LES ÉTATS-UNIS ET LA RUSSIE *

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1 LES ÉTATS-UNIS ET LA RUSSIE * PIERRE MELANDRI Ce sujet est immense et je redoute de paraître à la fois long et schématique. Je parlerai d abord de la période de la Guerre froide même si la Russie est, à cette époque, l URSS et je passerai ensuite à la période qui va de cette Guerre froide à la période actuelle. Auparavant, je voudrais faire trois remarques : Première remarque : - Il s agit des relations entre deux États continents dont il était déjà courant, au début du XIX e siècle, de prédire qu ils seraient appelés à dominer un jour le monde. Mais il s agissait de nations très différentes sur deux plans : sur le plan géostratégique on avait d un côté une puissance îlienne, maritime d instinct, et de l autre une puissance continentale et terrestre dans sa culture. Cela se concrétisera très bien à l époque nucléaire dans le choix des arsenaux, les Américains mettant l essentiel de leurs forces sur les sous-marins et les Soviétiques sur les ICBM basés au sol. - La différence existe aussi sur le plan politique puisque l on a, d un côté, une République qui va devenir très vite, au début du XIX e siècle, une démocratie fondée sur le principe du gouvernement par le peuple et, en face, une autocratie, puis une dictature, toutes deux fondées sur le principe du gouvernement pour le peuple. Seconde remarque générale : - Les relations ont été assez cordiales jusqu en 1867, année de l achat de l Alaska par le Secrétaire d État William Steward ; on peut imaginer ce qu aurait été l histoire de la Guerre froide si l URSS avait gardé sur le continent américain le pied qu elle y avait jusqu à la première moitié du XIX e siècle. - Les relations sont ensuite devenues plus difficiles avec l impact de deux données, qui ont dominé toute la Guerre froide : d un côté la tendance croissante des États- Unis à se montrer tous les jours moins tolérants envers la nature des régimes de leurs interlocuteurs, à la fois pour des raisons intérieures (par exemple la dénonciation, à la fin du XIX e et au début du XX e siècle, par la communauté juive américaine, des pogroms et de la discrimination exercée à l encontre des juifs en Russie), mais aussi pour des raisons idéologiques, ainsi la conviction croissante que les pays autoritaires à l intérieur sont inéluctablement enclins à l agressivité à l extérieur.

2 - On a alors des heurts d intérêts plus fréquents que dans la première moitié du XIX e siècle dans la mesure où l Amérique commence à s intéresser à l Extrême-Orient, le maximum étant atteint sans doute entre 1917 et 1920 avec la combinaison, d un côté du double défi idéologique lancé par la Russie qui se pose à la fois en État révolutionnaire refusant le système international existant et en État qui prétend se substituer aux États-Unis comme avant-garde de l histoire, porteur d un homme nouveau qui n est plus «l homo americanus», et de l autre côté, la présence à la Maison Blanche de l homme qui, avant le Président actuel, a peut-être plus que quiconque incarné la conviction que les régimes autoritaires étant naturellement enclins à l agression, les intérêts et la sécurité des États-Unis étaient liés à la diffusion maximale dans le monde de leur modèle de démocratie et de libéralisme : d où la réaction du Président Wilson à la révolution russe avec l énoncé de ses quatorze points qui représentent un juste milieu entre la paix sans annexion ni indemnité, identifiée au bolchevisme, et les ambitions territoriales des traités secrets des dirigeants européens traditionnels. Enfin troisième remarque : - Si les relations entre les deux pays ont été relativement faibles jusqu à la Deuxième Guerre mondiale, celle-ci constitue une période tout à fait à part : l ère de la grande alliance. Le pacte germano-soviétique de 1939 a représenté un abîme dans ces relations mais dès 1941 l invasion allemande de la Russie et surtout Pearl Harbor ont réuni les deux nations dans une grande alliance. - Cette alliance n a pas été seulement de circonstance. Roosevelt a sans doute vu dans la coopération avec le Kremlin un moyen pour limiter les efforts en hommes des Américains, pour limiter les pertes et donc éviter le spectre d un retour des Américains à l isolationnisme, un moyen aussi pour dégager des ressources afin de conduire la guerre en Extrême-Orient. Mais il a vu aussi dans cette alliance un moyen d intégrer l URSS dans «le cercle de famille» des démocraties. Cette préoccupation a été effet un reflet de sa conviction que les États-Unis ne pourraient plus jamais s isoler et qu il leur faudrait, en conséquence, instaurer un système mondial favorable aux aspirations et aux valeurs américaines, non seulement à travers le projet de sécurité collective que Wilson avait imaginé mais aussi, et surtout, à travers la coopération - qu il jugeait indispensable pour le maintien de la