ATHENA 251. Recherche et développement technologique
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- Floriane Gobeil
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1 ATHENA 251 Recherche et développement technologique Bureau de dépôt Bruxelles X - Mensuel ne paraissant pas en juillet et août Mai 2009
2 Sommaire Pour voler de ses propres ailes. Ultra léger motorisé, le Twinbee est un Ulm made in Wallonia, conçu par la société Airflow et dont les premiers exemplaires de série devraient sortir dans six mois. Taillé pour les loisirs, il est aussi un outil de travail pour les pays en voie de développement. Parmi les autres services possibles, on peut citer la médecine d urgence ou la surveillance. Des perspectives opérationnelles qui augurent favorablement quant à l avenir commercial de ce produit Une présentation de Jean-Claude Quintart. L enfer, c est les autres... La phobie sociale ruine des vies et des carrières professionnelles. Probablement n'est-elle que le dernier maillon d'un continuum dont le premier échelon serait la simple timidité. Une jeune discipline, la psychopathologie cognitive, montre que, à côté d'autres facteurs, le fonctionnement cognitif est impliqué dans la survenue et le maintien des états d'anxiété sociale. Des explications de Philippe Lambert. Radiothérapie: le temps des révolutions. Voilà plus d'un siècle que la radiothérapie occupe une place de choix dans l'arsenal thérapeutique en oncologie. On estime que 50 à 70% des patients chez qui a été posé un diagnostic de cancer seront confrontés à un traitement reposant sur cette modalité. Aujourd'hui, la radiothérapie connaît une véritable révolution fondée sur d'importants progrès technologiques. Un article de Philippe Lambert. Parents-enfants: renouer le dialogue. Dans le premier volet de cet article, il était question des difficultés relationnelles entre parents et enfants à propos d'internet, notamment à cause de la fracture des êtres humains entre digital natives, digital immigrants et analogistes. Cette fracture n est pas sans conséquences pour l'enseignement et le retour à la situation antérieure n'est pas envisageable puisque le cerveau des digital natives ne fonctionne plus comme celui des immigrants. Mais alors, se demande Christian Vanden Berghen, comment combler ce fossé intergénérationnel? Une étoile est née. Un nouveau pas vient d'être franchi dans la longue marche vers la fusion nucléaire contrôlée: 192 lasers ont concentré 1,1 mégajoule d'énergie sur une cible minuscule contenant du tritium et du deutérium. C'est la première fois que la barrière du mégajoule est franchie. De quoi enclencher une réaction de fusion, explique Henri Dupuis, c est-à-dire créer une mini-étoile... Quel climat pour demain? Le réchauffement climatique est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans et de l'atmosphère, à l'échelle mondiale et sur plusieurs années. Dans son acception commune, ce terme est appliqué au changement climatique observé depuis environ 25 ans, c'est-à-dire depuis la fin du XX e siècle. La plupart des scientifiques attribuent à ce réchauffement général une origine en grande partie humaine. Quel est l état de nos connaissances actuelles en ce domaine? Un article de Paul Devuyst. Satnav: quid d Egnos et de Galileo? L édition 2009 du sommet de la navigation par satellite qu organise, chaque année, l Institut de géodésie et de navigation de l Université de la Bundeswehr, à Munich, a tenu toutes ses promesses avec ce thème provocateur: The worldwide race in Gnss/Global Navigation Satellite Systems (La course mondiale aux systèmes globaux de navigation par satellite). Théo Pirard y assistait. Vous pouvez consulter la revue Athena sur le site Wallonie.be Si vous désirez un abonnement, vous pouvez vous adresser : soit par courrier avenue Prince de Liège, Jambes soit par téléphone au 081/ soit par courriel à l adresse marieclaude.soupart@ spw.wallonie.be ou encore via le site repris ci-dessus. Photo de la première de couverture: Christophe Despeghel. Sans oublier les rubriques Actualités: Concours, de Jean-Luc Léonard, pp ; Les brèves, de Jean-Claude Quintart, pp ; Info-Bio, de Jean-Michel Debry, pp ; Astronomie: Le ciel depuis la Terre en juin 2009, de Paul Devuyst, p. 460 et À la Une du Cosmos..., de Yaël Nazé, p Espace: Qu est-ce qui s passe? de Théo Pirard, p. 462; Baïkonour, cosmodrome mythique et En Bref, pp
3 Concours Des jeunes qui rêvent... les pieds sur terre «La Wallonie a toujours été une petite terre où les inventeurs étaient plus nombreux qu ailleurs. Et ce n est pas fini!» C est le professeur Robert Halleux, grand historien des sciences et des techniques qui a tiré en ces termes la morale de l Odyssée de l objet , dont le dernier acte et l épilogue se sont déroulés du 18 au 23 avril sur le site de Blegny-Mine Le dernier acte, c était l exposition des 77 objets conçus, développés et construits par quelque 800 jeunes de l enseignement secondaire wallon et bruxellois. Et l épilogue était évidemment la proclamation du palmarès établi, non sans peine et hésitation, par le jury placé sous la présidence du designer industriel Jean Paternotte, chargé de cours à l école de La Cambre, à Bruxelles. Outre le professeur Halleux déjà cité, le jury comprenait trois représentants du monde industriel: Myriam Carbonnelle, designer; Roger Hubert, Arcelor-Mittal et Richard Thommeret, Solvay; et trois membres issus du monde institutionnel: Michel Charlier, inspecteur général de la DGO6 (ex-dgtre), Michel Croes, inspecteur de la Communauté française et Claire Demain, représentant la ministre de la recherche et des technologies. La ministre Marie-Dominique Simonet, a inauguré l exposition, le vendredi 17 avril, en soulignant que la Commission européenne avait remarqué l Odyssée de l objet et la citait en exemple au titre des bonnes pratiques de dissémination de la culture scientifique et technique. Cette attention européenne est particulièrement appréciée par les deux chevilles ouvrières du concours, Michel Van Cromphaut et Jean-Marie Cordewener, de la DGO6. Elle a rappelé brièvement les quatre critères selon lesquels allaient être jugés les objets présentés: leur caractère innovant, le choix des matériaux mis en œuvre, la réalisation de l objet et les panneaux de présentation du projet. Elle a beaucoup apprécié les objets exposés, résultats «d un vrai travail d équipe, imaginatif et concret à la fois», qui témoigne effectivement 419
4 Concours Ci-contre: Patrice Goldberg accueille la ministre de la recherche et des technologies nouvelles, Marie-Dominique Simonet. Ci-dessous: Patrice Goldberg et Soraya animent le quiz au cours duquel se sont affrontés le camp des «bleus» et celui des «rouges». de l aptitude de ces jeunes à traduire des rêves dans la réalité. Elle a mis en évidence, comme elle ne manque pas de le faire à chaque occasion, la participation des élèves féminines, qui étaient cette fois numériquement à égalité avec les garçons. La technologie, c est aussi pour les filles: la ministre l a répété cinq jours plus tard, le mercredi 22 avril dans l après-midi, au cours du grand rassemblement final des participants. La proclamation des lauréats s est déroulée dans la bonne humeur et une forte ambiance sonore sous la direction conjointe de Patrice Goldberg, producteur de l émission Matière Grise et de sa complice habituelle de la Rtbf, la souriante Soraya. La proclamation des résultats a été progressivement distillée par la ministre et les membres du jury, entre des épisodes d une confrontation du type «la tête et les jambes» qui fut émaillée des inévitables imprévus du direct, mais qui était heureusement sans enjeu. Tous les détails de l organisation et du calendrier du concours ainsi que les photos des participants et des objets présentés sont accessibles sur le site D abord, innover! Pour tenter de traduire le vécu réel des personnes qui nourrissent l Odyssée de l objet, nous avons rencontré deux professeurs impliqués dans cette édition L un, Olivier Chavée, est un vieux routier du concours qui enseigne dans un important institut technique gaumais. L autre, Corinne Thyrion, y participait pour la première fois et pilotait une équipe du secondaire général venue du Brabant wallon. Olivier Chavée est un habitué du palmarès de l Odyssée de l objet. Avec ses élèves de 4 e technique, section électromécanique, de l Institut des arts et métiers (Pierrard) de Virton, il vient d emporter le deuxième des trois prix réservés aux élèves du deuxième degré. À noter que le 3 e de ces prix est échu à une autre classe du même institut: la 4 e professionnelle, sous la houlette du professeur Michel Calujek. Les objets distingués (un radiateur porte-manteaux et une tableservante réglable en hauteur) ont un autre point commun: c est d avoir été conçus avec l appui de deux designers de la même famille, respectivement Florence Guében et son père, George Guében, professeur à Saint-Luc à Liège. Lors de la précédente édition du concours ( ), les élèves d Olivier Chavée avaient emporté le prix du public avec un «chauffe-plat mouvementé» à la fois imaginatif et pratique. Et sa participation antérieure au concours , intitulé Matériaux et 420
5 Concours Design Industriel, l avait vu gagner le premier prix de sa catégorie avec un «frotte-frotteur» dont l histoire - qui n est d ailleurs pas finie - mérite d être contée. Au commencement était... un souci de prof. «J étais interpellé, raconte Olivier Chavée, par la poussière que dégageait le nettoyage des frotteurs.» Il est vrai qu après avoir effacé quelques tableaux, ces objets feutrés se chargent rapidement d une poussière de craie dont il n y a pas trente-six moyens de se débarrasser. «On les frappe l un contre l autre ou contre un mur et dans tous les cas, c est sale et désagréable.» La première démarche de l enseignant a été de se renseigner sur la façon dont ce problème, forcément commun à un grand nombre d écoles, était rencontré. Il a même lancé sur Internet un questionnaire d enquête qui a provoqué des réactions jusqu en Australie. Avec, partout, la même réponse: le problème chronique du nettoyage des frotteurs n avait trouvé nulle part de solution. Pour le professeur virtonnais, cette première démarche d information est essentielle et probablement inspirée par le robuste bon sens que l on reconnaît aux Gaumais et aux Ardennais. «Le souci prioritaire, c est de faire quelque chose de réellement nouveau», dit-il. À quoi bon, en effet, réinventer la roue? Cette précaution initiale, qu il prend désormais avant chaque initiative, peut aussi donner une idée de l intérêt potentiel qu un concept d invention peut éveiller chez les personnes consultées. En l occurrence, après la diffusion du questionnaire sur le Web, le feu était au vert pour l ingénieux dispositif imaginé par l équipe de l institut Pierrard, qui permet de nettoyer les frotteurs en les frottant sur une grille métallique sous laquelle un petit tiroir recueille la craie pulvérisée. L histoire de ce «frotte-frotteur» ne s est pas arrêtée avec le concours qui l a distingué. Pour mieux cibler la production Après avoir remporté son prix, dont la divulgation avait stimulé un intérêt certain dans le milieu enseignant, Olivier Chavée a entrepris d ouvrir au «frotte-frotteur» la perspective d un avenir commercial, non sans avoir au préalable assuré la protection de son idée. Il a préféré une formule simplifiée de propriété intellectuelle à la procédure longue et onéreuse de demande de brevet. Une première tentative de production en série, menée avec un atelier de travail du bois a échoué: la solution était beaucoup trop chère. Un second essai de fabrication en version plastique n a pas davantage abouti. Et le projet est resté aux oubliettes jusqu à ce qu une possibilité se fasse jour du côté de l Agence de stimulation économique (Ase) de la Région wallonne. De création relativement récente, cette agence chargée de promouvoir l entrepreneuriat, a accepté de participer à la production, d ici le milieu de l année 2009, de 60 exemplaires du frotte-frotteur. «Nous pourrons ainsi mieux cibler la production de notre invention sous l angle des coûts réels et évaluer sa rentabilité», poursuit le professeur, qui compte poursuivre cette expérience au cours de l année scolaire prochaine avec les sections de menuiserie, de soudure et de graphisme de l Institut Pierrard. Ensuite, en , il prévoit de mener véritablement une étude de marché, éventuellement en collaboration avec une autre école de la province. Olivier Chavée cherche aussi un partenariat industriel pour produire le chauffe-plat à géométrie variable distingué par le public lors du concours , le problème principal étant ici de trouver de petites plaques vitrocéramiques à un coût raisonnable. En haut: Jean Paternotte, président du jury, en compagnie de Patrice Goldberg et des lauréats du premier prix du deuxième degré. Ci-dessus: diverses épreuves dont une course à vélo contre la montre ont émaillé cette après-midi ludique et interactive. 421
6 Concours Ci-dessous: l ambiance était chaude à Blégny-Mine. Les jeunes participants avaient été partagés en deux camps, pour un quiz sans enjeu, bleus contre rouges (les premiers ont gagné). Entre-temps, il continue à présenter des créations à l Odyssée de l objet: il en est à 7 projets au total pour 3 participations. Au fait, comment avait-il appris l existence du concours? Par la revue Athena bien sûr. «Pour moi, comme prof, c est la concrétisation d une idée. C est aussi une possibilité de mener une pédagogie motivante, en créant entre les élèves une relation de travail vraie et profonde, un esprit de groupe, avec une ouverture sur le design et l esprit d entreprise», dit-il, résumant sa démarche. Adresse utile: Une boîte à tartine L esprit d entreprise, c est aussi ce qui a structuré l équipe très nombreuse réunie par Corinne Thyrion, dans une classe de 5 e du secondaire général à l Institut St-Étienne de Mont-St- Guibert. Pour définir le thème de sa première participation au concours, l enseignante s est appuyée sur une expérience antérieure, menée avec les mêmes élèves pour l Expo-Science des Jeunesses scientifiques de Belgique. Les élèves avaient alors développé un projet visant à réduire l utilisation du papier aluminium, dont le bilan énergétique et environnemental est particulièrement interpellant. Il s agissait alors de créer une affiche de sensibilisation à cet aspect méconnu d un produit banal. L Odyssée de l objet a permis aux jeunes guibertains de passer de la théorie à la pratique. En effet, comme l explique Corinne Thyrion, le papier alu sert notamment à l emballage des tartines. Il y a bien une alternative, celle des classiques boîtes à tartines... Mais une enquête menée au sein de l école a montré que ces objets, jugés ringards et encombrants, n avaient vraiment plus la cote chez les ados. De ce constat est née l idée de concevoir une boîte à tartines résolument innovante. Il fallait en développer une qui soit moins rigide pour que, une fois vide, elle puisse s aplatir pour prendre moins de place dans le cartable. Elle devait aussi réunir des caractéristiques propres à séduire non seulement les jeunes générations mais aussi un public plus large. Dès la phase de discussion du projet, le groupe, parrainé par le designer Michel Joie, a visité deux entreprises, Dow Corning à Seneffe, et Simonis Plastic à Ans. Les élèves ont ainsi pu nourrir leurs réflexions d une masse d informations acquises à un niveau très professionnel. Que peut-on faire avec des matières silicones? Quelles sont les prescriptions à respecter du point de vue de l hygiène? De quelle palette de couleur dispose-t-on? Jusqu où peut-on leur imposer des contraintes mécaniques et thermiques? Et aussi, à quel prix peut-on entreprendre une opération de moulage? Aïe! Ici, renseignements pris, c était vraiment très cher! Le budget total de l opération avait été fixé à 600 euros et une partie des élèves (ils étaient 17 au total, répartis en divers ateliers) se sont attachés à rechercher des sponsors locaux en vue de réunir la somme nécessaire. D autres ont obtenu la collaboration de Sirris (ex-crif), le centre collectif de l industrie technologique belge et de Resitec, une entreprise liégeoise spécialisée dans le moulage de haute précision et la réalisation de prototypes et de petites séries en poudre de polymère frittée. Résultat final: une jolie boîte baptisée Lecobox en silicone, flexible et respectueuse de l environnement, pouvant contenir non seulement des tartines, mais aussi des plats froids ou cuisinés et supportant aussi bien le four que le surgélateur. La résistance thermique de la boîte affiche une fourchette allant de -50 à +200 degrés Celsius. L enseignante guibertaine est ravie de l expérience. «J ai été surprise par le dynamisme et par la débrouillardise, l esprit d entreprise et d initiative dont ont fait preuve les élèves», ditelle. Bien que très achevée et presque digne de passer au stade d une fabrication en série, la boîte à tartines, développée par les élèves de Corinne Thyrion, n a pas été retenue par le jury de l Odyssée de l objet. C eût été la cerise sur le gâteau. Mais l essentiel n est-il pas d avoir réussi le gâteau? Jean-Luc LÉONARD [email protected] 422
7 Concours Les lauréats Les lauréats Le jury du concours a sélectionné neuf objets au total. Trois prix ont été décernés pour chacun des trois degrés de l enseignement secondaire. Les lauréats des premiers prix, de chacun des trois degrès d enseignement, participeront à un voyage à l étranger. Les gagnants du premier degré se rendront à Toulouse, tandis que ceux du deuxième degré iront à Barcelone. Ceux du troisième degré visiteront la Norvège. Les lauréats du deuxième prix, des trois degrés d enseignement et ceux du prix du public, seront invités à visiter, avec l ensemble de leur classe, un musée scientifique situé en Belgique et leur établissement scolaire recevra un bon d achat d une valeur de euros pour l acquisition de matériel scientifique. Enfin, les lauréats du troisième prix visiteront également, avec l ensemble de leur classe, un musée scientifique situé en Belgique. Premier prix Premier degré: élèves de première et deuxième années. Le banc-jeu de la deuxième générale de l Institut des Ursulines, à Koekelberg. Deuxième degré: élèves de troisième et quatrième années. 0 Sec, le sèche-linge de la quatrième technique de Saint-Michel, à Neufchâteau. Troisième degré: élèves de cinquième et sixième années. Le Keasy, entonnoir de serrure de la sixième technique de Sainte-Marie, à Pesche. Deuxième prix Premier degré: élèves de première et deuxième années. La légumière d appartement de la deuxième générale des Sœurs de Notre-Dame, à Namur. Deuxième degré: élèves de troisième et quatrième années. Le radiateur-porte-manteaux de la quatrième technique de l IAM-Pierrard, à Virton. Troisième degré: élèves de cinquième et sixième années. Le P tit Nidoo, sac à langer de la cinquième technique des Sœurs de Notre-Dame, à Namur. Marie-Dominique Simonet remet le premier prix, le banc-jeu, aux élèves de la deuxième générale de l Institut des Ursulines, à Koekelberg. 423
8 Concours Troisième prix Premier degré: élèves de première et deuxième années. La lampe multifonction de la première professionnelle de Don Bosco, à Woluwé. Deuxième degré: élèves de troisième et quatrième années. La servante (table réglable) de la quatrième professionnelle de l IAM-Pierrard, à Virton. Troisième degré: élèves de cinquième et sixième années. Le City Sit, siège-caddie de la sixième technique de l Enfant-Jésus, à Bruxelles. Prix du public La Vesti-chaise compacte de la première générale de Saint-Joseph, à Welkenraedt. En haut, à gauche: Roger Hubert, au centre, Robert Halleux et ci-contre, Michel Charlier et Jean Paternotte, tous quatre membres du jury, remettent un des nombreux prix qui ont récompensé les lauréats du concours. 424
9 Concours Premier prix: à gauche: 0 Sec, le sèche-linge de la quatrième technique de Saint-Michel, à Neufchâteau. Deuxième degré, élèves de troisième et quatrième années. Ci-contre: le Keasy, entonnoir de serrure de la sixième technique de Sainte-Marie, à Pesche. Troisième degré, élèves de cinquième et sixième années. Ci-contre: un professeur répond aux questions posées par Soraya. Ci-dessous: deuxième prix. À gauche, la légumière d appartement, de la deuxième générale des Sœurs de Notre-Dame, à Namur. Premier degré, élèves de première et deuxième années. Au centre: le radiateur-porte-manteaux de la quatrième technique de l IAM-Pierrard, à Virton. Deuxième degré, élèves de troisième et quatrième années. À droite: le P tit Nidoo, sac à langer de la cinquième technique des Sœurs de Notre-Dame, à Namur. Troisième degré: élèves de cinquième et sixième années. 425
10 Concours Troisième prix: à gauche: la lampe multifonction de la première professionnelle de Don Bosco, à Woluwé. Premier degré, élèves de première et deuxième années. À droite: La servante (table réglable) de la quatrième professionnelle de l IAM-Pierrard, à Virton. Deuxième degré: élèves de troisième et quatrième années. À gauche: le City Sit, siège-caddie de la sixième technique de l Enfant-Jésus, à Bruxelles. Troisième degré, élèves de cinquième et sixième années. Ci-contre: le Prix du public. La Vesti-chaise compacte de la première générale de Saint-Joseph, à Welkenraedt. Ci-dessous: Patrice Goldberg fixe rendez-vous dans deux ans pour une nouvelle édition du concours. Les photos sont de: Christophe Despeghel, Sébastien Winandts et, poour les objets, Studio image. 426
11 Actualités Une première mondiale Entre 1900 et 1950, Imperia écrivait une des plus belles pages de l'histoire de l'automobile belge. Des ventes flatteuses, des succès probants dans différentes courses internationales permirent à la marque liégeoise d'occuper une place enviable dans le créneau des voitures de prestige. De son côté, Green Propulsion, fondé en 2001 en tant que spin off de l'université de Liège, est aujourd'hui devenu un spécialiste indépendant en motorisation plus propre: expertise auprès des décideurs, simulation et optimisation de véhicules virtuels, développement complet de véhicules prototypes. Dans le domaine des hybrides rechargeables plus particulièrement, pas moins de 7 topologies et leurs stratégies de gestion innovantes ont été explorées. L'entreprise a su se souvenir que dès 1907, Imperia prenait son essor dans les ateliers Pieper, inventeur de l'auto-mixte, le premier véhicule hybride, aussi appelé à l'époque moteur «pétroléo-électrique». Ressusciter la marque Imperia est donc une manière de créer l'avenir en rappelant un passé prestigieux. Imperia Automobiles entend créer une roadster plug-in Hybrid, nouveau concept d'automobile, alliant performances sportives et respect drastique de l'environnement, à savoir: motorisation hybride parallèle innovante, pouvant procurer notamment plus de 70 km d'autonomie sur batteries, recharge de ces batteries sur le réseau 220V; consommation d'énergie et émissions de CO 2 d'une Smart Fortwo (87g CO 2 /km); performances dignes d'une super-sportive (4,8s de 0 à 100km/h); ligne rétro intemporelle. L'assemblage des composants, la soudure du châssis tubulaire et la fabrication / peinture des éléments de carroserie seront organisés en Wallonie. Les objectifs de production graduels de 100 à 200 véhicules par an impliquent la création de 30 à 50 emplois directs. Parmi les quatre packs d'options proposés, nous relèverons une version hybride sportive diesel - EcoMax - disposant de davantage de batteries et faisant de l'imperia GP EcoMAx une première mondiale absolue. Gilles PHILIPPART de FOY 427
