Ondes planes dans les solides

Documents pareils
Théories de champ moyen et convection à grande échelle

LA PHYSIQUE DES MATERIAUX. Chapitre 1 LES RESEAUX DIRECT ET RECIPROQUE

Sujet proposé par Yves M. LEROY. Cet examen se compose d un exercice et de deux problèmes. Ces trois parties sont indépendantes.

5. Les conducteurs électriques

La (les) mesure(s) GPS

Oscillations libres des systèmes à deux degrés de liberté

Exo7. Matrice d une application linéaire. Corrections d Arnaud Bodin.

Caractéristiques des ondes

L acoustique ultrasonore et ses applications 1 re partie

cel , version 1-28 Oct 2010

Chapitre 2 Les ondes progressives périodiques

DIPLÔME INTERUNIVERSITAIRE D ECHOGRAPHIE. Examen du Tronc Commun sous forme de QCM. Janvier h à 16 h

Capacité statique des transducteurs interdigités à couches minces répartition des charges et des potentiels

Plan du chapitre «Milieux diélectriques»

Formes quadratiques. 1 Formes quadratiques et formes polaires associées. Imen BHOURI. 1.1 Définitions

Durée de L épreuve : 2 heures. Barème : Exercice n 4 : 1 ) 1 point 2 ) 2 points 3 ) 1 point

Groupe Nanostructures et Systèmes Quantiques

Cours d analyse numérique SMI-S4

Cours d électricité. Circuits électriques en courant constant. Mathieu Bardoux. 1 re année

TD1 PROPAGATION DANS UN MILIEU PRESENTANT UN GRADIENT D'INDICE

Champ électromagnétique?

Résolution de systèmes linéaires par des méthodes directes

10ème Congrès Français d'acoustique Lyon, Avril 2010

Quantité de mouvement et moment cinétique

PHYSIQUE 2 - Épreuve écrite

Les correcteurs accorderont une importance particulière à la rigueur des raisonnements et aux représentations graphiques demandées.

Comparaison de fonctions Développements limités. Chapitre 10

Gestion réactive des opérations de maintien et d actualisation réglementaire et technologique des systèmes complexes.

Calcul matriciel. Définition 1 Une matrice de format (m,n) est un tableau rectangulaire de mn éléments, rangés en m lignes et n colonnes.

CHAPITRE V SYSTEMES DIFFERENTIELS LINEAIRES A COEFFICIENTS CONSTANTS DU PREMIER ORDRE. EQUATIONS DIFFERENTIELLES.

I - PUISSANCE D UN POINT PAR RAPPORT A UN CERCLE CERCLES ORTHOGONAUX POLES ET POLAIRES

= 1 si n = m& où n et m sont souvent des indices entiers, par exemple, n, m = 0, 1, 2, 3, 4... En fait,! n m

CHAPITRE IV Oscillations libres des systèmes à plusieurs degrés de liberté

Chapitre 7. Circuits Magnétiques et Inductance. 7.1 Introduction Production d un champ magnétique

DÉRIVÉES. I Nombre dérivé - Tangente. Exercice 01 (voir réponses et correction) ( voir animation )

T.P. FLUENT. Cours Mécanique des Fluides. 24 février 2006 NAZIH MARZOUQY

1.2 Coordinence. Notion de liaison de coordinence : Cas de NH 3. et NH 4+ , 3 liaisons covalentes + 1 liaison de coordinence.