paix - de ceux qu il appelait les «quatre policiers», les futurs membres du Conseil de sécurité, auxquels la France a été finalement ajoutée. - Autrement dit, pour lui, l entente avec l URSS était un des piliers essentiels de ses plans pour l après-guerre. D où l importance des gestes qu il a dû faire pour convertir une Amérique très marquée par l anti-communisme depuis 1917, en promouvant l image d une URSS quasi démocratique et éloignée de celle identifiée à la révolution bolchevique 1. D où aussi l importance de ses efforts pour persuader les Bolcheviques de sa bonne volonté avec des gestes qui sont allés jusqu à l acceptation de l instauration d une zone d influence russe, ouverte, en Europe de l Est. Si cette alliance n a pas duré, c est sans doute parce que Roosevelt a compté peut-être exagérément (et nous retrouverons presque systématiquement le même trait chez nombre de ses successeurs) sur les relations personnelles avec son interlocuteur soviétique. C est peut-être aussi parce qu il n a pas pu lui offrir ce que, pardessus tout, Staline souhaitait, l ouverture rapide d un second front pour soulager l effort soviétique. Mais c est enfin et surtout parce que les visions du monde des deux hommes et des deux pays étaient trop différentes pour ne pas finir par les entraîner dans un conflit. 1 Voir le film «Mission to Moscou».

3 LA GUERRE FROIDE Je voudrais remarquer d abord qu elle constitue un formidable renversement : en quelque deux ans, l URSS a été érigée en ennemi des États-Unis, ce qu elle va rester jusqu au début des années 90. Ce renversement paraît logique puisqu on a cette fois, d un côté, une formidable extension des intérêts géostratégiques américains, qui multiplie les occasions de heurs avec le Kremlin et, de l autre, un choc idéologique d autant plus prononcé qu au lendemain de la guerre les deux camps vont s opposer au nom de deux conceptions différentes de l avenir de l humanité, l une mettant l accent sur la justice sociale et le prolétariat industriel, l autre sur les libertés individuelles et les classes moyennes. Ce renversement marque le début d un système bipolaire 2 où les relations avec l URSS se sont tellement confondues avec l histoire américaine que l ouvrage de Warren I. Cohen dans la «Cambridge History of American Foreign Relations» s intitule «America in the Age of Soviet power». Cette période a été dominée, aux États-Unis, par un anticommunisme viscéral qui s est révélé à la fois une source de déchirement (la chasse aux sorcières), mais aussi de progrès social et racial parce qu il fallait séduire et ne pas s aliéner l opinion internationale. De plus cette période a été dominée par la mise en place de quelque chose de totalement inconnu aux États-Unis, un «National Security State» en temps de paix, dont l impact s est fait sentir autant sur le plan économique que politique avec la montée, jusqu aux années 60, d une Présidence impériale. Il s agit d une période dont les débuts se sont confondus avec ceux de l ère nucléaire, en sorte que chez les Américains, ce sentiment de puissance s est accompagné d un sentiment parallèle de vulnérabilité et qu éviter un affrontement direct avec l adversaire s est imposé comme la plus absolue des priorités : tout en étant presque toujours convaincus que les Soviétiques ne voudraient pas risquer une guerre nucléaire, les États-Unis n ont jamais pu s empêcher de redouter de la voir néanmoins éclater à l occasion d une escalade non contrôlée. Ils ont donc cherché instinctivement à s assurer une position de force qui, à leurs yeux, paraissait seule susceptible de dissuader leur ennemi d attaquer même si l envie lui en prenait. Bref, les États-Unis se sont tenus, durant toutes ces années, prêts à gagner une guerre pour ne pas avoir à la mener, au risque de renforcer la suspicion et l inquiétude de leur adversaire. De sorte que, dans cette lutte titanesque résumée par la formule de Raymond Aron : «Paix impossible, guerre improbable», il a fallu, des deux côtés, recourir à d autres méthodes pour la promotion des intérêts, à la négociation dans la mesure où le degré de confiance le permettait et où, surtout, la dangerosité des développements l exigeait, mais aussi les affrontements par alliés interposés, l action secrète, la propagande et l action psychologique, puisque l objectif essentiel était moins de détruire l adversaire que de le contraindre à changer. Bref, il fallait gagner le cœur et l esprit des hommes pour l emporter. On peut distinguer dans cette «Guerre froide» trois grands moments : - de 1945 à 1963 la structuration du système bipolaire ; - de 1964 à 1979 les années de détente ; - de 1979 à 1991 la fin de la Guerre froide. 2 En réalité complexe puisque l historiographie actuelle met beaucoup plus l accent que par le passé sur le rôle parfois crucial des initiatives des acteurs locaux ou secondaires sur la politique des Superpuissances.

