CE SONT DES ANGLAIS : UN ACCORD AVEC L ATTRIBUT?* Seconde partie

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1 CE SONT DES ANGLAIS : UN ACCORD AVEC L ATTRIBUT?* Seconde partie Anne CARLIER La tournure Ce sont des Anglais viole-t-elle la règle selon laquelle le verbe s accorde en nombre avec le sujet? Afin de répondre à cette question, il est nécessaire de procéder au préalable à une analyse syntaxique de la structure et de déterminer quel constituant a la fonction syntaxique de sujet. Trois analyses différentes ont été proposées. La première, basée sur l observation que la forme verbale au pluriel tend à être évincée par la forme verbale au singulier, consiste à analyser c est comme une locution figée ayant, à la manière de voici et voilà, perdu son caractère verbal. Cette locution peut être suivie d un SN de construction directe, dont il est impossible de déterminer la fonction syntaxique. Selon la deuxième analyse, le SN des Anglais serait sujet et le pronom ce attribut. Dans la dernière analyse est attribuée à ce la fonction sujet et à des Anglais celle d attribut. Nous avons écarté dans la première partie de cette étude, parue dans le numéro précédent de cette revue, les deux premières analyses syntaxiques. Nous adopterons dans cette seconde partie la troisième analyse et nous tenterons d expliquer pourquoi la structure «ce sujet + être + SN attribut» accepte la forme verbale au pluriel dans le cas où l attribut nominal est au pluriel. 4. CE SONT DES ANGLAIS : DES ANGLAIS ANALYSÉ COMME ATTRIBUT Dans le cadre de cette dernière analyse syntaxique, le problème de la forme verbale au pluriel reste entier. Quelles sont les explications envisagées? 4.1. La forme verbale au pluriel : une explication extralinguistique Une première explication, assez répandue, est d ordre extralinguistique et postule une intervention des grammairiens du XVII e siècle et en particulier de Vaugelas. Citons par exemple Brunot (1936 : ) : (25) Toutefois, l évolution, en raison même de l époque où elle devait se terminer, n est pas allée jusqu au bout. Tandis que toutes les autres personnes se construisaient avec c est invariable : c est moi, toi, la 3 e personne continuait, au XVI e siècle, à varier assez régulièrement ; on disait devant un nom pluriel : ce ne sont pas les gens de pied Sans aucun doute, si la langue avait été laissée à elle-même, elle aurait fini par ne plus connaître, au bout d un temps plus ou moins long, que le seul c est. Foulet (1920 : 72) est encore plus précis. (26) depuis le début du XVI e siècle, il y a toujours eu en France des gens pour raisonner sur la langue : or le raisonnement appliqué aux faits de grammaire, quand il ne s appuie pas sur une connaissance de l histoire, mène volontiers à un purisme étroit. On peut dire qu au XVII e siècle est ce eux représente la tendance normale de la langue prise dans son ensemble, tandis que ce sont eux exprime le point de vue abstrait d un petit groupe de lettrés épris de la logique abstraite. Seulement Vaugelas a été un de ces lettrés, et c est en partie sa très grande autorité qui fait triompher une mauvaise cause. Il est vrai que Foulet commente la tournure Ce sont eux, mais le texte de Vaugelas auquel il fait allusion, cité dans le présent article sous (cf. infra, p. 6), concerne la tournure avec un SN lexical plein. Explicitons le raisonnement que tiennent Brunot et Foulet : à un moment donné de l histoire, il y a eu réanalyse : d une structure «ce attribut + être + SN sujet», on passe à la structure «ce sujet + être +SN attribut». Cette réanalyse a mené de ce suis je à c est moi, c est-à-dire elle a fait disparaître dans la forme verbale la flexion en personne, mais elle aurait dû faire disparaître aussi la flexion en nombre. Or, cette étape n a pas été franchie à cause de l intervention des grammairiens 1. (*) La recherche qui est à la base du présent article a fait l objet d une communication à la journée d étude «Aspects linguistiques et psycholinguistiques du pluriel», qui s est tenue à Paris le 11 juin 2001 et aux «Journées de syntaxe», organisées à Toulouse les 11 et 12 octobre Je suis reconnaissante aux organisateurs respectifs de ces réunions scientifiques, C. Schnedecker et I. Choi-Jonin, de m avoir donné l occasion d exposer cette recherche. Je remercie aussi A. Borillo, D. Van de Velde et Ph. Miller pour leurs remarques pertinentes. Un très cordial merci enfin à Walter De Mulder et à Pierre Swiggers, qui ont bien voulu relire le présent article et me faire profiter de leurs vastes connaissances sur le démonstratif pour l un et sur l histoire de la linguistique pour l autre. 1. Ce raisonnement mène à une analyse contradictoire pour la tournure ce sont eux. Citons par exemple Clédat (1896 : 232) : «Lorsqu on dit c est moi, ce sont eux, etc., il y a à la fois un sujet et un attribut ; mais on peut intervertir les rôles en considérant le sujet comme attribut et inversement. Aussi l ancienne langue disait-elle : c est moi et ce suisje [ ]. Aujourd hui, à toutes les personnes sauf à la troisième du pluriel, on considère le pronom démonstratif comme sujet. À la 3 e personne du pluriel on a mélangé les deux tournures en disant ce sont eux ; le verbe s accorde avec le pronom personnel, mais celui-ci prend la forme de l attribut.» 4 L Information grammaticale n 104, janvier 2005

2 Afin de vérifier si, comme l affirment certains linguistes du XX e siècle, la conservation de la forme verbale au pluriel dans la tournure Ce sont des Anglais peut être effectivement imputée à l intervention des grammairiens en général et à Vaugelas en particulier, nous procéderons en deux étapes : nous examinerons d abord les propos des grammairiens de l époque pour les confronter ensuite à l usage réel tel qu on peut l observer dans les textes. Seront ainsi abordées successivement la structure «ce + être + pronom» et la structure «ce + être + SN lexical». La première grammaire qui consacre un développement important à la structure «ce + être + pronom» date de 1550 et est de la main de Louis Meigret. (27) [à propos des «locutions incongrues» c est moi, est-ce moi? au lieu de ce suis-je, suis-je ce?] combien que la langue soit excusable (attendu la longue coutume et la promptitude nécessaire à poursuivre son propos), la plume toutefois ne s en saurait si bien laver, que la tache d un langage incongru n y soit évidente : vu le bon loisir qu un écrivain se peut donner de considérer ce que la plume a à exprimer. (Meigret, 1550, Livre IIIe, chapitre 6) En posant le problème du choix entre ce suis-je et c est moi, Meigret se fait un défenseur ardent de l ancienne tournure ce suis je. Il admet pourtant qu à l oral, la nouvelle tournure c est moi, tout incongrue qu elle soit, commence à se répandre. Le point de vue de Meigret est au départ partagé par Pierre de la Ramée : dans la première édition de sa Grammere, publiée en 1562, il condamne les nouvelles tournures, mais chose significative il se ravise dans la seconde édition, publiée dix ans plus tard : il admet l usage général des nouvelles tournures et aussi leur légitimité, sur la base du principe que le peuple est le souverain seigneur de sa langue (Brunot, 1967 : II, 154). En adoptant un style guerrier, Pierre de la Ramée le formule comme suit : (28) Et si quelque Grammairien vouloit despouiller nostre langue de tels ornemens, Est ce moy? Est ce toy? C est moy, C est toy, ce seroit comme desgainer lespée luy tout seul à lencontre de toute la France. (P. de la Ramée, Grammaire (1572), p. 168) Dans la grammaire de Charles Maupas, publiée en nous sommes donc déjà