N 1225 ASSEMBLÉE NATIONALE

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1 N 1225 ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 QUATORZIÈME LÉGISLATURE Enregistré à la Présidence de l'assemblée nationale le 4 juillet RAPPORT D INFORMATION DÉPOSÉ en application de l article 146-3, alinéa 6, du Règlement PAR LE COMITÉ D ÉVALUATION ET DE CONTRÔLE DES POLITIQUES PUBLIQUES SUR l évaluation du soutien public aux exportations ET PRÉSENTÉ PAR MM. JEAN-CHRISTOPHE FROMANTIN ET PATRICE PRAT Députés.

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3 3 SOMMAIRE Pages PROPOSITIONS DES RAPPORTEURS... 9 INTRODUCTION PREMIÈRE PARTIE : EN DÉPIT DE DISPOSITIFS DE SOUTIEN PUBLIC AUX EXPORTATIONS IMPORTANTS, LA FRANCE NE PARVIENT PAS À REGAGNER DES PARTS DE MARCHÉ À L INTERNATIONAL I. LA BALANCE COMMERCIALE S EST FORTEMENT DÉGRADÉE MAIS LA FRANCE DISPOSE D ATOUTS POUR REDRESSER LA SITUATION A. LA SITUATION S EST FORTEMENT DÉGRADÉE DEPUIS 2002 MAIS LA BALANCE COMMERCIALE MÉRITERAIT D ÊTRE ANALYSÉE DE FAÇON RENOUVELÉE Les performances françaises baissent continûment depuis les années a) La balance courante s est dégradée progressivement b) Le déficit apparu en 2002 s est accru jusqu à un record historique en c) La part du marché de la France dans le monde se réduit depuis dix ans La mesure actuelle du commerce extérieur ne reflète toutefois que partiellement les enjeux des échanges internationaux a) La balance commerciale française n inclut que les biens manufacturés ayant physiquement passé les frontières b) De nouveaux travaux de mesure du commerce international en valeur ajoutée. 22 c) La remise en cause du «made in» au profit du «made by» B. LA FRANCE DISPOSE DES ATOUTS NÉCESSAIRES POUR REDRESSER SON COMMERCE EXTERIEUR La dégradation de notre balance commerciale reflète celle de notre compétitivité a) Le cercle vicieux des problèmes de compétitivité «coût» et «hors coût» b) Des difficultés d accès au financement c) Les faiblesses de notre tissu industriel et exportateur... 28

4 4 2. La France ne manque toutefois pas d atouts pour redresser la situation a) Des secteurs exportateurs à haute valeur ajoutée b) Un réseau diplomatique étendu qui confère à la France une capacité d influence importante c) Une image positive et une influence culturelle forte La mondialisation offre de nouvelles opportunités et de nouveaux défis a) La puissance européenne en panne b) Des négociations internationales à suivre attentivement c) Des besoins nouveaux et croissants dans les pays émergents d) Le renchérissement du prix des matières premières importées e) De nouvelles technologies, source de productivité et de nouveaux marchés II. LA MOBILISATION RÉCENTE DES OUTILS DU SOUTIEN PUBLIC À L EXPORTATION N A PAS EU LES EFFETS ESCOMPTÉS A. UNE MOBILISATION IMPORTANTE DONT L EFFICACITÉ RESTE DIFFICILE À MESURER De nombreux dispositifs, un solde budgétaire positif mais peu transparent 43 a) L aboutissement de la consolidation d Ubifrance b) La difficile transposition budgétaire des dispositifs de garantie Une politique contra-cyclique qui augmente le risque pour les finances publiques a) La montée en puissance de l assurance-crédit b) La stabilisation des taux d intérêt c) Le déficit chronique de l assurance prospection Une évaluation de la performance qui ne permet pas de mesurer l effet de levier a) La brutale dégradation de l effet de levier de l assurance prospection b) La performance d Ubifrance : passer du quantitatif au qualitatif B. DES DISPOSITIFS QUI RÉPONDENT IMPARFAITEMENT AUX BESOINS DES ENTREPRISES Un jugement critique de la part des entreprises La nécessité d une adaptation permanente face à la concurrence internationale a) Une marge de manœuvre réduite par la réglementation communautaire b) Une prise de conscience collective difficile : l exemple du portage... 71

