Mobilisations articulaires actives et passives Modalités d application



Documents pareils
Ceinture Home Dépôt. Orthèse lombaire et abdominale. Mother-to-be (Medicus)

Rééducation Posturale Globale

L arthrose, ses maux si on en parlait!

LES TROUBLES MUSCULOSQUELETTIQUES. Le 2 décembre 2008

PLAN RÉÉDUCATION POUR LES UTILISATEURS DE L'ARTICULATION. Contrôle de la phase pendulaire. Par Jos DECKERS

Préfaces Introduction... 8

La mécanique sous le capot

LE RACHIS : UNE ENTITE COMPLEXE IMPORTANTE A PRESERVER

o Anxiété o Dépression o Trouble de stress post-traumatique (TSPT) o Autre

Prenez soin de votre dos. Informations et astuces contre les douleurs lombaires

Protocole de rééducation des syndromes fémoro-patellaires

REEDUCATION APRES RUPTURE DU LIGAMENT CROISE ANTERIEUR OPERE

I. EXERCICES POUR LA CERVICALGIE CHRONIQUE. Exercice 1 : Posture

ANALYSE DU MOUVEMENT EXEMPLE : LE SQUAT

Risques liés à l'activité physique au travail Hyper sollicitation articulaire

& BONNES POSTURES TMS TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES. Le guide. Guide offert par la MNT

Le mal de dos est décrit par de nombreux auteurs

Qu avez-vous appris pendant cet exposé?

Message du comité exécutif de l AQPMO

LES TROUBLES MUSCULO- SQUELETTIQUES

PRISE EN CHARGE DES DOULEURS DU POST-PARTUM ET DES DOULEURS POST-CHIRURGICALES MARTINE CORNILLET-BERNARD

Athénée Royal d Evere

Appareil Thérapeutique pour le Soin du Dos

Les postures, l appareillage Point de vue du médecin MPR. Dr. P. LUBLIN MOREL CMPR de COUBERT 2011

Solva Thérapie traitement de la douleur, de la mobilité réduite et de la distorsion posturale

Les Troubles Musculo-Squelettiques (T.M.S.)

Démarche de prévention des TMS et outils pour l action

Kinésithérapie et réadaptation pour les patients PSH Retour d'expérience Alaitz AMEZQUETA kinésithérapeute + Équipe de rééducation

dos La qualité au service de votre santé Avenue Vinet Lausanne - Suisse p r e n d r e s o i n d e s o n

Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) chez les technologues Derrière la prise d images Des solutions

TROUBLES MUSCULO-SQUELETTIQUES (TMS)

APPUIS-COUDES MOBILES POUR RÉDUIRE LE TRAVAIL STATIQUE DE LA CEINTURE SCAPULAIRE DU PERSONNEL DENTAIRE

Douleur au cou, au dos et hernie: solutions en physiothérapie.

Manuel de l ergonomie au bureau

Programme de réhabilitation respiratoire

Qu est-ce qu un trouble musculosquelettique (TMS)?

9e Colloque SST Sherbrooke, 14 mai ASFETM Ergonomie - TMS - Prévention des maux de dos

E D I T I O N Comprendre Agir DT 49

Claude Karger Anne Sophie Kesseler

Troubles musculo squelettiques. Institut de Formation en Ergothérapie de Nancy Cours Ergonomie 2004 TMS François Cail - INRS

Exemple 1: Entorse cheville. ÉVALUATION INITIALE: entorse cheville

ERGONOMIE au bureau lutter contre les TMS

FICHE PRATIQUE DE SÉCURITÉ. À contrario, la position assise prolongée favorise la survenue de troubles musculosquelettiques

«La gestion des douleurs», l après TMS

Démarche d évaluation médicale et histoire professionnelle

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

Prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) VILLE DE LANDERNEAU

Allégez la charge! Dossier d enseignement: Soulever et porter des charges Exercices de consolidation niveau 2

MANUEL DE MÉDECINE DU SPORT

Neurologiques gq Centrales EMPR LE NORMANDY GRANVILLE

Protocoles canins pour les traitements par ondes de choc radiales STORZ MEDICAL

w w w. m e d i c u s. c a

Marche normale et marche pathologique

MOUVEMENTS DE BASE (global) EN MUSCULATION. bphiver2013 Hamrouni Samy 1

L indépendance à chaque pas de la vie. Groupe. Votre meilleur allié. Visitez notre site :

INNOVATION De la rééducation au sport santé. LPG crée le Neuro

A healthy decision LA DOULEUR

Programme «DoSanté Lycée» Présentation et évaluation

Etirements des chaînes musculaires postérieure et antérieure.

