JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA. Atteindre l Objectif Zéro : Une riposte plus rapide plus intelligente plus efficace

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1 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA Atteindre l Objectif Zéro : Une riposte plus rapide plus intelligente plus efficace

2 La vision de l ONUSIDA 0 Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida. Copyright 2011 Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) Tous droits réservés ISBN: ONUSIDA / JC2216F Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n impliquent de la part de l ONUSIDA aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. L ONUSIDA ne garantit pas que l information contenue dans la présente publication est complète et correcte et ne pourra être tenu pour responsable des dommages éventuels résultant de son utilisation.

3 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

4 L ONUSIDA a élaboré un nouveau cadre d investissement pour la lutte contre le sida, axé sur des stratégies à forte valeur et à fort impact.

5 05 Avant-propos 06 La situation aujourd hui Atteindre l Objectif Zéro : Une riposte plus rapide plus intelligente plus efficace

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7 TRANSFORMER LA RIPOSTE Nous sommes à l aube d une avancée significative dans la riposte au sida. La vision d un monde affranchi de toute nouvelle infection à VIH, de toute discrimination et de tout décès lié au sida a capté l imagination des différents partenaires, des intervenants et des personnes vivant avec le VIH ou concernées par ce fléau. Le nombre de nouvelles infections à VIH continue de diminuer et de plus en plus de personnes entament un traitement. La recherche nous donnant des preuves solides que la thérapie antirétrovirale peut prévenir de nouvelles infections à VIH, il est encourageant de constater que 6,6 millions de personnes bénéficient maintenant d un traitement dans les pays à revenu faible et intermédiaire, soit près de la moitié des personnes éligibles. Il y a quelques années seulement, il paraissait fantaisiste d annoncer la fin de l épidémie de sida à court terme, mais la science, l appui politique et la riposte communautaire commencent à produire des résultats certains et tangibles. Cependant, pour gagner en efficacité, la riposte au sida doit évoluer. Nous devons passer d une approche fragmentée à court terme à une riposte stratégique à long terme accompagnée d investissements qui soient à la hauteur. Le plan d action pour réaliser cette vision est clair. L Assemblée générale des Nations Unies a fixé de nouvelles cibles dans son document historique de 2011 intitulé Déclaration politique sur le VIH/sida : Intensifier nos efforts pour éliminer le VIH/sida, en mettant l accent sur des objectifs clairs et assortis de délais, visant à mettre un terme au VIH mais aussi à améliorer la santé des hommes au sein des diverses communautés. Pour atteindre ces objectifs et apercevoir le bout du tunnel, il faut donner un coup d accélérateur. Associé à ses partenaires, l ONUSIDA a élaboré un nouveau cadre d investissement contre le sida, axé sur des stratégies à forte valeur et à fort impact. Le monde ne peut se montrer à la hauteur des objectifs et de l esprit de la Déclaration politique que si les pays et les donateurs s engagent à utiliser les outils disponibles, en les axant sur les programmes les plus efficaces et en investissant en proportion. Michel Sidibé Directeur exécutif de l ONUSIDA Secrétaire général adjoint des Nations Unies

8 > La situation aujourd hui. L état de l épidémie de sida 21 % Le taux annuel de nouvelles infections à VIH a chuté de 21 % entre 1997 et Le nombre de personnes vivant avec le VIH n a jamais été aussi important, principalement en raison d un meilleur accès aux traitements. Fin 2010, on estimait à 34 millions [31,6-35,2 millions] le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde, soit une hausse de 17 % par rapport à Cela reflète un nombre important et continu de nouvelles infections à VIH et une expansion significative de l accès au traitement antirétroviral, qui a contribué à réduire les décès liés au sida, notamment au cours des dernières années. Personnes vivant avec le VIH Nombre de personnes Personnes vivant avec le VIH Le nombre de personnes décédées de causes liées au sida a chuté à 1,8 million [1,6-1,9 million] en 2010, contre un pic de 2,2 millions [2,1-2,5 millions] au milieu des années Au total, 2,5 millions de décès ont été évités dans les pays à revenu faible et intermédiaire depuis 1995 grâce à l introduction de la thérapie antirétrovirale, selon les derniers calculs de l ONUSIDA. Une grande partie de ce succès a été enregistrée ces deux dernières années grâce à l amélioration rapide de l accès aux traitements. Durant la seule année 2010, décès liés au sida ont pu être évités. À l échelle mondiale, le pourcentage de femmes parmi les personnes vivant avec le VIH reste stable à 50 %, bien qu elles soient plus touchées en Afrique subsaharienne (59 %) et dans les Caraïbes (53 %). 6 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

9 On estime à 2,7 millions [2,4-2,9 millions] le nombre de nouvelles infections à VIH en 2010, dont enfants [ ]. C était 15 % de moins qu en 2001 et 21 % de moins que lors du pic de l épidémie en Le nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH continue de baisser, dans certains pays plus rapidement que dans d autres. L incidence du VIH a chuté dans 33 pays, dont 22 pays d Afrique subsaharienne, la région la plus touchée par l épidémie. Nouvelles infections à VIH et décès liés au sida Nombre de personnes Nouvelles infections à VIH Décès liés au sida Au niveau mondial, les nouvelles infections à VIH ont connu un pic en 1997 Afrique subsaharienne L Afrique subsaharienne reste la région la plus durement touchée par le VIH. En 2010, près de 68 % de toutes les personnes vivant avec le VIH résidaient en Afrique subsaharienne, une région qui ne représente que 12 % de la population mondiale. L Afrique subsaharienne était également à l origine de 70 % des nouvelles infections en 2010, bien qu on ait enregistré une baisse notable de ce taux dans cette partie du monde. Les plus mauvais scores continuent d être enregistrés en Afrique australe, l Afrique du Sud comptant plus de personnes vivant avec le VIH (environ 5,6 millions) que tout autre pays au monde. Depuis 1998, le sida a fauché un million de vies au moins par an en Afrique subsaharienne. Mais les décès diminuent toutefois régulièrement depuis cette date car l accès aux traitements antirétroviraux gratuits s est généralisé dans la région. En 2010, près de la moitié des décès liés au sida se sont produits en Afrique australe. Le nombre total de nouvelles infections à VIH en Afrique subsaharienne a chuté de plus de 26 %, pour atteindre 1,9 million [1,7-2,1 millions] contre 2,6 millions [2,4-2,8 millions] lors du pic de l épidémie en Dans 22 pays d Afrique subsaharienne, la recherche montre que l incidence du VIH a diminué de plus de 25 % entre 2001 et Cela comprend certains des pays les plus touchés par l épidémie au niveau mondial : l Afrique du Sud, l Éthiopie, le Nigeria, la Zambie et le Zimbabwe. L incidence annuelle en Afrique du Sud, bien qu encore élevée, a chuté d un tiers entre 2001 et 2009, passant de 2,4 % [2,1 %-2,6 %] à 1,5 % [1,3 %-1,8 %]. De même, l épidémie au Botswana, en Namibie et en Zambie semble décliner, tandis qu au Lesotho, au Mozambique et au Swaziland, elle semble se stabiliser bien qu étant toujours à des niveaux élevés. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 7