Chapitre 3. Quelques fonctions usuelles. 1 Fonctions logarithme et exponentielle. 1.1 La fonction logarithme

Chapitre XIV BASES PHYSIQUES QUANTITATIVES DES LOIS DE COMPORTEMENT MÉCANIQUE. par S. CANTOURNET 1 ELASTICITÉ

Algorithmes pour la planification de mouvements en robotique non-holonome

Exercices - Polynômes : corrigé. Opérations sur les polynômes

Chapitre 1 Régime transitoire dans les systèmes physiques

Module d Electricité. 2 ème partie : Electrostatique. Fabrice Sincère (version 3.0.1)

Développements limités, équivalents et calculs de limites

Journées Télécom-UPS «Le numérique pour tous» David A. Madore. 29 mai 2015

I. Polynômes de Tchebychev

LE PHYSICIEN FRANCAIS SERGE HAROCHE RECOIT CONJOINTEMENT LE PRIX NOBEL DE PHYSIQUE 2012 AVEC LE PHYSICIEN AMERCAIN DAVID WINELAND

Exercice : la frontière des portefeuilles optimaux sans actif certain

Le concept cellulaire

10 leçon 2. Leçon n 2 : Contact entre deux solides. Frottement de glissement. Exemples. (PC ou 1 er CU)

Extrait du poly de Stage de Grésillon 1, août 2010

Chapitre 2. Matrices

3 Approximation de solutions d équations

SDLV120 - Absorption d'une onde de compression dans un barreau élastique

IV- Equations, inéquations dans R, Systèmes d équations

NOMBRES COMPLEXES. Exercice 1 :

Analyse en Composantes Principales

Déterminants. Marc SAGE 9 août Inverses et polynômes 3

Quelleestlavaleurdel intensitéiaupointm?

LES CARACTERISTIQUES DES SUPPORTS DE TRANSMISSION

Analyse fonctionnelle Théorie des représentations du groupe quantique compact libre O(n) Teodor Banica Résumé - On trouve, pour chaque n 2, la classe

Chapitre 11 Bilans thermiques

Cisco Certified Network Associate

Cours de Résistance des Matériaux (RDM)

Comment démontrer des formules sans effort? exposé de maîtrise

VARIÉTÉS CR POLARISÉES ET G-POLARISÉES, PARTIE I LAURENT MEERSSEMAN. À la mémoire de Marco Brunella

ACOUSTIQUE 3 : ACOUSTIQUE MUSICALE ET PHYSIQUE DES SONS

DYNAMIQUE DE FORMATION DES ÉTOILES

Cours 9. Régimes du transistor MOS

ÉVALUATION FORMATIVE. On considère le circuit électrique RC représenté ci-dessous où R et C sont des constantes strictement positives.

Représentation géométrique d un nombre complexe

Manipulateurs Pleinement Parallèles

SYSTEMES LINEAIRES DU PREMIER ORDRE

Méthodes de quadrature. Polytech Paris-UPMC. - p. 1/48

Caractérisation non linéaire de composants optiques d une chaîne laser de forte puissance

Problème 1 : applications du plan affine

La fonction exponentielle

SDLS08 - Modes propres d'une plaque carrée calculés sur base réduite

a et b étant deux nombres relatifs donnés, une fonction affine est une fonction qui a un nombre x associe le nombre ax + b

Optimisation non linéaire Irène Charon, Olivier Hudry École nationale supérieure des télécommunications

Angles orientés et fonctions circulaires ( En première S )

t 100. = 8 ; le pourcentage de réduction est : 8 % 1 t Le pourcentage d'évolution (appelé aussi taux d'évolution) est le nombre :

Exprimer ce coefficient de proportionnalité sous forme de pourcentage : 3,5 %

Université Mohammed Khidher Biskra A.U.: 2014/2015

I - Quelques propriétés des étoiles à neutrons

Communication parlée L2F01 TD 7 Phonétique acoustique (1) Jiayin GAO <jiayin.gao@univ-paris3.fr> 20 mars 2014

Rappels et compléments, première partie : Nombres complexes et applications à la géométrie

Continuité et dérivabilité d une fonction

J AUVRAY Systèmes Electroniques TRANSMISSION DES SIGNAUX NUMERIQUES : SIGNAUX EN BANDE DE BASE

Filtres passe-bas. On utilise les filtres passe-bas pour réduire l amplitude des composantes de fréquences supérieures à la celle de la coupure.

