La Finance en Afrique. Au-delà de la crise

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1 La Finance en Afrique Au-delà de la crise

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3 La Finance en Afrique Au-delà de la crise Thorsten Beck Samuel Munzele Maimbo Issa Faye Thouraya Triki Washington, DC

4 2012 Banque Africaine de Développement Agence temporaire de relocalisation Angle de l avenue du Ghana et des rues Pierre de Coubertin, Hedi Nouira - BP 323, 1002 Tunis Belvédère - Tunisie Téléphone : Internet : Tous droits réservés Le présent ouvrage a été rédigé par le personnel de la Banque africaine de développement, du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement / Banque mondiale. Les résultats, interprétations et conclusions qu il contient ne reflètent pas nécessairement l opinion des administrateurs de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale ou des gouvernements qu ils représentent, ou encore du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement. La Banque africaine de développement, le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et la Banque mondiale ne garantissent pas l exactitude des données figurant dans ce document. Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations indiquées sur les cartes que comporte cet ouvrage n impliquent aucun jugement de la Banque africaine de développement, du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement ou de la Banque mondiale quant au statut juridique d un quelconque territoire, ni aucune reconnaissance ou acceptation de telles frontières. Droits et autorisations Les informations figurant dans la présente publication sont protégées par les droits d auteur. La reproduction et/ou la transmission de parties ou de l intégralité du présent ouvrage sans autorisation peut être considérée comme une violation du droit applicable. La Banque Africaine de Développement encourage la diffusion de ce livre et accordera normalement rapidement l autorisation d en reproduire des parties. Pour solliciter l autorisation de photocopier ou de réimprimer toute partie de cette publication, veuillez adresser une demande dûment motivée au : Copyright Clearance Center Inc., Banque Africaine de Développement, Agence Temporaire de relocalisation, Angle de l venue du Ghana et des rues Pierre de Coubertin, Hedi Nouira, BP Tunis Belvédère, Tunisie. Toutes les autres demandes de droits et de licences, y compris de droits subsidiaires, doivent être envoyées à l adresse suivante : Office of the Publisher, The World Bank, 1818 H Street NW, Washington, DC 20433, États-Unis ; télécopie : ; ISBN : eisbn : DOI : / Library of Congress Cataloging-in-Publication Data Beck, Thorsten. La Finance en Afrique : au-delà de la crise / Thorsten Beck [et al.]. p. cm. Inclut des références bibliographiques et un index. ISBN ISBN (électronique) 1. Institutions financières Afrique. 2. Finance Afrique. 3. Politique monétaire Afrique. I. Titre. HG187.5.A2B dc

5 Sommaire Avant-propos Remerciements Abréviations et sigles xi xiii xv 1. La Finance en Afrique : Etat des lieux 1 Introduction 1 La Finance en Afrique, le livre 3 Cadre analytique 6 Messages principaux et mise en garde 8 Pourquoi le développement du secteur financier est important? 10 De nouvelles solutions à d anciens problèmes 18 Le plan du livre Cartographie de la finance en Afrique 31 Introduction 31 Effet de la crise 32 Les systèmes financiers de l Afrique en comparaison internationale 40 Explication du (sous-)développement financier en Afrique 66 Utilisation des services financiers par les entreprises et les ménages 75 Conclusions Expansion des systèmes financiers 85 Introduction 85 Que savons-nous de l accès à la finance? 86 Élargissement de la finance : examen objectif 94 Cartographie des prestataires : comment atteindre la frontière 98 Les contraintes liées à la demande 114 Technologie : la nouvelle solution miracle? 118 v