10 Caraïbes Les Caraïbes détiennent le deuxième plus fort taux de prévalence du VIH après l Afrique subsaharienne, même si l épidémie a considérablement ralenti depuis le milieu des années La région des Caraïbes a vu le nombre de nouvelles infections diminuer d un tiers par rapport à 2001 L incidence du VIH a chuté d environ 25 % en République dominicaine et en Jamaïque depuis 2001, tandis qu en Haïti, elle a baissé d environ 12 %. Cette diminution de l incidence du VIH et l amélioration de l accès aux services de prévention pour les femmes enceintes ont conduit à une forte baisse des nouvelles infections à VIH et des décès liés au sida chez les enfants. 250 % En Europe de l Est et en Asie centrale, le nombre de personnes vivant avec le VIH a augmenté de 250 % entre 2001 et Les rapports sexuels non protégés sont la principale cause de transmission du VIH dans les Caraïbes. Le nombre de personnes vivant avec le VIH a également diminué légèrement depuis le début des années L amélioration de l accès à la thérapie antirétrovirale a entraîné une baisse considérable de la mortalité associée au sida. Asie Bien que le taux de prévalence du VIH soit nettement plus faible en Asie que dans d autres régions du monde, l importance de la population asiatique fait de cette partie du monde la deuxième région la plus touchée en valeur absolue. En Asie du Sud et du Sud-Est, on estime à [ ] le nombre de nouvelles infections en 2010, soit 40 % de moins que lors du pic de l épidémie, en En Inde, pays comptant le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH dans la région, le nombre de nouvelles infections a chuté de 56 %. La prévalence du VIH parmi les populations à plus haut risque principalement les travailleurs du sexe, les consommateurs de drogues injectables et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes est élevée dans plusieurs pays asiatiques, bien qu au fil du temps le virus ait tendance à se propager à d autres populations. Les tendances générales dans cette région cachent des écarts épidémiologiques importants, aussi bien entre différents pays qu au sein d un même pays. Dans de nombreux pays asiatiques, les épidémies nationales sont concentrées dans quelques provinces. En Chine, par exemple, cinq provinces regroupent à elles seules 53 % des personnes vivant avec le VIH 1, tandis qu en Indonésie, une part disproportionnée des personnes touchées vit dans les provinces de Papouasie et de Papouasie occidentale 2. Europe de l Est et Asie centrale L Europe de l Est et l Asie centrale ont connu une forte augmentation du nombre de personnes vivant avec le VIH, soit 250 % entre 2001 et La Fédération de Russie et l Ukraine représentent près de 90 % de l épidémie affectant l Europe de l Est et l Asie centrale. La consommation de drogues injectables demeure la principale cause d infection dans cette région, bien que la transmission ait également très souvent lieu aux dépens des partenaires sexuels de ces consommateurs de drogues. Rien ne semble indiquer que l épidémie se soit stabilisée dans la région car les nouvelles infections et décès liés au sida continuent d augmenter. Après un ralentissement au début des années 2000, l incidence du VIH en Europe de l Est et en Asie centrale connaît une nouvelle accélération depuis Contrairement à la plupart des autres régions, les décès liés au sida continuent d augmenter en Europe de l Est et en Asie centrale. 8 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

11 Moyen-Orient et Afrique du Nord Les tendances au Moyen-Orient et en Afrique du Nord varient : l incidence, la prévalence et les décès liés au sida sont en augmentation dans certains pays tandis que dans d autres, l épidémie reste stable. Globalement, la prévalence du VIH dans la région est faible, sauf à Djibouti et au Soudan du Sud, où l épidémie se généralise. Amérique latine En Amérique latine, l épidémie de VIH est généralement stable. Après une diminution annuelle régulière des nouvelles infections depuis 1996, le phénomène a ralenti dans les années 2000, puis s est stabilisé à [ ] nouveaux cas chaque année. Le nombre total de personnes vivant avec le VIH dans la région continue d augmenter. Ce chiffre est partiellement attribuable à l augmentation des personnes vivant avec le VIH et recevant un traitement antirétroviral, ce qui a contribué à réduire le nombre annuel de décès liés au sida. Plus d un tiers (36 %) des adultes vivant avec le VIH dans cette région en 2010 étaient des femmes. Le nombre d enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH a diminué. Entre 2001 et 2010, le nombre de nouvelles infections à VIH et de décès liés au sida chez les enfants a considérablement réduit. Océanie Le nombre annuel de nouvelles infections à VIH en Océanie a augmenté lentement jusqu au début des années 2000, avant de diminuer par la suite. Le nombre de personnes vivant avec le VIH dans cette région était estimé à [ ] fin 2010, soit environ 34 % de plus que le nombre estimé en La mortalité liée au sida a considérablement diminué. Amérique du Nord, Europe centrale et occidentale L épidémie de VIH reste obstinément stable en Amérique du Nord ainsi qu en Europe centrale et occidentale, malgré l accès universel au traitement, aux soins et au soutien, et malgré la prise de conscience généralisée de l épidémie et des causes de l infection à VIH. L incidence du VIH a peu évolué depuis Le nombre total de personnes vivant avec le VIH en Amérique du Nord, en Europe centrale et en Europe occidentale est estimé à 2,2 millions [1,9-2,7 millions] en 2010, soit environ un tiers (34 %) de plus qu en Plus de la moitié de ces personnes (environ 1,2 million) vivent aux États-Unis. Le nombre croissant de personnes vivant avec le VIH reflète la disponibilité à grande échelle du traitement antirétroviral, notamment dans les pays les plus affectés, ce qui a considérablement réduit la mortalité liée au sida. Le nombre de décès liés au sida a peu varié depuis 2000, malgré l augmentation de 34 % du nombre de personnes vivant avec le VIH. Les tendances récentes varient dans cette partie du monde. Le nombre de cas de VIH diagnostiqués a doublé entre 2000 et 2009 en Bulgarie, en Hongrie, en Lituanie, en République tchèque, en Slovaquie et en Slovénie. Ce taux a également augmenté de plus de 50 % en Allemagne et au Royaume-Uni. En revanche, le nombre des nouvelles infections à VIH a diminué de plus de 20 % en Lettonie, au Portugal et en Roumanie 3. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 9

12 Statistiques régionales VIH/sida, 2010 et 2001 Estimations régionales des enfants et adultes nouvellement infectés à VIH, des personnes vivant avec le VIH et des décès liés au VIH. Adultes et enfants vivant avec le VIH Adultes et enfants nouvellement infectés par le VIH Prévalence chez les adultes (%) Décès dus au sida chez les enfants et les adultes Prévalence chez les jeunes (15-24 ans, %) Homme Femme Afrique subsaharienne ,9 millions [21,6 24,1 millions] 1,9 million [1,7 2,1 millions] 5,0 [4,7 5,2] 1,2 million [1,1 1,4 million] 1,4 3,3 [1,1 1,8] [2,7 4,2] ,5 millions [19,1 22,2 millions] 2,2 millions [2,1 2,4 millions] 5,9 [5,6 6,4] 1,4 million [1,3 1,6 million] 2,0 5,2 [1,6 2,7] [4,3 6,8] Moyen-Orient et Afrique du Nord [ ] [ ] 0,2 [0,2 0,3] [ ] 0,1 0,2 [0,1 0,2] [0,1 0,2] [ ] [ ] 0,2 [0,1 0,3] [ ] 0,1 0,1 [0,1 0,2] [0,1 0,2] Asie du Sud et du Sud-Est ,0 millions [3,6 4,5 millions] [ ] 0,3 [0,3 0,3] [ ] 0,1 0,1 [0,1 0,2] [0,1 0,1] ,8 millions [3,4 4,2 millions] [ ] 0,3 [0,3 0,4] [ ] 0,2 0,2 [0,2 0,2] [0,2 0,2] Asie de l Est [ ,1 million] [ ] 0,1 [0,1 0,1] [ ] <0,1 <0,1 [<0,1 <0,1] [<0,1 <0,1] [ ] [ ] <0,1 [<0,1 <0,1] [ ] <0,1 <0,1 [<0,1 <0,1] [<0,1 <0,1] Océanie [ ] 3300 [ ] 0,3 [0,2 0,3] 1600 [ ] 0,1 0,2 [0,1 0,1] [0,1 0,2] [ ] 4000 [ ] 0,2 [0,2 0,3] 1800 [ ] 0,1 0,2 [0,1 0,2] [0,2 0,3] Amérique latine ,5 million [1,2 1,7 million] [ ] 0,4 [0,3 0,5] [ ] 0,2 0,2 [0,1 0,4] [0,1 0,2] ,3 million [1,0 1,7 million] [ ] 0,4 [0,3 0,5] [ ] 0,2 0,1 [0,1 0,6] [0,1 0,2] 10 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

