JESUITES DE FRANCE 2010

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2 S O M M AIRE É d u c a t i o n A p p e l é s F i g u r e s S c i e n c e s C a r n e t Rassemblement de Lourdes 2009 Ignace et Bernadette De l un à l autre CEP Congrès mondial des Anciens Élèves Une laïque Présidente Un jésuite Directeur Mouvement Eucharistique des Jeunes L Apostolat de la Prière sur le web Les Vocations Paul FELLER et les outils Matteo RICCI et la Chine L Institut Biblique à Rome Recherches de Science Religieuse Un théologien aujourd hui en France Des ordinations et des vœux Un nouveau Provincial de France Les défunts Site internet des jésuites de la Province de France uête de Dieu is par an t spirituel le année. COMPAGNIE Courrier de la Province jésuite de France - 7, rue Beudant, PARIS CCP - Compagnie de Jésus L PARIS RÉDACTION - Pierre GAUFFRIAU - 9, rue Raynouard, PARIS Conception-réalisation/suivi de fabrication - Julia NION/Nathalie Crepy SER (Société d'édition de Revues) - 14 rue d'assas Paris Imprimerie - DARANTIERE - 8, bd de l Europe - BP Quétigny Dijon cedex Dépôt légal 4 ème trimestre 2009

3 L e s j é s u i t e s d e F r a n c e s o n t h e u r e u x d e p r é s e n t e r e n c e d é b u t d a n n é e Leur investissement dans les établissements scolaires : la fondation de l Association Ignace de Loyola Éducation et du CEP Ignatien en est une base structurelle ; le rassemblement de Lourdes 2009 a permis de mieux prendre conscience d une réalité qui fait corps : la famille ignatienne en attendant le nouveau Lourdes, sous une autre forme, en septembre. Une belle continuité dans la formation à la prière, qui trouve des formes différentes adaptées aux attentes et aux techniques du jour : l Apostolat de la Prière invite à prier au cœur du monde sur le web, et le Mouvement Eucharistique des Jeunes, le MEJ, à approfondir sa foi au cœur de la fête des lieux où chacun peut entendre l appel que Dieu lui adresse. Deux figures de jésuite, de notoriété inégale, mais d égale originalité : Paul Feller, passionné d apprentissage, fondateur à Troyes de la Maison de l Outil et de la Pensée ouvrière ; et Matteo Ricci, décédé à Pékin en 1610, «l intermédiaire culturel le plus éminent de tous les temps entre la Chine et l Occident» et là-bas toujours vénéré comme un sage. L austère et discret travail des chercheurs en exégèse et en théologie, à l occasion d un double centenaire : celui de l Institut Biblique à Rome (et Jérusalem), et à Paris la revue des Recherches de Science Religieuse aujourd hui, comme il y a 100 ans ou bien plus encore, la réflexion continue Et un exemplaire de l hebdomadaire gratuit Vers Dimanche, «pour prier chaque jour l évangile de dimanche prochain». A t o u s e t à c h a c u n b o n n e e t h e u r e u s e a n n é e

4 2 éducation {Manuel GRANDIN sj Les témoignages ne manquent pas pour exprimer l enchantement qui fut le nôtre à Lourdes du jeudi 30 avril au dimanche 3 mai derniers. Ce fut le premier rassemblement du réseau «Ignace de Loyola Éducation» des 14 établissements scolaires sous tutelle jésuite et de plusieurs institutions amies. Pluies diluviennes empêchant le montage des tentes des jeunes, retard important du train spécial Paris-Lourdes pour 800 participants le premier jour, couacs en tout genre dans l organisation, mais aussi recherche de fonds en temps de crise économique, résistances et tâtonnements durant la préparation : les combats ne manquèrent pas. Mais rien de tout cela n a pu nous ôter le plaisir de faire partie d une même famille et de pouvoir échanger en profondeur sur nos réalisations et nos espoirs.

5 LOURDES 2009 en famille, découvrir la joie durable! L opération a demandé pas mal d ouvriers, de la première et de la dernière heure : grand merci à tous ceux qui, dans les établissements scolaires comme en équipe nationale de préparation, n ont pas ménagé leurs efforts pour que la fête soit belle. Et ce n est pas simple politesse : un merci spécial à François-Xavier Dumortier sj, Jean-Yves Grenet sj, Thierry Lamboley sj et Bruno Tessier qui ont initié cette aventure et su m aider à (sup) porter la charge de la coordination de cet évènement. Voici sept challenges que nous avons relevés ensemble à l occasion de cette rencontre à Lourdes : ils sont une invitation à la louange et à l audace pour l avenir. Faire mémoire 1 d une histoire remarquable Vivre une expérience 2 de travail en réseau Pour la première fois, tous les membres des communautés éducatives des établissements sous tutelle jésuite ont eu la possibilité de se rencontrer. Auparavant il y avait eu de riches rencontres, colloques et formations par catégories (animateurs laïcs en pastorale, enseignants, chefs d établissement, cadres, délégués de classe, théâtreux, ), mais cela n avait pas permis comme à Lourdes de mesurer l étendue et la complexité du réseau et de l univers jésuite. Il a été décisif pour le rassemblement que des membres des établissements aient été au service les uns des autres, dans des domaines aussi variés que la recherche pédagogique, l animation artistique ou la logistique. Cela ne peut que susciter le goût pour des collaborations futures inter-établissements. Je ne connaissais rien aux «collèges» il y a 2 ans à peine. L éducatif m intéressait bien mais la mission en établissements scolaires me semblait appartenir au passé. La volonté de la Compagnie de Jésus de voir dans le champ de l éducation une priorité et d en prendre les moyens («la tutelle n est pas une inspiration lointaine mais une responsabilité»), les attentes récurrentes de l Église de France sur le terrain de l éducation et de la pastorale des jeunes, les encouragements et les insistances de tous ordres de la part des anciens mais aussi de certains cadres pédagogiques, d associés et de parents («Dans un monde qui n est plus chrétien, nous avons besoin de soutien dans notre rôle de parents auprès de nos enfants») ont soutenu efficacement le projet. W

6 Susciter un 3 espace intergénérationnel Nous étions un peu plus de 1200 jeunes et enfants (de la 4 ème aux classes préparatoires) et autour de 900 adultes (responsables des établissements, enseignants, parents, amis du réseau et jésuites). Il est rare même à Lourdes de voir des jeunes et des adultes vivre ensemble un temps fort de façon aussi articulée. Si dans la journée les deux publics vivaient des programmes séparés, lors des veillées (procession mariale aux flambeaux le vendredi, fête du réseau le samedi) ainsi que la dernière matinée (forum «Éducation et Solidarité» et messe d Envoi), ils se sont retrouvés pour prier, se découvrir engagés ensemble dans l aventure de la foi et du service, et aussi faire la fête. Un certain nombre d adultes ont vu autrement les jeunes et certains jeunes ont été contents de partager leur énergie et leurs talents avec les plus grands (activités artistiques ). Cela souligne l importance de créer des temps forts où les différentes générations puissent à la fois vivre des activités spécifiques et se retrouver. 4 Proposer aux adultes un programme de qualité Les objectifs annoncés étaient au nombre de quatre : a) débattre des enjeux de l éducation aujourd hui (internet, violence entre jeunes, autorité, relations parents-enseignants, spécificité jésuite) ; b) prendre conscience d appartenir à un même réseau (présentation mutuelle des divers projets pédagogiques) ; c) découvrir la pédagogie et la spiritualité jésuites (conférences de jésuites du Centre Sèvres et de membres du Centre d Étude Pédagogique Ignatien) ; d) et enfin célébrer et faire la fête. Pour les trois premiers objectifs, nous avons investi presque toutes les salles des sanctuaires pour que des groupes puissent travailler sur ces diverses thématiques. Beaucoup ont pu expérimenter combien notre tradition a le souci de la personne et le sens d un vrai travail d intelligence de la foi, face aux défis de la société. Pour le quatrième objectif, les images et les musiques parlent d ellesmêmes : Merci à Pascal Gauderon sj et à son équipe, à Matthieu Cossiez, professeur de maths à Reims, ainsi qu à la Maîtrise de Franklin qui nous ont ravis sur des airs et des rythmes différents. Lancer une vigoureuse 5 invitation aux jeunes «Développe ce qui est durable en toi», tel était le thème de la proposition «jeunes» portée par Gilles Barbe sj et quel-

7 ques autres. En surfant sur la vague du développement durable, il s agissait d aider les jeunes à travers nombre d activités («Olympiades solidaires» pour financer un projet JRS, services des malades, découverte des talents, rencontre avec des témoins ), à réfléchir sur les valeurs (solidarité, intériorité) et les expériences de foi qui les aideront à durer dans la vraie vie. Ils se sont beaucoup appuyés sur l expérience spirituelle d Ignace qui est celle de la joie durable pour nommer ce qui peut produire du fruit au cœur de ce monde déroutant et pourtant à aimer. La venue d aînés (les 300 jeunes de Ginette) et la présence de jeunes jésuites a aussi donné lieu à de beaux échanges et à des expériences d entraide entre jeunes d âge différents. que veut dire réussir» par les responsables de Ginette et de l AFEP, l École de Production pour des jeunes en échec scolaire. De même adultes et jeunes de Franklin ou de Bordeaux ont pu côtoyer des personnes des lycées professionnels du Marais-Ste-Thérèse à St-Etienne ou de la Providence d Amiens, et vice versa. Le dimanche, le forum «Éducation et solidarité» a également permis aux établissements de présenter les uns aux autres ce qui concerne la formation sociale et l ouverture à l autre. Tous, nous sommes à la recherche d une justice sociale plus grande et d un engagement plus sérieux auprès de la «jeunesse défavorisée», qui est l un des objectifs prioritaires des années à venir pour la Compagnie de Jésus et notre réseau. Oser poursuivre 7 l aventure ensemble Développer un lieu 6 de mixité sociale Des personnes de milieux différents ont pu échanger et travailler ensemble : ainsi l animation commune d un atelier pédagogique sur «ce «Lourdes 2009» n est qu un sommet dans cette histoire remarquable et il s agit de continuer, laïcs et jésuites, à écrire de nouvelles pages ensemble. Pour ce faire, nous aurons en particulier à essayer de mieux rejoindre nos collègues enseignants, à rendre plus effective cette mixité sociale que nous appelons de nos vœux, à améliorer notre communication, et enfin à mieux nous faire connaître dans la mosaïque catholique ainsi que dans les débats de société sur l éducation. W

8 * Nous apprenons patiemment à faire réseau, à être une famille, avec nos pauvretés et nos talents. «Famille», c est par cette dénomination de «famille ignatienne» que nous étions reconnus à Lourdes cette année. De fait, en mai 2009 comme en juillet 2006 pour le grand Jubilé, nous avons expérimenté que pour avancer et pour être mieux identifiés dans l Église, nous avions besoin de nommer nos racines communes, de nous dire les uns aux autres nos préoccupations et nos espérances pour le monde, pour les jeunes et de célébrer joyeusement. Avançons en confiance : «yes we dit it, yes we can more». n

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10 { Au bord du Gave vu des balcons du ciel Ignace Tu te souviens de notre première visite ici? Bernadette C était pas il y a 3 ans, pour ton jubilé? Ignace Non, bien avant tu te souviens de l histoire du Caousou? Bernadette Euh, vaguement Ignace Nous n avons pas oublié, nous! Nous avions créé un collège Sainte Marie à Toulouse en 1850, et le succès était tel qu il fallait agrandir. Nous voulions ouvrir des classes préparatoires à St-Cyr. Un terrain était en vue, mais le propriétaire refusait de vendre Rien n y faisait. Alors le collège a décidé un pèlerinage ici, pour demander à l Immaculée de changer le cœur du propriétaire. Et voici comment le 31 mai 1869 non sans avoir auparavant travaillé en composition littéraire sur le récit des apparitions, et les meilleures copies ayant été lues devant parents et élèves le collège de Toulouse entreprit son pèlerinage à la grotte Qui fut un véritable événement : non seulement il remua profondément tous les habitants du pays de Lourdes, et confirma leur foi dans la réalité des apparitions, mais il inaugura tous les pèlerinages du monde entier et ouvrit la voie aux foules qui allaient venir Bernadette Oui, bon En gros, c est vous qui avez fait Lourdes, c est ça? Ignace Chut, laisse-moi finir le récit de cette chronique avantageuse. Ce fut un magnifique spectacle que l entrée en ville, tambours battants, clairons sonnants, cantiques retentissants, de cette jeunesse ardente et nombreuse, accompagnée de parents non moins ardents et nombreux, et précédés d un long panache d enfants de chœur aux couleurs chatoyantes, vibrant sous les bannières dorées et Bernadette Un peu comme vous tout à l heure, non? Ignace Tu es incorrigible! Tu ne veux pas connaître la fin de l histoire? Bernadette Si, si, mais abrège! Ignace La messe fut dite devant la grotte ; l école Sainte Marie de Toulouse fit don d un fort beau missel au sanctuaire, et d une couronne pour la statue de la Vierge Et le terrain fut acquis, l école construite, et depuis, l Immaculée Conception est la sainte patronne du Caousou : ce fut une première mondiale, la première école sous son patronage! Bernadette Waou! Alors depuis 1869, les collèges jésuites sont liés à Lourdes? Ignace Faut croire, oui! On peut même dire que c est Marie qui a permis la construction du Caousou, en

11 changeant le cœur du propriétaire qui refusait de vendre son terrain, avant ce pèlerinage Bernadette Eh bé! Ignace Bon, d accord, il y a eu aussi des tractations et des bons appuis en coulisses mais l un n empêche pas l autre : à nous les moyens humains, à Dieu les moyens divins, non? Bernadette Si tu le dis!. Remarque, des fois, tu dis aussi : «à nous les moyens divins, à Dieu les moyens humains» : c est encore une subtilité jésuite? Ignace Ça dépend du contexte, je t expliquerai un jour * * * * * * Bernadette Pourquoi m as-tu raconté ces histoires d anciens élèves, Descartes, Voltaire, Castro, Hitchcock, qui n ont pas tous bien tourné apparemment? Ignace Parce qu ils te montrent que chacun a su exceller à sa façon : par l éloge de la raison, de l esprit critique, de l engagement politique, de l art chacun a contribué à bâtir notre monde, et y a laissé sa marque. Et aussi parce que je crois que nous ne pouvons pas choisir à leur place ; nous pouvons les aider à développer leurs talents, mais eux seuls décident du sens qu ils leur donnent : au service de quoi les mettront-ils? * * * * * * Bernadette Dis donc, je me disais tout à l heure : je comprends pourquoi je ne suis pas allée dans une école jésuite : ils ne m auraient jamais acceptée! Ignace Oh, si ça peut te rassurer, je me dis souvent la même chose [aparté] ou alors, ils m auraient viré rapidement : dans ces collèges, il y a tellement de gens qui se veulent plus ignatiens que moi Bernadette Mais en fait, en cherchant bien, j aurais pu trouver une de vos écoles qui m accepte, non? Ignace J espère! Ou alors, c est qu on aurait raté quelque chose, tu ne crois pas? n Enregistré par Pascal GAUDERON sj (pour la veillée festive du 2 mai 2009 dans l église Sainte Bernadette, à Lourdes) Bernadette Autrement dit, avoir des talents, c est bien ; savoir quoi en faire, c est mieux Ignace Oui, et çà, c est ce qu on appelle le discernement

12 { Du CEP au CEP-Ignatien Marie-Thérèse MICHEL Directrice du CEP Ignatien Petit historique jusqu aujourd hui Le CEP (Centre d Études Pédagogiques) a été fondé par la Compagnie de Jésus en Son premier responsable fut le P. Pierre Faure qui, avec Hélène Lubieska de Lenval, fut l initiateur d une démarche pédagogique dénommée «enseignement personnalisé et communautaire» mise en œuvre au collège des jésuites de la rue de Madrid à Paris. Cette méthode eut vite un rayonnement international. Dès 1946, le CEP publia un bulletin de liaison entre les collèges jésuites CEP inter-collèges dont l audience déborda bien vite les seuls collèges de la Compagnie de Jésus. Dans les années 60, ce sont plus de 700 établissements de l enseignement catholique qui étaient abonnés à ce bulletin traitant de tous les domaines pédagogiques, éducatifs et pastoraux. Le CEP se lance également dans l organisation de sessions de formation et d universités d été ouvertes à divers publics de l enseignement catholique. À partir de 1953, le P. François Ader entre au CEP pour y lancer, avec une équipe, une revue destinée en priorité aux parents des élèves des collèges jésuites en France. Intitulée Parents et Maîtres, cette revue trimestrielle eut pendant vingt ans jusqu en 1975 une grande audience dans les familles de l enseignement catholique. À partir de ces années 70, les collèges jésuites se constituent en associations loi 1901 par lesquelles les jésuites veulent assurer, à parité avec des laïcs, la responsabilité de leurs collèges. Pendant 15 ans le CEP ne sera plus que le support légal du bulletin de liaison de ces associations. CEP inter-collèges est alors diffusé sous le titre Associations. En 1991 l ensemble des responsables des établissements scolaires associés à la Compagnie de Jésus décide de redonner vie au CEP. Sous l égide du P. Bernard. Pardonnat, le CEP devient l organisme de coordination et de formation des établissements scolaires de la Compagnie de Jésus. Depuis 1997, sa direction, désormais autonome, est confiée à des laïcs. Jean-Paul LAMY sj À cette date, l intercongrégation est déjà une réalité : certains réseaux en sont membres associés et participent aux instances et aux formations du CEP. Il s agit des écoles Chevreul (tutelle UGEC de la Société de Jésus-Christ) et des écoles Jeanne de Lestonnac (tutelle ACEL de la Compagnie Marie Notre-Dame). Les deux congrégations fusionneront en mars Le CEP va alors s attacher à promouvoir la formation à la pédagogie ignatienne des divers partenaires : chefs d établissements, nouveaux enseignants, préfets, CPE, APS ). Un pôle accompagnement permet aussi d initier et de suivre des projets à l intérieur des établissements. Le CEP est chargé de mettre en œuvre les orientations données aux établissements par sa Tutelle, la Compagnie de Jésus. L Association Ignace de Loyola éducation fondée en mars 2008 regroupe alors les 15 établissements jésuites et le CEP en est membre associé. Peu à peu des liens vont se tisser ou se renforcer avec d autres congrégations et en 2008, le P. F-X. Dumortier, Provincial de France, propose aux congrégations ignatiennes intéressées un partenariat pour la formation. Ainsi, le 27 mars 2009, 4 congrégations sont devenues membres fondateurs d un nouveau CEP qui prend le nom de CEP Ignatien. Il s agit de la Compagnie de Jésus, de la Compagnie Marie Notre-Dame (qui regroupe désormais l UGEC et l ACEL), de la Société du Sacré-Cœur et des Fidèles Compagnes de Jésus. Trois autres congrégations sont des membres associés : les Ancelles du Sacré- 10

