Chapitre 11 Produit scalaire dans l'espace

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I. Produit scalaire Chapitre 11 Produit scalaire dans l'espace 1) Produit scalaire dans l'espace Définition : Soient u et v deux vecteurs de l'espace et A, B, C trois points tels que u= AB et v= AC. Les points A, B, C appartiennent à un plan p et le produit scalaire u v dans l'espace est, par définition, égal au produit scalaire des vecteurs AB et AC calculé dans le plan p. Conséquence : Si u et v sont deux vecteurs de l'espace, alors u v= 1 2 ( u 2 + v 2 u v 2 ) Remarques : Le produit scalaire ne dépend que des vecteurs u et v, et non du choix de leurs représentants ou du plan p, car ce produit scalaire peut s'exprimer au moyen des normes de u et v seulement : u v= 1 2 ( u 2 + v 2 u v 2 ) Pour calculer un produit scalaire, on choisit deux représentants des vecteurs situés dans un même plan. Le carré scalaire d'un vecteur u de l'espace est le réel noté u 2, vérifiant u 2 = u u. On a, comme dans le plan : u 2 = u 2 et par suite u = u 2. u 2 = u u= 1 2 ( u 2 + u 2 u u 2 )= 1 2 (2 u 2 0 2 )= 1 2 (2 u 2 )= u 2 2) Autres expressions du produit scalaire Cosinus Si u= AB et v= AC sont deux vecteurs non nuls de l'espace, alors u v= AB AC cosθ avec θ= BAC. 1

Projection orthogonale Si u= AB et v= AC sont deux vecteurs non nuls de l'espace et si H est le projeté orthogonal du point C sur la droite ( AB), alors u v= AB AH. Remarque : Si K est le projeté orthogonal du point B sur la droite (AC ), on a aussi u v= AK AC. Exemple : Soit le tétraèdre régulier ABCD de côté 1. On a IJ AC= AK AC et comme ABC est équilatéral, le point C se projette orthogonalement sur [ AB] en son milieu K : IJ AC= AK AK= AK 2 = 1 4 II. Propriétés du produit scalaire 1) Repère orthonormé de l'espace Définition : Un repère (O ; I, J, K ) de l'espace est orthonormé lorsque les droites (OI ), (OJ ) et (OK ) sont deux à deux perpendiculaires et qu'on a les égalités de distances OI =OJ =OK =1. Remarque : Lorsque le repère (O ; I, J, K ) de l'espace est orthonormé, chaque axe est perpendiculaire à toute droite passant par le point O et contenue dans le plan défini par les deux autres axes. Ainsi la droite (OI ) est perpendiculaire à toute droite du plan (OJK ) passant par O. Soit (O ; I, J, K ) un repère orthonormé de l'espace et M un point de coordonnées (x ; y; z) dans ce repère. La longueur OM est la norme du vecteur OM. Elle vérifie : OM = OM = x 2 + y 2 +z 2 Soit M le point de coordonnées (x ; y; z). On note M ' le projeté orthogonal de M sur le plan (xoy). Donc M ' ( x; y ;0). Le repère est orthonormé donc OM 2 =OM ' 2 +MM ' 2, c est-àdire : OM 2 =x 2 + y 2 +z 2 2

