Résumé 01 : Algèbre Linéaire (I)

Documents pareils
Première partie. Préliminaires : noyaux itérés. MPSI B 6 juin 2015

Exo7. Matrice d une application linéaire. Corrections d Arnaud Bodin.

Un K-espace vectoriel est un ensemble non vide E muni : d une loi de composition interne, c est-à-dire d une application de E E dans E : E E E

Cours 02 : Problème général de la programmation linéaire

Le produit semi-direct

Calcul différentiel sur R n Première partie

NOTATIONS PRÉLIMINAIRES

Exercices - Polynômes : corrigé. Opérations sur les polynômes

Calcul matriciel. Définition 1 Une matrice de format (m,n) est un tableau rectangulaire de mn éléments, rangés en m lignes et n colonnes.

Cours de mathématiques

Polynômes à plusieurs variables. Résultant

Problème 1 : applications du plan affine

Introduction à l étude des Corps Finis

De même, le périmètre P d un cercle de rayon 1 vaut P = 2π (par définition de π). Mais, on peut démontrer (difficilement!) que

Programmation linéaire

Université Paris-Dauphine DUMI2E 1ère année, Applications

Structures algébriques

Optimisation non linéaire Irène Charon, Olivier Hudry École nationale supérieure des télécommunications

Groupe symétrique. Chapitre II. 1 Définitions et généralités

Souad EL Bernoussi. Groupe d Analyse Numérique et Optimisation Rabat http ://

Formes quadratiques. 1 Formes quadratiques et formes polaires associées. Imen BHOURI. 1.1 Définitions

Cours arithmétique et groupes. Licence première année, premier semestre

Image d un intervalle par une fonction continue

[ édité le 30 avril 2015 Enoncés 1

Exercices - Fonctions de plusieurs variables : corrigé. Pour commencer

Capes Première épreuve

Fonctions de plusieurs variables

Chapitre 2. Matrices

Corrigé Problème. Partie I. I-A : Le sens direct et le cas n= 2

Théorème du point fixe - Théorème de l inversion locale

Résolution d équations non linéaires

3 Approximation de solutions d équations

Correction de l examen de la première session

Résolution de systèmes linéaires par des méthodes directes

I. Polynômes de Tchebychev


Programmes des classes préparatoires aux Grandes Ecoles

Exemple 4.4. Continuons l exemple précédent. Maintenant on travaille sur les quaternions et on a alors les décompositions

Exercices Corrigés Premières notions sur les espaces vectoriels

Analyse fonctionnelle Théorie des représentations du groupe quantique compact libre O(n) Teodor Banica Résumé - On trouve, pour chaque n 2, la classe

Rappels et compléments, première partie : Nombres complexes et applications à la géométrie

Continuité en un point

Continuité d une fonction de plusieurs variables

Cours d Analyse. Fonctions de plusieurs variables

Proposition. Si G est un groupe simple d ordre 60 alors G est isomorphe à A 5.

aux différences est appelé équation aux différences d ordre n en forme normale.

La Licence Mathématiques et Economie-MASS Université de Sciences Sociales de Toulouse 1

Enoncé et corrigé du brevet des collèges dans les académies d Aix- Marseille, Montpellier, Nice Corse et Toulouse en Énoncé.

Programmation linéaire et Optimisation. Didier Smets

Méthodes de quadrature. Polytech Paris-UPMC. - p. 1/48

Limites finies en un point

3. Conditionnement P (B)

Intégration et probabilités TD1 Espaces mesurés Corrigé

Comparaison de fonctions Développements limités. Chapitre 10

Programme de la classe de première année MPSI

Correction du Baccalauréat S Amérique du Nord mai 2007

Approximations variationelles des EDP Notes du Cours de M2

I - PUISSANCE D UN POINT PAR RAPPORT A UN CERCLE CERCLES ORTHOGONAUX POLES ET POLAIRES

L ANALYSE EN COMPOSANTES PRINCIPALES (A.C.P.) Pierre-Louis GONZALEZ

Extrait du poly de Stage de Grésillon 1, août 2010

Espérance conditionnelle

1 Définition et premières propriétés des congruences

Bien lire l énoncé 2 fois avant de continuer - Méthodes et/ou Explications Réponses. Antécédents d un nombre par une fonction

