Perspectives économiques en Afrique 2014

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1 ÉDITION RÉGIONALE Perspectives économiques en Afrique 2014 Afrique centrale Cameroun Congo, Rép. Congo, Rép. dém. Gabon Guinée équatoriale Rép. centrafricaine São Tomé-et-Príncipe Tchad GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT

2 Édition régionale Perspectives économiques en Afrique 2014 Édition régionale Afrique centrale GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT CENTRE DE DÉVELOPPEMENT DE L ORGANISATION DE COOPÉRATION ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DÉVELOPPEMENT

3 Afrique centrale Les opinions et les interprétations exprimées dans cette publication sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les vues de la Banque africaine de développement, de son Conseil d administration ou des pays qu il représente ; de l OCDE, de son Centre de développement ou des gouvernements de leurs pays membres ; ou du Programme des Nations Unies pour le développement. Ce document et toute carte incluse ci-contre sont sans préjudice de tout statut ou souveraineté sur quelque territoire que ce soit, de toute délimitation de frontières internationales et du nom de tout territoire, ville ou région. Crédits photo : conception par le Centre de développement. Les corrigenda des Perspectives économiques en Afrique sont disponibles sur : Banque africaine de développement, Organisation de coopération et de développement économiques, Programme des Nations Unies pour le développement (2014) Vous êtes autorisés à copier, télécharger ou imprimer le contenu de ce rapport pour votre utilisation personnelle. Vous pouvez en inclure des extraits dans vos documents, présentations, blogs, sites Internet et matériel d enseignement, sous réserve de faire mention de la source BAfD, OCDE et PNUD et du copyright. Les demandes pour usage public ou commercial ou de traduction devront être adressées à Les demandes d autorisation de photocopier partie de ce contenu à des fins publiques ou commerciales peuvent être obtenues auprès du Copyright Clearance Center (CCC) ou du Centre français d exploitation du droit de copie (CFC) 2 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

4 Afrique centrale Table des matières Remerciements... 4 Vue d ensemble... 5 Cameroun... 7 Congo, Rép Congo, Rép. dém Gabon Guinée équatoriale République centrafricaine São Tomé-et-Príncipe Tchad Cette édition régionale «Afrique centrale» est un supplément gratuit aux Perspectives économiques en Afrique Autres éditions régionales disponibles : Afrique australe Afrique de l Est Afrique de l Ouest Afrique du Nord Membres africains de la CPLP - Communauté des pays de langue portugaise BAfD, OCDE, PNUD 2014 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale 3

5 Afrique centrale Remerciements La Vue d ensemble de cette édition régionale des Perspectives économiques en Afrique 2014 a été rédigée par l équipe régionale pour l Afrique centrale de la Banque Africaine de développement (BAfD) sous la direction de Marlene Kanga et sous la coordination d Anthony Simpasa. Les noms des auteurs des notes pays et leurs contacts figurent respectivement sur la première page de chaque note. Le rapport Perspectives économiques en Afrique 2014 a été préparé par un consortium de trois équipes de la BAfD, du Centre de développement de l OCDE et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le travail a été supervisé par Mthuli Ncube (économiste en chef et vice-président, BAfD), Mario Pezzini (directeur, Centre de développement de l OCDE) et Pedro Conceição (économiste en chef et responsable de l unité d appui stratégique, bureau régional pour l Afrique, PNUD). Willi Leibfritz a coordonné le projet. L équipe de la BAfD était dirigée par Steve Kayizzi-Mugerwa, Charles Lufumpa, Abebe Shimeles et Beejaye Kokil. Le gestionnaire du projet était Anthony Simpasa. L équipe comprenait notamment Ahmed Moummi, Adeleke Salami, Anna von Wachenfelt et Lauréline Pla. L équipe du Centre de développement de l OCDE était dirigée par Henri-Bernard Solignac-Lecomte et l équipe du PNUD par Angela Lusigi. 4 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

6 Vue d ensemble En Afrique centrale, après un fléchissement en 2013, la croissance devrait atteindre 6.2 % en 2014 et 5.7 % en 2015 (voir tableau ci-dessous). L accélération du rythme de la croissance serait soutenue par les perspectives favorables pour le Tchad, avec l entrée en production de nouveaux champs pétrolifères, le dynamisme des secteurs non pétroliers au Cameroun, au Congo et au Gabon, et le rôle important des mines, de l agriculture et de l investissement dans les infrastructures en République démocratique du Congo (RDC). En revanche, la situation politique et sécuritaire en République centrafricaine continuerait à avoir des conséquences négatives sur l économie du pays dont les perspectives sont incertaines ; alors qu en Guinée équatoriale la croissance du PIB a été négative en 2013, plombée par une baisse de la production de pétrole, qui devrait se poursuivre. Afrique centrale Les pressions inflationnistes se sont relâchées en 2013 dans de nombreux pays sous l effet de la stabilité relative des prix de l énergie et du recul des prix alimentaires, mais cet assouplissement a été inégal sur le continent. L inflation a été particulièrement faible dans les deux unions monétaires de l Afrique, la Communauté économique et monétaire d Afrique centrale et l Union économique et monétaire ouest-africaine, grâce à l ancrage de leurs taux de change fixes à l euro. Face au reflux de l inflation, les banques centrales des deux zones monétaires ont abaissé les taux d intérêt. Cependant, dans les pays manquant de discipline budgétaire et dont les monnaies se sont dépréciées, un durcissement de la politique monétaire a été nécessaire pour endiguer la poussée de l inflation. Face aux risques de surendettement et de détérioration de la viabilité budgétaire, plusieurs pays africains se sont engagés sur la voie de l assainissement budgétaire en limitant la progression des dépenses et en augmentant les recettes de l État. Mais face aux besoins d investissements dans les infrastructures et d autres dépenses pro-pauvres et à la baisse des revenus tirés des matières premières, l assainissement budgétaire s est révélé difficile pour certains pays. En particulier, le Cameroun, le Congo et la RDC ont vu leur position se dégrader à cause d une orientation budgétaire expansionniste. Les apports financiers extérieurs au profit de l Afrique ont quadruplé depuis 2001 et devraient dépasser la barre des 200 milliards de dollars (USD) en Leur composition a progressivement évolué, les investissements directs étrangers (IDE) et les transferts de migrants en provenance des pays non membres de l OCDE sous-tendant cette tendance positive. Les pays riches en ressources naturelles, notamment ceux d Afrique centrale, continuent d être la destination privilégiée des IDE en Afrique. La vigueur de la demande de matières premières émanant des économies émergentes et le niveau élevé des cours de ces produits sous-tendent les flux d investissement vers l Afrique centrale. Les perspectives économiques à moyen terme pour l Afrique centrale sont positives mais les risques sont réels. Les projections pour la région tablent sur une amélioration graduelle des conditions économiques mondiales, une stabilité renforcée des conditions macroéconomiques domestiques ainsi que sur la stabilisation de la situation politique et sociale. Par contre, le cours des matières premières, le volume des échanges et les apports d IDE font partie des grands vecteurs de transmission des aléas de l économie mondiale. En plus des incertitudes extérieures, la détérioration de l environnement politique et sécuritaire constitue un risque intérieur important. BAfD, OCDE, PNUD 2014 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale 5

