dossiers sectoriels 2011 La filière Conseil et Formation en Midi-Pyrénées Les plus gros employeurs de la filière en Midi-Pyrénées par activité

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1 dossiers sectoriels 2011 La filière Conseil et Formation en Midi-Pyrénées > établissements > salariés > professions libérales Les plus gros employeurs de la filière en Midi-Pyrénées par activité Conseil aux entreprises > ADP GSI France, 150 salariés > CABINET MERLANE, 100 salariés > CMT +, 70 salariés Expertise Comptable > EXCO FIDUCIAIRE, 160 salariés > SYGNATURES, 140 salariés > KPMG, 120 salariés Cabinets d avocats d affaires > FIDAL, 50 salariés Formation* > LA MAISON DE L INITIATIVE, 110 salariés > APPLICATIONS CONCEPT, 60 salariés Source : Fichier des CCI OBSéco Données au 1 er janvier 2011 * Ne sont pris en compte que les établissements enregistrés aux RCS. Dans la période post-crise traversée par l économie mondiale, les entreprises ont plus que jamais besoin d expertise et de compétences spécifiques pour accompagner leur retour à la croissance. Les entreprises de la filière Conseil et Formation sont les premiers acteurs pour répondre à ces besoins. Si le recours à la formation professionnelle est aujourd hui incontournable pour l ensemble des entreprises, l utilisation d un recours extérieur sur des prestations de conseil n est pas encore complètement démocratisée, surtout au sein des plus petites entreprises. Représentant seulement 0,4 % du PIB en 2008, le marché du conseil en France se place toujours nettement derrière celui du Royaume-Uni ou de l Allemagne. Pourtant, les raisons qui poussent les entreprises à utiliser les services des entreprises de Conseil et de Formation sont aujourd hui nombreuses. Pour faire face à un environnement de plus en plus complexe, aux évolutions réglementaires et technologiques, les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d activité ont besoin de recommandations et d aide à leur mise en œuvre. Face à ces enjeux, les acteurs qui composent le secteur sont de plus en plus nombreux. Au-delà des acteurs habituels du secteur, les professions réglementées, experts-comptables et avocats d affaires en tête, dépassent le cadre des missions régaliennes dont ils ont la charge et viennent se diversifier sur un marché qui a triplé en 10 ans. Cette publication vise à mieux comprendre les caractéristiques et les enjeux de la filière en Midi-Pyrénées à travers les opportunités et les menaces auxquelles elle devra répondre.

2 La filière en Midi-Pyrénées Densité des établissements de la filière par département Par la multitude d acteurs et de domaines d intervention qui la composent, la filière Conseil et Formation est très difficile à délimiter. Pour l appréhender au mieux, celle-ci sera étudiée à travers 4 segments : > Conseil pour les affaires et autre conseil et les activités d études de marchés et de sondages > Activités juridiques avec en particulier les activités des avocats d affaires > Activités comptables > Formation continue d adultes à destination des actifs occupés La composition de chacun de ces 4 segments est détaillée en méthodologie. GERS : 21,85 HAUTES- PYRÉNÉES : 18,26 LOT : 18,51 TARN-ET-GARONNE : 23,12 HAUTE-GARONNE : 45,87 ARIÈGE : 16,61 TARN : 20,93 AVEYRON : 15,45 Au 1 er janvier 2011, l ensemble de la filière comptait établissements inscrits dans les CCI de Midi-Pyrénées représentant un effectif de près de salariés. Majoritairement composée de TPE, 92 % des structures de la filière ont un effectif inférieur à 10 salariés. Difficile à évaluer, le poids des professions libérales reste important : plus d un millier d entités enregistrées en profession libérale dans le conseil, dans les activités juridiques, 400 dans les activités comptables et 450 dans la formation professionnelle. Cependant, il faut noter qu il est difficile d obtenir avec précision la part des professions libérales dans le seul segment des avocats d affaires. En effet, les entités concernent l ensemble des activités juridiques inscrites dans ce régime. Comme dans la plupart des activités, le dynamisme de la création d établissements s est avéré moins fort en Avec près de 450 nouvelles inscriptions, la reprise s est amorcée en Parallèlement, même si le nombre de cessations est resté stable (200 fermetures en 2010) sur l ensemble de la filière, le nombre de procédures judiciaires est quant à lui, en légère hausse notamment pour les petites structures les plus fragilisées par la crise. Un autre point est à surveiller, la pyramide des âges des dirigeants de la filière qui montre un vieillissement de la population des chefs d entreprise. Un tiers de dirigeants ont plus de 55 ans dont 37 % dans les activités comptables. Département Nombre Effectifs Au 01/01/2011 d établissements salariés Ariège Aveyron Haute-Garonne Gers Lot Hautes-Pyrénées Tarn Tarn-et-Garonne Total Source : Fichier des CCI - OBSéco Source : Fichier des CCI OBSéco, données au 1 er janvier 2011 La filière largement dépendante des aléas conjoncturels, a été touchée par la crise économique avec pour impacts un report des investissements des clients et des prix négociés à la baisse. Si depuis plusieurs années le nombre d établissements dans la filière a connu une croissance linéaire, celui des effectifs n a pas suivi la même tendance. Depuis plus de deux ans, on observe une relative stagnation des effectifs avec une tendance baissière importante en 2009, liée aux difficultés rencontrées par un bon nombre de professionnels. Par ailleurs, les professionnels du conseil et de la formation ont recours de manière plus fréquente aux professionnels indépendants non comptabilisés en termes d effectifs ème trimestre 2005 Évolution des effectifs salariés en Midi-Pyrénées 1 er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre 2007 Source : Fichier des CCI OBSéco, base 100 au 4 ème trimestre er trimestre 2008 Filière Conseil et Formation 2 ème trimestre ème trimestre ème trimestre er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre 2010 Tous secteurs L activité de la filière est essentiellement concentrée en Haute- Garonne (2/3 des établissements et des effectifs). On observe cependant, une dichotomie entre la répartition des activités de conseil, juridiques et de formation essentiellement implantées sur l agglomération toulousaine et la répartition spatialement équilibrée des activités comptables en lien avec l exigence de proximité de la profession.

