Paris Ouest Nanterre a Défense Année universitaire 2012-2013 icence Economie-Gestion 1 Macroéconomie A Enseignants : Alain Ayong e Kama, Michel Mouillart et Aurélien Saïdi Travaux dirigés n 4 : CORRECTION MARCHE DU TRAVAI, EMPOI ET CHÔMAGE 1 e marché du travail néoclassique 1. Si dans le langage courant les entrerises offrent des emlois, les économistes considèrent qu elles demandent le travail. a demande de travail émane de leurs décisions rationnelles visant à maximiser leur rofit Π : Π = F(K,) RK, où K et sont les facteurs de roduction (caital et travail) et et R leur rémunération (salaire nominal et coût de caital resectivement). est le rix du bien roduit, en fonction de la technologie associée à la fonction de roduction F. une des conditions (de remier ordre) de maximisation du rofit est telle que la dérivée de Pi ar raort à s annule : Π = 0 F (K,) =. Il faut donc que la roductivité marginale du travail soit égale au salaire réel. intuition économique de ce résultat est la suivante : si Pm > salaire réel alors en embauchant un travailleur une heure sulémentaire(si est exrimée en heure), cette dernière heure de travail raorterait à l entrerise l équivalent en biens de la roductivité marginale du travail (on suose que les biens roduits marginalement ourront être vendus). Or, elle coûte à l entrerise le salaire réel (horaire). Comme Pm > /, l heure sulémentaire raorte lus qu elle ne coûte: il est donc intéressant d emloyer le travailleur une heure sulémentaire afin d augmenter marginalement le rofit. Au contraire, si Pm < /, la dernière heure coûte lus cher qu elle ne raorte : il vaut mieux emloyer le travailleur une heure de moins, ce qui ermettra d augmenter marginalement le rofit. Au final, lorsque Pm = /, le rofit est maximum. une des hyothèses du modèle néoclassique est que la roductivité marginale du travail est décroissante. De fait, lus le salaire réel est élevé, lus la demande de travail sera faible (un grand nombre d heures étant associée à des roductivités marginales tro faibles). Inversement, moins le salaire réel est élevé, lus la demande de travail sera élevée (il est otimal our l entrerise de faire travailler lus longtems ses ouvriers mais si leur roductivité est faible car le salaire n est as très élevé). 2. Symétriquement, ce sont les ménages qui offre le travail (i.e. demandent des emlois). Pour déterminer leur offre de travail, ils arbitrent entre consommation et loisir, de manière à maximiser leur utilité sous contrainte de budget : l+c =. 1
On considère ainsi qu ils sont dotés de heures de tems (e.g. 24 ar jour, ou 16 si l on déduit le tems de sommeil), qu ils euvent allouer à leur consommation (C) ou à leur loisir (l). es deux biens aortent de l utilité. Ils vont donc faire en sorte que le dernier euro déensé en loisir 1 et le dernier euro déensé en consommation leur aortent autant d utilité (si ce n était as le cas, il vaudrait mieux déenser un eu moins dans le bien qui aorte marginalement moins d utilité que l autre). Si U l (C,l) et U C (C,l) rerésentent l utilité marginale rocurée ar resectivement la dernière unité de loisir et la dernière de bien consommées, alors la condition de maximisation de l utilité des ménages est : U l (C,l) = U C (C,l). Comme l utilité marginale du loisir (l) est égale au signe rès à la désutilité marginale du travail (), soit U l (C,l) = U l (C, ), alors la condition de maximisation eut être réécrite : U l (C, ) = U C (C,l), i.e. que la désutilité engendrée ar le dernier euro gagné doit être comensée strictement ar l utilité aortée ar la quantité de biens que ermet de consommer ce dernier euro gagné. Plus l individu va consommer de loisir (l), moins il va offrir de travail ( = l). Il est clair (au vue de la condition de maximisation) que l offre de travail (soit la demande de loisir) et la demande de biens de consommation déend du salaire réel : U l (C, ) U C (C,l) =. On eut distinguer deux effets de la variation du salaire réel (e.g. une augmentation) sur l offre de travail : Un effet revenu. Si le salaire réel augmente, l individu est virtuellement lus riche (uisque sa dotation en heures reste équivalente mais elle est désormais valorisée à un rix lus élevé ar raort à qu avant). individu eut donc consommer lus de biens de consommation et lus de loisir. Or, consommer lus de loisir revient à travailler moins. Un effet substitution. Une augmentation du salaire réel signifie une