13 Adultes et enfants vivant avec le VIH Adultes et enfants nouvellement infectés par le VIH Prévalence chez les adultes (%) Décès dus au sida chez les enfants et les adultes Prévalence chez les jeunes (15-24 ans, %) Homme Femme Caraïbes [ ] [ ] 0,9 [0,8 1,0] 9000 [ ] 0,2 0,5 [0,2 0,5] [0,3 0,7] [ ] [ ] 1,0 [0,9 1,2] [ ] 0,4 0,8 [0,2 0,8] [0,6 1,1] Europe de l Est et Asie centrale ,5 million [1,3 1,7 million] [ ] 0,9 [0,8 1,1] [ ] 0,6 0,5 [0,5 0,8] [0,4 0,7] [ ] [ ] 0,3 [0,2 0,3] 7800 [ ] 0,3 0,2 [0,2 0,3] [0,1 0,2] Europe centrale occidentale [ ] [ ] [ ] [ ] 0,2 [0,2 0,2] 0,2 [0,2 0,2] 9900 [ ] [ ] 0,1 0,1 [0,1 0,1] [<0,1 0,1] 0,1 0,1 [0,1 0,1] [0,1 0,1] Amérique du Nord ,3 million [1,0 1,9 million] [ ] 0,6 [0,5 0,9] [ ] 0,3 0,2 [0,2 0,6] [0,1 0,4] [ ,2 million] [ ] 0,5 [0,4 0,7] [ ] 0,3 0,2 [0,2 0,4] [0,1 0,3] TOTAL ,0 millions [31,6 35,2 millions] 2,7 millions [2,4 2,9 millions] 0,8 [0,8 0,8] 1,8 million [1,6 1,9 million] 0,3 0,6 [0,3 0,3] [0,5 0,6] ,6 millions [26,7 30,9 millions] 3,1 millions [3,0 3,3 millions] 0,8 [0,7 0,8] 1,9 million [1,7 2,2 million] 0,4 0,8 [0,4 0,4] [0,7 0,8] Méthodologie En collaboration avec les pays partenaires, l ONUSIDA a utilisé le logiciel Spectrum pour calculer les estimations épidémiologiques des pays et régions cités dans ce rapport. Spectrum intègre toutes les données pertinentes et disponibles, notamment : les études sur les femmes enceintes fréquentant les consultations prénatales, les enquêtes démographiques (menées auprès des ménages), la surveillance sentinelle chez les populations à haut risque d infection par le VIH, le signalement des cas, les données démographiques et l information sur les programmes de traitement antirétroviral et les programmes de prévention de la transmission mère-enfant. En prenant ces diverses sources d information en compte, Spectrum génère des estimations sur les nouvelles infections à VIH, le nombre de personnes (adultes et enfants) vivant avec le VIH, le nombre de personnes éligibles aux traitements antirétroviraux et aux services de prévention de la transmission mère-enfant et le nombre de décès liés au sida. Ces nouvelles estimations du VIH (notamment les estimations pour les années précédentes) remplacent celles précédemment publiées et ne doivent pas être comparées aux rapports antérieurs. Les estimations précédemment publiées par l ONUSIDA pour l Amérique latine n incluaient pas le Mexique, qui est maintenant inclus dans cette région. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 11

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15 > Plus rapide. Plus intelligente. Plus efficace. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 13

16 >Une riposte plus rapide. 20 % La couverture antirétrovirale a augmenté de 20 % en Afrique subsaharienne entre 2009 et Accélérer le fléchissement de l épidémie Le monde est face à un choix très clair : maintenir les efforts actuels et obtenir des progrès graduels ou investir intelligemment et gagner rapidement en efficacité dans la riposte au sida. La riposte mondiale sans précédent des dix dernières années a déjà amorcé la régression de l épidémie. Le taux de nouvelles infections à VIH a chuté. Le nombre de décès dus à l infection à VIH a diminué. Des financements sans précédent ont été mobilisés pour ces programmes. Des accords politiques historiques ont eu des conséquences probantes sur l épidémie de sida, notamment la Déclaration d engagement sur le VIH/sida de 2001 et la Déclaration politique sur le VIH/sida de 2006, qui ont soutenu l objectif d accès universel à la prévention et au traitement du VIH, aux soins, ainsi qu au soutien liés au VIH. Il y a environ dix ans, lorsque les dirigeants du monde se sont rassemblés à New York lors de la séance spéciale de l Assemblée générale des Nations Unies sur le sida, convoquée pour la première fois autour d une question de santé, seuls trois pays, le Sénégal, la Thaïlande et l Ouganda, se sont distingués pour avoir organisé une riposte efficace contre le VIH. Aujourd hui, presque tous les pays d Afrique subsaharienne, d Asie et d Amérique latine sont fiers de leur réussite. Toutes ces vies ont été sauvées parce que l on a stoppé de nouvelles infections à VIH et évité des décès liés au sida. En dix années, l implication des dirigeants politiques, l évolution sociale, l innovation et l apport rapide de nouvelles ressources ont transformé la riposte au sida en une réussite emplie d espoir pour la santé mondiale. La riposte au sida a ravivé l intérêt pour la santé mondiale et affiche désormais les couleurs de l espoir, de la résistance, du courage et des responsabilités. Le changement des comportements empêchent de nouvelles infections à VIH, notamment parmi les jeunes La diminution des nouvelles infections à VIH à travers le monde résulte du changement des comportements des jeunes, des professionnels du sexe et de leurs clients, des consommateurs de drogues injectables, des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et des personnes transsexuelles. L accès aux services de prévention du VIH a permis aux individus et aux communautés d agir sérieusement contre la maladie. Dans de nombreux pays où l épidémie s est généralisée, une combinaison de changements des comportements, dont la diminution du nombre de partenaires sexuels, l utilisation plus fréquente du préservatif et l âge plus tardif du premier rapport sexuel, a réduit le nombre de nouvelles infections (incidence). L incidence du VIH dans les zones urbaines du Zimbabwe est passée de très élevée, près de 6 % en 1991, à moins de 1 %, en JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

17 Le monde est face à un choix très clair : maintenir les efforts actuels et obtenir des progrès graduels ou investir intelligemment et gagner rapidement en efficacité dans la riposte au sida. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 15

18 Tendances des nouvelles infections à VIH Tendance des nouvelles infections à VIH, comparées aux estimations si des changements majeurs n étaient pas survenus CAMBODGE PROVINCE DE NYANZA, KENYA Nouvelles infections à VIH chez les adultes Nouvelles infections àvih chez les adultes, si l utilisation du préservatif par les professionnels du sexe et leurs clients est égale à celle de 1994 MALAWI zones urbaines Nouvelles infections à VIH Nouvelles infections à VIH en l absence de circoncision médicale volontaire NOUVELLES INFECTIONS À VIH CHEZ LES ENFANTS DANS LE MONDE Nouvelles infections à VIH chez les adultes Nouvelles infections à VIH chez les enfants Nouvelles infections àvih chez les adultes en l absence de changement des comportements Nouvelles infections à VIH chez les enfants en l absence de traitement La modélisation suggère que sans changement des comportements, l incidence du VIH serait restée deux fois plus élevée qu aujourd hui, soit nouvelles infections annuelles. Les zones urbaines du Malawi connaissent une situation similaire. Faute de changements des comportements sexuels, le taux de nouvelles infections à VIH se serait stabilisé autour de 4 % annuel. Au lieu de cela, il a chuté à moins de 1 % en 2010, soit nouvelles infections évitées, chaque année JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

19 Une nouvelle génération de jeunes prend en main son avenir et se protège du VIH. Les tendances sont nettement encourageantes parmi les jeunes de nombreux pays où le VIH est très présent. Le taux de prévalence du VIH a chuté parmi les jeunes (de 15 à 24 ans) dans au moins 21 pays sur 24 affichant un taux de prévalence nationale supérieur ou égal à 1 %. La chute du taux de prévalence du VIH est statistiquement significative parmi les femmes enceintes fréquentant les services de soins prénataux dans 12 de ces pays. Burkina Faso, Botswana, Congo, Éthiopie, Ghana, Kenya, Malawi, Nigeria, Namibie, République unie de Tanzanie, Togo et Zimbabwe. Quatre de ces pays (Botswana, Malawi, Tanzanie et Zimbabwe) ont également connu des baisses statistiquement importantes de population, selon les résultats d études basées sur la population (parmi les femmes au Botswana, Malawi et Zimbabwe et parmi les hommes en Tanzanie). Trois autres pays ont enregistré des baisses statistiquement significatives de population globale, mais aucune baisse importante parmi les patientes des services de soins prénataux (parmi les femmes en Zambie et parmi les hommes au Lesotho et en Afrique du Sud). Ces baisses ont accompagné les changements encourageants de comportements sexuels chez les jeunes. Le pourcentage de jeunes hommes ayant eu plusieurs partenaires au cours des 12 derniers mois a chuté sensiblement dans 11 des 19 pays disposant de suffisamment de données. Le même pourcentage chez les jeunes femmes a baissé dans six pays. La proportion de jeunes, qui affirment avoir utilisé un préservatif lors de leur dernier rapport sexuel à risque, a nettement augmenté dans sept (pour les hommes) et cinq (pour les femmes) des 17 pays disposant de suffisamment de données. Le pourcentage de jeunes ayant eu des rapports sexuels avant leur 15 e anniversaire a nettement baissé dans huit des 18 pays disposant de suffisamment de données. D importantes dimensions de changement social ont également renforcé le changement mesuré des comportements et leur incidence. Par exemple, les démarches de formation communautaires participative ont prouvé leur efficacité et fait évoluer les références de genre, y compris la violence, lorsque les programmes sur le VIH et la prévention de la violence se conjuguent à la mobilisation communautaire et invitent les hommes à remettre en cause les normes sexospécifiques néfastes. Une étude qui fait référence en Afrique du Sud a récemment suggéré que près d une jeune femme sur sept séropositives aurait pu l éviter, si elle n avait pas subi de violence dans le cadre des relations intimes avec son partenaire. 6 Ce changement des comportements est particulièrement visible dans les pays affichant une prévalence du VIH élevée. Pourtant des écarts existent entre ces pays, car les modèles comportementaux évoluent sans cesse, parfois vers le pire. Par exemple, au Rwanda et au Zimbabwe, la proportion de jeunes femmes ayant plusieurs partenaires a augmenté. Une tendance similaire se dessine parmi les jeunes hommes au Guyana et au Lesotho. L utilisation du préservatif en Ouganda et au Zimbabwe semble décroîtrer. La proportion de jeunes ayant des rapports sexuels avant 15 ans a augmenté au Guyana, au Lesotho et en Haïti, et parmi les jeunes hommes au Rwanda. En outre, dans de nombreux pays affichant une prévalence élevée du VIH, les jeunes hommes commencent à être circoncis. Les essais cliniques au Kenya, en Afrique du Sud et en Ouganda montrent que la circoncision médicale volontaire diminue d environ 60 % 7-9 le risque de transmission sexuelle des femmes aux hommes. Les résultats préliminaires d études croisées de la communauté d Orange Farm en Afrique du Sud, qui commence à appliquer ce geste chirurgical prouvent l efficacité de cette démarche. 10 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 17