5 5 DEUXIÈME PARTIE : RÉNOVER LE DISPOSITIF DE SOUTIEN PUBLIC DES EXPORTATIONS EN PARTANT DES BESOINS DES ENTREPRISES I. RELANCER LA DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE IMPOSE UN ENGAGEMENT RENOUVELÉ DE L ÉTAT RÉGALIEN A. MIEUX COORDONNER L INTERVENTION DE L ÉTAT B. LUTTER CONTRE LES OBSTACLES TARIFAIRES ET NON TARIFAIRES AU COMMERCE INTERNATIONAL La négociation multilatérale et bilatérale L influence des normes internationales L intervention quotidienne des services régaliens C. DÉFENDRE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE ET COMBATTRE LA CONTREFAÇON L action bilatérale L action de l Institut national de la propriété intellectuelle et de l Office européen des brevets D. OPTIMISER LA POLITIQUE D AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT Renforcer l aide liée Mieux utiliser l aide déliée II. LA DÉTECTION DU «POTENTIEL EXPORT» : PASSER DU QUANTITATIF AU QUALITATIF A. CONFIRMER LA PERTINENCE DU NIVEAU RÉGIONAL EN CLARIFIANT LA NATURE DES INTERVENTIONS DES DIFFÉRENTS ACTEURS Conforter les régions dans leur rôle de structuration du tissu industriel régional Clarifier le rôle et le fonctionnement de la Banque publique d investissement Promouvoir des modes d intervention plus efficients dans les régions Favoriser le développement et la professionnalisation des chambres de commerce et d industrie régionales B. MIEUX CIBLER LES AIDES À LA PROSPECTION Conforter le caractère assurantiel de l assurance prospection en réduisant son déficit récurrent Supprimer le crédit d impôt pour dépenses de prospection commerciale

6 6 III. L ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES À L ÉTRANGER : ASSURER UN PILOTAGE STRATÉGIQUE A. CLARIFIER LA DOCTRINE D INTERVENTION DE L ÉTAT À L INTERNATIONAL Un service universel ou ciblé? a) Aujourd hui, un service universel auquel a essentiellement recours une clientèle opportuniste b) L absence de ciblage a un coût et n est pas sans risques c) Une solution : opérer une segmentation pragmatique Une tarification subventionnée attractive ou des tarifs progressifs, voire libres? a) Aujourd hui, une tarification contestée b) Faut-il distinguer le rôle subventionnel du rôle d accompagnant? Une couverture géographique large ou optimisée? a) Un débat sur le taux de couverture optimal b) Vers une couverture plus réactive c) Deux scénarios alternatifs Un service public ou une agence rentable? a) Ubifrance au milieu du gué b) Ubifrance a des moyens plus modestes que ses homologues européens B. COORDONNER ET PROFESSIONNALISER LES ACTEURS DE «L ÉQUIPE DE FRANCE DE L EXPORT» Conforter les progrès acquis par le programme France Export et la labellisation a) Conforter et recentrer le programme France Export b) La labellisation, procédure complémentaire du programme France Export Redéfinir le rôle des acteurs institutionnels a) Des organismes sectoriels potentiellement redondants b) Des conseillers du commerce extérieur de la France à valoriser davantage c) Des chambres de commerce et d industrie françaises à l étranger à encourager Recenser et soutenir le développement de l activité privée de soutien à l export C. DÉVELOPPER L HÉBERGEMENT ET L ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES QUI SOUHAITENT S IMPLANTER À L INTERNATIONAL Renforcer le programme Volontariat international en entreprise a) Rendre le dispositif plus accessible pour les TPE et les PME b) Supprimer les obstacles au développement de ce statut à l étranger c) Limiter la redondance de financement des VIE