Le Test d effort. A partir d un certain âge il est conseillé de faire un test tous les 3 ou quatre ans.

Les lésions musculosquelettiques chez les éboueurs : des pistes de prévention à la gestion du retour au travail

Respiration abdominale d effort encore appelée respiration abdominale inversée

La chirurgie dans la PC

La douleur est une mauvaise habitude.

Le diagnostic de Spondylarthrite Ankylosante? Pr Erick Legrand, Service de Rhumatologie, CHU Angers

Accidents des anticoagulants

LE TRAVAIL SUR ÉCRAN DANS LA BRANCHE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS

La musculation en période hivernaleeeee

Présence dans l entreprise. 14 mars - 28 mars avril - 30 avril 2013

ENDERMOTHÉRAPIE THÉRAPIE TISSULAIRE, ARTICULAIRE ET MUSCULAIRE

exercices pour les amputés des membres inférieurs Entraînement à la marche

Mme. Nathalie Patenaude. Dans le cadre du cours Projet d'intégration en sciences [H360200SA-02] Par. Christian Gheorghe

Qu est-ce qu un trouble musculosquelettique (TMS)?

LA LOMBALGIE CHRONIQUE : Facteurs de risque, diagnostic, prise en charge thérapeutique

La hernie discale Votre dos au jour le jour...

Information destinée aux patients Votre rééducation après une opération du ligament croisé antérieur du genou

Le Kin-AP Évaluation des Aptitudes paramédicales

TMS et travail sur écran : Que faire? Penser et Agir avec l'ergonomie

Cette intervention aura donc été décidée par votre chirurgien pour une indication bien précise.

Comment remplir une demande d AVS Remplir les dossiers administratifs quand on a un enfant autiste et TED (3) : demander une AVS

LES ORTHESES DE COMPRESSION CONTENTION

Critères de suivi en rééducation et. d orientation en ambulatoire ou en soins de suite ou de réadaptation

Les soins des douleurs chroniques dans les TMS Les échecs thérapeutiques

Travailleur ou simulateur

Guide de prise en charge après reconstruction du Ligament Croisé Antérieur (LCA) du genou

Tableau récapitulatif : composition nutritionnelle de la spiruline

DÉFINITIONS. Motricité. Robert Rigal ÉDUCATION MOTRICE DE L ENFANT DE 4 À 11 ANS

LES CHAÎNES PHYSIOLOGIQUES BÉBÉ

Protégez-vous des risques à l origine des troubles musculo squelettiques (TMS) Information prévention. Vous êtes plombier chauffagiste

Table des matières. Remerciements...v. Préface... vii. Avant-propos... xi. Mode d utilisation du manuel et du DVD... xv

Ménagez votre dos Spaar uw rug

BASES DE L ENTRAINEMENT PHYSIQUE EN PLONGEE

Céphalées de tension. Hélène Massiou Hôpital Lariboisière, Paris

METHODE D APPLICATION DE L OSTÉOPATHIE. Liste des 155 modèles thérapeutiques du Référentiel RÉÉQUILIBRATION FONCTIONNELLE Méthode SOLÈRE

Les petits pas. Pour favoriser mon écoute. Où le placer dans la classe? Procédurier. Adapter les directives. Référentiel Présentation des travaux

APRES VOTRE CHIRURGIE THORACIQUE OU VOTRE PNEUMOTHORAX

La prévention c est pour la vie! LES MAUX DE DOS. La colonne vertébrale : un assemblage bien pensé

Extraits et adaptations

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

Ergonomie au bureau. Votre santé avant tout

Transcription:

