Le secteur français des assurances a retrouvé la croissance au premier semestre



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DOSSIER SPÉCIAL BEST Notre expertise à votre service. Analyse de marché 30 septembre 2013 Le marché français des assurances reste concurrentiel vu sa composition. La croissance se profile à l horizon pour les assureurs français qui s adaptent au changement Le secteur français des assurances a retrouvé la croissance au premier semestre 2013 mais reste confronté à une période de transition liée aux réformes lancées par le gouvernement et à une conjoncture difficile. Cette situation contraste avec 2012, année durant laquelle le secteur s est contracté, avec un volume total de primes en baisse de 4,6% à 180,7 milliards d euros selon les chiffres publiés par la Fédération Française des Sociétés d Assurances (FFSA). Cette baisse en 2012 était intervenue après une réduction significative des primes brutes enregistrées en 2011 de 8,5%. Le marché français des assurances est l un des plus grands d Europe, avec plus de 200 milliards d euros de cotisations brutes en 2010, le secteur de l assurance vie démontrant son importance avec une contribution de plus de 160 milliards d euros. Le déclin d environ 13 % de la collecte brute en France entre 2010 et 2012 reflète la conjoncture difficile pour les assurances vie qui souffrent du faible environnement des taux d intérêt et de changements de législation entraînant des offres de produits moins attractives pour les assurés. En 2012, on a ainsi constaté un recul de 7,3 % des cotisations d assurance vie et maladie alors que le secteur non-vie a continué à progresser, avec une embellie de 3,1 % des volumes, qui ont atteint un niveau record (voir l annexe 1). La contraction du secteur vie et maladie est due en grande partie aux volumes inférieurs des produits traditionnels d assurance vie, en particulier des produits liés à l épargne. Annexe 1 Assurance en France Principales statistiques du marché (2008-2012) Analystes: Mahesh Mistry Phone: +44 20 7397 0325 Email: Mahesh.Mistry@ ambest.com Ghislain Le Cam Phone: +44 20 7397 0268 Email: GhislainLeCam@ ambest.com Chercheur et auteur: Yvette Essen Direction éditoriale Rick Micchelli Indicateur 2008 2009 2010 2011 2012 Population (Millions) 62,14 62,47 62,77 63,09 63.41* Produit intérieur brut (milliards EUR) 1 933,20 1 885,80 1 937,30 1 996,60 2028,23 Evolution du PIB réel (%) -0,1% -3,1% 1,7% 1,7% 0,0% Inflation (%) 1,0% 0,9% 1,8% 2,4% 1,3% Taux de chômage (%) 7,8% 9,5% 9,7% 9,6% 10,2% Pénétration des assurances (%) Vie et maladie 7,15% 8,20% 8,32% 7,09% 6,47% Non-vie 2,32% 2,39% 2,37% 2,40% 2,44% Total 9,47% 10,58% 10,69% 9,49% 8,91% Cotisations (milliards EUR) Vie et maladie 138,30 154,60 161,10 141,60 131,30 Non-vie 44,80 45,00 46,00 47,90 49,40 Total 183,10 199,60 207,10 189,50 180,70 Evolution du volume des cotisations (Total) % -6,44 9,01 3,76-8,50-4,64 *Estimation Source : Fonds Monétaire International, Base de données des perspectives économiques mondiales, avril 2013; Fédération Française des Sociétés d Assurances Remarque : Les chiffres ne s additionnent pas nécessairement de manière précise car ils ont été arrondis Copyright 2013 by A.M. Best Company, Inc. TOUS DROITS RÉSERVÉS. Aucune partie de ce dossier ou document ne peut être diffusée sous forme électronique ou par d autres moyens, ou être stockée dans une base de données ou un système d extraction sans l autorisation écrite préalable d A.M. Best Company. Pour obtenir des informations complémentaires, consulter les conditions d utilisation disponibles sur le site web d A.M. Best Company, : www.ambest.com/terms.

