Radiographie et Radioscopie en clinique

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1 Radiographie et Radioscopie en clinique J. Belot To cite this version: J. Belot. Radiographie et Radioscopie en clinique. Radium (Paris), 1906, 3 (5), pp < /radium: >. <jpa > HAL Id: jpa https://hal.archivesouvertes.fr/jpa Submitted on 1 Jan 1906 HAL is a multidisciplinary open access archive for the deposit and dissemination of scientific research documents, whether they are published or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers. L archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

2 mètres d épaisseur. Un kilogramme de nitrate de thorium fut placé audessous et l activité mesurée se trouve égale à 2,5. Une petite quantité de radium fut placée au centre de la masse et l activité totale fut 84,4. L activité du radium seul était 98,9. Donc l activité du radium était réduite de 98,9 à 84,4 par la traversée de la demiépaisseur du nitrate de thorium. Mais À est le même pour le radium et le thorium, la couche centrale donnant un rayonnement qui subit une absorption moyenne. Il s ensuit que si le nitrate de thorium donne une lecture égale à 100, la lecture corrigée doit être i22. Une seconde méthode a consisté à mesurer l activité couche par couche, les couches actives étant superposées de façon que la couche centrale reste à une distance invariable de l électroscope. L accroissement d activité était une fonction linéaire de la masse. L absorption d une couche mince de 200 grammes ne peut être grande et par approximations successives on a trouvé 15 pour 100 pour valeur de l absorption spontanée de 1 kilogramme de substance placée sous 0,64 centimètres de plomb. Ces deux résultats sont en gros concordants. De plus, les intensités trouvées pour 1 kilogramme de nitrate de thorium, i kilogramme de pechblende, 2 milligrammes de bromure de radium est 11 milligrammes de radiothorium suivaient la mème courbe pour différentes épaisseurs de plomb. On peut en conclure que la perte d activité de 1 kilogramme de pechblende, due à l absorption spontanée et au défaut de concentration, peut se corriger convenablement en ajoutant 20 pour 100 à la valeur observée, quand les rayons B sont éliminés par 0,64 centimètres de plomb. Conclusions Le radium, l uraninite, le thorium et le radiothorium émettent des rayons y qui sont égalemelt absorbés par le plomb. 2 Pour les épaisseurs de plomb allant de 0,64 à 5 centimètres les valeurs de h sont comprises entre 0,57 et 0,46 pour toutes les substances. 5 Le nitrate d uranium est pauvre en rayons y, et ceuxci sont aisément absorbables; h = 1,4 entre 2,8 et 12,i millimètres de plomb. 40 L actinium émet 4 types de rayons. 1. Rayons CL. 2. Rayons homogènes. h = 163 (Godlewski). 5. Rayons plus pénétrants, B ou y. 4,5 (Godlewski). À = 4,1 (Eve), entre 0,45 et 2,8 millimètres. 4. Rayons très pénétrants, probablement rayons y. h = 2,7 à 2,0 entre 2, 8 et 8,7 millimètres. 5 Un kilogramme de nitrate de thorium scellé dans un cylindre de verre mince de 16 centimètres de diamètre constituerait un bon étalon de mesure pour l activité des minerais de thoriunl et de radium. 0 L absorption spontanée des rayons y d un kilogramme de nitrate de thorium dans un cylindre de 16 centimètres de diamètre et de 5,4 centimètres environ. Cette environ de hauteur est de 18 pour 100 correction ne doit pas être faite quand on emploie le nitrate de thorium comme étalon. (Traduit de l anglais par Léon BLOCH.) Radiographie et Radioscopie en clinique. Par J. BELOT, Préparateur de Radiologie à l hôpital SaintAntoine. (Laboratoire du Dr Béclère.) L EMPLOI des radiations constitue aujourd hui une branche nouvelle des sciences médicales : la radiologie. Si son enseignement 11 est pas encore officiel, sa nécessité et sa valeur rle sont plus mises en doute : on se contente de critiquer quelquesunes de ses indications, de discuter les résultats qu elle permet d obtenir, preuve