Mini-mémoire Séminaire Développement Durable «L Eco-Conception»

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1 UV SEMESTRE AUTEUR DD01 P09 Marina BRUNEAU Mini-mémoire Séminaire Développement Durable «L Eco-Conception» Nombre de pages : 9

2 Sommaire I. Introduction... 3 II. Rappel sur les deux conférences... 3 A. Définition du concept... 3 B. Intervention de Mr Gilles Le Cardinal... 3 C. Intervention de Mr Hervé Piault... 5 III. Construire une représentation commune de l habitat écologique entre les parties prenantes... 6 A. La méthode PAT Miroir Les propriétaires vis-à-vis des banques, assurances et l État L État, assurances et banques vis-à-vis des propriétaires... 8 B. Les démarches possibles... 8 IV. Conclusion

3 I. Introduction La notion de «développement durable» est beaucoup utilisée de nos jours, certains l emploient comme argument de vente, ou encore pour se donner «bonne conscience». En effet, penser «écologiquement» ne signifie plus seulement réfléchir au recyclage de nos produits par exemple mais aussi aux moyens utilisés pour leur fabrication ou encore à l énergie utilisée pour leur production. On ne peut pas produire un objet écologique si on détruit ou en endommage un autre à côté, on peut alors parler de «rentabilité écologique». Dans le cadre de l UV DD01 intitulé Développement Durable, j ai suivi un séminaire les lundi 19 et mardi 20 janvier 2009 sur le thème de l éco-conception. Pendant ces deux journées, j ai assisté à différentes conférences avec des chercheurs ou encore des industriels qui travaillent dans ce domaine. Deux conférences m ont particulièrement plu et c est celles-ci que j ai retenues pour poser la problématique de ce mini-mémoire. La première concerne l intervention de Monsieur Gilles Le Cardinal qui a introduit la complexité du terme «Développement Durable» ; la seconde est celle d Hervé Piault qui nous a présenté l éco-construction et plus exactement la construction de maisons en paille. Ces deux conférences m ont amené à poser la problématique suivante : la pensée complexe, peut-elle aider à construire une représentation commune de l habitat écologique entre les parties prenantes? Je tenterai de mener une réflexion judicieuse à cette problématique tout au long de ce mini-mémoire. II. Rappel sur les deux conférences A. Définition du concept La notion de «développement durable» est apparue depuis une trentaine d années dans le domaine scientifique mais elle n est arrivée au grand public que seulement depuis une dizaine d années. Selon le Rapport Brundtland, publié en 1987 par la Commission mondiale sur l environnement et le développement, la définition la plus commune est «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs». B. Intervention de Mr Gilles Le Cardinal Mr Gilles Le Cardinal a introduit sa conférence en présentant l existence de système compliqué et système complexe. Il s est intéressé particulièrement au deuxième, car quand il est question de poser le problème du développement durable, on s aperçoit rapidement que c est un système complexe. 3

4 Pour en donner une rapide définition, un système complexe est un système au sein duquel des acteurs construisent des représentations suivant leurs propres critères d évaluations et subissent des contraintes. Les interactions entre les parties prenantes du système complexe amènent à deux situations : - Soit favorable entraînant une innovation - Soit défavorable entraînant des conflits, des crises qui faut tenter de conduire sans pouvoir pour autant les maîtriser dans leur totalité. Selon Erol Franko, «Toute personne développe des comportements qui apparaissent à ses yeux, comme satisfaisants, compte tenu de ses représentations du monde». D après Einstein, les personnes résolvent un problème ainsi : 45 min pour analyser le problème ; 10 min pour trouver les solutions ; 5 min pour prendre une décision. Ces deux remarques amènent à l illustration suivante : Vision / Interprétation Problème Individu 1 Individu 2 Communication La concertation des deux individus permet alors : - d échanger d abord notre interprétation du problème, - puis se mettre d accord sur une interprétation commune et fondamentale - enfin résoudre le problème ensemble. Je pense que c est pour moi les trois étapes essentielles à la résolution d un problème complexe en groupe. En développement durable (DD), on peut donc parler de système complexe : différents facteurs (sociaux, économiques et environnementaux) interagissent et aucun ne peut être écarté ou traité séparément. Social Économique DD Environnemental 4