4 1. Première période, Dans cette première période, on peut distinguer deux moments : le déclenchement de la Guerre froide ( ) et la marche vers la militarisation et la mondialisation de l endiguement du côté américain ( ). Le premier moment conduit à s interroger sur les échecs des efforts américains pour s assurer la coopération du Kremlin. Longtemps, la question a été au cœur d une polémique passionnée chez les historiens américains : elle a opposé une école orthodoxe (pour laquelle l URSS portait l exclusive responsabilité, du fait de son comportement en Europe de l Est, dans la rupture de la «Grande Alliance») à une école révisionniste (pour laquelle la Guerre froide résultait avant tout soit de l expansionnisme économique de l Amérique, soit du durcissement de sa diplomatie à l arrivée de Truman). Mais aujourd hui, dans l historiographie, la question de la culpabilité apparaît largement dépassée et l on considère que la Guerre froide ne pouvait probablement pas être évitée. Tout d abord parce que, au regard de ce qui s était passé, il était difficile de refuser à Staline une zone d influence en Europe centrale : Roosevelt en était le premier persuadé. Ensuite parce que, dans la pratique les Soviétiques semblent n avoir connu qu une méthode pour s assurer la loyauté des pays qu ils occupaient, les communiser, et parce que Staline resta sourd aux appels à la discrétion des Américains qui voulaient le voir disposer de gouvernements amis mais non fatalement communistes parce qu ils redoutaient l impact de ce comportement sur l opinion américaine où beaucoup de groupes ethniques se sentaient concernés par ce qui se passait en Europe centrale et sur le Congrès qui était un écho de cette opinion. Dès lors, du fait de cet unilatéralisme soviétique, aux États-Unis, l impression a commencé à se diffuser que, contrairement à ce que l on avait espéré, l URSS n était pas mue par des considérations traditionnelles de sécurité que des concessions pourraient apaiser, mais que sa politique résultait, comme dans son Long Telegram de février 1946 George Kennan devait le suggérer, de la combinaison d une tradition autocratique encline à l agression extérieure et d un militantisme idéologique. Dans ces conditions, au regard de la puissance militaire sans égale dont elle disposait sur le continent, et plus encore de l avantage que lui assurait l existence des partis communistes dans un contexte qui paraissait prérévolutionnaire, la seule politique possible pour les dirigeants américains était de s opposer à l expansionnisme que l on croyait pouvoir déceler. On sait aujourd hui que Staline ne pensait probablement pas étendre son emprise audelà de son glacis de sécurité, mais à l époque, au regard de la leçon que «l apaisement» des années 30 avait laissée, on ne voulait pas prendre le risque de lui en laisser la possibilité ; d où l adoption de la fameuse politique de l endiguement, une «politique de patience dans la fermeté qui se voulait un juste milieu entre l isolationnisme et le bellicisme. Elle visait à provoquer à terme, et pacifiquement, le changement du régime soviétique en neutralisant ses pulsions stratégiques et marquait la détermination des États-Unis à remplir le vide stratégique que la fin du conflit avait laissé entre l océan atlantique et la Russie. Elle signifiait en particulier que les États-Unis allaient devoir recourir au deuxième volet de la politique de sécurité qu ils avaient conçue durant les hostilités : s assurer, à côté de la sécurité collective, une «prépondérance de puissance», seule à même de dissuader, Munich l avait à leurs yeux

5 démontré, un ennemi totalitaire de menacer leurs intérêts. Cette décision a amené les Américains, dans un premier temps, à s opposer aux ambitions soviétiques en Iran dans une région où le pétrole paraissait essentiel à l économie des démocraties. Dans un deuxième temps, elle les a conduits à prendre une série de grandes mesures visant à empêcher l Europe occidentale qui représentait l autre grande concentration de capacités industrielles, de main d œuvre scientifique et technique, de savoir technologique, ce qui eût fait surgir le spectre que, depuis leur naissance, ils avaient toujours cherché à exorciser, l émergence d une puissance hégémonique hostile sur le continent eurasiatique. Évidemment, pour justifier le coût de la politique activiste qu ils se voyaient contraints d embrasser, ils durent recourir à une rhétorique fondée