12 Actualités Pour voler de ses propres ailes! «Toujours plus de participants et toujours plus de projets, dont la qualité a véritablement scié les membres du jury», devait déclarer la ministre de la recherche et des technologies nouvelles de la Région wallonne, à l occasion de la remise des prix de la cuvée de l Odyssée de l objet. Un succès à porter au crédit du Département du développement technologique de la DGO6 qui, cette année, n avait pas hésité à élever la barre toujours plus haut en donnant aux jeunes, comme référence de travail, le Twinbee, de la société Airflow Fédérant des disciplines comme l aérodynamique, les matériaux, les partenariats, la fabrication, le Twinbee dans son aboutissement a inspiré la démarche des jeunes compétiteurs de l Odyssée de l objet. «U n produit de la région, développé par une société de notre région et dont la nature symbolise l envol des jeunes, l envol de leur carrière», expliquent les organisateurs. Ils ne pouvaient choisir meilleur exemple. En effet, le Twinbee est un Ulm (Ultra léger motorisé) made in Wallonia et dont les premiers exemplaires de série devraient sortir dans six mois. «Si ce produit est taillé pour les loisirs en revanche il s avère être aussi un outil de travail pour les pays en voie de développement», note Philippe Classens, directeur de la société Airflow. Qui ajoute: «Face à des besoins immenses, notamment en agriculture, les pays africains manquent souvent de moyens financiers pour acquérir les outils classiques de travail aérien. Avec une masse au décollage de 450 kg, le Twinbee se révèle comme l arme parfaite pour l épandage agricole des cultures maraîchères menacées sous ces latitudes par nombres de prédateurs dont les criquets.» Parmi les autres services possibles de cet Ultra léger motorisé, on peut citer la médecine d urgence, la surveillance, etc. Des perspectives opérationnelles qui augurent favorablement quant à l avenir commercial de ce produit D autant que la société a déjà vendu plus de exemplaires de son précédent modèle d Ulm dont une commande expédiée en Inde! Un prix très compétitif Au-delà de ces excellentes caractéristiques opérationnelles, comme un décollage en 50 mètres et une vitesse maximale de 180 km/h, l atout commercial du Twinbee réside dans un prix de vente de euros, hors options! De nouveau, c est l expérience de l entreprise qui permet d arriver à un tel prix. «Nous avons étudié l Ulm en interne, défini ses caractéristiques, sélectionné les matériaux et dressé un cahier des charges rigoureux. Ensuite, nous avons retenu des fournisseurs afin d économiser un maximum sur les coûts de production pour obtenir un produit au prix de vente largement en deçà des solutions concurrentes.» La société s est ainsi tournée vers un moteur tchèque, aussi fiable que celui proposé par le leader du marché mais deux fois moins onéreux. Elle a opté pour une voilure italienne bien connue dans les milieux de l Ulm et a retenu une hélice polonaise. Faisant appel aux matériaux composites les plus modernes, l habitacle de l appareil est fabriqué par la société Molignée Composites. 428
13 Actualités Si la fabrication en série du Twinbee est envisagée dans le namurois, Airflow étudie également la possibilité d installer une ligne d assemblage au Sénégal. Elle coopère déjà avec la division aéronautique d une école technique de Dakar où un collaborateur est déjà en place. Si le but de l opération est de produire les appareils du marché africain localement, il est aussi de développer des compétences locales. Bref, un bel exemple de l esprit d entreprise wallon tel qu il existait il y a quelques décennies. Un modèle pour les jeunes «Accrocher les jeunes aux sciences et aux technologies en ciblant plus particulièrement la créativité et l innovation par la découverte des matériaux et de leurs différentes possibilités et traitements, tel est l objectif de l Odyssée de l objet», expliquent les organisateurs de la manifestation. Une excellente idée car si les jeunes montrent peu d intérêt pour les sciences, c est parce que la finalité de celles-ci leur échappe bien souvent. D où l Odyssée de l objet, concours grâce auquel ils peuvent concevoir un objet et le matérialiser avec l aide de leurs professeurs et des industriels et designers partenaires du projet. En d autres termes, ce concours permet aux jeunes de découvrir à quoi serviront leurs cours de chimie, de physique, de mathématiques. Plus concrètement encore de comprendre l importance, par exemple, de la chimie dans la conception d un produit, dans le choix de ses matériaux et de ses traitements. C est ici que se démarque l Odyssée de l objet des autres concours. C est ici que réside son intérêt et son succès. Aussi et pour mieux encore impliquer les jeunes dans leurs démarches et surtout dans leurs approches et méthodes de travail, les organisateurs ont-ils eu ce coup de génie d inviter Airflow et son Twinbee. En effet, comme devait le souligner Philippe Claessens: «Si notre Ulm est un produit de loisirs que nous déclinons aussi en produit utilitaire, c est suite à une réflexion globale et particulière. Nous avons d abord envisagé la faisabilité du projet et ses possibilités commerciales. Ensuite, nous avons couché nos idées sur papier et réalisé un cahier des charges. Enfin, nous avons sélectionné les matériaux, les fournisseurs, les partenaires; organisé les étapes de la fabrication, des essais de l appareil et de sa certification le tout selon un calendrier précis.» À lire cette déclaration, on comprend que les organisateurs ne pouvaient retenir meilleur exemple pour montrer aux créateurs en herbe que depuis l idée de leur objet jusqu à sa réalisation finale, ils allaient être confrontés aux mêmes problèmes que ceux rencontrés par les industriels. Que leur objet serait l addition de savoirs pluridisciplinaires, le fruit aussi d un travail d équipe. «Ce que vous allez faire entre potes pour réaliser votre objet est exactement ce que font les industriels pour aboutir à leur produit», telle était l idée des organisateurs en sollicitant la participation d Airflow. Un travail d équipe Leur volonté était de créer au sein des équipes de jeunes un univers entrepreneurial. L entreprise est un mélange de compétences, de savoirs, de personnalités, de traditions. Ce cocktail ne s improvise pas! Il se compose. Voila pourquoi, au départ de ce modèle, mais aussi de visites et de contacts avec les industriels, les organisateurs ont voulu permettre aux participants de passer d un travail individuel qui est celui de l étudiant au travail en équipe, à l instar de ce qui se passe quotidiennement dans toutes les entreprises. Agissant de la sorte, ils ont permis aux jeunes de former une équipe autour de leur projet, de réfléchir ensemble, de décider ensemble et de porter ensemble une même idée Avant de porter demain leur propre projet! Le tout en mettant en pratique leurs connaissances, et opérant en professionnel, c est-à-dire en progressant selon une démarche précise, ponctuée de réflexions, d analyses et de discussions. Malgré son concept Ulm, le Twinbee peut être équipé en option d un parachute pour la survie de l appareil. Conçu par Airflow, l habitacle fait appel aux matériaux nouveaux et est fabriqué par Molignée Composites. 429
14 Actualités Pour plus d infos wallonie.be et twinbee.be Comme les responsables d Airflow face au défi du Twinbee, les jeunes sont partis d une idée que les coups de crayon sont matérialisés sur une feuille blanche, détaillant ainsi l objet. Ensuite, ils ont écrit le cahier des charges et étudié enfin les matériaux et procédures de fabrication. De la sorte, ils ont suivi pas à pas le cheminement d un produit, déjoué les pièges, résolu les problèmes rencontrés en cours de développement et de fabrication. Bref, ils se sont plongés dans le quotidien de l entreprise, décidant et prenant leurs responsabilités. Plus qu un concours, l Odyssée de l objet se profile comme le creuset des équipes qui demain conduiront les industries de notre région, développant tantôt des produits, tantôt des idées. À voir la passion mise par les jeunes participants, on comprend l importance de ce concours pour les établissements scolaires toujours plus nombreux à y répondre. C est donc avec une impatience plus grande encore que la prochaine cuvée est attendue. Comme quoi, le rôle de la DGO6, en matière de développement technologique, va bien au-delà des indispensables aides aux entreprises pour implanter l esprit d entreprendre et la culture de l innovation par la mise en exercice des savoirs de nos jeunes cerveaux. Jean-Claude QUINTART [email protected] Les brèves... Les brèves... M écénat de compétences. Fondé en 1909, par Jacques-Marie et Charles Stulemeijer, le groupe belge Besix est aujourd hui une fédération d entreprises œuvrant dans la construction, l ingénierie, l environnement, l immobilier et les concessions. Fort de quelque collaborateurs, Besix travaille en Europe, Afrique du Nord et Centrale, Moyen-Orient, Asie Centrale et Caraïbes. Géant mondial, c est lui qui a construit la fameuse Burj Dubai, la tour la plus haute du monde de 800 mètres de haut, avec une structure béton de 525 mètres et une structure acier pour le reste. Bref, sur les quatre continents, Besix construit classique ou hors normes. Ayant tout gagné sur le terrain et riche de ses succès, Le groupe Besix a donc décidé de marquer son centième anniversaire en créant, le 19 janvier dernier, la Besix Foundation, pour soutenir en Belgique et à l étranger, les meilleurs projets qui lui seront proposés, autour des thèmes de l environnement, de la construction et de l éducation pour les plus démunis. Au-delà, la fondation entend aussi promouvoir le mécénat de compétences et encourager le bénévolat chez ses collaborateurs. et D arwin à Liège et Flémale. Pour rappel, Du 15 mai au 15 novembre, toutes les facettes de Darwin seront offertes à la sagacité des visiteurs de Darwin 2009, une panoplie d événements organisés par les forces vives liégeoises, dont l Université de Liège (ULg), l Embarcadère du savoir, la Maison de la science, la Maison de la métallurgie et de l industrie, l Aquarium muséum, la Préhistoire de Ramignoul, les Grignoux et le support de la Région wallonne, via la DGO6, Département du développement technologique. Au programme: des expositions, du culturel, du scientifique et du pédagogique. Le tout dans la Cité ardente et sa banlieue. T oujours plus wallon. L Américain Baxter a annoncé son intention d investir quelque 70 millions d euros sur son site de Lessines. S étalant sur la période , ce programme d investissements prévoit la construction de deux nouveaux bâtiments, la modification d immeubles existants et l achat de nouveaux équipements. Sur le terrain, et pour l unité BioScience, cela permettra de moderniser le complexe de remplissage et de le doter de technologies avancées en matière de sécurisation du produit. De son côté, la partie Delivery-Renal pourra accroître ses capacités de production dans le domaine de la nutrition parentérale et lancer l industrialisation et la production de nouveaux médicaments. Présent chez nous depuis 1954, Baxter possède un centre de recherche et développement, à Nivelles, ainsi qu un site de production et un centre européen de distribution, à Lessines. Ces 430
15 Actualités différentes facilités permettent à l entreprise de produire des sets d administration de médicaments injectables, des solutions de nutrition, des perfuseurs, des agents anesthésiques, etc. Créée à Chicago, en 1931, par les docteurs Don Baxter et Ralph Falk, l entreprise a toujours axé ses développements sur l innovation technologique pour le profit du plus grand nombre. On lui doit ainsi l invention et le développement des premiers solutés intraveineux produits industriellement, les dialyseurs, etc. et E ntreprendre Il y a urgence! «Développer l esprit d entreprendre en temps de crise n est pas un luxe, c est une priorité», explique Jean-Jacques Verdickt, président de Free. Créée en 2003, dans la foulée du contrat d avenir, la Fondation pour la recherche et l enseignement de l esprit d entreprendre (Free) entend agir sur les mentalités via des actions principalement axées sur le monde de l enseignement. En clair, Free souhaite voir le Wallon entreprendre avec autant d entrain que son homologue Américain, Russe, Néerlandais ou encore Britannique. Un défi, hélas, loin d être relevé! En effet, «Après six ans d existence, toutes les études concordent à montrer que la création d entreprises n a pas évolué de manière significative ces dernières années», se lamente, à juste raison, Bernard Surlemont, directeur de Free. Faut-il conclure à l échec? Lâcher le morceau? Non estime Free car les choses évoluent tout de même un peu! «Il y a six ans, le représentant de Free trouvait très souvent porte close dans les écoles! Aujourd hui, ce n est plus systématiquement le cas! Un nombre croissant d acteurs privés et publics est à présent conscient de l urgence du changement de mentalité à opérer. Le Gouvernement wallon a fait de réels efforts en la matière par le biais de son plan entreprendre et via l Agence de stimulation économique (Ase). Mais le chemin est encore long! La sensibilisation et la formation, qui jouent un rôle essentiel dans la démarche entrepreneuriale, doivent se poursuivre et se renforcer», précise Bernard Surlemont. Au total, Free ne demande pas davantage de budget, mais plus d implication de tous les départements ministériels afin que le sujet ne reste pas cantonné à quelques spécialistes. L enjeu est que le monde de l enseignement s approprie la thématique et la mette en œuvre à l intérieur. Un seul exemple suffit à illustrer cette problématique. Alors qu il est scientifiquement prouvé que le taux de création d entreprises est nettement plus élevé lorsque le porteur de projet a participé à une mini-entreprise Le premier à être élu au suffrage universel pondéré! L'Université catholique de Louvain (UCL) a élu son nouveau recteur selon un nouveau mode d'élection plus démocratique. Désormais, le droit de vote s'étend à chaque membre de l'ucl, selon le suffrage universel pondéré. Cela signifie que le poids de chaque corps au sein du collège électoral est différent: le corps académique dispose de 61% des voix (parce que leur fonction englobe les trois missions de l'université à savoir: la recherche, l'enseignement et le service à la société), tandis que les trois autres corps (scientifique, administratif et technique, étudiants) disposent chacun de 13% des voix. Le candidat est choisi au terme d'un processus qui prévoit la participation de l'ensemble du personnel et des étudiants, soit près de électeurs potentiels. C est avec 53,83% des suffrages exprimés, que Bruno Delvaux a été élu recteur de l UCL. Ingénieur agronome, diplômé de cette même université, Bruno Delvaux a travaillé en Afrique et dans la zone des Caraïbes pour la Food and Agriculture Organisation (FAO) des Nations-unies et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) avant de rejoindre l Alma Mater, en 1991, pour y enseigner les sciences du sol. Professeur-visiteur au Japon et en France, il est actif dans sept programmes européens et dirige une équipe dans les relations sol-plantes et les cycles biogéochimiques. Né en 1954, il est marié et père de trois enfants. Passionné d œnologie, il prendra ses fonctions de recteur le 1 er septembre durant son cursus scolaire, seuls 1,6% des élèves profitent de cette expérience! S atisfecit. La chimie wallonne est heureuse de ses résultats. Elle tiendra ainsi ses promesses de diminuer, d ici à 2012, ses gaz à effet de serre de 16%! Et après avoir identifié quelque 240 projets novateurs, elle estime atteindre les 20%! «Malgré une augmentation de la production de notre industrie de plus de 7% depuis 1999, nous avons calculé que plus de tonnes de CO 2, en valeur absolue, ont été évitées annuellement grâce à l accord de branche au cours de cette même période. Ceci correspond grosso modo à l équivalent de ce que consomment, chaque année, ménages pour se chauffer!», explique Bernard Broze, administrateur délégué d essenscia wallonie. Qui précise: «Pour en arriver là, nos entreprises ont réalisé plus de 260 investissements d un montant total de quelque 53 millions d euros.» 431
16 Actualités À ne pas rater! Ce deux juin se déroulera, à Charleroi, au centre Ceme (Charleroi Espace Meeting Européen), la deuxième journée des clusters wallons. Au programme: informations sur les aides financières directes et matchmaking pour rencontrer de nouveaux partenaires. Une occasion unique de prendre le pouls des 14 clusters wallons et qui sait, de faire des rencontres prometteuses d'avenir économique. wallonie.be Pour l après 2012, la chimie wallonne planche sur de nouvelles pistes d amélioration, portant sur le cycle de vie des produits, l énergie liée à la production des sites industriels, l énergie nécessaire à l extraction/production de matières premières, aux transports ainsi qu à l utilisation et au recyclage des produits en fin de vie. Et Bernard Broze de conclure: «Vision et ambition sont plus larges. Nous pourrons mesurer avec précision l impact de nos entreprises sur l environnement. Pour ma part, je ne serais pas surpris de constater que nos entreprises, qui produisent aussi de nombreuses solutions pour l isolation des habitations et les économies d énergie, affichent au final un score positif!». L a bilharziose au pilori! Après le paludisme, cette maladie est l une des plus importantes dans les pays en voie de développement de l hémisphère Sud. Quelque 200 millions de personnes, dans près de 80 pays, sont infectées chroniquement par ce parasite et plus de 800 millions y sont exposées régulièrement. D où quelque décès chaque année! À part le praziquantel, peu de traitements existent actuellement contre la bilharziose. Et il ne protège pas contre la réinfection qui est généralement très rapide et activée par les quantités de larves dans les eaux douces utilisées par les ménagères et les agriculteurs. Lors des contacts avec l eau, la larve pénètre la peau de l individu, puis se différencie en vers qui s accouplent dans la circulation sanguine. Le couple dispose d une espérance de vie d une quinzaine d années! Et la reproduction sexuée chez l homme produit près de 400 œufs femelles/ jour! Dans la bilharziose urinaire, une grande partie des œufs est éliminée dans les urines, néanmoins la partie emprisonnée dans les tissus du système uro-génital déclenche des pathologies aux effets dévastateurs. Dans la lutte contre ce fléau, qui passe par la recherche d une molécule cruciale du processus de fécondité du parasite, une protéine est identifiée. Il s agit d une enzyme essentielle du cycle de reproduction du parasite qui est également douée de propriétés vaccinales. Baptisée glutathion S-transferase, cette molécule est l unique candidat vaccin actuellement en développement qui fait l objet d essais cliniques de phase III. Installée à Liège et spécialisée notamment dans la production pharmaceutique de protéines recombinantes à usage thérapeutique, la société Eurogentec participe activement à cette lutte en compagnie d une équipe de l Institut Pasteur de Lille et de l Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Ensemble, les trois partenaires ont concocté le Bilhvax, un vaccin produit chez Eurogentec et dont les essais cliniques de phases III sont en cours au Sénégal. Ce programme de recherche clinique entend tester l efficacité du vaccin contre la bilharziose chez 250 filles et garçons âgés entre trois et neuf ans et déjà infectés par le parasite. Consciente des enjeux sociétaux et de santé d un tel vaccin, la Région wallonne, via la ministre de la Recherche et des technologies nouvelles soutient, à hauteur de euros, ce formidable programme de recherche clinique auquel est également associée la Région Nord- Pas de Calais. et L e cobol à l école. Langage de programmation de gestion créé en 1959 et dont l apogée opérationnelle va des années 60 à 80, le Cobol ou Common Business Oriented Language reste bien toujours utilisé de nos jours. En 2005 et selon le Gartner Group, 75% des données du monde des affaires étaient toujours traitées en Cobol et 15% des nouveaux programmes faisaient encore appel à ce langage. D où l idée du programme Action pour ACademic Connec- TIONs, lancé par la société Micro Focus, afin de faire en sorte que les générations futures aient une connaissance suffisante du langage Cobol et de l informatique en général. Ce programme, auquel vient d adhérer la Haute école Charleroi Europe, offre aux universités et institutions d enseignement, un accès gratuit aux derniers outils d apprentissage et technologies de développement d applications. Chaque année, plus de étudiants approfondissent ces matières et profitent du programme Action. Plus de licences ont été accordées à ce jour et quelque 85 universités de 15 pays participent à ce programme. 432
