4. Consommation, épargne et investissement

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "4. Consommation, épargne et investissement"

Transcription

1 4. Consommation, épargne et investissement Il existe deux manières d utiliser les ressources dont nous disposons : la consommation et l investissement. Ménages et État consomment, Entreprises et État investissent. Dans le chapitre précédent, nous avons étudié le comportement de l État. C est pourquoi, ici, nous allons plutôt analyser le comportement de consommation des ménages et celui d investissement des entreprises privées. Néanmoins, il ne faut jamais oublier la part socialisée de la consommation et de l investissement dans l activité économique, ce sont de véritables leviers de politique économique. A L arbitrage consommation/épargne Rappelons que consommer et détruire peuvent être pris comme synonymes. Pour le macro-économiste, la consommation signifie la disparition des biens et services du circuit économique. Soit ils disparaissent pour de bon (un kilo de pommes de terre avalé), soit ils rendent un service qui ne passe plus par le marché, c est-à-dire domestique (une machine à laver familiale) 1. Avec l épargne, il s agit au contraire de conserver. Pourtant nous allons voir ici en quoi le comportement d épargne ne peut se concevoir indépendamment de la consommation. 1. Définitions En termes comptables, la consommation finale (CF) est donnée par la valeur des biens et services marchands et non marchands utilisés pour la satisfaction des besoins individuels. Cela inclut aussi bien les dépenses privées des ménages que les dépenses socialisées faites par l État au nom des ménages à savoir les services collectifs individualisables et les services collectifs non individualisables déjà évoqués dans la section B du chapitre précédent. La consommation des ménages (C) à proprement parler correspond donc uniquement aux dépenses privées supportées directement par les ménages en fonction de leur revenu disponible après impôts et transferts. Graphique 8. Part de la consommation finale dans le PIB dans cinq pays de l OCDE de 1987 à % 85% 80% 75% 70% 65% 60% DENMARK FRANCE JAPAN SPAIN UNITED STATES Le graphique 8 et le tableau 15 présentent respectivement la part des consommations finales 1 L achat de logement, en revanche, n entre pas dans la consommation des ménages, mais dans leurs investissements. Université de Paris X Nanterre 34

2 dans le PIB et celle des consommations socialisées dans la CF. Tableau 15. Part de la consommation socialisée dans la consommation finale dans plusieurs pays de l OCDE en 2002 Canada 25,4% Japon 23,8% Espagne 23,4% Danemark 35,4% Luxembourg 29,6% Suède 36,5% France 30,3% Mexique 14,4% Suisse 18,8% Allemagne 24,6% Pays-Bas 33,0% Turquie 17,4% Grèce 18,8% Norvège 32,7% Royaume-Uni 23,2% Irlande 25,1% Pologne 21,2% États-Unis 18,1% Italie 23,7% Portugal 26,0% Les américains «détruisent» un pourcentage particulièrement élevé de leurs ressources pour leur consommation, et cette consommation est essentiellement privée car le pourcentage de la consommation finale prise en charge par les APU américaines est au contraire l un des plus faibles. Quant aux Danois qui ne sont pas de gros consommateurs de leurs ressources, 35,4% de leurs consommations sont en fait régies par l État! Ces dernières informations sont cohérentes avec les taux de prélèvements obligatoires vus précédemment. Pour simplifier les raisonnements qui suivent, on va dans un premier temps négliger la part socialisée de la consommation. Soit RD le revenu disponible des ménages après impôts et transferts. Quel usage/utilisation font-ils de ce revenu disponible? Soit ils transforment ce revenu en achats et consommations de biens et services, soit ils conservent ce revenu sous forme d épargne (E). Il y a un choix, un arbitrage. Ce qui s écrit aussi : RD = C + E. L épargne est ainsi la partie non consommée du revenu disponible, et on appelle taux d épargne le rapport de l épargne au revenu disponible : RD E. Les motifs qui incitent les ménages à épargner sont de trois ordres : l'épargne de précaution : elle permet de se prémunir contre les risques potentiels de la vie (chômage, maladie) ou de se constituer un complément retraite ; la constitution d'un patrimoine : l objectif est de devenir propriétaire de son logement pour éviter de payer un loyer, ou d augmenter son capital pour le léguer à ses enfants, etc., l'épargne de liquidités (par exemple, sous la forme de billets ou d un compte bancaire non rémunéré) : la monnaie constitue ici une réserve de valeur et un moyen d'échange qui permet d'acquérir des biens. On peut donc considérer que l épargne est une renonciation à consommer aujourd hui pour pouvoir consommer demain, voire consommer plus demain. On parle d arbitrage intertemporel. Pour consommer plus dans le futur, étant donné l inflation 2, il faut qu un euro de renonciation aujourd hui soit récompensé par plus d un euro dans x années. Deux moyens de faire fructifier un euro s offrent à nous : le placement sur le marché financier : étant donné le taux d intérêt r du marché, l euro 2 Cf. chapitre 5. Université de Paris X Nanterre 35

3 épargné aujourd hui me permettra de consommer (1+r) n euros dans n années 3. l investissement dans l activité productive (achat de capital pour produire) : étant donné la rentabilité du capital avancé ou investi r c 4, l euro investi me permettra de consommer (1+r c ) n euro dans n années. La variable déterminant le partage entre consommation et épargne devrait donc être le taux d intérêt ou la rentabilité du capital investi. Ici, on va supposer que les ménages n investissent jamais directement. Ils placent uniquement leur argent sur le marché financier et les intermédiaires financiers se chargent de leur faire rencontrer les projets d investissement des entreprises. Comme variable déterminante dans l arbitrage intertemporel consommation/épargne, on ne retient donc que le taux d intérêt r. 2. L acte premier : consommer ou épargner? Entre consommer et épargner, quel est le comportement qui sera déterminé le premier, le second étant relégué au rang de comportement résiduel? Deux écoles économiques 5 s opposent en la matière : L école néo-classique considère que les consommateurs vont d abord déterminer leur taux d épargne en fonction du taux d intérêt r, la consommation est le résidu de ce calcul économique. Schéma 4. Épargne et consommation selon l école néo-classique taux d intérêt r taux d épargne : E/RD consommation : C = RD (1-E/RD) L école keynésienne considère au contraire que la consommation est déterminée en premier en fonction du revenu disponible (et ce de manière assez stable), l épargne étant le résidu. Schéma 5. Consommation et épargne selon l école keynésienne revenu disponible RD propension à consommer pc consommation C = pc RD Épargne E = RD - C taux d intérêt r placements financiers monnaie 3 Si n = 3 ans et r = 5%, 1 au bout d un an vaut 1 (1+0,05) = 1,05, qui placé un an de plus à 5% donne 1,05 (1+0.05) = 1,1025, qui placé la troisième année donne 1,1025 (1+0,05) = 1, Ce raisonnement revient à calculer directement 1 (1+0,05) 3. 4 Sans entrer dans les détails : r c est le rapport entre le bénéfice escompté d un placement productif et la valeur de cet investissement (qualifié aussi de capital avancé). 5 Ces écoles seront succinctement présentées dans le dernier chapitre. Université de Paris X Nanterre 36

4 Selon l approche keynésienne que l on va privilégier ici, le choix de consommation prime sur la décision d épargne, car l arbitrage repose moins sur un prix (taux d intérêt r) que sur un comportement psychologique des consommateurs : la «loi psychologique fondamentale». Cette loi est formulée par Keynes (chapitre 8 de La théorie générale de l emploi, de l intérêt et de la monnaie) qui s appuie, dit-il, sur des facteurs psychologiques propres «à la nature humaine» et sur «les enseignements détaillés» des faits économiques. Elle affirme que : la consommation augmente à mesure que le revenu disponible augmente, mais la consommation augmente moins vite que le revenu. Cette loi est résumée dans un concept très spécifique à l approche keynésienne : la propension à consommer, p c. Elle se définit comme le rapport de la consommation totale au revenu disponible : donc p c = RD C, ou encore C = p c RD. Il faut bien noter que le paramètre p c n est pas qualifié de «part» ou de «pourcentage» (ce que p c est pourtant d un point de vue mathématique) mais de «propension», à savoir de penchant, d inclination à faire quelque chose. Ce paramètre qui détermine le niveau de consommation, ainsi nommé, représente bien un comportement qui relève du psychologique et non pas du calcul. Comme on parle de propension à consommer, on peut parler de propension à épargner. E = RD C = RD p c RD = (1 p c ) RD La propension à épargner (1 - p c ) est donc égale à RD E, le taux d épargne. Mais cette fois-ci RD E ne dépend pas de r (un prix), mais de p c (un facteur psychologique). De manière inverse à la consommation, la loi psychologique fondamentale implique que : l épargne augmente à mesure que le revenu disponible augmente, mais l épargne augmente plus vite que le revenu. Le niveau d épargne n est donc pas calculé (il est indépendant de la rentabilité des marchés financiers). En revanche, la composition de l épargne, elle, est étroitement liée au taux d intérêt. Selon r, l attrait des placements est plus ou moins grand comparé à l utilité de disposer de monnaie (c est-à-dire de liquidités) qui, certes, ne rapporte rien mais est instantanément disponible pour régler des transactions (le principe même de la liquidité) La propension à consommer est-elle immuable? A la lecture du graphique 8, il semble que la propension à consommer est relativement stable C(t) sur le long terme, mais non constante pour autant. Par conséquent, peut fluctuer en RD(t) fonction de la date t (avec C(t) la consommation des ménages à la date t et RD(t) le revenu disponible des ménages à la date t). Au niveau individuel, de manière évidente, la propension à consommer évolue avec l âge. Au niveau macro-économique, on peut lister un certain nombre de facteurs qui vont influencer dans un sens ou un autre l arbitrage intertemporel consommer aujourd hui / épargner pour consommer demain. Niveau individuel Individuellement, les personnes sont attachées à la stabilité de leur consommation. Donc même si leur revenu disponible vient à changer, elles maintiennent leur niveau de 6 On n abordera pas la question des motifs de détention de la monnaie ou de moyens de paiement ; cf. cours de deuxième année. Université de Paris X Nanterre 37

