Bulletin VPJM juillet 2008

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1 ISRAËL PALESTINE Bulletin VPJM juillet 2008 Le président Sarkozy devant le parlement israélien Alain Gresh Publié sur le blog du Monde diplomatique, Nouvelles d Orient le 26 juin Un commentaire du discours prononcé au Parlement israélien. En italique, le texte du discours. Le lundi 23 juin, le président Nicolas Sarkozy s est adressé au parlement israélien. Ce texte entrera sans aucun doute dans les annales diplomatiques françaises, confirmant le tournant pris. Lors d une rencontre avec le CRIF le 21 novembre 2007, David Martinon, à l époque porte-parole de l Elysée avait expliqué que les relations entre la France et Israël étaient revenues à ce qu elles étaient avant la guerre de juin 1967, c est-à-dire (c est moi qui commente) quand la France soutenait l expédition coloniale pour "récupérer" le canal de Suez et aidait Israël à se doter de l arme atomique. Je reviendrai plus longuement sur ce virage français dans un article du Monde diplomatique de juillet. En attendant, je me livre à un petit commentaire de texte sur le discours. Deux éléments principaux peuvent être dégagés : une reprise sans aucun esprit critique du récit israélien sur la création de l Etat d Israël vécu comme une épopée, dont les Palestiniens sont totalement exclus ; un appui au discours israélien sur le terrorisme et sur la sécurité, ; à l idée qu Israël est un Etat menacé, etc. un rappel des positions traditionnelles de la France sur la création d un Etat palestinien, l arrêt de la colonisation, etc., (mais sans aucune référence au droit international) et le refus de prendre toute mesure concrète pour forcer le gouvernement israélien à arrêter la colonisation et à appliquer les résolutions des Nations unies. «Il y a entre Israël et la France une amitié profonde qui a résisté depuis 60 ans à toutes les turbulences de l Histoire. Cette amitié, elle n est pas seulement due à la vitalité de la communauté juive de France et à la vitalité de la communauté francophone d Israël qui forment comme un pont entre nos deux pays. Cette amitié est due aussi à quelque chose de plus profond. Cette amitié est due à la manière dont le judaïsme a influencé, a nourri, a enrichi la culture française, à l inspiration que les Pères fondateurs d Israël ont puisée dans les valeurs de l universalisme français. Cette amitié est due aux liens étroits économiques, scientifiques, culturels, techniques, intellectuels, mais aussi tout simplement humains que nos deux peuples si bien ont naturellement su tisser ensemble.» «Cette amitié, je suis venu la renouveler, la renouveler solennellement au nom du peuple français et je me réjouis de voir avec quelle chaleur, avec quel élan fraternel le peuple israélien y répond.» «Je voudrais vous dire que c est pour moi une très grande émotion que de prendre la parole aujourd hui, ici, à Jérusalem, ville trois fois sainte, sainte pour les juifs, sainte pour les chrétiens, sainte pour les musulmans. Je mesure le très grand honneur que vous faites au Président de la République française de pouvoir s adresser à votre Assemblée qui est le symbole, et je l ai vu il y a quelques instants, d une des plus authentiques démocraties du monde. Je souhaite que dans tous les parlements du monde, on puisse interrompre un orateur au nom de la liberté d expression. C est cela la démocratie israélienne.»

2 «Mesdames et Messieurs les membres de la Knesset, à travers vous, je voudrais m adresser à tous les Israéliens, les Israéliens dont les ancêtres pendant des siècles ont espéré qu un jour, il y aurait à nouveau une nation juive. Une nation juive qui serait comme toutes les autres nations, libre, libre enfin de choisir son destin, libre enfin de décider par elle-même.» Première révision de l histoire. M. Sarkozy semble ignorer que le sionisme politique est une création de la seconde moitié du XIXe siècle et que, avant, il n existait aucune aspiration à un Etat juif. Les juifs religieux qui le désiraient venaient s installer en Palestine, souvent pour y mourir et y être enterrés. Rappelons que jusqu à la première guerre mondiale, il n y avait aucune restriction à l installation juive en Palestine. «Je veux m adresser au peuple d Israël qui a choisi la démocratie et la liberté, et qui ne doit la démocratie et la liberté, peuple si courageux d Israël, qui ne doit la liberté et la démocratie à personne d autre qu à lui-même, à son courage, à son énergie, et à son intelligence. Si vous ne l aviez pas voulu, personne ne l aurait voulu à votre place. Il faut avoir l honnêteté et le courage de reconnaître cela.» «Mais, à travers vous, je voudrais m adresser, à tout le peuple juif, peuple juif, si longtemps sans terre, sans institutions politiques, mais peuple juif partageant la même attitude morale, la même conception de la vie, la même tradition, la même foi, la même espérance, peuple juif que ni la violence, ni la haine n ont pu faire renoncer aux valeurs universelles que les prophètes d Israël ont enseignées à tous les hommes.» Existe-t-il, de tout temps, un peuple juif? Et qui peut affirmer que, même durant le XXe siècle, les juifs du Maghreb, ceux du Yémen et ceux d Europe centrale ou de l Est partageaient les "valeurs universelles"? Et, il suffit de lire la Bible, avec ses appels à l extermination de tel ou tel peuple, pour voir que les prophètes d Israël étaient bien loin d enseigner les valeurs universelles. «Aucun exil, aucune épreuve n avait pu arracher du cœur du peuple juif le souvenir de la Terre promise. Et après 19 siècles, chacun au sein de ce peuple dispersé sur toute la terre se disait encore : "je suis juif, parce que, né d Israël, et l ayant perdu, je l ai senti revivre en moi, plus vivant que moi- même".» Durant le XIXe siècle (et une bonne partie de la première moitié du XXe siècle), le sionisme est un mouvement extrêmement minoritaire. La grande majorité des juifs d Europe centrale et de Russie qui émigrent choisissent une autre terre promise, les Etats-Unis. Et il est plus que douteux qu ils aient eu le sentiment d avoir "perdu" Israël... Et, dans la minorité politisée juive, les courants socialistes, communistes et le Bund, qui tous rejetaient le sionisme, étaient aussi très puissants. «Au nom du peuple français, je veux dire mon amitié et mon respect à ce grand peuple d Israël qui a accompli la promesse que tous les Juifs depuis la dispersion se transmettaient de génération en génération de revenir en "ce lieu où naquit le peuple juif, où se forma son caractère spirituel, religieux et national".» «Il y a donc 60 ans, il y a donc 60 ans, cher Shimon, des femmes et des hommes dont le caractère s était forgé au travers des pires épreuves de la vie, proclamèrent "la fondation de l Etat juif dans le pays d Israël". Herzl avait dit "si vous le voulez ce ne sera pas une légende". Ils le voulurent et la résurrection d Israël cessa d être une légende pour devenir une réalité.»

3 Que cette fondation se soit faite au détriment des Palestiniens ne semble pas effleurer le président. «Je veux dire mon admiration pour ces femmes, pour ces hommes d exception qui voulaient un Etat où seraient assurées "une complète égalité des droits sociaux et politiques pour tous les citoyens, sans distinction de croyance, de race, ou de sexe", "la pleine liberté de conscience, de culte, d éducation et de culture", "la sauvegarde et l inviolabilité des Lieux Saints et des sanctuaires de toutes les religions".» Pour qui connaît la situation des citoyens palestiniens de l Etat d Israël, victimes d une multitude de discriminations, cette affirmation des grands principes est étrange. «Oui, je veux dire mon respect pour l idéal qui les animait. Le rêve qu ils poursuivaient était grand, parce qu il était nourri par des siècles d attente et par l horreur qu on lisait encore dans le regard halluciné des rescapés des camps d extermination.» «Croyants ou non croyants, chacun d entre eux, ce jour-là, ne put sans doute s empêcher de se remémorer la parole biblique que tous les Juifs au monde n avaient jamais cessé d apprendre à leurs enfants : "Et l Eternel dit à Moïse : Monte sur cette montagne et regarde le pays que je donne aux enfants d Israël".» Depuis quand le président d une République laïque trouve une confirmation historique dans un texte religieux? Et je rappelle que toutes les études historiques ont prouvé que cette histoire biblique n avait rien à voir avec ce qui s est réellement passé. «Mais l Etat d Israël ce n est pas seulement l accomplissement d une promesse qui a toujours été au cœur de l identité juive. L Etat d Israël ce n est pas seulement un retour aux sources. L Etat d Israël ce n est pas seulement l expression d une nostalgie. L Etat d Israël ce n est pas seulement la tentation de ressusciter un passé révolu. L Etat d Israël c est un Etat moderne, tourné vers l avenir. C est un Etat, permettez à un ami de le dire, à la fois national et tourné vers l universel.» Tourné vers l universel, à condition de ne pas inclure les Palestiniens dans l universel... «Car c est un Etat qui n appartient pas seulement, l Etat d Israël, à ses citoyens, mais aussi à tous ceux qui dans le monde se reconnaissent comme les héritiers du judaïsme. Au milieu du malheur, ils n ont jamais cessé d espérer en un monde meilleur. Pour eux, il fut d abord la preuve que cette espérance n était pas vaine.» «"Je ne revendique jamais mon origine juive que dans un cas, disait le grand historien français Marc Bloch : en face d un antisémite". A ceux qui doutaient du patriotisme de Marc Bloch, ce grand savant qui mourra assassiné par la Gestapo après avoir été torturé, Marc Bloch répondait simplement, comme auraient pu le faire tant d autres : "Moi, Marc Bloch, mon arrière-grand-père fut soldat en 1793 ; mon père en 1870 servit dans un Strasbourg assiégé. Moi, Marc Bloch j ai été élevé dans le culte de ces traditions patriotiques dont les israélites de l exode alsacien furent toujours les plus fervents mainteneurs ; et la France dont certains conspiraient volontiers à m expulser aujourd hui et peut-être - qui sait? - y réussiront, demeurera toujours pour, Marc Bloch, quoiqu il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur." Ainsi parlait ce grand français, ce grand Juif, assassiné par la Gestapo, qui fait honneur à l histoire de la République française.» «Ils sont encore des millions, des millions de Juifs aujourd hui dans le monde qui éprouvent comme Marc Bloch, un attachement charnel à la patrie dont ils ont appris la langue, la