Remarque : Si A( x A ; y A ; z A ) et B( x B ; y B ; z B ) alors AB= (x B x A ) 2 +( y B y A ) 2 +(z B z A ) 2 Exemple : Un cube dont l'arête mesure une unité de longueur fourni un modèle de repère orthonormé de l'espace. On note le repère (O ; I, J, K ) ou (O ; OI, OJ, OK ). OM = 1 2 +1 2 +1 2 = 3 2) Expression analytique du produit scalaire Dans un repère orthonormé de l'espace, si u( x z) ( x' ) y et v y ' sont deux vecteurs, alors : z ' u v=xx ' + yy' + zz ' Dans l'espace muni d'un repère orthonormé. u 2 =x 2 + y 2 +z 2, v 2 =x ' 2 + y' 2 +z ' 2 et u v 2 =( x x ') 2 +( y y ') 2 +(z z' ) 2. Ainsi u v= 1 2 ( u 2 + v 2 u v 2 )= 1 2 [(x2 + y 2 +z 2 )+( x' 2 + y ' 2 +z ' 2 ) ((x x' ) 2 +( y y ') 2 +(z z ') 2 )]. En développant le membre de droite, il vient : u v= 1 2 (x2 + y 2 +z 2 + x' 2 + y ' 2 +z ' 2 x 2 +2 x x' x' 2 y 2 +2 y y' y ' 2 z 2 +2 z z ' z ' 2 ) u v= 1 (2 xx ' +2 yy ' +2 zz ' )=xx ' + yy' + zz' 2 Exemple : Si u( 1 2 3) ( 4 et v 5 7 ) alors u v=1 ( 4)+2 5+3 7=27 Remarques : Si u= v la formule donne u u=x 2 + y 2 +z 2. On retrouve u = x 2 + y 2 + z 2. Si A (x A ; y A ; z A ) et B(x B ; y B ; z B ) alors : AB= (x B x A ) 2 +( y B y A ) 2 +(z B z A ) 2 La formule est fausse si le repère n'est pas orthonormé. 3

3) Propriétés algébriques Propriétés : Soit u, v et w trois vecteurs de l'espace et k un réel. Symétrie : u v= v u Bilinéarité : u ( v + w)= u v + u w et u ( k v)=k ( u v) Démonstrations : Les vecteurs u, k u et v étant coplanaires, les propriétés de symétrie et u (k v)=k ( u v) résultent des propriétés de produit scalaire dans le plan. Les vecteurs u, v et w peuvent ne pas être coplanaires. On choisit un repère orthonormé de l'espace et on note u( x y z) ( x' ) ( x' ', v y ', w y ' ' z ' x '+ x' ' Alors v+ y '+ y' ' w( ) et u ( v+ w)=x( x' +x ' ' )+ y( y' + y ' ' )+z(z ' +z ' ') z '+ z' ' Donc, u ( v+ w)=x x '+ y y' + z z' + x x ' ' + y y' ' +z z ' ' = u v+ u w z ' ' ). Propriétés (identités remarquables) : Soit u et v deux vecteurs de l'espace : ( u+ v) 2 = u 2 + 2 u v+ v 2 soit u+ v 2 = u 2 + v 2 + 2 u v ( u v) 2 = u 2 2 u v+ v 2 soit u v 2 = u 2 + v 2 2 u v ( u+ v) ( u v)= u 2 v 2 soit ( u+ v) ( u v)= u 2 v 2 Exemple : ABCD est un tétraèdre régulier de côté a. I et J sont les milieux respectifs des arêtes [ AD] et [ BC ]. Pour calculer la longueur IJ, on peut procéder ainsi : IJ 2 = IJ 2 =( IA+ AJ ) 2 (d'après la relation de Chasles) ( IA+ AJ ) 2 =( AJ AI ) 2 (car I est le milieu de [ AD] ) Donc IJ 2 = AJ 2 2 AJ AI + AI 2 Or dans le triangle équilatéral ABC, on sait que AJ =a 3 2 On sait aussi que AI = 1 2 a. AJ AI = 1 2 ( AB+ AC) 1 2 AD= 1 4 AB AD+ 1 4 AC AD. Or, AB AD= AB AD cos π 3 =1 2 a2 et de même AC AD= 1 2 a2. Donc AJ AI = 1 4 a2. Ainsi IJ 2 = 3 4 a2 2 1 4 a2 + 1 4 a2 = 1 2 a2 et IJ =a 2 2. 4

