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1 Paris, le 6 septembre 2012 BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE CONFÉRENCE DE PRESSE 6 SEPTEMBRE 2012 DÉCLARATION INTRODUCTIVE Mesdames et messieurs, le vice-président et moi-même sommes très heureux de vous accueillir à cette conférence de presse. Nous allons à présent vous faire part des conclusions de la réunion du Conseil des gouverneurs qui s est tenue aujourd hui et à laquelle ont également assisté le président de l Eurogroupe, M. Juncker, Premier ministre du Luxembourg, et M. Rehn, vice-président de la Commission européenne. Au terme de notre examen régulier de la situation économique et monétaire, nous avons décidé de laisser les taux d intérêt directeurs de la BCE inchangés. En raison des prix élevés de l énergie et des relèvements de la fiscalité indirecte dans certains pays de la zone euro, les taux d inflation devraient rester supérieurs à 2 % en 2012, revenir en-deçà de ce niveau au cours de l année à venir et demeurer à un niveau conforme à la stabilité des prix à l horizon pertinent pour la politique monétaire. Confirmant ce scénario, le rythme sous-jacent d expansion monétaire reste modéré. Les anticipations d inflation pour l économie de la zone euro continuent d être solidement ancrées à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. La croissance économique devrait demeurer faible dans la zone euro, sur fond de tensions persistantes sur les marchés financiers et de renforcement de l incertitude qui pèse sur la confiance et le climat des affaires. Une nouvelle accentuation des tensions sur les marchés financiers pourrait engendrer une dégradation de la balance des risques pour la croissance et l inflation. Dans ce contexte, le Conseil des gouverneurs a décidé ce jour des modalités appelées à régir les opérations monétaires sur titres (Outright monetary transactions - OMT) sur les marchés secondaires des

2 2 obligations souveraines de la zone euro. Comme nous l avons indiqué il y a un mois, nous devons être en mesure de sauvegarder le mécanisme de transmission de la politique monétaire dans tous les pays de la zone euro. Notre objectif est de préserver l unicité de notre politique monétaire et d assurer la bonne transmission de l orientation de notre politique à l économie réelle dans l ensemble de la zone. Les OMT nous permettront de traiter les graves perturbations affectant les marchés des obligations d État qui proviennent, en particulier, de craintes infondées de la part des investisseurs concernant la réversibilité de l euro. Par conséquent, dans des conditions appropriées, nous disposerons d un mécanisme de soutien pleinement efficace pour éviter les scénarios destructeurs pouvant gravement compromettre la stabilité des prix dans la zone euro. Permettez-moi de répéter ce que j ai dit le mois dernier : nous agissons strictement dans le cadre de notre mandat de maintien de la stabilité des prix à moyen terme, dans le respect de notre indépendance pour la définition de la politique monétaire, et l euro est irréversible. Afin de restaurer la confiance, les autorités de la zone euro doivent poursuivre avec une grande détermination sur la voie de l assainissement budgétaire, des réformes structurelles visant à renforcer la compétitivité et de la construction des institutions européennes. Parallèlement, les gouvernements doivent se tenir prêts à activer le FESF/MES sur le marché obligataire en cas de situation exceptionnelle sur les marchés financiers et de risques pesant sur la stabilité financière, sous réserve d une conditionnalité stricte et effective conformément aux lignes directrices établies. Il est indispensable que les gouvernements respectent leurs engagements et que le FESF MES joue pleinement son rôle pour que nos transactions fermes soient conduites avec efficacité. Les modalités détaillées des OMT sont décrites dans un communiqué de presse distinct. De plus, le Conseil des gouverneurs a pris des décisions visant à assurer la disponibilité de garanties suffisantes dans le cadre des opérations de refinancement de l Eurosystème. Le détail de ces mesures est également présenté dans un communiqué de presse distinct. Permettez-moi à présent d expliquer plus en détail notre évaluation, en commençant par l analyse économique. Les statistiques publiées récemment indiquent que le PIB en volume de la zone euro s est contracté de 0,2 % en rythme trimestriel au deuxième trimestre 2012, après une croissance nulle au trimestre précédent. Les indicateurs économiques font état d une faiblesse persistante de l activité économique sur le reste de l année 2012, dans un contexte d incertitude accrue. Au-delà du court terme, nous nous attendons à un redressement seulement très progressif de l économie de la zone euro. La dynamique de la croissance devrait rester freinée par le nécessaire processus d ajustement des bilans dans les secteurs financier et non financier, l existence d un chômage élevé et le caractère irrégulier de la reprise mondiale.