modification des rix relatifs : le loisir est dorénavant relativement lus cher que le bien de consommation. En conséquence, l individu va dans son anier de consommation substituer du bien de consommation au loisir. Il va donc consommer lus du bien de consommation et moins de loisir, i.e. offrir lus de travail. Au final, les deux effets se conjugent. effet global déend des références de l individu. Dans tous les cas, si / augmente, il consommera lus de biens de consommation. Par contre, les deux effets sont de sens contraire our ce qui concerne le travail. Si l effet substitution est suérieur à l effet revenu, l offre de travail augmente. Si l effet revenu est suérieur à l effet substitution, l offre de travail diminue. 1 e loisir a un coût : le salaire nominal. Il s agit d un coût d oortunité : dire que l individu achète une heure de loisir revient à dire qu il ne travaille as endant une heure, il erd donc l équivalent du salaire nominal horaire. 2
Sur le marché du travail, il aaraît qu au niveau agrégé, l offre de travail est croissante our de bas niveaux de salaire (effet substitution > effet revenu) uis décroissante our de lus hauts niveaux de ssalaire (effet revenu > effet substitution). idée sous-jacente est qu à artir d un certain niveau de salaire, un individu eut, tout en travaillant moins, consommer autant sinon lus. Il va alors référer jouir du loisir (qui lui rocure lus d utilité) lutôt que d accroître de manière tro imortante sa consommation de biens. 3. es quantités de travail et le salaire réel d équilibre, resectivement et (/), sont tels que l offre égalise la demande sur le marché. Soit : s d 4. Un chômeur volontaire est une ersonne qui au salaire réel en vigueur ne souhaite as offrir de travail, arce que ce salaire réel n est as suffisant our comenser la désutilité induite ar le travail. Il n est as très standard de le rerésenter grahiquement dans le cadre du marché du travail. On ourrait ceendant le rerésenter à condition de ositionner au sein du grahique les quantités maximales de travail que les n agents sont suscetibles d offrir, soit n. 2 s ŵ Chômage volontaire ˆ s n 2 Notons néanmoins que our obtenir des fonctions d offre et de demande de travail continues, il faut une infinité d agents, ce qui imlique une quantité maximale de travail offert infinie. 3
Un chômeur involontaire est une ersonne qui au salaire réel en vigueur est rête à travail mais ne trouve as à être emloyée du fait que sa roductivité marginale (ce qu elle raorte à l entrerise) n est as suffisante our comenser le salaire réel (ce qu elle coûte à l entrerise). De manière très standard, le chômage involontaire se mesure de la différence entre l offre de travail ˆ s et la demande de travail ˆ d (dès lors que cette différence est ositive) : s ŵ Chômage involontaire d ˆ d ˆ s 5. Si l on rolonge à gauche les courbes d offre et de demande de travail, on s aerçoit qu elles sont une nouvelle fois sécantes. Cette situation d équilibres multiles est très roblématique our les théoriciens car il n est as ossible de déterminer rationnellement vers quel équilibre va converger l économie. s d 1 2 2 e marché du travail néoclassique : alication 1. a contrainte budgétaire est telle que le ménage ne uisse déenser lus que son revenu en biens de consommation. Son revenu est double, il se comose de son revenu non-salarial R et de son revenu salarial (salaire horaire que multilie le nombre d heures travaillées). a déense du ménage 4
s élève à 1.C (soit le rix du bien de consommation que multilie les quantités). a contrainte eut donc s exrimer ainsi : R+ C, ou encore : R+(T l) C. On eut enfin exrimer cette contrainte à l égalité en faisant réaaraître à gauche le revenu maximal otentiel (comme si toutes les heures de tems disonible étaient rémunérées au taux ) et à droite le coût de la déense du ménage en biens de consommation (au rix de 1) et en loisir (dont le coût d oortunité d une heure s élève à ) : R+T = 1.C +l. 2. e taux marginal de substitution du loisir à la consommation rerésente (aroximativement) le nombre d unités sulémentaires de loisir qu il est nécessaire de conférer au ménage afin de comenser en termes d utilité la erte (marginale) d une unité de consommation. Soit, our un coule (C, l) quelconque : Au oint (R,T), le TMS rend la valeur : TMS l/c (C,l) = U/ U/ C = (1/2)C1/2 l 1/2 (1/2)C 1/2 l 1/2 = C l. TMS l/c (R,T) = R T r. 3. a condition de maximisation our une solution intérieure est l égalité du TMS au raort des rix : l = C = l, 1 alors que la contrainte budgétaire doit être resectée : C R+ = C R+ = (T ) = T R 2. Pour = r, l offre de travail est nul (ce qui est le rincie même du salaire de réserve). Pour < r, l offre de travail ne saurait être négative, elle est donc nulle. Pour > r, l offre de travail est strictement ositive. D où : { 0 our r = T R 2 our > r. 4. Comme r = R/T, si R augmente, l offre de travail se délace vers la gauche (toutes choses égales ar ailleurs). Cela signifie qu une même quantité de travail offerte requierra un salaire réel 5