Le secteur des assurances a montré des signes de reprise pendant les cinq premiers mois de 2013. Le total des cotisations a augmenté de 6,7 %, résultat d une progression de 8,8 % des assurances vie et maladie et de 2,5 % des cotisations non-vie. A.M. Best est néanmoins convaincu que les assureurs restent confrontés à un certain nombre de défis. Le marché français des assurances reste concurrentiel vu sa composition. Les plus grands assureurs évoluant sur ce marché sont AXA et CNP Assurance, enregistrant chacun plus de 20 milliards d euros de cotisations par an (voir l annexe 2). AXA pratique les activités vie et non-vie, alors que CNP se concentre exclusivement sur le segment vie, où il est de loin le leader du marché. Annexe 2 Assurance en France - Cotisations pour les 10 plus grands assureurs (2012) CNP Assurances 21,5 AXA 14,4 6,8 Crédit Agricole Assurances 16,2 2,5 Generali France 9,4 4,3 Allianz France 7,9 5,7 Covéa Insurance 3,6 9,6 Groupama 3,2 8,0 Vie BNP Paribas Cardif 10,2 0,7 Non-vie SFEREN 2,6 7,8 Société Générale 8,4 0,4 Assurances 0 5 10 15 20 25 Cotisations (Milliards EUR) Remarque : les données pour Crédit Agricole Assurances, Covéa, Allianz France, SFEREN, Société Générale Assurances sont basées sur les normes French GAAP; AXA, CNP Assurances, BNP Paribas Cardif, Groupama et Generali France présentent leurs rapports selon les normes IFRS. Source : Fédération Française des Sociétés d Assurances et recherches A.M. Best En plus des grands assureurs locaux, on note la forte présence de compagnies internationales (Assicurazioni Generali S.p.A et Allianz SE par exemple), de mutuelles et de bancassureurs opérant sur le marché. Les mutuelles détiennent une large part de marché dans les branches non-vie et maladie, Covéa et SFEREN étant les plus actifs sur ces segments. Par contraste, les bancassureurs jouent un rôle significatif sur le marché traditionnel de l assurance vie, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale étant les principaux acteurs sur ce segment par le biais de leurs filiales dédiées. Vu la composition du marché et la concurrence inhérente qui y règne (voir l annexe 3), la plupart des participants souhaitent diversifier leur offre, utiliser leur capital plus de manière plus efficiente et s orienter vers des activités aux marges plus importantes. In fine, cela devrait avoir pour conséquence d intensifier la concurrence au sein des principaux segments d activité. 2

Annexe 3 Assurance en France Composition et part de marché des 10 plus grands assureurs (2012) 27% 24% 19% 30% Assureurs Locaux (AXA, CNP Assurances) Assureurs Etrangers (Generali France, Allianz France) Mutuelles Locales (Covéa, SFEREN, Groupama) Bancassureurs Locaux (BNP Paribas Cardif, Crédit Agricole Assurances, Société Générale Assurances) Source : Fédération Française des Sociétés d Assurances et recherches A.M. Best Bien que le secteur des assurances n ait pas eu besoin de l aide du gouvernement pendant la crise économique, à la différence de certaines banques telles que le groupe franco-belge Dexia, il n a pas échappé aux réformes réglementaires. En août 2010, dans le but de contribuer à la stabilité de l industrie financière, le gouvernement français a autorisé une fusion des organismes de réglementation des assurances et des banques pour former l Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Dans un cadre de fragilité économique de la zone Euro, accompagnée d un niveau de chômage élevé et d une politique fiscale de rigueur, l économie française est confrontée à un environnement difficile. Plus de la moitié des exportations du pays sont destinées à l Europe, ces marchés souffrant actuellement d une croissance lente, d un climat de consommation faible et d un resserrement du crédit. La conjoncture macroéconomique de la France reste difficile en dépit du retour à la croissance de l économie au second trimestre 2013. Le produit intérieur brut (PIB) devrait reculer de 0,1 % en 2013 avant d augmenter modestement de 0,9 % en 2014, selon le Fonds Monétaire International. Le chômage était déjà élevé en 2012 (10,2 %) et devrait atteindre 11,6 % en 2014. L assurance automobile continue à dominer le secteur non-vie, mais la concurrence reste acharnée Le secteur non-vie a continué sa croissance en 2012 et a enregistré un niveau record de cotisations brutes de 49,4 milliards d euros. En 2011, les tarifs plus élevés ont entraîné une croissance de tous les secteurs non-vie à l exception des biens commerciaux, dont les cotisations sont restées stables. Vu la pression sur la performance technique, avec des ratios combinés restant proches de 100 %, Annexe 4 Assurance non-vie en France Cotisations et croissance par branche (2012 et janvier-mai 2013) Evolution annuelle des cotisations (GPW) Cotisations 2012 (Milliards EUR) 2012 Jan-mai 2013 Part de marché Automobile 19,5 2,8% 2,0% 39,5% Dommages aux biens 8,9 6,2% 4,5% 18,0% Dommages aux biens commerciaux 6,2 2,0% 1,5% 12,6% Responsabilité civile générale 3,6 2,7% 3,0% 7,3% Bâtiment 2,3-2,8% 1,0% 4,7% Autres 8,9 2,6% 0,0% 18,0% Total 49,4 3,0% 2,5% 100,0% Source : Fédération Française des Sociétés d Assurances, recherches A.M. Best Remarque : Les pourcentages de part de marché peuvent ne pas totaliser 100 % à cause de l arrondissement des chiffres. une situation similaire s est produite en 2012, lorsque pratiquement tous les segments non-vie ont enregistré une augmentation des primes brutes (voir l annexe 4). Le bâtiment est le seul secteur du marché ayant enregistré une contraction, le volume de primes ayant diminué de 2,8 %, impacté par le ralentissement des activités de 3