7 Afrique centrale Indicateurs macroéconomiques de l Afrique centrale Taux de croissance du PIB, en volume (%) (e) 2014(p) 2015(p) Afrique centrale Cameroun Congo, Rép Congo, Rép. Dém Gabon Guinée équatoriale Rép. centrafricaine São Tomé-et-Príncipe Tchad AFRIQUE Prix à la consommation (inflation en %) (e) 2014(p) 2015(p) Afrique centrale Cameroun Congo, Rép Congo, Rép. Dém Gabon Guinée équatoriale Rép. centrafricaine São Tomé-et-Príncipe Tchad AFRIQUE Solde budgétaire total, dons compris (% PIB) (e) 2014(p) 2015(p) Afrique centrale Cameroun Congo, Rép Congo, Rép. Dém Gabon Guinée équatoriale Rép. centrafricaine São Tomé-et-Príncipe Tchad AFRIQUE Solde de la balance extérieure courante, dons compris (% PIB) (e) 2014(p) 2015(p) Afrique centrale Cameroun Congo, Rép Congo, Rép. Dém Gabon Guinée équatoriale Rép. centrafricaine São Tomé-et-Príncipe Tchad AFRIQUE Solde de la balance commerciale (% PIB) (e) 2014(p) 2015(p) Afrique centrale Cameroun Congo, Rép Congo, Rép. Dém Gabon Guinée équatoriale Rép. centrafricaine São Tomé-et-Príncipe Tchad AFRIQUE Note : (e) estimations; (p) prévisions. * Année fiscale juillet (n-1)/juin (n). ** Année fiscale avril (n)/mars (n+1). Source : Calculs des auteurs. 6 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

8 CAMEROUN 2014 Richard-Antonin Doffonsou / Lisa Simrique Singh /

9 Cameroun Cameroun La croissance du PIB en 2013 était de 4.9 % et devrait rester au tour de ce niveau en 2014 et Le pays est resté stable dans une région marquée par des crises politique et sécuritaire, mais doit utiliser sa croissance économique pour soulager la pauvreté. Le Cameroun a un rôle limité dans les chaînes de valeurs mondiales, mais il développe les filières comme l agriculture, le bois, la pêche, les mines et hydrocarbures. Vue d ensemble Malgré un contexte international difficile marqué notamment par la baisse des cours des matières premières et la dégradation des termes de l échange, l activité économique nationale est restée soutenue. La demande intérieure s est maintenue en hausse, induite par la poursuite des grands projets d infrastructures d une part, et par des actions de relance de la production dans plusieurs branches marchandes d autre part. La croissance observée en 2012 s est consolidée en 2013 malgré une baisse par rapport aux prévisions. Cette croissance est principalement soutenue par la contribution du secteur tertiaire qui représente 47.8 % du PIB (produit intérieur brut) en hausse d un point par rapport à 2012, en lien avec la bonne tenue des activités dans les branches des transports, des télécommunications, du commerce et de l hôtellerie. La croissance bénéficie également du regain de certaines branches du secteur secondaire, avec le dynamisme du soussecteur des bâtiments et travaux publics, soutenu par les investissements en infrastructures structurantes, et les activités extractives (pétrole et gaz). Cette tendance devrait se poursuivre en 2014 et Le Cameroun s est doté en 2013 d un cadre budgétaire à moyen terme conforme à la directive de la Communauté économique et monétaire d Afrique centrale (CEMAC) sur les budgets programmes. Ce cadre budgétaire qui est aligné sur le document de stratégie pour la croissance et l emploi (DSCE ) met l accent sur la croissance et l emploi et oriente les actions vers le développement des infrastructures à travers la mise en œuvre de grands projets structurants dans les domaines de l énergie, du transport et des télécommunications. Outre ces actions qui concourent à réduire les coûts des facteurs de production, des mesures visant à promouvoir la modernisation de l appareil de production, notamment dans le secteur agricole (usine de montage des tracteurs d Ebolowa) et le développement des industries manufacturières (crédit-bail) ont été mises en œuvre. L objectif visé est d organiser l exploitation judicieuse des ressources naturelles, notamment dans les domaines agro-sylvo-pastoraux et halieutiques, par un accroissement de la chaîne de valeur des filières porteuses (coton-textile-confection, bois, cacao, caoutchouc, etc.) à travers la promotion de l agro-business. Cette stratégie contribue à la soutenabilité fiscale, par la réduction de la forte dépendance des recettes d exportation aux cours du pétrole. Par ailleurs, elle vise au renforcement de la compétitivité en vue d engranger des parts supplémentaires de marché dans le commerce intra-régional. Le désenclavement externe, par la densification du réseau routier vers les grands centres de consommation sous-régionaux, en zone CEMAC et vers le Nigeria, devrait y contribuer. Au plan politique, la bonne tenue des élections couplées (municipales et législatives) conforte la stabilité socio-politique dans un contexte de crise régionale, politique et sécuritaire. Ces scrutins consacrent une nouvelle redistribution des rôles entre l opposition et le camp présidentiel qui détient toutefois, la majorité confortable au Parlement et pourrait légiférer sans risque. 8 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