7 7 2. Offrir des solutions d hébergement aux entreprises à l étranger IV. LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL : RATIONALISER ET SIMPLIFIER L OFFRE A. REGROUPER LES COMPÉTENCES ET LES PRODUITS SOUS LA MARQUE BPIFRANCE EXPORT Harmoniser les produits Partager l information Unifier le réseau de distribution et intégrer la direction des garanties publiques de la Coface à la Banque publique d investissement B. SIMPLIFIER LES PROCÉDURES Alléger et normaliser les informations demandées aux entreprises Augmenter la réactivité et réduire les délais de réponse Adapter la réglementation relative à la part française aux objectifs de rétablissement du commerce extérieur C. MIEUX RÉPONDRE AUX BESOINS DE FINANCEMENT DES ENTREPRISES EXPORTATRICES Faciliter la reprise des crédits à l exportation pour les entreprises les plus pénalisées Aligner l offre de financement public sur celle de nos concurrents EXAMEN PAR LE COMITÉ ANNEXE N 1 : PERSONNES ENTENDUES PAR LES RAPPORTEURS ANNEXE N 2 : COMPARAISONS INTERNATIONALES ANNEXE N 3 : DISPOSITIFS RÉGIONAUX DE SOUTIEN AUX EXPORTATIONS

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9 9 PROPOSITIONS DES RAPPORTEURS I. RÉPONDRE À LA NOUVELLE DONNE DU COMMERCE INTERNATIONAL 1. Adapter nos outils à la mondialisation Proposition n 1 : Compléter les statistiques douanières relatives au commerce extérieur par un outil statistique reflétant la réalité de la mondialisation : adopter un mode d établissement de la balance commerciale française plus large, incluant les services ; instituer d autres indicateurs appuyés sur les travaux de l OCDE relatifs à la valeur ajoutée ou l intensité en emploi ; tirer les conséquences de la mise en œuvre du marché unique européen et de l intégration européenne, en distinguant, au sein de la balance des paiements, un solde zone euro d un solde hors zone euro. Proposition n 2 : Susciter l envie d exporter et donner l image d un pays industriel dynamique : lancer une grande campagne nationale en faveur d une mobilisation collective pour l export, en montrant les atouts de «l équipe de France de l export» et de la marque France ; améliorer la représentation française dans les grands salons internationaux, notamment la foire de Hanovre, en veillant à ce que le pavillon français soit attractif et dynamique ; développer une politique de grands évènements internationaux dans les domaines de la culture, du sport, des salons et des congrès internationaux ; organiser des salons internationaux en France, en particulier sur le secteur industriel et les filières d excellence françaises. Proposition n 3 : S inscrire dans un projet européen renouvelé, facteur de puissance et d économies : développer une plate-forme européenne interactive sur les obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce, alimentée par les États-membres ; encourager la mutualisation des capacités d accueil, d hébergement et d information des entreprises hors UE ; favoriser les partenariats régionaux transfrontaliers au sein de l UE et plus généralement, promouvoir une solidarité européenne pour «chasser en meute».

10 10 Proposition n 4 : Accélérer la transition numérique : lancer une campagne d information et de formation sur le e-commerce, ainsi que sur les outils de marketing en ligne ; proposer des prêts bonifiés de la Banque publique d investissement en faveur de l accompagnement des entreprises vers le numérique (pour la présentation d une offre commerciale en ligne et l amélioration de la productivité). 2. Mieux évaluer l efficacité des dispositifs publics de soutien aux exportations Proposition n 5 : Renforcer l information du Parlement sur les garanties : publier les flux correspondant aux paramètres de gestion (primes, récupérations, indemnités et coûts de gestion Coface) de chacune des garanties gérées par Coface dans le rapport annuel de performance du programme «Appels en garantie de l État» ; prévoir la transmission du rapport sur les opérations effectuées pour le compte de l État par Coface et Natixis lors de l année N-1 avant le dépôt du projet de loi de finances de l année N+1. Proposition n 6 : Mesurer l effet de levier généré dans la durée par les prestations d Ubifrance sur les exportations à partir des données relatives aux courants d affaires. 3. Améliorer le portage des entreprises Proposition n 7 : Développer le portage des PME et des ETI dans le cadre des filières ou des pôles de compétitivité, en accordant une garantie Coface bonifiée (assurance-crédit, risque exportateur) aux grands groupes présentant un plan de portage. II. RENFORCER L ENGAGEMENT DE L ÉTAT RÉGALIEN 1. Mieux coordonner l intervention de l État Proposition n 8 : Définir une stratégie interministérielle de développement des entreprises à l international : pérenniser au niveau interministériel la stratégie nationale secteurs-pays et l actualiser tous les cinq ans ; décliner cette stratégie nationale en projets opérationnels pour les missions diplomatiques et pour les ambassadeurs ; organiser dans les postes, sous la présidence de l ambassadeur, une conférence de coordination régulière des acteurs locaux afin d évaluer la mise en œuvre de la stratégie export.