5 consommation. Grâce au crédit et à l épargne, elles lissent leur niveau de consommation tout au long de leur cycle de vie. En fait, la contrainte de revenu est intertemporelle. L important n est pas de ne pas consommer plus que son revenu disponible à chaque période t, mais de ne pas consommer plus que la somme de ses flux de revenu sur l ensemble de sa vie. Jouant sur la possibilité de s endetter ou de se créer un patrimoine pour consommer quand il sera inactif, l individu peut rendre sa consommation présente indépendante de son revenu présent. On peut parler d un revenu permanent : le revenu moyen d une personne au cours de sa vie 80 RD(t) Du coup, la relation en vigueur n est pas : C(t) = p c RD(t), pour toute date t. Il s agit d une égalité avec une moyenne sur le cycle de vie : C(t) = p c ( 80 RD(t) 18 ) Bien sûr, cela nécessite des marchés financiers parfaits, c est-à-dire qu il n y ait pas rationnement du crédit. Si les banques rationnent les ménages dans leur demande de crédit par peur de ne pas être remboursées, alors ces ménages devront bien se résoudre à consommer moins aujourd hui si leur revenu présent est moindre! Et le concept de revenu permanent, d ailleurs beaucoup plus néo-classique que keynésien, n est pas vérifié. Niveau national En agrégeant l ensemble des ménages, au niveau national, étant donné la coexistence de toutes les générations qui sont à des stades différents de leur cycle de vie, on s attend à ce que la propension moyenne à consommer soit stable. Pourtant, différents effets macroéconomiques peuvent changer le comportement moyen des ménages dans leur arbitrage consommation/épargne. Énumérons quatre effets. 1. Une récession, impliquant une détérioration des ressources des ménages, oblige les ménages à épargner moins ou à désépargner pour maintenir leur niveau de vie : p c augmente. (C est ce que le Centre d observatoire économique COE diagnostique concernant le fléchissement des réserves financières des ménages français au second semestre 2003). 2. Une augmentation (baisse) du taux d intérêt incite à épargner plus (moins) ou à s endetter moins (plus) : p c diminue (augmente). 3. L insécurité économique (chômage plus important impliquant une probabilité d être au chômage plus grande, ou crise du système de Protection sociale qui fait craindre un non financement possible des retraites) incite à épargner plus pour le motif de précaution : p c diminue. 4. La dette et le déficit publics peuvent entraîner des effets dits «ricardiens», c est-àdire un surcroît d épargne des ménages qui anticipent la hausse du paiement des impôts futurs pour rembourser cette dette cumulée par les APU : p c diminue. Dans le cas de la France, sur longue période, on a observé au moins jusqu en 2002 une tendance à la hausse du taux d épargne depuis le milieu des années On considère que le deuxième effet joue. «L épargne en vue de la retraite est en hausse continue», mais l effet 80 RD(t) 7 18 est une écriture mathématique signifiant une somme (RD(18) + RD(19) + + RD(79) + RD(80)) divisée par 62, avec l hypothèse que l on reçoit des revenus à partir de 18 ans et que l on meurt à 80. Université de Paris X Nanterre 38

6 «peur de l avenir» joue depuis plus longtemps (chômage, précarisation de l emploi). «Les Français ont le pessimisme chevillé au corps. Si 76% d entre eux pensent que «leurs conditions de vie sont meilleures que celles de leurs parents», 55% estiment que celles de leurs enfants seront moins bonnes.» (extraits des Échos, mars 2004). Ce comportement est aussi visible en Italie qui est celui, parmi les pays vieillissant, qui s attend à voir la part de ses prestations retraites le plus exploser. Quant aux Américains, on ne peut qu apprécier leur confiance dans l avenir pour régler leurs dettes! Tableau 16. Taux d épargne des ménages France (% du revenu disponible) ,5 14,7 15,7 16,4 Tableau 17. Taux d épargne des ménages dans quatre pays de l OCDE en 2000 (% du revenu disponible) États-Unis Royaume-Uni Allemagne Italie - 0,1 4,7 9,8 11,5 Encadré 4. L épargne ajustée de la consommation socialisée Réintégrer la consommation finale socialisée revient d une part à augmenter le revenu disponible et la consommation des ménages d autant et, d autre part, à modifier le rapport entre les deux. En fait, si l on tient compte de toutes les dépenses que les Français ne supportent pas directement (alors qu elles le sont au Royaume- Uni ou aux États-Unis exemple de l enseignement supérieur subventionné en France, financé par les familles dans les modèles libéraux), la propension à consommer des ménages français s accroît (nous sommes plus dépensiers que l on croit) et leur taux d épargne diminue de trois points en moyenne! La même prise en compte des dépenses socialisées au Royaume-Uni a un moindre impact, celles-ci étant plus faibles (cf. tableau 15). Tableau 18. Taux d épargne traditionnel et ajusté en Taux d épargne traditionnel * Taux d épargne ajusté ** France Royaume-Uni * en tenant compte du seul revenu disponible des ménages et de leur consommation «privée» : RD - C RD. ** en tenant compte du revenu national et de la consommation finale totale, privée et socialisée : RN - CF RN. B - Investissement des entreprises Nous nous intéressons à présent au comportement d investissement des entreprises et à une des spécificités de cet agrégat, ses fluctuations à court terme (d une année à l autre). De nouveau, telle la consommation, l investissement (I) ou Formation brute de capital fixe (FBCF) ne dépend pas d un seul type d acteurs économiques, ici les entreprises. En fait, la Comptabilité nationale englobe essentiellement dans la FBCF : - les achats de biens de production ou d équipement des entreprises privées, - les achats de biens de production ou d équipement des APU, - et les achats de logements des ménages. 8 Données extraites du rapport de l IEM Finance, «Y-a-t-il une exception française des comportements d épargne?», avril Université de Paris X Nanterre 39

7 Dans ce qui suit, toujours pour simplifier les raisonnements, on ne s intéressera qu à la première composante représentant 60% de l investissement en 2002 (pour l ensemble des sociétés financières et non financières et des entreprises individuelles). Comme on peut voir dans le graphique 9, la part de l investissement des ménages décroît depuis plus de 25 ans (passant de 38% de l investissement national en 1978 à 23% en 2003) et celle des APU est stable (entre 15 et 16%). Université de Paris X Nanterre 40

8 Graphique 9. Évolution de la décomposition de la FBCF en France de 1978 à 2003 (données INSEE) 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0, Sociétés non financières et entreprises individuelles Sociétés financières Administrations publiques Ménages hors entrepreneurs individuels Nous cherchons donc à expliquer les décisions d investissement motivés par la recherche de profit (motif propre aux entreprises) 9. Fixons quelques notations. Soit Y(t) la production de biens et services marchands à la date t. Y(t) est produit à partir de facteurs de production, essentiellement du capital et du travail. Soit K(t) le capital fixe ou physique des entreprises (l ensemble des biens de production ou d équipement dans les entreprises privées, ou encore «outil de production») à la date t. Soit I(t) l investissement total des entreprises privées à la date t. Le profit Π(t) est égal à la différence apparaissant entre le chiffre de vente ou d affaires et le total des coûts de production. Ces coûts sont essentiellement composés des frais d achat et d entretien du capital et de la rémunération du travail. Mais les stocks sont coûteux également, on veut donc écouler toute la production. Soit Y d (t) la demande globale de biens et services marchands émanant des consommateurs sur le marché à la date t. Afin d éviter d avoir à stocker, l entreprise cherche à respecter l égalité suivante : Y(t) = Y d (t). Cette égalité est ce qu on appelle la contrainte de débouchés. 1. Investissement de remplacement / investissement net L investissement de remplacement (ou de renouvellement) permet de maintenir le niveau du capital physique (l outil de production) dans les entreprises, étant donné l usure ou l obsolescence du capital fixe, qu il faut remplacer. Soit δ le taux d usure du capital : a) en t-1, on avait un outil de production de niveau K(t-1) ; b) entre t-1 et t, δk(t-1) est devenu obsolète (consommation, amortissement ou usure du capital fixe, déjà évoqué au chapitre 2) ; c) si on veut au moins maintenir le niveau des moyens de production, c est-à-dire K(t) = K(t-1), il faut un minimum d investissement, noté I r (t), avec I r (t) = δk(t-1). I r (t) est l investissement de remplacement. 9 Les investissements des APU peuvent se comprendre selon le principe de la production de biens collectifs (chapitre 3). Quant aux achats de logements des ménages, ils peuvent relever d un comportement à mi-distance des considérations d épargne et de consommation. Université de Paris X Nanterre 41

9 Exemple : K(t-1) = 1000, δ = 15%, I r (t) = 150 Mais une entreprise qui souhaite augmenter ses parts de marché (ou résister à la concurrence), ne peut se contenter de maintenir à l identique son outil de production. Elle doit investir pardelà le simple remplacement. D où l investissement net, noté I net (t), qui mesure l effort supplémentaire d investissement. I net (t) = K(t) K(t-1) : l accroissement net de l outil de production Or, la FBCF, ou I(t), correspond à l investissement total (ou brut) : I net (t) + I r (t) Donc : I(t) = K(t) K(t-1) + δk(t-1) I net (t) = I(t) I r (t) Remarquons que c est par l investissement net que passe le processus d accumulation du capital. En effet, comme I net (t) = K(t) K(t-1) : si K(t) > K(t-1) : il y accumulation de capital, si K(t) < K(t-1) : il y a «décapitalisation» de l économie. Pour vérifier sa bonne compréhension, le lecteur peut s entraîner à remplir les cases laissées vides du tableau suivant en utilisant les informations (K(1)=1000 ; δ = 0.15) et la contrainte d un investissement net égal à 100 à chaque période. 10 Période Capital présent dans l entreprise Usure du capital avec δ = 0.15 Tableau 19. Exercice 1. Investissement total ou FBCF Investissement de remplacement Investissement net Pourquoi l investissement est-il si fluctuant à court terme? Dans la section A, on s est interrogé sur l apparente stabilité de la propension à consommer. Ici, on relève au contraire les fortes variations de l investissement. «La volatilité dans le temps des dépenses d investissement est, en effet, la principale composante des cycles économiques de court terme de l économie» 11. La FBCF est un des emplois possibles du PIB (cf. chapitre 2 : PIB = CF + FBCF + X M). Or, parmi ces emplois, la FBCF est la composante la plus instable à court terme. On a vu qu à cause de la propension à consommer facteur psychologique la CF était au contraire peu fluctuante à courte terme même si sur deux décennies elle a eu à souffrir d une propension à épargner croissante. 10 La correction de cet exercice est donnée en fin de chapitre. 11 Introduction au numéro spécial d Économie et Statistiques consacré aux investissements des entreprises françaises, n , 2001, p. 3. Université de Paris X Nanterre 42