13 Cœur, l institut des Sœurs de St-Joseph, les Sœurs de Jésus Serviteur. * L équipe du CEP Ignatien composée actuellement de cinq laïcs, d une religieuse et de quatre jésuites est appelée à se renforcer dans les mois qui viennent, les demandes de formation se diversifiant beaucoup. Elle est aidée par un groupe de recherche-action de six personnes qui interviennent aussi en formation. Les principaux champs d activité sont : Les sessions nationales pour une catégorie d acteurs des établissements. Cette année par exemple une session franco-belge des chefs d établissement sur le thème «justice sociale : quelles exigences pour nos établissements?». Des interventions sur un site ou une région. Pour proposer le projet de la pédagogie ignatienne (progression sur trois niveaux), faire l accompagnement des conseils de direction ou des équipes pastorales ; animer des groupes de recherche sur l un ou l autre thème : Autorité Intériorité Éthique Évaluation. Le CEP Ignatien travaille en partenariat avec le Centre Sèvres, le Ceras et d autres instituts au sein de l URCEC (Union des Réseaux Congréganistes de l Enseignement Catholique). Il a été très impliqué dans la création de l UNIFOC (Union Nationale des Instituts de Formation de l Enseignement Catholique) qui regroupe 15 instituts congréganistes et dont la présidente est la directrice du CEP Ignatien. Des liens se sont tissés entre ces instituts congréganistes qui échangent expériences et difficultés et peuvent maintenant élaborer des projets communs. Un pôle commun de recherche est envisagé. Une ère nouvelle s ouvre pour le CEP Ignatien qui devra relever le défi qu est aujourd hui la formation à l esprit ignatien dans un contexte très sécularisé. Une des recherches en équipe se fait cette année autour du lien «Spiritualité et Pédagogie», un thème travaillé aussi cet été, à la rue Raynouard, par plusieurs jésuites francophones d Europe et du Liban. Il est arrivé d entendre dans une session de formation : «C est quoi, une congrégation?»; mais, dans le même temps, beaucoup de jeunes enseignants, loin de l Église et de toute pratique religieuse, réfléchissant sur leurs pratiques pédagogiques et leurs motivations profondes, sont très attentifs au sens de l éducation donnée par la tradition ignatienne et désirent continuer une recherche. Bien des personnes ayant participé à l un ou l autre groupe de recherche souhaitent faire les Exercices Spirituels. Pour toute l équipe ce sont de précieux encouragements et des signes d espérance pour le réseau. n 11

14 {Pierre SALEMBIER sj Congrès de l Union Mondiale des Anciens élèves Bujumbura (Burundi) juillet 2009 Tel était le programme du 7 e Congrès mondial des Anciens Élèves de la Compagnie de Jésus, le premier à se tenir en Afrique, à Bujumbura (Burundi), avec 213 participants (dont 120 Africains) qui venaient de 30 pays différents. Après la célébration d ouverture présidée par l archevêque de Bujumbura, assisté de l archevêque de Bukavu (du sud Kivu à l est du Congo RDC), ancien élève lui-même, les participants se sont retrouvés dans la grande salle de l ancien collège du Saint-Esprit, sur le site de Kiriri, dominant la ville de Bujumbura, pour entendre les mots de bienvenue du Président de l Association des Anciens Élèves des collège et lycée du Saint-Esprit de Bujumbura, M. Grégoire Baniyiyezako, du Président de l Union Mondiale, M. Bernard Thomson et du Premier Vice-Président de la République, le Dr. Yves Sahinguvu, lui aussi ancien élève du collège du Saint-Esprit. Manifestement, les autorités civiles du Burundi étaient heureuses d accueillir sur leur territoire un tel événement, rendu possible par le retour du pays à la paix après une quinzaine d années de guerre civile. Le programme du Congrès était dense, alternant conférences, rencontres par petits groupes linguistiques et panels. La conférence d ouverture, unanimement appréciée, donnée par le P. Peter Henriot, du Centre jésuite pour la réflexion théologique de Lusaka, (Zambie) était intitulée : «Afrique, notre potentiel l emporte sur nos problèmes». Suivait, au cours de l après- 12 midi, un panel dont la présentation générale était assurée par le P. Franck Turner, Directeur de l OCIPE à Bruxelles, pour présenter les lobbies ou «advocacies» menés par l Union Européenne en direction de l Afrique et tout particulièrement du Congo RDC, voisin du Burundi. Suivaient les présentations d initiatives réalisées pour le développement en Afrique. Parmi elles, présenté par son Chef de projet, Jean-Gabriel Prieur, retenons l Institut Supérieur de Technologie d Afrique Centrale (ISTAC), fondé par l ICAM, (l Institut Catholique des Arts et Métiers de Lille) : le cycle préparatoire en a démarré en 2002 à Pointe-Noire (Congo Brazzaville) suivi par la création de l Institut Supérieur de formation d ingénieurs par alternance en 2004 à Douala (Cameroun). La deuxième journée était consacrée à des sujets plus ciblés. Les Pères Ferdinand Muhingurwa et Rigobert Minani, du Centre d Études pour l Action Sociale (CEPAS) de Kinshasa, traitaient des «Enjeux régionaux de la paix et du développement dans la région des Grands Lacs» et l après-midi était consacrée aux questions touchant surtout à la santé publique et au traitement de l épidémie du SIDA. Intervenait notamment dans ce cadre, le Dr Jean-Jacques Muyembe, épidémiologiste de renommée internationale, venu de Kinshasa. La perspective de ces interventions et réflexions était d aboutir à des propositions concrètes pour l avenir. L association du Burundi vivait dans l espoir d obtenir du Père Général l engagement de la Compagnie à créer une «université «Anciens élèves des jésuites, pour une meilleure Afrique, qu avons-nous fait? que faisons-nous? que devons-nous faire?»

15 d excellence» sur le site de l ancien collège du Saint-Esprit, confisqué par l état il y a 25 ans, et qui pourrait être bientôt restitué à la Compagnie, cette mesure venant d être reconnue juridiquement illégale. D autres propositions ont aussi émergé de cette assemblée, par exemple l offre de collèges universitaires indiens de recevoir des boursiers de cette région d Afrique. Ou bien la volonté exprimée par des Burundais, des Congolais du Kivu (RDC) et quelques Rwandais, de se retrouver pour réfléchir aux initiatives à prendre pour servir la cause de la paix dans la région des Grands Lacs et entraver la scandaleuse corruption qui y règne. Le dimanche 26 juillet a été marqué par la présence du Père Général. On pourra lire, par ailleurs, le texte complet de son discours ; je n en retiendrai que ces quelques points : D abord l appel à une collaboration renouvelée entre la Compagnie et ses anciens élèves : «Si vous n avez plus besoin de nous, la Compagnie de Jésus vous fait savoir qu elle a besoin de vous». Mais le Père Général a aussi souligné qu une collaboration satisfaisante ne s improvise pas. «Elle réclame chez les partenaires concernés une disposition favorable, et une formation sérieuse des deux partis». Le Père Général a ensuite interpellé les participants sur les structures actuelles des anciens élèves : sont-elles adaptées? Leur seul qualificatif de «Anciens» se révèle souvent dissuasif pour les plus jeunes générations. Les associations ne pourraient-elles pas adopter comme cela se fait déjà en quelques endroits l intitulé de «Associations d anciens élèves et amis de la Compagnie»? Ce qualificatif aurait l intérêt d orienter ces associations vers une collaboration au présent entre anciens élèves et Compagnie comme l appelle de ses vœux la dernière Congrégation Générale. Enfin le Père Général, informé des aspirations burundaises à la création d une université jésuite, sans laisser planer de faux espoirs en ce domaine, s est dit ouvert à ce que la Compagnie étudie, avec les partenaires concernés, la possibilité d une initiative dans le domaine de l Enseignement Supérieur pour cette région des Grands Lacs. Il faut aussi signaler l intérêt du programme spécial proposé aux jeunes anciens élèves, invités à vivre des «expériments» au cours de la semaine précédant le Congrès. C est ainsi que cinq groupes ont pu participer à un travail social soit à Bukavu (RDC-Kivu), soit à Ciangugu, au Rwanda, ou à Bujumbura. Ces expériences ont permis de bons échanges entre jeunes africains et jeunes «anciens» venus d Europe. La dernière journée du Congrès fut consacrée à la lecture des résolutions du congrès et aux réunions statutaires de l Union Mondiale. L Assemblée Générale avait ensuite à élire un nouveau «Conseil» composé de deux représentants par Continent. Pour la première fois un américain des USA, M. Tom Bausch, enseignant au «départment of Management» de l Université de Marquette (Milwaukee), fut élu président. L Assemblée Générale avait enfin à déterminer le lieu du prochain congrès. Celui-ci devant selon les statuts se tenir en Amérique Latine, c est l Association de Medellin qui s est portée volontaire pour l accueillir en septembre À l heure des évaluations, la plupart des participants s accordaient à reconnaître la qualité de la réflexion et des échanges, qui dépassait celle des précédents Congrès. Cela tenait sans doute au fait que la tragédie vécue dans le pays n autorisait pas la superficialité. D autre part, le lieu n offrait aucun échappatoire : pas d Internet accessible au cours des pauses, pas de transports publics organisés Ce «huis-clos» a contribué à rendre les participants vraiment «présents» et disponibles les uns aux autres. Quelle chance! NB Pour plus d informations sur le contenu des différentes interventions, voir le site de l Union mondiale des anciens élèves n Composition de l assemblée Afrique 121 dont Burundi 57 Congo RDC 40 Amérique latine 11 Amérique du Nord 04 Europe 54 dont France 20 Asie du Sud-est 23 Australie 01 TOTAL 213 Anglophones 50 Hispanophones 11 Francophones 152 Le Père Général Adolfo NICOLÁS Jésuites : 40 // Femmes : 29 13

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17 Mon travail avec des jésuites Cette semaine, goudronnage dans ma rue. Je sors pour déplacer ma voiture et je reconnais dans l équipe des ouvriers un «ancien élève» de l AFEP*, qui faisait partie d un petit groupe bien tonique avec lequel je révisais les bases des mathématiques. Nous échangeons quelques mots, il a changé de travail, il va bien, il s étonne que je me souvienne de son prénom Quand on s intéresse aux chantiers de l éducation, le terrain est vaste. C est sur ce terrain que j ai rencontré des jésuites. Au départ, notre installation à Saint-Étienne et l inscription de nos enfants à Saint-Michel dont mon mari Gilles est un ancien élève. Catéchèse en primaire, aumônerie en collège, activités de parents d élèves, les points de rencontres sont nombreux et assez vite il nous est fait la proposition, à Gilles et moi, de rentrer dans l association responsable de Saint-Michel. Pourquoi pas? C est une période de réflexion sur le projet éducatif. Nous voilà associés, puis pour moi quelques années au Conseil d Administration. On me sollicite pour devenir Présidente du Conseil, pourquoi pas? C est un temps d activités intenses avec des projets multiples pour le développement des formations post-baccalauréat. Un temps de grandes tensions aussi où je n ai pas toujours tous les éléments pour comprendre mais je m appuie sur la confiance qui m est faite. Si les activités de l association avec les adultes sont complexes, les activités de pastorale avec les jeunes apportent de vrais moments de joie, en particulier les soirées-débats avec des élèves du lycée que nous préparons en groupe. Les rencontres régionales du réseau sont aussi des lieux d ouverture et de paroles qui soutiennent l engagement associatif. Puis, dans toutes ces activités, un coup d arrêt imprévu dû à des difficultés de santé importantes. Après deux ans de recul, je reprends pied en m engageant comme professeur bénévole à { Catherine CHANTREL Présidente du CA à St-étienne l AFEP. Une expérience de trois années riche d enseignements et de bousculements. Et voilà qu il m est fait la proposition de revenir au Conseil d Administration à Saint-Michel et même d assurer, si possible, la Présidence. Pourquoi pas? Nous sommes en 2006 : sous l impulsion de François-Xavier Dumortier, le réseau national des établissements se questionne sur le mode d exercice de la tutelle. Je participe à la commission qui travaille sur cette question. Une nouvelle dynamique du réseau se met en place : une association nationale qui regroupe établissements et associations responsables et propriétaires, et une Équipe Nationale de tutelle, avec le projet d un rassemblement du réseau à Lourdes en mai Participer à l organisation de ce Rassemblement a fonctionné pour moi comme un révélateur pour voir peu à peu se composer le puzzle souvent énigmatique que représente «le travail avec des jésuites». Merci à tous ceux qui m ont appelée, interpellée, bousculée. Merci spécialement à ceux qui m ont fait confiance et qui m ont laissé le temps de comprendre progressivement que tout est toujours à construire ici et maintenant. «Si je ne réponds pas de moi, qui suis-je? Mais si je ne réponds que de moi, suis-je encore moi? Et si ce n est pas maintenant, quand?» (Hillel, Talmud de Babylone) *AFEP : École de production proposant une formation professionnelle à des jeunes en rupture de scolarité. n 15

18 {Pascal SEVEZ sj Directeur à Marseille Alors, vous avez repris deux établissements! Depuis que le Provincial de France a annoncé qu il avait missionné deux jésuites pour être chef d établissement, cette phrase ne cesse de surgir dans les conversations. «Alors, vous avez repris deux établissements!» Pour peu que la main ne soit pas occupée par un verre d apéritif, accompagné d un petit four dans l autre main, ce petit leitmotiv de l année 2009 s accompagne, discrètement, d une rotation du poignet de la gauche vers la droite Une reprise qu il faut donc entendre comme un serrage de vis envers des établissements jugés perdus, en errance scolaire et/ou spirituelle «Alors, vous avez repris deux établissements!» En une phrase, c est tout un univers de représentations qui se dévoile et se déploie ; un imaginaire que l on aurait pu croire révolu resurgit. Voilà la Compagnie renvoyée à tous les fantasmes que son histoire et ses actions ont pu nourrir : Confesseur du Roi ou conseiller des grands ; éducateur des élites shooté à l excellence ; homme de pouvoir à force de direction de conscience, d intrigue et d hypocrisie ; voltigeur d une maçonnerie d Église dans l ombre du Pape noir tout remonte à la surface. «Alors, vous avez repris deux établissements!» Ce que la collaboration avec les laïcs semblait avoir mis en place, cette meilleure connaissance qu un travail commun de la tutelle des 14 établissements semblait avoir tissée au fil des années, cette plus grande intimité avec la spiritualité qui fait le cœur des missions jésuites, retombent comme un soufflé. Les formatages de notre société reprennent leurs prérogatives. Quand un jésuite est envoyé par son supérieur pour une autre mission, rares sont ses interlocuteurs qui ne passent pas cette nouvelle à la grille d une carrière professionnelle avec son vocabulaire de promotion ou de relégation : l envoi missionnaire, version plan de carrière! Quand un compagnon souligne qu il n a pas sollicité cette mission, qu elle n était pas immédiatement ce qu il avait souhaité, ceux qui l écoutent entendent le plus souvent que ce jésuite n est pas motivé pour ce qu il fait, qu il ne va pas s y investir sérieusement : l obéissance, version séminaire d entreprise sur la motivation! «Alors, vous avez repris deux établissements!» La phrase ramène la conversation aux enjeux de pouvoir dans une institution. Être chef d établissement se réduit à être chef. Le service institutionnel auprès de ceux qui font la communauté éducative devient inaudible, parasité par une suspicion de mainmise et de domination. Ni partenariat, ni collaboration, le travail en commun avec des laïcs se mâtine de noyautage, voire d abus de position d influence où les jésuites seraient ressentis comme les fils du patron placés là par népotisme «Alors, vous avez repris deux établissements!» Au-delà des caricatures, ce nouveau malentendu nous renvoie donc, une fois de plus, à cette difficulté récurrente de dire, mais surtout de faire entendre et partager, notre manière de 16

19 faire de religieux, de Compagnons de Jésus. Car le plus souvent cette phrase n est pas cynique. Elle dit gentiment, maladroitement, une amitié, un attachement à la Compagnie. Mais obéir à un envoi ; entrer dans une indifférence personnelle quant à un lieu, une charge ou un domaine d investissement intellectuel ; être disponible pour s investir avec passion et fougue dans un travail comme si c était l investissement d une vie, et cependant repartir ailleurs pour d autres solidarités, d autres enjeux, sans considération de carrière ou de promotion demande sans cesse d être expliqué, dit et redit, pour que ceux avec lesquels nous travaillons, ceux auprès desquels nous sommes envoyés, entrent en familiarité avec ces marques d une vie religieuse apostolique. Il en est de même pour nos deux autres vœux de chasteté et de pauvreté : les feuilles de comptes rendues tous les mois, l absence de voiture personnelle, les implications de notre vie communautaire, etc. Combien de fois tous ceux qui nous sont pourtant proches découvrent au détour d une tranche de vie ou d une discussion comment nous vivons ce qui nous fait vivre! «Alors, vous avez repris deux établissements!» Reste à nous-mêmes, compagnons de Jésus, à ne pas en être dupes. Que nos intuitions, nos décisions ne soient ni mal vécues ni mal interprétées par ceux avec lesquels elles veulent œuvrer. Reste à nous-mêmes, aux supérieurs comme aux compagnons qu ils envoient, à ne pas tomber eux aussi dans le piège de ces «mondanités», en nous rappelant, avec le bon Père Lallemand, qu un jésuite aurait beau obtenir tous les succès ou les honneurs du monde, seul importe son ajustement au Christ. n Tous à Lourdes du 4 au 8 septembre Amis lecteurs de Jésuites de France, la Compagnie de Jésus vous donne rendez-vous pour vivre ensemble 4 jours de rencontre, de partage et de prière. A tous les âges «aimer et servir» Compagnons de Jésus en gratitude avec nos familles, proches et amis Retrouver un ou plusieurs jésuites amis de votre famille ou avec qui des liens se sont tissés. Échanger sur la manière de faire sienne, chacun à sa façon, la devise de saint Ignace «aimer et servir». Découvrir les différents visages de la Compagnie de Jésus en France et dans le monde. Venir en pèlerins, notamment avec les Frères et Pères âgés de la Province de France, et célébrer le Dieu de la vie. Pour la première fois, les jésuites de France de tous âges se rassemblent avec les membres de leurs familles et les amis qui souhaiteront les rejoindre. Nous comptons sur votre présence. Renseignements et inscriptions sur le site 17

20 {Christian MOTSCH sj Aumônier national Le MEJ est un mouvement d approfondissement de la foi par la vie et l action. Il participe à une éducation permanente de la foi à travers l ensemble de la pédagogie mise en œuvre dans chacune des branches. «Le MEJ, c est pour aller plus loin!». Il désire avant tout permettre à des jeunes de vivre leur foi à travers l action et une vie spirituelle ancrée dans l offrande de soi, comme celle du Christ dans son Eucharistie. Il le fait à travers un projet pédagogique structuré qui se déploie chaque année autour d un thème d année. La progression de chaque branche est construite de manière à suivre au plus près l évolution du jeune. Ces propositions éducatives et spirituelles sont en pleine cohérence avec la vie chrétienne et avec la foi de l Église, notamment leur enracinement eucharistique. C est pourquoi il peut, dans certains cas, être un chemin de catéchèse possible. Appelés La vie d équipe au sein du mouvement est un réel lieu d Église qui soutient la foi des jeunes et qui les conduit à un engagement apostolique. Même s il rejoint des jeunes le plus souvent issus d un milieu chrétien, le MEJ joue parfois un rôle de première annonce, notamment par le biais des camps ou, dans les équipes, par l accueil de jeunes qui sont en contact avec des chrétiens pour la première fois de leur vie et qui ont tout à découvrir de la foi chrétienne. Une pédagogie d initiation Les jeunes sont initiés à une vie eucharistique dans leur vie quotidienne en apprenant à donner et à recevoir : deux mots qui caractérisent la pédagogie eucharistique du mouvement. À travers la prière d offrande, les jeunes mettent en mots, 18