5 G. Le Cardinal a développé les différents problèmes à résoudre en DD : - problème économique ; - problème sociétal ; - problème écologique ; - problème technique. Il a ensuite soulevé un problème externe à tous ceux-là qu il a nommé le «Single Cause Habit», c est une habitude que l on a naturellement : on se réduit souvent à la seule et la première solution trouvée au problème posé et on arrête de chercher d autres solutions en ignorant leur existence. Par la suite, il a rappelé que le DD est tout d abord un problème de coût. En effet, une entreprise qui souhaite se lancer dans le DD se retrouve face à ces enjeux : - la rentabilité, le profit ; par exemple : économie d énergie, de matières premières, optimisation des processus, réduction des déchets, - la gestion des risques économiques, sociaux et environnementaux ; - réputation, confiance, légitimité ; - responsabilité - satisfactions des parties prenantes. Sa motivation est alors réévaluée, l entreprise mesure les effets à long et à cours terme. Mr Le Cardinal a participé au développement du PAT Miroir qui permet de poser un problème complexe. Chaque partie prenante identifie, formule ses Peurs, ses Attraits et ses Tentations vis-à-vis des autres parties prenantes du système. Plus exactement, il s agit de : - traiter les problèmes en intégrant leur complexité ; - rendre le projet lisible par tous ; - faciliter la coopération entre les parties prenantes ; - développer la confiance entre les personnes, Cette méthode a montré son efficacité lors de fusion d entreprises ou encore de restructuration d un service à l intérieur même d une entreprise, en aidant les parties prenantes à accepter ce grand changement et surtout de passer une politique de concurrence à une politique de coopération. J ai étudié cette méthode au cours de l UV SI20 que j ai suivi le semestre dernier avec Monsieur Bruno Pouzoullic qui a contribué au développement de cette méthode. Nous l avons utilisé afin de poser le problème complexe du travail en binôme à l UTC. C. Intervention de Mr Hervé Piault Monsieur Piault, spécialiste dans la construction de maisons en paille est venu nous présenter son travail. Il nous a montré une vidéo montrant la construction d une maison. Il nous a ensuite parlé des différentes caractéristiques qui définissent une maison écologique. 5

6 En effet, ce n est pas seulement une maison qui consomme peu d énergie mais c est aussi un habitat construit avec des matériaux sains, c'est-à-dire des matériaux écologiques qui répondent aux critères suivants : renouvelables, abondants, produits localement, peu énergivores à la production, durables, réutilisables ou recyclables ; en incluant les peintures et matériaux de finition. Ensuite lors du reportage, un problème majeur a été soulevé par les propriétaires de la future maison : c était le financement des travaux. Monsieur Piault a alors développé les problèmes économiques liés à la construction de maisons écologiques. Il a expliqué concrètement le problème par ce schéma : Main d œuvre à fournir Idéal si on peut avoir beaucoup de main d œuvre Conventionnel Compromis à faire Énergie Consommée (électricité,...) On ne peut malheureusement pas laisser de côté certaines machines ou outils utilisant de l énergie. Pour résumer, les trois freins économiques à l éco-construction sont : - Une main d œuvre importante et chère - Une main d œuvre qualifiée difficile à trouver - Certains matériaux (hors norme) non reconnus par les assurances Enfin, Monsieur Piault a cité «c est souvent ce qui est vraiment économique et efficient pour la société, qui échappe aux calculs orthodoxes du PNB» (d après J. Dethier, Des Architectes de Terre, Centre Georges Pompidou, 1982). Cette citation introduit les enjeux du DD entre les particuliers et l État ; ce que nous développeront en deuxième partie du minimémoire. III. Construire une représentation commune de l habitat écologique entre les parties prenantes Cette étude est pour moi une première approche sur le développement durable. Ma culture à ce sujet est encore bien faible et mes remarques seront succinctes, pour ne pas trop m avancer. Cependant utiliser la méthode PAT Miroir, c est se remettre en question soimême. Pour en tirer de véritables bénéfices, il faudrait réunir les parties prenantes autour de la même table afin que chacun exprime ses Peurs, Attraits et Tentations par rapport à l éco-construction. Dans le cadre de ce mini-mémoire, une telle concertation va au-delà du 6

7 travail demandé, donc je me contenterai de donner les P.A.T. que j ai pu répertorier grâce à la vidéo de Monsieur Piault et mes recherches personnelles. A. La méthode PAT Miroir Pour commencer, je vais définir les limites de mon étude PAT Miroir. J ai choisi de prendre seulement deux acteurs afin de «simplifier» le système : - Les futures propriétaires souhaitant construire une maison écologique ; - Les banques, assurances, services publics de financement, État. o Leurs Peurs : 1. Les propriétaires vis-à-vis des banques, assurances et l État - ne pas réussir à être assuré ->matériaux de construction non conventionnels ou encore à l essai ; - ne pas réussir à obtenir un prêt bancaire : si l habitation n a pas d assurance «dommagesouvrage», le banquier peut penser qu elle sera sous-évaluée et donc il craint d avoir du mal à rentrer dans ses frais dans le cas où le propriétaire ne pourrait plus rembourser son prêt ; - ne pas obtenir de permis de construire car construction trop risquée, terrain incompatible, - avoir un surcoût de construction par rapport à une maison conventionnelle. Faire construire une maison écologique par des professionnels en France induit un surcoût de 30% malgré les déductions fiscales (crédit d impôt). o Leurs Attraits : - construire sa maison soi-même : être fier d être un citoyen exemplaire et «écolo» ; - servir d exemple pour les autres propriétaires ; - faire des économies de main d œuvre puis par la suite pour le chauffage. Un mur en paille est deux fois plus isolant qu un mur classique en parpaings. De plus, on tend de plus en plus à faire des maisons le plus étanche possible ; - construire une maison avec peu d énergies grises (énergies nécessaires à l extraction des matériaux, à leur transport, ) ; - construire une maison passive : on peut réduire considérablement (jusqu à 80%) les émissions de CO 2 d une maison (orientation par rapport au soleil, alimentation en énergies renouvelables solaires ). o Leurs Tentations : - vouloir tout faire seul pour faire le maximum d économies ; - abandonner le chantier «écologique» pour terminer avec des matériaux standards ; - manquer de confiance envers certains matériaux car trop «bon marché». 7