Comment démontrer des formules sans effort? exposé de maîtrise

Fonctions de plusieurs variables, intégrales multiples, et intégrales dépendant d un paramètre

Programmation linéaire

INTRODUCTION À L ANALYSE FACTORIELLE DES CORRESPONDANCES

Calcul Différentiel. I Fonctions différentiables 3

Résumé du cours d algèbre 1, Sandra Rozensztajn. UMPA, ENS de Lyon, sandra.rozensztajn@ens-lyon.fr

Dualité dans les espaces de Lebesgue et mesures de Radon finies

Contexte. Pour cela, elles doivent être très compliquées, c est-à-dire elles doivent être très différentes des fonctions simples,

VI. COMPLÉMENTS SUR LES MODULES, THÉORÈME CHINOIS, FACTEURS INVARIANTS SÉANCES DU 15, 16 ET 22 OCTOBRE

Suites numériques 3. 1 Convergence et limite d une suite

Moments des variables aléatoires réelles

Continuité et dérivabilité d une fonction

Carl-Louis-Ferdinand von Lindemann ( )

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile I : Incontournable

Calcul différentiel. Chapitre Différentiabilité

Les indices à surplus constant

Chapitre VI - Méthodes de factorisation

Angles orientés et trigonométrie

CCP PSI Mathématiques 1 : un corrigé

Géométrie dans l espace Produit scalaire et équations

LA PHYSIQUE DES MATERIAUX. Chapitre 1 LES RESEAUX DIRECT ET RECIPROQUE

Fonctions de plusieurs variables

Chapitre VI Fonctions de plusieurs variables

Algorithmes pour la planification de mouvements en robotique non-holonome

Quelques tests de primalité

Premiers exercices d Algèbre. Anne-Marie Simon

Marc HINDRY. Introduction et présentation. page 2. 1 Le langage mathématique page 4. 2 Ensembles et applications page 8

Calcul intégral élémentaire en plusieurs variables

Exercices du Cours de la programmation linéaire donné par le Dr. Ali DERBALA

Logique. Plan du chapitre

Calcul fonctionnel holomorphe dans les algèbres de Banach

2 Division dans l anneau des polynômes à plusieurs variables

Probabilités sur un univers fini

Étudier si une famille est une base

Fonctions de plusieurs variables et applications pour l ingénieur

Pour l épreuve d algèbre, les calculatrices sont interdites.

Cours d analyse numérique SMI-S4

Transcription:

http://mpbertholletwordpresscom Résumé 1 : Algèbre Linéaire (I) Dans tout ce chapitre, K sera le corps R ou C, et E sera un espace vectoriel sur K Vous remarquerez les grandes similitudes qui existent entre les espaces vectoriels de dimension finie et les ensembles de cardinal fini, notamment en ce qui concerne les sous-espaces (puis les applications pour le cours à suivre) 1 LE LANGAGE Honnêtement, il est très peu probable que l on vous demande un jour de restituer la définition d un K espace vectoriel, en revanche il est indispensable de connaître celle des sous-espaces vectoriels : Définition 11 Soit E un K espace vectoriel et F E F est un sous espace vectoriel de E lorsque 1 E E, 2 pour tous x, y E et tout α, β K, αx + βy E EXEMPLES : d espaces vectoriels : R n, R n, M n,p (R), F (X, E), où E est un K- espace vectoriel,r[x], R n [X] Evidemment on obtient des C- espaces vectoriels en remplaçant R par C dans ces exemples de sous-espaces vectoriels : {O E } et E sont des sous-espaces vectoriels de E dits triviaux Dans l espace, les droites et les plans vectoriels fournissent des exemples Tout ensemble de solutions d un système linéaire homogène à n variables est un sous-espace vectoriel de R n Tout ensemble de solutions d une équation différentielle homogène d ordre 1 ou 2 est un sous-espace vectoriel de F (I, R) Grosso modo, un espace vectoriel est un ensemble dans lequel on peut faire des combinaisons linéaires Ne nous gênons pas : Définition 12 ( combinaisons linéaires ) Si F = (e i ) i I est une famille éventuellement infinie de vecteurs, on appelle combinaison linéaire de F, tout vecteur y de E pour lequel il existe une suite presque nulle de scalaires (λ i ) i I tels que y = i I λ i e i 1 On note Vect (F ) l ensemble de ces combinaisons linéaires Ainsi, si F = (e 1,, e p ) est une famille finie, { p } Vect (e 1,, e p ) = x i e i, où x i K La propriété suivante précise l affirmation selon laquelle Vect F est le plus petit sous-espace vectoriel de E contenant F : Propriétés 13 (de Vect ) Soit F une famille de vecteurs de E Alors 1 Vect (F ) est un sous-espace vectoriel de E Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 1/12