21 Le MEJ Un mouvement apostolique qui se bouge! au début ou à la fin d une activité, au seuil d une journée ou d un temps fort, ce qu ils ont reçu pour l offrir aux autres et à Dieu. Cette pédagogie d initiation s appuie sur : Le respect de la liberté des jeunes. Liberté qui respecte le développement physique, affectif, psychologique, social, scolaire et spirituel. Liberté qui est la condition même de l être humain créé par Dieu, mais liberté qui doit être éduquée. Des cheminements vécus comme une expérience spirituelle. Le MEJ propose un chemin de croissance qui passe par des partages, des échanges en équipe. Un moyen pédagogique de la spiritualité ignatienne est la relecture comme trace de l action de l Esprit dans la vie des jeunes. Elle est attention à ce qui se dit au-dedans de soi. Sa proposition évolue avec les tranches d âge afin que chaque jeune l expérimente pour lui-même et puisse y trouver quelque chose qui l aide à grandir. La relecture lui permet de repérer ce qui a été bon, ce qui a été plus difficile. Elle lui permet de se tourner vers l avenir. La prière s inscrit aussi dans cette démarche : les jeunes passent de l apprentissage de la prière en équipe à l expérience de la prière personnelle avec une relecture de cette prière. La place de l Écriture. Les propositions du mouvement prennent leur source dans la bible comme nourriture et comme prière. Nos auteurscompositeurs créent en puisant dans l Écriture. Les chants sont un élément important de la pédagogie déployée. Ils permettent d entrer dans l Écriture et sont facteurs de communion entre tous. L importance des témoins. La vie des saints et des témoins de l Évangile aujourd hui est un élément constitutif de nos propositions : le témoignage est présent à chacune d elles (équipe, revues, rassemblements, camps). Les démarches de choix. Le discernement est au cœur de la pédagogie, dans l esprit ignatien. Cette proposition comprend des temps de relecture, d accompagnement, puis de célébration. L accompagnement aide les jeunes à comprendre ce qui se passe en eux, ce que les évangiles leur disent. Il les aide à prendre leurs décisions à la lumière de l Évangile. L ouverture culturelle. Le mouvement met très fortement l accent sur l expression personnelle de chaque jeune (parole, expression artistique, écriture, musique). Il s appuie sur la culture des jeunes. Il cultive le sens de la fête à travers des rassemblements et dans les 45 camps qui ont lieu chaque été. Il développe un regard bienveillant sur le monde : un monde que Dieu crée et sauve, un monde qui est le lieu de sa rencontre. Il incite les jeunes à s engager dans ce monde. Une démarche initiatique. Les étapes sont liées au passage d une branche à une autre, au fait de pouvoir se projeter dans l avenir grâce à ceux qui sont devant soi comme aînés dans la foi. Toutefois, cette initiation n est pas à proprement parler de type catéchuménal dans le sens où elle ne s inscrit pas dans un parcours d initiation chrétienne avec ses étapes vers les sacrements (baptême, eucharistie, confirmation) même si certains peuvent être célébrés au MEJ. Par contre, il les déploie à travers une vie chrétienne en acte. C est en eux que s enracine la vitalité apostolique du mouvement. Il rend les jeunes plus conscients que les sacrements les font chrétiens, notamment grâce à l eucharistie qui y est vécue et célébrée. C est une manière de vivre une «mystagogie», une initiation à l action de Dieu. W 19

22 Les fruits d une longue histoire Le projet du MEJ tel que nous le vivons aujourd hui est le fruit d une longue évolution dont les racines nous mènent vers une maison de formation de la Compagnie de Jésus à Vals-près- Le Puy, en Auvergne. En 1844, le Père Gautrelet exhorte les jeunes jésuites qui piaffaient d impatience pour partir en mission, à devenir missionnaires dès leurs études, à travers la prière et l offrande de leur vie quotidienne et de toutes leurs activités dans l eucharistie. C est le début de l Apostolat de la prière, à l origine de la Croisade Eucharistique, en particulier dans les Collèges. équipe centrale Ce mouvement deviendra le Mouvement Eucharistique des Jeunes en 1962 par la volonté de Jean XXIII. En 1972, le MEJ passe sous la responsabilité directe des évêques de France, après avoir été sous celle de la Compagnie, qui garde toujours un vif intérêt pour le mouvement. Il est explicitement cité dans le décret 6 de la dernière Congrégation Générale comme méritant «notre accompagnement spirituel ainsi que notre soutien dans leur service apostolique». En 1990, lors des Assises à Laval, toutes les bases pédagogiques sont ré-exprimées en fonction du monde dans lequel vivent les jeunes. En 2002, le MEJ entame un grand travail pédagogique pour adapter ses branches (tranches d âge) et suivre au plus près le point où en sont les jeunes. En 2006, il choisit lors de ses Assises à Liège une orientation dite St- Paul qui se formule ainsi : «Au MEJ, les jeunes font l expérience d une vie heureuse en Église. Nous voulons être davantage connus et reconnus dans l animation et l accompagnement des jeunes. Nous nous engageons à proposer le MEJ aussi bien dans l enseignement catholique en participant à l animation pastorale des établissements, que dans l Église locale en contribuant à la vitalité des paroisses.» Un mouvement apostolique qui prend sa part de responsabilité catéchétique Lors de ces Assises, le MEJ affirmait : «Nous cherchons à être davantage reconnus dans la formation des jeunes, que ce soit auprès des évêques et des prêtres, des responsables de la pastorale des jeunes, des chefs d établissement ou de leurs équipes d animation pastorale. Ce sera probablement en nous présentant comme des partenaires avec eux, en nous intéressant de près à leur propre manière de voir et de faire, en contribuant de l intérieur, en apportant nos savoir-faire pédagogiques, notre perspective spirituelle, le sens de la fête si fort au MEJ. Tout cela, sur un mode de coopération qui mettra en actes la qualité de notre contribution. Nous pourrons alors explorer à frais nouveaux les liens possibles entre notre mouvement et la catéchèse» Parallèlement, fin 2006, les évêques de France définissaient de nouvelles perspectives pour la catéchèse en France. Les mouvements y sont pleinement reconnus comme porteurs d une responsabilité catéchétique, appelés à collaborer à la recherche actuelle et à prendre leur part dans cette annonce de la foi. Le MEJ se réjouit que cette nouvelle orientation reconnaisse pleinement la part irremplaçable qu apportent les mouvements à l éducation de la foi des jeunes à travers une pédagogie originale. Il désire assumer sa part de responsabilité catéchétique. Auprès de l enseignement catholique Nous voyons avec joie que le partenariat signé avec le Secrétariat Général à l Enseignement Catholique en octobre 2008 porte de beaux fruits. Dès la première année, plus d une vingtaine d établissements se sont lancés dans des «projets partagés», à la satisfaction de beaucoup d animateurs en pastorale scolaire. Encore plus encourageant : nous avons de très 20

23 nombreuses demandes d établissements depuis la rentrée Les retours très positifs de ces expériences permettent de détailler les différentes formes que peut prendre un projet partagé. C est le chef d établissement, en tant que responsable de la pastorale, et en pleine connaissance de la proposition pédagogique du mouvement, qui peut choisir de l intégrer dans le cadre de la pastorale de son établissement. Il confie alors la responsabilité des équipes MEJ concernées à son équipe pastorale en lien avec la structure locale ou nationale du mouvement. Chaque établissement positionne à sa façon la proposition «d éducation permanente de la foi» du MEJ dans son projet pastoral : Par exemple, il peut être proposé sur un ou plusieurs niveaux qu il s agit de choisir, et proposé de différentes manières, comme : Une alternative : les élèves concernés ont le choix entre le mouvement et une autre activité pastorale (culture religieuse, aumônerie, ). Une complémentarité : en alternance avec une autre activité pastorale pour faire découvrir aux élèves une autre façon d avancer dans leur vie, «d aller plus loin». Une proposition spécifique : par exemple, en lien avec la préparation aux sacrements ou pour ceux qui ont reçu un sacrement. Une proposition principale (plus rare) : le MEJ est alors la proposition d un (ou de plusieurs) niveau(x) car elle rejoint pleinement le projet pastoral de l établissement et ses jeunes, et toutes les autres formes qui sont adaptées ici ou là aux réalités et à l histoire de chaque établissement. L établissement met alors en place un cadre adapté (avec des créneaux horaires compatibles) ; l équipe pastorale nomme son responsable MEJ qui appelle au sein de l établissement les responsables des équipes. Les outils proposés par le mouvement permettent de rejoindre plus facilement des professeurs, des anciens, des parents d élèves comme responsables d équipe. Il s agit de les appeler personnellement à accompagner des jeunes, en leur montrant qu ils peuvent s appuyer sur un cadre solide et adapté. Premiers échos mai 2009 «Le chef d établissement, François David, en étudiant le projet éducatif du MEJ, a choisi de le proposer aux élèves de 5 e qui souhaitaient «aller plus loin». 65 élèves de 5 e, 75 de 4 e et une trentaine de 3 e sont en équipe MEJ, sur la base du volontariat, dans des créneaux horaires prévus à cet effet, accompagnés par des membres de la communauté éducative, quelques parents, et l animatrice en pastorale scolaire. Cette proposition rejoint vraiment les attentes des jeunes, ils s appellent les uns les autres ; devant leur enthousiasme, davantage de professeurs ont accepté de s impliquer dans la pastorale, et apprécient cette manière d accompagner les jeunes. La forte dimension éducative du MEJ permet ainsi à la pastorale de nourrir le projet éducatif de l établissement.» Ensemble Scolaire Edmond Michelet Brive-La-Gaillarde (19) «Depuis la rentrée de septembre, le MEJ est inscrit dans la pastorale de Franklin pour les jeunes du niveau de 4 e, comme source pédagogique dans leur parcours de catéchèse centré sur les Actes des Apôtres et la figure de St Paul (particulièrement honoré cette année et patron du mouvement). Ce sont 155 jeunes et 18 responsables qui se retrouvent le samedi matin, tous les 15 jours habituellement, en équipe, ou parfois en rassemblement (célébrations, présentation des défis entre équipes ) Les responsables, qui pour la plupart sont des parents, apprennent à découvrir la pédagogie avec laquelle le mouvement rejoint chaque jeune, là où il en est dans sa vie et dans sa foi.» Collège St Louis de Gonzague Paris (75) W Rencontre nationale des T.A. 21

24 Auprès des paroisses Nombreux sont les encouragements des évêques : «le MEJ est un joyau pour l Église de France», dit Mgr Benoît Rivière qui, particulièrement attentif aux mouvements de jeunesse au sein de la conférence épiscopale française, souligne le «sérieux et la joie» des jeunes du MEJ. Son style serait particulièrement flagrant, semble-t-il, dans les lettres que les jeunes adressent à leur évêque pour demander la confirmation. Sa spécificité formerait des jeunes capables de «parler familièrement des choses de Dieu», ni dans le «tout- Jésus», ni dans l incapacité de rendre compte de leur foi. La grande notoriété du mouvement et son positionnement sur la question de la catéchèse favorisent une démarche nouvelle envers les paroisses. Elle est soutenue par le Secrétariat Général de la Conférence des Évêques de France. Il s est engagé à envoyer à toutes les paroisses de France un document invitant les responsables de la pastorale des jeunes à considérer avec attention la proposition de ce mouvement : les paroisses peuvent croiser la proposition éducative et spirituelle du MEJ avec leur vision pastorale pour mieux répondre aux attentes des jeunes. De cette façon, ce n est pas tant le mouvement qui propose une vie d équipe, que la paroisse qui propose une vie d équipe MEJ! Parce que le MEJ est un mouvement, il bouge et ne cesse de «se déplacer», dans tous les sens du terme. Il s adapte aux lieux d incarnation pour permettre aux nouvelles générations de jeunes de faire l expérience du Christ dans leur vie. De chercher et trouver Dieu en toutes choses! n

25 PRIER au cœur du monde {Frédéric FORNOS sj Peut-être avez-vous vu dans une revue, ou dans un calendrier liturgique, des intentions de prière mensuelles. Par exemple, novembre 2009 : «Pour que les responsables dans les domaines politique et économique ne cessent de veiller à la sauvegarde de la Création» «Pour que les croyants des différentes religions donnent, par le témoignage de leur vie et à travers un dialogue fraternel, une claire démonstration que le nom de Dieu est porteur de paix.» Ce sont les deux intentions que le Pape confie, comme chaque mois à l Apostolat de la Prière. De véritables défis pour notre humanité et pour la mission de l Église. L A.P., confié par le Pape à la Compagnie de Jésus, est présent dans 90 pays. Reconnu par l Église depuis 1849, il a pris de l âge! Malgré les efforts de ces dernières années pour se renouveler, l image de cet apostolat reste liée à un autre temps et à des dévotions poussiéreuses, sans compter les questions soulevées, dans notre culture, par la prière d intercession et son efficacité. Pourtant le Saint-Père considère cette prière comme un réel soutien pour la mission de l Église. Un service de la prière Le Père Louis Sintas, jésuite, a beaucoup fait ces dernières années pour renouveler l Apostolat de la Prière, en particulier avec la revue «Christ, Source de vie». À la veille de son départ de Tou- louse, il se souvient et raconte Témoignage précieux dont nous le remercions. A.P. Vous avez été à l origine de la «renaissance» de l Apostolat de la Prière en France il y a dix ans. Pourquoi? Comment cela s est-il passé? Louis Sintas L Apostolat de la prière avait disparu de France depuis une trentaine d années. C est Jean Paul II qui a exprimé le désir qu il reprenne vie dans le pays où il était né. Nous avons reçu l accord de la conférence épiscopale, mais à condition que l A.P. ne soit pas structuré comme un mouvement nécessitant l engagement de prêtres. Or cela correspondait bien à notre souhait : nous présenter comme un service de la prière. Cela a pris la forme de l édition de trois livres : deux proposent des méditations sur l Ancien, puis sur le Nouveau Testament, et le dernier est une école d apprentissage de la prière selon Saint Ignace. Ces ouvrages ont rencontré un très grand succès. Le lien avec les intentions de prière du Pape était tenu, lui, par l édition du livret Avec le Christ. A.P. Quelle place a tenue Avec le Christ? Comment voyez-vous son impact? L.S. Il y a déjà un détail important dans son mode de distribution. Nous ne le vendions que par cinq exemplaires. Chacun(e) avait ensuite à W 23

26 cœur de le donner de la main à la main à quatre autres personnes. C était déjà un petit apostolat. Mais aujourd hui nous sommes obligés d avoir des abonnés individuels, pour des raisons de commission paritaire. A.P. Comment définiriez-vous l Apostolat de la Prière tel que vous l avez vécu? L.S. Pour moi l important, ce n est pas d abord les intentions de prière mensuelles. Leur intérêt est que leur thème est très général, tout le monde peut s y retrouver. Elles permettent à tout le monde de prier. L important c est cela : la prière. Pour donner le goût de la prière, il faut d abord pouvoir répondre à une demande. Il y a une forte attente de prière dans notre société : si on ne donne rien aux gens, ils iront chercher ailleurs, dans le bouddhisme ou que sais-je? Ensuite il faut savoir oser : oser proposer, aller chercher un peu ceux qui ne s approchent pas trop. Les jeunes aujourd hui l ont très bien compris : ils lancent des pèlerinages, des marches. Il faut chercher à éveiller à la fois à l amour de Dieu et à l amour de ses frères. pagnie de Jésus qui est le Directeur Général de l Apostolat de la Prière un jeune jésuite qui travaillait depuis plusieurs années dans un centre spirituel, notamment pour l accompagnement pastoral des Paroisses, et dans les nouvelles spiritualités actuelles. En septembre 2008, le Père Frédéric Fornos a été nommé secrétaire national. Il a constitué peu à peu une équipe de 15 personnes affectées à diverses tâches : éditoriales, rédactionnelles, informatiques, artistiques (chant, musique, photographie), etc. ; sans compter des collaborateurs plus ponctuels. Laissons-lui la parole. A.P. Avez-vous des projets pour l avenir de l Apostolat de la Prière? L.S. Certainement pas! C est aux jeunes maintenant d inventer la suite et je leur fais confiance pour cela. Une seule chose me préoccupe avec la nouvelle version internet : sauronsnous garder le contact avec le public très populaire que nous touchions? Il y a déjà tellement de propositions spirituelles pour les «riches», qu allons-nous offrir désormais aux autres? Et aujourd hui? Pour continuer le renouvellement de l A.P., le Provincial de France s est engagé résolument en recommandant au Supérieur Général de la Com- Quelques membres de l équipe «Pour essayer de renouveler l A.P. en construisant un site Web, ce qui était premier était de favoriser la naissance d une équipe. Et pour cela, d une part, de permettre à chacun d entrer luimême dans la démarche spirituelle de l A.P., que ce soit dans sa vie personnelle ou dans la vie d équipe, qui est une petite communauté chrétienne fondée sur la prière et le partage. D autre part, comme l A.P. est lié de manière spéciale au Pape, permettre à chacun de découvrir un peu plus en profondeur l Église pour l aimer davantage. Deux convictions pour cela : - L amitié dans le Seigneur a un vrai dynamisme apostolique. - Nous ne pouvons communiquer aux autres que ce que nous vivons nous-mêmes

27 Un site internet «Depuis septembre 2008 notre équipe a mis beaucoup d énergie à la construction du site web : Prier au cœur du monde. Ce site est plus qu une «revue en ligne gratuite». Il cherche à proposer la démarche spirituelle de l A.P. dans le contexte culturel et ecclésial français. Cela nous a conduits à aller dans ce qui nous semble le cœur de l A.P. : prier pour la mission de l Église. C est-à-dire participer par la prière à la mission du Christ aujourd hui, ce qui n est possible que dans une profonde communion avec lui, dans l offrande quotidienne. Cette offrande s inscrit dans la dynamique de l Ad amorem, à la fin des Exercices : «Prends, Seigneur, et reçois» Ce site n est donc pas seulement une manière différente de proposer l A.P. avec des propositions spirituelles qui ne se trouveraient pas dans la revue papier, ou avec divers supports audio-visuels ; c est aussi et surtout une tentative pour penser autrement l A.P. dans le contexte culturel contemporain. et dans une fidélité créatrice aux intuitions des commencements. Nous désirons que ce trésor, transmis par ceux qui nous ont précédés, souvent méconnu et défiguré, aide de nombreux chrétiens à être profondément en communion avec le Christ, au service de sa mission, la mission de l Église. Et non seulement les chrétiens mais tous ceux qui cherchent la paix et la fraternité et désirent se mobiliser pour un monde nouveau. Par ce site nous espérons toucher des générations plus jeunes que celles qui étaient abonnées à la revue Christ, source de vie, et continuer cependant à rejoindre un public populaire. Beaucoup ont aujourd hui un accès à Internet, soit à domicile, soit dans des cybercafés : 62 % des ans disposent d Internet à domicile, contre 53 % pour les ans. C est le public de demain. Ce qui est au cœur de notre mission, ce sont les intentions de prière mensuelles du Pape. Elles rejoignent tous les défis de notre humanité où la mission de l Église est engagée. En les faisant connaître, l Apostolat de la Prière est au service de la mission de l Église, au service de la justice du Royaume. «Venez et voyez!» n Louis SINTAS sj Secrétaire National de l Apostlat de la Prière et directeur des éditions Source de Vie ( ). Claire RANQUET 25