8 o Leurs Peurs : 2. L État, assurances et banques vis-à-vis des propriétaires - la rentabilité économique. Être auto-constructeur n intéresse pas car ça ne rentre pas dans une démarche de relance de l économie (crise actuelle) ; cela ne fait pas travailler beaucoup d autres corps de métiers - construction de maisons qui ne respectent pas les normes. Si la maison est vendue par la suite et qu elle subit un sinistre dû à un défaut de construction, qui est responsable? L État qui a donné l autorisation ou le particulier novice en matière de construction? - maison trop fragile l assurance «dommage-ouvrage» ne couvre que la réparation des dommages qui compromettent la solidité de l ouvrage ou des éléments d équipement qui lui sont indissociables. o Leurs Attraits : - faire des profits (taxes sur les matériaux, main d œuvre, ) - inciter les autres propriétaires à construire avec des matériaux sains o Leurs Tentations : - vouloir tout contrôler, réglementer en éco-construction : la réglementation est normalement faite pour aider les propriétaires, mais actuellement, l État bloque la construction car la société n est pas encore adaptée à cette approche avec des matériaux tels que la paille. - laisser le moins possible de liberté au propriétaire Pour finir ce PAT Miroir, il faudrait que chaque personne participant à cette «table ronde» fasse une notation de chaque P. ou A. ou T. selon l importance que représente chaque item pour lui-même. Puis, on additionnerait tous les points pour chaque item. B. Les démarches possibles La deuxième partie dans le travail par la méthode PAT Miroir consiste à classer tous les items cités précédemment par catégories. Ici, on pourrait choisir des les ranger selon ces trois critères : - Économique - Environnemental - Sociétal On peut désormais établir des histogrammes pour chaque critère. Ce résultat est assez courant, d où la nécessité d un dialogue entre les parties prenantes est imminente pour alors avoir une modélisation commune du problème complexe. Il faut alors trouver des solutions, des préconisations pour réduire les peurs dans chaque critère. Peurs Attraits Tentations 8

9 La méthode PAT Miroir serait bien un moyen judicieux de construire une représentation commune de l habitat écologie, elle permettrait de trouver des solutions aux problèmes que rencontrent les futures propriétaires et développer ce type de construction. Au cours de mes recherches, je me suis aperçue que de nombreux freins à l éco-construction étaient liés aux peurs de l État et autres autorités. IV. Conclusion La France est assez en retard par rapport à ces voisins européens comme l Allemagne. Cette dernière est passée de l habitat individuel au collectif en construisant des «éco-résidences» qui sont passives, qui consomment parfois moins d énergie qu une seule maison traditionnelle, et donc qui respectent l environnement. Il est vrai que les aides pour les futures propriétaires allemands sont nettement supérieures à celles allouées en France, ce qui permet à des familles modestes de choisir l habitat écologique en priorité. Je me suis souvent demander pourquoi les prix des panneaux solaires en France par exemple étaient aussi élevés. Selon mes déductions, l État applique des taxes importantes dessus. En effet, lors d un voyage scolaire en Grèce en 2004, je me suis aperçue que 90% des habitations possédaient une installation thermo-solaire sur leur toit, pour l eau chaude des habitants. Le niveau de vie est inférieur en Grèce par rapport à la France et pourtant «Monsieur Tout le Monde» a les moyens de se payer ce système soit disant plus onéreux en France!! Je pense que l État français doit faire encore beaucoup d efforts pour attirer les français vers l éco-construction afin que ce ne soit pas une solution de dernier recours en cas de problème financier, mais plutôt comme un réflexe pour les futurs propriétaires. Bâtir écologique est encore un luxe en France malheureusement, pourtant ce devrait être le contraire. Il faut reconstruire le lien entre un besoin essentiel des hommes (construire une maison) et le disponible (la terre, les matériaux disponibles localement) comme autrefois. 9

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