Intégration et probabilités ENS Paris, TD 2 Tribus, mesures Corrigé

Documents pareils
Intégration et probabilités TD1 Espaces mesurés Corrigé

Intégration et probabilités TD1 Espaces mesurés

Image d un intervalle par une fonction continue

Intégrale de Lebesgue

Théorie de la Mesure et Intégration

Théorie de la mesure. S. Nicolay

3. Conditionnement P (B)

Mesure et Intégration (Notes de cours de L3)

Théorie de la Mesure et Intégration

Mesures et Intégration

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile I : Incontournable T : pour travailler et mémoriser le cours

Dualité dans les espaces de Lebesgue et mesures de Radon finies

La mesure de Lebesgue sur la droite réelle

MESURE ET INTÉGRATION EN UNE DIMENSION. Notes de cours

Amphi 3: Espaces complets - Applications linéaires continues

THÉORIE DE LA MESURE ET DE L INTÉGRATION.

De même, le périmètre P d un cercle de rayon 1 vaut P = 2π (par définition de π). Mais, on peut démontrer (difficilement!) que

Produits d espaces mesurés

Exercices - Polynômes : corrigé. Opérations sur les polynômes

Construction de l'intégrale de Lebesgue

Moments des variables aléatoires réelles

Mesures gaussiennes et espaces de Fock

Fonctions de plusieurs variables

Calcul fonctionnel holomorphe dans les algèbres de Banach

3 Approximation de solutions d équations

Probabilités sur un univers fini

Limites finies en un point

Suites numériques 3. 1 Convergence et limite d une suite

Fonctions de plusieurs variables, intégrales multiples, et intégrales dépendant d un paramètre

Exercices - Fonctions de plusieurs variables : corrigé. Pour commencer

4. Martingales à temps discret

FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES (Outils Mathématiques 4)

Texte Agrégation limitée par diffusion interne

MA6.06 : Mesure et Probabilités

Suites numériques 4. 1 Autres recettes pour calculer les limites

Calcul matriciel. Définition 1 Une matrice de format (m,n) est un tableau rectangulaire de mn éléments, rangés en m lignes et n colonnes.

Intégration sur des espaces produits

Continuité d une fonction de plusieurs variables

Formes quadratiques. 1 Formes quadratiques et formes polaires associées. Imen BHOURI. 1.1 Définitions

Développement décimal d un réel

Problème 1 : applications du plan affine

Exo7. Matrice d une application linéaire. Corrections d Arnaud Bodin.

Capes Première épreuve

Espérance conditionnelle

Calcul différentiel sur R n Première partie

CHAPITRE IV. L axiome du choix

Équations non linéaires

Optimisation non linéaire Irène Charon, Olivier Hudry École nationale supérieure des télécommunications

EXERCICE 4 (7 points ) (Commun à tous les candidats)

Méthodes de quadrature. Polytech Paris-UPMC. - p. 1/48

Chapitre 2 Le problème de l unicité des solutions

Théorème du point fixe - Théorème de l inversion locale

Simulation de variables aléatoires

Chapitre 3. Mesures stationnaires. et théorèmes de convergence

Exo7. Limites de fonctions. 1 Théorie. 2 Calculs

Exercice autour de densité, fonction de répatition, espérance et variance de variables quelconques.

C algèbre d un certain groupe de Lie nilpotent.

Chapitre 2. Matrices

I. Polynômes de Tchebychev

Continuité et dérivabilité d une fonction

Fonctions holomorphes

Sur certaines séries entières particulières

Problèmes de Mathématiques Filtres et ultrafiltres

Fonctions de deux variables. Mai 2011

ENS de Lyon TD septembre 2012 Introduction aux probabilités. A partie finie de N

Première partie. Préliminaires : noyaux itérés. MPSI B 6 juin 2015

Commun à tous les candidats

Approximations variationelles des EDP Notes du Cours de M2

Souad EL Bernoussi. Groupe d Analyse Numérique et Optimisation Rabat http ://


Equations aux Dérivées Partielles

PROBABILITÉS: COURS DE LICENCE DE MATHÉMATIQUES APPLIQUÉES LM 390

n N = u N u N+1 1 u pour u 1. f ( uv 1) v N+1 v N v t

Université Paris-Dauphine DUMI2E 1ère année, Applications

Relation d ordre. Manipulation des relations d ordre. Lycée Pierre de Fermat 2012/2013 Feuille d exercices

Probabilités sur un univers fini

rf( 1 f(x)x dx = O. ) U concours externe de recrutement de professeurs agreg6s composition d analyse

8.1 Généralités sur les fonctions de plusieurs variables réelles. f : R 2 R (x, y) 1 x 2 y 2

Travaux dirigés d introduction aux Probabilités

Planche n o 22. Fonctions de plusieurs variables. Corrigé

Correction de l examen de la première session

Proposition. Si G est un groupe simple d ordre 60 alors G est isomorphe à A 5.