lus imortant. On le constate ainsi avec le salaire de réserve qui augmente également : l offre de travail sera donc nulle our des valeurs lus élevées du salaire réel. Il s agit-là d un effet revenu standard. orsque le revenu augmente, le ménage demande lus de tous les biens normaux, soit lus de biens de consommation et lus de loisir (toutes choses égales ar ailleurs, i.e. our un même salaire réel notamment). Or, demande lus de loisir revient à offrir moins de travail. 5. Pour connaître l effet d une variation du salaire réel sur l offre de travail, étudions la dérivée suivante : = R 2 2 > 0. offre de travail augmente donc suite à l augmentation du salaire réel. On en déduit que l effet substitution domine l effet revenu (cf. question 2 de l exercice récédent). 3 Productivité et emloi 1. a roductivité du travail corresond au raort entre un indice de roduction (au niveau macroéconomique le PIB ou la VA brute) et une quantité de travail exrimée en effectif. On l aelle aarente car la roduction est obtenue non seulement avec le facteur travail mais aussi avec du caital. Or, si le caital augmente (à travail constant), la roduction augmente, de même que la PAT. On eut donc augmenter artificiellement la roductivité si l on ne tient as comte dans son calcul de l ensemble des facteurs. PAT 1949 = Valeur ajoutée 221 510 = Emloi intérieur 19 435,42 = 11,397 a PAT en 1949 s élève à 11 397 unités de valeur ajoutée ar travailleur. a roductivité horaire du travail corresond au raort entre un indice de roduction (au niveau macroéconomique le PIB ou la VA brute) et une quantité de travail exrimée en heures. PHAT 1949 = Valeur ajoutée 221 510 = Volume d heures travaillées 41 834,68 = 5,29 a PAT en 1949 s élève à 5,29 unités de valeur ajoutée ar heure travaillée. 2. Soit Y la valeur ajoutée et le nombre de travailleurs emloyés (en équivalents tems lein). Alors : PAT = Y En dérivant cette exression, il vient : 3 lnpat = lny ln PAT PAT = Ẏ Y ˆ PAT = Ŷ ˆ, 3 On raelle que [lnu(t)] = u (t)/u(t). On note : u (t) = u(t) = u/ t, ce qui corresond à la variation de la variable u suite à une variation d une unité du tems. 6
où û est le taux de croissance de la variable u. e taux de croissance annuel moyen de la PAT our la ériode 49-74 est 4,90% (= 5,27 0,36 à l aroximation rès), 1,89% (= 2,16 0,27) our la ériode 74-98 et 0,65% (= 1,51 0,85) our la ériode 98-10. 3. De la même manière qu à la question récédente : PHAT = Y H ˆ PHAT = Ŷ Ĥ, où H est le nombre d heures travaillées. Or, H = D, avec D la durée annuelle effective du travail. On en déduit : PHAT = Y D PHAT ˆ = Ŷ (ˆ+ ˆD). 4. Sur la ériode 1949-2010, le taux de croissance annuel moyen de l emloi intérieur est de 0,42% ar an (= (25 081,82/19 435,42) 1/61 1) et celui de la durée annuelle effective du travail est de -0,56% (= (1 530,14/2 152,50) 1/61 1). On remarque qu alors que la durée effective du travail a baissé de 0,56% ar an, l emloi n a augmenté que de 0,42% ar an. a hausse de l emloi n est donc as roortionnelle. a différence s exlique mécaniquement ar la baisse du volume d heures travaillées (-0,14% ar an). Cette diminution du volume d heures est due à une forte augmentation de la roductivité horaire (+3,44% ar an) alors même que la roduction n augmentait as aussi fortement (+3,29% ar an). 5. a ériode de 1949 à 1974, dite des Trente Glorieuses, est une ériode de forte croissante (les raisons avancées sont multiles : rattraage d arès-guerre, mode de régulation fordiste efficace, etc.) : +5,27% ar an. Mais il s agit aussi d une ériode durant laquelle les gains de roductivité horaire ont été excetionnellement élevées, lus élevés que le taux de croissance (+5,45% ar an). Ces gains de roductivité ont donc conduit à une diminution du volume total d heures travaillées (-0,17% ar an en moyenne). Mais ils ont aussi ermis une réduction sensible du tems de travail (les gains de roductivité dégagés ayant ermis, dans le cadre du mode de régulation, de dégager des marges suffisantes our augmenter les salaires, augmenter les rofits et diminuer le tems de travail). a réduction du tems de travail, suérieure (en ourcentage) à la diminution du volume d heures travaillées a engendré une croissance de l emloi (+0,36% ar an). a croissance de cette ériode a donc été riche en emlois. 