We shall step ashore at Orona, we shall dig our wells ; we shall build our dwelling-houses, so that we may live well. Stand up, O people of the Gilberts, grasp your working tools ; We shall stand up and clear the undergrowth, and plant coconut trees» (ma traduction). 94

5 MIGRATION D'UNE PLANTE ET MIGRATION DE SES REPRESENTATIONS comme résolument tournée vers la modernité, ses hommes en migrant n'en oublient pas pour autant leurs ancêtres, puisque ces derniers les accompagnent dans leur voyage, sous forme de taro. NIKUNAU ETTABUAERAN, LE CONTEXTE CEO-ECOLOGIQUE La République de Kiribati s'étire de part et d'autre de l'équateur sur quelques 4500 km d'ouest en est. Cet Etat, indépendant depuis 1979, est formé de trente-trois îles qui se répartissent sur trois archipels : archipel des îles Gilbert (constitué de dix-sept îles), archipel des îles Phoenix (constitué de huit îles) et archipel des îles de la Ligne (constitué de huit îles) avec un total de 712 km2 de terres émergées. Nikunau (1 21'S 'E) est un atoll soulevé dépourvu de lagon, long de quatorze kilomètres et large de 0,3 à 3 km, peuplé par environ 2000 personnes. Deux milles ans d'occupation ont mis à mal les forêts de Pisonia grandis, les bosquets mixtes de Messerchmidia argentea, Cordia subcordata, Guettarda speciosa et Thespesia populnea ou les buissons de Scaevola sericea et Sida fallax (Di Piazza, 1999). Cette végétation a peu à peu été remplacée par des arbres fruitiers principalement le pandanus (Pandanns tectorius), le cocotier (Cocos nucifera) et l'arbre à pain (Artocarpus altilis), mais aussi par les fosses à taro de marécage. L'île fut découverte en 1765 par le Capitaine Byron, désireux, tout autant que les insulaires de se ravitailler en noix de coco (Maude, 1968). L'équipage, comme les habitants de Nikunau partis à leur rencontre, firent les uns les autres les mêmes gestes pour ce procurer ces fruits, mais en vain ; personne ne voulant se départir de son bien. Il est probable que Nikunau ait connu, l'année de sa découverte, une famine. Située dans la zone sèche du Pacifique central, l'île est sujette à des sécheresses récurrentes (Di Piazza, 2000). Tabuaeran (3 52'N 'W), qui appartient à l'archipel des îles de la Ligne est un grand atoll de 18 km de long et 1 1 Ion de large, habité par plus de 1800 insulaires (Bryan, 1942 ; Garnett 1983). Occupée il y a quelques 800 ans (Di Piazza et Pearthree, sous presse), puis désertée avant sa découverte par le Capitaine Edmund Fanning en 1798, cette île a été repeuplée depuis. C'est en 1858, que le Capitaine Henry English s'installe sur l'île avec 150 planteurs de Manihiki (archipel des îles Cook) pour exporter de l'huile de coco. L'île sera ensuite exploitée pour son guano. En 1939, plus de 500 volontaires originaires du Sud des îles Gilbert y sont déplacés à la suite du programme de repeuplement lancé par H. E. Maude. Et depuis, les migrations se poursuivent. La végétation est largement dominée par le cocotier, qui témoigne de l'importance présente et passée de l'île comme terre de coprah. Quelques formations de Pisonia grandis et Messerchmidia argentea sont les reliques de la couverture forestière d'autrefois. 95

6 A. Dl PIAZZA LES JARDINS-CIGOGNES Comme l'écrit Merrill (1954, cité par Barrau, 1962 : 101), le taro de marécage fait partie de «ces plantes largement cultivées qui ne sont jamais citées dans les traités classiques de botanique économique». Aussi n'est-il pas surprenant de le voir identifié comme Alocasia macrorrhiza, Colocasia esculenta, parfois même Xanthosoma sagittifolium par des non botanistes (Barrau, 1962 : 101 ; Thompson, 1982 : 187). C'est à ce même auteur que l'on doit en 1914 d'avoir révisé la nomenclature de l'espèce en Cyrtosperma chamissonis (Schott) Merrill. Les spécimens décrits comme Arisacontis chamissonis, Cyrtosperma merkusii, Cyrtosperma nadeaudianum et Cyrtosperma edule sont considérés aujourd'hui comme des variétés horticoles de Cyrtosperma chamissonis. Les critères de différenciation utilisés par les botanistes pour en faire de nouvelles espèces, principalement la forme de la feuille, et l'absence ou la présence d'épines sur le pétiole sont similaires à ceux dont use la taxinomie locale. «Le Cyrtosperma chamissonis (famille des Araceae) est une plante herbacée robuste de grande taille (4 m ou plus), à larges feuilles hastées-sagittées, érigées, dont le lobe antérieur et les lobes postérieurs sont presque égaux en longueur. Les longs pétioles érigés sont épais, cylindriques, parfois inermes, souvent plus ou moins épineux surtout à la base. L'inflorescence est enveloppée d'une spathe épaisse s'ouvrant sur toute sa longueur à l'épanouissement, longueur supérieure à celle du spadice. Ce dernier est composé de fleurs hermaphrodites. Le fruit est une baie. Les fructifications sont courantes en Océanie et les graines souvent fertiles. Le gros tubercule court et presque cylindrique est l'organe de la plante qui est surtout consommé» (Barrau, 1962 : 102). Le Cyrtosperma chamissonis est multiplié le plus souvent par bouturage d'un sommet de tubercule pourvu encore de ses pétioles réduits au tiers de leur hauteur. Les rejets sont plus rarement utilisés. La première description que l'on ait des jardins à taro de marécage ou babai en I-Kiribati remonte à 1841, au temps du Commandant C. Wilkes. Voici ce qu'il en dit. «Les fosses à taro étaient creusées sur une profondeur de 8 à 10 pieds, et mesuraient 50 pieds de long et 30 de large ; elles étaient plantées de taros et de api, en ligne : le centre était occupé par quelques pouces d'eau et toute la terre alentour était humide. Le taro était petit, mais les indigènes dirent qu'il pouvait avoir 2 pieds 3 Le mot de api est difficile à interpréter. C. Wilkes fait vraisemblablement référence à Alocasia macrorrhiza, nommé ape ou kape en Polynésie, mais cette Aracée est absente des îles Gilbert (Thaman, 1987). A ma connaissance, seul le Cyrtosperma chamissonis croît dans les fosses. Il est possible que C. Wilkes ait voulu différencier deux plantes qui ne sont que des variétés horticoles profanes (qui excèdent rarement 60 cm de haut) ou prestigieuses (qui atteignent communément 3 à 4 m de haut) d'une même espèce, le Cyrtosperma chamissonis. En fonction de la technique utilisée, la plante atteint des proportions extrêmement variables. Cette variabilité a pu conduire Wilkes à considérer cette plante comme étant représentative de deux espèces. 96