28 {édouard O NEILL sj Quand Dieu appelle Un point sur les vocations Aujourd hui, tout le paysage ecclésial se transforme, mais le Seigneur continue d appeler des jeunes à le suivre. Qu en est-il pour les jésuites de la Province de France? Celle-ci connaît, comme beaucoup d autres depuis longtemps, un niveau faible de recrutement, mais, depuis longtemps aussi, un niveau régulier : chaque année en moyenne 4 ou 5 candidats (2 seulement l an dernier, il est vrai, mais à nouveau 5 cette année) franchissent la porte du noviciat. C est beaucoup moins qu autrefois, mais c est précieux pour envisager un avenir. Certes celui-ci ressemblera davantage à la «petite compagnie» des origines, mais cela peut permettre une belle vitalité et une continuité spirituelle et apostolique dans l Église de demain. Il y a un responsable des Candidats. Il est chargé de recevoir tous ceux qui se posent la question d un avenir éventuel dans la Compagnie, et de voir avec eux quel est leur parcours, comment la question d une vocation jésuite se pose à eux, où ils en sont concrètement dans leur discernement, quels moyens ils prennent pour avancer, comment ils sont accompagnés dans cette phase, etc. Il les réunit au cours d un week-end deux fois par an, pour leur faire rencontrer des jésuites et échanger sur la vie de la Compagnie. Enfin il les envoie, le moment venu, rencontrer le Maître des novices, lequel prend alors le relais jusqu à l admission éventuelle au noviciat par le Provincial. Cela fait, en 10 ans, des contacts plus ou moins suivis avec environ 160 jeunes, entre 25 et 35 ans pour la plupart, dont un tiers environ est entré au noviciat. Très peu ont choisi une autre forme de vie consacrée dans l Église ; certains ont choisi, dans une vraie élection, de suivre le Christ dans le mariage et la vie de laïc chrétien. D autres se cherchent encore. D après ce qu ils ont vu ou seulement flairé de loin, ou entendu dire, qu est-ce qui attire ces jeunes à la Compagnie? L universalité, disent-ils : c est international, c est ouvert à beaucoup de diversité. La particularité ensuite : chacun est respecté dans ce qu il est. La présence au monde aussi, en particulier à celui de l incroyance qu ils connaissent souvent de près. Un rapport positif à la société et une liberté dans cette société comme dans l Église. Du compagnonnage et une formation sérieuse. Voilà ce qu on entend le plus souvent. Telle est, semble-t-il, l image, la réputation, somme toute juste et encourageante. Mais de façon plus profonde et plus décisive, il y a eu, au départ, un évènement spirituel fort : un appel entendu, dans l enfance ou plus tard, qui s est confirmé avec le temps à travers les aléas de la vie, ou une conversion marquante, ou une confirmation tardive, ou une retraite selon les Exercices : quelque chose comme une expérience personnelle du Salut, de la miséricorde, un attrait pour la personne du Christ, un appel à la mission. Il faut ça, d abord, pour que puisse se déclencher le ressort qui permet l engagement de toute la vie. Les autres considérations ne suffisent pas. En outre, pour que cet engagement soit réalisable durablement dans la vie jésuite, il faut évidemment s assurer que le candidat se sent accordé avec la manière de prier des Exercices, et avec la manière d agir de la Compagnie. Néanmoins, pour qu un tel engagement apparaisse envisageable, prenne corps et puisse abou- 26

29 tir, un terrain humain favorable, déjà travaillé, est nécessaire : cela peut être dû à des relations familiales suffisamment structurantes, à des expériences positives de service et de responsabilité en aumônerie, dans une communauté, ou lors d une période de volontariat à l étranger ou en France, à la formation Scoute ou au MEJ, à des rencontres marquantes, etc. Les nombreux cas rencontrés confirment la nécessité de cette maturité humaine. Question de réalisme spirituel. Et là beaucoup sont concernés : familles, éducateurs et autres ; leur rôle est décisif pour l avenir. intérieure, parfois chèrement acquise, est un critère. «Je vais rentrer chez les jésuites, dit l un, et cela me rend profondément heureux.» En somme, Dieu est à l œuvre dans les cœurs : il en résulte beaucoup de belles choses et beaucoup d inconnues aussi. C est pourquoi il est écrit : «Avance en eau profonde et jetez vos filets». En matière de vocation, l Esprit Saint «souffle où il veut, et tu ne sais ni ni». Il ne passe pas toujours par nos prévisions. Dans la Province, nous déployons des efforts pour promouvoir les vocations ; tout en lui remettant l avenir de la Compagnie dans l Église. L engagement de sa vie n est pas très à la mode. L obstacle le plus souvent rencontré est de l ordre du flou, du flottement, de la dispersion des projets, de la décision indéfiniment repoussée à plus tard, de la difficulté à s engager. Comme dans l évangile, il y a le «jeune homme riche» qui recule devant le pas à faire, mais il y a plus souvent des situations personnelles moins claires, où le feu ne prend pas. Le bois doit être mouillé : ça fume, mais ça ne brûle pas vraiment. Du moins pas ce feu-là. On ne comprend pas toujours pourquoi. Étonnant aussi le nombre de ceux qui sont familiers des jésuites, à l aise dans les nombreuses propositions ignatiennes, dotés de qualités extérieures évidentes pour ce type de vocation et de mission qui les attire, mais qui hésitent longtemps puis, finalement, reculent devant une entrée au noviciat. Le déclic ne s est pas produit. Une grande difficulté à se décider. Alors on repousse à plus tard, on attend. «Tu m as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire», dit le prophète Jérémie pour parler de sa vocation. Il faut les deux fragments de la phrase. Parfois le second ne vient pas vite, ou ne vient pas du tout. Se laisser prendre, se laisser conduire. N.B. : Depuis le mois de septembre 2009, c est Jean- Paul Lamy (ancien Maître des novices) et Sylvain Cariou-Charton (directeur d études à Sainte Geneviève de Versailles) qui sont chargés du contact avec les Candidats. n Sylvain CARIOU-CHARTON Les jésuites aussi ont à s interroger : que montrent-ils qui soit susceptible de faire écho à l appel que des jeunes entendent dans leur cœur? Quel climat se dégage de leurs communautés? Les jeunes ne nous demandent pas ce qu ils savent ne pas trouver chez nous, même si c est momentanément davantage à la mode ; mais ils ont du flair : il faut que l aventure leur semble en valoir la peine. Ils nous connaissent plus ou moins, selon les cas, au moment de nous rejoindre, mais la joie Jean-Paul LAMY 27

30 {Gérard PIERRé sj «M intéresser à l apprentissage!» C est la réponse que donne sans hésiter Paul Feller à son supérieur qui lui demande, au début de l année 1953, «ce qu il veut faire» La question est rare, dans la bouche d un responsable de la Compagnie. Elle laisse entendre que la relation avec cette forte personnalité n est pas simple. En tout cas, trente ans après la mort de cet initiateur des collections d outils et de livres qui sont rassemblées à la Maison de l Outil et de la Pensée Ouvrière, à Troyes, on peut penser que ces quelques mots ont eu une singulière fécondité. Ils n ont pas jailli au hasard. Les années qui précèdent ce moment de 1953 sont riches d une série d aventures qui les préparent. Et ces événements ont fourni à Paul autant d occasions de forger ses convictions, reprises ensuite au cours des Exercices spirituels, le plus souvent sous la direction du Père Gouvernaire. 28Figures Fils d un officier qui a quitté l armée pour entrer dans les affaires et qui en a fait de mauvaises, Paul a dû renoncer à ses études pour entrer dans la Nouveauté, au service des expéditions. Il a été marqué par l humiliation de se sentir mis de côté par ses amis. Puis il reprend ses études, comme surveillant, au collège de Metz. Brusquement, pendant le service militaire, l appel du Christ le saisit. Il entre au noviciat jésuite en En 1939 survient la mobilisation. La drôle de guerre et la défaite lui laissent le souvenir amer d une faillite de l autorité. Ce thème d autorité et obéissance va devenir pour lui objet de réflexion permanente.

31 Paul ou «Aimer avec sa tête, et penser avec son cœur» FELLER Il est fait prisonnier. Il rencontre au camp de Trèves le soldat de deuxième classe Jean-Paul Sartre, qui écrit dans sa baraque, pour la Noël 40, et à condition que Paul en joue le rôle principal, une pièce de théâtre, Bariona. Il y est question d un résistant au temps de la naissance de Jésus, et on devine quelle résistance visait Sartre. Et c est ce même Sartre qui introduit Paul auprès du serrurier du stalag, un homme d influence! Paul constate alors qu au sein de ce peuple privé de ses officiers, une société se reforme, avec ses chefs naturels. C est là que s établit cette conviction qui va devenir une constante de sa pensée : «L autorité ne se doit-elle pas de naître du dedans du Peuple?». Il s évade habilement, reprend ses études à Vals-près-Le Puy. Son supérieur, sentant que sa situation n est pas claire aux yeux des autorités d occupation, l envoie en Espagne. Il passe de là au Maroc, où il s engage dans la 2 e DB, dont il suivra tout le parcours. C est là qu il éprouve son incompétence dans le domaine des techniques, devant les engins dont cette armée est dotée. Il découvre un monde qui lui échappe, et où il voudra entrer : «Je devinais que ce machinisme allait nous envahir, qu on ferait en quatre ou cinq mois des techniciens sur lesquels nous, les prêtres, avec notre culture, nous n aurions aucun ascendant.» Ayant terminé ses études de théologie à Enghien (Belgique) et Lyon, ordonné prêtre en 1947, il est envoyé au collège d Amiens enseigner les mathématiques. Il y prépare des élèves au dialogue social. Mais un échec dans cet établissement le conduit à Vanves, la maison de L Action Populaire (à laquelle succédera le CERAS). C est là que lui est posée la question : «Que voulez-vous faire?» La réponse engage désormais tous les aspects de la vie de Paul. Il prend un poste d aumônier en second dans les Ateliers de la Chambre de Commerce de Paris, pour connaître les apprentis. Le peu d exigence en matière de culture générale le frappe très vite. Pour atteindre la réalité des métiers du dedans, il se fait ouvrier couvreur sur les toits de Paris. C est sa façon de renouer avec son adolescence que de faire cet apprentissage d un métier manuel, ce qu il regrette de n avoir pas fait à l âge de quinze ans. Cherchant activement tout ce qui peut parler apprentissage, il découvre grâce à Michel Ragon le monde des Écrivains ouvriers ; Henri Poulaille, René Bonnet, les frères Berteloot et leur Musée du Soir, puis Pierre Hamp, et il en attend le récit de leurs apprentissages. Il fait dans le même temps connaissance avec les Compagnons du Devoir. C est à ce moment qu il passe de la technique au métier. Il quitte ce qui restait chez lui d abstrait pour aborder le monde où se réalise la rencontre de l Ancien et du Jeune. Encore une façon de se situer au-dedans des choses. Il dira un peu plus tard : «La technique est une manière d agir, le métier de l homme est davantage une manière de vivre, une manière d être, d aimer, de penser.» W 29

32 Au cours d un hiver brutal, son activité de couvreur le fatigue sérieusement : on l envoie à Lille à l ICAM (Institut Catholique des Arts et Métiers), où il peut commencer l apprentissage de la forge. Il travaillera tous les matins, pendant onze ans, rédigeant chaque jour son carnet d atelier, pour y noter ses émotions. Pendant les vacances, il se cherche un maître, comme Paul Kiss, le ferronnier d Art. la connaissance intime qu ils ont de l ensemble des choses.» Mais par contre, revenant à l atelier, il observe que la transmission des savoirs se réalise dans une ambiance complexe. Il aimera parler de quelque chose de global : «Il y a des bruits, des rythmes, des han, des soupirs, des exclamations, des éclats de voix, voire des rires, des regards ou des pleurs, des larmes et des cris, bref une sympathie cordiale par quoi s opère la soudure.» C est alors qu il approfondit sa connaissance de la relation du maître à l apprenti. Il ne l exprimera pas dans le style d un exposé construit, mais dans des formules qu il a forgées au fur et à mesure de ses expériences d atelier ou de ses rencontres. Il est capable de passer d expressions très générales à des notations concrètes. Il déclarera par exemple, avec quelque solennité : «Depuis le début du monde jusqu à la fin, l ensemble des Anciens livre à l ensemble des Jeunes «L Ancien livre au jeune, en lui passant le rabot, la connaissance intime qu il a, lui, de l ensemble du métier.» Il s agit d une initiation : «L Ancien livre une manière d être qui permettra au jeune de se tirer d affaire en toute occasion et donc de gagner sa vie Au sein de ce contexte professionnel, l Ancien livre le secret de sa propre vie Ce qui est donné, ce n est pas tellement le coup de marteau que le cœur à l ouvrage Faire ce qu il faut et le faire comme il faut.» W 30

33 Scie 31

34 32 Varlope

35 Doloire 33

36 étau à chanfreiner 34

37 On voit qu il ne s arrête pas sans les négliger aux moyens pédagogiques, mais qu il va au fond des choses : la transmission, pour lui, c est un Don, le don de la vie. Ce Don, «il peut être donné ou pas, plus ou moins, être reçu ou bien refusé»! Car l apprenti de son côté peut «s enfermer dans une imitation servile et du coup stérile. C est cela la routine». Mais par contre, il peut être entièrement réceptif : «le jeune, au-delà des attitudes et des mouvements de l ancien, devine son cœur qui lui livre le métier. Et du plus profond de son cœur, le jeune invente pour son propre compte l ensemble des gestes, attitudes et mouvements.» Paul Feller a éprouvé lui-même cette répugnance de l apprenti à se soumettre, et la nécessité d un effort à consentir pour respecter les exigences du maître, pour y reconnaître celles du métier : chez le ferronnier Kiss, il s est fait corriger, parce qu il bat froid son fer, et qu il ne ferme pas la voûte de son foyer. Il s est situé ainsi au cœur de ce qu il appelle «la soudure Ancien-Jeune, laquelle ne s opère que selon le couple autorité-obéissance.» Il a vaincu ses répugnances, il a reçu le Don, il est devenu un fils de ce grand forgeron. un métier ou l orientation vers le secondaire. «Mettre tout en place pour que l alternative soit équitable : d un côté le métier et une culture générale, de l autre des études générales et une initiation aux tâches techniques.» Paul Feller meurt en 1979, d une sorte de paralysie, après avoir écrit de très belles pages sur l enclume, sur la tarière Il avait toujours sous les yeux le tableau de Georges La Tour, où Joseph manie la tarière devant Jésus adolescent. Celui-ci tient une chandelle. Mais c est le visage de l enfant qui renvoie la lumière sur celui de Joseph. C est en pensant à cette formation du Fils de L Homme que Paul a cherché toute sa vie une réponse à l unique question : «Comment l homme devient Homme, en devenant l homme d un métier manuel?» n On voit qu il passe de l image de la soudure entre générations, à l idée de transmission, à celle de tradition, jusqu à celle de filiation! Pour restituer au métier cette valeur humanisante qu il a redécouverte, et permettre à des adolescents de rompre avec les formations classiques, il crée avec les Compagnons du Devoir «la Maison de l Outil et de la Pensée ouvrière». (la Pensée ouvrière, c est cette saisie intellectuelle de l ouvrage à réaliser pour déterminer ou créer les procédés et les outillages nécessaires). Des milliers d outils présentés, volumes à la Bibliothèque Il s agit d aider les maîtres d apprentissage à compléter leur culture générale. Et du même coup de favoriser le choix des adolescents entre l entrée dans Niveau à fil à plomb Cisaille à osier 35

38 MATTEO RICCI et les Missionnaires {Michel MASSON sj jésuites en Chine Au XVI e siècle, les Portugais se mirent à découvrir un «Nouveau monde». En 1498, Vasco de Gama arriva à Calicut, sur la côte de Malabar. Dès 1513, ils avaient atteint la Chine. Finalement, en 1542, Antonio da Mota avec deux compagnons, pris dans une tempête, furent les premiers à atteindre le Japon. François-Xavier (1506, Navarre 1552, Shangchuan) La Compagnie de Jésus fut établie en L un de ses principaux objectifs était la propagation de la foi partout où le Pape voudrait envoyer des jésuites. En moins d un an, Xavier et quatre autres quittèrent l Europe pour l Orient. Xavier vint comme missionnaire du Padroado portugais, envoyé par le roi du Portugal et investi de pouvoirs de Nonce par le Saint-Siège. Dans leur apostolat en Inde, Xavier et ses compagnons commencèrent par s appuyer sur la colonisation portugaise, mais leurs espoirs d être soutenus par les autorités civiles furent vite déçus. Aussi, Xavier «prit la fuite», loin de la sphère coloniale, pour le Japon où il n y avait pas de fonctionnaire européen capable par sa dureté envers les indigènes de défaire ce que lui, Xavier, essayait à grand-peine de construire. Les réactions des Japonais aidèrent Xavier à réaliser que le christianisme ne pouvait réussir en Asie que si les missionnaires prenaient les indigènes au sérieux, apprenaient à parler, lire et écrire la langue du pays pour ainsi s intégrer totalement dans une civilisation particulière. Notamment, insistait-il, les missionnaires devaient être des modèles de moralité et de savoir scientifique, toutes choses très importantes aux yeux des Japonais. 36 Institut Ricci Centre d études chinoises, Paris. Xavier réalisa vite aussi que les maîtres à penser du Japon étaient les Chinois : «La grande objection que nous opposent les Japonais est : si les choses sont vraiment comme vous nous le dites, comment se fait-il que les Chinois n en aient pas entendu parler?» C est pour en apprendre davantage sur les sources des croyances et des valeurs japonaises que Xavier décida d aller en Chine, espérant aussi convaincre l empereur de la vérité de la foi chrétienne. Une fois le Fils du Ciel converti, pensait-il, tous les Chinois, Japonais et autres peuples de la région feraient de même. Pour ce faire, Xavier demanda au Vice-roi portugais des Indes d envoyer à la cour de Pékin un ambassadeur que lui, Xavier, accompagnerait comme représentant du Pape. Mais ce projet n aboutit pas, et Xavier décida d entrer lui-même en Chine à ses risques et périls, avec la complicité d un contrebandier chinois. Rendez-vous fut pris sur l île de Shangchuan au large de Canton. Mais le contrebandier fit faux bond, et Xavier mourut sur cette île déserte, le 3 décembre Alessandro Valignano (1539, Chieti 1606, Macao) Entre 1552 et 1583, une trentaine de jésuites tentèrent sans succès de pénétrer en Chine, surtout à partir du poste de Macao que la Chine finit par concéder aux Portugais en En 1574, un brillant juriste, le P. Alessandro Valignano, arriva à Goa avec le titre de Visiteur des missions d Extrême-Orient. Au cours d un premier séjour à Macao et au Japon, il fut très impressionné par ce qu il entendait dire des Chinois et par ce qu il en découvrait lui-même par des contacts personnels. Dans ses lettres, il en parle comme «d un grand peuple» et en vint à la conclusion que les Chinois seraient à même d accepter la foi chrétienne si on adoptait la manière correcte de la leur proposer. La question était posée. Valignano était convaincu que le respect des Chinois pour les études et leur disposition à écouter tout ce qui leur était proposé de manière intelligente et non