17 Actualités Pour José Stévenne, directeur du département économie et IT de la Haute école Charleroi Europe: «Les programmeurs Cobol sont très demandés en Belgique. Un grand nombre de nos étudiants deviennent des managers ou des chefs de projet dans des entreprises ayant absolument besoin d une expertise en Cobol. C est pourquoi nous enseignons toujours ce langage. Grâce au programme Action de Micro Focus, nous pouvons proposer à nos étudiants une plate-forme moderne et simple à utiliser qui leur permet de se familiariser avec tous les aspects de la programmation en Cobol. Et, nous nous félicitons de profiter d un accès optimal à ces outils Cobol en pouvant les utiliser gratuitement.» Une des priorités du programme Action est de faire prendre conscience des systèmes informatiques centraux et de la maîtrise du Cobol, qui jouent un rôle capital dans l efficacité opérationnelle des organisations, comme l a montré une enquête de l Institut européen des affaires (Insead) auprès des directeurs financiers, informatiques et des ressources humaines américains et européens. Et, Reza Warnink, directeur général pour l Europe du Nord de Micro Focus de préciser: «La crise mondiale des compétences informatiques est connue de tous. Les entreprises réclament aux institutions académiques des diplômés maîtrisant les systèmes centraux. C est pour cette raison que nous avons lancé le programme Action qui a été merveilleusement reçu par les établissements d enseignement du monde entier. Le succès croissant du programme démontre l urgence d avoir des professionnels dominant le Cobol et disposant de compétences informatiques générales.» Face à ce succès, Micro Focus entend renforcer encore ce programme et s assurer que les institutions d enseignement disposeront toujours des moyens nécessaires pour apprendre aux diplômés ce dont ils auront besoin dans leur vie professionnelle. N ouvelle fibre. Société wallonne installée à Battice et comptant parmi les principaux fabricants de fibres de verre de renfort des thermoplastiques et des thermodurcissables, 3B a mis au point une nouvelle fibre coupée qui aidera les compoundeurs et les transformateurs à accroître le rayon d'application des compounds de polypropylène (PP) et de polyéthylène (PE) renforcés. Appelée DS P, cette fibre coupée est à base de verre sans bore. Dotée d'une combinaison originale de propriétés, elle doit permettre aux PP et PE renforcés de remplacer le métal et d'autres thermoplastiques dans diverses applications comme les pièces pour l'automobile ou À lire... À lire... Q uelle que soit la civilisation à laquelle il appartient, l être humain cherche dans le ciel des réponses aux questions qu il se pose sur son origine, son avenir et sa finalité. Le premier mérite de ce livre est de nous rappeler que l astronomie a commencé ainsi à travers les mythes célestes imaginés par les Anciens pour expliquer l ordre du monde et la place qu ils y occupaient. Mais les savoirs astronomiques passés étaient loin d être négligeables et certainement pas limités aux seuls travaux des Grecs: c est ce que l auteur montre à travers une passionnante enquête, de Stonehenge à Gizeh en passant par Pékin et Mexico, fondée sur l étude des monuments anciens et des sources écrites encore accessibles. Les tablettes mésopotamiennes, les annales chinoises, les chroniques médiévales, etc. sont en outre d une singulière utilité pour les astronomes modernes: comment sinon remonter aux variations de la durée du jour au cours des siècles ou percer la nature de l explosion qui a frappé tant d observateurs en 1054? Ce livre offre un voyage magnifiquement illustré à travers les âges, entre astronomie et archéologie. L astronomie des Anciens, de Yaël Nazé, publié par Belin, 224 pages. pages/f/fiche-article-l-astronomie-des-anciens-8906.php l'électroménager. Elle propose des avantages indéniables en termes de performances, notamment une grande rigidité, une excellente résistance au choc, une densité élevée qui optimise l'écoulement et une grande capacité de dispersion pour les compounds de PP à taux de renfort élevé. Elle présente également une excellente tenue à l'hydrolyse ce qui en fait un matériau idéal pour les machines à laver, les lave vaisselles et autres appareils opérant à grande vitesse de rotation ou exposés à l'eau et aux détergents. «L'accent mis sur l'innovation dans notre centre de R&D de Battice donne un produit entièrement nouveau qui surpasse les technologies existantes et offre à nos clients de nouvelles possibilités pour concurrencer avec succès les métaux, le nylon et les thermoplastiques renforcés par de la fibre», explique le Dr Éric Martin, responsable des produits techniques pour les thermoplastiques chez 3B. Pour plus d informations, vous pouvez consulter le site: Jean-Claude QUINTART [email protected] 433
18 et les sciences de la vie s'exposent Innovation, développement durable, sciences et industrie: vous mélangez bien fort ces quatre composants et vous formez un tout nouveau produit The Essence of life. Ce circuit thématique spécialement conçu pour les jeunes est le fruit d'un partenariat inédit entre Living Tomorrow et essenscia, la fédération des entreprises de la chimie et des sciences de la vie. Inaugurée en grande pompe le 21 avril dernier, en présence des ministres de l'enseignement, la nouvelle visite guidée interactive «The Essence of Life» est désormais accessible au grand public, en particulier aux enseignants et aux jeunes, chez Living Tomorrow, à Vilvorde. De quoi s agit-il? Avant tout d une initiative visant à donner le goût des sciences aux jeunes, en montrant qu elles sont essentielles pour résoudre les grands défis de notre société. En effet, la chimie, les nouveaux matériaux et les sciences de la vie offrent des solutions concrètes aux cinq grands défis planétaires d aujourd hui: l eau, la santé, l énergie, l alimentation et les ressources naturelles. Par le biais d innovations, de films et d un jeu interactif, les jeunes sont amenés à réfléchir au rôle qu ils peuvent eux aussi jouer dans la construction d un monde plus durable. La visite dure une heure et demie et traverse les différents espaces de Living Tomorrow: la cuisine, la chambre d enfant, le flat des grands-parents, le living, le magasin... En pratique... Pour les enseignants: venez découvrir The Essence of Life, gratuitement et en primeur, au cours d'un week-end spécial d'informations les 30 et 31 mai prochain. Demandez le formulaire d'inscription à [email protected]. Vous pouvez également réserver une visite avec votre classe, en semaine en téléphonant au 02/ ou par courriel [email protected]. La visite guidée dure 1h30 et commence à heures fixes: 9h30, 11h30, 13h30 et 15h30. Pour les visiteurs individuels, consultez pour connaître les horaires exacts des visites pendant les week-ends. Living Tomorrow, Indringingsweg 1, à 1800 Vilvorde. Plus d'infos sur (site spécialement destiné aux enseignants). «La chimie et les sciences de la vie sont mal connues du public. Nous représentons un secteur qui développe pourtant des produits de haute technologie, qui sont partout dans notre vie quotidienne et contribuent à notre qualité de vie, explique Bernard Broze, administrateur délégué de essenscia wallonie. Nous sommes de loin le secteur qui investit le plus dans l'innovation. Nous recherchons activement des solutions aux grands problèmes de notre société: meilleure isolation des bâtiments; nouvelles techniques pour assainir, recycler et acheminer l'eau sans la gaspiller; économies d'énergie par l'exploitation d'énergies renouvelables comme la biomasse ou le Soleil; nouveaux médicaments et vaccins pour arrêter les pandémies». Partis du constat qu'on ne peut aimer que ce qu'on apprend d'abord à mieux connaître, le circuit montre des innovations concrètes, développées par des entreprises et qui apportent une contribution essentielle au développement durable. L'objectif est aussi de faire comprendre que les études et métiers scientifiques ont plus que jamais du sens car ils permettent de trouver des réponses aux grands enjeux de notre société. Mais pour mobiliser les jeunes, il faut passer par les enseignants. Outre une formation initiale et continuée qui permette d'aborder les matières scientifiques avec une didactique attrayante et dynamique, il faut proposer aux enseignants des ressources pédagogiques et matérielles pour mener à bien leur mission. Et le ministre de la Communauté française d'applaudir: «Nous sommes particulièrement heureux de voir que le monde de l'industrie et de l'entreprise partage notre constat et nos objectifs et met ses ressources à portée de tous les élèves et du grand public en général. C'est un cercle vertueux dont nous espérons qu'il portera ses fruits dans les années à venir.» Pari en tout cas relevé par le secteur de la chimie et de l'industrie qui espère toucher visiteurs au cours des trois années de son partenariat avec Living Tomorrow. «Il ne nous reste plus qu'à nous mettre chaque jour en chemin pour mieux montrer, aux jeunes comme aux adultes, ce que notre industrie met concrètement en place pour faire de notre planète un monde plus durable pour demain», conclut Bernard Broze. La photo: toujours accompagnés d un guide, les jeunes découvrent les solutions de l industrie et des sciences au développement durable. 434
19 Actualités I nauguration à Liège. Le bassin industriel de la Cité ardente compte une unité performante de plus. En effet, le deux avril dernier, Euroquartz a inauguré une nouvelle facilité de production à Hermalle-sous-Argenteau. D'une superficie de quelque m, lovée en bordure du canal Albert, cette usine représente un investissement de sept millions d'euros. Dessiné selon les règles du développement durable, le bâtiment abrite de nouveaux équipements dont des tamiseurs, deux lignes d'ensachage et de palettisation, des bandes transporteuses, etc. Comme sa raison sociale le laisse supposer, la société Euroquartz est active dans la production et la commercialisation de quartz, d'abrasifs et de silice roulée. Elle propose notamment la microbille de verre, le corindon et les scories ainsi qu'une panoplie de services autour de ses six métiers de base: le séchage, le tamisage, le stockage en silo, le mélange, le concassage et le conditionnement. nombre de diodes que sur la couleur ou le support verrier. Acclamé dans les derniers salons professionnels dont Equipbaie, à Paris, Glassi-led se profile désormais comme le concept incontournable pour la mise au point d'ambiances uniques. Avec Glassiled, la recherche wallonne prouve toute son originalité en donnant à un matériau d'hier, le verre, une vie dans des dimensions futuristes. D 'un salon à l'autre. Le Forum des Stratégies transport et logistique, se tiendra à Charleroi Expo, le 28 mai prochain. De son côté, la Foire internationale de Liège, accueillera les 4 et 5 juin, architect@work. Selon son habitude, la Foire de Libramont tiendra, du 24 au 27 juillet, la vitrine de la ruralité. Dans la foulée de la foire agricole, se dérouleront des démonstrations forestières, les 28 et 29 juillet. Les professionnels de l'agro-alimentaire et des métiers de bouche se retrouveront du 3 au 18 octobre, à Bruxelles Expo, dans le cadre du Salon de l'alimentation. Enfin, Municipio, le salon des Services pour le secteur public recevra les mandataires et administrateurs publics à la Foire internationale de Liège, du 14 au 16 octobre prochain. L e fruit d'un long travail. Le produit séduit. Il est aussi unique! Et l'aboutissement de nombreuses recherches conduites par le Centre de recherche et développement wallon d'agc Flat Glass Europe. Baptisé Glassiled, ce produit intègre des diodes électroluminescentes (LEDs) dans du verre feuilleté. Grâce à cette initiative, verres et LEDs rivalisent de créativité pour personnaliser tous concepts architecturaux en jouant tant sur le Distributeur de luminaires de prestiges, Hugo Neumann a d'emblée fait confiance au produit wallon pour son nouveau show room de Wauthier-Braine. Avec Glassiled, la façade de Light of a third kind joue la transparence totale de jour pour prendre des allures uniques la nuit. En effet, dès le crépuscule, des écritures martiennes s'illuminent et c'est tout à coup un extraterrestre digne du petit E.T. qui donne vie à la devanture, ses contours se reflétant dans les miroirs et points d'eau. Parmi d'autres références, on peut encore citer: le théâtre de Maisons-Alfort, en France et le Design hôtel de Marke, en Belgique. À peine arrivé sur le marché et c'est déjà le succès. Il est vrai que Glassiled permet de relever de nouveaux défis architecturaux ans! Pour rappel, le salon de l'aéronautique et de l'espace du Bourget fêtera ses 100 ans en compagnie de l'industrie aérospatiale wallonne. Du 15 au 21 juin, un rendez-vous à ne pas manquer! Jean-Claude QUINTART [email protected] Il est enfin arrivé! C'est le 20 avril qu'a été inauguré à Wanze, le premier site de production de bioéthanol de nouvelle génération. Le procédé de fabrication, utilisé par Biowanze, garantit que jusqu'à 70% des émissions seront évitées par le bioéthanol par rapport aux carburants fossiles. Biowanze est une filiale de CropEnergies AG. biowanze.be 435
20 Info-Bio Du gigantisme des dinosaures L envol des Ptérosaures Les dinosaures ont disparu il y a 65 millions d années, soit. Cela n explique toutefois pas comment ils ont pu proliférer et vivre dans des conditions qui ne devaient pas être les mêmes que celles d aujourd hui, ni comment ils ont pu composer avec ce gigantisme que l on connaît pour un certain nombre d espèces et en particulier pour les Sauropodes, ces herbivores dotés d un corps aussi gros que leur queue et leur cou étaient grands et leur tête petite. La taille, parlons-en, pour ne plus y revenir en détail. Mesurer 30 m de long d un bout à l autre implique incontestablement une masse élevée qui se calcule forcément en tonnes. Mais à ce propos, il semble que certains spécialistes du Ce n est pas un scoop: les oiseaux d aujourd hui sont les lointains parents de dinosaures qui ont évolué en allégeant leur poids, en développant leurs membres postérieurs sur lesquels ils s appuient au repos, et en allongeant leurs membres antérieurs auxquels ils ont d abord couplé de longues membranes - comme les chiroptères d aujourd hui - avant de les garnir de plumes. Une des questions - il y en a évidemment d autres - qui taraude toujours les spécialistes du genre: comment est-on passé d un stade «quatre pattes» au stade «deux pattes»? Les Ptérosaures (dont font partie les Ptérodactyles, chers aux BD et films de science-fiction) possédaient quatre pattes fonctionnelles. Se servaient-ils préférentiellement des postérieures comme le font leurs très lointains parents d aujourd hui ou s aidaient-ils de leurs quatre membres pour décoller? La question reste posée et, pour l heure, c est la seconde hypothèse qui semble prévaloir. Pour s en assurer, il va falloir «relire» les traces laissées par ces animaux dans un sol aujourd hui pétrifié. On n est donc pas encore prêts de le savoir, l interprétation de ces signes étant susceptible elle aussi de mener à des querelles de spécialistes. Il n empêche que voir décoller ces animaux fabuleux devait constituer un spectacle peu banal; surtout lorsqu on sait que certains d entre eux, avait largement la taille d une girafe! Science 323: 315. passé, dans leur quête de trouver «le plus grand, le plus gros, le plus fort» aient insensiblement pris leur désir pour des réalités et aient fait de ces géants des animaux obligatoirement obèses. Des travaux de physique élémentaire semblent indiquer aujourd hui qu il faille revenir à - un peu - plus de modération, ces reptiles, pour imposants qu ils aient été devaient aussi composer avec leur masse et que cette aptitude a forcément des limites mécaniques. Bref. Il n empêche que ces sauropodes ont peuplé notre planète pendant quelques dizaines de millions d années et qu ils se sont même diversifiés puisqu on en dénombrerait 120 genres différents. Il doit par conséquent y avoir quelques adaptations là-dessous, lorsqu on sait que ces lents et placides animaux avaient, avec des prédateurs et charognards particulièrement mobiles comme les Théropodes (et en particulier le tyrannosaure), quelques soucis à se faire. Cette survie particulièrement bien assurée semble avoir tenu, pensent de très nombreux contemporains spécialistes, à quelques adaptations qui sont exactement aux antipodes de celles qui ont été retenues, plus tard, par les mammifères herbivores de grande taille. Déjà, les sauropodes pondaient des œufs en grand nombre, d où émergeaient des petits dont le poids estimé ne devait pas dépasser une dizaine de kilos. Il fallait ensuite grandir suffisamment vite pour échapper, grâce à un poids imposant, à quelques amateurs de chair fraîche. Et c est là que réside une seconde adaptation vraisemblable de ces herbivores: un métabolisme élevé pendant cette phase de croissance, ce qui a permis à l animal de grandir vite. Il lui restait ensuite, sur un mode métabolique bien plus lent, d attendre les 20 ou 30 ans nécessaires à l acquisition d une maturité sexuelle. Ce ralentissement n est pas qu une simple économie d énergie: le rapport poids/surface de l animal ne permettant pas une dissipation d énergie associée à un métabolisme élevé. Ancienne illustration de brontosaures antérieure à 1923, d un auteur inconnu. 436
21 Info-Bio D autres limites étaient également propres à ces géants: ils ne mastiquaient pas et stockaient par conséquent des quantités - sans doute assez phénoménales - de matières végétales dans leur tube digestif. Enfin, la petite tête et le long cou ne permettaient pas une respiration rapide; encore que, de ce point de vue, il semble que ces géants aient mis au point un système perpétué chez les oiseaux d aujourd hui, avec des loges vertébrales dans le cou et le thorax, faisant office de poumons. On a sans doute encore bien des choses à découvrir de ces animaux surdimensionnés. Il n empêche qu à leur propos, on constate que l évolution a retenu des solutions adaptatives qui ont pratiquement disparu avec eux. Les gros mammifères herbivores d aujourd hui ne font plus qu un petit à la fois (en général), ont un métabolisme plus élevé et, à l évidence, ne pondent plus d œufs. Ils ont aussi, on l aura remarqué, une masse corporelle qui est d un bien autre niveau - même pour les éléphants - que celle des Sauropodes du Jurassique. L évolution ne ressert donc pas forcément les mêmes formules, même si elles ont fait florès pendant longtemps. Comme le rappelle le titre d un ouvrage assez récent: «le facteur temps ne sonne jamais deux fois» (1). Autre temps, autres méthodes Science 322: (1) Le facteur temps ne sonne jamais deux fois d Etienne Klein. Flammarion pp. Cellules souches sous la loupe Inutile de revenir encore sur les espoirs que fait naître le recours prochain aux cellules souches, celles qui sont suffisamment peu différenciées que pour régénérer pratiquement tous les types de tissus lésés. Cela fait une dizaine d années que le concept a envahi la sphère biomédicale et qu on lui offre les meilleures perspectives d utilisation thérapeutique. Mais entre l intention et la réalisation existe souvent un important fossé qui, pour la circonstance, se traduit en essais sur animaux, puis en essais répétés sur des humains malades, inscrits dans un tableau clinique bien précis. Il faut ensuite savoir évaluer sur le long terme les risques associés pour, in fine, s assurer que le traitement n induit pas davantage de problèmes que le mal à traiter. La précipitation, aussi justifiée qu elle puisse être, n est donc pas à inscrire dans ce contexte et nombreuses sont les tentatives déjà réalisées qui ont mené à des catastrophes sanitaires plus ou moins graves. La presse biomédicale rapporte de plus en plus fréquemment des cas de ce genre, tel que l apparition de méningites ou le développement de tumeurs cérébrales chez des patients traités avec des cellules neurales. Étrangement - mais l est-ce réellement? - c est dans des pays qui ne sont pas forcément connus pour leurs avancées en la matière que les traitements avec les cellules souches sont offerts. Ils le sont parce qu il y a une demande pressante de malades ou traumatisés qui réclament «quelque chose» pour quitter leur siège de handicapé, mais aussi parce que l un ou l autre praticien flaire la possibilité d apparaître au Panthéon médical en cas de succès reconnu. Des succès sont effectivement recensés et, pour les malades traités, c est évidemment jugé comme une réussite. Il semble par exemple que le traitement au Costa Rica de patients atteints de sclérose multiple ait mené à des résultats probants. Il reste évidemment à voir si l amélioration notée va s inscrire dans le long terme et si - comme c est souvent le cas - elle ne peut être assimilée pendant un temps qu à ce très controversé «effet placebo». Erratum Une erreur s est glissée dans le numéro 249, p Il fallait lire: Thomas Malthus et non Balthus. 437
22 Info-Bio Ce qui est sûr, en tout cas, c est que les interventions qui visent à régénérer des tissus malades ou défaillants ne sont pas gratuites. Quel que soit le pays où elles sont pratiquées (Chine, Russie, Pérou, Dubaï, etc.), elles se chiffrent en dizaines de milliers de dollars. Cela mène à penser qu à défaut d être médical, le succès peut au moins être financier. Cela ne signifie pas pour autant que les médecins qui initient ce genre de traitement sont des escrocs ou des charlatans; il est même certains que plus d un d entre eux y a été poussé par des patients pour lesquels aucun autre espoir de guérison ou, du moins, de mieux être, n était promis. Ils se sont offerts comme cobayes jouant leur va-tout. Dans un tel contexte et dans la mesure où la législation du pays concerné présente quelques lacunes, la tentation est forte de se laisser entraîner. Mais qu on le sache: peu de traitements reposant sur ces cellules-aux-lendemains prometteurs sont d ores et déjà validés. Les sommes demandées en contrepartie d une intervention sont donc souvent le prix d un simple espoir The Lancet 373: Le tabac, encore et toujours Il devrait être inutile de revenir encore sur les méfaits sanitaires du tabac dont on a définitivement établi qu il est la seconde cause de mortalité dans le monde. 4,83 millions de décès lui seraient directement attribués chaque année, soit un toutes les 6 à 7 secondes. Cela devrait idéalement mener à une prise de conscience. Une autre façon de renforcer celle-ci est d évoquer des valeurs importantes, pour marquer les esprits. Dans ce cadre, la Chine fait évidemment figure de parangon par sa démographie, mais aussi par le tabagisme qui demeure important, surtout chez les hommes. Une étude vient d être réalisée sur l évaluation de la mortalité dans ce pays en rapport avec l habitude tabagique. Elle a porté sur un échantillon représentatif de près de individus des deux sexes, âgés de plus de 40 ans. Ils ont été suivis en 1991, puis en afin d établir la mortalité imputable au facteur incriminé, en tenant compte de l importance de la consommation, du sexe et d autres facteurs de variabilité. À la lueur des résultats dégagés, il apparaît qu il existe une mortalité dose-réponse associée à l usage du tabac et de la cigarette en particulier hommes et femmes seraient décédés en 2005 des suites de cette seule assuétude. Le cancer est bien entendu la cause la plus fréquente de mortalité recensée, avant les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Avec 1,3 milliard d habitants, la Chine est le plus gros producteur et consommateur mondial de tabac. Cela explique évidemment l importance des valeurs évoquées. Il n empêche que les pathologies mortelles sont les mêmes dans tous les pays, rapportées à la taille de leur population. L étude le montre: le risque est lié à la quantité de tabac consommée. Cesser de sacrifier au penchant tabagique est incontestablement un excellent moyen de diminuer définitivement la dose. Si quelques ados qui entament ce genre de consommation pouvaient en prendre conscience. N Engl J Med 360 (2): Petites mais pas mignonnes Il y a longtemps déjà qu'on suspecte les fines particules en suspension dans l'air (d'une taille égale ou inférieure à 2,5 microns) d'être dommageables pour la santé. Bien qu'inertes (encore que, pas toujours), elles viennent s'accumuler dans les alvéoles pulmonaires où elles restent à demeure, créant des foyers inflammatoires multiples et de stress oxydatif. Il peut aussi s'agir de particules dont les propriétés chimiques peuvent s'ajouter à celles qui sont uniquement irritatives. Depuis plus d'une vingtaine d'années, des règles d'hygiène et de sécurité ont progressivement mené à une réduction des émissions multiples et surtout industrielles dont les pays occidentaux, au moins, peuvent se prévaloir. C'est ce qui a donné l'idée à des épidémiologistes de vérifier si un gain réel peut être mis de façon significative en évidence. Plusieurs études rapportent des résultats en la matière, parfois couplés aux effets d'autres «polluants» associés. L'une d'entre elles a pris en compte la concentration en particules fines dans l'air de plus de 200 comtés américains dans les années et l'a confronté à celle de la décennie Le taux de mortalité a été relevé pour les mêmes 438
