Mission «Logiciel à Grenoble»

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1 Mission «Logiciel à Grenoble» «faire un état des lieux de l écosystème logiciels et systèmes intelligents produire une analyse de ce secteur d activité stratégique pour l agglomération grenobloise afin d éclairer utilement l avenir» 1 Marc Baietto et Geneviève Fioraso, Président et 1 ère Vice- Présidente de Grenoble Alpes Métropole, Septembre Voir lettre de mission en Annexe 1. 2 Comme c est l usage dans l agglomération, nous désignerons ainsi «Grenoble Alpes Métropole» J.P. Verjus Mai 2012 Page 1

2 Introduction Pourquoi une telle mission? Y a t- il des doutes sur le caractère stratégique de cette activité à Grenoble, berceau de l informatique académique française, terre d envol de Cap Gemini, l une des premières villes à créer une ZIRST dédiée en grande partie à des sociétés de haute technologie dans ce domaine, ville choisie par Hewlett- Packard pour y installer un site de production d ordinateurs? Se poser cette question, me proposer cette mission, c est déjà et en grande partie, de la part de la «Métro 2» comme très vraisemblablement de la part de nombreux grenoblois, avancer une réponse : Grenoble a- t- elle ou risque- t- elle de mal négocier une étape importante de son développement? De quel «logiciel» ou plus communément de quelle informatique parle- t- on au juste? De la recherche dans le domaine des «sciences informatiques», du développement de systèmes à «logiciel prépondérant», de l industrie des calculateurs, des éditeurs de logiciel, des sociétés de service en informatique, des sociétés de haute technologie, de l enseignement de l informatique à l école, au lycée, à l université et dans les écoles d ingénieurs, de l usage de l informatique dans l enseignement, au domicile, dans les administrations, dans les services, dans les entreprises, petites ou grosses? Parle- t- on du numérique, autrement dit du couplage très étroit de l informatique et du logiciel avec toutes les autres sciences ou technologies, dans les développements de tous les systèmes complexes comme dans les applications et les usages? Pour la plupart de ces sujets, on doit être rassuré sur la position grenobloise ; en particulier parce que le système de formation de cadres informaticiens de bon niveau est plutôt performant à Grenoble et qu il a très bien irrigué la plupart des domaines énumérés ci- dessus ; parce que le milieu de la recherche, comme nous le verrons, est de bonne qualité ; et enfin parce que la culture numérique est une des caractéristiques de l écosystème grenoblois. La question, il faut la comprendre ainsi : Grenoble a- t- elle toujours une position visible et enviée pour sa recherche, sa formation supérieure, ses entreprises «high tech» en informatique, plus précisément en logiciel. Dans ce domaine, Grenoble reste- t- elle terre d innovation, génératrice de développement économique, et le fait- on suffisamment savoir? Logiciel ou Informatique En choisissant de mettre en place une mission sur le logiciel, les responsables de la Métro ont voulu souligner qu elle portait précisément sur ce volet logiciel des sciences et technologies de l information, par opposition au volet électronique, ou matériel. On associe souvent logiciel et informatique (comme on associe souvent matériel et électronique), par abus de langage, car le logiciel est communément compris comme «affaire d informaticiens», alors que stricto sensu, l informatique englobe aussi la conception et réalisation de machines à traiter l information, qui par essence ont une 2 Comme c est l usage dans l agglomération, nous désignerons ainsi «Grenoble Alpes Métropole» J.P. Verjus Mai 2012 Page 2

3 composante matérielle. Nous verrons que cette opposition gagnerait à être gommée, mais elle est encore bien réelle et très ancrée dans l histoire et la culture grenobloise (voir encadré J. Kuntzmann, R. Perret, L. Néel : le dialogue contrarié du logiciel et du matériel). J. Kuntzmann, R. Perret, L. Néel : le dialogue contrarié du logiciel et du matériel Jean Kuntzmann est un mathématicien alsacien qui vient à Grenoble en 1949, où il développe un enseignement et des recherches en mathématiques de l ingénieur, et créé en 1951 un laboratoire de calcul qui deviendra l «Institut de Mathématiques Appliquées de Grenoble» (IMAG) puis, en 1960, une section d ingénieurs mathématiciens à l institut polytechnique (qui deviendra l actuelle ENSIMAG, composante de Grenoble INP). En 1956, il recrute Louis Bolliet pour développer les programmes (le logiciel ou software) d un ordinateur Gamma ET de Bull. La même année, il propose à l électricien René Perret un second sujet de thèse sur les calculatrices, qui amène celui- ci à partir au MIT pour travailler sur le calculateur MARK IV : à son retour en 1960, René Perret ne souhaite pas intégrer l équipe de J. Kuntzmann, fonde le Laboratoire d Automatique de Grenoble (LAG) au sein de l Ecole d Electricité (IEG) et formera des chercheurs qui seront à l origine du développement de l industrie des calculateurs à Grenoble. Dans sa vision de l informatique naissante (le nom n existe pas encore), Jean Kuntzmann persiste à souhaiter compléter l enseignement donné en mathématique et en logiciel en introduisant des cours sur la structure des ordinateurs (hardware) : faute d y intéresser un électricien comme R. Perret ou un électronicien de l Université, il choisit de s y consacrer lui- même en orientant la nouvelle équipe qu il constitue vers les mathématiques du hardware. Cet événement n est pas innocent et va marquer l histoire de l informatique grenobloise. Le décor est campé et nous découvrons une caractéristique majeure de l informatique à Grenoble comme en France : la non- communication entre informatique et génie électrique ou si l on veut entre science et ingénierie du calcul (computing science) et science et ingénierie des calculateurs (computer science). L Informatique grenobloise est née et restera fille des mathématiques. L approche des calculateurs par les mathématiques prônée par J. Kuntzmann ne rencontrera malheureusement pas celle, par l automatique industrielle, prônée par R. Perret. Pour la petite histoire, rapportons que, lors de la soutenance de la thèse de René Perret, Jean Kuntzmann affirme qu un calculateur, c est 95% de mathématiques et 5% de physique, alors que Louis Néel affirme exactement l inverse. En effet, les sciences et technologies du logiciel sont fortement inspirées par les mathématiques, l abstraction : un algorithme ou un programme résultent d une vision «top- down», en partant du problème que l on veut résoudre. Les sciences et technologies du matériel ont été longtemps inspirées par une démarche «bottom- up», visant à construire des systèmes de traitement de l information à partir des possibilités de l électronique (puis de la microélectronique et maintenant de la nanoélectronique, bientôt d autres nanodispositifs, bioinspirés par exemple). Avec l embarquement, de plus en plus «enfoui», de logiciel dans le matériel, cette distinction s estompe. Beaucoup de systèmes «matériels» ont été pensés et implémentés en logiciel d abord. A l inverse, ce sont les progrès du matériel qui permettent des développements logiciels impossibles à imaginer quelques années auparavant. Par ailleurs, quand on sait que la dépense électrique de l ensemble des «data centers» de la planète arrive en 3eme position mondiale derrière J.P. Verjus Mai 2012 Page 3

4 celles des USA et de la Chine, juste avant celle du Japon, on mesure à quel point les mondes du logiciel et de la physique sont désormais liés ; quiconque penserait que le monde de l immatériel est indépendant du monde physique ferait une grossière erreur, tant l avenir de l immatériel est lié à la capacité de concevoir des dispositifs économes en énergie, ce qui relève de compétences en logiciel, en physique (électronique, composants, etc.) et en énergie. Enfin, la frontière entre logiciels embarqués et logiciels «purs» a tendance à s estomper avec l émergence de l informatique ubiquitaire et de la mobilité. Et pourtant, nombre de nos ingénieurs ou technologues, à Grenoble, en France mais aussi à Bruxelles, opposent le monde des objets à celui de l immatériel (voir encadré «résilience à Grenoble, en France et à Bruxelles, de la coupure matériel logiciel). Résilience à Grenoble, en France et à Bruxelles, de la coupure matériel logiciel Le Dauphine Libéré assure chaque semaine une couverture importante du développement scientifique et technologique de Grenoble, surtout dans sa partie Ouest (Polygone scientifique) où se prépare, dans la continuité de Minatec, le projet Giant. Qu y lit- on? Par exemple le 27 octobre 2010, deux pages sur Giant ainsi introduites. «Giant (Grenoble institute of nanotechnologies) a pour objectif de transformer le Polygone scientifique en un «MIT à la française» centré sur les grands enjeux sociétaux du XXIeme siècle, l énergie, la santé et l information Le futur des batteries pour les véhicules électriques, du photovoltaïque, de la nanoélectronique, de la biosanté, des technologies de l image, vont éclore sur ce campus de l innovation dans les dix à vingt prochaines années». Pas un mot d une grande absente : les technologies du logiciel et tout ce qui relève de l économie numérique. Dix jours avant (DL du 16/10/10), ce même journal rend compte très largement d une mission confiée à un «High level group» européen, en charge de proposer des recommandations pour une stratégie et une politique européenne en faveur du développement des technologies clés d avenir. L article ne manque pas de faire la liaison entre ce groupe et ce qui se prépare à Giant, soulignant qu il faut redonner de la vigueur aux technologies "dures" qu'on a trop oubliées au profit de la "société de l'immatériel, du logiciel, du service et de la finance". Si l on parcourt le texte décrivant la mission que la Commission Européenne a confiée au groupe, il est écrit en note de bas de page (!!!, même pas dans le corps du texte) : "le logiciel et les technologies de la communication sont également des technologies clefs, mais ne ressortent pas du périmètre de cette mission". Diable! On parle de technologies convergentes et de technologies clés et on ne se préoccupe pas de la synergie entre les technologies du logiciel* et celles dont l étude est confiée au groupe, celles là même qui seront déployées à Giant. * Il est intéressant de noter qu en cette fin de mois de Mai 2012, l IST Advisory Group (ISTAG) de la commission européenne prépare un «mémo» sur le Key Software Technology intitulé The Missing KET (KET = Key Enabling Technology). Ainsi, à Grenoble en particulier, matériel et logiciel, «soft» et «hard», informatique et électronique, sont géographiquement et souvent institutionnellement «séparés», et souffrent d un traitement déséquilibré. Ce n est pas la bonne vision, ce n est pas porteur d avenir. Et c est bien dans ce contexte qu il faut comprendre la présente mission. J.P. Verjus Mai 2012 Page 4

5 Le numérique (La société numérique, l économie numérique). On estime aujourd hui que près de la moitié de la croissance économique mondiale est due au numérique. On désigne sous ce terme aussi bien les développements induits par le développement des Technologies de l information et de la communication 3, que ceux résultant de leur usage dans tous les secteurs de la société et de l économie. On estime l investissement annuel mondial en R&D à plusieurs centaines de milliards de dollars 4. A la suite de Microsoft au siècle dernier, des acteurs du logiciel, comme Google et Facebook, deviennent des leaders mondiaux. Le numérique est un facteur essentiel de l'innovation industrielle, grâce aux nouvelles possibilités d'ingénierie et de production, mais aussi grâce à l'intégration, dans les objets les plus divers, de capteurs, d'actionneurs, de circuits de communication et de traitement de l'information qui ouvrent des fonctionnalités inédites. Dans les services, la croissance du numérique est encore plus importante. Ainsi, le commerce électronique entre entreprises, et de plus en plus entre individus, connaît un essor spectaculaire. En santé comme dans l éducation, le numérique est et sera de plus en plus l unique facteur permettant de faire face aux énormes besoins sans trop obérer les budgets nationaux. Sans parler des loisirs, des jeux en particuliers. La mise en réseau des entreprises et des personnes bouleverse l'organisation du travail et de la société. Le numérique a été consacré en France comme une des grandes priorités gouvernementales, aux côté des Sciences du Vivant, de l Energie et de l Environnement, comme en témoigne la mise en place de 4 Alliances, regroupant tous les acteurs publics de la Recherche et de l Enseignement supérieur 5. Allistene, Alliance des sciences et technologies du numérique, regroupe les acteurs du logiciel, du matériel, de l automatique, de l électronique, du traitement du signal et des nanotechnologies ; et, au plan institutionnel tous les organismes (Inria et Institut Telecom) ou départements d organismes (CEA, CNRS) d écoles ou d universités, concernés par ces sujets. Là encore, c est avec à l esprit ce contexte du numérique qu a été menée la mission «logiciel à Grenoble». 3 TIC en Français, ICT en Anglais aux USA, 50 en Chine comme au japon ou dans l Europe des Allistene (Alliance des sciences et technologies du numérique), Aviesan (Alliance pour les sciences de la vie et de la santé), Ancre (Alliance nationale de coordination de la recherche pour l énergie) et Allenvi (Alliance pour l environnement). J.P. Verjus Mai 2012 Page 5