7 MIGRATION DUNE PLANTE ET MIGRATION DE SES REPRESENTATIONS de long4» (Wilkes, 1845 (vol.5) : 54). En réalité, les fosses sont de toutes tailles (simple trou ou cuvette de plus de 50 m de long), de toutes formes (rectangulaire, circulaire, croissant, etc.) et de toutes profondeurs (d'une trentaine de cm à plus de 2 m). Leurs berges sont ou non renforcées par des murets de pierres sèches, pourvues ou non d'escaliers. Si les insulaires jouent de cette architecture horticole, la nappe phréatique impose ses contraintes sur la localisation et la profondeur des fosses. Elles sont généralement situées au centre de l'île, là où la nappe phréatique est la plus épaisse. La technique consiste à creuser le substrat corallien jusqu'à récupérer par capillarité l'humidité de la lentille d'eau de pluie infiltrée. Le creusement de cette fosse s'échelonne sur de longs mois, parfois même une année et résulte d'un travail bien souvent collectif sur Nikunau, et familial sur Tabuaeran. La fosse peut être qualifiée de jardins à emboîtements ou de jardins gigognes. Autour de chaque pied de taro de marécage, les insulaires ont recréé un micro jardin artificiel en y déposant un mélange savamment dosé de terres, de sable, d'engrais verts et de feuilles sèches. Des anneaux faits de palmes de cocotiers ou de pandanus sèches sont déposés autour de ce compost et font office de contenant. C'est sur ces îlots de terre, que l' Aracée croît dans des conditions de fertilité idéales et donne naissance à des taros géants {te ikaraoi). Luomala (1970 : 491) par exemple mentionne des tubercules dont la hauteur atteint les épaules d'une personne. Kramer (1906 : 290) estime son poids à 100 livres et déclare que deux hommes munis d'un bâton sont nécessaires pour le transporter. Ces micro jardins «magiques», qui requièrent soins et incantations, côtoient les jardins «profanes» (nous reviendrons sur ces qualificatifs). Ces derniers sont le bourbier même de la fosse, dans lequel les boutures (rejets ou morceaux de tubercules) et les variétés communes {te katutu) sont simplement enfouies, sans compost. La fosse est à la fois grenier et pépinière. Elle préserve les tubercules du dessèchement et de la pourriture sans en altérer le goût, et ce pendant des années. Les plantes entreposées dans ces réservoirs à eau peuvent être consommées après six à neuf mois pour les variétés de tous les jours, ou préservées pendant une dizaine d'années pour les variétés prestigieuses, après quoi, la chair est moins goûteuse. Cette horticulture relève autant des activités masculines que féminines. Si les femmes préparent les anneaux, ramassent les feuilles et la terre pour le compost, portent les outils et désherbent les parcelles, ce sont les hommes qui creusent les fosses, enfouissent les boutures ou les rejets, déterrent les tubercules, déposent le compost et s'entretiennent verbalement avec les plantes. Ces rôles, distincts, assurent en commun la production de nombreux et beaux taros. Mais c'est à l'homme que revient l'absorbant et prestigieux monopole de l'horticulture. Son action est seule investie de religiosité. Lui seul particularise ses relations avec les plantes et développe une «amitié respectueuse» envers son tubercule selon la juste expression d'haudricourt (1962 : 41). 4 «The taro-pits were dug to the depth of eight to ten feet, and were fifty feet long by thirty broad ; they were planted with taro and api, in rows : in the centre was a few inches of water, and the whole earth was moist. The taro, however, was small, although the natives gave an account of its growing to the length of two feet». 97

