Suites numériques Limites et raisonnement par récurrence

Documents pareils
Suites numériques 3. 1 Convergence et limite d une suite

Limites finies en un point

Leçon 01 Exercices d'entraînement

III- Raisonnement par récurrence

Raisonnement par récurrence Suites numériques

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile I : Incontournable T : pour travailler et mémoriser le cours

Exercices - Polynômes : corrigé. Opérations sur les polynômes

Image d un intervalle par une fonction continue

Commun à tous les candidats

Chapitre 2 Le problème de l unicité des solutions

Intégration et probabilités TD1 Espaces mesurés Corrigé

Continuité et dérivabilité d une fonction

Comparaison de fonctions Développements limités. Chapitre 10

I. Polynômes de Tchebychev

Suites numériques 4. 1 Autres recettes pour calculer les limites

Continuité en un point

La fonction exponentielle

Rappels sur les suites - Algorithme

CCP PSI Mathématiques 1 : un corrigé

Développement décimal d un réel

EXERCICE 4 (7 points ) (Commun à tous les candidats)

De même, le périmètre P d un cercle de rayon 1 vaut P = 2π (par définition de π). Mais, on peut démontrer (difficilement!) que

Sur certaines séries entières particulières

Continuité d une fonction de plusieurs variables

Fonctions de plusieurs variables

Cours Fonctions de deux variables

Chp. 4. Minimisation d une fonction d une variable

Baccalauréat S Antilles-Guyane 11 septembre 2014 Corrigé

Problème 1 : applications du plan affine

3 Approximation de solutions d équations

n N = u N u N+1 1 u pour u 1. f ( uv 1) v N+1 v N v t

BACCALAURÉAT GÉNÉRAL SESSION 2012 OBLIGATOIRE MATHÉMATIQUES. Série S. Durée de l épreuve : 4 heures Coefficient : 7 ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE

Moments des variables aléatoires réelles

F1C1/ Analyse. El Hadji Malick DIA

Correction de l examen de la première session

O, i, ) ln x. (ln x)2

Chapitre 3. Quelques fonctions usuelles. 1 Fonctions logarithme et exponentielle. 1.1 La fonction logarithme

Texte Agrégation limitée par diffusion interne

Optimisation non linéaire Irène Charon, Olivier Hudry École nationale supérieure des télécommunications

Intégration et probabilités TD1 Espaces mesurés

Chapitre 1 : Évolution COURS

Probabilités sur un univers fini

Première partie. Préliminaires : noyaux itérés. MPSI B 6 juin 2015

La mesure de Lebesgue sur la droite réelle

Dualité dans les espaces de Lebesgue et mesures de Radon finies

Cours de mathématiques

Université Paris-Dauphine DUMI2E 1ère année, Applications

Programmation linéaire

Optimisation des fonctions de plusieurs variables

Coefficients binomiaux

La persistance des nombres

Calcul matriciel. Définition 1 Une matrice de format (m,n) est un tableau rectangulaire de mn éléments, rangés en m lignes et n colonnes.

Chapitre 3. Mesures stationnaires. et théorèmes de convergence

Chapitre 2. Eléments pour comprendre un énoncé

Exercices - Fonctions de plusieurs variables : corrigé. Pour commencer

I. Ensemble de définition d'une fonction

Théorie de la mesure. S. Nicolay

Frédéric Laroche 2009

Amphi 3: Espaces complets - Applications linéaires continues

t 100. = 8 ; le pourcentage de réduction est : 8 % 1 t Le pourcentage d'évolution (appelé aussi taux d'évolution) est le nombre :

Seconde Généralités sur les fonctions Exercices. Notion de fonction.

1 Définition et premières propriétés des congruences

108y= 1 où x et y sont des entiers

Calcul différentiel sur R n Première partie

Chapitre 6. Fonction réelle d une variable réelle

3. Conditionnement P (B)

I - PUISSANCE D UN POINT PAR RAPPORT A UN CERCLE CERCLES ORTHOGONAUX POLES ET POLAIRES

Triangle de Pascal dans Z/pZ avec p premier

Programmes des classes préparatoires aux Grandes Ecoles

Dérivation : cours. Dérivation dans R

FONCTION EXPONENTIELLE ( ) 2 = 0.

Chap 4. La fonction exponentielle Terminale S. Lemme : Si est une fonction dérivable sur R telle que : = et 0! = 1 alors ne s annule pas sur R.

Eteindre. les. lumières MATH EN JEAN Mme BACHOC. Elèves de seconde, première et terminale scientifiques :

Chapitre VI - Méthodes de factorisation

Logique. Plan du chapitre

Calcul fonctionnel holomorphe dans les algèbres de Banach

Probabilités sur un univers fini

Taux d évolution moyen.

D'UN THÉORÈME NOUVEAU

CHAPITRE V SYSTEMES DIFFERENTIELS LINEAIRES A COEFFICIENTS CONSTANTS DU PREMIER ORDRE. EQUATIONS DIFFERENTIELLES.