4 culture, respiré l air depuis l enfance. Mais leur cœur ne peut pas rester insensible au destin d Israël.» «Parce que le destin de chaque Juif est lié au destin de tous les Juifs. Parce que le fait qu il y ait un Etat juif dans le monde dont la réussite soit aussi éclatante est pour chacun d eux une source de fierté et de dignité. Parce que chacun éprouve au fond de lui le sentiment que l Etat d Israël est le moyen par lequel le peuple juif peut de nouveau devenir acteur de sa propre histoire au lieu de la subir.» «Parce qu en Israël, le judaïsme ne se définit pas par rapport à l antisémitisme. Parce que pour chacun, Israël est le foyer, où il sait qu il pourrait se réfugier si par malheur un jour il n avait plus nulle part où aller.» «Parce que pour tous, Israël est le seul endroit au monde où il est sûr que l on n obligera jamais les Juifs à porter une étoile jaune, où l on n interdira pas aux Juifs de prendre l autobus, de fréquenter les cinémas et les théâtres, d occuper certains emplois, qu on ne les obligera pas à habiter des quartiers pour les Juifs, à n aller que dans des restaurants, des magasins, des écoles pour les Juifs.» Quelles âneries! Les juifs des Etats-Unis ou d Europe sont-ils menacés aujourd hui? Un rabbin new-yorkais faisait remarquer dans les années 1980 que le lieu le moins sûr pour les juifs était Israël... «L Etat d Israël est une réponse à l interrogation angoissée que la petite Anne Franck a noté dans son journal : j ai espéré que ce pays deviendrait ma patrie, à moi l apatride ; je l espère encore. C est une réponse à la prière de Rutka, la petite juive polonaise : je voudrais attacher des ailes à mes épaules pour m élever très haut (...) m envoler vers un endroit où il n y aurait pas de ghetto.» «L Etat d Israël appartient aussi à tous les hommes. Parce que les valeurs qui le fondent sont des valeurs universelles. Ces valeurs sont des valeurs de justice et de droit. L Etat d Israël est une réponse à l injustice que le peuple juif a subie si longtemps. Et cette injustice, je le dis ici de cette tribune, est un défi, un défi lancé à la conscience universelle. Il n y a aucun autre Etat dans le monde qui se soit construit sur autant de douleurs et sur autant d espérance.» Cet Etat, rappelons-le, a été créé sur l expulsion de centaines de milliers de Palestiniens, une souffrance qui n émeut pas le président français. «Il n y a aucun autre Etat dans le monde dont l existence même fut dès le départ à ce point liée à l affirmation d un idéal de justice et d une volonté de vivre en paix. Il n y a aucun autre Etat dans le monde que le vôtre qui, lors de sa naissance, suscita autant d espoir de la part de tous ceux qui n avaient jamais cessé d opposer les forces de l esprit à la barbarie. On ne peut pas penser à Israël sans penser à l histoire du peuple juif. On ne peut pas penser à Israël sans se souvenir des pogroms, des wagons plombés, des chambres à gaz. On ne peut pas penser à Israël sans penser au Capitaine Dreyfus devant ses juges, aux femmes qui mourraient du typhus dans les camps de la mort, à tous les enfants martyrs de Yad Vashem.» L idéal de justice n a pas empêché l oppression des Palestiniens, pas plus que la devise de la République française "liberté, égalité, fraternité" n a empêché le système colonial de survivre pendant des décennies.

5 «Mais l histoire du peuple juif n est pas seulement celle de ses malheurs. Le peuple juif ne s est pas contenté de subir. Le peuple juif a constamment opposé à tous ceux qui voulaient l anéantir, la force de son caractère, la puissance de sa pensée, la profondeur de sa culture et la vitalité de sa foi.» «Le peuple juif n a pas laissé au monde que le souvenir de sa souffrance. Le peuple juif lui a donné aussi un trésor. Un trésor de savoir et un trésor d humanité. Où en serait la sagesse du monde sans les prophètes d Israël?» «Où en seraient la philosophie, la physique, la littérature, l économie, sans les penseurs, les savants, les artistes, les entrepreneurs juifs du monde entier qui ont œuvré à toutes les époques au sein de toutes les nations, de toutes les cultures, de toutes les civilisations? Où en serait le monde sans Spinoza, sans Freud, sans Einstein?» «Israël est un pays où chacun vient greffer sur le tronc commun sa propre langue, sa propre culture, sa propre sensibilité, sa propre histoire, où chacun vient donner le meilleur de luimême pour le bien de tous. En 60 ans, ce que vous avez accompli est prodigieux. C est dans la diversité, la vitalité, l ouverture de la pensée, la force de création propre au judaïsme, que se trouve le secret de votre réussite.» Au même moment, M. Avraham Burg, l ancien président du parlement israélien, expliquait dans un livre en quoi les idéaux du sionisme et ceux du judaïsme étaient contradictoires. «Le judaïsme c est l esprit prophétique qui ouvre l avenir, qui appelle le progrès, qui réclame la justice. Le judaïsme c est une manière de penser forgée dans un rapport singulier aux textes bibliques, par des siècles de commentaires, d interprétation, de dialogue ouvrant l intelligence à tous les possibles, l amenant à comprendre qu il n y a pas de vérités définitives ni de sens absolu.» M. Sarkozy semble penser qu il existe UN judaïsme homogène, ce qui relève du fantasme, tant les courants sont divers en son sein. Et il existe, faut-il le rappeler, un courant et des rabbins pour justifier la colonisation, l expulsion des Palestiniens, etc. «Alors, au milieu des difficultés de tous ordres, les fondateurs de l Etat d Israël se sont battus avec toute la force de leur cœur et de leurs bras pour qu il survive. Le peuple français s est rangé, dès votre naissance, à vos côtés. Je suis venu vous dire que le peuple français sera toujours aux côtés de l Etat d Israël quand son existence sera menacée. Car on ne peut pas accepter la menace sur l existence de l Etat d Israël.» Mais l existence de l Etat d Israël est-elle vraiment menacée? Il y a là un renversement des rôles. Les Palestiniens n ont pas d Etat, vivent des agressions continuelles et la colonisation et ce serait Israël qui serait menacé... «Après ce que l Europe a connu, après le massacre des Juifs, on ne peut pas accepter que quiconque dans le monde dise qu il veut rayer de la carte l Etat d Israël. Aujourd hui, cette menace a pris la forme du terrorisme. Aucun peuple ne peut vivre sous la menace du terrorisme. Le terrorisme ne s explique pas. Le terrorisme ne se justifie pas. Le terrorisme se combat! La France est pleinement engagée dans la lutte contre le terrorisme et, Madame la Présidente, quand vous m appelez à dire que le terrorisme pourrait frapper la France, il a frappé la France. Oui, la France est l amie d Israël et la France sera toujours aux côtés d Israël lorsque sa sécurité et son existence seront menacées. J ai toujours pensé cela, je l ai toujours ressenti au plus profond de mon cœur et je ne transigerai jamais avec cela. Et ceux qui appellent de manière scandaleuse, à la destruction d Israël trouveront toujours la France face à eux pour leur barrer la route.»

6 «Pour que les choses soient claires et qu il n y ait pas d ambiguïté, je veux dire que le programme nucléaire militaire de l Iran appelle une réaction d une extrême fermeté de toute la communauté internationale. Israël doit savoir qu Israël n est pas seul! La France est déterminée à poursuivre avec ses partenaires une politique alliant des sanctions de plus en plus dures jusqu à l ouverture, si Téhéran faisait le choix de respecter ses obligations internationales. Mais je veux le dire avec force : un Iran doté de l arme nucléaire est inacceptable pour mon pays!» Mesdames et Messieurs, On aborde ici la partie qui devrait "équilibrer" le reste du discours. Il n en est rien tant M. Sarkozy reste sur des positions de principe sans se donner aucun moyen pour les mettre en œuvre. Tout le monde, y compris les Etats-Unis, sont maintenant en faveur d un Etat palestinien, mais qui s oppose concrètement à la colonisation? Qui prend des sanctions contre les violations du droit international par Israël? On peut noter que, à aucun moment, le président ne fait référence au droit international, aux résolutions des Nations unies. «On doit la vérité à ses amis, sinon on n est pas un ami. La vérité c est que la sécurité d Israël sur laquelle la France ne transigera jamais, ne sera véritablement assurée que lorsqu à ses côtés, on verra un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable. Voyez-vous, Mesdames et Messieurs, je serais un piètre ami d Israël si je pensais que dans cette démocratie israélienne, on n était pas capable de dire ce que l on ressent profondément au fond de son cœur.» «Et donc, la France amie d Israël, intransigeant sur sa sécurité, la France se veut l amie du peuple palestinien, aussi. La France veut dire au peuple palestinien la vérité. Et la vérité c est que nul ne peut espérer rétablir les droits du peuple palestinien en niant ceux du peuple israélien et en appelant à la destruction d Israël. La vérité, c est qu il faut que ce conflit sans fin s arrête. La vérité, c est qu il faut que cette violence cesse. La vérité, c est qu il faut que cette haine qui dresse les peuples les uns contre les autres s éteigne.» «Il le faut, parce que les seuls gagnants de la violence et de la haine sont le fanatisme, le fondamentalisme, le racisme et l antisémitisme. Il faut que la paix arrive parce que vous avez trop souffert. Il le faut que la paix arrive parce qu il y a eu trop de morts et trop de douleurs. Parce que Juifs et Musulmans, Israéliens et Palestiniens, au fond, vous partagez la même souffrance et la même douleur pour vos enfants.» «Nous savons tous qu il ne peut y avoir d issue que dans la compréhension et dans le respect de l autre. Nous savons tous que l avenir, votre avenir et celui de vos voisins, ne pourra se construire que sur le pardon et pas sur la vengeance. Nous savons tous que la reconnaissance mutuelle des droits de chacun est la condition de la paix.» «Je suis le représentant d un pays qui a dû pardonner à ses voisins. Je suis le représentant d un pays qui a dû se réconcilier avec ses voisins. Chez moi, mon grand-père qui m a élevé, qui était juif, n appelait jamais les Allemands des Allemands, et pourtant, quand le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer ont dit aux Français et aux Allemands : il faut se réconcilier,maintenant, tout de suite, les Français l ont fait.» «Alors, comme tous les peuples, le peuple israélien a le droit de vivre en sécurité dans des frontières reconnues et garanties. Comme tous les peuples, le peuple palestinien a le droit d avoir un Etat et d y exercer sa souveraineté. Comme tous les peuples, le peuple israélien et le peuple palestinien vivront en paix le jour où chacun aura le sentiment que justice lui est rendue et où leurs rapports seront fondés sur le droit et non plus sur la force. Alors, bien sûr, c est plus facile à dire pour moi, qui n ai pas peur quand je m endors dans mon appartement

7 le soir. Bien sûr, c est plus facile à dire pour moi qui n ai pas peur quand je me promène mais en même temps, ces grands efforts que vous avez faits pour construire un Etat démocratique et puissant, faites-les, faites les mêmes pour construire la paix dont vos enfant seront les bénéficiaires.» Qui se sent plus en sécurité aujourd hui? Un Israélien ou un Palestinien qui vit à Gaza ou dans un camp de Cisjordanie? Il suffit de comparer les pertes humaines des deux côtés ; il suffit de compter le nombre de points de contrôle en Cisjordanie ; il suffit de mesurer l état de misère où le blocus israélien tient la population de Gaza... «Alors, c est vrai, il ne peut y avoir de paix sous la menace du terrorisme. Il ne peut y avoir de reconnaissance mutuelle quand des roquettes tombent tous les jours sur des victimes innocentes. Mais il faut avoir le courage de le dire, je le dis, sans vouloir offenser personne, je le dis tout simplement : il ne peut y avoir de paix sans l arrêt total et immédiat de la colonisation. Une proposition existe, soutenue par de nombreux membres de votre Knesset, pour l adoption d une loi qui inciterait au départ les colons de Cisjordanie, moyennant compensation et relogement en Israël. Je vous dis une chose : créez les conditions du mouvement!» «Il ne peut y avoir de paix si les palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. C est aux Palestiniens de le faire, chacun a sa part de travail à faire. Mais pas de paix non plus, permettez de le dire, si les Palestiniens sont empêchés de circuler ou de vivre sur leur territoire.» Il ne peut y avoir de paix sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens dans le respect de l identité et de la vocation d Israël. Il ne peut y avoir de paix, même si je sais combien le sujet est douloureux, sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats et la garantie de la liberté d accès aux Lieux Saints pour toutes les religions. «Il ne peut y avoir de paix sans une frontière négociée sur la base de la ligne de 1967 et des échanges de territoires qui permettront de construire deux Etats viables.» Cette dernière phrase, M. Sarkozy n a même pas eu le courage de la prononcer! Elle figure pourtant dans le texte officiel... «Mes chers amis, je veux vous dire une chose. Je n ai à aucun titre à donner des leçons et je ne veux pas en donner. Quand cela ira mal pour l Etat d Israël, vous verrez qui seront vos amis et je ne suis pas du genre à trembler quand cela va mal mais je veux vous dire, puisque vous m avez fait l honneur de me permettre de m adresser devant vous, que je suis venu parler avec le cœur et non pas simplement avec la malice politicienne. Je suis venu parler non pas pour les quelques jours qui viennent, je suis venu parler pour l avenir et l avenir est que vous êtes condamnés à vivre côte- à- cote. L avenir c est qu on ne change pas d adresse comme cela. L avenir, c est qu il faudra faire la paix un jour. Le plus tôt vous ferez la paix, le mieux cela sera pour vous et pour le monde.» Donner des leçons? Il ne s agit pas de morale, mais de violation du droit international. Ce que l on comprend c est que, en dehors de pieux conseils, M. Sarkozy laisse le gouvernement israélien poursuivre sa politique de colonisation et d expansion. «Alors, mes chers amis, beaucoup de ces efforts seront difficiles et douloureux, et je remercie d ailleurs chacun des membres de la Knesset d avoir eu le courage d écouter ce que j avais à dire, quand cela leur plaisait et quand cela leur plaisait moins. Ce sera difficile