http://mpbertholletwordpresscom 2 Soit F un sous-espace vectoriel de E contenant la famille F Alors Vect (F ) F On dit que Vect (F ) est le sous-espace vectoriel engendré par la famille F, et F est appelée famille génératrice de E si E = Vect F Les propriétés suivantes sont utiles lorsque l on cherche à extraire d une famille génératrice de E une base de E : Proposition 14 1 Vect (e 1,, e p ) est conservé par les trois opérations élémentaires 2 e p+1 Vect (e 1,, e p ) Vect (e 1,, e p, e p+1 ) = Vect (e 1,, e p ) 2 FAMILLES LIBRES ET GÉNÉRATRICES Définition 21 Soit n N et F := (e 1,, e n ) une famille de n vecteurs de E On dira que cette famille est génératrice de E lorsque Pour tout X E, il existe x 1,, x n K tels que X = x 1 e 1 + + x n e n libre lorsque ( n ) Pour tout x 1,, x n K, x i e i =, = x 1 = = x n = une base de E lorsqu elle est libre et génératrice On peut ainsi condenser les deux propriétés ainsi : F est une base de E si et seulement si Pour tout X E, il existe un unique(x 1,, x n ) K n tels que X = x 1 e 1 + + x n e n Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 2/12

http://mpbertholletwordpresscom REMARQUES : Ainsi, F est génératrice de E ssi E = Vect (e 1,, e n ), et elle est libre ssi la seule combinaison linéaire nulle de vecteurs de F est la combinaison trivialement nulle On peut unifier ces trois définitions en remarquant qu elles correspondent respectivement à la surjectivité, l injectivité et la bijectivité de l application linéaire ψ : (x 1,, x n ) K n n x i e i E EXEMPLES : n N, la famille de n vecteurs K n, appelée base canonique 1, 1,, 1 est une base du K espace vectoriel n N, la famille (1, X, X 2,, X n ) est une base appelée base canonique de K n [X] Soit (P, P 1,, P n ) une famille de n + 1 polynômes de R[X] qui vérifie deg P i = i pour tout i n Alors c est une famille libre de K[X] Dans l ensemble M n,p (K) des matrices à n lignes et p colonnes, la famille de np matrices ( E ij )1 i,j n, où E ij est la matrice dont tous les coefficients sont nuls sauf celui situé en (i, j) qui vaut 1, est une base de M n,p (K) dite base canonique Les bases ont un intérêt central pour la raison suivante : Proposition 22 (Coordonnées dans une base) Soit (e 1,, e n ) une base de n vecteurs de E Alors, pour tout X E, il existe un unique n uplet (x 1,, x n ) K n tel que X = n x i e i Ce n uplet est appelé coordonnées de X dans la base (e 1,, e n ) 3 LA DIMENSION FINIE Un K espace vectoriel est dit de dimension finie lorsqu il existe n N et une famille E de n vecteurs de E telle que Vect E = E Théorème 31 Soit E un K espace vectoriel de dimension finie 1 E possède une base (en fait, une infinité) 2 Toutes les bases de E possèdent le même nombre d éléments On appelle dimension de E le cardinal de l une quelconque de ses bases On dira qu un espace vectoriel qui ne contient qu un élément (son neutre pour +!) est de dimension nulle Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 3/12