10 Graphique 10. Taux de croissance de la formation brute de capital fixe et de la consommation finale en France entre 1979 et 2002 (données INSEE) 20,0 15,0 10,0 5,0 0, ,0-10,0 FBCF CF Pour s en convaincre, il suffit de regarder dans le graphique 10 les taux de variation ou taux de croissance de ces deux agrégats (en acceptant les cas où la croissance puisse être négative). Auparavant on rappelle que : I(t) = I(t)-I(t-1) et CF(t) = CF(t) CF(t-1) sont des variations. I(t) et I(t 1) CF(t) sont des taux de variation ou de croissance. CF(t 1) Exemple : quand l investissement total passe de 277 à 282, il croît de I(t) = 5, et son taux de I(t) variation (ou de croissance) est de = 5 = +1.80% (cas entre 2000 et 2001) et quand I(t 1) 277 il passe de 282 à 277, le taux de variation ou de croissance est de 5 = % (cas entre et 2002). Pour justifier les fluctuations du taux de croissance de l investissement qui, d une année à l autre, peut être positif puis négatif et inversement (contrairement à la CF qui suit un trend moins accidenté), au moins deux facteurs explicatifs peuvent être mobilisés : la rentabilité escomptée du capital et la demande globale. La rentabilité escomptée du capital Dans la section précédente, on déjà introduit la rentabilité escomptée du capital avancé ou investi : r c. Cette rentabilité dépend des flux de profits futurs de l activité productive rendue possible grâce à l investissement. Or, la rentabilité escomptée r c est comparée à la rentabilité escomptée des placements financiers r. En effet, l entreprise doit arbitrer entre deux types d investissement : acheter du capital neuf (acheter de nouvelles machines sur le marché des biens et services pour produire plus dans le «F» de FBCF, il y a bien cette idée de capital nouveau) ; acheter du capital déjà existant (acheter des actions sur le marché boursier, c est-à-dire acheter des parts du capital d autres entreprises). Keynes notait cette alternative : il serait absurde de créer une entreprise nouvelle à un certain coût si l on peut acquérir à un coût moindre une entreprise existante du même genre. Université de Paris X Nanterre 43

11 Donc il y a concurrence entre investissement productif et investissement financier. Quand la rentabilité des marchés financiers r est élevé, tel que r > r c, il est plus intéressant d investir sur le marché boursier. Quand la rentabilité des marchés financiers r est faible, tel que r c > r, il est plus intéressant d acheter de nouvelles machines pour produire. Par conséquent, on s attend à ce que la FBCF soit décroissante avec le taux d intérêt. Or, comme la rentabilité des marchés financiers est volatile, cela implique des variations à court terme de la FBCF. La demande globale Nous allons ici mettre en valeur un principe important de la macro-économie, à savoir le principe de l accélérateur simple. La rentabilité d un investissement dépend également de la demande globale Y d (t). Pour produire Y(t) = Y d (t) (à savoir produire une offre égale à la demande pour éviter des stocks coûteux), on suppose qu il faut un montant de capital fixe égal à K(t) = v Y(t). Le paramètre v est une donnée technologique connue à court terme, appelé coefficient de capital. On considère qu en France ce coefficient est égal à 3. Soit la variation de la demande Y d (t) = Y d (t) Y d (t-1). Il faut adapter la variation de la production (c est-à-dire de l offre) à cette variation de la demande. Cela implique une variation de la production Y(t) = Y d (t). Par conséquent : I net (t) = K(t) = v Y(t) = v Y d (t). L investissement net des entreprises dépend donc, non pas du niveau de la demande globale, mais de la variation de celle-ci. Enfin, en ce qui concerne l investissement total : FBCF(t) = I(t) = I net (t) + I r (t) = v Y d (t) + δ K(t-1) De nouveau, l étudiant peut s essayer à compléter le tableau suivant en utilisant les données du problème indiquées. date Y d (t) Capital nécessaire avec v =3 Tableau 20. Exercice 2 sur l accélérateur simple Capital disponible avec δ = 0.2 Investissement de remplacement Investissement net Investissement total La correction est donnée à la fin du chapitre, mais dès à présent l étudiant peut vérifier que ses résultats correspondent au schéma 6. On constate que les faibles retournements Y d (t) de la conjoncture occasionnent de fortes variations I(t) de l investissement. Il y a accélération ou amplification des variations. Université de Paris X Nanterre 44

12 Schéma 6. Évolution de la demande et de l investissement total du tableau demande globale investissement total De fait, d un point de vue économétrique, «le résultat empirique le plus robuste est la relation très forte et assez stable dans le temps entre l investissement et la croissance de la production.» [ ] «l accélérateur et le taux de profit sont toujours les seules variables macroéconomiques explicatives du comportement d investissement et toutes les autres variables [ ] comme le taux d intérêt ou le taux d utilisation des capacités de production n apparaissent pas significativement.» 12 * Pour conclure ce chapitre, observons la part de la FBCF dans le PIB des cinq pays dont nous avons déjà observé la part de la CF au début du chapitre. Doit-il y avoir un lien logique entre les deux? Oui, si l on répète qu il s agit de deux emplois différents de ce même PIB. Une fois encore, PIB = CF + FBCF + X M. Dans une économie fermée, c est-à-dire sans commerce international (sans importations ni exportations : M = X = 0), alors FBCF = PIB CF. Ce qui n est pas consommé est investi. Donc des niveaux élevés de consommation et d investissement ne sont pas possibles simultanément dans une économie fermée. Au contraire, dans une économie ouverte, on peut avoir une situation où CF + FBCF > PIB, il faut que le solde commercial X-M soit négatif (on importe plus que l on n exporte pour «nourrir» cette consommation et cet investissement nationaux trop élevés par rapport aux richesses produites). La situation opposée (CF + FBCF < PIB) implique bien sûr une balance commerciale X-M positive (comme on ne consomme et n investit pas tout ce que l on produit, on peut exporter plus que l on n importe). Dans le graphique 11, on observe que, depuis la fin des années 90, les États-Unis, le Danemark et la France ont des parts relatives de leur FBCF dans leur PIB respectif assez proches alors même que leur niveaux de consommation se distinguaient plus fortement (cf. graphique 8). En pourcentage du PIB, les États-Unis consomment beaucoup plus que la France mais n investissent pas significativement moins, de son côté le Danemark consomment moins que la France et investit de manière équivalente. Comment expliquer cela? par le commerce extérieur évidemment. On doit s attendre à ce que la balance commerciale (X-M) soit meilleure au Danemark qu en France, tandis que celle des États-Unis doit être manifestement négative. Pour le Japon et l Espagne, les tendances de consommation et d investissement des graphiques 8 et 11 semblent plus complémentaires et ne présagent a priori rien de leur commerce extérieur. (on peut vérifier ces conjectures avec le graphique 13) 12 Introduction au numéro spécial d Économie et Statistiques, n , 2001, p. 3 et p. 10. Université de Paris X Nanterre 45

13 Graphique 11. Part de la formation brute de capital fixe dans le PIB dans cinq pays de l OCDE de 1987 à ,35 0,3 0,25 0,2 0,15 0,1 0, DENMARK FRANCE JAPAN SPAIN UNITED STATES Correction de l exercice 1 : Périodes Capital présent dans l entreprise Usure du capital avec δ = 0.15 Investissement total FBCF Investissement de remplacement Investissement net Correction de l exercice 2 : date Y d (t) Capital nécessaire K(t) = 3 Y d (t) Capital disponible 0.8 K(t-1) Investissement de remplacement I r (t) = 0.2 K(t-1) Investissement net I net (t) = 3 Yd(t) Investissement total I(t) = I r (t)+i net (t) = = =6 3 5= = = = =9 3 (-2)= = =7.8 3 (-3)= = =6 3 4= Les politiques économiques et leurs théoriciens On appelle politiques économiques les différentes interventions de l État pour «aménager» l économie, soit dans le sens d un infléchissement de la conjoncture (politiques conjoncturelles), soit pour réformer plus en profondeur les mécanismes et les règles du jeu économique (politiques structurelles 13 ). Une autre typologie possible des politiques économiques est celle de Richard Musgrave (The Theory of Public Finance, 1959) : les interventions de l État ont trois fonctions, l allocation, la stabilisation et la redistribution. Les 13 Tel est le cas de la politique industrielle ou d aménagement du territoire. Université de Paris X Nanterre 46

14 fonctions d allocation (en fait, la production des biens collectifs étant donné les défaillances de marché) et de redistribution ont déjà été exposées dans le chapitre 3 ; nous allons donc ici présenter les politiques de stabilisation, qui sont des politiques conjoncturelles. Elles tentent de réguler l évolution des variables macro-économiques de façon à éviter ou à limiter les principaux déséquilibres susceptibles d affecter l économie nationale. Si les politiques économiques ne font jamais l unanimité, c est parce qu elles reposent sur des théories économiques d inspirations variées et parfois contradictoires. Une fois encore, aucun modèle n est neutre dans sa manière de représenter la société. Néanmoins, un consensus semble exister entre les écoles de pensées macro-économiques : la nécessité d une croissance soutenue. Dans une première section, nous réunirons quelques informations sur la croissance dans l histoire et listerons les deux grands types de déterminants de la croissance. Dans la deuxième section, nous mettrons en évidence l impossible réalisation simultanée des principaux objectifs de politiques économiques traditionnels en termes de croissance, d inflation, de chômage et de commerce extérieur. La dernière section donnera un aperçu des principales théories économiques sur ces questions. A La croissance Ce qu on appelle la croissance est en fait le taux de croissance du PIB entre deux PIB(t) - PIB(t-1) années, à savoir : PIB(t-1). Mais, plus communément, on parle de croissance lorsque ce taux est positif plusieurs années de suite. 1. Perspective historique La croissance nous renseigne donc sur l augmentation durable de la taille du gâteau, de la valeur ajoutée, à se partager année après année. Une autre manière d interpréter les chiffres de la croissance consiste à faire un petit calcul fondé sur la relation suivante : si le taux de ln 2 croissance est de x%, alors le PIB double en ln (1+x) années14. Tableau 21. Correspondance entre le taux de croissance et le temps de doublement. Taux de croissance : 0.5 % 1 % 1.5% 2% 3% 5% 11% Doublement du PIB en : 139 ans 70 ans 47 ans 35 ans 23 ans 15 ans 7 ans Le phénomène d une croissance soutenue est relativement récent. «Au cours du dernier millénaire, la population mondiale a été multipliée par 22, le revenu par habitant par 13 et le PIB mondial par près de 300. Cette progression contraste radicalement avec celle enregistrée au cours du millénaire précédent : la population mondiale n avait alors augmenté que d un sixième et le revenu par habitant stagné.» (Angus Maddison, L économie mondiale, une perspective millénaire, 2001, cité dans les Cahiers Français, n 315). En fait, du Moyen-Age au XVIII e siècle, on constate d amples fluctuations plutôt qu un progrès continu. Le Tableau 22 permet de comparer les performances des principaux pays européens sur les quinze derniers siècles 15. Bien sûr, étant donné le manque de statistiques fiables avant le XX e siècle, ces chiffres sont fragiles mais l on peut se fier à leur ordre de grandeur. 14 «ln» est la notation du logarithme népérien. 15 Il s agit toujours des travaux de Maddison (Les phases du développement capitaliste, 1981), cités par Abraham-Frois, (Dynamique économique, Dalloz), dont je me suis beaucoup inspirée pour la rédaction de cette section. Université de Paris X Nanterre 47