8 et douloureux mais bien moins douloureux que tout que le sang versé dans un affrontement sans fin. La paix est douloureuse mais parlons de la guerre. Combien vos familles en ont payé le tribut? En me promenant tout à l heure, je voyais la jeunesse de vos soldats, belle jeunesse, mais je me disais aussi : est-ce qu un jour il ne leur serait pas plus utile d entrer toute de suite dans la vie active qu à devoir défendre l identité et la survie de leur Etat? Et cela, personne d autre ne le donnera que si, vous les Israéliens et vous les Palestiniens, vous vous comprenez.» «Depuis 60 ans, des hommes et des femmes de bonne volonté comme votre Président, ont essayé de trouver le chemin de la paix et certains, comme Itzhak Rabin, l ont payé de leur vie. Mais chacune de leurs initiatives, chacun de leurs gestes a permis de progresser. La paix est faite avec l Egypte, avec la Jordanie. Israël s est retirée du Sinaï, du Liban et de Gaza. Il n y a pas de geste inutile en faveur de la paix et peut-être sommes-nous plus près du but puisque, désormais, tout le monde se parle.» «Et puisque la violence semble être suspendue, depuis quelques jours, à Gaza, je veux exprimer l espoir de la libération du soldat Gilad Shalit, retenu en otage depuis près de deux ans, comme de tous les prisonniers. Annapolis a relancé une dynamique de paix, une année de négociations qui peuvent être décisives. Ne laissons pas échapper cet espoir de paix! Je mesure toutes les difficultés qui doivent encore être surmontées. Mais je vous le dis : la paix est possible! Elle est possible maintenant! C est ce que veulent, dans leur immense majorité, Israéliens et Palestiniens. Ne laissons pas vaciller, une fois de plus, la flamme de l espoir!» Comme de tous les prisonniers? Parle-t-il des prisonniers politiques palestiniens? On ne le saura pas. «La France que tant de souvenirs lient à cette région du monde, la France qui aime et qui respecte tous les peuples du Moyen-Orient, la France veut apporter sa contribution à la paix. Elle est prête à organiser sur son sol tous les pourparlers qui pourraient y conduire, qu il s agisse de la négociation israélo-palestinienne, du dialogue syro israélien ou des discussions qui devront reprendre, un jour prochain je l espère, entre Israël et le Liban.» «Sur ces trois volets du processus de paix, la France est prête à apporter sa garantie, prête à mobiliser sa diplomatie, ses ressources, ses soldats, comme elle le fait déjà, avec d autres partenaires européens, au Sud Liban. C est dans cet esprit qu elle exercera à partir du 1er juillet la Présidence de l Union européenne, qu elle travaillera au rehaussement des relations entre l Union et Israël et participera au Quartet.» Lors du conseil Union européenne-israël, les demandes israéliennes de rehaussement des relations entre les deux parties ont été repoussées. Pour ne pas nuire à la participation arabe au sommet de l Union pour la Méditerranée du 13 juillet? Ira-t-on après vers le rehaussement, et donnera-t-on une prime au gouvernement israélien pour la poursuite de sa politique de colonisation? «Vous pouvez faire confiance à la France. Je sais bien qu en Israël on écoute les conseils que de ceux dont on a vraiment l amitié et la confiance. Et je sais bien que, par le passé, vous vous êtes parfois demandé si l on pouvait faire confiance à la France. Je vous demande de nous faire confiance, parce que nous voulons vous aider.» «Encore une fois, je ne suis pas venu ici pour donner des leçons. C est aux dirigeants du peuple d Israël et aux Palestiniens qu il appartient de faire la paix. Mais vous, les partenaires de la paix, vous devezsavoir que vous pouvez compter sur l Europe pour vous aider à aller vers un accord final : sécurité pour les deux Etats, compensation et relogement des réfugiés,

9 appuis à la construction d un Etat de droit en Palestine, soutien économique et financier général à la paix. C est dans cet esprit que la France fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire aboutir le projet d Union pour la Méditerranée qu elle a proposé à tous les peuples de l Europe et de la Méditerranée. Et, à ma connaissance, Israël est un peuple méditerranéen.» «C est dans cet esprit, aussi, que la France fera tout ce qui est dans son pouvoir pour faire aboutir le projet d Union pour la Méditerranée qu elle a proposé à tous les peuples de l Europe et de la Méditerranée. L enjeu est capital puisqu il s agit d offrir un destin partagé à tous ces peuples. Le 13 juillet prochain, le Sommet de Paris pour la Méditerranée donnera peut-être l espoir que ce qui nous sépare finira par devenir un jour moins fort que ce qui nous rassemble. Il exprimera la volonté commune de tisser entre tous les peuples des liens de solidarité de plus en plus étroits, témoignant ainsi que le vieux rêve de l unité du monde méditerranéen n est pas mort mais qu au contraire il est assez vivant pour pouvoir encore soulever le monde. Israël, comme l Autorité palestinienne, comme le Liban, comme la Syrie y trouveront leur place aux côtés de l Egypte, de la Jordanie et de tous les pays du Maghreb arabe. Alors, mes chers amis, peut-être, pourrons-nous espérer qu un jour les enfants de la Méditerranée cesseront de se haïr, car il n y a que de la haine, il faut que cela cesse, et de vouloir dès la naissance venger les malheurs de leurs pères, on ne doit pas apprendre cela à ses enfants.» «C est dans cet esprit aussi que la France soutiendra tous les projets de développement économique régional chers au Président Shimon Péres. Oui, nous avons besoin de la "Vallée de la Paix"! Quel plus beau symbole de paix que ce partage de l eau, source de toute vie, entre les trois peuples d Israël, de Palestine et de Jordanie?» «Au Moyen-Orient se mélangent et s affrontent depuis des millénaires des peuples qui ont donné à l humanité tout entière ce qu il y a de plus élevé dans la pensée, de plus beau dans la religion, de plus important dans le savoir. Mais, au Moyen-Orient, tous les peuples, tous, dans leurs prières, parlent d amour, de justice et de paix. Au Moyen-Orient, tous les peuples aiment la vie. Tous sont les enfants d Abraham. Tous ont la Bible en partage. Et avec cela, on va continuer à avoir une guerre millénaire?» «Ayant bu à la même source, car vous avez bu à la même source, ayant partagé si souvent la même histoire, les peuples du Moyen-Orient ont tout pour se comprendre et s entendre. Et cette terre pour laquelle ils se battent avec tant de désespoir, cette terre qui les a vus naître, cette terre où reposent vos morts, cette terre dans laquelle s inscrit le souvenir de vos souffrances et de vos joies, pardon de vous le dire, où vous vous ressemblez tant, cette terre dont on pressent, en regardant ce qui a été accompli ici, en Israël, ce qu elle pourrait donner à force d intelligence, de travail et de courage, cette terre, la vôtre, pourrait devenir un paradis pour tous et grâce à laquelle la misère pourrait être vaincue si elle n était si souvent ruinée par la guerre, cette terre, la vôtre, qui pourrait être si féconde si tous la travaillaient ensemble au lieu de verser sur elle le sang des innocents, cette terre, elle est si belle qu elle devrait unir les peuples au lieu de les opposer.» «En allant au fond d eux-mêmes, en s interrogeant sur leur histoire, leurs croyances, leurs valeurs, en regardant ce monument qui va être construit à Jérusalem par deux artistes français, ce livre de la paix pour les peuples du Livre, dans la ville du Livre, un jour prochain, j en suis sûr, les femmes et les hommes de cette terre magnifique trouveront davantage de raisons de se parler pour faire la paix que de se haïr pour continuer à s affronter.» «Juifs, chrétiens ou musulmans, ils se rappelleront la parole du Prophète Isaïe : "Je ferai de Jérusalem mon allégresse. Et de mon peuple ma joie. On n y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris. Ils bâtiront des maisons et les habiteront. Ils planteront des vignes

10 et en mangeront les fruits. Ils ne travailleront plus en vain et ils n auront plus des enfants pour les voir périr."» «Je veux vous le dire du fond du cœur et c est un ami cher et indéfectible d Israël qui vous le dit, quand on est fort, on doit tendre la main, quand on a fait le chemin que vous avez fait depuis 60 ans, triompher de toutes les guerres, alors, on doit être les triomphateurs de la paix, on doit la vouloir plus que tous les autres. On doit montrer le chemin, et qu il me soit permis de vous dire, du fond du cœur, que la France ne vous abandonnera pas sur ce chemin, qu elle sera votre amie, que la France vous admire, que la France vous respecte.» «Vive la France, Vive Israël. Vive la paix pour Israël et pour la Palestine qui est une nécessité pour la paix du monde. Je vous remercie.» Sarkozy en Israël ; "Dans le discours, il y a des choses positives. Mais..." Nouvel Observateur publié le jeudi 26 juin 2008 Entretien avec René Backmann directeur du service monde au Nouvel Observateur Dans le discours, il y a des choses positives. Mais, quand on gratte, c est moins facile à analyser, surtout aux yeux des Palestiniens [1] La presse palestinienne comme israélienne semble se réjouir des propos de Nicolas Sarkozy. Y a-t-il, selon vous, une profonde inflexion dans le positionnement du Président de la République? Il y a un réchauffement des relations franco-israéliennes net, mais qui n est pas du tout lié au voyage. Ce changement a été visible dès l arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Il a tout de suite rappelé qu il était un ami d Israël, c était déjà le cas durant sa campagne, c est lié à sa personnalité. Côté palestinien, eux sont satisfaits qu un visiteur dise que Jérusalem est la capitale des deux Etats, que l Etat palestinien doit exister et que le problème doit être négocié notamment avec la question des réfugiés. Dans le discours, il y a des choses positives. Mais, quand on gratte, c est moins facile à analyser, surtout aux yeux des Palestiniens. Premièrement, le fait que Sarkozy ne se soit pas rendu à Ramallah, qui est la capitale politique de l Autorité palestinienne, car il ne voulait pas déposer de gerbe de fleurs devant la tombe de Yasser Arafat. Deuxièmement, il a choisi Bethléem, ce qui est un choix très significatif, car il a choisi la grande ville chrétienne. Troisièmement, dans la version écrite du discours devant la Knesset, figurait une définition de l Etat palestinien reposant sur les bases de 1967, c est à dire la formule que souhaitent les palestiniens, mais cette phrase na pas été prononcée. Enfin, en ce qui concerne le gel de la colonisation, les Palestiniens ne peuvent qu approuver. Mais au même moment ce sont deux entreprises françaises qui construisent le tramway qui reliera le centre de Jérusalem Ouest et une colonie, Pisgat-Zeev. Donc, voilà pour les réserves.