3 Conseil aux entreprises L activité de conseil peut être définie comme une prestation dont le contenu est essentiellement à caractère intellectuel effectuée par une ou plusieurs personnes extérieures à l entreprise. Cette prestation, limitée dans le temps, s exerce sur les domaines d intervention suivants : > La stratégie qui regroupe le diagnostic, l analyse et la planification de la politique de l entreprise. Les stratégies et l accompagnement du développement des entreprises à l international sont également contenus dans ce domaine. > Le Marketing/Etudes/Communication qui englobe à la fois les prestations de stratégie marketing et commerciale, de conseil en politique tarifaire, de conseil en communication et en relation publique. Les études de marché et les sondages d opinion complètent les activités regroupées dans ce domaine d intervention. > Le management qui est le terme générique traditionnellement employé pour regrouper l ensemble des domaines d intervention du conseil. Nous parlons ici de conseil en management pour évoquer le management de projets, l assistance à maîtrise d ouvrage ou l assistance à maîtrise d œuvre. > Les ressources humaines en s adaptant à la stratégie de l entreprise, regroupent le management individuel et collectif des ressources en moyens humains, le diagnostic et la stratégie en matière de mobilité, promotion, formation, évolution, rémunération, classification et relations sociales. Dans ce domaine, on retrouve également le recrutement. > La production/logistique et technologie, domaine dans lequel se mêlent le développement et la mise en œuvre des stratégies de la fonction production (planification, standardisation, développement des méthodes de production, organisation du travail), le développement des procédés, la gestion de la recherche et développement et la politique en matière de licence et de brevetage. > Les finances où tous les aspects ayant trait aux problématiques financières de l entreprise se regroupent, de l audit économique et financier au contrôle de gestion en passant par l optimisation des coûts. L ingénierie fiscale, les achats ou encore le conseil en gestion de patrimoine sont affiliés à ce domaine. > Les systèmes d information (SI) bien qu ils soient aujourd hui un domaine de prédilection des sociétés informatiques sont également considérés comme un domaine d intervention du conseil. La conception, le développement des systèmes composent principalement les champs d intervention des SI. Mais des activités plus en rapport avec l audit des services informatiques en place peuvent faire partie des prestations proposées par les sociétés de conseil du domaine. > Le développement durable dans lequel les problématiques d environnement, de qualité et d ergonomie, de prévention des risques professionnels et de sûreté seront regroupées. Ces domaines d intervention s appuient sur ceux définis par l Office Professionnel des Qualifications des Conseils en Management (OPQCM). Généralement divisés en 17 champs d intervention, nous avons choisi de regrouper certains domaines aux caractéristiques et aux problématiques communes. Une forte diversité de l offre Les sociétés de conseil peuvent, selon leur taille et leurs compétences, intervenir sur plusieurs problématiques. Le système de pilotage de l entreprise s appréhendant uniquement de façon globale, on retrouve souvent des domaines d intervention en interaction. L évolution perpétuelle de l environnement économique modifie constamment les limites et les positions de chaque domaine. Cette classification permet néanmoins de clarifier ces métiers demeurant très opaques pour une bonne part des acteurs économiques. Si les frontières entre les différents champs d intervention sont de plus en plus floues, la diversité des intervenants n y est pas totalement étrangère. Des géants du conseil, traditionnellement appelés «BIG FOUR» 1, provenant de l audit comptable, à l auto-entrepreneur, en passant par les cabinets locaux ou les consultants indépendants, l hétérogénéité de l offre n est plus à démontrer. Rétroactivement, la coexistence de toutes ces structures trouve aussi son essence dans la multiplicité des domaines d intervention et dans la complexification de l environnement des entreprises. La complexité de ces délimitations et la diversité des acteurs qui composent le segment lui donne une image déstructurée. Cette problématique touche particulièrement les petites entités qui éprouvent des difficultés à différencier leur offre ou à contrario, qui sont sur des micro-niches très spécialisées (techniques ou secteurs d intervention) Évolution du nombre d établissements dans le conseil en Midi-Pyrénées 4 ème trimestre er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre er trimestre ème trimestre ème trimestre ème trimestre 2010 Filière Conseil et Formation Source : Fichier des CCI OBSéco, base 100 au 4 ème trimestre 2005 Au 1 er janvier 2011, entreprises de conseil étaient inscrites au Registre du Commerce et des Sociétés dans la région de Midi- Pyrénées représentant salariés. Avec 330 nouvelles inscriptions d établissements enregistrées aux RCS en 2010 dans la région, l offre ne cesse de croître. L augmentation du nombre de structures a dépassé 50 % en 5 ans. Il faut ajouter à ce chiffre un millier de professions libérales et les auto-entrepreneurs qui sont apparus nombreux dans le conseil depuis la création du statut en Pour ces derniers, si leur poids n est pas à négliger, seulement la moitié d entre eux génère un chiffre d affaires. Leurs revenus sont généralement modestes, mais ils apparaissent, en période de crise, comme une véritable concurrence pour les consultants indépendants. Devant la faiblesse des barrières à l entrée du conseil, la concurrence s est densifiée et devrait s intensifier encore dans les années à venir. Elle concerne l ensemble des domaines d intervention et provient parfois, comme nous le verrons, d autres secteurs d activités. 1. Ernst&Young, Deloitte Touche Tohmatsu, KPMG et PriceWaterHouseCoopers Tous secteurs

4 Un fort potentiel encore inexploité sur le marché des TPE/PME En temps de crise, le recours des entreprises aux prestataires extérieurs se fait plus rare. Les reports des investissements jugés plus secondaires par les clients rendent le secteur fortement dépendant de la conjoncture. 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % - 2 % - 4 % - 6 % Évolution du chiffre d affaires issue des 2 dernières enquêtes de conjoncture de Haute-Garonne Source : CCIT - 4 % + 4 % + 10 % 2009/ /2009 Prévision 2011 Pourtant, les raisons d engager des ressources extérieures ne sont pas rares, en période difficile de surcroît. Le besoin de neutralité et d indépendance, de confidentialité pour définir ou redéfinir la stratégie d une entreprise est plus que jamais d actualité. La période de crise économique a également convaincu les chefs d entreprise de la nécessité d optimiser leurs coûts, de gérer les cycles difficiles tant dans le management que dans la gestion des ressources humaines. Pour les PME et surtout les TPE, quelques fonctions présentes dans les entreprises de taille importante ne peuvent pas être amorties en interne, d où la nécessité de faire appel au conseil externe, ponctuellement ou sous forme de contrat d externalisation (notamment dans le conseil en RH). De façon générale, la demande de conseil est sous-tendue par les problématiques du changement. Au vu de l accélération des bouleversements réglementaires et économiques, sa vocation est donc de se développer. Historiquement, ce sont plutôt les secteurs de la finance, les industries et les administrations qui ont le plus souvent recours au conseil. La plupart du temps, ces secteurs sont pauvres en TPE/ PME renforçant l idée pré-établie que seules les grandes entreprises utilisent les services du conseil. Un adage qui n est pas sans fondement mais qui devrait être mis à mal les prochaines années. Certains domaines d intervention concernent majoritairement les structures de grande taille comme l externalisation des fonctions supports, le management ou certains pans de la politique d entreprise. Mais le recours à un accompagnement sur un domaine spécifique qui nécessite une expertise pointue concerne l ensemble des entreprises et la plupart des secteurs d activité. Le marché du conseil représente en France 