au XVII e siècle, la tournure ancienne ce suis je est encore mentionnée comme variante secondaire et moins usitée de la tournure nouvelle c est moi. Antoine Oudin, dont la grammaire est publiée une quinzaine d années plus tard, en 1632, ne la mentionne plus. Si l on confronte maintenant le discours des grammairiens avec l usage réel tel qu il se présente dans les textes, on observe que l ancienne tournure est morte bien avant, c està-dire dès le début du XVI e siècle. Une recherche dans Frantext a révélé que, parmi les auteurs dont les oeuvres interviennent dans le corpus de Frantext, seul Calvin utilise de manière récurrente l ancienne tournure et encore dans un contexte bien précis, à savoir pour citer des paroles presque rituelles de Dieu, un contexte d emploi qui favorise 2. Il s agit de la seconde édition, publiée à Orléans. sans doute l archaïsme. (29) offre un exemple représentatif de cet emploi très exceptionnel de la tournure ce suis-je au XVI e siècle. (29) «Ce suis-je, moy qui suis, et n y a autre Dieu que moy» (Isa. 44, 6). (J. Calvin, Institution religion chrestienne, vol. 1, Livre 1, p. 174 (1560)) Les historiens de la langue ont d ailleurs repéré d autres archaïsmes syntaxiques chez cet auteur (Foulet, 1921 : 250). On peut donc conclure que, globalement, il y a un décalage de plus d un siècle entre l usage réel et le discours des grammairiens. La grammaire, tendait, peut-être encore plus que de nos jours, à prôner un usage noble et donc conservateur. Elle n a pourtant pas pu empêcher que la langue suive le cours de son évolution. Pour ce qui est de la forme verbale du verbe être, l évolution de la structure «ce + être + pronom», qui mène de ce suisje vers c est moi, affecte prioritairement la flexion en personne. Or, la question qui nous occupe dans le cadre de la présente étude concerne la structure «ce + être + SN lexical» et la flexion en nombre qu on y observe : pourquoi le verbe être peut-il s y présenter au pluriel et quelle est l analyse syntaxique à associer à cette structure? Quoique le problème abordé ici soit donc différent, il est possible de tirer de l évolution de ce suis-je vers c est moi et des commentaires des grammairiens à ce sujet, au moins deux conclusions : La réanalyse syntaxique de la tournure «ce + être + pronom personnel» est un fait accompli vers 1500 : ce, au départ attribut, est devenu sujet, alors que le pronom personnel en position postverbale, qui était au départ sujet inversé, est devenu attribut. Il n y a aucune raison de supposer que la réanalyse de cette séquence a eu lieu plus tard quand le SN postverbal n est pas un pronom personnel, mais un SN lexical plein. Au contraire, il y a des indices qui montrent que le SN lexical plein cesse plus tôt que le pronom d être analysé comme sujet 3. Pourtant, cette réanalyse ne semble pas du tout menacer la forme verbale au pluriel. Les chiffres présentés sous (5) sont clairs : la forme verbale au pluriel tient à peu près le monopole dans la langue écrite jusqu au XIX e siècle. Sous un angle historique, il est peu probable que des traces de l ancienne structure, disparue dès 1500, aient pu contribuer aussi longtemps au maintien de la forme verbale plurielle. Ainsi la question posée au départ reste entière : pourquoi la structure ce sont des Anglais présente-t-elle une forme verbale au pluriel? La règle de l accord du verbe avec le sujet se trouve-t-elle ici violée? La condamnation vigoureuse de Louis Meigret de la structure c est moi s est révélée tout à fait inefficace. On est donc en droit de se poser la question : ne doit-on pas relativiser l emprise des grammairiens sur la langue en matière de syntaxe? Quant à l impact de la grammaire sur l évolution de la langue, il n est pas correct de mettre d office sur le même pied la 3. Comme l a montré Foulet (1920) (cf. les exemples (23) et (24), sous 3.3, dans la première partie de cet article, publiée dans l IG 103), dans les structures interrogatives et négatives formées à partir de «ce + être + SN», le pronom ce occupe dès l ancien français la position syntaxique du sujet quand le SN est de nature lexicale, mais non pas quand il est pronominal. L Information grammaticale n 104, janvier

3 perte de la flexion en personne et le déclin de l opposition entre singulier et pluriel, car le contexte historique est différent. L évolution de ce suis-je vers c est moi, c est-à-dire la perte de la flexion en personne, est un fait accompli à la fin du XV e siècle, époque à laquelle il n existait pas encore de description grammaticale du français. Louis Meigret, dont la grammaire date du milieu du XVI e siècle, mène un combat d arrière-garde pour le maintien de l ancienne tournure, mais son intervention venait sans doute trop tard pour pouvoir être efficace. De plus, sa grammaire, n ayant pas été réimprimée au XVI e siècle ni même au XVII e siècle, n a pas pu avoir un impact important. Enfin, d une manière plus globale, quoique la langue soit en passe de devenir une question politique au XVI e siècle et qu il commence à se dégager un bon usage, il n existe pas encore le sentiment d une norme inviolable et puriste (Brunot, 1927 : II, 159). À la différence de la perte de la flexion en personne, le recul de la forme verbale plurielle ne se reflète dans les statistiques d une manière significative qu au XVII e siècle 4. La pratique du français est devenue entre-temps une affaire d État et cette politique linguistique est dotée d un instrument qui se révélera efficace : en 1635 est créée l Académie française, ayant pour mission de fixer et de réglementer l usage. Au sein de cette Académie française, Vaugelas jouit d un grand prestige et il ne semble donc pas exclu qu il ait pu freiner voire empêcher certaines évolutions. En abordant à présent la structure «ce + être + SN lexical» et le problème de la flexion en nombre de la forme verbale, réexaminons donc les propos de Vaugelas sur la question et examinons s il a effectivement fait dominer la raison sur l usage, comme l affirme Foulet (1920) (cf. (26)). (1) Ce, avec le pluriel du verbe substantif Ce a encore un usage en nostre langue qui est fort beau, & tout à fait François. C est de le mettre avec le pluriel du verbe substantif, par exemple les plus grands Capitaines de l antiquité, ce furent Alexandre, Cesar et Hannibal, etc., & non pas les plus grands Capitaines de l antiquité furent, ni ce fut. Je crois neantmoins que furent, sans ce, ne serait pas mauvais, mais avec ce, il est incomparablement meilleur. Pour ce fut, je doute fort qu il soit bon, ou s il l est, c est sans doute le moins bon de tous. Cette petite particule a une merveilleuse grace en cet endroit, quoy qu elle semble choquer la Grammaire en l un de ses premiers preceptes, qui est que le nominatif singulier regit le singulier du verbe, & non pas le pluriel, & neantmoins icy on lui fait regir le pluriel en disant ce furent Alexandre, Cesar, etc. Sur quoy il est à remarquer, que toutes les façons de parler, que l Usage a establies contre les reigles de la Grammaire, tant s en faut qu elles soient vicieuses, ni qu il les faille eviter, qu au contraire on en doit estre curieux comme d un ornement de langage, qui se trouve en toutes les plus belles langues, mortes & vivantes. Le texte fait apparaître, en premier lieu, que Vaugelas ne rejette pas catégoriquement la forme verbale au singulier, mais se limite à exprimer ses doutes sur la conformité de cette tournure avec le bon usage. Il est peu probable que cette formulation nuancée ait pu freiner l évolution de Ce sont les Anglais vers C est des Anglais. En second