23 Info-Bio régions et les mêmes périodes, en tenant compte des facteurs discriminants habituels que sont, par exemple, le niveau socio-économique et l'incidence du tabagisme. Les résultats sont plutôt satisfaisants puisqu'il apparaît que toute réduction de 10 microgrammes de particules fines par mètre cube (10 µg/mδ) augmente l'espérance de vie d'un peu plus de 7 mois. (0,61 année). Cela peut paraître peu, dans l'absolu, mais ce facteur doit évidemment être multiplié par autant de fois que la concentration a été réduite de 10 µg. Il va par ailleurs de soi qu'il existe d'autres moyens de diminuer la durée d'exposition; si on ne peut échapper à une atmosphère assez chargée dans la zone où on travaille, on peut la réduire en se choisissant - si c'est possible - une habitation qui en est éloignée ou qui se trouve au moins à proximité d'une zone verte (parc, forêt) qui en atténue un peu les effets. Enfin, ces effets bénéfiques identifiés sont évidemment peu de choses face au risque associé au tabagisme. L'air que l'on respire chez nous n'est sans doute pas encore celui que l'on peut respirer du côté de l'antarctique, mais on s'en approche, c'est sûr! N Engl J Med. 360 (4): N Engl J Med 360 (4): Glaciers prolifiques La fonte des glaciers suivie avec angoisse par les climatologues ne fait pas que des malheureux. Dans les Alpes, aux confins de l'italie, de la Suisse et de la France, les glaciers qui régressent laissent derrière eux un lit de moraines, mais aussi une foule d'objets abandonnés là par l'homme - sans doute bien involontairement - depuis quelques millénaires. Les passages, sont évidemment les plus riches en ce genre de vestiges et rien que dans la passe Schnidejoch, en Suisse, on en a découvert plus de 300, de tous les âges. C'est notamment là qu'on a identifié le plus ancien: des éléments d'une chaussure datée d'il y a 4500 ans avant notre ère (fragment cicontre), soit un millénaire environ avant le célèbre Ötzi, l'homme des neiges retrouvé momifié et donc plutôt bien conservé. Entre autres choses, on a ramassé des outils, des épingles et des armes de l'époque du bronze mais aussi des pièces romaines, ainsi que des objets ou fragments divers laissés là par des voyageurs de l'époque médiévale. Il est sûr que ce genre de découverte risque d'intéresser plus d'un promeneur vers ces passes désormais déneigées. Pour y découvrir un trésor? Mystère Science 321: Allez, les filles! La politique de l'enfant unique initiée en Chine en 1980 continue, aujourd'hui encore, d'induire des effets considérables dans la population, même si une tentative d'inversion a été promulguée dès À l'heure actuelle, on estime en effet à 30 millions le nombre d'hommes qui ne trouvent pas d'épouse. Le sex ratio serait encore de 120 garçons pour 100 filles. L'enfant mâle demeure un «premier choix culturel» aidé par l'échographie et l'avortement sélectif - pourtant interdit - ou par l'accès moins systématique aux soins médicaux pour les petites filles. Aujourd'hui, des incitants financiers existent et sont proposés aux couples qui acceptent de se satisfaire de la naissance d'une fille, prêts - pourquoi pas et de surcroît - à lui autoriser aussi l'accès à des études faisant d'elle autre chose que la possible génitrice d'un enfant mâle. Les choses devraient changer, c'est sûr, notamment sous la pression d'organisation «profilles» et l'ouverture à une conscience d'égalité. Mais il est tout aussi sûr que cela prendra du temps. Les traditions ont en effet souvent la vie dure! Science 2009; 323: Jean-Michel DEBRY [email protected] 439
24 Psychopathologie cognitive L'enfer, c'est les autres... La phobie sociale ruine des vies et des carrières professionnelles. Probablement n'est-elle que le dernier maillon d'un continuum dont le premier échelon serait la simple timidité. Une jeune discipline, la psychopathologie cognitive, montre que, à côté d'autres facteurs, le fonctionnement cognitif est impliqué dans la survenue et le maintien des états d'anxiété sociale Rougir et transpirer quand une personne qui ne vous est pas familière engage la conversation avec vous, s'isoler dans un coin en cas de participation à une réception, rester muré dans le silence pendant une réunion de travail, être tétanisé à l'idée de devoir prononcer un discours en public, ne pas oser demander un renseignement dans un magasin... L'existence est lourde lorsque tout le poids d'une phobie sociale (PS) vous fait courber l'échine. À l'occasion des interactions sociales avec d'autres personnes, vous vous sentez sans cesse observé, jugé, évalué négativement. Aussi avez-vous tendance à vous tenir à l'écart, à éviter les contacts. Votre vie sociale et professionnelle ne peut qu'en pâtir. Selon la quatrième édition du Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Desorders (DSM- IV), publié par l'association américaine de psychiatrie, la phobie sociale se définit comme «une peur persistante et intense d'une ou plusieurs situations sociales ou bien de situations de performance durant lesquelles le sujet est en contact avec des gens non familiers ou bien peut être exposé à l'observation attentive d'autrui. Le sujet craint d'agir (ou de montrer des symptômes anxieux) de façon embarrassante ou humiliante.» Début précoce On scinde classiquement les PS en une forme généralisée, qui touche un large éventail de situations sociales, et une forme spécifique, qui concerne une, voire quelques situations bien circonscrites, telle la peur de parler en public. Envisagée globalement, la phobie sociale est le trouble anxieux le plus fréquent et, ainsi qu'on peut le lire dans le deuxième tome du Traité de psychopathologie cognitive (1), elle se classe en troisième position parmi tous les troubles psychiatriques, après le trouble dépressif majeur et la dépendance alcoolique. La PS est à prédominance féminine, puisque, selon la littérature scientifique, elle toucherait trois femmes pour deux hommes. Il s'agit d'un trouble chronique dont la durée moyenne serait d'environ 20 ans. En outre, elle s'accompagne souvent d'autres troubles psychopathologiques parmi lesquels les plus fréquents sont, par ordre décroissant, les autres troubles anxieux, les troubles de l'humeur et les troubles liés à l'abus de substances. La plupart du temps, la phobie sociale connaît un début précoce - elle éclot habituellement à l'adolescence, à un âge moyen compris entre 15 et 18 ans. Toutefois, il arrive qu'elle soit diagnostiquée bien plus tôt encore, chez des enfants âgés de 8 ans à peine, et que chez des enfants de 2 ou 3 ans, une timidité extrême alliée à une réticence sociale en trace le sillon. «De façon plus générale, de très jeunes enfants présentent ce qu'il est convenu d'appeler un tempérament évitant: ils manifestent de la peur, de l'évitement ou de la réticence face à des situations, des personnes ou des objets non familiers, explique Arnaud D'Argembeau, chercheur qualifié au Fonds de la recherche scientifique (F.R.S.-FNRS). Il est acquis que cette prédisposition, qualifiée d'inhibition comportementale, augmente la probabilité de souffrir par la suite d'une anxiété sociale élevée pouvant même Martial Van der Linden. Courriel: mvanderlinden.@ ulg.ac.be ou martial. vanderlinden@ unige.ch 440
25 Psychopathologie cognitive s'avérer être une phobie sociale.» Le professeur Martial Van der Linden, responsable de l'unité de psychopathologie et neuropsychologie cognitive à l'université de Genève ainsi que du Secteur de psychopathologie cognitive à l'université de Liège (ULg), précise par ailleurs que la présence d'anxiété sociale prédispose au développement d'un état clinique de phobie sociale tel que défini par les critères du DSM-IV. Ce qui semble corroborer l'idée d'un continuum allant de la simple timidité à la PS. Un versant cognitif Les facteurs de risque associés au développement et au maintien de la phobie sociale sont nombreux. Les études mettant en scène des jumeaux monozygotes, de même que celles qui se sont centrées sur les parents au premier degré d'individus souffrant de ce trouble, soulignent l'existence d'une prédisposition génétique à en être atteint. Ainsi, à la lumière des travaux de Murray B. Stein, de l'université de Californie, à San Diego, l'incidence de la PS généralisée serait dix fois plus importante chez les parents au premier degré de personnes souffrant ellesmêmes de PS (2). Cependant, la génétique n'explique pas tout, loin s'en faut. La preuve en est que, comme le rapportent Arnaud D'Argembeau et Martial Van der Linden, «la majorité des parents au premier degré et la majorité des jumeaux monozygotes des individus diagnostiqués PS ne présentent pas le trouble». De surcroît, les deux psychologues soulèvent une «question subsidiaire»: la prédisposition génétique observée est-elle spécifique de l'anxiété sociale ou sous-tend-elle une propension plus générale à ressentir des affects négatifs? Quittons le monde des gènes. Quelles sont les autres variables impliquées? D'une part, le type de tempérament - nous avons parlé du tempérament évitant. D'autre part, des expériences sociales qui se sont révélées négatives, l'individu ayant éprouvé le sentiment de mal maîtriser la situation, d'avoir été ridiculisé, humilié. Songeons par exemple à un exposé scolaire qui a suscité la risée de la classe. Autre élément encore: un mode d'éducation inapproprié. Plusieurs travaux ont notamment montré que l'environnement familial des patients PS était soit davantage «rejetant» et émotionnellement distant, soit, à l'opposé, surprotecteur et possessif. Quoi qu'il en soit, l'étiologie de la phobie sociale ne se réduit pas à un seul facteur de risque; au contraire, elle est le fruit d'un ensemble de variables en interaction, chacune d'entre elles prise isolément ne constituant ni une condition nécessaire ni une condition suffisante au développement du trouble. La PS ne comprend-elle pas aussi un versant cognitif? La réponse est oui. Pourtant, celui-ci était pratiquement inexploré avant la naissance, il y a une quinzaine d'années, de la psychopathologie cognitive. Cette jeune discipline s'inspire directement des concepts et méthodes de la psychologie cognitive et, plus largement, des sciences et neurosciences cognitives. Comment la situer plus précisément? Une approche particulièrement influente en psychiatrie, l'approche biologique, s'efforce d'expliquer une symptomatologie clinique complexe à partir de changements neurobiologiques de base, par exemple un hyperfonctionnement dopaminergique (3) dans le cas de la schizophrénie. Mais cette affection se manifeste par une grande hétérogénéité de ses symptômes, les uns dits positifs (hallucinations, délires, discours et comportement désorganisés), les autres qualifiés de négatifs (repli sur soi, perte de motivation, pauvreté du discours, émoussement des affects). Bref, cette vision kaléidoscopique de la schizophrénie semble souligner un hiatus entre le foisonnement et la complexité des symptômes cliniques, d'une part, et, d'autre part, la simplicité de l'explication. Partant de ce constat, la psychopathologie cognitive vise à introduire un niveau explicatif intermédiaire, celui du fonctionnement cognitif. Ainsi, grâce aux modèles sur lesquels elle s'appuie et à ses avancées propres, elle ambitionne de servir de trait d'union entre la symptomatologie clinique des états psychopathologiques et les facteurs biologiques. L'échelle de la timidité Il y a quelques mois, furent publiés les deux tomes du Traité de psychopathologie cognitive (4), lequel représente une première en langue française et, pour l'heure, ne connaît pas d'équivalent en anglais. Les éditeurs de ces deux volumes, dont le premier fournit des bases conceptuelles et méthodologiques et le second, une approche de symptomatologies diverses, comme l'état de stress post-traumatique, le trouble obsessionnel-compulsif (TOC), la schizophrénie, la dépression, l'anxiété généralisée ou la phobie sociale, sont Martial Van der Linden (Liège, Genève) et Gracia Ceschi, de l'université de Genève. Arnaud D'Argembeau Courriel: a.dargembeau@ ulg.ac.be 441
26 Psychopathologie cognitive Dans le second tome du traité, Arnaud D'Argembeau et Martial Van der Linden ont rédigé un chapitre où ils dressent l'état des connaissances relatives au fonctionnement cognitif dans la phobie sociale. L'idée maîtresse qui ressort des théories cognitives des troubles anxieux est que des «croyances dysfonctionnelles» et des «biais cognitifs» dans le traitement des informations sociales contribuent au développement, au maintien et à la récurrence de ces troubles. «En effet, dit Arnaud D'Argembeau, ces deux types de dysfonctionnements cognitifs vont amener l'individu à considérer les situations sociales comme une menace, celle d'être évalué négativement par autrui.» Précisons les concepts. En psychopathologie cognitive, les biais cognitifs (d'attention, de jugement et d'interprétation, de mémoire...) renvoient à des situations dans lesquelles le sujet traite préférentiellement certains types d'informations au détriment d'autres, privilégiant par exemple celles qui revêtent une connotation négative ou éveillent l'idée de danger. Pour leur part, les croyances dysfonctionnelles se fondent sur un ensemble complexe d'associations entre concepts, qui sont stockées en mémoire sémantique (5) et confèrent une coloration particulière à la lecture que le sujet a du monde et de luimême, en modulant son fonctionnement cognitif, affectif et relationnel. Ainsi, chez les patients atteints de troubles obsessionnels-compulsifs, on observe très souvent un sens hypertrophié de la responsabilité personnelle. La psychopathologie cognitive suit également un troisième fil rouge, les déficits cognitifs, mais cette piste n'a pratiquement pas été explorée à ce jour dans le cadre des recherches sur l'anxiété sociale et sa manifestation paroxystique, la PS. Ces déficits traduisent l'incapacité de réaliser certaines fonctions cognitives de base, quel que soit le contenu de l'information à traiter. Par exemple, la mémoire peut être déficiente dans une de ses composantes. Avant de pénétrer plus avant dans l'univers des biais cognitifs et des croyances dysfonctionnelles impliqués dans la phobie sociale, une question préliminaire mérite d'être soulevée: existet-il un «continuum de la timidité»? En d'autres termes, n'y aurait-il guère que des différences quantitatives entre toutes les manifestations d'anxiété sociale, de la «simple» timidité (6) - sa prévalence est de 40 à 50% dans la population générale - jusqu'à la PS généralisée et au trouble de personnalité évitante? Bien que certains auteurs revendiquent la présence de différences qualitatives fondamentales entre ces difficultés psychologiques, un large consensus se dégage pour voir dans ces dernières l'expression, à des degrés divers, d'un même phénomène. «Des déficits dans les habiletés sociales, un évitement des situations sociales, ainsi que des cognitions reflétant une peur des évaluations négatives sont présents aussi bien chez les personnes timides que chez les personnes ayant une PS», écrivent Arnaud D'Argembeau et Martial Van der Linden (7). Focalisation sur soi Le modèle cognitif «classique» de la phobie sociale a été proposé en 1995 par David M. Clark, du King's College London, et Adrian Wells, de l'université de Manchester. Pour Clark et Wells, les patients PS nourrissent certaines croyances dysfonctionnelles bien précises. Premièrement, ils ont des standards excessivement élevés concernant ce que l'on attend d'eux dans les situations sociales. «Ils ont l'impression que les autres personnes escomptent qu'ils seront parfaits, ne laisseront transparaître aucun signe de faiblesse», précise Arnaud D'Argembeau. Deuxièmement, ils développent des croyances conditionnelles à propos des évaluations sociales («Si je me trompe dans mon exposé, les autres vont me ridiculiser») et des croyances inconditionnelles à leur propre sujet («Je ne suis pas intelligent»). Comme l'indique Martial Van der Linden, la conjonction de ces éléments conduit l'individu à assimiler les situations sociales à une source de danger et, partant, à éprouver de l'anxiété lorsqu'il y est confronté ou en passe de l'être, mais aussi, si faire se peut, à les éviter. Le modèle de Clark et Wells insiste par ailleurs sur l'existence de plusieurs biais cognitifs tendant à perpétuer les croyances erronées et l'anxiété subséquente. De nombreuses études expérimentales se sont attachées à en tester la réalité. Quoique certaines d entre elles s'avèrent parfois contradictoires, la présence de biais attentionnels ainsi que de biais de jugement et d'interprétation ne semble plus faire de doute dans l'anxiété sociale et, en particulier, dans la PS. 442
27 Psychopathologie cognitive Biais attentionnels. Quand elles sont plongées dans une interaction sociale, les personnes en proie à une anxiété relative à ce type de situation focalisent préférentiellement leur attention sur leurs propres apparence, comportements et manifestations d'anxiété - tremblements, voix qui chevrote... -, au détriment des signaux, éventuellement positifs, renvoyés par autrui - signes d'assentiment, etc. Selon les données expérimentales, cette focalisation sur soi constituerait le second acte d'une pièce qui débuterait par un traitement précoce et automatique privilégiant les informations sociales négatives - quelqu'un a bâillé dans l'assistance, par exemple. Dans un deuxième temps, les phobiques sociaux détourneraient leur attention des indices sociaux dans le but de réduire leur anxiété. Processus qui serait voué à l'échec en raison de l'attention délétère qu'ils polarisent sur eux-mêmes. Un signal de danger et que l'assistance détectera les signes physiques de son désarroi, ce qu'il assimilera à un discrédit et une humiliation. Biais mnésiques La question des biais de mémoire demeure très controversée, dans la mesure où les données expérimentales actuellement disponibles peuvent paraître contradictoires. Les études réalisées à ce jour empruntent fréquemment des voies méthodologiques différentes quant au type de stimuli utilisés, au mode d'encodage et de récupération des souvenirs ou encore à l'induction ou à la noninduction d'un état d'anxiété sociale durant la tâche - ainsi, on peut dire au sujet qu'il devra prononcer un discours trente minutes plus tard. Ce manque d'uniformité pourrait expliquer les divergences constatées. Il convient donc de déceler et de mieux comprendre les facteurs à l'origine de celles-ci. Phobie sociale Un site francophone avec un forum anonyme pour exprimer des problèmes. phobiesociale.org/ Des biais de jugement et d'interprétation cohabitent avec les biais attentionnels. Ils sont de différentes natures, mais convergent vers un point cardinal: une perception négative des interactions sociales, qui sont jugées à travers un prisme déformant. Les situations sociales sont souvent riches en indices pouvant être interprétés de diverses manières. En ce sens, elles constituent un terreau fertile à l'éclosion d'erreurs d'interprétation. «Les modèles cognitifs proposent que les patients PS ont tendance à interpréter de façon excessivement négative les situations sociales et à surestimer les conséquences négatives de ces situations, ce qui contribue au développement et au maintien de l'anxiété sociale», peut-on lire dans le Traité de psychopathologie cognitive. Dans ce cadre, que recouvre exactement la notion de biais d'interprétation? Une propension à donner un sens négatif aux événements ambigus. Un auditeur qui vous fixe longuement vous témoigne-t-il de l'intérêt ou de l'hostilité? Le plus souvent, le patient PS verra dans ce regard insistant une marque d'agressivité. Martial Van der Linden va même plus loin: il émet l'hypothèse qu'un sourire accueillant qui, par définition, reflète une émotion positive, puisse être perçu par l'anxieux social comme un signal de danger - l'imminence d'une interaction sociale avec une personne non familière. Les biais de jugement, eux, traduisent une surestimation de la probabilité d'occurrence d'événements sociaux négatifs et des conséquences, elles aussi négatives, sur lesquelles ils déboucheront. Par exemple, un patient PS considérera a priori que s'il est appelé à prendre la parole en public, son intervention se soldera par un échec Nonobstant, plusieurs travaux font état de différences significatives sur le plan mnésique entre sujets faiblement et fortement anxieux socialement. Datant de 2006, l'une de ces études est l'œuvre d'arnaud D'Argembeau, de Martial Van der Linden, de Mathieu d'acremont et d'isabelle Mayers. Quels en sont les résultats essentiels? Comme les deux premiers cités l'écrivent dans le Traité de psychopathologie cognitive (8), «les souvenirs d'événements sociaux des patients PS comportent moins de détails sensoriels et davantage d'informations relatives à soi-même par rapport aux souvenirs d'événements sociaux des sujets contrôles. De plus, les (1) Arnaud D'Argembeau et Martial Van der Linden, Le fonctionnement cognitif dans la phobie sociale, dans Traité de psychopathologie cognitive, tome II, Éditions Solal, Marseille, (2) Idem. (3) Par référence à une production excédentaire de dopamine, un des neurotransmetteurs du cerveau. (4) Traité de psychopathologie cognitive (2 tomes), sous la direction de Martial Van der Linden et Gracia Ceschi, Éditions Solal, Marseille, (5) En 1995, le chercheur canadien Endel Tulving suggéra l'existence de cinq systèmes de mémoire principaux: les mémoires épisodique, sémantique et procédurale, les systèmes de représentation perceptive et la mémoire de travail. En l'occurrence, la mémoire sémantique servirait à l'acquisition de connaissances générales sur le monde et renfermerait une carte cognitive des lieux connus - villes, maisons, etc. (6) La timidité est définie ici comme une anxiété et un inconfort dans les situations sociales. (7) Arnaud D'Argembeau et Martial Van der Linden, Le fonctionnement cognitif dans la phobie sociale, op.cit. 443