6 Chapitre 1 Bref survol du développement de l informatique à Grenoble Il y a aujourd hui à Grenoble au moins emplois 6 en «Logiciel» avec quelques gros acteurs comme HP, Cap Gemini, Orange, ATOS, Bull et un éditeur de logiciel du top 50 français, Hardis ; mais dans cette classification, ne sont pas répertoriés les très nombreux informaticiens de STMicroelectronics, ceux de plus en plus nombreux chez Schneider Electric et dans toutes les filières que le numérique dope. Avec les enseignants et chercheurs, il y a ainsi vraisemblablement environ informaticiens du logiciel dans la grande agglomération 7, résultant de 50 ans de développement. Grenoble a été le berceau de l Informatique «académique» française et un des dix centres internationaux qui comptent dans les années 60. Les meilleurs chercheurs du monde entier se retrouvent environ deux fois l an, en Chartreuse ou dans le Vercors pour partager leurs connaissances naissantes du domaine. Au plan industriel, les années 60 voient le développement d une industrie des calculateurs qui malheureusement sombrera avec le Plan Calcul (voir encadré Vie et mort de l industrie des calculateurs français à Grenoble). Vie et mort de l industrie des calculateurs français à Grenoble En 1961, quelques anciens du LAG (Laboratoire d Automatique) fondent, dans les locaux de leur école, l IEG (Ecole des ingénieurs électriciens), le département d automatisme et d électronique de la société grenobloise Mors, pour y concevoir un mini- ordinateur qui sera développé puis industrialisé grâce à l absorption de Mors par Télémécanique en 1969 et la construction de deux usines à Crolles puis à Echirolles (où travaillent environ 700 personnes) : ainsi naitront les T1600, T2000 puis SOLAR qui rencontrèrent un succès certain. Ces calculateurs étaient dotés de dispositifs originaux apportés en particuliers par des ingénieurs issus de l ENSIMAG, des «gens du soft». Si la rencontre entre automaticiens, électroniciens et informaticiens n a pas eu lieu au niveau de la recherche, elle a lieu chez Télémécanique et donne des résultats intéressants dans cette aventure industrielle où se côtoient des ingénieurs des trois communautés. Quelques années plus tard, en pleine tourmente du Plan Calcul français, on assistera à l intégration de Télémécanique au sein de SEMS (du groupe Thomson), qui abandonne le développement d ordinateurs, ce qui conduit une trentaine de cadres à partir fonder une quinzaine d entreprises sur la ZIRST de Meylan (avec de l ordre de 500 emplois créés dans le domaine considéré). En 1982, SEMS est intégrée dans le groupe Bull et aucune création d ordinateur de grande série ne verra désormais plus le jour à Grenoble, ni malheureusement ailleurs en France ou en Europe, malgré quelques réussites très pointues (comme les calculateur de très haute performance de Bull). 6 Source AEPI, voir chapitre 3. 7 Voir chapitre 3. J.P. Verjus Mai 2012 Page 6

7 Dès les années 50, d autres industriels ont compris l intérêt des calculateurs pour leur propre développement. Ainsi, le laboratoire de recherche de Neyrpic (qui deviendra Sogréah puis ARTELIA) acquiert en 1952 un ordinateur pour simuler les phénomènes et équipements hydrauliques et s équipera par la suite de calculateurs comparables à ceux que l on trouve à l Université. Bien d autres suivront ce chemin. Pour leur gestion, les entreprises ou établissements publics abandonnent les tabulatrices pour s adresser aux sociétés dites de matière grise dont les activités sont liées à l utilisation des ordinateurs et qui deviendront les Sociétés de Service et de Conseil, ou d Ingénierie, en Informatique (respectivement SSCI et SSII), et qui apparaissent à la fin des années 60 à Grenoble (voir encadré Les SSII à Grenoble). Les SSII à Grenoble (Sogeti, Syseca, Teamlog ) Trois transfuges du service d assistance de Bull quittent en 1967 cette société en pleine tempête du Plan Calcul pour créer SoGETI (Société pour la Gestion des Entreprises et le Traitement de l Information, ancêtre de l actuelle et mondialement connue Capgemini, et dont la marque s est concrétisée en 2002 dans la filiale Sogeti de Capgemini), puis quelques temps après SOPRA lorsque le Président actuel de Capgemini, Serge Kampf, en prend la responsabilité. L industrie du logiciel est née, une certaine industrie du logiciel devrions- nous dire, puisque ces sociétés ne créent pas de produit logiciel de grande série (les progiciels) mais des systèmes sophistiqués, assistent leurs clients, ou forment et louent leur personnel. L Université contribue au développement de ce secteur : le système SOCRATE (système de gestion de bases de données très novateur) développé à l IMAG dans le début des années 70 fut industrialisé par ECA- Automation (devenu SYSECA du groupe Thomson et aujourd hui Thales Service) et deux de ses inventeurs développèrent plus tard TEAMLOG (aujourd hui absorbée par le groupe OPEN) voit se réaliser l énorme promesse du choix de M. Packard d installer à Grenoble son entreprise, Hewlett- Packard, qui atteindra son apogée avec l implantation, au début des années 90, du centre de décision mondial de la compagnie en matière de télécommunications et d ordinateurs personnels. Le transfert entre l Université et ces mondes industriels (constructeurs, utilisateurs et SSII) est surtout le fait des étudiants formés à l INPG puis de plus en plus à l Université (l Institut de Programmation sera très célèbre dans les années 70), parfois le fait d un transfert de technologie (comme SOCRATE, voir encadré ci- dessus, Les SSII à Grenoble). Une autre forme de transfert voit le jour dès la moitié des années 60, via la création de centres de recherche et développement conjoints entre l IMAG et deux constructeurs : IBM jusqu en 75, puis la compagnie française CII- HB. Dans le premier s inventèrent ainsi les systèmes à mémoire virtuelle qui firent le succès des mainframes des années 80. Dans le second, on imagina les architectures de machines parallèles et les réseaux informatiques, mais sans aucun impact sur les produits du constructeur national. A défaut de contribuer à enrichir notre industrie nationale, ces travaux ont permis de garder un haut niveau de recherche conceptuelle et technologique. Le bilan peut apparaître mitigé, mais l écosystème grenoblois était largement leader sur ce terrain du développement J.P. Verjus Mai 2012 Page 7

8 industriel avec ou à partir de l Université, dont il n existe alors, en France, aucun équivalent. Mais cette belle période fut suivi, dans les années 80 d une période difficile aussi bien pour le milieu académique (l IMAG se divise en 7 laboratoires parfois concurrents), que pour le milieu industriel, en pleine reconversion suite à l échec du Plan Calcul. C est au tout début des années 90 que le secteur trouve un second souffle avec l arrivée à Grenoble de nombreux talents scientifiques, dans le sillage de la réunification de l IMAG et de la venue d un centre Inria à Montbonnot (voir encadré 1990 : Grenoble place forte des technologies de l information) Grenoble place forte des technologies de l information. Les centres de recherche de l INRIA et de Hewlett- Packard sont venus à point pour redynamiser l informatique grenobloise. Le secteur se mobilise au sein de Grenoble Network Initiative (GNI) pour promouvoir le Web et les réseaux. Grâce au LETI, au CNET et à SGS- Thomson, Grenoble dispose de sérieux atouts pour devenir un pôle mondial de micro- électronique Ces deux titres de l Usine Nouvelle (1990) donnent le ton d une analyse consacrant Grenoble comme place forte internationale de ce qu on s accorde à appeler désormais Technologies de l Information et qui désigne une filière allant de la microélectronique et des télécommunications aux applications sur les réseaux informatiques. Le même journal répertorie dans ce secteur 24 laboratoires publics regroupant 2400 personnes (dont 1400 chercheurs) et 8 laboratoires privés regroupant 4500 personnes (dont 2000 chercheurs). Dans le même temps, l organisme en charge des données économiques sur l agglomération (AEPI) répertorie dans la capitale des Alpes plus de chercheurs, ingénieurs ou techniciens dans la recherche ou l industrie des technologies de l information. De manière concomitante et également dans un contexte de très forte coordination des acteurs académiques du logiciel grenoblois, s installent dans l agglomération : à Gières, le consortium OSF (Open Software Foundation) des principaux constructeurs mondiaux d ordinateurs ; à Montbonnot, le centre SUN de Recherche et Développement sur les réseaux, au moment où XEROX implante à Meylan son centre de recherche européen. C est à la même époque que la communauté scientifique rétablit des liens forts avec le milieu industriel dans le cadre de laboratoires communs avec les sociétés Bull 8 (Bull- IMAG d une part, le GIE DYADE entre Bull et Inria d autre part) et VERILOG (VERIMAG). C est également la décennie de l émergence d Internet et du Web avec une très forte activité des acteurs académiques, industriels et des décideurs publics au sein de l association GNI (Grenoble Network Initiative), soutenue par toutes les collectivités territoriales. 8 A cette époque, les grands industriels de la place jouaient encore leur rôle de locomotive de la R&D et du transfert industriel. Nous verrons au chapitre 4 que certains d entre eux affirment vouloir revenir sur ce terrain. J.P. Verjus Mai 2012 Page 8

9 Cette époque est enfin celle du développement spectaculaire de sociétés de service, classiques comme Capgemini, SEMA, de PME devenues ETI comme Teamlog ou Silicomp, et de start up comme ITMI, APTOR, puis plus récemment Kelkoo et bien d autres. Signe fort de notre spécificité française, toutes les petites et moyennes entreprises seront absorbées, SEMA par Atos Origin, Teamlog par Groupe OPEN, ITMI et APTOR par Capgemini, Silicomp par Orange, KelKoo par Yahoo, etc. (voir encadré Nos Start up se font racheter). Nos Start up se font racheter Qui ne connaît pas aujourd hui Yahoo comme un des meilleurs moteurs de recherche, MathLab (de The MathWorks) comme le logiciel de référence pour les mathématiques de l ingénieur, ou Catia (de Dassault Systèmes) comme la référence en terme d outil pour la modélisation et la conception industrielle ou Mentor Graphics, leader en CAO de circuits. Qui connaît encore Kelkoo, Polyspace, Athys et Anacad, quatre start up issues respectivement du GIE Dyade entre Bull et Inria pour la première, d Inria pour les deux suivantes et du CNET Meylan pour la dernière? Les 4 dernières ont été rachetées par les 4 premiers. Aux Etats Unis, ce sont des start up qui ont donné naissance aux géants que sont aujourd hui Cisco, Google, facebook ou Qualcomm. En effet, des deux côtés de l Atlantique, la création de valeur dans ce domaine est très souvent le fait de start up qui ont leur origine dans le monde académique et ont été créées par des chercheurs et même parfois par des étudiants issus des meilleures universités. Elles ont fondé leur suprématie sur une base technique et scientifique meilleure que celle de leurs concurrents initiaux. Cela a été rendu possible aux US par l existence d un environnement scientifique de qualité exceptionnelle, ayant des liens forts avec le monde industriel, et d un système capable d attirer des chercheurs et des étudiants du meilleur niveau et venant du monde entier. Nous avons à Grenoble un environnement comparable, toutes proportions gardées, mais nous n avons pas su, ni d ailleurs notre pays tout entier, créer les conditions de la croissance de l une de ces start up. C est justement à la fin de cette décennie (années 90) que le paysage du «hard» à Grenoble s éclaircit avec l abandon par France Telecom de ses recherches en microélectronique, la reconnaissance, au sein du CEA comme au plan international, du rôle leader du LETI qui se renforce et se développe sur ce créneau, et le développement (en partie grâce à un soutien massif de l Etat et des collectivités) de la société STMicroelectronics à Crolles et sur le polygone scientifique. Les mécanos institutionnels mis en place successivement par l Etat (Contrat de Plan, Centre National de Recherche Technologique, Pôles de compétitivité, Investissements d Avenir) permettent au CEA et à l INPG de développer un pôle de recherche en micro et nanoélectronique de niveau mondial (projets MINATEC et GIANT). Les mêmes mécanos institutionnels qui colorent Grenoble en capitale des micro et nanotechnologies créent leur capitale informatique à Saclay. Bien entendu, l informatique J.P. Verjus Mai 2012 Page 9

10 grenobloise reste forte et reconnue suite au second souffle évoqué ci- dessus. Malheureusement, la liaison entre le «hard» et le «soft» demeure insuffisante malgré les contours donnés au Pôle de compétitivité Minalogic (Micronanotechnologies et logiciel embarqué). De fait, cette liaison reste difficile. Comme nous l avons vu, elle n est pas dans les gènes locaux, et il est de toute façon long et difficile de réorienter ses recherches, de coopérer avec des collègues dont la culture et le mode de travail sont différents. Mais il est certain, comme nous le verrons dans les chapitres suivants que Grenoble a tout intérêt à s appuyer sur les deux carburants du numérique : le logiciel et le matériel (ou plus communément sur l informatique et les mondes physiques), chacun avec leurs spécificités propres. J.P. Verjus Mai 2012 Page 10