8 A. Dl PIAZZA LE TARO ET L'ECRITURE Les tubercules sont plutôt maléfiques. Ils ont tendance à ne pas grandir, à ne pas produire en abondance. L'horticulteur les implore donc par des mots, des formules magiques ou des chants à bien vouloir s'épanouir. Le problème est de s'entendre avec ce clone imprévisible. Le bon sens recommande donc de répéter les pratiques d'autrefois, parce que jadis elles ont été efficaces. Ce recours aux ancêtres est réel. Il y a eu transmission du savoir en ligne cognatique. Le grand-père ou l'oncle utérin auquel l'homme se réfère est bien le sien. Autrement dit, l'horticulture repose sur la parenté : celle-ci assure le maintien de celle-là. On est bon ou mauvais horticulteur aussi en vertu de sa filiation. Tout horticulteur n'est cependant pas à l'abri d'une remémoration inexacte, d'un manquement aux règles. Son aptitude à reproduire le passé peut toujours être mise en doute. Qu'on dispose de l'écriture et tout change : on peut s'y reporter, s'y fier. De fait, dès l'arrivée des missionnaires et de l'apprentissage de l'écriture, les insulaires ont inscrit dans des cahiers d'écoliers, les recettes de compost et les formules magiques qui accompagnent les soins apportés aux végétaux. Il est vrai que la première écriture à laquelle les insulaires ont été confrontés est la Bible, illustration par essence d'une vérité première. Depuis, ces cahiers, véritables archives des techniques horticoles, mais aussi des mythistoires, des généalogies, des techniques de navigation, sont soigneusement recopiés de générations en générations et jalousement gardés. Leurs détenteurs n'ont de cesse de défendre leurs biens par ancêtres interposés, seuls personnages à même de justifier la possession d'une telle somme de connaissances. Chaque horticulteur, riche d'un cahier et de la façon de «nourrir les taros», prétend en détenir la bonne lecture. «Nourrir le taro» selon l'expression même des insulaires consiste à égrainer différentes strates de compost les unes sur les autres autour et à la base du tubercule. Ces strates se composent d'un mélange de feuilles de Boerhavia repens, Guettarda speciosa, Messerchmidia argentea, Scaevola sericea, Sida fallax, ou Triumfetta procumbens, de terre humifêre récoltée au pied de Guettarda speciosa, Messerchmidia argentea ou Pisonia grandis, et de boue prélevée dans le fond de la fosse. Le nombre de strates varie entre cinq et sept pour chaque opération. Chants et formulations magiques accompagnent toutes ces actions, qui se répètent chaque fois qu'un nouveau pétiole de Cyrtosperma chamissonis se forme. Cette horticulture du taro de marécage de prestige se retrouve d'îles en îles, de l'archipel des îles Gilbert à l'archipel des îles de la Ligne (Catala, 1957 ; Luomala, 1974). Cette invariante s'explique de par l'existence de ces cahiers. Si l'horticulteur peut justifier de l'exactitude de la technique, elle est écrite, il ne peut s'en détacher. L'innovation individuelle n'y a pas de place. Il existe certes plusieurs versions d'une même technique, mais ce qui frappe surtout à leur lecture, c'est leur similitude. L'observateur s'étonne de trouver si peu de variations et finalement d'y ressentir le poids de la tradition. Peut-être l'écriture a-t-elle contribué à cette unicité. Si l'existence des cahiers ne permet plus de broder sur une technique, le fait de la perpétuer de générations en générations, en ligne réelle ou fictive, par alliance, par 98

9 MIGRATION D'UNE PLANTE ET MIGRATION DE SES REPRESENTATIONS adoption ou par filiation permet de l'étendre au-delà de son clan, au-delà de son île. Les migrants de Tabuaeran, de même qu'ils ont conservé ou recopié ces cahiers, ont perpétué cette horticulture savante du taro de marécage. AUTRES PLANTES, AUTRES MŒURS Quatre autres plantes, qui relèvent non plus de l'horticulture, mais de l'arboriculture viennent compléter le système vivrier de Nikunau et Tabuaeran. Ce sont, par ordre d'importance alimentaire : le cocotier (Cocos nucifera), le Pandanus (Pandanus tectorius), l'arbre à pain (Artocarpus altilis) et le Ficus {Ficus tinctorid). A la différence du taro de marécage, pour lequel «chaque plante est multipliée, entretenue, récoltée individuellement» (Barrau, 1965 : 56), les arbres sont dispersés et replantés sans grande intervention humaine. Seuls les bernard-l'hermite ont par exemple la réputation d'être les véritables cultivateurs du pandanus. En grignotant et déplaçant les drupes, les crustacés facilitent la germination des jeunes plants. L'homme se contente d'observer, de désherber, d'encercler l'arbre d'une jupe de palmes de cocotiers ou autre nœud végétal pour s'approprier sa récolte, de goûter un fruit, plus rarement d'en assurer sa reproduction. Un simple calcul5 permet d'estimer que le rapport arbre planté par an - taro planté par an serait de l'ordre de 2/58, c'est dire si l'opposition arboriculture-horticulture est extrême. S'il est «rare» d'observer la plantation d'un arbre, il n'en reste pas moins vrai qu'au rythme de deux arbres par an et par famille, la végétation de l'île est bien vite construite de toute pièce. En 50 ans, un cultivateur aura planté un hectare. La conception de l'espace qui se dégage de ces quelques chiffres pour le moins approximatifs est bien celui d'une île qui n'est que paysage. De fait, il existe une configuration spatiale idéale (ou paradigmatique) constitutive de la bonne île. Côté sous le vent, les terres résidentielles sont majoritairement occupées par différentes variétés de pandanus qui servent de paravent contre les coups d'ouest (Baiteke, 1992). Au premier plan, les pandanus de type antabwerake (anta : préfixe au nom de pandanus ; bwerake : serrer contre le vent), utilisés pour leur bois. Derrière, les pandanus de type antinakarewe (anti : préfixe au nom de pandanus ; na : marque la pluralité ; karewe : sucré), réputés pour leur drupes juteuses, enfin ceux du type arateinai (ara : préfixe au nom de pandanus ; te : article ; inai : natte), vantés pour la longueur et la souplesse de leur feuilles et servant à la confection des nattes. Les cocotiers sélectionnés principalement pour la production de toddy6 et plantés en bordure de parcelles dressent les limites du terroir. Les arbres à pain, croissent généralement à proximité des habitations, apportant ombrage et fruits. Les bananiers et les papayers, fruits préférés des enfants sont de plus en plus nombreux aux abords des villages. Ils se mêlent aux Morinda citrifolia, qui protègent des 5 Cette moyenne de 58 taros plantés par an a été calculée à partir des données de Catala (1957 : tableau XI). La moyenne de deux arbres plantés par an est basée sur Maude qui donne le chiffre de 150 cocotiers pour assurer la subsistance d'une famille, divisé par la durée de vie d'un cocotier estimée à 80 ans. 6 Le toddy est une boisson obtenue à partir de l'inflorescence immature des cocotiers. 99