6. a ériode de 1974 à 1998 est une ériode de croissante lus faible, avec un enrayement du mode de régulation fordiste, ainsi que deux chocs étroliers et des choix en matière de olitique économique contestables(notamment la olitique de désinflation cométitive et la olitique du Franc fort, très défavorable à l emloi durant les années 90) : +2,16%. e taux de croissance annuel moyen a été divisé ar 2,44 (ar raort à la ériode 49-74). Ceendant, le rythme de croissance de la roductivité horaire a lui aussi fortement décéléré : il a été divisé ar 2,19 (ar raort à la ériode 49-74), soit moins que le taux de croissance. Mécaniquement, le volume total des heures travaillées a donc diminué lus fortement qu à la ériode récédente (-0,36% ar an) alors que la baisse de la durée du travail est restée aroximativement stable (-0,59%). De fait, l emloi a donc augmenté moins fortement que sur la ériode 49-74. (+0,27 contre +0,36% auaravant). 7
Enfin sur les 15 dernières années, le taux de croissance s est encore réduit, de même que les gains de roductivité horaire, qui our la remière fois sont inférieurs à la croissance de l économie. Du fait de la relative stabilité de la diminution de la durée du travail ar raort aux ériodes récédentes (-0,57% ar an), le taux de croissance de l emloi s est donc (aradoxalement?) accru, à des niveaux lus élevés que sur les ériodes récédentes. a croissance a ainsi sensiblement ralenti ar raort aux Trentes Glorieuses mais elle est lus riche en emlois. Une exlication souvent avancée est la tertiarisation forte de notre économie : les services qui esaient 56% du PIB en 1970 en rerésentent lus des trois quarts aujourd hui. Or, les gains de roductivité rogressent lus lentement dans ce secteur (les services à la ersonne, ar exemle, ne ermettent as des gains de roductivité aussi fort que la chaîne fordiste). 4 e rôle des rix sur la demande et sur l emloi 1. e remier quadrant (en haut à droite) rerésente le marché du travail néoclassique avec les fonctions d offre et de demande de travail (qui ont des formes relativement standard). e deuxième quadrant (en haut à gauche) rerésente la relation mathématique entre le salaire réel et le rix lorsque le salaire nominal est fixe. Il s agit donc du grahe de la fonction définie ar f() = /. e troisième quadrant rerésente le marché du bien de consommation avec les fonctions d offre et de demande de biens. Une hyothèse eu usuelle dans le cadre néoclassique est que la demande de biens déend du salaire nominal (et non du seul salaire réel). On eut considérer ar exemle que le salaire nominal est directement relié aux anticiations des ménages : une diminution de leur salaire nominal rend les anticiations lus essimistes (our un même rix du bien, ils demandent donc moins de quantités). On remarque que dans la situation initiale = > : au rix d équilibre en vigueur (soit celui qui égalise l offre et la demande de biens sur le marché du bien), le salaire nominal est suérieur au salaire nominal qui ermettrait l équilibre sur le marché du travail. Au salaire réel en vigueur, il y a donc du chômage involontaire. Si l on suose que des négociations salariales conduisent à une diminution du salaire nominal en vigueur, qui asse de à, cela signifie-t-il our autant que le chômage involontaire va diminuer? Si l on suit Monsieur C., à rix du bien constant, cette baisse du salaire devrait ermettre de se rarocher de la situation d équilibre sur le marché du travail, associée à une absence de chômage involontaire. Pour autant, Monsieur C. raisonne toutes choses égales ar ailleurs. Monsieur K. introduit une hyothèse alternative: une baisse du salaire nominal(généralisée) diminue la demande. Nous suoserons donc (il s agit là d une interrétation de l exercice) que our un même niveau de rix, la demande est désormais inférieure. a courbe de demande de biens se délace donc vers la droite (sur le schéma) et l équilibre sur le marché du bien s établit à des niveaux de rix et de quantités inférieurs à ceux d avant. Mathématiquement, la fonction f se délace elle aussi. 8