Chapitre VI Fonctions de plusieurs variables

Coefficients binomiaux

Cours d Analyse 3 Fonctions de plusieurs variables

Théorèmes du Point Fixe et Applications aux Equations Diérentielles

Baccalauréat S Antilles-Guyane 11 septembre 2014 Corrigé

Différentiabilité ; Fonctions de plusieurs variables réelles

ÉTUDE ASYMPTOTIQUE D UNE MARCHE ALÉATOIRE CENTRIFUGE

Cours d Analyse. Fonctions de plusieurs variables

Cours de mathématiques

Chp. 4. Minimisation d une fonction d une variable

Fibonacci et les paquerettes

Chapitre VI - Méthodes de factorisation

Continuité en un point

Filtrage stochastique non linéaire par la théorie de représentation des martingales

Un K-espace vectoriel est un ensemble non vide E muni : d une loi de composition interne, c est-à-dire d une application de E E dans E : E E E

Loi d une variable discrète

Leçon 01 Exercices d'entraînement

4 Distributions particulières de probabilités

Transcription:

Intégration et probabilités ENS Paris, 2013-2014 TD 2 Tribus, mesures Corrigé 0 Exercice du TD 1 à préparer Exercice 0. Soit f : E R + {+ } une fonction. Pour tout n 1 et tout i {0,1,...,n2 n 1} on note A n = {x E; f (x n}, B n,i = {x E; i2 n f (x < (i + 12 n }, n2 n 1 i et pour un entier n 1 on pose f n = 2 n 1 B n,i + n1 An. Soit x E fixé. Que dire de la suite f n (x lorsque n? i=0 La suite f n (x tend en croissant vers f (x. En effet, si x B n,i, on vérifie que 2i f n (x si f (x < 2i+1 f n+1 (x = 2 n+1 2 n+1 f n (x + 1 si 2i+1 f (x < 2(i+1, 2 n+1 2 n+1 2 n+1 et que si x A n alors n + 1 si f (x n + 1 f n+1 (x = n2 n+1 +l si 2 n+1 n2n+1 +l f (x < 2 n+1 n2n+1 +l+1;0 l 2 n+1 1. 2 n+1 Il en découle que la suit f n (x est croissante. D autre part, par construction, si x {f < n 0 } alors 0 f (x f n (x 2 n pour n n 0. On en déduit que f n (x f (x lorsque x {f < + } = k 1 {f < k}. D autre part, si x {f = + } = k 1 {f k}, alors f n (x = n +. Remarque. Si f M, alors 0 f (x f n (x 2 n pour n M et la convergence est uniforme. 1 Petites questions 1 Est-ce que l ensemble des ouverts de R est une tribu? 2 Si on note λ la mesure de Lebesgue, rappeler pourquoi λ({x} = 0 pour tout x R. Alors : λ(r = λ {x} = λ({x} = 0 = 0. x R x R Pour des questions, demande de précisions ou explications, n hésitez pas à m envoyer un mail à igor.kortchemski@ens.fr, ou bien à venir me voir au bureau V4. x R 1