6 vi Sommaire Repousser la frontière : le rôle des États et des donateurs 124 Rôle de l État : regarder au-delà du renforcement des institutions 126 Du crédit à l agriculture au financement en milieu rural 133 Financement des PME : persistance des défis 143 Conclusions Allongement des contrats financiers 159 Introduction 159 Déficit de financement à long terme en Afrique 160 Optimisation des possibilités actuelles d expansion de la finance à long terme 166 Utilisation des marchés internationaux 186 Évolution de l environnement mondial : le dragon chinois et l éléphant indien 201 Vers la frontière et au-delà : un programme à long terme avec des raccourcis délicats 205 Conclusions Sauvegarde des systèmes financiers 219 Introduction 219 Stabilité financière : des progrès sont faits, mais de nouveaux défis émergent 221 Réglementation et supervision bancaires : nouveaux défis dans un environnement en mutation 224 Au-delà des banques : comment réglementer et Quels segments du système financier? 242 Attention portée aux utilisateurs : protection des consommateurs 248 Conclusions Toute politique du secteur financier est locale 257 Introduction 257 Politiques de réforme moderniste : le talon d Achille de l Afrique 258 Le programme de réforme activiste repensé : des marchés financiers plus grands, plus efficaces et stables 260 Politiques de réforme du secteur financier 265 Les différents partenaires 271 Redéfinition du rôle de l État avec les mesures de sauvegarde nécessaires 278 Il ne saurait y avoir de solution unique 283 Conclusions 290

7 Sommaire vii Références 293 Encadrés 1.1 Quoi de neuf? Impact de la crise financière sur l économie réelle en Zambie Consolidation bancaire : les enseignements du cas du Nigeria Performance de certaines bourses en La Bourse d Égypte Evaluer le développement financier Mesure de l accès aux services financiers : avancées récentes Programmes de capacité financière Exemples de produits reposant sur la technologie Exemples de produits reposant sur la technologie (suite) Malswitch Innovation financière : opportunités et risques liés à l extension de la portée du système Exemples de financement à travers la chaîne de valeur Malawi : institutions de financement du développement Chaînes productives de la NAFiN Frontière du financement de l habitat : une approximation pour l Afrique Rôle de la Banque de l Habitat dans le financement hypothécaire en Tunisie Principes directeurs de l Organisation internationale du travail relatifs aux meilleures pratiques pour les membres des conseils d administration en Afrique Exemple d un marché secondaire en Égypte : le Nilex Marchés des capitaux en Amérique latine Fonds souverains Obligations destinées à la diaspora Concurrence et stabilité Résolution bancaire Cadre de protection des consommateurs en Afrique du Sud Enseignements du miracle est-asiatique 260

8 viii Sommaire 6.2 Journalisme financier Que faire des institutions financières appartenant à l État? 280 Figures 1.1 Finance et croissance dans divers pays, Finance et atténuation de la pauvreté dans divers pays PIB dans divers pays, Économie informelle dans divers pays, Gouvernance dans divers pays, Envois de fonds pendant la crise et après, Performance des marchés boursiers pendant la crise, Exportations africaines pendant la crise et après, Stabilité bancaire en Afrique, Taille absolue des systèmes bancaires africains, Taille relative des systèmes bancaires africains, Efficacité de l intermédiation contre profondeur financière, Composition des actifs des banques de différentes régions, Approfondissement financier en Afrique, Crédit privé en Afrique, Taux de pénétration des succursales bancaires dans divers pays, Structure de maturité des dépôts et des prêts en Afrique, Part des prêts aux divers secteurs par rapport à leur part au PIB, Concentration du secteur bancaire dans divers pays, Pouvoir de marché des banques dans divers pays, Part des banques étrangères dans diverses régions, Participation étrangères dans les banques sur le continent, Marges d intérêt dans diverses régions, Une petite taille entraîne des marges élevées, Un faible niveau de gouvernance entraîne des marges 59 élevées, Capitalisation boursière dans divers pays, Entreprises cotées dans divers pays, Liquidité du marché boursier dans divers pays, Structure du marché obligataire en Afrique Taux de pénétration de l assurance-vie dans divers pays, Développement financier et PIB par habitant,