11 11 2. Lutter contre les obstacles tarifaires et non tarifaires Proposition n 9 : Renforcer l accessibilité des services régaliens : rassembler les services en ligne aux entreprises sur un seul et même site, ergonomique et facile à utiliser, permettant de signaler et de faire instruire les problèmes d accès aux marchés étrangers ; prévoir une déclinaison régionale de ces bases de données pour permettre l accès à une information détaillée sur des secteurs spécifiques et importants localement ; encourager la mise en place de dispositifs de veille stratégique assortis d alertes pour les entreprises exportatrices ; donner à la direction générale des douanes l objectif de sensibiliser les chefs d entreprises aux enjeux du dédouanement, du fret et de la logistique. 3. Défendre la propriété intellectuelle Proposition n 10 : Prévoir un programme ambitieux d accompagnement personnalisé des PME à l international dans le contrat d objectifs et de performance de l Institut national de la propriété intellectuelle. 4. Optimiser la politique d aide publique au développement Proposition n 11 : Renforcer l aide liée : défendre au sein de l OCDE le principe d une aide liée pour les pays en développement les plus riches ; augmenter la proportion de l aide liée française pour la porter à la moyenne de l OCDE. Proposition n 12 : Améliorer l effet de levier de l aide projet déliée au bénéfice des entreprises françaises : augmenter le taux de concrétisation des projets dont les études préalables sont financées par le Fasep ; diffuser l information sur les projets financés par l aide publique au développement auprès des entreprises françaises ; quantifier les obligations sociales et environnementales des entreprises soumissionnaires dans les cahiers des charges.

12 12 III. LA DÉTECTION DU «POTENTIEL EXPORT» : PASSER DU QUANTITATIF AU QUALITATIF 1. Clarifier les compétences des différents acteurs Proposition n 13 : Confirmer le principe et les modalités d une cogouvernance par l État et les régions de la politique en faveur des exportations en conférant aux régions les compétences relatives à l internationalisation des entreprises et à la mise en place de démarches collectives : préciser ces compétences dans le prochain projet de loi relatif à la décentralisation ; encourager les modes d organisation régionale qui privilégient la coopération avec les autres acteurs plutôt que la création de structures et de bureaux à l étranger ; initier une démarche partenariale entre l État et les régions pour développer le portage, dans le cadre d une politique de filière ; valoriser et encourager les dispositifs régionaux de soutien aux démarches de prospection en filière ; rendre publique une évaluation régulière des stratégies, dispositifs et partenariats mis en œuvre au niveau régional. 2. Mieux cibler les aides à la prospection Proposition n 14 : Engager un plan de mesures techniques confortant le caractère assurantiel de l assurance prospection et réduisant son déficit technique récurrent : augmenter le taux des primes ; allonger la période d amortissement des dépenses ; relever le taux d amortissement des dépenses. Proposition n 15 : Supprimer le crédit d impôt pour dépenses de prospection commerciale. IV. L ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES À L ÉTRANGER : ASSURER UN PILOTAGE STRATÉGIQUE 1. Clarifier la doctrine d intervention de l État à l international Proposition n 16 : Adapter les missions d Ubifrance en fonction des profils des entreprises : maître d œuvre des régions pour la fourniture de prestations de prospection aux TPE et PME ; co-opérateur du développement des TPE et PME à fort potentiel avec BPI France Export ;