11 Chapitre 2 Grenoble est- elle toujours une référence en logiciel? L enjeu de la mission «logiciel» est bien entendu local. Avant de s y consacrer, on peut établir un rapide «benchmarking» international et national. Au plan industriel, la situation française peut se résumer par six constats : un seul constructeur, Bull, replié sur une spécialité très pointue (les très hautes performances) et qui inscrit sa stratégie, comme nombre d autres anciens et grands constructeurs (IMB, HP, XEROX), vers les services, un seul grand éditeur de logiciel, Dassault Systemes (entre les places 10 et 20 au plan mondial, dans le top 5 européen), de grandes sociétés de service (SSII), dont 2 (CAPGEMINI et ATOS) sont dans le Top 10 mondial, et une autre (Business & Decision) est également dans le TOP 10 sur le créneau Business Intelligence, le dernier grand fabricant de puces et microprocesseurs européen, STMicroelectronics, dont les produits intègrent de plus en plus de logiciels embarqués, une industrie des télécommunications très dynamique, en 6eme position mondiale en terme de part de marché (6%), et qui intègre de plus en plus de systèmes logiciels à la base de ses produits ou services, et de très nombreux intégrateurs développant des systèmes complexes, qu on qualifie souvent de «systèmes à logiciel prépondérant». Il est intéressant de noter que l agglomération grenobloise héberge une implantation d au moins un acteur de ces 6 catégories avec respectivement Bull à Echirolles ; Dassault Systemes à Montbonnot 9 ; Capgemini à Montbonnot, Atos WorlGrid à Meylan 10 et Business & Decision (via Eolas) à Grenoble ; STMicroelectronics à Crolles et à Grenoble ; Orange à Meylan ; et Schneider Electric principalement à Eybens, Grenoble et Meylan. Notons également, que dans 3 de ces 6 catégories, l agglomération héberge de grandes entreprises américaines du domaine : - les constructeurs HP à Eybens et XEROX à Meylan, - les éditeurs ORACLE 11, The MathWorks 12 et Mentor Graphics, à Montbonnot, - le fabricant de microprocesseurs Intel à Eybens. Au plan académique, un récent classement des universités et organismes de recherche 9 Il s agit d une petite unité, résultat de l absorption de la start up ATHIS. 10 Cette entreprise s installe dès Juin 2012 à Grenoble (Bouchayer) 11 Par absorption de SUN 12 Par absorption de Polyspace Technologies J.P. Verjus Mai 2012 Page 11

12 mondiaux 13 en «computer science», mesurant la production scientifique et son taux de citation sur les 5 dernières années, classe ainsi les organismes français. - Inria (national) : 11 ème dans le Monde, 1 er en Europe. - Les laboratoires universitaires de Grenoble issus de l IMAG : 115 ème dans le monde, 29 ème en Europe. - L IRISA à Rennes, le CEA (national), et le laboratoire d Informatique de l ENS Paris : entre les places 150 et 200 au plan mondial, et respectivement 48 ème, 51 ème et 55 ème au plan européen. - Les laboratoires d informatique de Paris 6 et de Paris 11 (Saclay) sont au- delà de la 200 ème place au niveau mondial et respectivement 86 ème et 97 ème au plan européen. Compte tenu de l implantation sur le territoire national des centres Inria (Grenoble et Rennes sont les deux sites les plus importants, suivis de Paris, Sophia Antipolis et Saclay) et de ceux du CEA (l informatique y est surtout développée à Saclay, et un peu à Grenoble), on peut très grossièrement établir que Grenoble reste le site le plus visible, suivi des 3 sites de Rennes, Paris intra- muros et Saclay, puis de Sophia Antipolis. Cette vision externe est corroborée par l examen des récents résultats des appels à projet du PIA (Programmes d Investissement d Avenir), résumés dans la carte ci- dessous. 13 Voir J.P. Verjus Mai 2012 Page 12

13 Les pôles «Informatique» Principaux pôles '()*$+&,-.$+&& /0$%&!"#$%&& Equipex /12&/345*6"78($&& IHU, Bio Santé Economie Numérique 1 Sur cette carte, nous avons pris le parti d identifier 6 pôles principaux parce que s y trouvent une communauté scientifique reconnue (cf les éléments de visibilité cités ci- dessus) et un tissu industriel significatif, cet écosystème étant incarné dans les 6 pôles de compétitivité numériques, à savoir : Aerospace Valley (Toulouse), Cap Digital (Paris intramuros), Images et réseaux (Rennes), Minalogic (Grenoble), Solutions Communicantes et Sécurisées (Sophia Antipolis) et Systematic (Saclay). Sur ces 6 pôles, les communautés scientifiques d informatique et de mathématiques appliquées 14 ont été reconnues par des jurys internationaux pour des projets d équipements d excellence (Equipex, pastille marron sur la carte), de laboratoires d excellence (Labex, pastille rouge), de projets d excellence en biologie et santé numérique (Bio et Santé ou IHU 15, pastille aubergine). En ce qui concerne la recherche coopérative avec l industrie, le PIA a financé des projets d Institut de recherche technologique (IRT, pastille verte) en informatique à Rennes et Saclay, et de nombreux projets de développement dans le cadre de l appel à projet «Economie Numérique» (pastille bleue). Ces résultats du PIA confortent clairement Grenoble et Paris intra muros comme les plus denses en informatique, devant Rennes et Saclay, puis Sophia Antipolis, le pôle de Toulouse étant clairement orienté numérique pour l aéronautique Identifiées dans le PIA par le terme Sciences du Numérique et Mathématiques 15 Institut Hospitalo- Universitaire 16 Cette carte identifie également 4 pôles émergents : Bordeaux, Lyon, Montpellier et Strasbourg. J.P. Verjus Mai 2012 Page 13

14 Pour ce qui concerne Grenoble, les thèmes et champs d application mis en avant dans ces projets du PIA sont extrêmement variés (voir encadré). Si on ajoute à cette liste l implication à venir des informaticiens d Inria dans la plateforme de liaison de l IRT NanoElect porté par le CEA/LETI 17, nous conclurons aisément que Grenoble reste une référence nationale en logiciel, et un acteur visible au plan mondial. Projets grenoblois financés par le PIA Systèmes pervasifs et algorithmes à la convergence des mondes physiques et numériques (Labex) Chirurgie assistée par ordinateur (Labex) Mathématiques pour l industrie (antenne d un Labex national) Intelligence ambiante dédiée à l habitat (Equipex) Capture et analyse de formes en mouvement (Equipex) Internet du futur (antenne d un Equipex national) Réseau national de robotique (antenne d un Equipex national) Réseau national de mésocentres de calcul (antenne d un Equipex national) Biologie synthétique numérique (Bio & santé) France Life Imaging (antenne d une plateforme nationale en Bio & santé) France Génomique (antenne d une plateforme nationale en Bio & Santé) Institut Français de Bioinformatique (antenne d une infrastructure nationale) Cloud Computing (2 projets dans le cadre «Economie Numérique) Briques logicielles pour l embarqué (1 projet «Economie Numérique) Numérisation et valorisation des contenus (1 projet «Economie Numérique») E- Education (1 projet «Economie Numérique») 17 L objectif est de développer, en coopération avec le CEA et des industriels, des systèmes embarqués pour les transports, la santé ou des briques technologiques de base pour les systèmes multicoeur. J.P. Verjus Mai 2012 Page 14

15 Chapitre 3 Déroulement de la mission «Logiciel à Grenoble» et verbatim 1. Les acteurs rencontrés Cette mission, passionnante et, ce n est pas vraiment une surprise, très fortement attendue par l écosystème m a permis de rencontrer 102 acteurs grenoblois 18 du domaine 19, parfois dans le cadre de plusieurs rendez- vous 42 du monde de la recherche et de l enseignement supérieur, dont le recteur, des responsables d établissements, de laboratoires, d écoles ou unités de formation, des lauréats de prix internationaux et également de jeunes chercheurs prometteurs, 60 du monde de l innovation, de la recherche et développement en milieu industriel, du transfert, de la valorisation, de l économie, de grands groupes industriels et de PME. Le poids qualitatif et quantitatif de cette centaine d acteurs est évident. Par exemple, trente d entre eux sont en position de responsabilité d entités regroupant emplois 20 dans la grande agglomération grenobloise : emplois dans 10 Grandes entreprises : Schneider Electric, Cap Sogeti, STMicroelectronics, Bull, HP, Orange, Xerox, Atos WorlGrid, Rolls Royce, Mentor Graphics, 800 emplois dans 10 PME dont Hardis, Eolas, Bonita Soft, Movea, MayaTechnologies, H3C, Probayes, Cotranet, Objet Direct et Winsoft, plus de 2000 emplois dans 10 Laboratoires de recherche : CEA/LETI, CEA/LIST@Grenoble, Inria, LIG, LJK, Gipsa, Verimag, TIMA, TIMC, Ideas Lab. Ces emplois ne relèvent strictement du domaine du logiciel ou plus généralement de l informatique que pour les dix laboratoires, sept des dix PME, et sept des dix grandes entreprises, mais Schneider Electric, Rolls Royce et H3C (Energie) comme STMicroelectronics, Maya Technologies ou MOVEA (Microélectronique) emploient de très nombreux informaticiens et conçoivent et développent des systèmes logiciels de plus en plus sophistiqués, qui donnent de la valeur à leurs produits ou services. Dans cet ensemble, le cas d Atos WorldGrid est très intéressant : quoique le groupe Atos Origin soit considéré comme une SSII, l établissement grenoblois est tout entier dédié au secteur de l énergie, mais son personnel est très majoritairement informaticien. 18 Tous les acteurs concernés n ont pu être rencontrés, les choix opérés l ont été en concertation avec la Métro. Notons, par exemple, parmi les PME reconnues du secteur logiciel (plus de 100 emplois) et qui n ont pas été rencontrées : Corys Tess, Dophin Integration et Reynolds & Reynolds (Edition Logicielle). 19 Voir liste jointe en annexe 2 20 Chiffre 2011 communiqués par la CCI de Grenoble J.P. Verjus Mai 2012 Page 15

16 On peut aussi évaluer la filière logicielle dans la grande agglomération grenobloise en examinant les chiffres 2010 communiqués par l AEPI (voir tableau «Chiffres AEPI» 21 ). La répartition des entreprises par secteur ne tient pas compte du métier de leurs personnels mais du marché auquel elles s adressent. Ainsi, le décompte du secteur «logiciel» ne comprend pas les acteurs «consommateurs actifs», développeurs, voire producteurs de logiciels, tels que ceux des secteurs suivants : e- commerce (exemple Spartoo), énergie (exemple Schneider Electric, Rolls Royce, H3C), microélectronique et électronique (exemple : STMicroelectronics, Maya Technologies et MOVEA), environnement, biologie et santé, mécanique, etc. Un fait notable est à relever dans cette étude : la croissance de l activité édition de logiciel (Editeurs et EDA) porte, quasi à elle seule, la croissance du secteur. L édition de logiciel a triplé ses effectifs durant ces 10 dernières années. 21 «La filière Informatique/Logiciel sur la Métro», Septembre Comme le fait l AEPI dans son rapport, nous avons inclus dans le secteur «Logiciels» les éditeurs de logiciel de conception pour la microélectronique, habituellement comptabilisés dans la filière microélectronique. J.P. Verjus Mai 2012 Page 16

17 Si on ajoute les emplois dans l enseignement supérieur et la recherche, on peut estimer à environ le nombre d emplois d informaticiens du logiciel. Dans l étude fournie par l AEPI, en se limitant donc à sa définition du secteur «logiciel», on relève que la quasi- totalité du secteur Isérois est dans la Métro et sur la commune de Montbonnot. Par commune, les emplois sont distribués par ordre décroissant en effectif, à Montbonnot (2600), puis Eybens (2500), Meylan (2300) et Grenoble (2100) % des effectifs sont dans la Métro, près de 85 % dans la grande agglomération. Par extension, cette répartition s applique vraisemblablement aux emplois répertoriés ci- dessus, en incluant le pôle de Crolles dans la grande agglomération. Il ressort de ces analyses qu il y a bien entendu des informaticiens du logiciel dans le secteur économique des produits et services logiciels (constructeurs, éditeurs, SSII) mais de plus en plus dans tous les secteurs que le numérique a pénétrés. Dans ces secteurs, ils côtoient des spécialistes d autres disciplines ou même, de plus en plus, ont une seconde spécialité. Lorsque l informatique sera (enfin) introduite dans le secondaire, cette seconde spécialité pourra être dans certains cas, une simple culture de base, comme le sont les mathématiques et les sciences de l ingénieur. Le logiciel est bien une science et technologie en soi (et a donc une industrie correspondante), mais c est aussi une science et une technologie diffusante (on dit aussi «pervasive») qui s applique à d autres secteurs, et on parle d économie (du) numérique. 22 Avec le déplacement d Atos WorlGrid à Grenoble (en Juin 2012), Grenoble et Montbonnot seraient à égalité (2600 emplois) devant Eybens (2500) et Meylan (1800). J.P. Verjus Mai 2012 Page 17