9 Sommaire ix 2.27 Épargne domestique dans diverses régions, Proportion des dépôts offshore par rapport aux dépôts 69 domestiques dans diverses régions, Évolution de la proportion des dépôts offshore par rapport aux dépôts domestiques, Flux de capitaux dans diverses régions, Densité de la population dans divers pays, Évolution de la primauté du droit en Afrique, Accès au crédit bancaire dans divers pays, Dominance des banques sur la finance africaine, du point de vue des utilisateurs Taux de pénétration du capital investissement dans le monde, Frais de tenue de compte dans divers pays Frais liés aux cartes dans divers pays Exigences en matière de documentation dans divers pays Coût des envois de fonds dans divers pays Accès aux services financiers en Afrique australe, en Afrique de 90 l Est et en Afrique de l Ouest Recoupement des utilisateurs de services financiers formels et 93 informels au Kenya, Accroissement du recours aux services bancaires : un cadre conceptuel Frontière des possibilités d accès des services de paiement et d épargne Total des emprunteurs et des déposants dans les sous-régions d Afrique, Taux de croissance des emprunteurs et des déposants et moyenne des dépôts et des prêts, Structure de financement des IMF africaines Questions aux utilisateurs potentiels du Kenya quant aux obstacles à l accès Écart de taille dans le financement d entreprises et les services de dépôt Obstacles aux affaires en Afrique et ailleurs Taille des marchés hypothécaires en Afrique Maturités des prêts bancaires dans certains pays, Coût de l enregistrement d une hypothèque ou du transfert d un titre Rentabilité et dépréciation des prêts des banques de développement

10 x Sommaire africaines, Afrique subsaharienne : levée de fonds de capital investissement et investissements, Activité d investissement, Afrique subsaharienne, Facteurs dissuadant les associés commanditaires d investir en Afrique et en Amérique latine Taille des fonds souverains, décembre Relations commerciales entre les BRIC et l Afrique, Inflation et volatilité de l inflation, Effet des garanties sur la maturités des prêts Crises bancaires systémiques en Afrique, Capitalisation des banques : réduction du levier d endettement pendant la crise, Évaluation médiane des principes fondamentaux de Bâle en Afrique 225 Cartes 1.1 Dépendance aux ressources naturelles à travers le monde Relations commerciales entre les BRIC et l Afrique, Tableaux 1.1 Élasticité des revenus pour différents segments du système financier Décomposition des écarts moyens pondérés, toutes les banques, Ouganda, Facteurs expliquant les marges d intérêt et les frais généraux en Afrique Écarts d intérêt en Ouganda : banques domestiques contre banques étrangères, Marchés obligataires dans la région Utilisation des services bancaires formels dans 18 pays africains, Total des emprunteurs, des déposants et taux de pénétration, Connaissance de l existence de la microfinance dans les pays africains, Cadre réglementaire de la banque virtuelle dans certains pays Demande de crédit des entreprises : comparaison entre l Afrique et les pays en développement non africains Infrastructures : comparaison entre l Afrique et les pays en

11 Sommaire xi développement non africains Portefeuilles de fonds de pension Primes de risque pour les fonds d investissement dans le monde entier L innovation peut surgir là où on ne l attendait pas Caractéristiques nationales et domaines d intervention prioritaires des politiques du secteur financier 284