13 13 conseiller attentif aux besoins des ETI, chargé de les orienter, le cas échéant, vers d autres expertises. 2. Coordonner et professionnaliser les acteurs de «l équipe de France» à l export Proposition n 17 : Fédérer au sein du programme France Export les aides à l exportation déployées par les organismes sectoriels, les fédérations professionnelles ou interprofessionnelles et les comités professionnels de développement économique. Proposition n 18 : Encadrer et responsabiliser le réseau des conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) : élaborer des critères de nomination des CCEF ; rendre publics les comptes rendus d activité des CCEF ; associer les CCEF à la définition des couples secteurs pays et publier leurs avis. Proposition n 19 : Octroyer de nouvelles délégations de service public à des prestataires exclusifs sur la base d un cahier des charges précis, dont le respect devra être régulièrement évalué, y compris dans des pays où Ubifrance est aujourd hui présent. Proposition n 20 : Développer l activité privée de soutien à l export : poursuivre le recensement de l offre de services à l export des acteurs privés ; publier une liste des services offerts et des besoins non couverts pour chaque pays sur le site d Ubifrance ; encourager Ubifrance dans sa démarche d ensemblier de ces services. 3. Développer l hébergement et l accompagnement des entreprises qui souhaitent s implanter à l international Proposition n 21 : Favoriser l emploi partagé des volontaires internationaux en entreprise par les PME et demander à Ubifrance d organiser la formation préalable et continue des VIE. Proposition n 22 : Relancer la négociation avec certains pays afin de supprimer les obstacles au développement du volontariat international en entreprise. Proposition n 23 : Créer une «maison France» unique à l étranger, offrant des espaces d exposition ou de réunion, une sélection de conseils agréés et un hébergement pour les volontaires internationaux en entreprise, ainsi qu une solution d implantation et d incubation pour les PME.

14 14 V. LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL : RATIONALISER ET SIMPLIFIER L OFFRE 1. Regrouper les compétences et les produits sous la marque Bpifrance Export Proposition n 24 : Transférer l intégralité des garanties publiques portant sur les cautions et les préfinancements à Coface. Proposition n 25 : Créer un outil de gestion de la relation client (GRC) permettant à Coface et Oséo d échanger des informations (offres de produits, matrice standardisée des informations demandées aux entreprises pour l éligibilité aux différents dispositifs, historique des dossiers traités). Proposition n 26 : Intégrer les activités de la direction des garanties publiques de Coface à la Banque publique d investissement. 2. Simplifier les procédures Proposition n 27 : Créer un label d exportateur agréé valant présomption de conformité aux exigences assurantielles publiques. Proposition n 28 : Redéfinir les règles de délégation de l État à Coface pour l instruction et l octroi de garanties publiques en faveur des PME afin de les dispenser systématiquement d un examen en Commission des garanties et du commerce extérieur. Proposition n 29 : Moduler au cas par cas les exigences de la part française en fonction des objectifs de rétablissement de l équilibre de notre commerce extérieur et de l impact sur l emploi. 3. Mieux répondre aux besoins de financement des entreprises exportatrices Proposition n 30 : Créer une garantie en faveur des financeurs de programmes d affacturage inversé à destination des exportateurs et de leurs fournisseurs. Proposition n 31 : Simplifier la documentation relative aux garanties portant sur les crédits export de petit montant (15 millions d euros) et privilégier les crédits fournisseurs. Proposition n 32 : Officialiser la mission de refinancement des crédits export de la Caisse des dépôts en cas de carence du marché.