15 Tableau 22. Performances caractéristiques de quatre époques Taux de croissance annuelle : de la population du PIB par tête du PIB total Période agraire % 0.0 % 0.0 % Période agraire progressive % 0.1 % 0.3 % Capitalisme commercial % 0.2 % 0.6 % Capitalisme % 1.6 % 2.5 % Durant la période qualifiée d «agraire» par Maddison, à savoir le millénaire qui suit la chute de l Empire Romain, l Europe apparaît en situation de stagnation totale 16. De 1500 à 1700, le rythme de progression est si lent qu il n est pas perceptible par les contemporains (doublement des richesses en 231 ans!). Puis, l époque du capitalisme commercial est marqué par le développement du commerce international : «les pays européens leaders exploitent la supériorité technologique dont ils disposent dans la navigation, la construction navale et les armements en vue de développer le commerce international.» 17 Un taux de croissance moyen de 0.6 % signifie que les richesses sont doublées en 115 ans ; étant donnée la faible espérance de vie de l époque, le processus d enrichissement des nations reste impossible à percevoir. Quant au capitalisme fondé sur l industrie, il peut à son tour être découpé en sous-périodes (cf. tableau 23). Taux de croissance annuelle : Tableau 23. Évolution de la croissance mondiale 18 de la population du PIB par tête du PIB total Doublement du PIB en : % 0.6 % 1.0 % 70 ans % 1.3 % 2.1 % 33 ans % 0.9 % 1.9 % 37 ans % 2.9 % 4.9 % 14 ans % 1.2 % 3.0 % 23 ans Au XIX e siècle, la croissance de l ère de l Industrialisation reste encore modeste. C est durant la période , bien que marquée par la première crise du capitalisme, que la croissance économique se diffuse dans le monde. De 1913 à 1950, la croissance est ralentie par les deux guerres mondiales et la crise majeure des années La période de croissance qui apparaît après la Deuxième Guerre mondiale est exceptionnelle par sa durée, son intensité et sa régularité. «Le taux de croissance moyen annuel du PIB est de l ordre de 5 % pour l ensemble des pays industrialisés de l OCDE ; aux deux extrêmes, on trouve le Japon dont le taux de croissance moyen annuel est de l ordre de 11 % et la Grande-Bretagne où il n est «que» de 3 % ; la France se situe un peu au-dessus de la moyenne, aux alentours de 5.5 %.» 19 Le «Français moyen» pendant la période dite des Trente Glorieuses 20, selon l expression de Jean Fourastié, a vu son niveau de vie multiplié par 2 en 13 ans, par 3 en En fait, cette apparente stagnation cache des périodes de déclin de la population suivies de périodes de rattrapage. 17 Abraham-Frois, op. cit. 18 Inspiré de Maddison, L économie mondiale, une perspective millénaire, Abraham-Frois, op. cit. 20 Qui ont duré moins de 30 ans. Université de Paris X Nanterre 48

16 ans!! La période actuelle n a pas la même vigueur, mais la croissance mondiale demeure forte par rapport à la moyenne des deux derniers siècles, en grande partie grâce à la croissance des pays asiatiques (excepté l année de la crise de 1998) ou du dragon celtique! Graphique 12. Taux de croissance du PIB dans six pays de l OCDE de 1990 à ,0% 12,0% 10,0% 8,0% 6,0% 4,0% 2,0% 0,0% ,0% -4,0% -6,0% -8,0% Denmark France Ireland Japan Korea United States Pour finir sur le cas français, si une croissance moyenne de +1,8 % devait perdurer (cf. tableau 24), alors le jeune «Français moyen», moins chanceux que son Grand-Père, devrait s attendre à voir son niveau de vie multiplié par 1,5 en 21 ans et non par 3. Les Trente Glorieuses (période totalement «insolite» dans l histoire humaine?) sont loin dernière nous! 2. Les facteurs de la croissance La croissance du PIB se constate mais ne se décrète pas. On peut néanmoins chercher à expliquer ses déterminants. Dans ce cas on distingue les facteurs de la croissance potentielle des facteurs de la croissance effective. Dans le premier cas, il s agit de considérer le PIB selon l optique de la production ( PIB= Y CI). Le PIB croît parce que l offre de biens et services augmente. On invoque principalement les effets bénéfiques de la productivité du capital et du travail qui permettent d accroître la force productive de la nation (par conséquent, la croissance potentielle, ce que l on peut produire). Les commentaires économiques et politiques qui expliquent la faible croissance française du fait du faible temps de travail des Français s inscrivent dans cette manière d approcher les déterminants de la croissance. On a alors tendance à prôner des politiques d offre (des politiques visant à soutenir ou relancer la production, par l incitation au travail, la défiscalisation des entreprises, etc.). Les facteurs de la croissance effective correspondent, quant à eux, aux différentes composantes du PIB selon l optique des emplois ou de la demande ( PIB= CF+ FBCF+( X M)). A quoi a-t-on effectivement employé le PIB supplémentaire? Il s agit de constater comment la consommation, l investissement et le commerce international ont «tiré» ou «ralenti» la croissance (cf. Tableau 24). Cette fois-ci, on insistera sur ces déterminants de la croissance pour recommander des politiques de demande (dites aussi politiques de relance keynésienne fondée sur l effet multiplicateur, cf. encadrés 5 et 8). Typiquement, on retrouverait ici les commentaires selon lesquels la croissance française est faible parce que, le niveau de vie des Français stagnant, ils ne peuvent consommer plus. Université de Paris X Nanterre 49

17 Tableau 24. Contribution des principaux emplois au taux de croissance du PIB en France de 1993 à 2003 (données INSEE) Dépense de consommation finale des ménages Dépense de consommation finale des APU FBCF (ajustée de la variation des stocks) Balance commerciale = Exportations - Importations Effet total : Croissance du Produit intérieur brut moyenne ,32 0,65 0,67 0,70 0,07 1,86 1,74 1,44 1,41 0,83 0,78 0,89 1,07 0,17-0,03 0,54 0,51-0,03 0,35 0,65 0,69 1,08 0,57 0,51-2,50 1,22 0,96-0,59 0,03 2,03 1,41 1,89-0,21-0,48-0,25 0,32 0,77-0,01 0,05 0,44 1,23-0,49-0,33-0,20 0,11-0,24-0,65 0,06-0,89 2,07 1,67 1,10 1,90 3,40 3,21 3,79 2,10 1,18 0,47 1,82 Encadré 5. L effet multiplicateur d une relance keynésienne de l investissement. Imaginons une économie fermée, sans commerce extérieur. Les emplois du PIB sont la consommation C et l investissement I. 1/ PIB = C + I Or, le niveau de consommation est déterminé par la propension à consommer p c. Par conséquent : 2/ C = p c PIB Des équations 1/ et 2/ on déduit : PIB = p c PIB + I ; ou encore : (1-p c ) PIB = I. C est-à-dire : 1 3/ PIB = I 1-p c 1 et 4/ PIB = I 1-p c 1 où est le multiplicateur keynésien. Avec p 1-p c = 0.8, si les entreprises décident d augmenter leurs c investissements de I = 20, alors PIB = 1 20 = 5 20 = 100 : le PIB augmente de 100. L augmentation de 0.2 départ est multipliée par 5. B - Le carré «magique» de Kaldor Dans Conflicts in Policy Objectives, publié en 1971, Nicholas Kaldor remarque très judicieusement qu il existe un consensus parmi les gouvernants sur les objectifs économiques, à défaut d une unanimité sur les moyens. Tous souhaitent une économie «prospère», avec l augmentation continue du niveau de vie en évitant les déséquilibres tels le chômage, l inflation et le déficit commercial. Cela se résume en quatre objectifs à poursuivre simultanément : (i) profiter d une croissance élevée, (ii) maintenir l inflation à un niveau raisonnable, (iii) baisser le taux de chômage et (iv) avoir un excédent plutôt qu un déficit commercial. Par exemple, un gouvernement efficace pourrait se vanter d une situation où la croissance est de +10 %, où le solde commercial est excédentaire (de 3% du PIB) et les taux d inflation et de chômage nuls. Cet état économique idéal est représenté dans le schéma 7 (où chaque axe orienté représente un objectif économique) : en reliant les points extrêmes (l atteinte maximale des objectifs visés), apparaît alors la forme d un carré. En fait, ce carré est qualifié de «magique» par Kaldor, car tout porte à croire que la réalisation simultanée des quatre objectifs relève de l exception, voire de l impossible! Il est beaucoup plus vraisemblable qu une économie soit résumée par une forme moins esthétique (à l intérieur du carré). Université de Paris X Nanterre 50

18 Schéma 7. Le carré «magique» de Kaldor Kaldor va plus loin : ces quatre objectifs se révèlent le plus souvent antinomiques (la reprise de la croissance peut se traduire par un déficit extérieur, une baisse du chômage entraîne généralement des pressions inflationnistes). Il peut y avoir un véritable dilemme entre deux objectifs économiques (on ne peut atteindre l un qu au détriment de l autre). Comme nous avons déjà évoqué la croissance dans la section précédente, il faut maintenant examiner les trois autres objectifs. 1. Pourquoi éviter un solde commercial déficitaire? Pourquoi les ministres français s enorgueillissent-ils toujours d une balance commerciale positive, (X-M) > 0? On remarquera dans le graphique suivant que la première économie mondiale, les États-Unis, accuse de manière pour ainsi dire structurelle une balance commerciale négative, sans crise majeure (cf. graphique 13). Un premier argument pour la défense d une balance commerciale positive est le fait qu elle soutient la croissance nationale lorsque la demande intérieure (la consommation et les investissements des résidents) s essouffle. On a vu en effet, dans la section précédente, que la balance commerciale était un facteur de la croissance effective. C est le mécanisme invoqué lorsque l on espère que la croissance du Reste du monde va «tirer» la croissance nationale, leurs importations, c est-à-dire nos exportations, croissant. En 2003, avec des exportations de 402 milliards d euros, la France est le cinquième exportateur mondial (derrière l Allemagne 21, les États-Unis, le Japon et la Chine). Ainsi, le commerce extérieur est-il le «soutien le plus constant de la croissance jusqu à l an L Allemagne, qui représente seulement 4% du PIB mondial est la première puissance exportatrice mondiale en assurant 10% des exportations de la planète. En cette période morose, la croissance outre-rhin repose presque exclusivement sur cette machine exportatrice. L'Allemagne renoue avec la croissance mais creuse son déficit en 2004 La progression du PIB s'établit à 1,7 % sur l'année, son niveau le plus élevé depuis Les exportations restent le socle de la croissance, 1,2 point étant imputable au seul commerce extérieur. Les investissements des entreprises progressent pour la première fois depuis 2000, de 1,2 %, mais la consommation des ménages recule de 0,3 %. Par ailleurs, les finances de l'etat fédéral se détériorent une fois encore : le déficit public allemand s'élève à 3,9 % du PIB, supérieur pour la troisième année consécutive à la limite des 3 % fixée par le pacte de stabilité européen. L'Allemagne avait connu une récession en 2003 (- 0,1 % de croissance), une quasi-stagnation en 2002 (+ 0,1 %) et une timide croissance en 2001 (+ 0,8 %). Son déficit public avait atteint 3,8 % du PIB en 2003 et 3,7 % en La lettre éco du Monde 13 janvier 2004 Université de Paris X Nanterre 51