0,41 % du PIB en Dans les pays anglo-saxons, ce pourcentage est 2 à 3 fois plus important. Au-delà de la structure économique des pays européens concernés (plus de grandes entreprises en Allemagne ou dans le Royaume-Uni), c est aussi dans la culture des petites entreprises françaises de minimiser la présence extérieure et de considérer le conseil comme un coût et non comme un investissement. Par ailleurs, une étude du Syntec montre que le niveau d études du dirigeant est corrélé positivement à sa propension à faire appel au conseil. L arrivée probable de dirigeants plus diplômés sur le marché est donc une source potentielle de développement pour le secteur du conseil. Source : FEACO, 2009 Part du conseil dans le PIB Italie 0,19 % Belgique 0,35 % France 0,41 % Pays Bas 0,54 % Portugal 0,70 % Espagne 0,91 % Danemark 0,95 % Allemagne 1,01 % Suède 1,11 % Royaume Uni 1,20 % Plus localement, la présence d industries de pointe, l expansion démographique et le dynamisme de la création d entreprise font de Midi-Pyrénées une région à fort potentiel pour l offre de conseil. Exigence des clients et honoraires en baisse Si la demande est de plus en plus forte et devrait encore se systématiser au cours des années à venir, elle est aussi plus exigeante. Depuis déjà quelques années, les entreprises sont soumises à la politique de référencement des grands comptes. Dans un souci d optimisation des coûts, les services achats choisissent directement les prestataires avec comme critère de sélection principal, le prix. Dans ce système, les plus grandes structures du conseil dont l offre de services est plus globale et qui ont la capacité de gérer plus facilement des pressions sur les tarifs s en sortent mieux. Les relations entre les services achats des grands comptes et les cabinets de conseil se normalisent néanmoins avec le temps et chacun comprend mieux les exigences de l autre. A court terme, une hausse des honoraires des consultants n est pas à prévoir, tant elle serait difficile à justifier auprès des clients pour des prestations équivalentes. L exigence de la demande ne s arrête pas là, quitte à paraître parfois antinomique. Les entreprises sollicitent plutôt des offres globalisées, avec un interlocuteur unique mais demandent parallèlement une expertise de plus en plus pointue qui nécessite des compétences parfois rares. Les clients souhaitent également de la proximité, ce qui incite les plus grands cabinets internationaux à s implanter en région. Activités juridiques Les activités juridiques sont composées de différents métiers : notaires, avocats, huissiers, mandataires judiciaires. Dans cette publication, sera exclusivement étudiée la profession d avocats d affaires dont les domaines d intervention sont à rapprocher de ceux du conseil aux entreprises. Cette profession réglementée est régie par la loi n o du 31 décembre 1971 et par le décret n o du 27 novembre La profession d avocat est par définition indépendante et s exerce selon le statut libéral. Le rôle de l avocat d affaires, présent dans toutes les étapes importantes de la vie d une société, lui concède une place prépondérante dans l accompagnement des entreprises.

5 Les domaines d intervention sont d ailleurs nombreux : > Droit commercial qui régit la profession de commerçant et définit le régime juridique applicable aux actes du commerce. > Droit des sociétés et droit financier (fusions/acquisitions, levée de fonds, augmentation de capital ) qui s applique aussi bien aux sociétés commerciales qu aux sociétés civiles. > Contentieux où les avocats d affaires interviennent en prévention, en préparation, ou en diligentant les procédures judiciaires. > Droit social qui régit les relations entre l employeur et ses salariés (formation, contrat de travail ). > Droit international qui s applique lorsqu une société veut s implanter à l étranger ou qu une société étrangère s implante en France. > Propriété intellectuelle sur l ensemble des créations où les avocats interviennent en qualité de conseiller pour aider à rédiger les contrats relatifs à l exploitation des propriétés intellectuelles. Une fusion entre les avocats et le conseil en propriété intellectuelle a longtemps été à l étude. > Fiscalité où les avocats d affaires conseillent les entreprises dans leur gestion fiscale courante. Ils conseillent également leurs clients dans la gestion fiscale de leur patrimoine, sur leur imposition Les avocats d affaires interviennent dans d autres domaines comme le droit de la concurrence et de la consommation, le droit de l environnement ou le droit du sport. Les créations de cabinets en augmentation La présence de grands cabinets d avocats d affaires issus des grands noms de l audit et de l expertise comptable (Ernst&Young, Fiducial, PriceWaterHouseCoopers etc.) implantés en Midi-Pyrénées est une preuve du dynamisme du marché local. La vigueur de la création d entreprise ayant cours dans la région depuis quelques années n y est pas étrangère. En dehors de ces cabinets nationaux, une augmentation du nombre de cabinets exerçant leur activité sur le marché local a été observée. La croissance du nombre d avocats sur Midi-Pyrénées (+ 32,4 % en 9 ans) et la croissance forte des SELARL (SARL à forme libérale) au détriment des exercices individuels expliquent cette tendance. On notera également la forte concentration des cabinets d avocats sur la métropole toulousaine. Comme on a pu l observer, si les activités régaliennes des avocats d affaires sont nombreuses, la concurrence s est nettement durcie. D autant que sur certains domaines anciennement protégés, les avocats ont vu les experts-comptables profiter de leur relation privilégiée avec les chefs d entreprise pour leur prodiguer des conseils notamment sur le droit des sociétés. Les grandes entreprises clientes ont encore tendance à privilégier les cabinets parisiens au détriment des cabinets régionaux. D ailleurs, les grands cabinets anglo-saxons qui sont implantés à Paris captent également une partie du marché en province. Dans un secteur peu capitalistique, avec de faibles barrières à l entrée et un savoir-faire peu discriminant, l arrivée de nouveaux entrants sur le marché lucratif du droit des affaires est en pleine expansion. Avec cette concurrence, les cabinets d avocats devront faire face à la volatilité grandissante de leur clientèle. Cette faible captivité des clients facilite également de nombreux mouvements chez les collaborateurs, surtout dans les plus grands cabinets. Le développement de la diversification Nombre de transmissions en Midi-Pyrénées Source : Fichier des CCI - OBSéco La crise a également touché la profession en 2009 qui a notamment vu le nombre d opérations de fusions diminuer et un marché de l immobilier tertiaire en difficulté. Comme au niveau national, la reprise semble s être amorcée en La crise aura eu le mérite d accélérer dans la plupart des cabinets la réflexion stratégique les menant à développer leur pénétration du marché du conseil sur des domaines plus liés à la stratégie et la politique d entreprise. 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % - 2 % 5,0 % L indicateur d activité (chiffre d affaires) des cabinets d avocats 5,9 % 6,6 % 6,7 % 3,0 % - 1,0 % Source : Xerfi, estimation d après les Greffes des tribunaux de commerce 3,0% La loi de modernisation des professions judiciaires ou juridiques et de certaines professions réglementées, a permis aux expertscomptables d élargir leur activité et aux notaires de préserver leur monopole dans le domaine des actes de transaction immobilières. Au bénéfice des avocats et en particulier des avocats d affaires, la loi de modernisation a permis de voir apparaître l acte contresigné par un avocat promulgué le 29 mars Cet acte peut être considéré comme un outil de sécurité juridique attestant que l avocat a éclairé les parties qu il conseille sur les conséquences juridiques de leurs actes. Ce dispositif concernera les actes du droit des sociétés, des cessions, des fusions/acquisitions, les actes liés à la propriété intellectuelle, les actes d abandon de créances Avec la juridiciarisation croissante des relations commerciales et la complexité des contrats, cet acte constitue un levier de croissance supplémentaire pour les avocats qui pourraient devenir plus incontournables encore dans leur relation avec les entreprises.