20 Circoncision médicale volontaire au Kenya Le Kenya pourrait éviter nouvelles infections à VIH entre 2011 et 2015, si 80 % des hommes adultes non circoncis l étaient d ici 2015 et que le taux de couverture était maintenu. Cet objectif requiert circoncisions. Avant la fin de l année 2010, circoncisions auront été effectuées, soit 27 % de l objectif national. La province de Nyanza a atteint 62 % de son objectif de Les investissements réguliers dans les programmes de modification des comportements sont en mesure d accélérer encore la régression des nouvelles infections à VIH. Les études montrent qu environ nouvelles infections à VIH ont été évitées chez les hommes, en 2010, dans la province de Nyanza au Kenya, grâce aux programmes de circoncision médicale volontaire massive. Si les jeunes hommes se sont montrés tout à fait prêts à prendre cette option, il conviendrait de toucher aussi les hommes plus âgés pour que cette démarche porte tous ses fruits. On estime que 20 millions d hommes doivent encore être circoncis en Afrique du Sud et de l Est pour que toute la population bénéficie de la prévention. Si cet objectif est atteint, près de 3,4 millions de nouvelles infections à VIH seront évitées d ici Accélération résultant d un ciblage des populations présentant un risque plus élevé d infection à VIH Cibler les populations présentant un risque plus élevé d infection à VIH dans les pays où l épidémie est concentrée a porté ses fruits. Néanmoins, dans de nombreux cas, ces bénéfices sont restreints. Il reste encore beaucoup à faire. Au Cambodge, le taux d utilisation régulière du préservatif par les professionnels du sexe et leurs clients est passé d environ 40 % en 1997, à 90 % actuellement. Par ailleurs, les nouvelles infections à VIH ont chuté à moins de cas par an. Si le taux d utilisation du préservatif était resté au niveau de 1994, avant l augmentation de son utilisation, le nombre annuel de nouvelles infections à VIH aurait sans doute atteint On observe un résultat similaire à Cotonou, au Bénin, où un programme intensif de changement des comportements mené auprès des travailleurs du sexe 13 réduirait de à le nombre de nouvelles infections, chaque année. Investir dans les jeunes leaders Dans le but de ralentir la propagation du VIH, la Déclaration politique de 2011 fait appel à tous les pays pour encourager et soutenir l implication active et la prise de responsabilité des jeunes dans la riposte, tant à l échelle mondiale, que régionale et nationale. Des jalons particuliers doivent garantir la participation efficace des jeunes dans les mécanismes de coordination nationaux et les organes de coordination nationaux contre le sida. En outre, la Déclaration politique de 2011 promet des mesures spécifiques visant à impliquer des jeunes séropositifs ou non à propos du VIH dans les communautés, les familles, les écoles, les centres de loisirs et les lieux de travail. Le Fonds VIH des jeunes leaders permet cette émancipation des jeunes les plus touchés par le VIH. Ce fonds a octroyé 23 bourses à des projets communautaires dans 19 pays depuis Il encourage des initiatives pilotées par des jeunes dans les domaines de la sensibilisation, des services entre jeunes et de la mobilisation communautaire. Les jeunes déterminent l allocation des bourses et apportent l assistance technique. À Dhaka, au Bangladesh, des programmes de réduction des risques sont réputés ralentir la propagation du VIH chez les consommateurs de drogues injectables. La prévalence du VIH parmi cette population a augmenté de 1,4 % en 2000 à 7 % en 2007 avant de chuter à 5,3 % en 2011, soit le niveau observé dans des régions dépourvues de programme de prévention. Dans les pays dépourvus de programmes de réduction des risques ou de riposte au VIH à grande échelle, les conséquences ont été très graves. À St Pétersbourg, en Russie, la prévalence du VIH a doublé durant les cinq dernières années. On estime à près de 60 % la prévalence du VIH parmi les consommateurs de drogues injectables JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

21 Ces consommateurs de drogues injectables ont également besoin d un Réduction des risques en Iran accès équitable aux services sociaux et de santé, sans discrimination. Des études On estime que 15 % (entre 5 % et 25 %) des consommateurs de drogues menées en Europe de l Est et en Asie injectables en Iran vivent avec le VIH. 18 Le pays a donc créé un réseau de centrale montrent que de nombreux plus de 600 cliniques où traiter la consommation de drogues injectables, consommateurs de drogues injectables le VIH et les infections sexuellement transmissibles. 19 Environ la moitié des évitent soigneusement de chercher des consommateurs de drogues injectables en Iran reçoit un traitement de services de santé en raison de l ostracisme substitution aux opiacés. Parallèlement, 40 seringues et aiguilles stériles ou de crainte que le personnel médical sont distribuées par consommateur de drogues injectables, chaque année. 20 ne les dénonce aux autorités. 15 De Depuis que ce réseau national est en place, la prévalence du VIH a nettement tels obstacles restreignent l accès des diminué depuis le pic de individus aux services de santé de base, comme les conseils pour réduire les risques sexuels et les soins des infections sexuellement transmissibles ou la thérapie antirétrovirale pour les séropositifs. Le TARV est la clé d une accélération du progrès Si la régression des nouvelles infections est le fruit du changement des comportements et marque un net retoursur investissement en matière de riposte et deprévention du VIH, les premières baisses sont souvent suivies d une stabilisation des taux de nouvelles infections. Un modèle se dégage en matière de nouvelles infections : après les sommets initiaux vient une réduction, fruit des efforts de prévention effectués à plus grande échelle et du changement des comportements, suivis d une stabilisation du taux, souvent à des niveaux assez élevés. Les preuves récentes suggèrent que cet effet de plateau peut être brisé par les bénéfices préventifs supplémentaires d une couverture de soins plus intensive. 16 Les augmentations les plus marquées de la couverture par la thérapie antirétrovirale sont survenues en Afrique subsaharienne, avec une hausse de 20 %, entre 2009 et 2010 seulement. On estime qu au moins 6,6 millions de personnes des pays à revenu faible et intermédiaires bénéficient du traitement du VIH. Cela représente une augmentation de plus de 1,35 million par rapport à l année précédente. Dans les pays à revenu faible et intermédiaires 47 % de 14,2 millions des personnes éligibles vivant avec le VIH bénéficient désormais d une thérapie antirétrovirale, par rapport aux 39 % à la fin de Le Botswana, la Namibie et le Rwanda ont atteint l accès universel au traitement (défini comme une couverture de 80 % ou plus). Le taux de couverture au Swaziland et en Zambie atteint 70 % à 80 %. L offre de traitement du VIH dans les villes et les villages d Afrique subsaharienne, de Harare à Addis Abeba jusque dans les zones rurales du Malawi et la province du Kwazulu Natal en Afrique du Sud a énormément réduit le taux de mortalité lié au VIH. 17 À l échelle mondiale, le traitement a évité 2,5 millions de décès liés au sida dans les pays à revenu faible et intermédiaire, depuis 1995, la majorité ces dernières années. L accès au traitement optimise la réussite des programmes combinés de prévention du VIH Outre, l amélioration de la qualité de vie et la réduction des décès liés au VIH, le traitement antirétroviral est désormais reconnu pour éviter la transmission du VIH en réduisant la charge virale et le risque de transmission du VIH. Coupler l accès au traitement avec une combinaison d options préventives fait baisser le taux de nouvelles infections à VIH vers des niveaux record. Dans les pays hyperendémiques (ceux dont la prévalence chez les adultes dépasse 15 %) la combinaison du traitement du VIH à des programmes visant à faire évoluer les comportements et à des programmes de circoncision médicale volontaire pourrait être la clé d une baisse rapide des nouvelles infections à VIH. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 19