19 Mais, depuis la tendance s est inversée. Le fort ralentissement de l activité en 2003 est intégralement imputable au commerce extérieur, alertait une note de la direction de la prévision en mars. Alors que la croissance de la demande intérieure est restée stable entre 2002 et 2003, la contribution des échanges extérieurs est devenue négative de 0,9% point de PIB ( ), les exportations de biens et services ont baissé de près de 2,1%, une contraction de cette ampleur n a pas été observée depuis 1978.» (Le Monde Économie, daté du 9 novembre 2004). Graphique 13. Part de la balance commerciale (X-M) dans le PIB dans cinq pays de l OCDE de 1987 à ,0% 6,0% 4,0% 2,0% 0,0% ,0% -4,0% -6,0% DENMARK FRANCE JAPAN UNITED STATES SPAIN Avançons à présent un autre argument en termes de financement des échanges commerciaux avec le Reste du monde. Imaginons qu il n existe que deux monnaies dans le monde : le dollars et l euro. Dans ces conditions, comment paie-t-on les importations M, hors zone euro? avec des dollars. On a donc besoin de devises. Comment obtient-on ces devises? Un moyen direct : on exporte une partie de nos biens et services X qui sont vendus en échange de devises. Mais si (X-M) < 0, cela signifie que nous manquons de devises collectées lors de nos transactions internationales sur biens et services. On a donc besoin de dollars supplémentaires. Comment faire? Deux techniques sont connues : soit on laisse l euro se déprécier par rapport au dollar : le prix des exportations en euros devient plus compétitif (donc X augmente) et le prix croissant des importations en dollars induit une baisse de la demande intérieure en biens importés (donc Y diminue) ; la combinaison d une contraction des importations et d un accroissement des exportations conduit à une amélioration de la balance commerciale ; soit on augmente le taux d intérêt pour attirer les capitaux de l étranger : le Reste du Monde place son épargne en dollars chez nous (mais cela est mauvais pour l investissement des entreprises nationales pour qui le coût du crédit augmente). Les deux solutions ont des inconvénients majeurs pour une économie qui n aurait pas la puissance productive des États-Unis qui peuvent laisser leur devise se déprécier sans dommage (elle reste la devise internationale de référence), et qui, de toute façon, attirent les capitaux du Monde entier 22. C est pourquoi, pour un pays comme la France, il est a priori 22 «D où l idée que le «reste du monde» finance les États-Unis. C est ainsi que la position nette des États-Unis est passée d une situation créditrice au début des années 1980 [à l époque, les États-Unis finançaient le reste du Université de Paris X Nanterre 52

20 préférable de se trouver dans une situation où (X-M) > 0 assurant un flux de devises avantageux. Enfin terminons ce point par un des dilemmes du carré «magique». Si une balance commerciale positive peut soutenir la croissance quand la demande intérieure fléchit, en revanche, une reprise de la croissance peut entraîner par la suite un déficit extérieur. Dès que le PIB augmente pour une raison indépendante du commerce extérieur, les revenus distribués dans l économie croissent. Consommation et investissements augmentent, or, une partie de cette consommation et de ces investissements supplémentaires est satisfaite par des importations supplémentaires, qui augmentent donc. En revanche, les exportations dépendent de la croissance du Reste du monde et non pas forcément de la croissance intérieure. Par conséquent, en supposant X inchangé (si le Reste du monde n est pas en croissance) et M en augmentation, alors l excédent commercial faiblit, voire devient un déficit extérieur (cf. les bonnes années 1998 et 1999 dans le tableau 24). Les objectifs d accélération de la croissance et d excédent commercial peuvent donc entrer en conflit. 2. Deux fléaux macro-économiques : chômage et inflation Chômage et inflation sont deux déséquilibres graves pour des raisons économiques différentes. Le chômage est coûteux : non seulement pour les chômeurs mais pour l ensemble de la population active qui par ses cotisations supporte le coût de l indemnité chômage ; par le manque à gagner du fait d un PIB effectif inférieur au PIB potentiel (on produirait plus si toute la population en âge de travailler était occupée, c est-à-dire avait un emploi). En fait, il s agit de constater que le chômage est un gaspillage de richesses potentielles, les ressources humaines de l économie. Graphique 14. Taux de chômage (BIT) selon le genre et l âge en France (données INSEE) 35,0 30,0 25,0 20,0 15,0 10,0 5,0 0, Femmes Hommes Femmes ans Hommes ans Le problème structurel français est la pauvreté en emplois de sa croissance, «il faut compter monde] à une situation débitrice d un montant de 2600 milliards de dollars fin 2002 (soit environ 25% du PIB), avec 9000 milliards de dollars d actifs américains [capitaux présents aux États-Unis] détenus par les nonrésidents.» Le Monde Économie, daté du mardi 30 novembre Université de Paris X Nanterre 53

L équilibre Ressources Emplois de biens et services schématisé par une balance

L équilibre Ressources Emplois de biens et services schématisé par une balance IV) l équilibre ressources - emplois et son interprétation Cet article fait suite à ceux du 19 janvier et du 18 février 2013. Il en est le complément logique sur les fondamentaux macro- économiques d un

Plus en détail

L équilibre Macro-Economique

L équilibre Macro-Economique L équilibre Macro-Economique Jean-Pierre Damon, octobre 1985. La position de départ des théoriciens est la situation d équilibre qui permet à la totalité de la production d être soit consommée, soit utilisée

Plus en détail

DEVOIR N 1 économie générale

DEVOIR N 1 économie générale PROGRAMME : DEVOIR N 1 économie générale L économie et son domaine Le circuit économique comme méthode d'analyse La production marchande et non marchande Le travail Le capital et le progrès technique Le

Plus en détail

Chapitre 3. La répartition

Chapitre 3. La répartition Chapitre 3. La répartition 1. La répartition de la valeur ajoutée La valeur ajoutée (1) Valeur ajoutée : solde du compte de production = > VA = P CI = > Richesse effectivement créée par les organisations

Plus en détail

ENSAE, 1A Maths. Roland Rathelot roland.rathelot@ensae.fr. Septembre 2010

ENSAE, 1A Maths. Roland Rathelot roland.rathelot@ensae.fr. Septembre 2010 Initiation à l économie ENSAE, 1A Maths Roland Rathelot roland.rathelot@ensae.fr Septembre 2010 Les ménages (1/2) Les ressources des ménages La consommation L épargne Les ménages comme agents économiques

Plus en détail

L immobilier dans l économie

L immobilier dans l économie ETUDE EN BREF Janvier 29 L immobilier dans l économie Avec 2 % de la valeur ajoutée en 27 et 45 % de l investissement, l immobilier a une place prépondérante dans l économie française. Phénomène nouveau?

Plus en détail

2014-2015 DS n 3 Chap 1-2h. Épreuve composée

2014-2015 DS n 3 Chap 1-2h. Épreuve composée Épreuve composée Pour la partie 3 (Raisonnement s appuyant sur un dossier documentaire), il est demandé au candidat de traiter le sujet : en développant un raisonnement ; en exploitant les documents du

Plus en détail

Evolution de la Conjoncture Economique (Huit premiers mois de 2015)

Evolution de la Conjoncture Economique (Huit premiers mois de 2015) Evolution de la Conjoncture Economique (Huit premiers mois de 2015) Banque Centrale de Tunisie Août 2015 1- ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL - Les statistiques préliminaires de la croissance dans les principaux

Plus en détail

Croissance annuelle moyenne de la population active en France (en milliers)

Croissance annuelle moyenne de la population active en France (en milliers) 23 COMMENT PEUT-ON EXPLIQUER LE CHÔMAGE? A La population active augmente-t-elle trop vite? a) Le chômage : une population active supérieure à l'emploi 1. Au niveau d une économie nationale, le chômage

Plus en détail

Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech

Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech Stéphane Gallon Caisse des Dépôts stephane.gallon@caissedesdepots.fr https://educnet.enpc.fr/course/view.php?id=2 1 Macroéconomie : croissance à

Plus en détail

Chapitre 4 : Les grands déséquilibres économiques

Chapitre 4 : Les grands déséquilibres économiques Chapitre 4 : Les grands déséquilibres économiques Introduction (1) 3 grands déséquilibres : inflation, chômage et croissance et fluctuations économiques Grands déséquilibres?! Écart entre l offre et la

Plus en détail

Les mécanismes de transmission de la politique monétaire

Les mécanismes de transmission de la politique monétaire Chapitre 5 Les mécanismes de transmission de la politique monétaire Introduction (1/3) Dans le chapitre 4, on a étudié les aspects tactiques de la politique monétaire Comment la BC utilise les instruments

Plus en détail

TD n 1 : la Balance des Paiements

TD n 1 : la Balance des Paiements TD n 1 : la Balance des Paiements 1 - Principes d enregistrement L objet de la Balance des Paiements est de comptabiliser les différentes transactions entre résidents et non-résidents au cours d une année.