sur le binôme «tyrannie contre liberté» que la doctrine Truman devait dès le mois de mars 1947 développer. L adoption officielle, avec cette doctrine, de l endiguement eut deux retombées : désormais l exécutif américain avait un critère clair en fonction duquel orienter sa politique étrangère : endiguer l URSS ; mais en même temps, il allait être tenté d osciller entre deux pôles opposés. Si, en effet, ils réagissaient à toutes les avancées du Kremlin, le risque était grand pour les Américains de ne plus contrôler le coût de leur politique, et de mettre de l intérieur en danger leur système libéral à travers l inflation voire l instauration, à la longue, d un État garnison. Mais à vouloir sagement ajuster les fins à leurs moyens, ils risqueraient de voir les progrès du communisme renforcer le prestige soviétique ce qui pourrait conduire leurs alliés à douter de leur crédibilité et leur opinion renâcler à poursuivre une politique aux coûts bien élevés au regard de sa faible efficacité. C est ce dilemme qui explique largement les fluctuations des approches que nous allons voir de 1947 à Fluctuations au milieu desquelles on découvre une constante, le souci d éviter une Troisième Guerre mondiale : ainsi lors de la première crise de Berlin, en 1948, où Truman interdit au général Clay de tester la détermination soviétique en envoyant des soldats forcer le blocus qu il préfèrera surmonter par un pont aérien ; de même lors de la guerre de Corée, les Américains décideront d ignorer les pilotes et avions que le Kremlin y aura engagés ; enfin et surtout, lors de la crise des missiles de Cuba (octobre 1962) ni Khrouchtchev ni Kennedy ne voudront prendre le risque de mettre l avenir du monde en péril. Dans ce deuxième moment, on peut distinguer trois périodes : Un effort est d abord fait pour répondre à la menace soviétique par des moyens strictement économiques, parce que la menace paraît moins militaire que politique : le vrai danger, aux yeux des États-Unis, est la déstabilisation des démocraties occidentales, ce n est pas le déferlement de hordes soviétiques sur l Europe de l ouest. Pourtant l inquiétude suscitée par certaines initiatives du Kremlin (la création du Kominform, le coup de Prague, le blocus de Berlin) conduit Washington à acquiescer à la demande des vieux pays d une garantie diplomatique à travers la signature, en avril 1949, du Pacte Atlantique. Les évènements de (perte de la Chine, perte du monopole atomique, guerre de Corée) ont trois formidables conséquences : - D abord, dans la foulée de la «perte de la Chine», alors que jusqu ici dans l endiguement l accent avait été placé sur seulement trois régions jugées cruciales sur le plan

6 stratégique ( l Europe, le Japon et le Moyen-Orient) on a le sentiment que désormais un recul dans n importe quelle région du monde pourrait avoir des répercussions psychologiques sans proportion avec l importance réelle de la zone sur le plan géostratégique et l on voit les États- Unis prêter une attention toute nouvelle à la périphérie : ceci les conduira à réagir en Corée mais aussi à s engager dans l Indochine française. - Ensuite, la fin du monopole nucléaire américain avec l explosion nucléaire soviétique de 1949 conduit les États-Unis à s engager dans une course aux armements nucléaires, en particulier par la mise au point de la bombe H, phénomène qui va se perpétuer soit par désir de s assurer une supériorité qui atténuerait le déséquilibre des forces classiques, soit par la crainte de se voir un jour dépassés par les Soviétiques. - Enfin, dès le printemps 1950, ce double renversement de perspective débouche sur la fameuse directive NSC 68 qui préconise une augmentation vigoureuse des dépenses de sécurité afin de doter les États-Unis de la capacité de riposter partout où ils le jugeraient nécessaire aux initiatives de l adversaire. Une directive dont seule la guerre de Corée persuadera un Truman et un Congrès, d abord réticents, d accepter le coût très élevé. Dès lors les années 1950 à 1953 seront marquées par deux développements, une militarisation de l approche, marquée entre autres par la création de l armée intégrée de l OTAN et par la décision de réarmer l Allemagne, et une radicalisation des tensions qui se traduit par le lancement d une campagne idéologique : c est l époque où est créé le «Congress for Cultural Freedom» mais aussi l époque où s intensifient les efforts de la CIA pour aider la résistance en Europe de l Est