12 Avant-propos Pendant trop longtemps, les entreprises et les ménages en Afrique se sont heurtés à des difficultés considérables pour bénéficier de financements abordables, sous forme de frais et de commissions élevés, d infrastructures financières insuffisantes et inefficaces, et de maturités courtes, pour n en citer que quelques-unes. Mais les choses changent, lentement mais sûrement. Le présent ouvrage, rédigé conjointement par la Banque africaine de développement, le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et la Banque mondiale, montre que l Afrique parvient peu à peu à alléger ces contraintes. De nouveaux acteurs et de nouveaux produits, dont le déploiement est rendu possible grâce à des technologies et des modèles d affaires nouveaux, ont contribué à élargir l accès aux services financiers, notamment aux produits d épargne et de paiement. Aspect essentiel : les finances de l Afrique sont stables depuis un certain temps. Après un pic dans les années 80, le continent a connu peu de crises bancaires systémiques depuis. Malgré la crise financière mondiale récente, les banques africaines sont en moyenne bien capitalisées et liquides. Parallèlement, l Afrique est en proie à des problèmes persistants mais qui ne sont pas insurmontables, à savoir sa petite taille, son informalité, sa volatilité et sa mauvaise gouvernance. De nombreuses entreprises et la plupart des ménages ne peuvent toujours pas avoir accès aux services financiers, notamment aux financements à long terme. Les besoins de financement des infrastructures restent en grande partie insatisfaits. Les organismes de financement commerciaux refusent de prendre en charge les financements agricoles, qu ils jugent trop coûteux et trop risqués, sans parler des problèmes susmentionnés. La Finance en Afrique : au-delà de la crise est un appel à la mobilisation pour une nouvelle approche du développement du secteur financier en Afrique. Premièrement, les responsables politiques doivent s attacher à renforcer la concurrence à l intérieur et à l extérieur du secteur bancaire afin de stimuler l innovation. Cette démarche implique une attitude réglementaire plus ouverte, qui inverse éventuellement la séquence habituelle législation-réglementation-innovation pour les nouveaux acteurs et produits. Elle implique également d étendre l infrastructure traditionnelle, comme les registres de crédit et les systèmes de paiement, au-delà des banques. Deux- xii

13 Avant -propos xiii ièmement, il convient d insister davantage sur les services que sur les institutions et les marchés existants. Étendre la fourniture de services de paiement, d épargne et autres services financiers aux personnes non bancarisées peut signifier regarder au-delà des institutions, des produits et des canaux de distribution existants, tels que les banques, les comptes chèques habituels et les succursales traditionnelles. Troisièmement, nous devons nous concentrer sur les contraintes liées à la demande comme sur celles de l offre ; développer les programmes d alphabétisation financière pour les ménages et les entreprises ; et tenter de remédier aux problèmes non financiers, en particulier pour les petites entreprises et dans les zones rurales. Toute politique du secteur financier est locale. Pour recueillir les bénéfices de la mondialisation, de l intégration régionale et de la technologie, les décideurs doivent reconnaître le bien-fondé de la politique d approfondissement des services financiers et s employer à appuyer la réforme du secteur financier. Si les défis consistant à étendre l accès aux services financiers, à allonger les contrats et à sauvegarder le système financier sont similaires, la manière de les relever dépendra des caractéristiques et de la situation de chaque pays. Fort de cet optimisme prudent, le présent ouvrage offre l occasion, aux responsables politiques, au secteur privé, à la société civile et aux partenaires au développement, de s inspirer des avancées du passé pour relever les défis du futur et permettre ainsi au secteur financier de jouer le rôle qui lui revient dans la transformation de l Afrique. Shantayanan Devarajan Économiste en chef, région Afrique Banque mondiale Mthuli Ncube Économiste en chef Banque africaine de développement Thomas Albert Directeur Afrique Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement xiii