22 Proportion de la population eligible à la thérapie antirétrovirale sous traitment dans les pays à revenu faible et intermédiaire, à la fin de l année 2010 L augmentation rapide de la couverture TARV place de plus en plus de pays dans la catégorie de l accès universel. 20 % 39 % Algérie Angola Arménie Azerbaïdjan Bangladesh Bhoutan Bolivie Bulgarie 40 % 59 % Burundi Bélarus Cameroun Belize République centrafricaine Bénin Tchad Burkina Faso Chine Cap Vert Colombie Congo Côte d Ivoire Salvador Guinée équator. Érythrée Fidji Gabon Gambie Guatemala Ghana Guinée Hongrie Guinée-Bissau Inde Haïti Indonésie Honduras 0 % 19 % Afghanistan Rép dém du Congo Djibouti Égypte Iran Kirghizistan Lettonie Madagascar Maldives Île Maurice Népal Pakistan Somalie Soudan Tadjikistan Tunisie Ukraine Kazakhstan Liban Liberia Lituanie Malaisie Mauritanie Mongolie Maroc Myanmar Niger Nigeria Panama Pologne Rép. De Moldavie Féd de Russie Sao Tome et Principe Serbie Sierra Leone Sri Lanka Ouzbékistan Jamaïque RDP du Laos Lesotho Malawi Mali Mozambique Oman Papouasie-Nouvelle-Guinée Pérou Philippines Sénégal Afrique du Sud Surinam Togo Turquie Ouganda Rép U de Tanzanie Venezuela Viet Nam Zimbabwe 60 % 79 % Argentine Brésil Costa Rica Rép. dominicaine Équateur Éthiopie Géorgie Kenya Mexique Paraguay Roumanie Swaziland Thaïlande Uruguay Zambie >80 % Botswana Cambodge Chili Comores Croatie Cuba Namibie Nicaragua Guyana Rwanda Slovaquie Source : ONUSIDA et OMS, JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

23 La Namibie est à l avant-garde et récolte les avantages liés à ce type de démarche. Au cours de la dernière décennie, le pays a mis en place à grande échelle à la fois des programmes de prévention du VIH et des programmes de traitement. L utilisation du préservatif a augmenté de près de 75 % parmi les hommes ; moins de 11 % des hommes et 2 % des femmes ont plusieurs partenaires ; les jeunes, notamment les garçons, ont leur premier rapport sexuel plus tard. L accès au traitement a atteint un sommet jamais égalé de 90 %. Les conséquences conjuguées ont permis de passer de nouvelles infections à VIH en 1999 à en Les données provenant de pays hyperendémiques suggèrent que les programmes visant à faire évoluer les comportements sont vitaux pour faire diminuer le taux de nouvelles infections à VIH. Toutefois, après des chutes initiales, le nombre de nouvelles infections à VIH tend à se stabiliser, parfois à des taux relativement élevés. L offre de nouveaux outils de prévention du VIH, comme la circoncision et le traitement du VIH sont en mesure de briser cet écueil. Dans les pays qui ont atteint une couverture de traitement importante, les nouvelles infections peuvent diminuer, même en l absence de changements significatifs dans les modèles de comportements sexuels. Le Zimbabwe, par exemple, a enregistré une baisse des nouvelles infections à VIH entre 1995 et Cette baisse a été suivie d une période relativement stable avec une incidence VIH de 1 %, plus de nouvelles infections à VIH, par an. Cependant, ces dernières années, le taux de nouvelles infections à VIH a entamé une nouvelle baisse, coïncidant avec le passage à grande échelle du traitement du VIH mais, aucun changement important des comportements sexuels, au niveau national. De même, des baisses récentes du taux de nouvelles infections à VIH au Lesotho doivent être signalées. Elles surviennent, en effet, suite à la conjonction d une augmentation des comportements à risque parmi certaines populations. La baisse du taux de nouvelles infections à VIH s explique, au moins en partie, par la hausse du nombre de personnes accédant au traitement et par l effet préventif des programmes en cours. 22 Dans les pays qui ont atteint le niveau d accès universel au traitement, les résultats sont encore plus marqués. Au Botswana, les premières baisses du taux de nouvelles infections àvih peuvent s expliquer par la tendance naturelle de l épidémie conjuguée à l augmentation très nette de l utilisation du préservatif entre 1988 et 2000 (selon l enquête démographique et la santé au Botswana, seules 10 % des femmes adultes déclarent avoir déjà utilisé un préservatif). Depuis 2000, la relative stabilisation des schémas de comportement sexuel amorce un ralentissement de la baisse de nouvelles infections àvih. Toutefois, durant cette période, le Botswana a également rapidement accru la fourniture de traitement antirétroviral. Le Botswana a été le premier pays africain à mettre en place un programme de thérapie antirétrovirale national gratuit. Le test de dépistage du VIH à domicile Le fait que la moitié des personnes vivant avec le VIH ne le savent pas représente un obstacle de taille au traitement à grande échelle et limite les avantages du traitement préventif. La situation dans certaines régions parmi les plus touchées est encore plus catastrophique : une étude récente réalisée au Kenya montre que seulement 16 % des adultes vivant avec le VIH le savent. 23 Une batterie de tests, du prélèvement au bout du doigt au prélèvement buccal, donne désormais des résultats en moins de 20 minutes. Le coût de ces tests est désormais de l ordre des cents. Malgré les progrès technologiques, le test suscite toujours des craintes. L accès aux cliniques est peu pratique. L expérience du test de dépistage du VIH est souvent stigmatisante. 24 La stigmatisation réelle ou anticipée se révèle être un frein puissant au test. Ceci a des effets négatifs sur les programmes comme ceux conçus pour éliminer les nouvelles infections VIH des enfants. 25 L autotest à domicile permettrait de modifier radicalement l accès au test. Les informations et l assistance pourraient être procurées à distance. Plus important, les personnes séropositives auraient besoin d un accès simple aux soins, à commencer par le test de confirmation. En septembre 2011, la commission sida de la Chambre des Lords britannique a réclamé l abrogation de la législation interdisant certains tests de dépistage du VIH. 26 Le Terrence Higgins Trust a fourni de solides arguments en faveur de la légalisation des kits de test de VIH à domicile, notamment à destination des homosexuels. 27 iteach, programme de sensibilisation de l hôpital Edendale au KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, est aux prises avec les modèles d autotest dans l une des régions les plus touchées au monde. 28 L équipe souligne avec ironie que ces kits de test doivent être mis sous clé, faute de quoi le personnel médical y accéderait de manière informelle. L OMS a examiné cette question au début de l année. 29 Edwin Cameron, juge à la cour constitutionnelle d Afrique du Sud, prône le test de VIH à domicile. Il a déclaré que la connaissance de son statut sérologique «doit simplement faire partie de la vie». Il affirme que les gens ont le droit d accéder à des tests précis et de les utiliser dans la confidentialité de leur domicile. Il est conscient que l accès au traitement et aux soins ou les pratiques sexuelles protégées ne résoudront pas tous les problèmes, mais qu il s agit «d un moyen simple et abordable de franchir la première étape.» JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 21

24 Nouvelles infections, changements de comportement et couverture du traitement au Botswana 100% 50% changement de comportement Utilisation du préservatif lors des rapports sexuels à haut risque (hommes, en %) Utilisation du préservatif lors des rapports sexuels à haut risque (femmes, en %) 1 seul partenaire au cours de l année écoulée (femmes, en %) 1 seul partenaire au cours de l année écoulée (hommes, en %) 0% nouvelles infections et couverture du traitement 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0 0% Nouvelles infections Couverture du traitement (en %) Source : Enquête sur les indicateurs du VIH/sida au Botswana ; ONUSIDA ; OMS. Le traitement pour le VIH est désormais disponible dans 30 hôpitaux et 130 cliniques satellites à travers le pays. Depuis 2009, le Botswana maintient un taux supérieur à 90 % des personnes éligibles sous traitement. 30 Des signes précoces indiquent que l accès accru au traitement contribue à accélérer le fléchissement des nouvelles infections à VIH. Les données de modélisation suggèrent que le nombre de nouvelles infections à VIH est de 30 % à 50 % inférieur à ce qu il aurait été en l absence d accès universel au traitement pour les personnes éligibles vivant avec le VIH. Les effets préventifs complets du traitement du VIH seront constatés au fil des 5 années à venir, lorsque de plus en plus de pays hyperendémiques atteindront des niveaux de couverture élevés. L augmentation massive du nombre de personnes ayant bénéficié du traitement en Afrique du Sud entre 2009 et 2010, par exemple, se traduira sans doute par une baisse sensible du nombre de nouvelles infections à VIH, à court terme. 22 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