construction en France. Durant les cinq premiers mois de 2013, le secteur non-vie a enregistré une progression supplémentaire de 2,5 %, avec une large croissance pour l ensemble des branches hormis le bâtiment, qui n a enregistré qu une légère reprise. Malgré la conjoncture économique difficile, le marché non-vie continue à se développer grâce aux augmentations tarifaires. Si les consommateurs n augmentent pas leurs achats de produits d assurance à cette époque d austérité, ils cherchent à maintenir leur niveau de protection existant. Les acteurs du marché prévoient que le secteur non-vie restera stable dans les années à venir, avec une croissance annuelle qui ne devrait pas dépasser 3 %. L automobile reste la branche principale, ayant représenté 39,5 % des cotisations non-vie en 2012. Le marché de l automobile reste concurrentiel, les grands assureurs nationaux traditionnels tels qu AXA étant confronté aux offres des filiales de compagnies étrangères comme Allianz et Generali. Les bancassureurs souhaitent renforcer leur présence sur le segment non-vie, en particulier l automobile, pour compléter leurs profils actuellement principalement orientés vers les activités vie. Les banques cherchent à diversifier leurs sources de revenus à une époque où les marchés sont déprimés et les conditions d exploitation difficiles. Les très grandes mutuelles telles que Covéa et Groupama sont également très actives sur le marché français de l automobile. Les mutuelles ont généralement des liens forts avec leurs sociétaires et acquièrent leurs clients directement ou par le biais de réseaux d agents intégrés, ce qui tend à réduire leur structure de coûts comparativement aux compagnies classiques (consulter rapport «France s Mutual Market»). En France, les comparateurs de prix proposent des produits non-vie pour les particuliers, comprenant assurances automobile et habitation, mais n en sont qu à leurs débuts. Cette méthode de distribution est cependant en passe de se développer avec l arrivée de nouveaux acteurs. L assureur britannique Admiral a ainsi lancé LeLynx à Paris en janvier 2010. Parmi les autres acteurs du marché, citons Assurland. com, Hyperassur.com et LesFurets.com. En juillet 2013, le moteur de recherche Internet Google a également lancé un site comparateur des assurances automobiles françaises. Quoi qu il en soit, la concurrence a fait que les assurances automobiles sont comparativement moins chères en France que dans les autres pays d Europe, y compris au Royaume-Uni, ce qui fait pression sur les marges techniques des assureurs. Selon la FFSA, le ratio combiné pour l automobile a systématiquement dépassé 100 % pour les cinq dernières années, atteignant un pic de 109 % en 2009. A.M. Best remarque cependant que certains assureurs sont parvenus à naviguer dans cet environnement concurrentiel pour dégager des bénéfices techniques. Depuis quelques années, la discipline du marché s est renforcée dans le secteur, et les tarifs plus élevés accompagnés d une gestion plus stricte des sinistres ont permis une meilleure performance. Selon la FFSA, le ratio combiné pour l automobile s est amélioré chaque année depuis 2009, atteignant 102 % en 2012. Cependant, l amélioration de la sinistralité et une concurrence accrue exerceront certainement une pression sur les tarifs, ce qui pourrait entraîner une détérioration de la performance dans les années à venir. Les assureurs automobiles sont également confrontés à d autres défis potentiels présentés par le projet de loi Consommation de Pierre Moscovici, ministre de l Économie et des finances, et Benoît Hamon, ministre délégué au ministère de l Économie et des finances. En mai 2013, ces membres du gouvernement ont dévoilé 4

un projet de loi pour augmenter la liberté des assurés pour résilier leur police ; sous le régime actuel, la résiliation n est possible qu à la date d échéance anniversaire de la police. Le projet de loi contient également une disposition permettant aux consommateurs d intenter plus facilement des recours collectifs. Les assureurs craignent que de telles modifications des conditions de résiliation n augmentent les taux de déchéance, ce qui réduirait les marges compte-tenu des coûts d acquisition et d administration plus élevés entrant en jeu. Ils craignent également que ces changements n entraînent une augmentation des fraudes et du nombre de conducteurs non assurés. On considère que les sites de comparaison seraient des bénéficiaires potentiels du projet de loi Consommation, car à l heure actuelle les consommateurs ne changent pas activement d assureur. Les changements introduits depuis janvier 2013 selon lesquels le gouvernement français ne fournira plus de couverture d inflation pour les rentes automobiles pourraient aussi avoir des conséquences à long terme pour les assureurs automobiles. Ces rentes ont été utilisées pour couvrir les sinistres automobiles de responsabilité civile, principalement pour les dommages corporels importants. Certains acteurs du marché, y compris le courtier Willis Re, ont publiquement déclaré que lorsque les assureurs et réassureurs prennent la responsabilité de la couverture d inflation pour se substituer au fond