14 Remerciements Les principaux auteurs de cet ouvrage sont Thorsten Beck, Samuel Munzele Maimbo, Issa Faye et Thouraya Triki. Ce rapport s appuie aussi sur des contributions notamment fournies par Mike Coates, Robert Cull, Florence Dafe, Michael Fuchs, Robin Hofmeister, Thomas Losse-Müller, Margaret J. Miller, Thilasoni Benjamin Musuku, David Porteous, Lemma Senbet, Mircea Trandafir, Simon Christopher Walley, Makayo Witte et Alice Zanza. Un excellent travail d aide à la recherche a été effectué par Mohammad Hosseini, Thierry Kangoye, Ines Mahjoub, Pranav Ramkrishnan, Tania Saranga, David Symington, Radomir Todorov, et en particulier par Alexandra Jarotschkin, qui a également contribué avec des changements éditoriaux à l issue du processus de consultation. Nous souhaitons exprimer notre gratitude à Stephen McGroarty et Susan Graham, ainsi qu au service des Publications de la Banque mondiale, qui ont coordonné l élaboration, la révision et le processus de production de la version anglaise de ce livre. Les collectes de données sur les structures et les réglementations financières en Afrique ont été effectuées par le Département des statistiques de la Banque africaine de développement, dirigé par Charles L. Lufumpa (directeur), et plus particulièrement par l équipe de Beejaye Kokil (chef de division), Letsera Nirina (statisticien) et Tarak Hasni et Slaheddin Saidi (consultants statisticiens). Les examinateurs externes de l étude ont été Patrick Honohan (gouverneur, Banque centrale d Irlande), Perks Ligoya (gouverneur, Banque de réserve du Malawi), Louis Kasekende (gouverneur adjoint, Banque d Ouganda), Laurence Harris (professeur d économie, École des études orientales et africaines, Université de Londres), Allen Franklin (professeur de finance et d économie, The Wharton School), Mohammed Omran (vice-président, Insurance Holding Company, République arabe d Égypte), Ghada Waly (représentante résidente assistante, Programme des Nations Unies pour le développement, Égypte), Ismail Douiri (coprésident-directeur général, Attijariwafa Bank, Maroc), Ziad Oueslati (partenaire xiv

15 Remerciements xv fondateur du groupe Tuninvest-Finance), Bouakez Hafedh (professeur d économie, HEC Montréal) et Lemma Senbet (professeur de finance, Université du Maryland). Les examinateurs de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale ont été Simon C. Bell, Mohamed Damak, Asli Demirgüç-Kunt, James Emery, Michael Fuchs, Devinder Goyal, Leonce Ndikumana, Gabriel Victorien Mougani, Charles Muthuti, Sebastian O. Okeke, Tilahun Temesguen et Désiré Vencatachellum. Nous sommes reconnaissants aux responsables des autorités officielless et ceux des opérateurs du secteur financiers d Afrique du Sud, d Égypte, du Kenya, de Libye, du Maroc, de Maurice, d Ouganda, du Sénégal et de Tunisie que nous avons rencontrés dans le cadre de cette étude pour les éclairages précieux qu ils nous ont apportés. Nous avons pu recueillir des commentaires sur notre travail lors de consultations qui se sont tenues à Dakar, Francfort, Johannesburg, Nairobi, Tunis et Washington DC. Lors de ces rencontres, nous avons apprécié l appui institutionnel que nous avons reçu de l École kenyane des études monétaires de Nairobi, de l Association des banquiers d Afrique du Sud et du FinMark Trust en Afrique du Sud. Nous sommes aussi reconnaissants pour les commentaires et l assistance que nous ont prodigués Ed Al-Hussainy, Abayomi A. Alawode, Henry K. Bagazonzya, Gunhild Berg, Johannes Braun, Irma I. Grundling, Juliet Kairuki, Zachary A. Kaplan, Maya Makanjee, Hannah Messerli, Stephen N. Ndegwa, Ismail Radwan, Oliver Reichert, David Scott, Riham Shendy et Smita Wagh. Cette étude a été menée sous la supervision générale de Shantayanan Devarajan (économiste en chef, région Afrique, Banque mondiale) et Ncube Mthuli (économiste en chef et vice-président, Banque africaine de développement). Elle a également bénéficié du soutien et des conseils de hauts responsables : Gabriela Braun et Karen Losse (toutes deux de la Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit), Léonce Ndikumana (directeur du Département des politiques opérationnelles, Banque africaine de développement), Marilou Uy (directrice, Unité de la finance et du développement du secteur privé en Afrique, Banque mondiale) et Désiré Vencatachellum (directeur du Département de la recherche, Banque africaine de développement). La coordination et l appui administratif ont été assurés avec beaucoup de compétence par le secrétariat du Partenariat pour La Finance au service de l Afrique, sous la supervision de Stefan Nalletamby (coordinnateur) et de son équipe composée de Habib Attia, Alessandro Girola, Hugues Kamewe, Sarah Mersch et Carlotta Saporito. Au nom de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale et en leur propre nom, les auteurs souhaitent remercier tout particulièrement le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement pour l appui financier qu il a apporté à la préparation de la présente étude.