Module S.PH.370.0301.F.08 Evaluation et traitement des fonctions musculo-squelettiques Mobilisations articulaires actives et passives Modalités d application Mobilité active La mobilité active représente les mouvements physiologiques qu un sujet ou qu un patient effectue par lui-même dans ses activités fonctionnelles quotidiennes. Si une pathologie est présente, certains mouvements actifs seront perturbés, de manière plus ou moins importante. Il s agit alors d une compensation qui peut être causée par : une esquive antalgique afin d éviter une zone articulaire ou une amplitude douloureuses un affaiblissement musculaire une hypoextensibilité musculaire une hypomobilité articulaire une hypermobilité articulaire Dans toutes ces situations, une perturbation d un mouvement actif engendre un déséquilibre de la ou des fonctions sensitivo-motrices qui aura des répercussions sur tout le corps. Il en résulte alors une surcharge de certaines articulations, muscles, tendons, ligaments ou encore structures neurales pouvant elles-mêmes être à l origine de symptômes. Il y a alors le risque d une réaction en chaîne provoquant des dysfonctions associées de plus en plus importantes. Il s agit donc de repérer ces dysfonctions, d en comprendre le mécanisme et de les corriger afin de retrouver un équilibre dans le mouvement. Au niveau du membre inférieur, la marche nous fournit énormément d informations pour détecter d éventuelles dysfonctions. Au niveau du membre supérieur, les mouvements du bras et l observation du rythme scapulo-huméral seront également très riches d informations. Au niveau du rachis, l observation de la statique debout et en position assise ainsi que les mouvements actifs du tronc sont utiles à comprendre les dysfonctions. Evaluation de la mobilité active Mesure goniométrique des amplitudes articulaires. Les mesures peuvent être effectuées dans différentes positions, selon les mouvements à mesurer, les capacités du patient et les restrictions attendues. 1. Mouvements actifs sans surpression Le physiothérapeute n intervient pas dans le mouvement, sauf par des consignes verbales ou exceptionnellement à l aide des mains s il faut guider un patient qui n arriverait pas à effectuer le mouvement demandé. Le physiothérapeute observera la manière dont le mouvement se fait (compensations), l amplitude active et l éventuelle reproduction de symptômes au cours ou en fin d amplitude. Module S.PH.370.0301.F.08 J.-Ph. Bassin & G. Christe - 2009 1

2. Mouvements actifs avec surpression Lorsque le mouvement actif est accompli, si aucun symptôme n a été reproduit, le physiothérapeute pose ses mains sur le patient afin d accentuer le mouvement par une surpression qui permet d explorer l amplitude plus lointainement et de tenter de provoquer des symptômes si ceux-ci ne sont pas apparus lors du mouvement actif. La surpression doit être appliquée progressivement, dans le but de sentir la résistance et de respecter l apparition d une douleur. En cas d irritabilité du patient, éviter les surpressions. Notion d irritabilité, patient SIN Sévérité : intensité élevée de la douleur (douleur = ou > 8/10 sur l EVA) Irritabilité : symptômes qui se prolongent anormalement dans le temps après une sollicitation (> quelques secondes) + réaction douloureuse disproportionnée entre petite sollicitation et grande réponse douloureuse. Nature : pathologie (exemple : Hernie discale aigue, ) Evaluation de la mobilité passive physiologique ou angulaire C est celle que l on obtient par la mobilisation analytique simple. Les mesures sont effectuées selon les techniques goniométriques enseignées. Evaluation des mouvements accessoires ou analytiques spécifiques L évaluation porte sur les mouvements de glissement, de traction et de compression axiale. Comme ces mouvements sont associés aux mouvements angulaires, une restriction de roulement ou de glissement peut perturber et restreindre un mouvement angulaire. D où l importance d évaluer ces mouvements accessoires afin de détecter une anomalie de mouvement. La constatation d une restriction d un mouvement accessoire indiquera directement la direction et la technique pour traiter cette restriction. Il est nécessaire d évaluer les mouvements accessoires dans toutes les directions possibles pour l articulation concernée, et à différentes amplitudes physiologiques. Une restriction d un mouvement accessoire peut apparaître à une certaine amplitude uniquement. La quantification d un mouvement accessoire n est pas mesurable par des moyens objectifs fiables. On indiquera sur le dossier si un mouvement est restreint, dans quelle direction il l est ainsi que l ampleur de la restriction (modérée ou importante). Cette évaluation est essentiellement basée sur le ressenti par vos mains. Il est normal qu au début vous ayez des difficultés à nuancer ce type de mouvements. Module S.PH.370.0301.F.08 J.-Ph. Bassin & G. Christe - 2009 2