lieu, Vaugelas souligne explicitement que la forme verbale au pluriel implique une contradiction par rapport à l ordre grammatical et donc aussi par rapport au sens commun, sur lequel est fondée d après lui la grammaire. Que l on combine ce avec la forme verbale au pluriel du verbe être n est d après lui justifié que par la grâce, la beauté, l élégance, la noblesse de cette tournure. Or il précise plus loin dans cette même remarque que la grâce et la noblesse d une telle tournure consistent précisément dans le fait de s être affranchie de la servitude grammaticale ou, en d autres mots, d être non conforme à la raison. On peut donc conclure que Vaugelas ne fait que prôner la tournure avec la forme verbale au pluriel, sans vraiment condamner celle avec la forme verbale au singulier. Un tel discours ne pouvait d ailleurs même pas être considéré comme conservateur à outrance, car l emploi du pluriel dans la tournure Ce sont des Anglais était encore largement dominant dans la production écrite de l époque par rapport à l emploi du singulier, ainsi que l ont montré les chiffres dans le tableau sous (5). Il semble difficile, sur cette base, d imputer à Vaugelas le maintien de la forme verbale au pluriel dans cette tournure. S il est vrai que Vaugelas ne s est pas prononcé catégoriquement contre la forme verbale au singulier, n y a-t-il pas eu de contemporains également soucieux du respect de la norme et notamment les membres de l Académie française, qui ont pris la défense de la forme verbale au pluriel dans la structure «ce + être + SN pluriel»? On peut s en former une idée en examinant les commentaires et critiques que la remarque de Vaugelas a suscités au XVII e siècle (Streicher, 1936 : ). Les commentateurs reprochent de manière unanime à Vaugelas de s extasier à ce point sur la beauté de la particule ce, parce que la phrase qu il cite pourrait parfaitement se passer du pronom ce. Pour ce qui est de la forme verbale, en revanche, les réactions sont partagées. Certains estiment même que la forme au singulier c est est «plus régulière, plus naturelle et aussi plus élégante», d autres estiment que tant c est que ce sont sont bons. Il est peu probable que, confrontée à cette absence d unanimité, l Académie ait réussi durant presque deux siècles à interdire l emploi de la forme verbale au singulier, du moins dans la langue écrite, ainsi que l ont montré les statistiques sous (5) 5. Un second argument mettant en doute l explication extralinguistique provient de l examen de la structure «pronom démonstratif neutre + verbe copule être + SN au pluriel» dans une autre langue romane, à savoir l espagnol 6. L espagnol utilise dans cette structure la forme verbale au pluriel et n admet pas l emploi de la forme verbale au singulier, comme l illustre l exemple (30). (30) a. Eso son rumores (trad. litt. : ce sont des rumeurs). b. *Eso es rumores (trad. litt. : c est des rumeurs). 4. Cf. les tableaux des points (5) et (6), dans la première partie de cet article, publiée dans l IG Cf. la première partie de cet article, parue dans l IG L Information grammaticale n 104, janvier 2005

4 Ici également, il convient de se poser la question de l analyse syntaxique de cette structure et d examiner en particulier quel constituant assume la fonction syntaxique de sujet. Cette question est d autant plus pertinente pour l espagnol que l ordre des constituants dans les phrases copulatives y est plus libre qu en français, ainsi que le montre l exemple (31). (31) a. El problema soy/*es yo. (trad. litt. : Le problème suis-je) b. Yo soy el problema. (trad. litt. : Je suis le problème) En tout état de cause, est sujet en espagnol l expression qui a le plus haut degré de référentialité (Fernández Leborans, 2000 : 2409 ; Martínez, 2000 : 2779). Si l on admet que les expressions déictiques se trouvent en haut sur l échelle de la référentialité, le sujet dans les exemples (31a) et (31b) est le pronom personnel yo, ce qui se reflète au niveau de la forme verbale, qui est à la première personne du singulier. D après cette même hypothèse, le sujet des exemples (30a) et (30b) est constitué par le pronom démonstratif neutre eso, qui relève du singulier, et pourtant la forme verbale est à la troisième personne du pluriel. L espagnol présente donc la même irrégularité que le français, sans qu il soit possible de postuler une intervention des grammairiens. Certes, l Espagne a aussi son Académie, mais celle-ci n a jamais eu le même impact que l Académie française en France. L explication extralinguistique proposée par Brunot et par Foulet étant prise en défaut tant par l examen des textes grammaticaux du XVII e siècle que par la comparaison entre les langues, nous tenterons à présent de rechercher une justification interne à la langue La forme verbale au pluriel : une analyse linguistique Dans la mesure où l on admet que dans la tournure Ce sont des Anglais, le pronom démonstratif neutre ce est sujet et le SN lexical des Anglais est attribut, on peut emprunter a priori deux voies pour expliquer la présence de la forme verbale au pluriel. Soit on admet que l accord ne se fait pas ici avec le sujet, mais avec un autre constituant, à savoir l attribut. Il y a alors infraction par rapport à la règle générale de l accord du verbe avec le sujet ( 4.2.1). Soit on fait l hypothèse que le pronom démonstratif neutre, sujet, véhicule, d une manière ou d une autre, le trait du pluriel. D après cette analyse, il n y a pas infraction par rapport à la règle générale de l accord du verbe avec le sujet ( 4.2.2) Accord du verbe avec le SN attribut La première hypothèse, consistant à postuler un accord du verbe avec l attribut, est rarement affirmée avec netteté, 6. On aurait pu également invoquer comme exemple l allemand ou le néerlandais, où le verbe être dans les phrases copulatives s accorde, comme en espagnol, en personne et en nombre avec le sujet, que celui-ci soit antéposé ou postposé au verbe (cf. ex. (31)). Cette règle ne se vérifie toutefois pas si le sujet est constitué par le pronom démonstratif neutre (cf. ex. (30)). Pour ces langues, on ne peut pas non plus expliquer le maintien de la forme verbale au pluriel dans la tournure «pronom démonstratif neutre + verbe copule être + SN pluriel» en invoquant une influence des grammairiens défendant le bon usage. parce qu elle entre d une manière si flagrante en contradiction avec la règle de l accord grammatical en nombre du verbe avec le sujet. Plutôt que de parler d accord grammatical, des auteurs comme Martinon (1927 : 119) et Le Goffic (1994 : 142) utilisent le terme d attraction. Cette hypothèse fait surgir deux questions. En premier lieu, quel est le contenu précis du terme «attraction»? La notion d attraction est parfois utilisée en grammaire française pour expliquer l apparition de certains temps ou certains modes dans des contextes de subordination à partir du temps ou du mode utilisés dans la principale. Il s agit pourtant là d un phénomène grammatical très différent. L accord en français n est jamais expliqué en termes d attraction, sauf dans le cas de la tournure Ce sont des Anglais. Étant donné que l attraction ne semble pas jouer de rôle dans l accord en général, il est fort douteux qu elle puisse avoir un grand pouvoir explicatif pour la structure soumise ici à l étude. Une deuxième question à laquelle cette hypothèse ne fournit pas de réponse est de savoir pourquoi cet accord par attraction se présente uniquement en présence du démonstratif neutre ce. En effet, (32b) est inacceptable en français contemporain. (32) a. Ce beau regard profond, ce