15 15 INTRODUCTION Le 18 octobre 2012, le Comité d évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC) de l Assemblée nationale a inscrit à son programme de travail, à la demande conjointe du groupe Socialiste, républicain et citoyen (SRC) et du groupe Union des démocrates et indépendants (UDI), le sujet suivant : «évaluation du soutien public aux exportations». étude : Le 13 décembre 2012, le CEC a désigné les deux rapporteurs de cette M. Jean-Christophe Fromantin, membre du groupe UDI, membre de la commission du Développement durable et de l aménagement du territoire ; M. Patrice Prat, membre du groupe SRC, membre de la commission des Affaires économiques. En application de l article du Règlement de l Assemblée nationale, a été constitué un groupe de travail désigné par les commissions des Affaires étrangères, des Affaires économiques et des Finances, et composé de MM. Philippe Cochet (UMP), Joël Giraud (RRDP), Jean-Philippe Mallé (SRC), Yves Nicolin (UMP), Mme Monique Rabin (SRC) et M. Fabrice Verdier (SRC). L évaluation a porté sur les politiques publiques menées au niveau national (État et opérateurs) ou infranational (collectivités territoriales, organismes consulaires) visant précisément et exclusivement à favoriser les exportations françaises. De ce fait, les travaux n ont abordé que de manière incidente les politiques ou mesures publiques non spécifiquement dédiées à la promotion des exportations comme : les aides aux entreprises, générales, sectorielles ou spécifiques (allègements de charges, crédit impôt recherche notamment) ; les problématiques générales relatives au renforcement de la compétitivité des entreprises françaises (amélioration de la compétitivité-prix et hors prix) ; les efforts visant à renforcer l attractivité du site France en matière d investissements étrangers ou à favoriser l internationalisation des entreprises françaises et leur implantation à l étranger. Par ailleurs, l évaluation s est focalisée sur le soutien public aux exportations de biens manufacturés civils, à l exclusion des exportations de matériels de guerre, qui relèvent de procédures et d acteurs spécifiques. Toutefois

16 16 les chiffres présentés lors de l analyse des principaux dispositifs de soutien aux exportations, comme les encours des garanties, agrègent les données issues des contrats civils et militaires. Les services offerts aux exportateurs ont été analysés essentiellement en tant qu accompagnement ou composante de l exportation de biens. Sur la base du périmètre ainsi retenu, l évaluation a principalement consisté à recenser les dispositifs de soutien, à chiffrer leur coût et leur impact, à mettre en lumière leur coordination ou leur superposition et à interroger leurs bénéficiaires sur leur adaptation à leurs besoins. À la suite de cette phase de diagnostic, les rapporteurs se sont attachés à faire des propositions afin d améliorer le soutien aux exportations, en s efforçant de l adapter aux évolutions de plus en plus rapides de la mondialisation et en le comparant aux initiatives prises par nos principaux partenaires et concurrents, comme l Allemagne. Il a été procédé à 24 auditions. Ces auditions ont permis à l ensemble des administrations ou opérateurs chargés d une mission de service public de présenter leur action et leur point de vue et de les confronter à ceux des acteurs privés ou des organisations représentatives des entreprises et des exportateurs. Une table ronde a été spécifiquement consacrée aux besoins des PME exportatrices avec des entreprises principalement implantées dans la région Pays de la Loire et Nord Pas-de-Calais. Une autre table ronde a été dédiée à l impact de la numérisation des échanges sur le soutien aux exportations avec les principaux acteurs du numérique (entreprises, syndicat professionnel, plate-forme, opérateurs). Deux déplacements ont été organisés en Aquitaine et Rhône-Alpes afin d étudier plus particulièrement l organisation du soutien aux exportations en région, sujet qui a fait l objet d un questionnaire spécifique adressé à l ensemble des régions. Un déplacement a été effectué en Turquie afin d évaluer les modalités du pilotage et l articulation du dispositif hors du territoire national, dans un pays important pour notre commerce extérieur et qui présente toutes les composantes du soutien aux exportations. Enfin un questionnaire a été envoyé à la direction générale du Trésor qui assume la tutelle et la supervision de tous les acteurs intervenant dans cette politique publique et dont la disponibilité mérite d être soulignée par les rapporteurs.