Traitement par la mobilisation passive physiologique et accessoire En général, une restriction de mobilité accessoire est associée à une restriction de mobilité angulaire. Plusieurs possibilités de traitement : Mobilisation passive physiologique (analytique simple) uniquement : utile lorsqu un mouvement physiologique est seulement ankylosé mais sans restriction mécanique importante. Déconseillé si un mouvement accessoire associé est limité car on provoquera un pincement articulaire néfaste, ne respectant pas la biomécanique de l articulation. Mobilisation passive accessoire (analytique spécifique) uniquement : technique efficace lorsqu un mouvement accessoire est très limité. On utilise généralement cette technique dans un premier temps, avant de l associer à un mouvement angulaire/physiologique. La technique doit être appliquée dans la direction restreinte et dans l amplitude articulaire physiologique restreinte ou perturbée. Une traction axiale est un mouvement accessoire utile pour décoapter une articulation. Elle a un effet antalgique cliniquement intéressant. Une compression axiale seule n est pas utilisée. Mobilisation passive combinée : Association d un mouvement accessoire et d un mouvement angulaire simultanément. p.ex. glissement postérieur de la tête fémorale lors de la flexion de hanche. Technique très efficace pour gagner de l amplitude articulaire. Une traction axiale est également associable à un mouvement physiologique. On peut y rechercher deux effets : soit un effet antalgique par décoaptation, donc diminution de la pression intraarticulaire, soit une manière de favoriser le mouvement articulaire par diminution des forces de frottement intra-articulaires. La manière de privilégier un ou l autre de ces effets dépendra du dosage dans le mouvement, et donc de l énergie appliquée. De manière générale, les avant-bras du physiothérapeute sont toujours orientés dans l axe du mouvement appliqué. Cela permet de transmettre l énergie appliquée avec précision et efficacité. Module S.PH.370.0301.F.08 J.-Ph. Bassin & G. Christe - 2009 3

Effets thérapeutiques de la mobilisation passive La mobilisation passive est utilisée lorsqu il est nécessaire d appliquer des techniques précises sur une articulation. Le fait d agir sans aucune participation musculaire et en supprimant le schéma moteur du patient a comme avantage de pouvoir travailler dans des zones que le patient ne sollicite pas par lui-même activement. Par l utilisation de ces techniques, on peut rechercher deux effets : Effet sur la douleur (action antalgique) Effet sur la mobilité (gain d amplitude, normalisation articulaire) Effets sur la douleur Dans ce cas, il faut raisonner en termes d effet physiologique avant tout. Une mobilisation non-douloureuse aura pour action de : Elever le seuil d excitabilité des récepteurs nociceptifs (nocicepteurs) Induire une baisse de tonus musculaire Stimuler le flux circulatoire artério-veineux, donc de favoriser l apport d oxygène dans des tissus lésés ou en phase de guérison, et d éliminer les déchets par drainage et évacuation par voie veineuse Stimuler le tissu cartilagineux, entretenir une visco-élasticité normale Stimuler la boucle proprioceptive par sollicitation des mécano-récepteurs articulaires et capsulo-ligamentaires entretien/développement du schéma moteur au niveau cérébral. En général, on évitera de provoquer une douleur par les mobilisations lorsque l on cherche un effet antalgique. Les mobilisations passives et les exercices actifs resteront infra-douloureux. Dans le cas contraire, une provocation de la douleur aura un effet néfaste ; elle va stimuler l apparition de spasmes musculaires de protection et apporter de nouvelles afférences nociceptives au cerveau, encourageant un schéma de protection et d évitement de la douleur, donc une perturbation du mouvement physiologique. Module S.PH.370.0301.F.08 J.-Ph. Bassin & G. Christe - 2009 4