3 3 Les projections macroéconomiques de septembre 2012 établies par les services de la BCE pour la zone euro prévoient une croissance annuelle du PIB en volume comprise entre - 0,6 % et - 0,2 % en 2012 et entre - 0,4 % et 1,4 % en Par rapport aux projections macroéconomiques réalisées en juin 2012 par les services de l Eurosystème, les fourchettes prévues pour 2012 et 2013 ont été révisées à la baisse. Les risques pesant sur les perspectives économiques dans la zone euro sont considérés comme orientés à la baisse. Ils sont notamment liés aux tensions sur plusieurs marchés financiers de la zone euro et à leurs répercussions potentielles sur l activité économique de la zone. Ces risques devraient être contenus grâce à une action efficace de l ensemble des autorités de la zone euro. La hausse annuelle de l IPCH dans la zone euro s est établie à 2,6 % en août 2012, selon l estimation rapide d Eurostat, après 2,4 % le mois précédent. Cette évolution s explique essentiellement par de nouvelles augmentations des prix de l énergie libellés en euros. Sur la base des prix actuels des contrats à terme sur le pétrole, les taux d inflation pourraient s avérer légèrement plus élevés que prévu il y a quelques mois, mais ils devraient diminuer et revenir en deçà de 2 % au cours de l année prochaine. À l horizon pertinent pour la politique monétaire, les tensions sous-jacentes sur les prix devraient rester modérées, dans un contexte de croissance modeste dans la zone euro et d ancrage solide des anticipations d inflation à long terme. Les projections macroéconomiques de septembre 2012 établies par les services de la BCE pour la zone euro prévoient une hausse annuelle de l IPCH comprise entre 2,4 % et 2,6 % pour 2012 et entre 1,3 % et 2,5 % pour Ces fourchettes de projection sont légèrement plus élevées que celles qui figuraient dans les projections macroéconomiques de juin 2012 établies par les services de l Eurosystème. Les risques pesant sur les perspectives d évolution des prix demeurent globalement équilibrés à moyen terme. Les risques à la hausse tiennent à de nouvelles augmentations de la fiscalité indirecte, en raison de la nécessité de procéder à un assainissement budgétaire. Les principaux risques à la baisse sont liés à l incidence d une croissance plus faible qu escompté dans la zone euro, résultant notamment d un regain de tensions sur les marchés financiers et de ses effets sur les composantes internes de l inflation. À défaut d être contenue par des mesures efficaces adoptées par l ensemble des responsables de la politique économique de la zone euro, cette intensification est susceptible d exercer une incidence à la baisse sur la balance des risques. S agissant de l analyse monétaire, le rythme d expansion sous-jacent de la monnaie est demeuré modéré. Le taux de croissance annuel de M3 a progressé pour s établir à 3,8 % en juillet 2012, après 3,2 % en juin. La croissance plus soutenue de M3 tient essentiellement à une préférence accrue pour la liquidité,

4 4 comme l atteste la nouvelle progression du taux de croissance annuel de l agrégat étroit M1 qui s est établi à 4,5 % en juillet, après 3,5 % en juin. Le taux de croissance annuel des prêts au secteur privé (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) est demeuré faible à 0,5 % en juillet (après 0,3 % en juin). Les variations annuelles des prêts accordés par les IFM aux sociétés non financières et aux ménages (corrigés des cessions de prêts et de la titrisation) sont restées modérées, à respectivement - 0,2 % et 1,1 %. La croissance atone des prêts traduit, dans une large mesure, les faibles perspectives d évolution du PIB, l intensification de l aversion au risque ainsi que l ajustement en cours des bilans des ménages et des entreprises, autant d éléments qui pèsent sur la demande de crédit. En outre, dans un certain nombre de pays de la zone euro, la segmentation des marchés financiers et les contraintes de capital affectant les banques continuent de peser sur l offre de crédit. À l avenir, il est essentiel que les banques continuent de renforcer leur capacité de résistance lorsque cela est nécessaire. La solidité des bilans des banques sera un facteur clé facilitant une offre appropriée de crédit à l économie et la normalisation de l ensemble des canaux de financement. En résumé, il ressort de l analyse économique que les évolutions des prix devraient rester compatibles avec la stabilité à moyen terme. Un recoupement avec les signaux provenant de l analyse monétaire confirme ce scénario. Même si des progrès significatifs sont réalisés, la nécessité d ajustements structurels et budgétaires demeure importante dans de nombreux pays européens. Sur le plan structurel, de nouvelles réformes des marchés de produits et des marchés du travail, à mettre en œuvre de façon rapide et décisive, sont nécessaires dans l ensemble de la zone euro afin d améliorer la compétitivité, d accroître les capacités d ajustement et d atteindre des niveaux plus élevés de croissance durable. Ces réformes structurelles complèteront et soutiendront également l assainissement budgétaire et la soutenabilité de la dette. Sur le plan budgétaire, il est crucial que les gouvernements mettent en œuvre l ensemble des mesures nécessaires à la réalisation de leurs objectifs pour cette année et les années à venir. À cet égard, la mise en œuvre rapide du Pacte budgétaire, anticipée par les agents économiques, devrait constituer un élément essentiel permettant de renforcer la confiance dans la solidité des finances publiques. Enfin, il est essentiel de poursuivre sur la voie de la construction institutionnelle européenne avec une grande détermination. Nous nous tenons maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.

5 5 Banque de France Direction de la Communication Service de Presse 48 rue Croix des Petits Champs PARIS CEDEX 01 Tél. : Télécopie : Internet :

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