Où est le problème? 3 Si F et G sont deux tribus, est-ce que F G est toujours une tribu? 4 Si (a n n 1 et (b n n 1 sont deux suites de nombres réels, a-t-on toujours lim sup (a n + b n = limsup Et si les deux suites sont bornées? Et si b n converge? a n + limsupb n? 1 Non, car le complémentaire de ],0[ n est pas ouvert. 2 Non, pas toujours. Par exemple si, en notant Ω = {1,2,3}, on prend F = {,{1},{2,3},Ω} et G = {,{2},{1,3},Ω}? En effet, on a alors F G = {,{1},{2},{2,3},{1,3},Ω}, qui n est pas stable par union ( {1} {2} F G. 3 On a λ({x} = lim λ([x 1/n,x + 1/n] = 0. Par ailleurs l égalité λ( x R {x} = x R λ({x} n est pas vérifiée car R n est pas dénombrable. 4 Ce n est pas toujours vrai (prendre par exemple a n = b n = n. En revanche, le terme de gauche est inférieur ou égal au terme de droite lorsque les deux suites sont bornées, et l égalité est vérifiée lorsque b n converge. 2 Mesures Exercice 1. (Lemme de Borel-Cantelli (E, A, µ est un espace mesuré (µ est une mesure positive et que (A n n 1 est une suite d éléments de A. On rappelle que l on note lim inf A n = A k, limsupa n = A k. n 1 n 1 1. Montrer que et que si µ( n 1 A n <, alors ( µ lim inf µ ( lim sup A n liminf µ(a n, A n limsupµ(a n. Qu est-ce qui se passe si µ( n 1 A n =? 2. (Lemme de Borel-Cantelli. On suppose que n 1 µ(a n <. Montrer que µ ( lim supa n = 0. 3. (Une application du lemme de Borel-Cantelli. Soit ε > 0. Montrer que pour presque-tout x [0, 1] (pour la mesure de Lebesgue, il n existe qu un nombre fini de rationnels p/q avec p et q premiers entre eux tels que x p q < 1 q 2+ε, i.e. presque tout x est mal approchable par des rationnels à l ordre 2 + ε. 2

1. On remarque que, pour tout n 0 et pour tout k n, µ A p µ(a k. Ainsi, p n µ A k inf µ(a k. (1 Or la suite ( A k n 0 est croissante. Le résultat s obtient donc en passant à la limite quand n + dans (1. De même, on a µ A k supµ(a k. (2 Or la suite ( A k n 0 est décroissante et µ( n 0 A n < +. Le résultat s obtient donc en passant à la limite quand n + dans (2. On peut aussi utiliser le résultat précédent et raisonner en passant au complémentaire. En effet, posons F = n 0 A n. On a alors Donc, c est-à-dire, µ ( µ(f µ F \ limsupa n = liminf (F \ A n. F \ limsup ( lim sup Comme µ(f <, cela implique le résultat. 2. On a, pour tout n 0, A n liminf µ(f \ A n, A n µ(f limsupµ(a n. µ A k µ(a k. Or µ(limsup k A k µ( A k pour tout n 0 et µ(a k est le reste d une série convergente et donc tend vers 0 quand n +. On obtient ainsi le résultat. 3. Pour tout q 1, on note A q = [0,1] Ainsi, λ(a q 2/q 1+ε. Par conséquent, q p=0 [ p q 1 q 2+ε, p q + 1 ] q 2+ε. λ(a q < +. q 1 D après le lemme de Borel-Cantelli, λ(limsup q A q = 0, or l ensemble limsup q A q contient l ensemble des réels bien approchables par des rationnels à l ordre 2 + ε. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/thue-siegel-roth_theorem 3

Exercice 2. (Mesure sur Z Existe-t-il une mesure de masse finie sur (Z,P (Z invariante par translation? Oui, mais seulement la mesure nulle. En effet, soit µ une mesure non nulle de masse finie sur (Z,P (Z invariante par translation. Comme µ est non nulle, il existe n Z tel que c := µ({n} > 0. Par invariance par translation, il vient µ({k} = c pour tout k Z. Mais alors, comme Z est dénombrable : µ(z = µ( k Z {k} = µ({k} = c =, k Z k Z ce qui contredit le fait que µ est de masse finie. 3 Tribus Exercice 3. (Opérations sur les tribus 1. Soit F une tribu de Ω et B un élément de F. Montrer que l ensemble F B := {A B,A F } est une tribu de B. 2. Soit (X Y,F un espace-produit mesuré et π : X Y X la projection canonique. L ensemble F X := {π(f,f F } est-il une tribu? 3. On considère sur N, pour chaque n 0, la tribu F n = σ({0},{1},...,{n}. Montrer que la suite de tribus (F n,n 0 est croissante mais que n 0 F n n est pas une tribu. Indication : On pourra raisonner par l absurde et utiliser le sous-ensemble 2N. 4. (Partiel 2010 Soit (E,A un espace mesurable. Soit C une famille de parties de E, et soit B σ(c. Alexandra dit : alors nécessairement, il existe une famille dénombrable D C telle que B σ(d. A-t-elle raison? 5. Soient X,Y deux ensembles et f : X Y une application. Soit A P (Y. Alexandra dit : alors nécessairement, σ(f 1 (A = f 1 (σ(a. A-t-elle raison? 1. B = Ω B F B, Soit C = B D F B avec D F. Alors D c F et C c B = B Dc appartient à F B. Soit C n = B D n F B avec D n F. Alors n D n F et n B n = B n D n appartient à F B. L ensemble F B est donc bien une tribu sur B. 2. On considère pour X = Y = {0,1} la tribu F engendré par l élément (0,0 X Y. Il est clair que F = {,X Y,{(0,0},X Y \{(0,0}}. On vérifie que F X = {,{0},X}, ce qui n est pas une tribu. 3. Posons F = F n, n N et supposons que F soit une tribu. On a {2n} F 2n F et 2N = {2n}. Ainsi, 2N F i.e. il existe n 0 N tel que 2N F n0. Or, les seuls éléments de cardinal infini de F n0 sont de la forme N \ A, où A est une partie de {0,1,...,n 0 }. On obtient donc une contradiction. n 0 4