d État, ils s exposent à des défis à long terme. Les autres branches non-vie maintiennent leur croissance Les biens résidentiels constituent la seconde branche de l activité non-vie, qui représente 18 % des cotisations (voir l annexe 4). Ce secteur a publié la croissance la plus forte en 2012 et s est développé de 4,5 % pendant les cinq premiers mois de 2013. Mais on s inquiète des pressions que pourraient subir les tarifs, vu l augmentation de la concurrence parmi les assureurs. On dit que les tarifs sont plus stables pour les biens commerciaux, le segment suivant par sa taille, avec 12,6 % de cotisations non-vie en 2012. Les assureurs affirment que pour les risques commerciaux et industriels les expositions ont beaucoup augmenté au cours des vingt dernières années, avec des sinistres moyens plus élevés provenant des sinistres pour pertes d exploitation. Le marché français des assurances est très actif dans le domaine de l aviation, La Réunion Aérienne assurant un grand nombre des principales compagnies aériennes et fabricants internationaux d avions. Elle détient 12 % du marché mondial des assurances aéronautiques et souhaite développer ses activités avec le soutien de ses trois «compagnies membres» - Generali IARD, Scor UK et MMA IARD Assurances Mutuelles. La Réunion Aérienne souhaite devenir une alternative au marché de Londres pour cette activité. Malgré l envergure du secteur de l aviation, on s attend à voir les marges diminuer comme il y a peu d opportunités de développement et que le marché reste concurrentiel, les commissions augmentant alors que les limites restent stables. Le dernier sinistre d ampleur de l aviation nationale dans cette industrie remonte à 2009, lorsqu un vol Air France reliant Rio de Janeiro à Paris s est échoué dans l Atlantique, entraînant des pertes assurées d environ 1 milliard de dollars (US). Le marché maritime est lui aussi décrit comme difficile, avec des tarifs qui diminuent avec l arrivée de nouveaux entrants. D importants sinistres ont été enregistrés dans le domaine des corps de navires et du fret au cours des dernières années, qui ont eu une incidence sur le marché national. Les assureurs locaux prévoient des pertes provenant 5

du naufrage du porte-conteneurs MOL COMFORT, qui s est fendu en deux pendant une tempête en juin 2013 dans l océan Indien. En 2012, citons parmi les sinistres le ferry Napoléon Bonaparte, qui s est détaché de ses amarres à Marseille, et un vaisseau pose-câbles de France Telecom qui a pris feu au large de la Namibie. Certains assureurs français de corps de navires ont aussi été exposés au naufrage du paquebot de croisière Costa Concordia. Malgré ces sinistres récents, la concurrence augmente alors que les assureurs cherchent à repositionner leurs portefeuilles, et les tarifs restent peu dynamiques. Le protocole d amendement de la convention de Paris augmentera la responsabilité d un opérateur nucléaire, qui passera de 91,5 million d euros à au moins 700 millions d euros. Bien qu elle ait été adoptée en février 2004, cette mesure n est pas encore entrée en vigueur et devrait figurer parmi les défis les plus significatifs pour le secteur non-vie, vu l envergure de l industrie de l énergie nucléaire en France. D après cet amendement, les parties lésées auront accès à une indemnisation plus importante et pourront faire une déclaration de sinistre pour de plus nombreux préjudices subis. En outre, plus de personnes auront droit à une indemnisation. Les marchés de l assurance et de la réassurance privés affirment être prêts à fournir une partie, mais pas nécessairement la totalité, de cette capacité. La convention augmentera aussi la période pendant laquelle les parties lésées peuvent déclarer un préjudice corporel à 30 ans, au lieu de 10 ans dans le cadre du droit de prescription. Le marché de l assurance privé a indiqué qu il n était pas prêt à fournir une couverture pour une durée aussi longue. Les assureurs ont exprimé leur inquiétude au sujet de la modification de la convention de Paris, notamment pour la gestion de l accumulation du risque, car un certain nombre de sites nucléaires se situent à proximité les uns des autres. Le marché vie/maladie se contracte, mais l optimisme reste de rigueur Le marché français de l assurance vie et maladie, qui fait pratiquement trois fois la taille du secteur non-vie, s est contracté depuis le pic de 161,1 milliards d euros de cotisations atteint en 2010. Avec le ralentissement de l économie mondiale et la montée du chômage, les citoyens français ont témoigné moins d intérêt pour les produits d assurance vie. L incertitude qui règne quant à la fiscalisation future des produits d assurance vie a conduit les particuliers à rechercher des produits d épargne de plus courte durée et plus liquides. Les produits d assurance vie sont également devenus moins attractifs que par le passé et sont considérés comme moins concurrentiels, car les garanties moyennes ont atteint un plancher historique. L annexe 1 montre que les cotisations brutes vie et maladie ont reculé de 12,1 % en 2011 et de 7,3 % en 2012, principalement suite à la chute de la demande en produits traditionnels d épargne. Le secteur de l assurance vie a souffert de la solide concurrence d autres produits bancaires, notamment le Livret A, qui offre un rendement indexé sur l inflation et qui, depuis début 2009, est disponible dans toutes les banques françaises. Bien que le rendement de ce produit d investissement à court terme ne soit pas élevé depuis quelques années, il est totalement garanti par l État et offre donc une certaine sécurité. Le Livret A a été revitalisé durant ces dernières années, difficiles pour l économie française, avec l augmentation de sa rémunération par étapes, de 1,75% au 1er août 2010 à 2,25% au 1er août 2011. En parallèle, le plafond d investissement dans ce 6