10 A. Dl PIAZZA esprits malveillants, aux Ficus tinctoria, aux Messerchmidia argentea et aux Guettarda speciosa, tous utilisés à des fins médicinales et/ou alimentaires. Au-delà, l'intérieur de l'île révèle des terres de culture occupées par une grande diversité des cultivars d'arbres utiles (principalement le cocotier, le pandanus, et l'arbre à pain), par les fosses à taros de marécage, seules composantes permanentes du paysage et ponctuellement par des bosquets de végétation endémique. Les cocotiers dominent, à tel point que le terroir semble enfoui sous ces palmiers. Ceux-ci ont perdu l'ordonnancement d'autrefois, et leurs implantations relèvent davantage de la forêt monospécifique que de la cocoteraie. La formation végétale recherchée, tant sur les terres résidentielles que sur les terres de culture relève non pas tant du nombre d'espèces présentes ou de l'existence d'un quelconque arrangement, mais de sa variabilité intra-spécifique. L'espace qui honore son cultivateur est celui qui recèle un grand nombre de cultivars, celui sur lequel l'homme n'a de cesse d'énoncer spontanément la ou les particularités morphologiques de tel ou tel spécimen. C'est comme un hymne à la diversité. Le terroir, plus ou moins riche, peut être comparé à une collection, plus ou moins grande, de clones que l'homme ne cesse d'archiver. TERMES GENERIQUES ET MORPHOTYPES : UNE GENEALOGIE BOTANIQUE ET HUMAINE La reproduction par voie végétative engendre un même individu, indéfiniment fragmenté. Comme l'écrit Haudricourt (1964 : 95) : «il s'agit d'une agriculture dont la base biologique est absolument stable». Les cultivars résultent de migrations et d'échange, de mutations somatiques ou de mélange du matériel génétique lors de la reproduction sexuée (Lebot et al., 1991). Toujours est-il que l'homme ne se fait pas démiurge. Il ne cherche pas à créer des cultivars en expérimentant de nouvelles conditions agro-écologiques. Ce serait même absurde, on ne crée pas des ancêtres. L'horticulture ne dispose pas d'un langage distinct de celui de la parenté. Le cultivar se perpétue par transmission de son nom, suivant la lignée de l'horticulteur. Pour assurer la descendance de ce bien, l'horticulteur fait appel aux règles de parenté et d'alliance. Il transmet son cultivar à qui de droit. L'attention portée par l'horticulteur a ses cultivars est fondée sur une connaissance intime des cultigènes, acquise tout au long de sa vie et perpétuée de générations en générations. Le nombre de cultivars met en évidence ce long terme et témoigne de l'importance accordée par l'homme au maintien d'un large inventaire (Tableau 1). Au vu du tableau, il apparaît que la reconnaissance de la variation phénotypique s'est concentrée sur le pandanus et le taro de marécage, les deux seules plantes à l'origine des rituels horticoles. L'un (disparu aujourd'hui) pratiqué pour se concilier une abondante récolte de pandanus (Grimble, 1989 : 10-14) ; l'autre pour honorer l'horticulture et ses hommes à travers une rivalité de prestation en taros (nous y reviendrons). 100