s Y d ( ) d Y d ( ) Y s Y On le voit sur le grahique si une faible diminution de (faible délacement du grahe de la fonction f) conduit à une forte baisse de la demande (du fait du fort délacement de la demande de biens) alors le rix d équilibre sur le marché du bien va beaucou baisser. Dans notre contexte, il va même baisser lus fortement que la baisse initiale du salaire nominal, engendrant au final une augmentation du salaire réel. A ce salaire réel, la demande de travail est moindre et les quantités de travail emloyées inférieures à celles de la situation récédente : le chômage involontaire augmente. Dans le résent cas, les craintes de Monsieur K. sont donc confirmées. 2. Bien entendu, tout cela déend de la diminution lus ou moins brutale de la demande de travail suite à la baisse initiale du salaire nominal. Dans un raisonnement ceteris aribus, la demande de biens n est as modifiée, si bien que le rix d équilibre du bien reste inchangé. Il existe d autres configurations comatibles avec le raisonnement de Monsieur C. : si la demande de biens est relativement eu imactée, le rix du bien va diminuer mais moins fortement que le salaire nominal. e salaire réel va donc baisser et les quantités de travail demandées seront lus imortantes : le chômage involontaire va être artiellement résorbé. Si dans le résent cas, les craintes de Monsieur K. sont donc confirmées mais il ourrait en aller autrement. 3. élasticité de l investissement au taux d intérêt est la variation relative de l investissement suite à une variation d un oint (de ourcentage) du taux d intérêt : ε = I/I r/r < 0, où I est la variation absolue de l investissement suite à une variation r du taux d intérêt. Souvent, 9
on exrime les élasticités our des variations infinitésimales (ici de r) : I/I ε = lim r 0 r/r = I r r I. En ériode de récession ou de croissance ralentie, les anticiations de recettes futures (générées ar l investissement) des entrereneurs sont à des niveaux lanchers. efficacité marginale de la luart des rojets d investissement est donc relativement faible, suffisamment our qu une baisse des taux d intérêt ne ermettent as de les rendre rentables. élasticité est roche de zéro. Seuls les investissements incontournables(ou dont les débouchés sont relativement révisibles et suffisamment élevés) sont mis en oeuvre. investissement ne devrait as connaître de variation sensible suite à une variation du taux d intérêt. Comme le dit le roverbe : on ne fait as boire un âne qui n a as soif (rien ne sert d emrunter, même à bon marché, si l on n attend as de débouchés suffisants). 4. a notion de trae à liquidité n a as été vue en cours (et ne sera as vue en-dehors du TD). Il faut donc exliquer aux étudiants (qui ont ceendant vu les différents motifs de demande de monnaie) en quoi elle consiste. Il s agit de leur faire comrendre les mécanismes sous-jacents à IS-M dans une situation de trae à liquidité mais sans leur exoser le modèle. On suose à la suite de Keynes qu il y a trois motifs de demande de monnaie : motifs de transaction et de récaution (fonctions croissantes du revenu, soit 1 (Y)) et motif de séculation (fonction décroissante du taux d intérêt 2 (r)). On raelle que l idée sous-jacente au motif de séculation est que lus le taux d intérêt est faible, lus il y a d agents our considérer qu il se situe à un niveau anormalement bas et s attendent à ce qu il remonte. Or, une hausse anticiée du taux d intérêt signifie une baisse du rix des titres. 4 es agents vont donc massivement vendre des titres et demander de la monnaie (en attendant la hausse effective du taux d intérêt). Sur le marché de la monnaie, l offre (qui émane des institutions monétaires) est suosée constante, égale à M. A l équilibre : M = 1 (Y)+ 2 (r) Dans le cas standard, une augmentation de M doit être comensée ar une hausse de la demande de monnaie afin de maintenir l équilibre. Pour que la demande de monnaie our motif de séculation augmente, il faut que r diminue. Mais si r diminue, l investissement augmente, ainsi que la demande globale et donc Y (afin de maintenir l équilibre sur le marché des biens et services). Si Y augmente, alors 1 va aussi croître. Il existe donc une baisse de r suite à l augmentation initiale de M qui va conduire à augmenter 1 et 2 et rétablir l équilibre sur le marché de la monnaie. Ceendant, our