39 comme quelque chose appartenant à une civilisation se prétendant supérieure à la leur les disposerait à accepter le christianisme. Il fallait simplement une autre méthode d évangélisation que celle en cours dans les autres pays de la région. C est un autre italien, le P. Michele Ruggieri (1543, Bari 1607, Salerno), qui fut le premier jésuite à mettre à profit la vision et les instructions de Valignano. Il assimila parfaitement les formalités de l étiquette chinoise, si bien qu il impressionna les magistrats de Canton le jour où il accompagna des commerçants portugais. La glace état rompue. On réalisa que ce n était pas un homme d affaires, mais un lettré étranger, et c est ainsi que le Vice-roi des deux provinces de Guangdong et Guangxi l invita à venir demeurer à Zhaoqing, où lui-même résidait, à une centaine de kilomètres à l ouest de Canton. Entre-temps un nouveau venu était arrivé à Macao, Matteo Ricci, qui, le 10 septembre 1583, vint rejoindre Ruggieri à Zhaoqing. Matteo Ricci (Macerata, 1552 Pékin, 1610) Matteo Ricci avait étudié au Collège Romain les mathématiques avec le célèbre Christophe Clavius, ami de Kepler et de Galilée, et suivi les cours de théologie de Roberto Bellarmino. En 1577, il partit pour Lisbonne, Goa, et finalement Macao en 1582, où l appelait Valignano. Le 10 septembre 1583, il s établit avec Ruggieri à Zhaoqing. Dès lors, Ricci ne quitta plus la Chine. Après 18 années d attente, d allées et venues entre Shaozhou, Nankin et Nanchang, il finit par arriver à Pékin le 24 janvier 1601, sur ordre de l empereur. Ricci partageait les convictions de Xavier et de Valignano, mais en tira des conclusions différentes. Ceux-ci étaient convaincus que, si l empereur de Chine leur accordait une audience, ils seraient à même de le persuader de permettre aux Portugais de faire du commerce avec la Chine et de propager la foi chrétienne parmi ses sujets. Au tout début, le meilleur moyen à cette fin avait semblé être une ambassade qui serait envoyée par le roi du Portugal ou le Vice-roi des Indes, et à laquelle se joindraient des missionnaires. Mais Ricci avait acquis une bien meilleure compréhension de la structure socio-politique de l empire confucéen. Il réalisait que le pouvoir théoriquement absolu de l empereur était en fait partagé et parfois usurpé par les hauts magistrats et les eunuques du Palais. Il avait compris aussi le rôle que jouait dans les provinces la classe des «gentlemen farmers et des lettrés». C était donc à toute cette élite qu il fallait s adresser. Il comprit aussi que la conception chinoise du monde était quelque chose de global, une idéologie où science, technologie, éthique et enseignement philosophique formaient un tout organique. C est ainsi qu il vit la nécessité de présenter le christianisme, lui aussi, comme une conception du monde organique que ses connaissances et amis allaient appeler «Études occidentales» ou «Études célestes». Si donc, au début, Ricci avait espéré rencontrer l empereur Wanli en personne dès qu il arriverait à Pékin et obtenir de l empereur lui-même la permission de prêcher l évangile en Chine, quand finalement il se trouva à même de résider dans la capitale, il réalisa que cette permission n était pas du tout nécessaire. Il avait seulement besoin de l autorisation de résider dans la capitale, une approbation tacite qui lui permette de continuer sa manière de vivre, de sorte que lui et ses compagnons puissent poursuivre leur apostolat intellectuel à l ombre de la protection impériale. Il n y aurait aucun empressement de sa part à condamner les croyances et les coutumes chères aux Chinois, mais une disposition à s expliquer avec sympathie et compréhension, et ainsi préparer la route à l opération de la grâce divine dans les cœurs de ceux qu ils espéraient convertir. La priorité était la qualité des conversions, non des chiffres ronflants. Tout ceci est ce que Ricci écrivait de Macao à l époque où on le poussait à chercher à obtenir une autorisation explicite de la part de l empereur. Plus tard, disait-il, quand il y a aura un bon nombre de catholiques parmi les gens instruits, il sera alors possible d obtenir la permission pour la pratique de la religion chrétienne, puisqu il n y a pas de loi qui s y oppose en Chine ; nous pouvons attendre et nous verrons alors si c est vraiment nécessaire. Dans cet objectif, le contact avec le haut de la société devrait s effectuer par l écrit, avec des W 37

40 ( ) «L intermédiaire culturel le plus éminent de tous les temps entre la Chine et l Occident» Wolfgang FRANKE Li Matou Il est des dates symboliques, comme cette année 1552 qui vit la mort de Xavier et la naissance de Matteo Ricci. [ ] Macerata avait sa petite école de jésuites qui expérimentaient des méthodes modernes d éducation. Matteo en profita dès l âge de 9 ans, et devint l un de nos premiers «anciens élèves». Après des études de droit, à Rome et à Florence, il se présenta au noviciat des jésuites en 1571 (année de la bataille de Lépante, la victoire de la Chrétienté sur les Turcs). [ ] Ricci a le don de susciter autour de lui sympathie et amitié. Sa politique d adaptation n est pas autre chose que le respect d autrui, fait d intelligence cordiale et surtout de foi en Celui qui éclaire tout homme de sa lumière ; le tout accommodé de bonhomie et de simplicité italiennes. II fut ainsi, sinon toujours compris, du moins accepté, apprécié et aimé. Au point qu en 1601 l Empereur autorisa celui qui est devenu Li Matou (1) à s établir à Pékin non loin de son Palais et à y construire une résidence et une église. [ ] Mathématicien, astronome, horloger, moraliste, lecteur et traducteur des écritures confucéennes, musicien même, les lettrés qui le rencontraient étaient d abord curieux, puis intéressés à quelqu une de ses connaissances encyclopédiques. Sa réputation attirait à de lui de nombreux collègues, devenus ses amis, qui perfectionnaient son chinois et assuraient à ses écrits une large diffusion. [ ] A sa mort, des amis firent demander à l Empereur que le corps de Li Matou fût inhumé en terre chinoise, faisant valoir que ce sage confucianiste (Kongzi) était venu de très loin, par amour de la justice (Yi), qu il était fort versé dans la culture des Ming (Li) et avait toujours observé avec droiture (Cheng) le mandat du Ciel (Dao, la Voie). L Empereur donna son accord, et de nos jours encore on vient en nombre visiter sa stèle funéraire à Beijing, pour honorer ce vivant trait d union entre deux antiques civilisations. Note (1) Ricci adopta en Chine le nom de Li Matou. Le chinois faisant peu de différence entre les sons [r] et [I], Li transcrit assez bien le Ri de Ricci. Tou doit se prononcer à peu près comme un [o] français, avec une tonalité propre à la langue chinoise. Matou devint ainsi le prénom chinois de Matteo. Jacques BÉSINEAU sj 38

41 livres. Le lieu par excellence en serait non une église, mais les «académies», lieux d échanges d idées où il pouvait exposer sa conviction que les Chinois avaient eux aussi reçu la révélation du Dieu unique. En tout cet effort, Ricci fut secondé par un petit nombre d amis, dont quatre célèbres convertis, les «piliers de l Église naissante en Chine» : Xu Guangqi ( ), Li Zhezao ( ), Yang Tingyun ( ) et Wang Zheng ( ). C est avec eux qu il put traduire et présenter les mathématiques et l astronomie occidentales et aussi se convaincre que les cérémonies en l honneur des ancêtres ou de Confucius n avaient rien de proprement religieux aux yeux des élites et donc rien de contraire à la foi chrétienne. Évidemment, cette interprétation des «rites chinois» ne valait que pour les élites, car Ricci savait que, dans l ensemble de la population, ces pratiques étaient mêlées de superstitions. Le XVII e siècle : communautés chrétiennes À la mort de Ricci, il y avait huit jésuites et chrétiens en Chine. L activité missionnaire se poursuivit aussi bien à la capitale que dans les provinces, en dépit de plusieurs vagues de persécutions et des dramatiques évènements marquant l arrivée au pouvoir de la dernière dynastie, celle des Mandchous ( ). Par ailleurs, les jésuites n étaient plus les seuls sur le terrain ; ils avaient été rejoints par les Frères Mendiants en 1637 et par les Pères des Missions Étrangères de Paris à partir de Il y aura autour de chrétiens à la fin du XVII e siècle. Ce fut aussi l époque du développement de nombreuses communautés chrétiennes dans les provinces, dû principalement à l initiative de lettrés convertis, avec l appui de notables locaux sympathisants. Ces communautés étaient constituées de gens ordinaires dont bon nombre d illettrés (1 % seulement des chrétiens appartenaient à l élite mandarinale). Pour la formation de leurs fidèles, des pasteurs remarquables, comme le P. Giulio Aleni ( ), composèrent des «Vies du Christ» et des «Catéchismes», ainsi que toute une iconographie chrétienne, s efforçant d enseigner toute la foi chrétienne sans offusquer inutilement les sensibilités chinoises. Mais ils n obtinrent jamais la permission de célébrer les sacrements en chinois. Les années de proscription : À partir de 1687, une dizaine de Pères de diverses nationalités se maintinrent à la cour de Pékin jusqu à la suppression de la Compagnie de Jésus par le Pape Clément XIV en Parmi eux, il y avait les membres de la «Mission française de Pékin», créée par Louis XIV. Cartographes, mathématiciens, botanistes, musiciens, tous ces jésuites jouèrent le rôle d experts auprès de trois empereurs : Kangxi, Yongzheng, Qianlong. Ils furent les auteurs du Grand atlas de l empire, l œuvre géographique la plus précise à l époque de par le monde. Entretenant une correspondance régulière avec les savants d Europe, ils constituèrent les bases de ce qui allait devenir la sinologie. Ils comptèrent aussi parmi eux deux grands peintres, le Frère Castiglione (1688, Milan 1766, Pékin) et le Frère Jean-Denis Attiret (1702, Dôle 1768, Pékin). À Pékin, le P. Adam Schall von Bell ( ) et le P. Ferdinand Verbiest ( ), un Allemand et un Flamand, furent tour à tour nommés au Bureau d astronomie. Leurs compétences scientifiques et leur prudence furent couronnées par l Édit de Tolérance qui en 1692 autorisait la religion chrétienne dans tout l empire. Le pari de Ricci semblait gagné. D une certaine manière, le rêve était réalisé : ils étaient à la Cour et, à certains moments, ils rencontraient quotidiennement l empereur. Mais, rapidement, leur situation privilégiée se détériora de manière irréversible. En 1724, le christianisme fut officiellement proscrit dans l empire, et les souverains n étaient plus ouverts au dialogue avec cette religion «hétérodoxe et pernicieuse». Malgré leur présence à la Cour les jésuites furent de moins en moins à même de protéger les communautés chrétiennes hors de la capitale. Dès lors, en effet, la persécution régnait dans les provinces. Les missionnaires qui n étaient pas déportés en étaient réduits à se cacher le jour pour rejoindre de nuit des communautés terrorisées. De 31 jésuites dans les provinces (dont 11 W 39

42 Chinois) en 1739, ils n étaient plus que 10 en À cela s ajoutèrent au cours du XVIII e siècle, les nouvelles d Europe où l un après l autre les souverains bannissaient les jésuites. Finalement, la dissolution par Rome en 1773 de la Compagnie de Jésus partout dans le monde mit fin à la présence jésuite dans l empire. Ils étaient alors 26, principalement autour de Pékin. La nouvelle mission : La Compagnie de Jésus fut rétablie en Dans les années 1830, des catholiques de Shanghai écrivent au Pape et au Supérieur Général leur demandant d envoyer des jésuites, car leurs communautés n ont plus de prêtres. C est ainsi que trois jésuites français débarquent en Chine en 1840 et s installent dans la banlieue de Shanghai, à Zikawei, résidence des descendants de Xu Guangqi, le ministre et savant converti par Ricci. Il se trouve qu on est alors à la veille de la guerre de l Opium qui va contraindre le gouvernement impérial à ouvrir tout le territoire chinois aux étrangers, missionnaires compris. C était là le pire scénario pour les missions celui-là même que Valignano avait écarté d emblée celui d une campagne militaire qui contraindrait la Chine à ouvrir ses portes C est ainsi qu à partir du milieu du XIX è siècle, l activité des jésuites en Chine va se développer sans entraves dans l ensemble des provinces, et de la même manière que celle des autres congrégations. Comme les autres missionnaires catholiques, les jésuites travaillent surtout dans les campagnes. Curé d un grand nombre de villages dispersés sur de grandes distances, le missionnaire ne se rend que rarement dans ces villages, confiés l année durant à un catéchiste. Certains villages sont entièrement catholiques et le missionnaire devient alors le chef du village, s employant à protéger les habitants contre les famines, inondations, bandits et soldatesque de tout poil. Au cours de cette période, 95 % des catholiques seront ainsi des gens de la campagne, en grande partie illettrés et d une grande pauvreté. Seule une minorité des jésuites vivent en ville, notamment à Shanghai et Tianjin. Après la chute de l empire et l établissement de la République en 1911, ils dirigent deux universités («L Aurore» et «Les Hautes Études») et poursuivent aussi des travaux scientifiques et sinologiques. Alors que nombre de missionnaires ne croient pas à cet aposto- lat intellectuel dans les grandes villes, ils forment un petit nombre d ingénieurs, de médecins et de juristes, tous nécessaires à la modernisation de la Chine. Par ailleurs, avec leur collection des «Variétés sinologiques» et autres travaux historiques ou linguistiques, ils collaborent aux recherches sur l histoire chinoise entreprises par les universitaires du pays. Lettrés traditionnels comme les PP. Li Wenyu et Ma Xiangbo ou spécialistes modernes de la culture chinoise comme les PP. Wang Changzhe et Zhang Boda tous deux diplômés de la Sorbonne, une poignée de jésuites chinois renouent ainsi, dans un tout autre contexte, avec le dialogue initié par Ricci entre le christianisme et la Chine. Mais les évènements politiques allaient interrompre brutalement cet élan : la Chine de Mao Zedong En 1949, ils sont en tout 850 jésuites : 350 chinois et 500 venus de France, Italie, Espagne, Autriche, Hongrie, Irlande, États-Unis. Ils sont chargés de catholiques (sur un total de 3 millions). Avec l établissement de la République Populaire de Chine le 1 er octobre 1949, la centaine de jeunes jésuites chinois et leurs professeurs partent pour des années difficiles aux Philippines. Bientôt, tous les missionnaires étrangers sont expulsés. Les Père chinois restés en Chine vont alors connaître la prison et les camps de rééducation par le travail. Ils en ressortiront après dix ou vingt ans. Certains attendront la fin de la Révolution culturelle pour être libérés. Avec tous leurs co-détenus, ils ont connu la faim, le froid, la violence, la peur. L un d eux, Deng Yiming, évêque de Canton, qui n a pas eu de visites, ni de lettres, pendant 22 ans, se répétait tous les jours : «Sans le Christ, pas de Dieu ; sans l Église, pas de Christ ; sans le Pape, pas d Église». L expérience de ces 150 jésuites chinois, ainsi que de tous les prêtres et fidèles catholiques pendant cette trentaine d années, a en quelque sorte refondé l Église de Chine d une manière dont Ricci et ses contemporains ne pouvaient avoir la moindre idée, évidemment. En effet, leur entrée au noviciat avait coupé ces prêtres 40

43 chinois de beaucoup des réalités sociales du pays. Ils avaient pour une large part vécu dans le monde protégé des maisons religieuses où ils étaient tenus à l écart des progrès du Parti communiste depuis la Seconde guerre mondiale. Ayant de plus reçu une formation venue d ailleurs, mémorisant la philosophie et la théologie en latin, ils étaient devenus quelque peu étrangers dans leur propre pays. Au contraire, pendant ces 30 années après 1949, ils se trouvèrent plongés au fin fond du monde chinois, coude à coude avec tous les exclus de la société socialiste. De toutes ces années de goulag, ils n ont guère écrit. Aujourd hui À partir de 1979, suite à la nouvelle politique de réformes inaugurée par Deng Xiaoping, les rescapés des camps, âgés alors de 60 ans et plus, ont pu de nouveau exercer leur ministère, dans les paroisses ou les séminaires, et ils ont repris contact avec le reste du monde. Mais il n y a pas de communauté jésuite, ni de novices, car les ordres religieux ne sont pas reconnus en République Populaire de Chine. Aujourd hui, ils ne sont plus que six, d un âge avancé, témoins d un passé dramatique. En même temps, des jésuites des communautés de Macao et Hong Kong, ou de Taiwan, sont invités occasionnellement à venir donner un cours de théologie, à prêcher une retraite, ou encore à collaborer à des projets auprès des handicapés ou des lépreux. Quelques jésuites de l étranger donnent aussi des cours dans certaines universités d État, à la condition expresse de ne pas faire de prosélytisme. Par ailleurs, le dialogue de Ricci avec la culture chinoise a repris à la faculté de Théologie établie en 1966 par les Pères chinois aux portes de l université catholique Fu Jen (Taiwan). Là, l enseignement de la théologie se donne en chinois et la réflexion se poursuit sur les enjeux d une théologie en langue chinoise, au travers d une revue académique et de nombreuses publications. La vision de Ricci est relayée aussi par les quatre Instituts Ricci à travers le monde : à Taiwan, à Paris, à l université de San Francisco, à Macao. Leurs dictionnaires de la langue chinoise, leurs études sur l écriture archaïque du chinois, leurs éditions de textes philosophiques ou d archives du christianisme en Chine, leur sont l occasion de collaborer avec des universitaires chinois qui, euxmêmes, s interrogent sur les idées chrétiennes qui ont contribué à la modernisation chinoise. Ricci, dont les œuvres sont citées dans la Grande Encyclopédie impériale du XVIII e siècle, a depuis sa mort fait partie de l histoire chinoise. Au Monument du Millenium construit à Pékin pour célébrer le passage au XXI e siècle, Matteo Ricci, armé d un télescope, voisine avec Wang Yangming ( ), le grand maître confucéen du XVI e siècle (et avec, plus bas, le grand botaniste Li Shizhen). Ce diptyque à l aube du nouveau millénaire est lourd de signification. Dénonçant la crise spirituelle régnant alors en Chine, Wang Yangming mettait l accent, non sur les études scientifiques, mais sur l expérience individuelle du sujet moral. Au contraire, d autres lettrés étaient partisans d un confucianisme plus pratique, hostile au bouddhisme et fondé sur les Classiques, non sur les spéculations métaphysiques du néo-confucianisme. Ces lettrés étaient ouverts aux connaissances scientifiques de Ricci et, pour certains, à sa conception religieuse du monde. Finalement, Ricci et ceux qui le suivirent avaient essayé de désengager le christianisme des éléments non chrétiens de la civilisation occidentale et de présenter le christianisme aux Chinois, non pas comme une religion propre à l Occident, mais comme une religion universelle avec un message pour toute l humanité. Le P. Pierre Teilhard de Chardin, le paléontologue-philosophe qui collabora à la découverte de l «Homo Pekinensis» dans les années 1930, a bien résumé pour notre temps la vision de Ricci : «L âge des nations est passé. Il s agit maintenant pour nous, si nous ne voulons pas périr, de secouer les anciens préjugés, et de construire la Terre.» n Stèle funéraire de Ricci 41