et porter des coups à ce que l on considère comme le talon d Achille de l Union Soviétique. C est aussi une période marquée par le déchaînement de l anticommunisme dans l opinion américaine et l apogée du Maccarthysme La période suivante, , résulte avant tout du ralliement de l Union Soviétique puis de l Amérique au concept de «co-existence pacifique». Si elle est rendue possible par la mort de Staline, l inflexion est sans doute précipitée par la crainte que provoque au Kremlin l arrivée aux États-Unis d une administration élue sur la rhétorique de la «libération» et du «refoulement» du communisme, ainsi que sur la promesse d un nouveau concept stratégique donnant une place prioritaire à la dissuasion nucléaire qui conduit à l adoption officielle, début 1954, de la nouvelle doctrine dite des représailles massives. On ne peut pas vraiment s étonner si, dans un premier temps, la nouvelle équipe républicaine manifeste une certaine surdité aux appels de l Union soviétique malgré le souhait de celle-ci d aider à mettre un terme à la guerre de Corée : un relâchement des tensions eût en effet mis en danger un élément essentiel de la politique américaine de sécurité, le réarmement allemand dans le cadre de la CED. Bientôt pourtant l institutionnalisation de la division de l Europe avec les accords de Londres et de Paris, et la création corollaire du pacte de Varsovie, l émergence d une ère thermonucléaire, où, pour reprendre une expression de Churchill, «la sécurité serait le vigoureux enfant de la terreur et la survie la sœur jumelle de l annihilation» et le glissement de la Guerre froide vers le tiers monde finirent en 1955 par provoquer une inflexion de l Administration. Cette politique trouva son point culminant dans la célèbre «conférence du sourire» à Genève mais aussi lors de la fameuse semaine fatidique

7 de l automne 1956 où l affaire de Suez poussa à son paroxysme la difficulté des États-Unis à concilier leurs liens avec les puissances coloniales et leur souci de ne pas jeter les mouvements nationalistes dans les bras de l Union Soviétique et où la crise hongroise les contraignit à laisser Moscou réprimer sauvagement une révolution qu elle avait sans doute tenté, dans les derniers temps, de dissuader mais qu elle avait initialement contribué à embraser. Pour l Amérique, il est vrai, la coexistence pacifique ne fut pas seulement une source de difficultés. Ce fut dans son cadre que commencèrent à se développer des échanges culturels qui allaient peu à peu faire découvrir aux Soviétiques les charmes de la démocratie. Ainsi un très important accord dans ce domaine fut signé en 1958, bientôt suivi de l organisation à New York et à Moscou d expositions dont la seconde fut marquée par le fameux «débat dans la cuisine» où, pour la première fois, les Soviétiques furent confrontés à ce qui était pour eux le plus grand danger : l attrait du niveau de vie dont l Occident disposait Si elles marquent ce que l on peut qualifier de «première fin de la Guerre froide», les années s ouvrent paradoxalement sur une relance des tensions. Celle-ci résulte d abord d initiatives soviétiques que les leaders du Kremlin prennent sous le coup à la fois d un optimisme excessif (dans la foulée du succès que représente le Spoutnik), mais aussi d inquiétude face aux critiques des «durs» de Moscou comme de Pékin. N explique-t-on pas alors en Chine que les États-Unis sont «un tigre de papier» («avec des dents atomiques» répliquera Khrouchtchev). Le durcissement se concrétise sur Berlin qui est, aux yeux de Khrouchtchev, pour l Occident, le talon d Achille (comme l a rappelé la crise de 1948) et qu il annonce vouloir transformer en ville libre. Il débouche aussi sur l éclat du Soviétique autour des vols espions de l U2 3. Tous ces gestes intensifient les tensions que renforcent bientôt d autres initiatives, cette fois de Washington. Avec Kennedy, deux inflexions interviennent en effet : d un côté le Président est persuadé que la conjoncture immédiate est défavorable aux États-Unis, que la décolonisation est porteuse d une vague révolutionnaire sur laquelle l URSS n aura qu à surfer et, de l autre, il est très marqué par le «complexe de Munich» 4. Il a la conviction que les démocraties, d instinct pacifiques, sont vulnérables aux offensives des puissances totalitaires si elles ne disposent pas d une large suprématie militaire, d où sa détermination à développer toutes les facettes des forces armées, des