http://mpbertholletwordpresscom EXEMPLES : Pour tout n N, K n est un K espace vectoriel de dimension n Pour tout n N, K n [X] est un K espace vectoriel de dimension n + 1 C 2 est un C espace vectoriel de dimension 2, mais c est aussi un R espace vectoriel de dimension 4 De manière générale, un C espace vectoriel de dimension n est un R espace vectoriel de dimension 2n (montrez-le) Pour tout n, p N, M n,p (K) est un K ev de dimension np Pour tout vecteur X non nul de E, Vect(X) est de dimension 1, ie c est une droite On la note aussi KX On appelle plan tout espace vectoriel de dimension 2 Si E et F sont deux K espaces vectoriels de dimension finie, alors E F l est aussi et dim E F = dim E + dim F On peut traduire la liberté d une famille avec le seule notion de rang : Proposition 32 (Rang d une famille de vecteurs) Pour toute famille (e 1,, e p ) de vecteurs de E, on appelle On a alors 1 Rang (e 1,, e p ) p Rang (e 1,, e p ) = dim Vect (e 1,, e p ) 2 Rang (e 1,, e p ) = p (e 1, e p ) est libre La dimension comme cardinal limite Une famille libre de cardinal maximal est une base, et une famille génératrice de cardinal minimal est une base : Proposition 33 Soient k N, E un K ev de dimension finie et F une famille de k vecteurs de E Si F est libre, alors k dim E Si F est libre et k = dim E, alors F est une base Si F est génératrice, alors k dim E Si F est génératrice et k = dim E, alors F est une base Enfin, un résultat très utile, qui permet de construire des bases dont les premiers vecteurs sont prescrits : Théorème 34 (Base incomplète) Soit E un K espace vectoriel de dimension n N, et (e 1,, e p ) une famille libre de vecteurs de E Alors il existe e p+1,, e n E tels que (e 1,, e p, e p+1,, e n ) soit une base de E 4 DIMENSION ET SOUS-ESPACES Propriétés 41 (Croissance de la Dimension) Soit E un K espace vectoriel de dimension n et F un sous-espace vectoriel de E Alors F est de dimension finie, et dim F dim E Si dim F = dim E, alors F = E Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 4/12

http://mpbertholletwordpresscom Ce dernier résultat nous dispensera pour prouver l égalité de deux espaces vectoriels de montrer une des deux inclusions ; on substituera celle-ci à l égalité des dimensions Définition 42 (Somme et intersection de sev) Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d un K ev E Alors 1 F G est un sous-espace vectoriel de E 2 F + G = {x + y où x F, y G} est un sous-espace vectoriel de E On a l égalité de sous-espaces vectoriels suivante : F + G = Vect (F G) 3 F et G sont dits en somme directe lorsque F G = {} On note alors leur somme F G A nouveau, ce résultat devrait rappeler à votre mémoire le cardinal d une union de parties finies : Proposition 43 (Dimension d une somme) Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d un espace vectoriel E de dimension finie Alors dim F + G = dim F + dim G dim F G F et G sont en somme directe ssi dim F + G = dim F + dim G Définition 44 (Supplémentaires) Deux sous-espaces vectoriels F et G de E sont supplémentaires dans E lorsque E = F + G et F G = {} On note alors F G = E On appellera hyperplan tout sous-espace vectoriel qui admet une droite comme supplémentaire En termes de décomposition, cela donne : E = F G ( ) z E, un unique couple (x, y) F G tel que z = x + y Tout sous-espace vectoriel d un espace vectoriel E de dimension finie possède un supplémentaire (une infinité en fait) Proposition 45 (Caractérisation des supplémentaires) Si F et G sont deux sous-espaces vectoriels quelconques de E, nous avons l équivalence entre les trois propriétés suivantes : F G = E ; F + G = E et dim F + dim G = dim E F G = { E } et dim F + dim G = dim E z E,!(x, y) F G tel que z = x + y Définition 46 Soit E 1,, E p une famille finie de sous-espaces vectoriels de E, et H = E 1 + + E p On dit que ces sous-espaces vectoriels sont en somme directe lorsque tout vecteur de H se décompose de manière unique comme une somme de vecteurs de E i Proposition 47 On a équivalence entre : p E i = p E i, et Pour tout (x 1,, x p ) E 1 E p, si p x i = E, alors tous les x i sont égaux à E Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 5/12