MATLAB : COMMANDES DE BASE. Note : lorsqu applicable, l équivalent en langage C est indiqué entre les délimiteurs /* */.

Les calculatrices sont autorisées

Méthodes de Caractérisation des Matériaux. Cours, annales

Approche expérimentale du rayonnement électromagnétique émis par un téléphone portable

Introduction à l étude des Corps Finis

Le réseau sans fil "Wi - Fi" (Wireless Fidelity)

جامعة باجي مختار عنابة Année 2008/2009

Cours d initiation à la programmation en C++ Johann Cuenin

L Évolution de la théorie d élasticité au XIX e siècle

EXERCICE II : LE TELEPHONE "POT DE YAOURT" (5 points)

Transcription:

Ondes planes dans les solides par Vincent Laude Institut FEMTO-ST, département MNS équipe MINANO «Micro-Instrumentation, NANosciences et Ondes» 3 avenue de l Observatoire F-5044 Besançon Email: vincent.laude@femto-st.fr Toile: http://members.femto-st.fr/vincent-laude/

Rappels sur les problèmes aux valeurs propres Soit une matrice carrée M ij de dimension n n, à valeurs réelles ou complexes. Une équation aux valeurs propres λ et aux vecteurs propres u i est de la forme M ij u j =λu i () Les valeurs propres sont racines du polynôme caractéristique : M ij λδ ij =0. Il y a exactement n valeurs propres λ (k) et au plus n vecteurs propres u i (k) (a priori complexes). Les vecteurs propres sont non nuls et normalisables (u i (k) u i (k) =) ; on les range dans une matrice X ik =u i (k) de sorte que () devient M ij X jk =X ij Λ jk avec Λ jk =λ (k) δ jk () Si X est inversible, alors M=XΛX. Si M est réelle symétrique, les valeurs propres sont réelles et les vecteurs propres orthogonaux : X =X T. En pratique, il existe des algorithmes très performants pour déterminer valeurs et vecteurs propres.

Solide anisotrope non piézoélectrique. Equation de Christoffel On néglige la pesanteur dans la relation fondamentale de la dynamique, ρ u i = T ij t u. Avec la loi de Hooke, T x ij =c l ijkl, on a l équation d onde aniso- j x k trope : ρ u i t =c ijkl u l x j x k (3) Pour les ondes planes harmoniques de la forme u i (t,r)=û i exp(iω(t sn.r)), on obtient l équation de Christoffel ρû i =s c ijkl n j n k û l (4) La lenteur s(n)=k(n)/ω (en s/m) est une fonction de la direction repérée par le vecteur unitaire n. Une quantité du type c/ρ est homogène à une vitesse. En introduisant le tenseur symétrique de Christoffel, Γ il =c ijkl n j n k, on obtient le problème aux valeurs propres : Attention : Γ il dépend de la direction n. ρû i =s Γ il û l (5) 3

. Cas isotrope Dans le cas isotrope, les propriétés des ondes sont invariantes avec la direction de propagation. Prenons par exemple x pour direction de propagation : Γ= c 0 0 0 c 44 0 avec c44 = c c (6) 0 0 c 44 La matrice est diagonale ; elle possède une valeur propre simple et une valeur propre double. L onde de vitesse V L = c /ρ est une onde de polarisation longitudinale, puisque de vecteur propre û=(,0,0) T. Les ondes de vitesse V S = c 44 /ρ sont de polarisation transverse : deux vecteurs propres sont û=(0,,0) T et û=(0,0,) T. Puisque c >0, V S <V L /. La vitesse longitudinale est toujours plus grande que la vitesse transverse. Les propriétés précédentes sont vraies pour toute solution de l équation d onde (pour le voir, considérer le spectre d ondes planes). 4