28 Psychopathologie cognitive Anxiété sociale Un autre site francophone plus complet, avec une information très diversifiée. anxietesociale.org/ (8) Idem. (9) Idem. (10) Idem. (11) La mémoire autobiographique d'un individu peut se définir comme la mémoire de toutes les informations personnelles relatives à son passé. personnes PS centrent davantage leurs souvenirs sur une représentation visuelle d'ellesmêmes (perspective d'observateur) et présentent un biais de mémoire pour les informations relatives à soi plutôt qu'à autrui.» Ces résultats expérimentaux sont en accord avec le modèle de la PS proposé en 1995 par Clark et Wells (voir supra). Arnaud D'Argembeau et Martial Van der Linden en déduisent que «les personnes anxieuses sociales se focalisent vraisemblablement davantage sur elles-mêmes lors de l'expérience initiale et de la récupération subséquente des situations sociales, favorisant ainsi l'encodage et la consolidation en mémoire des informations se rapportant à soi-même, au détriment des indices provenant des autres et de l'environnement externe» (9). Les deux chercheurs concluent que «ces différences d'expérience subjective lors de la remémoration des situations sociales conduisent probablement les personnes anxieuses sociales à exagérer l'importance des informations relatives à leur apparence et à leur comportement (en particulier dans leurs aspects négatifs), contribuant ainsi à maintenir une conception déformée de leurs interactions sociales» (10). Voies thérapeutiques Prenons l'exemple d'un anxieux social appelé à s'exprimer verbalement lors d'une réunion de travail. Le souvenir qu'il gardera de cet épisode sera vraisemblablement celui que se forgerait un observateur extérieur qui le verrait rougir, bafouiller, transpirer et qui, de surcroît, occulterait les signes d'assentiment éventuel émanant de l'assistance. Aussi l'anticipation de situations sociales futures de même nature, voire autres, sera-t-elle bâtie sur des a priori négatifs, comme si le pire était à venir. En effet, ainsi que l'indique Martial Van der Linden, c'est à partir d'épisodes passés que l'on construit ses représentations du futur. Nous rejoignons ici la notion de conscience autonoétique, cette faculté de se projeter dans le passé et de s'y voir agissant, Arnaud D'Argembeau et Martial Van der Linden défendant la thèse que se représenter dans le passé et s'imaginer dans l'avenir relèvent de processus intimement liés. Le responsable des unités de psychopathologie cognitive des Universités de Liège et de Genève tient en outre à mettre en exergue un autre concept: les self-defining memories. De quoi s'agit-il? De souvenirs autobiographiques (11) très vivaces et souvent récapitulés qui, étant en lien direct avec des préoccupations persistantes ou des conflits non résolus de la personne qui les nourrit, ont la propriété de bien la définir. Si l'on demande à un patient PS de raconter un souvenir qui le caractérise, il est très probable - l'hypothèse n'a pas encore été vérifiée - que l'épisode rapporté ait trait à une situation sociale passée qui a tourné à sa confusion. Les études montrent par ailleurs que, de manière générale, les self-defining memories se réfèrent souvent à des situations s'étant produites très précocement dans la vie de l'individu. «Ce constat n'est pas sans conséquence sur le versant thérapeutique de l'anxiété sociale, explique Martial Van der Linden. Dans des travaux anglais très récents, des psychologues se sont efforcés d'aider les patients à remodeler ces images mentales et à en changer l'interprétation - Ça s'est passé lorsque vous étiez adolescent, le contexte a changé... Au cours des deux dernières années, quelques études ont mis en lumière les effets bénéfiques de cette approche.» Une deuxième piste thérapeutique prônée par la psychopathologie cognitive consiste à restructurer les croyances du patient PS, notamment en le convainquant de diminuer ses standards à propos de ce qu'on attend de lui dans les situations sociales. Enfin, une autre intervention a pour cible les images négatives que le patient s'est forgées de soi en raison de biais cognitifs. La vidéo est utilisée pour le rendre conscient des discordances entre la réalité et les représentations véhiculées par ses souvenirs. Actuellement, les thérapies cognitivo-comportementales se taillent la part du lion dans le traitement de l'anxiété sociale. Elles misent principalement sur des techniques de restructuration cognitive pour tenter de réduire les croyances dysfonctionnelles du patient et sur l'exposition progressive de ce dernier aux situations qu'il abhorre, pour l'y désensibiliser. Bien que cette approche rencontre des succès, Martial Van der Linden et Arnaud D'Argembeau considèrent qu'elle élude la question du non-conscient. «L'exposition et la restructuration rationnelle ne suffisent pas, car elles ne s'attaquent qu'à la partie émergée de l'iceberg, estiment-ils. En effet, lorsqu'on a derrière soi une longue carrière de phobique social, les biais cognitifs peuvent s'être automatisés, ressortir à l'inconscient. Dans ce cas, le patient ne paraît pas accessible au raisonnement. Il s'agit alors de faire de l'intervention visant à une désautomatisation des processus impliqués.» Encore une fois, la psychopathologie cognitive ambitionne de combler un vide dans l'explication et dans la prise en charge des états psychopathologiques. Aussi ne s'inscrit-elle pas sur les chemins de l'antagonisme, mais de la complémentarité. Philippe LAMBERT [email protected] 444
29 Oncologie Radiothérapie : le temps des révolutions Voilà plus d'un siècle que la radiothérapie occupe une place de choix dans l'arsenal thérapeutique en oncologie. On estime que 50 à 70% des patients chez qui a été posé un diagnostic de cancer seront confrontés à un traitement reposant sur cette modalité. Aujourd'hui, la radiothérapie connaît une véritable révolution fondée sur d'importants progrès technologiques Fondamentalement, la radiothérapie revêt deux formes majeures: la radiothérapie externe, qui est la plus employée, et la radiothérapie interne (curiethérapie). Dans le premier cas, l'origine du rayonnement délivré au malade est extérieure à ce dernier. Il peut tout d'abord s'agir d'une source naturelle de radioactivité, tel le cobalt 60, support d'une technologie très utilisée dans les années 60 et 70 mais désormais désuète, même si elle conserve quelques indications. Les années 80 ont présidé au développement d'une autre solution: les accélérateurs linéaires de particules, qui permettent l'obtention de faisceaux d'énergies variables allant de 6 à 25 mégavolts. En clair, les particules - des électrons - acquièrent une importante énergie par accélération linéaire dans un tube sous vide. De deux choses l'une. Soit on utilise tel quel ce faisceau d'électrons en thérapie anticancéreuse, soit on provoque la collision des particules sur une cible, ce qui se traduit par une forte perte d'énergie sous forme de chaleur, mais aussi par la formation de rayons X de hautes énergies (photons) propices à un emploi en radiothérapie. interstitielle. La première consiste à amener une source radioactive (de l'iridium, par exemple) dans une cavité atteignable par voie endoscopique, aussi près que possible de la zone malade (œsophage, bronches, sphère gynécologique...). Pourra ainsi être appliquée une dose de radioactivité qui soit à la fois relativement élevée au niveau de la tumeur et rapidement décroissante en profondeur. La curiethérapie interstitielle? Elle est basée sur l'implantation, sous narcose, de guides en plastique par lesquels une source radioactive est acheminée vers le site tumoral pour une durée déterminée. Exemple typique: le cancer du sein. Après avoir irradié dans un premier temps l'intégralité de la glande mammaire par des faisceaux de photons tangentiels opposés, on est amené à proposer un complément de dose sur le site primaire de la lésion tumorale, plus à risque d'être le berceau d'une future récidive. Lorsqu'une irradiation complémentaire par un faisceau d'électrons est impossible parce que le ou les foyers à risque élevé de rechute sont trop profonds, la curiethérapie interstitielle permet de contourner l'écueil. Accélérateur linéaire doté d'un système d'imagerie embarqué. De multiples faisceaux Afin de limiter au maximum l'atteinte des tissus sains avoisinants, la radiothérapie externe par accélérateur linéaire met en œuvre aujourd'hui de multiples faisceaux délivrés séquentiellement pour irradier la cible sous différents angles. De cette façon, les faisceaux se superposent et s'additionnent sur la région à traiter, tandis que la dose d'irradiation des différentes régions du corps traversées sur le chemin de la cible et au-delà est diluée. La radiothérapie interne, elle, se conjugue sur deux modes: les curiethérapies endocavitaire et 445
30 Oncologie Le professeur Philippe Coucke. Courriel: Le principe de la radiothérapie est d'empêcher les cellules cancéreuses de se multiplier en provoquant des cassures simple-brin ou doublebrin de leur ADN. Or qui dit cassure dit tentative de réparation. «Au départ, la cellule tumorale a déjà des altérations au niveau de son ADN, à telle enseigne qu'il est fort probable que son système de réparation ne soit que partiellement efficace, voire absolument inefficace, souligne le professeur Philippe Coucke, chef du service de radiothérapie du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Liège. En revanche, les cellules saines touchées par l'irradiation pourront généralement réparer les «dégâts» qui leur ont été occasionnés, pour autant que ceux-ci ne soient pas trop importants et que le système de réparation ne soit pas saturé.» L'atteinte irréversible de cellules saines fait le lit des toxicités aiguë et tardive (1) consécutives au traitement, ainsi que celui de l'induction d'une éventuelle malignité secondaire, fort heureusement peu fréquente. Le risque pour le patient de développer à moyen ou à long terme un cancer radio-induit est évalué actuellement à 1,5%. Aussi l'approche thérapeutique est-elle articulée autour d'un rapport de nature «coût-bénéfice». On sait par exemple que la radiothérapie réduit d'un facteur 4 le taux de rechute locale dans le cancer du sein après chirurgie. L'art de la radiothérapie consiste donc, par l'optimisation de la balistique, à délivrer la dose irradiante la plus élevée possible au niveau du volume cible et, parallèlement, à épargner au maximum les tissus sains avoisinants. La fin des dogmes Sillonnons à présent les voies du futur. Ces dernières années, la radiothérapie externe - c'est sur elle que nous centrerons le propos - est entrée dans une ère nouvelle. Le professeur Coucke n'hésite pas à parler de révolution. Jusqu'il y a peu prévalaient trois dogmes qui sont battus en brèche aujourd'hui. Le premier est celui de l'immobilité de la cible: on ne jugeait pas nécessaire de tenir compte des mouvements respiratoires du patient si ce n'est implicitement, en définissant des champs d'irradiation relativement larges afin de s'assurer que la cible était bien touchée. Inutile de préciser que, dans ces conditions, le volume de tissu sain irradié était important. «On peut même penser que, dans certains cas, notre action était délétère», fait remarquer le chef du service de radiothérapie du CHU de Liège. Ce n'est qu'à partir des années 2000 que l'idée de prendre en considération les mouvements respiratoires dans l'administration des traitements a commencé à occuper les esprits. Deuxième dogme: le volume tumoral est parfaitement homogène et, dès lors, il faut lui administrer partout une dose de radiothérapie tout aussi homogène. Il suffit pourtant d'observer une tumeur au microscope pour se persuader de la grande hétérogénéité du tissu malade et se convaincre de la nécessité de bousculer le postulat d'une radiosensibilité égale en tout point de la cible. Même si sa résolution reste insuffisante, l'imagerie métabolique permet désormais d'établir une cartographie de l'hétérogénéité tumorale. Alliées aux nouvelles techniques de distribution des doses d'irradiation (voir infra) et à l'imagerie structurelle (scanner et imagerie par résonance magnétique nucléaire), la tomographie par émission de positons (PET scan) et l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), notamment, rendent en effet réalisable une radiothérapie adaptée à la morphologie et au métabolisme du volume cible, ainsi qu'à la prolifération tumorale. «Il est devenu possible de distribuer des doses inhomogènes au niveau de la cible, en particulier en délivrant des doses supplémentaires aux zones réputées radiorésistantes en raison de leur capacité de prolifération ou de leur manque d'oxygénation», précise le professeur Coucke. Jusqu'il y a peu, les doses de radiothérapie dispensées au patient se référaient à des standards de traitement - pour tel organe, x grays (2) répartis sur un certain nombre de semaines. Bâtie sur l'expérience clinique, la moyenne faisait loi, si bien, nous l'avons vu, qu'on ne considérait ni le profil individuel du patient ni les caractéristiques de sa tumeur. Et l'on ne considérait pas non plus la réponse de la cible à l'irradiation. Quelle qu'elle fût, aucune adaptation n'était donc envisageable: ainsi le voulait le troisième dogme. Dorénavant, la radiothérapie ambitionne d'évoluer vers plus de dynamisme et d'interactivité. Pourquoi ne pas utiliser l'imagerie métabolique pour évaluer la réponse tumorale durant le traitement et moduler ce dernier zone par zone? D'où l'éclosion du concept anglo-saxon d'«adaptative radiation therapy» - radiothérapie adaptative. Attaquer les dogmes est une chose, être armé pour en faire fi dans la pratique clinique en est une autre. Ainsi, est-on techniquement en mesure d'asservir la radiothérapie à la respiration du patient? Le réponse est oui. À l'occasion de la planification du traitement, il convient notamment de déterminer où la lésion à 446
31 Oncologie cibler se trouve exactement lors de chaque phase du cycle respiratoire. Cet objectif est atteint par le couplage de deux techniques. D'une part, le scanner. D'autre part, l'enregistrement des mouvements respiratoires à l'aide de capteurs. «En corrélant l'ensemble des données recueillies, certains logiciels sont à même de définir les coordonnées cartésiennes de la cible à tout moment du cycle respiratoire et, partant, de planifier une radiothérapie en quatre dimensions», commente Philippe Coucke. Tracking respiratoire Encore faut-il pouvoir passer de la planification à l'exécution. Trois possibilités existent. La première consiste à demander au patient de bloquer sa respiration à un certain niveau d'inspiration ou d'expiration et à irradier la tumeur à ce moment précis. Cette solution est relativement aisée à mettre en œuvre pour autant que le patient soit compliant et puisse contrôler sa respiration, ce qui pose souvent problème - en particulier s'il s'agit d'une tumeur pulmonaire ou si le malade est porteur de comorbidités respiratoires. Une deuxième approche est le gating respiratoire. Quel en est le principe? Capteurs à l'appui, le radiothérapeute suit en temps réel le cycle respiratoire du patient et déclenche l'irradiation toujours au même moment du cycle, prédéterminé lors de la phase de planification. Une technique beaucoup plus sophistiquée est cependant en train de s'imposer: le tracking respiratoire. Ici, il n'est plus question de définir une phase du cycle propice à l'irradiation, mais de suivre le mouvement de la cible et d'agir en conséquence. Comment? On laisse le patient respirer librement. Des clichés radiographiques orthogonaux sont réalisés dans le but de visualiser le positionnement exact, par rapport à la cible, d'un certain nombre de repères osseux. Durant le traitement proprement dit, des clichés orthogonaux sont effectués toutes les x secondes, tandis que les mouvements respiratoires sont enregistrés en continu (capteurs). En fusionnant les informations issues de ces deux sources, un logiciel peut calculer à chaque instant les coordonnées cartésiennes du barycentre de la cible et corriger instantanément la direction du faisceau. «Ce système est totalement automatisé, commente le professeur Coucke. Monté sur un robot industriel, l'accélérateur possède un nombre infini de degrés de liberté, dans la mesure où il peut tourner autour du patient comme autour d'une sphère. Si la radiothérapie utilise classiquement 7, 8 ou 9 faisceaux d'irradiation, elle en «déploie» plus de 150 quand elle est basée sur la technique du tracking respiratoire. Dès lors, la possibilité d'irradier à haute dose un petit volume tumoral tout en épargnant davantage les tissus sains soumis à une irradiation se trouve nettement renforcée.» Comme les faisceaux qui s'entrecroisent au barycentre de la masse tumorale proviennent de plus de 150 directions différentes, la quantité de tissus sains irradiés est supérieure, mais à des doses moindres. Aussi la toxicité (effets secondaires) du traitement à court et moyen termes est-elle inférieure à celle qu'occasionne une radiothérapie classique. Par contre, le volume de tissu atteint par les faisceaux se révélant plus important, le risque de survenue de cancers radio-induits augmente. Selon les modèles biologiques, il passerait à 2,5 ou 3%, chiffre qui reste tout à fait acceptable en considération de l'effet thérapeutique escompté. Pour l'heure, le tracking respiratoire est peu répandu en Europe. Toutefois, si la technique n'a pas encore franchi les frontières belges, cela ne saurait tarder, le CHU de Liège venant de se porter acquéreur de ce type d'équipement. Inhomogénéité des tumeurs Venons-en au deuxième dogme. Dans la pratique clinique, la radiothérapie moderne est-elle capable de prendre en compte le caractère inhomogène des tumeurs? Ici aussi, la réponse est positive. Depuis plusieurs années déjà, l'avènement des «multilames» a permis de mettre en œuvre le principe dit du «dose painting» (littéralement, peindre la dose). La modulation de la forme et de l'intensité de l'irradiation est possible grâce à l'emploi d'un collimateur multilames, de petites lames en tungstène pénétrant dans le faisceau produit par l'accélérateur linéaire. De cette manière, on «dessine» la forme voulue. La modulation d'intensité, elle, résulte de réadaptations successives de la position des lames. Autrement dit, il s'agit de réduire la taille du faisceau, d'y créer un sousfaisceau qui subira à son tour le même sort, et ainsi de suite jusqu'au terme du processus. Le fractionnement du faisceau initial en de multiples sous-faisceaux successifs permettra d'attaquer le volume cible de façon inhomogène. Cette radiothérapie par modulation d'intensité (Intensity Modulated Radiation Therapy - IMRT) concerne non seulement l'irradiation de la tumeur, mais également la protection des tis- Planification 3D en vue de la préparation du traitement de radiothérapie. Radiothérapie (FR) Un très bon article de l'encyclopédie Wikipédia reprise sur de nombreux sites scientifiques. org/wiki/ Radiotherapie. 447
32 Oncologie RadiologyInfo (EN) Un des sites les plus complets sur le sujet, à destination des patients et des familles. radiologyinfo.org/ sus sains avoisinants. Par exemple, dans le cadre d'un cancer de la sphère tête et cou, le logiciel de programmation du traitement déterminera comment réaliser l'irradiation voulue au niveau tumoral tout en respectant les contraintes de dose au niveau des glandes salivaires, lesquelles se révèlent très sensibles à la radiothérapie avec le risque, en cas d'irradiation excessive, d'instauration d'une séquelle définitive: la sécheresse buccale. L'IMRT repose tantôt sur une approche statique, tantôt sur une approche dynamique. Dans le second cas, les lames du collimateur bougent pendant l'irradiation - technique du «sliding window» (fenêtre coulissante). Toutefois, la modulation d'intensité est en passe d'être déjà supplantée par d'autres techniques d'imrt. La tomothérapie en est une, mais elle est ellemême sur le point d'être dépassée. Elle combine un accélérateur linéaire et un scanner hélicoïdal. Ce système autorise un mouvement circulaire du bras d'irradiation autour du patient. Couplé à la translation longitudinale simultanée de la table (où le malade est couché), ce mouvement «permet de faire des traitements en hélice de façon comparable à l'acquisition des images par un scanner hélicoïdal en diagnostic (3)». Sa faiblesse est de ne pouvoir tenir compte des mouvements respiratoires du patient. Ces dernières années, les constructeurs d'accélérateurs ont développé un nouveau concept: l'intensity Modulated Arc Therapy (IMAT). Il se fonde sur «une approche totalement dynamique avec mouvement en continu de la tête de l'appareil autour de son axe de rotation et mouvement des lames dans le faisceau», peut-on lire sous la plume de Stéphanie Bolle, Céline Louis et Philippe Coucke dans La revue médicale de Liège (4). Enfin, revenons-en un instant au tracking respiratoire. Le recours à des collimateurs de tailles différentes permet de modifier l'intensité du faisceau et, théoriquement, de réaliser du «dose painting». Nous l'avons déjà signalé, la radiothérapie ambitionne également de battre en brèche le troisième dogme, la standardisation des traitements, en (1) Une toxicité tardive se manifeste dans 5% des cas. (2) Le gray est l'unité de mesure de la dose délivrée en radiothérapie. (3) S. Bolle, C. Louis, P.A. Coucke, Innovations technologiques en radiothérapie-oncologie, dans La revue médicale de Liège, 2007; 62: 5-6: (4) et (5) Idem. adaptant ces derniers en fonction de la réponse observée au fil de leur administration. Le principe de la radiothérapie adaptative est possible essentiellement grâce aux apports de l'imagerie - plus spécialement de l'imagerie fonctionnelle et de l'imagerie embarquée - qui permettent de détecter des changements au niveau de la tumeur. Effets synergiques Le futur porte aussi un autre nom: les faisceaux de particules ou hadronthérapie, méthode basée tantôt sur les protons, tantôt sur les ions lourds. Très onéreuses, ces technologies qui produisent des énergies de l'ordre de 200 à 400 mégaélectronvolts (dix fois plus que les accélérateurs linéaires) ne sont pas disponibles en Belgique. Dans les grandes lignes, un des avantages majeurs de la protonthérapie est que le faisceau d'irradiation est en mesure de délivrer toute son énergie, ou presque, à une profondeur déterminée. D'où l'absence d'atteintes des tissus sains situés au-delà. «L'utilisation des protons, éventuellement combinée à la modulation d'intensité, permet d'obtenir une distribution de dose comparable à l'imrt en termes de conformité au volume cible, tout en minimisant la dose intégrale dans les tissus sains environnants, écrivent Stéphanie Bolle, Céline Louis et Philippe Coucke dans l'article susmentionné. En théorie, le risque d'induction de tumeurs secondaires est donc moindre comparativement à l'imrt (5).» Une des indications classiques de la protonthérapie est le traitement de certaines tumeurs en oncologie pédiatrique. Et les ions lourds? Leur atout essentiel tient à leurs performances sur le plan radiobiologique. De fait, ils demeurent efficaces là où les protons «sont à la peine», par exemple en cas d'hypoxie au niveau du volume cible. Leur conformité à ce dernier demeure excellente. En oncologie, il est exceptionnel qu'un traitement se suffise à lui-même. Selon Philippe Coucke, chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie ont plus que jamais un avenir commun, même si l'association des deux dernières s'est parfois avérée extrêmement toxique pour les tissus sains. On assiste actuellement à l'avènement de nouvelles drogues en chimiothérapie, en particulier de drogues ciblées (sur l'angiogenèse ou la prolifération tumorale, par exemple). Parallèlement se sont développées des technologies innovantes permettant un ciblage nettement meilleur de l'irradiation des tumeurs. L'association de ces deux types de progrès balise la voie d'effets synergiques très prometteurs. Philippe LAMBERT [email protected] 448