http://mpbertholletwordpresscom REMARQUES : Si E admet une décomposition en somme directe E = E i, on obtient une base de E en réunissant des bases des E i Une telle base de E est dite adaptée à al décomposition E = E i p p Si E = F i, alors dim E dim F i De plus, on a égalité si et seulement si la somme est directe 5 LA LINÉARITÉ Définition 51 (Applications linéaires) Soient E, F deux K espaces vectoriels Une application f : E F est dite linéaire lorsque x, y E, α K, f(αx + y) = αf(x) + f(y) Si E = F, on dit que f est un endomorphisme On note L (E, F ) l ensemble des applications linéaires entre E et F, et L (E) = L (E, E) l ensemble des endomorphismes de E EXEMPLES : f : R R est une application linéaire il existe a R tel que f : x R ax R Les homothéties sur E, ie les applications qui s écrivent λid E, où λ K sont linéaires Soit x R On appelle opérateur d évaluation en x l application E x E x : f F (R, R) f(x ) R est une forme linéaire sur F (RR) Soit I un intervalle de R La dérivation D D 1 (I, R) F (I, R) est une application linéaire f f Soit I un intervalle de R et a, b I L intégrale I Cm(I, C) C est une forme linéaire f b a f(t)dt On appelle forme linéaire sur E toute application linéaire ϕ : E K Soient n, p N et A = (a i,j ) M n,p (K) Notons L A : X K p AX K n, où, L A x 1 x p = a 11 a 12 a 1p a 21 a 22 a 2p a n1 a n2 a np x 1 x p = p a 1,j x j K n p a n,j x j Alors pour tous X, Y K p, λ, µ K, L A (λx + µy ) = λl A (X) + µl A (Y ) L A est l application linéaire (endomorphisme si n = p) canoniquement associé a A Ainsi, résoudre le système AX = B, où B K p, c est finalement rechercher les antécédents de B par l application L A, ie Sol = L A 1 ( {B} ) j=1 j=1 Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 6/12

http://mpbertholletwordpresscom Donnons une description des formes linéaires sur K n : Proposition 52 (Formes linéaires sur K n ) ϕ : K n K est une forme linéaire sur K n si et seulement si x 1 n il existe a 1,, a n K tels que ϕ : Kn a i x i K x n 6 STRUCTURE, IMAGE ET NOYAU Proposition 61 (Structures de L (E, F ) et L (E)) Soient E et F deux K espaces vectoriels L ensemble L (E, F ) des applications linéaires de E dans F est un sous-espace vectoriel de F (E, F ) L (E) est stable par composition, ie la composée de deux applications linéaires est linéaire Rappelons les deux notions d image directe et d image inverse d un ensemble par une application quelconque, centrales pour exprimer simplement des notions ensemblistes REMARQUES : f : E F et X E On note f(x) = {f(x) où x X} l image directe de X par f L image de E est f(e) On la note Im f Rappelons enfin que f est surjective ssi Im f = E f : E F et Y F On note f 1 (Y ) = {x E tels que f(x) Y } On l appelle image inverse de Y par f Elle ne nécessite pas l inversibilité de f Avec ces notations, on a ainsi f(x) F et f 1 (Y ) E Dans le cadre linéaire, ces deux notions sont compatibles avec la structure : Propriétés 62 Soient E et F deux K espaces vectoriels, et f : E F une application linéaire 1 Soit W un sous-espace vectoriel de F L image inverse f 1 (W ) de W par f est un sous-espace vectoriel de E 2 Soit V un sous-espace vectoriel de E L image directe f(v ) de V par f est un sous-espace vectoriel de F Pour montrer qu un ensemble est un sous-espace vectoriel, il suffira bien souvent de prouver que c est l image ou le noyau d une application linéaire : Corollaire 63 (L image et le noyau sont des sous-espaces vectoriels ) Soient E et F deux K espaces vectoriels, et f : E F une application linéaire Alors : Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 7/12