indiscutable de l impression qn elle produit dans l esprit de ses détracteurs. On peut dire que c est aux rayons de Rôntgen et aux corps radioactifs que la radiologie doit la faveur ces nouvelles radia dont elle jouit; peutêtre même, tions ontelles fait un peu trop oublier leurs aînées! Les rayons de Rôntgen sont utilisés en médecine tantôt comme instrumcllt d exploration, tantcït comme agent thérapeutique. Deux procédés d exploration s offrent au praticien la radioscopie et la radiographie, suivant que les rayons de Rôntgen projettent sur l écran fluorescent ou sur la plaque photographique 1 image fugitive ou durable des organes invisibles. Article published online by EDP Sciences and available at

3 140 Ces deux méthodes sontelles également utiles au médecin? L une doitelle être préférée u l autre? Doiventclles, au contraire, se compléter mutuellenient? Ce sont là autant de questions de la plus haute importance pratique, sur lesquelles les radiologistes ne sont pas tous d accord. Récemment, en effet, quelques spécialistes, pour la plupart, du reste, non médecins, se sont efforcés d opposer l une à l autre la radiographie et la radioscopie. Ils espéraient montrer l infériorité de cette dernière et allaient même jusqu à en réclamer la suppression, prétextant qu elle donnait des indications fausses et qu elle ne laissait pas de document inaltérable... j allais dire inviolable! Pour émettre une telle opinion, il fallait : ou n lavoir jamais assisté à un bon examen radioscopique, ou, ignorant l anatomie élémentaire, être dans l impossibilité d interpréter les images apparaissant sur l écran, ou enfin être de mauvaise foi : j écarte volontiers cette dernière hypothèse. Durant les premières années qui suivirent la découverte de Rôntgen, l imperfection dcs appareils, l inexpérience des praticiens, le manque de méthode et de connaissances techniques rendaient sinon impossible, du moins sans grand intérêt pratique, l examen à l écran. Depuis cette époque les choses ont changé : non seulement la radioscopie a acquis droit de cité, mais elle est souvent capable de nous donner des renseignement plus précis que la radiographie. Loin de moi l idée d opposer les deux méthodes : elles doivent au contraire se compléter l une l autre, mais plus on ira, plus l image fluorescente tendra à se substituer à l épreuve radiographique pour, les recherches courantes. La radioscopie présente, en effet, sur la radiographie, tous les avantages que possède la vue directe d un paysage sur celle de sa photographie. L image qui apparait sur l écran fluorescent n est pas une image fixe et unique colnme celle que nous transmet la plaque sensible. Non seulement nous avions devant nos veux une vue d ensemble de la région examinée, mais l image est une image vivante. Nous voyons les organes en mouvement; nous prouvons suivre quelquesuns des phénomènes les plus intimes de la vic, étudier le fonctionnement de certains viscères aussi bien et souvent mieux que si le couteau dru vivisectcur les avait mis à nu. Pour obtenir une bonne radiographie, il est de toute nécessité que le patient garde une immobilité absolue : de l observation de ce factcur dépend la netteté de l imabe : celleci se rapporte donc à une certaine position. Tout différents sont les renseignements que nous fournit l examen radioscopique. Ce n est plus image qui nous apparaît, mais en déplaçant une seuie le malade ou le mcmhre examiné, nous pouvons voir toute une série d images du plus haut intérêt pratique. On fait, pour ainsi dire, le tour du malade : en un clin d cil on l examine, en avant, en arrière, par côté, en direclion oblique, etc., etc. L ampoule est élevée, abaissée, pousséc à droite ou à gauche, éloignée ou rapprochée du sujet, l ouverture du diaphragme agrandie ou diminuée suivant les cas. Chacune âc ces positions, chacune de ces man0153uvres, nous donnent des indications nouvelles, confirment ou infirment les rensei De ces diverscs