11 Pensez-vous précisément que ces déclarations, relatives tant au statut de Jérusalem, qu à la création de l Etat palestinien, ont une force? Ni pour Israël, ni pour la Palestine, la France ni même l Europe ne peut induire un règlement du conflit. Seuls les Etats-Unis seraient en mesure de faire redémarrer le processus. Les titres de la presse sont certes enthousiastes, mais il ne faut pas oublier qu une partie de la population des colonies ne l est pas, et ça, bien sûr, ça ne s est pas vu dans la presse. Le discours de Nicolas Sarkozy à la Knesset a certes entraîné des réactions favorables, mais, la chose la plus importante pour Israël dans ce discours, c est le rappel personnel de son attachement à l Etat juif, et le fait de dire que la France serait aux côtés d Israël si elle était menacée par l Iran. C est cela qui explique l accueil favorable qu il a reçu. Que peut-on penser de la teneur des échanges entre Nicolas Sarkozy et Mahmoud Abbas ce mardi? Nicolas Sarkozy a très certainement répété à Mahmoud Abbas ses positions sur le statut de Jérusalem, les deux Etats, et les questions très importantes (comme celle des réfugiés) qui conditionnent la paix, ce qu il avait mentionné dans une interview à un journal palestinien avant son départ. Pour Mahmoud Abbas, c est important [2]. Mais le leader palestinien a très certainement signifié à quel point il était déçu que l Union européenne, dont Nicolas Sarkozy s apprête à en prendre la présidence, vienne de décider qu Israël serait un partenaire privilégié sans condition préalable. Il avait été question initialement de soumettre ce partenariat à la condition d une progression dans le processus de paix, mais, sans cette condition, c est un véritable "quitus", un cadeau fait à Israël. Dans la presse palestinienne Les médias arabes ont souvent été choqués par les louanges dithyrambiques de Nicolas SARKOZY à Israël et son soutien enthousiaste au projet sioniste dans le discours devant la Knesset. La presse palestinienne de Ramallah a préféré retenir les propos, positifs pour les palestiniens. Dans l article qui suit, daté du 24 juin le journaliste rend hommage au discours d arrivée de Sarkozy à l Aéroport de Lod. Dans le même journal à propos du discours devant la Knesset, le titre de la Une est «Sarkozy : Pas de paix sans arrêt de la colonisation et sans reconnaissance de Jérusalem comme capital des 2 Etat» "Le discours du prêcheur à l aéroport de Lod»" Hassan Al-Batal, journal Al-Ayyam (Ramallah) La politique méditerranéenne de la France réussit mieux que la politique mondiale des Etats- Unis( ) Nous, Méditerranéens arabes et plus précisément Palestiniens, nous voudrions que l Amérique nous parle le langage politique européen et que l Europe nous parle le langage politique français. Souhaitons donc la bienvenue à M. Sarkozy et à Mme Carla comme nous l avions fait pour M. Chirac, le premier grand président qui soit venu en visite officielle en Palestine. La France, plus que n importe quel autre pays européen, a fait de la Palestine une "affaire d Etat", depuis le président Mitterrand qui a reçu notre président Arafat à l Elysée et De Gaulle et sa fameuse mise en garde à Israël après l incroyable victoire de 1967, en disant que la France, peuple des écrivains, avait le devoir de dénoncer la vanité et l arrogance.

12 Qu elle soit gaulliste, socialiste ou de droite, c est la France qui dirige la politique procheorientale de l Europe. Parfois, elle penche vers Israël, parfois vers les Arabes et les Palestiniens. Du triangle Israël-Liban-Palestine, Sarkozy voudrait faire un carré en y incluant la Syrie. Il voudrait que la France soit considérée comme un ami sur la côte Est de la Méditerranée, comme elle l est d ores et déjà sur la rive Sud, de l Egypte au Maroc en passant par la querelleuse Libye. Car, depuis la fin de la guerre froide, on dit souvent que les intérêts doivent primer sur l idéologie, conformément à la théorie de Winston Churchill selon lequel il n y a ni amis, ni ennemis permanents mais seulement des intérêts. La France, gaulliste, socialiste ou de droite, a appliqué cette théorie, en y ajoutant une dose de justice et de morale. C est cela qui manque à la politique des autres pays européens, comme l Allemagne, entravée par son complexe de culpabilité vis-à-vis des Juifs, ou même la Grande-Bretagne, maître de l opportunisme en politique, attachée à sa fidélité éternelle aux Etats-Unis. La chancelière Angela Merkel et le président George Bush avaient rivalisé de louanges à l occasion du soixantième anniversaire d Israël, passant sous silence qu Israël était le dernier Etat colonial de notre monde et qu il ne pouvait être dissocié de la question palestinienne. Mais M. Sarkozy a présenté un discours différent dès son arrivé à l aéroport de Lod. Non seulement il a souligné que la sécurité d Israël était conditionnée par l établissement d un Etat palestinien, mais encore a-t-il dit que deux capitales pour deux Etats devaient cohabiter à Jérusalem et il a dénoncé le prétexte de la "croissance naturelle" régulièrement avancé pour justifier l extension des colonies. De plus, il a respecté l équilibre en faisant deux visites, en Israël et en Palestine, tandis que Merkel et Bush s étaient contentés de discours prosionistes devant la Knesset. Nous savons que la France de Sarkozy a cessé de tenir tête aux Américains et qu elle a réintégré le commandement militaire de l OTAN. Elle a le droit d être l amie de tout le monde et de défendre ses intérêts partout, sans renoncer à son hostilité foncière envers les mouvements fondamentalistes, en tant que premier pays laïc du monde. En 1967, De Gaulle avait mis en garde Ben Gourion contre les risques de l arrogance. Aujourd hui, Sarkozy met en garde les Israéliens contre le risque de ne pas comprendre que leur sécurité est conditionnée par la liberté des Palestiniens. Autrement dit, qu il faut libérer Israël de son occupation des Palestiniens.( ) Dans la presse israélienne La France, un partenaire de choix pour la paix Herb Keinon «Le Jérusalem Post» (journal israélien) 24 juin Les politiques français en général et les présidents de la République française en particulier citent rarement la Bible, à la différence de leurs homologues américains, dont les discours sont truffés de références bibliques. Pour les effets de style, les Français préfèrent évoquer des écrivains classiques ou des philosophes français. Il était donc inhabituel d'entendre Nicolas Sarkozy citer par deux fois la Bible dans son allocation devant la Knesset [Parlement israélien] le 23 juin.

13 La seconde occurrence se situait vers la fin de son discours, lorsque, parlant d'une paix possible, il a regroupé plusieurs versets d'isaïe 65 : "Je ferai de Jérusalem mon allégresse. Et de mon peuple ma joie. On n'y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris. Ils bâtiront des maisons et les habiteront. Ils planteront des vignes et en mangeront les fruits. Ils ne travailleront plus en vain et n'auront plus d'enfants pour les voir périr." Quoi de plus normal d'emprunter à Isaïe pour évoquer une perspective de paix à Jérusalem? Aussi le pardonnera-t-on volontiers au président français... Mais ce qui était tout à fait surprenant, voire exceptionnel, c'était cette phrase des Nombres (27 :12) : "Et l'eternel dit à Moïse : Monte sur cette montagne et regarde le pays que je donne aux enfants d'israël." Ce n'est pas tous les jours qu'il nous est donné d'entendre le président d'une France farouchement laïque reprendre de la Torah la parole de Dieu promettant Israël au peuple juif. Ce n'est probablement pas non plus la partie du discours de Sarkozy que les hommes en costume rayé du Quai d'orsay ont écrite pour lui, car elle ne lui permettra pas de se faire beaucoup d'amis dans le monde arabe. Mais il l'a prononcée quand même, en en connaissant pertinemment le sens - et les implications. Et, manifestement, il l'a fait en signe d'amitié, authentique et chaleureuse, pour Israël et le peuple juif. Sarkozy avait une réponse pour ceux qui dénieraient aux Juifs le droit à un Etat. "L'Etat d'israël est une réponse à l'injustice que le peuple juif a subie si longtemps. Et cette injustice est un défi lancé à la conscience universelle." Israël, affirme-t-il, exprimant avec force l'effet que l'holocauste et le traditionnel antisémitisme européen ont sur sa pensée, est "le seul endroit au monde où il est sûr que l'on n'obligera jamais les Juifs à porter une étoile jaune, où l'on n'interdira pas aux Juifs de prendre l'autobus, de fréquenter les cinémas et les théâtres, d'occuper certains emplois, qu'on ne les obligera pas à habiter des quartiers pour les Juifs, à n'aller que dans des restaurants, des magasins, des écoles pour les Juifs." Ce sont des paroles extraordinaires de la bouche d'un président français, qui semble ainsi mettre en garde contre une résurgence, n'importe où dans le monde, de toutes ces choses que l'on croyait disparues : étoile jaune, ghettos, interdiction d'occuper des emplois et de fréquenter des endroits. Et voilà pour la première moitié du texte. La seconde, celle qui traitait du conflit israélo-palestinien, était plus prévisible et présentait l'habituelle rhétorique diplomatique : Israël doit immédiatement cesser l'implantation des colonies, parvenir à une solution sur le problème des réfugiés, accepter la création d'un Etat palestinien en revenant peu ou prou aux frontières de 1967 et partager Jérusalem comme capitale. C'était la partie du discours qu'aurait pu écrire le ministère des Affaires étrangères français et celle qui permettrait aux ambassadeurs de France dans les capitales arabes d'atténuer la colère suscitée par la première moitié. Israël se sent moins seul Ha aretz Ce que les Israéliens ont surtout retenu du discours de Nicolas Sarkozy [le 27 août devant un parterre d ambassadeurs], c est que le nucléaire iranien est le problème central de la communauté internationale. Il est inacceptable que l Iran soit doté d armes nucléaires, a-t-il déclaré, en souhaitant que soit rapidement trouvée une solution diplomatique afin d éviter la catastrophe que constitueraient l arme nucléaire iranienne ou le bombardement de l Iran. Sarkozy montre ainsi qu il est conscient du sérieux de la menace iranienne, qu il est prêt à y faire face. Le lamentable commentaire de Jacques Chirac vers la fin de son mandat à savoir qu une bombe nucléaire iranienne ne serait pas tellement dangereuse et que, si l Iran l utilisait contre Israël, elle n aura pas fait 200 mètres dans l atmosphère que Téhéran sera rasé a fait craindre aux Israéliens un fléchissement de la position de la France, qui s accommoderait d un Iran doté de l arme nucléaire. Sarkozy, lui, a fait clairement comprendre qu il est d un tout autre avis, et il est allé jusqu à évoquer la possibilité d une action militaire contre l Iran en cas d échec des négociations.