25 Toutefois, plus de 60 % des personnes vivant avec le VIH ne connaissent pas leur statut sérologique, ce qui restreint sensiblement les dividendes de la prévention du traitement du VIH. Ce phénomène limite l accès au traitement et aux services de soins et retarde les efforts de prévention. De nouvelles approches du test de dépistage du VIH doivent encore être analysées afin de sensibiliser davantage au statut sérologique. L intégration du test de VIH aux services de santé de routine a contribué à la généralisation des tests, mais cela reste insuffisant. De nouvelles approches communautaires du test pourraient améliorer l accessibilité et la prise, donc le degré de sensibilisation au statut sérologique et de prise de conscience. Accélération du fléchissement dans le nombre de décès dus à la tuberculose Faute de traitement et de prophylaxie, les personnes vivant avec le VIH présentent un risque 20 à 30 fois plus élevé de contracter la tuberculose évolutive, au cours de leur vie, par rapport à des personnes ne vivant pas avec le VIH. 31 En 2010, les personnes vivant avec le VIH représentaient environ 13 % des nouveaux cas de tuberculose dans le monde et environ personnes sont décédées des suites de tuberculose liée au VIH. 32 Le nombre de décès causés par la tuberculose parmi les personnes vivant avec le VIH régresse depuis Une collaboration étroite des programmes liés au VIH et à la tuberculose est en mesure d accélérer encore ce recul afin d atteindre l objectif mondial de réduction de moitié des décès causés par la tuberculose liée au VIH d ici Les soins, la guérison et la prévention de la tuberculose doivent progresser parmi les personnes vivant avec le VIH. Moins d un tiers des personnes vivant avec le VIH ont cherché à se faire soigner de la tuberculose dans une clinique en Réduire de moitié les décès causés par la tuberculose liée au VIH implique de doubler ce taux, d augmenter le taux de guérison de la tuberculose de 70 % à 85 %, de détecter au moins 80 % des cas de tuberculoses chez les personnes vivant avec le VIH et de faire en sorte que le traitement préventif à l isoniazide touche au moins 30 % des personnes vivant avec le VIH sans souffrir de la tuberculose évolutive. Les pays à forte prévalence du VIH doivent offrir un dépistage et des tests de VIH et de tuberculose réguliers et avoir recours à des outils et des algorithmes de diagnostic plus sensibles et plus spécifiques. Une dose quotidienne peu coûteuse d isoniazide réduit de manière significative le risque que la tuberculose latente atteigne un stade évolutif. 31 Au moins 30 % des personnes vivant avec le VIH ne souffrant pas de tuberculose évolutive devraient recevoir le traitement préventif à l isoniazide. Enfin, la thérapie antirétrovirale doit être commencée en temps opportun, car un traitement précoce réduit de manière importante les risques de maladie et de décès causés par la tuberculose liée au VIH. Atteindre l objectif mondial de réduction de moitié des décès causés par la tuberculose liée au VIH d ici 2015 passe par l accès universel au traitement du VIH. 33 L Afrique du Sud met l accent sur les soins de la tuberculose liée au VIH L Afrique du Sud paie le plus fort tribut au VIH et à la tuberculose, dans le monde. Pourtant, ce pays fournit des efforts importants pour traiter ces maladies. Environ personnes souffrant de tuberculose ont subi les tests de VIH en 2010 et. 60 % d entre elles ont été diagnostiqués séropositifs. Plus de la moitié ont commencé une thérapie antirétrovirale et les trois quarts ont reçu un traitement préventif de cotrimoxazole. La même année, environ 60 % des 3,9 millions de personnes soignés pour le VIH ont été dépistés pour la tuberculose ; 12 % d entre eux ont reçu un traitement préventif à l isoniazide. Une campagne de conseil et de test de VIH intégrant le dépistage de la tuberculose a incité personnes vivant avec le VIH à effectuer le test de dépistage de la tuberculose d entre elles ont bénéficié du traitement préventif à l isoniazide. 34 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 23

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27 Plus rapide. > Plus intelligente. Plus efficace. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 25

28 >Une riposte plus intelligente. Des investissements intelligents pour renforcer l impact du programme L épidémie de sida n est pas encore terminée, mais la perspective de sa fin pourrait se rapprocher à condition que les pays investissent intelligemment. Au cours des cinq prochaines années, des investissements judicieux peuvent aider à faire progresser la lutte contre le sida vers l objectif «zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination et zéro décès liés au sida». Pour garantir l optimisation des ressources, les enseignements tirés des trente dernières années doivent être efficacement mis en pratique. Investir intelligemment, investir pour des résultats La crise économique actuelle et la diminution des ressources internationales ont réduit les moyens financiers mis à la disposition de la lutte contre le sida. Fin 2010, environ 15 milliards de dollars US étaient disponibles. L aide internationale est passée de 8,7 milliards de dollars en 2009 à 7,6 milliards en La résilience de la riposte au sida a permis d amortir l impact négatif de cette réduction des ressources, mais le déficit de financement cumulé est l un des facteurs qui ont empêché le monde d atteindre les objectifs fixés en 2001 pour L avenir du financement de la lutte contre le sida dépend d investissements intelligents : dépenser maintenant pour éviter de devoir «dépenser plus sans fin». En juin 2011, les États membres se sont mis d accord sur un ensemble de nouveaux objectifs mondiaux, notamment la mise à disposition chaque année, d ici à 2015, d au moins 22 à 24 milliards de dollars US pour la lutte mondiale contre le VIH. Ce niveau de ressources est fondamental si l on veut atteindre les nouveaux objectifs mondiaux. Il est encore plus essentiel que ces ressources soient investies judicieusement afin de maximiser le retour sur investissement et d optimiser l utilisation des ressources. Un nouveau cadre d investissement de l ONUSIDA fournit une feuille de route pour ce type d approche, en liant les investissements à des résultats concrets. Le cadre d investissement pour la lutte mondiale contre le VIH part du principe que, si des progrès immenses ont été accomplis dans la lutte mondiale contre le VIH, un effort systématique pour faire correspondre les investissements aux besoins a jusqu ici largement fait défaut. Le décalage qui en résulte a obligé à répartir des ressources déjà trop limitées sur un nombre d objectifs trop élevé. Le cadre représente une rupture radicale par rapport aux approches actuelles, et est doté de quatre objectifs clairs : Optimiser les bénéfices de la lutte contre le VIH Utiliser une épidémiologie spécifique à chaque pays pour garantir une affectation rationnelle des ressources Encourager les pays à mettre en œuvre les programmes les plus efficaces basés sur le contexte local Accroître l efficacité de la prévention, du traitement, des soins et du soutien en matière de VIH. 26 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

29 Le cadre représente une rupture radicale par rapport aux approches actuelles, et est doté de quatre objectifs clairs : 1. Optimiser les bénéfices de la lutte contre le VIH 2. Utiliser une épidémiologie spécifique à chaque pays pour garantir une affectation rationnelle des ressources 3. Encourager les pays à mettre en œuvre les programmes les plus efficaces basés sur le contexte local 4. Accroître l efficacité de la prévention, du traitement, des soins et du soutien en matière de VIH. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 27

30 Projections du cadre d investissement pour les nouvelles infections à VIH Des investissements optimisés aboutiront à une baisse rapide du nombre de nouvelles infections à VIH dans de nombreux pays CAMBODGE VIETNAM NIGERIA FÉDÉRATION DE RUSSIE AFRIQUE DU SUD ZIMBABWE Situation mondiale des nouvelles infections à VIH Situation actuelle et projections Bénéfices du cadre d investissement 28 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