16 Abréviations et sigles ACA BCP BH BRIC CDG CEMAC CGAP DAB DBSA G7 G20 IDE IFD IMF LBC LBC LFT LIA m-banking MIX MRFC NAFiN NMB ONG OPCR PA xvi Agence pour l assurance du commerce en Afrique Principes fondamentaux de Bâle pour un contrôle bancaire efficace Banque de l Habitat (Tunisie) Brésil, Fédération de Russie, Inde et Chine Caisse de Dépôt et de Gestion (Maroc) Communauté économique et monétaire de l Afrique centrale Groupe consultatif pour l assistance aux pauvres distributeur automatique de billets Banque de développement de l Afrique australe Groupe des sept Groupe des vingt investissement direct étranger institution de financement du développement institution de microfinance lutte contre le blanchiment de capitaux société d achat autorisée (Ghana) lutte contre le financement du terrorisme Autorité d investissement libyenne banque mobile Microfinance Information Exchange Société de financement rural du Malawi Nacional Financiera (Mexique) Banque nationale de microfinance (Tanzanie) organisation non gouvernementale organisme de placement en capital-risque protocole d accord

17 Abréviations et sigles xvii PIB PME PPP PPT RBM SACCO SIDA SIM SWF TIC TPS UEMOA produit intérieur brut petite et moyenne entreprise partenariat public-privé Pesewa Power Trust (Ghana) Banque de réserve du Malawi coopérative d épargne et de crédit syndrome d immunodéficience acquise module d identification du souscripteur fonds souverain technologies de l information et de la communication dispositif d achat par l exploitant Union économique et monétaire ouest-africaine Remarque : Tous les montants sont indiqués en dollar des États-Unis (USD), sauf indication contraire. Abréviations des pays Code Nom du pays Code Nom du pays Code Nom du pays ABW Aruba BLZ Belize CYP Chypre ADO Andorre BMU Bermudes CZE République tchèque AFG Afghanistan BOL Bolivie DEU Allemagne AGO Angola BRA Brésil DJI Djibouti ALB Albanie BRB Barbade DMA République ANT Antilles BRN Brunéi Darussalam dominicaine néerlandaises BTN Bhoutan DNK Danemark ARE Émirats arabes unis BWA Botswana DOM République ARG Argentine CAF République dominicaine ARM Arménie centrafricaine DZA Algérie ASM Samoa (améric.) CAN Canada ECU Équateur ATG Antigua-et-Barbuda CHE Suisse EGY Égypte, Rép. arabe d AUS Australie CHI Îles anglonormandes ERI Érythrée AUT Autriche ESP Espagne AZE Azerbaïdjan CHL Chili EST Estonie BDI Burundi CHN Chine ETH Éthiopie BEL Belgique CIV Côte d Ivoire FiN Finlande BEN Bénin CMR Cameroun FJI Fidji BFA Burkina Faso COG Congo, Rép. du FRA France BGD Bangladesh COL Colombie FRO Îles Féroé BGR Bulgarie COM Comores FSM Micronésie, États BHR Bahreïn CPV Cap-Vert fédérés de BHS Bahamas CRI Costa Rica GAB Gabon BIH Bosnie-Herzégovine CUB Cuba GBR Royaume-Uni BLR Bélarus CYM Îles Caïmanes GEO Géorgie