http://mpbertholletwordpresscom 1/ ker f = { x E tels que f(x) = F } est un sous-espace vectoriel de E On l appelle le noyau de f 2/ Im f = f(e) = {f(x) où x E} est un sous-espace vectoriel de F Autrement dit : y F, y Im f x E tel que y = f(x) Si Im f est de dimension finie, on appelle rang de f sa dimension EXEMPLES : L ensemble des solutions du système linéaire homogène associé à une matrice A M n,p est le noyau de L A L (R p, R n ) On retrouve ainsi sa structure de sous-espace vectoriel de R p On parlera souvent du noyau de la matrice A, plutôt que du noyau de l application linéaire canoniquement associée à A {f F (R, R) telles que f(π) = } est le noyau de l opérateur d évaluation en π { 1 } f F (R, R) telles que f(t)dt = est le noyau de l intégrale Expiquons maintenant ce que cela donne lorsque f = L A : Proposition 64 (Image et Noyau d une matrice) Soit A M n,p (K) Notons C 1,, C p ses colonnes x 1 1/ Le noyau de L A est l ensemble des Kp tels que x 1 C 1 + + x p C p = 2/ L image de L A est Vect (C 1,, C p ), sous-espace vectoriel de K n x p Ainsi, toute combinaison linéaire nulle des vecteurs colonne de A présente deux intérêts : elle fournit à la fois un vecteur du noyau de A, et permet d éliminer un des vecteurs colonnes lorsque l on cherche à extraire de (C 1, C p ) une base de l image de A Dans le cadre linéaire, l injectivité et la surjectivité d une application se traduit par des égalités de sous-espaces vectoriels : Proposition 65 (Injectivité et surjectivité d une application linéiare) Soient E et F deux K espaces vectoriels, et f : E F une application linéaire Alors : f est injective ker f = { E } f est surjective f(e) = F 7 LINÉARITÉ EN DIMENSION FINIE Pour toute famille E = (e 1, e p ) de E, on appelle image de E par l application linéaire f la famille (f(e 1 ),, f(e p )) Si ( ) ) e 1, e p est une base de E, alors Im f = Vect (f(e 1 ), f(e p ), Le théorème central de ce paragraphe est le suivant : Théorème 71 (Interpolation Linéaire) Soient E un K espace vectoriel de dimension finie et F un K espace vectoriel Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 8/12

http://mpbertholletwordpresscom B = (e 1,, e n ) une base de vecteurs E et Soient (b 1,, b n ) une famille de vecteurs de F Alors il existe une unique application linéaire f L (E, F ) qui vérifie pour tout i [[1, n]], f(e i ) = b i REMARQUES : 1/ Les deux notions de rang (celle des familles et celle des applications linéaires) coïncident dans le cas suivant : Si ( ) ) e 1, e p est une base de E, alors Rang f = Rang (f(e 1 ), f(e p ) 2/ L image d une base quelconque de E par f peut donner beaucoup d informations sur f : Soit f L (E, F ), (e 1,, e n ) une base de E Alors, (f est injective) (f(e 1,, f(e n )) est libre (f est surjective) (f(e 1,, f(e n )) est génératrice de F (f est bijective) (f(e 1,, f(e n )) est une base de F Voici un des résultats les plus importants d algèbre linéaire : Théorème 72 (du rang (version faible)) Soit E un espace vectoriel de dim finie, F un espace vectoriel, et f L (E, F ) Alors Im f est de dimension finie et dim ker f + Rang f = dim E Donnons-en une version plus fine, au programme, mais beaucoup moins usitée : Théorème 73 (du rang, version forte) Soit E un espace vectoriel de dim finie, F un espace vectoriel, et f L (E, F ) Soit de plus, G un supplémentaire de ker f dans E Alors, l application G Im f est un isomorphisme x f(x) Nous tirons du théorème précédent : Corollaire 74 Soient E et F deux K espaces vectoriels de dimensions finies, et f L (E, F ) Alors, 1 Si f est injective, alors dim E dim F 2 Si f est surjective, alors dim E dim F 3 Si f est bijective, alors dim E = dim F Considérons maintenant les applications bijectives entre deux espaces vectoriels de même dimension finie Théorème 75 Soient E et F deux K espaces vectoriels tels que dim E = dim F = n N, et f L (E, F ) Alors, f est injective f est surjective f est bijective Rang f = n dim ker f = Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 9/12