commandos de sabotage aux missiles nucléaires. Ceci va avoir deux conséquences : à moyen terme, favoriser une course aux armements probablement aussi inutile que coûteuse et, dans l immédiat, ouvrir une période de tension exacerbée où les deux géants vont, plus que jamais, avoir des raisons de redouter de voir la Guerre froide dégénérer en un affrontement nucléaire. La première crise résulte de l annonce par Khrouchtchev de sa détermination à relancer ses projets sur Berlin, sans doute à la suite des pressions d Ulbricht qui, depuis 1953, 3 Le vol de Gary Powers qui est à l origine de la crise n est pas parti comme on le croit souvent de Turquie mais du Pakistan ce qui ouvre des horizons sur la collaboration des services de renseignements américains et pakistanais. Khrouchtchev a aussi utilisé cette affaire pour faire échouer le sommet de Paris de Crise à laquelle il avait consacré son mémoire de Maîtrise.

8 lui demande en vain 5 de fermer la zone est de l ancienne capitale allemande. Le Soviétique y est sans doute poussé à la fois par l image de faiblesse que Kennedy a projeté lors de la crise de la baie des Cochons et par l intransigeance que son interlocuteur a affichée sur la question de Berlin lors du sommet de Vienne. Or, convaincu que le plus grave danger serait de paraître reculer, l Américain réplique le 25 juillet par un discours très dur (que certains jugent alors belliciste) qui semble avoir réellement inquiété le Soviétique et l avoir incité à se ranger aux arguments d Ulbricht et ériger le «Mur», amorçant un processus d apaisement progressif de la crise. Néanmoins les tensions se voient à nouveau exacerbés lorsque, à l automne 1962, les Américains apprennent que, en partie pour renforcer Castro, mais plus encore sans doute pour atténuer un déséquilibre nucléaire qui joue en faveur de son adversaire, Khrouchtchev a autorisé, tout en niant l avoir fait, le déploiement de missiles offensifs à Cuba, plongeant le monde dans la crise peut-être la plus grave à laquelle il ait jamais été confronté. Le résultat de tout ceci est paradoxal mais logique : l exacerbation des risques débouche sur un rapprochement historique. Le sentiment que, à deux occasions, le pire a été frôlé se combine avec la détermination de Kennedy à tendre à l URSS un rameau d olivier. Le président américain pratique en effet une politique complexe à l endroit du Kremlin. Déjà lors de la crise de Berlin, il a assorti sa rhétorique dure d un silence opportun sur les droits des Occidentaux sur la partie Est de la ville. Ce qui conduit certains historiens à suggérer qu il a subtilement invité Khrouchtchev à ériger le mur et fournir ainsi une issue à la crise. Grâce à la publication des transcriptions de l Executive Committee qu il avait créé pour gérer la crise des missiles, on sait aujourd hui à quel point il a fait preuve de souplesse et de fermeté. En tout cas, la leçon semble tirée des deux côtés : au-delà de leur rivalité idéologique, les deux géants partagent une responsabilité écrasante face à l humanité et doivent tout faire pour préserver la stabilité en empêchant leurs différends de s exacerber et les crises de s envenimer : bref, comme disait le général de Gaulle, puisque l on ne peut faire la guerre, il faut bien faire la paix et aux tensions du début des années 60, c est une ère de détente qui va succéder. 2. Seconde période : De 1963 jusqu à la fin des années 1970 on a une période qui est marquée par deux phénomènes : - L institutionnalisation du système bipolaire : jusqu ici les sommets rassemblaient, aux côtés des deux Supergrands, la France et la Grande-Bretagne. À partir de ces années, le dialogue est exclusivement américano-soviétique et ce dialogue est le reflet d une période de détente. Comment expliquer ce glissement? Je crois que la nouvelle donne s explique par une quête tous azimuts de la stabilité. On recherche d abord, des deux côtés, la stabilité intérieure. Il y a un souci, en particulier du côté soviétique, de prêter plus d attention aux aspirations de la population et du côté américain de réduire le coût de la course aux armements. Deuxième recherche, celle de la stabilité des blocs. C est vrai du côté des Américains qui voient leur politique toujours contestée par les Français, c est vrai aussi du côté des 5 Khrouchtchev se rend parfaitement compte qu en suivant Ulbricht, il va démontrer que le «paradis communiste» est un paradis dont les habitants cherchent à s enfuir.