18 xviii Abbreviations Code Nom du pays Code Nom du pays Code Nom du pays GHA Ghana MCO Monaco SEN Sénégal GIN Guinée MDA Moldavie SGP Singapour GMB Gambie MDG Madagascar SLB Îles Salomon GNB Guinée-Bissau MDV Maldives SLE Sierra Leone GNQ Guinée équatoriale MEX Mexique SLV El Salvador GRC Grèce MHL Îles Marshall SMR Saint-Marin GRD Grenade MKD Macédoine, ex. Rép. SOM Somalie GRL Groenland youg. STP São Tomé-et- GTM Guatemala MLI Mali Principe GUM Guam MLT Malte SUR Suriname GUY Guyana MMR Myanmar SVK Slovaquie HKG Hong-Kong, Chine MNG Mongolie SVN Slovénie HND Honduras MNP Îles Mariannes SWE Suède HRV Croatie septentrionales SWZ Swaziland HTI Haïti MOZ Mozambique SYC Seychelles HUN Hongrie MRT Mauritanie SYR Syrie, Rép. arabe IDN Indonésie MUS Maurice TCD Tchad IMY Île de Man MWI Malawi TGO Togo IND Inde MYS Malaisie THA Thaïlande IRL Irlande MYT Mayotte TJK Tadjikistan IRN Iran, Rép. islamique d NAM Namibie TKM Turkménistan IRQ Iraq NCL Nouvelle-Calédonie TMP Timor-Leste ISL Islande NER Niger TON Tonga ISR Israël NGA Nigeria TTO Trinité-et-Tobago ITA Italie NIC Nicaragua TUN Tunisie JAM Jamaïque NLD Pays-Bas TUR Turquie JOR Jordanie NOR Norvège TWN Taiwan, Chine JPN Japon NPL Népal TZA Tanzanie KAZ Kazakhstan NZL Nouvelle-Zélande UGA Ouganda KEN Kenya OMN Oman UKR Ukraine KGZ Kirghizistan PAK Pakistan URY Uruguay KHM Cambodge PAN Panama USA États-Unis KIR Kiribati PER Pérou UZB Ouzbékistan KNA Saint-Kitts-et-Nevis PHL Philippines VCT Saint-Vincent-et-les KOR Corée, Rép. de PLW Palaos Grenadines KWT Koweït PNG Papouasie-Nouvelle- VEN Venezuela LAO Laos, Rép. dém. pop. Guinée VIR Îles Vierges LBN Liban POL Pologne américaines LBR Libéria PRI Porto Rico VNM Vietnam LBY Libye PRK Corée, Rép. pop dém. VUT Vanuatu LCA Sainte-Lucie PRT Portugal WBG Cisjordanie et Bande LIE Liechtenstein PRY Paraguay de Gaza LKA Sri Lanka PYF Polynésie française WSM Samoa LSO Lesotho QAT Qatar YEM Yémen, Rép. LTU Lituanie ROM Roumanie YUG Serbie et Monténégro LUX Luxembourg RUS Fédération de Russie ZAF Afrique du Sud LVA Lettonie RWA Rwanda ZAR Congo, Rép. dém. MAC Macao, Chine SAU Arabie saoudite ZMB Zambie MAR Maroc SDN Soudan ZWE Zimbabwe

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21 Chapitre 1 La Finance en Afrique : Etat des lieux Introduction Il est permis de nourrir un espoir prudent pour le développement du secteur financier en Afrique. En effet, si la récente crise financière mondiale a compromis certains progrès accomplis depuis le début du XXIe siècle, les tendances sont manifestement favorables et il y a donc lieu de rester optimiste. Dans de nombreux pays africains, les systèmes financiers s approfondissent et le nombre d entreprises et de ménages ayant accès aux services financiers, notamment au crédit, s est accru. De nouveaux acteurs et de nouveaux produits, reposant souvent sur les nouvelles technologies, ont contribué à améliorer l accès aux services financiers, en particulier aux produits d épargne et de paiement. Les approches novatrices adoptées pour toucher des parties de la population jusque-là non bancarisés ne se limitent pas aux services basés sur la téléphonie mobile de type M-Pesa au Kenya et aux comptes de transactions courants comme les comptes Mzansi en Afrique du Sud. La concurrence et l innovation dominent de plus en plus les systèmes financiers africains et pour chaque échec, on enregistre à présent au moins un succès. Il reste toutefois de nombreux défis à relever et le chemin menant à l instauration de systèmes financiers plus profonds, plus efficaces et plus inclusifs sera long et hérissé de multiples difficultés dans de nombreux pays d Afrique. Les systèmes financiers africains se sont améliorés ces vingt dernières années. Pourtant, les promesses liées aux efforts de libéralisation, de privatisation et de stabilisation déployés dans les années 80 ne se sont que partiellement réalisées, bien que les systèmes financiers du continent soient désormais stables depuis un certain temps. Les crises bancaires systémiques ont été peu nombreuses depuis le pic des années 80 malgré la persistance de poches de fragilité, souvent liées à des crises politiques ou à une mauvaise gouvernance. Les banques africaines sont en moyenne bien capitalisées et disposent d abondantes liquidités. Toutefois, les retombées d un système financier plus approfondi, plus étendu et moins cher ne sont pas encore palpables. En Afrique, la finance reste confrontée à des problèmes d échelle et 1