11 MIGRATION DUNE PLANTE ET MIGRATION DE SES REPRESENTATIONS Tableau n l : Cultigène Pandanus tectorius Nombre de cultivars pour les cinq cultigènes à la base du système vivrier de Kiribati Cyrtosperma chamissonis Artocarpus altilis Cocos nucifera Ficus tinctoria Nombre de cultivars Références (Sabatier, 1939 :33-35) (Grimble, 1933 : 54) (Luomala, 1953 : 83) (Luomala, 1974 : 17) (Catala, 1957 : 72-73) (Catala, 1957 : 62) (Catala, 1957: 25) (Luomala, 1953 : 69) Le nombre respectif de cultivars pour ces cultigènes ne sont pas comparables. Le mode de reproduction du pandanus à «l'état sauvage» est sexué et Catala (1957 :50) le qualifie même d'hybride instable. Rien d'étonnant donc à ce que sa variabilité intra-spécifique soit si importante. Certains botanistes estiment que le pandanus est endémique à l'archipel de la Ligne (St John, 1952), ce qui accroîtrait encore les morphotypes possibles. Le système de classification des cultivars s'articule sur les caractères du tubercule ou du fruit (sa forme, sa couleur, sa consistance, son aspect lisse ou poilu, son odeur), les caractères du pétiole ou du tronc (absence ou plus ou moins grande densité d'épines), et les caractères des feuilles (leur forme, leur couleur, absence ou présence d'épines). Chaque morphotype est généralement nommé d'un ou deux termes particuliers, souvent signifiants qui sont ajoutés au terme générique. Ce dernier est bien souvent omis pour la désignation du cultivar proprement dit, l'insulaire n'énonçant que les noms binomiaux. Nous avons ainsi pour le taro, le terme générique te babai, un signifiant te ikaraoi qui caractérise un tubercule de prestige ou bien te katutu qui caractérise un tubercule de tous les jours, enfin un autre épithète descriptif relatif à sa couleur uraura, rouge ou baamai, feuilles blanches, à sa croissance kaikui, qui dépérit facilement, etc. En reprenant la terminologie de Meilleur (1998 : 74), nous distinguerons donc un niveau 0, équivalent au lexeme te babai, un niveau -1, équivalent à un groupe de cultivars te ikaraoi ou bien te katutu, enfin un niveau -2 qui désigne un clone spécifique. Pour le cocotier, au niveau 0 se trouve le terme générique te ni ; au niveau -1, un groupe de cultivars te bunia, à mésocarpe comestible et te ni, à mésocarpe non comestible ; enfin au niveau -2 différents épithètes, te roro, noir, etc. Pour ce qui est du pandanus, le système classificatoire semble moins structuré et plus individualisé. Seul un niveau de variabilité morphologique est donné. Le terme générique est te kaina. Au-delà, les cultivars sont désignés par un préfixe {an, ana, une, ani, ara, etc.) suivi d'un épithète. Les hommes reconnaissent leurs propres arbres, s'aventurent rarement à nommer ceux de leurs voisins, prélèvent et baptisent un morceau de branche avec un début de racines aériennes si ce même plant présente des caractères intéressants, ou cueillent les fruits d'un pandanus de brousse sans plus se soucier de sa multiplication, tout en lui attribuant un nom. Les listes descriptives recueillies comprennent donc certainement des noms de morphotypes apparus spontanément par voie sexuée, mais peu utilisés ou consommés par l'homme. Tout ceci montre que le nombre de cultivars n'est pas directement lié au degré 101

12 A. Dl PIAZZA d'élaboration de la classification, à son nombre de niveaux. Autrement dit, on ne complexifie pas une classification parce qu'il y a un grand nombre de cultivars (cas du pandanus), et inversement, une classification élaborée ne requiert pas un grand nombre de cultivars (cas du cocotier). On ne classe pas parce qu'il y a des choses à classer, ni on ne classe pour créer des choses à classer. Mais que la chose à classer soit opératoire, qu'elle fasse sens, et nous aurons un grand nombre et de cultivars et de niveaux (cas du taro de marécage). LA MAISON D'ASSEMBLEE : PRESENCE ET ESSENCE A la différence du taro de marécage, de son horticulture et de sa classification, qui tous se perpétuent d'île en île, et de générations en générations, la maneaba ou Maison d'assemblée, lieu de valorisation du taro, est objet de discontinuité, de non conformité au modèle originel. Ces constructions longues et étroites, esthétiquement fort belles, se dressent au milieu de chacun des villages de Nikunau et de Tabuaeran. Mais si sur Nikunau, la maneaba est une institution politico-sociale, sur Tabuaeran, elle est avant tout religieuse. Sur Nikunau, les insulaires s'y rassemblent chaque fois que les intérêts de la communauté transcendent les intérêts de la lignée. Ces occasions sont fournies par les présentations cérémonielles de nourriture (te rin) en particulier du taro de marécage, l'accueil d'un étranger, la réfection d'un toit de maneaba, ou encore les réunions utiles à la bonne marche du district (Latouche, 1984). Hommes (aux premières loges), femmes et enfants y occupent un espace ou siège (te boti) soigneusement délimité et hiérarchisé, tenu pour légitime en vertu des règles de filiation, d'alliance ou d'adoption avec l'ancêtre fondateur du siège en question. La construction de ces Maisons et les droits qu'y possèdent leurs premiers occupants symbolisent et fondent les droits fonciers sur les domaines résidentiels (kaaingà), les terres à culture (buakonikaî) et certains lieux de pêche (Latouche, 1994). Au cours des générations, ces terroirs ont été divisés, plus rarement regroupés, parfois même (re)conquis selon les aléas de l'histoire. Alliances et mésalliances ont parallèlement abouti à une reconfiguration des sièges de la maneaba. La Maison d'assemblée est bien au cœur de la société. Elle n'a de cesse de réactualiser le lien qui attache une population à sa terre, par ancêtres interposés. Et si les administrateurs coloniaux britanniques ont dès la fin des années quarante réalisé l'inventaire des terres de résidence comme des terres de culture et enregistré leurs ayants droits pour tenter de résoudre les conflits fonciers (Latouche, 1994), ils n'ont pas tenu compte des «non-lieux» : des sièges, des généalogies et des ancêtres qui justifient eux aussi des droits à la terre. Si bien que les fosses à taros et les cocoteraies sont toujours objets de litiges. Sur Tabuaeran, les maneaba sont religieuses, catholiques ou protestantes. Elles se signalent par une présence majestueuse, mais elles ne sont plus ces hautslieux d'histoire, de rencontre mythico-généalogiques, de mise en exergue des taros et des horticulteurs. Tout un chacun s'assoit désormais là où il l'entend. Il n'y a plus de sièges, donc plus de différents à propos de leur mythistoire, de leur hiérarchie et de leur privilège. La tenure foncière est clairement dissociée de la maneaba. 102