33 Internet Deuxième partie Parents-enfants renouer le dialogue Dans le premier volet de cet article consacré aux difficultés relationnelles entre parents et enfants à propos d'internet, notamment à cause de la fracture des êtres humains entre digital natives, digital immigrants et analogistes, nous avons vu que cette fracture n'était pas sans conséquences pour l'enseignement. Et nous avons expliqué pourquoi le retour à la situation antérieure n'est pas envisageable puisque le cerveau des digital natives ne fonctionne plus comme celui des immigrants. Mais alors, comment combler ce fossé intergénérationnel? Avant que les enfants ne s'aventurent seuls en ville ou dans le métro, la plupart des parents commencent par les accompagner plusieurs fois en leur montrant les carrefours dangereux, les changements de ligne à ne pas manquer et les bonnes attitudes à adopter. Les parents apprennent la ville et ses dangers aux enfants, leur recommandent d'éviter certains quartiers, de se déplacer accompagnés, de ne pas accepter de bonbons d'un inconnu et surtout, de ne pas suivre une personne au comportement bizarre. Internet est comme une ville, avec ses quartiers calmes, ses zones réservées aux jeux des enfants mais aussi ses zones à risques. Le rôle des parents est aussi d aider les enfants à s'orienter dans ce territoire virtuel en se l'appropriant avant de pouvoir les y emmener en toute sécurité. Le problème est que les parents ont souvent découvert cet environnement après leurs enfants. Première réaction Lorsque nous avons travaillé sur ce problème à la demande du secrétariat d'état au Budget et à la politique des familles, nous avons interrogé un certain nombre de personnes sur les solutions qu'elles envisageraient d'appliquer pour tenter de renouer le dialogue. Spontanément, l'immense majorité préconisaient la formation des jeunes à l'utilisation d'internet. Et pourtant, à la réflexion, on comprend que la solution ne réside pas là car les jeunes nés dans le monde digital n'accepteront évidemment jamais de suivre une formation à l'utilisation d'un outil qu'ils ont la sensation de maîtriser bien mieux que l'immigrant digital qui serait chargé de leur dispenser cet enseignement. Et pour leur apprendre quoi? À être prudents? À ne pas visiter certains sites? Tous les parents savent (pour avoir pratiqué la méthode eux-mêmes) qu'il suffit de déconseiller ou d'interdire quelque chose aux enfants pour qu'aussitôt cette chose devienne prodigieusement intéressante. S'il n'est évidemment jamais inutile d'informer les jeunes, il nous semble beaucoup plus important de renseigner les parents de ce qu'est réellement Internet. Combien ont-ils déjà utilisé 449
34 Internet Internet est comme une ville, avec ses quartiers calmes, ses zones réservées aux jeux des enfants mais aussi ses zones à risques. FaceBook? Combien d'entre eux gèrent-ils un blog? Connaissent réellement ce qui se trouve derrière la curiosité de Google? Savent même ce qu'est Twitter et ce qu'on peut en faire? Et surtout, connaissent le vocabulaire dont se servent les «jeunes»? Lorsque les deux parties ne parlent pas la même langue, le même langage ou ne partagent pas un jargon commun, la communication est compliquée et nous sommes particulièrement qualifiés en Belgique pour en parler. Sécurité et peur irrationnelles Quand on interroge les parents ou n'importe qui sur les trottoirs pour savoir ce que sont les dangers de l'internet, ce qu'ils craignent pour leurs enfants, la première réponse qui vient est celle des prédateurs sexuels. Il y a dans cette réponse une part de craintes justifiées, mais aussi une part importante d'irrationnalité, d'abord parce que si ce danger existe, il est largement surestimé, et ensuite parce que ce danger est loin d'être le seul qui menace les enfants sur Internet. Mais c'est celui qui est le plus généralement mis en avant par les médias. À l'inverse, les enfants n'ont qu'une conscience extrêmement limitée des risques qu'ils courent en ligne. Les peurs exprimées par les parents les font sourire et ils promettront volontiers d'être prudents. Quels sont les dangers réels? Les risques diffèrent et évoluent selon l'âge des enfants. Il n'est évidemment pas possible de dresser ici une liste exhaustive des dangers liés à l'utilisation d'internet, mais voici les principaux parmi tous ceux que nous avons identifiés: Prédateurs sexuels Il est très important de comprendre comment les prédateurs sexuels procèdent pour arriver à leurs fins. Le plus généralement, l'approche se fait par les systèmes de messagerie instantanée de type MSN. Ils se font habituellement passer pour un(e) adolescent(e) et progressivement essaient d'obtenir de plus en plus d'informations sur l'enfant en commençant par ses prénom, nom, âge. Ensuite, il essaiera d'obtenir le nom de son école, son adresse et son numéro de téléphone. Une des techniques classiques est de tenter d'obtenir un échange par webcam (ces petites caméras intégrées ou non aux ordinateurs). Quand l'enfant est en confiance, il lui demandera de se dévêtir un peu devant la caméra. Et s'il obtient satisfaction, tout devient plus facile pour lui car il pourra ensuite menacer l'enfant de diffuser la photo ou la vidéo obtenue et ainsi exercer une pression pour obtenir davantage. Dans ce cas là, il est très rare que les enfants, enfermés dans un sentiment de honte ou de culpabilité, se confient à leurs parents. Qu'il obtienne ou non une photo ou une vidéo compromettante, le prédateur essaiera d'obtenir un rendez-vous. Comment se prémunir contre cela? Dans la mesure du possible, il faut éviter d'isoler l'ordinateur utilisé par l'enfant (surtout s'il est jeune) et veiller à le placer dans un endroit d'où ses activités sont visibles par les parents. Il est également essentiel de lui apprendre à ne pas confier certaines choses aux personnes avec lesquelles il discute sur la messagerie instantanée, et en particulier tout ce qui peut permettre de le localiser. Ne jamais laisser aller l'enfant seul au premier rendez-vous «physique» et insister pour qu'il se déroule dans un endroit public. Jeux en ligne Il existe des milliers de sites de jeux en ligne. Certains son parfaitement adaptés aux enfants, comme par exemple Les Royaumes ( D'autres sont bien plus violents, comme Counter-Strike ( Selon le site GenerationCyb, «la question des jeux comme déclencheurs de violence ne revient qu'à l'occasion d'événements exceptionnels comme la tuerie dans l'école de Colombine, aux États-Unis. Le jeu vidéo devient alors le bouc émissaire pour certains, comme le rock hier. Mais aucune étude n'a prouvé que le jeu vidéo générait de la violence. Par contre, il est évident que des gens violents par nature ont tendance à consommer des jeux vidéos violents. Reste que l'environnement réel a plus d'impor- 450
35 Internet tance sur l'agressivité d'un joueur que le monde virtuel» ( Les parents qui souhaitent s'informer sur les jeux vidéo peuvent le faire sur le site Péda- GoJeux ( spécialement créé à leur intention par plusieurs partenaires institutionnels, professionnels et associatifs. Ils y trouveront toute une série de conseils sur les jeux proprement dits, mais aussi sur les précautions à prendre, le matériel nécessaire, les risques, etc. Nous leur recommandons aussi des visites régulières sur le site de l'observatoire des mondes numériques en sciences humaines (OMNSH - qui étudie les technologies numériques et leurs conséquences dans la «vraie vie». Dépendance La dépendance en général et/ou à certains aspects de l'internet en particulier est une pathologie de mieux en mieux connue dans les milieux spécialisés. Pour en parler, on utilise le plus souvent le terme anglais général d'addiction, mais le terme précis est Internet Addiction Disorder (IAD). En français, on parle de dépendance à Internet (aussi appelée cyberdépendance, cyberaddiction, usage problématique d'internet ou UPI, trouble de dépendance à Internet et TDI). Il s'agit d'un trouble psychologique entraînant un besoin irrésistible et obsessionnel d'utiliser Internet. Selon l'encyclopédie libre Wikipédia l'expression addiction à Internet fut employée pour la première fois par la psychologue américaine Kimberly Young, lors d'un colloque de l'american Psychological Association (APA) à Toronto, en C'est Otto Fenichel (1949), qui a soulevé le premier la question des toxicomanies sans drogues. En réalité, la dépendance à Internet est un symptôme et non un trouble à proprement parler. Quels sont les symptômes de la dépendance à Internet? On parle de dépendance à Internet lorsque les symptômes suivants apparaissent (la liste provient de l'encyclopédie Wikipédia, mais elle ne varie que très peu des listes publiées sur d'autres sites abordant le sujet): Symptômes psychologiques allégués sentiment de bien-être et d'euphorie lors de l'utilisation d'internet; incapacité à arrêter d'utiliser Internet; besoin d'augmenter de plus en plus le temps d'utilisation d'internet (le malade en vient à se lever la nuit pour utiliser Internet); Petit test Si vous pensez vous-même être en état de dépendance envers Internet, voici un petit test rapide appelé Internet Stress Scale ou Test d'orman Répondez par oui ou par non à chaque question: Passez-vous plus de temps connecté sur l'internet que vous l'auriez pensé initialement? Cela vous dérange-t-il? Des amis ou des membres de votre famille se sont-ils plaints? Trouvez-vous difficile de ne pas être connecté pendant plusieurs jours? Votre rendement, la qualité de votre travail professionnel ou vos relations personnelles ont-ils souffert? Y a-t-il des zones de l'internet, des sites particuliers, que vous ne pouvez pas éviter? Avez-vous du mal à contrôler l'impulsion d'acheter des produits voire des services à partir d'internet? Avez-vous essayé, sans succès, d'écourter l'usage de l'internet? Perdez-vous beaucoup d'investissement et de satisfaction personnelle, à cause de l'internet? Interprétation De 0 à 3 réponses positives, il y a une petite tendance à devenir addictif à Internet. Entre 4 à 6 réponses positives, il y a une chance de développer une conduite addictive. Entre 7 et 9 réponses positives, il y a une forte tendance à devenir dépendant. manque de temps pour la famille, les amis ou d'autres loisirs; problèmes d'assiduité ou de performance au travail ou à l'école; mensonges à la famille ou aux amis sur le temps consacré à Internet; dépression ou irritabilité lorsque la personne est privée d'internet. Symptômes physiques allégués sécheresse des yeux; maux de tête migraineux; maux de dos; syndrome du canal carpien; repas irréguliers ou sautés; mauvaise hygiène personnelle; insomnies ou changements dans le cycle du sommeil. Mauvaise gestion de l'identité numérique Nous avons consacré plusieurs articles à la gestion de l'identité numérique (voir Athena n 248, pp et n 249, pp ) et ne reviendrons pas sur les détails du sujet, mais il est très important que les parents aident leurs enfants à prendre conscience de l'importance de cette gestion. Tout ce que nous écrivons sur Internet est quasi indélébile. Il est très facile et très drôle de publier une photo prise lors d'une soirée bien arrosée lorsqu on est étudiant, il est beaucoup plus difficile de la faire disparaître avant un entretien d'embauche quelques années plus tard. Le rôle des parents est d aider les enfants à s'orienter dans le territoire virtuel d Internet, en se l'appropriant avant de pouvoir y emmener leurs enfants en toute sécurité. Le problème est que les parents ont souvent découvert cet environnement après leurs enfants. 451
36 Internet Un des éléments importants à signaler et qui reste méconnu est le pouvoir de «caisse de résonance» d'internet. Une plaisanterie sans intention de nuire peut engendrer des conséquences catastrophiques pour la victime et/ou pour l'auteur quand la scène a été filmée sur un téléphone portable avant d'être diffusée sur Internet. De nombreux cas de suicide ont été rapportés suite à des événements de cette nature. N'oublions jamais qu'internet est un amplificateur de rumeurs et d'informations et qu'il est très difficile (c'est un euphémisme) d'arrêter la propagation d'une vidéo ou d'une information croustillante sur le réseau. Anorexie et suicide Les journaux relatent régulièrement des cas de suicide de jeunes suite à la fréquentation de certains sites incitant au suicide et proposant des solutions pour y parvenir. Citons par exemple le forum de discussion alt.suicide.methods ( comptant plus de membres. D'autres sites incitent les jeunes filles à l'anorexie. Ils sont généralement connus sous le nom de pro ana (pro anorexie) mais, ce nom devenant trop connu des autorités et les sites étant obligés de fermer, ils resurgissent régulièrement sous d'autres appellations comme par exemple Ana Boot Camp, du nom d'un régime amaigrissant préconisant la consommation d'un maximum de 500 calories par jour après 30 ou 50 jours d'efforts! Ces sites présentent l'anorexie comme un choix de vie possible et non comme une pathologie. De bonnes et moins bonnes solutions Selon la psychologie et la formation des parents à l'utilisation d'internet, leur position par rapport à ce qu'y font les enfants peut varier très fortement. Certains ont déjà baissé les bras se disant que de toute façon ils n'y comprennent rien, d'autres interdisent ou limitent l'accès à l'ordinateur, d'autres vont mettre en place des systèmes de blocage de sites jugés dangereux, d'autres encore décideront de s'informer mieux afin de pouvoir guider leurs enfants. Il n'y a pas de bonnes et de mauvaises solutions, il y a des solutions adaptées à des cas particuliers et d'autres qui ne le sont pas. Les logiciels de blocage Google propose, dans ses préférences, de bloquer les sites destinés aux adultes. Très généralement, ce sont des sites pornographiques. Pour activer le filtrage, cliquer sur Préférences (à droite du champ de recherche) et choisir dans SafeSearch Filtering l'option qu il convient. Trois sont proposées: pas de filtre, filtre modéré ou filtre (dans ce cas, seules les images «explicites» sont arrêtées) et filtre strict (arrête les images et les textes à caractère sexuel). Ce système vaut ce qu'il vaut: il est efficace, mais bien évidemment un «petit malin» (et ils le sont tous) aura vite fait de lever la protection. On trouve également sur Internet des dizaines de logiciels permettant de contrôler l'accès à certains sites. L'association Action Innocence ( en collaboration avec le portail de la sécurité informatique mis en place pour le Gouvernement français ( a testé 28 logiciels de contrôle parental. La méthode utilisée, la procédure de test et le classement complet de cette session de test sont disponibles en ligne sur le site Filtra ( qui dépend de l'association. Des formations pour les parents Pourquoi les responsables ne mettent-ils pas sur pied des formations d'une demi-journée destinées à former les parents: à leur apprendre à créer un profil sur FaceBook; à leur montrer comment Google et les autres moteurs manipulent les résultats et prennent progressivement le contrôle de la vie privée; à découvrir Twitter et, surtout, à leur montrer comment il est possible d'utiliser Internet pour développer la curiosité des enfants? Car si les jeunes donnent à certains adultes peu informés l'impression de jongler avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), en réalité ils n'utilisent qu'une infime partie de la richesse disponible. Et c'est précisément la partie que les parents connaissent le plus mal. Il serait donc opportun de former les parents mais aussi les enseignants pour qu'ils puissent à leur tour: aider les enfants - les plus jeunes - à découvrir la panoplie complète des ressources offertes par Internet en ayant eux-mêmes une vue d'ensemble; qu'ils sachent où résident les véritables risques liés à l'utilisation de l'internet; qu'ils apprennent le vocabulaire nécessaire pour maintenir ou rétablir le dialogue avec les enfants. Une ville ne se découvre pas dans un livre, aussi complet soit-il. Elle se découvre en la parcourant. Ne pensez pas que le monde ne vous concerne pas. N'ayez pas peur. On a peur de ce qu'on ne connaît pas. Apprivoisez Internet pour pouvoir à votre tour aider vos enfants à ne pas s'y perdre. Christian VANDEN BERGHEN [email protected] 452
37 Un nouveau pas vient d'être franchi dans la longue marche vers la fusion nucléaire contrôlée: 192 lasers ont concentré 1,1 mégajoule d'énergie sur une cible minuscule contenant du tritium et du deutérium. C'est la première fois que la barrière du mégajoule est franchie. De quoi enclencher une réaction de fusion, c est-à-dire créer une mini-étoile... Le communiqué du département américain de l'énergie est daté du 31 mars Curieusement, il relate d'abord le fait que la NNSA (National Nuclear Security Administration) a certifié l'achèvement du plus grand laser jamais construit, celui du NIF (National Ignition Facility). Et ce n'est qu'au détour d'une phrase, en toute fin de communiqué, qu'arrive l'information importante: à peine certifié et mis en service, le laser du NIF a déjà réalisé un exploit en dépassant la barre du mégajoule en lumière ultraviolette, ce qui n'avait jamais été fait jusqu'à présent. Il faut aller voir sur le site Internet du NIF pour découvrir (en cherchant bien) que cette barrière avait été franchie bien avant la publication du communiqué officiel, le 10 mars dernier, à 3 heures du matin. Sans doute faut-il voir la cause de cette relative discrétion et de cette temporisation dans le fait que le NIF n'est pas tout à fait un laboratoire comme un autre. Abrité au sein du Lawrence Livermore National Laboratory, en Californie, il a comme mission, notamment, de s'assurer de la fiabilité de l'armement nucléaire américain, particulièrement les bombes H, en simulant leur fonctionnement, ce qui évite les essais réels. Mais pourquoi s'intéresser à la mise en fonction de ce laser géant? Parce qu'il y a tout de même des points communs entre une bombe à fusion et la fusion nucléaire contrôlée dans le but de produire de l'énergie. Remarquons tout d'abord ce que le mécanisme peut avoir de paradoxal. Intuitivement, on admet que si l'on casse un gros atome (phénomène de fission), il donne naissance à deux plus petits en dégageant de l'énergie. Laquelle énergie est celle, serait-on tenté de croire, qu'il faut pour «coller» entre eux les morceaux de l'atome. Mais si ce processus dégage de l'énergie, pourquoi le phénomène inverse en dégagerait-il aussi? Cela semble contraire au bon sens: celui-ci nous fait spontanément dire que si la fission libère de l'énergie, la fusion devrait seulement en absorber. En fait, il n'en est rien et l'on se trouve face à deux phénomènes très différents. Fission nucléaire Les noyaux des atomes, on le sait, sont composés de nucléons, à savoir les protons et les neutrons. Ils sont liés au sein du noyau par l'interaction forte. Notons que celle-ci est la même entre deux neutrons, deux protons ou entre un neutron et un proton. Ces particules ne sont pas fixes au sein du noyau: elles sont même affectées d'un mouvement très rapide et ont une énergie cinétique moyenne d'environ 20 MeV. Enfin, il ne faut pas oublier que les protons sont de charge électrique positive, donc qu'ils se Toute l'énergie des 192 faisceaux se concentre dans un cylindre d'or où se trouve la petite bille (de moins d'un millimètre de diamètre) qui contient les atomes de deutérium et de tritium. (copyright: NIF). 453
38 Info-Physique Installation de la cible au bout de la pointe, dans la chambre sphérique (Photo: NIF). repoussent entre eux. Dans le cas d'un petit noyau - les petits noyaux comportent en général un nombre voisin de protons et de neutrons -, l'interaction forte compense cette répulsion électrique. Ce n'est plus le cas dans les gros noyaux où la répulsion électrique l'emporte car elle agit à beaucoup plus grande distance que l'interaction forte dont l'influence se limite aux particules voisines. Pour que tout l'édifice ne vole pas en éclats, il y a donc moins de protons que de neutrons dans les gros noyaux (le noyau de plomb par exemple contient 126 neutrons et seulement 82 protons). On voit de suite une seconde conséquence à ce petit jeu entre forces: si on scinde un gros atome en morceaux, on diminue forcément son nombre de protons donc son énergie coulombienne. Énergie que nous récupérons pour produire l'électricité... ou détruire une ville entière! L'énergie de la fission nucléaire est donc d'origine électrostatique. Fusion nucléaire Ce ne sont pas les mêmes phénomènes qui sont à l'œuvre dans le cas de la fusion. Il faut considérer ici la seule interaction forte qui lie entre eux les nucléons du noyau. Le nucléon est dans un état d'énergie minimale - la configuration toujours recherchée - s'il est entouré par d'autres nucléons. Autrement dit, il existe une énergie de surface positive. On devine rapidement la conséquence de cet état de fait: un noyau cherche à avoir la plus petite surface possible; donc, deux petits noyaux ont «intérêt» à fusionner pour avoir le niveau d'énergie le plus bas. L'énergie libérée lors de la fusion est cette énergie «en trop», excédentaire, qui provient du fait que la surface du composé est plus petite que celles des deux entités séparées. Mais si l'on poursuit cette conclusion jusqu'au bout, on arrive à une absurdité: nous qui sommes faits surtout de noyaux légers, nous devrions n'avoir de cesse de fusionner... Ce n'est pas le cas parce que l'autre force, la répulsion électrostatique, intervient. La fusion ne se produit pas spontanément sur Terre! Cela signifie que pour forcer des atomes légers à fusionner, il faut vaincre une barrière, donc fournir de l'énergie. Et même beaucoup d'énergie. La réaction la plus connue, qui va nous occuper dans la suite, est celle de la fusion du deutérium et du tritium, autrement dit de 2 H et 3 H, deux isotopes de l'hydrogène. En fusionnant, ils donnent naissance à un atome d'hélium et un neutron... plus une formidable quantité d'énergie. Des températures plus élevées Mais avant d'en arriver là, il faut fournir de l énergie pour vaincre la répulsion coulombienne. Si l'on s'en tenait à un calcul «classique» de l'énergie nécessaire pour vaincre la barrière électrostatique, on en arrive à la conclusion qu'il faudrait fournir une énergie 10 7 fois supérieure à l'énergie cinétique d'un atome dans notre atmosphère. Heureusement, dans ce monde, ce sont les lois quantiques qui sont d'application et celles-ci abaissent considérablement ce seuil, notamment parce que, à ces vitesses, le deutérium «voit» le noyau de tritium environ 15 fois plus grand qu'il n'est, ce qui accroît la probabilité de fusion. C'est pourquoi, au lieu d'être de 400 kev, l'énergie optimale à fournir aux noyaux n'est que de 80 kev (dans le cas bien sûr de la fusion deutériumtritium, qui est celle qui demande le moins d'énergie et est donc celle qui a été choisie). Comment fournir une telle énergie? Par l'agitation thermique bien sûr. Traduit en degrés, cela signifie qu'il faut porter les noyaux à une température de 600 millions de degrés! C'est inatteignable (pour rappel, dans le Soleil, il ne règne «que» environ 15 millions de degrés!), aussi n'est-ce pas la température visée. À des températures plus basses, comme celles du Soleil, toutes les particules n'atteignent certes pas l'énergie nécessaire pour fusionner, mais il y en a suffisamment pour qu'elles fusionnent 454