Plus en détail

Economie Politique Générale Interrogation récapitulative du mardi 12 mai 2014 Corrigé

Economie Politique Générale Interrogation récapitulative du mardi 12 mai 2014 Corrigé Economie Politique Générale Interrogation récapitulative du mardi 12 mai 2014 Corrigé Question 1 : Soit une économie ouverte avec Etat. La propension marginale à épargner est égale à 1/3, le taux de taxation

Plus en détail

Analyse financière détaillée

Analyse financière détaillée Analyse financière détaillée L analyse financière détaillée réintègre le cadre comptable de la comptabilité générale. En particulier les hypothèses introduites dans l analyse sommaire sont levées. Cela

Plus en détail

PIB = somme des valeurs ajoutées + impôts sur les produits subventions à l importation

PIB = somme des valeurs ajoutées + impôts sur les produits subventions à l importation CHAPITRE 3 : LE PIB PLAN I/ définition du PIB Le PIB se définit selon 3 optiques. 1. PIB selon l optique de la production 2. PIB selon l optique de la demande 3. PIB selon l optique des revenus II/ Le

Plus en détail

INTRODUCTION / CHAPITRE I : LES AGREGATS MACROECONOMIQUES

INTRODUCTION / CHAPITRE I : LES AGREGATS MACROECONOMIQUES INTRODUCTION / CHAPITRE I : LES AGREGATS MACROECONOMIQUES Introduction : la macroéconomie Les objectifs de la macroéconomie Les agrégats macroéconomiques 1 INTRODUCTION: LA MACROECONOMIE La macroéconomie

Plus en détail

La dette publique japonaise : quelles perspectives?

La dette publique japonaise : quelles perspectives? La dette publique japonaise : quelles perspectives? Le Japon est le pays le plus endetté du monde avec une dette publique représentant 213% de son PIB en 2012 (contre 176% pour la Grèce). Dans ces conditions,

Plus en détail

1. Une petite économie ouverte dans un monde de capitaux parfaitement mobiles

1. Une petite économie ouverte dans un monde de capitaux parfaitement mobiles Le modèle Mundell-Flemming avec parfaite mobilité des capitaux Le modèle Mundell-Flemming (Robert Mundell, Marcus Flemming, début années 1960) est l extension du modèle IS-LM en économie ouverte. Il partage

Plus en détail

LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE

LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE I. Quelques définitions Politique conjoncturelle : C est l ensemble des décisions prisent à court terme par les pouvoirs publics dans le but de maintenir ou de rétablir

Plus en détail

Y-a-t-il vraiment un lien entre le prix du pétrole et le taux de change du dollar?

Y-a-t-il vraiment un lien entre le prix du pétrole et le taux de change du dollar? 7 mars 8- N 98 Y-a-t-il vraiment un lien entre le prix du pétrole et le taux de change du dollar? Beaucoup d observateurs avancent l idée suivante : la hausse du prix du pétrole est une conséquence du

Plus en détail

TD 3 : Monnaie, inflation, taux d intérêt et prix des actifs financiers

TD 3 : Monnaie, inflation, taux d intérêt et prix des actifs financiers Cours de Olivier Cardi Université de Tours L1 ECO Cours d Introduction à la Macroéconomie Année universitaire 2015-2016 TD 3 : Monnaie, inflation, taux d intérêt et prix des actifs financiers 1 Questions

Plus en détail

Chapitre 1 : Circuit économique, comptabilité nationale et équilibres macroéconomiques

Chapitre 1 : Circuit économique, comptabilité nationale et équilibres macroéconomiques Chapitre 1 : Circuit économique, comptabilité nationale et équilibres macroéconomiques 1. Le circuit économique Circuit : Quelques définitions (1) Représentation de l économie basée sur des flux (ou circulation)

Plus en détail

Résultats comptables et situation financière des PME de l industrie manufacturière

Résultats comptables et situation financière des PME de l industrie manufacturière Résultats comptables et situation financière des PME de l industrie manufacturière Faits marquants en 2008-2009 - La rentabilité économique recule mais demeure satisfaisante - L investissement ralentit

Plus en détail

Point de conjoncture

Point de conjoncture Point de conjoncture Mars 2013 COMMENTAIRE DE LA CGPME Le 22 février dernier, la Commission européenne a rendu son verdict. Dans ses prévisions d hiver, elle estime à 0,1 % la croissance française pour

Plus en détail

Reprise, es-tu là? Guillaume Duval, Alternatives économiques n 327, septembre 2013.

Reprise, es-tu là? Guillaume Duval, Alternatives économiques n 327, septembre 2013. Reprise, es-tu là? Guillaume Duval, Alternatives économiques n 327, septembre 2013. La croissance française a connu un léger rebond au second trimestre 2013. Peut-on pour autant véritablement parler de

Plus en détail

Moyen terme 2014-2018

Moyen terme 2014-2018 Moyen terme 2014-2018 ATTENTES DES UTILISATEURS POUR LA PERIODE 2014-2018 Selon les entretiens réalisés par le Cnis au 2 è semestre 2012 COMMISSION «SYSTEME FINANCIER ET FINANCEMENT DE L ECONOMIE» POUR

Plus en détail

La productivité du travail et le salaire moyen par tête à l horizon 2050

La productivité du travail et le salaire moyen par tête à l horizon 2050 CONSEIL D ORIENTATION DES RETRAITES Séance plénière du mercredi 26 septembre 2007 à 9 h 30 «Actualisation des projections à long terme : les hypothèses» Document N 04 Document de travail, n engage pas

Plus en détail

IFFP Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle. La monnaie

IFFP Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle. La monnaie IFFP Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle La monnaie : INTRODUCTION 22.01.2010, Lausanne 8h45 12h 12h45 16h David Maradan, chargé de cours UNIGE et HEG-Genève; Directeur Ecosys

Plus en détail

ECONOMIE GENERALE ET STATISTIQUE. 2ème Bac Sciences Economiques

ECONOMIE GENERALE ET STATISTIQUE. 2ème Bac Sciences Economiques Economie Générale et Statistique ECONOMIE GENERALE ET STATISTIQUE 2ème Bac Sciences Economiques Première partie: Les concepts économiques de base 3- Les agrégats de la comptabilité nationale 27/10/2014

Plus en détail

Chapitre VII : Définition et mise en oeuvre de la politique monétaire

Chapitre VII : Définition et mise en oeuvre de la politique monétaire Chapitre VII : Définition et mise en oeuvre de la politique monétaire I. Objectifs et instruments de la politique monétaire A) Les objectifs des politiques économiques Une politique économique = toute

Plus en détail

Le déclin de l industrie en France

Le déclin de l industrie en France Le déclin de l industrie en France Le but de ce dossier pédagogique est de comprendre les causes de la désindustrialisation en France. Il faut distinguer quatre phénomènes : i) les gains de productivité,

Plus en détail

Point de conjoncture

Point de conjoncture Point de conjoncture Avril 2012 ACTIVITE DANS L INDUSTRIE En mars, le climat des affaires s accroît légèrement après sept mois consécutifs de baisse : l indicateur correspondant augmente de 3 points mais

Plus en détail

(a) Pourcentage du solde des créances forfaitaires et des créances sur factures par rapport aux créances totales.

(a) Pourcentage du solde des créances forfaitaires et des créances sur factures par rapport aux créances totales. LA PLACE DE LA FRANCE PARMI LES CREANCIERS EUROPEENS EN MATIERE DE SOINS DE SANTE AU SEIN DE L UNION EUROPENNE ENTRE LE 31.12.1999 ET LE 31.12.2008 (REGLEMENTS CEE 1408/71 et 574/72) Les prestations versées

Plus en détail

Communiqué de presse

Communiqué de presse KOF Konjunkturforschungsstelle KOF Swiss Economic Institute ETH Zurich LEE G 6 Leonhardstrasse 89 Zurich Tél.: + 6 9 kofcc@kof.ethz.ch Communiqué de presse Zurich, juin, 9h Prévisions d été : relance dans

Plus en détail

CHAPITRE 2 : L'INVESTISSEMENT ET SES DETERMINANTS

CHAPITRE 2 : L'INVESTISSEMENT ET SES DETERMINANTS CHAPITRE 2 : L'INVESTISSEMENT ET SES DETERMINANTS Notions à connaître: Taux de rentabilité, taux d'intérêt, demande anticipée, investissement matériel, investissement immatériel, investissement public,

Plus en détail

MacSim. Un logiciel pour l évaluation des politiques macro-économiques

MacSim. Un logiciel pour l évaluation des politiques macro-économiques Octobre 2012 MacSim Un logiciel pour l évaluation des politiques macro-économiques JEAN-LOUIS BRILLET, GILBERT CETTE ET IAN GAMBINI 1 LE LOGICIEL MACSIM Sommaire général Octobre 2012 Sommaire général I.

Plus en détail

Chapitre IX : Le taux de change : marché et politique

Chapitre IX : Le taux de change : marché et politique Chapitre IX : Le taux de change : marché et politique I. Marché des changes et balance des paiements = marché où s'échangent les monnaies nationales. Grand A : impact du taux de change E sur les exportations

Plus en détail

Qu est-ce que la compétitivité?

Qu est-ce que la compétitivité? Qu est-ce que la compétitivité? Le but de ce dossier pédagogique est d expliquer la notion de compétitivité d une entreprise, d un secteur ou d un territoire. Ce concept est délicat à appréhender car il

Plus en détail

Tendances en matière de retraite et d'activité pour les seniors

Tendances en matière de retraite et d'activité pour les seniors Extrait de : Panorama des pensions 2011 Les systèmes de retraites dans les pays de l'ocde et du G20 Accéder à cette publication : http://dx.doi.org/10.1787/pension_glance-2011-fr Tendances en matière de

Plus en détail

Politiques monétaire et budgétaire en économie ouverte

Politiques monétaire et budgétaire en économie ouverte Chapitre 4 Politiques monétaire et budgétaire en économie ouverte Introduction modèle keynésien : on suppose que les prix sont fixes quand la production augmente, tant que l on ne dépasse pas le revenu

Plus en détail

Rappel mathématique Germain Belzile

Rappel mathématique Germain Belzile Rappel mathématique Germain Belzile Note : à chaque fois qu il est question de taux dans ce texte, il sera exprimé en décimales et non pas en pourcentage. Par exemple, 2 % sera exprimé comme 0,02. 1) Les

Plus en détail

Commerce intra-zone Euro : et maintenant, on va où?