sont des yeux d ivrogne. (J. Anouilh, La répétition ou l amour) b.??ce beau regard profond sont des yeux d ivrogne. Il apparaît ainsi qu il faut, d une manière où d une autre, faire intervenir dans l analyse le pronom ce. Cette observation nous mène naturellement à la deuxième hypothèse : si l on veut rendre compte de la forme verbale au pluriel à partir du sujet pronominal ce, il faut admettre que le pronom démonstratif neutre ce puisse véhiculer le trait de pluralité Accord du verbe avec le sujet pronominal ce Si l on admet que ce est porteur du trait du pluriel, il convient de se poser la question de savoir d où peut lui venir ce trait de pluralité. À partir d un exemple comme (33a), (33) a. Ces gens-là, ce sont des Anglais ; ce sont les meilleurs. (Le Goffic, 1994 : 142) Ce sont des Anglais. deux hypothèses semblent envisageables pour expliquer la forme verbale au pluriel dans la structure «ce + être + SN pluriel» : soit ce emprunte le nombre au SN disloqué, soit il s approprie le nombre de l attribut. Seule la première hypothèse a été prise en considération dans la littérature : pour expliquer la forme verbale au pluriel dans un exemple comme (33a), présentant en position disloquée le SN ces gens-là, Le Goffic (1994) fait intervenir non seulement l attraction avec l attribut (cf. supra, 4.2.1), mais avance en outre qu on peut considérer que le pronom ce se fait porteur de la pluralité grammaticale et référentielle du SN disloqué ces gens-là. Il élargit cette analyse à des phrases sans SN disloqué comme (33b), en admettant qu on peut y supposer l existence d un référent resté implicite. L Information grammaticale n 104, janvier

5 On notera que dans l exemple (33a), il est impossible de dégager de manière précise le rôle que remplit le pronom démonstratif neutre ce par rapport au nombre, dans la mesure où l on pourrait se passer de ce pronom. En effet, l exemple (33a ) est également acceptable. (33) a. Ces gens-là sont des Anglais ; ce sont les meilleurs. La présence de ce est par contre indispensable dans des exemples comme (34) et (32), car elle permet de contourner l impossibilité de former une phrase copulative avec un sujet au singulier et un attribut au pluriel (Grevisse, 1980 : 1154). (34) a. Cette vermine sur le drap, ce sont des puces. b.??cette vermine sur le drap sont des puces. (32) a. Ce beau regard profond, ce sont des yeux d ivrogne. (J. Anouilh, La répétition ou l amour)??ce beau regard profond sont des yeux d ivrogne. C est précisément dans ces cas où le pronom ce joue pleinement son rôle par rapport au nombre que l hypothèse proposée par Le Goffic (1994) se heurte à des problèmes. Si l on admet que dans l exemple (34), ce emprunte au SN disloqué son nombre grammatical, il ne peut s agir que du singulier. Or, de l accord du verbe avec le sujet ce, il apparaît que ce véhicule le trait du pluriel. On peut tenter de sauvegarder l hypothèse de Le Goffic (1994) en arguant que le SN disloqué dans (34), tout en étant grammaticalement du singulier, relève référentiellement du pluriel, car il désigne une collection d êtres. Cette échappatoire n est toutefois plus disponible dans le cas de l exemple (32) : tant du point de vue grammatical que du point de vue référentiel, le SN disloqué relève du singulier. De l accord avec le verbe, on doit pourtant inférer à nouveau que ce en tant que sujet relève du pluriel. On se voit ainsi amenée à abandonner l hypothèse posant que ce emprunte le trait du nombre du SN disloqué. Les données nous incitent au contraire à examiner si ce ne pourrait pas s approprier le trait du nombre du SN attribut. L hypothèse proposée par Le Goffic (1994) soulève un second problème : admettre que le pronom démonstratif neutre ce emprunte au SN disloqué des traits grammaticaux comme le nombre revient à rapprocher le pronom ce du pronom il. Or de nombreuses études ont démontré que ce, à la différence de il, même quand il est en relation avec une expression nominale antérieure, ne reprend jamais la dénomination linguistique de cette expression, ni les traits grammaticaux du genre et du nombre qui y sont associés (Maillard (1974), Tasmowski & Verluyten (1982), Corblin (1987) Kleiber (1990) et Bonnard (1997)). Ce problème montre qu il est nécessaire, si l on veut expliquer pourquoi le pronom ce peut régir un verbe au pluriel dans la structure «ce + être + SN», de considérer au préalable les propriétés sémantiques du pronom ce dans une perspective plus large, qui dépasse son emploi dans cette structure Caractérisation sémantique des pronoms ce et ça 7 Il est courant de distinguer aujourd hui, dans l analyse de marqueurs référentiels, au moins deux composantes dans le sens, une composante descriptive et une composante instructionnelle, qui concerne la voie d accès au référent 8. Comme le trait du nombre relève de la composante descriptive du sens, c est par elle que débutera notre examen. L analyse du sens descriptif des pronoms ce et ça a été souvent menée à partir de leur fonctionnement dans les constructions disloquées : on a tenté de dégager le contenu descriptif des pronoms ce et ça en précisant le rapport qu ils entretiennent avec le constituant disloqué Les pronoms ce et ça sont dans une large mesure des variantes distributionnelles, l emploi de ce étant restreint à la position sujet auprès de certaines formes du verbe être lorsque celui-ci est accompagné d un attribut ou d un complément. Pour une analyse précise de ses conditions d apparition, voir Sandfeld (1970 : I, 179), Porquier (1972 : 10-11), Kupferman (1979 : 157) et Maillard (1989 : 32 ss). 8. La nécessité de distinguer entre composante descriptive et composante instructionnelle a déjà été démontrée par Ducrot (1972). Voir aussi Sperber et Wilson (1986), Nunberg (1992), Kleiber (1994) et Reboul (1994). 9. La construction disloquée est considérée dans le cadre de cette étude comme une construction sui generis, avec des propriétés syntaxiques, sémantiques et discursives originales, et non pas comme une construction dérivée par rapport à une construction de base, non disloquée, en vertu d une opération syntaxique qui consiste à sortir un constituant de sa position syntaxique normale pour le reléguer dans une position périphérique par rapport à la proposition et à remplacer ce constituant au sein de la proposition par un pronom clitique qui en marque la fonction syntaxique. Une telle analyse transformationnelle de la dislocation, développée par Ross (1967), avait été mise en cause pour la dislocation à gauche au cours des années soixante-dix, au sein même du cadre de la grammaire générative par e.a. Hirschbühler (1975) et Cinque (1977) et aussi par Deulofeu (1979) et Larsson (1979) pour le français. On avait relevé une différence importante entre dislocation à gauche et dislocation à droite : alors que le constituant disloqué à droite entretient un rapport à la fois syntaxique et sémantique avec la proposition, le constituant disloqué à gauche peut ne plus entretenir qu un rapport sémantique avec cette proposition. Cette différence apparaît clairement dans le fait que dans des exemples comme (i) : (i) a. Pierre, je lui fais confiance. b. Je lui fais confiance, *Pierre/à Pierre. l élément disloqué à droite, quand il correspond à une fonction indirecte marquée par une préposition, garde la marque de cette fonction syntaxique, alors que l élément disloqué à gauche ne présente habituellement pas cette marque fonctionnelle. On comprend dès lors que la position de dislocation à gauche puisse accueillir des éléments qui, tout en entretenant un lien interprétatif