http://mpbertholletwordpresscom EXEMPLES : 1 Un cas à retenir, car il est sous-jacent aux merveilleux polynomes d interpolation de Lagrange : Si a,, a n K sont distincts deux à deux, alors Ψ K n [X] K n+1 P ( ) est bijective P (a,, P (a n ) 2 C est FAUX en dimension infinie, par exemple la dérivation sur R[X] est surjective mais pas injectif Définition 76 (Groupe linéaire) Soit E un K espace vectoriel de dimension finie On note GL(E) l ensemble des isomorphismes de E C est un sous-groupe de ( Bij(E), ) REMARQUES : Soit n N Tout K- espace vectoriel de dimension n est isomorphe à K n 8 DES EXEMPLES CENTRAUX 1 Projecteurs et symétries Il est absolument nécessaire d avoir en tête LE dessin qui résume toutes les propriétés Définition 81 (PROJECTEURS) Soit E un espace vectoriel On appelle projecteur de E tout endomorphisme f L (E) qui vérifie f f = f Notons les propriétés de celui-ci : ker f Im f = E (ce qui est faux pour un endomorphisme général) f est égal à l identité sur Im f, ie Im f = ker(f Id E ) Réciproquement, étant donnés deux sous-espaces vectoriels de E supplémentaires (ie F G = E), on peut définir un endomorphisme f de E en posant f = Id E sur F, et f = sur ker f Cet endomorphisme f est alors un projecteur, appelé projecteur sur F parallèlement à G : f : y + z E y E pour tout (y, z) F G Définition 82 (SYMETRIES) Soit E un espace vectoriel On appelle symétrie de E tout endomorphisme f L (E) qui vérifie f f = Id Notons les propriétés de celui-ci : f est un automorphisme de E, dont l inverse est f ker(f Id) ker(f + Id) = E f est égal à l identité sur ker(f Id E ), et à Id E sur ker(f + Id E ) 1 2 (f + Id) est le projecteur sur ker(f Id E) parallèlement à ker(f + Id E ) Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 1/12

http://mpbertholletwordpresscom Réciproquement, étant donnés deux sous-espaces vectoriels de E supplémentaires (ie F G = E), on peut définir un endomorphisme f de E en posant f = Id E sur F, et f = Id E sur ker f Cet endomorphisme f est alors une symétrie, appelée symétrie par rapport à F parallèlement à G : f E E pour tout (y, z) F G y + z y z 2 Hyperplans et formes linéaires Proposition 83 Soit E un K espace vectoriel de dimension finie n Alors 1 Un sous-espace vectoriel H de E est un hyperplan il existe une forme linéaire non nulle ϕ sur E telle que H = ker ϕ 2 Un hyperplan H est à la fois le noyau de la forme linéaire ϕ et de la forme linéaire ψ ϕ et ψ sont colinéaires Ce qui signifie que deux équations linéaires définissant le même hyperplan H de R n sont proportionnelles 3 L intersection de m hyperplans de E est de dimension n m 4 Pour tout sous-espace vectoriel G de E de dimension n m, il existe m formes linéaires ψ 1,, ψ m de E telles que G = ker ψ 1 ker ψ m 3 Endomorphismes nilpotents Soit E un K espace vectoriel et f L (E) f est dit nilpotent lorsqu une de ses puissances est nulle, ie lorsqu il existe un entier naturel k N tel que f k = L (E) Le plus petit entier k qui vérifie cette propriété s appelle l indice de nilpotence de f Proposition 84 Soit f L (E) un endomorphisme nilpotent de E d indice p N Alors 1/ f n est pas injective (mais peut être surjective en dimension infinie) 2/ { E } = ker f ker f 1 ker f p 1 ker f p = E 3/ Si E est de dimension finie n, alors l indice de nilpotence de f est inférieur à n Autrement dit, pour tout endomorphisme nilpotent f L (E), f n = L (E) A LES FIGURES IMPOSÉES 1 Quelques preuves Point 1 de la proposition 83 Point 2 de la proposition 83 2 De la banque CCP Il y en a trois cette semaine Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 11/12

http://mpbertholletwordpresscom EXERCICES : 1/ CCP 6 Soit la matrice A = (a) Déterminer ker f (b) f est-il surjectif? (c) Trouvez une base de ker f et une base de Im f ( ) 1 2 et f l endomorphisme de M 2 4 2 (R) défini par f(m) = AM 2/ CCP 62 Soit E un espace vectoriel sur R ou C et f et g deux endomorphismes de E tels que f g = id (a) Démontrer que ker(g f) = ker f (b) Démontrer que Im (g f) = Im g (c) Démontrer que E = ker f Im g 3/ CCP 64 Soit f un endomorphisme d un espace vectoriel E de dimension n (a) Démontrer que E = Im f ker f = Im f = Im f 2 (b) i Démontrer que : Im f = Im f 2 ker f = ker f 2 ii Démontrer que : Im f = Im f 2 = E = Im f ker f Résumé 1 : sous-espace vectoriel, famille Page 12/12