6 Activités comptables Segmentation du CA des activités comptables Centres de gestion agréés : 3 % Historiquement interlocuteurs privilégiés des dirigeants, les professionnels du secteur tiennent toujours une place incontournable auprès des entreprises tant dans leur activité courante qu à chaque étape de leur développement : création, défaillance, transmission Les professionnels des activités comptables, experts-comptables et commissaires aux comptes, exercent très souvent leur activité en statut libéral et ont un rôle initial qui consiste à établir, analyser et contrôler les comptes annuels des clients. Leurs activités réglementées s articulent fondamentalement autour de trois grands axes : > L expertise comptable : des missions principales : établissement des comptes annuels, tenue de comptabilité, surveillance et consolidation des comptes des missions annexes : établissement de tâches administratives (paie, déclarations fiscales et sociales ) ; intervention dans le domaine juridique (soutien à la création, rédactions des statuts, établissements de contrats courants) ; conseil en matière fiscale, juridique, financière, d organisation et de gestion. > Le commissariat aux comptes (ou audit légal) : audit annuel des entreprises et certification des comptes dont l objectif est d émettre une opinion sur la sincérité, la régularité et l image fidèle des comptes annuels établis par une société ou une institution. > L audit contractuel : mission ponctuelle à la demande des entreprises, visant à améliorer leur performance. Une volonté de diversification de l expertise comptable vers le conseil Cette profession réglementée, régie par les dispositions de l ordonnance du 19 septembre 1945 (modifiée en 1994 puis en 1997, enfin en 2004, pour ses articles 2 et 22 notamment), évolue encore en situation de monopole, pour ses activités régaliennes. Traditionnellement, les experts-comptables intervenaient auprès de leurs clients en premier niveau d information, parfois de manière informelle. Pour anticiper les évolutions de l environnement réglementaire européen (les experts-comptables français sont les seuls en situation de monopole), ils se positionnent de manière plus claire sur le marché du conseil. C est pourquoi la tendance chez les cabinets comptables est de s entourer de collaborateurs ayant des doubles compétences (comptabilité+domaine spécifique) ou ayant une expertise dans un domaine particulier du conseil (marketing, management, RH ). On observe un phénomène de concentration de la profession, les structures de plus de 250 salariés, peu nombreuses, réalisent près d un quart de l activité globale. 2 Parmi ces grands comptes du secteur, on notera la présence des filiales des réseaux pluridisciplinaires (les «BIG FOUR») et de groupements de cabinets indépendants nationaux, qui captent essentiellement une clientèle avec un important volume d affaires. 2. INSEE, EAE Services, données 2006 Tenue et surveillance de comptabilité : 60 % Source : INSEE, EAE Services, 2006 Conseil et analyse en comptabilité/audit financier : 5 % Commissariat aux comptes : 32 % Attirés par le dynamisme du tissu économique local, les géants du secteur sont depuis plusieurs années présents en Midi- Pyrénées. Les structures de taille plus modeste visent pour leur part, une clientèle constituée majoritairement de TPE et PME (de moins de 100 salariés). L homogénéité géographique de l offre Au 1 er janvier 2011, le secteur comptait 798 établissements inscrits dans les CCI de Midi-Pyrénées, qui représentent un effectif de plus de salariés. La répartition équilibrée de ces établissements sur le territoire, en contraste avec la tendance de la filière, atteste la plus forte nécessité de proximité de la profession. Proportion pour 1000 d établissements des activités comptables par département Ariège 6,23 Aveyron 5,97 Haute-Garonne 8,62 Gers 6,36 Lot 5,93 Hautes-Pyrénées 6,33 Tarn 6,12 Tarn-et-Garonne 6,52 Source : Fichier des CCI - OBSéco, données au 1 er janvier 2011 Depuis 2008, le nombre de cessations a fortement évolué (+ 42 %), conduisant à une chute du nombre d établissements inscrits au RCS en Si les prestations délivrées sont de nature obligatoire et récurrente, préservant la profession des aléas conjoncturels, les cabinets comptables ont souffert du durcissement du climat économique (contraction du nombre de créations et de fusionsacquisitions ). Mais au-delà des prestations réglementées, la profession a pu compter sur des facteurs structurels favorables à son activité : > les mandats pluriannuels pour les commissaires aux comptes, > un taux de fidélité de la clientèle élevé, même si les professionnels constatent que les nouveaux clients, très souvent des jeunes créateurs d entreprise, demeurent plus volatils et plus négociateurs notamment en temps de crise.