global avec la proposition, ne peuvent plus être mis en rapport, même pas interprétativement, avec une fonction syntaxique par rapport au verbe (Lambrecht, 1986). (ii) Tu viens faire un tour à bicyclette? a. Oh, tu sais, moi, la bicyclette, je n aime pas me fatiguer. b. *Oh, tu sais, moi, je n aime pas me fatiguer, la bicyclette. Même la dislocation à droite ne peut être analysée comme le résultat d une opération syntaxique transformant une structure de base en structure disloquée. La structure disloquée se présente en effet souvent comme irréductible à une structure de base, sans dislocation, soit parce que celle-ci est agrammaticale, comme dans l exemple (iii), qui présente un datif non lexical, ainsi que dans l exemple (iv), qui fait intervenir le pronom démonstratif neutre, (iii) a. Il lui a tapé sur les doigts, à Pierre. b. *Il a tapé sur les doigts à Pierre. (Deulofeu, 1979) (iv) a. C est pas légal un enfant qui dépose contre ses parents. (Queneau, Zazie) b.??un enfant qui dépose contre ses parents n est pas légal. soit parce que la structure sans dislocation, tout en étant grammaticale, ne correspond pas syntaxiquement et/ou sémantiquement à la structure disloquée. (v) a. Mon fils malade, c est impossible (= ex. (37b)) b. Mon fils malade est impossible 8 L Information grammaticale n 104, janvier 2005

6 Les pronoms ce et ça et leur rapport avec le constituant disloqué : une analyse de leur sens descriptif Il existe une littérature abondante sur le sens descriptif des pronoms ce et ça. Il n entre pas dans le cadre du présent article de fournir un état de la question. Nous nous attarderons seulement sur quelques hypothèses permettant de faire progresser l analyse ici développée. Il est souvent admis que les pronoms ce et ça construisent une référence à une situation ou à une proposition, la proposition étant l expression linguistique de la situation. Cette hypothèse remonte à Cadiot (1988). Se basant sur des exemples comme (35) et (36a), en contraste avec (36b), (35) La cravate, c est obligatoire. (d après Danon-Boileau, 1989) (36) a. Mes enfants, ça m intéresse. (Cadiot, 1988 :179) b. Mes enfants, * c est/ils sont déjà grands. Cadiot observe que ce et ça, quand ils sont en relation avec un «antécédent nominal», reprennent cet «antécédent» non pas en tant que tel, mais comme argument d une proposition implicite, pouvant être explicitée dans le cas de (35) comme «porter la cravate» et dans le cas de (36a) comme «m occuper de mes enfants». Cette hypothèse a le mérite de pouvoir expliquer un phénomène syntaxique intéressant, illustré par (37). (37) a. Mon fils malade, il est impossible. b. Mon fils malade, c est impossible. Dans l exemple (37a), la reprise par le pronom il conduit à conférer au segment disloqué le statut de syntagme nominal. Il s ensuit que l adjectif y est considéré comme faisant partie intégrante du SN. Sur le plan syntaxique, il remplit le rôle d adjoint auprès du nom noyau du SN. Du point de vue interprétatif, il a une fonction déterminative : il restreint ou précise la référence effectuée par le nom noyau. Dans l exemple (37b), le pronom ce attribue à la séquence en position détachée une structure différente. L adjectif s y présente comme un constituant qui ne fait pas partie du SN, mais constitue avec le SN, dans la terminologie de Jespersen (1924), un nexus. Sous l angle sémantique, ce lien est perçu comme ressortissant à la prédication. Le SN et le constituant à valeur prédicative ainsi appariés expriment conjointement un contenu propositionnel qui est appréhendé par le pronom ce. À cet argument en faveur de l analyse de ce et ça comme construisant une référence à une proposition ou une situation, on peut en rajouter un autre : seul le pronom démonstratif neutre convient à la reprise d une proposition subordonnée en position disloquée. (38) S entendre poser des questions pareilles après ce qui s est passé Ah! ce que ça peut être torturant, alors, pour une femme (Anouilh, Le voyageur sans bagage, Folio, p. 54) Cette propriété est exploitée en particulier dans le style familier, parce qu elle permet d éviter l hypotaxe au profit de la parataxe. (39) Un français il doit déserter son pays. C est pas normal quand même. (Corpus d Orléans, 151/18) Comme le signale aussi Cadiot (1988 : 181), le pronom démonstratif neutre convient aussi à la reprise de noms dérivés de verbes ou d adjectifs, qui se présentent comme des propositions tronquées. (40) L échec de Pierre, c est déplorable. Il y a pourtant d autres cas où le pronom démonstratif neutre ne peut pas être considéré comme construisant une référence de nature propositionnelle. Ainsi, dans les exemples (41) et (42), ce contribue à construire une référence qui ne correspond pas à la dénotation ordinaire du SN, mais à sa dimension métalinguistique. (41) Mais «les restes de fromage», ça veut dire quoi? (Barnes, 1985 :58) (42) Pithécanthrope, ça s écrit comment? L analyse de ce et ça comme faisant référence à une proposition ou situation ne convient pas davantage dans l exemple (43), où le pronom démonstratif neutre saisit le référent pluriel comme une unité collective. (43) Plusieurs élèves, ça fait une classe. Les problèmes que posent les exemples (41) à (43) se résolvent dans le cadre d une autre hypothèse concernant le sens descriptif des pronoms ce et ça : à l opposé des pronoms de la série il(s), elle(s), ils serviraient à identifier leur référent comme non nommé, comme ne répondant pas à une classification nominale. Cette caractérisation en somme négative en termes de non nommé, déjà mentionnée au passage par Sandfeld (1970) 10, a été identifiée comme sens descriptif du pronom démonstratif neutre par Maillard (1974), par Kleiber (1984) et par Corblin (1987). Corblin (1985 : 494 et ) et Kleiber (1987 : ) rapprochent sur cette base les pronoms démonstratifs ce et ça du substantif chose. Corblin (1987) précise que non seulement ces deux pronoms peuvent servir à appréhender un référent non susceptible d être rangé dans une classe nominale, mais qu en plus, du fait qu ils sont incompatibles avec toute idée de dénomination, ils déclenchent une opération de «déclassification», c est-à-dire qu ils effacent la classification nominale quand ils portent sur un référent déjà classifié 11. Cette idée est appuyée par l observation que cela dans l exemple (44) n est pas en mesure de répondre aux exigences sélectionnelles du prédicat verbal, alors que son «antécédent» l est. (44)? Je n ai pas pris ton stylo : cela n avait pas de plume. (Corblin, 1987 : 85) L hypothèse associant ce et ça à du non nommé permet de comprendre pourquoi ce et ça sont utilisés pour faire référence à une entité dont on ne veut ou dont on ne peut mentionner le nom. 10. Voir aussi Scaliger (1540), cité par Blanche-Benveniste et al. (1984 : 26). 11. Voir l hypothèse moins forte de Kleiber (1998b) : «le référent, quoiqu engagé dans une classe nominale, est saisi indépendamment d une catégorisation nominale précise, comme une entité isolée, discriminée, asortale, bref comme une chose». L Information grammaticale n 104, janvier