10 % 12 Figure 1. Taux de croissance du PIB réel Taux de croissance du PIB réel (%) Afrique centrale (%) Afrique (%) Cameroun (e) 2014(p) 2015(p) Source : BAfD. Département Statistique PEA. Estimations (e) ; prévisions (p). Tableau 1. Indicateurs macroéconomiques (e) 2014(p) 2015(p) Croissance du PIB Taux de croissance du PIB réel par habitant Inflation Solde budgétaire (% PIB) Compte courant (% PIB) Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p). Développements récents et perspectives L offre énergétique s est accrue en 2013 mais demeure encore en deçà de la demande. Cette situation devrait s améliorer avec la mise en exploitation de la centrale à gaz de Kribi qui entraînera dès 2014, une hausse graduelle et plus régulière de la fourniture d énergie électrique, limitant ainsi le phénomène de délestage. On note également au cours de l année, la consolidation de la reprise dans les industries extractives, notamment du fait de la mise en exploitation de nouveaux puits pétroliers et gaziers. Par ailleurs, le secteur agricole a enregistré à nouveau un regain d activité dans la partie septentrionale du pays, après les inondations survenues en 2012 qui avaient fortement perturbé les cycles de production agricole. Toutefois, l activité économique a quelque peu pâti de la faible valorisation des filières agricoles et sylvicoles (coton, cacao, bois) et leur exposition à la volatilité des cours des matières premières. L environnement des affaires peu attractif, les coûts des facteurs encore élevés, continuent d obérer la compétitivité des industries locales. En conséquence, le taux de croissance du PIB réel a été moins élevé que prévu atteignant 4.9 %, en deçà de l objectif de 5.5 % visé par le DSCE sur la période La structure de l offre du PIB demeure caractérisée par la prépondérance du secteur tertiaire (47.8 % du PIB). Les secteurs primaire et secondaire, en baisse relative, n ont représenté respectivement que 22.5 % et 29.7 % du PIB. Les sous-secteurs les plus dynamiques (tableau 2) sont le commerce, l hôtellerie et la restauration (19.9 % du PIB), l agriculture (16.9 % du PIB), les activités BAfD, OCDE, PNUD 2014 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale 9

11 Cameroun de fabrication agricoles et manufacturières (14.5 % du PIB) ainsi que les activités extractives (8.2 % du PIB). Ces cinq sous-secteurs représentent environ 60 % du PIB. Après le ralentissement observé en 2011 et 2012 du fait de la contre-performance de l agriculture industrielle d exportation (-3.7 % en 2012), le secteur primaire enregistre une croissance de 3.6 % en Cette évolution est soutenue par le regain d activité dans l agriculture industrielle d exportation et le dynamisme de l agriculture vivrière. En effet, ces sous-secteurs ont bénéficié spécifiquement de : i) l octroi de 3 milliards XAF (Franc CFA BEAC) destinés à l acquisition des équipements agricoles au profit des deux principales entreprises de l agro-industrie rizicole (SEMRY et UNVDA); ii) la mise à la disposition des producteurs des engrais, des pesticides et de plusieurs variétés de semences à hauts rendements (riz, maïs, manioc, banane plantain, pomme de terre, igname, sorgho, etc.) ; iii) l obtention par l agro-industrie cotonnière (SODECOTON) de deux prêts, de 6.5 et 10 milliards XAF respectivement en février 2011 et en mars 2012, auprès des banques locales pour la gestion des campagnes 2011/12 et 2012/13 ; iv) l entrée en production des nouvelles exploitations de café et de cacao. Toutefois, le ralentissement de l activité économique mondiale notamment dans la zone euro ainsi qu en Chine engendre une contraction de la demande de certains produits primaires exportés par le Cameroun, notamment ceux issus de la sylviculture et de l exploitation forestière. Après une croissance de 4.9 % en 2012, le secteur secondaire a enregistré une progression de 5.7 % en Cette évolution est imputable notamment au regain de la production pétrolière (4.5 %), de la hausse des activités dans le secteur du BTP (10.5 %), ainsi que la relance de la production d électricité (6.5 %) liée à l entrée en service de la centrale à gaz de Kribi et ses effets d entraînement sur les autres industries manufacturières qui enregistrent une croissance réelle de 5.2 %. Le secteur tertiaire a connu une progression réelle de 5.9 % en 2013 contre 5.5 % en 2012, soutenue par le regain d activité des deux secteurs en amont (primaire et secondaire). Par ailleurs, l augmentation des capacités d offre dans le secteur du transport notamment routier et ferroviaire, ainsi que la poursuite de l extension 1, 2 de la fibre optique ont contribué au dynamisme des sous-secteurs transports et communications (8 %). Du côté de la demande, la croissance du PIB est soutenue par la demande intérieure qui enregistre une croissance de 5.9 %. Par ailleurs, bien qu en nette amélioration, la contribution à la croissance de la demande extérieure nette demeure négative en 2013 avec un déficit estimé à 8.3 % du PIB. Cette situation résulte surtout d un accroissement des importations, notamment des denrées alimentaires (riz, poisson, etc.), les matériaux de construction (ciment, etc.) et des biens d équipement nécessaires à la mise en œuvre des grands projets. La consommation privée a connu une croissance de 5.2 % en 2013, en liaison avec l amélioration des revenus des ménages du fait du paiement des salaires et indemnités des jeunes diplômés dans la fonction publique et des recrutements dans les grands projets. Toutefois, la consommation publique a connu un ralentissement en 2013 (1.7 % contre 6.6 % en 2012) du fait des retards en matière de consommation de crédits mis à la disposition des administrations, qui ont eu besoin d un délai d adaptation suite à l introduction du budget programme. Globalement, la consommation représente 88.3 % du PIB en Après avoir légèrement ralenti en 2012, le taux d investissement a enregistré une hausse de 0.8 point en 2013 pour se situer à 20 %. Cette évolution résulte principalement d une hausse de 0.5 point de l investissement public du fait de la mise en œuvre des grands projets. De plus, les facilités d investissements accordées par l État, l accroissement du volume des crédits bancaires accordés au secteur privé (12.3 %), l accroissement de l offre d énergie ainsi que les effets induits des grands projets ont favorisé la hausse de l investissement privé (0.3 point). Par ailleurs, les investissements dans l exploration minière et pétrolière devraient s accélérer suite à l admission du Cameroun au statut de pays conforme à l Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). 10 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