.3 Exemples pour un cristal cubique En considérant la forme du tenseur élastique des cristaux cubiques : Γ= c n +c 44 (n +n 3 ) (c +c 44 )n n (c +c 44 )n n 3. c n +c 44 (n +n 3 ) (c +c 44 )n n 3.. c n 3 +c 44 (n +n ) Propagation suivant [,0,0] Γ est diagonale, avec une valeur propre simple, c, et une valeur propre double, c 44. Il existe une onde longitudinale de vitesse c /ρ et deux ondes transversales (de cisaillement ou shear) de vitesse c 44 /ρ. Propagation suivant [,,0] On obtient 3 valeurs propres distinctes : c 44, (c c ) et (c +c )+c 44. Il existe une onde purement transversale polarisée suivant x 3, de vitesse c 44 /ρ ; une onde quasi-transversale de vitesse (c c )/ρ ; une onde quasi-longitudinale de vitesse (c 44 +c +c )/ρ. 5

.4 Lenteur, vitesse de phase et vitesse d énergie Pour les ondes planes harmoniques : La densité d énergie cinétique est e c = ρω û i û i. La densité d énergie potentielle est e p = c ijkl S ij S kl = ω s Γ il û i û l. Avec l équation de Cristoffel, on voit que e p =e c : les énergies cinétique et potentielle sont égales pour les ondes planes. La densité d énergie totale est donc : e=e c +e p =ρω û i û i. Le vecteur de Poynting est P i = T ij u j t = c ijkl u k x l u j t =sω c ijkl û j û k n l La vitesse d énergie est par définition V i e =P i /e Une relation importante liant vitesse de phase et vitesse d énergie est V i e n i =v. On peut montrer l égalité de la vitesse d énergie et de la vitesse de groupe spatiale. 6

3 Surfaces caractéristiques 3. Surface des lenteurs Par définition, la surface des lenteurs est le lieu du vecteur s=sn en fonction de n (c est une représentation spatiale de la relation de dispersion k(ω, n) /ω). La vitesse d énergie (ou vitesse de groupe spatiale) est normale à cette surface. Il existe toujours trois surfaces des lenteurs : une quasi-l et deux quasi-s. Elles sont symétriques par rapport à l origine. n V e s n O n 7

3. Surface d onde Par définition, la surface d onde est le lieu du vecteur vitesse d énergie V e en fonction de n. C est la surface atteinte au bout d un temps unitaire par l onde issue d un point source à la fréquence ω (notion liée à la fonction de Green) ; c est aussi une surface équiphase. n est normal à la surface d onde ; les plans d onde lui sont tangents. plans d onde V e n V e O V e 8

3.3 Exemple : silicium (Si, cubique m3m).5 QL QS S 0000 8000 QL QS S 6000 4000 s (0-4 s/m) 0.5 0 0.5 V e (m/s) 000 0 000 4000 6000.5 8000.5 0.5 0 0.5.5 s (0-4 s/m) 0000 0000 8000 6000 4000 000 0 000 4000 6000 8000 0000 V e (m/s) 9

3.4 Exemple : rutile (TiO, tétragonal 4/mmm).5 QL QS S 8000 6000 QL QS S.5 4000 s (0-4 s/m) 0.5 0 0.5 V e (m/s) 000 0 000.5 4000 6000.5.5.5 0.5 0 0.5.5.5 s (0-4 s/m) 8000 8000 6000 4000 000 0 000 4000 6000 8000 V e (m/s) 0

3.5 Exemple : corindon, saphir, rubis (Al O 3, trigonal 3 m).5 QL QS QS 5000 0000 QL QS QS 0.5 5000 s 3 (0-4 s/m) 0 0.5 V e 3 (m/s) 0 5000.5 0000.5 0.5 0 0.5.5 s (0-4 s/m) 5000 5000 0000 5000 0 5000 0000 5000 V e (m/s)

3.6 Atténuation Les pertes acoustiques dans les solides sont dues à la conduction thermique, à l interaction avec les phonons, aux diffusions sur les défauts, etc. Elles sont grossièrement proportionnelles à ω. Les pertes sont plus grandes dans les métaux que dans les isolants ; dans les polycristaux que dans les monocristaux.