18 2. Points de vue exprimés Concernant la vision future sur le logiciel et plus généralement le numérique, en particulier dans l agglomération grenobloise, il existe une très grande convergence de vue des 100 acteurs rencontrés dans le cadre de la mission. Il en ressort une analyse globale et des recommandations que nous détaillerons au chapitre 4. Auparavant, dans la seconde partie de ce chapitre, nous proposons d identifier les lignes de force des points de vue exprimés, illustrés parfois par des verbatim. 1. Pour les systèmes et services numériques : les systèmes et services purement logiciels sont de plus en plus nombreux, les systèmes matériels embarquent toujours plus de logiciel, la distinction entre logiciel et logiciel embarqué s estompe, au total, le logiciel représente l essentiel du coût humain de développement, alors que le matériel représente l essentiel du coût non humain de développement. Dans les portefeuilles de projets de Minalogic ou des entreprises créées avec l aide de GRAIN, la tendance vers le logiciel est fortement marquée. Ainsi Loic Liétar et Laurent Julliard (Minalogic) estiment qu un 1/3 des projets portés par Minalogic sont purement électroniques ou microélectroniques, 1/3 concernent des systèmes embarqués et 1/3 relèvent du pur logiciel 23. Compte tenu de l affichage du pôle de compétitivité Minalogic, ces chiffres sont parlant. Gilles Talbotier, directeur de Grain confie que ses tutelles lui ont fixé un partage thématique des 150 start up incubées, en logiciel (33%), sciences de l ingénieur (30%), bio & santé (30%) et SHS (7%), mais ajoute que les 66% de start up relevant des domaines sciences de l ingénieur, bio & santé et SHS font beaucoup, et de plus en plus, de logiciels, la catégorie sciences de l ingénieur développant le plus souvent une technologie mixte matériel- logiciel, les catégories bio & santé et SHS étant plus marquées par leur destination que par les technologies qu elles utilisent. Isabelle Millet, responsable du programme Nano- PME 24, adossé à l IRT NanoElec et visant à faire croître 1000 PME en dix ans en leur offrant les technologies ou solutions qui constituent des «trous dans leur raquette de savoir- faire», confie être à l avance persuadée que nombre de ces solutions ou technologies seront mixtes, voire 100% logicielles. Enfin, Michel Ida, directeur d Ideas lab, sur le site de Minatec, confirme que de plus en plus d innovations imaginées dans son «laboratoire d innovation ouverte» sont 100% logicielles. Nous verrons plus loin à quel point les métiers de STMicroelectonics ou de Schneider Electric évoluent et intègrent non seulement des informaticiens pour la conception de leurs 23 Bien entendu, un logiciel a toujours besoin de matériel pour s exécuter. Cette terminologie «pur logiciel» signifie simplement que le logiciel n est pas lié au matériel sur lequel il s exécute. Laurent Julliard précise que 42% des projets de Minalogic (en nombre et en budget) impliquent une compétence logicielle forte. 24 Nom de code d un programme qui sera vraisemblablement nommé Easy Tech. J.P. Verjus Mai 2012 Page 18

19 produits mais développent, tels des éditeurs, des systèmes logiciels qu ils enfouissent dans leurs produits. Le témoignage de Gaël Rosset (Myriad Group) est à cet égard très intéressant (voir encadré). Témoignage de Gaël Rosset, dirigeant de Myriad (Bourget du Lac) Le logiciel est dorénavant omniprésent et représente l essentiel des coûts humains de développement. Myriad est une entreprise passée de la conception de composants matériels pour les téléphones mobiles à la conception d applications déployées de bout en bout (du téléphone mobile à l opérateur, par exemple le type triple play ou quadruple play) ou simplement en local sur les mobiles (par exemple «profilage» de l utilisateur du mobile pour lui proposer des services de proximité et d opportunité à tout moment et en tout lieu). Le fameux triangle «pointe vers le haut», avec, à la base, la couche matériel, puis la couche logiciel, puis à la pointe la couche application la surface de chaque couche représentant l importance ou le coût de développement doit maintenant être inversé : en bas, on met la pointe du triangle pour le matériel, le logiciel de base reste au milieu et la couche applicative (qui n est que du logiciel) est au sommet. Mieux, dit- il, nous ne sommes plus du tout dans une stratégie de technologie- push (on conçoit le matériel, on y met du logiciel embarqué et on se pose la question des applications), mais au contraire, on cherche les usages, dont on dérive les applications qui les servent et dont on dérive la nature du système logiciel- matériel qui «fait tourner» au mieux l application en question. Notons d ailleurs qu en ce qui concerne le logiciel, la distinction entre logiciel «pur» et logiciel embarqué a tendance à s estomper avec l émergence de l informatique ubiquitaire et de la mobilité ; c est un point de vue de plus en plus répandu, souligné par Joseph Sifakis (Prix Turing), Brigitte Plateau (Administrateur Général de Grenoble INP) et Jean- Frédéric Clerc (CEA/DRT). Eric Pilaud (Custom, Sensors & Technology, ex- VP de Schneider Electric, ex- Président du CA de Grenoble INP) et Jean- Louis Brunet (Président de H3C et de Grenoble Angels) pensent que la production de masse d objets «numériques» va forcément diminuer en France, comme dans les pays développés, car le coût d un emploi dans le matériel est supérieur à celui d un emploi dans le logiciel ; en moyenne, à Minalogic, il a été observé qu un projet matériel coûte 10 fois plus qu un projet logiciel. Eric Pilaud et Jean- Louis Brunet sont très convaincants sur ce sujet. Pour eux, Il ne faut plus compter sur les grands groupes dont le destin est forcément mondial. Notre seul chemin est de faire grossir et retenir les PME. Et nous sommes très en retard. Le FSI, comme certains pôles de compétitivité, n ont pas suffisamment orienté leurs financements vers les PME. Pour eux, Grenoble devrait surinvestir dans le logiciel, ne serait- ce que pour sortir de la monodépendance industrielle. Pour Daniel Pilaud (Directeur, IT- Translation), ce surinvestissement devrait se concentrer sur le secteur de l édition de logiciel, seul secteur en forte croissance, et où le leadership français est à prendre. STMicroelectronics souligne que le coût de production de puces à Crolles est très important, plus coûteux qu en Asie par exemple, et nécessite des investissements J.P. Verjus Mai 2012 Page 19

20 importants. Bernard Fontan (Directeur du site de Grenoble) et Philippe Lambinet (Vice- Prédident Stratégie) sont en accord avec cette idée que la valeur de la société repose en partie sur leur expertise à assembler les logiciels de CAO commerciaux en une chaine de développement propre de très haute efficacité d une part, et par les logiciels embarqués sur les puces et systèmes qu ils produisent d autre part, et sur le fait qu ils ne savent pas valoriser aujourd hui ces systèmes logiciels autrement qu en vendant ensemble le circuit intégré et le logiciel embarqué, ce qui constitue le "System on Chip". Notons que si Google (avec Android) ou Microsoft (avec WP7), sont des éditeurs de systèmes de base pour smartphone, alors qu ils ne conçoivent ni ne produisent l objet physique, ce n est pas vrai d Apple qui, comme les constructeurs d ordinateurs «classiques», conçoit et produit le matériel, le logiciel de base (IOS) et de nombreuses applications. L entrée sur le marché de l informatique pour STMicroelectronics n est donc pas un problème de métier ou de compétence, c est juste un choix de modèle économique. 2. La coupure, thématique, ou géographique, entre hard et soft est contreproductive. Grenoble doit se présenter comme un site unique, dédié au numérique, avec ses deux carburants, le logiciel et le matériel. Amin Louis Benabid, directeur de Clinatec, souhaite disposer, sur place à Giant, d informaticiens qu il serait optimal pour lui qu ils appartiennent à des laboratoires ou centres de recherche en informatique et qu ils travaillent en mode projet avec les médecins, automaticiens et traiteurs de signaux. Bernard Ugnon- Coussioz, Directeur Mondial de "Solution Telecom" chez HP et Directeur des sites internationaux HP en France, estime que sans les informaticiens, on risque de ne concevoir, au sein de l IRT Nanoelec, que des objets qui seraient comme des «téléphones sans le réseau». Par cette image, il souligne à quel point les objets embarquant du logiciel sont «orphelins» si on ne les pense pas dans un système global à «logiciel prépondérant» et pour des usages bien identifiés. L idée entendue à Grenoble qu on ferait un MIT à l Ouest et qu il fallait que l Est construise un Harvard, a fait long feu 25. Pratiquement tous mes interlocuteurs sont maintenant convaincus qu il faut trouver une vision pour le site (et pas deux pour chacune de ses moitiés). Thierry Grange (Président de GEM) est de ceux- là, mais aussi Eric Pilaud et Jean- Louis Brunet. Certains vont jusqu à affirmer que cantonner les micro- nano à l ouest est réducteur, quand on voit ce que font certains chimistes sur le campus ou Ph. Cinquin et les membres du laboratoire TIMC au CHU 26. Eric Pilaud et Jean- Louis Brunet, 25 Cette idée, basée sur une bien hasardeuse analogie entre Boston et Grenoble, est vraisemblablement en partie responsable de l échec de la candidature grenobloise à l attribution d un Idex dans le cadre du Programme des Investissements d Avenir (PIA). 26 Ph. Cinquin et TIMC se sont vu attribuer un Labex pour leurs recherches et développement de systèmes de chirurgie numérique J.P. Verjus Mai 2012 Page 20

21 mais aussi Monica Beltrametti (Directrice de Xerox Research Center Europe), Gérard Mézin (CapGemini/DG de Sogeti), Jean- Frédéric Clerc, Loic Liétar, Jean Chabbal (Directeur Minalogic), Laurent Julliard et Sam Guillaumé (PDG de MOVEA, start up du LETI), sont convaincus de cette approche globale qui donnerait toute sa place au logiciel et promouvrait un site unique à deux carburants : le logiciel et le matériel. A la suite du récent échec de la candidature grenobloise à l Idex (voir note de bas de page numéro 25), nombreux sont les dirigeants qui estiment que doivent cohabiter sur Grenoble : - une vision institutionnelle, globale, définissant une modalité de coopération renforcée entre les établissements d enseignement supérieur et/ou de recherche de l agglomération, - un projet de développement ambitieux du site de Giant, avec ses locomotives actuelles, mais auquel tous les partenaires, dont l implication a du sens, doivent pouvoir s associer, - le tout en harmonie avec les projets visant à maintenir durablement les sites du Campus de Saint Martin d Hères, le pôle hospitalier et Inovallée à Meylan et Montbonnot. Il y a accord général de la plupart des interlocuteurs rencontrés durant la mission pour promouvoir un site numérique, «des microsystèmes au Web sémantique», sans distinction de lieu entre les pôles Est et Ouest, et en oubliant la segmentation voulue par l Etat des pôles d excellence en France. Laurent Julliard préfère évoquer une «polarisation excessive des esprits», résultat de la stratégie des pôles. Pour lui, «ce n'est pas parce qu'on pousse un secteur en particulier qu'il faut oublier de s'appuyer sur les autres forces en présence» ; dans cet esprit, Minalogic (où 40% des projets présentent un fort contenu logiciel) est déjà sorti du cadre de cette segmentation. STMicroelectronics, par exemple, aurait préféré une coopération sur les systèmes embarqués qui prenne aussi en compte leur implantation sur le site de Giant ainsi que les ressources et compétences logicielles qui y sont présentes, plutôt qu'une coopération avec un centre du logiciel exclusivement polarisé sur le campus et l'université. Philippe Lambinet, Michel Cosnard (PDG d Inria), Jean Therme (Directeur du CEA Grenoble et du CEA/DRT), Jean Frédéric Clerc, Laurent Malier (Directeur du LETI), Joseph Sifakis ainsi que Gérard Mézin sont prêts à mettre tout leur poids pour défendre cette idée globale d un pôle numérique. Brigitte Plateau conclut : «Grenoble est une métropole trop réduite au plan géographique pour qu on ait le loisir de parler de deux campus. Il y a un campus qui encadre la ville par un V et les communautés ont vocation à se positionner sur ce campus, au mieux des synergies, des opportunités, des évolutions et des possibilités patrimoniales». J.P. Verjus Mai 2012 Page 21

22 3. Le logiciel valorise le matériel, mais c est encore souvent le matériel qui permet de vendre du logiciel, faute d un modèle économique durablement éprouvé (sauf chez les éditeurs). Chez les éditeurs de logiciel, le modèle économique est éprouvé, même s il est encore naissant pour le logiciel libre. Eric Larrrey (Directeur de Floralis), Sam Guillaumé, Thierry Colette (Directeur du Laboratoire commun LETI/LIST) et Monica Beltrametti constatent et regrettent la difficulté de valoriser le logiciel. La faute aux vieux modèles, vieux réflexes, surtout pour le monde de la physique tellement fasciné par la «beauté des objets qu ils conçoivent et produisent» - et donc de leur valeur «intrinsèque», et qui n imaginent pas que bientôt ces objets ne vaudront plus rien en valeur de vente - (les MEMS valent aujourd hui moins d un euro pièce dit Sam Guillaumé), voire seront donnés (comme les téléphones mobiles offerts par les opérateurs), ce qui est paradoxal quand on pense au coût de leur production lié au montant des investissements consentis et à la cherté des emplois. Eric Larrey souligne qu un acheteur est à l aise s il achète un objet physique, une molécule ou un brevet, il ne comprend pas ce que signifie acheter du logiciel, même si cela représente des millions de ligne de code. Floralis cherche donc encore aujourd hui à vendre un package «logiciel et matériel». A cet égard, il est intéressant de souligner que STMicroelectronics a développé des logiciels de taille monumentale et de très grande complexité pour concevoir et produire ses circuits et systèmes : mais ce n est pas dans la stratégie de l entreprise de valoriser son logiciel 27, avec une logique commerciale où seuls les objets physiques produits ont de la valeur, le logiciel embarqué étant, comme le dit Philippe Lambinet, «donné en plus». C est fort de cette constatation que Sam Guillaumé a défini le modèle économique de sa société MOVEA (voir encadré MOVEA) et sa conclusion est claire : la seule valeur ajoutée de son offre est le logiciel, mais pour la valoriser, il lui faut un portefeuille de brevets. Il sait que ce modèle devra changer, mais il ne pouvait attendre. MOVEA Sam Guillaumé a défini le business model de sa société sur la fabrication de briques de bases logicielles qui fusionnent les données issues de 3 types de MEMS (accéléromètre, magnétomètre, gyromètre) pour construire toutes sortes d applications (pour smartphone par exemple). Son activité est 100% logicielle. Mais comme ces briques de base sont conçues juste «au dessus des MEMS» qu elles exploitent, il brevette les packages «MEMS - algorithmes» et les valorise sans difficulté. A ce jour, la société a déposé environ 300 brevets. Les clients de la société peuvent être des fabricants de puces, de microprocesseurs, voire de téléphone. 27 Il faut noter qu on peut pourtant gagner de l argent en tant qu éditeur de logiciel de conception et de simulation, comme par exemple Mentor Graphics. J.P. Verjus Mai 2012 Page 22