12 Les perspectives pour les années 2014 et 2015 sont favorables. En effet, les industries extractives (principalement le pétrole et le gaz) devraient maintenir la tendance haussière des activités amorcée en Ces perspectives résulteraient de l amélioration escomptée des rendements des puits existants (champ de Rio Del Rey), de l entrée en activité de nouveaux gisements (M via, Dissoni), de la production du gaz (Sanaga Sud) principalement destinée à la centrale à gaz de Kribi ainsi que l intensification de l exploitation du champ gazier de Logbaba. Cameroun Dans le secteur primaire, les perspectives de croissance demeurent favorables en liaison avec l entrée en production de nouvelles exploitations (cacao, café, coton, caoutchouc, huile de palme, maïs et riz), la poursuite de la modernisation des techniques agricoles avec notamment la promotion de la mécanisation, la distribution des engrais, des plants et des semences à hauts rendements pour plusieurs spéculations. En outre, les activités de pêche devraient s accroître. La croissance du secteur primaire pourrait atteindre 5.7 % en 2014 et 9.0 % en Contrairement à l année 2013 où la centrale à gaz de Kribi n a été opérationnelle qu au cours du second semestre, les industries vont pleinement bénéficier au cours de l année 2014 des capacités d offre d énergie supplémentaires (+216 mégawatts). Par ailleurs, on observe une diversification des sources d énergie industrielle avec une introduction progressive du gaz industriel moins onéreux et plus régulier à travers la construction d un pipeline (dont le coût d investissement est estimé à 45 milliards XAF) dans la zone industrielle de Douala par l entreprise Rodeo Development Limited. Ces avancées en matière d offre d énergie ainsi que les facilités d investissement (loi sur les incitations de 2013) augurent un regain de l activité industrielle en 2014 et en Par ailleurs, la poursuite en 2014 et 2015 de la construction des barrages de Lom Pangar, de Memve ele et de Mekin ainsi que le démarrage de la construction du second pont sur le Wouri et les infrastructures dans le domaine routier permettront de maintenir une intense activité dans le secteur du BTP. Enfin, l exploitation à une grande échelle semi-industrielle et industrielle des ressources minières (fer, diamant, bauxite, cobalt, etc.) dont regorge le pays devrait contribuer à rendre la croissance plus vigoureuse. Dans cette perspective le gouvernement œuvre à la refonte du code minier existant en un nouveau code plus attractif. Les prévisions d activité du secteur secondaire tablent ainsi sur une croissance de 5 % en 2014 et de 5.6 % en moyenne sur la période Bénéficiant du dynamisme anticipé des secteurs en amont, l activité dans le secteur tertiaire devrait être soutenue également par le renforcement des capacités d offre de service dans les domaines de transport, des télécommunications, de l hôtellerie et de la restauration. Ainsi, le secteur tertiaire enregistrerait une croissance de 5.4 %, en 2014 et de 5.5 % en Ainsi, au total, la croissance économique du PIB réel devrait se situer sur une tendance de 5 % à partir de 2014, malgré l atonie de la croissance mondiale. Tableau 2. PIB par secteur (en pourcentage du PIB) Agriculture, chasse, foresterie et pêche dont pêche Mines dont pétrôle Manufactures Electricité, gaz et eau Construction Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants dont hôtels et restaurants Transports, entreposage et communications Finance, immobilier et services aux entreprises Services des administrations publiques Autres services Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs Source : Données des administrations nationales. BAfD, OCDE, PNUD 2014 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale 11

13 Cameroun Politique macroéconomique Politique budgétaire La politique budgétaire en 2013 tout comme les deux années précédentes a été modérément expansionniste, en raison des dépenses d investissements dans les grands projets structurants. La hausse des dépenses est financée par les emprunts extérieurs et les recettes pétrolières. La politique budgétaire a visé au respect des critères de convergence à savoir: i) un solde budgétaire de base rapporté au PIB nominal positif ; ii) une inflation inférieure ou égale à 3 % ; iii) un encours de la dette intérieure et extérieure rapporté au PIB nominal inférieure ou égale à 70 %, et iv) la non-accumulation d arriérés intérieur et extérieur. L exercce 2013 s est caractérisé par la mise en œuvre d une réforme majeure découlant du nouveau régime financier adopté en Il s agit de la mise en place du premier budget programme, conformément à la directive CEMAC N 01/11-UEAC-190-CM-22 relative aux lois de finances et qui traduit le passage d un budget de moyens à un budget programme. Selon les estimations à fin décembre 2013, la performance budgétaire s est détériorée en 2013 à cause d une contre-performance des recettes et un dérapage de certaines dépenses. Les recettes et dons devraient se situer autour de 17.8 % du PIB (après annulation croisée de la subvention à la société nationale de raffinage [SONARA] et des impôts dus par cette dernière), environ 1 point de pourcentage du PIB en deçà des prévisions. Cette contre-performance est essentiellement le fait de la baisse des taxes sur les biens et services. En raison des coûts d exploitation élevés des opérations pétrolières, les recettes pétrolières, qui ne font pas l objet d une affectation spéciale à des dépenses spécifiques selon le principe de l unicité de caisse, ont affiché une baisse relative en pourcentage du PIB (4.8 % en 2013 contre 5.4 % en 2012 et 5.3 % en 2011), malgré une hausse de la production au-delà des prévisions. Les dépenses courantes se sont accrues atteignant 14.8 % du PIB contre 14.2 % en 2012, notamment en raison des subventions à la consommation des carburants. Celles-ci, qui représentent 19.5 % des dépenses courantes et 3.3 % du PIB, constituent un risque pour la soutenabilité fiscale. Quant aux dépenses d investissement, elles ont connu une hausse d environ 0.8 point de PIB en 2013 par rapport à 2012, en lien avec les projets structurants en infrastructures. Cette hausse reste toutefois limitée par les effets contraires de la réforme des marchés publics et de la difficile mise en œuvre de la première année du budget programme. Cela a conduit le gouvernement à allonger la période complémentaire d exécution budgétaire. Ces défis budgétaires, concernant aussi bien les dépenses avec le maintien de la subvention sur le carburant que les recettes avec une faible mobilisation de financements intérieurs et extérieurs inférieurs à ceux prévus dans le budget, ont occasionné des reports de paiement de l ordre de 3.9 % du PIB sur l exercice budgétaire Sous réserve des évolutions pendant la période complémentaire retenue, le déficit budgétaire global (tableau 3) atteindrait 3.7 % du PIB en 2013 contre 1.9 % et 3.6 % respectivement en 2012 et Tableau 3. Opérations financières de l État (en pourcentage du PIB) (e) 2014(p) 2015(p) Recettes totales (avec dons) Recettes fiscales Recettes pétrolières Dépenses totales (et prêts nets) (a) Dépenses courantes Sans les intérêts Salaires Paiement d'intérêts Dépenses en capital Solde primaire Solde global Note : a. Seuls les principaux postes de recettes et de dépenses sont détaillés. Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p). 12 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