17 17 PREMIÈRE PARTIE : EN DÉPIT DE DISPOSITIFS DE SOUTIEN PUBLIC AUX EXPORTATIONS IMPORTANTS, LA FRANCE NE PARVIENT PAS À REGAGNER DES PARTS DE MARCHÉ À L INTERNATIONAL L enjeu de l évaluation des dispositifs publics de soutien aux exportations réside essentiellement dans le paradoxe suivant : en dépit d une mobilisation croissante des dispositifs publics de soutien aux exportations, dont le coût est passé de 225 à 320,17 millions d euros entre 2008 et 2012, le déficit commercial apparu en 2002 s est accru pour atteindre le record historique de 70 milliards en L objet de cette première partie est d établir un diagnostic de cette situation pour mieux identifier les remèdes nécessaires. Après avoir rappelé l état de la balance commerciale française et montré les forces et les faiblesses de la France dans la mondialisation, les rapporteurs proposent une analyse de la façon dont les dispositifs publics ont été mobilisés pour redresser le commerce extérieur français. I. LA BALANCE COMMERCIALE S EST FORTEMENT DÉGRADÉE MAIS LA FRANCE DISPOSE D ATOUTS POUR REDRESSER LA SITUATION A. LA SITUATION S EST FORTEMENT DÉGRADÉE DEPUIS 2002 MAIS LA BALANCE COMMERCIALE MÉRITERAIT D ÊTRE ANALYSÉE DE FAÇON RENOUVELÉE La situation du commerce extérieur est régulièrement et abondamment commentée. Outre les données fournies par les Douanes, la direction générale du Trésor et le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii), les publications de plusieurs organisations internationales (Organisation de coopération et de développement économique, Organisation mondiale du commerce, Fonds monétaire international, Nations unies etc.) offrent également une mise en perspective utile pour comprendre les enjeux de la situation actuelle. Outre les principaux chiffres du commerce extérieur et la situation actuelle, ce sont surtout ces enjeux et ces éléments d analyse qu il convient d évoquer. 1. Les performances françaises baissent continûment depuis les années 1990 a) La balance courante s est dégradée progressivement Par abus de langage, il est fréquemment dit que la balance des paiements est déficitaire depuis La balance des paiements est en réalité un document statistique élaboré sous forme comptable, élément de la comptabilité nationale recensant les flux de biens, de services, de revenus, de transferts de capitaux et les flux financiers que les résidents (particuliers, entreprises ou État) entretiennent

18 18 avec le reste du monde. Par construction, la balance des paiements est toujours équilibrée, car les opérations sont enregistrées selon le principe de la comptabilité en partie double. Les déficits sont compensés par l endettement, retracé dans le compte financier. PRÉSENTATION DES BALANCES ET SOLDES DU COMMERCE EXTÉRIEUR EN 2012 (en milliards d euros) Source : Données Banque de France, Depuis les années 1990, l économie française se caractérise par une dégradation de la balance courante, elle-même liée à une dégradation de la balance des biens. Les échanges de services (essentiellement le tourisme) restent en effet positifs, malgré une légère tendance à l'érosion, fournissant un excédent annuel d'un peu plus de 30,3 milliards d euros en En revanche, les échanges de biens montrent une dégradation spectaculaire, passant d'un solde positif annuel supérieur à 20 milliards d'euros à la fin des années 1990 à un solde négatif d environ 70 milliards d'euros à présent. Comme le rappelait la rapporteure spéciale du budget du commerce extérieur pour le projet de loi de finances pour 2013, «il n est pas possible pour un pays de parvenir à compenser réellement un déficit commercial important par un excédent de services [ ] L idée selon laquelle l Europe pourrait se spécialiser dans des tâches de conception de forte valeur ajoutée et le reste du monde dans la production de biens de consommation n est plus d actualité.» (1) b) Le déficit apparu en 2002 s est accru jusqu à un record historique en 2011 L année 2002 est la date du dernier solde excédentaire de la balance commerciale française. Depuis, le solde du commerce extérieur de la France n a (1) Rapport spécial n 251, annexe 21 au rapport général sur le projet de loi de finances pour 2013, novembre 2012, Mme Monique Rabin.