23 Thierry Colette est totalement de cet avis, pour lui, toute la valeur sera de plus en plus celle du logiciel, ou du service qu il propose. Mais il estime que si le développement de logiciels des couches hautes va rapidement trouver son modèle de valorisation (y compris le libre, voir encadré sur Bonitasoft), il estime qu en ce qui concerne le «logiciel enabler» (embarqué), le découpler du matériel serait une absurdité. Daniel Pilaud et Bruno Sportisse (Directeur du Transfert et de l Innovation, Inria) soulignent à quel point l industrie de l édition logicielle est encore mal identifiée, peu soutenue, parce que très émiettée et sans champion national autre que Dassault Systèmes, qui ne joue pas un rôle de leader de filière. Ils soulignent pourtant que c est un secteur fort, avec entreprises, employés en France, à l international, avec un chiffre d affaire de 10 milliards d euros, et 4.5% du marché mondial. En croissance de 4% en 2011, avec une remarquable intensité en R&D, c est un secteur d avenir. Cinquième industrie mondiale, troisième européenne, le secteur représente près de 30% du secteur «logiciel» de Grenoble et l essentiel de la croissance des effectifs lors de ces dernières années (voir étude AEPI), avec Hardis et ses 600 employés dont près de 150 à Grenoble. Daniel Pilaud et Bruno Sportisse insistent sur les spécificités de ce secteur industriel qui repose avant tout sur de la matière grise et beaucoup d actifs immatériels. L exemple de BonitaSoft permet d illustrer le modèle du logiciel libre, avec une équation approximative de 100 téléchargeurs (les «prospects») pour 10 contributeurs (la communauté) et 1 client. Avec ce modèle, le coût de prospection est faible, en tout cas peu lié au nombre de prospects, et, surtout, il est indépendant de la distance entre le fournisseur et le client, pourvu que le réseau soit performant. L enclavement de Grenoble, si préjudiciable pour une production de masse d objets physiques, n est plus un handicap. Bonitasoft Charles Souillard est un des 3 dirigeants de Bonitasoft, société dont la croissance est récente (3 ans), spectaculaire (100 personnes aujourd hui dont 40 au siège à Grenoble, 60 autres environ sur les sites de Paris, San Francisco, Boston et Pékin) et ambitieuse (plusieurs centaines de personnes à court terme). L offre de Bonitasoft est un logiciel «libre» de BPM (Business Process Management). Pour résumer le modèle et éviter des chiffres précis, disons que le produit a été téléchargé plusieurs centaines de milliers de fois, qu il existe aujourd hui plusieurs dizaines de milliers de contributeurs actifs formant la communauté de Bonita Open Solution, et parmi eux plusieurs milliers de clients. Ce logiciel peut être à la base d une application ou bien inséré au cœur du système d information de l entreprise. D autres sociétés, non éditrices de logiciel libre, peuvent développer et commercialiser des solutions basées sur des logiciels open source. C est à Grenoble le cas de COTRANET dans le domaine de la gestion électronique de documents. J.P. Verjus Mai 2012 Page 23

24 5. L édition logicielle est un secteur d avenir La croissance de l édition logicielle est tout autant liée au développement de nouveaux «business model» et au développement de nouvelles pratiques (développement agile) qu à sa capacité à assimiler des innovations technologiques. Pour Daniel Pilaud, «Grenoble dispose d une force encore peu exploitée dans ce domaine avec le positionnement très fort de GEM sur ces thèmes». Aujourd hui, les éditeurs logiciels (y compris les éditeurs de logiciels pour la conception de circuit) représentent un quart des effectifs (voir les chiffres AEPI, chapitre 3.1, page 16), mais souffrent d un manque criant de visibilité et de soutien. Certains d entre eux ont été rachetés lorsqu'ils étaient en pleine croissance (par exemple Polyspace Technologies, ATHIS et ANACAD), ce qui a permis l'implantation de gros éditeurs (resp. Mathworks, Dassault Systems, Mentor Graphics). Malgré l absence de locomotive et de visibilité, ce secteur a presque triplé en effectif à Grenoble en dix ans 28. Avec les éditeurs «natifs» (Hardis, Corys Tess, Dolphin, Bonita Soft pour ne citer que les plus gros), on dispose d un écosystème qui avec un appui politique affirmé, pourrait attirer d autres éditeurs à Grenoble et faire émerger un «champion». On peut expliquer le manque de visibilité du secteur par son manque de structuration derrière un champion ou par le fait qu il ne réclame pas de gros investissements. Daniel Pilaud ajoute que «ce monde est plus un écosystème qu'une filière industrielle au sens strict. Il n'y a pas, comme dans la filière électronique, des donneurs d'ordre, des systémiers, des équipementiers, avec un partage de la valeur par couche. Les règles du jeu dans le domaine logiciel sont différentes. A la place de la sous- traitance (hormis à des sociétés de services et de façon très modérée pour des raisons de propriété intellectuelle), l'écosystème évolue par rapprochement capitalistique ou partenariat formel ou informel (en particulier dans le domaine open source)». Comme nous l avons évoqué dans le chapitre 1 (encadré les startup se font racheter), les grands du logiciel américains n'ont pas développé une filière mais un tel écosystème. 6. Le logiciel est le moteur de très nombreux nouveaux services Point n est besoin de développer ce qui fait le cœur de métier des sociétés de service, comme Capgemini, ni l orientation de constructeurs comme HP ou Bull vers la fournitures de «solutions» intégrées, d offres de service cloud et d hébergement. Il en est de même d Eolas (du Groupe Business & Decision). Par contre il est intéressant de noter ici l évolution de XEROX, qui devient une société «de 28 De 1350 à 3500, voir chiffres AEPI chapitre 3. J.P. Verjus Mai 2012 Page 24

25 solution» ou «de service», via l achat récent d ACS 29 qui permet de doubler la taille de la société. Monica Beltrametti est ravie qu «on» se préoccupe enfin de promouvoir et développer le logiciel à Grenoble, et souhaite encourager les recherches sur l analyse et la prédiction des comportements des usagers, secteur qui sera clé pour optimiser l énergie, les transports, les occupations de parking, etc., ce qui constitue un enjeu pour les Ecocités. Sur les 600 employés d Atos World Grid, 150 se consacrent à des activités classiques de service. Par contre les 450 autres développent une véritable activité industrielle pour fournir des systèmes 30 clefs en main de production d'énergie. Avec 70% d informaticiens et 30% de spécialistes métiers, la société vise une croissance très forte au plan mondial, en premier lieu là où sont les clients, mais aussi à Grenoble où se conçoivent et développent les produits. François Pebay- Péroula (Directeur, Atos WorldGrid) souligne la difficulté de trouver sur place un nombre suffisant de jeunes ingénieurs informaticiens et souhaite qu il existe des lieux ou mécanismes pour favoriser la coopération avec le milieu de la recherche et des PME innovantes. Rolls Royce 31, également un acteur de l énergie, emploie environ 80 informaticiens pour 650 employés, pour développer des systèmes de contrôle de centrales nucléaires avec des technologies logicielles très pointues (logiciel critique). Ils envisagent également une forte croissance et sont à la recherche d informaticiens expérimentés. Enfin Schneider Electric, grand et historique acteur grenoblois de l énergie s oriente également vers les solutions et les services. Nicolas Leterrier (VP Innovation, Schneider Electric), indique que la société s oriente de plus en plus vers des offres de solutions avec logiciel intégré sur les produits (exemple : le logiciel de contrôle, de commande et de gestion d une ferme de panneaux solaires ou d un data center). L intensité de R1D sur le logiciel devient prépondérante. Ce nouveau métier représente déjà 50% de leur activité, l autre moitié étant dédiée à continuer à équiper en matériel de base les nouvelles économies (Chine, Inde, Russie, Brésil). La stratégie de l entreprise est d une part d être au plus près de son marché pour produire sur place ce dont ce marché a besoin, et d autre part de se développer dans des écosystèmes d innovation, en qualité et en quantité, pour imaginer des solutions innovantes. De ce point de vue, si la Chine devient moins compétitive, avec des ingénieurs très volatiles, l Inde le reste car on y trouve encore facilement les informaticiens nécessaires pour développer des millions de lignes de logiciel. Nicolas Leterrier note qu en France, il est difficile de trouver tous les ingénieurs qu on aimerait recruter. Néanmoins, Grenoble restera un centre de compétences sur le thème «numérisation de l énergie». Il appelle de ses vœux une augmentation de la formation d ingénieurs, que ce soit en informatique ou avec une double compétence énergie et informatique. 29 ACS, employés, 6 Milliard de CA, spécialiste d outsourcing en finance et ressources humaines, helpdesk, gestion des tickets de transport, parkings, péages, gestion intelligente de l énergie, etc. 30 ATOS World Grid est leader mondial du domaine 31 Division «Nucléaire civil» J.P. Verjus Mai 2012 Page 25

26 Le manque d informaticiens est donc le besoin le plus criant pour les grandes entreprises de services et de solutions. 7. Il faut favoriser la croissance des PME Les responsables des douze PME rencontrées (voir annexe 2) mettent en avant leur besoin en terme de recrutement, l intérêt d un pôle de compétitivité et du Crédit d impôt recherche (plus accessible que les programmes coopératifs de l ANR ou de la CEE). Ils souhaitent tous une meilleure visibilité du domaine logiciel. Citons parmi eux, Gaël Rosset (Myriad Group) dont la Direction Générale (localisée en Angleterre) estime que le coût du travail en France ne peut être compensé que par la qualité et la créativité des ingénieurs et par des dispositifs tels que les pôles de compétitivité et le CIR. Charles Souillard (Bonitasoft), Gérald Dulac (Eolas), JM Lefevre (Probayes) ou Christophe Lecante (TKM) évoquent comme conditions à leur croissance la facilité de recruter des ingénieurs, l existence d un lieu type «cantine» où rencontrer ceux qui d une part connaissent l écosystème dans toutes ses dimensions (Formation, Recherche, Innovation, mais aussi accès aux acteurs publics qui se préoccupent des usages dans le domaine du numérique), mais aussi leurs homologues PME pour envisager des alliances afin d aborder des marchés non accessibles à une seule. Certains d entre eux évoquent la nécessité d avoir un accès «compétitif» à Internet, support de leurs produits ou services. 8. Les grands groupes doivent conserver un rôle moteur dans la R&D et le transfert Les principaux dirigeants des grands groupes installés à Grenoble sont conscients du rôle qui doit être le leur pour tirer la R&D, et aussi de la nécessité pour notre pays de faire croitre les PME. Laurent Julliard appelle de ses vœux ce rôle de locomotive pour les grands groupes du domaine numérique. Bernard Ugnon- Cussioz (HP) souhaite qu on n oppose pas PME et Grands Groupes, car «les entreprises de tailles différentes se complètent et se renforcent ; une entité comme HP France, ou un site comme celui d HP à Grenoble, est dans une large mesure comparable à un ETI, qui doit faire face à la fois à la compétition des autres entreprises mais aussi aux autres entités du même groupe dans d autres pays en ce qui concerne les choix et les lieux d investissement en R&D». Il y a donc un équilibre à trouver pour favoriser l innovation au sein des PME tout en maintenant la capacité des grands groupes à faire de la R&D en particulier avec l objectif d en faire bénéficier les PME. Le CIR est à cet égard un outil précieux s il est bien utilisé dans cette double perspective. J.P. Verjus Mai 2012 Page 26