39 Info-Physique entre elles. Mais dans ce cas, le combustible met des milliards d'années à brûler! C'est le cas du Soleil où se produisent des réactions de fusion encore plus difficiles que la fusion deutérium-tritium. Les êtres humains sont plus pressés que le Soleil et il faut donc augmenter les chances de fusion en travaillant à des températures plus élevées que celles qui ont cours dans notre étoile. Les calculs ont montré qu'une température de 45 millions de degrés était minimale. Vu du bras au bout duquel est placé la cible contenant le deutérium et le tritium. Dépasser 45 millions de degrés? Atteindre de telles températures est évidemment le nœud du problème. Il y a trois méthodes. La première est celle utilisée par les militaires depuis 1952, date de la première explosion d'une bombe H (c'est-à-dire à hydrogène puisque l'énergie dégagée provient de la fusion de deux isotopes de l'hydrogène): faire exploser une bombe A (dite atomique, c'est-àdire basée sur le principe de la fission nucléaire) comme détonateur. L'énergie dégagée par cette première explosion est alors suffisante pour porter les isotopes de l'hydrogène de la bombe proprement dite à une température qui permet la fusion. Notons, au passage, que cette méthode suffit à renseigner sur l'énergie colossale dégagée lors du processus de fusion, bien plus que lors de la fission d'une masse équivalente, sinon, il n'y aurait aucun intérêt à se servir d'abord d'une bombe à fission. En fait, la fusion deutérium-tritium fournit environ 5 fois plus d'énergie que la fission d'une masse équivalente d'uranium 235. Autre comparaison encore: cette réaction produit 3, Joules par gramme de matière contre pour un gramme de carbone. C'est cependant un euphémisme que d'écrire que cette méthode, brutale, est inutilisable dans des applications civiles! Une autre méthode est le confinement magnétique précédé par un «chauffage» complexe qui se fait notamment par ondes radios. C est celle qui est utilisée dans le programme développé à Cadarache, dans le Sud de la France. Un plasma peu dense y est confiné dans un champ magnétique.. Enfin, la dernière technique est le confinement inertiel, celle qui nous préoccupe ici. C est elle qui est testée au NIF et aussi dans le cadre du projet français Mégajoule, près de Bordeaux. En résumé, il s agit de comprimer fortement le combustible pendant un temps très court sans confinement autre que l inertie du système, d où le nom de cette méthode. Il s agit de faire converger des faisceaux laser sur une petite bille (dont le diamètre est d environ 1 mm: on voit la précision qu il faut atteindre!) qui contient environ 1 mg d un mélange deutérium-tritium. Dans le cas du NIF, ce ne sont pas moins de 192 faisceaux qui sont envoyés sur la cible minuscule avec, pour la première fois, une intensité de plus de un mégajoule. Le but à atteindre est d environ 1,8 mégajoule en énergie utile sur la cible, barrière qui permettrait de créer plus d énergie que celle utilisée pour allumer la réaction. Ce sont les électrons situés en périphérie qui absorbent ces quantités phénoménales d énergie, d où l apparition d un état de plasma dont la température oscille entre 20 et 30 millions de degrés. La pression dans la cible est alors telle que le plasma se détend vers l extérieur; la cible implose, comprimant à son tour le combustible qui atteint ainsi une température supérieure à 50 millions de degrés au centre où les réactions de fusion s enclenchent avant de se propager vers l extérieur: une étoile est née à l intérieur de la petite sphère! Une fois de plus, comme souvent en physique aujourd hui, on est ici dans des ordres de grandeur qui défient quelque peu l imagination: un mégajoule pendant à peu près 20 nanosecondes, cela équivaut à une puissance électrique instantanée de watts. Comparons cela avec le fait que c est fois plus environ que la puissance électrique produite par l ensemble de la France en un an. Mais attention à ce type de comparaison: dans le premier cas, il s agit d une puissance instantanée sur un temps extrêmement bref, dans le second d une puissance produite en continu! Henri DUPUIS [email protected] Erratum Dans le numéro 250, daté avril, p. 401, les exposants ne sont pas imprimés correctement. Il faut lire 160 à 170 GeV/c 2 E=mc kev/c 2 et 938 MeV/c 2 Et page 403, Les 2 m 2. Toutes nos excuses pour cette mauvaise impression. 455
40 Le réchauffement climatique est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans et de l'atmosphère, à l'échelle mondiale et sur plusieurs années. Dans son acception commune, ce terme est appliqué au changement climatique observé depuis environ 25 ans, c'est-à-dire depuis la fin du XX e siècle. La plupart des scientifiques attribuent à ce réchauffement général une origine en grande partie humaine. Quel est l état de nos connaissances actuelles en ce domaine? Le Dr Rajendra K. Pachauri fait le point Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) est chargé d'établir un consensus scientifique sur cette question. Son dernier et quatrième rapport, auquel ont participé plus de scientifiques de 130 pays, affirme la probabilité que le réchauffement climatique depuis 1950 soit d'origine humaine est de plus de 90%. Cette thèse n est contestée que par une minorité de personnalités. À l'intérieur des grandes fluctuations climatiques terrestres, se trouvent des variations plus brèves et plus limitées en intensité. Ainsi, au cours du dernier millénaire, est apparue une période chaude aux X e et XI e appelée optimum climatique médiéval: c'est l'époque où les navigateurs vikings découvrent le Groenland (littéralement Pays vert) et fondent des colonies à l'extrême Sud de l'île. De même, l'époque des Temps Modernes ( ) connut une période de refroidissement que les historiens appellent le petit âge glaciaire caractérisé par des hivers très rigoureux. Selon les reconstitutions de températures réalisées par les climatologues, la dernière décennie du XX e et le début du XXI e constituent la période la plus chaude des deux derniers millénaires (voir graphique ci-dessous). Notre époque serait même un peu plus chaude (de quelques dixièmes de degrés) que ne le fut l'optimum climatique médiéval. Plusieurs gaz à effet de serre Les mesures terrestres de température réalisées au cours du XX e siècle montrent une élévation de la température moyenne. Ce réchauffement se serait déroulé en deux phases, la première de 1910 à 1945, la seconde de 1976 à aujourd'hui. Ces deux phases sont séparées par une période de léger refroidissement. Ce réchauffement planétaire semble de plus corrélé avec une forte augmentation dans l'atmosphère de la concentration de plusieurs gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote. L'élévation de la température moyenne du globe entre 1906 et 2005 est estimée à 0,74 C - à plus ou moins 0,18 C près -, dont une élévation de 0,65 C durant la seule période La température moyenne planétaire de 2001 à 2007 est de 14,44 C soit 0,21 C de plus de 1991 à À ce rythme, l'augmentation serait de 2,5 C en 100 ans. 456
41 Rencontre Les chiffres officiels Onze des douze dernières années ( ) figurent parmi les années les plus chaudes enregistrées depuis les premières mesures instrumentales, du début du XX e siècle. Cette tendance est cohérente avec d autres observations, en particulier, le recul des glaciers, la réduction de la banquise et l augmentation du niveau des mers. Quant aux prévisions pour 2100, elles sont: augmentation de la température moyenne terrestre comprise entre 1,1 C et 6,4 C et élévation du niveau des océans entre 18 et 59 cm. Créé en 1988 par l Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l environnement (PNUE), le Groupe intergouvernemental d experts sur le climat (Giec) inventorie les études publiées de par le monde par d éminents scientifiques sur l évolution de notre climat et ses conséquences. Il publie tous les cinq à six ans un rapport de synthèse qui fait figure de bible pour les politiques et pour les décideurs. Le Dr Rajendra Kumar Pachauri Né en août 1940 à Nainital, dans l Uttarakhand (en Inde), le Dr R.K. Pachauri a été nommé à la présidence du Groupe intergouvernemental d experts sur le climat (Giec, Ipcc en anglais) en 2002 et a reçu, au nom de cette institution, le prix Nobel de la paix en 2007 en compagnie d Al Gore, ancien vice-président des États-Unis. Scientifique et économiste, il est également à la tête de l Institut de l énergie et des ressources indiennes (Teri), établissement basé à New Delhi, menant des recherches sur l énergie, l environnement, la sylviculture, la biotechnologie et la conservation des ressources naturelles pour le compte de gouvernements, institutions et entreprises privées de par le monde. Elevé sur les contreforts de l Himalaya, végétarien par conviction et amateur de cricket, le Dr Pachauri a reçu en 2001 le Padma Bhushan, l une des récompenses civiles les plus élevées en Inde. À quelques mois du sommet de Copenhague (prévu pour décembre) qui devrait déboucher sur un nouvel accord international de lutte contre le réchauffement climatique, son président, le docteur R. K. Pachauri était de passage en Belgique et invitait les étudiants des Universités de Liège et de Louvain-la-Neuve à envisager le réchauffement planétaire comme un problème grave exigeant pour sa résolution une approche humanitaire. Pourquoi une action concertée à l échelle internationale est-elle nécessaire et urgente pour relever le défi posé par le changement climatique? Tout d abord, explique le docteur Pachauri, parce que le Giec a établi que le réchauffement du climat de la Terre est sans équivoque. Il a montré que les températures dans l hémisphère Nord, pendant le seconde moitié du XX e siècle, était vraisemblablement supérieures à toute autre période comparable durant ces 500 dernières années, et certainement les plus chaudes depuis au moins ans. Le Giec a déterminé que l élévation des températures moyennes depuis le milieu du XX e siècle est sans doute essentiellement due à une augmentation des concentrations de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Mais le changement climatique n intervient pas d une manière uniforme ou linéaire Les 10 années les plus chaudes entre 1880 et 2008 Années Écarts par rapport à la moyenne de ,55 C + 0,48 C + 0,47 C + 0,46 C + 0,45 C + 0,42 C + 0,41 C + 0,40 C + 0,35 C + 0,32 C 457
42 Rencontre Formation de nombreux lacs glaciaires aux terminus des glaciers en recul au Bhoutan dans l'himalaya. (Photo Nasa). Ainsi, par exemple, on constate que la fréquence des fortes précipitations a augmenté sur la plupart des terres émergées, parallèlement à une augmentation de la durée et de l intensité des épisodes de sécheresse, surtout dans les zones tropicales et subtropicales. On constate également un déclin des précipitations en Méditerranée, en Afrique du Sud et dans certaines régions de l Asie du Sud. D une manière générale, poursuit le docteur Pachauri, le changement climatique risque fort d exacerber les tensions déjà existantes dans les régions les plus pauvres et de nuire à la capacité de leurs habitants à s assurer des moyens d existence durables. Risques d avalanches On estime, poursuit le président du Giec, que le changement climatique en Afrique compromettra l approvisionnement en eau de 75 à 200 millions de personnes en 2020 et que, compte tenu de l accroissement prévisible de la demande, cette situation aggravera encore les conditions d existence de ces populations et de leurs difficultés d accès à l eau. Dans les années 2050, plus d un milliard de personnes serait privé d eau en Asie. L agriculture des régions les plus pauvres d Afrique et d Asie risque-elle aussi de souffrir de cette situation. On s attend, dit-il, à une diminution des surfaces cultivables, de la durée des saisons fertiles et du rendement de la production, surtout aux confins des zones arides et semi-arides. La sécurité alimentaire serait ainsi directement menacée et la malnutrition qui affecte le continent risque de s aggraver encore. Les rendements de l agriculture dépendante des pluies pourraient chuter de 50% d ici à 2020 dans certains pays. Il faut 800 à litres d eau pour produire 1 kilogramme de blé et à litres d eau pour produire 1 kilogramme de viande de bœuf. Une autre conséquence inquiétante du changement climatique est la fonte des glaciers au niveau mondial, avec des effets potentiellement graves pour l Asie du Sud et certaines régions de la Chine. La fonte des glaces de montagnes telles que l Himalaya et en Europe de la chaîne des Alpes va notamment augmenter les risques d avalanches, de glissements de terres et d inondations alors que plus en aval, dans les vallées, le recul des glaciers pourrait entraîner un assèchement des rivières et une raréfaction des ressources en eau au cours des deux ou trois prochaines décennies. On s attend globalement à une diminution des ressources en eau en Asie centrale, australe et orientale ainsi que du Sud-Est. Dans le même temps, l augmentation de la population et l élévation du niveau de vie exigeront des quantités d eau toujours plus importantes. Les chercheurs estiment par conséquent que le changement climatique pourrait affecter l accès à l eau en Asie de plus d un milliard de personnes dans les années Un problème humanitaire Les effets du changement climatique dans les parties du monde les plus vulnérables exigent que l on procède à une évaluation précise de l aide humanitaire internationale car de très importantes ressources seront nécessaires pour leur adaptation à des situations totalement nouvelles. Ceci serait sans aucun doute une meilleure approche pour la communauté mondiale au lieu d apporter une assistance d urgence en cas de catastrophes ou d événements météorologiques extrêmes, dont la fréquence va très certainement augmenter à l avenir. Pour le docteur Pachauri, le réchauffement de la planète doit aussi être abordé sous l angle de l équité. S il est incontestable que des efforts d adaptation devront rapidement être consentis, reste qu une augmentation non maîtrisée de gaz à effet de serre des pays développés entraînera des augmentations de température encore plus marquées et des contrecoups encore plus graves. Dans les pays industrialisés, il faut envisager une réduction de 10 à 40% d ici à 2020 et de 40 à 95% d ici à Il est donc essentiel d appliquer des stratégies simultanées d adaptation et de limitation des émissions. Il tient à préciser que le coût des mesures de limitation d émissions, tel qu évalué par le Giec, est très modeste en comparaison des coûts engendrés par le changement climatique. 458
43 Rencontre Dans l hypothèse où aucune mesure n est prise pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, on doit s attendre à un accroissement des écarts de richesse et de revenus entre nations, poursuit le Dr Pachauri. Or, une extension de la pauvreté serait non seulement éthiquement inacceptable mais aussi source de menaces pour la sécurité et la stabilité mondiale. L apparition d un grand nombre de réfugiés environnementaux dans différentes régions du monde constituerait un problème humanitaire de grande ampleur et créerait de profondes crises sociales. D une manière générale, il convient de prendre des mesures rigoureuses de limitation des émissions des gaz à effet de serre, les moyens et les méthodes appropriés étant d ores et déjà à notre disposition. Cependant, l urgence liée à l adaptation aux effets du changement climatique doit bénéficier d une attention accrue, en particulier au profit des communautés les plus pauvres. Compte tenu des connaissances que nous apporte le Giec, le monde doit envisager le réchauffement climatique comme un problème grave exigeant pour sa résolution une approche humanitaire, conclut le docteur K. R. Pachauri. La faute à À la question de savoir si on peut établir une relation entre les tempêtes violentes et les inondations exceptionnelles de ces dernières années et l évolution du climat, le vice-président du groupe scientifique du Giec et climatologue, Jean Jouzel, est bien incapable de faire la part entre la variabilité naturelle de ces événements et ce qui pourrait être lié au réchauffement dû aux activités humaines. Des tempêtes très violentes ont déjà touché notre continent par le passé, notamment au début du XVIII e siècle. Cependant, on ne peut s empêcher de noter une certaine cohérence avec ce qui risque d arriver en réponse au réchauffement climatique. Des simulations du climat au XXI e siècle prévoient une diminution du nombre des tempêtes hivernales mais une augmentation de l intensité des plus violentes. Ce que nous observons d ailleurs depuis environ 50 ans dans l hémisphère Nord, poursuit le climatologue, où le nombre des tempêtes hivernales tend à décroître alors que la violence des plus intenses semble à la hausse. Pour tous les experts, y compris le docteur K. R. Pachauri, à travers l augmentation des précipitations et de la fonte de la calotte glaciaire (des eaux douces) qui induisent une baisse de la salinité de l eau de mer, et à cause de la raréfaction des glaces en hiver qui rejettent du ciel, la pompe thermohaline qui trace le Gulf Stream pourrait être déstabilisée. Cette modification (provoquée par le réchauffement) aurait pour effet de ralentir considérablement le Gulf Stream avec comme conséquence la baisse de quelques degrés des températures autour de l Atlantique Nord, en Europe et sur la côte Est des États-Unis. D autre part, alors que les experts du Giec nous alertent sur le réchauffement climatique en cours, l hiver qui vient de s achever fut particulièrement glacial Toujours selon Jean Jouzel, il convient de faire la différence entre météorologie et climatologie. Ce que nous ressentons aujourd hui, là où nous vivons ne nous renseigne guère sur ce qui se passe à l échelle de la planète: nous avons connu un hiver rigoureux au moment où les Australiens affrontaient une canicule sans précédent. Des variations de quelques degrés d une année à l autre sont beaucoup plus perceptibles que la tendance moyenne au réchauffement dans nos régions, évaluée à 0,02 C par an. Il y aura pendant encore longtemps des hivers rigoureux, de plus en plus espacés, tandis que les étés caniculaires vont devenir de plus en plus fréquents, déclare le spécialiste français. Paul DEVUYST Dans son dernier rapport, publié en 2007, le Giec tablait sur une élévation du niveau des mers allant de 18 à 59 cm d ici à 2100, tout en prenant soin de préciser que cette évaluation ne prenait pas en compte le comportement futur des calottes glaciaires de l Antarctique et du Groenland. «Le monde a très très peu de temps», rappelle le Dr Rajendra Pachauri, président du Giec, organisation qui a reçu le prix Nobel de la Paix en
44 Le ciel depuis la Terre en juin 2009 Les heures indiquées sont celles d Uccle exprimées en temps officiel pour les manifestations du mois et en temps universel (TU, soit deux heures de moins) pour les événements astronomiques. Dernier mois du printemps. Les jours croissent de 25 minutes du 31 mai au 21 juin et décroissent (déjà) de 5 minutes du 21 au 30 juin. 5 juin. À 20h51 Vénus est en plus grande élongation: Ouest. 6 juin. Pré-vente du timbre Aviation et navigation spatiale, en collaboration avec le service Stamps & Philately de la Poste, à l Euro Space Center (Transinne, province de Luxembourg). [email protected] et Au cours de la nuit du 6 au 7 juin. La pleine Lune, vers le Sud, est proche d Antarès, une étoile super-géante à l éclat rougeoyant. 7 juin. Pleine Lune à 20h juin. À 16h03, la Lune sera à l apogée (distance maximale de la Terre), soit à km de notre planète. 12 juin. Conférence organisée par l Extension de ULB «Eau d Heure» sur Mesurer la masse des étoiles, par André Koeckelenbergh, à 19h, au Centre de Culture scientifique de l ULB, rue de Villers, 227 à 6010 Charleroi juin. À 11h52, Mercure est en plus grande élongation: À 19h42, Vénus est à l aphélie (distance maximale du Soleil), soit à 0,72825 UA (1 unité astronomique = km). 13 et 14 juin. Trois heures avant le lever du jour, la Lune voisine avec Jupiter au-dessus de l horizon Sud-Est. 16 juin. Dernier quartier de Lune à 00h et 20 juin. Vers 4h, Vénus, Mars et un croissant de Lune sont visibles à l horizon Est-Nord-Est: les deux planètes sont à 2 degrés l une de l autre; la Lune au-dessus d elles le 19, à leur gauche le juin. À 05h46, solstice d été. Les jours sont les plus longs. À l aube et vers l Est-Nord-Est, on observera un fin croissant de Lune, les Pléiades et Mercure (à peine au-dessus de l horizon). À 18h13, Pluton est au périgée (distance minimale à la Terre) soit à 30,65240 UA (1 unité astronomique = km). 22 juin. Nouvelle Lune à 21h juin. À 10h39, la Lune sera au périgée (distance minimale à la Terre), soit à km. 26 juin. Inauguration de l exposition temporaire sur les trois albums du Complexe du chimpanzé et sur le 40 e anniversaire d Apollo 11 (salle Titan) à l Euro Space Center (Transinnes, province de Luxembourg). [email protected] et 27 juin. Vers 23h30, Saturne et la Lune sont en conjonction au-dessus de l horizon Ouest, à 7 degrés l une de l autre. À 21h. Conférence Le dernier rêve du pharaon, par Sylvia Pardi, Astronomie Centre Ardenne, rue St Monon 68, à 6840 Massul (Neufchâteau) juin. Premier quartier de Lune à 13h28. Paul DEVUYST Spécimens de la série de timbres Aviation et Navigation spatiale, mis en vente le 6 juin prochain, à l Euro Space Center. 460
45 Astronomie À la Une du... Cosmos Pour le plaisir des yeux: quatre satellites transitent devant Saturne sur cette image! (Photo HST). Quel type d'étoile explose en supernova? Les avis divergent et les théories pourraient être revues: tantôt c'est une étoile bleue très lumineuse (qui a produit l'explosion SN2005gl), tantôt des étoiles supergéantes rouges (pour SN2003gd et 1993J). (Photo HST). La meilleure carte du ciel dans les rayons gamma vient d'être produite par l'observatoire Fermi, après seulement trois mois de travail: on y retrouve le Soleil, des quasars, des étoiles à neutrons... et de nombreux objets encore non identifiés! (Photo Fermi). Ci-dessus: l'expérience italienne Pamela pourrait avoir détecté la signature de la matière sombre. Ce satellite a observé un surplus de positrons sur l'ensemble du ciel, excès qui pourrait peut-être s'expliquer par la collision suivie de l'annihilation des particules de matière sombre... mais comme d'autres sources célestes émettent aussi des positrons, ces résultats prometteurs doivent encore être confirmés! (Photo Pamela). Ci-contre: la sonde Cassini a dévoilé une carte radar précise de la lune cronienne Titan: des films permettent maintenant de survoler la surface de cette lune... Ces données confirment la présence d'un cryovolcan: le mystérieux point chaud s'avère bien être une colline (200 m de haut)! (Photo Cassini). Yaël NAZÉ [email protected] 461