14 Sarkozy s est dit attaché à la sécurité d Israël, qualifiant la bande de Gaza de Hamastan. Il a appelé de ses vœux un règlement du conflit israélo-palestinien et des crises libanaise, irakienne et iranienne afin d éviter un affrontement entre le monde musulman et l Occident. Il a brandi la carotte sous la forme d un dialogue avec la Syrie si cette dernière cessait de miner la stabilité du Liban. De ce fait, il a fait preuve de réalisme, ce qui est mieux pour Israël que le dogmatisme affiché par d autres gouvernements européens. Iran : La manœuvre israélienne Maha Al-Cherbini publié le vendredi 27 juin 2008 Publié par al-ahram hebdo (Egyptien) L entrée en jeu d Israël fait craindre que le recours à l option militaire soit de plus en plus envisagée par les Etats-Unis. Une option dangereuse qui menacerait de transformer toute la région en une «boule de feu». L épisode du dossier nucléaire iranien a pris un tournant beaucoup plus grave avec l entrée en scène d un nouveau protagoniste : Israël. Ce pays, pourtant seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, a plusieurs fois déclaré ces dernières semaines qu un Iran nucléaire serait une menace pour son existence. Le premier ministre israélien, Ehud Olmert, a averti qu Israël était confronté à des dangers «plus graves» que par le passé, dans une allusion au programme nucléaire iranien. «Les dangers et les menaces à la sécurité d Israël ne se sont pas dissipés et dans certains aspects sont plus graves qu auparavant», a affirmé M. Olmert. Quelques jours avant, le vice-premier ministre israélien, Shaoul Mofaz, avait affirmé envisager une attaque contre des installations nucléaires iraniennes considérant que les sanctions internationales contre l Iran s avéraient inopérantes. Dans cet esprit belliqueux, M. Olmert a prolongé d un an le mandat du chef du Mossad, les services secrets israéliens, Meïr Dagan, en poste depuis 2002, selon le bureau du premier ministre. M. Dagan est directement impliqué dans le dossier iranien. Et l armée israélienne a récemment effectué des manœuvres militaires d une ampleur exceptionnelle en Méditerranée pour se préparer à des attaques à longue distance. S agit-il d une sorte de répétition avant un bombardement imminent contre l Iran? Pour la plupart des leaders israéliens, ces manœuvres n augurent pas d attaque contre les installations nucléaires iraniennes car ce genre d exercices n était pas rare depuis que Dan Halutz, ancien chef d état-major de l armée de l air, a pris le commandement général de Tsahal, en 2005, avec pour mission de préparer une possible confrontation avec Téhéran. En revanche, la plupart des observateurs estiment que l armée de l air israélienne s entraîne depuis plusieurs années à un éventuel bombardement des installations nucléaires iraniennes, mais ce qui l empêche jusqu à présent, ce sont ses capacités qui pourraient se révéler toujours trop limitées pour en venir à bout. «L option d une frappe israélienne est toujours sur la table car Israël ne supporte pas l idée d un Iran doté de l arme nucléaire. Mais, Israël ne pourra pas frapper l Iran seul. Il doit être soutenu par Washington, surtout que George W. Bush semble soucieux d en finir avec le cauchemar iranien avant qu il n arrive au bout de son mandat en novembre. En effet, Bush craint qu Obama, plus modéré sur le dossier iranien, ne le succède et donne les mains libres aux Iraniens. Il veut donc couper les mains aux Iraniens avant de partir», estime Mohamad Abbass, expert politique. Selon M. Abbass, le scénario d une frappe militaire pourrait être entravé par la position très affaiblie du premier ministre israélien impliqué dans une affaire de corruption dans son pays.

15 S élevant contre une éventuelle frappe militaire contre Téhéran, le directeur général de l Agence Internationale de l Energie Atomique (AIEA), Mohamad Al-Baradei, a mis en garde qu une intervention militaire transformerait la région en une «boule de feu», menaçant de démissionner si elle était lancée. Selon M. Baradei, une attaque ne ferait que durcir la position de l Iran dans sa querelle avec l Occident à propos de son programme nucléaire. La Russie, alliée traditionnelle de Téhéran, a aussi fait part de son opposition à une telle intervention armée. Quant aux Occidentaux, ils n arrêtent pas de brandir l arme du durcissement des sanctions contre Téhéran, notamment contre les banques iraniennes comme celle de Melli ; le président français Nicolas Sarkozy et son homologue américain George W. Bush réaffirmant, samedi, à Paris leur volonté d empêcher l Iran d acquérir la bombe nucléaire par tous les moyens sans, pour autant, évoquer l option militaire. Contre-attaque Téhéran a gardé son sang-froid comme d habitude, et le porte-parole du gouvernement iranien, Gholamhossein Elham, a jugé «impossible» une éventuelle attaque israélienne contre les installations nucléaires de Téhéran, qualifiant Israël de «régime dangereux et obstacle à la paix et au calme dans la région et dans le monde». Plus menaçant, l ayatollah Ahmad Khatami a mis en garde : «Si les ennemis, les Israéliens en particulier et leurs partisans aux Etats-Unis, cherchent à recourir à la force, qu ils soient certains qu ils recevront un coup terrible à la figure». Pour sa part, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a jugé que les grandes puissances avaient échoué dans leurs efforts pour contraindre l Iran à suspendre son programme nucléaire. «Les puissances tyranniques ont utilisé tous leurs moyens mais elles n ont pas pu briser la volonté de la nation iranienne», a dit M. Ahmadinejad. Soufflant le chaud et le froid, le principal négociateur iranien pour les questions de nucléaire, Saïd Jalili, a affirmé, dimanche, que l Iran était prêt à négocier avec le groupe 5+1 sur les points communs de l offre des grandes puissances et du «paquet» iranien de propositions avancées pour régler «les grandes questions du monde», refusant que ces négociations se fondent sur la suspension de l enrichissement d uranium. Le diplomate en chef de l Union européenne, Javier Solana, a remis le 14 juin à l Iran au nom du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie plus l Allemagne) une nouvelle offre de coopération en vue d obtenir la suspension de son programme d enrichissement d uranium. Cette offre prévoit que l Iran bénéficie d aides commerciale, financière, agricole mais aussi d un soutien dans les domaines du nucléaire et des hautes technologies s il renonce à l enrichissement de l uranium. «Telle est l essence du stratagème iranien : certains dirigeants poussent le défi jusqu à l extrême, alors que les autres temporisent pour gagner du temps. Ce qui importe pour Téhéran, c est de gagner du temps pour finaliser son programme nucléaire. C est pourquoi il n a jusqu à présent pas avancé de réponse catégorique à l offre européenne. Il veut entamer des négociations bien qu il sache d avance qu il ne va jamais parvenir à un compromis avec les Européens. Mais le temps joue en sa faveur», conclut l expert Mohamad Abbass.

16 Union pour la Méditerranée (UPM) Les défis de l'union pour la Méditerranée L Express Par Leïla Slimani, mis à jour le 12/06/2008 Depuis son élection en mai 2007, Nicolas Sarkozy a fait de l'union pour la Méditerranée (UPM) son projet phare en politique étrangère. A la veille de la réunion des dirigeants des pays concernés le 13 juillet, l'upm a encore de nombreux défis à relever. L'origine de l'union pour la Méditerranée Le projet de rapprochement des deux rives de la Méditerranée a été formellement lancé en 1995 sous le nom d'euromed avec le processus de Barcelone. C'est la rencontre des Quinze avec les pays tiers méditerranéens, c'est-à-dire les pays arabes et Israël. Il s'agissait de rechercher à la fois une stratégie économique et une stratégie de sécurité. Les Français et les Espagnols, à la pointe de la Conférence Euromed, étaient très inquiets de la poussée islamiste et des pressions migratoires notamment en Algérie et au Maroc. Assez rapidement, avec l'assassinat du Premier ministre israélien Itzhak Rabin en novembre 1995 et le retour du Likoud au pouvoir, la machine s'est grippée, et quasiment tout le volet politique du processus de Barcelone est tombé à l'eau, les accords bilatéraux reprenant le dessus sur le cadre multilatéral. Depuis, de la deuxième Intifada au 11 septembre, l'idée d'un vaste cadre multilatéral qui puisse déboucher sur du concret est apparue de plus en plus impossible à atteindre. Pourquoi Sarkozy veut il relancer le processus Euro-méditerranéen? Depuis son élection en mai 2007, Nicolas Sarkozy a multiplié les voyages officiels en Afrique du Nord, affichant son désir de reprendre l'initiative dans cette zone traditionnelle d'influence. Depuis quelques années, la part de marché de la France dans les pays du Maghreb diminue régulièrement : la France ne représente plus que 22% des importations tunisiennes contre 25% en Elle s'arrogeait 16,5% du marché marocain en 2006 contre 24% en Lors de ses visites d'etat en Tunisie et au Maroc le président de la République lance son idée d'une nouvelle Union pour la Méditerranée. Défendue par Henri Guaino, conseiller spécial du président, et par Alain Le Roy, diplomate chargé de la question, cette Union se fera autour de projets communs : pollution, interconnexion électrique, accés à l'eau potable, éducation, recherche, régulation des flux migratoires, lutte contre le terrorisme. Vingt-cinq pays du pourtour de la Méditerranée sont concernés. «L'Union pour la Méditerranée repose sur un principe : combler le fossé entre un Nord plutôt riche et un bassin méditerranéen beaucoup plus pauvre. Le but? Rétablir l'équilibre en assurant un espace de paix et de sécurité. Bref, nous cherchons à améliorer le dialogue entre les deux rives», explique Alain Le Roy. L'Union pour la Méditerranée se veut un partenariat renforcé qui doit profiter aux deux rives. Ainsi, l'europe cherche principalement à enrayer l'immigration clandestine en développant la prospérité à la source. Les 27 en tireront le bénéfice de dynamiser une Europe vieillissante et en manque de main d'œuvre. Le 13 mars 2008, le projet d'union pour la Méditerranée est officiellement adopté par le Conseil Européen. Profitant de la présidence française de l'union dès juillet, Nicolas Sarkozy veut organiser le 13 et le 14 juillet un sommet réunissant les pays concernés et l'ue pour lancer officiellement cette nouvelle entité.

17 Sur quels piliers cela va t-il reposer? Devant les freins qui ont bloqué le processus Euromed (conflits régionaux, droits de l'homme), la France propose de mettre de côté les questions qui fâchent. A l'image des pères de l'europe qui en 1951 avaient commencé par créer la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), Nicolas Sarkozy veut créer des solidarités avant d'aborder les questions institutionnelles. Deux secteurs vont faire office de charbon et d'acier pour cette nouvelle Union. L'énergie nucléaire civile est au centre des accords de coopération signée par la France avec la Libye, l'algérie et les Emirats Arabes unis. La France cherche aussi, comme c'est le cas au Maroc avec Areva, à avoir accès aux potentielles ressources en Uranium de ces pays. Le contrat est le suivant : procéder à un transfert de technologies pour préparer ces pays à l'après-pétrole et alléger leur facture énergétique en échange pour la France de débouchés commerciaux et d'approvisionnement énergétique comme c'est le cas pour le gaz d'algérie. Le contrôle de l'immigration est également un secteur stratégique de l'upm. Le Maroc est le premier bénéficiaire de l'aide française pour expérimenter le modèle d'immigration choisie défendu par Brice Hortefeux. A terme, tous les pays associés devraient engager des plans de contrôle des flux migratoires. Quels blocages rencontrent l'union pour la Méditerranée? Le premier blocage vient de l'intérieur de l'europe. L'Allemagne n'apprécie pas le nouveau style de Nicolas Sarkozy qui ne s'est guère concerté avec ses partenaires. La chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé préférer une intensification de la coopération actuelle plutôt que de rajouter un étage supplémentaire à un édifice déjà fragile. L'Allemagne n'a pas non plus caché son scepticisme devant le pragmatisme français qui veut sceller une union avec des régimes non démocratiques et peu respectueux des droits de l'homme. Du côté Sud de la méditerranée, des voix discordantes se font également entendre. Pour rassurer l'algérie, la ministre de l'intérieur française a démenti les rumeurs pourtant persistantes sur le partage des rôles dans l'organigramme du projet dont l'algérie serait exclue. Selon ces rumeurs, le Maroc prendrait le secrétariat général, la Tunisie le siège et l'égypte bénéficierait de la présidence de l'union. Le président Bouteflika envisage de boycotter la réunion du 13 juillet, si son pays ne figure pas dans le processus de construction du projet de l'union pour la Méditerranée. Côté Libyen, le colonel Mouammar Khadafi a considéré le 10 juin que l'initiative française d'union pour la Méditerranée était «une sorte d'humiliation». Lors du sommet arabe convoqué à Tripoli il a affirmé «Nous ne sommes ni des affamés, ni des chiens pour qu'ils nous jettent des os.» Il a exprimé les réticences plus globales des pays arabes face à l'upm dont l'israël doit faire partie. Face à la demande de «clarifications» faites par les pays arabes à propos de la présence d'israël, Nicolas Sarkozy a rappelé que cette présence ne posait "pas de problème" à des pays arabes comme l'egypte, la Tunisie et le Maroc. "Le roi du Maroc, sa Majesté Mohammed VI, non seulement chef d'etat mais aussi chef des croyants, ne m'a pas indiqué que la présence d'israël était un problème. Ce qui pose problème et qui fait la difficulté, c'est le processus (de paix israélo-palestinien) d'annapolis qui semble être au ralenti", a-t-il déclaré.