7 (45) Les trois aînés sont morts d une maladie qu ils avaient dans les os Le dernier faisait mine de bien s élever, mais depuis quelques mois, ça le tenait dans la hanche comme les autres. (Daudet cité par Sandfeld, 1970 : 295) (46) Que diable est-ce qu on entend derrière nous? ça siffle, ça galope, puis ça s arrête. (D.T. Alp. cité par Sandfeld, 1970 : 266) (47) *Il/*Elle/C est petit, c est rond, c est vert, ça monte et ça descend ; qu est-ce que c est? (Tasmowski & Verluyten, 1982 :331). Elle permet par ailleurs de rendre compte non seulement de l emploi de ce et ça faisant référence à une proposition, mais également des cas comme (41), (42) et (43), où ce et ça construisent une référence à la dimension métalinguistique d une expression nominale ou à une entité collective, car dans tous les cas il s agit d entités qui ne répondent pas à une classification nominale et qui, de ce fait, se laissent appréhender par le pronom démonstratif ce ou ça. D autres faits, cependant, ne trouvent pas d explication dans le cadre de cette hypothèse. S il est vrai que ce, en se rapportant à un «antécédent» nominal, efface la classification nominale de celui-ci, on ne comprend pas pourquoi dans l exemple (48b), malgré la présence de ce, la séquence disloquée constitue bien un SN unitaire, avec une relative se rapportant au nom noyau du SN à la manière d un adjectif épithète, et n est pas à analyser, à la différence de ce qu on observe dans (48a), comme une relation entre le SN cette dame et la relative qui cache sa figure, cette relative ayant par rapport au SN le statut de prédicat 12. (48) a. Cette dame qui cache sa figure, c est suspect. b. Cette dame qui cache sa figure, c est un suspect. Avant de tenter de résoudre le problème que pose (48b), examinons quelles sont les implications de l hypothèse associant ce et ça à du non nommé ou du non classé par rapport à la propriété du nombre. L absence de dimension classifiante attribuée aux pronoms ce et ça constitue un obstacle pour envisager une pluralité de référents. Comme le fait remarquer pertinemment Kleiber (1987 : ) à propos du nom chose, également caractérisé comme dépourvu de dimension classifiante, «un ensemble de deux choses est lui-même une chose : une chose de deux choses, soit une entité hétérogène (individu composite) reconnue (une lame + un manche = un couteau) ou non (par ex. la chose que constitue la réunion d une lame et d un parapluie), soit une entité homogène (une quantité d eau + une quantité d eau = une nouvelle quantité d eau). De ce fait, ce et ça ressortiraient invariablement au singulier. Le trait du singulier associé à ce et ça dans le cadre de cette hypothèse permet de comprendre pourquoi, dans les exemples suivants, (49) Les couleurs de Noël, rouge et vert, c est beaucoup plus important ici qu en France (Barnes, 1985 : 55) (50) a. Beaucoup d arbres attirent les insectes. b. Beaucoup d arbres, ça attire les insectes. (Léard, 1987 : 138-9) (51) a. Tes livres sont lourds. b. Tes livres, c est lourd. ces deux pronoms, en servant de relais à un SN disloqué pluriel, appréhendent cette pluralité sous forme d une entité collective, qui se présente non seulement comme non encore nommée (i. c. respectivement les couleurs combinées, la forêt et le fardeau de livres) mais aussi comme singulière (Barnes, 1985 : 55 ; Carlier, 1996 ; Kleiber, 1998a : 212), de sorte que le prédicat verbal ne se rapporte pas distributivement à chacun des éléments individuels évoqués par le SN disloqué, mais à l unité collective telle qu elle est établie par ce et ça. D autres faits montrent pourtant que les pronoms ce et ça ne sont pas incompatibles avec l idée de pluralité. Ainsi dans l exemple (52), (52) Des amis, ça s entraide toujours. le pronom ça relève grammaticalement du singulier dans la mesure où, en tant que sujet, il régit une forme verbale au singulier. Il n en reste pas moins que, fonctionnant en tant que sujet d un verbe qui exige strictement un sujet pluriel, ça est capable de satisfaire à cette restriction sélectionnelle. Qui plus est, dans la structure «ce + être + SN», le pronom ce en tant que sujet si du moins l analyse syntaxique ici soutenue est correcte peut régir une forme verbale au pluriel. (53) Ce sont des rumeurs. Quoique l hypothèse associant ce et ça à l absence de dénomination et, corollairement, au trait du singulier, ait une valeur explicative certaine, elle ne rend pas compte de tous les faits et ne permet notamment pas de résoudre le problème de la forme verbale au pluriel dans la structure soumise ici à l étude. Examinons à présent si la prise en compte du sens instructionnel des pronoms démonstratifs neutres offre une solution Les pronoms ce et ça et la rupture par rapport au constituant disloqué : une analyse de leur sens instructionnel Le sens instructionnel des pronoms ce et ça est généralement décrit en termes de deixis. Dans la littérature sur le déterminant démonstratif, il est montré, de manière convaincante, que cette composante déictique permet de rendre compte de sa différence de fonctionnement par rapport à l article défini : à l opposé de le N, ce N identifie son référent non pas par rapport à un contexte notoire, présenté comme déjà donné, mais en faisant appel à un contexte nouveau, qui est le contexte particulier de son occurrence 13. (54) Nous arrivâmes dans un village. L église/*cette église était fermée. 12. Voir toutefois ci-dessous (note 17) l explication que propose Kleiber (1984) de l apparition du pronom ce dans les copulatives à attribut nominal, dans le cadre de l hypothèse associant ce à du nommé. 13. Cette idée est présente, sous formes d hypothèses diverses, chez Corblin (1987), Tasmowski (1990), Kleiber (1983), De Mulder (1997). Nous reprenons ici l opposition telle qu elle est formulée par De Mulder (1997). 10 L Information grammaticale n 104, janvier 2005

8 (55) (Deux amis visitent en touristes une petite ville qu aucun d eux ne connaît encore. Arrivés à la grand-place, ils constatent qu il y pousse un énorme baobab dans les branches duquel un singe se balance. Goguenard, l un des touristes dit à l autre :) Ce singe/*le singe te regarde d un drôle d œil. (Tasmowski, 1990) C est de là que lui vient la faculté de construire un nouveau référent, par exemple en érigeant en référent un fragment textuel qui n a pas ce statut (56), ou d introduire une nouvelle perspective sur un référent déjà disponible (57). (56) Je vais de mon côté et vous du vôtre, et peut-être que nous nous retrouverons aux antipodes. Vivez dans cet espoir. (Th. Gautier, Mademoiselle de Maupin) (57) Les sept enfants couraient dans la maison, abîmaient tout. [. ] Lord Byron regardait avec dégoût cette vermine humaine. (A. Maurois, Ariel ou la vie de Shelley) Nous admettrons que, de manière analogue, les pronoms démonstratifs ce et ça établissent leur référence en faisant intervenir le contexte de leur occurrence. Sans avoir l ambition de faire l inventaire de l ensemble des types de facteurs liés au contexte d occurrence des pronoms ce et ça et qui peuvent intervenir dans la construction de leur référent, nous nous limiterons à épingler un facteur pertinent pour le problème étudié ici, à savoir le contexte prédicatif : les pronoms ce et ça, tout en pouvant se rapporter, de par leurs propriétés intrinsèques, à n importe quel segment de réalité, sans préjuger aucunement de sa nature, n ont plus cette latitude d emploi quand ils sont insérés dans un contexte prédicatif. En effet, celui-ci restreint, en fonction des restrictions sélectionnelles qui lui sont propres, le type de référent auquel les pronoms ce et ça peuvent se rapporter 14. Ainsi le contexte prédicatif supplée en quelque sorte au manque de contenu descriptif propre des pronoms démonstratifs ce et ça. La prise en compte du contexte prédicatif dans la construction du référent marque un progrès dans l analyse des pronoms ce et ça. Elle permet, en premier lieu de résoudre le problème que posaient les exemples (41) à (43) par rapport à l hypothèse «propositionnelle» de Cadiot (1988) : si le pronom démonstratif neutre conduit, conformément à l hypothèse de Cadiot (1988), à saisir l «antécédent nominal» comme argument d une proposition implicite dans (35), mais non dans (41) ou (42), où référence est faite à la dimension métalinguistique de cet «antécédent nominal», c est parce que le contexte prédicatif dans (35) sélectionne un sujet de nature propositionnelle 15, alors que le contexte prédicatif dans (41) et (42) suppose un sujet appréhendé comme signe linguistique en se rapportant plus précisément à sa dimension conceptuelle (41) et à sa forme graphique (42). (35) La cravate, c est obligatoire. (d après Danon-Boileau, 1989) (41) Mais «les restes de fromage», ça veut dire quoi? (Barnes, 1985 : 58) (42) Pithécanthrope, ça s écrit comment? 