7 Gain de productivité grâce aux nouvelles technologies Face à un environnement mouvant, les exigences des clients sur la qualité et les délais des prestations se sont accrues. L intégration de nouvelles technologies (solutions logicielles, progiciels de gestion intégrés, technologies de l information et de la communication ) dans le processus productif a permis à la profession de s adapter à ces nouveaux besoins. Le gain de productivité et d efficacité qui en résultent, ont favorisé l apport d une valeur ajoutée plus élevée pour les clients. Formation professionnelle La formation tout au long de la vie constitue une priorité des États membres de l Union Européenne. Le Conseil européen de Lisbonne de mars 2000 a affirmé que l Europe doit se doter de «l économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde». Depuis plusieurs années, la France fait évoluer son système de formation et de certification professionnelle dans cette perspective européenne. Trois principaux axes de la formation : > La formation professionnelle initiale : elle fait suite à la formation générale et prépare les jeunes à s insérer dans un emploi qualifié. > La formation en alternance : avec le contrat d apprentissage qui relève de la formation initiale et le contrat de professionnalisation qui relève de la formation continue. > La formation professionnelle continue : elle s adresse à toutes les catégories d adultes actifs occupés, demandeurs d emploi et personnes en difficulté d insertion professionnelle, fonctionnaires, travailleurs indépendants et chefs d entreprise. Elle leur permet de renforcer ou d acquérir un niveau de qualification reconnue. Dans cette publication, nous allons focaliser notre analyse essentiellement sur le segment de la formation continue d actifs occupés. La formation continue est un outil de gestion permettant de valoriser les ressources humaines disponibles et de les ajuster aux exigences des emplois. Cet investissement, autrefois perçu comme coût obligatoire à supporter par l entreprise, est devenu progressivement la réponse appropriée pour garantir l atteinte des résultats, en termes de quantité, de qualité et de l homogénéité de la production. Des opérateurs divers sur un marché fortement atomisé Le secteur de la formation professionnelle est fortement atomisé tant en termes d acteurs (offreurs et acheteurs) qu en terme de publics bénéficiaires. On note la présence d un nombre important d intervenants, de natures diverses parmi lesquels les opérateurs privés à but lucratif et non lucratif, les organismes qui exercent la formation à titre secondaire (75 % des opérateurs recensés en 2008) et les structures publiques et parapubliques. En 2008, on dénombrait organismes de formation professionnelle en France dont pour le seul segment de la formation continue pour plus de 6 milliards d euros de chiffre d affaires. Les formateurs individuels représentent 32 % des prestataires pour seulement 4 % du chiffre d affaires du secteur. Leur nombre a doublé en 7 ans. Au sein de cette offre éclatée cohabitent un nombre important de structures de taille réduite ayant des compétences spécifiques sur des domaines d intervention et des domaines d activité, quelques grands groupes privés généralistes (Cegos, Demos ), des organismes de branche (AFT IFTIM ) et des organismes publics (Afpa, Greta, Cnam etc.). Depuis 2009, avec l afflux des auto-entrepreneurs sur le marché, on a assisté à une explosion du nombre d intervenants individuels, qui a entraîné une forte intensité concurrentielle ayant pour conséquence une pression croissante sur les prix. Le manque de barrières favorisant l arrivée de nouveaux intervenants explique cet accroissement : > Le manque d obligations légales applicables à l entrée : aucun agrément n est nécessaire à l exercice de cette activité. Un organisme exerçant une activité de formation professionnelle doit se déclarer auprès de la préfecture de région à la conclusion du premier contrat ou de la première convention de formation. > La faible intensité capitalistique de la profession Evolution du nombre de créations d entreprise Source : INSEE, 2011 L hétérogénéité des acteurs a des conséquences antagoniques : une offre pléthorique de prestations qui tente de répondre au mieux aux besoins des clients, mais un manque de lisibilité de l offre qui entraîne la confusion chez les clients. Pour clarifier la situation, le Medef a mis en place une commission de réflexion sur la problématique dont une des solutions examinées serait d évaluer les organismes de formation selon leur degré de compétences. L AFNOR (Association française de normalisation) a contribué dès 2008 à la création de la nouvelle norme internationale ISO publiée en 2010 relative à l ensemble de l offre de formation et poursuivi ses travaux en France en collaboration avec les principaux acteurs du secteur. La série de documents normatifs en cours contribuera ainsi à une meilleure lisibilité de l offre de formation. En attendant, le label OPQF (Office professionnel de qualification des organismes de formation), les normes ISO et AFNOR et la certification des personnes physiques ICPF-PSI (Institut de certification des professionnels de la formation) font office de repères pour les clients. Les clients privilégient le facteur prix Le facteur prix prend aujourd hui une place importante au moment de l achat de formation, une tendance qui s accentue en période de récession économique et resserrage des budgets.

8 Au-delà du durcissement de la concurrence et des facteurs conjoncturels, la généralisation des appels d offres sur le marché contribue également à la déflation des prix des prestations. Le chiffre d affaires selon les principaux domaines de formation Formations spécifiques à des métiers : 29 % Divers : 9 % Logistique-transport : 3 % Finance, gestion : 4 % Source : FFP, 2008 Accompagnement de projets professionnels : 5 % Fonctions administratives, bureautique : 3 % Des dépenses de formation en constante progression Formations linguistiques : 18 % Formations générales, préprofessionnelles et d insertion : 11 % Management des hommes, développement personnel : 9 % Marketing, commercial, communication : 6 % Informatique : 3 % Les dépenses des pouvoirs publics consacrées à la formation ont progressé à un rythme moyen annuel de 3 % depuis La contribution de l entreprise à l effort national de formation s est constituée par étape, la première obligation de participation remonte à la taxe d apprentissage de 1925, puis vint le financement des CIF (Congé individuel de formation) et celui de l alternance. Aujourd hui ces obligations s élèvent à 0,9 % de la masse salariale pour les entreprises de 10 salariés et plus, et à 0,4 % pour celles de moins de 10 salariés. Les exigences légales de formation sont souvent dépassées par les plus grandes entreprises. On observe une corrélation entre la taille des entreprises et la demande de formation. Au-delà des obligations légales, la formation des salariés est largement favorisée par la nécessité de maîtriser un nouvel environnement économique (évolutions technologiques, réorganisations entraînant des changements de postes ). Ces éléments laissent penser que les organismes de formation seraient peu sensibles aux aléas conjoncturels. Cependant, la crise économique a eu pour conséquence un manque de visibilité des entreprises, notamment des PME, qui ont freiné les initiatives de formation pour limiter les dépenses jugées non essentielles. Au 1 er janvier 2011, on comptait 483 établissements inscrits dans les CCI de Midi-Pyrénées représentant un effectif de salariés. Les organismes associatifs et leurs effectifs n y sont pas comptabilisés. Il faut ajouter à ces chiffres 450 entités en statut libéral et les auto-entrepreneurs dont le poids non négligeable pour le secteur est difficile à évaluer. On observe une disparité géographique avec une forte concentration tant en termes d effectifs que d établissements en Haute- Garonne, respectivement 71 % et 84 %. Ce constat est en lien avec la présence plus importante de grandes