18 F Faut-il croire à l'union pour la Méditerranée? Le Figaro Propos recueillis par Alain Barluet 28/03/2008 À l'occasion du Forum de Paris (1), nous avons réuni l'un des principaux initiateurs de l'union pour la Méditerranée, Henri Guaino, et le directeur de l'institut de recherches internationales et stratégiques (Iris), Pascal Boniface. Pour le premier, ce projet contribuera à réduire les lignes de fracture qui traversent cette région. Le second estime, en revanche, qu'il est nécessaire d'avancer préalablement sur la voie de la paix entre Israéliens et Palestiniens pour réussir l'ambitieux chantier méditerranéen.(2) LE FIGARO. - Centré à l'origine sur les pays riverains, le projet d'union pour la Méditerranée impliquera finalement tous les membres de l'union européenne. Ne va-ton pas se heurter dès lors aux mêmes obstacles qui ont conduit à l'échec le processus de Barcelone? Henri GUAINO. - C'est l'histoire qui le dira. D'où est parti le projet d'union pour la Méditerranée? Du constat que ce qui se passe dans cette région est vital pour nous, Français et nous, Européens, et même au-delà. Il s'y joue en effet l'avenir de la civilisation, la paix du monde, les rapports entre les trois religions monothéistes, entre le monde occidental et le monde musulman, entre le Nord et le Sud, entre l'europe et l'afrique. C'est une région essentielle, au regard de la culture comme du développement économique, de la paix et de la guerre, de l'environnement Or tous les efforts qui ont été faits ces dernières décennies ont été incapables de résoudre les grands problèmes de la Méditerranée. Il fallait donc s'y prendre autrement, en réfléchissant sur les raisons de cet échec. La Méditerranée s'est toujours efforcée de retrouver son unité perdue depuis la fin de l'empire romain, par la conversion religieuse, la guerre, la conquête. Toutes ces voies ont échoué. La grande leçon de l'histoire est que cette aspiration profonde à l'unité ne pourra être satisfaite par une domination d'une partie de la Méditerranée sur une autre. Avec Barcelone, l'europe a marqué son intérêt pour le Sud mais elle a échoué à refonder sur d'autres bases le dialogue entre l'occident et le monde du sud de la Méditerranée. Car ce dialogue était extrêmement déséquilibré. Il consistait, pour l'europe, à offrir son aide, à formaliser des rapports de prestataires à clients. On reproduisait le rapport entre le Nord et le Sud, les dominants et les dominés Une autre erreur a été de vouloir conditionner la coopération avec la Méditerranée à la résolution des questions politiques. Comme celles-ci étaient insolubles a priori, on n'a pas pu avancer sur les questions concrètes. Or, la paix, la démocratie, les droits de l'homme sont l'aboutissement d'un processus de coopération et non la condition de sa mise en chantier. C'est en avançant sur des coopérations concrètes, de plus en plus étroites, que l'on peut créer des liens de solidarité entre les peuples. Pascal BONIFACE. - Il faut souligner l'importance stratégique de la Méditerranée, notamment pour nous, Européens. Contrairement à ce qui a été longtemps dit, il ne s'agit pas d'une zone dont l'intérêt serait seulement culturel ou historique et qui n'aurait plus d'importance stratégique. Ce n'est pas le cas, notamment parce qu'elle est le théâtre du conflit israélo-palestinien et que s'y jouent les relations entre monde musulman et monde occidental. Faut-il faire des projets pour dépasser les blocages politiques ou les blocages politiques n'empêchent-ils pas la mise en place de projets? Sur ce point, je suis en désaccord avec Henri Guaino. Dans son discours de Tanger, en octobre dernier, Nicolas Sarkozy disait que l'europe ne s'est pas construite sur la repentance mais que la paix a pu être faite entre les Européens grâce à des projets. Ce mouvement est dialectique : c'est

19 parce que les Français et les Allemands ont accepté d'effacer leur querelle historique qu'ils ont pu faire la Ceca. Certes, le conflit israélo-palestinien est moins central en Méditerranée que ne l'étaient alors les relations franco-allemandes en Europe. Mais tant qu'on ne s'attaquera pas au nœud du problème, il y aura une difficulté. Tous les pays méditerranéens ont évidemment intérêt à travailler sur des projets de dépollution, par exemple. Mais on ne pourra pas bâtir sereinement des projets de coopération si le conflit israélo-palestinien n'est pas réglé. Comment prendre en compte l'héritage, souvent conflictuel, de l'histoire, notamment celui de la période coloniale? H. G. - Une des grandes faiblesses des diplomaties contemporaines, c'est qu'elles oublient en général la dimension historique, considérée comme un résidu du passé tout à fait secondaire, alors qu'elle est essentielle. On a la politique de sa géographie mais aussi de son histoire. On ne peut pas regarder ce qui se passe dans les Balkans, dans l'ex-urss, en Méditerranée, en Asie sans avoir toujours à l'esprit la profondeur historique des problèmes. Comme l'a dit Nicolas Sarkozy, la France a cru qu'en tournant le dos à la Méditerranée, elle tournait le dos à son passé alors qu'en réalité, elle tournait le dos à son avenir. P. B. - Parfaitement d'accord : l'importance des questions stratégiques et des questions d'actualité ne doit pas faire oublier les marqueurs identitaires de chaque peuple qui sont très forts. Si les dirigeants oublient ces réalités, elles se rappelleront à eux très rapidement. Il y a des aléas stratégiques dont il faut tenir compte. On ne pourra rien bâtir sur la méconnaissance ou la non-reconnaissance du passé. Le fait de reconnaître l'histoire n'est pas forcément une repentance. Mais il est important de savoir ce qui s'est passé entre nous afin d'aller de l'avant. C'est ce que nous avons fait avec les Allemands. C'est ce que nous devons faire avec les peuples du Sud. H. G. - Avec l'algérie, par exemple, on n'oublie rien, ni les uns ni les autres. Ni les crimes d'un côté, ni les crimes de l'autre. Ni les souffrances des uns, ni les souffrances des autres. Mais maintenant, nous allons construire l'avenir car, comme l'a dit le président Bouteflika, nous sommes condamnés à travailler ensemble, à cause de la géographie, de l'histoire, du mélange de nos populations. Cela n'élimine pas du tout l'histoire commune, mais cette espèce de moralisme absurde et anachronique qui consiste à demander aux fils d'expier les fautes de leurs pères. Le projet d'union pour la Méditerranée a-t-il été édulcoré par le compromis intervenu, début mars, entre la France et l'allemagne? H. G. - Je ne le crois pas. Ce compromis offre même la possibilité d'aller plus vite et plus loin que ce que nous avions espéré car, d'emblée, les moyens seront plus importants. Le but était de jeter les bases d'un partenariat à égalité entre les pays riverains qui ont une part commune de destin à assumer. La notion de parité, qui n'existait pas dans Barcelone, est centrale. Les Allemands craignaient que le fait d'associer ensemble exclusivement les pays de la Méditerranée ne conduise à diviser l'europe. Pour nous, il n'y a jamais eu d'exclusive. Nous disions simplement que c'est d'abord l'affaire des pays riverains. La base du compromis consiste à faire rentrer l'ensemble des pays de l'ue, non plus sur la base du volontariat, mais sur la base du droit, comme dans Barcelone. Seulement, on change le système de gouvernement de Barcelone en y mettant cet esprit de partenariat qui est l'essence du projet d'union pour la Méditerranée. La gouvernance de l'union pour la Méditerranée sera assurée à parité par les pays du Sud et les pays du Nord, et non pas seulement par ces derniers, comme c'était le cas avec Barcelone. Un secrétariat permanent léger assistera une présidence permanente tournante, assumée conjointement par un pays de la rive nord et un pays de la rive sud. C'est ce système de gouvernance qui choisira, labellisera et portera les projets. Ce ne sera plus l'union européenne qui, seule, décidera des projets et les financera. C'est un changement très profond de la nature même du processus

20 de Barcelone. Nous sommes parvenus à la meilleure synthèse possible. Pour répondre à Pascal Boniface, j'ajouterai que les corbeilles de Barcelone demeurent : pas question d'interrompre la coopération politique, ni de cesser à s'intéresser aux droits de l'homme. Mais l'idée est qu'elles ne constituent pas des préalables à la coopération. Bien sûr, nous sommes confrontés à des obstacles considérables : le conflit israélo-palestinien, celui du Sahara occidental, de Chypre, la question du Liban. C'est pour cela qu'il faut tout tenter. C'est un pari risqué et audacieux. Mais le plus risqué ne serait-il pas de ne rien faire? La dépollution de la Méditerranée, la gestion de l'eau, le développement économique, la santé ne résoudront pas d'un coup de baguette des problèmes comme celui du statut de Jérusalem! Mais enfin, ne discutera-t-on pas mieux de cette question si on apprend à travailler collectivement sur des problèmes qui concernent l'ensemble des parties prenantes du conflit? P. B. - Il est évident que le projet d'union pour la Méditerranée tel qu'il résulte de l'accord entre les Européens est différent de l'idée initiale. Mais peu importe la manière dont le projet a été «mouliné» par les Vingt-Sept. C'est aux résultats qu'il sera jugé. H. G. - Sans l'activisme du président de la République, jamais il n'y aurait eu débat sur un sujet aussi important. Jamais on n'aura autant parlé de la Méditerranée. Grâce à cette initiative, on a accepté de revoir les mécanismes du dialogue euro-méditerranéen plus en profondeur que cela n'a jamais été fait. Grâce à ce projet, on a remis de la politique en Europe et tourné de nouveau l'europe vers le Sud où se joue son avenir. P. B. - En même temps, il ne faudrait pas que la volonté de pousser les feux sur des questions de coopération pragmatique, ce qui est en soi positif, nous conduise à abandonner toute ambition stratégique. À cet égard, l'union européenne est souvent en retrait et se contente d'être un guichet ou un donneur de conseils. Sur la question de l'eau, capitale au Proche-Orient, le jour où les pays de la région arriveront à coopérer - comme Français et Allemands l'ont fait en 1951 sur le charbon et l'acier -, une bonne partie des problèmes sera réglée. H. G. - Que l'on fasse l'union pour la Méditerranée ou pas, de toute façon, la question de l'implication stratégique de l'europe dans le monde méditerranéen se pose. Il s'agit pour l'union pour la Méditerranée de répondre d'abord à cette question-là. Ce n'est pas parce qu'elle est posée et qu'une réponse claire n'y a pas encore été apportée qu'il ne faut rien faire d'autre. Il y a plusieurs chemins pour arriver au but. L'Union pour la Méditerranée est une de ces voies. Guerre ou pas guerre, la question de l'eau est vitale. Cela vaut donc la peine d'amener les pays concernés à essayer de trouver des réponses. Il faut faire de la Méditerranée le grand laboratoire du développement partagé. Le projet se jouera aussi sur la question clé de l'immigration H. G. - Les pays du Sud veulent de la mobilité, c'est vrai, mais ils ne veulent pas la fuite des cerveaux. Raison de plus pour réfléchir à des politiques permettant à la fois d'être plus souples pour accueillir les gens et de réfléchir avec les pays de départ à la manière dont on organise les flux de retour. P. B. - Un accord sur les questions migratoires est essentiel pour ne pas aller à l'encontre de l'objectif qui est l'entente entre les peuples. S'il y a des politiques imposées et unilatérales, cela créera un ressentiment très fort dans les opinions. H. G. - C'est le type de problème qu'il faut résoudre ensemble. La Méditerranée matérialise, presque physiquement et historiquement, cette imbrication de nos destins et souligne les problèmes que nous ne pouvons pas résoudre seuls. Prenons les délocalisations : vaut-il mieux qu'une partie de nos activités se délocalise en Asie ou bien qu'elles se délocalisent