III. Produit scalaire et orthogonalité Définition : Deux vecteurs sont orthogonaux lorsque leur produit scalaire est nul. 1) Orthogonalité de deux droites Deux droites d et d ' de vecteurs directeurs u et u' sont orthogonales si, et seulement si, u u ' =0. A est un point de l'espace. et ' sont les droites qui passent par A et de vecteurs directeurs respectifs u et u'. La définition de deux droites orthogonales permet d'affirmer que : d et d ' sont orthogonales si, et seulement si, et ' sont perpendiculaires en A. Or, on sait que dans le plan, et ' sont perpendiculaires si, et seulement si, u u' =0. On en déduit que d et d ' sont orthogonales si, et seulement si, u u' =0. Exemple : Dans le cube ABCDEFGH : u= BF et v = AC sont orthogonaux. Les droites (AE ) et (FG) sont orthogonales, car : AE FG= AE AD=0 5

2) Orthogonalité d'une droite et d'un plan Propriétés : d est une droite de vecteur directeur u. p est un plan dirigé par un couple ( v ; v ' ) de vecteurs non colinéaires. La droite d et le plan p sont orthogonaux si, et seulement si, u v=0 et u v ' =0 Par définition, dire que d et p sont orthogonaux signifie que d est orthogonale à toutes les droites du plan p, ce qui équivaut à u MN =0 quels que soient les points M et N du plan p. La condition est nécessaire En effet, si d et p sont orthogonaux, alors quels que soient les points M et N de p, u MN =0. Donc, en particulier u AB=0 et u AC =0 La condition est suffisante En effet, quels que soient les points M et N de p, il existe des nombres réels et tels que MN =α v+β v ' car le couple ( v ; v ' ) dirige p. Donc u MN = u(α v+β v ')=α u v+β u v' =0. Remarques : Le produit scalaire permet donc de démontrer le théorème : Une droite est orthogonale à toute droite d'un plan si, et seulement si, elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan. Tout plan admet au moins une droite qui lui est orthogonale. Remarque : projection orthogonale sur un plan On ne change pas le produit scalaire de deux vecteurs AB et CD en remplaçant l'un d'entre eux (par exemple CD ) par le vecteur C ' D ' tel que C ' et D ' sont les projetés orthogonaux de C et D sur un plan p contenant la droite (AB). En effet : AB CD= AB( CC '+ C ' D ' + D ' D)= AB CC '+ AB C ' D '+ AB D' D. Or AB CC '= AB D ' D=0 donc AB CD= AB C ' D '. 6

IV. Équation cartésienne d'un plan 1) Vecteur normal à un plan Définition : Dire qu'un vecteur n non nul est normal à un plan p signifie que toute droite de vecteur directeur n est orthogonale au plan p. A est un point de l'espace et n un vecteur non nul. L'ensemble des points M de l'espace tels que AM n=0 est le plan p passant par A et de vecteur normal n. On note n= AB et H le projeté orthogonal d'un point M sur la droite (AB). AM n= AM AB= AH AB. Ainsi AM n=0 si, et seulement si, AH AB=0 c est-àdire A= H car les vecteurs AH et AB sont colinéaires. Autrement dit, AM n=0 si, et seulement si, A est le projeté orthogonal de M sur la droite (AB). L'ensemble cherché est donc le plan passant par A et orthogonal à (AB). n Deux plans sont parallèles si, et seulement si, un vecteur normal de l'un est colinéaire à un vecteur normal de l'autre. p et p ' sont deux plans de vecteurs normaux respectifs n et n'. Dire que les plans p et p ' sont perpendiculaires signifie que n n' =0. 7