13 MIGRATION D'UNE PLANTE ET MIGRATION DE SES REPRESENTATIONS Sur Tabuaeran, les commissaires britanniques ont fait en sorte que tout homme adulte soit pourvu d'une parcelle de terre riche de 150 cocotiers matures. H. E. Maude fait aussi état de trois conditions que la Compagnie Burns Philp opérant alors sur l'île se devait de respecter : «II doit être donné aux colonisateurs des terres d'une taille suffisante pour qu'ils puissent y vivre sans avoir à être employé par la Compagnie ; Les terres doivent leur être données en tant que propriété foncière perpétuelle ; Les colonisateurs doivent avoir libre accès au lagon et à une source d'eau douce7» (Maude, : 29). Dès lors, on comprend mieux pourquoi les hommes les plus démunis et généralement au centre des conflits fonciers ont migré. Il n'empêche que ces mêmes gens ont cru bon de continuer à ériger des Maisons d'assemblée plutôt que des églises (à l'exception d'une qui n'est toujours pas terminée), comme si parallèlement à leur rôle religieux, la présence de ces monuments est d'importance. Les insulaires en admirent toujours l'architecture, prennent plaisir à s'y asseoir pour évoquer leurs souvenirs à voix basse et à se remémorer leur terre d'origine. La Maison suffit à dire que les vieux ont su, et à garder en soi la nostalgie de ce savoir. Elle demeure un lieu chargé d'émotions, d'affectivités. Sur Tabuaeran, la maneaba est un espace de la mémoire, un monument à la gloire du passé. Il est vrai que les sociétés qui se tournent vers la modernité ne se défont pas de leur passé, elles font bien plus, elles le réaménagent. HOMMAGE AUX TAROS, AUX HORTICULTEURS ET AUX ANCETRES C'est au cœur des Maisons d'assemblée de Nikunau (et non de Tabuaeran) que les habitants se rassemblent annuellement pour rendre un culte au taro de marécage, une fois la récolte des fruits de pandanus terminée. Si ce dernier fixe la date de la cérémonie, c'est néanmoins autour du taro de marécage, disponible tout au long de l'année, que l'on honore les horticulteurs. Pour ce faire, les insulaires siègent dans les maneaba à trois reprises pendant sept jours et à une semaine d'intervalle, entre le mois de janvier et février. C'est le temps des réjouissances (jeux et danses sont organisées), du repos (interdiction de cultiver ou de pêcher), mais aussi des compétitions entre sièges. Jusqu'au début du siècle, les occupants de chaque siège, sous la conduite de leur représentant, entraient en rivalité de prestation de taros de marécage. Le ou les 7 «The colonists must be given holdings of sufficient size to maintain themselves quite apart from any employment which they may succeed in obtaining from the Company ; The land should be given to them freehold ; The colonists should have free access to the lagoon and to a convenient supply of fresh water» (ma traduction). 103

14 A. Dl PIAZZA représentants du siège des travailleurs élevaient, commentaient et mesuraient les taros de type te ikaraoi présentés par chacun des sièges. Cet étalage de richesse s'effectuait selon un ordre bien précis, permettant de faire valoir les privilèges attachés aux sièges, comme de réitérer l'histoire qui a présidé à cette hiérarchie. Peu après «l'arrivée du drapeau» comme disent les I-Kiribati en se référant à l'instauration du protectorat britannique, George Murdock interdisait ces cérémonies qui relevaient selon lui d'une débauche de nourriture et de conflits inutiles. Depuis, sur Nikunau en particulier, le rituel se poursuit, à la différence près qu'il s'agit non plus de produire le plus gros tubercule, mais un tubercule dont la taille minimale requise est fixée par le conseil des anciens. Les insulaires sont satisfaits d'avoir vu et compté cette nourriture rassemblée. Quelle abondance! Tout est consommé sur place. Aucun habitant n'en sort plus riche qu'avant, mais certains en sortent estimés. Chacun garde en mémoire l'horticulteur acclamé, la quantité et la qualité du tubercule produit. Les pourvoyeurs de taros accèdent à la renommée à force de travail, ce que les hommes âgés leur concèdent volontiers, tout occupés qu'ils sont à consommer la production de ces horticulteurs. Les anciens, les nommes de pouvoir, les enjoignent à produire un minimum, sous peine d'être montré du doigt par le présentateur de nourriture, ridiculisé par tous les occupants de la Maison d'assemblée et plus grave encore, d'être exclu de leur siège. Mais personne n'est tenu à produire plus que ce minimum. Si tout un chacun aspire au prestige, plus rares sont ceux qui aspirent au travail que cela nécessite. Les anciens sont assujettis à ne pas cultiver, tandis qu'ils assujettissent les autres à planter pour eux-mêmes et leur famille. Le cycle est réciproque, en ce sens que les horticulteurs donnent à leurs parents une partie de la production tirée des terres que ces derniers leur ont transmises. Rien n'est changé à propos des privilèges attachés aux sièges. Tout se passe comme si la compétition entre sièges consistait à créer l'illusion momentanée de l'instabilité dans la hiérarchie de ces sièges. Ironie de l'histoire, on peut penser que l'écriture a exacerbé ces compétitions. Avec elle, ce que l'horticulteur revendique, c'est que lui, mais surtout ses grands-parents et ses ancêtres avant lui ont toujours été les meilleurs cultivateurs de la terre et pourvoyeurs de richesse. LE TARO COMME OBJET DE TRADITION II reste à donner une explication à ce rituel, à cet hommage aux taros et aux horticulteurs. Stimuler les horticulteurs à produire davantage est une hypothèse. Mais c'est oublier que le taro de marécage n'est pas une plante économiquement importante. En reprenant les chiffres de Catala (1957 : tableau XI), une famille possède une moyenne de 100 à 150 pieds de Cyrtosperma chamissonis et plus de 70% d'entre eux sont âgés de moins de 18 mois et ont un poids inférieur au kilogramme. C'est dire si leur apport nutritif est minime. A titre de comparaison, ce même auteur a estimé que le nombre de noix de coco consommé par jour est de quatre (Catala, 1957 : 43). 104