4 Solide anisotrope piézoélectrique 4. Constantes durcies pour les ondes planes harmoniques L équation fondamentale de la dynamique et l équation de poisson avec les équation constitutives iωstˆijn j = ρω û i et Dˆjn j =0 (7) Tˆij= iωs(c ijkl n k û l +e kij n k φˆ) et Dˆj= iωs(e jkl n k û l ε jk n k φˆ) (8) mènent à ρû i =s (Γ il û l +γ i φˆ) et γ l û l =εφˆ avec γ i =e kij n j n k et ε=ε jk n j n k (9) d où en éliminant le potentiel l équation de Christoffel avec constantes durcies ρû i =s Γ ilû l avec Γ il=γ il + γ iγ l ε ce qui fournit un moyen commode d obtenir la partie acoustique des ondes planes harmoniques dans un milieu piézoélectrique. (0) 3

4. Couplage électromécanique Considérons par exemple la propagation selon [00] (axe x ) dans le niobate de lithium (LiNbO 3, trigonal 3m) Γ= c 66 0 0. c c 4 avec c66 = c c.. c 44 Il y a une onde transverse de vitesse c 66 /ρ et une onde QS et une onde QL de vitesses données par ρv =Γ +Γ 33 ± (Γ Γ 33 ) +4Γ 3. D autre part, on trouve γ =0;γ =e ;γ 3 =e 5 ;ε=ε donc Γ =Γ ;Γ =Γ +γ /ε;γ 3=Γ 3 +γ γ 3 /ε;γ 33=Γ 33 +γ 3 /ε. La piézoélectricité conduit à une variation des vitesses QS et QL. On prend pour définition du couplage électromécanique le quotient sans dimension K = v v () 4

4.3 ZnO (hexagonal 6mm) 4 3 QL QL (sans piezo) S QS QS (sans piezo) s 3 (0-4 s/m) 0 3 4 4 3 0 3 4 s (0-4 s/m) 5

4.4 Quartz (trigonal 3) 3 QL QS QS s 3 (0-4 s/m) 0 3 3 0 3 s (0-4 s/m) 6

4.5 LiNbO 3 (trigonal 3m) 3 QL QL (sans piezo) S QS QS (sans piezo) s 3 (0-4 s/m) 0 3 3 0 3 s (0-4 s/m) 7

5 Réflexion et réfraction 5. Propriétés générales La polarisation des ondes dans un milieu fluide idéal n a qu une composante longitudinale acoustique. La polarisation des ondes dans un solide élastique comporte 3 composantes acoustiques, majoritairement longitudinale et majoritairement transversales (shear). La polarisation des ondes dans les milieux piézoélectriques comporte 4 composantes, provenant des 3 degrés de liberté acoustiques (u i ) et du degré de liberté électrique (φ). Il y a polarisation majoritairement longitudinale, majoritairement transversales et majoritairement électrostatique. Une polarisation pure incidente donne naissance à 4 ondes réfléchies et à 4 ondes transmises dans un milieu piézoélectrique ( et dans un fluide ; 3 et 3 dans un solide élastique). La fréquence et la projection du vecteur d onde sur l interface se conservent. 8

5. Exemple : interface silicium - silice 9

5.3 Déplacements et contraintes généralisés On définit les contraintes généralisées par T ij =T ij pour i =,, 3 et T 4j =D j pour i=4. De même, on définit les déplacements généralisés par ū i =u i pour i=,,3 et ū 4 =φ. On peut ainsi écrire les relations constitutives sous la forme T ij=c ijkl ū l x k avec c ijkl =c ijkl,c ijk4 =+e kij,c 4jkl =e jkl,c 4jk4 = ε jk () et l équation fondamentale de la dynamique et l équation de Poisson 0 0 0 T ij ū j =ρ ij x j t avec ρ =ρ 0 0 0 0 0 0 (3) 0 0 0 0 On est ainsi ramené à des équations pseudo-mécaniques semblables à celles des milieux élastiques. En particulier, l équation de Christoffel piézoélectrique peut être écrite ρ ij ū j =s (c ijkl n j n k )ū l, qui se présente sous la forme d un problème aux valeurs propres généralisé (du type Ax=λBx). 0