27 Chapitre 4 Analyse et recommandations 1. «Tordre le cou» à trois mauvaises idées Comme nous l avons dit dans les pages précédentes, la stratégie nationale pour faire émerger des pôles d excellence, stratégie qui a globalement donné de très beaux fruits, par exemple via les pôles de compétitivité et certains appels à projet du Programme d Investissement d Avenir (PIA), a conduit à une segmentation excessive, la focalisation des pôles sur une thématique ayant certes des vertus pédagogiques, mais trop souvent un caractère réducteur et qui limite la vision d avenir. Par ailleurs, cette affichage thématique des pôles amène une certaine confusion : on ne peut comparer un pôle «aéronautique», où domine un secteur industriel intégrateur de très nombreuses technologies, avec un pôle «micronanotechnologie» qui met en avant un secteur amont appelé à diffuser dans de très nombreux secteurs intégrateurs et applicatifs. Dans le premier cas, on peut aller chercher des compétences et des technologies partout pour les intégrer sur le site. Dans le second cas, les compétences et technologies peuvent être amenées à être intégrées sur d autres sites. Si nous devons nous féliciter de la visibilité et de la reconnaissance du pôle «micronanotechnologie», et plus généralement du développement du projet GIANT sur le polygone scientifique, il faut «tordre le cou» à trois mauvaises idées : 1. Grenoble c est le pôle des «micronanotechnologies», le logiciel est à Saclay (et les télécoms à Rennes, etc.), 2. A Grenoble, le logiciel est à l Est, le matériel à l Ouest, 3. Il n y a place à Grenoble que pour le logiciel embarqué. S il n est pas de notre ressort de contester le caractère trop segmenté de la stratégie gouvernementale pour les principaux sites du numérique en France (Grenoble, Paris, Rennes, Saclay, Sophia, Toulouse) et de l incarnation de cette stratégie dans la création et le financement des pôles de compétitivité et des IRT 32, nous avons les moyens en local, me semble- t- il, de changer la donne concernant la communication sur le point (1) et sur certains choix stratégiques concernant les points (2) et (3). Le secteur du logiciel se porte très bien à Grenoble, répétons- le : c est le premier secteur en terme d emplois (cf. chapitre 3) ; c est un secteur très prometteur, qui attire des étudiants, des chercheurs ou professeurs et des ingénieurs. On oublie sans doute trop, à Paris en particulier, qu il y a à Grenoble toute la palette de l industrie informatique, des constructeurs (dont HP qui vend 2 PC et 2 imprimantes chaque seconde et qui est également un des plus grands intégrateurs de solution au monde, XEROX dont les effectifs 32 Institut de Recherche Technologique, l un des programmes du PIA J.P. Verjus Mai 2012 Page 27

28 mondiaux ont doublé à personnes par acquisition d ASC, et Bull qui annonce une croissance notable de ses effectifs), des éditeurs (dont Mentor Graphics vend ses produits sur toute la planète, ou la très jeune BonitaSoft avec ses clients à travers le monde), des sociétés de service (dont Capgemini et Orange dans son volet «services») et de très nombreuses PME (dont la très performante Spartoo), sans parler de Atos WorldGrid, STMicroelectronics ou Schneider Electric qui recrutent toujours plus d informaticiens et travaillent de plus en plus «haut» dans les couches applicatives (donc logicielles). Citons d autres très grandes «marques» qui ont des implantations à Grenoble : Intel, Dassault Systems, MathWork, Oracle ou encore ARM 33. Le logiciel peut s épanouir partout dans l agglomération grenobloise (car souvent pour inventer une nouvelle solution, un ordinateur et un accès Internet seuls suffisent), mais il ne saurait être absent de Giant. A Giant, il faut absolument des compétences en logiciel, pour y développer du logiciel embarqué ou proche du matériel compte tenu des compétences sur place, mais également pour y développer des objets communicants prêts à s intégrer dans les infrastructures de demain. Cette activité mixte logiciel- matériel, aujourd hui minoritaire dans l activité totale en logiciel dans l agglomération, a vocation à s accroître, tout comme les activités «purement» logiciel. Autrement dit cette croissance sur Giant ne se fera pas au détriment des activités en logiciel sur le reste de l agglomération. Ces évolutions devraient se faire naturellement, mais le chemin à parcourir est semé d embûches. En effet, le secteur du logiciel souffre de son éparpillement et de son bouillonnement (qui est le côté négatif de sa force). Il n a pas pour le tracter et pour le mettre en valeur un gros industriel (les «américains» de Grenoble se font assez discrets dans notre mécano politico- industriel, ils regardent en général bien au delà) ni une force institutionnelle marquante et dûment identifiée. C est en partie en réaction à la vision segmentée du gouvernement sur les pôles d excellence 34 et au choix du CEA d avoir son centre de gravité en logiciel à Saclay, que la communauté grenobloise a créé à l Est de Grenoble, le pôle PILSI (Pôle International en Logiciel et Systèmes Intelligents) et, dans son sillage, le CRI PILSI (Centre de Recherche Intégrative de PILSI), sur le modèle, mais à très petite échelle, de Minatec ou de l IRT NanoElec, sur le campus GIANT. PILSI a été pensé comme le bateau amiral du logiciel universitaire à Grenoble ; il a été positionné «naturellement» sur le campus universitaire de Saint Martin d Hères sur le côté Est de l agglomération, là où se trouvent l essentiel des laboratoires d informatique universitaire. Le côté Est avait déjà un beau vaisseau informatique à Montbonnot, avec le centre Inria, et dans le cadre d un positionnement visible et «pervasif» de l informatique, on peut s interroger sur le fait de rester sur l héritage qui fait que les activités 33 ARM est le leader mondial des processeurs embarqués dont l installation à Grenoble est le résultat du rachat de la société Soisic, spécialiste de microcontrolleurs et de mémoires. 34 Cet affichage ne reconnait pas à Grenoble ses compétences en logiciel en les affichant préférentiellement à Saclay. J.P. Verjus Mai 2012 Page 28

29 d enseignement supérieur et de recherche dans ce secteur restent cantonnées à l Est de la métropole. Les sciences de la matière et les sciences du vivant ne sont pas concentrées à ce point sur le territoire grenoblois. A l heure où la communauté académique informatique de Grenoble se mobilise globalement, au travers du Labex PERSYVAL, pour s attaquer au défi des «systèmes et algorithmes à la convergence des mondes physiques et numériques 35», un autre modèle de développement des sciences informatiques peut être imaginé. Compte tenu de la croissance inévitable de ce secteur, cette concentration à l Est pourra sans aucun doute être corrigée à l avenir. En attendant, grâce au projet PILSI sur le Campus, la communauté d enseignement supérieur et de recherche en informatique, automatique et mathématiques appliquées aura son bâtiment sur le campus de Saint Martin d Hères et, grâce au projet de Labex Persyval, y gagnera sans doute visibilité et attractivité internationales. En ce qui concerne l innovation, le transfert et la valorisation de ses résultats, cette communauté doit par contre et dès maintenant, viser à s impliquer partout dans l agglomération où cela a du sens. Il faut favoriser avant tout les synergies scientifiques. En ce qui concerne le CRI PILSI, il a été conçu avec le souci de dupliquer le modèle «LETI» de recherche intégrative. Il n est pas sûr que ce modèle qui, d une part, lui apporte environ ¾ de ses moyens de R&D et d autre part lui permet de développer en mode «intégratif et partenarial» de la valeur économique, s applique à des activités de pur logiciel ; seul, le logiciel n est forcément pas intégratif, il eût fallu au contraire adosser cette initiative CRI aux autres activités technologiques menées dans le cadre de GIANT. Abandonné par deux des industriels qui l avaient porté sur les fonts baptismaux 36, le CRI est de fait un excellent laboratoire de R&D de plus dans le paysage de la recherche en Informatique (voir encadré : le CRI PILSI). Le CRI PILSI Le CRI est un laboratoire, mis en place avec le soutien de la Métro, commun entre une équipe de VERIMAG (CNRS et UJF) et une équipe du CEA/DRT/LIST, avec une implication marginale d Inria et de Grenoble INP. Ce laboratoire a une excellente activité de recherche coopérative (ANR, CEE,.), un projet commun avec STMicroelectronics (programmation Multicoeurs) et des partenariats prometteurs avec 5 PME/TPE (entre parenthèse le sujet développé en commun) : Magillem (intégration logiciel Matériel pour SoC), Cyberio (Logiciel pour réseau de capteurs acoustiques ou de vision), Utrema (Efficacité énergétique pour le Mutimédia dans l habitat), Actoll (Génération de code avec contrainte temps réel et sécurité) et Kalray (génération de code et programmation Multicoeurs). 35 C est le sous- titre du Labex Persyval : on aurait du y ajouter «et biologiques» 36 Dans le texte fondateur du CRI, STMicroelectronics, Orange et Schneider Electric avaient chacun proposé leur contribution. Seul STMicroelectronics a proposé et démarré un vrai projet avec le CEA dans le cadre de PILSI sur les systèmes multi- cœurs. J.P. Verjus Mai 2012 Page 29

30 Il est assez clair que sur les thématiques SoC, réseaux de capteurs ou conception de multicoeurs, un partenariat fort avec le monde du matériel présent déjà sur le site de Giant aurait du sens. 37 Pour que les chercheurs en logiciel puissent s impliquer dans des programmes de recherche intégrative, il y a vraisemblablement à trouver des modes de recherche partenariale avec des industriels. Des pistes existent, comme par exemple, en sus du laboratoire commun évoqué ci- dessus, la coopération largement ébauchée entre le LETI/LIST et Inria d une part, des industriels ou le monde de la santé d autre part, sur les thèmes : Plateforme de communication mobile, Transport intelligent, Gestion intelligente de l Energie, et «Brain Computer Interface». Le développement sur Giant de telles activités doit être envisagé selon un mode souple et transparent de décision et de communication afin qu elles ne soient pas vécues comme des tentatives de déshabiller l Est pour habiller l Ouest. Inversement, et comme le répètent de nombreux spécialistes de la santé numérique, on peut penser judicieux d installer au plus près du CHU des activités de développement de systèmes numériques embarqués pour la médecine. Enfin, on peut développer de l activité scientifique et économique en logiciel à l Est de Grenoble sans pour autant dupliquer ce qui se fait sur GIANT. En particulier, au sein du secteur logiciel, les éditeurs logiciels (y compris les éditeurs de logiciels pour la conception de circuit) représentent, comme nous l avons déjà évoqué, un quart des effectifs, proportion en croissance régulière, mais souffrent d un manque de visibilité et de soutien. Investir dans ce secteur est une voie d avenir, à condition de bien en comprendre les ressorts de croissance. A cet égard, il faut vraisemblablement lancer une réflexion sur le sujet. Grenoble dans toute sa diversité institutionnelle et géographique gagnerait à se saisir globalement de son développement dans le numérique. 37 En tout état de cause, c est une question à examiner globalement avec tous les acteurs concernés, chaque institution, bien entendu, décidant d y mettre ou non des moyens. J.P. Verjus Mai 2012 Page 30

31 Le logiciel est une économie très porteuse pour Grenoble, en solo comme en liaison avec les technologies matérielles et plus généralement les secteurs applicatifs. Ce secteur se développe partout à Grenoble, il ne saurait se cantonner à l Est. A l Ouest de Grenoble, dans le cadre de GIANT, il est indispensable que des informaticiens, en particulier des architectes et des spécialistes des systèmes embarqués et du logiciel, soient présents à chaque fois qu on y développe des systèmes complexes et intégrés, au sein desquels il est rare que le logiciel soit absent. Très souvent même, c est le logiciel qui donne de la «valeur» au matériel. Il faut étudier plus particulièrement les conditions de développement du secteur «Edition Logicielle». Grenoble dans toute sa diversité institutionnelle et géographique gagnerait à se saisir globalement de son développement dans le numérique J.P. Verjus Mai 2012 Page 31

32 2. Le logiciel, c est peu d investissement lourd, de la matière grise, et un accès Internet très performant Tous les acteurs rencontrés le répètent : le logiciel c est de la matière grise, donc des diplômés (voir paragraphe 7) rapidement disponibles, et un encadrement (professeurs, chercheurs, ingénieurs) de talent. Néanmoins s il y a une action stratégique, une seule, à mener aujourd hui au plan matériel, c est s assurer que les réseaux offerts à la communauté économique restent performants en débit comme en coût. Il en va de l efficacité de certaines entreprises qui parient sur des offres autour du Cloud (exemple Bull, HP), des data center (exemple HP et Eolas) ou d autres services en ligne (exemple Spartoo). Pour que de telles sociétés, ou tout au moins ce type d offre de services, demeurent à Grenoble, il faut s en préoccuper. Cette remarque s applique bien entendu à la grande agglomération, de Crolles jusqu à Voiron. Néanmoins, comme nous l avons vu dans le chapitre 2, la R&D en logiciel a besoin d équipements mi- lourds tels que les systèmes d imagerie, les plateformes d intégration de réseaux de capteurs, les plateformes robotiques, les centres de méso- calcul 38 (grilles par exemple). Les informaticiens ne pourront effectuer de recherche sur l efficacité énergétique des plateformes de calcul sans disposer d un minimum d équipement expérimental. Autrement dit, l image de l informaticien génial seul chez lui avec un portable et un accès internet, doit être complétée par celle d informaticiens expérimentaux rassemblés autour de plateformes ambitieuses, voire coûteuses. Développer encore la formation supérieure en logiciel En terme de matière grise, Grenoble n échappe pas au manque criant d informaticiens. Les statistiques du chômage révèlent de manière invariable que face à l absence de travail pour un nombre de plus en plus important de salariés, il y a un nombre toujours croissant d offres d emplois non satisfaites en informatique. Le Centre National du Numérique avance un défaut de informaticiens en France 39. A Grenoble, l ENSIMAG dont les 38 On appelle ainsi un centre de calcul de taille moyenne (tier- 2), relié à un centre de calcul de très haute performance, et qui permet aux spécialistes de modélisation et de simulation numérique de préparer et d expérimenter leurs codes de calcul, qui, une fois opérationnels, pourront s exécuter sur une machine de très haute performance (tier- 0 ou tier- 1) 39 En Janvier 2012, lors d un séminaire «Formation et recherche au cœur du numérique», le CNN a évalué à le nombre d'ingénieurs informaticiens qui manquent en France. Il demande donc à ce que rapidement les établissements d'enseignement supérieur proposent un plan pour augmenter la formation. Il en a fait part à la présidence de la République qui a proposé l'organisation d'une rencontre. J.P. Verjus Mai 2012 Page 32