21 dans le bassin méditerranéen? Ne peut-on pas penser ensemble notre stratégie économique dans la mondialisation? P. B. - Il est vrai que la question des migrations fait partie des dossiers ayant un impact stratégique mais sur lesquels on peut néanmoins progresser avant que les questions de fond ne soient résolues. Sur un tel sujet, on peut avoir sans attendre une discussion gagnantgagnant avec les pays du Sud. (1) Le Forum se tient à Paris au palais de l'unesco jusqu'à dimanche 30 mars. (2) Pascal Boniface et Hubert Védrine, Atlas du monde global (Armand Colin-Fayard). Union pour la Méditerranée : «un projet qui manque de maturité politique» Interview le 7 juin de Hichem Ben Yaïche, journaliste et spécialiste des relations Europe-Afrique Afrik.com Après la Turquie, la Libye ou encore la Syrie, c est au tour de l Algérie d exprimer ses réticences pour le projet d Union pour le Méditerranée (UPM). Les difficultés auxquelles fait face la France pour réunir tous les pays de la rive sud sur une même table montre le manque d attractivité du projet aux yeux de certains chefs d Etat. Les ministres des Affaires étrangères de 12 pays riverains de la Méditerranée se sont réunis vendredi pour tenter d élaborer une position commune sur la structure de la future Union. Mais l Algérie souhaite davantage de précision sur la finalité d une telle union avant de se prononcer sur sa participation.les pays arabes de la Méditerranée, l Algérie en tête, attendent des «clarifications» sur le projet d Union pour la Méditerranée (UPM) et notamment sur les conséquences de l entrée d Israël dans le processus. L Algérie pose cette condition avant d annoncer sa participation au sommet de Paris, qui doit solennellement lancer l UPM le 13 juillet prochain. C est ce qui est ressorti de la 15ème conférence ministérielle du Forum méditerranéen (Formed) qui s est tenue vendredi à Alger. Bernard Kouchner est reparti à Paris bredouille. Mais la position officielle d Alger, qui évoque la présence d Israël pour justifier ses réticences, cache des raisons plus profondes. A l approche du sommet, la France à beaucoup de mal à fédérer tous les Etats autour du projet. Hichem Ben Yaïche explique pour Afrik.com les raisons du blocage et les enjeux actuels d une telle union. Afrik.com : Quelles sont les freins qui empêchent la réalisation de l UPM aujourd hui? Hichem Ben Yaïche : La France n a pas su structurer le projet comme il le fallait et elle s est prise au piège toute seule. Après une série de négociations et de désaccords avec l Union européenne, l UPM a finalement pris le même format que le processus de Barcelone (projet Euromed formulé en 1995 qui s est enlisé depuis, ndlr). L idée de relancer ce processus est géniale mais la France est contrainte aujourd hui de tout faire avec l aval de la Commission européenne. Elle a dû adopter un schéma à minima qui n a plus rien à voir avec ses ambitions initiales. Des projets d infrastructure, d environnement, de dépollution de la mer sont en cours d élaboration mais on est loin du projet initial. Aujourd hui, l Algérie a marqué une forme de scepticisme. Une bataille est désormais engagée pour attirer l attention des pays du Nord vers le Sud. Même si les venues du Maroc, de la Tunisie et de l Egypte sont acquises d avance (le 13 juillet, ndlr), il

22 n en reste pas moins que la non-réponse du président algérien constitue un électrochoc qui pourrait bien obliger la France à reformuler le projet. Afrik.com : L Algérie attend des «clarifications» quant aux conséquences de l entrée d Israël dans l UPM. Le règlement du conflit israélo-palestinien devrait-elle être posé comme condition? Hichem Ben Yaïche : La présence d Israël pose évidemment problème et occasionne une réticence - pour ne pas dire méfiance - de la part des pays arabes qui ont posé le règlement du conflit comme un préalable à la réussite du processus de Barcelone. Mais surtout, Israël a surestimé son ambition au sein de l UPM. Shimon Pérès a proclamé son soutien total au projet lors de sa visite en France en mars, position qui a été vue comme une provocation. L intégrer est essentiel mais le conflit israélo-palestinien reste un obstacle majeur au bon déroulement du processus. Cependant, le rôle des hommes politiques est aussi d agir sur les obstacles. Voici le défi face auquel ils se trouvent. Afrik.com : L UPM a été créée pour souligner l échec d Euromed. Mais le projet actuel ne va-t-il pas subir le même sort? Hichem Ben Yaïche : Le projet qui doit être porté par les pays de la Méditerranée a été complètement annexé par l Union européenne. La seule innovation positive consiste en la création d un secrétariat co-présidé par un pays du Nord et du Sud et qui permettrait d élaborer des projets ensemble, ce qui n a pas été fait par le passé. C est la seule chose qui permettra de sortir du sur place qu on a vécu ces dix dernières années. Afrik.com : Y aurait-il des raisons plus profondes quant aux réticences formulées par Alger? Hichem Ben Yaïche : L Algérie a les moyens de ses ambitions. Elle a vraiment atteint une puissance et une aisance financière grâce au pétrole. Elle estime donc que l Europe ne peut rien lui apporter de plus que le savoir-faire et des techniques. La deuxième raison provient du fait que Nicolas Sarkozy n a pas su tenir sa parole. Lors de sa première visite en Algérie en juillet 2007, Sarkozy a fait miroiter que l Algérie sera l un des piliers majeurs de l UPM. Cependant, il a prononcé son principal discours sur l UPM à Tanger et bientôt à Fès (au Maroc, ndlr). La coprésidence sera vraisemblablement attribuée à l Egypte, le poste de secrétaire général au Maroc et le secrétariat général sera basé à Tunis. Nicolas Sarkozy a donné l image d un homme qui manque de fiabilité et de confiance, d où la susceptibilité algérienne. Mais l Algérie reste toujours intéressée par le projet. Elle veut juste monnayer sa présence à ce sommet en valorisant son poids sur la scène régionale et ne donnera probablement sa réponse que dans les derniers jours. Afrik.com : Qu est-ce qu il manque au projet pour qu il puisse fonctionner? Quelles sont vos recommandations pour établir une UPM viable sur le long terme? Hichem Ben Yaïche : D abord, le financement du projet. Il n y a pas assez de moyens à la hauteur des ambitions affichées par la France. Il faudra donc solliciter les entreprises ainsi que les fonds souverains pour développer le projet, ce qui commence à être fait. Mais surtout, le projet manque de maturité politique. La construction de l UPM doit être commune et englober hommes politiques et société civile. L UPM devra permettre aux pays des deux rives la mutualisation des moyens, le partage des savoirs et l ouverture des frontières qui s avère être nécessaire pour que le dialogue entre les peuples s instaure. Enfin, on oublie souvent la société civile dans l élaboration de tels projets. Il faut que l UPM prenne une dimension médiatique pour marquer la transparence du projet auprès de l opinion. Il y en a assez des discours. Il faut rentrer dans le concret et mener en parallèle le dialogue politique.

23 Union pour la Méditerranée, étrange projet Emmanuel Español historien et béatrice Patrie députée européenne socialiste, présidente de la délégation pour les pays du Machrek. Libération jeudi 26 juin 2008 Nicolas Sarkozy ne s arrête jamais. Il faut lui reconnaître cette étonnante énergie à parcourir la Méditerranée, ou à recevoir à domicile sans relâche depuis un an : Maroc, Algérie, Egypte, Libye, Israël. Certains croyaient que son projet d Union méditerranéenne était virtuel : pas de finances, de périmètre géographique défini, de feuille de route détaillée, et opposition frontale de l Allemagne Qu à cela ne tienne, chaque obstacle a été contourné au prix d un virage à 180 degrés : l Allemagne s oppose à une Union pour la Méditerranée (UPM) réservée aux Européens du sud dont elle serait exclue l UPM intègre désormais les vingt-sept pays européens ; l Egypte, grande puissance africaine et acteur crucial du Machrek n était pas invité il y a quelques mois après son passage à Paris, voici Hosni Moubarak bombardé coprésident de l UPM ; La France n a pas un sou Nicolas Sarkozy reprend à son compte les projets déjà lancés par l Union européenne tels que l autoroute transmaghreb, la dépollution de la Méditerranée, le plan énergie Euromed. Il reste au Président quelques «petits détails» à régler : l extrême froideur de la Turquie qui demeure déterminée à adhérer à l Union européenne, la volte-face fracassante du colonel Kadhafi, une certaine prudence du Maroc, les réserves algériennes, la non-résolution du conflit israélo-palestinien, et les inquiétudes libanaises suite à l ouverture à la Syrie. La réception à Paris de M. Kadhafi, comme le deuxième déplacement en Tunisie en huit mois du président français, puis la récente invitation élyséenne du président syrien au 14 juillet permettent de bien comprendre les intentions élyséennes en matière de partenariat méditerranéen. Monsieur Sarkozy affiche une différence d approche fondamentale avec les Européens et leur processus de Barcelone sur la question des droits humains tels que définis dans la convention européenne. En effet, pour l Europe, la convergence entre les deux rives vers un standard commun faisait partie des objectifs affichés à Barcelone. De même, l accès des partenaires aux accords d association et à l ouverture économique devait répondre à ces critères. Certes, on peut s interroger sur les résultats concrets, forcément imparfaits, de cette politique, mais la philosophie européenne conduit à l action : c est l UE qui assure financièrement l essentiel de la survie humanitaire de la bande de Gaza, c est l Europe qui a imposé la cessation des hostilités entre le Liban et Israël en 2006, c est l UE qui dénonce les violations électorales flagrantes en Egypte, c est l UE qui envoie ses diplomates assister aux procès des dissidents, en Syrie par exemple. Pour notre part, nous n avions pas manqué de soutenir sur place en mars 2007 la ligue tunisienne des droits de l homme, face à une certaine forme de pression policière. Or, le président Nicolas Sarkozy tourne le dos à cette philosophie européenne. En caricaturant volontairement dans son discours de Tunis le choix entre les régimes en place et «les talibans au Maghreb», en s affichant avec le président libyen, en ouvrant