Exo7. Limites de fonctions. 1 Théorie. 2 Calculs

Théorème du point fixe - Théorème de l inversion locale

Complément d information concernant la fiche de concordance

Exercice autour de densité, fonction de répatition, espérance et variance de variables quelconques.

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile I : Incontournable T : pour travailler et mémoriser le cours.

Construction d un cercle tangent à deux cercles donnés.

Correction du baccalauréat S Liban juin 2007

Loi binomiale Lois normales

Fonctions de plusieurs variables, intégrales multiples, et intégrales dépendant d un paramètre

DOCM Solutions officielles = n 2 10.

Bac Blanc Terminale ES - Février 2011 Épreuve de Mathématiques (durée 3 heures)

Chapitre 7 : Intégration sur un intervalle quelconque

Probabilités conditionnelles Loi binomiale

Approximations variationelles des EDP Notes du Cours de M2

Quelques tests de primalité

1/24. I passer d un problème exprimé en français à la réalisation d un. I expressions arithmétiques. I structures de contrôle (tests, boucles)

Chaînes de Markov au lycée

avec des nombres entiers

Développements limités, équivalents et calculs de limites

ÉTUDE ASYMPTOTIQUE D UNE MARCHE ALÉATOIRE CENTRIFUGE

Transcription:

Suites numériques Limites et raisonnement par récurrence 1] Limite d une suite a) Limite infinie Définition : Dire qu une suite a pour limite quand tend vers signifie que tout intervalle de la forme avec, contient tous les termes à partir d un certain rang. On note :. Animation

Limites de référence : On admet que les suites avec réel strictement positif ont pour limite. Définition : Dire qu une suite a pour limite quand tend vers signifie que tout intervalle de la forme avec, contient tous les termes à partir d un certain rang. On note :. Limites de référence : On admet que les suites avec réel strictement négatif ont pour limite b) Limite finie Définition : Dire qu une suite a pour limite le nombre réel quand tend vers signifie que tout intervalle ouvert contenant, contient tous les termes à partir d un certain rang. On note :. Animation Limites de référence: On admet que les suites,,,, réel non nul ont pour limite 0. Remarque : Si une suite a une limite finie alors :

Théorème: Si une suite converge alors sa limite est unique. Démonstration de ce théorème : exercice 101. c) Suites qui n ont pas de limite Il existe des suites n ayant pas de limite. Par exemple la suite n a pas de limite. définie sur N par Vocabulaire : On dit qu une suite qui n a pas de limite ou qui tend vers l infini, diverge. Sinon, on dit qu elle converge. 2] Limites et comparaison a) Théorème de comparaison: limite infinie Théorème: Si et sont deux suites définies sur N telles que : * à partir d un certain rang, * Alors. Démonstration exigible : Dire que équivaut à dire que pour tout réel, il existe un rang à partir duquel. De plus il existe un rang à partir duquel. Notons, le plus grand des deux rangs ou. A partir du rang,, et donc,. Ainsi. Théorème: Si et sont deux suites définies sur N telles que: * à partir d un certain rang, * Alors.

b)théorème des gendarmes Théorème des gendarmes (admis). Si,, * à partir d un certain rang * sont trois suites telles que: Alors 3] Opérations et limites a) Théorèmes Théorèmes : limite d une somme Si (u n ) a pour limite l l ou+ l ou + Si (v n ) a pour limite l' + Alors (u n +v n ) a pour l+l ' + limite Forme indéterminée Théorèmes : limite d un produit Si (u n ) a pour limite l l 0 0 Si (v n ) a pour limite l' Alors (u n v n ) a pour l l ' limite Utiliser la règle des signes pour conclure sur le signe de Forme indéterminée Théorèmes : limite d un quotient u n v n lorsque lim v n 0 Si (u n ) a pour limite l l Si (v n ) a pour limite l' 0 l' 0 Alors ( u l n v n) a pour limite l ' 0 Forme indéterminée Utiliser la règle des signes pour conclure sur le signe de

Théorèmes : limite d un quotient u n v n lorsque lim v n =0 Si (u n ) a pour limite l 0 ou 0 Si (v n ) a pour limite Alors limite ( u n v n) a pour 0 en gardant un signe constant à partir d un certain rang 0 Forme indéterminée b) Exemples de levée d indétermination Voir Exercices corrigés pages 32 et 33. 4] Limite d une suite géométrique Théorème : désigne un nombre. Si alors lim q n =+ La démonstration exigible de ce théorème sera réalisée dans la partie 6. Conséquence : Si 1<q<1, alors lim q n =0 5] Convergence des suites monotones a) Suite minorée, majorée, bornée Définitions : Dire qu'une suite (u n ) est majorée signifie qu'il existe un nombre M tel que, pour tout entier naturel n, u n M. Un tel nombre M est appelé un majorant de la suite (u n ). Dire qu'une suite (u n ) est minorée signifie qu'il existe un nombre m tel que, pour tout entier naturel n, u n m. Un tel nombre m est appelé un minorant de la suite (u n ). Une suite minorée et majorée est dite bornée.