Commerce intra-zone Euro : et maintenant, on va où? Commerce intra-zone Euro : et maintenant, on va où? Résumé : La création de la Zone Euro a participé au développement rapide des échanges entre ses membres. L Allemagne est l élément moteur de l essor

Plus en détail

ENTRAINEMENT A L EXAMEN 1/Les déséquilibres des finances publiques

ENTRAINEMENT A L EXAMEN 1/Les déséquilibres des finances publiques ENTRAINEMENT A L EXAMEN 1/Les déséquilibres des finances publiques NOTE SUR LES DESEQUILIBRES DES FINANCES PUBLIQUES 1. Les facteurs d aggravation de la dette La dette publique en France s est fortement

Plus en détail

Chap 6 : L ouverture des économies. I. La mesure des échanges de biens et de services

Chap 6 : L ouverture des économies. I. La mesure des échanges de biens et de services Chap 6 : L ouverture des économies L ouverture des économies a permis une forte progression des échanges internationaux, notamment depuis la Seconde Guerre mondiale, même si tous les pays et les secteurs

Plus en détail

Chiffres clés de l'europe

Chiffres clés de l'europe Sommaire 1 L économie et les finances... 1 1.1 Le PIB... 1 1.2 La production économique... 3 1.3 Les dépenses du PIB et les investissements... 5 1.4 La productivité de la main-d œuvre... 6 2 La population

Plus en détail

Tendance de long terme. Joachim GANACHAUD - Lycée Pasteur - Le Blanc

Tendance de long terme. Joachim GANACHAUD - Lycée Pasteur - Le Blanc Tendance de long terme PIB Crise PIB Crise Reprise Reprise Temps Temps Croissance potentielle (dépend de facteurs d offres) Variations conjoncturelles de la croissance (dépendent de la demande) Tensions

Plus en détail

DISSERTATION. SUJET Quels sont les effets d une politique de relance face à un choc de demande négatif?

DISSERTATION. SUJET Quels sont les effets d une politique de relance face à un choc de demande négatif? DISSERTATION Il est demandé au candidat : - de répondre à la question posée par le sujet ; - de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer ; - de mobiliser des connaissances

Plus en détail

Se préparer pour le défi des retraites. Sebastian Paris-Horvitz Directeur de la Stratégie d Investissement

Se préparer pour le défi des retraites. Sebastian Paris-Horvitz Directeur de la Stratégie d Investissement Se préparer pour le défi des retraites. Sebastian Paris-Horvitz Directeur de la Stratégie d Investissement Le Défi des retraites S. PARIS-HORVITZ - 26/04/2006 1 Sommaire Le défi démographique Le défi des

Plus en détail

Rentabilité des actifs et allocation stratégique

Rentabilité des actifs et allocation stratégique Rentabilité des actifs et allocation stratégique LE CERCLE INVESCO : SESSION 2007 Eric Tazé-Bernard Directeur de la Gestion INVESCO Asset Management 2 Section 01 Section 02 Section 03 Un modèle de description

Plus en détail

Retour au Plein Emploi?

Retour au Plein Emploi? Retour au Plein Emploi? Fiche 45 JAMES E. MEADE Dans ce petit livre (Economica, 1995, 88 p.) préfacé par Robert M.Solow (prix Nobel), James E. Meade (prix Nobel) propose des solutions macro-économiques

Plus en détail

ANNEXE VII EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME PIECE JOINTE N 2 SIMULATIONS REALISEES A PARTIR DU MODELE MACROECONOMETRIQUE MESANGE

ANNEXE VII EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME PIECE JOINTE N 2 SIMULATIONS REALISEES A PARTIR DU MODELE MACROECONOMETRIQUE MESANGE ANNEXE VII, PJ n 2, page 1 ANNEXE VII EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME PIECE JOINTE N 2 SIMULATIONS REALISEES A PARTIR DU MODELE MACROECONOMETRIQUE MESANGE ANNEXE VII, PJ n 2, page 2 Les simulations

Plus en détail

Les règles de base de fonctionnement d un marché

Les règles de base de fonctionnement d un marché C HAPITRE 1 Les règles de base de fonctionnement d un marché Qu est-ce qu un marché? Un marché est un endroit matérialisé ou non où peuvent se rencontrer des agents économiques qui ont des besoins complémentaires,

Plus en détail

Gillig Philippe Faculté des Sciences sociales

Gillig Philippe Faculté des Sciences sociales SO00DM24 Approches socio-économiques de la croissance TD 7 : Décrypter les liens entre productivité et rentabilité (d après J-P Piriou, Nouveau manuel de SES, éd. La découverte) Objectifs du TD : 1) analyser

Plus en détail

Devoir n 1. Première partie : Mobilisation des connaissances. 1. Comment les chocs d offre expliquent-ils les fluctuations économiques?

Devoir n 1. Première partie : Mobilisation des connaissances. 1. Comment les chocs d offre expliquent-ils les fluctuations économiques? Devoir n 1 Première partie : Mobilisation des connaissances 1. Comment les chocs d offre expliquent-ils les fluctuations économiques? 2. En quoi la déflation peut-elle avoir un effet dépressif sur l économie?

Plus en détail

1. La fonction de consommation keynésienne

1. La fonction de consommation keynésienne Rappels de cours Aix- Marseille Université - Faculté des Sciences Economiques Licence EM 1ère année - 2ème semestre Travaux dirigés de Macroéconomie Karine CONSTANT Gilles DE TRUCHIS 1. La fonction de

Plus en détail

CHAPITRE 9 L ÉPARGNE

CHAPITRE 9 L ÉPARGNE CHAPITRE 9 L ÉPARGNE LA NOTION D EPARGNE Définition Pour Bohm-Bawerk, l épargne s analyse comme la renonciation immédiate. Pour Keynes, l épargne est un résidu de revenu quand les besoins de consommation

Plus en détail

La crise a accentué les pertes de parts de marché des pays développés au profit des pays émergents

La crise a accentué les pertes de parts de marché des pays développés au profit des pays émergents Compétitivité de l industrie manufacturière Faits marquants en 28-29 - La crise accentue les pertes de parts de marché des pays développés face aux pays émergents - La «compétitivité-coût» de l industrie

Plus en détail

ANNEXE IX EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME

ANNEXE IX EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME ANNEXE VII, PJ n IX, page 1 ANNEXE IX EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME PIECE JOINTE N 9 EFFETS D UNE DIMINUTION DES COTISATIONS SOCIALES EMPLOYEURS FINANCEE PAR LA CREATION D UN IMPOT SUR LE CHIFFRE

Plus en détail

1 L équilibre sur le marché des biens et services

1 L équilibre sur le marché des biens et services Modèle IS LM BP IMPORTANT : en aucun cas ce cours ne remplace le cours magistral de M. Gilles Dufrénot, notamment le cours sur les chapitres 4 et 5. Il est destiné à faciliter la comprehension du cours

Plus en détail

Malgré des échanges peu dynamiques, le déficit commercial se réduit grâce à la baisse des importations d énergie

Malgré des échanges peu dynamiques, le déficit commercial se réduit grâce à la baisse des importations d énergie Malgré des échanges peu dynamiques, le déficit commercial se réduit grâce à la baisse des importations d énergie Au premier semestre, les importations diminuent (-1,2%), tandis que les exportations sont

Plus en détail

ECO434, Ecole polytechnique, 2e année PC 4 Approche Intertemporelle du Compte Courant

ECO434, Ecole polytechnique, 2e année PC 4 Approche Intertemporelle du Compte Courant ECO434, Ecole polytechnique, e année PC 4 Approche Intertemporelle du Compte Courant Exercice : Choix intertemporel et Taux de Change Réel (TCR) On considère une petite économie ouverte dans laquelle deux

Plus en détail

Chapitre XVII Les déterminants de la balance commerciale et des opérations courantes

Chapitre XVII Les déterminants de la balance commerciale et des opérations courantes Chapitre XVII Les déterminants de la balance commerciale et des opérations courantes Le chapitre X consacré à l optique dépenses de la comptabilité nationale nous a donné l occasion de décrire la structure

Plus en détail

La politique monétaire. Lionel Artige HEC Université de Liège

La politique monétaire. Lionel Artige HEC Université de Liège La politique monétaire Lionel Artige HEC Université de Liège La politique monétaire d hier et d aujourd hui Hier Autrefois, les Etats battaient monnaie et les banques centrales dépendaient directement

Plus en détail

INTRODUCTION A LA MACROECONOMIE Séance de travaux dirigés n 4 Construction des comptes de secteur

INTRODUCTION A LA MACROECONOMIE Séance de travaux dirigés n 4 Construction des comptes de secteur Université Montesquieu Bordeaux IV 1 ère année Licence AES Année universitaire 2012-2013 INTRODUCTION A LA MACROECONOMIE Séance de travaux dirigés n 4 Construction des comptes de secteur Questions préliminaires

Plus en détail

UNIVERSITE DE SFAX Ecole Supérieure de Commerce

UNIVERSITE DE SFAX Ecole Supérieure de Commerce UNIVERSITE DE SFAX Ecole Supérieure de Commerce Année Universitaire 2003 / 2004 Auditoire : Troisième Année Etudes Supérieures Commerciales & Sciences Comptables DECISIONS FINANCIERES Note de cours N 2

Plus en détail

ÉCONOMIE LA REMONTÉE DE L INFLATION RALENTIT LA PROGRESSION DES REVENUS RÉELS. janvier 2010

ÉCONOMIE LA REMONTÉE DE L INFLATION RALENTIT LA PROGRESSION DES REVENUS RÉELS. janvier 2010 ÉCONOMIE LA REMONTÉE DE L INFLATION RALENTIT LA PROGRESSION DES REVENUS RÉELS janvier 21 PRIX À LA CONSOMMATION Évolutions sectorielles 2 variation sur 12 mois en % 7 15 1 5 Énergie (7,3 % du total) 6

Plus en détail

Qu est-ce que la croissance économique? Quels sont ses moteurs?