gnements précédemment acquis. images, l esprit du praticien fait unc synthèse rapidc : le diagnostic en découle. Quelques exemples permettront de mieux comprendre l intérêt que présente la radioscopie. Voici un homme chez lequel on soupçonne une tuber sont incer culose au début; les signes st6thoscopiques tains : le malade est conduit chez un radiologiste. Si celuici n est que radiographe, si par principe ou l examen radiosco par ignorance, il ne pratique pas pique, il se contentera, s il est adroit, de faire une bonne épreuve radiographique. Celleci ne donncra souvent que des indications peu précises : elle montrera des blancs et des noirs, dont il sera possible de tirer quelque renseignement ; mais ils n auront de valeur que pour une position donnée, et l ombrc que l on aura attribuée à une induration du sommet pulmonaire pourra être due à une toute autre cause : le plus souvent l épreuve ne permet pas d être affirmatif. Il n en est pas de méme avec l examen radioscopiquc. Le spécialiste commence par une vue d ensemble de la cage thoracique : l aspect général, l étendue des champs puhnonaires, l amplitude des mouvements costaux, la tonalité de l ensemble, etc., sont embrassés d un coup d oeil. On note si la teinte est uniforme, si ça et là n apparaissent pas quelques zones plus sombres ou plus claires, les modifications qu elles subissent au moment des grandes inspirations, etc. Grâce au jeu du diaphragme, on diminue le champ d éclairage : les images deviennent plus nettes. Les sommets pulmonaires sont examinés, leur transparence est comparé, en élevant et en abaissant l ampoule de façon à éliminer les causcs d erreur dues â une asymétrie thoracique. On note l alnplitude des mouvements du diaphragme, la profondeur et la clarté des sillons costodiaphragmatiques ; on acquiert ainsi des notions de la plus haute valeur, sur lesquclles la radiographie ne peut être que lnuette. Le malade est successivement examiné en avant, en arrière, de profil, enfin et surtout en direction oblique. du médias des ombres vertébrales et sternales qui la recouvrent dans les Grâce à cette dernière position, l image tin apparait sur l écran, nettement séparée examens antérieurs ou postérieurs. Il devient possible de constater l existence des adénopathies médiastilles

4 141 quand elles existent, ou la belle clarté de cette région, si aucune production morbide n est venue en troubler la transparence. La sclérose interlobaire, d un diagnostic clinique parfois si difficile, est une rare surprise de la radiographie : les déplacements de l ampoule de haut en bas permettent souvent de la déceler avec la plus grande facilité, sur l écran fluorescent. Enfin, dans,le cas d hydropneumothorax, l écran nous montre le phénomène de la succession hippocratique avec une telle netteté, que cette seule image suffirait à convaincre les plus sceptiques. Voilà quelquesuns des renseignements quc peut donner la radioscopie sur la pathologie ct la physiologie pulmonaires. Ce procédé d investigatiun s adresse aussi a d autres organes; les indications qu il fournit me suffise d en ne sont pas moins précieuscs; qu il citer rapidement quelquesunes. lvlieux que la radiographie, l écran fluorescent nous montre l image du coeur : seule, cette dernière méthode nous permet d en étudier les battements, les contractions, etc. La mesure de l aire cardiaque, à l aide de l orthodiagraphe, est un procédé radioscopique, je sais bien qu il est possible de faire l orthoradiophotobraphie... mais il s agit là d une pure acrobatie n ayant d autre intérêt que la difficulté du problème. Quoique la recherche des calculs du rein, de l uretère et méme de la vessie soit pour le moment du domaine de la radiographie, tout me porte à croire que souvent l examen à l écran permet à lui seul de constater la présence du corps étranger. Pour lna part, avant de faire une radiographie de région lombaire, je pratique toujours l examen radioscopique : j ai