44 Lettres de Matteo RICCI Pékin, 12 mai 1605 A Monsieur Orazio Ricci, son frère, à Macerata [ ] Nous sommes en ces pays comme en un exil volontaire, loin non seulement de ceux qui nous sont chers, père, mère, frères et parents, mais aussi de peuples chrétiens et de notre pays, et quelquefois en des lieux où en dix ou vingt ans n apparaît aucun homme venant d Europe ; certains, comme nous qui sommes en Chine, sans jamais manger de pain ni boire de vin ; d autres, comme à Malacca, devant se sustenter avec de la farine d arbres, d autres avec des racines d herbes. [ ] Nous portons la barbe longue et les cheveux jusque sur les épaules [ ]. De nombreuses fois nous fuyons nos ennemis qui viennent nous faire du mal, comme cela m est arrivé à moi, quand j ai sauté par la fenêtre et me suis tordu un pied, qui me fait mal encore maintenant. [ ] Pour moi, je ne peux en vérité me promettre de vivre encore beaucoup d années ; je suis déjà tout blanc, et les Chinois s étonnent de ce qu à un âge pas très avancé, je sois si vieux ; ils ne savent pas que ce sont eux la cause de mes cheveux blancs. Pékin, 24 août 1608 Au chanoine Anton Maria Ricci, son frère, à Macerata Il y a plusieurs années que je n ai pas reçu de lettres de Votre Révérence. Je vous excuse en disant que vous m aurez écrit mais que les lettres se sont perdues en chemin. Moi aussi, je vous ai écrit chaque année. Cette année j ai reçu des lettres du P. Gironimo Costa de 1604, où il me disait avoir vu Votre Révérence à Macerata. Comme il ne disait rien de monsieur notre père, j ai supposé qu il est mort : je souhaite pourtant le savoir de vous en particulier. Je me trouve toujours à la cour de Pékin depuis huit ans que j y suis venu, et j y suis bien occupé. Je pense y finir ma vie, puisque c est le désir du roi. Beaucoup se sont faits chrétiens [ ] et viennent à la messe et se confessent et communient aux fêtes principales et y entendent la parole de Dieu avec beaucoup de goût, ce qui porte grand fruit. Mais il s en fait beaucoup plus par les livres imprimés en langue chinoise ; on en a imprimé un cette année qui a été très bien accueilli et a été réimprimé dans deux ou trois autres provinces. L année passée il est devenu tout à fait clair que la Chine est ce grand royaume que les anciens appelaient le Grand Cathay et que le roi de Chine est le Grand Can et la ville de Pékin le Cambalu [ ]. Mais nous avions des raisons de douter à cause des noms très différents que nous connaissions. Mais les pères de l Inde envoyèrent par la terre un de nos frères du nom de Benedetto, qui connaissait la langue perse, pour découvrir le Cathay, et il arriva au bout de cinq ans aux frontières de ce royaume, reconnaissant que le Cathay et la Chine sont le même royaume. [ ] Nous sommes en Chine, ou Cathay, vingt et plus de la Compagnie, en quatre maisons. Beaucoup nous demandent dans d autres provinces, mais on ne peut satisfaire à ces demandes par manque de sujets qui connaissent la langue, les coutumes et les bonnes manières des gens, qui sont fort nombreuses. Qui ne se conforme pas à tout cela est considéré comme barbare et ne peut faire du fruit. [ ] L an dernier j ai traduit en chinois un livre d Euclide, et on l a imprimé aussitôt. Comme j ai beaucoup d expérience en matière de livres, et que je suis le plus ancien de nos pères de Chine, cela nous a valu un grand crédit. Dans tous les milieux, j ai beaucoup d amis, au point qu ils ne me laissent pas vivre : toute la journée je suis dans les salles répondant à diverses demandes ; ceci s ajoute à la charge que j ai des nôtres d ici, et dont les pères n ont pas voulu me libérer. Avec l âge, je m affaiblis, bien que j aie toujours été en bonne santé ces dernières années, par une permission de la miséricorde de Dieu, pour le bénéfice de ce peuple. De Pékin, en la fête de saint Barthélémy 1608 Votre frère et serviteur dans le Christ, Matteo Ricci (Traduction du P. Jacques Gellard sj). 42

45 LES INSTITUTS RICCI de par le monde TAIPEI Le premier Institut Ricci a été fondé à Taipei (Taiwan) en Les PP. Jean Lefeuvre, Yves Raguin, et Yves Camus, y poursuivaient le projet du Grand Dictionnaire Ricci de la langue chinoise, mais sans se limiter à cet objectifs. Après Vatican II on commençait à parler beaucoup d inculturation et de dialogue entre les cultures et religions. L Institut Ricci fut donc chargé d étudier le contexte religieux de Taiwan et les grandes traditions spirituelles chinoises, notamment le taoïsme et le bouddhisme. Ainsi parut la nouvelle série des Variétés sinologiques (fondées en 1892 à Shanghai), pendant que Yves Camus et ses assistants composaient sur ordinateur le manuscrit du Grand Dictionnaire : caractères et expressions! Depuis la fin du Dictionnaire, en 2000, le P. Benoît Vermander a lancé un mensuel en chinois Renlai ( la Flûte humaine ), qui traite des problèmes de société à Taïwan et au-delà ; avec sa remarquable iconographie, il est devenu une référence dans les milieux intellectuels de Taïwan. Il s est doublée d une version électronique E-Renlai, et développe des projets de collaboration avec des intellectuels de Chine. PARIS L Institut Ricci de Paris fut, lui, la création d un seul homme, le P. Claude Larre, en Après 17 ans de Chine, Japon et Vietnam, il était convaincu qu en dépit des slogans maoïstes, c est encore de grands textes, du taoïsme ou de la médecine traditionnelle, qui guident les Chinois dans leur façon de vivre et de penser. Textes, ajoutaitil, qui s adressent à tout homme, chrétiens compris. Pendant 30 ans, avec sa collègue sinologue Elisabeth Rochat de la Vallée, il a donc étudié, traduit et commentés ces textes pour un vaste public international. Fin 1998, l Institut consacra deux ans à mener à bien l informatisation et l impression du Grand Dictionnaire. L ouvrage en 7 volumes parut en janvier Aujourd hui, dirigé par le P. Michel Masson et M. Michel Cartier (EHESS), l Institut est affilié au Centre Sèvres Facultés jésuites de Paris. Il offre un enseignement sur les traditions chinoises et sur la société chinoise d aujourd hui. Sa dernière publication est Religion et société en Chine ancienne et médiévale de John Lagerwey, professeur à l École Pratique des Hautes Études. SAN FRANCISCO Au commencement de l Institut Ricci de l université de San Francisco, il y a des cartons de livres sur la Chine du XVII e et XVIII e siècle : en tout volumes! C est le trésor du P. Albert Chan, historien, diplômé de Harvard, qui avait farfouillé pendant des années chez tous les bouquinistes de Hong Kong. Grâce au P. Edouard Malatesta toute cette bibliothèque a été transportée à l université jésuite de San Francisco, où fut créé le troisième Institut Ricci. Grâce à tout ce fonds et à la compétence de son directeur Dr. Wu Xiaoxin, cet Institut est devenu une référence obligée pour tous les chercheurs, chinois et autres, qui étudient l histoire du christianisme en Chine, et l occasion de nombreux colloques internationaux. MACAO Le quatrième Institut Ricci fut fondé à Macao en 1999, à l heure où prenaient fin 400 ans d administration portugaise. Macao, c est aussi 400 ans d histoire chrétienne, le plus ancien avant-poste missionnaire en Asie, comme le rappelle la façade de l église du Collège St Paul, fondé en Les Supérieurs décidèrent de créer un Institut Ricci à Macao pour mener des recherches sur tout cet héritage historique, et promouvoir aussi une réflexion sur les enjeux éthiques de part et d autre de la frontière. Sous la direction des PP. Luis Sequeira, Yves Camus et Artur Wardega, l Institut organise des colloques universitaires et publie une revue bilingue (chinois/ anglais) Shenzhou Jiaoliu ( Confluences chinoises ). En avril 2008, est sorti un livre du P. Christian Cochini, Guide des temples bouddhistes de Chine, histoire et héritage des monastères de la nation Han (Les Indes Savantes, Paris). 43

46 {Maurice GILBERT sj Le 7 mai 2009, à Rome, l Institut Biblique Pontifical a célébré le centenaire de sa fondation. En le créant, voici un siècle exactement, Pie X le confia à la Compagnie de Jésus, qui en assume encore la charge. Cette fondation répondait à une double nécessité. À l époque, en effet, l exégèse de la Bible se trouvait en grande difficulté dans le monde catholique. Le contexte Sciences D une part, malgré la création en 1890 de l École Biblique de Jérusalem sous l impulsion du dominicain, le P. Lagrange, les catholiques souffraient d un retard évident face aux développements de l exégèse protestante, surtout en Allemagne et en Angleterre. Le rationalisme y était de rigueur. On y remettait en question des convictions traditionnelles, par exemple sur l origine de l homme : en 1859, Darwin avait publié son ouvrage sur L origine des espèces et, en 1868, l homme de Cro- Magnon avait été découvert. Même la figure de Jésus était amputée de tout ce que la raison ne pouvait expliquer : ses miracles et surtout sa résurrection. La Vie de Jésus d Ernest Renan, parue en 1863, avait séduit nombre de lecteurs. À quoi il fallait ajouter la découverte, en Égypte et en Mésopotamie, de civilisations dont on parvenait à déchiffrer les textes : ils étaient de loin antérieurs à la Bible. Mais les travaux de François Lenormant sur Les origines de l histoire avaient été condamnés par Rome en D autre part, en 1909, la crise moderniste battait son plein. En 1902, Alfred Loisy avait déclen- 44

47 Le centenaire de l Institut Biblique ché un tollé avec son petit livre rouge, L Évangile et l Église. Sous Pie X, la Commission Biblique Pontificale émettait depuis 1905 des documents qui entravaient considérablement la recherche scientifique des exégètes catholiques. En 1907, le pape interdit la publication du commentaire de la Genèse qu avait préparé le P. Lagrange, et le jésuite Albert Condamin fut empêché de publier son introduction au livre d Isaïe, où il reconnaissait plusieurs auteurs. La même année, le Saint-Office, puis le pape condamnaient le modernisme et, en 1908, Loisy était excommunié. Les commencements L Institut Biblique voyait donc le jour dans un climat bien sombre. L idée d un tel institut n était pourtant pas neuve. En 1903, durant les six derniers mois de son pontificat, Léon XIII en avait déjà envisagé la création et l artisan principal du projet avait été le P. Ferdinand Prat, jésuite, que le pape avait appelé, ainsi que le P. Lagrange, à faire partie du groupe de consulteurs de la Commission Biblique. Prat avait mis au point un projet sérieux et exigeant, analogue à celui que réalisait à Paris l École des Hautes Études, mais la mort du pape arrêta tout et, sans argent, Pie X ne pouvait aller de l avant. Pourtant, en 1909, le jésuite allemand Leopold Fonck, qui, farouche opposant au P. Lagrange, enseignait depuis six mois à P. Paul JOÜON l Université Grégorienne, proposa à Pie X de passer à l acte. Avec l accord du pape, Fonck put donc ouvrir l Institut Biblique Pontifical le 5 novembre 1909, mais sans bâtiment propre. Cependant, dès décembre, la famille du Coëtlosquet, de Nancy, se chargea de couvrir tous les frais : en trois ans, elle déboursa cinq millions de francs or. Le Vatican acheta et fit adapter le palais Muti Papazzurri, que l Institut occupe encore aujourd hui au centre de Rome. Parmi les dix professeurs, deux Français. Le premier, Lucien Méchineau, très conservateur, qui, dans les Études de 1898, avait traité Lagrange de transfuge pour avoir montré que l attribution du Pentateuque à Moïse n était pas un dogme de foi. L autre était Marius Chaîne, alors jésuite, un spécialiste du copte. Parmi les étudiants de la première heure, on comptait Achille Liénart, futur cardinal de Lille, célèbre pour son intervention au premier jour du concile Vatican II, et Joseph Bonsirven, prêtre d Albi : en 1910, celui-ci présenta à la Commission Biblique une thèse sur l eschatologie selon les écrits rabbiniques, mais elle fut refusée ; plus tard, devenu jésuite, il enseignera même à l Institut Biblique de 1948 à L Institut offrait des cours, mais les examens devaient se passer devant la Commission Biblique. Ce n est qu en 1928 que Pie XI octroya à l Institut le droit de conférer tous les grades en science biblique, y compris le doctorat. Quant à l orientation des études, la réaction anti-moderniste sévissait partout en exégèse, si bien que l Institut s investit surtout en philologie biblique et orientale. Le meilleur travail de cette époque reste la Grammaire de l hébreu biblique de Paul Joüon, éditée en 1923 ; toujours en usage, elle a même été traduite et mise à jour en anglais par T. Muraoka en W 45

48 C ard. Carlo Maria MARTINI À Jérusalem Dès 1909, l Institut comprit qu il fallait donner aux étudiants la possibilité de séjourner en terre biblique. Plusieurs projets furent élaborés en collaboration avec l Université Saint-Joseph des jésuites de Beyrouth, mais la guerre de 1914 arrêta tout. En 1913, un groupe de huit étudiants avait tout de même fait le tour du Proche-Orient, d Athènes à la haute Égypte ; le P. Alexis Mallon était leur guide. En 1919, Benoît XV décida que l Institut n aurait à Jérusalem qu une succursale, apte à recevoir étudiants et professeurs venus surtout pour visiter la Terre Sainte : il n était plus question de fut jointe une bibliographie complète en matière de Bible : les deux existent toujours. L Institut inaugura aussi une série de monographies, Orientalia ; en 1932, cette série de travaux d orientalisme fut transformée en revue, qui continue, elle aussi, de nos jours. Ces publications sont considérées comme importantes par les spécialistes. En 1930, le P. Augustin Bea devint recteur de l Institut et il le resta jusqu en À l instigation de Pie XI, l Institut se dota en 1932 d une faculté d études de l Orient ancien, mais très vite l approche scientifique qui prévalait à l Institut fut contestée dans quelques milieux conservateurs d Italie. Pie XI intervint pour encourager l Institut. Les critiques reprirent au début du pontificat de Pie XII et celui-ci y répondit principalement par son encyclique Divino afflante Spiritu de 1943, document vraiment libérateur et promoteur d une exégèse à la fois scientifique et théologique. Dix ans plus tard, les objections contre l Institut revinrent et elles durèrent jusque durant la première session du concile Vatican II à l automne de Vatican II concurrencer l École Biblique du P. Lagrange. Revenu à Jérusalem, le P. Mallon reprit en 1921 les caravanes ; il devait en outre réaliser le projet de la succursale de Jérusalem. En 1925 on réussit à en poser la première pierre et la maison ouvrit ses portes le 1 er juillet 1927, onze jours avant le tremblement de terre qui ébranla sérieusement le Saint-Sépulcre ; notre maison ne subit que des dégâts mineurs. Deux ans plus tard, le P. Mallon découvrait le site préhistorique de Teleilat Ghassul ( av. J.-C.) qui rendit célèbre l Institut. Mais revenons à Rome. En 1920, l Institut commença la publication de la revue Biblica, à laquelle Elles firent si bien que, de 1962 à 1964, les Pères Stanislas Lyonnet et Max Zerwick furent empêchés par le Saint-Office d enseigner l exégèse à l Institut. Les accusations dont ils étaient victimes étaient sans fondement. À l époque du concile, le P. Lyonnet était considéré comme un maître. Déjà comme étudiant, il avait publié en 1939 un article dans la revue Biblica, où il montrait que l annonce de l ange ne doit pas se traduire «Je vous salue, Marie», mais bien «Réjouis-toi, Marie». Devenu professeur d exégèse des épîtres pauliniennes, il publia beaucoup durant la décennie qui précéda le concile. S attachant surtout à l épître aux Romains, ses études sur la théologie paulinienne eurent une grande influence après le concile dans le dialogue œcuménique. À partir de 1963, le P. Albert Vanhoye enseigna, lui aussi, les lettres 46 C ard. Albert VANHOYE

49 P. Edouard des Places de saint Paul. Ses travaux sur l épître aux Hébreux renouvelèrent l exégèse de ce texte difficile, sur lequel il publia de nombreux livres et articles. Par la suite, il devint recteur de l Institut, de 1984 à En 1990, Jean-Paul II le nomma secrétaire de la Commission Biblique et ce fut sous sa direction que la P. Stanislas LYONNET Commission publia en 1993 le document fondamental sur l Interprétation de la Bible dans l Église, qui fut universellement loué. En 2006, Benoît XVI le créait cardinal. Entre-temps, le concile avait promulgué en 1965 la constitution Dei Verbum sur la Révélation. L Institut, qui avait collaboré indirectement à sa rédaction, ne put que s en réjouir. Il s attela ensuite à sa mise en œuvre. À ce moment, le P. Carlo Maria Martini, le futur cardinal de Milan, était recteur de l Institut ( ). À Jérusalem, il créa la surprise en demandant à l Université Hébraïque d offrir aux étudiants de l Institut un programme semestriel d hébreu, d histoire et d archéologie bibliques. Depuis 1975, plus de cinq cents jeunes biblistes y ont pris part. Puis, en 1984, ce fut au tour du P. Vanhoye de signer un accord analogue avec l École Biblique des Dominicains de Jérusalem : les crispations du début du XX e siècle cédaient le pas à la collaboration. Avec ces deux programmes, la succursale de Jérusalem se sentit désormais plus étroitement liée au siège central de l Institut à Rome. Dans le milieu cosmopolite de l Institut, les jésuites français ont donc eu leur place. On ne peut que constater que l exégèse paulinienne leur a été confiée durant plus d un demi-siècle. Il ne faut pourtant pas oublier le P. Édouard des Places, helléniste hors pair, qui, de 1948 à 1983, enseigna à l Institut les rapports entre la Bible et la Grèce, tout en publiant énormément, surtout sur Platon et sur Eusèbe de Césarée ; et qui fut aussi, de 1948 à 1966, bibliothécaire de l Institut. À l Institut Biblique, l exégèse doit et veut être à la fois scientifique et théologique. Ses publications en donnent la preuve. Cette orientation fondamentale n a jamais éloigné les professeurs du peuple chrétien. Faut-il rappeler tout ce que les Pères Lyonnet et Vanhoye, par exemple, ont fait pour permettre à tout chrétien de mieux comprendre le message biblique par des ouvrages de bonne vulgarisation? Sensibles aux requêtes issues du concile, ils n ont pas manqué non plus, avec plusieurs collègues de l Institut, dont le P. Martini, de favoriser la lectio divina par des publications d une réelle profondeur spirituelle. Telle fut en bref l histoire de cet institut au long d un siècle. n N.B. Pour un récit plus complet, voir Maurice. GILBERT, L Institut Biblique Pontifical. Un siècle d histoire ( ), Rome, Ed. Pontificio Istituto Biblico, Présence française Entre 1973 et 1984, le corps professoral de l Institut avait été rajeuni. C est ainsi qu en 1980, le P. Jean-Noël Aletti, succédant au P. Lyonnet, commença à l Institut son enseignement des épîtres pauliniennes, avec l autorité que l on sait. P. Alexis MALLON 47

50 LE BIBLIQUE L e s R S R C E N T E N A I R E 9-11 novembre 2009 : Colloque RSR : Christologie et Histoire de Jésus Centre Sèvres et Institut Catholique de Paris 21 janvier : Colloque : Exégèse patristique, exégèse critique Université Catholique de Lyon Faculté de Théologie 4 mai : Rencontre à l UNESCO : Cent ans de recherche en Sciences Religieuses. Penser aujourd hui la tradition chrétienne. Avec le Cardinal Walter Kasper. Octobre : Colloque : La fécondité d une confrontation entre théologie et sciences religieuses. Institut Catholique de la Méditerranée (ISTR) Marseille Livre du Centenaire : Théologies et Vérité au défi de l histoire (éd. Peeters mars ) 48