14 Politique monétaire Le Cameroun est membre de la CEMAC et à ce titre, la politique monétaire est exclusivement le fait du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l Afrique centrale (BEAC). À l échelon national, les prérogatives du CPM sont exercées par le Comité monétaire et financier. La politique monétaire de la banque centrale a visé à stabiliser les prix et le taux de change effectif réel et à éviter tout effet d éviction de l investissement privé par les dépenses publiques. Après une politique monétaire plutôt restrictive sur la période malgré un niveau d inflation conforme au critère de convergence de la CEMAC, la Banque centrale a mis en œuvre une politique monétaire expansionniste à travers ses deux instruments que sont le refinancement et les réserves obligatoires. S agissant du refinancement, le CPM a baissé le 31 octobre 2013 le taux des avances (taux directeur) de 25 points de base (de 3.50 % à 3.25 %) appliqué aux banques et à l État. Le coefficient des réserves obligatoires appliqué aux banques camerounaises est de % pour les dépôts à vue et de 9.25 % pour les dépôts à terme. Il en a résulté une hausse de la masse monétaire de 7.7 % en 2013 passant de milliards XAF en 2012 à en 2013, contre une hausse légère de 1.4 % en On note également une hausse des crédits à l économie (crédit intérieur) de 30.3 % entre 2011 et 2013, qui bénéficient au secteur privé (14.6 %) en lien avec le financement des grands projets structurants. Cameroun Du fait de la nature des biens échangés avec les pays de la zone euro (essentiellement pétrole et minerais) dont les cours se maintiennent à la hausse, et du faible lien entre les opérations des banques locales et celles de leur maison mère en Europe, il n y a pas eu d effet de contagion de la crise de la zone euro. L environnement interne n a pas connu de choc malgré les scrutins électoraux (législatif et municipal). Aussi, dans ce contexte de politiques fiscale et monétaire expansionnistes, l inflation en moyenne annuelle, fortement corrélée avec le prix des denrées alimentaires, est restée quasiment inchangée, atteignant 2.5 % en 2013, en dessous du seuil de convergence communautaire de 3 %, contre 2.4 % en 2012, notamment en raison d un rétablissement des cycles des activités agro-pastorales qui avaient été perturbés par les inondations de Coopération économique, intégration régionale et commerce Le Cameroun est membre de la quasi-totalité des institutions sous-régionales, dont il a ratifié les accords et traités. Le pays participe activement à la mise en œuvre du processus d intégration régionale de la CEMAC et de la Communauté économique des États d Afrique centrale (CEEAC). Il met en œuvre le Plan d action à court terme du Nouveau partenariat pour le développement de l Afrique (NEPAD) en Afrique centrale (PACT/NEPAD-AC). Dans le cadre des échanges commerciaux, un tarif extérieur commun (TEC) a été institué au sein de la CEMAC, dont le Cameroun est membre. Le pays n a pas fait de progrès significatif dans l indicateur Doing Business relatif au commerce dans l édition 2013 du rapport de la Banque mondiale, mais aucune mesure discriminatoire n a été prise pour restreindre le commerce, dont il reste le premier bénéficiaire dans la zone CEMAC. Cependant des difficultés de transposition des textes communautaires dans le cadre juridique interne et des problèmes liés à l origine des produits et aux mécanismes de compensation continuent à susciter de l inertie au plan régional. Le Cameroun occupe une place centrale dans l espace régionale en Afrique centrale aussi bien en termes de PIB que de masse monétaire et d exportations. Pendant les années 2000, le pays représentait en moyenne environ 40 % du PIB régional, 44 % de la masse monétaire communautaire et 39 % des exportations. Sa position géographique en fait un véritable pays de transit vers les pays de l hinterland ; et son tissu économique plus diversifié le prédispose aux échanges intrarégionaux avec les pays de la CEMAC et par-delà avec le Nigeria. Ses principaux partenaires en zone CEMAC sont la Guinée équatoriale qui représente 30 % de ses échanges, suivi du Tchad (27 %), de la République du Congo (25 %), du Gabon (11 %) et de la République centrafricaine (7 %). La balance commerciale est excédentaire 3 avec les autres pays de la CEMAC à l exception de la Guinée équatoriale. En dehors de la zone CEMAC, le Nigeria, qui partage une longue frontière avec le Cameroun de plus de km, reste le premier partenaire commercial devant les principaux pays européens. BAfD, OCDE, PNUD 2014 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale 13

15 Cameroun En 2013, malgré la persistance du déficit du solde des transactions courantes, entretenu par ceux des balances des biens, des services et des revenus, le solde global resterait positif. En 2012, la balance des paiements a affiché un solde global excédentaire de 47.6 milliards XAF, en amélioration de milliards par rapport au déficit de milliards enregistré en Cette performance résulterait notamment du regain de la production pétrolière et des exportations des autres principaux produits. En outre, la réduction progressive des importations des biens d équipement et des produits agricoles (riz, maïs, etc.) ainsi que l accroissement des financements extérieurs en 2014 et 2015, devraient également consolider cette tendance haussière et positive de la balance des paiements. Tableau 4. Comptes courants (en pourcentage du PIB) (e) 2014(p) 2015(p) Balance commerciale Exportations de biens (f.o.b.) Importations de biens (f.o.b.) Services Revenu des facteurs Transferts courants Solde des comptes courants Source : Données de la Banque centrale et des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p). Politique de la dette Au 31 décembre 2012, l encours de la dette publique et à garantie publique du Cameroun était estimé à milliards XAF (18.5 % du PIB), contre une estimation au 31 décembre 2011 de milliards XAF (17.8 % du PIB), soit une augmentation en valeur nominale de 9.8 % ; mais une diminution en valeur relative par rapport au PIB d environ un point. L encours est composé de 88.7 % de dette publique, et 11.3 % de garantie publique. Le montant total du financement engagé en 2012, aussi bien à l intérieur qu à l extérieur, s est ainsi élevé à milliards XAF, soit une baisse de 18 % par rapport aux engagements pris en Ces engagements financent prioritairement les infrastructures : les routes (45 %), l énergie (19 %) et les télécommunications (10 %). Au cours de l année 2013, le gouvernement a poursuivi sa recherche de financement par endettement pour soutenir son vaste programme de grands projets structurants, visant à maintenir l économie sur un trend de croissance. La stratégie d endettement a consisté à mobiliser les emprunts extérieurs et intérieurs dans les proportions respectives de 50.7 % et 49.3 % du besoin d endettement. L objectif à horizon 2017 est de porter à 55 % la part des nouveaux emprunts extérieurs et à 45 % celle des emprunts intérieurs. La cible étant d atteindre une composition du portefeuille (encours) de la dette publique de 63 % de dette extérieure et 37 % de dette intérieure en 2017 contre une composition de 64.5 % de dette extérieure et 35.5 % de dette intérieure à fin Depuis l annulation de la dette dans le cadre de l Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) en 2006, le risque de surendettement du Cameroun est resté faible. Selon l analyse de viabilité de la dette (AVD), effectuée conjointement par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), tous les ratios d endettement extérieur resteraient en deçà de leurs seuils respectifs. Cependant, la prédominance des emprunts non concessionnels, observée ces dernières années, doit être contenue et les ressources empruntées doivent être utilisées pour financer des projets suffisamment rentables pour stimuler la croissance. Avec un ratio de la dette publique (y compris nouveaux emprunts) sur PIB de 20.1 % en 2013, l endettement du Cameroun (voir graphique ci-après) reste largement soutenable. À l horizon 2017, le stock de la dette pourrait représenter 12.8 % du PIB en raison en particulier d une croissance 14 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