2) Équation cartésienne d'un plan Propriétés : L'espace est muni d'un repère orthonormé. Un plan de vecteur normal n( a b c) a une équation de la forme ax+by+cz+d=0, où d désigne un nombre réel. On dit que c'est une équation cartésienne de ce plan. Réciproquement a, b, c et d étant quatre nombres réels donnés avec a, b et c non tous nuls, l'ensemble des points M (x ; y; z) tels que ax +by +cz + d =0 est un plan de vecteur normal n( a b c). Un point M (x ; y; z) appartient au plan p passant par A( x A ; y A, z A ) et de vecteur normal n si, et seulement si, AM n=0, c est-à-dire a(x x A )+b( y y A )+c(z z A )=0. En posant d = (ax A +by A +cz A ), on obtient ax+by+cz+d=0. e est l'ensemble des points M (x ; y; z) qui vérifient ax +by +cz + d =0 où a, b et c sont des nombres réels non tous nuls. On peut supposer, par exemple, a non nul. Le point A ( d a ; 0;0 ) est alors un point de e et l'équation équivaut à : a ( x+ d a ) +by+cz=0, c est-à-dire AM n=0 avec n( a c) b. e est donc le plan passant par A et de vecteur normal n( a c) b. Remarque : Tout vecteur orthogonal à n est un vecteur du plan p. Exemples : Dans un repère orthonormé on donne le point A(2; 1;0) et le vecteur n( 1 2 3 ). Le plan p passant par A et de vecteur normal n a pour équation : 1( x 2)+2( y+1)+3 z=0 soit x+2 y+3 z+4=0 8

x=0 est une équation du plan ( yoz) : ceci signifie qu'un point appartient au plan ( yoz) si, et seulement si, ses coordonnées sont de la forme (0 ; y; z), y et z réels. L'ensemble des points M (x ; y; z) tels que 4 x+ y+2 z 4=0 est un plan p de vecteur normal n( 4 2) 1. A(0 ; 0; 2), B(0; 4;0) et C (1 ;0 ;0) sont des points non alignés de p. p est le plan (ABC ) 3) Équations cartésiennes d'une droite Si les triplets (a ;b ;c) et (a ' ;b ' ;c' ) ne sont pas proportionnels, le système { ax+by+cz+d=0 caractérise une droite et il est appelé système d'équations cartésiennes a ' x+b' y+c ' z+d '=0 de cette droite. Si les vecteurs n( a c) ( a' ) b et n' b' ne sont pas colinéaires, alors les c' plans p 1 et p 2 d'équations respectives : ax+by+cz+d=0 et a' x+b' y+c' z+d ' =0 sont sécants en une seule droite 9

Annexe 1 : Systèmes Définition : Un système de trois équations linéaires à trois inconnues est de la forme : { ax by cz=d a ' x b' y c' z=d ' a ' ' x b' ' y c' ' z=d ' ' Résoudre un tel système, c'est trouver tous les triplets (x ; y ; z) vérifiant simultanément ces trois équations. Il existe de nombreux cas de figure : Système de deux équations à trois inconnues Les trois plans se coupent en un seul point une infinité de solution Deux plans sont parallèles une unique solution Trois plans ont une droite commune pas de solution pas de solution Ne disposant pas de méthode pour connaître à priori le nombre de solutions, on résout donc ce système en choisissant l'une des deux méthodes connues : substitution ou combinaison. 10

Méthode de Gauss : Le but de la méthode de Gauss est de transformer, par des combinaisons linéaires appropriées, un système (S) donné en un système triangulaire (S') plus facile à résoudre. { 3 x y 2 z=1 [1 ] x 3 y 5 z=2 [2] 2 x y 3 z= 1 [ 3] { 3 x y 2 z=1 [1 ] 10 y 13 z=7 [2 ' ]=3[2] [1] 5 y 5 z= 5 [ 3' ]=3[3] 2[1] { 3 x y 2 z=1 [1 ] 10 y 13 z=7 [2 ' ] 3 z= 3 [ 3' ' ]=2[3' ] [2 ' ] { 3 x y 2 z=1 [1 ] 10 y 13 z=7 [2 ' ] z=1 [ 3' ' ] 11

{ 3 x y 2 1=1 [ 1 ] 10 y 13 1=7 [ 2 ' ] z=1 [ 3 ' ' ] { 3 x y= 1 [ 1 ] y=2 [ 2 ' ] z=1 [3 ' ' ] { 3 x 2= 1 [1 ] y=2 [ 2 ' ] z=1 [3 ' ' ] { x= 1 [1 ] y=2 [ 2 ' ] z=1 [3 ' ' ] Vérification : On vérifie que le triplet (-1 ; 2 ; 1) est solution de S : { 3 1 2 2 1=1 1 3 2 5 1=2 2 1 2 3 1= 1 Conclusion : S a une unique solution (-1 ; 2 ; 1). 12