souvent constaté ainsi la présence d un calcul que je retrouvai sur le cliché radiographique; parfois même l image que m avait donnée l écran était plus nette que celle apparue sur la plaque. Il va sans dire qu une technique spéciale doit présider à cette recherche. Quand l exalnen radioscopique a montré un calcul, il devient facile de limiter l étendue de la radiographie confirmatrice à la région intéressante : l épreuve ainsi obtenue gagne en netteté.. J insisterai encore sur l examen de l estomac. A l aide de certains artifices on peut en obtenir l image sur l écran fluorescent et même la fixer sur une plaque photographique. L étude des ptoses, des déplacements, des dilatations, des rétrécissements et des contractions de cet organe, le chemin parcouru par le bol alimentaire, la durée du séjour des aliments, en un mot l anatomie et la physiologie de l estonac à l état sain et pathologique... ioilà autant de problèmes que seule la radioscopie permct de résoudre. Les récents travaux d Holzhnecht montrent qu il y a là une voie nouvelles, encore insuffisamment explorée: les quelques faits déjà acquis ont permis de constater combien certaines notions classiques étaient éloignées de la réalité. Si de l étude des organes splanchniques, on passe à celle des membres, on voit que la radioscopie est encore une méthode d exploration des plus précieuses. Il est bien certain que le cliché radiographique fournit plus de détails que l écran fluorescent; toutefois ce dernier procédé, non seulement permet l examen successif dans toute une série de positions, mais il peut montrer la mobilité des fragments dans le cas de fracture, la limite des déplacements dans les luxations. Enfin et surtout, il est possible de réduire une luxation, de coapter les fragments d un os fracturé, d extraire un corps étranger, sous le contrôle direct de l écran : on évite ainsi aux blessés les douleurs que leur occasionnent les tàtonnements habituels et on acquiert la certitude d une réduction correcte. Depuis longtemps, du reste, cette pratique est courante dans les hôpitaux étrangers ; il faut souhaiter qu elle se généralise en France pour le plus grand bien des malades. On le voit, la radioscopie est pour le clinicien, l anatomiste, le physiologiste, une précieuse méthode d investigation. Si l on ajoute à cela qu elle est peu dispendieuse; qu clle ne présente aucun danger, qu elle est rapide et non fastidieuse, on a le droit de s étonner qu il se soit rencontré des gens doutant de son utilité et réclamant sa suppression. S il est des renseignements que seule la radioscopie peut fournir, il en est aussi qui ne peuvent être obtenus qu à l aide de la radiographie : c est dire que les deux mutllodcs sont utiles au clinicien; chacune a ses indications et c est manquer d éclectisme que de les opposer l une à l autre. Il va sans dire que, toutes les fois qu il sera nécessaire d obtenir des détails de structure, la radiographie devra être préférée, il n en faudrait pas conclure que l écran fluorescent est incapable de les montrer : c est notre oeil qui ne peut en saisir les détails par suite de la faible luminescence des images; notre acuité visuelle est insuffisante. C est ainsi clue pour la recherche des lésions osseuses (ostéomyélite, tuberculose, sarcome, etc.), il faut se soumettre aux exigences de la radiographie. Souvent ainsi, l étude détaillée et complète d une fracture nécessite une épreuve sur laquelle sont visibles tous les détails, mais sur laquelle aussi, parfois, les déplacelents sont exagérés ou diminués, si le radiographe n a pas su prendre toutes les précautions nécessaires. De même, la recherche des calculs rénaux, urétéraux, vésicaux, alors même qu elle aura été pratiquée à l aide de l écran, devra être complétée par la radiographie. Les petits calculs, comme les corps étrangers de petites dimensions ou de poids atomique peu élevé, apparaitront avec plus de netteté sur la plaque que sur l écran.