14. L impact du contexte prédicatif sur le type de référence construite par les pronoms ce et ça est déjà mis en évidence dans Carlier (1992, 1996). 15. Cf. Riegel (1985 : 157 ss). En second lieu, la prise en compte de l impact du contexte prédicatif permet de comprendre la différence syntaxique et sémantique entre (48a) et (48b), restée sans solution dans le cadre de l hypothèse de la «déclassification». (48) a. Cette dame qui cache sa figure, c est suspect. b. Cette dame qui cache sa figure, c est un suspect. Les pronoms ce et ça s opposent au pronom il en ce qu ils ne véhiculent pas intrinsèquement l instruction d appréhender leur référent comme répondant à une catégorisation nominale (Corblin, 1985, 1990 ; Kleiber, 1990 ; Maillard, 1974 ; Tasmowski & Verluyten, 1982). Il en résulte un comportement différent dans la configuration spécifique d une structure disloquée, que nous illustrerons au moyen de (58) : (58) a. Mon père, il est intelligent. b.*mon père, c est intelligent. c. Mon père, c est un génie 16. À la différence du pronom il, qui, afin de satisfaire à la contrainte de dénomination, construit son référent en faisant intervenir la catégorisation nominale livrée par la séquence disloquée, les pronoms ce et ça saisissent leur référent indépendamment de cette catégorisation nominale. Cela ne signifie pas pour autant que ces pronoms ne sont pas à même d appréhender des entités pouvant être catégorisées. Dans une phrase comme (58c), l entité qui correspond à ce est par le biais de la copule être identifiée à un élément aléatoire de la catégorie nominale évoquée par l attribut, en l occurrence celle des génies, et acquiert ainsi l aptitude de construire une référence à une entité pouvant entrer dans une catégorie nominale. Les pronoms ce et ça n ont donc pas intrinsèquement l aptitude d asseoir une référence à une entité catégorisable, mais le contexte prédicatif, dans la mesure où il contient un attribut constitué d un syntagme nominal, peut leur conférer cette aptitude 17. Cette analyse permet de comprendre pourquoi la séquence disloquée a le statut de SN dans le cas de (48b), mais non dans le cas de (48a) : tout en saisissant son référent indépendamment de la dénomination apportée par la séquence disloquée, le pronom ce dans (48b) peut se rapporter à une entité catégorisable parce que le contexte prédicatif comportant un attribut nominal lui confère cette aptitude. Il n en va pas de même du contexte prédicatif dans (48a), où l attribut revêt la forme d un adjectif. Un adjectif, tout en permettant de regrouper des éléments comme étant similaires, n a pas la force de les regrouper dans une catégorie indépendante (Riegel, 1985 : 204). N ayant pas de pouvoir catégorisant, il ne peut pas faire correspondre ce à une entité catégorisable au moyen d un nom. De ce fait, la séquence disloquée ne peut pas être analysée comme SN unitaire, mais sera, compte tenu des propriétés selectionnelles de l adjectif suspect, analysée comme une relation prédicative. 16. Il existe une abondante littérature sur l opposition entre Il est docteur/c est un docteur, étudiant l alternance ce/il en rapport avec la détermination de l attribut et posant le problème du caractère prédicationnel ou identificationnel de la copulative. Il ne nous est pas possible d en rendre compte dans le cadre de la présente étude. L Information grammaticale n 104, janvier

9 L hypothèse n est-elle pas mise en cause par l exemple (37c)? (37) a. Mon fils malade, il est impossible. b. Mon fils malade, c est impossible. c. Mon fils malade, c est une épreuve. En effet, malgré la présence d un attribut nominal dans le contexte prédicatif, la séquence disloquée n a pas le statut de SN unitaire, mais se présente comme une relation prédicative avec l adjectif malade se rapportant au SN mon fils à la manière d un prédicat. L exemple (37c) fait apparaître une contrainte sémantique supplémentaire : afin que ce puisse exercer son aptitude à appréhender le référent du constituant disloqué comme une entité entrant dans une catégorie nominale, il est nécessaire que la catégorisation nominale apportée par l attribut soit compatible avec le type de référent que nomme le SN disloqué. Or il n est pas habituel de catégoriser des fils comme des épreuves, de sorte que la séquence disloquée de (37c) ne sera pas interprétée comme SN unitaire. Cet exemple, plutôt que d invalider l hypothèse ici défendue, fait apparaître d une manière encore plus nette que c est bien l attribut nominal qui dote ce de l aptitude de se rapporter à des entités catégorisées. Les faits observés ici n entrent pas fondamentalement en conflit avec l hypothèse associant les pronoms démonstratifs neutres ce et ça à du non nommé ou du non classé, mais conduisent néanmoins à la compléter. Il est vrai que ce et ça ne sont pas, par leurs propriétés intrinsèques, capables de saisir en tant que référent une ou des entités particulières déjà nommées ou rangées dans une catégorie nominale. Ils 17. Cf. Carlier (1992, 1996 : 143) ainsi que De Mulder (1997 :167), qui soutient cette hypothèse pour le déterminant démonstratif en admettant, avec Kleiber (1984), que ce N correspond à une structure classificatoire ce est un N. En étudiant la distribution des pronoms ce et il dans les phrases copulatives comme : Paul,* il/c est un monstre. Paul, il/*c est un monstrueux. Kleiber (1984 : 71-72) avait déjà noté que la possibilité d utiliser ce dans ce type de structure est liée au fait que «le référent ne se voit pas attribuer une qualité, une propriété, mais un trait susceptible de l identifier, de le nommer par la suite». Il pose une corrélation entre la possibilité d utiliser ce et le caractère classificatoire du prédicat en admettant que «la phrase classificatoire fait que le référent Paul est appréhendé comme un référent non classifié, non nommé». L hypothèse que nous proposons rejoint celle de Kleiber en ce qu elle fait également intervenir le contexte prédicatif catégorisant, mais elle va un pas plus loin dans ce sens qu elle donne un rôle au contexte prédicatif dans la construction du référent de ce : conformément à l hypothèse que ce établit sa référence en faisant intervenir le contexte de son occurrence, dont le contexte prédicatif, nous admettons que le pronom ce, quand il est inséré dans un contexte à attribut nominal, ne désigne plus tout simplement une chose, de la pure existence, mais désigne une entité pouvant entrer dans une catégorie nominale ou, pour reprendre les termes de De Mulder (1997), plutôt que de référer simplement à une entité non nommée, ce réfère dans un tel contexte prédicatif à une entité nommable. En d autres mots, sur la base de l hypothèse que ce construit sa référence en faisant intervenir le contexte de son occurrence, dont le contexte prédicatif, nous admettons que son insertion dans un contexte prédicatif