Espace vectoriel Annexe 2 : Polynômes orthogonaux L'ensemble des fonctions de R dans R est un espace vectoriel sur R avec l'addition et la multiplication par un réel : Soit f : R R et g : R R deux fonctions et R, on a : x R, ( f +g)(x)= f (x)+ g(x) x R, (α f )(x)=α f (x) Le vecteur nul est la fonction constante nulle envoyant tous les éléments de R sur 0. Produit scalaire L'intégrale du produit de fonctions, sur un intervalle borné, est un produit scalaire de fonctions. En effet, c'est une forme bilinéaire symétrique définie positive sur l'espace vectoriel des fonctions de R dans R. En effet, soit E, l'espace vectoriel de fonctions et l'application : : E E R b ( f, g) f (x) g (x)d x a est une forme : bilinéaire : Φ( f + f ',g)=φ( f, g)+φ( f ', g) ; Φ( f, g+g ')=Φ( f, g)+φ( f,g ' ) et Φ(λ f,g)=φ( f,λ g)=λ Φ( f, g) symétrique Φ( f, g)=φ( g, f ) positive f E, Φ( f, f ) 0 définie Φ( f, f )=0 f =0 Orthogonalité Avec celle définition du produit scalaire, deux fonctions sont orthogonales entre elles si leur produit scalaire est égal à zéro. Polynômes de Legendre Les polynômes orthogonaux les plus simples sont les polynômes de Legendre pour lesquels l'intervalle d'orthogonalité est ] 1;1[ : P 0 (x)=1 ; P 1 ( x)= x ; P 2 (x)= 3 x2 1 ; P 2 3 ( x)= 5 x3 3 x 2 Ils sont tous orthogonaux sur ] 1;1[ : 1 1 P m (x ) P n ( x)d x=0 pour m n Une suite de polynômes orthogonaux est une suite infinie de polynômes à coefficients réels, dans laquelle chaque P n (x) est de degré n et telle que les polynômes de la suite sont orthogonaux deux à deux. 13

Annexe 3 : Produit vectoriel Espace orienté Considérons, dans l'espace e, un repère (O; i, j, k) et les points I, J et K définis par OI= i, OJ= j et OK = k. Deux situations sont possibles : Repère direct Repère indirect Orienter l'espace, c'est distinguer ces deux types de repères. Produit vectoriel Définition : Soit u et v deux vecteurs de l'espace orienté e. On appelle produit vectoriel de u par v, le vecteur noté u v défini ainsi : lorsque u et v sont colinéaires, u v= 0 lorsque u et v ne sont pas colinéaires, u v est orthogonal à u et v ( u, v, u v) est une base directe u v = u v sin ( u, v) Exemples : Si ( i, j, k) est une base orthonormale directe : i j= k ; j k= i ; k i = j ; j i = k ; k j= i ; i k= j Si u et v sont orthogonaux et unitaires, alors ( u, v, u v) est une base orthonormale directe. La force magnétique qui s'exerce sur une particule de charge q, animée d'une vitesse v dans un champ magnétique B est F=q v B, le trièdre (q v, B, F) est direct. 14

Propriétés : Aire et norme du produit vectoriel a ABC = 1 2 AB AC On notera que AB AC est l'aire du parallélogramme formé sur les côtés [ AB] et [ AC]. Colinéarité Le produit vectoriel u v est nul si, et seulement si, u et v sont colinéaires. De ce fait, les points A, B et C sont alignés si, et seulement si, AB AC =0 Propriétés algébriques : Quels que soient les vecteurs u, v et w et le réel : v u= u v (α u ) v=α( u v) u ( v+ w)= u v+ u w Expression analytique Soit ( i, j, k) une base orthonormale directe. Les coordonnées des vecteurs u, v et u v dans cette base sont telles que : si u(x, y,z) et v (x ', y', z' ) alors u v( yz ' zy ',zx ' xz ', xy ' yx '). 15