5 142 J en dirai autant de l cxamen du crâne. S il est souvent facile de constater à l aide de la radioscopie la présence d un corps étranger, d en déterminer la position exacte, il est ordinairement impossible de voir nettement certaines déformations, telles que r èlargissenlent de la selle turcique, modification dont la connaissance peut avoir une si grande importance clinique. Là encore la radiographie doit succéder à l examen radioscopique. Enfin, pour l étude de la composition du squelette, de sa plus ou moins grande richesse en phosphate de calcium, des radiographies faites dans des conditions techniques identiques, peuvent fournir de précieuses indications. On saisit facilement l intérêt de la métho de constater combien de, mais on ne peut s empêcher sont multiples et difficiles à éliminer les causes d errcur : il serait donc illusoire de vouloir lui attribuer une précision absolue. Quelques radiographes non médecins sont méme allés plus loin. Ils se sont imaginé que la radiographie permettrait due suivre le cours d une affection, d en constater l aggravation ou l arnélioration, en un mot de suppléer la clinique. C est ainsi, par exemple, que la plus ou moins grande opacité du tissu pulmonaire, indiquerait l évolution de la tuberculose : pour cela il suffirait de prendre des radiographies, à intervalles plus ou moins éloignés, dans des conditions techniques identiques : la comparaison des diverse épreuves et particulièrement de l intensité des ombres serait le fidèle tableau de la marche de l affection. Il faut, à vrai dire, ignorer les notions les plus élémemaires de la pathologie et de l anatomie pathologique, pour soutenir une pareille.thèse. C est qu en effet, à tel état pathologique ne correspond pas toujours une même variation de densité des tissus; les modifications de cette densité.sont loin d être en rapport constant avec les modifications pathologiques. Radiographions, par exemple, un hommc atteint de tuberculose pulmonaire d un des sommets, au stade d induration. L épreuve positive montrera une ombre anormale d une certaine intensité. Supposons que sur une deuxième épreuve, faite huit ou dix mois plus tard, l ombre se soit accentuée. Que peuton en conclure? Que la lésion s est aggravée puisque l opacité spécifique s est accrue... Mais il se peut aussi que la maladie soit en régression et que la variation de teinte soit due à la sclérose réparatrice. Admettons par contre due l omhre ait disparu. On pourrait penser que le malade est guéri... mais si, à l induration a succédé une géode, l ombre anormale n existera plus! Au cours de son affection, le malade a pu engraisser ou maigrir : ces variations d épaisseur viendront 1110 difier la tonalité des ombres, sans que, pour cela, la lésion considérée soit nécessairement améliorée ou aggravée. Cela m anlpne a dire, en passant, que ni la radiographie, ni la radioscopie ne donnent le diagnostic tout fait. Il faut interpréter les images obtenues et le plus apte a le bien faire est celui qui, pourvu de connaissances anatomiques, physiologiques et pathologiques suffisantes, s adresse en même temps aux autres procédés d investigation. Les rayons de Rôntgen sont pour la clinique, un précieux auxiliaire; ils ne doivent pas la supplanter parce qu ils ne le peuvent pas : pour pouvoir la servir u(ilement, il est de toute nécessité qu ils soient maniés par des médecins. Seuls, en effet, ils sont capables, non seulement d interpréter convenablement les images obtenues, mais de déterminer la mcilleurc position à donner au sujet, si la radiographie doit succéder à l examen radioscopique. Lorsque l on désire obtenir la photographie d un objet,on commence par l examiner sur la glace dépolie ; selon les cas on délace l appareil ou l objet jusqu à ce que l image fugitive donne satisfaction i l opérateur : la glace dépolie est alors remplacée par la plaque sensible ; à l image fugitive va se substituer une image durable. Cette pratique rendrait de grands services, si elle était plus généralement observée en radiographie. Avant de radiographier un membre ou une région, on devrait toujours commencer par en pratiquer l examen radioscopique ; il permettrait de se rendre compte de l aspect général de la région, de déterminer le point intéressant à reproduire, la meilleure position à donner au sujet. vient de faire con Grâce à un fauteuil spécial que struire Béclère, grâce aussi à d autres dispositifs existants oufacilesà imaginer, on peut substituer à l écran fluorescent une plaque photographique, sans changer ni la position du malade, ni celle de l ampoule. Le radiologiste fait ainsi la mise au point sur l écran, comme le photographe sur la glace dépolie. Cette méthode permet de fixer sur la plaque l image la plus nette et la plus démonstrative quel on a pu faire apparaitre sur l écran, en mobilisant le patient : l intérêt de ce procédé ne peut échapper à personne. Hadipgraphie.et Radioscopie sont donc deux procédés d exploration qui se complètent mutuellement et qui doivent être appliqués avec discernement par le praticien. Si l on voulait comparer les deux méthodes, on pourrait dire, avec un radiologiste étranger bien connu, qu il y a, entre la radiographie et l examen radioscopique, la même différence qu entre les petits albums de photographies représentant les principaux monuments d une ville et la visite de cette ville. Lorsque l on veut étudier une coupe histologique, on l examine directement au microscope, en faisant varier le point, en déplaçant la préparation, en modifiant le grossissement ; il ne viendra à l idée de personne de