5.4 Equation aux valeurs propres Soit un problème de réflexion-transmission sur une interface plane normale à x. Les lenteurs s et s 3 se conservent. Mais quelles sont les valeurs possibles de s? On peut mettre les équations () et (3) sous la forme ( c il s c i3l s 3 δ il c ijkl s j s k +ρ il 0 3 j,k= ) ( ūl τ l )=s ( c il 0 c il s +c i3l s 3 δ il avec τ ij =T ij /( iω). Il s agit d un problème aux valeurs propres généralisé, de la forme )( ūl τ l ) (4) Ah=s Bh (5) dans lequel les matrices A et B dépendent de s et s 3 (et des constantes du milieu). Le vecteur h a 8 composantes, les 4 ū l et les 4 τ l. Il y a 8 valeurs propres, correspondant aux 8 valeurs possibles pour s. Ces valeurs propres appartiennent par paires à chacune des 4 surfaces des lenteurs (le cas échéant à leurs branches imaginaires). Ces paires sont soit réelles de signes opposés, soit complexes conjuguées. Les 8 vecteurs propres sont appelés modes partiels. Il y a 4 modes partiels réfléchis et 4 modes partiels transmis.

5.5 Exemple : modes du rutile real part imaginary part 4 3 S, refl. S, trans. QS, refl. QS, trans. QL, refl. QL, trans. 4 3 S, refl. S, trans. QS, refl. QS, trans. QL, refl. QL, trans. QE, refl. QE, trans. s 3 (0-4 s/m) 0 s 3 (0-4 s/m) 0 - - - - -3-3 -4 0 0.5.5.5 3 3.5 4-4 0 0.5.5.5 3 3.5 4 s (0-4 s/m) s (0-4 s/m)

5.6 Exemple : modes du LiNbO 3 real part imaginary part 4 3 S, refl. S, trans. QS, refl. QS, trans. QL, refl. QL, trans. 4 3 S, refl. S, trans. QS, refl. QS, trans. QL, refl. QL, trans. QE, refl. QE, trans. s 3 (0-4 s/m) 0 s 3 (0-4 s/m) 0 - - - - -3-3 -4 0 0.5.5.5 3 3.5 4-4 0 0.5.5.5 3 3.5 4 s (0-4 s/m) s (0-4 s/m) 3

5.7 Méthode de solution numérique. On résout le problème aux valeurs propres (5) dans chacun des milieux et, ce qui donne pour chacun les 8 valeurs propres (s () r et s () r ) et 8 vecteurs propres ou polarisations (h () r et h () r ).. La solution générale dans chaque milieu est une superposition des 8 modes partiels, soit 8 h(t,x) = r= ( a r h ou) ( r exp(iω(t s ou) r x s x s 3 x 3 )) (6) 3. On partage les modes partiels dans le milieu en 4 MP incidents (leurs amplitudes sont connues) et 4 MP réfléchis. On partage les modes partiels dans le milieu en 4 MP transmis et 4 MP incidents (leurs amplitudes sont nulles). 4. Les 8 composantes de h sont continues à l interface, ce qui donne 8 équations linéaires pour 8 inconnues (les MP réfléchis et transmis). Le problème est donc entièrement déterminé. 4

5.8 Exemple : interface silicium - silice, et réciproquement Onde incidente purement transverse (S) 5

5.9 Exemple : interface duralumin - eau, et réciproquement Onde incidente L dans le duralumin Coefficient de réflexion r LL dans l eau 6