51 Les Recherches de Science Religieuse fêtent leur Centenaire {Christoph THEOBALD sj, Rédacteur en chef RSR Adeline MARC, secrétaire RSR En 2009-, les Recherches de Science Religieuse, revue prestigieuse, reconnue dans le monde scientifique et universitaire de la théologie et des sciences religieuses (1), fêteront leurs cent années d existence. Cent ans marqués par des figures (Léonce de Grandmaison, Henri de Lubac, Jacques Guillet, Joseph Moingt, etc.), des débats souvent significatifs des seuils traversés par l Église depuis un siècle, des liens forts avec l ensemble des facultés de théologie du monde francophone. Née dans le sillage de la revue Études qui cherchait alors à développer des annexes plus scientifiques et techniques, la revue a commencé à être publiée en 1910, sous l impulsion de Léonce de Grandmaison. L époque était houleuse, la crise moderniste battait son plein, et la toute nouvelle revue percevait la nécessité d engager un dialogue scientifique sérieux avec les nouvelles sciences religieuses. C est donc avec courage et dans un esprit de recherche que les RSR se sont confrontées aux questions de fond qui se posaient alors à la théologie, du fait des recherches historiques sur les origines chrétiennes, sur l histoire de la Bible et du dogme et sur les religions non chrétiennes. Rapidement, la revue s est imposée comme une autorité dans le monde théologique et encore aujourd hui, ses dossiers et ses bulletins constituent une référence pour nombre de chercheurs. À travers les débats qu elle a engagés, les domaines qu elle a explorés, la revue est un bon témoin de l évolution de la pensée théologique au cours du XX e siècle. Durant les premiers cinquante ans, on peut ainsi nommer la question de la foi, celle du sens de l histoire et de l évolution et le grand débat sur le rapport entre nature et surnaturel, où le nom d Henri de Lubac s imposa. À partir de 1967, ce sont les débats post-conciliaires qui l occupent : des problèmes du sacerdoce, du divorce, de la théologie de la libération aux questions fondamentales comme celles du mal, de Dieu, de la vérité et du Christ. Demeurant comme à son origine dans un mouvement de recherche, la revue s est engagée et a tenté d ouvrir de nouveaux horizons. Dans le monde des revues jésuites, les RSR occupent une place particulière, en tissant des liens profonds avec la plupart des facultés de théologie francophones. Par les colloques biennaux, par les bulletins thématiques qui constituent une référence bibliographique précieuse, les RSR ont offert aux enseignants et chercheurs un outil scientifique de renom, mais plus encore un lieu d émulation et de débat. En ce sens, les RSR se distinguent des nombreuses autres revues universitaires souvent liées à une faculté précise. Le Centenaire qui s ouvre maintenant voudrait célébrer comme il se doit cette «mémoire» de la revue, mais aussi, dans l esprit même des RSR, explorer les lieux de recherche actuels et ouvrir des chemins prospectifs pour l avenir. Plusieurs événements jalonneront cette année (voir l encadré ci-contre) et un livre, à paraître en mars, marquera ces cent années de recherches. En, les Recherches de Science Religieuse ouvriront donc la page d un nouveau siècle pour elles. Souhaitons qu il leur donne de répondre toujours fidèlement au programme que leur fondateur, Léonce de Grandmaison, leur avait proposé : «L esprit qui nous animera est un esprit d entière soumission aux enseignements autorisés de l Église catholique, et, en même temps, d exacte fidélité aux bonnes méthodes scientifiques. On pense avoir, dans le pays de Petau, de Mabillon, de Tillemont, le droit de tenir ce langage. Assurés que leur foi n a besoin que de la vérité, les collaborateurs des Recherches s appliqueront en toute sérénité aux travaux de leur compétence.» (2) n (1) Un classement international annuel de ces revues place les RSR dans la catégorie la plus prestigieuse. C est dire le rayonnement international de la revue, un rayonnement qui ne faiblit pas, depuis de longues années. (2) Léonce de Grandmaison, «Avis», RSR, T. 1 (1910). 49

52 Être théologien aujourd hui dans l Église {Michel FÉDOU sj Professeur au Centre Sèvres Facultés jésuites de Paris Sans doute y a-t-il bien des façons d être théologien aujourd hui, selon qu on est enseignant, ou chercheur, ou engagé dans un travail directement pastoral ou tout cela à la fois! D ailleurs, la tâche théologique est de plus en plus une tâche partagée : nul ne peut vraiment l exercer sans être à l écoute de ce que disent d autres théologiens, sans s enrichir de leurs propres réflexions, sans entrer aussi en débat avec eux ; surtout, ce travail implique une constante attention à ce que vivent et pensent les chrétiens «sur le terrain» eux qui, sans être des théologiens de métier, apportent à ceux-ci le témoignage de leur expérience et contribuent de maintes manières à leur tâche de réflexion. Cette tâche relève d un service demandé par l Église, et cela, tout d abord, en faveur des communautés chrétiennes qui ont besoin d être éclairées dans leur intelligence de la foi. Un théologien devrait toujours avoir à l esprit qu il ne travaille pas pour lui-même, mais pour le corps ecclésial dont il doit percevoir les attentes. Dans le cas de l Église de France, il lui faut donc prêter attention aux questions spécifiques qui se posent aux membres de cette Église : la situation créée par la diminution du nombre de prêtres, les manières de repenser la structuration de la vie diocésaine, les incidences sur la question des ministères, les débats autour de la liturgie et de la catéchèse, les problèmes liés à l héritage de la tradition «laïque», les relations entre les catholiques et les autres chrétiens, la manière de se situer par rapport au judaïsme et à l islam Sur ces questions comme sur d autres, le théologien doit prendre le temps d écouter, d analyser, de comprendre ; il doit aussi exercer, par rapport aux situations rencontrées, un vrai travail de discernement à la lumière des Écritures, de la tradition de l Église et des enseignements magistériels. Certes, on n attendra pas de lui qu il réponde immédiatement à toutes les questions soulevées ; comment d ailleurs le ferait-il isolément, quand il s agit de questions qui ne pourraient être résolues qu à la faveur d un consensus au niveau de l Église locale ou de l Église universelle? Mais c est déjà beaucoup qu il permette de bien formuler ces questions, qu il aide à en saisir les enjeux, et qu il éclaire les communautés chrétiennes sur les chemins à suivre. Nous sommes d autre part confrontés, dans la France d aujourd hui, à la situation suivante : alors même que le christianisme reste majoritaire, beaucoup ignorent largement son histoire, ou n ont qu une connaissance très vague (quand elle n est pas déformée!) de ses origines. Cette situation exige du théologien qu il aide à redécouvrir la tradition chrétienne dans sa genèse et son développement, et qu il s efforce de redonner accès aux éléments fondamentaux de la foi. La tâche qui lui incombe ici ne consiste pas seulement à expliquer de manière savante le sens des énoncés dogmatiques (bien que cette tâche soit évidemment nécessaire) ; elle consiste aussi à faire connaître de façon plus élémentaire ce qui est à la source même du christianisme, ainsi que les étapes significatives de son histoire et la portée de ses doctrines cela avec des mots qui puissent parler à nos contemporains, en sorte que ceux-ci soient non seulement informés mais nourris. L expérience des groupes bibliques l un des fruits majeurs de Vatican II a certainement apporté une contribution très importante dans ce sens, du moins pour ce qui est des origines de la foi, et il est vital qu elle puisse se poursuivre et se développer encore. Mais le théologien a une responsabilité particulière pour raviver la connaissance de l histoire du christianisme, et pour faire entrer dans une intelligence de la foi 50

53 de France qui soit éclairante et qui puisse répondre à l attente spirituelle de notre temps. Or son travail a une portée qui dépasse de loin les frontières de l Église. Rappelons d abord que la société française, comme d autres sociétés occidentales, est en butte à des questions éthiques particulièrement graves, telles que le statut de l embryon ou l euthanasie ; les moralistes chrétiens doivent ici apporter leur propre contribution, non seulement au bénéfice des communautés ecclésiales mais pour le bien de la société elle-même. On attend aussi des théologiens qu ils puissent prendre position sur d autres sujets très actuels, dans des domaines aussi divers que ceux de l économie, des rapports entre la science et la foi, de la culture et de l art Ils doivent en tout cas porter le souci d un débat exigeant avec les incroyants ainsi qu avec les autres croyants. De fait, la société française est marquée par diverses formes d incroyance qu il s agisse d un athéisme militant, ou de plaidoyers pour des «sagesses sans Dieu», ou encore d une sorte d indifférence par rapport à la question de l Absolu. D autre part, elle a connu ces dernières décennies une expansion de l islam, et dans une moindre mesure du bouddhisme, ainsi que le développement de nouvelles formes de religiosité. Ce sont là autant de défis pour le théologien chrétien, qui doit certes, chaque fois qu il lui est possible, entrer en dialogue avec les incroyants et les autres croyants, mais qui n en est pas moins tenu de dire ce qui, aujourd hui comme hier, rend le christianisme «crédible» et permet de «rendre raison de l espérance qui est en nous» (1 P 3, 15). n 1/2 page pub CHRISTUS 51

54 Pour aider des œuvres où travaille la Compagnie de Jésus Une fondation au service de la formation et de l éducation La Fondation de Montcheuil 35 bis, rue de Sèvres Paris Tél./Fax : Une fondation au service des missions en Afrique et en Asie, à Madagascar et au Proche-Orient L œuvre des missions catholiques françaises d Asie et d Afrique (en abrégé : OMCFAA) 42, rue de Grenelle Paris Tél. : Fax : Ces deux fondations sont reconnues d utilité publique Votre don ouvre droit à une réduction d impôt de 66 % du montant dans la limite de 20 % du revenu imposable. Elles vous enverront le reçu fiscal correspondant. Merci

55 Vers Dimanche Un peu d histoire (de famille)} Lancé fin novembre 2008, Vers Dimanche est un des fruits d une longue réflexion menée avec la famille ignatienne en France dans la dynamique du rassemblement de Lourdes en Le constat était simple : plusieurs revues spirituelles de la famille ignatienne avaient du mal à vivre car elles ne trouvaient plus leur public. N était-ce pas l occasion de rassembler nos forces pour créer du neuf et inventer, comme cela fut si bien fait à Lourdes, quelque chose d original répondant mieux aux attentes de notre époque? Plusieurs groupes de travail se sont succédés. Certains ont débouché sur des projets à long terme comme la transformation du site Notre-Dame du Web ( en portail de la famille ignatienne. D autres ont abouti à des numéros zéro de revue qui n ont pas emporté une large adhésion. Entre-temps, l une puis l autre revue spirituelle cessait de paraître. Un petit groupe de religieux (jésuites et xavières) et de laïcs en lien avec la Compagnie de Jésus ont continué de travailler, s inspirant des travaux précédents, pour concrétiser ensemble une idée qui leur tenait à cœur : publier le premier gratuit de la prière. C est ce qui a donné Vers Dimanche. Concrètement, Vers Dimanche, c est quoi? Une feuille de prière gratuite et originale éditée par des membres de la famille ignatienne en France pour se préparer au dimanche à venir. Une aide pour prendre un temps de prière et de méditation quotidienne sur l évangile du dimanche suivant. Un support pour trouver comment prier en famille, avec des enfants, à la maison Avec, chaque semaine, des pistes concrètes et faciles à mettre en œuvre. Une manière de prier en union avec le pape Benoît XVI en suivant les intentions qu il confie, à travers l Apostolat de la Prière, aux catholiques du monde entier. Aujourd hui, Vers Dimanche est un service offert par des jésuites, des religieuses et des laïcs qui vivent tous de la spiritualité d Ignace de Loyola. C est leur manière de répondre généreusement à l invitation lancée par les évêques du monde entier lors du dernier synode à Rome : que la Parole de Dieu trouve toute sa place dans la mission et la vie de l Église. Vers Dimanche existe sous trois versions différentes que vous pouvez télécharger gratuitement sur le site Une version destinée à être imprimée. Avec son format pratique un format A4 (recto-verso possible mais non obligatoire) à imprimer chez vous puis à plier en quatre vous pourrez la glisser partout et l utiliser à volonté sans avoir besoin d une Bible. Certaines paroisses distribuent la feuille à leurs fidèles. Et deux versions destinées à être lues sur écran (ordinateur, téléphone, PDA, Iphone, Ipod ). Une version est au format Pdf et l autre au format livre électronique. Vous pourrez télécharger chaque semaine le format qui vous convient et utiliser Vers Dimanche comme bon vous semble, seul ou en famille, dans une église ou à la maison, en étant dedans ou dehors. Des versions sonores sont à l étude pour écouter Vers Dimanche sur un lecteur mp3. Une formule originale au succès grandissant. Après une année, Vers Dimanche comptait 6000 abonnés recevant chaque semaine par courrier cette feuille électronique. Plus 2000 personnes qui téléchargeaient le Vers Dimanche chaque semaine sur le site A la demande de plusieurs lecteurs une version plus riche est actuellement à l étude. Son nom de code est «Vers Dimanche plus». Il s agira d une revue mensuelle payante, envoyée avec les feuilles gratuites Vers Dimanche du mois en cours. Pour vous en donner un avant-goût, Jésuites de France vous propose de découvrir ci-après le numéro 60 du lundi 11 au dimanche 17 janvier, «vers le 2 e dimanche du temps ordinaire». C est sans doute la meilleure publicité que nous pouvions trouver! Bonne découverte! Pour l équipe de Vers Dimanche Thierry LAMBOLEY sj W 53

56 Pour prier chaque jour l'évangile de dimanche prochain du lundi 11 au dimanche 17 janvier n 60 vers le 2 dimanche du temps ordinaire Tu as gardé le bon vin jusqu à maintenant. Saint Jean 2, 10 Prier : une manière d agir dans l histoire En tant que croyants, nous sommes convaincus que la prière est une vraie force qui ouvre le monde à Dieu. Nous sommes convaincus que Dieu écoute et peut agir dans l'histoire. Je pense que si des millions de croyants prient, cela influe sur le progrès de la paix. (Benoît XVI, 8 mai 2009, durant le vol de Rome à Amman) Prier au cœur du monde avec le pape Benoît XVI Les jeunes et les médias : Que les jeunes utilisent leurs outils de communication pour grandir en humanité et pour mieux se préparer à servir la société. (Intention de l'apostolat de la prière pour le mois de janvier, pour en savoir plus A la maison Un mariage avec du bon vin, un repas festif avec des viandes grasses... La Bible ne manque pas de comparaisons de ce type pour nous faire entrer dans le bonheur du Royaume de Dieu. Chez nous, goûter, apéritif ou repas peuvent devenir aussi des lieux bibliques. Comment? Par exemple avec des enfants, goûter un sirop inhabituel : le savourer et, à voix haute, remercier ensemble Jésus «pour ce monde savoureux qu il nous donne» et lui demander son aide «pour faire goûter la joie de son Royaume avec les enfants de la classe ou à la récré». Faire de même entre amis, avec une bonne bouteille, formulant une prière qui nous pousse à inviter largement autour de nous pour que tous entrent dans la joie du Royaume promis. Le gratuit de la prière Vers Dimanche est heureux de vous faire part d un mariage pas comme les autres. Il s agit d une union entre deux grandes familles. D un côté, celle de Dieu, le Père, Créateur du ciel et de la terre, son Fils Jésus Christ, Sauveur des hommes, et le Saint Esprit qui donne la vie. De l autre côté, la grande famille humaine répartie dans le monde entier, avec une très grande variété de peuples, cultures et traditions. Ce projet d union en vue d une descendance unique, humaine et divine, est déjà portée par une longue histoire. Le mariage communion sera célébrée chaque dimanche dans votre paroisse. Et nous nous réjouissons de pouvoir vous préparer à cette grande fête. Attention, comme à un certain mariage qui s est déroulé à Cana, les festivités risquent de connaître quelques imprévus, demandant confiance et audace. Mais rassurez-vous, une chose est certaine : le vin sera bon et abondant! Réponse souhaitée chaque jour de la semaine en prenant un petit moment de prière. Bonne préparation avec Vers Dimanche! Thierry Lamboley, jésuite Hebdomadaire gratuit édité par «Christ, Source de Vie», 9 rue Monplaisir, TOU- LOUSE, [email protected], Tél Rédaction assurée par des membres de la famille ignatienne en France, en lien avec l'apostolat de la prière. Site internet hébergé par Notre-Dame du Web. Ont collaboré à ce numéro : Anne-Marie Aitken xavière, Martine Feliz, Pierre Gauffriau sj, Emmanuelle Huyghues Despointes centre spirituel du Cénacle, Thierry Lamboley sj, Marie-Bernadette Noël cvx, Claire Ranquet. Vous pouvez soutenir cette publication grâce à des dons faits à «Christ, Source de Vie». Plusieurs versions électroniques sont disponibles sur le site : format Pdf et livre électronique (Ebook). Vous pouvez recevoir automatiquement la version PDF de cette feuille A4 par courrier électronique en vous abonnant gratuitement sur le site. 54

57 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Chapitre 2, versets 1 à 11 Il y avait un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples. Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit : «Ils n ont pas de vin.» Jésus lui répond : «Femme, que me veux-tu? Mon heure n est pas encore venue.» Sa mère dit aux serviteurs : «Faites tout ce qu il vous dira.» Or, il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs ; chacune contenait environ cent litres. Jésus dit aux serviteurs : «Remplissez d eau les cuves.» Et ils les remplirent jusqu au bord. Il leur dit : «Maintenant, puisez, et portezen au maître du repas.» Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l eau changée en vin. Il ne savait pas d où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l eau. Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit : «Tout le monde sert le bon vin en premier, et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu à maintenant.» Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. AELF Lu 11 Aimer avant tout Le premier signe de Jésus relaté par saint Jean, le premier lieu où il manifeste sa gloire, c està-dire son identité, est un mariage. Fête de l amour par excellence. Célébration de l alliance entre un homme et une femme qui s aiment au point de se donner sans réserve l un à l autre. Je laisse ce signe «premier» me dire qui est Dieu pour moi, pour les autres, pour le monde. Je peux me souvenir des moments où Dieu ainsi m a fait signe. Signe d amour. Ma 12 Oser prendre la parole La mère de Jésus voit poindre une catastrophe qui peut gâcher la fête. Elle alerte non pas le maître du repas mais Jésus, puis s adresse aux serviteurs. Je l entends prendre la parole et parler ainsi avec respect et audace. Aujourd hui, je me mets à son école, surtout si je suis témoin d une situation où me taire serait une solution de facilité. Signe de l Esprit qui fait parler. Me 13 Agir selon la parole «Faites tout ce qu il vous dira.» Parole prononcée à des serviteurs par celle qui s est déclarée «servante» le jour où elle a cru aux paroles dites par l ange de la part du Seigneur. Invitation aux serviteurs du repas de Noces à devenir serviteurs de la Parole en actes. Naître à la foi suppose la confiance en la parole de Jésus. Une confiance qui pousse à traduire en action cette parole venue d ailleurs. Signe d une foi parlante. Je 14 Changer de régime Les six cuves de pierre destinées aux ablutions rituelles ne contiennent plus de l eau mais du vin, et du bon. Le rite tombe en désuétude. Les habitudes sont bousculées : le maître du repas s en étonne. Au moment où je rentre dans le temps ordinaire de la vie chrétienne, je pourrais être tenté(e) de retrouver mes routines. J en convertis certaines. Signe de nouveauté. Ve 15 Servir sans bruit Les intervenants ici sont discrets. Marie agit au début et s efface ensuite. Jésus intervient sans voler la vedette aux mariés. Les serviteurs gardent secrète l identité de celui qui a sauvé la fête. Je contemple cette manière de servir sans se faire remarquer. Aucune publicité, aucun tapage autour du miracle. À la maison, en dressant la table, en faisant du rangement, je m essaie à cette manière de servir. Signe du Royaume. Sa 16 Entrer dans l histoire Discrétion ou humilité ne signifie pas démission ou sous-estime de soi. Bien au contraire. Jésus s engage dans sa vie publique en posant des gestes (des signes) qui rompent avec une logique mondaine (on dirait aujourd hui people). Il inaugure une autre manière de marquer l histoire, en soutenant et suscitant toute démarche humaine libre, inspirée par l amour et conduisant à l amour. Je repère où, quand et comment Dieu peut me soutenir ainsi dans ma vie. Signe d alliance. Dimanche 17 Devenir des disciples qui croient en Jésus Au début, Jean raconte que Jésus est invité «avec ses disciples». À la fin, il écrit : «ses disciples crurent en lui». On peut donc être disciples de Jésus sans pour autant croire en lui! Voilà qui peut éclairer notre vie chrétienne. Mais l essentiel est de repérer la lumière qui a permis aux disciples de croire en Jésus, afin d en être, nous aussi, illuminés. La réponse? Elle vient de la manière dont nous mettrons en acte seul, en famille, en paroisse la Parole de Dieu durant le temps ordinaire. Cana fait partie des «mystères lumineux» que Jean-Paul II a ajoutés au rosaire : sans doute pas sans raison. NB La mise en page de ce verso a été modifiée pour s adapter au format de la revue. 55