Effets sur la mobilité En situation physiologique, une articulation aura une mobilité «normale» du point de vue quantitatif (amplitude) et qualitatif (rapport mouvement angulaire-mouvement accessoire, roulement-glissement, résistance minimale due à la visco-élasticité cartilagineuse). En situation pathologique, une articulation peut être hypomobile ou hypermobile, et présenter en parallèle des anomalies qualitatives dans toute ou partie de l amplitude, y compris dans une zone intermédiaire. La mobilisation active et/ou passive, en plus des effets physiologiques précités, aura des effets mécaniques tels que : Sollicitation des zones de frottement articulaires hypomobiles stimulation des chondrocytes Étirement capsulaire Réorganisation et réorientation des fibres collagènes en cas de lésion Sollicitations des zones articulaires non-actives afférence proprioceptive élargissement des capacités fonctionnelles par intégration cérébrale de ces zones dans le schéma moteur. N.B. Certains effets précités sont supposés agir tel que décrits, mais tous ne sont pas (encore?) prouvés scientifiquement. Il convient donc de s en tenir à la rigueur du raisonnement clinique pour valider nos interventions auprès des patient-e-s. Lors d un traitement de l hypomobilité, il est possible de provoquer une douleur durant la manœuvre, à condition de respecter les points suivants : 1. Si l on n a pas pu gagner de l amplitude avec des techniques nondouloureuses. 2. Avertir le patient que la technique peut être douloureuse mais lui expliquer la raison pour laquelle on le fait, et par conséquent sa nécessité. 3. La douleur ne doit pas durer plus de quelques secondes après avoir cessé la technique. Cela signifie qu il n y a pas d irritabilité. 4. L intensité de la douleur doit rester supportable pour le patient (EVA 5/10) 5. Malgré les points précédents, éviter autant que possible d effectuer des techniques douloureuses. Module S.PH.370.0301.F.08 J.-Ph. Bassin & G. Christe - 2009 5

Modalités de traitement / Dosage Les techniques de traitement par mouvements accessoires sont appliquées en général par des mouvements oscillatoires. La fréquence oscillatoire variera en fonction de l effet recherché et de la réaction perçue par les doigts du physiothérapeute. Effet antalgique : fréquence oscillatoire lente (0,5 1 Hz), sans provocation de douleur. Effet mobilisateur : fréquence oscillatoire plus rapide (1 2 Hz) si l on veut un effet sur les structures intra-articulaires, provocation de douleur possible si absence d irritabilité. Position maintenue (10-30 sec.) pour effet sur les structures péri-articulaires. Progression de traitement Le traitement doit débuter avec des techniques analytiques ciblées sur les déficits objectivés. Les techniques évolueront de l analytique vers le fonctionnel, afin de se rapprocher de plus en plus des activités quotidiennes du patient. Les techniques sont en général passives au départ mais le traitement doit dès que possible inclure des techniques actives et des exercices à domicile, afin d impliquer le patient dans la prise en charge. Ces techniques actives auront des objectifs associables aux objectifs des techniques passives. Analytique Fonctionnel Temps Module S.PH.370.0301.F.08 J.-Ph. Bassin & G. Christe - 2009 6