4. Alexandra a raison. En effet, soit G = {B σ (C; D C dénombrable tel que B σ (D}. Montrons que G est une tribu. Il est clair que E G. Si A G, alors il existe D C dénombrable tel que A σ (D, et donc A c σ (D : on a A c G. Si (A n G, alors pour tout n il existe D n C dénombrable tel que A n σ (D n, et donc n A n σ (D, où D := n D n C est dénombrable (étant une union dénombrable d ensembles dénombrables : on a n A n G. En conclusion, G est une tribu. Or C G, ce qui implique que σ(c σ(g = G σ(c, d où le résultat. 5. Ceci sera revu lors du TD 3. Exercice 4. Prouver que B(R 2 = B(R B(R. On fera cet exercice lors du TD 3. 4 Divers Exercice 5. 1. Montrer que pour tout ɛ > 0, il existe O ɛ un ouvert dense de R de mesure (de Lebesgue λ(o ɛ ɛ. 2. En déduire que pour tout ɛ > 0, il existe F ɛ un fermé d intérieur vide tel que pour tout A B(R : λ(a F ɛ λ(a ɛ. 1. Soit ɛ > 0. Notons Q = {q n,n 1} les rationnels et posons : O ɛ = ]q n ɛ2 n 1,q n + ɛ2 n 1 [. n 1 Alors O ɛ est un ouvert de R, dense (car il contient Q. De plus, λ(o ɛ λ(]q n ɛ2 n 1,q n + ɛ2 n 1 [ = 2 n ɛ < ɛ. n 1 2. Posons F ɛ = O c ɛ. Alors F ɛ est un fermé de R d intérieur vide. De plus, pour tout A B (R, on a n 1 λ(a = λ(a F ɛ + λ(a O ɛ λ(a F ɛ λ(a F ɛ + ɛ. Exercice 6. (Ensembles de Cantor Soit (d n,n 0 une suite d éléments de ]0,1[, et soit K 0 = [0,1]. On définit une suite (K n,n 0 de la façon suivante : connaissant K n, qui est une réunion d intervalles fermés disjoints, on définit K n+1 en retirant dans chacun des intervalles de K n un intervalle ouvert centré au centre de chaque intervalle, de longueur d n fois celle de l intervalle. On pose K = n 0 K n. 5