produit a été relevé successivement en octobre 2012 et janvier 2013 (à 19 125 euros et 22 950 euros respectivement). À compter du 1er août 2013, le taux de rémunération du Livret A a été ramené à 1,25 %, ce qui devrait profiter à l assurance vie. Le marché de l assurance a souffert d une augmentation de la demande en investissements plus liquides, considérés comme des offres plus stables que les produits d assurance vie dans la conjoncture économique actuelle. L analyse des activités d investissement des foyers français montre que les produits d assurance à plus long terme ont souffert de la demande en actifs liquides, pour lesquels les rendements sont plus stables et la durée réduite, comme le Livret A, qui offre un rendement plus attractif que certains produits d assurance vie. Dans un contexte économique incertain, de nombreux français ont opté pour des produits sécurisés, et préféré les contrats en euros aux produits en unités de comptes. Dans une certaine mesure, le secteur de l assurance vie baigne dans l incertitude quant aux changements potentiels de la fiscalité des produits d épargne. Un rapport commandé par l État, préparé par les députés français Karine Berger et Dominique Lefèbvre, avance que les contrats d assurance vie dépassant 500 000 euros ne conserveraient leurs avantages fiscaux que s ils étaient investis dans des actifs soutenant le financement de l économie française. Cette mesure favoriserait l utilisation d une partie de l épargne pour financer les PME, les initiatives sociales et les projets de logement. A.M. Best remarque que le marché vie et maladie semble repartir, selon les volumes de nouveaux contrats pour les cinq premiers mois de 2013, au cours desquels les cotisations ont augmenté de 8,8 %. La reprise de ce secteur devrait se poursuivre cette année, bien que l on ne prévoie pas le retour à une croissance supérieure à 10 %, comme celle enregistrée avant le ralentissement de l économie mondiale. Le marché de l assurance vie devrait progresser plus rapidement que le segment non-vie car les marchés financiers sont aujourd hui considérés comme moins instables qu en 2011 et 2012, pendant que la diminution de rémunération du Livret A et l apparition d innovations devraient rendre les produits d assurance vie plus attractifs. Enfin, à plus long terme, le rôle du secteur privé dans la prise en charge des retraites devrait augmenter dans la mesure où les pensions assurées par l État sont considérées comme de plus en plus inadaptées. Selon la FFSA, les taux de rachat sont restés stables, entre 8 et 10 % de 1987 à 2012, malgré des difficultés économiques, comprenant l éclatement de la bulle internet et les problèmes du marché immobilier, ce qui indique que les français continuent à considérer l assurance vie comme un produit d épargne viable et important. Rentabilité et investissements Le marché français des assurances non-vie est profitable, car les compagnies ont amélioré leur performance technique, principalement en augmentant leurs tarifs depuis quelques années, ce qui a eu pour effet de réduire les déficits techniques qui demeurent compensés par les produits d investissement. Le ratio combiné non-vie s est marginalement amélioré pour passer à 100,3 % en 2011 contre 104,7 % en 2009 (voir l annexe 5). En 2012, ce niveau est resté largement stable, avec une légère augmentation à 101 %. Le plus grand défi pour les compagnies d assurance non-vie dans les années à venir est de maintenir leur discipline technique. 7

Annexe 5 Assurance non-vie en France Ratio combiné (2009-2012) 106 105 104 103 102 101 100 99 98 104,7 104,0 100,3 En 2012, les revenus ont atteint 4,3 milliards d euros pour les compagnies d assurance vie et composites, et 1,5 milliard d euros pour les assureurs non-vie, donnant un total de 5,8 milliards d euros pour le secteur. À titre de comparaison, les revenus globaux étaient de 5,9 milliards d euros en 2011 et 7,2 milliards d euros en 2010. La faiblesse des taux d intérêt va certainement réduire les revenus à court terme, et renforcer la focalisation sur la performance technique. Le niveau de concurrence accru et la conjoncture financière difficile augmenteront la pression pour maintenir ou améliorer les marges techniques afin de répondre aux attentes des actionnaires. La plus grande partie du portefeuille des compagnies non-vie et vie se trouve investie en obligations (69 % en 2012), dont 31 % sont des obligations de gouvernements de pays membres de l OCDE. Les investissements en obligations d entreprises ont augmenté depuis quelques années car les entreprises souhaitent maintenir le rendement de leurs investissements dans un climat de faibles taux d intérêt (voir l annexe 6). Les actions et l immobilier représentaient collectivement 19 % des investissements en 2012. Les actifs sont également répartis entre liquidités (7 %) et autres investissements (5 %). 101,0 2009 2010 2011 2012 Source : Fédération Française des Sociétés d'assurances Annexe 6 Assurance en France Investissements des compagnies (2012) Liquidités 7% Autres 5% Obligations 38% Obligations d'etat OCDE 31% Immobilier 2% Actions 17% Source : Fédération Française des Sociétés d Assurances 8