33 ingénieurs trouvent un emploi dans des temps record 40 - s est vu refuser récemment une augmentation importante de ses effectifs. Pour l IUT A de l Université Pierre Mendès France, les «licences pro» trouvent également immédiatement un emploi sur place et nombre d industriels rencontrés dans le cadre de cette mission estiment que ces profils (la sécurité par exemple) sont en nombre insuffisant. Les responsables de l IUT estiment ne pas avoir les moyens d augmenter leurs promotions. Il est clair que le contexte économique n est pas favorable à l augmentation du nombre d enseignants dans l enseignement supérieur. D autres solutions existent, comme par exemple la mutualisation des équipes d enseignants de nos institutions, ou encore le redéploiement de postes d autres disciplines vers le secteur informatique. Bien entendu, de telles mesures ne relèvent pas en direct de la Métro, mais encore une fois d une approche cohérente et collective du sujet par les institutions concernées. Pour former plus de diplômés, il faut un vivier étudiant suffisant. Il est clair qu aujourd hui, nos jeunes gens, et surtout nos jeunes filles, ne sont pas attirés par les métiers scientifiques, et singulièrement pour celles- ci par les métiers de l informatique. Le métier d informaticien est très peu féminisé, chez les Français en particulier 41. Il faut donc travailler dans deux directions : (1) faciliter le recrutement d étudiants étrangers, ce qui passe pour les non francophones par l augmentation de l enseignement en langue anglaise, et pour tous par une politique d accueil attractive, et (2) travailler sur le long terme à sensibiliser nos jeunes, et particulièrement nos jeunes filles, aux métiers de l informatique. A cet égard, il faut remarquer que les industriels ont un rôle essentiel à jouer, en valorisant la carrière d informaticien, ne serait- ce que dans le discours, et notre savoir faire économique. La finance, la biologie et l environnement ont attiré les jeunes pour des raisons valorisantes, bien que distinctes. La première recommandation s adresse donc aux établissements d enseignement supérieur et au monde industriel. Pour la seconde, la Métro pourrait jouer un rôle important en soutenant toutes les initiatives visant à sensibiliser les jeunes lycéens au numérique et plus spécialement au logiciel. Cela passe bien sûr par le grand public (dont les parents) et les enseignants. La déclinaison grenobloise du projet national Inmédiats (médiation scientifique dans le domaine du numérique), soutenu par le PIA et la Métro, va dans ce sens : je recommande 40 Dans le Nouvel Observateur de Janvier figure un palmarès des grandes écoles. L ENSIMAG a la meilleure note «anticrise» avec 100% de ses diplômés trouvant un emploi avant 3 mois après leur diplôme. 41 Par exemple, le genre des 1300 doctorants Inria est féminin pour 20% d entre eux. Pour les 640 Français, il est de 15% seulement, mais de 37% pour les 140 jeunes issus du Maghreb et de 36% pour les 70 Chinois. J.P. Verjus Mai 2012 Page 33

34 que des informaticiens y soient mieux associés 42. En complément, le projet de musée virtuel porté par l ACONIT, qui fonde une sensibilisation des jeunes et du grand public à l informatique à partir d une vision historique sur le patrimoine cinquantenaire grenoblois, matériel autant que logiciel, pourrait être efficacement soutenu avec des moyens très raisonnables 43. Citons l exemple du remarquable CHM (Computer History Museum) ouvert en 2008 à Mountain View dans la Silicon Valley, projet qui a rapidement obtenu le soutien de beaucoup d'industriels de la vallée et qui est devenu un véritable outil de promotion et de sensibilisation du grand public et des jeunes élèves à la fois de l'évolution matérielle des ordinateurs mais aussi de l importance du logiciel. Le logiciel a besoin d investissements mi- lourds d un accès Internet très performant de matière grise, et des diplômés en plus grand nombre d actions de sensibilisation des jeunes étudiants, des jeunes filles en particulier (Médiation scientifique, Musée Informatique) 42 En particulier la mise en place d un «Fab Lab» et d un «Living Lab» à GIANT ne peut se faire sans une participation active de spécialistes du logiciel. Il en est de même pour les FabLab de Polytech et de Grenoble INP. 43 Ce projet repose sur la distribution d objets d ACONIT dans différents lieux de passage de l agglomération, chaque objet exposé étant le prétexte à accéder à un site d Histoire et d histoires de l Informatique à Grenoble (il s agit de logiciel et de virtuel). J.P. Verjus Mai 2012 Page 34

35 3. Un programme à l échelle de l agglomération pour favoriser le développement des PME dans le secteur du numérique L IRT NanoElec se propose de mettre en place un programme destiné aux PME et appelé Nano- PME (ce programme, en théorie, ne vise que les technologies développées dans l IRT). Grenoble INP veut faire de même sur son secteur de compétence (Energie, matériaux, informatique, etc.) à partir d une expérience portée par l ESISAR. En ce qui concerne le domaine du logiciel, Gravit travaille sur un programme appelé Grenoble Software Jam Session 44 et Inria propose le programme Ambition Logicielle 45, les deux en faveur du développement des PME dans le secteur du logiciel. Par ailleurs, cinq des grands groupes industriels rencontrés durant cette mission, Bull, HP, Orange, STMicroelectronics et XEROX proposent de rendre accessible leur technologie à des PME, sous certaines conditions, et le plus souvent dans leurs locaux. Cette offre peut s étendre aux grands groupes et aux laboratoires de recherche. Parmi ces cinq industriels, HP et XEROX ont formalisé un programme, intitulé respectivement GlaaS (Grenoble Lab as a Service) 46 et Open Xerox 47. Ces initiatives non concertées risquent de rentrer en concurrence et surtout d offrir, dans certains cas, des réponses segmentées à des besoins qui seront souvent mixtes voire totalement intégrés. Tous les interlocuteurs rencontrés dans le cadre de la mission «logiciel» (y compris les porteurs du projet Nano- PME) sont favorables à ce qu on développe sur Grenoble un programme d aide à la croissance de PME, voire à l émergence de spin off au sein de grands groupes, en l élargissant à tout le secteur du numérique. Quels qu ils soient, ces dispositifs doivent respecter deux fondamentaux : La demande vient de la PME, qui, via le dispositif, doit avoir accès à de jeunes diplômés, au transfert technologique de la recherche publique, au financement 44 Il s agit d un programme visant à développer une offre innovante, sur la base d un produit existant issu d une société grenobloise, en utilisant des technologies issues de laboratoires grenoblois. Une jam Session fait l objet d un appel à candidature et d un concours annuel avec un petit nombre de lauréats. 45 Il s agit de mettre en place un plateau léger, ancré dans une zone économique afin de permettre à des PME ou des ETI de croître par l innovation fondée sur des technologies logicielles. Ambition Logicielle est un programme nationale porté par Inria au titre d un pool d acteurs dont OSEO. Sa déclinaison locale pourrait associer d autres acteurs tels que GEM, l Institut Carnot LSI, Grain, Gravit, Grenoble Angels, Grilog, Cluster EDIT. 46 Cette initiative vise à fournir aux entreprises régionales (et nationales) un environnement professionnel favorisant la création et la mise sur le marché de produits et technologies innovants et leur développement international. Il s agit bien entendu d applications informatiques, à forte composante logicielle, parfaitement complémentaires des technologies développées dans le cadre de l IRT NanoElec de Giant. 47 Open Xerox ( ) est un portail Web qui héberge les logiciels et services des laboratoires de recherche de Xerox destinés à tout développeur qui souhaite créer des prototypes, bien avant leur lancement dans une offre produit, sous forme de web service (SOAP et REST sont proposés), d application web, ou encore d application téléchargeable. Les concepteurs de nouveaux services peuvent également créer des communautés de bêta- test. J.P. Verjus Mai 2012 Page 35

36 public pour l innovation, au financement privé pour la croissance, etc. Le projet de croissance n entre pas forcément dans une logique de co- localisation entre la PME et un laboratoire, mais s appuie sur un plateau léger, lieu d animation, de démonstration (show room) et de rencontre entre PME et acteurs publics. Une initiative "Croissance PME en logiciel" qui se positionnerait à l Est et sur le seul volet logiciel serait politiquement vendable mais conduirait à renforcer un clivage dont personne ne veut plus. «Ambition Logicielle», «Grenoble Software Jam session» et «Nano- PME» s'inscrivent parfaitement dans l'ambition et les modalités de fonctionnement décrites ci- dessus. A partir de cette vision globale, on pourrait mettre en oeuvre des déclinaisons locales en ciblant quelques plateaux thématiques, par exemple Gieres/Mayencin (logiciel critique), Inovallée Meylan/Montbonnot (édition logicielle, logiciel pour les télécoms, habitat numérique, mobilité, gestion de l énergie), La Tronche/Sablon/CHU (logiciels et systèmes pour la santé), Giant (énergie, santé, transport, plateforme mobile, multicoeur..) 48. Il faut noter que ST est prêt à mettre ses technologies mobiles à disposition, à Giant de préférence, Orange sa Sand Box à Meylan, XEROX son Open Innovation Initiative dans ses locaux à Meylan, HP son offre GlaaS à Eybens ou à GIANT, et Bull sa plateforme de Cloud Computing à Echirolles. Ces initiatives ne doivent pas cohabiter sans des liaisons fortes, au risque d être contreproductives. C est pourquoi je propose que la compétence de Minalogic sur la filière numérique dans son ensemble soit clairement affichée 49 et qu on lui confie la responsabilité d animer une action qui pourrait s appeler Croissance PME Numérique. Pour établir la faisabilité et l efficacité du dispositif, nous proposons qu il ne soit, au départ, qu un simple hub qui oriente les PME vers le programme Nano- PME (opéré par Minalogic pour le compte de l IRT NanoElec) ou le programme Ambition Logicielle (opéré par Inria et ses partenaires), voire les deux, et confie à Gravit, chaque année par exemple l organisation d une Jam Session (voir note de bas de page n 44). La structure d animation du programme Croissance PME Numérique pourrait ensuite étudier la manière d insérer dans le dispositif les programmes proposés par les cinq industriels. L idée force est que la PME n ait affaire qu à un seul interlocuteur et ait rapidement une vision d ensemble du dispositif à même de l accompagner. Bien entendu, cette initiative devrait être largement ouverte à toute PME extérieure à l agglomération et qui souhaiterait s y installer pour se développer. Nous suggérons également que les collectivités de la grande agglomération grenobloise (de Crolles à 48 Cette liste est indicative. Il est clair que le dispositif ne peut démarrer que sur un seul lieu (deux au maximum) afin de faire la preuve de concept. 49 Minalogic a un domaine d intervention précis pour ses actions FUI ; mais déjà, via les interpoles, il est souvent le premier alerté d'un projet FUI en logiciel avant qu'il ne soit orienté par exemple vers d autres pôles numériques. Son réseau de PME est clairement le plus fourni et dépasse déjà largement le thème Minalogic, réparti schématiquement en 3 tiers : 1/3 micronano, 1/3 systèmes embarqués et 1/3 logiciel pur. J.P. Verjus Mai 2012 Page 36

37 Voiron) s associent à ce programme pour les PME de leur territoire. Parmi les outils et connaissances technologiques dont les PME devraient disposer pour se développer, citons la maîtrise du Web, l'accès à des infrastructures donnant de la puissance de calcul, la maîtrise de la révolution marketing que constituent les réseaux sociaux, la maîtrise de la révolution des nouvelles plate- forme de calcul (smartphones et tablettes). Sur le volet création d entreprises «logiciel» à partir de la recherche, ou directement à partir des élèves- ingénieurs en fin d étude 50, il me semble que les dispositifs mis en place (Grain, Gravit, Floralis, IT2 d Inria, Pepite au CEA) sont aujourd hui suffisants au moins jusqu au 2 ème tour de table, là où Grenoble Angels ou Isère Entreprendre peuvent agir. A cet égard, le volet «croissance des PME» dont il est question ci- dessus, et qui vise surtout le volet technologique, devrait être accompagné et renforcé quand nécessaire par un volet Management, Marketing et Finance. Sur un sujet très voisin, on peut formuler des recommandations telles qu un rapprochements des filières technologiques (UJF et Grenoble INP) et marketing et managériales (GEM 51, IAE) en matière de formation à l entrepreneuriat, voire de transfert de "méthodologies" plutôt que de technologies. Enfin, sur le volet «innovation par l usage», l initiative Idea s Lab est déjà largement ouverte au monde du logiciel et il ne faut surtout pas la doublonner. Compte tenu de sa spécificité, le secteur de l Edition Logicielle gagnerait à être mieux identifié. Une voie intéressante serait que Minalogic affiche clairement qu à côté de ses deux composantes : «Micronano» d une part, «Logiciel embarqué» d autre part, coexiste une troisième qui pourrait s intituler «Edition Logicielle». Une première étape consisterait plus simplement à rebaptiser le cluster «logiciel embarqué» en «logiciel». Dans le même esprit, nous recommandons qu Inria rende plus visible à Grenoble une antenne de son incubateur IT Translation, dédié au logiciel, et que voit le jour le projet de pépinière d'entreprises dédiée au logiciel sur la zone d'inovallée. 50 Polytech (UJF) et l Ensimag proposent aux élèves volontaires de remplacer leur projet de fin d étude par le développement d un logiciel. Ainsi l an dernier un logiciel développé pour l Apple Store par un étudiant de l ENSIMAG a été téléchargé à plus d un million d exemplaire. 51 Par exemple, créer une filière mixte Ensimag- GEM sur le e- commerce J.P. Verjus Mai 2012 Page 37