1. Montrer que K est un compact non dénombrable d intérieur vide dont tous les points sont d accumulation. 2. Calculer la mesure de Lebesgue de K. 3. On note K 3 l ensemble de Cantor obtenu en posant d n = 3 1 pour tout n. Vérifier que et qu il est mesure de Lebesgue nulle. a K 3 = n 3 n ; (a n {0,2} N n 1 1. Chaque ensemble K n est fermé donc K est fermé. De plus, K [0,1] donc K est compact. Montrons que l on peut construire une bijection ϕ : K {0,1} N. Si x est dans K, alors x est dans un des deux intervalles composant K 1. On pose ϕ(x 0 = 0 si x est dans l intervalle de gauche et ϕ(x 0 = 1 si x est dans l intervalle de droite. En répétant ce procédé, on construit une suite ϕ(x {0,1} N. On vérifie facilement que ϕ est une bijection. Ainsi, K n est pas dénombrable. Par construction de ϕ, pour tous x,y K et n 0, x et y sont dans le même intervalle composant K n+1 si et seulement si ϕ(x k = ϕ(y k pour tout k n. Supposons qu il existe un intervalle I de [0,1] inclus dans K et non réduit à un point. Soient x,y I tels que x y. Alors, pour tout n 0, x et y sont dans le même intervalle composant K n donc ϕ(x = ϕ(y ce qui est absurde. Ainsi, K est d intérieur vide. Enfin, soit x K. L ensemble {y K : ϕ(y k = ϕ(x k k n} est infini et est constitué de points de K tous à distance au plus 1/2 n+1 de x. Donc x est un point d accumulation. 2. On montre par récurrence que λ(k n = (1 d 0...(1 d n 1. Or λ([0,1] = 1 donc λ(k = lim λ(k n. On a donc : d n < λ(k = (1 d n, n 0 n 0 d n = λ(k = 0. n 0 3. Il suffit de regarder la bijection construite dans la question 1 entre K et {0,1} N et vérifier que si x = ϕ((b n n, alors x = 2b n 3 n. Pour la mesure on utilise la question 2. Exercice 7. Soit (Ω,A un espace mesurable tel que {ω} A pour tout ω Ω. Soit µ une mesure positive sur A. On dit que µ est portée par S A si µ(s c = 0, que ω Ω est un atome ponctuel pour µ si µ({ω} 0, que µ est diffuse si elle n a pas d atomes ponctuels, que µ est purement atomique si elle est portée par l ensemble de ses atomes ponctuels. 1. Donner des exemples de mesures diffuses et de mesures purement atomiques. 2. Que peut-on dire d une mesure qui est diffuse et purement atomique? 3. Soit µ une mesure positive sur A. Montrer qu il existe une mesure diffuse µ d et une mesure purement atomique µ a sur A telles que µ = µ d + µ a. 4. Montrer que l ensemble des atomes ponctuels d une mesure σ-finie µ est dénombrable. 1. La mesure de Lebesgue est diffuse, et la mesure de comptage sur N est purement atomique. 6

2. Elle est alors portée par l ensemble de ses atomes ponctuels, qui est vide car elle est diffuse. Cette mesure est donc nulle. 3. Soit D l ensemble des atomes ponctuels de µ. Pour tout A A, on pose µ d (A = µ(a D c et µ a (A = µ(a D. Ainsi µ d est diffuse, µ a est atomique et µ = µ d + µ a. 4. Soit (E n n 1 une suite d ensembles de A de µ-mesure finie et d union Ω. Pour tous n,k 0, on pose D n,k = {ω E n ; µ({ω} 1/k}. Alors Card(D n,k kµ(e n. Comme D est l union des ensemble D n,k pour k,n 0, il en résulte que D est dénombrable. 6 Compléments (hors TD Exercice 9. ( Cardinal d une tribu Le but de l exercice est de montrer qu il n existe pas de tribu A infinie dénombrable. Soit (E,A un espace mesurable. On définit, pour tout x E, l atome de la tribu A engendré par x par, ẋ = A. {A A: x A} 1. Montrer que les atomes de A forment une partition de E. 2. Montrer que si A est au plus dénombrable alors A contient ses atomes et que chaque élément de A s écrit comme une réunion au plus dénombrable d atomes. 3. Conclure. 4. Donner une nouvelle démonstration de question 3 de l exercice 3. 1. On remarque que x ẋ pour tout x E, donc ẋ = E. Montrons maintenant que x E ẋ ẏ ẋ = ẏ. Soient x,y,z E tels que z ẋ ẏ. Alors chaque ensemble A A contenant x contient z. Supposons qu il existe B A contenant z mais ne contenant pas x. Alors B c A et contient x. Ainsi B c contient z ce qui est contradictoire. Donc ẋ = ż et de même ẏ = ż. Donc ẋ = ẏ. 2. Supposons que A soit finie ou dénombrable. Alors chaque atome ẋ s écrit comme une réunion au plus dénombrable d éléments de A et donc appartient à A. De plus, si A A, alors A = ẋ x:x A et cette réunion est au plus dénombrable car les atomes appartiennent à A. De plus, les atomes formant une partition de E, cette écriture est unique. 3. Soit B l ensemble des atomes de A supposée finie ou dénombrable. D après la question 2., on définit une bijection ϕ de P (B dans A par, ϕ : B P (B ẋ. Si B est fini, alors A est finie. Sinon, A ne peut pas être dénombrable. ẋ B 7