6 H. José Gisements L ensemble Moureu 143 faire d abord une microphotographie, et de pratiquer les recherches sur cette épreuve. Par contre, quand on aura trouvé une région intéressante, l image en sera fixée sur une plaque; cette épreuve servira de document et permettra de faire connaitre aux autres ce que l on a vu soimême. Il est fort possible que, d ici à quelques années, grâce aux progrès incessants qu accomplit la technique instrumentale, la radiographie soi[ à la radioscopie ce qu est la lnicrophotographie à l examen microscopique. En résumé, la radioscopie donne des renseignements que ne peut fournir le cliché radiographique elle est ordinairement suffisante pour la plupart des recherches courantes : elle doit toujours précéder la radiographie lorsque celleci devient nécessairc. REVUE DES TRAVAUX Radioactivité Conductibilité de l air dans les lieux habités. Dufour (Phys. Zr;itsclc., 15 arril 1000). Revenant sur cette question qui semblait résolue par les expériences d Elster et, Geitel, M. Dufour, en employant l appareil d Ebert et aussi celui d Elster et Geitel, montre que dans une salle de cours la présence d un auditoire augmente la conductibilité de l air. L accroissement varie du cinquième au sextuple. L. B. Gisements et sources radioactives espagnoles. Munoz del Castillo (Bulletin de la Société d Hisloii,e Naturelle de Madrid, février 1906). L auteur Fig. 1. et sources radioactives espagnoles. Les points noirs indiquent les sources radioactives ; les taches les gisements minéraux radioactifs. s est proposé de dresser la carte des principaux centres radioactifs espagnols. Il a étudié les minéraux, les terrains, les eaux et les gaz de l atmosplére. La partie principale de son travail porte surtout sur les sources et les minéraux radioactifs. des résultats actuellement acquis est représenté par la carte cijointe. L auteur croit ne pas encore devoir donner un caractère definitif à ces essais, car ses mesures présentent des irrégularités dont il se propose de rechercher les cause,. Parmi les gisements radioactifs, le plus important est celui de San Rafacl, au nord de Madrid. Le minerai est constitué par une roche dure recouverte d une couche de chaleolite cristallisée. Ces minéraux sont très répandus au nord de l Espagne; dans même région on a trouvé des traces d autunite et de wolframite. Sauf cette exception, le minéral domi nant est la chalcolite. Présence de l Argon et de l Hélium dans les eaux thermales de Gastein. P. Ewers (Plys. Zeitsch., 1er avril ) a analysé les gaz contenus dans un grand nombre d eaux thermales, et a partout mis en évidence la présence des «gaz nobles o argon et hélium, en assez grande quantité (1,55 pour 100). Mais il n a pas cherché n déterminer les proportions respectives de ces deux gaz. D après la théorie moderne de la transformation du radium et de ses dérivés, le fait qu on rencontre de l argon et de l hélium partout où se trouve l émanation du radium ne doit pas être considéré comme fortuit. Il semble, en effet que les produits de transformation dits «inactifs» du radium (radium B et D), émettent des particules qui sont identiques a l atome d argon ou à l un des matériaux dont cet atome est constitué. Il est très invrai semblable que l ar gon contenu dans les sour ces soit simplement emprunté à l air almosphérique. Une masse de 1650 centimètres cubes de gaz, recueillis avec toutes les précautions voulues à l une des sources de Gastein (Grabenbacckeer Quelle, a été soigneusement débarrassée d azote et d oxygène, puis soumise a la distillation fractionnée dans l air liquide. La plus grande partie du gaz s est condensée à 190 degrés sous la pressiun atmosphérique, le résidu se condensant à son tour par une compression d environ une demiatmosphère. L étude spectroscopique fit voir que cette dernière partie présentait d une façon très nette le spectre de l hélium, l autre ne fournissant que le spectre de l argon avec la raie jaune de l hélium faiblement visible. On peut conclure de là que dans les gaz nobles qu un peut extraire des eaux radioactives (1,33 pour 100 ainsi que l avait indiqué Moureu), il y a au moins 57 pour 100 d argon et au plus 5 pour 100 d hélium. Léon BLOCH.

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