38 o Confier à Minalogic la gestion d un hub «croissance numérique des PME» o Mettre en place aux côtés de Nano- PME, et en liaison avec lui, dans le cadre de «croissance numérique des PME» le programme «Ambition Logicielle» et le projet «Grenoble Software Jam Session» o Identifier clairement le secteur «logiciel» au sein de Minalogic comme dans l ensemble des dispositifs d aide à la création d entreprise o Créer une pépinière d entreprise dédiée au logiciel à Inovallée J.P. Verjus Mai 2012 Page 38

39 4. Donner de la visibilité au secteur du logiciel en lui donnant un point d ancrage fort, et en l intégrant dans une vision cohérente de tout le secteur numérique, sur lequel Grenoble doit communiquer. Tous les responsables de PME le soulignent : il est difficile pour une PME de comprendre l écosystème et de s y impliquer. En particulier il n est jamais simple pour une PME de s engager dans un programme de recherche «coopératif» - il y a incompatibilité du temps de la PME avec celui des projets du type ANR, FUI, CEE sauf si elle y est «embarquée» par un grand groupe ou un établissement public qui se charge de tous les aspects administratifs et financiers. A cet égard, les entreprises de toutes tailles engagées dans des activités de R&D rendent grâce au dispositif du Crédit Impôt Recherche, dont le caractère déclaratif rend l accès facile et dont le retour financier est rapide. Par contre, lorsque la PME se trouve face à un problème de croissance de locaux, d effectifs, de moyens financiers, d offres technologiques, de services offerts -, son dirigeant aimerait trouver un guichet unique pour l orienter et l aider. Certains des dirigeants de PME appellent de leurs vœux la mise en place d une maison (virtuelle) du logiciel ou d une «cantine 52» (tout aussi virtuelle) pour répondre à tous ces types de besoins. Ce type de service existe à Minatec pour les PME du secteur «micronano» ; il est rendu partiellement par GRILOG, voire Cluster EDIT 53, dans le secteur logiciel. Il nous semble que Minalogic, à condition qu il soit clair pour tous qu il adresse le secteur numérique dans sa totalité, devrait être le lieu pour faire vivre une telle «cantine», en coordination avec les outils existants, ceux de Minatec, GRILOG et Cluster EDIT. Dans le même esprit, il faut absolument que les agences en charge de la communication sur Grenoble communiquent sur le secteur numérique dans sa totalité et dans son intégralité géographique. Lors de la mise en place du CNRT 54 au tout début des années 2000, la Ville de Grenoble et l Agence Régionale du Numérique 55 avaient proposé de communiquer sur «Grenoble la numérique». C était prémonitoire! D autres propositions ont été faites depuis, comme «Grenoble la Smart Valley». Cette recommandation s adresse également aux principales institutions de recherche et aux principaux établissements industriels. Pourquoi chercher à se positionner Est versus Ouest, logiciel versus matériel, pourquoi chercher à opposer un introuvable héraut du logiciel qui se dresserait face au héraut des «micronano»? Grenoble gagnerait à ce que chaque responsable s empare de tout le secteur du numérique. 52 Allusion à la cantine du pôle de compétitivité Cap Digital à Paris. Il s agit bien entendu d une cantine qui offre avant tout des nourritures intellectuelles. 53 GRILOG regroupe les acteurs du logiciel à Grenoble, Cluster EDIT regroupe les éditeurs de logiciel en Rhône- Alpes. Il n est pas sûr que Cluster EDIT et GRILOG coopèrent de manière positive dans l agglomération grenobloise. 54 Centre National de Recherche Technologique, première initiative gouvernementale d identifier des pôles d excellence en terme de R&D technologique et d innovation. 55 Agence soutenue par le réseau des villes de Rhône- Alpes, installée à Grenoble. J.P. Verjus Mai 2012 Page 39

40 Donner de la visibilité au secteur du logiciel en lui donnant un point d ancrage fort, et en l intégrant dans une vision cohérente de tout le secteur numérique. Proposer à Minalogic de jouer ce rôle en relation avec Grilog, Cluster EDIT et Minatec Promouvoir une communication du site grenoblois sur tout le secteur numérique, demander à chaque organisme et établissement, public ou privé, de se l approprier J.P. Verjus Mai 2012 Page 40

41 5. Résumé des recommandations Le logiciel est un atout pour la grande agglomération grenobloise Le logiciel est une économie très porteuse pour Grenoble, en solo comme en liaison avec les technologies matérielles et plus généralement les secteurs applicatifs. Ce secteur se développe partout à Grenoble, il ne saurait se cantonner à l Est. A l Ouest de Grenoble, dans le cadre de GIANT, il est indispensable que des informaticiens, en particulier des architectes et des spécialistes des systèmes embarqués et du logiciel, soient présents à chaque fois qu on y développe des systèmes complexes et intégrés, au sein desquels il est rare que le logiciel soit absent. Très souvent même, c est le logiciel qui donne de la «valeur» au matériel. Il faut étudier plus particulièrement les conditions de développement du secteur «Edition Logicielle». Grenoble dans toute sa diversité institutionnelle et géographique gagnerait à se saisir globalement de son développement dans le numérique. Les besoins du secteur du logiciel Investissements mi- lourds Accès Internet très performant Matière grise, et des diplômés en plus grand nombre Actions de sensibilisation des jeunes étudiants, des jeunes filles en particulier (Médiation scientifique, Musée Informatique) J.P. Verjus Mai 2012 Page 41

42 Programme de croissance des PME dans le domaine du logiciel Confier à Minalogic la gestion d un hub «croissance numérique des PME» Mettre en place aux côtés de Nano- PME, et en liaison avec lui, dans le cadre de «croissance numérique des PME» le programme «Ambition Logicielle» et le projet «Grenoble Software Jam Session» Identifier clairement le secteur «logiciel» au sein de Minalogic comme dans l ensemble des dispositifs d aide à la création d entreprise Créer une pépinière d entreprise dédiée au logiciel à Inovallée. Rendre visible le secteur logiciel, dans le cadre d actions et de communications sur tout le secteur du numérique Donner de la visibilité au secteur du logiciel en lui donnant un point d ancrage fort, et en l intégrant dans une vision cohérente de tout le secteur numérique. Proposer à Minalogic de jouer ce rôle en relation avec Grilog, Cluster EDIT et Minatec Promouvoir une communication du site grenoblois sur tout le secteur numérique, demander à chaque organisme et établissement, public ou privé, de se l approprier J.P. Verjus Mai 2012 Page 42

43 Annexe 1 Lettre de mission J.P. Verjus Mai 2012 Page 43

44 J.P. Verjus Mai 2012 Page 44

45 Annexe 2 Liste des personnes rencontrées J.P. Verjus Mai 2012 Page 45

46 Mission Métro/Logiciel à Grenoble Tableau des entretiens &+!LM M-'.+F-1N'#2BC4#93;.#?(9U+D4 T4(C(22#+M.-2#-'BC4#93;.#?(9U+D4% #4(1R+U(.-'"B1G2G#9G34G+13H 8+%0(#' 83H(9(N'#+4(#'B(H-C+D4 WL0X M=+%T-U2(G2# U=(.(UU#+;-U2(G2#B194G?"(4+D4!L0!6 6+%&(4-'.2 M=+%T43'9 6.-(9+C(4-'.2B(94(-+D4 U=(.(UU#+;43'9B(94(-.U#G+D4 WV6 F+%Y=#4H# F#-9+Y=#4H#B1#-+D4 &V< Y+%&4-9C# 2=(#44K+C4-9C#BC4#93;.#?#H+13H <.A*='3*#'$304 >!& Z+%<-42(9% =#4P#+H-42(9B(H-C+D4 >F[ V+%T399#2(#4 V4(1+T399#2(#4B(H-C+D4,V0!<6& L+%Z-.\-1=G L(13.-G+Z-.;\-1=GB(H-C+D4 Y!<W M=+%W(9N'(9 U=(.(UU#+1(9N'(9B(H-C+D4 Y!<6 8+%T344(39# 83H(9(N'#+T344(39#B(H-C+D4 &!MX6 F<+%Y=(4(#2 J#-9?H-41+2=(4(#2BC(UG-?.-;+C4#93;.#?(9U+D4!"#-G%>-; <+%!"- H(1=#.+("-B1#-+D4 >VY! >+%<-..(#4 >-'4#92+H-.(#4B1#-+D4 >!XY Y+%W3.#22# Y=(#44K+W5>>VYYVB1#-+D4 W.(9-2#1 6+>+%T#9-;(" -.(H.3'(GB-3.+13H >-;#$%M#4GKP-. <W%03'GG#2 <-4(#?1=4(G2(9#+43'GG#2B(H-C+D4!"#$#% &'( )*$+,-./ #.!"40$5"0(0"#.467%3$063.89:.7034'""04;!"#$%&'() *+,-../# 0# #12#'4%5+%6'"#3'"7% 8-9(#.#+%:(#;#.(97% 8-9(#..#+A(#;#.(9B-1?C4#93;.#+D4 <(1=#.%>3'9-% @+5'-;"#GG#.-H *+%>-I=9#1= D-4("+3'-;"#GG#.-HB'JD?C4#93;.#+D4 K-GG(9#+.-I=9#1=B(H-C+D4 B"$#%4.>0.C'3(*#$'".467- VLX!<6& T4(C(22#+M.-2#-'B(H-C+D4 *P#G+8#99#'..(9B(H-C+D4 &V<]V<X! 0+%W349'?VH(#'$ 0#9-'"+W50LE?V<!VE^BC4#93;.#?#H+13H 8+%0(#' A*63%*#4.>0.D3$E.,"#03"*#$'"*6E Y'4(9C F+%X(D-I(G F3G#U=+X(D-I(GB(H-C+D4 <-4(#?M-'.#+W-9(B(H-C+D4 >39C'#2%Z(CC(9G W+%X1=H(" 134"#.(-+G1=H("B(94(-.U#G+D4 &-K?>'GG-1%Z'H;3."2 Z+%&-4-P#. =';#42+C-4-P#.B(94(-.U#G+D4 F06" ".+'5$1$0+ W=#41=#'4%!94(- L-;(.%>-K-_"- M43D%!LM&,(P(#9%`'/H- W=-(4#%!L0!6]!LM& &\#9%X-.-a97 8(4#12#'4%"#%0#1=#41=#%!94(- 0-"'%<-2##G1' L3#.%"#%M-.H- 8(4#12#'4%"#%0#1=#41=#%!94(- Z';#42%&-4-P#. L-;(.+>-K-("-B(94(-+D4,(P(#9+`'#H-B(H-C+D4 &\#9+G-.-'9B(H-C+D4 0-"'+<-2##G1'B(94(-+D4 L3#."#M-.H-B(H-C+D4 Z';#42+&-4-P#.B(94(-+D4,,-.,""'G*#$'"H./IJH.K3*"4C03#H.L*+'3$4*#$'"H.!1'"'($0H.,">64#3$0.8MN.7034'""04; <(9-.3C(1 >+%F'..(-4" F+%W=-;;-.!%<(...#2 >-'4#92+F'..(-4"BH(9-.3C(1+13H J#-9+1=-;;-.BH(9-.3C(1+13H (G-;#..#+H(..#2BH(9-.3C(1+13H >3(1%>(32-4!G#4#%V924#U4#9"4# W+%<-2=#P#2 1=4(G23U=#+H-2=#P#2B1324-9#2+13H &4(.3C M+%T.-9C#43 X+%!H;#42?T3'1=-4" M(#44#+;.-9C#43B\(9G3D2+D4 G#4C#+(H;#42?;3'1=-4"BC4(.3C+D4!0Y%L-93 JD1.#41B1#-+D4 &(-92 X+%X(#;#42 X2#U=-9#+G(#;#42B1#-+D4 W0!%M!>X! F+%X(D-I(G F3G#U=+X(D-I(GB(H-C+D4 &06,!Y%%%%%% W+%X(.PK W+%M3K#2 6+8#.34H# F+%F34"-93P G(.PKBC4-P(2?(993P-2(39+34C% J34"-93PBC4-P(2?(993P-2(39+34C &06!L &+%Y-.;32(#4 C(..#G+2-.;32(#4BC4-(9?(91';-2(39+13H J.P. Verjus Mai 2012 Page 46

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