58 O r d i n a t i o n Mgr Paul DESFARGES Évêque de Constantine et d Hippone Ordonné à Alger le 12 février 2009, en la basilique Notre-Dame d Afrique Le samedi 3 octobre 2009, en l église Saint-Ignace à Paris Carnet Christian MOTSCH 56

59 Ordonné prêtre par Mgr Olivier de Berranger, évêque émérite de Saint-Denis-en-France, le samedi 25 avril 2009, en l église Saint-Ignace à Paris Alexis DOUCET D e r n i e r s Vœ u x Xavier JAHAN Le jeudi 2 juillet 2009 en la chapelle du château de Javier Le samedi 3 octobre 2009, en l église Saint-Ignace à Paris Xavier NUCCI 57

60 Jean-Yves GRENET {Jean-Yves GRENET sjprovincial de France C est au MEJ que tu as rencontré des jésuites? Jésuites de France Pour commencer par le commencement, quelles sont tes sources? les petits ruisseaux, devenus rivières qui t ont conduit au noviciat? Je crois que les sources qui m ont conduit au noviciat sont d abord familiales, au Mans. L environnement de la maison, le lien de mes parents avec la communauté chrétienne, l ouverture de la maison familiale aux gens qui passaient à cause du boulot de papa, les services variés qu ils pouvaient rendre par le Secours Catholique quand on était gamin, je trouve qu il y a une première source qui est de l ordre de l ouverture, de la sortie du cocon personnel, la rencontre d univers assez différents. Assez significative de cette «source», mais en faisant ici un saut chronologique important, la demande faite à papa de se préparer à devenir diacre quant il a pris sa retraite de la SNCF à 55 ans. Il n y avait jamais pensé! Il y a eu là une période de réflexion entre lui et maman ; les enfants ont pu être consultés également j étais au scolasticat à ce moment-là. Il a été ordonné avec comme mission principale le service des malades sur le territoire de la paroisse où il y avait plusieurs grosses cliniques. Une deuxième source qui a été fondamentale pendant toute ma jeunesse, c est le MEJ, depuis la 6 e, ou peut-être même avant, jusque pendant mes études supérieures. Quand j ai fait une retraite d élection, je me suis aperçu que ça rejoignait ce qui faisait vivre apparemment les compagnons jésuites, ce qui m a fait dire : puisque tout ça m a déjà été donné, pourquoi ne pas regarder plus profondément du côté de la Compagnie? Oui, Pierre Rouquette, Émile Lévecq Et ensuite au Lycée Ste-Croix. Y avoir connu des jésuites, Malvaux et quelques autres, je ne sais pas quel effet direct cela a eu sur ma vocation à la Compagnie. Honnêtement, je ne sais pas. J ai vu là des hommes qui faisaient leur travail et avec qui il y avait une relation de formation qui était heureuse. Donc ça ne m a pas fait fuir, et ça a contribué à ma formation de manière heureuse, oui. Mais c est vrai que je n ai pas eu à ce momentlà une vison directe : c est bien ce profil-là qui est le mien. Voilà les sources principales. Il y a aussi des choses que j ai faites avant d entrer au noviciat, l école d ingénieur aux Mines de Nancy et la coopération au Cameroun, dont les choix ont été faits après ma retraite d élection. J ai fait la classe préparatoire par curiosité : J en avais la capacité, apparemment, et puis le milieu industriel, économique, etc. n était pas très présent dans ma famille. Mon père était dans les chemins de fer où il était entré à 14 ans comme apprenti serrurier, avant de passer du côté administratif par promotion interne. Et maman était originaire des terres rurales d Ille-et-Vilaine, mère au foyer avec 5 enfants Pourquoi ne pas aller regarder ailleurs? Le choix de la coopération? Il y avait une raison objective : le service étant obligatoire, en sortant de l école des Mines, c était ou le noviciat, ou la coopération, et objectivement ça devait être le service national, qu il n y avait aucune raison de retarder. Je devais partir en coopération au Tchad, au collège Charles Lwanga, chez les jésuites, mais c était en 79, une année où le gouvernement français a refusé d envoyer des coopérants au Tchad. Alors à la dernière minute, au mois de juillet pour un départ en septembre, la DCC m a cherché autre chose et je me suis retrouvé dans un collège au Cameroun. Ce qui a été pour moi 58

61 une expérience heureuse parce que je me suis trouvé dans un milieu entièrement camerounais : j ai passé les 6 premiers mois sans rencontrer un Européen La véritable immersion! Oui, et ça a été une belle expérience! plonger dans un univers complètement autre, sans avoir personne à qui faire part de ses surprises. J enseignais les math et la physique dans deux établissements à 40 km l un de l autre, trois jours dans l un, trois jours dans l autre, avec trajet en taxi-brousse, et dans l un des deux j étais préfet d études. A la fin de mes deux années, on m a demandé de rester un an pour aider un jeune professeur de philo à prendre au pied levé le poste de Directeur. Et c est comme ça que je suis resté une 3 e année, alors que je devais rentrer au noviciat et que Jean Dravet, le maître des novices, qui se trouvait justement de passage au Cameroun me le déconseillait fortement, craignant qu il y ait encore d autres années après celle-là. Je suis donc arrivé au noviciat en 82. (Au bout de trois mois, nous avons fait le déménagement de la rue de l Abbé Boisard à l Arbalétière.) Expérience assez heureuse là aussi, confirmation du chemin qui avait été envisagé, temps d action de grâce sur le vécu personnel. Et aussi découverte de la diversité de la Compagnie. Et puis j ai découvert ce que disent nos textes sur l engagement pour la foi et la justice. Nos deux confrères du Mans, Joseph Boudaud et Noël Barré, je ne les avais guère plus que croisés. Mais là, J ai découvert ce côté de l engagement des compagnons et cette dimension d attention à la justice qui pouvait traverser tout apostolat quel qu il soit. Après le noviciat, suite de la formation : deux ans à la rue Blomet, puis en communauté à Vanves. À la fin du 1 er cycle j avais un goût pour l accueil des étrangers en France, qui s était développé au cours de rencontres et d activités dans le milieu associatif. Du coup il a été décidé que j aille travailler un an avec France terre d asile tout en participant aux WE du 2 e cycle (c était une formule de l époque). Et l orientation a été prise qu après cette année je commence le 2 e cycle à plein temps, tout en gardant un lien avec France Terre d asile et un champ de réflexion sur les questions des réfugiés et des demandeurs d asile en France. Mais au bout de trois mois de cette 1 ère année des deux ans du 2 e cycle, mon Vice-Provincial m a dit : changement de programme, on a besoin de toi à St-Etienne, en septembre prochain. Donc on a rempli les obligations administratives du 2 e cycle en nombre d heures de cours et de séminaire pendant le semestre qui restait. Ton 2 e cycle a donc été sérieusement rogné Après un an à temps plein, la fin du cycle s est faite sur les deux années qui ont suivi en continuant à faire des WE et en prenant un bon mois en été à La Baume avec Jean-Claude Deverre, qui était dans une situation semblable, pour achever le mémoire. Et en février suivant, on a conclu la relecture synthétique du 2 e cycle devant le jury habituel. L expérience que j ai faite en arrivant à St-Etienne, c est que découvrir un univers institutionnel et se mettre à y travailler, découvrir l environnement dans lequel on est inséré, tout cela demande du temps et des forces : avoir la disponibilité pour un travail intellectuel un peu suivi n est pas alors très, très facile. Et tu arrives à St-Etienne, au lycée du Marais-Ste-Thérèse Avec deux missions. La première, d enseigner ce qu on me donnerait : un peu de math, de physique, et même ce qu on appelle la «communication technique», c est-à-dire dessin industriel, technique d usinage. Je n y connaissais pas grandchose auparavant, mais ce double enseignement me permettait à la fois d être du côté des profs d enseignement général et des profs d enseignement professionnel. Il n y a jamais eu au Marais de vraie coupure entre ces deux milieux, mais quand même, il y a deux modes différents de rapport pédagogique : ce n est pas la même chose d être devant une machine ou derrière un bureau. L autre mission, c était de relancer, avec le nouveau directeur laïc qui arrivait, une commission (un peu tombée en sommeil) pour répondre à la question : «Que peut-on faire pour des élèves qui, même chez nous, échouent?» On avait installé au Marais une machine de production, que faisait fonctionner un ancien élève. L objectif de départ, c était d avoir un peu d argent, mais il arrivait qu on envoie devant la machine, le jeudi après-midi, des élèves qui étaient collés, et on constatait que certains élèves collés trouvaient beaucoup de plaisir à ce travail! D où la réflexion dans la maison qui a W 59

62 conduit petit à petit à la création de l AFEP, école de production, pour laquelle Martin Pochon est arrivé deux ans après. Après le lancement de l AFEP, tu ne t en es plus occupé directement? J étais au Conseil d Administration, secrétaire du CA. Et puis assez vite, je me suis fait récupérer par les Unions Régionales, au Bureau de l URA- REC comme Vice-Président, et même pendant six mois comme Président par intérim. Je me suis retrouvé dans ces instances, ce qui m a permis de vivre de près cette collaboration entre jésuites et laïcs responsables : directeurs, présidents, d autres encore plus investis Oui, j ai eu beaucoup de plaisir dans ce travail commun Et tu es devenu directeur En 96. À une période un peu difficile. Durant mes douze ans de présence au Marais, j ai accompagné un passage de 420 élèves à juste en dessous de 200 : sur ce plan-là on peut dire que le bilan n est pas réjouissant. Ma tâche a été de permettre à l équipe enseignante de retrouver une unification qui avait été un peu perdue, un peu de confiance en elle-même pour essayer de redémarrer sur des choses nouvelles. La chose nouvelle a été la mise en place de formation par apprentissage pour le bac pro., et puis la microtechnique, un virage qui commençait à se prendre. Et aussi le choix de la Compagnie de remettre des moyens, et humains et financiers, pour permettre au lycée du Marais de reprendre un souffle nouveau. On était arrivé à un moment où c était : ou bien ça, ou bien on ferme. On parlait de bilan tout à l heure ; où en est-on actuellement? Eh bien, le Marais a bien remonté en effectifs, et d autre part, il y a eu des ouvertures qui ont donné de l air : prothésistes dentaires, optique-lunetterie, suite du BEP électronique vers le bac pro. ont amené des nouveaux élèves, des élèves-filles, ce qu on avait essayé dans d autres sections, mais sans succès : amener un peu de mixité dans cet univers faisait beaucoup de bien. Deuxièmement permettre aussi d avoir des formations qui attirent des jeunes par autre chose qu un risque d échec comme c était le cas avec la mécanique générale. Et de fait ça accompagnait une évolution de la ville de St-Etienne. Et il y a eu un dynamisme renouvelé dans l établissement luimême : quand on voit que les choses renaissent, on accepte mieux de prendre des virages. Tu habitais dans quel lieu de la communauté? Les six premières années dans le quartier de Montreynaut, et les six années suivantes, quand j étais directeur, rue Jules Serret. Je deviens supérieur en 98, et je prononce mes derniers vœux dans la foulée. Ces derniers vœux ont été physiquement une expérience intéressante. La messe a été célébrée dans une des paroisses de Montreynaut. Après, on est descendu prendre l apéritif dans les ateliers du lycée du Marais. Puis on est allé pour le repas dans le restaurant du lycée St- Michel. Cette petite traversée m a paru significative des lieux de présence de la communauté. Et permettant à chaque fois à des personnes de ces univers (Montreynaut, Le Marais, St-Michel) d être partie prenante de cet événement. Et après St-étienne? Il m a été demandé de venir à Paris, rue Blomet, pour être supérieur de cette maison de formation. Ce qui fait un beau changement. Mais qui venait au bon moment : après douze ans à St- Etienne, avec les difficultés mentionnées (même si en même temps un dynamisme reprenait dans l établissement), un changement d apostolat était quand même le bienvenu! L expérience de Blomet, ma foi, a été heureuse tout de suite. C est-à-dire, de se retrouver dans une communauté de formation, de découvrir des compagnons plus jeunes, la Compagnie dans son côté international De découvrir aussi l équipe des formateurs, le lien avec les autres maisons de formation sur place Oui, oui, tout ça a été très heureux! Eh bien, je te propose de nous arrêter sur ce mot! Merci, Jean-Yves. n 60

63 Pub Études 61

64 L e s D é f u n t s D e L A n n é e (Octobre 2008 Septembre 2009) Dieu, tu révèles ta lumière à ceux qui passent par la nuit ; béni sois-tu pour les yeux qui s ouvrent aujourd hui dans la terre nouvelle! P. François ADER, né à Paris en Il fut pendant 30 ans membre du Centre d Études Pédagogiques où il fonda et dirigea la revue Parents et Maîtres. P. Jean ARNAUD, né à Fontainebleau en Après une dizaine d années au Tchad, il revient à Lyon où il est aumônier de lycée, puis curé dans le Beaujolais et aumônier de prison, avant d être responsable d une paroisse rurale à 12 clochers dans le Quercy. P. Marcel AUDRAS, né à Lyon en Il assura des tâches diverses d aumônier de collège, de ministre de communauté, à la Croisade des aveugles, à la Curie romaine, auprès du Cardinal de Lubac, et dans le ministère paroissial. P. Paul BUHAGIAR, né à Athènes en Il passa toute sa vie apostolique à Athènes comme ministre, économe, père spirituel, supérieur, aumônier des communautés anglophones, conseiller du Nonce apostolique, P. François-Xavier COLLONNIER, né à Paris en ans à Tananarive (Madagascar) sans discontinuer : sans doute un record de stabilité! Maître des novices, supérieur, et surtout, très longtemps, ministre et économe sans cesser d être artiste. P. Jean DANIEL, né à Toulon en Diplômé des Arts et Métiers, de l École Navale et de Sup- Elec, il est 18 ans préfet de la Joliverie à Nantes, puis pendant près de 25 ans professeur et bibliothécaire à l ICAM, d abord à Lille puis à Nantes. P. Paul DEVILLARD, né à St-Priest-en-Jarez (Loire) en Toute sa vie fut un engagement auprès des Algériens : en Algérie comme enseignant d arabe et de français, puis à Paris comme «visiteur du monde arabe islamique dans l univers carcéral». P. Philippe DUBIN, né à Paris en ans de travail en Afrique, surtout à Abidjan comme directeur de l INADES et à Yaoundé comme enseignant à la Faculté des Sciences Sociales et de gestion. P. Gaston DUTERTRE, né à Marigné-Peuton (Mayenne) en À Limoges, puis à Rouen, la première partie de son travail fut en paroisse ; la seconde fut son engagement profond auprès des enfants handicapés et dans l aumônerie de l hôpital psychiatrique. P. Robert ÉNON, né à Vincennes en Préfet des études à Ste-Geneviève de Versailles, puis directeur de la Maison des ICAM à Lille, il travailla à la Mission Ouvrière auprès des migrants à Clichy. 62

65 P. Louis FOROBERT, né à Genève en Membre de la première équipe de jésuites français partant au Tchad en 1947, il travaillera en Afrique pendant 57 ans, dans des paroisses, puis au grand séminaire et au noviciat jésuite. P. Théophile HANSEN, né à Beyren (Luxembourg) en Parti à Madagascar sitôt son noviciat, il y est missionnaire : curé, enseignant, ministre, économe, professeur ; puis pendant 33 ans, il fut confesseur à la résidence de St-Denis de la Réunion P. François HESS, né à Tagnon (Ardennes) en Préfet d études à Amiens et Cormontreuil, aumônier d étudiants à Nancy, il fut ensuite membre des communautés d accueil successivement dans les maisons de Colmar, Chantilly et Mulhouse. P. Charles JACQUET, né à Marseille en D abord recteur et préfet de collège à Lyon, puis maître des novices, à 50 ans il part pour le Cameroun où il est professeur, père spirituel, accompagnateur au noviciat de quoi le mener jusqu à 100 ans! P. Michel LANGUEDOCQ, né à Paris en Il fut aumônier du MEJ et de collège à Vannes, Poitiers, Toulouse et Bordeaux ; puis il assura à Pau pendant presque 40 ans des ministères divers. P. André LEGOUY, né à Paris en Après 6 ans d aumônerie de prison à Fresnes, il est nommé à la pastorale des migrants auxquels il se consacre tout entier en travaillant à la CIMADE et au GISTI dont il est un des fondateurs. P. André LIONNET, né à Bons-en-Chablais (Haute-Savoie) en Polytechnicien, il demande les missions et part au Mexique : 9 ans chez les Indiens des hauts-plateaux, puis 12 ans enseignant à Mexico. Rentré en France, il sera vicaire auxiliaire à St-Gervais. P. Jean-Marie MORETTI, né en Avignon en Chercheur en biochimie au CNRS, puis professeur à la Faculté des sciences de Montpellier, à sa retraite académique il se consacra à la bioéthique par des publications et conférences. P. André PRÊLE, né à St-Jean-d Ardières (Rhône) en Il fut 30 ans de suite le légendaire professeur d anglais du collège St-Michel de St-Etienne ; puis pendant 25 ans confesseur résidant à la rue de Grenelle à Paris. P. Pierre ROUQUETTE, né à La Tremblade (Charente-Maritime) en ans au Mans comme aumônier du MEJ, du collège et de l école, puis 20 ans à Nantes aumônier d hôpital et membre actif d une fraternité d aide aux personnes dépendantes de l alcool. P. Yves SOULET de BRUGIÈRE, né à Bordeaux en Très handicapé par une santé fragile, il fut toute sa vie accompagnateur spirituel, et d abord des étudiants jésuites ; et pendant 23 ans supérieur des résidences de Perpignan, Pau et Montpellier. 63

66 Pub Croire

67 JESUITES DE FRANCE En couverture La prima edizione (?) del mappamondo cinese del ricci Sciaochin, 1584 P. 8 et 9, dessins de Olivier de Dinechin Accompagner l homme en q Christus vous accompagne quatre fo sur votre chemin d approfondissemen pour vivre pleinement cette nouvel Au sommaire des prochains numéros :

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