entreprises, plus consommatrices de formation dans l agglomération toulousaine. Organisation et stratégie de la filière Organisation de la filière Formation et Conseil Entreprises/organismes/institutions Cotisations obligatoires, Demande de formation Cabinets d avocats d affaires Cabinets comptables et D audit Obligations légales Cabinets de conseils/ Consultants indépendants Sous-traitance formation organismes de formation/ Formateurs indépendants OPCA Fusions/Acquisitions Expertise comptable Management Droit commercial Droit des sociétés Droit public Contentieux Droit international Banques Finances Création/Rachat/ Transmission/ Restructuration Fiscalité Gestion de patrimoine Propriété intellectuelle Commissariat aux comptes / Audit légal Audit contractuel Conseil en RH, Gestion sociale, Formation, Droit social Ressources Humaines SSII Marketing/Commercial Production/Logistique/ Technologie Innovation Développement durable/ Ergonomie Système d information Sociétés d ingénierie Agences de communication GPEC, Plan de formation Formation individuelle Formation certifiante/ diplômante Conseil en ingénierie de la formation Formation continue Conseil en formation, Activité de formation Droit social, Contentieux, Formation Stratégie/Organisation et Politique d entreprise AGENCES INTÉRIM SOCIÉTÉS DE PORTAGE

9 Les professions réglementées développent leurs activités de conseil Comme cela a été largement évoqué dans chacune des présentations des segments, les professionnels de la filière ont des domaines réservés, sur lesquels ils interviennent plus volontiers avec des obligations légales fortes pour les professions réglementées. Ces domaines ne seront pas davantage abordés ici. Il conviendra surtout de décrire les activités sur lesquelles chacun se diversifie. Les avocats d affaires ont, comme beaucoup, subi les effets de la crise économique. Les cabinets qui ont misé sur une expertise en fusions-acquisitions, très rémunératrice, se sont laissés surprendre par la baisse du nombre d opérations. Avec la volatilité grandissante de la clientèle, les cabinets d avocats régionaux ont donc la nécessité de se diversifier à tous les niveaux, clientèles, secteurs d activités et domaines d intervention. La demande dans les domaines du contentieux, du droit social ou de la propriété intellectuelle est certes moins fluctuante, mais les avocats d affaires ont aussi tout intérêt à développer d autres domaines comme le droit de l environnement, les opérations liées au PPP (Partenariat-Public-Privé) ou encore aux restructurations. Sur ce dernier point, les prestations de conseil vont nécessairement au-delà des considérations purement juridiques et les cabinets se positionnent sur la stratégie et la politique d entreprise. Sur la création et la transmission d entreprise, les avocats d affaires sont avec les banques d affaires et les experts-comptables, les interlocuteurs principaux des entrepreneurs. Si leurs interventions sont la plupart du temps complémentaires, le positionnement plus fréquent des experts-comptables dans l accompagnement des entreprises et particulièrement dans leurs démarches administratives, fiscales et sociales montre aussi qu une certaine concurrence existe entre les deux professions. A contrario, la promulgation du contreseing (acte contresigné par un avocat) a attisé les inquiétudes des experts-comptables sur leur disposition à rédiger des actes juridiques. La réforme des activités réglementées, qui permet l interprofessionnalité capitalistique entre les structures juridiques et les structures comptables en vue d offrir aux dirigeants d entreprise une offre plus globale, a apaisé les tensions entre les deux professions. En dépit de cette concurrence, ces deux professions cohabitent bien sur le terrain où les experts-comptables peuvent être prescripteurs des avocats sur des interventions juridiques nécessitant une expertise plus pointue. Depuis 2004, les experts-comptables ont élargi leur champ d intervention, bien au-delà du droit des sociétés. En dehors des activités régaliennes qui restent leurs principales sources de revenu et sur lesquelles ils demeurent incontournables (malgré une possible remise en cause du monopole), les professionnels du chiffre sont plus que jamais présents sur le conseil en management, en organisation et en stratégie majoritairement auprès des TPE et des PME. Les relations privilégiées et de proximité dont ils bénéficient avec les chefs d entreprises, leur permettent de jouir d une forte crédibilité et d une connaissance des problématiques des dirigeants. Si les cabinets d expertise comptable et d audit se diversifient, c est aussi parce que certaines menaces pèsent sur eux : la suppression des obligations de certification des petites SAS ou de simplifications comptables pour les petites entreprises, l inflation règlementaire en matière d audit et de comptabilité La libéralisation de la profession est en marche mais elle permettra aussi de voir cohabiter au sein d une même structure des professions règlementées et non-règlementées. Une disposition qui devrait permettre aux experts-comptables de continuer à développer leur position sur le marché du conseil. Dans le conseil et la formation, la concurrence prend toutes les formes Les ambitions de plus en plus marquées des professions réglementées sur le marché partent d un constat simple : le besoin croissant des entreprises en conseil. Les spécialistes stricto sensu du conseil comptent en tirer bénéfice. Schématiquement, on retrouve dans ce segment, les grands cabinets de conseil qui proposent des prestations sur plusieurs domaines d intervention, les cabinets de taille moyenne positionnés sur un ou deux domaines maximum, et les consultants indépendants présents sur un marché de niche. Sur chacun des domaines, les professionnels du conseil trouvent une concurrence importante. Outre celles des avocats d affaires et des experts-comptables déjà identifiées, on trouve les sociétés d ingénieries sur les problématiques de production et d innovation, les sociétés de services informatiques sur les systèmes d information, les agences de communication sur les questions relatives aux marketing, les organismes de formation, les agences d intérim ou les sociétés de portage sur certains aspects des ressources humaines et les services parapublics potentiellement sur de nombreux champs (CCIT, ARACT, ARPE ). La concurrence des consultants entre eux est évidemment la plus forte. Dans un contexte post-crise, matérialisé par une forte exigence clients et des honoraires à la baisse, le positionnement des acteurs du marché est plus que jamais fondamental. Les consultants indépendants sont des experts spécialisés qui peuvent intervenir sur des marchés spécifiques où les cabinets peuvent avoir un besoin de compétences complémentaires. Parallèlement, ils ont des difficultés à accéder à la clientèle des grands comptes et des grandes PME. La sous-traitance sur certains domaines d expertise pourrait ainsi se généraliser même si elle apparaît encore marginale en Midi-Pyrénées. Par ailleurs, deux cabinets, en combinant leurs savoir-faire, peuvent s associer sur certaines missions et satisfaire le besoin de globalité et d expertise des clients. La sous-traitance peut se pratiquer entre les consultants et les organismes de formation qui souhaitent aussi étendre leur catalogue et proposer une expertise sur des compétences particulières. Les cabinets de conseil, quand ils ne dispensent pas euxmêmes les formations qu ils suggèrent à leurs clients, peuvent être prescripteurs auprès d organismes de formation. Majoritairement engagées par l employeur, les actions de formation sont financées par les entreprises elles-mêmes (contributions légales) soit en interne, soit en faisant appel à des prestataires extérieurs de formation par l intermédiaire des OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés). Cette externalisation vers ces organismes collecteurs se généralise eu égard aux lourdeurs que représente pour les entreprises la gestion administrative de la formation.