16 plus soutenue. Comparé au seuil critique de 70 % arrêté dans la sous-région CEMAC, le Cameroun dispose encore d une marge d endettement importante pour poursuivre son développement sans risque de non-respect de critère de convergence. Cameroun Un comité d endettement est chargé de coordonner et d assurer la cohérence de la politique d endettement avec les objectifs de développement du pays. Cependant, un renforcement des capacités serait nécessaire pour une meilleure gestion de la dette non concessionnelle, qui prend de l ampleur dans le cadre du financement des grands projets structurants. Figure 2. Part de l encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations % Dette extérieure (publique et privée) /PIB Service de la dette /Exportations Source : FMI (WEO & Article IV). Gouvernance économique et politique Secteur privé Le secteur privé camerounais est l un des plus diversifiés et dynamiques de la zone CEMAC. Selon les données du recensement général des entreprises de 2009, le secteur formel comprend environ entreprises et établissements, constitués majoritairement de petites et moyennes entreprises (PME). Le développement du secteur privé est freiné par un certain nombre d entraves, au rang desquelles figurent : i) l approvisionnement insuffisant et discontinue en électricité ; ii) la faiblesse de la gouvernance publique qui introduit de l incertitude dans le calcul économique des investisseurs ; iii) la faiblesse des institutions de promotion du secteur privé qui ne sont pas souvent dotées des moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour accomplir leurs missions ; iv) l accessibilité et le coût du capital ; v) les surcoûts sur les facteurs techniques de production et ; vi) la faible qualité des infrastructures de base. Malgré les actions de réformes entreprises, le climat des affaires continue d être peu propice. Le pays a ainsi régressé de 7 places dans l édition 2014 du rapport de la Banque mondiale, Doing Business, par rapport à l édition 2013, passant de la 125 e à la 132 e place. Par ailleurs, l accumulation d arriérés intérieurs par l État fragilise la trésorerie des entreprises, ce qui a pour conséquence de renchérir la commande publique. Le manque de ressources longues ainsi que des taux d intérêt élevés sont un frein à l investissement privé. BAfD, OCDE, PNUD 2014 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale 15

17 Cameroun Afin de valoriser les chaînes de valeur de son potentiel de ressources agro-sylvo-pastoral, le gouvernement envisage de stimuler le développement de l agro-business. Une loi sur les incitations à l investissement a été adoptée en avril Un code minier plus attractif est en préparation et sera présenté au Parlement en Par ailleurs, les engagements pris dans le cadre des concertations du Cameroon Business Forum seront appliqués en Ces mesures incluent notamment : i) l opérationnalisation de la loi sur les zones économiques promulguée en décembre 2013 ; ii) la mise en œuvre du projet de dématérialisation des procédures du commerce extérieur ; iii) le renforcement du guichet unique pour les transactions foncières mis en place en 2012 ; iv) l extension du réseau des centres de formalités de création d entreprises (CFCE) : cinq centres existent actuellement et cinq autres devraient être créées ; v) la réalisation du projet de plateforme de téléprocédures fiscales et parafiscales ; vi) l institution des délais de traitement dans les contentieux commerciaux traités au niveau des chambres commerciales spécialisées ; vii) la dématérialisation du guichet unique du commerce extérieur. Secteur financier Le système bancaire camerounais comporte une multitude de banques mais il est peu diversifié. Il est caractérisé par la prédominance de banques traditionnelles, de banques spécialisées et de banques d affaires. Cependant, les banques d investissement font défaut, limitant ainsi, substantiellement, la capacité de mobilisation des ressources longues. En outre, le coût de la mobilisation des ressources même en situation de surliquidité reste encore élevé. Malgré une meilleure capitalisation des banques, les taux d intérêt sont élevés, rendant le crédit peu attractif. Les activités de commerce de gros et détail, de restauration et d hôtellerie absorbent près de 25 % des crédits, suivies du BTP (17 %), des industries extractives (12.4 %), des services sociaux et personnels (12.4 %), de l agriculture, élevage, pêche et sylviculture (11.9 %), des transports et télécommunications (8.1 %). Le développement du secteur financier a toutefois été poursuivi en Les autorités ont axé leurs efforts sur la promotion et la vulgarisation de mécanisme de financement. Ainsi, les autorités ont soutenu la mise en place d un mécanisme de garantie doté d un financement de 5 milliards XAF. Les structures de gestion de ce fonds incluant le mécanisme de suivi sont en place et les critères d éligibilité connus. Par ailleurs, des progrès substantiels sont accomplis vers la mise en place d une banque de financement des PME ; la nomination des dirigeants est attendue. Le secteur financier camerounais est globalement sain et plusieurs banques présentent une relative solidité et respectent les normes prudentielles. Toutefois, selon le rapport produit par le FMI en novembre 2013, à l issue de sa mission de consultation, des risques semblaient cependant peser sur la stabilité du secteur financier et nécessitaient des actions urgentes, notamment à l endroit de cinq banques qui rencontrent des difficultés. Les principaux risques d instabilité du système financier sont liés à la concentration du crédit dans un petit nombre de secteurs et à un nombre restreint d entreprises. Ces risques tiennent également du niveau élevé des arriérés de l État vis-à-vis de la SONARA, qui induit une hausse préoccupante de son endettement auprès du système bancaire camerounais. Ces banques visées feront l objet d un suivi rapproché de la part de la Commission bancaire de l Afrique centrale (COBAC), l organe sous-régional de supervision bancaire. Les autorités se sont également engagées et s attèlent à prendre des mesures vigoureuses pour assainir la situation financière de ces banques et éviter tout risque systémique. Gestion du secteur public, institutions et réformes En ce qui concerne la gestion du secteur public, deux réformes majeures ont été menées en Dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau régime financier et du budget programme, un ministère des Marchés publics (MINMAP) rattaché à la présidence de la République a été créé. Le MINMAP est chargé entre autres, de l exécution de l ensemble des marchés publics des ministères et des structures bénéficiant de ressources de l État Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