Les assureurs français ont apporté des changements importants dans leurs portefeuilles d obligations d État au cours des dernières années afin de réduire leur exposition à la dette souveraine périphérique de la zone euro. Les expositions aux dettes grecque, irlandaise, italienne, portugaise et espagnole (les pays «GIIPS») ont été réduites au premier semestre 2012, avec quelques réinvestissements pour certains acteurs vers la fin de l année, principalement dans les obligations d État italiennes et irlandaises. Le climat de faibles taux d intérêt conduit les assureurs à rechercher des investissements offrant de meilleures rémunérations, tels que les infrastructures, l immobilier ou les emprunts d entreprises, pour augmenter leurs rendements. Par exemple, en juin 2013, le groupe AXA a annoncé une initiative d investissement de 10 milliards d euros pour augmenter son exposition aux emprunts infrastructurels au cours des cinq prochaines années, ce par le biais d AXA Real Estate dans le cadre de sa stratégie de diversification du crédit. Les assureurs français tentent aussi d atténuer les risques de leurs portefeuilles, motivés principalement par le coût du capital dans le cadre de Solvabilité II, qui fera que les actifs illiquides seront plus coûteux à détenir. En mars 2013, AXA a annoncé qu il avait reçu une offre irrévocable d un groupe d investisseurs pour la totalité de sa part dans AXA Investment Managers Private Equity S.A. Parmi les autres transactions récentes, citons la vente par Groupama de sa branche d assurance polonaise, Proama, à Generali PPF Holding en juillet 2012, et la vente par la mutuelle française de Groupama Private Equity (GPE) à ACG Group en janvier 2013. En juin 2012, Grupo Catalana Occidente et INOCSA ont accepté de racheter la filiale espagnole Groupama Seguros y Reaseguros. Les activités de fusion et acquisition se poursuivent alors que de nombreux assureurs français cherchent à diversifier leurs risques et à se développer plus rapidement hors de leur marché national. Par exemple, en avril 2013, AXA a accepté de racheter une part de 50 % dans Tian Ping, un assureur automobile chinois, pour pratiquement 485 millions d euros. Les catastrophes naturelles en France Les catastrophes naturelles restent l une des menaces les plus importantes pour le marché français. La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) maintient une position unique en tant que réassureur principal des risques catastrophes naturelles souscrits en France et offre une réassurance des risques de terrorisme et autres risques exceptionnels avec le soutien explicite de l État français, son unique actionnaire, sous la forme d une réassurance en excédent de perte illimité. Le gouvernement français continue à examiner des projets de loi visant à réformer le système d assurance des catastrophes naturelles, dit Régime Cat Nat, conçu comme une protection contre des risques spécifiques. À l heure actuelle, une surtaxe en pourcentage fixe pour risques de catastrophes naturelles s applique à tous les contrats dommages, quel que soit le bien assuré. Ce taux fixe permet d obtenir une protection abordable, mais A.M. Best considère que sous le régime actuel, il y a peu d incitation à prendre des mesures d atténuation et de prévention des risques afin de réduire la gravité des pertes - un domaine sur lequel la nouvelle législation devrait se pencher. Seuls quelques assureurs français achètent leur réassurance pour catastrophes naturelles sur le marché ouvert au lieu de passer par la CCR. Ces dernières années, la France a subi plusieurs catastrophes naturelles, dont Xynthia en février 2010, l une des plus grandes tempêtes que le pays ait connues, et les graves 9

inondations dans le Var durant l été 2010, ainsi que les tempêtes Joachim en décembre 2011 et Andrea en janvier 2012. En 2009, le marché avait également été touché par les tempêtes Klaus et Quinten. Le marché s accorde sur le fait que l exposition aux catastrophes naturelles a énormément évolué depuis quelques années, avec des incidents graves plus fréquents, alors que les tarifs restent stables. A l avenir, le poids des catastrophes naturelles devrait augmenter à cause des effets du changement climatique et pourraient induire d avantage de volatilité des résultats des assureurs. Les inondations qui ont frappé l Europe en juin 2013 ne devraient pas entraîner de pertes majeures pour le marché français car les régions touchées étaient principalement de petites villes et des villages dans le sud-ouest de la France. Certains assureurs français avaient des clients dans des pays durement touchés, notamment l Autriche et l Allemagne, et s attendent à des sinistres pour dommages aux biens et pertes d exploitation. On estime que les inondations en France ont entraîné des pertes assurées d environ 300 à 350 millions d euros. Au cours des cinq premiers mois de 2013, les orages de grêle dans le Vouvray, les grosses chutes de neige dans le nord de la France et les inondations à Troyes auraient provoqué entre 150 et 200 millions d euros de pertes assurées. De plus, la destruction des récoltes, notamment les dégâts causés sur les vignobles et les vergers, a eu un