b) Théorème de convergence Théorème : Toute suite croissante majorée est convergente Toute suite décroissante minorée converge. Démonstration de la première partie du théorème : Notons (u n ) une telle suite croissante majorée par un nombre M. Alors il existe un majorant A plus petit que tous les autres majorants. Tout intervalle (avec ) contient au moins un terme u p de la suite. S il n en contient pas, cela voudrait dire que A α serait un majorant de la suite et donc que A ne serait pas le plus petit, ce qui est impossible. Puisque la suite (u n ) est croissante et que tous les u n sont inférieurs à A (c est un majorant), contient tous les termes de la suite à partir de l indice p. Ceci est vrai quelque soit α, donc tout intervalle centré en A contient tous les termes de la suite à partir d un indice p. La suite (u n ) est convergente de limite A. c) Limite infinie d une suite monotone Théorème : Toute suite croissante non majorée a pour limite +. Toute suite décroissante non minorée a pour limite.. Démonstration de la première partie du théorème : Notons (u n ) une telle suite croissante. A est un réel. La suite u n est pas majorée donc il existe un entier N tel que u N > A. Or la suite est croissante donc tous ses termes à partir du rang N sont contenus dans l intervalle. Ainsi la suite (u n ) tend vers +. d) Limite finie d une suite monotone Théorème : Si une suite (u n ) est croissante et admet pour limite l, alors pour tout entier naturel n, u n l. Si une suite (u n ) est décroissante et admet pour limite l, alors pour tout entier naturel n, u n l.

6] Raisonnement par récurrence Les raisonnements en mathématiques se font en général par une suite de déductions, du style : si alors, ou mieux encore si c est possible, par une suite d équivalences, du style : si et tnemeluesi. Mais il existe un autre type de raisonnement, que l on appelle le raisonnement par récurrence, particulièrement adapté lorsqu il est demandé de prouver une formule dépendant d un paramètre n entier. Le raisonnement par récurrence fonctionne comme l évolution d une épidémie. Cet insecte est malade On démontre que le p+1ème est malade. On suppose que le p ième est malade. Prenons l exemple d une rangée d insectes, alignés du premier insecte au dernier, celui-ci pouvant être infiniment loin, et mettons-les dans un contexte d épidémie : si l un est malade il transmet la maladie à son voisin de droite. Vont-ils être tous malades pour autant? Non. Mais si le premier est malade, alors oui, la maladie va se répandre, par transmission au voisin, à tous les insectes. Il est là, le raisonnement par récurrence, avec ses deux contraintes : fonctionner au départ, et se transmettre de l un au voisin. Alors tout le monde est atteint. a) Principe du raisonnement par récurrence Pour démontrer par récurrence qu une proposition P n est vraie pour tout entier naturel n, on procède en deux étapes et on conclut. Première étape (Initialisation) : on vérifie que P 0 est vraie. Deuxième étape (Hérédité) : on suppose que pour un entier naturel p quelconque, la proposition P p est vraie, et sous cette hypothèse, on démontre que la proposition P p+1 est vraie.

Conclusion : lorsque les deux étapes sont franchies, on conclut que la proposition P n est vraie pour tout entier naturel n. Remarques : Dans la deuxième étape, on peut remplacer p par n. Si l on veut démontrer une propriété à partir d un rang n 0, on initialise à n 0 et on suppose ensuite la propriété vraie pour un indice supérieur à n 0. Il est souvent utile de décomposer la deuxième étape, qui est celle comportant la démonstration en trois sous-étapes ; - On suppose que la propriété est vraie au rang p. - On énonce la propriété au rang p+1. - On effectue la démonstration B) DÉMONSTRATION EXIGIBLE : Théorème : q désigne un nombre. Si q>1 alors lim q n =+ Posons q=1+a avec a>0. Démontrons par récurrence que pour tout n N, (1+a) n 1+na Pour n=0, (1+a) 0 =1 1+0 a est vrai Supposons pour un rang p quelconque que (1+a) p 1+ pa Démontrons que (1+a) p+1 1+( p+1)a (1+a) p+1 =(1+a) p (1+a) (1+ pa) (1+a)=1+ pa+a+ p a 2 (1+a) p+1 1+( p+1)a Pour tout n N, (1+a) n 1+na Nous allons terminer la démonstration en utilisant un théorème de comparaison. lim (1+na)=+ car a>0 n + Pour tout n N, (1+a) n 1+na Par comparaison : lim (1+a) n = lim q n =+ avec q>1 n + n +

7] Sommes On rappelle : Pour tout n N, 1+2+3+ +n= n(n+1) 2 Pour tout n N et q 1,1+q+q 2 +.+q n = 1 qn+1 1 q Somme des termes consécutifs d une suite arithmétique = (nombre de termes) premier terme+dernier terme 2 Somme des termes consécutifs d une suite géométrique de raison q = 1 er terme 1 raiso nnombre determes 1 raison