10 Outre les cabinets de conseil ou les consultants indépendants qui exercent la formation à titre secondaire, le marché de la formation est dominé par les organismes publics et associatifs. Les structures privées interviennent donc au sein d un marché très concurrentiel où contrairement aux organismes publics, elles ne bénéficient pas systématiquement d exonération de la TVA sur les actions de formation. Dans la formation aussi, l exigence de la demande est plus forte. Les parcours de formation sont aujourd hui plus individualisés et les clients optent pour des formations sur mesure avec une priorité vers des formations dites «certifiantes» à défaut d être «diplômantes». Comme dans le conseil, le marché fonctionne par le réseau relationnel. Les petites structures privées cherchent donc à être mieux identifiées. Pour cela, les organismes peuvent adopter un positionnement hyperspécialisé de leur offre, tout en cherchant à élargir leur périmètre géographique d intervention et être identifiés par les plus grands organismes comme sous-traitants sur ces activités spécifiques. Les TPE/PME de la formation peuvent également proposer une offre plus globale : > sur un secteur d activité en anticipant une forte demande > leur permettant une segmentation plus large de la clientèle (salariés, demandeurs d emplois, chefs d entreprise ) La diversification de l offre proposée peut dépasser le cadre spécifique de la formation. En se tournant vers l ingénierie de la formation, les organismes proposent aux entreprises de prendre en charge l ensemble ou une partie de leur politique de formation. Ils proposent plus fréquemment d intervenir sur la politique RH de l entreprise (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences). Visibilité et positionnement au cœur de la stratégie du conseil Comme on a pu le constater, les stratégies des entreprises de la filière tournent autour de deux concepts : l identification et le positionnement. Améliorer la visibilité de l offre est l un des enjeux fondamentaux pour la filière, pour les consultants indépendants et pour les petits cabinets en premier lieu. Peu structurés pour mettre en place des stratégies commerciales efficaces, ils passent la moitié de leur temps à prospecter pour trouver de nouveaux clients. Situation paradoxale pour ces experts qui ont surtout une valeur ajoutée technique à apporter aux entreprises. Au-delà de cette prospection, les réseaux relationnels restent une source de potentiel importante de nouvelles missions. L ouverture aux autres est essentielle dans le métier du conseil. Elle débouche, par les réseaux informels, à des projets de partenariats et à un échange combinatoire de bonnes pratiques. Globalement, pour tous les acteurs du conseil la différenciation se fait autour de l innovation : > Innovation dans l offre : Hyperspécialisation pour les consultants indépendants et offres globales pour les cabinets de taille plus importante. > Innovation dans les processus : Industrialisation des processus, recours à la sous-traitance ou aux partenariats plus fréquents. > Innovation dans les modèles économiques qui nécessitent une amélioration des processus de suivi et d évaluation des prestations réalisées. Dans le contexte d ouverture des marchés, lié à la directive européenne des services, la norme EN a pour objectif d améliorer la transparence et la compréhension entre les clients et les prestataires de services de conseil en management. Ce guide de bonnes pratiques est un premier pas vers la normalisation des métiers du conseil sans compromettre l innovation. Cette normalisation doit être complétée par le développement de formation spécifique des consultants. Ces formations commencent à voir le jour en Midi-Pyrénées. Elles permettront une meilleure visibilité du métier et la prise en compte de tous les aspects de la mission du consultant. Par ailleurs, l ouverture des marchés aura comme conséquence une intensification de la concurrence internationale. Les cabinets régionaux de grande taille qui se sont plutôt tournés vers les TPE et des PME pour augmenter leur potentiel de marché devraient avoir, avec l internationalisation (qui représente en France moins de 10 % du marché du conseil) une source de développement. Les avocats d affaires et les expertscomptables vers une logique de marché La faible visibilité qu ont les clients pour différencier les offres de prestations proposées ne concerne pas que les spécialistes stricto sensu du conseil. Les avocats d affaires et les experts-comptables sont soumis à la même problématique. Ces deux professions réglementées devront passer d un rôle de prestataires à un rôle d entreprises de services et entrer dans une logique de marché. Ce que leurs clients ont dû faire précédemment, ces professions y sont aujourd hui confrontées : positionnement de leur offre, gestion de la relation client, gestion des Ressources Humaines et surtout politique marketing et commerciale. Le code français de déontologie des professionnels de l expertise comptable interdit aux membres de cette profession d effectuer tout acte de démarchage, c est-à-dire toute prise de contact avec un tiers qui ne l a pas sollicitée, en vue de proposer ses services à ce dernier. Pour les avocats, cette interdiction du démarchage est inscrite dans le décret du 25 août La directive européenne des services prévoit l élimination des obstacles de circulation des services tels que l interdiction totale de la communication commerciale. Une plus grande souplesse législative se met donc en place et permettra aux professions réglementées d avoir une politique commerciale plus agressive. Complexification de l environnement : une opportunité pour le marché Comme on a pu le constater précédemment, le recours au conseil et à la formation est en expansion. La complexification de l environnement, la juridiciarisation des relations commerciales, la nécessité pour les dirigeants et pour les salariés d être accompagnés face à ces changements, bénéficient à l ensemble des segments de la filière.