15 MIGRATION D'UNE PLANTE ET MIGRATION DE SES REPRESENTATIONS Signifier que les hommes de la terre, par opposition aux hommes de la mer, sont les pourvoyeurs de richesse est une seconde hypothèse. En honorant les horticulteurs, la société ne signifie-t-elle pas que les taros - et au-delà les ancêtres - on doit en prendre soin? La somptuosité des taros ne vient-elle pas flatter la pérennité des clans, des sièges, et assurer leur continuité? On comprendrait alors mieux pourquoi les migrants de Tabuaeran, qui ont pris la mer rêvant d'un monde meilleur, ont supprimé le rituel. La pirogue élargit considérablement l'horizon de l'île. Au-delà de pourvoir des thons et autres poissons, les navigateurs entrent dans un vaste complexe de relations et de réseau d'échange, par lequel circulent entre autres les cultivars. Ouverts sur l'extérieur, ils représentent ce que la société redoute et admire tout à la fois : la modernité. La société de Nikunau n'a de cesse de mettre en garde ses hommes contre l'attrait de la mer. D'ailleurs, les mythes le disent bien. Depuis que Tabakea (représentant de la terre et des hommes) et Bakoa (représentant de la mer et des requins) se sont partagés le monde après maintes espiègleries, les hommes doivent éviter de se rendre en mer sous peine d'y être mangés. L'architecte de toute Maison d'assemblée le sait aussi. Lorsqu'il pose le longeron côté mer, il s'assure que sa longueur excède celle du longeron côté terre, pour symboliquement retenir les hommes sur l'île. CONCLUSION Qu'il soit difficile de donner une signification rigoureuse au taro de marécage tient à sa dimension pluridimensionnelle. Sans doute même relève-t-il de quelque chose qui est de l'ordre de l'identité, de l'ancestralité (Haudricourt, 1964). C'est ce que donne à penser l'étude comparative d'une société-parent et d'une société-enfant, pour qui le taro demeure une plante de prestige, un tubercule qui se perpétue par transmission de son nom et dont l'échange est tenu pour légitime s'il respecte le langage de la parenté ou de l'alliance. Le don de taro se pratique toujours pour une naissance, une adoption, un mariage, un décès. Tout au long de cet article, nous nous sommes efforcés de montrer que le taro demeure objet de tradition, en dépit des discontinuité relevées : - une maneaba qui ne gère plus les fosses à taros parce que la tenure foncière a été réglée par l'administration coloniale britannique ; - un rituel des premiers fruits supprimé parce qu'il est difficile de rendre hommage aux horticulteurs et à leur lignée dès lors qu'ils ont quitter leur terre d'origine, Nikunau. Le système classificatoire sophistiqué dont le taro fait l'objet, s'inscrit, lui, dans la continuité. Si la combinaison d'un grand nombre de cultivars à un grand nombre de niveaux demeure pertinente tant sur Nikunau que sur Tabuaeran, c'est que comme l'écrit Meilleur, le «phénomène de polyvariété» trouve son fondement dans la cosmologie (Meilleur, 1998). Le taro de marécage renvoie au temps des origines. Les tubercules sont nés d'ancêtres morts. On en a pour preuve l'écriture. De même que les cahiers aident à se remémorer les mythes, ils aident à perpétuer les techniques consistant à «nourrir son taro». Les taros ont accompagné les hommes de Tabuaeran dans leur migration et dans leur quotidienneté. Les insulaires continuent à les observer de près dans le jardin du voisin, à les commenter, à les échanger. Les mêmes cultivars, toujours 105