31 Retour sur investissement Une approche plus stratégique en matière de dépenses permettrait d obtenir des résultats extraordinaires, en évitant au moins 12,2 millions nouvelles infections à VIH, dont 1,9 million chez les jeunes enfants, et 7,4 millions de décès liés au sida entre 2011 et 2020 par comparaison à une poursuite des approches actuelles 35. Au titre du cadre d investissement, l investissement supplémentaire de dollars US par année de vie gagnée serait largement compensé par des économies sur les seuls coûts de traitement. Pour parvenir à un accès universel au traitement, à la prévention, aux soins et au soutien en matière de VIH d ici à 2015, et pour le maintenir, le financement du programme de lutte contre le VIH doit passer de 16,6 milliards de dollars US en 2011 à 24 milliards en 2015, avant de baisser à 19,8 milliards en Afin d obtenir une optimisation des ressources aussi efficace que possible, les programmes nationaux de lutte contre le VIH doivent faire des investissements au bon moment et au bon endroit, utiliser les bonnes stratégies, accroître l efficience, réduire les coûts et encourager l innovation. Chacune de ces tactiques est essentielle et une fois combinées, elles peuvent poser les fondations d une lutte durable contre le sida. La plupart des principaux fournisseurs d aide internationale au développement dans le domaine du sida ont décidé de soutenir les pays dans la tâche constante d optimisation de leurs ripostes en accordant une priorité plus claire aux investissements. L approche axée sur les investissements est au premier rang de la nouvelle stratégie actuellement élaborée par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, mais aussi de la stratégie de prévention du VIH adoptée récemment par le Plan d urgence du président des États-Unis pour la lutte contre le sida. Une nouvelle stratégie émerge actuellement qui établit clairement une correspondance entre les intérêts des pays donateurs en matière d optimisation des ressources et la mise en œuvre optimale des intérêts des pays. Investir de manière appropriée, au bon endroit et avec les bonnes stratégies Des investissements complets et rapides dans la lutte contre le sida peuvent déboucher sur des résultats à long terme. Le Brésil effectue des investissements judicieux depuis de nombreuses années et se trouve à l avant-garde en matière d accès aux services de prévention et de traitement du VIH pour les populations les plus vulnérables et marginalisées. En 2008, le pays a investi plus de 600 millions de dollars US, ce qui est proche des besoins estimés pour une riposte à grande échelle. Les fonds affectés par la Fédération de Russie sont d une ampleur similaire, mais le retour sur investissement n est pas aussi élevé qu au Brésil, car sa stratégie d investissement n est pas optimisée. En Fédération de Russie, les investissements annuels liés au VIH en 2008 approchaient les 800 millions de dollars US, soit environ l équivalent du montant total exigé en Cependant, le nombre de nouvelles infections à VIH est en augmentation, car une faible partie du total des investissements est affectée aux programmes de réduction des risques pour les consommateurs de drogues injectables, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ou les professionnels du sexe. Sur les 81 millions de dollars US dépensés pour les programmes de prévention du VIH en 2008, seuls 8 millions ont été investis pour ces catégories de populations. Un changement de stratégie visant à adopter une approche de réduction des risques et à réviser les priorités d investissements pourrait réduire de façon significative le nombre de nouvelles infections à VIH. L Ukraine commence actuellement à adopter des approches de programme efficaces, mais le niveau des investissements reste inadéquat, sans commune mesure avec l ampleur de l épidémie. L Ukraine a investi près d un tiers de son budget de prévention en 2008 en faveur des principales populations touchées, JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 29

32 mais les besoins sont deux fois supérieurs aux fonds disponibles pour les consommateurs de drogues injectables, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les professionnels du sexe. La modélisation réalisée par l ONUSIDA indique qu un doublement des investissements annuels consacrés au sida en Ukraine et une amélioration de la couverture des programmes de prévention et de traitement du VIH pour les consommateurs de drogues injectables, les professionnels du sexe et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes pourraient réduire de 65 % le nombre annuel de nouvelles infections à VIH d ici à Une comparaison similaire peut être effectuée entre le Cambodge et le Vietnam. Le Cambodge est un autre exemple de pays où les investissements de lutte contre le VIH sont en adéquation avec l épidémie et ont été alignés sur les tendances épidémiologiques, ce qui a permis d entraîner une réduction spectaculaire de l incidence du VIH. Si cette tendance se poursuit, le Cambodge pourrait être à même de réduire progressivement ses investissements de lutte contre le VIH sans remettre en cause les avancées obtenues au cours des dix dernières années. Au Vietnam, en revanche, les investissements ne sont pas alignés de la même façon. L épidémie est principalement causée par utilisation de drogues injectables et les relations sexuelles entre hommes, mais la couverture et les investissements dans des programmes efficaces de réduction des risques pour ces populations restent insuffisants. Un alignement des investissements basé sur les principes du cadre d investissement pourrait permettre de diviser par deux le nombre de nouvelles infections à VIH dans le pays d ici à Dans le cas de l Afrique du Sud, pays qui enregistre le nombre le plus élevé de nouvelles infections à VIH, les investissements liés au VIH ont augmenté de façon significative au cours des deux dernières années et cela commence à avoir un effet visible. Le taux de nouvelles infections à VIH a baissé de 22 % entre 2001 et 2009, et la mortalité liée au sida a réduit de 21 % entre 2001 et Une stagnation des niveaux d investissement entraînerait une stabilisation du nombre de nouvelles infections à VIH à environ par an. Toutefois, si l Afrique du Sud continue à accroître ses investissements dans la lutte contre le sida avec une aide nationale et internationale, le nombre annuel de nouvelles infections à VIH pourrait être réduit à moins de Le Nigeria arrive au deuxième rang mondial des nouvelles infections à VIH, et ses investissements en la matière sont insuffisants, ce qui réduit largement sa capacité à réagir à l ampleur de l épidémie. Les investissements totaux dans la lutte contre le VIH en 2008 se sont élevés à environ 400 millions de dollars, alors que le besoin annuel est estimé à trois fois plus d ici à Il existe un potentiel énorme de réduction des nouvelles infections à VIH si ces investissements sont réalisés en fonction des tendances épidémiologiques et suivent des approches programmatiques appropriées. Ces dernières années, de nombreux pays ont commencé à prendre des mesures pour examiner la dynamique épidémiologique et consacrer les ressources aux populations qui en ont le plus besoin. Une analyse récente au Maroc a établi que seulement 27 % des ressources de prévention étaient investies dans les services destinés aux populations représentant plus des deux tiers des nouvelles infections à VIH. Le Plan stratégique national pour le Maroc propose d affecter 63 % des ressources de la lutte contre le sida à la prévention chez les principales populations affectées, notamment 13 % pour les consommateurs de drogues injectables, 13 % pour les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes et 23 % pour les professionnels du sexe et leurs clients. Ce type d approche est cohérent avec le cadre d investissement et, comme l ont montré les pays, l un après l autre, investir de manière adéquate lorsque les niveaux épidémiques restent faibles permet d économiser des coûts croissants pendant des décennies. 30 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

33 Investir dans la réduction des coûts Des gains significatifs peuvent aussi être obtenus en réduisant les droits de douane et les autres barrières commerciales qui augmentent le coût unitaire de la prestation des services de traitement et de prévention du VIH. Les rigidités et les inefficacités doivent être éliminées. Suite à l insistance de l ONUSIDA, l Afrique du Sud a récemment ouvert ses procédures d achat pour les médicaments antirétroviraux vitaux et, en ajustant ses attentes en matière de prix sur les prix les plus bas disponibles au niveau international, le pays a réduit en moyenne de 50 % ses dépenses en médicaments contre le sida. Ensuite, le pays a consacré les économies obtenues à rendre les traitements du VIH accessibles à un plus grand nombre de personnes. De nombreux pays disposent de programmes intégrés visant à mettre un terme aux nouvelles infections à VIH chez les enfants dans les services de santé maternelle, néonatale et infantile, ce qui a permis de réduire les coûts et d optimiser les efficiences. Prise en charge après un viol en Afrique du Sud Investir dans l innovation Les approches programmatiques actuelles ont atteint leurs limites et les services de lutte contre le sida sont déjà saturés. Pour améliorer l efficacité et réduire les coûts, il est nécessaire d innover dans les méthodes de mise en œuvre des programmes mais aussi d investir dans les nouveaux outils de prévention et de traitement du VIH. Afin d offrir des options supplémentaires aux programmes de traitement et de prévention du VIH, la recherche doit se poursuivre pour trouver des vaccins efficaces, des médicaments faciles à utiliser (avec moins d effets secondaires et un moindre risque de développement de résistances), des microbicides, des médicaments de prophylaxie préexposition et de meilleurs outils de diagnostic. Dans le même temps, il est nécessaire de réévaluer les modèles d exécution de programmes qui sont devenus obsolètes. Près de 60 % des personnes vivant avec le VIH ne connaissent pas leur statut de séropositivité, ce qui les empêche de prendre soin de leur propre santé et de celle de leurs proches. Pour changer cette situation, le dépistage VIH doit être simplifié et devenir aussi omniprésent que les tests de grossesse à domicile. Cela permettra de réduire les coûts élevés nécessaires au maintien de centres spécialisés de dépistage et de conseil sur le VIH, mais aussi d encourager les personnes à accéder à des services de traitement et de soins du VIH de façon rapide et confidentielle. Des modèles de services innovants qui visent à atteindre des objectifs multiples peuvent aussi permettre une optimisation des investissements. Par exemple, les ripostes à la violence basée sur le genre doivent intégrer des composantes liées au VIH. En Afrique du Sud, le Refentse Model for Post-Rape Care (Modèle Refentse de prise en charge après un viol) est une approche multisectorielle des soins à fournir après un viol. Des changements relativement peu coûteux ont considérablement amélioré la qualité de service et les résultats en terme de santé, avec des analyses en laboratoire réalisées en une seule fois, des services de dépistage et de conseil fournis 24h/24 et une prophylaxie postexposition (PPE) fournie par une infirmière. L intégration des services a permis de réduire les délais d accès à la PPE, de réunir des preuves médicales à des fins légales et d obtenir des améliorations dans les soins, la qualité du dossier et des examens cliniques, la fourniture de tests de grossesse et d une contraception d urgence, le traitement des IST, les conseils et le dépistage du VIH, l aide psychologique et l orientation vers d autres services. Cette intervention a été relativement peu coûteuse : si l on exclut les coûts de développement ponctuels, le coût supplémentaire a été de 58 dollars US par cas. 36 Cadre d investissement pour le VIH Pour s assurer que ces investissements aboutissent à des résultats optimums, la lutte contre le VIH doit se concentrer sur les stratégies les plus efficaces, les facteurs critiques essentiels au succès des programmes de lutte contre le VIH, et les synergies avec d autres secteurs de développement. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 31