24 ostensiblement les bras au président syrien, il légitime dramatiquement toutes les politiques de restriction des droits humains, les «états d urgence» de toutes natures, et les atteintes aux libertés. En effet, les premières victimes de cette pression autoritaire ne sont pas d hypothétiques talibans, mais bien les sociétés civiles méditerranéennes, les sensibilités modérées, libérales ou sociale-démocrates : il ne doit rien exister entre le pouvoir et l extrémisme forcément inacceptable. Voici bien une régression majeure dans l approche de notre partenariat euro-méditerranéen. D ailleurs, les ONG ne s y trompent pas. Loin «d un espace des libertés qui progresse», selon Nicolas Sarkozy, elles sont consternées par un tel aveuglement volontaire. Quand les flashs couvrant le déplacement présidentiel se sont éteints, les défenseurs tunisiens des droits d expression se sont sentis seuls comme jamais, quand les Libanais ont appris l ouverture syrienne, ils ont craint de faire les frais d une nouvelle trahison. L UPM du Président peut-elle réussir? La volonté réaffirmée de traiter des questions migratoires en agitant l épouvantail de la peur - il y a 400 millions d Africains de moins de 17 ans, tous ne peuvent venir - va conduire à la volonté de décentraliser la politique de gestion des migrations subsaharienne aux états du Maghreb. Le refus d intégrer toute dimension politique à l UPM la résume en un sous-ensemble à géographie et à projets variables. Le déséquilibre évident de sa position dans le conflit israélo-palestinien ne peut que susciter les mêmes réticences des pays arabes. Au fond que restera-t-il de l UPM dans six mois à la fin de la présidence française de l Union? Mais qu importe à notre Président notre destin commun euro-méditerranéen dans vingt ans, pourvu qu il ait une belle photographie le 13 juillet avec ses amis chefs d Etat. Ombres sur la Méditerranée Denis Sieffert POLITIS publié le vendredi 13 juin 2008 Un vent de fronde souffle depuis l Algérie. Les pays arabes, réunis vendredi à Alger pour préparer cette échéance, ont demandé à la France des éclaircissements sur la participation israélienne. Décidément, Nicolas Sarkozy n a pas fini d essuyer des rebuffades avec son Union pour la Méditerranée (UPM) lancée à la va-vite en décembre dernier. Les premiers ennuis, on s en souvient, étaient venus du «Nord». La chancelière Angela Merkel n avait pas apprécié une initiative française qui s était arrogé le droit de choisir parmi les pays européens ceux qui seraient aptes à figurer dans cette nouvelle zone de libre-échange. Sarkozy avait dû se replier en bon ordre : tous les pays membres feraient donc partie de la nouvelle Union, limitée au demeurant à une coopération sur quelques grands dossiers comme l eau, l énergie et l environnement. Mais voilà à présent que les ennuis viennent du Sud. Un mois tout juste avant la proclamation de l UPM, le 13 juillet à Paris, un vent de fronde souffle depuis l Algérie. Les pays arabes, réunis vendredi à Alger pour préparer cette échéance, ont demandé à la France des éclaircissements sur la participation israélienne. La ficelle, en effet, est un peu grosse. En intégrant Israël à cette entité économico-politique, la France contraint les pays arabes à un partenariat qu ils n ont pas choisi. De fait, Nicolas Sarkozy obtiendrait, au plus grand profit d Israël, une normalisation des relations entre l État hébreu et le monde arabe. Et cela, sans contrepartie. Or, si cette normalisation est souhaitée depuis 2002 par la Ligue arabe, c est en échange d un retrait israélien des territoires palestiniens occupés depuis Cette proposition de troc diplomatique a encore été renouvelée par la Ligue arabe en mars dernier, n obtenant guère plus qu un haussement d épaules des responsables israéliens. Non seulement il n est pas question de décolonisation, mais nous évoquions ici même la

25 semaine dernière un nouveau plan de constructions en Cisjordanie récemment rendu public par Ehud Olmert. La situation est si désespérée que même Mahmoud Abbas, d un naturel si prudent, s apprête à renouer le dialogue avec le Hamas, bravant l interdit posé par les États- Unis. Façon pour lui de prendre acte (enfin!) de l arnaque d Annapolis, ce «processus de paix» mort-né initié par George Bush fin Est-ce donc vraiment le moment de donner à l État hébreu tout ce qu il peut souhaiter, et même davantage, sur la scène internationale? De le récompenser pour bonne conduite? L invitation faite à la Syrie de participer à la réunion du 13 juillet s inscrirait aussi dans cette stratégie qui solderait en quelque sorte le conflit israélo-palestinien sans tenir compte des revendications palestiniennes. Damas obtiendrait son intégration économique à une large zone incluant l Union européenne en échange de son abandon de la cause palestinienne. Paradoxalement, ce seraient ainsi les Européens notre Sarkozy en tête qui porteraient l estocade en retirant aux pays arabes et aux pays membres de l Union les moyens de pressions diplomatiques et économiques qui restaient en leur possession. Tout cela serait d ailleurs cohérent avec l ordre du jour du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l UE, le 16 juin à Luxembourg, qui prévoit un renforcement des liens avec Israël. L aboutissement de cette stratégie d ensemble se heurte toutefois aux réticences, pour ne pas dire plus, de plusieurs capitales arabes. Mais l UPM disposerait de quelques arguments pour les «convaincre». À la fin des années 1970, l Égypte et la Jordanie ont été grassement récompensées par les États-Unis pour leur reconnaissance d Israël aux dépens des Palestiniens. Certaines capitales pourraient aujourd hui trouver intérêt à se montrer discrètes sur une normalisation des relations avec Israël qui passerait ainsi «en contrebande» de la proclamation de l Union pour la Méditerranée. Après l Égypte, la Tunisie pourrait par exemple obtenir une «sanctuarisation» de sa politique intérieure, de sa conception de la démocratie et des droits humains. Et cela au moment même où des mouvements de protestation sociale s intensifient dans le Sud tunisien. En outre, on ferait miroiter à ces pays l intégration dans un ensemble ultralibéral semblable à l Accord de libre-échange nordaméricain. Mais peut-on faire comme si la paix régnait au Proche et au Moyen-Orient? Comme si le conflit israélo-palestinien n existait plus? À Damas, comme à Alger, comme à Tunis et au Caire, la question palestinienne reste le symbole de l injustice à l encontre du monde arabo-musulman. Ce déni international piégeant les capitales arabes dans un ensemble dont Israël serait un partenaire en vue aurait à supposer qu elles y consentent un inconvénient de taille aux yeux des responsables occidentaux : plus que jamais, il consacrerait l Iran comme le pays de la résistance. Est-ce souhaitable pour tout le monde? La charge de Kadhafi contre l'union pour la Méditerranée Par AFP, mis à jour le 10/06/2008 Le numéro un libyen réunissait les pays arabes, mardi à Tripoli, pour évoquer l'union pour la Méditerranée. En ouverture du mini-sommet, il a condamné ce projet "humiliant" et qui risque, selon lui, de diviser les pays du Sud. Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi s'est déclaré contre le projet de l'union pour la Méditerranée, au moins dans sa version actuelle, à l'ouverture d'un mini-sommet arabe mardi à Tripoli. "Nous sommes des pays membres de la Ligue arabe et aussi de l'union africaine et nous ne prendrons en aucun cas le risque de déchirer l'unité arabe ou africaine. Il faut que nos partenaires (européens) comprennent bien cela", a dit le dirigeant libyen. "Si l'europe veut coopérer avec nous, qu'elle le fasse avec la Ligue arabe ou l'union africaine (...) nous n'acceptons pas que l'europe traite avec un seul groupe" de pays, a-t-il ajouté.

26 Vêtu d'une abaya traditionnelle et coiffé d'une chechia rouge, Mouammar Kadhafi a monopolisé la parole à l'ouverture du sommet auquel participent les présidents syrien Bachar al-assad, mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi, tunisien Zine El Abidine Ben Ali, algérien Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre marocain Abbas El Fassi. "Nous ne sommes pas de chiens pour qu'ils nous jettent des os" Plus virulent, le colonel Kadhafi a estimé que les projets économiques promis aux pays du sud de la Méditerranée étaient un "appât" et représentaient "une sorte d'humiliation" pour ces pays. "Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu'ils nous jettent des os", a-t-il lancé. "L'UE veille sur son unité et refuse sa division et l'initiative de notre cher ami (le président français Nicolas Sarkozy) a été rejetée fermement par l'europe. La Ligue arabe n'accepte pas également de disperser ses rangs et de détruire son unité", a encore dit le dirigeant libyen. "Un projet passager" voué à l'échec Pour lui, l'upm est un "projet passager" voué à l'échec comme ceux du processus de Barcelone ou de la politique de voisinage de l'ue avec ses partenaires de la rive sud de la Méditerranée( ) Le premier Ministre algérien : «Ce sont nos intérêts qui priment, pas la présence d Israël!»Par Hassan Moali El Watan 26 juin 2008 Le néo-secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND) Ahmed Ouyahia, venu hier rencontrer les journalistes au terme des assises de son parti à l hôtel El Aurassi, a tôt fait d enfiler le costume de diplomate qui seyait à la lancinante question : va-t-on ou pas à l union pour la Méditerranée? «En politique étrangère, il n y a pas de position d un parti mais une doctrine et une position unique que le président de la République définit en fonction des intérêts de l Algérie». Visiblement exaspéré par le battage médiatique fait autour du projet de Nicolas Sarkozy, revu et corrigé par la Commission européenne, Ouyahia s en est même pris à la presse nationale dont il a qualifié les commentaires de «bla-bla». «Je constate que la presse algérienne est la seule, y compris dans les pays européens, à insister sur ce projet (UPM). Même Le Monde ne consacre pas autant de commentaires», assène Ouyahia. Son message est clair : le sommet du 13 juillet à Paris et plus généralement le projet luimême ne l empêche pas de dormir même en tant que chef du gouvernement. Il en veut d autant plus que les concepteurs du projet eux-mêmes ne lui ont pas encore donné un contenu. «Jusqu à maintenant, nous ne connaissons pas les contours du projet de l UPM puisque Bruxelles n a préparé aucun document ; ils ont juste promis de soumettre un texte lors du sommet de Paris», assure Ouyahia. Cela signifie-t-il que l Algérie n y sera pas représentée? Ouyahia ne s avance pas trop, mais la tonalité de son discours laisse deviner que notre pays n a pas encore trouvé son compte. Et c est à ses yeux la seule hypothèque qui sous-tend la participation de l Algérie et de son Président. Ahmed Ouyahia qui a précisé parler «en tant que diplomate», balaie d un revers de la main la juxtaposition médiatique du soutien d Alger à l UPM à la présence ou pas de l Etat hébreu. «Le seul moteur de la diplomatie algérienne dans ce genre de forum, ce sont ses intérêts!», tonne Ahmed Ouyahia, accusateur aux entournures. Et de lancer à la cantonade : «Nous n avons aucun complexe par rapport à la présence d Israël dès lors que ses dirigeants étaient présents en 1995 à Barcelone, au même titre que

27 ceux de notre pays!» Et à ceux qui évoquent la situation en Palestine, le chef du gouvernement dénonce le «fonds de commerce» et adopte la realpolitik en s exclamant que «Mahmoud Abbas, premier concerné, sera, lui, présent à Paris!». Ahmed Ouyahia fustige sans les nommer certains dirigeants arabes qui montent sur leurs grands chevaux dès qu il s agit de l Algérie, «alors que leurs pays entretiennent des relations diplomatiques avec Israël». Et de remettre au goût du jour la fameuse tirade de Boumediène selon laquelle : «Plus jamais un Algérien ne mourra que pour l Algérie!» Ouyahia suggère ainsi que la politique étrangère algérienne ne s articule plus sur «ces fonds de commerce» et que «personne ne peut nous complexer sur la Palestine au profit de laquelle l Algérie est l un des rares pays à s être toujours acquitté de sa quote-part en soutien à ce peuple frère dans le cadre de la Ligue arabe». Le nouveau chef du gouvernement a donc jugé utile de recadrer le débat sur l union pour la Méditerranée, sous l unique substrat diplomatique : les intérêts du pays. Le reste, tout le reste, ne serait donc que commérages de presse, faute d une communication institutionnelle, faut-il le souligner.

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