18 Le secteur public reste encore caractérisé par un niveau de fragmentation élevé qui se traduit par un chevauchement des compétences dans différents ministères et parfois une déperdition des ressources et une efficacité limitée. Face à ce constat, des réformes sont en cours en vue d un renforcement de la coordination des administrations, sans nuire à l esprit de la décentralisation amorcée depuis plusieurs années et qui se traduit par une dévolution de certaines responsabilités aux collectivités décentralisées. Cameroun Dans le cadre du renforcement de la transparence et de la recevabilité, les lois de finances sont accessibles au public. Il existe des institutions de contrôle internes et externes des comptes publics : les inspections générales des ministères sectoriels, l inspection générale du ministère des Finances, le Chambre des comptes, le Contrôle supérieur de l État (CONSUPE) et la Commission nationale anti-corruption (CONAC). La Chambre des comptes assiste le Parlement et le gouvernement dans le contrôle de l exécution des lois de finances 5. Les rapports sur la dette publique sont également accessibles au public. En outre, s agissant des ressources des secteurs extractifs, le Cameroun a atteint courant octobre 2013, le statut de pays conforme à l ITIE. L atteinte de ce statut comporte implicitement l obligation de produire chaque année les rapports ITIE. À cet effet, le rapport 2012 devra être publié avant le 31 décembre 2014 et le rapport annuel 2013, au plus tard le 1 er juillet La société civile est statutairement représentée au sein de l ITIE. À ce titre, elle a accès aux informations sur l ensemble des flux physiques et financiers des secteurs extractifs. Gestion des ressources naturelles et environnement Le Cameroun abrite 10 % des forêts du Bassin du Congo qui couvrent 41.3 % du territoire national et ses activités économiques restent fortement dépendantes de l exploitation de ces ressources naturelles. À ce titre, le gouvernement est très sensible aux questions de préservation de l environnement et de conservation des forêts. Aussi, est-il signataire de la plupart des conventions environnementales internationales 6, parmi lesquelles la convention sur la Diversité biologique (1992), la convention des Nations Unies (ONU) sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification (1997), la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (2001) et la convention de l ONU sur le changement climatique (2004). Le gouvernement s est doté d un plan d action national de lutte contre la désertification qui souligne la vulnérabilité des zones semi-arides (sahéliennes) et côtières vis-à-vis du changement de climat. Le pays s est engagé dans le processus pour la réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation de la forêt (REDD +), et en particulier dans le développement de la Stratégie nationale REDD+. Dans ce cadre, le Comité des participants du Forest Carbon Partnership Facility a validé la proposition du Cameroun intitulée Readiness Preparation Proposal (RPP). Le franchissement de cette étape critique devrait permettre au pays un accès aux financements octroyés par le REDD+. Par ailleurs, depuis la signature en 2010 de l Accord de partenariat volontaire dans le cadre de l Initiative FLEGT (forest law enforcement, gouvernance and trade) de l Union européenne (UE), des efforts sont mis en œuvre pour accroître la gouvernance dans le secteur forestier. En vue de permettre une exploitation judicieuse de ces ressources naturelles d origine minière, dans le respect des normes et standards environnementaux, un nouveau code minier est en cours de préparation. Face au braconnage de la grande faune qui a augmenté, en l occurrence celui des éléphants, une stratégie de lutte anti-braconnage a été mise en place. Le pays a été déclaré fin 2013 conforme à l ITIE. Les secteurs couverts par cette déclaration de conformité concernaient le pétrole et le gaz jusqu en La décision de conformité comporte dorénavant pour le Cameroun, non seulement l obligation d un bilan et d une transparence rigoureuse, mais surtout l extension du champ couvert au secteur minier naissant, en plus des hydrocarbures. BAfD, OCDE, PNUD 2014 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale 17