34 Fonds affectés par le Cadre d investissement en 2015 Ressources totales nécessaires en 2015 (22-24 milliards de dollars) Synergies Facteurs déterminants Activités de programmes de base 25.8% 15.7% 58.5% ACTIVITÉS DE PROGRAMMES DE BASE PAR RÉGION Pourcentage des activités de programmes de base au niveau mondial, par région Afrique subsaharienne 55% Moyen-Orient et Afrique du Nord 5% Caraïbes et Amérique Latine 11% Europe centrale et occidentale 3% Europe de l Est et Asie centrale 5% Asie du Sud et du Sud-Est 14% Asie de l Est et Océanie 7% Populations clés les plus à risque Prévention des nouvelles infections à VIH chez les enfants Programmes de changement de comportement Promotion du préservatif Traitement, soins et soutien Circoncision médicale volontaire La structure des dépenses nécessaires pour les activités des programmes de base est déterminée par la taille de la population dans le besoin par rapport à chaque activité dans chaque pays. La structure des dépenses consacrées aux activités des programmes de base varie donc fortement d une région à l autre. 32 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

35 Seules six activités de programme de base sont essentielles pour une riposte adéquate au VIH, et elles doivent être réalisées à une échelle correspondant à la taille de la population concernée. Ces activités sont menées en synergie pour avoir un impact maximum et doivent donc être réalisées de façon groupée, de manière à ce que les différents éléments se renforcent mutuellement. La clé de la réussite de ces activités de base réside dans les facteurs qui rendent l accès au programme possible et le succès plus probable, et qui répondent au contexte local. Associés à ces facteurs et aux activités de base fournies directement, les efforts consacrés au sida dans des secteurs sociaux et de développement plus étendus peuvent être intégrés stratégiquement dans ces initiatives plus larges pour maximiser leur impact sur les résultats en matière de lutte contre le sida. Activités de programme de base Le cadre d investissement préconise l affectation rationnelle des ressources dans six activités de programme de base devant obtenir des progrès significatifs et durables dans la lutte contre le VIH : 1. Interventions ciblées pour les populations clés les plus à risque (en particulier les professionnels du sexe et leurs clients, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les consommateurs de drogues injectables) ; 2. Élimination des nouvelles infections à VIH chez les enfants, 3. Programmes de changement de comportement ; 4. Promotion et distribution de préservatifs ; 5. Traitement, soins et aide aux personnes vivant avec le VIH ; 6. Circoncision masculine médicalisée volontaire dans les pays à forte prévalence du VIH et faible taux de circoncision. Les populations clés, par définition, sont prédominantes dans les épidémies concentrées, mais elles contribuent aussi aux épidémies généralisées et représentent une partie significative de l épidémie dans certains pays. Les interventions visant un changement de comportement sont plus complexes et dépendent davantage du contexte, elles sont donc moins clairement définies que les autres activités de programme de base, mais elles ont un impact majeur sur l évolution des épidémies concentrées comme sur celle des épidémies de faible ampleur. L accès à la thérapie antirétrovirale est une activité cruciale car elle permet aux personnes vivant avec le VIH d être en meilleure santé et de vivre plus longtemps, elle réduit l incidence de la tuberculose liée au sida et apporte des avantages à l ensemble de la population en réduisant la transmission ultérieure du VIH. Facteurs déterminants et synergies avec les secteurs de développement Des facteurs déterminants favorisent le succès des activités de base et répondent au contexte de risque local. Ils responsabilisent et autonomisent les communautés, réduisent la stigmatisation sociale, améliorent les connaissances sur la santé et répondent à l effet négatif des lois et politiques punitives sur la possibilité pour les gens d utiliser les services liés au VIH. La promotion des droits humains des personnes affectées par le VIH, ou vulnérables à celui-ci, est une stratégie fondamentale qui permet d assurer à la fois l accès et l influence des services et programmes consacrés au sida. Le cadre d investissement fournit un investissement initial important dans les facteurs déterminants, les ressources essentielles s élevant à 5,9 milliards de dollars US en 2011 et 3,4 milliards pour Les facteurs déterminants peuvent être divisés en deux catégories : les facteurs sociaux qui créent des environnements favorables à des ripostes rationnelles au VIH, et les facteurs liés aux programmes qui créent une demande pour les programmes et améliorent leurs performances. Les facteurs déterminants varient fortement en fonction du contexte, et les données de base qui les étayent sont moins cohérentes (les résultats sont souvent déterminés localement), mais ils sont essentiels pour surmonter les obstacles à la mise en œuvre de programmes efficaces. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 33

36 Cadre d investissement proposé Facteurs déterminants Activités des programmes de base Facteurs sociaux Engagement politique et plaidoyer Lois, politiques et pratiques juridiques Mobilisation communautaire Réduction de la stigmatisation Médias Ripostes locales face à un contexte de modification du risque Populations clés les plus à risque (notamment les professionnels du sexe et leurs clients, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les consommateurs de drogues injectables) Programmes visant un changement de comportement Prévention des nouvelles infections à VIH chez les enfants Promotion et distribution de préservatifs Facteurs liés aux programmes Conception et prestation axées sur la communauté Communication sur les programmes Gestion et incitations Achats et distribution Recherche et innovation Traitement, soins et soutien des personnes vivant avec le VIH Circoncision médicale volontaire (dans les pays où le taux de prévalence du VIH est élevé et le taux de circoncision faible) Synergies avec les secteurs de développement Protection sociale, éducation, réforme juridique, égalité entre les sexes, réduction de la pauvreté, violence fondée sur le genre, systèmes de santé (dont traitement des MST, sûreté du sang), systèmes communautaires et pratiques des employeurs. 34 JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA

37 OBJECTIFS Stopper les nouvelles infections Maintenir les gens en vie Parmi les exemples de facteurs sociaux, on peut citer la sensibilisation au dépistage du VIH, la réduction de la stigmatisation, la promotion des droits humains, la prise en compte de la peur de la violence, la prise en compte des inégalités homme-femme dans l accès aux informations et aux services et la mobilisation communautaire. Les facteurs liés aux programmes portent sur la planification stratégique, la gestion de programme et le renforcement des capacités pour les organisations communautaires. Ces organisations peuvent favoriser l innovation tandis que les approches communautaires sur le long terme peuvent réduire les coûts et garantir la durabilité. Les programmes nationaux de lutte contre le sida doivent être alignés sur les objectifs de développement du pays et ainsi contribuer au renforcement des systèmes sociaux, juridiques et sanitaires pour permettre une riposte cohérente et efficace. Les programmes de lutte contre le sida ne sont pas mis en œuvre de façon isolée et ne doivent pas être planifiés isolément. De plus en plus souvent, les soins de longue durée des patients séropositifs rencontrent les mêmes problèmes que pour d autres maladies. Les principaux secteurs de développement dans lesquels il existe des synergies avec des initiatives spécifiques au sida sont notamment ceux où le VIH est abordé parmi de nombreux autres problèmes de santé, l égalité des sexes, les domaines de l éducation et de la justice, la protection et l assistance sociale, et les systèmes communautaires. Le financement de la riposte au sida dans ces secteurs peut être utilisé comme un catalyseur pour parvenir à des synergies dans le cadre plus large du programme de santé et de développement et pour promouvoir des investissements intelligents entre plusieurs secteurs. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 35

38

39 Plus rapide. Plus intelligente. >Plus efficace. JOURNEE MONDIALE SIDA 2011 RAPPORT ONUSIDA 37

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