Keynes, il existe un niveau du taux d intérêt en-dessous duquel l économie ne eut as descendre, même si M continue d augmenter. A ce niveau de taux d intérêt, tous les agents anticient qu il ne eut que remonter donc que le rix des titre ne eut que baisser. De fait, toute hausse de la masse monétaire (offre) sera catée ar la demande de monnaie our motif de séculation sans modifier l équilibre sur le marché des titres (donc le rix = 1/(1+r)). e taux d intérêt ne sert lus à rééquilibrer le marché de la monnaie. Il n est lus modifié ar une hausse de M : comme il ne bouge as, l investissement donc Y et ar suite 1 sont invariants. équilibre sur le marché de la monnaie est simlement assuré ar le fait que la demande de monnaie our motif 4 On raelle qu un titre qui confère un rendement d un euro dans un an vaut aujourd hui = 1/(1+r), où r est à la fois le taux d intérêt et le taux d actualisation. Il a donc une relation inverse entre le rix du titre et r le taux d intérêt. 10
de séculation augmente d un montant équivalent à la hausse de l offre de monnaie. Cette situation dans laquelle une variation de la monnaie n imacte lus le taux d intérêt s aelle une situation de trae à liquidité (toute offre sulémentaire de monnaie art dans la trae sans affecter le taux d intérêt). Puisque le taux d intérêt ne diminue lus, l investissement ne saurait être relancé. C est la situation évoquée ar Monsieur K. 5. effet d encaisses réelles a été étudié en cours. Je retranscris ci-dessous le assage du cours relatif à cet effet. effet d encaisses réelles, théorisé ar A.C. Pigou, suose que les agents souhaitent détenir une quantité constante de leur richesse sous forme d encaisses monétaires réelles. Soit M une quantité de monnaie exrimée en termes norminaux et P le niveau général des rix, alors M/P est le montant des encaisses réelles ossédées ar l individu. Pigou suose que les ménages souhaitent maintenir M/P constant. Dès lors, si P augmente, M/P diminue. Il leur est alors nécessaire d allouer une art lus imortante de leur revenu à l éargne (et lus articulièrement à la demande de monnaie M) afin de reconstituer leur stock d encaisses réelles. Une hausse des rix doit ainsi s accomagner d une baisse de la consommation. Inversement, une baisse des rix devrait, selon cet effet, s accomagner d une augmentation de la consommation, donc de la demande agrégée. 6. Une rohétie autoréalisatrice est un événement qui survient du seul fait qu il a été anticié. orsque la rohétie est anticiée ar les agents, ils se comortent en conséquence et rovoquent de ce fait l événement qu ils ont anticié (qui ne serait jamais survenu sinon). Dans l exemle cité ar Monsieur K., les agents essimistes sur l avenir anticient un manque de débouchés, donc une baisse des rix (à offre constante, une baisse de la demande devrait conduire à une diminution des rix). S attendant à une baisse rochaine des rix, ils vont différer leurs achats, réduisant de ce fait les débouchés. A offre inchangée, la réduction de la demande conduit à une baisse des rix, qui valident les anticiations originelles. En l absence de toute anticiation, les consommateurs n auraient as différé leurs achats, les débouchés n auraient as diminué et les rix n auraient as baissé. e roblème osé ar de telles rohéties est que leur réalisation confortent les agents dans leur essimisme, qui va erétuer un eu lus les anticiations, engendrant un cercle vicieux dans la déression, emêchant tout mécanisme autorégulateur de retour à l équilibre de lein emloi. C est là l une des exlications de la longévité de la déression des années 30. 7. hyothèse sous-jacente au modèle de cycle de vie de Ando et Modigliani [1964] est que les individus lissent leur consommation tout au long de leur vie. Ils anticient donc une baisse de leurs revenus futurs, assé l âge de la retraite, et éargnent durant toute la ériode d activité our maintenir un haut niveau de consommation lors de leur retraite malgré une baisse de leur revenu. En conséquence de quoi, les actifs sont censés fortement éargner (our se constituer le atrimoine qu ils vont rogressivement consommer durant leur retraite) alors que les retraités déséargnent (ils consomment leur atrimoine). a réonse de Monsieur K. est tout à fait comatible avec cette hyothèse : une déflation touchant avant tout les débiteurs (leur dette en termes réels s alourdit), ce sont essentiellement les jeunes qui en seront imactés. 11