impact sur le secteur agricole et devrait engendrer des pertes supplémentaires pour le marché français. Le marché français des mutuelles L un des aspects clé du marché français des assurances est la forte présence des mutuelles. Ce secteur est représenté par l association professionnelle la Réunion des Organismes d Assurance Mutuelle (ROAM), dont les 51 membres en France (parmi lesquels 47 mutuelles) ont généré un chiffre d affaires total de 15,1 milliards d euros en France en 2012. Parallèlement, le Groupement des Entreprises Mutuelles d Assurance (GEMA), une autre association mutuelle, comptait 44 compagnies membres fin 2012. Ses 33 compagnies non-vie ont souscrit 12,8 milliards d euros de cotisations, alors que ses 11 assureurs vie ont collecté 7,7 milliards d euros de primes en 2012. Les difficultés financières de Groupama auraient eu un impact limité sur la confiance du public dans le marché mutuel français, car Groupama était considérée comme différente des mutuelles traditionnelles, étant donné qu elle souhaitait se développer rapidement avant son introduction en bourse. Les difficultés auxquelles Groupama est confrontée rappellent aux mutuelles existantes qu elles doivent continuer de renforcer leurs pratiques de gouvernance et de gestion du risque. Les mutuelles s avèrent souvent plus robustes que les sociétés par actions, car elles bénéficient de clients fidèles qui appartiennent souvent à des groupes d affinité liés à une profession ou une région. Les mutuelles peuvent offrir des tarifs plus concurrentiels que les assureurs, car leur structure de coûts est légèrement plus basse. Les mutuelles ont souvent des coûts d acquisition plus faibles car elles traitent directement avec leurs sociétaires. À la différence des sociétés cotées en bourse, qui sont sous pression pour satisfaire les attentes des marchés en matière de rendement, les mutuelles appartiennent à leurs sociétaires et leurs intérêts sont généralement alignés sur des objectifs à long terme plutôt que sur des objectifs de rendement à plus court terme. Les mutuelles ont généralement une rétention importante de leurs revenus, et leurs portefeuilles d investissement contiennent surtout des obligations de haute qualité 10

et des produits à revenu fixe, plutôt que des catégories d investissements à plus haut risque. Par suite, les mutuelles françaises ont une exposition généralement limitée aux investissements dans les pays périphériques de la zone euro. Bien qu elles ne puissent pas émettre d actions, les mutuelles disposent de plusieurs possibilités de financement, y compris l émission de dettes subordonnées, et elles peuvent dans certains cas faire appel à leurs sociétaires pour obtenir des ressources supplémentaires. En France, des consultations sont menées depuis 2010 pour créer des «Certificats Mutualistes» offrant de nouveaux outils de collecte de fonds avant l introduction éventuelle de Solvabilité II. On pense que ces certificats seraient émis par des mutuelles ayant des domaines d activité spécialisés tels que les autorités municipales et les hôpitaux privés et publics, plutôt que de les destiner à une utilisation large. Grâce à leur rétention élevée des revenus, la plupart des mutuelles sont en général bien dotées en capital et n ont pas de problèmes de liquidité. Récemment, les mutuelles françaises ont tenté de se diversifier dans de nouvelles activités, et certaines se sont lancées dans les assurances maladie. Mais de possibles changements de législation sur l industrie de la santé pourraient menacer ces tentatives de diversification et avoir des conséquences négatives pour les mutuelles de santé existantes. Un projet de loi prévoit que les entreprises françaises devraient fournir une couverture d assurance maladie à tous leurs employés. Les mutuelles craignent que l assurance maladie individuelle ne disparaisse, substituée par l assurance collective au cours des prochaines années. Les plus grands assureurs seront mieux placés pour être concurrentiels au niveau de cette assurance maladie obligatoire et répondre aux appels d offres afférents. Inversement, les mutuelles s inquiètent de voir cette nouvelle loi impliquer la fin de leur incursion dans l assurance maladie et pensent qu elles pourraient avoir à s associer à de grands acteurs du marché pour développer des offres. La directive Solvabilité II est une autre préoccupation pour les mutuelles. Certaines des plus grandes mutuelles ont progressé dans leurs préparatifs, avec le développement de modèles internes partiels. Mais comme les mutuelles ne sont pas cotées en bourse et n ont pas l habitude de fournir d informations comptables trimestrielles, elles pourraient trouver les exigences de reporting du Pilier III particulièrement lourdes. Les plus grandes mutuelles, qui ont investi un temps et des ressources considérables dans leur préparation à Solvabilité II, apparaissent comme de plus en plus frustrées par l incertitude qui continue à planer sur la mise en œuvre de la nouvelle directive européenne. Pour les mutuelles plus petites, le report de l introduction de Solvabilité II jusqu à janvier 2016 au plus tôt représente un répit bienvenu. Quoi qu il en soit, le respect des exigences de gouvernance du Pilier II pourrait s avérer difficile. On craint qu une approche de supervision stricte ne signifie que certaines mutuelles ne parviendraient pas à respecter l exigence de compétence et d honorabilité des membres du conseil, qui sont souvent élus au sein des sociétaires de la mutuelle et n ont pas nécessairement d expérience dans les domaines financiers et comptables. Les mutuelles cherchent à trouver un compromis avec les régulateurs européens pour faire en sorte que les membres du conseil soient considérés comme compétents tant que l inverse n est pas démontré, en mettant d avantage l accent sur la formation dispensée durant les mandats. 11