Traitement par la mobilisation active La mobilisation active est essentielle dans un traitement car c est la seule manière «naturelle» de faire un mouvement. Elle implique donc une sollicitation complète d un schéma moteur : 1. représentation mentale du mouvement à effectuer 2. ordre volontaire et conscient émanant du sujet 3. sollicitation des zones cérébrales sensitivo-motrices concernées 4. transmission de l information par le système nerveux central puis périphérique 5. contractions musculaires adéquates pour réaliser le mouvement 6. rétroinformation et rétroaction pour adapter en permanence le mouvement Lors d un mouvement passif, le schéma moteur n est pas stimulé. Il est donc essentiel d inclure des mouvements actifs dans un traitement de mobilisation, afin de rendre concret le mouvement ou l activité fonctionnels à effectuer. Concrètement, le physiothérapeute intégrera la mobilisation active de deux manières dans son traitement : au cours de la séance la mobilisation active viendra après une mobilisation passive pour concrétiser un mouvement. Le physiothérapeute s assurera que le mouvement est effectué correctement par le patient, c est-à-dire dans le respect de l axe ou des axes souhaités et dans l amplitude souhaitée. Le physiothérapeute donnera des consignes claires et compréhensibles afin d expliquer au patient le but de cet exercice, la manière de l effectuer et la limite qui détermine à quelle moment il doit arrêter le mouvement (fin d amplitude ou apparition de douleur = dosage). à domicile le physiothérapeute demandera au patient d effectuer un exercice à domicile, quotidiennement, afin d intégrer le mouvement corrigé comme nouveau schéma moteur. Les consignes doivent être précises et compréhensibles, en indiquant : - la position et la manière d effectuer l exercice - le but de l exercice - le nombre de répétitions de mouvements ou le but à atteindre par les répétitions - la fréquence d exécution dans une journée - les éventuelles précautions et limites à respecter (p.ex. ne pas provoquer une douleur) L exercice prescrit doit correspondre au traitement effectué et doit déboucher sur un mouvement fonctionnel. Ne prescrire qu un exercice par séance, ou au maximum deux, afin que le patient puisse bien l intégrer et se focaliser sur celui-ci. Au total, le patient de devrait pas avoir plus que 3 ou 4 exercices à effectuer. Au-delà, cela prend trop de temps et le Module S.PH.370.0301.F.08 J.-Ph. Bassin & G. Christe - 2009 7

patient risque de perdre sa motivation. Il est souvent utile d inciter le patient à écrire ou dessiner les exercices dans un carnet ou sur une feuille. Cela lui permet de se souvenir des exercices à plus long terme, et des les corriger/faire évoluer à chaque séance. Le physiothérapeute doit faire évoluer l exercice en fonction des progrès du patient, ou le supprimer et en indiquer un autre si le premier n est plus adéquat. Au-delà de son efficacité physique, un exercice à domicile permet d impliquer le patient dans son traitement en lui demandant une collaboration. Le patient est un partenaire et non un exécutant. Il est donc responsabilisé. Références bibliographiques Balthazard, P. (2009). Techniques de base : Les mobilisations passives et actives. Support de cours module S.PH.370.0301.F.08 Brandt, C., Sole, G., Krause, M., Nel, M. (2007) An evidence-based review on the validity of the Kaltenborn rule as applied to glenohumeral joint. Manual Therapy, vol 12, pp 3-11, London : Churchill Livingstone Kaltenborn, F. (1985) Thérapie manuelle pour les articulations des members : examen et techniques thérapeutiques de base. Paris : Maloine Kaltenborn M. (2007). Manual Mobilization of the Joints, Volume I, The Extremities. Oslo: Norli. Maitland G. (2006) Maitland s peripheral manipulations (4th ed.). Edinburgh : Elsevier/Butterworth-Heinemann Pfund R., Zahnd F., (2001). Leitsymptom Schmerz. Stuttgart : G. Thieme Sterling M., Jull G., Wright A., (2001) Cervical mobilisation : concurrent effects on pain, sympathetic nervous system activity and motor activity. Manual Therapy, vol 6. London : Churchill Livingstone Van den Berg F., Cabri J., (1999). Angewandte Physiologie. Stuttgart : G. Thieme Von Arx L. (2005). Mobilisations articulaires accessoires passives : pourquoi et comment ça fonctionne? Un bilan des connaissances neurophysiologiques. FisioActive 12/2005. Sursee : Association Suisse de Physiothérapie Wright A., (1995). Hypoalgesia post-manipulative therapy : a review of a potential neurophysiological mechanism. Manual Therapy, vol 1. London : Churchill Livingstone Module S.PH.370.0301.F.08 J.-Ph. Bassin & G. Christe - 2009 8