19 Cameroun En ce qui concerne l utilisation des revenus tirés des secteurs extractifs (mines et hydrocarbures), ainsi que ceux issus de l exploitation forestière, la législation camerounaise ne prévoit pas de comptes spéciaux d affectation. Ces revenus sont reversés au Trésor en vertu du principe d unicité de caisse. Cependant, on peut affirmer qu ils contribuent pour l essentiel dans le cadre du budget, au financement des grands projets structurants en infrastructures. Contexte politique L année 2013 a été marquée par l organisation du double scrutin législatif et municipal ainsi que la mise en place du Sénat, qui garantit la stabilité politique du pays. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) a remporté 148 des 180 sièges de l Assemblée nationale au terme des élections législatives du 30 septembre Le RDPC est suivi en termes de représentation par le Front social démocratique (SDF, 18 sièges), l Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP, 5 sièges), l Union démocratique du Cameroun (UDC, 4 sièges), l Union des populations du Cameroun (UPC, 3 sièges), le Mouvement pour la défense de la République (MDR, 1 siège) et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, 1 siège). L introduction de la biométrie a permis d améliorer le fichier électoral et garantir la pertinence des résultats électoraux. Toutefois, le contexte politique est marqué par des crises politiques et sécuritaires régionales d une extrême gravité en République centrafricaine d une part et des enlèvements notamment dans la partie septentrionale du pays liés à des incursions de groupes extrémistes se réclamant de la secte Boko Haram du Nigeria. Cette situation pourrait induire un accroissement sensible des dépenses de sécurité et de défense, créant ainsi un effet d éviction de certaines dépenses sociales et fragilisant d avantage l équilibre budgétaire. Contexte social et développement humain Développement des ressources humaines Bien que positives, les performances macroéconomiques du pays se situent en deçà des ambitions du pays et l atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en 2015 devrait être différée malgré quelques progrès dans certains domaines. La politique du gouvernement dans le secteur de l éducation porte sur l atteinte des OMD 2 et 3 relatifs à l éducation primaire universelle et à la promotion de l égalité des genres. En termes de résultat, le pays a consolidé ses acquis dans le domaine de l enseignement de base. Le taux d accès au primaire est de 123 % et le taux brut de scolarité est de 111 %. Le taux net de scolarisation au primaire des 6-11 ans a progressé atteignant 78.8 % contre un objectif de 88 %. D une manière générale, le taux d alphabétisation des adultes est de 34.9 % (soit 41.7 % pour les hommes et 27.3 % pour les femmes). Dans le domaine de la santé, les principaux objectifs sont de réduire de deux tiers la mortalité infanto-juvénile (des moins de 5 ans), de trois quarts la mortalité maternelle, de moitié la prévalence du VIH/sida et de ramener le taux de décès associé au paludisme à moins de 10 %. Selon les statistiques les plus récentes, les progrès en matière de réduction du taux de mortalité infanto-juvénile méritent d être consolidés. Le taux de mortalité infanto-juvénile se situe à 122 pour mille en 2011 contre 142 pour mille en 2004 mais reste loin de la cible de l OMD 4. Les progrès réalisés résultent d un système de prévention sanitaire relativement efficace avec un taux de vaccination par antigène des enfants de mois respectivement de 87 % (BCG), 68 % (trois doses de DTCoq), 70 % (trois doses de polio) et 71 % (rougeole). Pour la rougeole, la feuille de route 2013 du ministère de la Santé publique indique un taux de couverture de %. Sur le plan de la lutte contre la pandémie du sida, des progrès ont été également réalisés. Les résultats préliminaires sur la prévalence du VIH de la quatrième enquête démographique et de santé (EDSC-IV) montrent qu au niveau national la prévalence globale (hommes et femmes de 18 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale BAfD, OCDE, PNUD 2014

20 15-49 ans) a été de 4.3 % en La baisse a concerné aussi bien les hommes (de 4.1 % en 2004 à 2.9 % en 2011) que les femmes (de 6.8 % à 5.6 %). La prévalence du VIH a donc connu une baisse sensible depuis 2004, date à laquelle elle était estimée à 5.5 %. Le taux de couverture des femmes enceintes bénéficiant des antirétroviraux (ARV) est de % au premier trimestre 2013 soit femmes sur Toutefois, la cible de l OMD 6 n est pas encore atteinte. Cameroun Réduction de la pauvreté, protection sociale et travail L adoption du DSCE a été précédée par la réalisation en 2007 d une importante enquête nationale sur les «Conditions de vie des populations et le profil de pauvreté au Cameroun» (ECAM 3) dont le rapport a été rendu public en Il ressort de cette enquête que la proportion de la population en dessous du seuil de pauvreté était de 39.9 % en 2007 contre 40.2 % en Bien que la croissance économique se soit améliorée, elle n a pas été suffisamment forte pour influencer significativement l emploi et la pauvreté. Le PIB réel par habitant et la plupart des indicateurs sociaux ont stagné, en dépit de ressources naturelles abondantes et diversifiées dont dispose le Cameroun. Ainsi, les inégalités demeurent élevées : le coefficient de Gini pour l ensemble du pays est de Les politiques du passé n ont pas suffisamment privilégié la lutte contre la pauvreté. Selon un examen des dépenses publiques, effectué par la Banque mondiale, les crédits budgétaires aux secteurs sociaux ont perdu du terrain au profit des fonctions générales de l État depuis Les réformes du climat des affaires n ont pas encore produit d effet substantiel, du point de vue de la migration de certaines entreprises du secteur informel vers le secteur formel. Cette enquête a analysé la pauvreté sous différents angles. Des analyses sont également fournies sur la profondeur et la perception de la pauvreté. Les données recueillies par l Institut national de la statistique (INS) sont mises à jour sur la base de nouvelles enquêtes et extrapolées pour les publier sur le site de l INS et accessible à tous. Les analyses faites de l ECAM 3 ont permis d identifier les poches de pauvreté au plan régional et local. Un profil de pauvreté a ainsi été défini afin de mieux cibler les politiques sociales, dans le cadre de l exécution budgétaire au plan national et à travers les budgets des collectivités locales, ainsi que par les interventions des partenaires techniques et financiers. Les cartes sanitaire et d éducation (construction d écoles et de centres de santé) ainsi que le ciblage des programmes de vaccination à la petite enfance, la lutte contre le VIH/sida, le programme de filet sociaux en cours de préparation par la Banque mondiale pour les régions du nord en sont des résultantes. Il est prévu un renforcement des programmes ciblés à l endroit des groupes vulnérables dans le cadre de la mise en œuvre des budgets programmes. Égalité hommes-femmes Au plan juridique, la Constitution du Cameroun consacre l égalité entre la femme et l homme et prévoit les mêmes droits. En outre, le Cameroun a procédé à la ratification des principaux instruments juridiques régionaux et internationaux de promotion et de protection des droits de la femme. L internalisation progressive de divers instruments juridiques dans la législation nationale contribue au changement du statut de la femme et de l amélioration de ses conditions de vie. Contrairement à d autres pays, le pays n a pas adopté de loi sur les quotas de représentativité des femmes dans la sphère politique et décisionnelle de la haute administration. Cependant on observe que dans la sphère publique, la participation des femmes dans les instances décisionnelles que ce soit au gouvernement, au Parlement bicaméral et dans la haute administration, est en progression. Ainsi, elles représentent 13.5 % des effectifs du gouvernement en 2013 contre 13.1 % en Au Parlement, leur proportion est passée de 11.1 % sous la mandature à 13.9 % sur la période A contrario, dans la sphère privée peu d améliorations ont eu lieu. Sur le marché du travail, d une manière générale, les femmes sont davantage affectées par le chômage que les hommes. Le taux d activité des femmes connaît une tendance baissière depuis quelques années. Il se situe à 64.2 % contre 68.3 % et 79.5 % en 2005 et 2007 respectivement. Dans le secteur informel non agricole, les femmes salariées représentent 26.5 % en 2010 alors qu elles sont 84.1 % dans la catégorie des travailleurs indépendants ou des aides familiales. Le faible accès BAfD, OCDE, PNUD 2014 Perspectives économiques en Afrique - Édition régionale / Afrique centrale 19

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