11 De cet environnement mouvant émergent de nouvelles problématiques : > Organisationnelle : Dans le cadre de la Loi de Modernisation de l Economie (LME), la plupart des administrations vont accélérer leurs restructurations (plan d économie, ouverture à la sphère privée avec les partenariats Public-Privé) Internationalisation croissante qui concerne aujourd hui aussi les PME La concentration des structures à attendre dans certains domaines qui devrait favoriser le marché des fusions-acquisitions > Règlementaire : La loi sur la sécurité financière qui concerne toutes les SA ainsi que les sociétés faisant appel à l épargne publique Les nouvelles normes internationales d information financière (IFRS) qui concernent les entreprises cotées mais qui pourraient s étendre à toutes les entreprises > Socio-démographique : Papy Boom qui poussera les entreprises à revoir leur organisation (remplacement des départs, réallocation de certaines ressources, formation managériale, externalisation de certaines activités ) Intégration de la génération Y (génération Internet) à l organisation et à la culture des entreprises > Sociétale : Développement durable avec la montée en puissance des problématiques environnementales qui touchent aussi bien les entreprises que les collectivités locales Bien-être au travail et ergonomie (prévention des risques professionnels, amélioration des conditions du travail ) avec le tryptique organisation-management-santé Responsabilité sociétale des entreprises et organisations : RSE et RSO (approche de la performance extra-financière des organisations et valorisation du capital immatériel, de l ISO 26000). Les nouvelles technologies au service de la formation professionnelle En dehors de ces problématiques, les entreprises de la filière pourront bénéficier de l évolution des nouvelles technologies (par ailleurs facilitée par l intégration de la génération Y) pour augmenter leur productivité. La formation sera à court terme le premier bénéficiaire de l essor des technologies et de l Internet. La montée en puissance du e-learning ou formation en ligne en est l illustration. Si le marché ne représentait en France que 114 millions d euros en 2010, il est en forte croissance en lien avec l avènement des logiciels Saas (services as a software). L offre devrait se généraliser car cela représente une attente forte de la clientèle. On voit également émerger le Blended-Learning très utilisé pour l apprentissage des langues où se mêlent les apprentissages oraux et écrits, en face à face et à distance, individuels et collectifs. Pour compléter ces usages de formation en ligne, on pourra citer le développement de la visioformation. Matrice SWOT de la Filière Conseil et Formation FORCES Clientèle potentiellement très large Existence de professions réglementées Croissance de l externalisation des fonctions supports des entreprises Dynamisme local de la création d entreprise Présence en Midi-Pyrénées d industries de pointe, d administrations et d entreprises du secteur financier, consommatrices de conseil Diversité de la formation universitaire en région Dynamisme démographique, population active en expansion, consommatrice de formation OPPORTUNITES Recours plus fréquents des TPE/PME au conseil Emergence de nouvelles problématiques (phénomènes sociodémographiques, développement durable, dérégulation de certains marchés, ) Interprofessionnalité capitalistique entre les métiers de la filière Libéralisation de la communication pour les professions règlementées Généralisation des nouvelles technologies dans l offre de formation (e-learning, blended-learning, visio formation ) Dématérialisation des procédures administratives FAIBLESSES Activité de la filière dépendante de la conjoncture Image floue des métiers et des activités non réglementées avec des faibles barrières à l entrée Difficulté de différenciation des prestations proposées Proportion nationale plus importante en TPE que dans les pays Anglo-Saxons. Midi-Pyrénées ne déroge pas à la règle MENACES Durcissement concurrentiel au sein de la filière Persistance de la baisse des prix des honoraires des consultants au détriment de la qualité des prestations Directive européenne des «Services» menace le monopole des professions règlementées Simplification des démarches comptables pour les TPE

12 COMPOSITION DE LA FILIERE Conseil et Formation La filière est analysée dans ce document à partir de la division en quatre grands segments (sur la base de codes et définitions APE - INSEE ci-dessous). Les activités de conseil en systèmes et logiciels informatiques, de conseil en relations publiques et communication, des agences de publicités et d intérim, ainsi que l enseignement supérieur n entrent pas dans le champ de cette étude. Conseil aux entreprises 70.22Z Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion 73.20Z Etudes de marché et sondages Ce segment comprend le conseil et l assistance à des entreprises et autres organisations dans le domaine de la stratégie et l organisation, de la gestion financière, commerciale et marketing, des ressources humaines, de la production et du processus de travail ainsi que de la logistique et de la gestion de projet. Il comprend également les études portant sur le potentiel commercial de biens et de services et les sondages d opinion sur des questions politiques, économiques et sociales ainsi que l analyse statistique des résultats. Activités juridiques 69.10Z Activités juridiques Ce segment comprend la représentation juridique d une partie contre une partie adverse, ainsi que les activités de conseil et de représentation dans des affaires civiles et pénales, et dans des conflits du travail. Il comprend également la rédaction de documents juridiques (statuts, accords d association, brevets et droits d auteurs, actes juridiques etc.) ainsi que les activités des notaires, huissiers, juges d instruction et arbitres. Il comprend également les activités des commissaires-priseurs dans un cadre juridique et la gestion de tutelles et de curatelles. Activités comptables 69.20Z Activités comptables Ce segment comprend les activités de services comptables, d établissement ou de vérification de comptes financiers, d examen des comptes et de certification de leur exactitude, d établissement de déclarations fiscales pour les particuliers et les entreprises, de tenue des livres. Il comprend aussi les activités de conseil et de représentation (autre que la représentation juridique), pour le compte de clients, devant l administration fiscale. Est également prise en compte l activité des centres de gestion agréés. Formation professionnelle 85.59A Formation continue d adultes Ce segment comprend la formation professionnelle destinée à des adultes entrés dans la vie active et la formation interne des administrations publiques. Les données utilisées sont issues de la base de données des entreprises des CCI de Midi-Pyrénées au 1 er janvier Seules les entreprises inscrites au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), dont la forme juridique est gérée par la CCI, sont ici considérées (ne sont donc pas comprises les administrations, les artisans purs). La nomenclature utilisée est la Nomenclature d activités française (NAF) en vigueur au 1 er janvier L analyse de ces données a notamment été enrichie par la tenue d entretiens qualitatifs auprès d entreprises représentatives de la filière régionale. NOUS TENONS AINSI A REMERCIER VIVEMENT LES ENTREPRISES AFT-IFTIM, AGO, ALFA CONSEIL, ARTUS CONSULTANTS, AUDIT PLUS CONSEIL, CRP CONSULTING, DK PARTNERS, FIDAL, LOYVE AVOCATS, MB2 CONSEIL, MBE, MERLANE, MORVILLIERS SENTENAC AVOCATS et SR CONSEIL. Ce dossier sectoriel a été réalisé en collaboration avec les représentatants du Syntec Management, de la CICF, d IdéeMIP, de la CPC, de la FFP, de la CSFC, de l Ordre des Avocats, de l Ordre des Experts-Comptables, de la DIRECCTE, du Conseil Régional et de la CCI de Région Midi-Pyrénées. Sources APCE : «Avocat, juin 2009», «Consultant indépendant, Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion, novembre 2009» «Entreprendre dans la formation professionnelle, mai 2011», ORDRE DES EXPERTS-COMPTABLES : «Marché de la profession comptable, octobre 2010» SYNTEC Conseil en Management : «Baromètre des achats 2009», décembre 2009 XERFI : «Conseil en management, janvier 2011», «Expertise comptable et audit, juin 2009», «Professions juridiques, mars 2011», «Formation professionnelle privée, décembre 2010», «Etudes de marché, sondages, études économiques, février 2011» FFP : «Observatoire prospective des métiers et des qualifications de la branche des organismes privés de formation, mars 2010» OBSéco, l Observatoire Economique des CCI de Midi-Pyrénées CCI de Toulouse, Observatoire Economique : «Enquête de conjoncture économique des Entreprises en Haute-Garonne, Bilan 2010, Perspectives 2011 mars 2011». Création et réalisation : Corinne Deniel.

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