46 L e 10 février dernier, ce que l on croyait improbable dans l espace s est produit Deux satellites - le Russe Cosmos 2251 et l Américain Iridium-33 - sont entrés en collision, provoquant un nouvel essaim de débris sur une orbite que croisent de nombreux satellites d observation. Cet accident spatial fut au cœur de la conférence que l Isu (International Space University) de Strasbourg organisait du 18 au 20 février sur le thème «L espace pour un monde sûr et sécurisé». Il fut beaucoup question du programme Ssa (Space Situational Awareness) de l Agence spatiale européenne D ans quelle mesure cette surveillance de l environnement spatial est-elle désormais une nécessité? En un demi-siècle, les satellites sont devenus des outils indispensables au bon fonctionnement des activités humaines, à la sécurité civile des populations, à la gestion des catastrophes... Le succès des satellites, notamment pour les applications (télécommunications, télévision, observations, navigation), fait que l espace est aujourd hui parcouru par quelque objets répertoriés, d après l Us Strategic Command qui tient un catalogue de leurs coordonnées. Les 9/10 sont des épaves, des débris avec un tiers sur orbite pour des milliers d années! De plus, les satellites évoluent dans un environnement parcouru par des poussières et de rayonnements en tous genres. La panne soudaine les guette, vu que leurs systèmes de stabilisation et de communications peuvent être perturbés par des orages magnétiques. Des composants peuvent être abîmés par des micro-météorites. Q ui est chargé du contrôle du trafic dans l espace? L Organisation des Nations unies (Onu), dont sont membres 192 États de la planète, est concernée par les activités de l espace. Son Bureau des affaires spatiales (Unoosa/United Nations Office for Outer Space Affairs), à Vienne, s informe des programmes en cours et tient un registre des satellites lancés. Mais leur surveillance est assurée, discrètement, par les instances militaires des États-Unis - le Space Control Center du Norad (North American Aerospace Defense Command) et par le ministère russe de la défense. Leurs priorités sont la sécurité des vols habités et la fiabilité de leurs satellites gouvernementaux. Les opérateurs de systèmes dans l espace doivent recourir à leurs données pour évaluer les risques de collision, à condition de les compléter avec d autres observations. Comme le fait en France le Cnes (Centre Débris spatiaux (Photo Geo). 462 national d études spatiales), avec son Occ (Orbit Computation Center), pour les 15 satellites qu il contrôle. L idée de constituer un système de gestion du trafic dans l espace, mis à disposition des exploitants de satellites, fait son chemin. L Esa (Agence spatiale européenne), lors de son Conseil ministériel de La Haye en novembre dernier, a décidé d aller de l avant grâce à la phase préparatoire, pendant trois ans (jusqu en 2011), du programme européen Ssa (Space Situational Awareness). La Commission européenne apportera son soutien par des activités de recherche du 7 e programme-cadre. L industrie spatiale américaine s intéresse beaucoup à cette initiative de l Europe. E n quoi consistera ce programme européen Ssa? Pour la phase , l objectif est de mettre en place un système Ssa complètement opérationnel en Europe. Il couvrira quatre domaines: l examen et la poursuite des objets en orbite terrestre; la prise d images sur des engins spatiaux; la météo de l espace (éruptions solaires, variations du champ magnétique); la surveillance des géocroiseurs ou Neos (Near Earth Objects). La communauté des utilisateurs comprendra: les opérateurs gouvernementaux de systèmes spatiaux; les organisations de défense et sécurité militaires; et les exploitants commerciaux de satellites. Comme schéma de gouvernance, on envisage dans un cadre international une autorité de surveillance et un organisme de gestion pour deux missions: le suivi des objets spatiaux au moyen d outils (optiques, radars) dans plusieurs pays, ainsi que le contrôle de l environnement de l espace. Théo PIRARD [email protected]
47 Satnav : quid d Egnos et de Galileo? Le sommet de la navigation par satellite qu organise, chaque année, l Institut de géodésie et de navigation de l Université de la Bundeswehr, à Munich, présente l état d avancement des systèmes et de leurs services dans le monde. L édition 2009, du 3 au 5 mars dernier, a tenu toutes ses promesses avec ce thème provocateur: The worldwide race in Gnss/Global Navigation Satellite Systems (La course mondiale aux systèmes globaux de navigation par satellite). À l horizon 2015, une centaine de satellites de navigation qui fonctionnent en bande L sur plusieurs plans Meo (Medium Earth Orbit, entre et km) sont annoncés. C est la communauté des utilisateurs dans le monde qui prendra fait et cause vis-à-vis des systèmes en place. Les critères du choix vont se référer au triptyque «plan de fréquences - structure des signaux - définition des services», considéré comme crucial par Bernard Mathieu, qui dirige les programmes de radiocommunications au Cnes (Centre national d études spatiales) et qui est à l origine du système européen Galileo. Les critères de compatibilité, d interopérabilité et de sécurité entre les différents systèmes dépendent d une bonne coopéreration entre les États-Unis, la Russie, l Europe, la Chine, le Japon et l Inde. Les deux systèmes actuellement disponibles comptent sur deux nouveaux venus en Meo afin d accélérer leurs plans respectifs de déploiement de satellites de navigation en vue d une mise en œuvre en L Union européenne teste les démonstrateurs Giove-A (depuis janvier 2006) et Giove-B (à partir de mai 2008) et se prépare à commander 30 satellites Galileo dans les prochains mois. Pour que Galileo soit opérationnel dans le temps imparti et le budget prévu, conformément à ce qui est demandé par le Conseil et le Parlement européens, les contrats seront concrétisés durant la seconde moitié de cette année. L Esa et l industrie européenne se rendent compte que la Commission fait ses premiers pas dans le domaine spatial et est peu habituée à gérer un programme aussi complexe de grande envergure. Maladresses et contraintes bureaucratiques risquent de se traduire par des retards et vont se répercuter sur les coûts Un bel Avant la fin de l'année, on devrait en savoir davantage sur l'avancement du système Galileo. En attendant (dessin ci-dessous), Egnos préfigure ce que seront les services Galileo. (Doc. Esa). Maladresses et contraintes Le Gps (Global Positioning System) américain, opérationnel depuis juillet 1995, a pris largement les devants. Il emploie une constellation de 32 satellites en service (précision de 0,9 m) et se prépare à en déployer deux autres cette année. Le nouveau Gps IIF-1, avec le 3 e signal civil L5 pour le service de sûreté de la vie, sera lancé à la fin de l année. Le Glonass russe poursuit sa modernisation avec un système qui compte 20 satellites actifs (précision de 1,8 m). Il prévoit d offrir des services à l échelle globale dès 2010 suite aux 2,2 milliards d euros investis durant cette décennie. 463
48 Espace Pour suivre l'évolution d'egnos et de Galileo : navigation-satellitestoulouse.com/ europa.eu/ transport/galileo/ index_en.htm exemple est le contrat revu des quatre satellites Iov (In Orbit Validation), dont la gestion fait partie des prérogatives de la Commission. Leur construction est bien avancée pour deux lancements Soyouz en , mais il est question d un dépassement budgétaire que l Esa évalue à 375 millions d euros. La Commission, réticente à puiser dans les marges financières des aléas techniques de Galileo, a soumis cette estimation à un audit interne. Démarrage opérationnel Si le suspense reste entier pour un déploiement opérationnel du système Galileo en , l Europe est en mesure de démontrer ses services de grande précision et de haute fiabilité grâce à Egnos, l European Geostationary Navigation Overlay Service. Un ensemble de stations, localisées à l Europe et bientôt étendues à l Afrique, améliorent l emploi des signaux Gps et Glonass en les relayant via des répéteurs géostationnaires en bande L à bord de satellites Artemis et Inmarsat-3. Développé et testé par l Esa avec Thales Alenia Space, il constitue le précurseur, peu connu, des services Galileo pour le transport aérien. Son centre de contrôle se trouve à Toulouse. Sa commercialisation est assurée par l European Gnss/Global Navigation Satellite System) Supervisory Authority (Gju). Mais les récepteurs Egnos, qui préfigurent ceux de Galileo, ne sont guère disponibles sur le marché! Ce 1 er avril, l'esa a transféré Egnos à l'opérateur Essp (European Satellite Services Provider). Cette société de droit français, basée à Bruxelles, va s'implanter à Toulouse. La Commission a choisi un prochain satellite de Ses (Société européenne des satellites) - le Sirius-5 - pour embarquer un équipement Egnos garantissant la continuité du service en assurant la relève de l'actuel relais Artemis. La station Esa de Redu, où Ses Astra Techcom, au sein de Redu Space Services, contribuera à cette relève en Théo PIRARD Baïkonour, cosmodrome mythique Implanté au cœur de l Asie centrale, le cosmodrome de Baïkonour occupe une partie de la steppe dans la riche république du Kazakhstan. Créé en 1955, il a servi aux essais du premier missile intercontinental - la fameuse fusée Semyorka qui sert de base au lanceur Soyouz - et aux lancements des premiers Spoutnik Relié à Moscou par une ligne de chemin de fer qui aboutit à Tachkent, la capitale de l Ouzbékistan, il a une étendue équivalente à un quart de la Belgique, soit une superficie de quelque km. Deux jours avant son envol, la fusée Soyouz est amenée sur l'aire n 1 de lancements. Voici l'équipage international de la mission Soyouz Tma-15: de gauche à droite, le Russe Roman Romanenko, le Canadien Robert Thirsk et l'européen (de nationalité belge) Frank De Winne. (Photo Nasa/Jsc). Le personnel travaillant à Baïkonour vit dans le pittoresque village de Tyuratam qui a donné son nom à la gare ferroviaire, ainsi que dans la cité militaire de Leninsk qui a son aéroport et, depuis peu, une église orthodoxe. Ces deux agglomérations sous administration kazakhe se trouvent à l entrée principale de la base de lancements. 464
49 Espace Tous les vols spatiaux habités, les envols des sondes lunaires et interplanétaires, les lancements de satellites géostationnaires de l Union soviétique, puis de la Russie, ont lieu depuis ce qu on appelle «la route des étoiles» (voir Athena n 212, pp ). C est de l aire de lancements n 1 que partira ce 27 mai - pour la deuxième fois à moins de sept ans d intervalle - Frank De Winne, en compagnie du cosmonaute Roman Romanenko et de l astronaute canadien Robert Thirsk, à bord du vaisseau Soyouz Tma- 15. Site historique: le premier Spoutnik en décolla le 4 octobre 1957 et Youri Gagarine s y envola le 12 avril 1961, pour devenir le premier homme de l espace ayant effectué un tour du monde en 108 minutes. Traditions et superstitions Le complexe d où décollent les équipages dans des vaisseaux russes est un lieu empreint de traditions. On y a conservé les deux modestes maisonnettes où Gagarine ( ) et le constructeur en chef Serguey Korolev ( ) passèrent la nuit du 11 au 12 avril Juste à côté, un musée vient d être rénové et abrite les souvenirs des épisodes historiques et dramatiques qui ont marqué à Baïkonour les débuts de l odyssée de l espace. C est un passage obligé pour tout qui participe à un vol en vaisseau Soyouz. Roman Romanenko, Frank De Winne et Robert Thirsk forment l expédition n 20 d une mission de longue durée (six mois) dans l Iss (International Space Station). Le Soyouz Tma-15 devrait être le 100 e vaisseau de ce type à être satellisé depuis sa mise en service, à l issue tragique, en avril La tradition a donné lieu à des pratiques que l on pourrait qualifier de superstitieuses. Ainsi un équipage ne peut pas assister à la sortie hors du hall d assemblage - 48 heures avant l envol - de la fusée avec le vaisseau Soyouz. Sa présence lui porterait malheur. Cette opération débute à 7 heures précises du matin, et pas question de la démarrer avec du retard! La fusée poussée ou tirée par une motovoz (locomotive diesel) avance à pas d homme, précédée d un responsable du vol et d un chien sous la garde d un militaire armé. L habitude s est prise, depuis les attentats tchétchènes, de vérifier qu aucun explosif n a été placé sur la ligne de chemin de fer qui conduit à la plate-forme de lancements. Autres habitudes prises pour le jour du lancement. Au moment de quitter l hôtel, les cosmonautes sont bénis par le pope de Leninsk. Revêtus de leur scaphandre, les membres de l équipage sortent du bâtiment d assemblage Soyouz puis, sur des emplacements précis, saluent de manière très officielle la Commission Quatre complexes de lancements spatiaux Une vaste et morne plaine de steppe roussie par les températures extrêmes, entachée de dépôts blancs de sel: c est Baïkonour. Elle est traversée par des routes rectilignes qui mettent à rude épreuve les véhicules officiels, par des lignes électriques sur de frêles pylones en bois, par des chemins de fer où circulent de rares convois tirés par des locomotives diesel dites motovoz Comme égarés dans cette étendue, quelques chèvres et chameaux. Le sous-sol regorge de silos abandonnés, de conduites en tous genres, d épaves métalliques enterrées. Beaucoup d installations, dont les plus imposantes destinées aux fusées géantes N-1, des années 60 (pour la Lune), puis Energia, des années 80 (pour la navette Bourane), se trouvent à l abandon. La longue piste bétonnée, affectée à Bourane, est aujourd hui employée par les avions cargo qui amènent les satellites et leurs équipements. Il règne de l activité sur ces aires de lancements: le complexe n 1, constitue le cœur historique du cosmodrome et sert aux préparatifs et envols du lanceur Soyouz pour les missions habitées.; le complexe 31 est l autre site Soyouz consacré aux lancements de satellites automatiques, notamment pour les missions européennes Cluster, Mars Express, Venus Express, Giove et Metop; le complexe Proton met en œuvre la fusée la plus puissante de Russie, la concurrente la plus sérieuse du lanceur européen Ariane 5. Sa commercialisation en vue des tirs en orbite géostationnaire est assurée par l entreprise russo-américaine Ils (International Launch Services); le complexe n 45 est utilisé pour lancer les fusées russo-ukrainiennes Zenit dans le cadre d opérations gouvernementales et commerciales. Durant la prochaine décennie, la Russie remplacera progressivement Baïkonour par les cosmodromes de Plesetsk (au Nord de la Russie), pour la famille des fusées Angara, et de Vostochny (à construire dans l Extrême-Orient), pour les lanceurs Rus. La république du Kazakhstan mise sur la coopération internationale pour aménager «son» cosmodrome avec de nouvelles installations, comme le site de lancements Baïterek. d État avant de prendre place dans le bus qui les conduit vers l aire d envol. En cours de route, le bus stoppe à l endroit où le cosmonaute n 1 Youri Gagarine s est soulagé le 12 avril 1961 à l invitation de Serguey Korolev: ceux qui partent pour le Cosmos urinent sur la roue arrière droite du bus (la photo ci-contre). Les femmes, qui devraient ôter le scaphandre, sont dispensées de ce cérémonial, mais sont invitées à renverser une bouteille avec de l eau ou de leur urine. Détail historique qui a son importance: sur le cosmodrome de Baïkonour, aucun lancement n est plus effectué le 24 octobre. Ce jour là, en 1960, le nouveau missile R-9 a explosé lors des préparatifs et une centaine de militaires, ingénieurs et techniciens - dont le maréchal Mitrofan Nédeline ( ), responsable du lancement - furent brûlés vifs. Trois ans plus tard, jour pour jour, l explosion d un autre missile dans son silo tuait sept techniciens. Deux monuments, sous la forme d obélisques, sur une avenue de Leninsk rappellent le sacrifice de ces pionniers de la technologie des fusées en Union soviétique. Théo PIRARD 465
50 Espace En bref... En bref... La prochaine Ariane 5 (188 e lancement d une fusée Ariane), décollera à la mi-mai, avec les deux observatoires Herschel et Planck, de l Esa. A rianespace: 35 lanceurs commandés à EADS Astrium et déjà 5 contrats de lancement en 2009! Le transport spatial européen connaît un beau début d année. Arianespace a déjà signé en 2009 des contrats de lancements pour cinq satellites de télécommunications et de télévision. Pour assurer ses lancements jusqu en 2015, Arianespace a signé avec l industrie européenne un contrat de plus de 4 milliards d euros portant sur 35 lanceurs Ariane 5-ECA. La SABCA, Thales Alenia Space ETCA, Techspace Aero, concernés par la production d Ariane 5, sont partie prenante dans ce contrat. Le 10 mars, Techspace Aero, qui fait partie du groupe Safran, a signé le contrat de 18 millions d euros portant sur 300 équipements destinés aux 35 Ariane 5 (étage principal), à produire à Herstal-Milmort de 2009 à L Iran, puissance 10 de l espace. Téhéran a fait preuve de beaucoup de prudence pour annoncer le succès de sa deuxième tentative de lancement d un petit satellite. Le 2 février 2009, le lanceur iranien Safir-2 à deux étages a mis sur orbite Omid de 25 kg. C'est seulement le lendemain que les médias ont pu diffuser la nouvelle que l'iran avait désormais accès à l'espace. Ce qui en fait le 10 e membre du club restreint des puissances spatiales qui ont vraiment fait leurs preuves après l'urss (Russie et Ukraine en 1957), les États-Unis (1958), la France (1965), le Japon (1970, la Chine (1970), le Royaume-Uni (1 seul lancement réussi en 1971), l'europe (1979), l'inde (1980), Israël (1988). La Corée du Nord prétend avoir rejoint ce cercle fermé, mais elle a l'art de lancer des «satellites fantômes». Sa voisine du Sud se prépare à lancer cet été un petit satellite au moyen d'une fusée réalisée avec l'industrie russe. L excellente santé des deux grands opérateurs de satellites en Europe. Tout ne va pas mal pour l économie européenne. La preuve: Ses (grand duché de Luxembourg) et Eutelsat (France) affichent pour 2008 un chiffre d affaires et des bénéfices en hausse et prévoient la poursuite de la croissance en Tous deux misent sur le développement des médias numériques, de la TV haute définitition et en 3 dimensions. Ses a réalisé un chiffre d affaires de plus d 1,6 milliard d euros, avec un bénéfice opérationnel de 625 millions. À noter que la société belge Newtec, avec son terminal Sat3Play (téléphone, TV, Internet), contribue au succès d Astra2- Connect en Europe. Cet équipement à double tête de réception est pointé sur les positionsphares du système Astra de Ses, à savoir le 19,2 degrés Est (chaînes numériques) et le 23,5 degrés Est (Tvhd, connexion Internet). Ses Astra vient de s'associer avec le nouvel opérateur Yahsat (Émirats Arabes Unis) pour renforcer sa présence sur le marché du Moyen-Orient. Eutelsat, pour les six derniers mois de 2008, a réalisé 463,5 millions d euros de chiffre d affaires, dont plus de la moité (256 millions) sont des bénéfices. Comme il n y a pas de petits profits, l opérateur annonce son choix d une fusée chinoise Longue Marche pour lancer l un de ses prochains satellites. Il faut qu ils soient Itar-free - non soumis à la réglementation américaine d exportation des composants stratégiquement sensibles - ou non restricted. En Europe, Thales Alenia Space est le seul industriel de l espace à offrir cette gamme de produits. R ôle accru pour Belgospace? Chaque région a son association des acteurs dans la recherche et la technologie spatiales. La Flandre a le Vri (Vlaamse Ruimtevaart Industrien) qui ne regroupe que des industriels. La Wallonie a le cluster Wallonie Espace qui fait preuve de beaucoup de dynamisme. Bruxelles-Capitale a créé Bruspace, mais son action reste assez discrète. Pourquoi, à l'avenir, ne pas confédérer le Vri, Wallonie Espace et Bruspace, sous le chapeau de Belgospace? Cette association nationale des industriels du spatial belge, qui existe depuis avril 1962 (c'est sans doute la première en Europe!), est en train de s'élargir aux institutions scientifiques et centres universitaires. Théo PIRARD [email protected] 466
51 Inhaltsübersicht Fliegen wie mit eigenen Flügeln. Das Twinbee ist ein Ultraleichtflugzeug made in Wallonia. Das Fabrikat der Firma Airflow soll in sechs Monaten serienreif sein und in Produktion gehen. Das UL-Flugzeug ist aber nicht nur als Freizeitspaß, sondern auch für den beruflichen Einsatz gedacht, vor allem in Entwicklungsländern. Selbst Notrettungs- und Überwachungsflüge sind denkbar. Gute Aussichten also für die kommerzielle Zukunft dieses Produkts. Jean-Claude Quintart stellt das Fluggerät vor. Die Hölle, das sind die anderen... Soziale Phobie kann eine Berufskarriere und ein ganzes Menschenleben ruinieren. Wahrscheinlich ist es nur das letzte Glied einer ganzen Kette von Problemen, an deren Anfang ganz einfach Schüchternheit steht. Die kognitive Psychopathologie ist eine noch junge Disziplin, die - neben anderen Faktoren - die kognitiven Mechanismen aufdeckt, die der Entstehung und Wiederkehr sozialer Angstzustände zugrunde liegen. Philippe Lambert erklärt. Revolution in der Strahlentherapie. Seit über hundert Jahren ist die Strahlentherapie fester Bestandteil des therapeutischen Instrumentariums der Onkologie. Schätzungen zufolge werden 50 bis 70 % aller Krebspatienten früher oder später strahlentherapeutisch behandelt. Im Zuge umwälzender technischer Fortschritte steht die Strahlentherapie nun vor bahnbrechenden Neuerungen. Ein Artikel von Philippe Lambert. Den Generationenkonflikt überwinden. Im ersten Teil dieses Artikels ging es um die Beziehungskluft, die das Internet zwischen Eltern und Kindern reißt und die Menschheit quasi dreiteilt: in Digital Natives, Digital Immigrants und Analogists. Die Folgen für das Bildungswesen bleiben nicht aus, und eine Rückkehr in frühere Zeiten ist ausgeschlossen, weil das Gehirn der Digital Natives bereits anders als das der Digital Immigrants zu funktionieren scheint. Gibt es denn gar keine Möglichkeit mehr, den Generationenkonflikt zu überwinden? Dieser Frage geht Christian Vanden Berghen nach. Geburt eines Sterns. Auf dem langen Weg zur kontrollierten Kernfusion ist ein neuer Meilenstein erreicht. So hat man es nun geschafft, mit 192 Lasern 1,1 Megajoule Energie in einem winzigen Ziel aus Tritium und Deuterium zu konzentrieren. Damit wurde erstmals die Megajoule-Mauer durchbrochen. Genug Energie also, um eine Fusion auszulösen, die für die Geburt eines Sterns reicht, wie Henri Dupuis weiß. Wie sieht das Klima morgen aus? Der Klimawandel ist auf den globalen Anstieg der durchschnittlichen Meeres- und Lufttemperatur zurückzuführen, der nun schon mehrere Jahre andauert, und zwar seit etwa 25 Jahren, d.h. seit Ende des 20. Jahrhunderts. Die meisten Wissenschaftler haben den Menschen als Hauptverursacher dieser globalen Erwärmung ausgemacht. Doch was genau wissen wir derzeit über den Klimawandel? Ein Artikel von Paul Devuyst. Satellitennavigation: Was gibt s Neues von Egnos und Galileo? Der Kongress, den das Institut für Erdmessung und Navigation der Universität der Bundeswehr in München jährlich zum Thema Satellitennavigation abhält, stand 2009 im Zeichen des provokant formulierten Themas The worldwide race in Gnss/Global Navigation Satellite Systems (Das weltweite Rennen um die globalen Satellitennavigationssysteme). Die Erwartungen der Teilnehmer wurden nicht enttäuscht. Théo Pirard war vor Ort. Weitere lesenswerte Rubriken: News: Wettbewerbe, von Jean-Luc Léonard, S ; Kurznachrichten, von Jean-Claude Quintart, S ; Bio-Info, von Jean-Michel Debry, S ; Astronomie: Der Himmel im Juni 2009, von der Erde aus betrachtet, von Paul Devuyst, S. 460 und Schlagzeilen des Kosmos... von Yaël Nazé, S Weltall: Was tut sich? von Théo Pirard, S. 462; Baikonur, Legendäres Kosmodrom und Kurz gefasst, S Athena n 251 Mai 2009 Ce mensuel d'information, tiré à exemplaires, est édité par la Département du développement technologique, Service public de Wallonie Spw - DGO6 Avenue Prince de Liège, 7 à 5100 Jambes. Téléphone vert: 0800/ (appel gratuit) Télécopie: 081/ Editeur responsable: Michel CHARLIER, Ir. Inspecteur général Ligne directe: 081/ [email protected] Assistante de rédaction et mise en page: Marie-Claude SOUPART Ligne directe: 081/ [email protected] Impression: Les Éditions européennes Rue Thiefry, 82 à 1030 Bruxelles ISSN Ont collaboré à ce numéro: Jean-Marie Cordewener; Jean-Michel Debry; Christophe Despeghel; Henri Dupuis; Paul Devuyst; Philippe Lambert; Jean-Luc Léonard; Yaël Nazé; Théo Pirard; Jean-Claude Quintart et Christian Vanden Berghen. Traduction: Europaco. Dessinateurs: Olivier Saive et Vince. Comité de rédaction: Michel Charlier; Marc Debruxelles; Jacques Moisse; Jacques Quivy; Marie-Claude Soupart et Michel Van Cromphaut. 467
52 Visitez nos sites: Service public de Wallonnie - DGO6 Département du développement technologique Avenue Prince de Liège 7, à 5100 Jambes Tél.: Fax:
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