22 2 La Finance en Afrique : Au-delà de la crise de volatilité. Et la liquidité, qui permet de réduire la volatilité et la fragilité du système financier, peut aussi être considérée comme un signe de la capacité d intermédiation limitée du continent. Néanmoins, comme nous le verrons ciaprès, le système financier africain pourrait tirer profit des nouvelles opportunités qu offrent la mondialisation, les nouvelles technologies et le renforcement de l intégration régionale. Grâce aux tendances positives récentes, les secteurs financiers africains sont entrés dans la crise, protégés par des niveaux de capitalisation et de liquidité élevés. Les institutions financières du continent ont en grande partie échappé aux conséquences directes de la crise financière mondiale. Leur faible niveau d intégration aux marchés internationaux a limité leur exposition aux actifs toxiques et à la volatilité de ces marchés. Hormis certaines exceptions importantes, les prêts non performants sont restés stables malgré le ralentissement économique. Malgré l impact limité de la crise financière mondiale et l amélioration de la stabilité générale, plusieurs pays souffrent d une fragilité financière endogène liée à des problèmes de gouvernance et à des troubles sociopolitiques. Les économies africaines ont été frappées par la grande récession qui a suivi la crise financière, à travers une contraction des échanges commerciaux et une diminution des flux de portefeuille et des envois de fonds. La baisse de la demande, et par conséquent du prix des matières premières, a frappé de plein fouet les économies africaines reposant sur ces produits. L effondrement du commerce mondial qui a débuté fin 2008 (atteignant 45 % en termes réels d une année à l autre) a touché toutes les économies africaines et explique en grande partie le ralentissement de la croissance enregistré par le continent en L augmentation des taux d intérêts et la réduction des échéances dus à la pénurie de liquidités dans le système financier mondial ont également rendu les investissements et le commerce plus difficiles. L Afrique a aussi connu une chute des flux de capitaux qui a déprimé les indices boursiers sur tout le continent et a contraint les États et les entreprises à annuler des émissions d obligations et d actions. Reste que les répercussions générales de la récession mondiale semblent avoir été moins fortes en Afrique que dans d autres régions du monde, et que le continent s attend déjà à renouer avec les taux de croissance de 5 % d avant la crise (FMI 2011). Plus important, l Afrique subira les effets des tendances à long terme qui ont débuté avant la crise et ont été renforcées par elle, notamment des rééquilibrages de la puissance économique mondiale. En effet, la perte d influence des pays du Nord (le G7) et la montée en puissance de ceux de l Est (en particulier de la Chine et de l Inde) et du Sud (le G20) ont été une autre conséquence de la crise, non seulement pour l Afrique, mais aussi pour le système économique et financier mondial. Dans le contexte de la mondialisation, les pays BRIC, notamment la Chine et l Inde, mais aussi plus récemment le Brésil, jouent un rôle de plus en plus important en Afrique 1, comme l attestent les flux de capitaux et la structure des systèmes bancaires. Si les banques indiennes sont depuis longtemps présentes dans les pays d Afrique

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