9 Soviétiques qui sont confrontés depuis les années 50 au schisme sino-soviétique et qui le seront au printemps de Prague en Enfin il y a la recherche de la stabilité nucléaire sur deux plans. Des efforts communs sont entrepris (à commencer par le traité de non-prolifération) pour écarter la prolifération dont on commence à s inquiéter et en particulier pour empêcher l Allemagne, enjeu vital pour les deux parties de la Guerre froide, de se nucléariser. On a parallèlement la montée en puissance du contrôle des armements en particulier lorsque l URSS atteint la parité stratégique à la fin des années 60 : il s agit de s assurer qu aucun bouleversement quantitatif, et plus encore technologique, ne vienne menacer la doctrine de destruction mutuelle assurée à laquelle les États-Unis sont contraints d adhérer. La détente est lancée manifestement par Lyndon Johnson dont les efforts vont buter à la fois sur le Vietnam (qui empêche les Soviétiques d aller très loin sur la voie d un rapprochement avec les Américains) et sur le coup de Prague (qui va l empêcher de rencontrer les Soviétiques sauf à avaliser leur coup de force en Tchécoslovaquie). Elle va s identifier surtout à l ère Nixon-Kissinger dont on voit mieux aujourd hui, avec l ouverture des archives, à la fois les réalisations et les limites. L accord se fait actuellement chez les historiens sur le fait que Nixon et Kissinger ont cherché à substituer, dans le cadre de la parité stratégique, une ère de négociation à une ère de confrontation, mais à travers un processus en deux temps : dans un premier temps, ils cherchent à assurer aux États-Unis une aide de Moscou sur les deux sujets les plus brûlants, le Vietnam mais aussi le Proche-Orient (une région que Nixon considérait comme la cause la plus probable d une éventuelle Troisième Guerre mondiale) ; dans un deuxième temps, ils entendent établir avec l URSS ce que les deux hommes appelaient «une structure stable de paix», organisant un modus vivendi dans lequel les deux parties s abstiendraient de toute initiative susceptible de déboucher sur un conflit. Le moyen? instaurer un «linkage» combinant carottes et bâtons et en appeler, comme le disait Kissinger, «à l esprit de Pavlov plutôt qu à l esprit de Hegel». Tout le problème semble avoir été, qu au départ, les États-Unis ne semblaient guère avoir quelque chose à offrir à Moscou en échange de ce qu ils demandaient et que seul un recours à la carotte et au bâton a été efficace : la carotte a été le besoin de l URSS de blé, de technologie et de capitaux américains, le bâton, le rapprochement avec la Chine et l insertion de la relation bipolaire dans un système triangulaire où les États-Unis pourraient jouer l un contre l autre leurs deux principaux adversaires. Le résultat fut la série de déblocages très connus : l accord de Moscou, l accord SALT 1, l accord ABM, l accord de San Clemente sur la prévention de la guerre nucléaire, l accord de Vladivostok et les conférences sur la réduction mutuelle équilibrée des forces en Europe, et sur la coopération et la sécurité en Europe. Ce que l on voit mieux aussi aujourd hui, ce sont les limites de cette politique. Elles ont été de natures différentes. D abord la première limite a été l inquiétude qu a pu susciter, dans le public américain, l asymétrie des arsenaux nucléaires, le sentiment que l on prenait un risque à laisser le Kremlin disposer d une supériorité dans un domaine parce que les Américains disposaient d une supériorité dans un autre. Seconde source de difficultés, le refus des dirigeants américains de suivre leur propre logique. Autrement dit, ils ont sans doute accordé aux Soviétiques la parité stratégique mais n ont pu se résoudre à leur accorder la

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