16 A. Dl PIAZZA aussi renommés sont toujours aussi rarement consommés. Ainsi, ce qui confond la société-parent de la société-enfant, c'est une horticulture savante de la fosse à taro géant. C'est que les conduites les plus quotidiennes, et l'horticulture est de celles-là, sont les plus déterminées, les plus traditionnelles. Et Mauss (1983) le disait déjà. Les manières dont nous marchons, nous mangeons, nous portons, etc. constituent les véritables rituels, ceux dont nous ne nous écartons guère, parce que nous n'y pensons pas. A l'inverse, les ancêtres, eux, n'ont pas suivi les migrants sur Tabuaeran. Il est après tout plus facile de s'encombrer d'un taro que d'un ancêtre. A terre, il faut simplement s'assurer que les anciens cultivars croissent sur les nouveaux terroirs. Mais c'est que le passé vous rattrape et si, sur Nikunau, les ancêtres, on s'y réfère, sur Tabuaeran, les ancêtres, on est en passe de le devenir. REMERCIEMENTS Je tiens à remercier la Sous-Direction des Sciences Sociales, Humaines et de l'archéologie du Ministère des Affaires Etrangères, Paris et le Centre de Recherche et de Documentation sur FOcéanie du CNRS, Marseille, qui m'ont permis, grâce à leurs subventions, de recueillir les données utilisées dans cet article. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES Baiteke A., Traditional Agriculture in Kiribati, Science of Pacific Island Peoples Conference. University of the South Pacific. Barrau J., Les plantes alimentaires de POcéanie, origines, distribution et usages, Marseille, Thèse de la faculté des sciences de Marseille. Barrau J., Histoire et préhistoire horticole de l'océanie tropicale, Journal de la Société des Océanistes, XXI(21) : Bryan E.H., American Polynesia and the Hawaiian Chain, Honolulu, Tongg Publishing Company. Catala R.L.A., Report on the Gilbert Islands : Some Aspects of Human Ecology, Atoll Research Bulletin 59. Di Piazza A., Te Bakoa site. Two old earth oven from Nikunau Island (Republic of Kiribati), Archaeology in Oceania 34(1) : Di Piazza A., (sous presse).- Terre d'abondance ou Terre de misère. Représentation de la sécheresse sur Nikunau (République de Kiribati, Pacifique central), L 'Homme. Di Piazza A. & Pearthree E., (sous presse).- Voyaging and basalt exchange in the Phœnix and Line archipelagoes : the view point from three Mystery Islands, Archaeology in Oceania. Garnett M.C., A Management Plan for Nature Conservation in the Line and Phœnix Islands, Report for the Government of Kiribati, non publié. 106

17 MIGRATION D'UNE PLANTE ET MIGRATION DE SES REPRESENTATIONS Grimble A.F., The migration of a pandanus people, Memoir Supplement, Journal of the Polynesian Society : GRIMBLE A.F., Tungaru Traditions. Writings on the Atoll Culture of the Gilbert Islands, Pacific Islands Monograph Series n 7, University of Hawaii Press, edited by H. E. Maude. Haudricourt A.G., Domestication des animaux, culture des plantes et traitement d'autrui, L 'Homme 2(1) : Haudricourt A.G., Nature et Culture dans la civilisation de l'igname : l'origine des clones et des clans, L 'Homme 4 : KRÀMER A., Hawaii, Ostmikronesian und Samoa : Meine zweite Sùdseereise ( ) zum Studium der Atolle und ihrer Bewohner, Stuttgart, Strecker & Schroder. LATOUCHE J.P., Mythistoire Tungaru. Cosmologies et Généalogies aux Iles Gilbert, Paris, Selaf. Latouche J.P., Conflits et représentation mythique de l'espace, Journal de la Société des Océanistes, 98(1) : Lebot V., Aradhya M.K., & Mashardt R.M., Geographic survey of genetic variation in kava {Piper methysticum Forst. F. and Piper wichmannii C.D.C.), Pacific Science 45(2) : Luomala K., Ethnobotany of the Gilbert Islands. Honolulu, Bernice P. Bishop Museum Bulletin 213. Luomala K., Babai {Cyrtosperma chamissonis), a prestige food in the Gilbert Islands culture, Moscow, VII International Congress of Anthropological and Ethnological Sciences (1964) : Luomala K., The Cyrtosperma systemic pattern : Aspects of production in the Gilbert Islands, Journal of Polynesian Society 83(1) : Maude H. E., Colonization of the Phœnix Islands by the surplus population of the Gilbert and Ellice Islands, Suva, Gilbert and Ellice Islands Colony, Confidential Report. Maude H. E., Of Islands and Men. Studies in Pacific History, Melbourne, Oxford University Press. MAUSS M., 1983 (1950).- Les techniques du corps, in Sociologie et Anthropologie, Paris, P.U.F. : Meilleur B.A., Clones within Clones : Cosmology and Esthetics and Polynesian Crop Selection, Anthropologica XL : Merrill, E.D., The Botany of Cook's voyages. Waltham, Chronica botanica. Sabatier E., Sous l'equateur du Pacifique. Les îles Gilbert et la Mission Catholique, Paris, Dillen. St John H., A new variety of Pandanus and a new species of Fimbristylis from the central Pacific Islands, Pacific plant studies 1 1, Pacific Science 6(2) : Thaman R.R., Plants of Kiribati : Research Bulletin 296 : A listing and analysis of vernacular names, Atoll 107

18 A. Dl PIAZZA Thompson S., Cyrtosperma chamissonis (Araceae) : Ecology, distribution, and economic importance in the South Pacific, JATBA, XXIX(2) : WlLKES C, Narrative of the United States Exploring Expedition during the years 1838, 1839, 1840, 1841, 1845, Vol.5, Philadelphia. 108

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