Certaines mutuelles envisageront sans doute de se regrouper quand le calendrier de la mise en œuvre de Solvabilité II deviendra plus clair. A.M. Best s attend à ce que les affiliations plutôt qu une tendance à la démutualisation deviennent plus courantes au moment où les mutuelles tenteront de renforcer leur envergure et de fonctionner de manière plus efficiente. En France, les sociétés de groupe d assurance mutuelle (SGAM) telles que Covéa qui regroupe GMF, MAAF, MMA et AMF continuent à rencontrer un succès important, permettant aux mutuelles de coopérer sans avoir à se démutualiser ou à perdre leurs propres marques, équipes dirigeantes ou indépendance. Certaines mutuelles peuvent créer des relations commerciales avec d autres par l intermédiaire de partenariats, mais pas nécessairement sous la forme d une SGAM. Conclusion Les assureurs français sont confrontés à un environnement opérationnel difficile alors qu ils cherchent à optimiser l efficience de leur capital et à diversifier plus encore leur portefeuille de produits. Les perspectives pour les assureurs se sont améliorées en 2013, le secteur non-vie continuant à se développer pendant que l assurance vie amorce une reprise. Les notations A.M. Best des assureurs français restent amplement dans la catégorie «sûr» et devraient rester stable à court / moyen terme (voir l annexe 7). La plupart des assureurs nationaux et des assureurs affiliés à de plus grands groupes internationaux bénéficient de portefeuilles diversifiés au plan géographique et ont un bon équilibre de revenus entre les segments vie et non-vie. La capitalisation des assureurs français est solide, avec suffisamment de fonds propres pour absorber les nouveaux tests de résistance sur la dette périphérique européenne menés par A.M. Best en juin 2013. L amélioration des valeurs d actifs et des «embedded values» ont renforcé les bilans des compagnies au cours de l année dernière, bien que l environnement économique demeure incertain et instable. Annexe 7 France Compagnies notées par A.M. Best Notations au 30 août 2013 Référence AMB Compagnie Notation de solidité financière Best (FSR) Notation de crédit émetteur Best (ICR) Perspective FSR et ICR Best Action de notation FSR et ICR 078025 AGA International S.A. A a+ Stable Affirmée 086992 Allianz Global Corporate & A+ aa- Stable Affirmée Specialty (France) S.A. 086322 Assurances Mutuelles de France A a Stable Rehaussée 085834 Caisse Centrale de Reassurance A++ aa+ Négative Affirmée 084095 Generali Iard A a Négative Affirmée 085695 Generali Vie A a Négative Affirmée 077365 SCOR Global Life SE A a+ Stable Affirmée* 078344 SCOR Global P&C SE A a+ Stable Affirmée* 085027 SCOR SE A a+ Stable Affirmée* * Action de notation FSR : Affirmée ; Action de notation ICR : Rehaussée Source: Best s Statement File - Global 12

Malgré l amélioration des perspectives pour les assureurs français en 2013, le marché reste concurrentiel et difficile. Les activités non-vie ont indiqué une rentabilité améliorée, le ratio combiné s approchant du point mort en 2012, alors que les assureurs renforcent leur discipline de souscription. Cependant, en assurance automobile, qui constitue la branche principale du marché français, les tarifs fléchissent alors que la performance s améliore et que la concurrence s intensifie, ce qui pourrait limiter la rentabilité future. En ce qui concerne l assurance vie, les produits d épargne demeurent attractifs bien que leur fiscalisation future reste incertaine, et que le faible environnement de taux d intérêt en réduise les garanties moyennes, qui sont parmi les plus faibles des principaux marchés européens. Les effets exceptionnels du Livret A, l introduction de nouvelles offres pour ajuster la déclaration et le paiement des bonus à plus long terme, ainsi que la reconfiguration des produits en vue d offrir plus de flexibilité profiteront sans doute tant aux assureurs qu aux assurés. Ces produits restructurés devraient stimuler la demande et améliorer la rentabilité. 13

Publié par A.M. Best Company Dossier spécial PRÉSIDENT Arthur Snyder III VICE-PRÉSIDENT EXÉCUTIF Larry G. Mayewski VICE-PRÉSIDENT EXÉCUTIF Paul C. Tinnirello VICE-PRÉSIDENTS SENIOR Manfred Nowacki, Matthew Mosher, Rita L. Tedesco, Karen B. Heine A.M. BEST COMPANY SIÈGE SOCIAL MONDIAL Ambest Road, Oldwick, N.J. 08858 Téléphone: +1 (908) 439-2200 BUREAU DE WASHINGTON 830 National Press Building 529 14th Street N.W., Washington, District Columbia 20045 Téléphone: +1 (202) 347-3090 BUREAU DE MIAMI Suite 949, 1221 Brickell Center Miami, Floride 33131 Téléphone: +1 (305) 347-5188 A.M. BEST EUROPE RATING SERVICES LTD. A.M. BEST EUROPE INFORMATION SERVICES LTD. 12 Arthur Street, 6th Floor, London, Royaume-Uni EC4R 9AB Téléphone: +44 (0)20 7626-6264 A.M. BEST ASIA-PACIFIC LTD. Unit 4004 Central Plaza, 18 Harbour Road, Wanchai, Hong Kong Téléphone: +852 2827-3400 A.M. 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