4. Les tribus F n sont toutes finies donc n 0 F n est infinie dénombrable. D après la question précédente, il n existe pas de tribu infinie dénombrable, donc n 0 F n n est pas une tribu. Exercice 10. (Support Soit µ une mesure borélienne sur R n (ou plus généralement sur un espace métrique séparable localement compact. On pose S := {x R n,µ(b(x,r > 0, pour tout r > 0}. Montrer que S est fermé, que µ(r n \S = 0, et que µ(s\f = µ(r n \F > 0 pour tout fermé F strictement contenu dans S. (On appelle S le support de la mesure µ. Soit x S, alors par définition il existe un r x > 0 tel que µ(b(x,r x = 0, a fortiori pour tout z contenu dans la boule ouverte de centre x et de rayon r x B(z,r x z x B(x,r x et donc µ(b(z,r x z x = 0, ce qui démontre que B(x,r x est incluse dans S c. L ensemble F est donc fermé. On sait que pour tout x S, il existe r x > 0 tel que µ(b(x,r x = 0. Si K est un compact inclu dans S c il existe un recouvrement ouvert K B(x,r x, x K duquel on peut extraire un recouvrement fini (Borel-Lebesgue. De plus S c peut être vu comme une réunion dénombrable de compacts, par exemple S c = {x : d(x,f 1 } k, x n, ainsi S c est une union dénombrable de boules ouvertes S c = i N B(x i,r xi et Si F est un fermé contenu dans S alors n,k µ(s c µ(b(x i,r xi = 0 = 0. i N R n \F = R n \S S\F, et chacun de ces ensembles est mesurable, le résultat s obtient en prenant la mesure de l égalité. Exercice 11. ( Mesure atomique Soit (X,F,µ un espace mesuré. Un ensemble A F est un atome pour µ si 0 < µ(a < et pour tout B A mesurable, µ(b = 0 ou µ(b = µ(a. Soit (X,F,µ un espace mesuré avec µ(x = 1 et tel que µ n ait pas d atomes. Montrer que l image de µ est [0,1] (c est-à-dire que pour tout t [0,1], il existe A F tel que µ(a = t. ll s agit d un très bel exercice à zornette, voir http://en.wikipedia.org/wiki/atom_(measure_theory#non-atomic_measures Exercice 12. (Un problème d additivité On note l = {a = (a n n N R N, a := sup n N a n < }, l ensemble des suites réelles bornées. 8

1. Montrer que (l,. est un espace vectoriel normé complet. On admet (théorème de Hahn-Banach qu il existe une forme linéaire F : l R continue qui satisfait les deux propriétés suivantes : Soit a = (a n n N l F(a a, Si lim a n = α existe alors F(a = α. { 2. Soit A N et 1 A l 1A (n = 1, si n A, définie par. Si P(A = F(1 A, montrer que P( = 0,P(N = 1, P(A c = 1 P(A, P(A B = P(A + P(B si A B =. 3. Montrer que P n est pas une mesure. 0 sinon Pour la première question, voir le cours de topologie. Pour la deuxième question, exo :-. Pour la troisième question, il suffit de voir que : 1 = P (N = P {i} P ({i} = 0 = 0. i 0 i 0 i 0 Exercice 13. ( Est-ce que B(X Y = B(X B(Y pour tous espaces métriques X, Y? La réponse est non. Prenons X = Y = (l (R,, c est-à-dire l espace métrique des suites bornées indexées par R muni de la norme infinie. Lemme. Soit U un ensemble mesurable de B(X B(X. Alors il existe des ensembles mesurables (A i,b i i R tels que U = A i B i. i R Démonstration. D après la question 4 de l exercice 3, il existe une suite (A m m 0 d ensembles mesurables tels que U σ ( (A m A n m,n 0. En effet, on se rappelle qu on a B(X B(X = σ (A A ; A,A B(R. Maintenant, pour une suite x = (x n {0,1} N, posons B x = C n, n 0 où C n = A n si x n = 1 et C n = A c n si x n = 0. Mais l ensemble des élements qui s écrivent comme union des ensembles de la forme B x B x est une tribu (le vérifier!! contenant U (car il contient les A i A j. On en tire : U = { Bx B x ; B x B x U }. Ceci achève la preuve du lemme, car {0,1} N et R sont en bijection. Revenons à la preuve de l exercice. Il est clair que la diagonale = {(x,x;x l (R} B(X X. Supposons par l absurde que B(X B(X. D après le lemme, il existe une suite (A i,b i i R telle que = A i B i. i R 9

Comme P (R s injecte dans l, il existe i R et deux éléments distincts (u,u,(v,v tels que (u,u,(v,v A i B i (sinon, il existerait une injection de P (R dans R. Mais alors (u,v A i B i, ce qui implique (u,v. Absurde car u v. Remarque. Cette preuve montre que si X,Y sont deux espaces métriques dont le cardinal est strictement plus grand que celui de R, alors B(X Y B(X B(Y. Fin 10