catégorisant a pour effet de préciser le type de référent construit par ce dans ce sens qu il conduit à concevoir le référent correspondant à ce comme une entité pouvant entrer dans une catégorie nominale. Pour le déterminant ce, De Mulder (1997) montre les avantages de cette hypothèse dans le traitement de l anaphore fidèle un N ce N. Pour les pronoms ce/ça, il apparaîtra que la prise en compte du rôle du contexte prédicatif dans le processus de construction référentiel permettra notamment de mieux expliquer ses propriétés du nombre (cf. ex. (52) et (53) et ). ne déclenchent pas pour autant nécessairement une opération de déclassification. En effet, le contexte prédicatif, quand il contient un attribut nominal, peut leur conférer l aptitude de faire référence à des entités pouvant entrer dans une catégorie nominale. D une manière plus générale, le contexte prédicatif a un impact sur l interprétation des pronoms ce et ça dans la mesure où il limite, par les restrictions sélectionnelles qui lui sont propres, le type de référent que ces deux pronoms peuvent construire 18. Il supplée ainsi au manque de contenu descriptif propre des pronoms ce et ça Retour au sens descriptif des pronoms ce et ça : nomination et nombre S il est vrai que dans la structure «ce + être + SN», l attribut nominal transmet à ce l aptitude de désigner des entités pouvant être nommées, il est plausible d admettre qu il puisse lui communiquer aussi le trait du nombre. Ce peut donc hériter du trait du pluriel non pas à partir du SN disloqué, comme l a montré la présence de la forme verbale au pluriel dans l exemple (32), (32) Ce beau regard profond, ce sont des yeux d ivrogne. (J. Anouilh, La répétition ou l amour) mais à partir de l attribut. Comme nous l avons montré cidessus, cette propriété est à mettre en rapport avec le sens instructionnel caractéristique du pronom ce, qui le conduit à établir sa référence en faisant intervenir le contexte de son occurrence et en particulier les contraintes sémantiques du contexte prédicatif. Nous apportons ainsi un fondement au commentaire que fait Bonnard (1997 : 261) à propos de l exemple Mes chiens, c est Sam, Flipper et Lisa : «l extension étant donnée par l attribut, le verbe peut être mis au pluriel dans ce dernier exemple : ce sont Sam, Flipper et Lisa.» Il apparaît donc que ce, tout en n ayant pas de forme plurielle, peut bien véhiculer le trait du pluriel et le transmettre au verbe, même si cette structure est aujourd hui en recul. La tournure Ce sont des Anglais ne viole donc pas la règle selon laquelle le verbe s accorde en nombre avec le sujet. On mentionnera à l appui de cette hypothèse le fait qu en anglais, où la forme plurielle des pronoms démonstratifs this/that existe, cette forme est utilisée obligatoirement quand l attribut est au pluriel 19. En effet, la mise au pluriel de la phrase (59a) donne (59c) et non pas (59b). (59) a. This/That is my sister. b.* This/That are my sisters. c. These/Those are my sisters. 18. Nous laissons volontairement de côté, dans le cadre de cette étude, le fonctionnement de ce et ça avec, en position disloquée, un SN à interprétation générique, problème sur lequel il existe une abondante littérature. 19. En italien et en roumain, dans les phrases copulatives faisant intervenir un pronom démonstratif, celui-ci a non seulement le même nombre, mais aussi le même genre que l attribut nominal. Questa è mia sorella (trad. litt. : Celle-ci est ma sœur) Quelle sone le mie case (trad. litt. : Celles-là sont mes maisons) Van Peteghem (1991 : 148) note que cette utilisation d une forme fléchie en genre en italien et en roumain est liée au fait que ces deux langues romanes ne disposent pas de forme morphologique propre pour le pronom démonstratif neutre. 12 L Information grammaticale n 104, janvier 2005

10 Voici l analyse et l histoire d une structure qui a été pour beaucoup de grammairiens un véritable casse-tête chinois. Il est réconfortant de constater comment certains concepts de la recherche actuelle et en particulier la prise en compte de la composante instructionnelle du pronom ce ont permis de venir à bout d un problème déjà ancien, si du moins la solution proposée ici trouve approbation. Il reste pourtant encore deux problèmes à élucider. En premier lieu, la réponse que nous avons formulée au problème de l utilisation de la forme verbale au pluriel dans la tournure Ce sont des Anglais soulève la question de savoir pourquoi la forme verbale au pluriel n est pas attestée dans la structure C est nous, c est-à-dire pourquoi la langue, en abandonnant la structure inversée Ce sommes nous, a opté pour C est nous, plutôt que pour *Ce sont nous, non attesté, alors que la forme verbale au pluriel est bien utilisée dans Ce sont eux. La raison réside selon nous dans le fait que nous, à la différence de eux, n évoque pas une pluralité d êtres de même nature, mais plutôt un «je» étendu au «non-je», ainsi que l ont observé Jespersen (1924/74 : ) et Benveniste (1946/66 : ). (60) Dans la grande majorité des langues, le pluriel pronominal ne coïncide pas avec le pluriel nominal, du moins tel qu on le présente ordinairement. Il est clair que l unicité et la subjectivité inhérentes à «je» contredisent la possibilité d une pluralisation. S il ne peut y avoir plusieurs «je» conçus comme le «je» qui parle, c est que «nous» est, non pas une multiplication d objets identiques, mais une jonction entre «je» et «non-je». Cette jonction forme une totalité nouvelle et d un type particulier, où les composantes ne s équivalent pas. [ ] «nous» n est pas un «je» quantifié ou multiplié, c est un «je» dilaté au-delà de la personne stricte. (Benveniste (1966 : ) De même, vous, tout en pouvant évoquer plusieurs «tu», sert souvent à évoquer «toi et d autres personnes», d où également la forme verbale au singulier dans c est vous. Une deuxième question que fait surgir notre hypothèse est de savoir pourquoi, dans la langue actuelle, la forme verbale au singulier augmente sa fréquence au détriment de la forme verbale au pluriel dans la tournure Ce sont/c est des Anglais. Wagner et Pinchon (1962 : 262) invoquent ici l influence analogique de C est nous et C est vous. À partir de l hypothèse de Wagner et Pinchon, on pourrait comprendre pourquoi le recul de la forme verbale au pluriel affecte d une manière plus nette la tournure Ce sont/c est eux que celle avec en position postverbale un SN lexical plein, ainsi que l ont montré les chiffres dans les tableaux 1 et 2 présentés sous (5) et (6) 20. Il nous semble pourtant qu il faudrait au préalable préciser comment agit exactement l analogie afin d évaluer si elle peut rendre compte de l extension de la forme au singulier et du recul de la forme verbale au pluriel. Nous laisserons la question ouverte pour une recherche future. Anne CARLIER Université de Valenciennes 20. Cf. la première partie de cet article, parue dans l IG 103. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES BARNES B.K., 1985, The Pragmatics of Left Detachment in Spoken French, Amsterdam, Philadelphia : J. Benjamins. BONNARD H., 1997, Code du français courant, Paris : Magnard. BÉCHADE H.-D., 1993, Syntaxe du français moderne et contemporain, Paris : PUF. BENVENISTE E, 1966 [1946], «Structure des relations de personne dans le verbe», in : Problèmes de linguistique générale, tome 1, Paris : Gallimard. BLANCHE-BENVENISTE C., J. DEULOFEU, J. STÉFANINI, K.VAN DEN EYNDE, 1983, Pronom et syntaxe : l approche pronominale et son application au français, Paris : SELAF. 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