19 19 cessé de se dégrader. Si l on excepte l année 2009 qui enregistre un repli essentiellement lié à la contraction du volume des échanges au niveau mondial du fait de la crise économique et financière, le déficit franchit en 2008, 2010 et 2011 le seuil symbolique des 50 milliards d euros, pour atteindre un niveau sans précédent de 74 milliards d euros en (1) ÉVOLUTION DE LA BALANCE COMMERCIALE FRANÇAISE ENTRE 2002 ET 2011 (en milliards d euros) Source : Douanes. Données estimées FAB/FAB, février En 2012, le déficit commercial s est réduit de 6,9 milliards, pour atteindre - 67,2 milliards mais l allègement du déficit est plus lié à une baisse des importations qu à une hausse des exportations. Après une période de rattrapage après la crise de , les exportations marquent en effet le pas pour la première fois en c) La part du marché de la France dans le monde se réduit depuis dix ans La part de marché mondial en valeur de la France s établit à 3,2 % en 2011 et 2012, après 3,4 % en Plus préoccupant, elle diminue également au sein de la zone euro, au sein de laquelle le problème éventuel d un euro fort ne peut être invoqué. (1) Le déficit de 2011 a été révisé à la hausse, passant de -69,6 milliards en février 2012 à -74,0 milliards en février Cette révision est liée à la fois à un surcroît d erreurs déclaratives et à un meilleur suivi des déclarations relatives aux importations depuis les pays tiers.

20 20 PARTS DE MARCHÉ MONDIAL EN VALEUR DES PRINCIPAUX PAYS EXPORTATEURS (Exportations de marchandises, en %) Chine 3,9 4,3 5,0 5,8 6,4 7,3 8,0 8,7 8,9 9,6 10,4 10,5 10,1 États-Unis 12,1 11,8 10,7 9,6 8,8 8,6 8,5 8,2 8,0 8,4 8,4 8,2 8,6 Allemagne 8,5 9,2 9,5 9,9 9,9 9,3 9,1 9,4 9,0 8,9 8,3 8,2 8,1 Japon 7,4 6,5 6,4 6,2 6,1 5,7 5,3 5,1 4,8 4,6 5,1 4,6 4,6 Pays-Bas 3,6 3,7 3,8 3,9 3,9 3,9 3,8 3,9 4,0 4,0 3,8 3,1 3,2 France 5,1 5,2 5,1 5,2 4,9 4,4 4,1 4,0 3,8 3,9 3,4 3,2 3,2 Corée du Sud 2,7 2,4 2,5 2,6 2,8 2,7 2,7 2,7 2,6 2,9 3,1 3,1 3,1 Italie 3,7 3,9 3,9 3,9 3,8 3,6 3,4 3,6 3,4 3,2 2,9 2,9 2,8 Belgique 2,9 3,1 3,3 3,4 3,3 3,2 3,0 3,1 2,9 3,0 2,7 nc nc Royaume-Uni 4,4 4,4 4,3 4,0 3,8 3,7 3,7 3,1 2,9 2,8 2,7 nc nc Données 2012 : janvier avril. Source : Statistiques du commerce international 2012, OMC. PARTS DE MARCHÉ EN VOLUME DES PRINCIPAUX EXPORTATEURS EUROPÉENS DANS L UNION EUROPÉENNE À 27 (Exportations de marchandises en %) Espagne 5,2 5,2 5,3 5,3 5,0 5,1 5,1 5,4 5,3 5,4 5,5 5,8 5,8 Royaume- Uni 10,4 8,9 9,8 9,8 8,9 8,4 8,3 8,6 7,7 7,5 7,2 7,1 7,0 Italie 8,7 9,2 8,6 9,0 9,4 9,1 9,6 9,8 10,5 9,3 9,2 8,7 8,6 Belgique 7,8 7,8 7,9 8,2 8,3 8,9 9,0 7,6 7,5 7,8 8,9 9,1 8,9 France 12,3 12,3 11,5 11,5 11,1 10,8 10,6 10,4 10,3 10,5 9,9 9,7 9,1 Pays-Bas 11,4 11,3 11,3 10,6 10,7 10,4 10,2 10,2 10,4 10,8 10,9 10,8 10,7 Allemagne 22,2 22,9 22,9 22,7 23,9 24,6 24,1 24,0 23,8 24,3 23,8 24,5 25,8 Données 2012 : janvier avril. Source: direction générale du Trésor 2. La mesure actuelle du commerce extérieur ne reflète toutefois que partiellement les enjeux des échanges internationaux a) La balance commerciale française n inclut que les biens manufacturés ayant physiquement passé les frontières La balance commerciale d un État est l élément de comptabilité nationale qui répertorie et résume ses exportations et importations de biens et de services

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