Qu est-ce que la croissance économique? Quels sont ses moteurs? Qu est-ce que la croissance économique? Quels sont ses moteurs? En ces temps de crise économique et de crise des dettes souveraines (ou publiques), tous les hommes politiques de gauche comme de droite

Plus en détail

Les déterminants de l investissement

Les déterminants de l investissement Les déterminants de l investissement Après avoir expliqué ce qu est l investissement et montré ses effets sur l économie via l offre et la demande (article du 25 octobre sur ce blog), nous allons nous

Plus en détail

Économie Chapitre 4 La dynamique de la croissance

Économie Chapitre 4 La dynamique de la croissance I) Les facteurs de la croissance A) Contribution des facteurs de production 1. Les facteurs de production Les sources de croissance La croissance économique ( = accroissement de la production d un pays)

Plus en détail

15. Une théorie macroéconomique de l économie

15. Une théorie macroéconomique de l économie 15. Une théorie macroéconomique de l économie S = I + INE Epargne nationale, investissement et investissement net à l étranger en % du PIB aux Etats-Unis Année S I INE 1960 19,4 18,7 0,7 1970 18,4 18,1

Plus en détail

12. Le système monétaire

12. Le système monétaire 12. Le système monétaire Le rôle de la monnaie est fondamental. Imaginez une situation où aucun moyen de paiement ne ferait l unanimité : - Economie de «troc». - On échange des biens et services contre

Plus en détail

Le point sur les marchés des pensions. des pays de l OCDE OCDE

Le point sur les marchés des pensions. des pays de l OCDE OCDE CONSEIL D ORIENTATION DES RETRAITES Séance plénière du 17 décembre 2013 à 14h30 «Etat des lieux sur l épargne en prévision de la retraite» Document N 13 Document de travail, n engage pas le Conseil Le

Plus en détail

Avant et après les chocs pétroliers : l économie française de 1949 à 2012

Avant et après les chocs pétroliers : l économie française de 1949 à 2012 Avant et après les chocs pétroliers : l économie française de 1949 à 212 Ronan Mahieu* L économie française s est beaucoup transformée depuis l après-guerre, avec à la fois des évolutions lentes et continues

Plus en détail

Commentaires du Conseil du patronat du Québec présentés à la ministre des Finances du Québec, M me Monique Jérôme-Forget, lors des consultations

Commentaires du Conseil du patronat du Québec présentés à la ministre des Finances du Québec, M me Monique Jérôme-Forget, lors des consultations Commentaires du Conseil du patronat du Québec présentés à la ministre des Finances du Québec, M me Monique Jérôme-Forget, lors des consultations prébudgétaires provinciales 2008-2009 Conseil du patronat

Plus en détail

La dette de consommation au Québec et au Canada

La dette de consommation au Québec et au Canada La dette de consommation au Québec et au Canada par : James O Connor Direction des statistiques sur les industries INTRODUCTION La croissance de l endettement à la consommation au Québec et au Canada entre

Plus en détail

INVESTISSEMENT, PROGRES TECHNIQUE, CROISSANCE & CHOMAGE

INVESTISSEMENT, PROGRES TECHNIQUE, CROISSANCE & CHOMAGE INVESTISSEMENT, PROGRES TECHNIQUE, CROISSANCE & CHOMAGE I) FINANCEMENT ET DETERMINANTS DE L INVESTISSEMENT C est un enjeu économique essentiel. Il prend plusieurs formes et détermine les capacités de production

Plus en détail

Panorama du marché du crédit à la consommation en Europe en 2014

Panorama du marché du crédit à la consommation en Europe en 2014 Panorama du marché du crédit à la consommation en Europe en 2014 Pour la 8 ème année consécutive, Crédit Agricole Consumer Finance publie son étude annuelle sur l état du marché du crédit à la consommation

Plus en détail

Chapitre V. Balance des paiements & Taux de change. Aspects financiers du CI. R. Katshingu

Chapitre V. Balance des paiements & Taux de change. Aspects financiers du CI. R. Katshingu Chapitre V Aspects financiers du CI Balance des paiements & Taux de change R. Katshingu 1 Objectifs d apprentissage A.- La Balance des paiements (BP) 1. Définition et importance de la BP 2. Composition

Plus en détail

14. Les concepts de base d une économie ouverte

14. Les concepts de base d une économie ouverte 14. Les concepts de base d une économie ouverte Jusqu ici, hypothèse simplificatrice d une économie fermée. Economie fermée : économie sans rapport économique avec les autres pays pas d exportations, pas

Plus en détail

Les indicateurs de la procédure de déséquilibres macroéconomiques. Ronan Mahieu

Les indicateurs de la procédure de déséquilibres macroéconomiques. Ronan Mahieu Les indicateurs de la procédure de déséquilibres macroéconomiques Ronan Mahieu Contexte Mise en place d une procédure de déficits excessifs lors de la création de la zone euro Déficits publics < 3% du

Plus en détail

Gestion de trésorerie

Gestion de trésorerie Collection les mémentos finance dirigée par Jack FORGET Gestion de trésorerie Optimiser la gestion financière de l entreprise à court terme Jack FORGET Éditions d Organisation, 2005 ISBN : 2-7081-3250-4

Plus en détail

REFORME DU CREDIT A LA CONSOMMATION DECRET SUR LE REMBOURSEMENT MINIMAL DU CAPITAL POUR LES CREDITS RENOUVELABLES

REFORME DU CREDIT A LA CONSOMMATION DECRET SUR LE REMBOURSEMENT MINIMAL DU CAPITAL POUR LES CREDITS RENOUVELABLES REFORME DU CREDIT A LA CONSOMMATION DECRET SUR LE REMBOURSEMENT MINIMAL DU CAPITAL POUR LES CREDITS RENOUVELABLES DOSSIER DE PRESSE FICHE 1 Une réforme pour réduire le coût des crédits renouvelables et

Plus en détail

Rapport préliminaire sur les tendances en matière d investissement

Rapport préliminaire sur les tendances en matière d investissement Rapport préliminaire sur les tendances en matière d investissement ONTARIO : 215-224 L investissement dans le secteur de la construction de l Ontario croîtra à moyen terme, parallèlement à de nombreux

Plus en détail

Vers une meilleure prise en compte de l intermédiation financière en comptabilité nationale

Vers une meilleure prise en compte de l intermédiation financière en comptabilité nationale Vers une meilleure prise en compte de l intermédiation financière en comptabilité nationale La comptabilité nationale recense deux types de production des intermédiaires financiers. La première est directement

Plus en détail

De 2001 à 2004, les exportations allemandes ont été nettement

De 2001 à 2004, les exportations allemandes ont été nettement Dossiers Anne-Juliette Bessone Benoît Heitz Division synthèse conjoncturelle De 2001 à 2004, les exportations allemandes ont été nettement plus dynamiques que les exportations françaises. Géographiquement,

Plus en détail

Avec 464 000 entreprises et un chiffre

Avec 464 000 entreprises et un chiffre 8.1 Chiffres clés de la construction Avec 464 entreprises et un chiffre d affaires de 272 milliards d euros en 211, la construction représente 16 % des entreprises et 7 % du chiffre d affaires de l ensemble

Plus en détail

LA PREVISION DU TAUX DE CHANGE. Finance internationale, 9 ème éd. Y. Simon & D. Lautier

LA PREVISION DU TAUX DE CHANGE. Finance internationale, 9 ème éd. Y. Simon & D. Lautier LA PREVISION DU TAUX DE CHANGE 1 Qui cherche à prévoir? Les entreprises Les banques Les fonds d investissement Les investisseurs institutionnels Pourquoi chercher à prévoir? Créances et dettes en devises

Plus en détail

Chap 6. Le marché : la demande globale

Chap 6. Le marché : la demande globale Chap 6 Le marché : la demande globale L entreprise commerciale doit adopter son offre aux attentes des consommateurs. Pour cela, elle doit parfaitement les connaître et s adapter à leurs spécificités.

Plus en détail

Chapitre 1: Introduction à la science économique. Objectif: Définir l économique

Chapitre 1: Introduction à la science économique. Objectif: Définir l économique Chapitre 1: Introduction à la science économique 1 Objectif: Définir l économique Tous les problèmes économiques proviennent du fait qu il y a rareté : nos besoins excèdent les ressources dont nous disposons

Plus en détail

Pioneer Investments, 27 février 2003

Pioneer Investments, 27 février 2003 Pioneer Investments, 27 février 2003 1995-2002 Heurs et malheurs des épargnants européens par André Babeau Président du Comité d orientation Conseiller Scientifique au BIPE 1 Le choc de l année 2000 la

Plus en détail

Argent : ce qu il faut faire

Argent : ce qu il faut faire GÉRARD HUGUENIN Argent : ce qu il faut faire Et que vous ne savez pas Éditions Eyrolles, 2005 ISBN : 2-7081-3082-X 2 Économiser L essentiel 1. Constituer son épargne progressivement et sans efforts. 2.

Plus en détail

Banque nationale suisse

Banque nationale suisse IFFP Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle Combinaison des politiques budgétaires et monétaires 22.01.2010, Lausanne 8h45 12h 12h45 16h David Maradan, chargé de cours UNIGE et

Plus en détail

BTS NRC AIDE. Fiches de révision Guide intégral 2014-2015. Théophile ELIET aidebtsnrc.com. La référence en ligne des révisions BTS NRC

BTS NRC AIDE. Fiches de révision Guide intégral 2014-2015. Théophile ELIET aidebtsnrc.com. La référence en ligne des révisions BTS NRC Fiches de révision Guide intégral 2014-2015 AIDE BTS NRC La référence en ligne des révisions BTS NRC 2 annés d études en moins de 100 fiches Théophile ELIET aidebtsnrc.com 1 Sommaire Économie Droit Management

Plus en détail

ELEMENTS DE COMPTABILITE NATIONALE

ELEMENTS DE COMPTABILITE NATIONALE ELEMENTS DE COMPTABILITE NATIONALE Cours de M. Di Roberto Université Victor Segalen Bordeaux 2 Bibliographie Ce cours s inspire largement des ouvrages essentiels suivants. Merci à leurs auteurs. BOSSERELLE

Plus en détail

Systèmes d innovation et territoires. Francesco Quatraro M1 EFM 2010/2011

Systèmes d innovation et territoires. Francesco Quatraro M1 EFM 2010/2011 Systèmes d innovation et territoires Francesco Quatraro M1 EFM 2010/2011 1 Les trajectoires de croissance Théorie de la croissance traditionnelle Solow (1957) Connaissance comme bien libre Toutes pays

Plus en détail

UNE ESTIMATION DU PARC AUTOMOBILE À L AIDE DES DURÉES DE VIE DES VÉHICULES

UNE ESTIMATION DU PARC AUTOMOBILE À L AIDE DES DURÉES DE VIE DES VÉHICULES UNE ESTIMATION DU PARC AUTOMOBILE À L AIDE DES DURÉES DE VIE DES VÉHICULES François JEGER Le parc de véhicules automobiles en service vieillit de trois mois par an depuis 1993 : la durée de vie médiane

Plus en détail

Le modèle standard des échanges: termes de l échange, croissance et commerce

Le modèle standard des échanges: termes de l échange, croissance et commerce Le modèle standard des échanges: termes de l échange, croissance et commerce Modèles ricardien et HOS ont des points communs mais sont assez spécifiques: avantages comparatifs fondés sur: - différences

Plus en détail

Microéconomie vs Macroéconomie

Microéconomie vs Macroéconomie CONCLUSION Microéconomie vs Macroéconomie Concept commun de base des ressources limitées pour satisfaire des besoins illimités Microéconomie Macroéconomie But : comprendre le processus de décision des

Plus en détail

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique Les échanges de marchandises (biens et services), de titres et de monnaie d un pays avec l étranger sont enregistrés dans un document comptable

Plus en détail